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8 septembre 2012

La veuve de papier – John Irving

une_veuve_de_papier_1999 167605_8261034 une_veuve_de_papier_p une_veuve_de_papier_points2000 

Seuil – avril 1999 – 581 pages

France loisirs - 1999 – 641 pages

Points – juin 2000 – 656 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Josée Kamoun

Titre original : A Widow For One Year, 1998

Quatrième de couverture :
Été 1958. Ted Cole, séducteur invétéré et auteur à succès de contes effrayants pour enfants, engage Edward O'Hare, seize ans, pour un travail saisonnier ; officiellement, il l'emploie comme assistant ; mais en fait, il cherche plutôt à le pousser dans les bras de sa femme, Marion, pour hâter un divorce devenu inévitable depuis la mort accidentelle de leurs deux fils. L'entreprise ne réussit que trop bien, puisque le jeune homme s'éprend violemment de la belle épouse ; mais, hantée par ses démons, Marion quitte brusquement la maison, laissant derrière elle un mari surpris, un amant passionné et une petite fille désorientée, Ruth Cole. Automne 1990. Ruth est devenue un écrivain de renom, qui appréhende le mariage et la maternité. Elle profite d'une tournée de promotion à Amsterdam pour aller enquêter sur le milieu de la prostitution, cadre de son prochain roman ; là, elle se retrouve plongée au cœur des peurs de son enfance... Ce conte merveilleux possède le souffle des meilleurs Irving. Mêlant burlesque et mélancolie, épisodes licencieux et chagrin,Une veuve de papier est un bel hymne à la vie et à l'amour.

Auteur : John Irving est né en 1942 et a grandi à Exeter (New Hampshire). La publication de son quatrième roman, Le Monde selon Garp, lui a assuré la renommée et la reconnaissance internationales. Depuis, l'auteur accumule les succès auprès du public et de la critique. Marié et père de trois garçons, John Irving partage son temps entre le Vermont et le Canada.

Mon avis : (lu en septembre 2012)
Cela fait plus d'un an que je voulais lire ce livre qui se trouve dans ma PAL depuis bien longtemps, le Challenge Irving de Valérie et la Lecture Commune prévu le 6 septembre pour Une prière pour Owen m'ont bien encouragés pour m'y plonger...
J'ai pas réussi à être au rendez-vous du 6/09, car ce livre est plus dense que je l'imaginais et j'ai mis plus de temps à le lire.

Ce livre nous raconte l'histoire de Ruth Cole dans la première partie, c'est l'été 1958, elle a 4 ans, ses parents ne s'occupent pas beaucoup d'elle, leur couple est proche du divorce. Son père Ted est un pseudo artiste, grand séducteur, sa mère Marion est en dépression depuis la mort accidentelle 8 ans plus tôt de ses deux fils Thomas et Timothy. Des photographies des deux disparus tapissent les murs de toute la maison et Marion n'arrive pas à aimer sa fille tellement inquiète qu'elle disparaisse également. Cet été, Eddie un jeune garçon de 16 ans est venu travailler comme assistant de Ted, pour le conduire et répondre à son courrier. Dès son arrivée, Eddie est subjugué par la beauté de Marion et devient amoureux d'elle. Cette dernière abandonnée par son mari et flattée cède à ses avances et devient son amant pour l'été. Puis du jour au lendemain, Marion disparaît laissant sa fille, son mari et Eddie en emportant toutes les photos de ses fils...

Dans la deuxième partie, Ruth a maintenant 36 ans, elle est devenue écrivain à succès, elle a l'occasion de revoir Eddie lui aussi devenu écrivain, il a 48 ans et n'a jamais oublié cet été de 1958 et son histoire d’amour pour Marion. Il est toujours amoureux. Lors d'une tournée de promotion en Europe, Ruth veut s’inspirer du quartier chaud d’Amsterdam pour son prochain roman, elle décide d'aborder Rooie, une prostituée, pour l'interroger sur son métier et éventuellement la regarder travailler... Elle va malgré elle assister à une scène terrible...

Cette histoire est multiple, très prenante mais également dense, de nombreuses histoires, de nombreux personnages, de l'amour, du suspense... J'ai aimé cette lecture même si je l'ai trouvé un peu longue à mon goût... L'auteur a vraiment une imagination débordante !

Extrait : (page 16)
Ses parents s'attendaient à avoir un troisième fils, mais là n'est pas la raison pour laquelle Ruth Cole devint écrivain. Ce qui alimenta sans doute son imagination, c'est que, dans cette maison où elle grandit, les photos des frères morts furent une présence plus forte que toute présence qu'elle sentait chez son père ou sa mère ; en outre, après que sa mère les abandonna, elle et son père, en emportant presque tous les clichés de de ses fils perdus, elle se demanda pourquoi son père laissait les crochets des-dites photos au mur. Ces crochets nus eurent leur part de sa vocation d'écrivain : des années après la disparition de sa mère, elle essayait encore de se rappeler quelle photo pendait à quel crochet. Et devant l'échec de sa mémoire à lui restituer les photos des disparus, elle se mit à inventer tous les instants capturés de leur courte vie qu'elle avait manquée. La mort de Thomas et Timothy avant sa naissance joua elle aussi son rôle dans sa vocation; dès l'aube de sa mémoire, il lui avait fallu les imaginer.  

A Challenge for John Irving
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Objet"

Challenge le nez dans les livres
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La reine des lectrices : 10/6

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32/50 : Vermont
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Le mois américain

 Challenge Pavé de l'été
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15 octobre 2012

La belle amour humaine - Lyonel Trouillot

Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : BELLE, BEAU

la_belle_amour_humaine Actes Sud – août 2011 – 169 pages

Quatrième de couverture :
A bord de la voiture de Thomas, son guide, une jeune occidentale, Anaïse, se dirige vers un petit village côtier d’Haïti où elle espère retrouver les traces d’un père qu’elle a à peine connu et éclaircir l’énigme aux allures de règlement de comptes qui fonde son roman familial. Le caractère particulier de ce voyage encourage bientôt Thomas à prévenir la jeune femme qu’il lui faudra très probablement renoncer à une telle enquête pour faire l’expérience, dans ce village de pêcheurs dont il est lui-même issu, d’un véritable territoire de l’altérité où les lois sont amicales et flexibles, les morts joyeux, et où l’humaine condition se réinvente sans cesse face aux appétits féroces de ceux qui, à la manière du grand-père d’Anaïse et de son complice en exactions, le “colonel” – tous deux jadis mystérieusement disparus dans un incendie –, cherchent à s’octroyer un monde qui appartient à tous.

Dans ce roman qui prône un exercice inédit de la justice et une fraternité sensible entre les hommes sous l’égide de la question : “Quel usage faut-il faire de sa présence au monde ?”, Lyonel Trouillot, au sommet de son art, interroge le hasard des destinées qui vous font naître blanc ou noir, puissant ou misérable, ici ou ailleurs – au Nord ou au Sud. S’il est vrai qu’on est toujours “l’autre de quelqu’un”, comment et avec qui se lier, comment construire son vivre-ensemble sinon par le geste – plus que jamais indispensable en des temps égarés – d’accueillir, de comprendre ?

Auteur : Romancier et poète, intellectuel engagé, acteur passionné de la scène francophone mondiale, Lyonel Trouillot est né en 1956 dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince, où il vit toujours aujourd’hui. Chez Actes Sud, il a publié Rue des Pas-Perdus (1998), Thérèse en mille morceaux (2000), Les Enfants des héros (2002), Bicentenaire (2004) et L’Amour avant que j’oublie (2007), Yanvalou pour Charlie (2009).

Mon avis : (lu en octobre 2012)
C’est un livre que je voulais lire depuis un an et le Challenge Un mot, des Titres a été l’occasion de le sortir de ma LAL…

Anaïse, une jeune femme est venue à Haïti sur les traces de son père. Thomas, un chauffeur de taxi autochtone l'emmène de  Port-au-Prince jusqu'au petit village côtier de l'Anse-à-Fôleur. Durant le voyage, Thomas raconte Haïti, l'histoire du village et de la famille d'Anaïse... Il est question également de deux hommes, un colonel à la retraite violent et un homme d'affaires (le grand-père de la jeune fille). Ils étaient différents des habitants d'Anse-à-Fôleur, ils avaient faire construire deux maisons jumelles qui dépareillaient dans ce village de pêcheurs. Un soir, les maisons et leurs occupants ont été incendiés et l'on a jamais su qui était le coupable...

Voilà une magnifique histoire pleine de poésie, de couleurs, d'odeurs et de sons qui enchantent le lecteur et le fait réfléchir sur le vrai sens de la vie.

Extrait : (début du livre)
La mer avait été plus généreuse que d’ordinaire, et les pêcheurs avaient fait dans la journée une telle provision de sardes et de langoustes que, le soir venu, de retour au village, après avoir rangé leurs barques et rassuré leurs compagnes, ils consacrèrent leur temps à des chansons de mer, et, le regard levé vers les constellations, ils ne virent pas brûler les flammes de l’incendie. De mémoire de villageois, jamais ils ne vécurent meilleur matin ni meilleure nuit, et, n’était le souvenir charnel des mets et des baisers, ils pourraient croire avoir rêvé. Voilà ce que les hommes te diront. Les femmes ajouteront pour leur part qu’il ventait ce soir-là un air de parfum frais, mélange de petit baume, de jasmin et d’ilang-ilang. Heureuses, elles redevinrent petites filles et s’endormirent fenêtres ouvertes en rêvant de beaux capitaines. De mémoire de femmes de marins, jamais elles ne voyagèrent aussi 
loin, ne touchèrent plus beaux paysages, ne partagèrent plus tendres étreintes et ne firent plus belles rencontres. Nulle odeur de brûlé ne vint troubler leurs songes. Voilà ce qu’elles te diront. S’il faut aller dans le détail de ce que firent ceux qui ne sont ni marins ni femmes de marins, ni réductibles à cette première fonction, le métier de marin n’interdisant point d’être par ailleurs tambourineur, joueur de dés ou philosophe, tu apprendras que Justin, le législateur bénévole et autodidacte, avait travaillé jusqu’à l’aurore sur son code des nouvelles lois usuelles au service du bonheur, au chapitre essentiel portant sur l’union libre, le don, la réciprocité et autres vertus quotidiennes. Tout excité et fier de ses propositions, il avait installé sa chaise devant la mer pour attendre le lever du jour en buvant du thé de corossol, et ne fut témoin que d’une chose : le feu doux du soleil levant. Le peintre Frantz Jacob, son neveu et Solène, la jeune fille à la beauté sauvage, avaient passé une partie de la nuit à parler de peinture, des forces et des faiblesses des lignes et des couleurs, de leur pouvoir et de leur impuissance à rendre les choses à la fois telles qu’elles sont et telles qu’elles ne sont pas, et, passant de l’art à la vie, la conversation porta sur l’arrogance de celui ou de celle prétendant pouvoir établir en toutes circonstances la différence entre l’action et la pensée, le rêve et la réalité, le mensonge et la vérité.
Les oiseaux de nuit avaient beaucoup chanté, improvisant à l’occasion, ajoutant ainsi leur quote-part à la conversation. S’il faut revenir au général, tenter de décrire l’atmosphère et donner une vision d’ensemble, tu sauras que l’eau était calme, les esprits apaisés, aucun signe d’agitation, ni migraine ni rage de dents, n’était venu troubler le sommeil des enfants, qui laissèrent leurs mères à leurs rêves et attendirent le matin pour formuler leurs demandes de tendresse et de lait. Malgré la pauvreté et l’isolement, la ville côtière d’Anse-à-Fôleur avait vécu un jour et une nuit au plus près de la perfection, et nul ne pouvait apporter le moindre renseignement sur les causes et les circonstances de l’incendie. Le lendemain du drame, si drame il y eut, à huit heures, après avoir bu le café préparé par sa compagne et embrassé sa chérie en signe de remerciement, un rituel invariable en vingt ans de concubinage, le chef de section, l’unique représentant de la force publique dans le village, constata en effectuant sa ronde que l’emplacement des maisons était vide, mis à part deux petits tas de cendres identiques, et que le colonel et l’homme d’affaires ne s’adonnaient pas à leur habituelle marche triomphale sur la plage. Sans consulter sa concubine – elle n’eût pas manqué de lui déconseiller d’entreprendre une démarche ne présentant nul intérêt pour la communauté, et de le mettre en garde contre tout appel à des forces extérieures pour résoudre un problème local –, il s’en alla alors à vélo au village voisin, attendit une heure pour avoir une ligne avec la capitale et avisa les autorités.

Déjà lu du même auteur :

yanvalou_pour_Charlie Yanvalou pour Charlie

20 septembre 2012

Une seconde vie – Dermot Bolger

une_seconde_vie Éditions Joëlle Losfeld - janvier 2012 - 256 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Marie-Hélène Dumas

Titre original : A Second Life, 2010

Quatrième de couverture :
Sean Blake réchappe de justesse à un accident de voiture à la  suite duquel il a été, pendant quelques secondes, déclaré cliniquement mort. A son réveil, bouleversé, Sean perçoit le 
monde tout à fait différemment, comme s'il débutait une nouvelle existence. Mais ce n'est pas la première fois que Sean voit sa vie modifiée. A six semaines, il a été retiré à sa mère, une jeune fille forcée par la société et l'Eglise de le laisser à l'adoption. Avec le sentiment d'être devenu étranger à sa femme et à ses deux enfants, et très certainement en premier lieu à lui-même, Sean décide de partir à la recherche de cette mère dont il ne sait rien. Avec beaucoup d'émotion et de sensibilité, Dermot Bolger nous entraîne dans une histoire particulière (déjà évoquée au cinéma dans le très émouvant Magdalene Sisters), celle de ces adolescentes irlandaises rompues et humiliées, dont le malheur se répercuta sur les générations futures.

Auteur : Dermot Bolger, né en 1959, est issu de la classe ouvrière du faubourg dublinois de Finglas. Il se consacre à l'écriture depuis 1980, et est considéré comme l'un des pairs de toute une génération d'écrivains irlandais. Un grand nombre de ses ouvrages a été traduit en français, dont Toute la famille sur la jetée du Paradis, paru aux Editions Joëlle Losfeld en 2008.

Mon avis : (lu en septembre 2012)
Dans la Note de l'auteur qui commence le livre, Dermot Bolger nous explique que ce livre est une deuxième version, son premier roman est paru en 1994 et celui-ci a été entièrement réécrit plus de quinze plus tard. Une seconde vie est l'histoire de la recherche d'un passé enfoui : le passé d'un homme, d’une femme et le  passé d'un pays.
Tout commence à Dublin avec un accident de la route et Sean Blake la victime, marié, père de deux jeunes enfants Benedict et Sinéad, survole la scène où il se voit mort. Finalement, Sean revient à la vie mais celle-ci a changé pour lui, cet accident l'a renvoyé à son passé. A l'âge de onze ans, Sean a appris qu'il était un enfant adopté. Devenu adulte, il a tout fait pour l'oublier, en particulier, il n'en a jamais parlé à Géraldine, sa femme.
Au même moment, à Coventry, Elisabeth est réveillé brutalement. Mariée à Jack, mère de trois filles, elle vit depuis plus de trente ans avec un secret. A l'âge de dix-neuf ans, elle a eu un petit garçon qui lui a été retiré à six semaines. Et depuis, il n'y a pas eu un jour où elle n'a pas pensé à son petit garçon. Elisabeth a toujours eu l'espoir de le revoir un jour.
Le thème de fond est donc l'adoption mais également le scandale en Irlande des couvents de la Madeleine. 
On peut diviser le livre en deux parties, dans la première Sean s’interroge sur le trouble qui l’envahi et qui l’empêche de vivre heureux avec sa femme et ses deux enfants. Il revient sur les souvenirs de son enfance et sur les images qu’il a vu durant son expérience de mort éminente. Cette première partie est un peu lente et parfois peu claire comme peut être l’état d’esprit de Sean qui se sent perdu… Doit-il oui ou non retrouver sa mère adoptive ? Comment va-t-elle l’accueillir ? Elle l’a abandonné bébé, peut-être l’a-t-elle complètement oublié ?
Dans la deuxième partie, Sean a pris la décision de partir à la recherche de sa mère et de prendre le risque de se faire rejeter. Il a besoin de comprendre l’histoire de sa mère pour comprendre sa propre histoire et pouvoir avancer dans sa vie. Cette partie est beaucoup plus rythmée et émouvante. Cette partie est bouleversante et Sean et Lizzy sont vraiment très attachants. Une très belle découverte ! 

