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25 avril 2013

Purgatoire, livre 2 – Christophe Chabouté

purgatoire2 Vents d'Ouest – septembre 2004 – 64 pages

Présentation éditeur :
Après avoir été écrasé par son assureur, Benjamin Tartouche, n’ayant manifestement pas mérité sa place au paradis, se retrouve au purgatoire. Là, il apprend qu’il doit redescendre sur terre comme conscience en vue de ramener dans le droit chemin un être précis. S’il y parvient, il ira au paradis, mais s’il échoue, à lui l’enfer. Revenu sur terre sous forme immatérielle, Benjamin découvre les désagréments, mais également les plaisirs de sa nouvelle existence.

Auteur : Né en 1967, d’origine alsacienne, Christophe Chabouté suit les cours des Beaux-Arts d’Angoulême, puis de Strasbourg. Vents d’Ouest publie ses premières planches en 1993 dans "les Récits", un album collectif sur Arthur Rimbaud. Mais il faut attendre 1998 pour que ce graphiste free-lance se fasse un nom dans la bande dessinée en publiant coup sur coup "Sorcières" aux Editions du Téméraire et "Quelques jours d’été" aux Editions Paquet. Deux albums remarqués et primés, le premier au Festival d’Illzach, le second à Angoulême où Christophe Chabouté décroche l’Alph’Art Coup de Coeur. Avec "Zoé" paru en 1999, Chabouté prouve que son talent a atteint sa pleine maturité, ce qu’il démontre avec encore plus d’évidence dans "Pleine Lune". "Tout seul"(2008), "Terres Neuvas"(2009).

Mon avis : (lu en avril 2013)
Le titre de la série prend tout son sens avec ce livre 2, en effet après sa descente aux enfers sur Terre (cf. Livre 1), Benjamin se retrouve au Purgatoire. Avant d'aller peut-être au Paradis, il doit rendre des comptes sur son comportement durant sa courte vie. Le lecteur découvre que Benjamin n'est pas une simple victime, dans son enfance et sa jeunesse il a été coupable comme beaucoup de quelques bassesses... Pour réparer, la bureaucratie de l'Au delà le renvoie sur Terre pour devenir la bonne conscience d'un vivant, la petite voix qui donne un bon conseil. A Benjamin de trouver la bonne personne pour pouvoir revenir au Purgatoire et prendre l'ascenseur vers le Paradis...
Cet épisode prend un ton plus imaginaire et moins réaliste, ce retour au monde des vivants m'a rappelé le film Ghost...
La noirceur du Livre 1 s'efface avec ce Livre 2 plus léger et plein d'humour. Chabouté nous offre une vision du paradis et de l‘enfer très personnelle avec un clin d’œil à quelques âmes célèbres comme Brassens, Einstein, Hitchcock ou Van Gogh...
Graphiquement, nous retrouvons les couleurs sombres du premier tome et ce sont des silhouettes blanches qui représentent les âmes.  

Extrait :

purgatoire_2_extrait

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purg2_43

 

purgatoire1 Purgatoire, livre 1 

 

Déjà lu du même auteur :

tout_seul Tout Seul  Terres_neuvas Terres Neuvas  

construireunfeu Construire un feu

quelques_jours_d_ete  Quelques jours d'été / Un îlot de bonheur 

landru Henri Désiré Landru un_peu_de_bois_et_d_acier Un peu de bois et d'acier

 

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23 avril 2013

Le garçon qui n'existait pas - Patrice Leconte

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

le_gar_on_qui_n_existait_pas Albin Michel - mars 2013 - 176 pages

Quatrième de couverture : 
« “Un jour, je traverserai la Manche à la nage, et ça leur clouera le bec à tous.” Voilà ce que je me suis dit un beau matin. Parce que, fatigué de n’être personne, j’ai envie de devenir quelqu’un, pour épater mes collègues de la banque où je travaille, mais surtout pour séduire Victoire, qui est la jeune femme la plus jolie que je connaisse. »

Le héros de Patrice Leconte possède le charme distrait et la poésie d’Antoine Doinel. Comme lui, il pense que les femmes sont magiques. Et comme lui, il va accomplir un exploit effarant pour gagner le cœur de l’une d’entre elles…
Une comédie sentimentale aussi cocasse que mélancolique.

Auteur : Dessinateur, scénariste, adaptateur, Patrice Leconte a réalisé une trentaine de films fréquemment en tête du box office et primés dans les festivals du monde entier.
En 2009, il publie son premier roman, Les femmes aux cheveux courts, qui connaît un très bon accueil de la critique et du public, et Riva Bella en 2011. Dans le registre de la comédie où il excelle, il récidive aujourd'hui avec Le garçon qui n'existait pas.

Mon avis : (lu en avril 2013)
Gérald n'en peut plus d'être « transparent » depuis toujours ou pour tout le monde. Dernier né et bébé non attendu d'une famille de cinq enfants, il a toujours été celui de trop, celui qu'on oubliait. C'est à l'âge de 12 ans qu'il expérimente un avantage de sa « transparence » en quittant le magasin de jouets sans payer avec une maquette de jonque chinoise...Il est maintenant âgé d'environ trente ans et travaille comme guichetier à la BNP de la rue d'Arago. Il a pu également avoir pendant un temps un double emploi puisqu'on personne ne s’aperçoit de sa présence ou de son absence à l'agence !

Cela ne peut plus durer, et comme il est subjugué par la belle Victoire qui travaille également à la banque, pour tenter de la séduire il décide de faire quelque chose d'exceptionnelle : traverser la Manche à la nage !
Sans aucune préparation physique, au petit matin d'un 21 juin, il se jette à l'eau depuis Douvres pour espérer gagner la plage de Calais où il a donné rendez-vous à Victoire...
J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce livre de Patrice Leconte. Gérald est un personnage très attachant et son histoire est à la fois pleine d'humour, d'imagination et de poésie. J'ai retrouvé le ton de Patrice Leconte dans ses films ou lorsque je l'écoute à la radio dans la bande de Laurent Ruquier. En lisant ce livre, j'entendais son auteur me le lire avec ses expressions...

Merci à Carol et aux éditions Albin Michel pour cette belle découverte pleine d'humour et de poésie.

Extrait : (début du livre)
« Un jour, je traverserai la Manche à la nage, et ça leur clouera le bec à tous. »

Il est sans doute singulier, pour un employé de banque d'une trentaine d'années environ, sans aucun entraînement sportif ni goût particulier pour la natation, de vouloir traverser la Manche à la nage. Mais c'est cependant mon projet le plus cher. Et je compte bien passer à l'acte dans un avenir proche.
Je dis « un employé de banque d'une trentaine d'années environ », parce que, même si c'est difficile à croire, je ne sais pas trop quel âge j'ai. Lorsque je m'examine dans un miroir, je fais trente ans. Il arrive qu'on me donne dix ans de plus ou cinq de moins, en fonction des jours, de l'éclairage, de mon humeur. Les gens me considèrent toujours furtivement. Ils me regardent sans me voir. Plus précisement : me voient sans me regarder. Chez les commerçants, on me donne du « jeune homme » ou bien du « monsieur », ça dépend. C'est flou. En fait rien n'est précis chez moi. Je n'ai pas d'âge. Et le plus fort, c'est que j'ai fini pour oublier moi-même la date de ma naissance. Ce qui ne change pas grand chose, puisque personne ne pense jamais à me souhaiter mon anniversaire. Et ça a toujours été comme ça.

10 mai 2013

Baby Love - Joyce Maynard

Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey

baby_love_joyce_maynard R150027232

Philippe Rey - avril 2013 - 302 pages

Denoël - avril 1983 - 282 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Mimi Perrin

Titre original : Baby Love, 1981

Présentation éditeur :
Fin des années 1970, quatre adolescentes confrontées à la maternité : Sandy, mariée à un paumé de dix-neuf ans peu concerné par son rôle de père ; Tara, produit d’une famille désunie, seule avec son enfant ; Wanda, toujours fêtarde malgré un bébé de trois mois ; Jill, enceinte, et dans la peur de l’annoncer à ses parents.
Un même amour maternel unit ces jeunes filles : leur bébé, c’est leur seule réussite, l’unique preuve de leur importance. Elles le nourrissent, le dorlotent, le déguisent, jouent avec comme à la poupée, le malmènent, aussi. Sur les marches d’une laverie automatique, leur lieu de rendez-vous favori, elles se racontent leurs histoires et parlent télé, cinéma, magazines… (spoiler) Jusqu’à ce que la venue de deux femmes en quête d’enfants fasse basculer ces vies d’une banalité à la fois touchante et terrifiante. (spoiler)
Avec ce premier roman paru en 1981 aux États-Unis, Joyce Maynard signe un subtil portrait – toujours d’actualité – de l’Amérique profonde.

Auteur : Née en 1953, Joyce Maynard, collaboratrice de multiples journaux, radios et magazines, est l’auteur de plusieurs romans (Long week-end, Les Filles de l’ouragan) et d’une autobiographie (Et devant moi, le monde) retraçant notamment sa relation avec J.D. Salinger. Elle vit désormais entre la Californie et le Guatemala.

Mon avis : (lu en mai 2013)
Ce livre est la réédition du premier roman de Joyce Maynard écrit en 1981.
Nous sommes dans les années 70, dans une petite ville du fin fond de l’Amérique, quatre très jeunes mères survivent dans leur quotidien difficile grâce à la présence de leurs bébés. Il y a Sandy, 18 ans, mariée depuis plus d'un an, elle s'occupe le mieux possible de son fils, de son intérieur et de son mari aussi jeune qu'elle. Tara a 16 ans, elle élève seule sa fille malgré la pression familiale. Wanda est tombée enceinte malgré elle, depuis son accouchement, elle a du mal supporter les cris de sa fille. Jill, lycéenne, pense être elle aussi enceinte. Elles sont à la fois inconscientes et rêveuses, elles s'imaginent un avenir heureux, avec bonheur et tendresse mais le lecteur ressent assez vite une atmosphère lourde et pesante qui annonce un drame... Surtout, éviter de lire la quatrième de couverture qui en dit bien trop...
Joyce Maynard décrit par petites scènes le quotidien de ces quatre amies en passant d'un personnage à l'autre sans oublier de nombreux personnages dits secondaires comme Ann, Greg et Carla, Mrs Ramsay, Doris et Reg... Les points de vues sont multiples, intéressants et parfois dérangeants. Tout comme les personnages, certains sont très attachants et d'autres dérangeants ou effrayants. J'ai eu un peu de mal au début pour m'y retrouver entre les différents personnages. Mais j'ai vite été prise par le rythme de la succession des scénettes et des interactions entre les protagonistes.

Ce livre est un portrait plein d'humour mais également de cruauté d'une Amérique immature, avec comme seule culture celle de la télévision... Même si le livre a plus de trente ans, il est toujours d'actualité.

Merci à Anaïs et aux éditions Philippe Rey pour m'avoir permis de découvrir cette réédition du premier livre de Joyce Maynard.

Autre avis : Clara

Extrait : (début du livre)
Quatre filles sont assises sur les marches devant le Lavomat, par une chaleur exceptionnelle pour un mois de mai. Elles partagent à trois le même sèche-linge, dans lequel chacune vient d’introduire une pièce de dix cents. Sandy, qui emploie les couches Pampers et n’a pas de lessive à faire aujourd’hui, est venue leur tenir compagnie. Tara aurait pu aussi attendre à demain pour la sienne mais, comme elle a tressé une mèche du duvet blond de Sunshine et noué un ruban autour, elle a voulu que les autres la voient… Surtout Wanda, dont le bébé a perdu les épais cheveux noirs qu’elle avait à la naissance et a maintenant le crâne tout chauve.

Sandy, qui a dix-huit ans, est mariée. Les autres ont seize ans. Elles portent des jeans taille 38, sauf Wanda qui mettait du 36 avant sa grossesse mais a pris vingt-sept kilos depuis et en a encore dix-huit à perdre.
« J’ai acheté du beurre de cacao à la boutique de diététique, confie Sandy à Jill en remontant sa chemise indienne pour lui montrer son ventre. Regarde, pas de vergetures. »
Jill vient de leur raconter que ses règles sont en retard de six semaines et quatre jours, et qu’elle est certaine d’être enceinte. Si c’est un garçon, elle l’appellera Patrick, comme son acteur préféré dans Dallas. »

Déjà lu du même auteur : 

long_week_end Long week-end les_filles_de_l_ouragan Les Filles de l'ouragan

Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Sentiment"

 50__tats
40/50 :  New Hampshire

 Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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PAL Vert

24 avril 2013

Purgatoire, livre 1 – Christophe Chabouté

purgatoire1 Vents d'Ouest – septembre 2003 – 64 pages

Quatrième de couverture : 
Benjamin Tartouche est heureux : le voilà qui peut enfin s’installer à son compte, ayant acheté le matériel informatique nécessaire à son activité et ayant hérité d’une maison. Mais il a dû s’endetter pour faire ces acquisitions qui partent en fumée en une nuit, un incendie ravageant sa demeure. L’assureur bloque le dossier, l’expert est de mèche, le banquier est inflexible… et Benjamin se voit contraint de dormir dehors quelques nuits.

Auteur : Né en 1967, d’origine alsacienne, Christophe Chabouté suit les cours des Beaux-Arts d’Angoulême, puis de Strasbourg. Vents d’Ouest publie ses premières planches en 1993 dans "les Récits", un album collectif sur Arthur Rimbaud. Mais il faut attendre 1998 pour que ce graphiste free-lance se fasse un nom dans la bande dessinée en publiant coup sur coup "Sorcières" aux Editions du Téméraire et "Quelques jours d’été" aux Editions Paquet. Deux albums remarqués et primés, le premier au Festival d’Illzach, le second à Angoulême où Christophe Chabouté décroche l’Alph’Art Coup de Coeur. Avec "Zoé" paru en 1999, Chabouté prouve que son talent a atteint sa pleine maturité, ce qu’il démontre avec encore plus d’évidence dans "Pleine Lune". "Tout seul"(2008), "Terres Neuvas"(2009).

Mon avis : (lu en avril 2013)
Cette bande-dessinée Purgatoire, livre 1 raconte plutôt une descente aux enfers !
Benjamin vient de s'installer à son compte et d'hériter d'une vieille maison tout semble lui sourire... Et une nuit, un incendie détruit tout, Benjamin se retrouve seul et sans ressources, son seul espoir l'assurance de sa maison. Or son assureur n'est pas pressé... 
C'est une histoire vraiment réaliste et actuelle, le récit d'une chute sociale implacable après un accident de la vie. Plus de travail, plus de logement, plus d'argent, Benjamin devient SDF malgré lui, il s'isole et personne ne lui tendra la main pour l'aider... Benjamin est un personnage un peu naïf et très attachant, cette BD se lit très rapidement et j'ai hâte de connaître la suite de l'histoire.
Côté dessin, c'est la première BD de Chabouté que je lisais en couleurs. L'histoire est sombre mais très prenante.

