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A propos de livres...
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17 février 2015

Ce n'est pas toi que j'attendais - Fabien Toulmé

9782756035505_1_75 Delcourt - octobre 2014 - 256 pages

Quatrième de couverture :
Dans la vie d'un couple, la naissance d'un enfant handicapé est un ouragan, une tempête. Quand sa petite fille naît porteuse d'une trisomie non dépistée, la vie de Fabien s'écroule. De la colère au rejet, de l'acceptation à l'amour, l'auteur raconte cette découverte de la différence. Un témoignage poignant qui mêle, avec délicatesse, émotion, douceur et humour.

Auteur : Fabien Toulmé voit le jour en 1980 à Orléans. Passionné de bande dessinée, il décide de suivre de longues et pénibles études d'ingénieur Civil et d'urbanisme afin d'acquérir les bases essentielles de la construction d'une BD. En 2001, il part pour plusieurs mois sous les tropiques (Bénin, Guyane, Brésil, Guadeloupe). Enfin, lassé par l'eau bleue cocotiers, il revient s'installer en France en 2009 à Aix-en-Provence. Depuis il publie castrations et BD dans divers magazines (Lanfeust Mag, Psikopat, Spirou...) ou dans ouvrages collectifs (Alimentation générale, Editions Vide Cocagne, Vivre dessous, Editions Monolosanctis, Les autres gens...). Avec Ce n'est pas toi que j'attendais, il réalise son premier album.

Mon avis : (lu en février 2015)
Voilà une bande dessinée pleine de sensibilité et de pudeur. Fabien est un futur papa qui attend la naissance de sa deuxième fille avec beaucoup de joie et d'émotion, il a eu par moment quelques craintes sur son futur enfant en attendant les résultats d'examens passés lors de la grossesse sans problème de sa femme. Sa pire hantise était la trisomie mais la "clarté nucale" avait une épaisseur normale, il a été rassuré...
Et pourtant, lorsque l'enfant paraît l'angoisse de Fabien réapparaît, ce bébé ne ressemble pas à sa soeur aînée... Fabien interroge les médecins, ceux-ci lui disent qu'il se trompe...
Mais l'intuition du papa se révèle vraie, et le choc est terrible, Julia est atteinte de la trisomie 21 ! Fabien n'arrive pas à prendre sa fille dans les bras, il lui faudra du temps pour accepter cette enfant qui est le sien. "Ce n'est pas toi que j'attendais, mais c'est toi qui es venue." est une très jolie phrase qui résume bien cette belle rencontre entre le père et la fille. 
Fabien Toulmé raconte avec beaucoup de pudeur et de tendresse sa propre histoire. C'est terriblement touchant et je n'ai pas pu m'empêcher de verser quelques larmes. 
Le dessin est très agréable. Une très belle découverte à partager !

Autres avis : EnnaJérômeGaléa 

Extrait : 

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  Challenge Petit Bac 2015 
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Pronom personnel (2)

Challenge 6% Rentrée Littéraire 2014 
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32/36

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29 janvier 2015

L'Apache aux yeux bleus - Christel Mouchard

 Lu en partenariat avec les éditions Flammarion

l'apache aux yeux Flammarion - janvier 2015 - 189 pages

Quatrième de couverture : 
Mai 1870. Le jeune Herman, âgé de 11 ans, est enlevé par des Apaches. Il est le "cadeau" d'un chef à sa femme qui ne peut pas avoir d'enfant. Il devient un véritable guerrier. A 20 ans, en pleine guerre des territoires contre les "Visages pâles", Herman est reconnu par les soldats. Il servira d'intermédiaire entre les Indiens et les blancs d'Amérique et retournera dans sa première famille.

Auteur : Christel Mouchard, directrice d'ouvrage, travaille depuis vingt ans sur les récits d'exploration et de voyage. Elle est l'auteur d'Aventurières en crinoline, La Reine des Boucaniers, La Rivière des âmes perdues au purgatoire, La Reine Antilope. Elle a traduit les mémoires de Mary Seacole (Je suis une mal-blanchie) et suivi l'édition du Dernier journal de David Livingstone.