Extrait : (début du livre)
Celui qui avait repeint l'ambulance avait oublié la bordure supérieure des portières. Vus d'en haut, les sillons écaillés de la carrosserie ressemblaient au lit d'une rivière asséchée. Le dessus du chapeau de l'ambulancier était  tacheté de poussières et de pellicules et, quand il releva la tête de ma poitrine, je vis mon visage tourné vers le ciel, strié de sang. Les deux arbres séculaires qui surplombaient le portail du Jardin botanique avaient perdu leurs feuilles. Pourtant, au milieu de leurs profondeurs, un merle appelait.
Depuis combien de temps ne m'étais-je pas senti aussi serein ? Les insignifiantes tracasseries du début de matinée, le service photo du magazine qui avait téléphoné pour me rappeler les échéances à respecter, mon fils de trois ans, Benedict, qui refusait de manger et se désintéressait petit à petit de ses cadeaux de Noël, me paraissaient lointaines. Seules quelques minutes s'étaient écoulées entre-temps, mais c'était comme si je n'avais plus eu le moindre rapport avec mon ancienne vie. Et, à mon grand étonnement, je n'éprouvais ni douleur physique, ni tristesse, ni impression de perte. Mais j'observais au-dessous de moi la scène de l'accident avec une insouciante désinvolture.
De la mousse obstruait les gouttières de l'immeuble au coin de la rue. Il y avait sur le toit des ardoises cassées qui provoqueraient des dégâts pendant l'hiver. Une jeune étudiante jeta un coup d'oeil à travers les rideaux en dentelle d'une lucarne. Tandis qu'elle se penchait pour observer les voitures bloquées dans les deux sens, je vis les ballons de fête dont elle avait scotché les ficelles sur la vitre et le haut de sa tête encore mouillée de la douche. Les automobilistes qui nous regardaient derrière leur pare-brise semblaient terriblement stressés. Où allaient-ils tous, en ces limbes de Noël et le jour de l'An, quand les bureaux et les usines étaient fermés ? J'étais désolé pour eux, car voici qu'ils se retrouvaient forcés de comtempler mon cadavre. Mais pas pour moi. Je ne ressentais vraiment aucune émotion particulière vis-à-vis de mon corps qui gisait à moitié hors de la voiture broyée, et à moitié dedans. 

 

 Grand_Prix_des_Lectrices_2013
Sélection roman
Jury Octobre

Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Irlande

Challenge God Save The Livre
 Challenge_anglais

 

19 août 2012

Les allumettes suédoises – Robert Sabatier

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Albin Michel – 1969 – 312 pages

France Loisirs - 1976

Livre de Poche – 1984 – 283 pages

Livre de Poche – janvier 1990 – 282 pages

Livre de Poche junior – 1996 -

Albin Michel – février 1996 – 502 pages

Livre de Poche – décembre 1997 -

Livre de Poche junior – juin 2004 – 418 pages

Livre de Poche junior – septembre 2008 -

Quatrième de couverture :
Sur les pentes de Montmartre, un enfant de dix ans, Olivier, erre le jour et aussi la nuit dans ce vieux quartier de Paris du début des années 30. Sa mère, la belle mercière, vient de mourir et il vit en partie chez le jeune couple formé par ses cousins Jean et Élodie, mais surtout dans les rues de ce temps-là, vivantes, souriantes, animées. C'est là qu'il rencontre une multitude de personnages populaires qui vivent et se croisent sous son regard vif, émerveillé, parfois mélancolique. Soumis à toutes sortes d'influences, cet enfant verra peu à peu la féerie des rues effacer sa peine et sa solitude.
C'est une ville inattendue qui apparaît alors, un Paris différent de celui que nous connaissons, des coutumes changées, une autre manière de vivre. Merveilleux roman plein de fraîcheur et de charme, de tendresse et d'humour, Les Allumettes suédoises reste l'un des plus grands succès de ces dernières années.

Auteur : Né à Paris en 1923, Robert Sabatier fut très tôt orphelin. Il a grandi à Montmartre, mais c'est en province qu'il a vécu la Résistance. Après la guerre et son retour à Paris, il exerce différents métiers avant de se consacrer à l'écriture et l'édition. D'abord poète, il s'est révélé plus tard excellent romancier. Ses œuvres sont traduites dans le monde entier, portées à l'écran, couronnées par plusieurs prix littéraires. Il est membre de l'Académie Goncourt. Il est décédé le 28 juin 2012.

Mon avis :
Ce livre ainsi que les deux suivants de la série Trois sucettes à la menthe et Les noisettes sauvages étaient dans la bibliothèque de mes parents. Le jour où mon père m'a proposé de lire Les allumettes suédoises, j'ai eu un sentiment de fierté de pouvoir lire un livre d'adulte.
On ne présente plus ce livre en partie autobiographique qui raconte l'histoire d'Olivier, dix ans, il vient de perdre brutalement sa mère et se retrouve tout seul. En attendant de partir vivre chez son oncle, il est recueilli quelques mois chez son cousin, jeune marié, qui habite un petit logement à Montmartre, le quartier d'Olivier.

Pendant ces quelques mois, Olivier ne va plus à l’école, il traîne dans les rues du quartier, et se lie d’amitié avec Bougras, Lucien le bègue, Daniel, dit l’araignée, Albertine, Mado, Mac...
Étant moi-même native et enfant, habitant Paris, je découvrais un Paris unique, très loin de celui que je connaissais, un quartier différent du mien qui ressemblait plus à un village, avec une solidarité entre voisins... Le personnage d'Olivier est tellement attachant.
J'ai eu l'occasion de lire et relire ce roman de nombreuses fois et dans la série, il reste mon préféré. Enfin, ce livre n'est pas étranger au fait que l'un de mes fils porte le beau prénom d'Olivier.

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La trilogie de Robert Sabatier a été adaptée à la télévision par Jacques Ertaud en 1996 en trois épisodes.

Extrait : (début du livre)
L'enfant passa le bout de ses doigts sur ses lèvres, effleura sa joue humide, glissa sur des yeux verts trop grands pour son visage, écarta une mèche de longs cheveux dorés qui retomba aussitôt sur son front. Il respira longuement, à petits coups, l'air chaud, poussiéreux.
Assis sur le bord du trottoir, à égale distance entre les deux raies délimitant le bloc de pierre, l'ourlet de sa culotte de velours noir imprimait un pli sur chaque cuisse. Il ne se leva pas tout de suite, observant attentivement tout ce qui l'entourait comme s'il venait de s'éveiller dans un lieu inconnu de lui. Pour la première fois, le spectacle le retenait, scène après scène, décor après décor : jusqu'ici, il n'avait fait que se blottir dans les bras de sa mère, à l'écart des choses de la rue, il ne les avait jamais vraiment vues, et voici qu'elles apparaissaient dans leur existence propre, le ramenant à son corps, à ses vêtements, à lui-même. Il regarda tout avidement : maisons, boutiques, murs, enseignes, plaque de rue... et, insensiblement, tout lui parut singulier, écrasant de réalité. Il se posa alors des questions sur cet univers. Que faisait-il ici plutôt qu'ailleurs ? Pourquoi tout cela l'entourait-il ? Pourquoi tels heurs, tels accidents lui arrivaient-ils à lui, Olivier, fils de Pierre et Virginie Châteauneuf décédés ? Pourquoi désormais cette solitude ?  

 Souvenirs_souvenirs

 

13 août 2012

Le pays où l'on arrive jamais – André Dhôtel

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Pierre Horay - 1955

Hachette Bibliothèque verte – 1958 – 271 pages

Mame – 1959 -

J'ai lu – 1959 - 256 pages

Presse de la Cité – 1963 – 252 pages

J'ai lu – 1966 – 256 pages

Hachette Bibliothèque verte – 1968 – 253 pages

Gallimard jeunesse – mai 1973 -

J'ai lu – septembre 1982 – 256 pages

Folio junior – avril 1983 – 229 pages

Folio junior – 1992 – 275 pages

Folio junior – juin 1997 – 272 pages

J'ai lu – janvier 1999 – 249 pages

Librio – mars 1999

J'ai lu – septembre 1999

Pierre Horay – novembre 2005 – 290 pages

Folio junior – septembre 2009 - 230 pages

Prix Fémina 1955

Quatrième de couverture :
Dans un petit village des Ardennes, Lominval, grandit un petit garçon, Gaspard, confié par ses parents forains à sa tante. Le petit Gaspard semble mystérieusement désigné comme déclencheur de catastrophes dont il sort indemne.
Un jour, il rencontre un enfant de son âge qui se cache : il a fugué pour retrouver sa mère, Maman Jenny, sa famille et son pays. Gaspard va l'aider, puis partir à sa recherche sur la route d'Anvers. Il rencontre en chemin un cheval pie qui semble indompté mais se calme au contact de Gaspard.

Auteur : André Dhôtel, né le1er septembre 1900 à Attigny (Ardennes) et mort le22 juillet 1991 à Paris, est un écrivain français, à la fois romancier, conteur et poète, ainsi qu'un scénariste. Connu du grand public par le roman Le Pays où l'on n'arrive jamais, prix Femina 1955, il est l'auteur d'une œuvre abondante et singulière, où s'exprime un merveilleux proche du quotidien, dans lequel le rapport à la nature joue un grand rôle.

Mon avis :
Je ne me souviens pas comment ce livre m'a été proposé, sur le conseil de ma mère ou emprunté par hasard à la bibliothèque municipale...
Gaspard a été confié à sa tante par ses parents forains, il grandit donc dans un petit village des Ardennes, Lominval. Un jour, il rencontre un enfant de son âge qui se cache : il a fugué pour retrouver son pays et sa mère. Gaspard va l'aider fuir, puis il partira à sa recherche. En chemin, Gaspard rencontre un cheval pie sauvage qui accepte pourtant son contact. Il est persuadé que ce cheval va le conduire vers l'enfant fugitif et ensuite les emmener vers le pays de celui-ci.
C'est un livre que j'ai eu du mal à lire lorsque j'étais enfant, je l'ai très souvent commencé et j'allais rarement jusqu'à la fin. Pourquoi ? Je ne l'explique pas, peut-être la longueur du voyage et une lassitude du lecteur... De toute façon le titre le dit bien « Le pays où l'on arrive jamais », il était donc évident qu'il n'y avait pas de fin à ce livre !

Je n'ai pas relu ce livre pour ce billet mais je me rappelle avoir toujours associé ce livre avec Le Grand Meaulne d'Alain Fournier ou Sans Famille d'Hector Malot. J'ai de bons souvenirs des nombreuses descriptions des paysages traversés en France et Belgique.

Extrait : (début du livre)
Il y a dans le même pays plusieurs mondes véritablement. Si l'on explore les Ardennes, ce n'est pas une forêt que l'on découvre, mais mille forêts. Dans les contrées situées au nord, jusqu'au Rhin ou jusqu'au port d'Anvers, ce sont des centaines de collines et de plaines chargées de richesses, et l'on peut voir aussi les eaux immenses des canaux, des fleuves, des bras de mer, tandis qu'au cœur des villes, sur des places, souvent désertes, s'élèvent des beffrois qui inspirent autant de terreur que d'admiration.

Très loin de ces splendeurs, Lominval est un village qui prétend au titre de bourg. on y trouve un bureau de poste, un notaire, un médecin et un hôtel pour les touristes, l'hôtel du Grand Cerf, qui a finalement donner le ton à toute l'agglomération. Il n'y avait là, naguère qu'un groupe de maisons rurales, isolé dans une enclave de la forêt des Ardennes. Puis des gens de la ville y sont venus passer leurs vacances, des villas se sont construites, et ainsi, a pris naissance une station provinciale qui garda toujours un caractère sérieux. Lominval est situé en bordure d'un ruisseau, la Flouve, dont les détours baignent des prairies bornées par l'enceinte des bois. Il y règne en toutes saisons un profond silence, et l'on ignore plus qu'ailleurs le monde varié qui se déploie jusqu'à la mer du Nord.

Gaspard Fontarelle naquit à l'hôtel du Grand Cerf. Cette vaste auberge portait une enseigne dorée et ses fenêtres s'ornaient de géraniums ou de balsamines selon la saison. Elle était tenue par la tante de Gaspard, Mlle Gabrielle Berlicaut, femme habile et intraitable.

Souvenirs_souvenirs

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27 juillet 2013

Une odeur de henné - Cécile Oumhani

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Editions Paris Méditerranée - septembre 1999 - 

Editions Elyzad - mai 2012 - 236 pages

Quatrième de couverture : 
Kenza est médecin dans un hôpital de campagne. Son père lui a transmis sa passion des livres. Depuis son enfance, Kenza se sent différente, en rien semblable à sa mère ou à ses camarades de classe. Habitée par un vif désir de connaissance, elle fait tout pour échapper aux conventions de son milieu. Aussi, quand ses parents lui annoncent qu'un jeune homme a demandé sa main, Kenza se révolte. Elle part pour Paris, loin de l'emprise de la tradition. Sans se douter que sa soif de liberté y sera aussi mise à l'épreuve...
Grâce à son écriture sensible, Cécile Oumhani donne vie à un personnage attachant qui se débat dans ses contradictions, vit intensément ses émotions, s'émancipe, mais à quel prix, et découvre dans la souffrance une forme de libération.
Un roman élégant qui se fait l'écho intime de questions brûlantes dans la société tunisienne d'aujourd'hui.

Auteur : Poète et romancière, Cécile Oumhani est l'auteur d'une douzaine d'ouvrages. Une odeur de henné est son premier roman. Elle a publié Le café d'Yllka (2008), Prix Littéraire Européen de l'Adelf (Association des écrivains de langue française), traduit en Italie.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
J'ai découvert ce livre grâce au « Café Lecture » de la Bibliothèque.
Le henné est un colorant naturel qui sert à réaliser des tatouages sur les mains d'une jeune mariée. Dans les pays du Magreb, cela représente la tradition et les mariages arrangés. Kenza est une jeune tunisienne de trente ans, qui a fait des études et est maintenant médecin, c'est une femme indépendante qui, aux regrets de ses parents, n'est toujours pas mariée. Un jour, un ami de la famille fait officiellement sa demande et Kenza ne se voit pas perdre sa liberté obligée de s'occuper d'un mari, de tenir une maison et d'avoir des enfants. Elle accepte ces fiancailles en échange de pouvoir partir un an à Paris pour faire de la recherche en médecine. Arrivée à Paris, elle prend de plein fouet le choc culturel, la liberté des femmes l'étonne, elles peuvent aller boire un verre dans un café, le compagnon de son amie française s'occupe de préparer le repas... Elle est perdue par ces différences culturelles et lorsqu'elle rencontre Jacques, elle est troublée par les sentiments qu'il suscite chez elle. Pour se protéger, elle se renferme sur elle-même et elle décide de porter un foulard et une tunique sombre. 

Une très belle lecture où il est question de traditions culturelles et religieuses, de la place de la femme dans la société tunisienne. L'écriture est sensible, poétique, les femmes sont au centre de cette histoire. A découvrir !

 

Extrait : (début du livre)
La nuit tombe sur Benissa. Les visages sont maintenant gagnés par l'onde dorée d'une autre lumière. La chaleur relâche son emprise et les gens émergent de la torpeur de l'après-midi. Le village s'éveille et entonne une rumeur ample et sourde. Ses maisons tout à l'heure prostrées dans la profusion des jardins se détachent avec un nouveau relief. Le village est paré du décor électrique qui s'illumine depuis l'arête des minarets, dès le crépuscule. Des enfants jaillissent des portes peintes de rouge, de bleu, se lancent dans des cavalcades, dégringolent le lacis des venelles tracées par de lointains ancêtres andalous. Leurs cris ricochent d'une cour à l'autre. Les vieilles psalmodient dans l'ombre du mausolée de Sidi Toumi. Des jeunes filles rient aux éclats à la fontaine où elles puisent l'eau et son joyeux murmure. La montagne fauve règne là-bas au fond du ciel. Ses contours assombris sculptent une menace indéfinie mais millénaire. C'est la saison des mariages et la nuit va bientôt résonner des ululuments des femmes en liesse dans le rythme obsédant des darboukas, traversé par les sonorités aigres du mezoued.

