A propos de livres...

28 février 2015

Six fourmis blanches - Sandrine Collette

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

six fourmis blanches Denoël - janvier 2015 - 288 pages

Quatrième de couverture :
Le mal rôde depuis toujours dans ces montagnes maudites. Parviendront-ils à lui échapper ? 
Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant. 
À des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches… 
Lou l’ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq. Égarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de leur compagnon, c’est pour leur propre survie qu’ils vont devoir lutter.

Auteur : 

Mon avis : (lu en février 2015)
C'est mon premier livre de Sandrine Collette, une auteur qui est en train de se faire un nom dans le monde du roman policier et que j'avais très envie de découvrir. La rencontre a été réussie. Le lecteur suit en parallèle deux histoires différentes. Celle de Mathias, il a pris la suite de son grand-père et devenu le « sacrificateur » de la vallée. Il sait éloigner les mauvais esprits de la montagne. De nombreux paysans font appellent à ses dons.
Celle de Lou, Elias, son compagnon, et quatre autres randonneurs qui s'apprêtent à faire une randonnée de trois jours dans les montagnes d'Albanie accompagnés de leur guide Vigan. 
Comme on peut s'y attendre les deux histoires vont se rejoindre... 
J'ai beaucoup aimé les descriptions de cette nature sauvage et parfois hostile, l'atmosphère qui devient de plus en plus angoissante, impossible de lâcher son livre avant la fin... Un roman policier palpitant, inquiétant et glaçant (au propre comme au figuré) vraiment très réussi et je poursuivrai avec cette auteur !

Merci Célia et les éditions Denoël 

Extrait : (début du livre)
Le mal suinte de ce pays comme l’eau des murs de nos maisons tout le long de l’hiver. Enraciné en nous, telle une sangsue fossilisée sur une pierre. C’est ce que disait mon grand-père, et avant lui son père, et le père de son père : depuis toujours ces montagnes sont maudites. Qui se souvient que quelque chose de beau y ait été conçu, s’y soit développé? Que de contreparties à notre présence ici, que de compromis pour nous donner, parfois, le sentiment de bien vivre. Les vieux répètent à l’envi que les mauvais esprits ont choisi cet endroit pour venir mourir; qu’ils y agonisent des années durant, crachant des imprécations sur nos roches et nos forêts malingres. Nous sommes de trop dans ces vallées; nous en payons le prix fort. Nous aurions dû abandonner ces terres où nous n’avons jamais été les bienvenus. Si seulement nous étions raisonnables. Mais nous sommes faits de la même caillasse, refusant de céder une once de terrain, acharnés à faire pousser les tubercules qui nous permettent de tenir amaigris jusqu’au printemps suivant. Heureux d’un rien, aussi. Nous observons stupéfaits les gens des villes étrangères investir notre région pendant les vacances. Ils sont rares encore; mais leur nombre augmente chaque année, et nous avons cessé de les compter. D’eux, nous ne voyons que rires, artifices et argent. Ils s’approprient nos montagnes et se moquent haut et fort de nos superstitions. Nous nous taisons : nous qui naissons ici, qui y restons jusqu’à ce que la mort blanchisse nos os, nous savons de quoi les esprits sont capables. Le malheur a tant frappé nos aïeuls; personne ne croit qu’il ait arrêté de nous tourner autour. Et si certains d’entre nous le pensent, ils continuent à faire comme si, pour ne pas provoquer. Devant l’abîme des montagnes, quand le vent siffle aux oreilles son étrange mélopée, chacun peut sentir sa présence. Bien sûr qu’il est là. Le mal. Le diable, disent les anciens. Tous nos actes sont soupesés au regard de cette unique question : cela le fera-t-il resurgir? Nos vies se rythment et s’épuisent à prendre garde. Même dans les grands moments de fête, nous désignons des veilleurs, postés aux coins des falaises, qui surveillent les chemins des villages. Comme si le mal ignorait les sentiers détournés qui finiront par le mener à l’un d’entre nous : superstition toujours. Mais c’est notre façon de lui montrer notre respect. D’espérer que cela l’éloigne. Nous lui offrons prières et cadeaux, tels les païens d’une autre époque, presque sans réfléchir — par réflexe. Quand cela ne suffit pas, il nous prend un vieillard; parfois un enfant. Le mal est mon compagnon de chaque jour. S’il disparaissait, je m’évaporerais du même coup. Mais jamais il ne s’achèvera, je le sais : pour cela, il faudrait que le monde s’arrête.