Mon avis : (lu en janvier 2015)
Dès le début de cette lecture, j'ai pensé au livre Le fils - Philipp Meyer que j'ai lu en octobre 2014. Autant ce dernier était un pavé de 700 pages, assez long à lire, autant L'Apache aux yeux bleus de Christel Mouchard est parfait pour découvrir une partie de l'histoire des amérindiens. 
Herman est un jeune garçon de 11 ans, il est enlevé par les Apaches. Il est donné en cadeau par le Chef à sa femme celle-ci n'ayant  aucun enfant. D'abord considéré comme un esclave, il est mis à l'épreuve par les Indiens et deviendra ensuite un vrai guerrier Apache. Sa chevelure blonde et ses yeux bleus seront bientôt la seule preuve de son origine "Visage pâle". En effet Herman va devenir En Da et tout oublier ou presque de son passé.
J'ai beaucoup aimé cette histoire inspirée de faits réels très peu connus. C'est à la fois dépaysant et passionnant.

Merci Brigitte et les éditions Flammarion pour cette belle découverte.

 

 Challenge Petit Bac 2015 
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17 octobre 2014

L'homme de la montagne - Joyce Maynard

 Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey 

maynard Philippe Rey - août 2014 - 320 pages

traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain

Titre original : After her, 2013

Quatrième de couverture :
Eté 1979, Californie du Nord. Rachel, treize ans, et sa soeur Patty, onze ans, se préparent à passer leurs vacances à vagabonder dans la montagne comme d'habitude. Echappant à la surveillance d'une mère aimante mais neurasthénique depuis son divorce, et d'un père amoureux de toutes les femmes, le flamboyant inspecteur de police Torricelli, elles se cachent dans les arrière-cours pour regarder la télé par la fenêtre des voisins, inventent blagues et jeux à n'en plus finir, rêvant de l'inattendu qui pimenterait leur existence. Et l'inattendu arrive. Cauchemardesque, une succession de meurtres de jeunes femmes, tuées dans la montagne selon un même mode opératoire : la chasse à l'Etrangleur du crépuscule commence, menée par l'inspecteur Torricelli. Trente ans plus tard, Rachel, devenue une célèbre romancière, raconte cette quête épuisante. Après quinze meurtres, le tueur de la montagne a disparu. Un jour, pourtant, les deux soeurs s'étaient trouvées face à lui. Fantasme de gamines hystériques, avaient déclaré les autorités. Depuis lors, Rachel s'est donné pour mission de retrouver cet homme. Et le dénouement, le lecteur le vivra en direct, de surprises en retournements. Joyce Maynard a écrit une belle et lyrique histoire d'amours rythmée par les tubes des années soixante-dix : celui qui règne entre le père et ses filles, celui qui unit à jamais les deux soeurs.

Auteur : Collaboratrice de multiples journaux, magazines et radios, Joyce Maynard est aussi l'auteure de plusieurs romans, Long week-end, Les Filles de l'ouragan, Baby Love et d'une remarquable autobiographie, Et devant moi, le monde. Mère de trois enfants, elle partage son temps entre la Californie et le Guatemala.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
La quatrième de couverture pourrait nous laisser penser que ce livre est un roman policier. En réalité la présence du tueur en série, des meurtres et de l'enquête ne sont pas le plus important dans cette histoire. Rachel et Patty, deux soeurs de treize et onze ans, sont les personnages principaux. Elles sont très différentes mais inséparables. Leur mère est dépressive et assez absente du récit. Elles ont une grande admiration pour leur père qui a quitté la maison, c'est un bel homme, séduisant, inspecteur de police. Il sera chargé d'arrêter l'Etrangleur du crépuscule qui sévit dans la montagne proche de Marin County en Californie.
L'histoire est racontée 30 ans après les faits, par Rachel âgée alors de 13 ans. Un âge charnière, entre enfance et adolescence. 
J'ai bien aimé la première partie du livre et les relations entre les deux soeurs durant leur enfance. Elles ont une grande liberté malgré le danger imminent avec la présence de ce tueur en série que la police n'arrive pas à appréhender... 
L'imagination galopante de Rachel, ses méthodes d'enquête ou ses émois amoureux sont racontés avec beaucoup d'humour et de justesse par l'auteur.
La suite de l'histoire est plus convenue...

Merci Anaïs et les éditions Philippe Rey pour ce partenariat.