 

29 octobre 2013

Comme une petite ressemblance n°1

Depuis août 2013, Canel nous fait quelques billets
"Comme une petite ressemblance"

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autour des couvertures livres qui se ressemblent plus ou moins...

Je me suis pris au jeu et depuis quelques temps j'en collecte aussi...

Voici mon premier lot !


2013-10-28_104143 le_jeu_des_ombres

 smilla_et_l_amour_de_la_neige_pts enfant_44

furioso 2013_10_15_104202 

ocean_noir_folio la_femme_de_nos_vies  le_ciel_tout_autour

CouleurDePeauMiel2 la_d_licatesse_p 

irving_le_monde_selon_garp_p 2013_10_15_1253112013_10_15_125311 2013-10-31_073303x200

la_nuit_des_corbeaux mudwoman

arr_tez_moi_l_ la_d_capotable_rouge 

les_disparus_de_dublin la_boucherie_des_amants 

Chez Canel : billet 1billet 2billet 3billet 4billet 5

 

 

23 décembre 2012

Challenge Objectif PAL Swap !

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J'avais lancé en fin 2011 ce Challenge pour m'encourager à faire baisser ma PAL Swap, c'est à dire la PAL des livres qui m'ont été offerts lors de SWAP. Il est vrai, que je prévilégie la lecture des livres des Bibliothèques ou pour des partenariats avant mes livres perso...

Je prolonge donc ce Challenge et j'invite ceux et celles qui veulent nous rejoindre à s'inscrire en laissant un commentaire ci-dessous.
Le but est de lire le plus de livres possible de sa PAL Swap d'ici fin 2013. 
Attention, la PAL Swap peut s'étoffer... 

 

Valérie : PAL swap = 20 livres

1 - Le mystère Sherlock de J.M Erre 
offert par Bouma pour le Swap Anniversaire d'Herisson

2 - L'enfant aux cailloux de Sophie Loubière 
offert par Tiphanie pour le Swap Anniversaire d'Herisson

3Wisconsin de Mary Relindes Ellis 
offert par Tiphanie pour le Swap Anniversaire d'Herisson

4 - To kill a mocking-bird/ Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee 
offert par Aproposdelivres lors du Swap Mettez de la couleur dans votre PAL organisé par Valérie

 5 - Les rêves de mon père de Barack Obama 
offert par Tiphanie pour le Swap Nouvel An

6- Les brumes de Riverton de Kate Morton 
offert par Sofinet pour le Swap Eros et Thanatos

 7 -Ma soeur vit sur la cheminée d’Annabel Pitcher
offert par Tiphanie pour le Swap anniversaire de Herisson

8 - Du bout des doigts de Sarah Waters 
offert par Tiphanie pour le Swap anniversaire de Herisson

9 - Le temps n'est rien d'Audrey Niffenegger 
offert par Enna pour le Swap Eros et Thanatos

10 - Le passager de Jean-Christophe Grangé
offert par Emeralda lors du Swap anniversaire de Herisson

11 - Une simple affaire de famille de Rohinston Mistry
offert par Tiphanie lors du Swap Anniversaire de Herisson

12 - Le chagrin et la grâce de Wally Lamb 
offert par Liyah lors du Swap Anniversaire de Herisson 

 13 - Les affligés de Chris Womersley 
offert par Jeneen lors du Swap Anniversaire de Herisson 

14 - American Darling de Russell Banks 
offert par Tiphanie pour le Swap Nouvel An 

15 - Totally killer de Greg Olear
offert par Emeralda lors du Swap anniversaire de Herisson

16 - Love Medicine de Louise Erdrich 
offert par Manu lors du Swap Orange

17 - Love de Toni Morrison 
offert par Cacahuète lors du Swap Anniversaire de Herisson

 18 - Le ciel tout autour d'Amanda Eyre Ward 
offert par Liyah lors du Swap Anniversaire de Herisson 

 



Bouma :

 

Jeneen :

 

Cacahuète : PAL swap = 10 livres

 

Sofinet :

1 - Nanja Monja
offert par Loula lors du swap Nos vertes années 
2 -Afterschool charisma

offert par Khanel lors du swap de l'été 2012
3 - Contes et légendes inachevés, 1e âge , de J.R.R. Tolkien
 
offert par ch'tite môme lors du swap Terre du milieu

 

 

Aproposdelivres : PAL swap = 29 livres

1 - Chucho – Grégoire Polet 
offert par Canel lors du Swap Nouvel An 2013 organisé par Hérisson

2- Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison - Arto Paasilinna 
offert par Natiora lors du Swap Nordique - édition de Noël organisé par Myiuki22

3 - Dés-accords - Bernard Friot 
offert par Hérisson lors du Swap Encre noire sur page blanche organisé par Valérie

4 - De pierre et cendre - Linda Newbery 
offert par Canel lors du Swap Nouvel An 2013 organisé par Hérisson

5 - Le premier qui pleure a perdu - Sherman Alexie 
offert par Canel lors du Swap Nouvel An 2013 organisé par Hérisson

6 - En un monde parfait - Laura Kasischke 
offert par Valérie lors du Swap Violet organisé par Valérie

 

 

 

 

13 juin 2012

Chroniques de l'asphalte 1/5 - Samuel Benchetrit

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Julliard – octobre 2005 – 187 pages

Pocket – février 2007 – 187 pages

Quatrième de couverture :
Qu'en est-il du jeune auteur dont on a dit, à la sortie de son premier roman Récit d'un branleur, qu'il " était à la littérature ce que les Sex Pistols ont été au rock " ? 
Samuel Benchetrit ne s'est pas calmé. Après des aventures au cinéma (Janis et John, réalisé en 2003) et au théâtre (Moins deux, pièce créée en 2005, connaît actuellement un succès considérable au théâtre Hébertot), il revient aujourd'hui en librairie avec un projet tout à fait déraisonnable : raconter, en cinq livres, les trente premières années de sa vie. 
Il aurait pu attendre d'avoir soixante ans pour faire le point. Il n'avait pas envie. Voici donc le premier volume : son enfance. 

Auteur : Né en 1973, Samuel Benchetrit est écrivain, acteur, auteur de pièces de théâtre, scénariste, réalisateur et metteur en scène. Il a publié trois volumes de nouvelles (placées sous le titre général de « Chroniques de l’asphalte ») et Le cœur en dehors (2009).

Mon avis : (lu en juin 2012)
Livre qui se lit très facilement et très rapidement. Samuel Benchetrit raconte son enfance en banlieue à travers des tranches de vie dans un HLM, une histoire pour chaque étage, du 1er au 12ème avec même pour terminer le toit de l'immeuble.
Le narrateur c'est le jeune Samuel, c'est écrit avec le ton d'un adolescent, un langage parlé, avec des gros mots et de l'argot. C'est à la fois naïf et sans retenue, il balance toutes les petites histoires de l'immeuble. Il est question de racisme, d'échec scolaire, de sexe, de drogue, d'espoir et de désespoir. C'est à la fois plein d'humour et de cruauté, cela dépeint la réalité de la vie de toute une société d'une tour du Val-de-Marne. Il y a beaucoup de tendresse de la part de l'auteur pour les habitants de cette cité.
Le résultat est un livre plein d'humanité.

Merci à Pimousse4783 qui m'a offert ce livre lors du Swap Les Vertes Années organisé par Valérie

Autres avis : InColdBlog

Extrait : (page 27)
Au début, la famille Bouteille habitait au neuvième. Et puis la mère, je crois qu'elle s'appelait Suzanne, enfin madame Bouteille, elle a eu une sclérose en plaques. Alors plus sa maladie avançait et plus ils descendaient d'étage dans l'immeuble. Faut dire qu'elle avait vraiment du mal à marcher et avec l'ascenseur toujours en panne c'était pas évident. Monsieur Bouteille, qui je crois s'appelait Georges ou peut-être Joseph, je dis ça parce que tout le monde l'appelait Jojo, arrivait facilement à changer d'appartement vu que lui-même travaillait pour la ville. En fait, toute la famille y travaillait. C'étaient les éboueurs. 
Jojo conduisait le camion et restait toujours derrière son volant à écouter des noms de chevaux (Marquis du Maquis, Black Angel, Lady Like...) pronostiqués dans les courses qui l'intéressaient plus tard dans la journée. Quand Jojo jetait un coup d'œil dans son rétro, il pouvait voir Titi et Neness, ses jumeaux, charger la benne à ordures, pendant que Marco, son aîné, restait accroché au camion, occupé à faire marcher le broyeur.
Nous, on les voyait tous les matins à l'école. C'est pas qu'on les croisait pendant leur tournée. Non. Ils déposaient Dédé, un de mes meilleurs amis, le dernier des Bouteille, encore trop jeune pour travailler sur le camion.
Quand Dédé descendait de la benne, il était plutôt gêné, faut dire que tout le monde se foutait de sa gueule. Et comme sa seule façon de s'en tirer c'était la dignité, il nous disait à chaque fois :
- Ça va... Y a pas de honte !
Dédé, c'était le type le plus gentil de la Terre. Il était serviable, généreux, disait tou­jours des trucs agréables aux gens, ne parlait jamais mal aux filles et faisait tout pour bien travailler en cours, bien qu'il était le plus mauvais de l'école. Et s'il était un peu plus con que les autres, c'était pas de sa faute. Fallait plutôt aller regarder du côté des mélanges dans sa famille. Parce que la mère et le père de Dédé, ils se ressemblaient comme deux gouttes d'eau, et la légende disait qu'ils étaient deux frère et sœur débiles qui n'avaient pas trouvé mieux qu'eux pour se marier.

 

Déjà lu du même auteur : le_coeur_en_dehors Le cœur en dehors

 Challenge Objectif PAL Swap
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9/37

Challenge le nez dans les livres
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La reine des lectrices 9/6


25 mai 2012

Si tu passes la rivière - Geneviève Dumas

si_tu_passes_la_rivi_re Luce Wilquin – septembre 2011 – 128 pages

Prix Victor Rossel 2011 (Belgique)

Quatrième  de couverture :
« Si tu passes la rivière, si tu passes la rivière, a dit le père, tu ne remettras plus les pieds dans cette maison. Si tu vas de l'autre côté, gare à toi, si tu vas de l'autre côté. » J'étais petit alors quand il m'a dit ça pour la première fois. J'arrivais à la moitié de son bras, tout juste que j'y arrivais et encore je trichais un peu avec les orteils pour grandir, histoire de les rejoindre un peu, mes frères qui le dépassaient d'une bonne tête, mon père, quand il était plié en deux sur sa fourche. J'étais petit alors, mais je m'en souviens. Il regardait droit devant lui, comme si la colline et la forêt au loin n'existaient pas, comme si les restes des bâtisses brûlées, c'était juste pour les corbeaux, comme si rien n'avait d'importance, plus rien, et que ses yeux traversaient tout.

Auteur : Après la faculté de droit, GENEVIÈVE DAMAS a suivi une formation de comédienne, puis s'est tournée vers différents métiers du théâtre. Comédienne et metteur en scène, elle a écrit une quinzaine de pièces dont cinq ont été publiées chez Lansman. Plusieurs fois récompensée, elle a remporté le Prix Littéraire du Parlement de la Communauté française 2010 pour STIB. Depuis 1999, elle organise aussi des soirées littéraires et musicales, qui proposent la découverte d'œuvres d'écrivains contemporains. Si tu passes la rivière est son premier roman.

Mon avis : (lu en mai 2012)
J’ai découvert ce livre grâce au Café Lecture de la Bibliothèque. C’est un magnifique premier roman.
François est un jeune homme considéré comme un peu benêt… Il vit dans une ferme avec son père et ses frères Jules, Arthur. Il a pour seuls amis les cochons dont il s’occupe, il ne sait pas lire et dans la famille tout est silence et secrets.
Il se pose beaucoup de questions : Pourquoi lui interdit-on de passer la rivière ? Pourquoi n’a-t-il aucun souvenir de sa mère ? Pourquoi sa sœur Maryse a-t-elle quitté la ferme ?
Grâce à l’aide et l’amitié de Roger le curé du village et d’Amélie, François va « devenir un ami des mots » en apprenant à lire et trouver des réponses à ses questions. Il prendra alors confiance en lui et pourra enfin décider de son avenir. 
Un livre très émouvant, François est un jeune homme vraiment très touchant et courageux. 

Extrait : (début du livre)
Si tu passes la rivière, si tu passes la rivière, a dit le père, tu ne remettras plus les pieds dans cette maison. Si tu vas de l'autre côté, gare à toi, si tu vas de l'autre côté.» J'étais petit alors quand il m'a dit ça pour la première fois. J'arrivais à la moitié de son bras, tout juste que j'y arrivais et encore je trichais un peu avec les orteils pour grandir, histoire de les rejoindre un peu mes frères qui le dépassaient d'une bonne tête, le père, quand il était plié en deux sur sa fourche. J'étais petit alors, mais je m'en souviens. Il regardait droit devant, comme si la colline et la forêt au loin n'existaient pas, comme si les restes des bâtisses brûlées c'était juste pour les corbeaux, si rien n'avait d'importance, plus rien, et que ses yeux traversaient tout.
« Arrête de me crier dessus comme une vache, que je lui ai dit, arrête de crier. Je ne veux rien savoir de l'autre côté. Jamais. Tu n'as pas à te biler. Ton François, il restera. Il n'y aura jamais autre chose. »
Je ne mentais pas quand je disais ça, c'était sérieux. Alors, mon père, il m'a gratté la tête et le dos comme s'il était calmé. Puis on a continué à rentrer le foin car ça nous faisait un sacré travail et qu'il fallait penser aux bêtes qui travaillent aussi dur que nous, si pas plus, qui nous font cadeau de leur peau, même leurs os.
Le travail, ça ne m'a jamais fait peur. J'ai beau être le plus petit, j'abats ma part comme un autre, comme les grands, sûr que c'est pour ça aussi que le père, il voulait me garder près de lui, m'empêcher de courir de l'autre côté de la rivière où la vie vous entraîne et d'où l'on ne revient jamais plus pareil.

Personne chez nous n'avait jamais filé de l'autre côté. Sauf Maryse mais ça, c'était il y a longtemps et le père, il en avait tellement hurlé des jours et des jours qu'on n'en parlait plus jamais, comme si elle n'avait jamais existé, Maryse, par crainte des taloches qui vous laissent le dos broyé pendant des semaines. Mais moi, dans ma caboche, je n'étais pas près d'oublier qu'il y avait eu une Maryse chez nous, qu'elle était douce et blonde et qu'elle me caressait parfois la tête en m'appelant Fifi. Même le sommet de mon crâne s'en souvenait, même mes cheveux qui se battaient contre le peigne quand elle me préparait le dimanche pour la promenade sur la grand-route, même mes dents quand elles souriaient.

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Challenge Voisins, voisines
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Belgique

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman

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 Challenge 7% 
Rentrée Littéraire 2011
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45/49 

16 mai 2012

35ème édition du Prix Relay des voyageurs

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« Lire, c'est voyager ; voyager, c'est lire » Victor Hugo


Cette année, les quatre finalistes de la sélection du Prix Relay des voyageurs sont :

en_lice_1_laTristesseDuSamourai  en_lice_2_uneAnneeStudieuse  en_lice_3_leChapeauDeMitterand  en_lice_4_lesReglesDuJeu

La tristesse du Samouraï de Victor Del Arbol
Une année studieuse de Anne Wiazemsky
Le chapeau de Mitterand de Antoine Laurain
Les règles du jeu de Amor Towles

Chaque voyageur lecteur est invité à voter pour son livre coup de cœur.

