A propos de livres...

02 décembre 2016

Film : La fille de Brest - Emmanuelle Bercot

 

En salle depuis le 23 novembre 2016

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Réalisé par : Emmanuelle Bercot

Scénario : Séverine Bosschem et Emmanuelle Bercot adapté du livre "Mediator 150 mg. Combien de morts ?d'Irène Frachon

Acteurs : Sidse Babett Knudsen, Benoît Magimel, Charlotte Laemmel, Lara Neumann, Isabelle de Hertogh, Philippe Uchan, Patrick Ligardes, Gustave Kervern, Olivier Pasquier

Durée : 2h08

Synopsis : Irène Frachon travaille comme pneumologue dans un hôpital de Brest. Elle découvre que le Mediator, un médicament vendu depuis trente ans, aurait de graves effets secondaires et serait responsable d'un certain nombre de morts suspectes. Elle décide de révéler l'affaire aux médias mais ne se doute pas des embûches qu'elle va rencontrer. Epaulée notamment par Antoine Le Bihan, un chercheur, elle se lance dans une lutte sans merci avec le laboratoire qui commercialise le médicament. Le combat est difficile d'autant que sa hiérarchie ne veut pas froisser une entreprise qui finance la recherche...
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

Mon avis : (vu en décembre 2016)
Ce film raconte le combat d'Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest, elle découvre que le Mediator est la cause de morts suspectes. De 2006 à 2011, elle tente de ce faire entendre d'abord auprès de l'agence du médicament, de ses confrères médecins mais la puissance du laboratoire pharmaceutique mis en cause est telle qu'il va tout tenter pour la discréditer elle et son équipe brestoise.
Pas facile de résumer en 2 heures un combat de 5 années. La réalisatrice Emmanuelle Bercot a choisi de prendre le point de vue d'Irène Frachon, une femme déterminée à faire éclater la vérité pour la santé de ses malades. Le film est interdit au moins de 12 ans car il comporte deux scènes "choquantes" mais nécessaire pour comprendre la réalité de ce poison : une opération du cœur ouvert et surtout une autopsie. Je n'ai jamais aimé regarder ce genre d'images, donc je n'ai pas pu m'empêcher de fermer les yeux, mais ce film raconte bien plus que cela.  C'est un « thriller médical » avec au centre Irène Frachon et sa personnalité étonnante, elle est à la fois, sérieuse, déterminée, très humaine mais également fantasque, sa famille est unique et spéciale !
Le choix de l'actrice principale est surprenant, mais très réussi ! Il s'agit de l'actrice danoise Sidse Babett Knudsen. Je l'avais découverte dans le film L'Hermine face à Fabrice Luchini où elle avait obtenu le César de la meilleure actrice dans un second rôle. Depuis, j'ai eu l'occasion de regarder la série Borgen et de la découvrir dans son rôle très convaincant d'une Premier ministre danoise. 
Dix ans après le début de l'affaire, le combat d'Irène Frachon est loin d’être terminé, six ans après la révélation du scandale, plus de 2000 personnes sont morts ou gravement atteints, le procès de Servier n'a toujours pas eu lieu et les malades ont beaucoup de difficultés à faire valoir leur droit à une indemnisation juste ! 
J'ai beaucoup aimé ce film et il faut aller le voir et surtout ne pas oublier ce scandale médical et ses victimes !

  
La Fille de Brest Bande-annonce VF

Présentation du film par Télérama
 

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30 novembre 2016

La Forêt des Renards Pendus - Arto Paasilinna et Nicolas Dumontheuil

81O79OXIy8L Futuropolis - août 2016 - 144 pages

Présentation éditeur :
Rafael Juntunen a peur. S’il avait pu s’échapper avec le butin d’un braquage qui avait mal tourné, son complice de l’époque avait été arrêté. 
Le temps a passé, ce dernier va sortir de prison et réclamer sa part. Seulement, Rafael ne veut plus partager. Il prend la fuite et se cache au fin fond de la Laponie, dans la forêt des renards pendus. Le gangster de trente ans, célibataire, ne voudra partager son butin avec personne mais il ne pourra pas rester tranquille bien longtemps, rejoint très vite par un ex-major de l’armée alcoolique mis sur la touche, et une Lapone nonagénaire en fuite. Les trois personnages vont résister à tout, aussi bien aux anciens complices de Rafael décidés à récupérer leur part du magot, qu’aux représentants de la « civilisation ». Mais on ne transgresse pas impunément les lois qui règlent la vie en société... 

Auteurs : Arto Paasilinna est né en Laponie finlandaise en 1942. Successivement bûcheron, ouvrier agricole, journaliste et poète, il est l’auteur d’une trentaine de romans, pour la plupart traduits en français qui ont toujours rencontré un vif succès critique et public.
Nicolas Dumontheuil 
né en 1967 est un auteur de bande dessinée français. En 1997, il a obtenu l'Alph-art du meilleur album au 24e Festival d'Angoulême pour son album Qui a tué l'idiot ?, pour lequel il est également titulaire du Prix René Goscinny 1996.

