A propos de livres...

24 juin 2016

Agathe Raisin enquête : La quiche fatale - M.C. Beaton

Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226317322-j Albin Michel - juin 2016 - 324 pages

traduit de l’anglais par Esther Ménévis

Titre original : The quiche of death, 1992

Quatrième de couverture :
Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour gouter aux délices d'une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s'ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l'arbitre de la compétition s'effondre et Agatha doit révéler l'amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l'assassin.
Agatha Raisin, c'est une Miss Marple d'aujourd'hui. Une quinqua qui n'a pas froid aux yeux, fume comme un pompier et boit sec. Sans scrupule, pugnace, à la fois exaspérante et attendrissante, elle vous fera mourir de rire !

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, Marion Chesney alias M.C. Beaton a été libraire et journaliste avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne avec ses deux séries de romans policiers : Hamish MacBeth et surtout Agatha Raisin (plus de 15 millions d’exemplaires vendus dans le monde). 

Mon avis : (lu en juin 2016)
Ce livre est le premier d'une longue série, il a été publié pour la première fois en 1992 en Grande-Bretagne et est seulement traduit en France en 2016... 
Agatha Raisin , professionnel en relations publiques, décide d'abandonner sa vie à Londres et de prendre une retraite bien méritée à la campagne, dans le village apparemment tranquille de Carsley. Mais après sa participation à un concours de Quiches, elle est accusée d'avoir assassiné un homme... Pour être disculpée, elle est obligée d'avouer qu'elle a triché car la quiche a été achetée à Londres. Et pour effacer sa honte, Agatha décide de mener l'enquête...
C'est un roman policier léger et plein d'humour dans une atmosphère
 "so british", les paysages champêtres et paisibles, les petits villages avec maisons et jardins fleuris et leurs habitants tout aussi typiques comme dans la série Inspecteur Barnaby... 
J'ai passé un excellent moment de lecture et j'ai également reçu le deuxième tome Remède de cheval que je lirai prochainement avec plaisir.

Merci Aurore et les éditions Albin Michel pour cette charmante découverte.

Extrait : 

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20 juin 2016

C'est lundi, que lisez-vous ? [264]

93122062

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

 

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

le dompteur des lions L_epine_du_passe_hd 111148641 

Le jour où Anita envoya tout balader - Katarina Bivald
L'épine du passé - Candice Renoir
Le dompteur de lions - Camilla Läckberg

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Agathe Raisin enquête : La quiche finale - M.C. Beaton (partenariat Albin Michel)

Que lirai-je la semaine prochaine ?

Agathe Raisin enquête : Remède de cheval - M.C. Beaton (partenariat Albin Michel)
La fête est finie - Olivier Maulin (partenariat Denoël)
Dans les prairies étoilées - Marie-Sabine Roger

Bonne semaine et bonnes lectures !

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18 juin 2016

Le jour où Anita envoya tout balader - Katarina Bivald

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

B26674 Denoël - mai 2016 - 464 pages

traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy

Titre original : Livet, motorcyklar och andra omöjliga projekt, 2015

Quatrième de couverture : 
L'été de ses dix-huit ans, Anita Grankvist s'était fixé trois objectifs : apprendre à conduire une moto, acheter une maison et devenir complètement indépendante. Presque vingt ans plus tard, Anita n'a toujours pas réalisé ses rêves. Elle mène une petite vie tranquille, seule avec sa fille Emma, et travaille au supermarché local. Le départ d'Emma pour l'université va bouleverser ce quotidien un peu fade. Anita va devoir gérer quelque chose qui lui a cruellement manqué ces deux dernières décennies : du temps libre. Qu'à cela ne tienne, Anita commence à prendre des leçons de moto, se lance dans un projet impossible, apprend à connaître sa mère légèrement sénile, et tombe follement amoureuse. Finalement, n'est-ce pas merveilleux de réaliser ses rêves d'adolescence à l'approche de la quarantaine ?

Auteur : Katarina Bivald a grandi en travaillant à mi-temps dans une librairie. Aujourd'hui, elle vit près de Stockholm, en Suède, avec sa soeur et autant d'étagères à livres que possible. La Bibliothèque des coeurs cabossés, son premier roman, a été un best-seller international.