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Sur les quatre livres, celui qui cumulera le plus de voix sera le livre lauréat.
Tous les voyageurs lecteurs qui auront voté pour le livre désigné lauréat, feront partie d'un tirage au sort.
Un an de lecture gratuite* sera offert au gagnant.


* (= 12 livres grand format) Voir règlement

4 mai 2012

Mon doudou divin – Katarina Mazetti

mon_doudou_divin Gaïa – mars 2012 – 214 pages

traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus

Titre original : Mitt himmelska kramdjur, 2007

Quatrième de couverture : 
Pigiste pour la presse féminine, Wera a épuisé tous les sujets. Et ses liquidités ! Elle tombe à la caisse d'un supermarché sur une petite annonce proposant un stage en spiritualité. Un sujet en or ! C'est parti pour trois semaines d'immersion à La Béatitude, en compagnie d'un apprenti gourou, d'une « petite mère », et de quatre autres participants en manque de spiritualité. Il y a un médecin radié, un musulman iranien, une femme invisible, et Madeleine qui porte en permanence son sac à dos comme un fardeau. Ressortiront-ils adeptes d'une nouvelle religion ou déchargés de leurs préjugés ? Car tous, même Wera et son pseudo-cynisme, sont en quête de sacré. N'avons-nous pas tous besoin d'un doudou divin à dorloter ?

Auteur : Née en 1944, Katarina Mazetti est journaliste, productrice radio et auteur de livres pour la jeunesse et de romans pour adultes. La France caracole largement en tête des pays où elle connaît un immense succès, notamment avec Le mec de la tombe d'à côté et Le caveau de famille.

Mon avis : (lu en avril 2012)
Journaliste en mal d'inspiration, Wera tombe sur une petite annonce pour un stage de spiritualité. Elle décide de s'y inscrire et se retrouve en pleine campagne dans une ferme en compagnie de six autres personnes pour un séjour de trois semaines à La Béatitude. Il y a Adrian, apprenti gourou, Annette, les organisateurs du stage, un médecin radié, un musulman iranien, une femme presque invisible et Madeleine avec son sac à dos. Wera et Madeleine sont tour à tour les narratrices de cette histoire. Elles font le portrait ce cette surprenante « communauté ». Ils tous et toutes des idées différentes sur les religions ou les croyances, ils sont là pour échanger, se réconcilier avec le spirituel et avec eux-même.
En y ajoutant l'humour piquant de Katarina Mazetti, je m'attendais à un cocktail plutôt détonnant...
Malheureusement, la mayonnaise n'a pas totalement prise, certains passages sont très bien mais par moment il y a des longueurs et cela manque un peu d'originalité.
J'ai passé un bon moment de lecture mais je m'attendais à mieux...  

Extrait : (début du livre)
Comment me suis-je retrouvée à La Béatitude ?
Ben… faut bien gagner sa croûte. Je travaille comme journaliste free-lance dans une petite localité. Si petite que les automobilistes de passage sont sidérés de tomber sur le panneau « Merci de votre visite, à bientôt » alors qu’ils croyaient tout juste arriver. Oui, il est parfaitement possible de louper complètement la ville, si on n’y prend garde. Je projette de déménager, mais il faudra d’abord que ma vieille mère se décide à mourir, elle n’en a plus que pour un an ou deux, au grand maximum. On n’est pas les meilleures amies du monde, mais on observe une sorte de neutralité armée, et je suis son seul enfant.
Les piges haut de gamme atterrissent rarement sur les genoux des journalistes indépendants dans de si petites villes. Ici, pas la moindre affaire municipale louche à dégoter que toute la ville ne connaisse de longue date et qui n’ait déjà été largement punie par la surveillance citoyenne. Ou alors les coupables jouissent de la protection gracieuse de l’Homme Fort local (président de parti, sang bleu ou gros contribuable) et les articles ne sont pas publiés. Je mets du beurre dans les épinards en faisant des piges pour des magazines nationaux et des suppléments du dimanche, mais les alouettes viennent rarement voleter toutes rôties autour de moi.
J’étais donc en train de pister des scoops, le nez dans le bitume, comme d’habitude. Tous mes articles ayant déjà été payés, je n’avais plus de rentrées d’argent, et mon compte en banque se vidait lentement mais sûrement.
Puis un jour j’entre dans la supérette en bas de chez moi et je trouve une petite annonce sur le tableau d’affichage, parmi les offres de baby-sitting et de skis d’occasion. Elle était écrite à la main, le bord inférieur divisé en petits talons détachables soigneusement marqués à la règle, avec un numéro de téléphone. Stage à La Béatitude clamait l’en-tête tracé aux feutres de toutes les couleurs avec une écriture qui tenait du cours du soir de calligraphie. Grande majuscule avec un serpent joliment dessiné et en bas à côté, une pomme.
Si j’avais vu cette annonce dans une de ces revues New Age indigestes, je ne lui aurais pas accordé la moindre attention. 
Tu es à la recherche d’une foi ? D’un mode de vie ? Tu essaies de trouver ton Dieu au moyen de cérémonies et rituels divers, tu te laisses absorber par différentes doctrines – pour les abandonner aussitôt ? Alors tu aimerais peut-être nous accompagner au domaine de La Béatitude, pour trois semaines de stage en octobre, et essayer de trouver – ou de créer – ta propre foi en toute tranquillité, de forger ta propre image d’un dieu, de suivre ta voix intérieure. Seul et dans la rencontre avec d’autres, en quête comme toi. Nous concevons ce stage comme un cercle d’études et notre but n’est pas de gagner de l’argent sur ton dos, nous participons aussi et nous ne facturons que la nourriture et le gîte. Appelle-nous ! Adrian et Annette.
Puis tout en bas, un PS en grosses lettres d’imprimerie : Attention !!! Nous ne détenons pas de réponses !
Un stage pour créer son propre dieu ! Ça a immédiatement fait tilt, pour la journaliste que je suis, mais aussi pour la personne privée. Certes, je n’étais pas activement préoccupée par la quête d’un dieu, mais j’ai tout de suite eu envie de savoir ce qui pouvait bien pousser les gens à chercher !
Ma truffe s’est mise à vibrer comme celle d’un limier. J’étais aussi à la recherche d’un bon sujet d’article à placer dans un magazine classieux, de ceux sur papier glacé qui payent bien. Quelque chose d’Authentique et de Grand Public, mais qui offre une Qualité pour lecteurs difficiles. Dans le genre chou farci pour la jet-set. Un pays comme la Suède, qui vient de vendre son État providence pour un plat de lentilles, se vautre volontiers dans la nostalgie du bien-être démocratique, de l’instruction pour tous, du bandy* et des remerciements fleuris aux maisons de retraite – et puis ce stage à La Béatitude avait aussi une touche philosophique, furieusement tendance par les temps qui courent. Sans parler des aspects politiques : les antagonismes religieux sont devenus bien plus branchés que la défunte Guerre froide. Dans la peau clandestine d’une chercheuse de dieu, je m’appliquerais à explorer ce besoin de divin ! J’ai réussi à vendre l’idée à un rédacteur, pour un bon prix et tous frais payés. Rapports réguliers envoyés par mail. Heureusement, c’était possible avec mon téléphone portable, rien ne disait que des lieux de stage paumés à la campagne disposent d’une connexion.

* Lointain ancêtre du hockey sur glace, encore en vogue dans les pays nordiques et en Russie. (note des traductrices)

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Déjà lu du même auteur :

le_mec_de_la_tombe_d___cot_ Le mec de la tombe d'à côté   les_larmes_de_Tarzan

entre_dieu_et_moi_c_est_fini  Entre Dieu et moi, c’est fini  le_caveau_de_famille Le caveau de famille

Challenge Voisins, voisines
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Suède

 Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Suède : Katarina Mazetti

 Challenge Viking Lit' 
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Challenge Littératures Nordiques
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Objet"

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14 avril 2012

Aral – Cécile Ladjali

aral Actes Sud – janvier 2012 – 252 pages

Quatrième de couverture : 
Alexeï et Zena ont grandi à Nadezhda, au bord de la mer d’Aral asséchée. Autarcique, leur amour s’est affranchi de tous les obstacles : le lent évanouissement de leur mer, la mort qui coule dans l’eau polluée du village, la surdité d’Alexeï survenue à ses dix ans. Jeune musicien prodige, Alexeï continue à jouer du violoncelle et ouvre son espace intérieur à des perceptions nouvelles. Mais le silence s’installe entre les amants à mesure que le pays devient de sable. S’inspirant, dans ses compositions, de ses “trois fiancées” (la mer, la musique et Zena) dont les effacements successifs se conjuguent, il part à la recherche de la huitième note, celle qui contiendrait toutes les autres, et aboutirait à l’“éternelle présence”.
Récit de l’enfance sauvage, d’une vie en forme de mirage dans le silence hypnotique et les paysages austères du Kazakhstan, le roman de Cécile Ladjali oblige à scruter l’invisible, par un saisissant mélange de peur et de beauté.

Auteur : Née à Lausanne en 1971 de mère iranienne, Cécile Ladjali est agrégée de Lettres modernes. Elle enseigne le français dans le secondaire ainsi qu’à la Sorbonne nouvelle. Ses romans sont publiés chez Actes Sud : Les Souffleurs (2004), La Chapelle Ajax (2005), Louis et la jeune fille (2006), Les Vies d’Emily Pearl (2008), Ordalie (2009). En 2009 a également paru sa pièce de théâtre Hamlet/Electre.

Mon avis : (lu en avril 2012)
Ce livre m'a été conseillé lors d'un Café Lecture de la Bibliothèque.
Ce n'est pas hasard si l'auteur a donné comme titre à son livre Aral, car la mer d'Aral est au centre de cette histoire. A partir de 1960, les fleuves Amou-Daria et Syr-Daria qui alimentent en eau la mer d'Aral sont détournés pour irriguer les cultures de coton en Ouzbékistan et au Kazakhstan et la mer d'Aral a commencé à disparaître en laissant place à un désert et la population est alors confronté à une catastrophe écologique sans précédent. D'autre part, sur l'île de Vozrozhdeniya, les soviétiques ont installés des usines fabriquant des armes bactériologiques. L'eau est alors polluée et la population est victime de malformations et d'épidémies.
C'est la cadre de l'histoire d'amour entre Zena et Alexeï. Ils ont grandi ensemble à Nadezhda, sur les bords de la mer d’Aral. Ce sont des enfants curieux et doués, l'une aime les mathématiques, l'autre aime la musique. Mais à l'âge de dix ans, Alexeï est devenu progressivement sourd. C'est un comble pour lui qui est passionné par la musique et virtuose de violoncelle... Il va peu à peu se renfermer sur lui-même, et ressentir les sons autrement. Les chapitres alternent entre l’enfance d'Alexei et Zenia et l’âge adulte alors qu'ils sont devenus mari et femme.
Alors que la mer d'Aral s'assèche et se transforme en désert, la relation entre Alexeï et Zena est de plus en plus difficile.
J'ai été touché par cette belle histoire, j'ai beaucoup aimé découvrir la mer d'Aral et ses paysages à la fois désolés et grandioses. Le personnage d'Alexeï est très intéressant et touchant, c'est surprenant de découvrir les sensations des sons ou des musiques que peuvent entendre un sourd. En effet, tout au long du livre, il est question du bruit de la mer... J'ai aimé l'atmosphère de ce livre.
Un livre plein de poésie, d'humanité avec également un message écologique.

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Mer d'Aral en 1989 et en 2008 (Image satellite - Wikipédia)

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 Bateaux échoués (Yann Arthus Bertrand)

Extrait :
août 1982
La terre est rouge à cause de la rouille. Le soleil très haut. L’horizon sans mer tremble. La chaleur monte d’un désert sale.
Tu es livide.
Il faut que tu boives un peu. Il faut rentrer à Nadezhda pour consulter un médecin. tu es négligente.
Avec toi-même plus encore qu’avec moi. J’ai débusqué un camp d’ombre sous la carcasse oxydée d’un chalutier. Je t’y ai installée. tu retrouves tes couleurs. Le navire échoué tient en équilibre sur le sable et la roche sèche. La quille énorme s’enfonce dans le souvenir de la mer devenue roc. un mât cruciforme s’élance dans le ciel caniculaire. Pas un souffle.
Nous restons quelques instants encore à agoniser dans le lit à sec de la mer d’Aral. Quand nous étions enfants, nous pêchions ici. A cet emplacement précis. Je le sais à cause de la forme que prend le sommet du plateau situé face à nous. Je fixais le tchink quand je lançais ma ligne. Il y a des siècles, à ce que les vieux racontent, ce relief de craie sculpté par le vent était recouvert d’eau et composait les fonds marins de l’Aral. En ces temps, les Sarmates, guerriers alliés aux Scythes, massacraient les soldats de Darius sur le Kyzyl-Kum en fleurs. Nos ancêtres aimaient, paraît-il, les femmes, les grands arbres et le soleil.
Légende.
Au fil du temps, je me suis éloigné des fausses religions (qui engendrent toujours de faux espoirs) et j’ai appris à trouver mes repères dans le paysage des hommes, la mer n’étant pas une confidente assez sûre.
Le gouvernement russe a détourné l’eau des fleuves Syr-Daria et Amou-Daria l’année de ma naissance en 1960 pour intensifier l’irrigation des champs de coton. C’est à cette date précisément que la mer a commencé à se vider comme une baignoire.
Zena, j’aime baisser les yeux devant toi pour t’offrir l’illusion de la pudeur. Lorsque j’observe la mer qui disparaît, il me semble que face à l’absence la décence est la seule manie que l’on puisse poursuivre raisonnablement. A la maison, au marché SaintHilarion, chez le pope, on se dispute, on s’insulte gentiment : je ne cède pas. tu es orgueilleuse, Zena, mais je t’aime en raison de cet orgueil. tu es trop belle, sans doute trop intelligente pour un homme simple comme moi. Or c’est la démesure en toi qui me rend fou. tu es à l’image de mon pays. Comme toi, je l’aime, parce qu’il me fait peur. Parce qu’il m’échappe.
Ici, rien ne ressemble au monde commun. Les auréoles brunes sur le sol craquelé témoignent d’une présence encore récente de l’Aral. Elle recule, la mer. Engloutie par son propre centre. J’ai localisé le siphon : il se trouve derrière les dunes qui frangent l’horizon de jaune. Dans la portion de ciel qui passe juste au-dessus du plateau de l’Oust-Ourt, à l’endroit précis où la lune est pleine en août. Quand la mer descendra sous ce point, elle disparaîtra pour toujours.

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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Géographie"

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25 février 2012

Les ignorants – Étienne Davodeau

les_ignorants Futuropolis – octobre 2011 – 267 pages

Quatrième de couverture :
Étienne Davodeau est auteur de bande dessinée, il ne sait pas grand-chose du monde du vin.
Richard Leroy est vigneron, il n'a quasiment jamais lu de bande dessinée.
Mais ces deux-là sont pleins de bonne volonté et de curiosité. Pourquoi choisit-on de consacrer sa vie à écrire et dessiner des livres ou à produire du vin ? Comment et pour qui les fait-on ?
Pendant plus d'une année, pour répondre à ces questions, Étienne est allé travailler dans les vignes et dans la cave de Richard, lequel, en retour, s'est plongé dans le monde de la bande dessinée.
Ils ont ouvert de nombreuses bouteilles et lu pas mal de livres. Ils se sont baladés, à la rencontre d'auteurs et de vignerons passionnés par leur métier.
Étienne Davodeau fait le pari qu'il existe autant de façons de réalier un livre qu'il en existe de produire du vin. Il fait le constat que l'un et l'autre ont ce pouvoir, nécessaire et précieux, de rapprocher les êtres humains.
C'est le joyeux récit de cette initiation croisée que vous propose Les Ignorants.