 Challenge Petit Bac 2015 
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Animaux (2)

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26 février 2015

Constellation - Adrien Bosc

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Audiolib -  janvier 2015 - 4h46 - Lu par Bernard Gabay

Stock - août 2014 - 198 pages

Grand Prix du roman de l’Académie française 2014

Quatrième de couverture :
28 octobre 1949, le Constellation à destination de New-York s’écrase dans l’archipel des Açores avec quarante-huit personnes à son bord. Aucun survivant. Parmi les victimes, des gens célèbres : Marcel Cerdan, champion de boxe et amant d’Édith Piaf, et la grande violoniste Ginette Neveu. Mais aussi des anonymes, des entrepreneurs, une ouvrière devenue héritière d’une usine à Detroit et cinq bergers basques partis tenter leur chance au Far West… Pourquoi tout s’est-il arrêté pour eux ce jour-là ? Dans ce brillant premier roman, Adrien Bosc enquête sur le lien étrange qui relie désormais ces disparus : quels hasards, quelles coïncidences les ont conduits à ce destin commun ?

Auteur : Adrien Bosc est né en 1986 à Avignon. Constellation est son premier roman. Il dirige les revues « Feuilleton » et « Desports ». 

Lecteur : Comédien au théâtre, à la télévision et au cinéma, Bernard Gabay excelle dans tous les registres de la « voix » : chant (baryton), lectures et dramatiques radiophoniques, et doublage d’acteurs américains comme Robert Downey Jr (Sherlock Holmes, Iron man), Andy Garcia, Viggo Mortensen, Antonio Banderas ou Daniel Day-Lewis.  

Mon avis : (écouté en février 2015) 
C'est le premier livre audio que j'écoute pour le Prix Audiolib. C'est un livre que j'avais très envie de découvrir, mais mon avis est mitigé, j'en attendais peut-être trop ?
Constellation raconte l'histoire vraie du crash du F-BAZN d’Air France qui a eu lieu aux Açores, la nuit du 27 octobre 1949. Dans cette catastrophe plus de quarante passagers ont perdu la vie dont le boxeur Marcel Cerdan et la grande violoniste, Ginette Neveu. 
Ce livre ressemble plus à un récit documentaire qu'à un roman. L'auteur alterne le récit du vol et l'histoire de chacun des passagers. Le livre est assez court moins de 5 heures de lecture (moins de 200 pages), mais malgré cela j'ai eu une impression de longueur. Les chapitres sont courts et nombreux, le récit alterné donne un côté décousu, on dirait que chaque chapitre a été écrit indépendamment puis le tout réuni pour en faire ce livre. 
Avant cette lecture, je ne connaissais de ce accident d'avion que le fait que Marcel Cerdan était l'une des victimes. J'ai donc trouvé l'histoire de ce crash et des passagers de cet avion intéressante et très bien documentée.
Le lecteur est agréable à écouter et j'ai passé malgré tout un très bon moment de lecture.

Extrait : (début du livre)
Ce soir du 27 octobre 1949 sur la piste de l’aérodrome d’Orly, le F-BAZN d’Air France s’apprête à accueillir trente-sept passagers en partance pour les États-Unis. Un an plus tôt, Marcel Cerdan débarquait auréolé du titre de champion du monde de boxe des poids moyens conquis de haute lutte à Tony Zale. Et le 7 octobre 1948, la foule le portait en triomphe. Un an plus tard, à l’intérieur de l’aérodrome, Cerdan, accompagné de son manager Jo Longman et de son ami Paul Genser, part reconquérir son titre, désormais propriété de Jake LaMotta, le Taureau du Bronx. Et c’est une certitude, en décembre prochain, par un autre Constellation, il reviendra avec le titre. Dans le hall d’Orly, il fanfaronne, aux journalistes il assure : « Puisque je vous dis que je le ramènerai mon titre. Je vais me battre comme un lion. » Lion contre Taureau, une affaire de signes et de constellations. Le lion de Némée contre le Minotaure, fabuleuse affiche du 2 décembre 1949 au Madison Square Garden.

