A propos de livres...

28 avril 2016

Zaï Zaï Zaï Zaï - Fabcaro

Capture-d’cran-2015-06-23-11 6 Pieds sous Terre Editions - mai 2015 - 64 pages

Quatrième de couverture :
Un auteur de bande dessinée, alors qu'il fait ses courses, réalise qu'il n'a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l'auteur le menace et parvient à s'enfuir. La police est alertée, s'engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles. Assez vite les médias s'emparent de l'affaire et le pays est en émoi. L'histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d'engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l'auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l'ensemble de la société. Voici le nouveau récit choral de l'imparable Fabcaro, entre road-movie et fait-divers, l'auteur fait surgir autour de son personnage en fuite, toutes les figures marquantes -et concernées- de la société (famille, médias, police, voisinage...) et l'on reste sans voix face à ce déferlement de réactions improbables ou, au contraire, bien trop prévisibles.

Auteur : Fabrice Caro, dit Fabcaro, dessine depuis l'enfance et décide de s'y consacrer pleinement à partir de 1996. Il travaille pour la presse ou l'édition, pour différentes revues de bande dessinée telles : Fluide Glacial, FLBLB, Psikopat, Jade, Tchô !, L'Echo des Savanes, Zoo, Mauvais esprit et CQFD. Il a publié chez des petits éditeurs (comme La Cafetière ou 6 Pieds sous terre) comme chez des gros (Audie, Lombard avec la reprise d'Achille Talon). Fabcaro multiplie les collaborations où il officie en tant que scénariste, avec James, Boris Mirroir (Amour, Passion et CX diesel) ou encore Fabrice Erre (Z comme Don Diego, Mars). Son dernier ouvrage chez 6 Pieds sous terre, Carnet du Pérou fut l'un des livres d'humour marquant de 2013, sélectionné pour les prix d'Angoulême en 2014.

Mon avis : (lu en avril 2016)
C'est l'un de mes fils qui m'a conseillé cette BD. Une histoire un peu loufoque qui dans un premier temps ne m'a pas autant enthousiasmé que lui...
Mais toute la famille l'a lu et en discutant des différents passages, je me suis mise à apprécier.
A la caisse d’un supermarché, Fabrice s'aperçoit qu’il n'a pas la carte de fidélité du magasin. Il l'a oublié dans la poche de son autre pantalon...  Interrogé par le vigile, il panique, le menace avec un poireau et s'enfuit. Il devient alors le fugitif le plus recherché de France, traqué par la police et les médias...
Voilà une traque des plus inattendue... avec des rebondissements improbables... de l'absurde pour nous faire réfléchir sur l'emballement médiatique. Une BD étonnante !

Extrait : (début de la BD)

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26 avril 2016

En pause...

Je devais partir, hier pour quelques jours en Bretagne...

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 pour faire des travaux de peinture...

Finalement, je vais faire des kilomètres de voiture pour aller récupérer le fiston en vacances
dans le sud-ouest qui doit passer un entretien "Post Bac" à Lyon...

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Plus de 1900 km en 3 jours...
de quoi avancer mes livres audios... s'ils ne sont pas soporifiques...

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25 avril 2016

C'est lundi, que lisez-vous ? [258]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Qu'est-ce que j'ai lu la semaine dernière ? 

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Le lagon noir - Arnaldur Indridason 
No et moi - Delphine de Vigan

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

L'assassin qui rêvait d'une place au paradis - Jonas Jonasson (Prix Audiolib 2016)
Un bon garçon - Paul McVeigh (partenariat Philippe Rey)
Hors cadre - Stefan Ahnhem (partenariat Albin- Michel)

Que lirai-je la semaine prochaine ?

Plus haut que la mer - Francesca Melandri (partenariat Folio)
À l'orée du verger Tracy Chevalier (partenariat)

Bonne semaine et bonnes lectures !

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21 avril 2016

No et moi - Delphine de Vigan

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib - mars 2016 - 5h10 - Lu par Lola Naymark

Jean-Claude Lattès - 22 août 2007 - 285 pages

Livre de Poche - mars 2009 - 248 pages

Prix des Libraires 2008

Quatrième de couverture : 
Elle avait l’air si jeune. En même temps il m’avait semblé qu’elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu’elle connaissait de la vie quelque chose qui faisait peur.
Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes.
Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fi lle à peine plus âgée qu’elle.
No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n’est à l’abri…
No et moi, paru en 2007 a été traduit dans vingt-cinq langues et adapté à l’écran par Zabou Breitman.