Auteur : Étienne Davodeau a 45 ans. Il vit en Anjou. En 1985, après des études d'arts plastiques à Rennes, il publie la trilogie Les Amis de Saltiel puis Le Constat. Viennent ensuite Quelques Jours avec un menteur, Le Réflexe de survie, et trois polars : La Gloire d'Albert, Anticyclone et Ceux qui t'aiment.
2001 : il réalise Rural !, véritable reportage, où il confirme son choix d'inscrire le monde réel au cœur de son travail. En 2003, avec David Prudhomme au dessin, il adapte en bande dessinée l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles. Après avoir publié Chute de vélo, qui obtient le Prix des libraires spécialisés 2005, il revient au reportage-documentaire avec Les Mauvaises Gens, qui reçoit le Grand Prix 2006 de la Critique, le Prix France Info, puis à Angoulême le Prix du Scénario et le Prix du Public. En 2006, il publie, avec Kris, Un homme est mort. Le premier livre de Lulu femme nue a obtenu, en 2009, un Essentiel au Salon International d’Angoulême, le Prix Ouest-France/Quai des bulles, le Prix Bédélys au Québec et le Prix Saint-Michel en Belgique. Le second livre de Lulu a été publié en 2010.

Mon avis : (lu en février 2012)
Ce livre raconte la rencontre entre Richard Leroy, un vigneron, et Étienne Davodeau, un auteur de bande dessinée. Tous deux sont des passionnés l'un de la bande-dessinée, l'autre de la vigne et du vin. Étienne Davodeau s’initie au travail de la vigne, il découvre la taille, la tonnellerie, les vendanges ou encore la biodynamie. Richard Leroy va lire des livres de bande dessinée que lui choisi Étienne, il va visiter une imprimerie, il va rencontrer des auteurs, participer à des salons de bande dessinée et découvrir la maison d'édition Futuropolis. 
Ils échangent l'un et l'autre autour de leurs savoir-faire et savoir et se découvrent beaucoup de point de commun entre leurs deux métiers.
J'ai beaucoup aimé ce livre qui nous fait découvrir l'envers du décors de deux métiers très différents mais qui suscitent des émotions assez proches. La complicité des deux personnages et l'amour du travail bien fait sont très touchants.
Et en bonus en fin du livre, il y a pour les connaisseurs la liste des vins bus et des bandes-dessinées lues. A lire et déguster sans hésiter !

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

lulu_femme_nue_tome1  Lulu Femme Nue : 1er livre lulu_femme_nue_tome2 Lulu Femme Nue : 2ème livre
rural Rural ! Chronique d'une collision politique
chute_de_velo Chute de vélo  un_homme_est_mort Un homme est mort
les_mauvaises_gens Les Mauvaises gens Quelques_Jours_Avec_Un_Menteur 
Quelques jours avec un menteur

1 mars 2012

Le jour avant le bonheur – Erri De Luca

Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : BONHEUR

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Gallimard – mai 2010 – 137 pages

Folio – janvier 2012 – 157 pages

traduit de l'italien par Danièle Valin

Titre original : Il giorno prima della felicità, 2009

Quatrième de couverture :
Nous sommes à Naples, dans l'immédiat après-guerre. Un jeune orphelin, qui deviendra plus tard le narrateur de ce livre, vit sous la protection du concierge, don Gaetano. Ce dernier est un homme généreux et très attaché au bien-être du petit garçon, puis de l'adolescent. Il passe du temps avec lui, pour parler des années de guerre et de la libération de la ville par les Napolitains ou pour lui apprendre à jouer aux cartes. Il lui montre comment se rendre utile en effectuant de menus travaux et, d'une certaine façon, il l'initie à la sexualité en l'envoyant un soir chez une veuve habitant dans leur immeuble. Mais don Gaetano possède un autre don : il lit dans les pensées des gens, et il sait par conséquent que son jeune protégé reste hanté par l'image d'une jeune fille entraperçue un jour derrière une vitre, par hasard, lors d'une partie de football dans la cour de l'immeuble. Quand la jeune fille revient des années plus tard, le narrateur aura plus que jamais besoin de l'aide de don Gaetano... Dans la veine de Montedidio, ce nouveau livre du romancier italien s'impose comme un très grand roman de formation et d'initiation.

Auteur : Erri De Luca est né à Naples en 1950 et vit à la campagne près de Rome. Aux Editions Gallimard ont paru notamment Montedidio (2002, prix Femina étranger), Noyau d'olive (2004) ou encore Au nom de la mère (2006). Il est aujourd'hui un des écrivains italiens les plus lus dans le monde.

 

Mon avis : (lu en février 2012)
Ce livre de moins de 140 pages nous raconte un monde, une époque. L'auteur écrit avec une langue pleine de finesse et de poésie. Nous sommes à Naples juste après-guerre, le concierge d'un immeuble don Gaetano recueille et protège un jeune orphelin. Il va l'éduquer et lui apprendre ce qu'il sait, il lui raconte des histoires de guerre et de libération de Naples, il lui apprend à jouer aux cartes... L'orphelin, le narrateur du livre, a un soif d'apprendre auprès de don Gaetano, de son maître d'école, du libraire don Raimondo qui lui prête des livres. Il va grandir et don Gaetano est toujours présent à ses côtés. Il n'a jamais oublié le regard d'une fillette à la fenêtre d'un appartement, lorsqu'il était enfant et qu'il grimpait comme un singe récupérer des ballons sur les balcons.
Un roman simple et touchant.

Extrait :(début du livre)
Je découvris la cachette parce que le ballon était tombé dedans. Derrière la niche de la statue, dans la cour de l'immeuble, se trouvait une trappe recouverte de deux petites planches en bois. Je vis qu'elles bougeaient en posant les pieds dessus. J'eus peur, je récupérai la balle et sortis en me faufilant entre les jambes de la statue.
Seul un enfant fluet et contorsionniste comme moi pouvait glisser sa tête et son corps entre les jambes à peine écartées du roi guerrier, après avoir contourné l'épée plantée juste devant ses pieds. La balle avait atterri là-derrière après avoir rebondi entre l'épée et la jambe.
Je la poussai dehors, les autres reprirent leur partie tandis que je me tortillais pour m'extraire de là. Il est facile d'entrer dans les pièges, mais il faut transpirer pour en sortir. Et la peur me pressait. Je repris ma place dans les buts. Ils me faisaient jouer avec eux parce que je récupérais le ballon où qu'il aille. Une de ses destinations habituelles était le balcon du premier étage, une maison abandonnée. On disait qu'elle était habitée par un fantôme. Les vieux immeubles étaient pleins de trappes murées, de passages secrets, de crimes et d'amours illicites. Les vieux immeubles étaient des nids de fantômes.

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Challenge Voisins, voisines
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Italie

1 octobre 2011

Et rester vivant – Jean-Philippe Blondel

5317 Buchet – Chastel – septembre 2011 – 246 pages

Quatrième de couverture :
Le narrateur a vingt-deux ans. Il a perdu sa mère, son frère, dans un accident de voiture. L'histoire commence, il vient de perdre son père dans un accident de voiture... Seul désormais, il décide de vendre l'appartement familial et de partir avec ses deux plus proches amis : Laure et Samuel. Direction : Morro Bay, Californie. Morro Bay : une obsession nourrie depuis des années par la chanson de Lloyd Cole. La Californie : le pays mythique qui a marqué une génération. "Et rester vivant" raconte ce voyage initiatique. Entre fous rires et douleur. Découvertes, rencontres et retours sur le passe. Pour la première fois, Jean-Philippe Blondel se raconte. On retrouve sa douceur; on découvre son incroyable capacité de résistance. Et ce texte, qui fait définitivement le deuil, rend surtout un véritable hommage à la vie.

Auteur : Jean-Philippe Blondel est né en 1964, il est marié, il a deux enfants et il enseigne l'anglais au lycée de Sainte-Savine (Aube) depuis vingt ans. Il a aussi un vice – il aime lire. Pire encore, il aime écrire. Il a publié plusieurs romans comme Accès direct à la plage (2003), 1979 (2003), Juke-box (2004), Un minuscule inventaire(2005), Passage du gué (2006), This is not a love song (2007), Le baby-sitter (2010), G229 (2011). Il est également auteur de livre pour la jeunesse avec Un endroit pour vivre (2007), Au rebond (2009), Blog (2010), (R)eplay (2011).

Mon avis : (lu en septembre 2011)
Voilà un livre très différent des livres précédents de Jean-Philippe Blondel. Même si le mot roman est apposé sur première la page, l’auteur ne cache pas que ce livre est autobiographique. Il nous raconte quelques mois de l’année de ses vingt-deux ans.
Alors que quatre ans plus tôt, sa mère et son frère sont morts dans un accident de voiture, l’auteur est réveillé à la veille d’une opération pour ses dents de sagesse et on lui annonce que son père est mort. Le voilà tout seul, orphelin, il éclate de rire. Réaction nerveuse… Son ex-petite amie Laure et son meilleur ami Samuel vont être là pour l’entourer et l’aider dans toutes les démarches qu’implique une telle situation. Que faire ? Il vide la maison de son père, la vend, il est riche, il est libre…
A l’époque, l’auteur se passait en boucle la chanson
Rich du chanteur Lloyd Cole « Il parle d’un homme qui passe sa vie à Morro Bay, en Californie ». Pour continuer à vivre, Jean-Philippe se raccroche à des détails insignifiants. Comme sur un coup de tête, il décide de partir pour Morro Bay, en Californie en compagnie de Laure et Samuel. Et c’est parti pour un road trip sur les routes de Californie avec des rencontres comme Diana Blackley, Rose et son piano, Miguel…
Tout au long du voyage, certains détails lui rappellent son enfance et à travers quelques souvenirs Jean-Philippe Blondel évoque ses proches disparus.
Ayant une histoire proche de celle de l'auteur,
j’ai été très touchée par ce livre plein de douceur et de couleurs. Ce livre m'a fait beaucoup de bien. En particulier, j’ai beaucoup aimé son rapport aux couleurs. Au début le monde autour de Jean-Philippe n’a plus de couleur, « pendant des jours et des jours, c’est blanc, noir, blanc – je reste surexposé. » « Les couleurs se sont évaporées ». Les premières couleurs réapparaissent à son arrivée à San Francisco avec le feu d’artifice de la fête nationale « Du rouge et du bleu ». Plus le voyage avance, plus les couleurs apparaissent. Il y aura le jaune avec la veste « couleur or moutarde » de Diana, le rose d’un lever de soleil aux portes du désert de la Mort au Red Rose Motel, le orange du Grand Canyon, le colibri multicolore…  A l'approche de la fin du voyage, « Les couleurs, elles sont toutes là désormais. » « Je baigne dans les couleurs. Je baigne dans les couleurs. ».
Ce livre est un très bel hommage de l'auteur à ces proches, il se lit avec beaucoup d’émotion mais sans aucun pathos.

Extrait : (début du livre)
Bien sûr, ça m'a déjà traversé l'esprit, d'écrire sur cette période-là.
J'ai tourné autour. J'ai effleuré.
Mais je me disais que si je me mettais vraiment à raconter ce qui s'était passé, personne ne me croirait.
Parce qu'il y a des limites à la fiction, mine de rien.
Bref, je ne l'ai jamais fait.

Je n'ai pas changé d'avis.
Je ne cherche pas l'adhésion. C'est un combat perdu d'avance.
Simplement, hier soir, j'ai reçu ce drôle de message électronique. Il émanait d'un collègue écrivain que je connais à peine mais dont je lis avec plaisir les rares romans – il est du genre dilettante, dans l'écriture de livres, un tous les quatre ou cinq ans, ça semble lui suffire. Il s'appelle Laurent Sagalovitsch.
Il habite sur la côte Pacifique du Canada. Hier, il devait s'ennuyer un peu.
Alors il a surfé sur Internet, comme nous le faisons tous parfois, par pur désoeuvrement. Il est allé sur le site de Lloyd Cole, un chanteur anglais dont il avait beaucoup écouté les disques dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, mais qui se fait plus discret depuis le passage au IIIe millénaire.
Là, en trainant sur la page des commentaires laissés par les inconditionnels, il est tombé sur un mot de moi. Il y a quatre ou cinq ans, un soir d'ivresse, j'ai laissé sur le site un message pour le chanteur. J'y expliquais qu'un jour, il faudrait quand même que j'écrive ce qui s'était passé cet été-là, quand nous étions partis, Laure, Samuel et moi, direction la Californie et Morro Bay, juste parce que Lloyd Cole parle de cette ville dans un morceau intitulé Rich, que j'écoutais en boucle à l'époque. Je terminais en précisant que le problème (« tu vois, Lloyd »), c'est que si je raconte ça, personne ne me croira.
Le lendemain matin, je me souvenais vaguement avoir laissé des traces dans le courrier des fans, mais tout cela était très brumeux. Deux jours après, j'avais tout oublié.

Sagalovitsch était très intrigué. Il voulait en savoir plus. C'était quoi, exactement, cette histoire de Laure, de Samuel, de Morro Bay et de Rich ? Je lui ai fait une réponse laconique. Quelques lignes sur l'époque – quand nous allions au cinéma voir les films de Carax et de Jarmusch, que nous écoutions les Smiths et Style Council, que nous lisions les premiers romans d'Echenoz.
Sagalovitsch n'a pas été dupe. De Vancouver, il m'a adressé une seule ligne en retour : « Ne noie pas le poisson. »

Déjà lu du même auteur :

juke_box Juke Box  au_rebond Au rebond

le_baby_sitter  Le Baby-sitter G229 G229  blog Blog

Challenge 2%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
9/14

15 octobre 2011

Rien ne s'oppose à la nuit - Delphine de Vigan

Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
un_mot_des_titres 

Le mot : NUIT

rien_ne_s_oppose___la_nuit Jean-Claude Lattès – août 2011 – 436 pages

Prix du Roman FNAC 2011

Quatrième de couverture :
« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. 
La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. 
Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » 
Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

Auteur : Delphine de Vigan est notamment l’auteur du best seller No et moi, plus de 400 000 exemplaires vendus toutes éditions Prix des Libraires 2008, adapté au cinéma par Zabou Breitman, et des Heures souterraines (2009), près de 100 000 exemplaires vendus en édition première et traduit dans le monde entier. Elle faisait partie de la dernière sélection du Goncourt. Elle vit à Paris.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
Dès que le nouveau mot du Challenge a été dévoilé, mon choix a été immédiat car j'avais déjà dans ma PAL le dernier livre de Delphine de Vigan. J’ai découvert cette auteur fin 2008 avec son livre No et moi que j’ai beaucoup aimé, l’année dernière j’ai également été émue par Les heures souterraines.
Ce roman qui n’en est pas vraiment un, car Delphine nous raconte sa mère à travers les témoignages qu'elle a recueilli auprès de sa famille.
Le livre commence en 2008, sur une scène brutale, Delphine de Vigan retrouve sa mère âgée de soixante-et-un ans morte dans son appartement depuis quelques jours. Delphine mettra plusieurs mois à admettre la vérité : sa mère s’est suicidée. Elle décide alors de retracer en détail la vie de Lucile pour ne pas oublier. Et Delphine entame une vraie enquête auprès de ses proches. « Alors j'ai demandé à ses frères et sœurs de me parler d'elle, de me raconter. Je les ai enregistrés, eux et d'autres, qui avaient connu Lucile et la famille joyeuse et dévastée qui est la nôtre. J'ai stocké des heures de paroles numériques sur mon ordinateur, des heures chargées de souvenirs, de silences, de larmes et de soupirs, de rires et de confidences. 
J'ai demandé à ma sœur de récupérer dans sa cave les lettres, les écrits, les dessins, j'ai cherché, fouillé, gratté, déterré, exhumé. J'ai passé des heures à lire et à relire, à regarder des films, des photos, j'ai reposé les mêmes questions, et d'autres encore. 
Et puis, comme des dizaines d'auteurs avant moi, j'ai essayé d'écrire ma mère. » 
Dans une première partie, Delphine raconte l’enfance de Lucile, elle est la troisième d’une famille nombreuse. Ses parents Liane et Georges et ses nombreux frères et sœurs, Lisbeth, Barthélemy, Anthonin, Jean-Marc, Milo, Justine, Violette et Tom. Il y a des souvenirs heureux mais aussi plusieurs drames et des non dits. Puis dans la deuxième partie du livre, Delphine utilise le « je » car c'est l'époque où Lucile est devenue maman, et très jeune, Delphine devient un témoin privilégié des souffrances de sa maman. En parallèle de l’histoire de sa mère, Delphine de Vigan raconte l’histoire du livre qu’elle est en train d’écrire. Elle nous confie ses états d’âme, ses réflexions, ses interrogations, ses doutes dans sa démarche d'écrire ce livre.
Un témoignage bouleversant, et un bel hommage de Delphine pour sa maman. C'était très courageux de la part de Delphine de mener à bien cet ouvrage et à sa famille d'accepter le portrait de Lucile par Delphine.
J'ai eu un vrai coup de cœur pour ce livre qui ne laisse pas indifférent.