Jo Longman a sa tête des mauvais jours, il a fallu se dépêcher, annuler la traversée en bateau, faire valoir le droit de priorité sur le Paris-New York, et tout ce merdier pour retrouver Édith Piaf au petit matin. « Revenez avec le titre ! » lui lance un employé d’Air France, « Je ne pars que pour ça ! » répond Marcel. « Mouais », marmonne Jo, qui ne peut s’empêcher d’ajouter : « Si tu m’avais écouté, nous aurions attendu quelques jours. Ma parole ! Nous partons presque comme des voleurs. Mardi, nous apprenions la signature du match pour le 2 décembre, hier, nous étions en province, c’est à peine aujourd’hui si nous avons pu boucler nos valises. Je t’avais proposé de rester ici toute la semaine, d’assister lundi à la réunion du Palais des Sports. C’était simple, trop simple, et demain tu tempêteras, car, naturellement, dans notre précipitation tu auras oublié la moitié de tes affaires. » La colère est feinte, ils sont habitués à jouer la comédie des reproches, à Marcel revient le rôle de l’inconséquence amusée, à Jo celui du professionnel contrarié. Dans quelques instants, accoudés au comptoir du bar d’Air France, ils en riront. Depuis le départ de l’entraîneur Lucien Roupp, Jo est monté en grade. Éternelles lunettes noires, cheveux graissés au Pento, fondateur du « Club des Cinq » – le cabaret-restaurant où Édith et Marcel se sont rencontrés –, Jo a tout du personnage louche. Le boxeur aime son bagou, son sens de la fête et des affaires, il est le parfait compagnon des allers-retours entre Paris, New York et Casablanca.

L’« Avion des stars » ne fait ce soir pas injure à son surnom : à côté du « Bombardier marocain », la virtuose Ginette Neveu, elle aussi, part à la conquête de l’Amérique. Pour France-Soir, une série de photos s’improvise dans le hall. Sur le premier cliché, Jean Neveu au centre, amusé, regarde sa sœur, Marcel tient entre ses mains le Stradivarius et Ginette, tout sourire, l’observe. Puis Jo remplace Jean et de son œil d’expert compare la petite main de la violoniste à la puissante poigne du boxeur.
Désormais sur le tarmac, au pied de l’escalier d’accès, la discussion se poursuit entre les deux célébrités. Ginette lui détaille la tournée, Saint Louis, San Francisco, Los Angeles, Chicago, New York. Il lui propose des places au premier rang pour la revanche au Madison Square Garden et promet d’assister au concert du Carnegie Hall le 30 novembre. Peut-être dîneraient-ils au Versailles, le cabaret où triomphe depuis des mois la Môme.
Les quatre énormes moteurs Wright Cyclone du Lockheed Constellation F-BAZN bourdonnent. Hélices et pales ont été inspectées, et les onze membres d’équipage prennent place à l’avant de l’appareil. C’est un grand et beau quadrimoteur au fuselage d’aluminium, son train démesuré lui donne l’allure singulière d’un échassier. Dans la file d’embarquement, trente-deux autres passagers : John et Hanna Abbott, Mustapha Abdouni, Eghline Askhan, Joseph Aharony, Jean-Pierre Aduritz, Jean-Louis Arambel, Françoise et Jenny Brandière, Bernard Boutet de Monvel, Guillaume Chaurront, Thérèse Etchepare, Edouard Gehring, Remigio Hernandores, Simone Hennessy, René Hauth, Guy et Rachel Jasmin, Kay et Ketty Kamen, Emery Komios, Ernest Lowenstein, Amélie Ringler, Yaccob Raffo, Maud Ryan, Philippe et Margarida Sales, Raoul Sibernagel, Irène Sivanich, Jean-Pierre Suquilbide, Edward Supine et James Zebiner. Sur le carreau, les deux jeunes époux, Edith et Philip Newton, de retour de leur lune de miel, et Mme Erdmann, font les frais du droit de priorité accordé au champion.