Auteur : Née en 1966 à Boulogne-Billancourt, Delphine de Vigan est l’auteur de, notamment, No et moi (prix des Libraires 2008), Les Heures souterraines (finaliste du Prix Goncourt 2009), Rien ne s’oppose à la nuit(Prix du Roman Fnac, Prix du Roman France Télévision, Prix Renaudot des Lycéens et Prix des lectrices de Elle 2011) et D’après une histoire vraie (Prix Renaudot 2015). Ses livres sont traduits dans le monde entier.

Lecteur : Parallèlement à des études de philosophie, Lola Naymark se forme à la Classe Libre du Cours Florent. Révélée en 2003 par le film Brodeuses d'Éléonore Faucher, elle alterne les projets pour la télévision et le cinéma (Brève de comptoir de Jean-Michel Ribes, Au fil d’Ariane de Robert Guédiguian) et le théâtre (Les Liaisons Dangereuses, mis-en-scène par John Malkovich).     

Mon avis : (écouté en avril 2016)
C'est avec ce livre que j'ai découvert Delphine de Vigan et cela reste mon préféré. J'ai beaucoup aimé cette relecture en livre audio.
Lou, la narratrice, est une adolescente surdouée. A 13 ans, elle est en Seconde et se définit comme « Lou Bertignac, meilleure élève de la classe, asociale et muette ». Elle va devoir préparer un exposé et lorsque le professeur lui demande le sujet de l'exposé, elle répond au hasard : — Les sans-abri. 
Lou va donc rencontrer No, une adolescente âgée de 18 ans, en rupture avec sa famille et sans abri. C'est la rencontre improbable de deux mondes. Les deux jeunes filles sont très différentes, mais toutes deux vont s'apprivoiser. 
Lou est très attachante, elle est idéaliste et elle pense qu'elle peut changer les choses. No est rejetée par la société, c'est une rebelle mais elle va accepter cette amitié. Lou va sortir grandi de cette rencontre et elle va apprendre à rencontrer les autres même s'ils sont différents.

Merci Audrey et les éditions Audiolib pour cette relecture toujours aussi émouvante

Extrait : (début du livre)
— Mademoiselle Bertignac, je ne vois pas votre nom sur la liste des exposés.
De loin Monsieur Marin m’observe, le sourcil levé, les mains posées sur son bureau. C’était compter sans son radar longue portée. J’espérais le sursis, c’est le flagrant délit. Vingt-cinq paires d’yeux tournées vers moi attendent ma réponse. Le cerveau pris en faute. Axelle Vernoux et Léa Germain pouffent en silence derrière leurs mains, une dizaine de bracelets tintent de plaisir à leurs poignets. Si je pouvais m’enfoncer cent kilomètres sous terre, du côté de la lithosphère, ça m’arrangerait un peu. J’ai horreur des exposés, j’ai horreur de prendre la parole devant la classe, une faille sismique s’est ouverte sous mes pieds, mais rien ne bouge, rien ne s’effondre, je préférerais m’évanouir là, tout de suite, foudroyée, je tomberais raide de ma petite hauteur, les Converse en éventail, les bras en croix, Monsieur Marin écrirait à la craie sur le tableau noir : ci-gît Lou Bertignac, meilleure élève de la classe, asociale et muette.
— … J’allais m’inscrire.
— Très bien. Quel est votre sujet ?
— Les sans-abri.
— C’est un peu général, pouvez-vous préciser ? 

Lucas me sourit. Ses yeux sont immenses, je pourrais me noyer à l’intérieur, disparaître, ou laisser le silence engloutir Monsieur Marin et toute la classe avec lui, je pourrais prendre mon sac Eastpack et sortir sans un mot, comme Lucas sait le faire, je pourrais m’excuser et avouer que je n’en ai pas la moindre idée, j’ai dit ça au hasard, je vais y réfléchir, et puis j’irais voir Monsieur Marin à la fin du cours pour lui expliquer que je ne peux pas, un exposé devant toute la classe c’est tout simplement au-dessus de mes forces, je suis désolée, je fournirais un certificat médical s’il le faut, inaptitude pathologique aux exposés en tout genre, avec le tampon et tout, je serais dispensée. Mais Lucas me regarde et je vois bien qu’il attend que je m’en sorte, il est avec moi, il se dit qu’une fille dans mon genre ne peut pas se ridiculiser devant trente élèves, son poing est serré, un peu plus il le brandirait au-dessus de lui, comme les supporters de foot encouragent les joueurs, mais soudain le silence pèse, on se croirait dans une église.