Extrait : (début du livre)
Ma mère était bleue, d'un bleu pâle mêlé de cendres, les mains étrangement plus foncées que le visage, lorsque je l'ai trouvée chez elle, ce matin de janvier. Les mains comme tachées d'encre, au pli des phalanges. 

Ma mère était morte depuis plusieurs jours. 
J'ignore combien de secondes voire de minutes il me fallut pour le comprendre, malgré l'évidence de la situation (ma mère était allongée sur son lit et ne répondait à aucune sollicitation), un temps très long, maladroit et fébrile, jusqu'au cri qui est sorti de mes poumons, comme après plusieurs minutes d'apnée. Encore aujourd'hui, plus de deux ans après, cela reste pour moi un mystère, par quel mécanisme mon cerveau a-t-il pu tenir si loin de lui la perception du corps de ma mère, et surtout de son odeur, comment a-t-il pu mettre tant de temps à accepter l'information qui gisait devant lui ? Ce n'est pas la seule interrogation que sa mort m'a laissée. 
Quatre ou cinq semaines plus tard, dans un état d'hébétude d'une rare opacité, je recevais le prix des libraires pour un roman dont l'un des personnages était une mère murée et retirée de tout qui, après des années de silence, retrouvait l'usage des mots. A la mienne j'avais donné le livre avant sa parution, fière sans doute d'être venue à bout d'un nouveau roman, consciente cependant, même à travers la fiction, d'agiter le couteau dans la plaie. 
Je n'ai aucun souvenir du lieu où se passait la remise du prix, ni de la cérémonie elle-même. La terreur je crois ne m'avait pas quittée ; je souriais pourtant. Quelques années plus tôt, au père de mes enfants qui me reprochait d'être dans la fuite en avant (il évoquait cette capacité exaspérante à faire bonne figure en toute circonstance), j'avais répondu pompeusement que j'étais dans la vie. 
Je souriais aussi au dîner qui fut donné en mon honneur, ma seule préoccupation étant de tenir debout, puis assise, de ne pas m'effondrer d'un seul coup dans mon assiette, dans un mouvement de plongeon similaire à celui qui m'avait projetée, à l'âge de douze ans, la tête la première dans une piscine vide. Je me souviens de la dimension physique, voire athlétique, que revêtait cet effort, tenir, oui, même si personne n'était dupe. Il me semblait qu'il valait mieux contenir le chagrin, le ficeler, l'étouffer, le faire taire, jusqu'au moment où enfin je me retrouverais seule, plutôt que me laisser aller à ce qui n'aurait pu être qu'un long hurlement ou, pire encore, un râle, et m'eût sans aucun doute plaquée au sol. Au cours des derniers mois les évènements qui me concernaient s'étaient singulièrement précipités, et la vie, cette fois encore, fixait la barre trop haut. Ainsi, me semblait-il, le temps de la chute, n'y avait-il rien d'autre à faire que bonne figure, ou bien faire face (quitte à faire semblant). 
Et pour cela je sais depuis longtemps qu'il est préférable de se tenir debout que couché, et d'éviter de regarder en bas. 
Dans les mois qui ont suivi j'ai écrit un autre livre sur lequel je prenais des notes depuis plusieurs mois. Avec le recul j'ignore comment cela a été possible, si ce n'est qu'il n'y avait rien d'autre, une fois que mes enfants étaient partis à l'école et que j'étais dans le vide, rien d'autre que cette chaise devant l'ordinateur allumé, je veux dire pas d'autre endroit où m'asseoir, où me poser. Après onze années passées dans la même entreprise - et un long bras de fer qui m'avait laissée exsangue - je venais d'être licenciée, consciente d'en éprouver un certain vertige, quand j'ai trouvé Lucile chez elle, si bleue et si immobile, et alors le vertige s'est transformé en terreur puis la terreur en brouillard. J'ai écrit chaque jour, et je suis seule à savoir combien ce livre qui n'a rien à voir avec ma mère est empreint pourtant de sa mort et de l'humeur dans laquelle elle m'a laissée. Et puis le livre a paru, sans ma mère pour laisser sur mon répondeur les messages les plus comiques qui fussent au sujet de mes prestations télévisées. 

Déjà lu du même auteur :

no_et_moi_p No et moi   les_heures_souterraines  Les heures souterraines   

Challenge 2%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
11/14

24 septembre 2011

Le premier été – Anne Percin

le_premier__t_ Éditions du Rouergue – août 2011 – 162 pages

Quatrième de couverture :
Deux sœurs se retrouvent une fin d’été en Haute-Saône, afin de vider la maison de leurs grands-parents décédés. Depuis longtemps, Catherine, la benjamine, se tient loin de ce village… Pourtant, chaque coin de rue ou visage croisé font surgir en elle des souvenirs précis et douloureux. Sa sœur aînée a fondé une famille, elle, non. Devenue libraire, c’est une femme solitaire.
A l’adolescence déjà, elle passait ses heures dans les livres. Mais pour ce qu’elle a vécu ici, l’été de ces seize ans, l’été de sa lecture du Grand Meaulnes, « il n’y a pas eu de mots. Il n’y en a jamais eu, ni avant, ni après. » Quinze années ont passé, et personne n’a jamais su quel secret la tenaillait depuis tout ce temps, le drame dont elle a
peut-êtreété coupable.
C’est une histoire d’innocence et de cruauté que nous raconte Anne Percin. Belle et implacable à la fois, comme tous les crève-cœurs de l’enfance.

Auteur : Née en 1970 à Epinal, Anne Percin grandit à Strasbourg qu'elle quitte à 25 ans pour Paris, où elle commence à enseigner le français en collège. Marquée dans l'enfance par la lecture de Colette, elle cherche à revenir vivre à la campagne, un rêve accompli en 2003 où elle s'installe en Bourgogne avec son compagnon, l'écrivain Christophe Spielberger et leur enfant. Elle vit actuellement en Saône et Loire. Son premier roman pour adultes, Bonheur fantôme (la brune, 2009) a reçu le Prix Jean Monnet des jeunes lycéens européens.

Mon avis : (lu en septembre 2011)
Difficile de faire un billet sur ce livre sans en dire trop…
Le livre commence sur « une croix, plantée à la sortie du village. », « C’est juste un lieu, une borne, un espace délimité pour fixer le souvenir du drame qui s’est joué là, il y a quinze ans. Un drame auquel je n’ai pas assisté. Un drame dont je ne suis peut-être pas responsable. »
Catherine, la narratrice et sa sœur aînée Angélique sont de retour au village de Haute-Saône où vivaient leurs grands-parents et où elles venaient tous les étés durant les vacances. Elles sont venues vider la maison après le décès des grands-parents. C’est l’occasion pour les deux sœurs d’évoquer leurs souvenirs d’enfance et d’adolescence dans cette maison, dans ce village où elles se joignaient aux jeunes des lieux ou de la colo pour des après-midi à la piscine ou des soirées de bal…

Mais Catherine a un souvenir amer de l’été de ses seize ans et quinze ans après elle avoue à sa sœur un terrible secret dont elle n’a jamais parlé à personne. Un secret qui la ronge depuis tout ce temps…
Je n’en dirai pas plus sur l’intrigue car Anne Percin prend le temps de planter le décor, de décrire l’atmosphère de cet été particulier, avant d’aborder lentement le cœur de l’intrigue.

C’est un roman sur l’adolescence à la fois bouleversant et dérangeant. Dans cette histoire, il y a également des clins d’œil musicaux : les deux sœurs sont des lectrices de Podium et cela permet de dater l’époque, ainsi « c’était l’été où Étienne Daho chantait Tombé pour la France »… Je suis de la même époque !
J’ai beaucoup aimé ce livre car j’ai été cueillie par l’histoire et à aucun moment, je n’ai pu imaginer le drame annoncé…

Extrait : (début du livre)
C’est une croix, plantée à la sortie du village. Je l’ai encore vue ce matin, en allant à la déchetterie. Elle est toujours là, au bord de la route. Longtemps, je n’ai pas osé tourner la tête de ce côté-là de la départementale. Lorsqu’on arrivait au village, je fixais les champs, la montagne un peu plus loin, le ciel, la vieille publicité Dubo, Dubon, Dubonnet peinte en bleu sur le pignon d’une maison.
Cette fois, je me suis arrêtée tout près d’elle, sans sortir toutefois de la voiture, laissant le moteur tourner.
J’ai regardé les fleurs, toujours les mêmes à en juger par leur usure. Ce sont des fleurs en plastique aux couleurs fanées qui tirent toutes vers le rose, exactement comme les photos qui restent trop longtemps au soleil, à croire que le rose est la couleur originelle de toute chose. On devine ce qu’elles ont été : des bouquets serrés de faux lys, d’orchidées, de freesias, le tout en nylon, noué contre le bois de la croix. Certains pétales sont déchirés, mangés par des bêtes ou par l’humidité.
La croix est surmontée d’un toit fait de deux planchettes. Le tout est couvert de mousse. Au sommet, pend une pochette en plastique qui a contenu une photographie. Le plastique a moisi, la photo est probablement décolorée comme les fleurs. Je n’ai pas eu le courage de l’extraire de la pochette. Je connais le visage qu’elle montre, mais le regarder est au-dessus de mes forces. Je préfère penser qu’elle est trop délavée pour qu’il soit reconnaissable.
Des coquelicots poussent dans les ornières, derrière la croix.
Ce n’est pas une tombe. Pas plus que ne le sont, sur les bords des nationales, les silhouettes noires découpées dans le métal, sur les sites des accidents meurtriers. C’est vide, ça ne contient rien, ça ne protège rien. C’est juste un lieu, une borne, un espace délimité pour fixer le souvenir du drame qui s’est joué là, il y a quinze ans. Un drame auquel je n’ai pas assisté. Un drame dont je ne suis
peut-être pas responsable.

 

Challenge 1%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
7/7

22 mai 2011

Là-haut, tout est calme – Gerbrand Bakker

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Gallimard - septembre 2009 – 350 pages

Folio – février 2011 – 370 pages

Quatrième de couverture :
Helmer van Wonderen vit depuis trente-cinq ans dans la ferme familiale, malgré lui. C'est Henk, son frère jumeau, qui aurait dû reprendre l'affaire. Mais il a disparu dans un tragique accident, à l'âge de vingt ans. Alors Helmer travaille, accomplissant les mêmes gestes, invariablement, machinalement. Un jour, sans raison apparente, il décide d'installer son vieux père au premier étage, de changer de meubles, de refaire la décoration de la maison. Le besoin de rompre la monotonie de sa vie et l'envie de mettre fin à ce face-à-face presque silencieux avec un homme devenu grabataire le font agir, plein de colère retenue. Les choses s'accélèrent le jour où il reçoit une lettre de Riet lui demandant de l'aide : Riet était la fiancée de son frère. Elle fut aussi à l'origine de son accident mortel... En se mettant dans les pas d'un paysan du nord de la Hollande qui, à cinquante-cinq ans, comprend qu'il n'est pas trop tard pour combler ce manque qui le ronge, l'écrivain néerlandais évoque avec une grande force le désir humain de maîtriser sa vie et d'accéder à une forme de vérité intérieure. À la fois précise et poétique, l'écriture de Là-haut, tout est calme entraîne le lecteur dans une inoubliable quête de bonheur.

Auteur : Gerbrand Bakker est né en 1962. Après des études de lettres à Amsterdam, il a exercé différents métiers, puis publié un livre pour adolescents en 2004. Là-haut, tout est calme, son premier roman, a été le phénomène éditorial de l'année 2006 aux Pays-Bas avec des ventes dépassant les 70000 exemplaires. Depuis, il a été traduit avec succès dans de très nombreux pays.

Mon avis : (lu en mai 2011)
Helmer a du renoncer à ses études supérieures. C'est son frère jumeau Henk qui était destiné à reprendre la ferme familiale mais suite à un accident de voiture et son décès, le devoir a obligé Helmer à remplacer son frère. Helmer a mis de côté son projet de vie et depuis trente-cinq ans, son quotidien de fermier n'a pas changé. Il s'occupe machinalement des animaux de la ferme et de son père âgé qui ne quitte pratiquement plus son lit.
Lorsque le livre commence, Helmer a décidé de déménager son père au premier étage, et de moderniser un peu le bas de la maison, il s'achète un nouveau lit, il repeint la maison...
Son quotidien monotone va être bousculé par l'arrivée d'une lettre de Riet, l'ancienne petit amie de Henk, elle reprend contact après des années de silence. Elle demande à Helmer d'accueillir quelque temps son fils comme garçon de ferme.
Ce livre évoque les liens particuliers unissant des jumeaux et les troubles que ressent Helmer depuis la disparition de son double. Le lecteur découvre aussi les ressentiments d'Helmer vis à vis de son père qui a toujours préféré Henk. Il subit malgré lui cette situation.
Les descriptions des paysages, et de la nature qui change au fil des saisons font partie du récit : le plat pays sous le neige avec les canaux gelés, à l'approche du printemps. Les animaux sont très présents également dans cette histoires, les animaux de la ferme, les oiseaux...
L'impression de calme de cette vie monotone et régulière seulement ponctuée par les saisons est palpable durant la première partie de l'histoire. Ce calme va être bouleversé par le retour de Riet puis l'arrivée de son fils.
J'ai lu très facilement ce livre dont j'ai aimé l'ambiance et Helmer m'a beaucoup touchée.

Extrait : (début du livre)
J'ai mis papa là-haut. Après l'avoir assis dans une chaise, j'ai démonté le lit. Papa est resté dans cette chaise, comme un veau né de quelques minutes et que la vache n'a pas encore léché, tête vacillant de façon incontrôlée, regard qui ne s'attache à rien. J'ai arraché du matelas couvertures, draps et alèse, posé le matelas et les planches du fond le long du mur, défait les vis qui maintenaient tête et pied aux côtés. J'essayais autant que possible de respirer par la bouche. La chambre d'en haut – ma chambre – je l'avais déjà débarrassée.
« Qu'est-ce que tu fais ? a-t-il demandé.
- Tu déménages.
- Je veux rester ici.
- Non. »
Je lui ai laissé son lit. Depuis plus de dix ans, l'une des moitiés est froide, mais la place inoccupée est toujours couronnée d'un oreiller. J'ai revissé le lit dans la chambre du haut, en l'orientant face à la fenêtre. Sous les pieds, j'ai placé des billots de bois. J'ai mis un couchage propre : des draps et deux taies. Puis j'ai porté papa dans l'escalier. Dès l'instant où je l'ai eu soulevé de la chaise, il m'a regardé et ne m'a plus quitté des yeux jusqu'à ce que je le couche et que nos visages se touchent presque.
C'est alors seulement qu'il a dit : « Je peux marcher tout seul.
- Non, tu ne peux pas. »
Il a vu, par la fenêtre, des choses qu'il ne s'attendait pas à voir. « Je suis bien haut, a-t-il fait.
- Oui. Comme ça, en regardant dehors, tu ne verras pas que du ciel. »

Lu dans le cadre du ChallengeVoisins, voisines
voisin_voisine
Pays-Bas

29 mars 2011

Le Fils – Michel Rostain

le_fils Oh ! Éditions – janvier 2011 – 173 pages

Prix Goncourt du Premier Roman 2011

Quatrième de couverture :
« Le onzième jour après ma mort, Papa est allé porter ma couette à la teinturerie. Monter la rue du Couédic, les bras chargés de ma literie, le nez dedans. Il se dit qu'il renifle mon odeur. En fait, ça pue, je ne les avais jamais fait laver ces draps ni cette couette. Ça ne le choque plus. Au contraire : subsiste encore quelque chose de moi dans les replis blancs qu'il porte à la teinturerie comme on porterait le saint sacrement. Papa pleure le nez dans le coton. Il profite. Il sniffe encore un coup la couette, et il pousse enfin la porte du magasin.
Papa ne peut plus traîner. Condoléances, etc. Le teinturier recondoléances, etc. débarrasse papa de la couette. Papa aurait voulu que ça dure, une file d'attente, une livraison, une tempête, juste que ça dure le temps de respirer encore un peu plus des bribes de mon odeur. Papa se dépouille, il perd, il perd. »

Auteur : Michel Rostain vit à Arles. Né en 1942, metteur en scène d'opéras, il a dirigé la Scène nationale de Quimper Théâtre de Cornouaille de 1995 à 2008.

