l_homme_du_lac Editions Métailié - janvier 2008 - 348 pages

traduit de l'islandais par Eric Boury

Présentation de l'éditeur
En juin 2000, un tremblement de terre provoque un changement du niveau des eaux du lac de Kleifarvatn et découvre un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacées. Le commissaire Erlendur et son équipe s'intéressent alors aux disparitions non élucidées dans les années 60, ce qui conduit l'enquête vers les ambassades des pays de l'ex-bloc communiste et les étudiants islandais des jeunesses socialistes boursiers en Allemagne de l'Est, pendant la guerre froide.
Tous ces jeunes gens sont revenus du pays frère brisés par la découverte de l'absurdité d'un système qui, pour faire le bonheur du peuple, jugeait nécessaire de le surveiller constamment.
Erlendur, séduit par un indice peu commun, une Ford Falcon des années 60, et ému par l'amour fidèle d'une crémière abandonnée, s'obstinera à remonter la piste de l'homme du lac dont il finira par découvrir le terrible secret.
Indridason nous raconte une magnifique histoire d'amour victime de la cruauté de l'Histoire, sans jamais sombrer dans le pathos. L'écriture, tout en retenue, rend la tragédie d'autant plus poignante.


Biographie de l'auteur
Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961, où il vit. Diplômé en histoire, il a été journaliste et critique de cinéma. II est l'auteur de romans noirs, dont La Cité des Jarres (prix Clé de Verre 2002, prix Mystère de la Critique 2006), La Voix (Grand Prix de littérature policière et Trophée 813, en 2007) et La Femme en vert (prix Clé de Verre 2003, Gold Dagger 2005 (GB) et Grand Prix des lectrices de Elle policier 2007).

Mon avis : (lu en janvier 2009)

C'est le quatrième livre de cet auteur que je lis, et je l'ai trouvé excellent. J'ai retrouvé avec plaisir l'équipe du commissaire Erlendur, avec Elinborg qui écrit un livre de cuisine, Erlendur a toujours des problèmes relationnels avec ses enfants (dans ce livre, on croise son fils Sindri Snaer)…

C'est encore une histoire de disparition, un récit à deux voix : un au présent et l'autre dans le passé au temps de la guerre froide. En effet, un squelette est découvert lesté avec un appareil radio russe au fond du lac de Kleifarvath et Erlendur va enquêter sur les disparitions non élucidées dans les années soixante. On va suivre l’histoire d’un groupe d’étudiants islandais socialistes qui partaient étudier en RDA et qui découvrait le communisme derrière le rideau de fer avec la l’omniprésence de la Stasi…

Cette fois, nous voyons l'Islande en été avec le soleil qui ne se couche pas.

Je suis vraiment devenue une inconditionnelle de Indridason !

Extrait :
- Et le cadavre du lac ? demanda Erlendur.
- Je crois que l'homme que nous recherchons est étranger, répondit Erlinborg. L'idée d'un Islandais attaché à un appareil d'écoute russe me semble complètement absurde. Je n'arrive pas à m'imaginer qu'un truc pareil ait pu se passer ici.
- La guerre froide, nota Sigurdur Oli. Drôle d'époque.
- Oui, drôle d'époque, convint Erlendur.
- Cette guerre froide se résumait à une peur de la fin du monde, observa Erlinborg.J'ai l'impression d'avoir toujours vécu avec cette peur. On n'arrivait jamais à la chasser de notre esprit. La fin du monde planait constamment au-dessus de nos têtes. Voilà la seule guerre froide que je connaisse.