— Je vais retracer l’itinéraire d’une jeune femme sans abri, sa vie, enfin… son histoire. Je veux dire… comment elle se retrouve dans la rue.
Ça frémit dans les rangs, on chuchote.
— Très bien. C’est un beau sujet. On recense chaque année de plus en plus de femmes en errance, et de plus en plus jeunes. Quelles sources documentaires pensez-vous utiliser, mademoiselle Bertignac ?
Je n’ai rien à perdre. Ou tellement que ça ne se compte pas sur les doigts d’une main, ni même de dix, ça relève de l’infiniment grand.
— Le… le témoignage. Je vais interviewer une jeune femme SDF. Je l’ai rencontrée hier, elle a accepté.
Silence recueilli.

 

Déjà lu du même auteur :

no_et_moi_p No et moi les_heures_souterraines  Les heures souterraines

rien_ne_s_oppose___la_nuit Rien ne s'oppose à la nuit jours_sans_faim Jours sans faim 

109778914 D'après une histoire vraie

 

 

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19 avril 2016

Le lagon noir - Arnaldur Indridason

le lagon noir Métailié - mars 2016 - 317 pages

traduit de l'islandais par Eric Boury

Titre original : Kamp Knox, 2014

Quatrième de couverture :
Reykjavík, 1979. Le corps d'un homme vient d'être repêché dans le lagon bleu, qui n'est pas encore aussi touristique qu'aujourd'hui. La victime serait tombée d'une très grande hauteur, peut-être a-t-elle été jetée d'un avion. En découvrant qu'il s'agit d'un ingénieur qui travaille à la base américaine de Keflavik, l'attention de la police se tourne vers de mystérieux vols secrets effectués entre le Groenland et l'Islande. Les autorités américaines ne sont pas prêtes à coopérer et font même tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher la police islandaise de faire son travail. Conscients des risques qu'ils prennent, Erlendur et Marion Briem poursuivent leur enquête avec l'aide d'un officier de la base. En parallèle, Erlendur travaille sur une vieille affaire non résolue : une jeune fille disparue sur le chemin de l'école, quarante ans plus tôt. Les témoins disent qu'elle sortait avec un garçon de Camp Knox, un quartier pauvre, où les gens vivent dans les baraquements abandonnés par les soldats américains après l'occupation de l'Islande. Le petit ami ne sera jamais retrouvé et les parents mourront sans savoir ce qu'il est advenu de leur fille. Erlendur est contacté par une tante qui lui demande de trouver la vérité. Erlendur a trente ans et vient de divorcer. Le personnage est plus jeune, plus ouvert et bien moins désillusionné et sombre que dans l'avenir que nous lui connaissons. Il travaille depuis peu à la brigade d'enquêtes criminelles sous les ordres de Marion Briem et ne cache pas ses positions contre la présence américaine sur le sol islandais. Indridason construit un univers particulier, un personnage littéraire de plus en plus complexe ; peu à peu le roman noir est absorbé par la littérature et la qualité de l'écriture.

Auteur : Arnaldur Indridason est né à Reykjavík en 1961. Diplômé en histoire, il est d'abord journaliste et critique de films puis il se consacre à l'écriture à partir de 1997. Il est l'un des écrivains de romans noirs les plus connus en Islande et dans les 37 pays où ses livres sont traduits. Il a reçu le prix Clef de verre du Skandinavia Kriminalselskapet à deux reprises : en 2002, pour La Cité des jarres, et en 2003, pour La Femme en vert. Son roman L'Homme du Lac a reçu le Prix du Polar européen Le Point 2008 et La Femme en vert le Grand Prix des lectrices de Elle Policier 2007 ainsi que le Prix du livre Insulaire Fiction 2006. Arnaldur Indridason a également reçu le Prix d'honneur du festival les Boréales en 2011 et le prix espagnol RBA du roman noir en 2013.

Mon avis : (lu en avril 2016)
Voilà une nouvelle enquête d'Erlendur lors de ses débuts de policier avec Marion Briem son mentor. Nous sommes en 1979 et le corps d'un homme a été trouvé dans le Lagon Bleu, il semble qu'il soit mort après un chute d'une très grande hauteur. La victime était un ingénieur qui travaillait sur la base militaire américaine de Keflavík.