 

Extrait : 

purgatoire_1_extrait2 planche_purgatoire1_1106766253_56278 purgatoire_1_extrait

 purgatoire_1_extrait1

 

Déjà lu du même auteur :

tout_seul Tout Seul  Terres_neuvas Terres Neuvas  

construireunfeu Construire un feu

quelques_jours_d_ete  Quelques jours d'été / Un îlot de bonheur 

landru Henri Désiré Landru un_peu_de_bois_et_d_acier Un peu de bois et d'acier

 

4 avril 2013

Luke et Jon - Robert Williams

Lu dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs 
Sélection avril

luke_et_jon Nil - janvier 2013 - 222 pages

traduit de l'anglais par Marie-Hélène Sabard

Titre original : Luke and Jon, 2010

Quatrième de couverture :
Pour ses copains, Luke, treize ans, est un peu bizarre : il a des yeux trop verts à cause d'une très rare combinaison génétique, il est extrêmement doué pour la peinture... et sa mère est morte dans un accident de voiture. Depuis, il est en perdition.
Puis Luke rencontre Jon, son nouveau voisin. Si Luke est bizarre, Jon, lui, est un ovni. Il porte des vêtements des années 1950, il possède une mémoire phénoménale, il collectionne les faits, rien que les faits, et il a un secret. Quand Luke découvre ce secret, il doit oublier sa peine pour aider Jon. Commence alors pour les deux adolescents blessés par la vie l'heureux chemin vers la guérison.

Auteur : Robert Williams a été bibliothécaire puis libraire à Manchester. Son premier roman, Luke et Jon, a remporté le « National Book Tokens NYP Prize ».

Mon avis : (lu en avril 2013)
Un très joli roman, Luke est le narrateur de cette histoire, il a des yeux d’un vert extraordinaire, il est donc isolé et ses camarades se moquent de lui. Il supporte plutôt bien sa différence car il aime et est doué pour le dessin et la peinture. Son père fabrique des jouets traditionnels en bois. Leur vie a été bouleversée par la mort tragique dans un accident de voiture de la maman de Luke. Ils ont quitté leur ancienne maison pour une maison un peu bancale à Duerdale. Avec le chagrin, le père s’est mis à boire et délaisse son fils de treize ans.
Luke va faire la rencontre d’un petit voisin, Jon un garçon également différent.  Ils vont apprendre à se connaître et ensemble ils se sentiront plus forts pour affronter le quotidien, les moqueries, les coups durs…
C’est une belle histoire pleine d’optimisme et de tendresse, d’une amitié entre deux adolescents malmenés par la vie. Luke et Jon sont très attachants. 

Extrait : (début du livre)
J'ai les yeux verts. Sans doute pas le vert auquel vous pensez tout de suite. Ils sont vert vif. Saisissants. Je ne dis pas ça pour me vanter. J'essaie juste d'être précis. Exact et clair. Si je vous disais que j'ai les yeux verts, sans plus, vous pourriez les imaginer avec des nuances noisette ou olive. Ils sont d'un vert éclatant. Je veux être honnête dès le début.
La première fois que les gens me voient, il y a souvent un choc, un temps d'arrêt, après quoi ils se remettent tant bien que mal. Et on poursuit normalement. Ensuite, les timides ou les biens élevés risquent un rapide regard en coin. Les sûrs d'eux ou les mal élevés me dévisagent. Ils vérifient juste qu'ils ne se trompent pas, que ce n'est pas une illusion d'optique, que ce sont bien mes yeux.
J'habite une maison en haut de Bowland Fell. Elle surplombe une petite ville appelée Duerdale. On s'est installés là avec mon père il y a quelques temps. Mon ancienne vie s'est finie ailleurs, et la nouvelle est censée commencer ici. On a atterri à Duerdale pour plusieurs raisons, dont une raison pratique : la maison était dans nos moyens. Et si elle était dans nos moyens, c'est parce qu'elle tombe en ruine. Il y a des trous dans la toiture, des lézardes dans les murs, et les châssis de fenêtres sont pourris. 
« Des problèmes superficiels, a marmonné mon père On la prend. » Il a serré la main de l'agent immobilier et a éclaté de rire, puis a souri. Il a pris mon père pour un dingue. Mon père n'est pas dingue. Il nous fallait un toit, et voilà ce qu'on pouvait se payer.
Il fabrique des jouets, mon père. Des jouets en bois. Les enfants ne veulent pas de jouets en bois. Ils préfèrent les téléphones, les fringues et le fric. Heureusement, certains parent sont assez bêtes ou démodés pour acheter les jouets de mon père. C'est ce qui fait qu'on peut se payer une maison, quelle qu'elle soit. Le gosse reçoit un jouet en bois et fait la gueule ; et moi, je reçois une maison en ruine.

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Challenge Petit BAC 2013
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 Challenge Voisins, voisines

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Grande-Bretagne

 Challenge God Save The Livre 
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25 avril 2013

Ce soir à La Grande Librairie : John Irving

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 Sur France 5, ce jeudi 25 avril à 20h35 
John Irving sera l'invité de François Busnel dans La Grande Librairie

Avec son 13ème roman : "A moi seul bien des personnages", John Irving aborde la question de la bisexualité et donne à réfléchir sur la question du genre et de la forme des désirs.
Un grand roman ambitieux, intelligent et divertissant.

Autres invités :
Erik Orsenna - La fabrique des mots
Michel Winock - Flaubert
Alain Corbin - La douceur de l'ombre

 En replay sur le site de La Grande Librairie

Rediffusion de l'émission : dimanche 28 avril à 23 heures

21 avril 2013

La cinquième femme - Henning Mankell

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Seuil - mars 2000 - 489 pages

Points - mai 2001 - 592 pages

Points - 2004 - 592 pages

Points2 - avril 2011 - 1008 pages

Sixtrid/Livraphone - mars 2013 - lu par Marc-Henri Boisse

traduit du suédois par Anna Gibson

Titre original : Den femte kvinnan, 1996

Quatrième de couverture : 
Des meurtres à donner froid dans le dos se succèdent : un homme est retrouvé empalé dans un fossé, un autre ligoté à un arbre et étranglé, un troisième noyé au fond d’un lac. Et si le crime était la vengeance d’une victime contre ses bourreaux ? Dans ce cas, Wallander doit se hâter pour empêcher un autre meurtre tout aussi barbare.

Auteur : Henning Mankell, né en 1948, partage sa vie entre la Suède et le Mozambique. Lauréat de nombreux prix littéraires. Outre la célèbre « série Wallander », il est l'auteur de romans sur l'Afrique ou sur des questions de société, de pièces de théâtre et d’ouvrages pour la jeunesse.

Mon avis : (lu en avril 2013)
C'est la sixième enquête de la série du Commissaire Wallander. Automne 1994, tout commence avec des meurtres cruels et épouvantables. C'est un vrai travail de fourmis que va entreprendre Kurt Wallander et son équipe d'enquêteurs pour résoudre cette enquête. Henning Mankell n'hésite pas à décrire avec beaucoup de précision et de réalisme tous les rouages de l'enquête : les indices, les doutes et les intuitions de Kurt, les différentes pistes...

Le rythme est assez lent mais également passionnant. L'intrigue est comme d'habitude bien construite et vraisemblable.
Dans cet épisode, l'auteur dénonce la montée de la violence en Suède et la souffrance des femmes battues.
L'automne avec la pluie, le brouillard et la boue ajoute ajoute sa noirceur à l'atmosphère angoissante, sombre et lourde du roman.
Je suis toujours une inconditionnelle d'Henning Mankell et surtout de Kurt Wallander.

Cette lecture a été particulière car en parallèle j'écoutais (en relecture) en livre-audio également un auteur suédois avec Millénium de Stieg Larsson et par moment je mélangeais Kurt Wallander et Mikael Blomkvist...

En 2010, ce livre a été adapté par la BBC dans la série télévisée Wallander (saison 2 – épisode 3) réalisé par Andy Wilson avec Kenneth Branagh, Benedict Taylor, David Sibley, Roland Hedlund, Rupert Graves. Cette adaptation très réussie est assez proche du livre et nous permet de découvrir de très beaux paysages de Suède.

Extrait : (début du livre)
Tout était silencieux en cette nuit où ils étaient venus pour accomplir leur mission sacrée.
Celui qui portait le nom de Farid et qui était le plus jeune des quatre hommes pensa après coup que même les chiens n’avaient fait aucun bruit. La nuit tiède enveloppait le petit groupe. Ils attendaient depuis la tombée du jour. La voiture qui les avait conduits depuis Alger et le lieu de rendez-vous de Dar Aziza était un vieux tacot. Ils avaient dû s’arrêter deux fois, d’abord pour réparer le pneu arrière gauche, qui avait crevé alors qu’ils n’étaient même pas à la moitié du voyage. Farid, qui n’avait jamais quitté la capitale, s’était assis à l’ombre d’un éboulis pour regarder le paysage. Le caoutchouc du pneu était usé et fissuré ; il s’était déchiré un peu au nord de Bou Saada. Il leur fallut un long moment pour dévisser les boulons et monter la nouvelle roue, et Farid comprit aux conciliabules des trois autres qu’ils seraient en retard et qu’ils n’auraient pas le temps de s’arrêter pour manger.
Le voyage reprit. Peu avant El Qued, la voiture tomba en panne. Ils mirent plus d’une heure à localiser le problème et à réparer le moteur. Leur chef – un homme pâle et barbu d’une trentaine d’années, au regard de feu comme seul pouvait en avoir un élu du Prophète – invectivait à voix basse le chauffeur qui suait sous le capot brûlant. Farid ignorait le nom de leur chef. Pour des raisons de sécurité, il ignorait tout de lui – qui il était, et d’où il venait.
Il ne connaissait pas non plus le nom des deux autres.
Seul son propre nom lui était familier.
Ils avaient continué ; l’obscurité tombait déjà, et ils n’avaient que de l’eau à boire, rien à manger.
Lorsqu’ils arrivèrent enfin à El Qued, tout était calme. Ils s’arrêtèrent au cœur du labyrinthe de ruelles, non loin d’une place de marché. La voiture disparut dès qu’ils en furent descendus. Un cinquième homme se détacha de l’ombre et ils le suivirent dans la nuit.
Ce fut alors seulement, comme il se faufilait derrière les autres le long des ruelles étrangères, que Farid songea à ce qui allait bientôt se produire. Il effleura le couteau à la lame recourbée rangé dans son fourreau au fond d’une poche de son caftan.
C’était son frère, Rachid Ben Mehidi, qui lui avait parlé pour la première fois des étrangers. Ils savouraient les soirées tièdes sur le toit de la maison paternelle, en regardant les lumières scintillantes d’Alger. Farid savait que Rachid était activement engagé dans la lutte pour faire triompher la loi du Prophète. Tous les soirs, Rachid revenait sur la nécessité de chasser les étrangers du pays. Au début, Farid s’était senti flatté que son frère prenne le temps de discuter politique avec lui, même si ses propos ne lui paraissaient pas toujours très clairs. Plus tard, il comprit que Rachid avait une autre raison de lui sacrifier tout ce temps : il voulait que Farid participe au combat.
Ces conversations avaient eu lieu plus d’un an auparavant. À présent, Farid suivait les autres hommes vêtus de noir le long des ruelles obscures, dans l’air chaud et immobile, et il s’apprêtait à exaucer le vœu de Rachid. On allait chasser les étrangers, mais pas en les escortant vers les ports ou les aéroports. On allait les tuer. Ainsi, les autres réfléchiraient à deux fois avant de venir.
Ta mission est sacrée, lui répétait sans cesse Rachid. Le Prophète sera content de toi. Tu auras un avenir radieux une fois que nous aurons transformé ce pays selon son désir.

 

Déjà lu du même auteur : 
tea_bag  Tea-Bag  les_chaussures_italiennes  Les chaussures italiennes

meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

l_homme_inquiet L'homme inquiet le_retour_du_professeur_points Le Retour du professeur de danse

la_lionne_blanche_p La lionne blanche  profondeurs_p Profondeurs le_chinois Le Chinois

l_homme_qui_souriait_p L’homme qui souriait le_guerrier_solitaire_p Le guerrier solitaire 

la_faille_souterraine La faille souterraine et autres enquêtes

 Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 37/12

 Challenge Voisins, voisines

voisins_voisines_2013
Suède

  Défi Scandinavie noire 2012

dc3a9fi_scandinavie_noire
Suède

Challenge Littératures Nordiques

litterature_nordique

Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Chiffre/Nombre"

  Lire sous la contrainte

  80897277_o
5ème session : chiffre

 

 

 

21 mars 2013

Etranges rivages - Arnaldur Indridason

etranges_rivages Editions Métailié - février 2013 - 298 pages

traduit de l'islandais par Eric Boury

Titre original : Furðustrandir, 2010

Quatrième de couverture : Erlendur est de retour ! Parti en vacances sur les terres de son enfance dans les régions sauvages des fjords de l'est, le commissaire est hanté par le passé. Le sien et celui des affaires restées sans réponse. Dans cette région, bien des années auparavant, se sont déroulés des événements sinistres. Un groupe de soldats anglais s'est perdu dans ces montagnes pendant une tempête. Certains ont réussi à regagner la ville, d'autres pas. Cette même nuit, au même endroit, une jeune femme a disparu et n'a jamais été retrouvée. Cette histoire excite la curiosité d'Erlendur, qui va fouiller le passé pour trouver coûte que coûte ce qui est arrivé...
C'est un commissaire au mieux de sa forme que nous retrouvons ici !

Auteur : Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l'auteur de romans noirs couronnés de nombreux prix prestigieux, publiés dans 37 pays.

Mon avis : (lu en mars 2013)
Après deux enquêtes sans notre commissaire préféré, dans ce livre, c'est le retour d'Erlendur. Nous le retrouvons sur les terres de son enfance où il est venu affronter le drame qui le hante depuis toujours : la disparition de son jeune frère, âgé de 8 ans, lors d'une terrible tempête de neige...

C'est une Islande austère et sauvage que nous découvrons dans cette histoire, il fait froid, cette nature hostile est un personnage à part entière de ce livre.
Il s'intéresse alors à d'autres disparitions qui ont eu sur la lande. En particulier, celle de Mathildur, une jeune femme disparue en 1942 en même temps qu'un régiment anglais. Cette enquête qu'Erlendur va mener seul, à son rythme et à sa façon va dévoiler des réponses aux questions que pouvait se poser le lecteur depuis les premiers romans d'Arnaldur Indridason autour de la personnalité torturée de notre héros. Ce policier est indispensable pour mieux comprendre qui est Elendur. Il est préférable de le lire après avoir lu ces précédentes aventures.