Mon avis : (lu en juin 2016)
Anita Grankvist, 38 ans, a une vie sans grand relief à Skogahammar, une petite ville de province. Elle est mère célibataire d'Emma et elle travaille chez Extra-Market. A 19 ans, Emma vient de quitter Skogahammar pour aller à l'Université de Karlskrona. Seule à la maison, Anita ne sait que faire pour occuper tout son temps libre... Elle se souvient alors de ses rêves d'adolescente : être propriétaire de sa maison, savoir faire de la moto, se débrouiller seule
A 38 ans seul le dernier des rêves de ses 18 ans a été réalisé, pour sortir de la morosité qui la gagne, Anita se décide à avoir de nouveaux rêves, ses deux amies d'Extra-Market Pia et Nessim vont l'aider à faire sa liste... Pour réaliser son premier rêve, Anita va prendre des leçons de moto... On va lui proposer de participer à l'équipe du projet d'organisation de la Journée de la Ville. Sa vie va changer au-delà de ses rêves...
Anita est attachante et pleine de fantaisies, ses amies et amis sont attentifs aux autres et cette petite ville, où il se passe rien, est synonyme de solidarité, d'amitié et d'humour également.
Voilà un livre à classer dans ceux facile à lire et qui font du bien. 

Merci Laila et les éditions Denoël pour cette lecture pleine d'optimisme.

Extrait : (début du livre)
Mon chemin vers la folie commence ici. Je suis assise par terre dans l’entrée et je parle avec ma porte.
Il y a quelques secondes, elle s’est refermée dans un claquement. Dix-neuf ans envolés dans un bruit sourd. Puis le pling impitoyable de l’ascenseur lorsqu’il arrive à notre étage et le raclement de la valise à roulettes sur le sol.
— Merde, je dis en entendant l’ascenseur redescendre.
Ma porte n’a aucune réaction. Sans réfléchir, je me lève et je me précipite sur le balcon.
— Attends! je crie en me penchant au-dessus de la balustrade. Ne me laisse pas ! J’ai dit quelque chose de mal ? Je peux changer, je te le jure ! Donne-moi une dernière chance !
Mon hurlement fait sursauter un couple de passants qui lève la tête vers moi. Une partie de moi se dit que mon comportement n’est pas très convenable. Mais je m’en fous. La personne à la valise s’est arrêtée elle aussi. Elle se retourne.
— Haha, maman, dit Emma, ma fille, le soleil de ma vie, le centre de mon existence, qui en ce moment est en train de me quitter.
Elle aussi lève la tête vers moi et le balcon comme si elle nous voyait pour la dernière fois. Je pourrais jurer qu’il y a une pointe de nostalgie dans son regard.
Elle me ressemble mais dans une version plus déterminée. Elle a mes cheveux bouclés et indisciplinés, mais, à elle, ça lui donne une allure d’aventurière et de femme libre. Ils sont le prolongement de l’énergie rayonnante qui émane d’elle, constamment en route pour des directions variées.
— Mais maman, je ne suis même pas arrivée à l’arrêt de bus, répond-elle en haussant les épaules.
— Je me disais que tu avais peut-être changé d’avis et que tu voulais que j’aille à Karlskrona avec toi ? je suggère. — Pour que tu puisses m’accompagner à la fac le premier jour et t’assurer que j’ai bien pris tous mes livres ?
— Pourquoi pas ?
— On est dimanche. Demain tu travailles.
Je me penche encore au-dessus de la balustrade. Le soleil est sur le point d’apparaître derrière l’immeuble d’en face, de l’autre côté de la rue. Si ça n’avait pas été le jour du déménagement d’Emma, ce dimanche aurait été sublime. Mais peut-être n’est-ce pas trop tard.
— J’ai besoin de vacances. Il me reste quelques jours de congé à prendre.
— Bien sûr. Tu veux partir comme ça sans prévenir et laisser le pauvre Roger seul avec ses mises en place de pâtes. Roger c’est mon chef. Il a un avis très tranché sur l’importance de la mise en place des produits dans les rayons. Je ne peux pas dire que le commentaire d’Emma rende mon existence plus légère.
— J’ai entendu dire que Karlskrona est magnifique en août, je déclare.
— Tu y es déjà allée. Tu sais très bien qu’il n’y a rien à voir dans cette ville, à part les rues pavées de galets.

 Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Suède

Déjà lu du même auteur :

102696527 (1) La Bibliothèque des cœurs cabossés

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17 juin 2016

L'épine du passé - Candice Renoir

L_epine_du_passe_hd Michel Lafon - mai 2016 - 267 pages

Quatrième de couverture :
La vie d'expat à Singapour est loin de bien se passer pour Candice : trois ans après une arrivée en fanfare, l'ancienne policière du 36, quai des Orfèvres se sent prisonnière d'une cage dorée. À la tête d'une nombreuse marmaille et délaissée par un mari qui passe sa vie à travailler, elle s'ennuie ferme et se retrouve au bord de la dépression. Jusqu'au jour où elle se met à recevoir anonymement des fleurs et plantes magnifiques. Très vite, Candice réalise que les mystérieuses livraisons font référence à son propre passé et sont porteuses de messages de plus en plus inquiétants. Flic un jour, flic toujours... La jolie blonde a beau passer pour folle auprès de ses proches, elle se fie à son instinct et décide de mener l'enquête. L'heure n'est plus à la vie de desperate housewife, Candice a intérêt à retrouver ses réflexes de la PJ si elle ne veut pas voir sa photo à la rubrique faits divers des journaux... Épaulée par le séduisant Domenico, la charmante et gaffeuse super-maman va semer la zizanie dans l'ordre singapourien pour découvrir qui se cache derrière ces cadeaux fleurant bon le terrible parfum de la vengeance.

Auteur : Candice Renoir, commandant de choc pour France 2, lève le voile sur les raisons de son retour en France et sa réintégration dans la police.

Mon avis : (lu en juin 2016)
J'aime beaucoup la série télévisée Candice Renoir que je suis depuis quatre ans. Lors d'un Masse Critique de Babelio, j'ai découvert l'existence de ce livre et j'avais hâte de suivre une enquête inédite de mon héroïne favorite...
Le contexte est différent de celui de la série télévisée car elle se déroule avant le début de la série, à Singapour, alors qu'elle était simple mère de famille suivant son mari expatrié... 
Sa vie d'expatriée lui pèse, elle s'ennuie, ses enfants sont à l'école, son mari est très pris par son travail et son inactivité la fait déprimer... Et voilà que Candice reçoit des bouquets de fleurs anonymes... L'ancienne commandante de police, ne peut pas s'empêcher de mener son enquête avec l'aide de ces amis expats Sophie, Bertrand et Dominico... 
Voilà une lecture distrayante et prenante, l'intrigue est bien construite, le lecteur se prend au jeu et j'ai retrouvé l'esprit de la Candice de la série, fantaisiste, pleine d'humour, mère de famille débordée mais enquêtrice pleine de ressources...
Une petite remarque : dans la série les jumeaux sont prénommés Martin et Léo, dans le livre Léo est devenu Théo...
Si vous ne connaissez pas la série, vous découvrirez Candice avec cette enquête qui nous fait découvrir la ville de Singapour et les dessous de la vie de femme d'expatrié. Et vous aurez peut-être envie de découvrir cette série policière assez atypique.
Si vous connaissez et aimez la série, c'est l'occasion d'en savoir plus sur la vie de Candice avant son arrivée au commissariat de Sète...

