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Editions Métailié -février 2007 - 336 pages

Points - janvier 2008 - 400 pages

traduit de l'islandais par Eric Boury

Résumé : Le père Noël a été assassiné juste avant le goûter d'enfants organisé par le directeur de l'hôtel de luxe pris d'assaut par les touristes, alors s'il vous plaît, commissaire, pas de vagues. C'est mal connaître Erlendur. Le père Noël était portier et on tolérait qu'il occupe une petite chambre dans les sous-sols depuis 20 ans, mais la veille on lui avait signifié son renvoi. Et puis, sur son bel habit rouge pendait un préservatif usagé. Il n'avait pas toujours été un vieil homme, il avait été Gulli, un jeune chanteur prodige, une voix exceptionnelle, un ange. Les interminables fêtes de fin d'année du pays du père Noël (11 jours) dépriment le commissaire qui s'installe dans une chambre de l'hôtel et mène son enquête à sa manière rude et chaotique. Sa fille essaye de ne pas replonger dans la drogue, elle vient le voir souvent, elle a eu de mauvaises fréquentations qu'elle présente à son père, ce qui permet à ce dernier d'avancer dans sa connaissance de la prostitution de luxe, et puis il y a cette jolie technicienne des prélèvements d'ADN, tellement séduisante qu'Erlendur lui raconte ses secrets. Le 45 tours enregistré par le jeune garçon, cette voix venue d'un autre monde ouvre la porte à des émotions et des souvenirs, à des spéculations de collectionneurs et à la découverte des relations difficiles et cruelles entre les pères et les fils.

L'auteur :
Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961, où il vit. Diplômé en histoire, il a été journaliste et critique de cinéma. II est l'auteur de romans noirs, dont La Cité des Jarres (prix Clé de Verre 2002, prix Mystère de la Critique 2006), La Voix (Grand Prix de littérature policière et Trophée 813, en 2007), La Femme en vert (prix Clé de Verre 2003, Gold Dagger 2005 (GB) et Grand Prix des lectrices de Elle policier 2007) et L'homme du Lac 2007.
 

Mon avis : (lu en août 2008)

C'est le deuxième livre que j'ai lu d'Arnaldur Indridason et tout comme le premier, j'ai été impressionné par l'originalité de l'enquête décrite. L'histoire est lourde de mystère, de tristesse. C'est un huis-clos dans l'hôtel. Les personnages sont tout aussi important que l'enquête. Quelques jours avant Noël, dans un palace de Reykjaviik, le portier Gaudlaugur (endossant occasionnellement le costume du Père Noël pour la fête des enfants) est retrouvé assassiné dans un cagibi qui lui servait de domicile depuis plus de vingt ans dans la cave de l'hôtel. Le commissaire Erlendur est chargé de l'enquête. Il a des soucis familiaux : sa fille junkie, qui vient de perdre son enfant et qui est prête à rechuter. En cette période de Noël, des souvenirs d'enfance lui reviennent aussi. Comme d'habitude avec Arnaldur Indridason, un retour vers le passé va être nécessaire pour résoudre l'enquête avec de multiples rebondissements. Nous allons nous trouver face au sort difficile des enfants vedettes (ici les jeunes chanteurs aux voix si pures) et à l'univers des collectionneurs.

Extrait : (page 129)
"- Il n'
existe rien de plus terrible que d'opprimer un enfant par une discipline inflexible afin de le forcer à satisfaire des exigences hors d'atteinte. Je ne parle pas ici de la discipline de fer qu'il convient d'appliquer aux enfants insupportables qui ont besoin d'être guidés et tenus, c'est tout autre chose. Il est évidemment nécessaire de discipliner les enfants. Ce dont je vous parle, c'est d'une situation où l'enfant n'a pas le droit d'être un enfant. Où on lui interdit la joie d'être celui qu'il est vraiment ou qu'il voudrait être, mais où on le fait ployer, voire on le brise afin d'en faire autre chose. Gudlaugur était doté de cette magnifique voix de petit garçon, une voix de soprano enfant, et son père avait décidé qu'il accomplirait de grandes choses dans sa vie. Je ne suis pas en train de dire du mal de façon consciente et calculée, mais il l'a spolié de sa propre vie. Il lui a volé son enfance
."