Extrait : (début du livre)
Il n'a plus froid. Au contraire, une étrange vague de chaleur lui envahit le corps. Lui, qui pensait que toute chaleur l'avait déserté, il a l'impression qu'elle se diffuse dans ses bras et ses jambes, jusqu'à ses mains et ses pieds, et brusquement son visage lui semble s'enflammer.

Allongé dans le noir, ses pensées vont et viennent, désordonnées, il ne distingue qu'à peine la frontière entre le sommeil et la veille. Il a beaucoup de peine à se concentrer et à évaluer son état. Comme plongé dans une confortable torpeur, il ne souffre pas. Des rêves, des images, des bruits et des lieux qui lui sont à la fois connus et inconnus défilent dans son esprit qui lui joue d'étranges tours et le projette constamment à travers le passé et le présent, défiant l'espace et le temps. Il n'a aucune véritable prise sur ces errances. Un instant, il est assis à l'hôpital, au chevet de sa mère qui se meurt et le quitte. L'instant d'après, un hiver sombre s'est abattu et il se retrouve à nouveau allongé sur le sol de cette ferme abandonnée qui était jadis sa maison. Il a toutefois bien conscience que ce n'est là qu'une illusion.
- Que faites-vous ici ?
Il se redresse, s'assoit et aperçoit un homme à la porte. Un voyageur vient de tomber sur lui par hasard. Il ne comprend pas sa question.
- Que faites-vous ici ? répète l'homme.
- Qui êtes-vous ?
Il ne distingue pas son visage et ne l'a pas entendu entrer, tout ce qu'il voit se résume à cette silhouette qui répète inlassablement la même question insupportable.
- Que faites-vous ici ?
- Je suis chez moi. Qui êtes-vous ?
- J'ai l'intention de passer la nuit avec vous, si ça ne vous dérange pas.
L'homme assis par terre à côté de lui a allumé un feu. Il sent la chaleur se diffuser sur son visage et tend ses mains vers les flammes. Il n'a eu aussi froid qu'une seule fois dans sa vie.
- Qui êtes-vous ? demande-t-il une nouvelle fois à son visiteur.
- Je suis venu vous écouter.
- M'écouter ? Qui est avec vous ?
Il a l'impression qu'ils ne sont pas seuls, que quelqu'un d'autre accompagne cet homme, quelqu'un qu'il ne parvient pas à distinguer.
- Personne, répond le voyageur, je suis venu seul. Vous habitiez ici ?
- Êtes-vous Jakob ?
- Non, je ne suis pas Jakob. Je m'étonne que ces murs tiennent encore debout, je vois que la maison est solide.
- Qui êtes-vous ? Êtes-vous Boas ?
- Je passais par là.
- Vous êtes déjà venu ici ?
- Oui.
- Quand ça ?
- Il y a des années. A l'époque où cette maison était encore habitée. Que sont devenus ces gens ? Savez-vous ce qu'est devenue la famille qui vivait ici ?

Allongé dans le noir et transi, il ne parvient plus à faire aucun mouvement. Il est à nouveau seul, le feu a disparu, de même que la maison abandonnée. Les ténèbres et le froid le cernent, la chaleur déserte peu à peu ses membres et son visage.
Quelque part, il entend à nouveau ce grattement.
Venu des profondeurs glacées et lointaines, le bruit approche et enfle constamment, bientôt suivi par de déchirants cris d'effroi.

Déjà lu du même auteur :

la_cit__des_jarres La Cité des jarres  la_femme_en_vert La Femme en vert 

la_voix La Voix l_homme_du_lac L'Homme du lac hiver_arctique Hiver Arctique 

 hypothermie Hypothermie la_rivi_re_noire La rivière noire betty Bettý 

la_muraille_de_lave La muraille de lave

 Challenge Voisins, voisines

voisins_voisines_2013
Islande

 Défi Scandinavie noire

dc3a9fi_scandinavie_noire
Islande

Challenge Littératures Nordiques

litterature_nordique

 Challenge Thriller 

challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 32/12

 

15 avril 2013

Qu'avons-nous fait de nos rêves ? - Jennifer Egan

 Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
un_mot_des_titres 

Le mot : REVE

 

qu_avonsnous_fait_de_nos_reves Stock - août 2012 - 384 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Sylvie Schneiter

Titre original : A Visit from the Goon Squad, 2010

Prix Pulitzer 2011

Présentation éditeur :
Sasha a une petite trentaine. Elle vivote à New York, après avoir quitté son poste d’assistante de production dans une grande maison de disques. On la découvre sur le canapé de son psychothérapeute, tentant de régler son problème de kleptomanie et de remettre de l’ordre dans sa vie. Sans amis, sans travail, elle est une âme solitaire et prédatrice. Bennie, lui, a la quarantaine passée. Ancien producteur star des Conduits, un groupe de rock emblématique, il se contente désormais d’éditer des tubes insipides. Divorcé, il essaie d’entretenir des liens avec son fils, sans trop y parvenir. Déprimé, il n’arrive même plus à avoir la moindre érection.
D’une écriture acérée, Jennifer Egan nous plonge dans la conscience et l’histoire de ces deux personnages dont les chemins un jour se sont croisés. Jeune homme timide, Bennie se passionna pour le punk, dans un San Francisco débridé. Adolescente au tempérament fougueux, Sasha partit pour Naples afin d’oublier des parents destructeurs. Une foule de personnages jalonnent leur existence, qu’il s’agisse de Lou Kline, le mentor allumé de la bande, ou de l’oncle de Sasha, un homme au bord du gouffre.
Ces histoires de vie s’enchaînent, des personnalités très fortes se dégagent, une véritable tension naît autour de leurs destinées. En restituant le passage du temps et les aléas du désir, Jennifer Egan ausculte notre capacité à avancer et à devenir ce que nous sommes, sans rien nier du passé.  

Auteur : Jennifer Egan, née en 1962, est l’auteur de plusieurs romans, La parade des anges (1996), L’envers du miroir (2003), The Keep et d’un recueil de nouvelles Emerald City. Ses nouvelles sont parues dans le New YorkerHarper’s MagazineGQZoetrope etPloughshares, et ses récits sont souvent publiés dans le New York Times Magazine. Elle remporte en 2011 le Pulitzer ainsi que le National Book Critics Circle Award avecQu’avons-nous fait de nos rêves ? et est également finaliste du Pen/Faulkner Award. Elle vit à Brooklyn.

Mon avis : (lu en avril 2013)
C'est un livre qui part dans tous les sens et j'ai eu beaucoup de difficulté à rassembler les pièces du puzzle. Chaque chapitre raconte la vie d'un personnage à un moment donné et il est souvent difficile de situer le personnage ou l'époque. Les prénoms américains m'ont également « paumé », à chaque nouveau personnage, il me fallait plusieurs pages pour comprendre s'il était féminin ou masculin, ainsi Bennie, Lou sont masculin et Jocelyn est féminin... Le style change également à chaque chapitre... l'auteur utilise tour à tour la première personne, comme la troisième et même la deuxième personne, un autre chapitre est comme un reportage people et un autre est une présentation PowerPoint de 75 slides...

J'ai réussi à comprendre que les personnages se sont connus à San Francisco dans les années 70, insouciants, profitant d'une époque de la musique punk, où l'alcool, les drogues et le s3xe sont consommés sans limite... A cette époque, ils avaient la tête pleine de rêves, aujourd'hui ils sont devenus des adultes, désabusés, mariés, divorcés dans une Amérique décevante et sans but.

J'avoue m'être plutôt ennuyée en lisant ce livre... La deuxième moitiée du livre a même été survolée car j'avais hâte de le terminer !

 

Challenge 7% Littéraire 2012
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43/49

 Challenge Petit BAC 2013
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"Sentiment"

 

22 mars 2013

Salon du Livre de Paris 2013

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Cette année, je ne ferai qu'une brève apparition au Salon du Livre de Paris : Vendredi après-midi à une rencontre organisée par le Grand Prix des lectrices Elle entre les jurées et des auteurs.

 

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J'y retrouverai Canel et avant la rencontre, nous aurons le temps de faire un petit tour du Salon  et quelques photos... (j'ai oublié l'appareil photo !)

16 mars 2013

La Villa des Térébinthes - Jean-Paul Malaval

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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Audiolib - septembre 2012 - lu par Colette Sodoyer

Calmann Lévy - août 2012 - 384 pages

Quatrième de couverture : 
1894. Quand Silvius épouse la fille d’un riche soyeux lyonnais, il pense se faire une place au soleil dans le milieu des négociants. En butte aux railleries des patrons comme des ouvriers, il comprend bien vite qu’on ne lui pardonnera pas ses origines de petit paysan ardéchois.
Avec l’arrivée de l’électricité et de la soie artificielle, se dessine le déclin de sa belle-famille. Seul Silvius prend la mesure des bouleversements qui vont affecter l’industrie lyonnaise, des canuts jusqu’aux éleveurs de cocons de mûrier. 
Mais le passé n’abdique jamais. Sa mère, abandonnée de tous dans la magnanerie familiale, sa cadette, mariée à un vigneron qui la maltraite, son orgueilleuse soeur aînée, institutrice en Ardèche, sauront le lui rappeler. Silvius devra payer le prix de ses ambitions.

Auteur : Après des études de lettres, Jean-Paul Malaval a été journaliste, notamment pour Le Nouvel Observateur, avant de se consacrer à la littérature. Il est l’auteur d’une oeuvre importante qui l’a imposé comme l’un des principaux auteurs contemporains de romans de terroir. Né à Brive, il est aujourd’hui maire de Vars-sur-Roseix en Corrèze.

Lecteur : Colette Sodoyer, cette jeune et talentueuse comédienne de formation classique s’est distinguée dans toutes les formes de son art, de la télévision au doublage sans oublier le théâtre et le cinéma ! Vous pouvez désormais apprécier son talent en livre audio.

Mon avis : (écouté en mars 2013)
C'est pour répondre au thème de la 3e session  "Ecoutons un livre" consacrée aux livres de la rentrée de septembre 2012 que j'ai emprunté ce livre audio à la bibliothèque, le seul du rayon répondant au thème...
Cette histoire se passe à la fin du XIXème siècle, début du XXème à Lyon et en Ardèche. Silvius est fils de paysans éleveurs de vers à soie. Il a quitté le monde rural pour Lyon où il est devenu négociant en soie, il a épousé Roxane, la fille d’un riche soyeux. Ils ont eu une petite fille Jade, mais leur couple est en crise. Le père de Silvius, Théodore Andrommas vient de mourir, sa femme se retrouve seule pour s'occuper de la ferme de vers à soie. Silvius a deux soeurs : Pauline est mariée à un vigneron qui la brutalise et Eugénie est institutrice. Le contexte économique change avec l'arrivée de la soie artificielle, de l'électricité... Entre roman du terroir et saga familiale, je n'ai pas été vraiment passionnée par cette lecture. Et après plus de la moitié du livre écouté, j'ai même réalisé que c'était le deuxième tome... 

 

Challenge 6% Littéraire 2012

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39/42

 

 

 

28 février 2013

Heureux les heureux - Yasmina Reza

Lu dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs 
Sélection mars

heureux_les_heureux Flammarion - janvier 2013 - 220 pages

Quatrième de couverture :
Dans le 95, qui va de la place Clichy à la porte de Vanves, je me suis souvenue de ce qui m'avait enchaînée à Igor Lorrain. Non pas l'amour, ou n'importe lequel des noms qu'on donne au sentiment, mais la sauvagerie. Il s'est penché et il a dit, tu me reconnais ? J'ai dit, oui et non. Il a souri. Je me suis souvenue aussi qu'autrefois je n'arrivais jamais à lui répondre avec netteté. – Tu t'appelles toujours Hélène Barnèche ? – Oui. – Tu es toujours mariée avec Raoul Barnèche ? – Oui. J'aurais voulu faire une phrase plus longue, mais je n'étais pas capable de le tutoyer. Il avait des cheveux longs poivre et sel, mis en arrière d'une curieuse façon, et un cou empâté. Dans ses yeux, je retrouvais la graine de folie sombre qui m'avait aspirée. Je me suis passée en revue mentalement. Ma coiffure, ma robe et mon gilet, mes mains. Il s'est penché encore pour dire, tu es heureuse ?J'ai dit, oui, et j'ai pensé, quel culot. Il a hoché la tête et pris un petit air attendri, tu es heureuse, bravo.

Auteur : Fille d'un ingénieur russe d'origine iranienne et d'une violoniste hongroise, Yasmina Reza, née en 1959 à Paris, a étudié le théâtre et la sociologie à Nanterre. En 1994, elle acquiert une notoriété internationale avec sa pièce Art. Les suivantes ont également été adaptées en quelque trente-cinq langues et produites dans les salles les plus prestigieuses du monde entier. Son récit de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, L'Aube le soir ou la nuit, est devenu un best-seller, et son oeuvre littéraire compte aussi HammerklavierUne désolation, ou encore Dans la luge d'Arthur Schopenhauer

Mon avis : (lu en février 2013)
C'est la première fois que je lis cette auteur même si je la connaissais de nom et que je l'ai déjà vu ou entendu dans des émissions littéraires.
Une vingtaine de chapitres, autant de monologues et de narrateurs... Et chacun des personnages croise à un moment les autres personnages.
Au début, j'ai trouvé assez déstabilisant ce livre car je ne voyais aucun lien entre les premiers chapitres, puis j'ai compris le principe des vies qui se croisent.
J'ai fini par prendre une feuille de papier et noter au fur et à mesure les noms des personnages rencontrés car je commençais à m'y perdre un peu... 
Un très beau titre, plein d'espoir, qui promet beaucoup et pourtant j'ai été déçue car les différentes histoires narrent des moments ordinaires de la vie, naissance, mort, tromperie, solitude, attente dans une salle d'attente, courses dans un supermarché... Et cela ne transpire pas vraiment le bonheur... Cela ce lit pourtant très bien, l'écriture est très belle. L'idée de ce récit choral est originale mais le fond ne m'a pas emportée.