Extrait : (début du livre)
En silence, je déballe le contenu du colis posé sur mon lit avec l’attention qu’il mérite. Je ne trouve pas de mots assez justes pour décrire la splendeur qui se déploie sous mes yeux. De ma vie, je n’ai jamais porté une telle merveille. Élégante, sexy, cette longue robe fourreau, ornée de perles scintillantes et d’une traîne aérienne, est travaillée dans les moindres finitions. Subtilement provocatrice, elle s’autorise un décolleté aussi osé sur la poitrine que dans le dos, dévoilant une chute de reins qui n’a rien à envier à Mireille Darc dans Le grand blond avec une chaussure noire. Sans me soucier de savoir de quel grand couturier elle est signée, je la mets contre moi pour l’admirer dans le miroir de notre chambre conjugale. En toute modestie, j’ai l’impression que la robe a été dessinée et cousue pour moi. J’attrape mon sac doré que je glisse négligemment sur mon épaule afin de donner une touche de fantaisie à ma tenue. Le menton relevé, l’air un peu arrogant, j’ai la sensation fort agréable d’être une femme fatale, une véritable James Bond Girl. Un court instant seulement…
– Oh my God, on dirait un sapin de Noël !
Emma – qu’à cet instant précis, je regrette amèrement d’avoir mise au monde il y a quatorze ans – vient de me rejoindre dans la chambre, suivie de Laurent, mon mari, amusé par la réflexion de sa fille.
– Ne l’écoute pas ! Tu es sublime, elle te va à ravir, tente-t-il de me rassurer. Par contre, le sac doré avec la robe, je ne suis pas sûr…
– C’est le seul que j’aie, je l’interromps sèchement, un poil vexée. Je te rappelle que nos valises ne sont toujours pas arrivées à Singapour.
– Ne te fâche pas ! Sac ou pas sac, tu seras de toute façon la plus belle ce soir.
Laurent s’approche et me prend dans ses bras.
– Merci chéri ! La robe est sublime.
– Tu remercieras ma patronne. C’est elle qui l’a choisie et l’a fait livrer ici quand je lui ai raconté nos malheurs avec nos bagages. Elle tenait absolument à ce qu’on soit présents pour la grande inauguration du bureau de BigEyes Security à Singapour.
– D’ailleurs, on les aura quand, nos bagages ? nous coupe Emma, qui s’est allongée sur notre lit. Ça me saoule, je m’ennuie ici. J’ai même pas d’ordi pour skyper.
– Les valises sont restées en transit à Hong Kong, mais seront normalement là demain, la rassure tant bien que mal son père.
– Un peu de patience, ma chérie, j’enchéris doucement pour faire contrepoids au ton ronchon de mon ado, en plein dans  la fleur de l’âge.
– C’est facile pour vous ! Vous vous cassez à une soirée de gala pendant que nous, on va se faire chier dans un appart vide.
– S’ennuyer ! je la corrige. Ce n’est pas non plus le bagne, ici. On a un jeu de cartes si tu veux jouer avec tes frères et profitez-en pour faire connaissance avec Dong Mei.

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16 juin 2016

Le dompteur de lions - Camilla Läckberg

le dompteur des lions Actes Sud - mai 2016 - 392 pages

traduit du suédois par Lena Grumbach

Titre original : Lejontämjaren, 2014

Quatrième de couverture :
C'est le mois de janvier et un froid glacial s'est emparé de Fjällbacka. Une fille à demi nue, surgie de la forêt enneigée, est percutée par une voiture. Lorsque Patrik Hedström et ses collègues sont prévenus, la jeune fille a déjà été identifiée. Il s'agit de Victoria, portée disparue depuis quatre mois. Son corps présente des blessures qu'aucun accident ne saurait expliquer : ses orbites sont vides, sa langue est coupée et ses tympans percés. Quelqu'un en a fait une poupée humaine. D'autres cas de disparitions dans les environs font redouter que le bourreau n'en soit pas à sa première victime. De son côté, Erica Falck commence à exhumer une vieille affaire pour son nouveau bouquin. Une femme purge sa peine depuis plus de trente ans pour avoir tué son mari, un ancien dompteur de lions, qui maltraitait leur fille avec sa complicité passive. Mais Erica est persuadée que cette mère de famille porte un secret encore plus sombre. Jonglant entre ses recherches, une maison en perpétuel désordre et des jumeaux qui mettent le concept de l'amour inconditionnel à rude épreuve, elle est loin de se douter que pour certains, l'instinct maternel n'a rien de naturel... Avec ce neuvième volet de la série Fjällbacka, Camilla Läckberg signe un polar crépusculaire et violent. La reine du noir nordique s'y montre plus indomptable que jamais.

Auteur : Née en 1974, Camilla Läckberg est l'auteur d'une série de romans policiers mettant en scène le personnage d'Erica Falck. Ses ouvrages caracolent tous en tête des ventes, en Suède comme à l'étranger. Dans la collection "Actes noirs" ont déjà paru La Princesse des glaces (2008), Le Prédicateur (2009), Le Tailleur de pierre (2009), L'Oiseau de mauvais augure (2010), L'Enfant allemand (2011), La Sirène (2012), Le Gardien de phare (2013) et La Faiseuse d'anges (2014).