Challenge Petit Bac 2015 
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Titre : 1 mot (2)

Challenge 6% Rentrée Littéraire 2014 
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35/36

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24 février 2015

Happy parents - Zep

happy parent Delcourt - octobre 2014 - 64 pages

Présentation de l'éditeur :
Etre parent, c'est compliqué, être enfant, ce n'est pas simple ! Au fil de 60 gags et autant de situations différentes, Zep donne vie à une vaste galerie de personnages : d'un côté des pères et des mères que rien ne préparait à ce choc ; de l'autre des bébés, des écoliers, des ados immergés dans leur univers... Et entre les deux, mille et une occasions de ne pas se comprendre. Mieux vaut en rire... et avec Zep, c'est garanti !

Auteur : Zep dessine et raconte des histoires depuis ses 14 ans. Il a déjà fait rire des générations d'écoliers en 20 ans d'aventures de Titeuf (20 millions d'albums vendus, traduit en 25 langues à l'international, dessin animé traduit en 35 langues et diffusé dans 240 pays) et reçu le grand prix d'Angoulême à 37 ans en 2004. Cet homme pressé a depuis conquis le public adulte avec ses Happy Books et ouvre aujourd'hui une toute nouvelle veine de son travail.

Mon avis : (lu en février 2015)
Une BD de Zep destinée aux parents jeunes ou plus anciens... Un bon moment de détente avec des situations qu'en tant que parents, on peut avoir rencontré... Depuis l'échographie jusqu'à l'adolescence...  En famille, à l'école, dans l'intimité des parents, durant les loisirs, au restaurant... voilà de nombreuses situations qui prêtes à rires. Un graphisme très proche de celui utilisé dans Titeuf.

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

une histoire d'hommes Une histoire d'hommes 

 Challenge 6% Rentrée Littéraire 2014 
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34/36

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23 février 2015

C'est lundi, que lisez-vous ? [209]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu ces deux semaines ? 

 9782756035505_1_75 Charly-9-couv nous sommes tous des exceptions

Ce n'est pas toi que j'attendais - Fabien Toulmé  
Charly 9 - Richard Guérineau d'après Jean Teulé 
Nous sommes tous des exceptions - Ahmed Dramé 

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Un hiver à Paris - Jean-Philippe Blondel
Tant que nous sommes vivants - Anne-Laure Bondoux 
Constellation - Adrien Bosc (Prix Audiolib 2015)

Que lirai-je la  semaine prochaine ?

Six fourmis blanches - Sandrine Collette (partenariat Denoël)
La Bibliothèque des cœurs cabossés de Katarina Bivald (partenariat Denoël)

Bonnes lectures et bonne semaine !

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22 février 2015

Nous sommes tous des exceptions - Ahmed Dramé

nous sommes tous des exceptions Fayard - octobre 2014 - 180 pages

Quatrième de couverture :
À première vue, ça peut sembler banal. Une classe de seconde qui se distingue en remportant un concours, ça arrive tous les ans. Mais quand il s’agit d’un lycée de banlieue où les profs, à force de se confronter à des cas difficiles, ont des raisons d’être lassés, et où les élèves, à force d’être mal vus, perdent leur estime d’eux-mêmes, l’événement acquiert une tout autre portée. Et quand ce concours porte sur la Shoah, à une époque qui excite l’antisémitisme et le racisme, cette victoire devient puissante.

Puissante au point d’inspirer à l’un des élèves de la classe, Ahmed Dramé, une belle histoire à scénariser et un livre édifiant à écrire.
Derrière le quotidien singulier d’une classe « à problèmes » devenue classe à lauriers, au-delà de l’audace de ses protagonistes et de la transformation d’Ahmed, se dessinent en filigrane les pires errements de l’Histoire.
Le lycéen devenu adulte ne sortira pas indemne de sa rencontre avec Léon et les autres survivants, à l’âme abîmée mais rayonnante. Il renaîtra profondément touché et infiniment plus fort.