Extrait : (page 20) 
A l'époque lointaine de mon mariage, dans l'hôtel où nous allions l'été en famille, il y avait une femme qu'on voyait chaque année. Enjouée, élégante, les cheveux gris taillés à la sportive. Omniprésente, elle allait de groupe en groupe et dînait chaque soir à des tables différentes. Souvent, en fin d'après-midi, on la voyait assise avec un livre. Elle se mettait dans un angle du salon afin de conserver un oeil sur les allées et venues. Au moindre visage familier, elle s'illuminait et agitait son livre comme un mouchoir. Un jour elle est arrivée avec une grande femme brune en jupe plissée vaporeuse. Elles ne se quittaient pas. Elles déjeunaient devant le lac, jouaient au tennis, jouaient aux cartes. J'ai demandé qui était cette femme et on m'a dit une dame de compagnie. J'ai accepté le mot comme on accepte un mot ordinaire, un mot sans signification particulière. Chaque année à la même époque, elles apparaissaient et je me disais, voilà madame Compain et sa dame de compagnie. Ensuite il y a eu un chien, tenu en laisse par l'une ou l'autre, mais il appartenait visiblement à madame Compain. On les voyait s'en aller le matin tous les trois, le chien les tirait en avant, elles essayaient de le contenir en modulant son nom sur tous les tons, sans aucun succès. En février, cet hiver, donc bien des années plus tard, je suis partie à la montagne avec mon fils déjà grand. Lui fait du ski bien sûr, avec ses amis, moi je marche. J'aime la marche, j'aime la forêt et le silence. A l'hôtel, on m'indiquait des promenades mais je n'osais pas les faire parce qu'elles étaient trop éloignées. On ne peut pas être seule trop loin dans la montagne et dans la neige. J'ai pensé, en riant, que je devrais mettre une annonce à la réception, femme seule cherche quelqu'un d'agréable avec qui marcher. Aussitôt je me suis souvenue de madame Compain et de sa dame de compagnie, et j'ai compris ce que voulait dire dame de compagnie. J'ai été effrayée de cette compréhension, parce que madame Compain m'avait toujours fait l'effet d'une femme un peu perdue. Même quand elle riait avec les gens. Et peut-être, quand j'y pense, surtout quand elle riait et s'habillait pour le soir. Je me suis tournée vers mon père, c'est-à-dire j'ai levé les yeux au ciel et j'ai murmuré, papa, je ne peux pas devenir une madame Compain ! Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas adressée à mon père. Depuis que mon père est mort, je lui demande d'intervenir dans ma vie. Je regarde le ciel et lui parle à voix secrète et véhémente. C'est le seul être à qui je peux m'adresser quand je me sens impuissante. En dehors de lui, je ne connais personne qui ferait attention à moi dans l'au-delà. Il ne me vient jamais à l'idée de parler à Dieu. J'ai toujours considéré qu'on ne pouvait pas déranger Dieu. On ne peut pas lui parler directement. Il n'a pas le temps de s'intéresser à des cas particuliers. Ou alors à des cas exceptionnellement graves. Dans l'échelle des implorations, les miennes sont pour ainsi dire ridicules. J'éprouve le même sentiment que mon amie Pauline quand elle a retrouvé un collier, hérité de sa propre mère, perdu dans des herbes hautes. En passant par un village, son mari a arrêté la voiture pour se précipiter dans l'église. La porte était fermée, il s'est mis à secouer le loquet de façon frénétique. Mais qu'est-ce que tu fais ? - Je veux remercier Dieu, il a répondu. - Dieu s'en fout ! - Je veux remercier la Sainte Vierge - Ecoute Hervé, si Dieu il y a, si Sainte Vierge il y a, tu crois qu'au vu de l'univers, des malheurs terriens et de tout ce qui s'y passe, mon collier leur importe ? !... Donc j'invoque mon père qui me semble plus atteignable. Je lui demande des services bien définis. Peut-être parce que les circonstances me font désirer des choses précises, mais aussi, souterrainement, pour mesurer ses capacités. C'est toujours le même appel à l'aide. Une supplique pour le mouvement. Mais mon père est nul. Il ne m'entend pas ou ne possède aucun pouvoir. Je trouve lamentable que les morts n'aient aucun pouvoir. Je désapprouve cette partition radicale des mondes. De temps en temps, je lui accorde un savoir prophétique. Je pense : il n'accède pas à tes demandes car il sait qu'elles ne vont pas dans le sens de ton bien. Ça m'énerve, j'ai envie de dire de quoi tu te mêles, mais au moins je peux considérer sa non-intervention comme un acte délibéré. C'est ce qu'il a fait avec Jean-Gabriel Vigarello, le dernier homme dont je me suis éprise. Jean-Gabriel Vigarello est un de mes collègues, professeur de mathématiques au lycée Camille-Saint-Saëns, où je suis moi-même professeur d'espagnol. Avec le recul, je me dis que mon père n'a pas eu tort. Mais le recul, c'est quoi ? C'est la vieillesse. Les valeurs célestes de mon père m'exaspèrent, elles sont très bourgeoises si on réfléchit. De son vivant, il croyait aux astres, aux maisons hantées et à toutes sortes de babioles ésotériques. Mon frère Ernest, qui a pourtant fait de sa mécréance un motif de vanité, lui ressemble chaque jour un peu plus. Récemment, je l'ai entendu reprendre à son compte "les astres inclinent et ne prédestinent pas". Mon père raffolait de la formule, je l'avais oublié, il y ajoutait de façon quasi menaçante le nom de Ptolémée. J'ai pensé, si les astres ne prédestinent pas, que pouvais-tu savoir papa de l'avenir immanent ? Je me suis intéressée à Jean-Gabriel Vigarello le jour où j'ai remarqué ses yeux. Ce n'était pas facile de les remarquer étant donné sa coiffure, des cheveux longs, anéantissant le front, une coiffure à la fois laide et impossible pour quelqu'un de son âge. J'ai tout de suite pensé, cet homme a une femme qui ne prend pas soin de lui (il est marié bien entendu). On ne laisse pas un homme de presque soixante ans avec cette coiffure. 

 

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 Challenge Petit BAC 2013
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"Sentiment"

2 février 2013

Souviens-toi de Hallows Farm - Angela Huth

 Lu en partenariat avec Livraddict et les éditions Folio

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Quai Voltaire Éditions – mai 2011 – 352 pages

Folio – octobre 2012 – 490 pages

traduit de l'anglais par Lisa Rosenbaum

Titre original : Once a land girl, 2010

Quatrième de couverture :
La Seconde Guerre mondiale vient de s'achever. Rentrée à Manchester après son séjour à Hallows Farm en tant que volontaire agricole, Prue rencontre Barry, un homme d'affaires prospère. Elle consent à l'épouser, sachant qu'il lui assurera le confort matériel. Mais son bonheur est de courte durée : elle est livrée à elle-même, et perd à la naissance l'enfant qui donnerait un sens à sa vie. Si la complicité de Johnny, son voisin poète et menuisier, la sauve un peu de la routine, sa seule véritable joie est de revoir Ag et Stella, ses amies de Hallows Farm, et d'évoquer avec elles leurs années de bonheur. Prue a beau savoir que cette époque est révolue, elle en garde une violente nostalgie. Sa séparation d'avec Barry, son amitié pour Ivy, une vieille dame à qui elle tient compagnie, ses amours contrariées n'auront pas raison de son rêve : celui de vivre dans une ferme à l'image de celle de Mr. et Mrs. Lawrence. Angela Huth entraîne le lecteur au cœur des pensées intimes d'une jeune femme comme dans les magnifiques paysages de la campagne anglaise, avec un souffle romanesque renouvelé.

Auteur : Angela Huth. Auteur de nombreux romans à succès dont L'Invitation à la vie conjugal et De toutes les couleurs, Angela Huth vit dans le Warwickshire en Angleterre. Ce huitième roman traduit en français fait suite aux Filles de Hallows Fram, adapté au cinéma sous le titre Trois Anglaises à la campagne.

Mon avis : (lu en janvier 2013)
Ce livre est la suite de "Les filles de Hallows Farm" que je n'ai pas lu mais dont j'ai entendu parler au début du Café Lecture de la Bibliothèque.
Prue est l'une des filles de Hallows Farm, pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a été volontaire agricole. Ce livre raconte son histoire après la guerre. Prue est de retour à Manchester dans le salon de coiffure de sa mère, elle est toujours à la recherche d'un bon parti, elle rêve également de vie à la campagne et de travail de la terre.
Prue va faire la rencontre de Barry, un homme d'affaires avec une belle situation, même s'il est plus âgé qu'elle, elle accepte le mariage car il lui promet le confort matériel. Mais un couple ne se fait pas seulement avec l'argent. Prue s'ennuie, elle sympathise avec Johnny, un voisin poète et menuisier qui élève des poules, puis elle décide de travailler dans une ferme non loin de chez elle. Cette exploitation est très différente de Hallows Farm. La ferme est un peu délaissée, les animaux manquent de soins... Lorsqu'elle tombe enceinte, elle espère enfin trouver le bonheur en élevant son enfant malheureusement la naissance se passera mal et le couple de Barry et Prue n'y résistera pas...
Ce livre se lit facilement, les déboires de Prue sont l'occasion de découvrir une époque : l'après-guerre, un pays, l'Angleterre, Manchester et la campagne anglaise... Prue garde une certaine nostalgie de l'époque de Hallows Farm avec ses deux complices Stella et Ag, la vie n'était pas facile, mais elle était si heureuse.

Merci à Livraddict et les éditions Folio de m'avoir permis de découvrir ce livre, cela m'a donné envie de lire à l'occasion le livre précédent "Les filles de Hallows Farm".

Logo Livraddict

Extrait : (début du livre)
« Combien de temps vas-tu continuer à contempler ce champ nu ? demanda une voix derrière elle. Il n'y a rien à voir. »
Perchée sur le troisième échelon de la barrière, les genoux pressés comme autrefois contre le bois doux et détrempé, elle regardait le Pré d'En Bas à présent vide d'animaux. Les terres étaient en jachère, les haies moins bien taillées que ne l'exigeait jadis Mr. Lawrence. Les longues herbes ployaient négligemment dans le vent. Elle revoyait au bout du pré la meule en feu, les vaches affolées fuyant l'intense chaleur qui faisait trembler l'air comme un mirage. Elle entendait encore les meuglements des bêtes et les voix moins fortes de Stella et d'Ag qui, bâtons en main, essayaient de chasser le bétail vers le champ de trèfle, de l'autre côté du chemin. Elle sentait de nouveau la sueur âcre qui mouillait ses aisselles alors qu'elle courait les rejoindre, les jambes en coton.
« Allez, viens. Nous ferions mieux de rentrer. »
Prue ne bougea pas. Elle avait besoin de rester là encore un moment.

 

 Challenge Voisins, voisines

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Grande-Bretagne

 Challenge God Save The Livre 
Challenge_anglais

31 janvier 2013

La vie en sourdine – David Lodge

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Audiolib – février 2009 – lu par Daniel Nicodème

Rivages – septembre 2008 - 413 pages

Rivages poche – avril 2010 – 460 pages

traduit de l'anglais 

Titre original : Deaf sentence, 2008

Quatrième de couverture : 
Desmond a des problèmes d'ouïe. Et d'ennui. Professeur de linguistique fraîchement retraité, il consacre son ordinaire à la lecture du Guardian, aux activités culturo-mondaines de son épouse, dont la boutique de décoration est devenue la coqueluche de la ville, et à son père de plus en plus isolé là-bas dans son petit pavillon londonien.
Lors d'un vernissage, alors que Desmond ne comprend pas un traître mot de ce qu'on lui dit et répond au petit bonheur la chance, une étudiante venue d'Outre-Atlantique lance sur lui ce qui ressemble vite à une OPA. Pourquoi Desmond ne l'aiderait-il pas à rédiger sa thèse ? Le professeur hésite. Pendant ce temps son père, martial, continue à vouloir vivre à sa guise et son épouse à programmer d'étonnants loisirs...

Auteur : Né à Londres, David Lodge a enseigné la littérature anglaise jusqu'en 1987 à l'université de Birmingham, et donné des conférences dans le monde entier. Essayiste, critique et romancier, il connaît en France un très grand succès.

Lecteur : Daniel Nicodème : Ce comédien de formation anglo-saxonne est la voix francophone de nombreuses stars comme Kenneth Brannagh ou Liam Neeson. Metteur en scène et professeur d'art dramatique, il joue également les classiques au théâtre. Il a déjà enregistré plusieurs ouvrages pour Audiolib, notamment La vie en sourdine de David Lodge prix audio « Lire dans le noir » 2009 et « Concerto à la mémoire d’un ange », d’Eric Emmanuel Schmitt, où sa lecture a été distinguée par le Prix d’interprétation Plume de Paon.

Mon avis : (écouté en janvier 2013)
La vie en sourdine est un livre conçu comme un journal intime où le jeune retraité, Desmond Bates, professeur de linguistique, raconte son quotidien. Il a des soucis de surdité qui lui posent souvent des difficultés pour communiquer et il se trouve souvent dans des situations drôles et décalées.
Sa femme est toujours active, elle se consacre à sa boutique de décoration. Desmond va également régulièrement à Londres pour rendre visite à son père qui commence à perdre un peu la tête.
Le livre commence avec un vernissage, où Desmond fait la connaissance Alex Loom, une étudiante américaine qui lui parle durant toute la soirée, mais lui est incapable d'entendre ce qu'elle dit. Il comprendra plus tard que cette jeune femme lui demande de l'aide pour sa thèse.
Avec ce livre, David Lodge évoque avec humour et tendresse l'handicap de la surdité et les conséquences de la vieillesse.
Desmond Bates est un personnage attachant, j'ai par compte trouvé Alex Loom trop caricaturale. Et ses déboires avec Desmond n'apportent pas grand chose à l'histoire...

J'ai pris un vrai plaisir en écoutant cette histoire en particulier grâce à l'interprétation remarquable du lecteur Daniel Nicodème.

 

Extrait : (début du livre)
Le grand monsieur grisonnant à lunettes, qui se tient en lisière de la foule dans la salle principale de la galerie, et qui se penche tout contre la jeune femme au corsage en soie rouge, baissant la tête et la détournant de son interlocutrice, opinant du chef sagement et émettant un murmure phatique par moments, n’est pas, contrairement à ce que vous pouvez penser, un prêtre hors service qu’elle aurait convaincu d’entendre sa confession au beau milieu de cette assemblée, ni un psychiatre à qui elle aurait extorqué une consultation gratuite ; et, lui, il n’a pas adopté cette posture pour mieux regarder dans le décolleté de la jeune femme, bien que ce soit un bonus accidentel qu’il tire de la situation, le seul en fait. La raison pour laquelle il a adopté cette position, c’est que la pièce est pleine de bruit de conversations, gronde d’un brouhaha qui se répercute sur les surfaces dures du plafond, des murs et du plancher, et tourbillonne autour des têtes des invités, les incitant à crier encore plus fort pour se faire entendre. Les linguistes appellent cela le réflexe de Lombard, du nom d’Etienne Lombard, lequel a découvert au début du XXe siècle que les gens haussent la voix dans un environnement bruyant afin de compenser la dégradation qui menace l’intelligibilité de leurs messages.