Mon avis : (lu en juin 2016)
Comme toujours, j'ai beaucoup de plaisir à retrouver Erica, Patrick, leur petite famille et leurs proches à Fjällbacka. Mon objectivité sur cette série suédoise est donc celle d'une fan...
Erica travaille à l'écriture d'un livre sur une femme, jugée dans les années 60 pour le meurtre de son mari, ancien dompteur dans un cirque. Elle lui rend régulièrement des visites dans sa prison et espère arriver à lui faire raconter ce qui c'est vraiment passé...
En parallèle, Patrik Hedström et ses collègues enquêtent sur plusieurs enlèvements de jeunes filles dans la région de Fjällbacka...
Comme d'habitude, je me suis plongée dans cette lecture et je n'ai pas pu lâcher cet épisode avant sa conclusion. L'intrigue est construite intelligemment, l'atmosphère est très sombre et comme pour une série télévisée, j'adore découvrir le nouveau Läckberg ! 

Extrait : (début du livre)
Le cheval flaira l’odeur de peur avant même que la fille ne surgisse de la forêt. Sa cavalière l’encouragea, serra ses talons contre ses flancs, bien que cela soit inutile. Leur entente était telle qu’il avait déjà compris sa volonté de presser le pas.
Le martèlement sourd, rythmé des sabots troublait le silence. Durant la nuit, une fine couche de neige était tombée, et les pas de l’animal ouvraient de nouveaux sillons, soulevant un léger nuage de poudre blanche autour de ses jambes.
L’adolescente ne courait pas. Sa démarche était vacillante, elle semblait errer au hasard, les bras collés au corps.
La cavalière l’interpella. Un cri strident qui confirma au cheval que la situation n’était pas normale. La fille poursuivit sa progression chancelante sans y prêter attention.
S’approchant d’elle, il accéléra encore. À l’odeur âcre et puissante de terreur se mêla autre chose, un ressenti indéfinissable si effrayant qu’il coucha les oreilles. Il voulut s’arrêter, faire demi-tour et repartir au galop vers la sécurité de son box. Cet endroit n’avait rien de rassurant.
La route les séparait. Elle était déserte, et une brume immobile de flocons caressait le goudron.
La fille se dirigeait vers eux. Elle était pieds nus et les taches rouges sur ses bras et ses jambes nus contrastaient violemment avec la blancheur du paysage. Les sapins enneigés se profilaient derrière elle en toile de fond immaculée. Elle les avait presque rejoints maintenant, de l’autre côté de la route, et il entendit la cavalière l’interpeller à nouveau. Sa voix était familière, mais elle lui parut curieusement étrangère à cet instant.
Soudain la fille s’arrêta, se tint immobile au milieu de la route, la neige virevoltant autour de ses pieds. Ses yeux étaient bizarres. On aurait dit des trous noirs dans son visage blanc.
La voiture surgit de nulle part. Le crissement des freins retentit dans le silence, il perçut le choc sourd d’un corps heurtant le sol. La cavalière tira si fort sur les rênes que le mors lui blessa la bouche et, obéissant, il stoppa net. Ils ne formaient qu’un, elle et lui. C’est ce qu’il avait appris. 
Sur la chaussée, la fille gisait, inerte. Ses yeux étranges tournés vers le ciel.

Erica Falck se gara devant le centre de détention et l’examina en détail pour la première fois. Durant ses précédentes visites, elle avait été tellement obnubilée par la rencontre imminente qu’elle n’avait prêté attention ni au bâtiment ni aux environs. Elle allait cependant avoir besoin de toutes les impressions qui s’en dégageaient quand elle écrirait son livre sur Laila Kowalska, la femme qui avait si brutalement assassiné son mari quelque vingt ans auparavant.
Elle réfléchit à la manière de rendre l’atmosphère qui planait sur cette bâtisse aux allures de bunker, de communiquer à ses lecteurs l’enfermement et l’absence d’espoir. Située à une bonne demi-heure de route de Fjällbacka, dans un coin désert et isolé, l’établissement était entouré de clôtures et de fils de fer barbelés, sans les miradors toutefois ni les gardes armés qu’on voyait toujours dans les films américains. Cette architecture était avant tout fonctionnelle, le but étant d’y garder enfermés des détenus.

Déjà lu du même auteur :

la_princesse_des_glaces La Princesse des glaces  le_pr_dicateur Le Prédicateur

le_tailleur_de_pierre Le Tailleur de pierre l_oiseau_de_mauvais_augure L'Oiseau de mauvais augure

l_enfant_allemand L'Enfant allemand cyanure Cyanure la_sir_ne La Sirène 

9782330018962  Le gardien de phare  la faiseuse d'ange La faiseuse d'anges

 

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