Auteur : Acteur et scénariste, Ahmed Dramé a notamment coécrit le scénario du film Les Héritiers, inspiré de son histoire.

Mon avis : (lu en février 2015)
Ahmed a grandi dans une cité de la banlieue parisienne, dans ce livre, il nous raconte comment sa vie a changé, en participant avec sa classe au Concours National de la Résistance et de la Déportation.
Il rend tout d'abord hommage à sa maman qui a su lui donner des valeurs, l'encourager à faire des efforts pour travailler, à ne compter que sur lui même... En classe de seconde, il a eu une professeur d'histoire géographie qui n'hésite pas à proposer à sa classe « difficile » de participer au Concours National de la Résistance et de la Déportation : "Les enfants et les adolescents juifs dans le système concentrationnaire nazi". Les élèves de la classe représentent la diversité, de nationalités et de religions différentes, leurs préoccupations sont très éloignées de ce sujet... Et pourtant, cette expérience sera pour eux forte et inoubliable. Ils vont rencontrer des anciens déportés comme Léon Zyguel, déporté à l’âge de 15 ans à Auschwitz Birkenau. Leurs témoignages vont faire grandir ces élèves de seconde. Ahmed est l'un d'eux, cette année de seconde aura été déterminante pour son avenir. Avec l'aide d'une scénariste et réalisatrice qu'il a osé contacté, il raconte son histoire dans le film Les Héritiers où il joue son propre rôle avec Ariane Ascaride dans le rôle de son professeur.
Une histoire touchante et passionnante qui donne très envie de voir le film Les Héritiers.

 les héritiers

Extrait : (page 11)
« Je pourrais vous pardonner, mais je n’ai pas envie. Parce que si je ne m’étais pas déplacée, il se serait passé quoi pour mon fils ? » La phrase vient de creuser, telle une sentence divine, un silence dense dans le bureau. Les « accusés » se trémoussent sur leur siège, les preuves de leur faute étalées sur la table. Soudain, il fait chaud malgré la température modérée de ce mois de mai. Un peu de sueur perle aux fronts et du rouge afflue sur les joues.
En effet, il est trop tard pour une plaidoirie, les faits sont clairs, l’injustice est avérée. Là, sous leurs yeux, deux dossiers qu’elle les a obligés à sortir des tiroirs où ils sont rangés par ordre alphabétique. Soi-disant. Parce qu’à y regarder de plus près, dans leur classement, il n’est pas question de lettres ou d’initiales, mais plutôt de noms et de couleurs. Le phénomène se produit inconsciemment, les tiroirs ne pensent pas.
La discrimination naturelle : on choisit au plus près, au plus ressemblant. En tout cas moi j’ai pas assez une tête de vainqueur pour échapper au mauvais tri.

L'autre, l'élève blanc, il est presque translucide tellement il a été absent au moins la moitié de l'année scolaire. Je n'ai pas eu le temps de le connaître, personne n'a eu le temps de le connaître. Mais, manifestement, les profs l'ont assez vu pour l'estimer apte à suivre un cursus général. Ou bien ils hésitaient, mais, dans le doute, ils lui ont laissé la voie ouverte. Alors qu'il n'a aucune envie de l'emprunter, il rêve d'être orienté. Il me l'a avoué, ça a redoublé mon dépit.
Sa moyenne générale se situe à un point et demi en dessous de la mienne. Normalement, si l'équité et la justice n'avaient pas laissé leur nom au vestiaire, étant dans la même barque, la classe moyenne d'un bahut moyen d'une ville pas toute rose, je devrais être admis, comme lui, en seconde générale. Mais visiblement il y a un bug, un décalage dans lequel mon dossier scolaire est tombé et moi avec. On me classe donc dans la catégorie « inapte à la seconde générale ».
Ma mère, comme moi, est embêtée qu'on me range dans le mauvais sac. Mais, manque de chance pour ceux qui lui font face, elle n'est pas fataliste, pas du genre à laisser faire. 


 Challenge 6% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
33/36

 Challenge Petit Bac 2015 
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Pronom personnel (3)

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