 

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 Challenge God Save The Livre 
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  Challenge Voisins, voisines
voisins_voisines_2013
Grande-Bretagne

 

 

27 décembre 2012

Les curieuses rencontres du Facteur Skogli - Levi Henriksen

les_curieuses_rencontres Presse de la Cité - septembre 2012 - 333 pages

traduit du norvégien par Loup-Maëlle Besançon

Titre original : Like østenfor regnet, 2008

Quatrième de couverture :
Le jour de son cinquième anniversaire de mariage, Simon Smidesang découvre sa femme au lit avec un autre. Il démissionne de son travail de journaliste et part se réfugier dans la maison de ses grands-parents. Là, il devient facteur et fait la connaissance de villageois tout sauf ordinaires : un couvreur passionné d’insectes et d’oiseaux. Un vieux monsieur élégant et sage qui l’invite à faire sa pause du midi chez lui. Une vieille dame qui, chaque année à la même date, suspend devant chez elle les costumes de son défunt mari. Ou encore une mystérieuse jeune femme, nouvelle dans le village, qui ne sort quasiment jamais de sa maison. Toutes ces personnes lui permettront-elles d’oublier l'encombrant souvenir de celui avec qui sa femme l'a trahi et lui redonneront-elles le goût de vivre ?

Auteur : Levi Henriksen est un parolier et musicien rock très populaire en Norvège. Du sang sur la neige, son premier roman (2010), a connu un immense succès dans son pays, où il a reçu le prix des Libraires. Les Curieuses Rencontres du facteur de Skogli est son second roman.

Mon avis : (lu en décembre 2012)
C'est 
grâce au « Café Lecture » de la Bibliothèque que j'ai découvert ce livre. 
Après cinq ans de mariage, lorsque Simon Smidesang découvre sa femme au lit avec un autre, il quitte sa maison, son travail de journaliste et part se réfugier dans l'ancienne maison de ses grands-parents à Skogli un petit village de Norvège. Il devient le facteur du village et il nous raconte ses tournées et les rencontres incroyables qu'il va faire. Un couvreur qui passe sa vie sur les toits pour fuir sa femme ou observer les oiseaux et les insectes, une veuve qui rend hommage à son mari le jour anniversaire de sa mort en sortant tous ses costumes... Cette histoire se passe en Norvège mais pourrait se passer n'importe où dans le monde dans un petit village isolé où le facteur fait encore le lien avec la population, il n'est pas seulement là pour le courrier, il est tour à tour coursier, confident...
Un livre agréable à lire, les personnages sont attachants et les rencontres sont surprenantes, amusantes et touchantes.

Extrait : (début du livre)
Qu'auriez-vous fait si, en rentrant un peu trop tôt chez vous le jour de votre cinquième anniversaire de mariage, vous aviez découvert une voiture que vous ne connaissiez pas dans l'allée ? Cédant à une impulsion, auriez-vous appelé sur la ligne de la maison et, en l'absence de réponse, auriez-vous dressé une échelle sous la fenêtre de votre chambre ? Auriez-vous cherché quelque chose de lourd dans le garage ou auriez-vous pensé que, dans chaque défaite, il y a un nouveau départ ?
Simon Smidesang, lui, commença à sortir de sa vie à reculons. Alors qu'il s'éloignait en boitant sur le gravier, il comprit brusquement que tout ce qu'il avait été appartenait désormais au passé. Il avait fait le tour de tous les endroits qu'il tenait absolument à voir. Il avait cavalé devant les taureaux à Pampelune, visité l'appartement de Strindberg à Stockholm, parcouru Dublin sur les traces de James Joyce ; bref, il avait tout essayé pour éprouver ce que d'autres avant lui avaient ressenti. Quand la barrière du jardin claqua dans son dos, Simon Smidesang sut que jamais plus il ne courrait après le sujet qui lui vaudrait la une. Jamais plus il ne franchirait cette barrière autrement que pour la passer au plus vite en sens inverse.
Simon quitta le journal où il travaillait et tenta de vivre quelques mois comme pigiste. Alors qu'il se réveillait de plus en plus tôt et mettait de plus en plus de temps à se lever, il réalisa peu à peu que les histoires, il les avait déjà toutes écrites. Quoi qu'il fasse, ses mots n'étaient plus que de l'encre. Le comprendre le soulagea. C'était comme si, après avoir couru tous les matins après le bus pour se rendre au boulot, il avait un jour décidé de tourner les talons et de regagner ses pénates.
Quand son cousin qui partait aux États-Unis mit en vente la maison de ses grands-parents à Skogli, Simon se porta acquéreur.

 

Challenge 4% Littéraire 2012

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Challenge Voisins, voisines

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Norvège

  Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Suède 

Challenge Littératures Nordiques

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25 janvier 2013

Lame de fond – Linda Lê

lame_de_fond Christian Bourgois – août 2012 - 276 pages

Quatrième de couverture :
« Je n'ai jamais été bavard de mon vivant. Maintenant que je suis dans un cercueil, j'ai toute latitude de soliloquer. Depuis que le couvercle s'est refermé sur moi, je n'ai qu'une envie : me justifier, définir mon rôle dans les événements survenus, donner quelques clés pour comprendre les tenants et les aboutissants de ce qui n'est qu'un fait divers. Je n'ai pas un penchant au regret, mais il me faut faire mon examen de conscience, si inutile qu'il soit désormais. Le souvenir que je laisse est celui d'un partisan des solutions hybrides, habitué à ajourner, soucieux de n'exaspérer personne, de ne pas empirer les choses en manquant de diplomatie. Je ne suis pas un de ces vieux hiboux formalistes, ni un de ces faiseurs d'embarras toujours persuadés d'être supérieurs à tout le monde. Non, j'ai veillé à ne pas incommoder mes proches, pas seulement par horreur des dissensions domestiques, mais parce que je ne suis pas un homme à problèmes. »

Auteur : Linda Lê est née en 1963. Elle habite Paris. Depuis Dalat, sa ville natale du Viêt-nam, jusqu'à Paris, il y a eu de nombreuses étapes : Saïgon d'abord et ses études au lycée français, puis après la chute de Saïgon, son rapatriement en France avec sa mère française et sa sœur. Après avoir publié très jeune trois livres, elle a publié Les Evangiles du crime dont une presse unanime a salué l'originalité exceptionnelle. En 1993, Christian Bourgois a édité son cinquième livre, le roman Calomnies (traduit et publié aux Etats-Unis, aux Pays-Bas et au Portugal) puis en 1995, Les dits d'un idiot. Les Trois Parques et Voix ont paru chez Christian Bourgois Editeur en 1998, Lettre morte en 1999, Personne en 2003, Kriss/L'homme de Porlock en 2004, In memoriam en 2007 et Cronos en 2010. Linda Lê obtient le prix Wepler-Fondation de la Poste 2010 pour Cronos.

Mon avis : (lu en janvier 2013)
Quatre personnages qui prennent tour à tour la parole pour nous raconter l'histoire d'une famille et ses secrets.
Le premier personnage, c'est Van, il est né en 1963 au Vietnam et est venu à Paris à l'âge de 16 ans pour faire des études. Il aime la langue française, les expressions oubliées ou désuètes, il travaille comme correcteur. Lorsque l'histoire commence, il nous parle depuis sa tombe... Il vient de mourir dans un accident de voiture.
Le second personnage, c'est Lou la femme de Van, ils sont mariés depuis près de vingt ans et leur relation est devenue routinière. 
Le troisième personnage, c'est Laure la fille de Van et Lou, elle a 17 ans, un look gothique, l'adolescente type...
Et le dernier personnage, c'est Ulma, son arrivée dans cette famille a bouleversée la fragile équilibre de la famille...
Petit à petit chaque personnage se dévoile et raconte sa relation avec le mort et peu à peu le lecteur découvrira comment Van s'est retrouvé au fond de cette tombe.
Ce livre se lit plutôt bien, l'écriture est précise, riche et par moment pleine de poésie ou d'humour. Une jolie découverte.

 



Extrait : (début du livre)
Je n'ai jamais été bavard de mon vivant. Maintenant que je suis dans un cercueil, j'ai toute latitude de soliloquer. Depuis que le couvercle s'est refermé sur moi, je n'ai qu'une envie : me justifier, définir mon rôle dans les événements survenus, donner quelques clés pour comprendre les tenants et les aboutissants de ce qui n'est qu'un fait divers. Je n'ai pas un penchant au regret, mais il me faut faire mon examen de conscience, si inutile qu'il soit désormais. Le souvenir que je laisse est celui d'un partisan des solutions hybrides, habitué à ajourner, soucieux de n'exaspérer personne, de ne pas empirer les choses en manquant de diplomatie. Je ne suis pas un de ces vieux hiboux formalistes, ni un de ces faiseurs d'embarras toujours persuadés d'être supérieurs à tout le monde. Non, j'ai veillé à ne pas incommoder mes proches, pas seulement par horreur des dissensions domestiques, mais parce que je ne suis pas un homme à problèmes. Rien n'est aussi précieux pour moi que la paix de l'esprit, et j'aurais tant voulu atteindre à la quiétude malgré les coups durs. J'en ai connu, des tempêtes sous mon crâne. Peut-être dans une vie antérieure ai-je commis des actions condamnables, et j'ai dû payer ces fautes pendant mes cinq décennies d'existence. Je n'ai aucune croyance, pas plus en un Dieu châtieur qu'en un quelconque Éveillé plein de mansuétude. Les enseignements bouddhistes m'ont été sans profit, je n'ai retenu de mes études des Sermons de Bossuet que des leçons de style. Ma propension au spiritualisme, en dépit de mon irréligion, m'a amené à accorder la primauté aux questions qui dépassent l'entendement humain. J'ai tenté de percer les mystères de la téléologie, demandé aux sensualistes de me procurer la jouissance de l'esthétique, aux romantiques de me douer d'une aspiration vers l'infini. J'ai incorporé la substantifique moelle des proses les plus roboratives pour gagner en force d'âme mais, tel un serpent qui se mord la queue, j'ai échangé des doutes contre une science guère susceptible de m'aider à démêler mes écartèlements. J'ai cultivé assidûment les lettres dans l'espoir d'y trouver, sinon du bonheur, du moins un vif goût pour les surprenantes inventions. Il m'en reste quelques débris fragmentaires, étoiles distantes qui clignotent encore - dans cette galaxie, Vautrin voisine avec Mme Verdurin, Molloy avec Bardamu, Ah Q avec Sganarelle, Achab avec Salomé, Philoctète avec Ophelia... Liste non exhaustive à laquelle il conviendrait d'ajouter les personnages secondaires que j'ai eu plaisir à classifier (travail de bénédictin parfaitement absurde). Mais tout s'est mélangé dans ma pauvre tête.

 

 Challenge Petit BAC 2013
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 Challenge 5% Littéraire 2012

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24 janvier 2013

La vallée des masques - Tarun Tejpal

la_vall_e_des_masques_j Albin Michel - août 2012 - 464 pages

traduit de l'anglais (Inde) par Dominique Vitalyos

Titre original : The valley of masks, 2011

Quatrième de couverture :
« J'ai été, un jour, un homme de convictions, volontaire et déterminé. Les autres venaient me consulter pour retrouver un ancrage solide quand leurs coeurs et leurs âmes vacillaient. Un jour...Aujourd'hui, c'est à l'urgence que je dois faire face. »

Au cours d'une longue nuit où il attend ses assassins, d'anciens frères d'armes, un homme raconte son histoire, celle d'une communauté recluse dans une vallée inaccessible de l'Inde, selon les préceptes d'un gourou légendaire, Aum, le pur des purs...
Figure majeure de la littérature indienne contemporaine, auteur de Loin de Chandigarh, Prix des libraires 2007, Tarun Tejpal explore la société des hommes dans son « inhumanité » et entraîne le lecteur dans une fable philosophique et politique puissante, qui s'impose d'ores et déjà comme une lecture incontournable.

Auteur : Fondateur et rédacteur en chef d'un magazine d'investigation réputé pour ses enquêtes sur la corruption, éditeur (Arundati Roy entre autres) et romancier, Tarun Tejpal est l'une des figures majeures de la littérature indienne contemporaine.
Immense succès dans le monde entier, son premier roman, Loin de Chandigarh, a reçu en France le prix des Libraires.

Mon avis : (lu en janvier 2013)
Tout d'abord je trouve la couverture du livre très belle, mystérieuse et tout à fait représentative de cette histoire. Entre science-fiction et conte philosophique ce livre est très surprenant.
Le narrateur est un homme qui sait qu'il va mourir, il attend ceux qui le recherchent et qui vont bientôt l'exécuter. Il profite de sa dernière nuit pour raconter son passé. Il est né au sein d'une communauté isolée dans une vallée lointaine.
Cette société est fascinante, c'est un monde cloisonné, hiérarchisé où les adeptes aspirent à la pureté, les préceptes sont dictés par Aum. L'égalité parfaite entre les individus est l'une des règles principales. Dès la naissance, l'enfant est offert à la communauté, il est élevé à la Maternité et aimé du même amour par toutes les femmes de la caste. Il passe ensuite par le Foyer puis la Caserne, il apprendra la discipline, à exercer son mental... A seize ans, il obtient son effigie, c'est à dire le masque qui lui permet de revêtir le même visage que les autres membres du clan. Notre narrateur aspire à devenir un Wafadar, c'est à dire un guerrier aux qualités physiques et morales exceptionnelles, une des castes les plus enviées...
Ce livre évoque le monde secret d'une secte qui persuade ses adeptes d'accéder à la vérité, cela rappelle également les régimes totalitaires. C'est effrayant de voir comment l'être humain peut être conditionné et perdre tout discernement. Certains passages du livre sont violents. Cette histoire est également l'occasion pour l'auteur de dénoncer les castes si présentes en Inde.
L'histoire est très bien écrite, passionnante et elle appelle le lecteur à réfléchir sur la nature humaine. 

Et un Grand Merci à Valérie grâce à qui j'ai gagné ce livre.