Mon avis : (lu en novembre 2016)
Voilà une belle adaptation graphique du roman d'Arto Paasilinna "La Forêt des renards pendus". J'ai déjà du lire ce roman avant d'avoir ce blog, car je n'ai pas écrit de billet sur ce livre d'Arto Paasilinna.
C'est l'histoire de Rafael Juntunen qui part se cacher dans le nord de la Finlance avec des lingots d'or volés. En effet, son complice vient de sortir de prison et il veut garder tout le butin. Il se réfugit donc dans une cabane au fin fond de la forêt finlandaise. Il pense y être tranquille pour un bon moment... Mais voilà que le Major Remes, un peu dépressif, a eu une idée semblable de partir au fin fond de la forêt finlandaise, pour prendre une année sabbatique, s'éloigner de sa femme et accessoirement arrêter de boire de l'alcool... Au fur et à mesure de l'histoire, ils verrons apparaître un policier curieux, deux jolies prostituées et Naska, 90 ans, et son chat fuyant la maison de retraite... Sans oublier le premier compagnon de Rafael, un jeune renard qu'il a nommé Cinq cent balles...
Voilà un résumé de l'univers d'Arto Paasilinna, des personnages farfelus, des aventures riches en péripéties, des situations cocasses et beaucoup d'humour ! 
C'est particulier, et je suis fan !

 

Extrait :

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19/18

Déjà lu du même auteur :

le_lievre_de_Vatanen  Le lièvre de Vatanen  prisonnier_paradis Prisonniers du paradis

la_cavale_du_g_om_tre La cavale du géomètre  un_homme_heureux Un homme heureux  

la_douce_empoisonneuse_2 La douce empoisonneuse Petits_suicides_entre_amis_2 Petits suicides entre amis 

le_meunier_hurlant Le meunier hurlant le_bestial_serviteur Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen

le_cantique_de_l_apocalypse Le Cantique de l'apocalypse joyeuse   sang_chaud__nerfs_d_acier Sang chaud, nerfs d'acier

les_dix_femmes_de_l_ing_nieur Les dix femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi 

le_potagerdes_malfaiteurs_p Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison 

104313869 Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés

 

 

 

 

 

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28 novembre 2016

A voir à la Télé : ce soir...

Le mec de la tombe d'à côté

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Lundi 28 novembre 2016 à 20h55 sur TF1

Une adaptation du roman Le mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti par David Foenkinos

Réalisé par Agnès Obadia

Synopsis : Bibliothécaire à Honfleur, dans le Calvados, Louise se rend quotidiennement - et depuis un an - sur la tombe de son mari, lors de sa pause déjeuner. Un jour, au cimetière, elle rencontre Benoît, un éleveur bourru et taiseux, qui vient de perdre sa mère. Louise se montre très agacée par sa présence et lui demande de venir se recueillir à un autre moment. Alors que tout semble les opposer, ils se rapprochent peu à peu. Louise se confie à sa collègue Sophie.

Acteurs : Marine Delterme (Louise), Pascal Elbé (Benoît), Virginie Hocq (Sophie), Isabelle Vitari (Véronique), Patrick Descamps (Gérard), Nicolas Briançon (Frédéric Leroy), Marius Colucci (Pierre), Fabian Wolfrom (Kevin), Tatiana Gousseff (Madame Paimpec), Elisabeth Commelin (Tante Benoît), Jacques Bouanich (Père Véronique), Stéphane Pezerat (Banquier), Alain Bouzigues (Editeur Frédéric Leroy)

Mon avis : Je suis curieuse de découvrir cette adaptation à la télévision de ce roman que j'avais beaucoup aimé lorsque je l'ai découvert, il y a déjà 10 ans...
Présentée comme une comédie romantique dans les médias, je reviendrai dans quelques jours dire ce que j'en aurai pensé...

 

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C'est lundi, que lisez-vous ? [282]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ?  

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L'anniversaire de Kim Jong-Il - Aurélien Ducoudray et Mélanie Allag
Laëtitia ou la fin des hommes - Ivan Jablonka

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Le tableau - Laurence Venturi (Albin Michel)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Irmina - Barbara Yelin 
Au bout du chemin - Patricia Hespel
Le premier miracle - Gilles Legardinier (livre audio Audiolib)
 

Bonnes lectures et bonne semaine.