Mon avis : (lu en mars 2011)
Ce n'est pas un roman, mais un récit sur un sujet difficile : la mort d'un enfant.

Le 25 octobre 2003, Michel Rostain a perdu son fils Lion, âgé de 21 ans, emporté par une méningite foudroyante.
Sept ans plus tard, l'auteur raconte ce terrible événement du point de vue de son fils mort. En effet, c'est la voix tendre et ironique du fils qui raconte la détresse de son père et de sa mère. Il raconte le jour de la mort, les lendemains avec le marketing des pompes funèbres, la cérémonie des obsèques... Il se moque de son père qui pleure comme une madeleine, qui se pose des questions sur l'inconscient de son fils... Il raconte la mécanique des funérailles qui se met en marche dès son dernier souffle, ses parents devant le catalogue des pompes funèbres... les obsèques d'un ami de ses parents 3 mois plus tôt qui avaient tournées au burlesque et qui était la répétition de ce que ses parents ne voulaient surtout pas revivre pour l'enterrement de leur fils. Il raconte aussi la cruauté de la Sécu qui refuse de traiter des feuilles de maladie en retard sous prétexte que « Votre livret de famille n'est pas à jour ! Il faut faire rayer votre fils du livret. »
C'est un livre qui nous fait pleurer et rire à la fois.
J'ai été profondément touchée et émue à la lecture de ce livre qui est aussi une belle leçon de vie et d'amour, et la conclusion du livre se veut optimiste : il n'y a pas de remède à la douleur, mais « On peut vivre avec ça. »

Extrait : (début du livre)
Papa fait des découvertes. Par exemple ne pas passer une journée sans pleurer pendant cinq minutes, ou trois fois dix minutes, ou une heure entière. C'est nouveau. Les larmes s'arrêtent, repartent, elles s'arrêtent encore, et puis ça revient, etc. Plein de variétés de sanglots, mais pas une journée sans. Ça structure différemment la vie. Il y a des larmes soudaines – un geste, un mot, une image, et elles jaillissent. Il y a des larmes sans cause apparente, stupidement là. Il y a des larmes au goût inconnu, sans hoquet, sans la grimace habituelle ni même les reniflements, juste des larmes qui coulent.
Lui, c'est plutôt le matin qu'il a envie de pleurer.

Le onzième jour après ma mort, Papa est allé porter ma couette à la teinturerie. Monter la rue du Couédic, les bras chargés de ma literie, le nez dedans. Il se dit qu'il renifle mon odeur. En fait, ça pue, je ne les avais jamais fait laver ces draps ni cette couette. Des jours, des mois et des mois que je dormais dedans. Ça ne le choque plus. Au contraire : subsiste encore quelque chose de moi dans les replis blancs qu'il porte à la teinturerie comme on porterait le saint sacrement. Papa pleure le nez dans le coton. Il évite les regards, il fait des détours bien au-delà du nécessaire, il prend à droite, rue Obscure, il redescend, puis non il remonte, rue Le Bihan, rue Émile Zola, les Halles, quatre cents mètres au lieu des cent mètres nécessaires, il profite. Il sniffe encore un coup la couette, et il pousse enfin la porte du magasin.
Yuna de la Friche est là en train de mettre des sous dans la machine à laver automatique, papa ne peut plus traîner. Condoléances, etc. Le teinturier recondoléances, etc. débarrasse papa de la couette. Papa aurait voulu que ça dure, un coup de téléphone d'un client, une file d'attente, une livraison, une tempête, juste que ça dure le temps de respirer encore un peu plus des bribes de mon odeur. Papa se dépouille, il perd, il perd.

De retour à la maison, il trouve la chienne en train de mordiller mes pantoufles. Là aussi il y a mes odeurs. Papa tu ne vas quand même pas te disputer avec Yanka et te mettre à sucer mes pompes puantes, non ?

1 mars 2011

Mes Challenges en cours...

Voici un petit bilan de mes challenges en cours... :

1pourcent2010 1er challenge : Challenge 1% littéraire 2010

Challenge organisé par Schlabaya, il s'agit de lire au moins 1% des 701 sorties littéraires prévues cet automne. Soit au moins 7 livres...  (fin du challenge juin 2011)

livre n°1 : Desert Pearl Hotel - Pierre-Emmanuel Scherrer
livre n°2 : Une affaire conjugale - Eliette Abécassis
livre n°3 : Le Délégué - Didier Desbrugères
livre n°4 : Des gifles au vinaigre - Tony Cartano
livre n°5 : Ouragan - Laurent Gaudé
livre n°6 : Passé sous silence – Alice Ferney
livre n°7 : En attendant la montée des eaux – Maryse Condé       Challenge 1%
livre n°8 : Le coeur régulier- Olivier Adam
livre n°9 : La maison d'à côté - Lisa Gardner
livre n°10 : L’amour est une île - Claudie Gallay
livre n°11 : En cuisine – Monica Ali
livre n°12 : Rosa Candida – Audur Ava Ólafsdóttir
livre n°13 : Vivement l'avenir - Marie-Sabine Roger
livre n°14 : De deux choses l'une - Christine Détrez                         Challenge 2%

livre n°15 : Grandir - Sophie Fontanel                    
livre n°16 : Haïti Kenbe la ! - Rodney Saint-Eloi
livre n°17 : Sans un adieu - Harlan Coben
l
ivre n°18 : Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent... - Eric-Emmanuel Schmitt
livre n°19 : Jours toxiques - Roxana Robinson
livre n°20 : L'insomnie des étoiles - Marc Dugain
livre n°21 : Le septième fils – Arni Thorarinsson                              Challenge 3%
livre n°22 : Oscar Pill, Tome 3 : Le secret des Éternels – Eli Anderson
livre n°23 : Theodore Boone. Enfant et justicier - John Grisham
livre n°24 : L'Hypnotiseur - Lars Kepler
livre n°25 : Mon vieux et moi - Pierre Gagnon
livre n°26 : La Ballade de Lila K - Blandine Le Callet
livre n°27 : La couleur des sentiments - Kathryn Stockett
livre n°28 : Sanctuaires ardents – Katherine Mosby                   Challenge 4%
livre n°29 : La malédiction des colombes - Louise Erdrich
livre n°30 : Purge - Sofi Oksanen
livre n°31 : Double faute – Lionel Shriver
livre n°32 : Les Anonymes - R.J. Ellory

livre n°33 : Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants – Mathias Enard
livre n°34 : Une année chez les Français - Fouad Laroui
livre n°35 : Kyoto LimitedExpress - Olivier Adam          Challenge 5%

Viking_Lit 2ème challenge : Challenge Viking Lit'

livre n°1 : Été – Mons Kallentoft (Suède)

livre n°2 : L'héritage impossible - Anne B. Ragde(Norvège)
livre n°3
: Rosa Candida – Audur Ava Ólafsdóttir (Islande)
livre n°4 : L'Hypnotiseur - Lars Kepler (Suède)
livre n°5 : Purge - Sofi Oksanen(Finlande)
livre n°6 : Meurtriers sans visage – Henning Mankell (Suède)
livre n°7 : Les chiens de Riga - Henning Mankell (Suède)
livre n°8 : L'Enfant allemand - Camilla Läckberg (Suède)
livre n°9 : L'écriture sur le mur - Gunnar Staalesen(Norvège)
livre n°10 : La vierge froide et autres racontars - Jørn Riel(Danemark)
livre n°11 : La rivière noire - Arnaldur Indridason(Islande)

 

 

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3ème challenge : Baby Challenge - Contemporainorganisé par Livraddict

Livres déjà lus :  11 /20    Médaille en chocolat  

1 - Une Prière Pour Owen de John Irving
2 - La Saga Malaussène, tome 1 : Au bonheur des ogres de Daniel Pennac
3 - Le Clan des Otori, tome 1 : Le Silence du Rossignol de Lian Hearn
4 - Entre chiens et loups, tome 1 de Malorie Blackman
5 - Kafka sur le rivage de Haruki Murakami
6 - La porte des enfers de Laurent Gaudé
7 - Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer
8 - Les Thanatonautes de Bernard Werber
9 - Oscar et la dame rose de Eric-Emmanuel Schmitt
10 - L'évangile selon Pilate, suivi de Journal d'un roman volé de Eric-Emmanuel Schmitt
11 - Seul le silence de R.J. Ellory
12 - La vie devant soi de Emile Ajar
13 - Le monde de Sophie de Jostein Gaarder
14 - L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon
15 - La ferme des animaux de George Orwell
16 - L'enfant de Noé de Eric-Emmanuel Schmitt
17 - Ensemble, c'est tout de Anna Gavalda
18 - Les enfants de la liberté de Marc Levy
19 - Cosmétique de l'ennemi de Amélie Nothomb
20 - Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé

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4ème challenge : Baby Challenge - Polarorganisé par Livraddict
Livres déjà lus :  11/20   Médaille en chocolat    

1 - Blacksad, tome 1 : Quelque part entre les ombres de Juan Diaz Canales
2 - La Trilogie Berlinoise de Philip Kerr
3 - Un lieu incertain de Fred Vargas
4 - Dix petits nègres d'Agatha Christie
5 - Innocent de Harlan Coben
6 - Spellman et associés de Lisa Lutz
7 - Le crime de l'Orient-Express de Agatha Christie
8 - Millénium, tome 1 : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes de Stieg Larsson
9 - L'étrangleur de Cater Street de Anne Perry
10 - Le huit de Katherine Neville
11 - Les fables de sang de Arnaud Delalande
12 - L'homme à l'envers de Fred Vargas
13 - Le chien des Baskerville d'Arthur Conan Doyle
14 - Cadres noirs de Pierre Lemaitre
15 - Le Poète de Michael Connelly
16 - Un monde sans fin de Ken Follett
17 - Nous n'irons plus au bois de Mary Higgins Clark
18 - Le Mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux
19 - L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde
20 - L'homme aux cercles bleus de Fred Vargas

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5ème challenge : Voisins, voisines organisé par kathel, il s'agit de lire un ou plusieurs livres d'auteurs européens.
livre n°1 : Le cimetière des bateaux sans nom - Arturo Pérez-Reverte (Espagne)

livre n°2 : Le chuchoteur - Donato Carrisi (Italie)
livre n°3 : La mort à marée basse - Pieter Aspe (Belgique)
livre n°4 : Purge - Sofi Oksanen (Finlande/Estonie)
livre n°5 : Les Anonymes - R.J. Ellory (Grande-Bretagne)
livre n°6 :
Un monde sans fin – Ken Follett (Grande-Bretagne)
livre n°7 :
Les pingouins n'ont jamais froid - Andreï Kourkov (Ukraine)
livre n°8 :
Meurtriers sans visage – Henning Mankell (Suède)
livre n°9 :
Les chiens de Riga - Henning Mankell (Suède)
livre n°10 :
Le pingouin - Andreï Kourkov (Ukraine)
livre n°11 :
Entre chiens et loups, tome 1 de Malorie Blackman (Grande-Bretagne)
livre n°12 :
L'Enfant allemand - Camilla Läckberg (Suède)
livre n°13 : L'écriture sur le mur - Gunnar Staalesen (Norvège)
livre n°14 : La vierge froide et autres racontars - Jørn Riel (Danemark)
livre n°15 : La rivière noire - Arnaldur Indridason (Islande)
livre n°16 : Les lieux infidèles - Tana French (Irlande)

logo_challenge_Petit_BAC
6ème challenge : Challenge Petit BAC  organisé par Enna, il s'agit de lire des romans ayant dans leurs titres un mot correspondant aux différentes rubriques du "Petit BAC". Au moins 1 livre pour chacune des rubriques.
Prénom (fille ou garçon) : 1) La double vie d'Irina– Lionel Shriver
2) Aya de Yopougon tome 6 - Marguerite Abouet et Clément Oubrerie
3) Bons baisers de Cora Sledge - Leslie Larson
Lieu géographique (ville, pays, continent...) : 1) D'où je suis, je vois la lune – Maud Lethielleux
                                                                   2) Les chiens de Riga- Henning Mankell
3) Aya de Yopougon tome 6 - Marguerite Abouet et Clément Oubrerie
4) Kyoto Limited Express - Olivier Adam 

Métier  : 1) Maman – Isabelle Alonso
Animal : 1) Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants– Mathias Enard
             2) Les pingouins n'ont jamais froid - Andreï Kourkov
             3) Les chiensde Riga - Henning Mankell
             4) Le pingouin - Andreï Kourkov
             5) Entre chiens et loups, tome 1 de Malorie Blackman

Végétal (plante, fleur, fruit, légume...) :  Les années cerises- Claudie Gallay
Objet : 1) Chute de vélo – Étienne Davodeau
Sport / Loisirs : 1) L'écrituresur le mur - Gunnar Staalesen
                       2) Le poète – Michael Connelly

challenge_agatha_christie 7ème challenge : Challenge Agatha Christie organisé par George à l’occasion du 120ème anniversaire de la naissance d’Agatha Christie, il s'agit de lire autant de romans que vous le souhaitez, de 1 à l’œuvre intégrale !!! et de voir une ou plusieurs adaptations TV ou ciné de ses oeuvres (que vous pourrez éventuellement mettre en rapport avec les romans que vous aurez lus!)

Il va falloir que je commence ce Challenge !

 

8 janvier 2011

Rural ! Chronique d'une collision politique - Étienne Davodeau

rural Delcourt – mai 2001 – 144 pages

Résumé : C'est l'histoire d'un coin tranquille de campagne. Un couple achève d'y retaper une vieille bâtisse devenue en dix ans de travaux une agréable maison. Un peu plus loin, trois jeunes paysans, convaincus qu'une autre agriculture est possible, tentent le pari du bio. Un bien bel endroit, donc. Jusqu'au jour où la nouvelle tombe: une autoroute va bientôt passer ici.

Auteur : Étienne Davodeau est un dessinateur et scénariste de bandes dessinées, né le 19 octobre 1965 à Botz-en-Mauges en Maine-et-Loire. Étudiant au département d'arts plastiques de l'université de Rennes 2, il fonde le studio Psurde avec d'autres passionnés de BD (dont ses futurs collaborateurs Joub et Jean-Luc Simon).
Il publie son premier album en 1992, L’Homme qui n’aimait pas les arbres, dans la nouvelle collection pour jeunes auteurs, Génération Dargaud.
Depuis, il alterne fictions et récits du réel. Ses histoires, ancrées dans la province au quotidien, tracent des portraits bien vivants de gens ordinaires aux démêlés particuliers
.