Extrait : (début du livre)
Voici mon histoire. Et l'histoire de mon peuple. 
Elle n'est pas très longue. Certains la racontaient le temps d'écluser un verre de Ferment aigre-doux. D'autres y apportaient tant de précision que les tonneaux étaient vides avant qu'ils aient terminé. Aujourd'hui, dans ma confusion, je me situe entre les deux. Pourtant j'ai été, un jour, un homme de convictions, volontaire et déterminé. Les autres venaient me consulter pour retrouver un ancrage solide quand leurs cœurs et leurs âmes vacillaient. Un jour. 
Aujourd'hui, je dois faire face à l'urgence. Le train de neuf heures vient de siffler et je sais que mon sablier sera bientôt vide. Le sifflet d'un train, comme c'est beau ! La première fois que je l'ai entendu, je l'ai pris pour le cri de l'oiseau le plus grand du monde. Puis j'ai vu la bête fabriquée par les hommes, je l'ai entendue bavarder et chanter, et je suis tombé amoureux de sa voix. Ces derniers mois, j'ai escaladé souvent sans me faire voir le remblai de la voie ferrée. Assis sur les cailloux pointus, je caressais les veines de fer, je posais mon oreille contre leur douceur lisse et fraîche afin de percevoir la pulsation de vie encore lointaine qui s'approchait. L'indifférence des hommes à la beauté de cette voix me stupéfie. Ils ne suspendent même pas leur conversation quand le sifflement qui fuse de la locomotive fait voler l'air en éclats. J'ai appris autre chose encore : tous les humains ne voient pas le beau partout où il se trouve. Et c'est peut-être mieux ainsi. 
Quelle facilité dans la digression ! A force de côtoyer les hommes chez qui je suis venu vivre, je finis par leur ressembler : distrait, séduit par tout ce qui se présente. Et c'est peut-être mieux ainsi. 
Mais aujourd'hui, quoi qu'il en soit, je dois me concentrer sur deux choses : ce que j'ai à dire et les mots pour le faire. Tels le marteau et le clou unis dans leur percussion opiniâtre et bruyante jusqu'au bout de leur tâche. 
Aujourd'hui, c'est à l'urgence que je dois faire face. 
Il sera minuit dans quelques heures et l'étau des Wafadar va bientôt se resserrer autour de moi. Ils doivent déjà se préparer à l'action, s'échauffer les muscles avec des tractions et des pompes, se faire les poings contre des murs récalcitrants, affûter leurs dagues à double lame sur la pierre humide. Ils s'apprêtent à dérouler leurs ceintures en peau de chèvre pour nettoyer le vénérable siontch. Ses onze aiguilles de bois dur sont capables de perforer une artère du geste le plus sobre et de vous vider de votre sang comme un tonneau qui fuit. Ils vont se raser le crâne, le faire reluire comme l'envers d'un pan d'écorce fraîchement arraché. Chacun d'eux s'oindra d'huile pour conférer à sa peau le lustre de l'aile du canard et le glissant de l'eau. Quand ils en auront terminé avec leurs préparatifs, les trois, quatre ou cinq individus (on ne les envoie jamais en plus grand nombre) s'assiéront en cercle par terre, boiront quelques gorgées de Ferment, puis se prendront par les mains, les yeux fermés, communiant dans leur pureté et la conscience de leur mission. 
En cet instant d'énergie contenue, ils sauront que rien, jamais, ne pourra échapper à leur poursuite ou à l'insertion fatale de leur arme consacrée. Ils doivent faire en sorte que la vie se retire lentement afin de laisser une porte ouverte au repentir. Les humains ont la capacité d'accorder ce don, contrairement aux animaux, dispensateurs d'oubli. La mort par le siontch est une marque de courtoisie d'homme à homme. 
Je sais tout cela. Ce processus m'est aussi familier que la paume de ma main. 
Je sais qu'ils me trouveront. Je sais qu'ils ne me manifesteront aucune pitié : la pitié est une forme de mollesse. Un Wafadar est capable à lui seul de venir à bout de quinze adversaires. Or, cette nuit, ils sont peut-être cinq contre moi, qui suis seul. Je sais que je ne verrai plus le jour se lever. Si ma dernière heure a déjà sonné, je n'entendrai plus jamais le sifflet d'un train. L'express en provenance de la capitale passe à deux heures, mais il n'est que minuit et les Wafadar ont largement le temps d'en finir avec moi. Pour peu qu'ils soient cinq, le tonneau se sera répandu en moins d'une minute comme un tamis éventré. 
Néanmoins je n'ai pas peur. La peur, je l'ai ressentie et je l'ai inspirée. C'était le papier sur lequel s'écrivait chaque jour de ma vie. Je ne la voyais pas, tout comme l’œil scrute la page sans voir en elle l'arbre qu'elle a été. A cette époque, je trouvais ma vie merveilleuse. Chaque fois que j'imaginais le Véritable et son regard qui ne cillait pas, j'étais soulevé de gratitude pour la grâce qui m'avait - qui nous avait - été accordée, pour le dessein qui nous avait été transmis. 
Je suis plus avisé à présent. 

Challenge le riz et la mousson
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 Challenge Petit BAC 2013
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"Objet"

 Challenge 5% Littéraire 2012

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31/35

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Ma 1ère lecture
d'un auteur : 2/13

Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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PAL Noire

 

9 janvier 2013

Little Miss Sunshine (Film)

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Film américain réalisé par Jonathan Dayton et Valerie Faris en 2006.

Synopsis :
L'histoire des Hoover. Le père, Richard, tente désespérément de vendre son "Parcours vers le succès en 9 étapes". La mère, Sheryl, tente de dissimuler les travers de son frère, spécialiste suicidaire de Proust fraîchement sorti de l'hôpital après avoir été congédié par son amant.
Les enfants Hoover ne sont pas non plus dépourvus de rêves improbables : la fille de 7 ans, Olive, se rêve en reine de beauté, tandis que son frère Dwayne a fait voeu de silence jusqu'à son entrée à l'Air Force Academy.
Quand Olive décroche une invitation à concourir pour le titre très sélectif de Little Miss Sunshine en Californie, toute la famille décide de faire corps derrière elle. Les voilà donc entassés dans leur break Volkswagen rouillé : ils mettent le cap vers l'Ouest et entament un voyage tragi-comique de trois jours qui les mettra aux prises avec des événements inattendus...

Mon avis :
Une famille complètement déjantée, un combi presque hors d'usage et un voyage épique entre Albuquerque (Nouveau-Mexique) et la Californie. Olive Hoover est une petite fille de 7 ans terriblement attachante et pleine de vie, elle a été sélectionnée pour concourir au concours de beauté Little Miss Sunshine.Son père, Richard est coach de motivation, il espère arriver à vendre un livre sur sa technique. Dwayne est le demi-frère d'Olive, il admire Nietzsche. Il a fait vœu de silence depuis neuf mois afin d'entrer à l'Air Force Academy, il ne communique qu’avec un bloc-notes... Frank Ginsberg est le frère de Sheryl Hoover, la mère d'Olive et Dwayne, professeur d'université spécialiste de Marcel Proust, il est homosexuel. Après une tentative de suicide, il est contraint de s'installer chez sa sœur. Enfin, Edwin Hoover est un grand-père toxicomane, il entraîne sa petite-fille Olive, qu'il adore, pour le concours de Little Miss Sunshine. Il a un vocabulaire très fleuri... Une aventure inoubliable sur les routes américaines, pleine d'humour et d'émotions.
C'est également une critique des concours de Mini Miss...
Le film est passé à la télévision durant les fêtes et j'ai passé un très bon moment à le revoir.

Photos :

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37/50 : Nouveau-Mexique

19 janvier 2013

Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison - Arto Paasilinna

Challenge Destination Finlande - 19 janvier 2013
proposé par evertkhorus

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Denoël – mai 2011 – 354 pages

Folio – mai 2012 – 376 pages

traduit du finnois par Anne Colin du Terrail

Titre original : Hirttämättömien lurjusten yrttitarha, 1998

Quatrième de couverture :
L'inspecteur principal Jalmari Jyllänketo, la quarantaine sportive, est envoyé par la Sécurité nationale finlandaise dans l'ouest de la Laponie pour y enquêter sur un ancien kolkhoze reconverti en une florissante exploitation agricole spécialisée dans la culture biologique d'herbes aromatiques, de sapins de Noël et de champignons, et objet des plus folles rumeurs. 
L'inspecteur, promu contrôleur du ministère de l'Agriculture pour l'occasion, découvre peu à peu que les immenses champignonnières installées au fond d'une ancienne mine de fer sont en réalité un camp de travail forcé où la patronne de l'exploitation, une veuve au caractère bien trempé, séquestre de petits et gros malfrats ayant échappé aux griffes de la justice. 
Séduit par la philosophie de l'entreprise – et par la fille de la patronne, Sanna –, l'enquêteur s'embarque corps et âme dans cet étrange projet. 
Un roman drôle et haletant en forme de réflexion sur l'équité et sur les débordements de la volonté de justice.

Auteur : Arto Paasilinna est né en Laponie finlandaise en 1942. Successivement bûcheron, ouvrier agricole, journaliste et poète, il est l'auteur d'une vingtaine de livres, pour la plupart traduits en français et publiés chez Denoël où ils ont toujours rencontré un grand succès. Citons entre autres Le Meunier hurlant, Le Lièvre de Vatanen, Petits suicides entre amis ou encore Un homme heureux. 

Mon avis : (lu en janvier 2013)
Ce livre a été écrit par Arto Paasilinna en 1998, il n'a été traduit en français qu'en 2011.
Le nain de jardin facétieux de la couverture et le titre improbable du livre annonce parfaitement la couleur de l'histoire...
L'inspecteur principal Jalmari Jyllänketo est envoyé par la Sécurité nationale finlandaise dans l'ouest de la Laponie pour y enquêter sur l'exploitation agricole biologique l’Étang aux Rennes. Certaines rumeurs font part de disparitions de personnes. Jalmari est là incognito, se faisant passer pour un contrôleur bio. Il est accueilli extrêmement chaleureusement par le personnel de cet ancien kolkhoze. Il est accompagné pour la visite de l'exploitation qui est spécialisée dans la culture d'herbes aromatiques, la production de sapins de Noël et de champignons dans une ancienne mine de fer reconvertie en champignonnière...
Cette exploitation semble tourner sans aucun problème et rien ne semble appuyer les folles rumeurs de disparitions. Appréciant son séjour et en particulier l'accueil que lui a réservé Sanna la fille de la propriétaire, Jalmari Jyllänketo prolonge son séjour et va découvrir les méthodes de recrutement un peu particulière de la main d’œuvre des lieux...
Comme d'habitude, l'auteur nous entraîne dans une histoire décalée, pleine d'humour, de fantaisie et de loufoquerie, aux situations les plus extravagantes et aux rebondissements inattendus...
C'est roman à la fois drôle et haletant qui nous fait réfléchir sur la justice et ses débordements... 

Merci à Natiora qui m'a offert ce livre lors du Swap Nordique - édition de Noël organisé par Myiuki22.

Extrait : (début du livre)
Belle bâtisse ! L'inspecteur principal de la Sécurité nationale finlandaise Jalmari Jyllänketo laissa courir son regard sur le fier kolkhoze de l'Étang aux Rennes, construit dans les années cinquante dans le canton lapon de Turtola. Le bâtiment principal, haut de deux étages, long de trente mètres et large de près de quinze, était peint en rouge comme toute Maison du Prolétariat. Les cornières et les encadrements de fenêtre étaient blancs, les portes noires.
La construction se dressait sur une petite éminence sablonneuse plantée de grands pins. La cour, à l'arrière, était entourée de plusieurs autres bâtiments, dont de vastes hangars et une rangée de logements de plain-pied, en partie dissimulée par un bosquet. Un peu à l'écart, un chien de chasse à l'ours au pelage noir aboyait furieusement, perché sur le toit de sa niche rouge. Il sauta de son observatoire et fit mine d'attaquer le visiteur, ne s'arrêtant, l'air féroce, que juste avant d'être étranglé par sa laisse.
Jalmari Jyllänketo était un homme de terrain, âgé d'une quarantaine d'années. Avec son mètre soixante-dix-huit, ses quatre-vingt-dix kilos et ses cheveux blonds, il avait tout du Finlandais moyen - avantage utile quand il s'agissait de mener de discrètes investigations dans le pays. Pour un policier, il était d'un caractère plutôt accommodant et observait volontiers les gens, les choses et la vie. Il procédait sans états d'âme aux arrestations et prenait même un certain plaisir, proche de l'ivresse de la chasse, à dire « suivez-mo i» aux individus suspectés de haute trahison.
Jyllänketo était venu de Helsinki pour enquêter sur le domaine de l'Étang aux Rennes, où l'on pratiquait la culture biologique d'herbes aromatiques. Au fil des ans, toutes sortes de rumeurs étaient parvenues aux oreilles de la Sécurité nationale. Les dénonciateurs prétendaient que des gens avaient disparu sur les terres de l'exploitation.
Jyllänketo regarda le paysage qui s'étendait devant lui. De sombres sapinières arctiques encadraient une immense plaine cultivée. Dans le ciel serein voguaient de légers nuages d'altitude. L'air était saturé du chant ininterrompu de milliers d'oiseaux migrateurs. Juin commençait à peine, mais les champs verdoyaient déjà et le vent était chargé d'effluves parfumés. L'inspecteur principal estima la superficie de l'exploitation à plusieurs centaines d'hectares. À l'orée des noirs sapins, deux tracteurs labouraient la terre, laissant sur leur passage des sillons brun foncé d'où montait de la vapeur. Derrière les machines agricoles, une nuée de travailleurs s'affairaient, sûrement à repiquer des plants.
Jyllänketo s'assit sur le perron du bâtiment principal, sortit son ordinateur portable de sa valise, l'alluma et, quand l'écran s'éclaira, se mit à écrire :
« Turtola, mardi 3 juin.
« Je suis arrivé en Laponie ce matin vers onze heures, après avoir passé la nuit à Oulu. Le temps est sec, la température d'environ dix degrés. L'endroit semble paisible. Les gens sont aux champs pour les travaux de printemps. Je n'ai encore parlé à personne d'ici. »

 

Déjà lu du même auteur :

le_lievre_de_Vatanen  Le lièvre de Vatanen  prisonnier_paradis Prisonniers du paradis

la_cavale_du_g_om_tre La cavale du géomètre  un_homme_heureux Un homme heureux  

la_douce_empoisonneuse_2 La douce empoisonneuse Petits_suicides_entre_amis_2 Petits suicides entre amis 

le_meunier_hurlant Le meunier hurlant le_bestial_serviteur Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen

le_cantique_de_l_apocalypse Le Cantique de l'apocalypse joyeuse   sang_chaud__nerfs_d_acier Sang chaud, nerfs d'acier

les_dix_femmes_de_l_ing_nieur Les dix femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi

 

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2013
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Année 2013 : 2/29

 Challenge Voisins, voisines

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Finlande

 Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Finlande 

 Challenge Littératures Nordiques

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Le billet a été écrit il y a quelques jours, mais le temps chez moi est depuis mercredi raccord avec la destination... Froid et neige...

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Mercredi

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Ce matin...