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26 novembre 2016

Laëtitia ou la fin des hommes - Ivan Jablonka

31edgo7Ff5L Seuil - août 2016 - 383 pages

Prix Médicis 2016

Quatrième de couverture :
Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, Laëtitia Perrais a été enlevée à 50 mètres de chez elle, avant d'être poignardée et étranglée. Il a fallu des semaines pour retrouver son corps. Elle avait 18 ans. Ce fait divers s'est transformé en affaire d'Etat : Nicolas Sarkozy, alors président de la République, a reproché aux juges de ne pas avoir assuré le suivi du "présumé coupable", précipitant 8 000 magistrats dans la rue, en février 2011. Mais Laëtitia Perrais n'est pas un fait divers. Comment peut-on réduire la vie de quelqu'un à sa mort, au crime qui l'a emporté ? Pendant deux ans, Ivan Jablonka a rencontré les proches de la jeune fille, sa soeur jumelle, ses parents, ses amis, les responsables des services sociaux, ainsi que l'ensemble des acteurs de l'enquête, gendarmes, juges d'instruction, procureurs, avocats et journalistes, avant d'assister au procès du meurtrier, en octobre 2015. De cette manière, Ivan Jablonka a pu reconstituer l'histoire de Laëtitia. Il a étudié le fait divers comme un objet d'histoire, et la vie de Laëtitia comme un fait social. Car, dès sa plus jeune enfance, Laëtitia a été maltraitée, accoutumée à vivre dans la peur, et ce parcours de violences éclaire à la fois sa fin tragique et notre société tout entière : un monde où les femmes se font harceler, frapper, violer, tuer. Ivan Jablonka poursuit son projet d'exploration des frontières entre littérature, histoire et sciences sociales. Ce livre est une expérience d'écriture autant qu'une enquête, destinée à rendre à Laëtitia sa singularité et sa dignité.

Auteur : Ivan Jablonka est historien et écrivain. Il a publié Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus (2012) et L'histoire est une littérature contemporaine (2014).

Mon avis : (lu en novembre 2016)
Il n'est pas facile de faire un billet sur ce livre... Ce n'est pas vraiment un roman mais plutôt un essai ou une enquête sur un fait divers qui a bouleversé la France en 2011 : L'affaire Laëtitia. L'auteur a enquêté pendant deux ans, il a rencontré les proches de Laëtitia : Jessica, sa sœur jumelle, ses parents, ses amis, les services sociaux mais aussi les proches de l'enquête journalistes, gendarmes, juges, avocats... Ivan Jablonka alterne les chapitres qui racontent la vie de Laëtitia et ceux qui traitent de l'enquête, cela permet au lecteur de reprendre son souffle. En effet, car ce livre se lit littérairement facilement, mais beaucoup plus difficilement émotionnellement... La quatrième de couverture résume parfaitement le livre, je n'en rajouterai donc pas.
Ce livre rend un hommage mérité à Laëtitia, sans oublier d'y associer sa sœur Jessica. 

Extrait : (début du livre)
Laëtitia Perrais a été enlevée dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011. C’était une serveuse de dix-huit ans domiciliée à Pornic, en Loire-Atlantique. Elle menait une vie sans histoires dans la famille d’accueil où elle avait été placée avec sa sœur jumelle. Le meurtrier a été arrêté au bout de deux jours, mais il a fallu plusieurs semaines pour retrouver le corps de Laëtitia.
L’affaire a soulevé une énorme émotion dans tout le pays. Critiquant le suivi judiciaire du meurtrier, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a mis en cause les juges auxquels il a promis des « sanctions » en réponse à leurs « fautes ». Ses propos ont déclenché un mouvement de grève inédit dans l’histoire de la magistrature. En août 2011 – affaire dans l’affaire –, le père d’accueil a été mis en examen pour des agressions sexuelles sur la sœur de Laëtitia. À ce jour, on ignore si Laëtitia elle-même a été violée, que ce soit par son père d’accueil ou par son meurtrier.
Ce fait divers est exceptionnel à tous égards – par l’onde de choc qu’il a soulevée, par son écho médiatique et politique, par l’importance des moyens mis en œuvre pour retrouver le corps, par les douze semaines que ces recherches ont duré, par l’intervention du président de la République, par la grève des magistrats. Ce n’est pas une simple affaire : c’est une affaire d’État.
Mais que sait-on de Laëtitia, hormis qu’elle a été la victime d’un fait divers marquant ? Des centaines d’articles et de reportages ont parlé d’elle, mais seulement pour évoquer la nuit de la disparition et les procès. Si son nom apparaît dans Wikipédia, c’est sur la page du meurtrier, à la rubrique « Meurtre de Laëtitia Perrais ». Éclipsée par la célébrité qu’elle a offerte malgré elle à l’homme qui l’a tuée, elle est devenue l’aboutissement d’un parcours criminel, une réussite dans l’ordre du mal.
Pouvoir du meurtrier sur « sa » victime : non seulement il lui retire la vie, mais il commande le cours de cette vie, qui désormais s’oriente vers la rencontre funeste, l’engrenage sans retour, le geste létal, l’outrage fait au corps. La mort tire la vie à elle.
Je ne connais pas de récit de crime qui ne valorise le meurtrier aux dépens de la victime. Le meurtrier est là pour raconter, exprimer des regrets ou se vanter. De son procès, il est le point focal, sinon le héros. Je voudrais, au contraire, délivrer les femmes et les hommes de leur mort, les arracher au crime qui leur a fait perdre la vie et jusqu’à leur humanité. Non pas les honorer en tant que « victimes », car c’est encore les renvoyer à leur fin ; simplement les rétablir dans leur existence. Témoigner pour eux.
Mon livre n’aura qu’une héroïne : Laëtitia. L’intérêt que nous lui portons, comme un retour en grâce, la rend à elle-même, à sa dignité et à sa liberté.

 

challenge12016br
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