Mon avis : (lu en janvier 2010)
Cette BD nous raconte une histoire vraie, une histoire d'hommes et de femmes qui vivent à la campagne dans un coin tranquille. Dans ce livre, Étienne Davodeau se met en scène, il est simple observateur de la vie quotidienne de trois paysans. Ils ont transformé leur exploitation traditionnelle en une exploitation de production laitière bio. Étienne Davodeau raconte le réel, leur vie, leur travail. Il raconte également l'histoire d'un couple voisin qui a retapé sa maison (au lieu-dit le Bignon) pendant dix années avant d'apprendre qu'une nouvelle autoroute allait passer dans leur jardin. Cette autoroute qui va également couper en deux l'exploitation laitière bio. Il y aura des combats contre le passage de l'autoroute, mais en vain, Chanzeaux va être la victime des combines politiques et subir le tracé de cette autoroute entre Angers et Cholet étrangement sinueuse.
Dans cette Bande Dessinée, on suit les différentes étapes de la construction de l'autoroute et ses conséquence, en même temps on découvre les phases de création de l'exploitation de production laitière bio et son activité tout au long d'une année.
Tous les personnages sont attachants et le lecteur est écœuré par le rouleau compresseur des décisions politiques coûteuses et inhumaines. Tout est dit dans le titre « Rural ! Chronique d'une collision politique ».

Merci à Canel pour m'avoir donnée envie de lire cette BD !

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extrait carte IGN 1:250000 : www.geoportail.com
(cliquer pour agrandir)

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extrait carte IGN 1:50000 : www.geoportail.com
(cliquer pour agrandir)

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

lulu_femme_nue_tome1  Lulu Femme Nue : 1er livre – Étienne Davodeau 

lulu_femme_nue_tome2 Lulu Femme Nue : 2ème livre – Étienne Davodeau

6 novembre 2010

Swap Frissons en Noir & Blanc

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Début septembre dernier, je me suis inscrite sans hésiter
au Swap Frissons en Noir & Blanc organisé par Canel.
Le but était de découvrir des romans noirs ou blancs (c'est à dire des polars nordiques).
J'aime lire des romans policiers et en particuliers des auteurs nordiques comme Arnaldur Indridason, Camilla Läckberg, Stieg Larsson. C'était l'occasion, de découvrir de nouveaux auteurs et de préparer ou de recevoir plein de surprises !

L'arrivée de mon colis a déjà été une petite surprise car il est arrivé un jour de grève...
Ce jour là, j'ai ouvert la boîte aux lettres, machinalement, sans trop y croire...
Et TRÈS BONNE SURPRISE !

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Vite l'appareil photo, un coin tranquille et je savoure l'ouverture de toutes ses surprises...
Cela commence par la neige...

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et après avoir "creusé à mains nues la neige" comme me le conseillait la carte,
j'ai découvert toutes ses surprises !

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et après ouverture, voilà le résultat :

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et en détail :
(en cliquant sur les photos suivantes de cet article, vous pourrez agrandir les photos...)

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deux cartes postales,
l'une publicitaire pour le dernier livre d'Harlan Coben,
l'autre qui me plaît beaucoup avec un gentil mot de ma swappeuse mrs pepys
 

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deux beaux marques pages que je vais rajouter à ma collection...

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un mug blanc et du thé pour ne plus frissonner...

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trois livres que j'ai très envie de découvrir :
La mort indienne - Karin Fossum
Les feuilles mortes - Thomas H. Cook (très bien !)
Le policier qui rit - Sjöwall Ma et Wahlöö Per

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du chocolat comme j'aime, à déguster...

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des gants rigolos pour me réchauffer

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un joli feutre argenté

 

Un grand MERCI à mrs pepys, ma swappeuse  !
qui a su me préparer ce très beau colis plein de belles surprises. 

Merci également à Canel pour l'organisation parfaite
de Swap Frissons en Noir & Blanc.

 

Et pour ma part, ma swappée était Noryane,
j'ai pris beaucoup de plaisir à lui préparer un colis "Noir & Blanc"
et lui faire partager mes goûts en matière de roman policier.

 

Enfin, pour terminer un petit jeu :
Voici les post-it associés à chacune de mes surprises,
à vous de les réattribuer à chaque surprise...
(en cliquant sur les post-it, vous pourrez les agrandir...)

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2 octobre 2010

Le secret du bayou - John Biguenet

Livre lu dans le cadre du partenariat Blog-o-Book et Livre de Poche

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Albin Michel - mars 2008 – 407 pages

Livre de Poche – juin 2010 – 413 pages

traduction de l'anglais (États-Unis) par France Camus-Pichon

Quatrième de couverture : 
1957, côte de Louisiane. Dans le monde impitoyable des pêcheurs d'huîtres à la drague en haute mer, une flamboyante saga familiale tissée de haine, de violence, d'amour et de souffrance, aussi inexorable qu'une tragédie grecque. Fidèle à la tradition des grands romans du Sud profond aux accents faulkneriens, le superbe portrait d'une femme indomptable et farouche.

Auteur : Ecrivain résident à l'université de l'Arkansas puis à l'université du Texas, John Biguenet a publié des nouvelles, des essais et des poèmes dans de nombreuses revues (Esquire, Story, Zoetrope), ainsi que plusieurs ouvrages. Ses nouvelles, notamment, lui ont valu un O Henry Award. Président de l'American Literary Translators Association, John Biguenet enseigne actuellement à l'université Loyola de La Nouvelle-Orléans.

Mon avis : (lu en septembre 2010)
Ce livre nous raconte une histoire de rivalité entre deux familles propriétaires de parcs à huîtres en Louisiane.

D’un côté, il y a Horse Bruneau et ses trois fils, de l’autre la famille Petitjean, Félix et Mathilde, les parents et Alton et Thérèse, le fils et la fille.

Horse désire épouser Thérèse âgée de 18 ans en échange d’une dette de Félix. Mais Thérèse ne le veut pas et elle piège Horse et le tue. Les trois fils d’Horse sont convaincus que leur père a été tué par Alton et dès le soir de l’enterrement ils lui tendent une embuscade, le poignarde et le jette dans le bayou.

On découvre le monde rude et sans pitié des bayous, la vie difficile des pêcheurs d’huîtres et de crevettes. Une saga familiale à la fois dépaysante et captivante que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.

Un grand merci à Blog-O-Book et au Livre de Poche pour m’avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : (début du livre)
Le claquement sourd de la pagaie contre l’eau noire trahissait l’impatience de Horse alors que sa pirogue, invisible sous la voûte sombre des arbres de la rive, s’engageait sur le bayou des Petitjean. Mais la progression du bateau était ralentie par des racines de cyprès inondés qui raclaient sa coque étroite, et par des branches basses ployant peut-être sous le poids de gros mocassins d’eau. À cette pensée, Horse tira son couteau de l’étui et le planta dans le bois du siège près de lui.
Bien qu’il fût près de minuit, la chaleur alourdissait toujours l’air. Plus tard, juste avant l’aube, la fraîcheur s’installerait. Les dormeurs, s’éveillant sous le lent tournoiement des pales d’un ventilateur, remonteraient sur leur corps frissonnant le drap chiffonné entre leurs pieds. Les épouses s’assiéraient dans leur lit pour remettre la chemise de nuit arrachée un peu plus tôt par leur mari. Les enfants iraient se blottir dans le lit d’un frère ou d’une sœur. D’ici là, quelques heures durant, la chaleur continuerait à suinter entre les lattes du parquet des maisons, à dégouliner des aiguilles de pin. Et la main d’un homme à fendre l’air humide comme l’aileron d’un requin l’océan.
Une lueur vacilla dans la nuit encombrée de formes enchevêtrées. Elle clignota plusieurs fois tandis que la pirogue glissait au ras des troncs noirâtres bordant la rive, jaillissant parfois même des eaux du bayou. Horse savait que ce fanal était l’éclairage extérieur de Felix Petitjean. Il se rappela que pour atteindre le mouillage à l’autre bout de la clairière, il lui faudrait franchir à découvert l’appontement de son vieux rival. La pleine lune, même à peine levée, l’inquiétait.
Alors qu’il cherchait un moyen de passer inaperçu, les arbres s’espacèrent. Il distinguait la maison, en retrait à une vingtaine de mètres du bayou. Aucune lumière à l’intérieur : toute la famille devait dormir.
Horse se pencha par-dessus bord, se propulsant le long de la berge à la force du poignet là où il le pouvait, pagayant de son mieux le reste du temps. Même s’il se vantait souvent, après une ou deux bières au R&J’s, d’être à cinquante-deux ans le pêcheur d’huîtres le mieux bâti de la paroisse de Plaquemines, il regrettait d’avoir fait à la rame le trajet depuis son repaire de Bayou Dulac. Ses épaules l’élançaient, son dos commençait à lui faire mal. «Mais qu’est-ce qui m’a pris de sortir cette pirogue ?» se répétait-il.
À l’approche du ponton mal équarri, il s’agrippa à un pilotis, laissant le courant paresseux amener l’embarcation contre les pneus fixés aux traverses. Au mouillage de l’autre côté, la Mathilde semblait somnoler.
Horse se redressa un peu et chuchota dans l’obscurité.
– Therese ?
Entre les pins à l’arrière du ponton, une silhouette surgit lentement de l’ombre. Une jeune fille pieds nus et en robe légère s’avança. Horse amarra sa pirogue.
– Non, protesta Therese, dénouant l’amarre. Allons faire un tour sur le bayou.
– Mais certainement, ma chère, tes désirs sont des ordres…
Il aida Therese à descendre dans la pirogue qui tanguait dangereusement.
– … C’est pour cette raison que tu m’as fait venir en bateau ?
– Contentez-vous de nous éloigner de la maison de mon père, répliqua-t-elle depuis l’avant, sans se retourner.
D’une poussée, Horse s’orienta vers les profondeurs du bayou. La présence de Therese à bord l’enhardissait, même si la lune montait peu à peu dans le ciel. Malgré ses épaules douloureuses, il ramait énergiquement.
La puissance de ses coups de pagaie soulevait presque l’embarcation hors de l’eau.
À l’entrée du chenal, quelque cinq cents mètres plus loin, la jeune fille demanda à Horse d’amarrer le bateau. Il le fit glisser entre les roseaux, l’immobilisant dans la vase de la rive marécageuse. La poupe était entraînée par les remous, alors il jeta par-dessus bord un seau rempli de béton en guise d’ancre et noua la corde au manche robuste du couteau qu’il avait planté dans le siège.
Therese pivota sur elle-même.
– Vous croyez que ça va tenir ?
– De toute façon, on ne s’en va pas, la rassura
Horse, faisant un dernier nœud autour du manche.
Il écrasa un moustique sur son cou.

Lu dans le cadre du challenge_100_ans_article_300x225

1 octobre 2010

Le bal des débris – Thierry Jonquet

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Fleuve Noir – 1984 – 224 pages

Mereal – 1998 – 189 pages

Librio – novembre 2000 – 126 pages

Librio – juin 2003 – 126 pages

Points – janvier 2010 – 186 pages

Quatrième de couverture :
Frédo aurait voulu être un gangster. Seulement, au lieu de manier la mitraillette devant un comptoir de banque, il pousse des chariots dans un hôpital pour vieux. Heureusement, il y a Lepointre, un vioque pas comme les autres, expert en combines et truand indécrottable. Quand une riche pensionnaire vient échouer à l'hosto, ils s'imaginent déjà des diamants plein les poches...

Auteur : Né à Paris en 1954, auteur de polars, Thierry Jonquet fait figure de référence dans ce genre littéraire et bien au-delà. Engagé politiquement dès son adolescence, il entre à Lutte ouvrière en 1970 sous le pseudonyme de Daumier (caricaturiste du XIXe siècle), puis à la Ligue communiste révolutionnaire l'année de son bac. Après des études de philosophie rapidement avortées et plusieurs petits boulots insolites, un accident de voiture bouleverse sa vie : il devient ergothérapeute et travaille successivement dans un service de gériatrie puis un service de rééducation pour bébés atteints de maladies congénitales, et enfin dans un hôpital psychiatrique où il exerce les fonctions d'instituteur. Inspiré par l'univers de Jean-Patrick Manchette, son premier roman, 'Le Bal des débris', est publié en 1984 bien qu'il ait été écrit quelques années plus tôt. 'Mémoire en cage' paraît en 1982, suivent 'Mygale' (1984), 'La Bête et la belle', 'Les Orpailleurs' (1993), qui confirment le talent de Thierry Jonquet pour le roman au réalisme dur, hanté par la violence et les questions de société. Ainsi, 'Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte', paru en 2006 évoque sans tabous la violence et l'antisémitisme qui sévissent dans certaines banlieues. Thierry Jonquet a également scénarisé plusieurs bandes dessinées parmi lesquelles 'Du papier faisons table rase', dessiné par Jean-Christophe Chauzy. Plébiscité par la critique, l'une des plus élogieuses est signée Tonino Benacquista qui écrit de lui : 'Jonquet sculpte la fiction, c'est le matériau qu'il façonne pour lui donner une âme, le même que celui d'Highsmith ou de Simenon, il est difficile d'en citer beaucoup d'autres.' Alors qu'il venait de publier 'Ad Vitam aeternam', Thierry Jonquet, décède en août 2009, après avoir lutté deux semaines contre la maladie.

Mon avis : (lu en septembre 2010)

Frédo travaille dans un service de gériatrie, il pousse des chariots. Il travaille entouré de vieillards qui attendent la fin de leur vie. Chez lui, il retrouve sa compagne Jeannine qui est une militante syndicaliste pure et dure. Sa vie pépère va être bouleversée par sa rencontre avec un pensionnaire de l’hôpital Alphonse Lepointre. Ce dernier est spécialiste en combines en tout genre. Lorsqu’ils découvrent que la chambre 9 du Bâtiment Nord est gardée par des vigiles. Ils décident d’organiser le vol d’une mallette pleine de bijoux. Mais bien sûr, tout ne se passera pas comme ils l’ont imaginé…
C’est l’occasion pour Thierry Jonquet de nous décrire de façon impitoyable et sans concession le milieu des hospices de vieux qu’il connaît bien ayant été quelque temps ergothérapeute dans un service de gériatrie.

L’intrigue est pleine de rebondissement, pleine d'ironie et d'humour noir mais pas toujours  crédible… J’ai cependant lu ce livre avec plaisir, même s’il ne fait pas parti de mes préférés de Thierry Jonquet.

Extrait : (début du livre)
Tout a commencé lorsque l'ambulance du SAMU a livré au service des urgences un accidenté de la voie publique répondant au nom de Lepointre Alphonse.
C'était il y a trois mois. Je poussais mes chariots. Mon boulot, c'est de pousser des chariots. Depuis quatre ans que je travaille à l'hosto, j'ai dû faire des centaines de kilomètres avec mes chariots. Je suis un expert en chariots, de beaux chariots avec deux grosses roues à l'avant et deux petites à l'arrière. Dossier en Skaï, frein à manette. C'est pas drôle de pousser des chariots, huit heures par jour. Des chariots vers le labo, des chariots vers la radio, des chariots vers les goguenots !

Et sur mes chariots, il y a des vieux. Parce que l’hosto où je travaille est un hosto pour vieux. Quand un vieux se casse une jambe, quand il se fait renverser par un bus, ou quand il avale le pommeau de sa canne pour en finir, on l'amène dans mon hosto. Pour qu'il y crève ! En fait d'hôpital, ce serait plutôt la salle d'attente du cimetière. Depuis que je pousse mes chariots, jamais je n’ai vu quelqu’un sortir d’ici vivant, sauf pour aller dans un autre hosto, ce qui n’est pas du jeu ! Ou bien, c’est une exception, comme Lepointre Alphonse…

Les vieux arrivent en ambulance, à pied, à plat ventre, sur le dos de leur petit-neveu, et c’est parti. Direction la chambre, la visite, les rayons, la rééducation : au bout du circuit, le cercueil. En face de la grande entrée, un magasin de pompes funèbres nous rejoint la vue, de sa façade aguicheuse. Le croque-mort sourit à ses futurs clients, lorsqu’ils passent devant son échoppe. C’est un Auvergnat, le beauf’ d’un type de l’hosto.

Déjà lu de Thierry Jonquet :

Ils_sont_votre__pouvante Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte

les_orpailleurs_p Les orpailleurs  mon_vieux Mon vieux

du_pass__faisons_table_rase_p Du passé faisons table rase ad_vitam_aeternam_p Ad vitam aeternam

m_moire_en_cage Mémoire en cage  moloch_p Moloch  mygale_p Mygale

le_secret_du_rabin_p Le secret du rabbin  la_belle_et_la_bete_p La Belle et la Bête

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