 

 

5 octobre 2012

Accès direct à la plage – Jean-Philippe Blondel

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Delphine Montalant - mars 2003 – 112 pages

Pocket – aout 2004 – 120 pages

Pocket – janvier 2012 – 120 pages

Quatrième de couverture :
Rien ne relierait ses personnages s'ils n'avaient le goût des locations à la mer. Ils se sont croisés dans l'épice particulière des soirs d'été. Les couples, les familles, les célibataires qui nous ont précédés. Ceux d'avant. Le lecteur, avec Jean-Philippe Blondel, éprouve lui aussi le sentiment d'être à la suite de quelqu'un. Il reste une empreinte qui s'attarde...

Auteur : Né en 1964, Jean-Philippe Blondel est professeur d'anglais dans un lycée à côté de Troyes. Après son premier roman, Accès direct à la plage (2003), qui a rencontré un vif succès, il a publié plusieurs romans, This is not a love song (2007), Le baby-sitter (2010), G229 (2011) et récemment Et rester vivant (2011). Il a écrit aussi des romans pour adolescents, comme Blog (2010) et (Re)play ! (2011).

Mon avis : (lu en août 2012)
Depuis que j'ai découvert Jean-Philippe Blondel, j'avais très envie de lire son premier roman "Accès direct à la plage" or il était indisponible jusqu'à début 2012 où il a été réédité.
Ce court livre est très original, Jean-Philippe Blondel nous entraîne de 1972 à 2002 dans quatre stations balnéaires françaises Capbreton, Arromanches, Hyères et Perros-Guirrec avec une galerie d'une vingtaine de personnages. Ce sont des couples, des familles ou des solitaires qui sont en séjour au bord de la mer. Ce sont des histoires qui s'entrecroisent dans l'espace et dans le temps.
La narration se fait à la première personne, et à chaque chapitre c'est un personnage différent qui s'exprime. Les vacances sont propices aux ambiances joyeuses et légères et pourtant on découvre dans ce livre des sujets graves comme l'infidélité, l'homosexualité et même le viol.
Ce n'est pas mon livre préféré de Jean-Philippe Blondel mais j'ai aimé découvrir ces séjours à la plage. 

Extrait : 
Tous les matins, je passe devant le club Mickey.
Au club Mickey, ils ont des balançoires, des toboggans, des monos bronzés en tee-shirt, et surtout ils ont une piscine.
Ma mère dit que c'est ridicule, une piscine sur le bord de mer.
Moi, je ne trouve pas.
Puis, j'entends leurs voix. Ils crient, ils rient, ils s'amusent, eux.
Parfois on en voix un qui dépasse.
C'est quand ils montent tout en haut du toboggan qui se jette dans la piscine.
Quand j'aurais des enfants, ils seront tous inscrits au Club Mickey.

Déjà lu du même auteur :

juke_box Juke Box  au_rebond Au rebond

le_baby_sitter  Le Baby-sitter G229 G229  blog Blog

5317 Et rester vivant replay (Re)play  brise_glace Brise glace

 

 Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012

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"Sport/Loisirs"

9 octobre 2012

Une partie de chasse - Agnès Desarthe

une_partie_de_chasse L'Olivier – août 2012 - 152 pages

Quatrième de couverture :
Au cours d’une partie de chasse, un homme tombe dans une galerie souterraine. Tristan est désigné pour rester sur les lieux tandis que les autres iront chercher du renfort. Mais les secours n’arrivent pas et la tempête se lève. Une longue attente commence. Tout en essayant de soutenir moralement celui qui s’est blessé en tombant (et dont il se sent si loin), Tristan se remémore la suite des événements. Il revit sa rencontre avec sa femme Emma, l’évolution de leur relation. C’est elle qui l’a convaincu de partir chasser, pour que les autres l’acceptent dans le cercle des hommes. Il repense aussi à sa mère malade dont l’image le hante encore aujourd’hui, au petit garçon docile qu’il était alors à son chevet. Et lui, qui a toujours plié sous la volonté des femmes, interroge enfin la place de son propre désir.
Tristan s’abrite de la tempête comme on se terre au fond d’un terrier, dialoguant en cachette avec un animal rescapé de la partie de chasse, quand les voix des humains ne lui parviennent plus. La nature se déchaîne alors dans une colère salutaire. Et peut-être le déluge, qui emporte tout sur son passage, obéit-il au rêve de Tristan de faire table rase.

Avec Une partie de chasse, Agnès Desarthe signe un roman violent et énigmatique. Il nous parle d'un monde que les dieux auraient abandonné, laissant la place aux pulsions les plus secrètes qui dorment dans le cœur des hommes.

Auteur : Agnès Desarthe est née en 1966 à Paris. Romancière, elle a notamment publié Un secret sans importance (prix du Livre Inter 1996), Mangez-moi (2006), Le Remplaçant (prix Virgin-Femina 2009) et Dans la nuit brune (Prix Renaudot des lycéens 2010). Agrégée d’anglais, traductrice, elle a cosigné avec Geneviève Brisac un essai sur Virginia Woolf, VW ou le mélange des genres. Elle est également l’auteur de nombreux livres pour la jeunesse.

Mon avis : (lu en octobre 2012)
Un livre assez étonnant et déroutant....

Cela commence avec comme narrateur un lapin au fond de son terrier qui a besoin d'en sortir pour se nourrir et pourtant il sait que c'est risqué... Malgré tout il jailli du terrier et se fait cueillir par un plomb. Le tireur c'est Tristan, il a accepté de participer à une partie de chasse avec Dumestre, Peretti et Farnèse trois chasseurs expérimentés à la demande de sa compagne Emma pour s'intégrer. Et pourtant, au fond lui, la chasse le répugne, en saisissant le lapin qu'il vient de tirer, il s'aperçoit qu'il est seulement blessé et rapidement, il le cache dans sa gibecière.
La partie de chasse continue et Tristan suit le mouvement tout en protégeant son lapin.

Tout à coup un incident survient, Dumestre tombe dans un trou et se blesse. Tristan reste sur place avec lui et les deux autres partent chercher du secours. Une longue attente commence. Pour passer le temps Tristan revient sur son passé, son enfance avec sa mère malade, sa rencontre avec Emma...

En cachette, Tristan dialogue également avec le lapin qui est bon conseiller en particulier lorsqu'une violente tempête se lève et pour se protéger avec le blessé, Tristan creuse un terrier.

Je l'ai lu très facilement mais il m'a un peu dérouté, cette histoire a un côté surréaliste et par moment, j'ai eu du mal à suivre cette histoire qui mêle le passé et le présent, le réel et l'imaginaire. Je suis seulement restée spectatrice de cette histoire.

Remarque : Il est question de lapin dans cette histoire et la couverture est illustrée par la reproduction d'une aquarelle d'Albrecht Dürer représentant un lièvre...

Autres avis : Canel, Clara

Extrait : (début du livre)
J'aimerais mourir de mort naturelle. Je voudrais vieillir. Personne ne vieillit chez nous. Nous partons dans la fleur de l'âge.
J'aimerais avoir le temps de sortir de l'enfance. Connaître la nostalgie poignante qui étreint le cœur des adolescents. Quelque chose en eux pleure l'enfant qu'ils ne sont plus, et c'est un chagrin magnifique et muet.
Je voudrais m'ennuyer, connaître le dégoût. Profiter, ensuite, du soulagement de la maturité.
Je voudrais avoir le temps de connaître l'amour, et le luxe infini du désamour.
« Je ne t'aime plus, c'est fini, ça fait trop longtemps qu'on se fréquente, tu ne me fais plus aucun effet. »
Souvent, pour me faire du mal, pour éprouver jusqu'au bout la cruauté de mon sort, je me joue cette scène impossible, je répète cette réplique que je ne prononcerai jamais.
J'ai beaucoup d'imagination. Il paraît que c'est rare dans notre lignée. Ma mère me l'a dit. Elle me trouvait plus intelligent que les autres. Elle disait qu'elle ne me comprenait pas entièrement. Elle penchait la tête en prononçant ces mots, et le soleil, un instant captif de son iris, me transperçait la rétine.
Elle est morte, bien sûr. Très vite. Elle m'a peu parlé. Nous n'avons le temps de rien, nous autres. Mais elle m'a dit ça quand même, que j'avais beaucoup d'imagination, et sans doute un cerveau plus gros que celui de mes frères, de mes cousins, de mes ancêtres, alors je m'en sers. Je fais semblant d'être vieux.
Vieux, vieille, vieillard, vieillarde, ces mots me font frissonner de douleur et de joie. Ce sont les mots les plus beaux, les plus effroyables et les plus doux de notre langue. J'ose les prononcer. Je sais le risque que je prends. Mon coeur pourrait lâcher par excès de volupté. Mais je parie sur l'excellence de mon coeur, je n'ai pas le choix. Je parie sur l'excellence de chacun de mes organes et de mes muscles. Je suis fait pour durer, pour endurer, pour survivre. Je vais y arriver. Je serai peut-être le seul, mais qui sait ? Une fois mûr et usé, quand les dents me manqueront et que mon sang voyagera moins prestement dans mes veines, je pourrai enseigner aux autres, prendre quelques jeunes sous ma protection et leur confier mes secrets, mes ruses, leur expliquer que c'est possible. « Regardez-moi ! Voyez mes oreilles tombantes et lasses, ma paupière paresseuse qui couvre à moitié mon oeil droit. La bosse sur mon dos. Mes moustaches fatiguées. »
Je serai leur prophète, je trouverai un territoire, j'organiserai la résistance. Trop longtemps nous avons subi, trop longtemps nous nous sommes plies à la fatalité.

 Grand_Prix_des_Lectrices_2013 
Jury JANVIER
Roman

Challenge 1% Littéraire 2012

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8/14

 

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012

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26 septembre 2012

Le ciel tout autour – Amanda Eyre Ward

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Buchet Chastel - mars 2005 - 322 pages

J'ai Lu - août 2006 - 253 pages

Quatrième de couverture :
" La nuit allongée dans sa cellule, la télé éteinte, les bruits enfin calmés, elle repense à ce soir-là, sur la véranda. Elle tente de se convaincre qu'elle l'a vraiment vécu. Elle compte les minutes qu'il lui reste à vivre. Le 25 août est dans soixante-deux jours 89 280 minutes. "
Karen a vingt-neuf ans et elle attend son exécution dans le couloir de la mort d'une prison du Texas où les touristes affluent pour l'événement.
Célia, la veuve d'un des hommes que Karen a assassinés, ne parvient pas à se remettre de la mort de son mari. Cinq ans après, elle ne pardonne pas mais décide d'écrire à la coupable...
Franny, jeune médecin originaire du Texas, quitte New York pour rejoindre sa région natale et trouver peut-être un sens à sa vie.
Trois destins entremêlés dans un roman qui évoque l'univers carcéral féminin avec émotion et humanité. Inoubliable.

 

Auteur : Amanda Eyre Ward est née à New York eu 1972. Elle est également l'auteur de "A perte de vue" en 2006.

Mon avis : (lu en septembre 2012)
C’est la blogosphère qui m’a donné envie de découvrir ce livre. La thématique n’est pas très gaie, car l’histoire se passe en partie dans le Couloir de la mort de la prison de femmes de Gatestown au Texas. Il y a trois femmes, trois voix, trois destins.
Karen est une tueuse en série, depuis cinq ans, elle attend son exécution, celle-ci est programmée pour le 25 août, dans 62 jours. Karen est atteinte du sida et elle partage son quotidien avec d'autres condamnées à mort.
Celia est la veuve d'une des victimes de Karen, bibliothécaire depuis la disparition de son mari, elle vit mécaniquement, dans la colère, dans la dépression, se refusant un avenir possible.
Franny est la nièce du médecin de la prison. Après le décès des ses parents alors qu'elle avait six ans, c'est son oncle qui l'a élevée. Elle est devenue médecin à New-York et après la mort d'Anna, une jeune patiente dont elle s'occupait, elle est en plein doute sur sa vie, son métier, son couple.
Tout au long du livre, lecteur voit évoluer ces trois femmes, découvre la réalité carcérale et est appelé à réfléchir sur le pardon, sur la peine de mort et les exécutions aux États-Unis.
Dans ce livre, il se dégage beaucoup d'humanité, les personnages sont très attachants et émouvants. Une très belle découverte.

Autre avis : Sandrine

Extrait : (début du livre)
Le mercredi, elles se préparent pour la fiancée de Satan, qui doit arriver après le déjeuner. Elles commandent une lampe et une radio à l'intendance, sur le compte de Tiffany. Karen fait le lit dans la cellule vide et met des draps propres. Toutes les femmes du Couloir de la Mort, qui utilisaient la cellule comme espace de rangement, en ont retiré leurs affaires personnelles pour permettre à la Fiancée de Satan de repartir du bon pied.
Tout en secouant le drap avant de bien le lisser sur le matelas, Karen se souvient du soulagement qui l'avait envahie lorsqu'elle avait découvert sa cellule : vide, propre, sentant l'ammoniaque. C'était il y a près de cinq ans.
Tiffany prend deux livres sur l'étagère, Femmes meurtrières et La Gymnastique de Jane Fonda. Elle les pose à côté du lit de la nouvelle. « Voilà », dit-elle. 

Quatre heures et demie du matin. Le petit déjeuner est terminé ; la longue matinée va s'étirer jusqu'au repas de midi. Tiffany se tient devant la cellule vide, un bras maigre passé autour de son ventre, l'autre contre son menton. « Je devrais peut-être lui dessiner quelque chose ? C'est tellement triste, cette cellule.
- Laisse tomber, dit Karen.
- Mais c'est sinistre », insiste Tiffany. Elle secoue la tête, et ses cheveux, coiffés à la Farrah Fawcett, se remettent parfaitement en place. Sous son survêtement, ses membres sont solides. Dans sa cellule, elle sautille, fait des abdos et des pompes. Tous les jours, à la promenade, elle arpente la petite cour grillagée, creusant un sillon en forme de huit dans la poussière. Elle croit à sa libération, et ne tient pas en place. Karen reconnaît cet espoir aigu, qui irrite comme un gravier dans la chaussure, quand on se rend compte du temps qui passe et de tout ce qui vous manque au-dehors. Lorsqu'on abandonne l'espoir, une paix sourde, engourdissante, prend le relais.
« Laisse tomber », répète Karen.

 

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34/50 : Texas

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Le mois américain

 

18 décembre 2012

Gains - Richard Powers

Lu en partenariat dans le cadre des 
Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister

15

gains Le Cherche Midi – août 2012 – 630 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Claude et Jean Demanuelli

Titre original : Gain, 1998

Quatrième de couverture :
1830. La famille Clare crée à Boston une petite entreprise de savon. Celle-ci va évoluer au rythme des Etats-Unis et devenir, un siècle et demi plus tard, une véritable multinationale. Des plantes médicinales aux cosmétiques, détergents et autres insecticides, des pionniers inventifs au règne de la communication et du libéralisme, le chemin sera long et impitoyable. 1998. Laura Bodey, 42 ans, divorcée, mère de deux enfants, travaille dans l'immobilier à Lacewood, Illinois, siège des usines de Clare Inc. Sa vie va basculer et son destin converger d'une façon inattendue avec celui de la multinationale, faisant d'elle une victime révoltée par l'idée de fatalité. Après Trois fermiers s'en vont au bal et Le Temps où nous chantions, Richard Powers ausculte l'influence du libéralisme sur la vie quotidienne et les destinées individuelles. Animé à la fois par une vision globale et une rare puissance émotive, il plonge le lecteur dans les contradictions de la société de consommation, et met en scène avec brio et tension les gains et les pertes auxquels est confronté l'humain.