En parallèle, Erlendur mène seul une enquête sur une affaire non résolue vieille de plus de 30 ans, la disparition d'une jeune fille sur le chemin de l'école. Ce chemin longeait Camp Knox, un quartier pauvre, où les gens vivent dans des baraquements abandonnés datant de l'occupation de l'Islande par les soldats américains.
Ces intrigues est donc l'occasion de revenir sur l'histoire proche de l'Islande et l'occupation américaine durant la Guerre Froide. Jusqu’en septembre 2006, Keflavík hébergeait la base militaire américaine qui assurait la protection du pays. En effet, l’Islande est l’un des seuls pays au monde à ne pas avoir d’armée. Pour sa protection, le parlement avait voté l’adhésion à l’OTAN et, en 1951, les troupes américaines qui étaient stationnées ici depuis le début des années 1940 entrèrent en possession de la base aérienne. 
Comme d'habitude, j'ai beaucoup aimé cette lecture à la fois intructive et distrayante. Erlendur jeune est moins sombre que d'habitude et l'intrigue est toujours aussi captivante et réussie. Découvrir l'Islande à travers cet auteur est toujours aussi passionnant !

Extrait : (début du livre)
Un vent violent soufflait sur la lande de Midnesheidi. Venu du nord et des hautes terres désertes, il franchissait les eaux agitées du golfe de Faxafloi, puis se précipitait, glacial et mordant, sur les ondulations du paysage, sau­poudrant d’une fine couche de neige les plantes rases, transies et prostrées, qui dépassaient à peine des roches et des blocs de pierre. La végétation à la merci de la mer et du vent du nord livrait une lutte incessante. Seules les plantes les plus endurcies parvenaient à survivre ici. La clôture dépas­sant de l’étendue désolée délimitait le périmètre de la base militaire américaine et sifflait sous l’effet des bour­rasques qui s’abattaient sur les murs gigantesques du hangar à avions, au sommet de la lande. Le vent redoublait d’in­tensité aux abords du bâtiment, comme exaspéré par cet obstacle, puis continuait sa route à travers la nuit. 
Ses hurlements résonnaient dans l’immense construction, l’une des plus grandes d’Islande. Cette dernière abritait les avions radar et d’autres avions militaires, des f-16 et des Hercules, ces gigantesques cargos. On y assurait la main­­­te­nance de la flotte aérienne des troupes affectées à l’aéro­port de Keflavik. Des treuils fixés à des axes qui cou­raient le long du plafond servaient à déplacer les pièces déta­chées. Struc­ture d’acier d’une superficie de 17 000 mètres carrés, le hangar tournait le dos au nord et ses deux portes, orientées à l’est et à l’ouest, avaient l’envergure des plus gros avions du monde. La hauteur de plafond était verti­gineuse, équi­va­lente à celle d’un bâtiment de huit étages. C’était la clef de voûte de l’activité de la 57e division aéro­­portée de l’armée américaine basée sur la lande de Midnesheidi.
En ce moment, le hangar fonctionnait au ralenti. On y installait un nouveau système anti-incendie. À l’extrémité nord, aussi gigantesque que tout le reste, un échafaudage spécialement renforcé atteignait le plafond où on installait le long des poutres d’acier des tuyaux équipés de puissants sprinklers à quelques mètres d’intervalle. 
Placé sur des roues qui le rendaient mobile, c’était un assemblage de petites plateformes, équipé en son centre d’un escalier qui montait jusqu’au plafond où travaillaient les plombiers et leurs apprentis. Tuyaux, écrous et combi­naisons de travail s’entassaient au sommet, ainsi que des caisses à outils, des pinces de toutes tailles et de toutes sortes, propriétés des artisans islandais venus travailler ici. La plupart des chantiers entrepris sur le périmètre de la base militaire étaient confiés à des locaux.
Le silence régnait à l’exception des lamentations du vent. Tout à coup, on entendit comme un souffle au sommet de l’échafaudage. Un tuyau atterrit en bas et rebondit avec fracas. Puis, un second souffle, plus mat, se fit entendre et un corps s’abattit sur le sol. L’impact s’accompagna d’un étrange bruit sourd et étouffé, comme si un gros sac de toile était tombé du plafond. Enfin, le silence revint et il n’y eut plus que les hurlements du vent.

  Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Islande

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