Auteur : Richard Powers est né à Evanston, dans l'Illinois, en 1957. Paru aux États-Unis en 1998, Gains est son sixième roman publié en France.

Mon avis : (lu en décembre 2012)
Ayant déjà lu et aimé "Le temps où nous chantions" du même auteur, je n'ai pas hésité à choisir "Gains" le dernier livre de Richard Powers pour l'opération Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister
Ce livre raconte deux histoires : d'une part, celle de l'entreprise Clare qui naît en 1830 et qui petit à petit grandit jusqu'à devenir une multinationale et d'autre part celle de Laura, elle a 42 ans en 1998, mère divorcée de deux enfants, elle travaille dans l'immobilier à Lacewood. Le lecteur comprend assez vite que ces deux histoires sont liées. L'auteur met en parallèle la puissance économique et les crises financières avec le combat de Laura face à la maladie.

J'ai eu un peu de mal à entrer dans ce livre, sans doute à cause de la forme du livre où il n'y a pas de chapitre, seules des lignes horizontales marquent les séparations entre les paragraphes évoquant Clare et ceux consacrés à Laura. Les parties sur l'entreprise Clare sont un peu rébarbatives et traînent en longueur, à un moment, j'ai même été tentée de les sauter, finalement, j'ai préféré les lire mais en les survolant... De beaucoup, j'ai préféré suivre l'histoire de Laura.

Ce livre, publié en 1998 aux Etats-Unis reste très actuel, il dénonce la société de consommation et les manipulations dont les plus petits sont les victimes.  
Une histoire superbement écrite, poignante et humaine qui nous donne à réfléchir.

Un grand Merci à Oliver, à Priceminister et à Le Cherche Midi éditions pour ce partenariat.

Note : 16/20

15

 Matchs de la rentrée littéraire 2012 - Bilan des blogueurs

Extrait : (début du livre)
Le jour avait une façon bien à lui d'éveiller Lacewood. La tapotant délicatement comme on le ferait d'un nouveau-né. Lui frictionnant les poignets pour la ramener à la vie. Lorsque la matinée était tiède, on se rappelait sans difficulté la raison pour laquelle on s'activait. Il fallait battre le fer pendant qu'il était chaud. Travailler ici et maintenant, précisément parce que là où on allait il n'y avait nulle part où travailler.
Mai donnait l'impression que cette ville n'avait jamais abrité de pêcheurs. Le printemps ouvrait grand les battants des fenêtres. La lumière débarrassait les chênes de leurs derniers doutes hivernaux, faisant naître de nouvelles pousses à partir de rien, vous laissant libre encore une fois de gagner votre pitance. Quand le soleil était de la partie à Lacewood, on pouvait enfin vivre. 

La trace de Lacewood, on la retrouvait partout : à Londres, à Boston, aux îles Fidji, dans la baie de la Désillusion. Mais toutes les traces aboutissaient là, dans cette ville consacrée à la production. Certains matins, surtout les matins ensoleillés, l’histoire s’évanouissait. La longue route qui menait jusqu’à aujourd’hui disparaissait, se perdait dans le voyage encore à venir.
La ville avait d’abord subsisté grâce à la terre revue et corrigée. Les prairies aux herbes folles avaient cédé la place au grain, à une seule variété d’herbe comestible, qui, cultivée sur une grande échelle, faisait que même l’herbe pouvait rapporter. Plus tard, Lacewood s’était élevée grâce au génie humain : une série de transformations alchimiques lui avait apporté la prospérité. On l’avait nourrie d’argile schisteuse, engraissée à la cendre d’os et au guano. Les découvertes se succédaient aussi sûrement que mai suit avril.
Il avait dû exister une époque où, quand on parlait de Lacewood, on ne parlait pas forcément de Clare Incorporated. Mais personne ne s’en souvenait. Aucun de ceux qui étaient encore en vie n’était assez vieux pour cela. Impossible de prononcer un des deux noms sans aussitôt évoquer l’autre. C’est par le large canal de cette compagnie que s’écoulait toute la grâce jamais répandue sur Lacewood. Les grandes boîtes noires en bordure de la ville retiraient des pépites de la boue. Et Lacewood était devenue l’emblème des richesses qu’elle fabriquait.

Déjà lu du même auteur : 

le_temps_ou_nous_chantions_p Le Temps où nous chantions

 50__tats
35/50 : Illinois

Challenge 4% Littéraire 2012

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24/28

 

 

14 novembre 2012

L'Amour sans le faire - Serge Joncourt

Lu en partenariat dans le cadre des 
Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister

15

l_Amour_sans_le_faire Flammarion – août 2012 – 319 pages

Quatrième de couverture :
Après dix ans de silence, Franck téléphone un soir à ses parents. Curieusement, c'est un petit garçon qui décroche. Plus curieusement encore, il s'appelle Alexandre, comme son frère disparu des années auparavant. Franck décide alors de revenir dans la ferme familiale. Louise, elle, a prévu d'y passer quelques jours avec son fils. Franck et Louise, sans se confier, semblent se comprendre. "On ne refait pas sa vie, c'est juste l'ancienne sur laquelle on insiste", pense Franck en arrivant. Mais dans le silence de cet été ensoleillé et chaud, autour d'un enfant de cinq ans, "insister" finit par ressembler à la vie réinventée. L'Amour sans le faire, c'est une histoire de la tendresse en même temps qu'un hymne à la nature, une nature sauvage, imprévisible, qui invite à change, et pourquoi pas à renaître.

Auteur : Serge Joncour est l'auteur de huit livres, parmi lesquels UV (Prix France Télévision 2003), L'Idole (2005), Combien de fois je t'aime (2008) et L'Homme qui ne savait pas dire non (2009). Ses romans sont traduits en quinze langues.

Mon avis : (lu en novembre 2012)
C'est un très beau roman plein de sensibilité.
Jeune, Franck a fuit la ferme parentale pour la ville, pour devenir cadreur et voyager grâce à sa caméra. Il laissait les terres et l'exploitation, à son jeune frère Alexandre. Lorsque cette histoire commence, Franck n'a pas donné de nouvelles depuis dix ans. La dernière fois qu'il est retourné dans le Lot c'était pour l'enterrement de son frère mort accidentellement. Un soir, il décide d'appeler ses parents, c'est un enfant qui répond au téléphone, il s'appelle Alexandre. Surpris, Franck décide de retourner chez ses parents.
Louise était la compagne d'Alexandre, après la mort de celui-ci, elle est partie en ville pour refaire sa vie. A la suite d'une rencontre sans lendemain, elle tombe enceinte et décide de confier son enfant à Michel et Marthe les parents de Frank et Alexandre.
Franck et Louise sont des blessés de la vie, ils se sentent l'un et l'autre vulnérables. Ils vont se retrouver dans la ferme, en tête à tête avec l'enfant. Peu à peu, ils vont reprendre confiance en la vie, s'épauler l'un, l'autre, ils se comprennent au-delà des mots, ils se sentent proches.
Une belle histoire émouvante, pleine de poésie et de justesse. Les personnages sont vrais et attachants.

Un grand Merci à Oliver, à Priceminister et aux éditions Flammarion pour ce partenariat.

Note : 17/20

Extrait : (début du livre)
Il voulait les prévenir avant de descendre. Ce jour-là il laissa sonner longtemps, il reposa même le téléphone pour vérifier le numéro, il n'était plus très sûr depuis le temps. En ramenant l'écouteur à son oreille il tomba sur un long silence, comme si quelqu'un venait de décrocher. En fait non, ça sonnait toujours. C'est devenu inhabituel d'entendre sonner sans fin, sans qu'aucune messagerie ne se déclenche. Du regard il faisait le tour de son appartement, ce vertige absolu de devoir le quitter.
Il réessaya une heure plus tard, toujours rien, puis une nouvelle fois en toute fin d’après-midi, là encore pas de réponse. C’était inquiétant, ces sonneries qui se perdaient dans le vague, il se représentait ce décor oublié là-bas, le téléphone au fond du couloir, la maison isolée, vide peut-être, par distraction il revisitait mentalement l’endroit mais finalement ce coup-ci on décrocha, une petite voix de môme à l’autre bout du fil qui lui lança :
– Allô, c’est qui ?
Cette intonation solaire, cette voix de gosse improbable, elle lui fit tout de suite penser à celle de son frère, mais ça ne se pouvait pas, bien sûr que ça ne se pouvait pas, il y avait bien longtemps qu’Alexandre n’était plus un enfant, et surtout il était mort depuis dix ans. Par pur réflexe il hasarda 
- Alexandre ?
-Oui, et toi c'est qui ?   

Challenge 3% Littéraire 2012

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19/21

 

26 octobre 2012

Les États-Unis pour les Nuls - François Durpaire, Thomas Snégaroff

Lu dans le cadre de Masse Critique

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les_etats_unis_pour_les_nuls First – septembre 2012 – 440 pages

Quatrième de couverture :
Si vous pensez que Christophe Colomb a découvert l’Amérique, que McDonald’s est le fast-food préféré des Américains, qu’ils croient tous en Dieu, qu’ils sont obèses et que leur horizon culturel se limite au base-ball et à Hollywood… ce livre est fait pour vous !
Nous vous convions à un voyage sans bagages ni passeport biométrique dans un monde que l’on ne connaît souvent qu’à travers le miroir déformant de la télévision ou du cinéma. Un voyage au cœur d’une civilisation qui a connu de nombreux bouleversements tout au long de son histoire.
Les passionnés de westerns se plongeront dans les chapitres sur l’histoire américaine. Ceux qui envisagent de s’installer aux États-Unis – ils sont de plus en plus nombreux – dévoreront les parties consacrées à la société et au mode de vie américains. Quant aux voyageurs, ils emporteront Les États-Unis pour les Nuls dans leur valise et l’ouvriront avant de visiter les grands sites américains !

Auteur : François Durpaire est docteur en histoire et professeur agrégé d'histoire.
Thomas Snégaroff est agrégé d'histoire. Grands spécialistes des États-Unis, ils ont publié de nombreux livres sur ce sujet.

Mon avis : (lu en octobre 2012)
Voilà un livre très complet pour découvrir les États-Unis et que j'ai beaucoup aimé feuilleter et découvrir.
Comme les livres de cette collection, l'introduction nous présente les différentes parties du livre : la première partie présente l'Histoire des États-Unis depuis avant les Indiens jusqu'au 11 septembre 2001.
La deuxième partie présente la société américaine, sa diversité mais également son unité.
La vie quotidienne des Américains (The American way of life) est le sujet de la troisième partie : la maison, la famille, la voiture, les exclus...
Dans la quatrième partie, il est question de culture et loisirs : le travail, la télévision, l'internet, les loisirs de plein air, les supporters sportifs, le cinéma, le tourisme, les musées, la littérature.
La cinquième partie explore les raisons du succès des États-Unis, il est question de la richesse du territoire mais également des catastrophes naturelles, de la Science, des inventions et des grands inventeurs, de la puissance économique de l'Amérique, les relations des États-Unis avec le reste du monde...
Puis vient le fameux chapitre « La partie des Dix » présent dans chacun des livres de la collection « pour les nuls » où est listé les 10 films qui ont fait l'Amérique, les dix romans américains à avoir lu, les dix figures emblématiques masculines et féminines, les dix lieux emblématiques des États-Unis.
Puis on trouve en annexes une carte des États-Unis avec les États, les capitales, les villes principales et fleuves, les textes fondamentaux de la déclaration d'Indépendance, la Constitution, les amendements et la liste de tous les présidents américains. Et cela se termine par une liste de livres classés par thème pour prolonger la découverte des États-Unis.
J'ai de grosse réserve sur cette carte en noir et blanc qui est plutôt illisible en particulier dans sa partie Nord Est... Elle tient dans un rectangle d'à peine 9 cm x 15 cm !

Je n'ai bien sûr pas lu ce livre comme je lis un roman, j'ai lu de longs passages piochés à partir de la table des matières très détaillée. C'est un vrai mine d'information pour ce pays qui me fascine de plus en plus à travers mes lectures ou les films que je regarde... Un jour peut-être, je le ferai ce voyage vers le Nouveau-Monde...  

Un grand merci aux éditions First et à Babelio pour m'avoir permis de découvrir ce beau livre.

Extrait : L'introduction
Si vous pensiez que Christophe Colomb a découvert l'Amérique, que McDonald's est le fast-food préféré des Américains, que tous les Américains croient en Dieu, qu'ils sont tous obèses et que leur horizon culturel se limite au base-ball et à Hollywood, ce livre est fait pour vous !
Objet de fascination ou de rejet, les États-Unis sont indéniablement le pays le moins connu parmi ceux qui nous semblent les plus familiers : premier paradoxe. Nous vous convions à un voyage sans bagages et sans passeport biométrique, au cœur d'un monde que l'on ne connaît souvent qu'à travers le miroir déformant de la télévision ou du cinéma. Un voyage au cœur d'une civilisation qui a connu de si nombreux bouleversements au long d'une histoire pourtant si courte. Second paradoxe...
Il y a cent ans, l'Amérique était isolationniste. Aujourd'hui, l'Amérique intervient partout dans le monde, éteignant les incendies et en allumant d'autres...
Il y a cent ans, l'Amérique était une nation industrielle et refermée sur elle-même. La crise a frappé durement la première puissance commerciale du monde, révélé la financiarisation de son économie et sa désindustrialisation.
Il y a cent ans, les Américains étaient majoritairement descendants de protestants anglo-saxons. Aujourd'hui, la première Église est l'Église catholique et, dans de nombreux territoires, l'espagnol est la langue la plus parlée.
Il y a cent ans, l'Amérique était raciste. Elle s'est donné en 2008 un président noir, après avoir élu tant de maires noirs...
Ce sont toutes ces mutations, et bien d'autres, que ce livre explique. Mais il vous apprendra aussi les permanences, une Constitution qui n'a jamais changé, des valeurs et un rêve américain tant de fois réinventé.
L'ambition des auteurs est de combattre les idées reçues et de vous donner des clés de compréhension, au-delà de la primaire détestation ou de l'admiration béate.

 50__tats
35/50 : Hawaï
le plus récent des 50 États des États-Unis 

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