Autre avis : Caro

Note : ♥♥♥♥

Extrait : (prologue)
Il y a un peu plus de trente ans, un jour de juin au coucher du soleil – sur un versant de montagne dans le Marin County, Californie –, un homme s’est approché de moi, tenant dans ses mains un bout de corde à piano, avec l’intention de mettre fin à mes jours. J’avais quatorze ans, et il avait déjà tué beaucoup d’autres filles. Depuis ce jour, je sais ce que signifie regarder un homme dans les yeux en se disant que son visage est la dernière chose qu’on verra jamais.
C’est à ma sœur que je dois d’être ici pour raconter ce qui s’est passé ce soir-là. Par deux fois, ma sœur m’a sauvée, alors que moi, je n’ai pas su la sauver.
Voici notre histoire.

Il ne se passait jamais grand-chose sur le versant de la montagne où nous vivions et grandissions, Patty et moi. Et nous n’étions même plus abonnés à la télévision. En attendant qu’un événement inattendu survienne, nous inventions des situations. Le temps, c’était tout ce que nous possédions.
Un jour, nous avons décidé de découvrir ce qu’on ressent quand on est mort.
Un mort, ça ne ressent rien, a dit Patty. Du Patty tout craché.
Je possédais un sweat-shirt rouge, le modèle avec fermeture Éclair sur le devant, capuche et poches-réserves à chewing-gum. Je l’ai étalé sur un carré d’herbe en pente, derrière notre maison, les manches étirées de chaque côté, on aurait dit une personne passée sous un camion, de façon à exposer le plus de rouge possible, genre mare de sang.
Allonge-toi là, ai-je dit à ma sœur, en lui montrant l’emplacement – à plat dos, camouflant la fermeture Éclair.
Elle aurait pu refuser, mais Patty faisait presque toujours ce que je lui disais de faire. Ses questions, si elle en avait, elle les gardait pour elle.
Je me suis allongée à côté d’elle. Si près que le rouge débordait de part et d’autre.
Et maintenant ?
Ne bouge pas. Empêche ta poitrine de monter et de descendre quand tu respires.
Certaines personnes auraient exigé une explication. Patty non. Mon idée, c’était qu’elle découvre par elle-même de quoi il retournait, et cela, elle le comprenait.
Pendant un long moment, il ne se passa rien. Il faisait chaud, mais nous ne bougions pas.
Mon nez me gratte, dit-elle.
Tant pis. Pense à autre chose. Quelque chose d’intéressant.
Pour moi, ç’aurait pu être Peter Frampton, ou le jean que j’avais repéré au centre commercial, une ou deux semaines auparavant, idéal, sauf le prix. Ou les histoires que j’écrivais dans un cahier et que je lisais à voix haute, et que ma sœur trouvait meilleures que celles de Nancy Drew.
Pour Patty, ça pouvait être Larry Bird, le basketteur, exécutant un crochet. Ou un chien qu’elle aimait. C’est-à-dire tous les chiens existant sur terre.
Tu as remarqué ce nuage ? me demanda-t-elle. On dirait un teckel.
Tais-toi.
Qui sait combien de temps s’écoula ? Dix minutes ? Une heure, peut-être. Soudain, je l’ai repéré : un vautour, tournoyant dans le ciel. D’abord un, puis deux autres. Ils volaient encore très haut, mais vu leur position, on ne pouvait douter que nous étions leur cible. Ils tournoyaient exactement au-dessus de l’endroit où nous étions allongées.
Et maintenant ? demanda Patty.
Chut. Reste tranquille.

 

Déjà lu du même auteur : 

long_week_end Long week-end les_filles_de_l_ouragan Les Filles de l'ouragan baby_love_joyce_maynard Baby Love

Challenge 2% Rentrée Littéraire 2014 
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12/12

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  8/25

2 septembre 2014

Les fils de rien, les princes, les humiliés - Stéphane Guibourgé

Lu dans le cadre du Prix du Roman Fnac 2014

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les fils de rien Fayard - août 2014 - 201 pages

Quatrième de couverture : 
Avoir seize ans, avoir vingt ans dans les années quatre-vingt. L'époque est à la rigueur. Des pères vaincus baissent les yeux devant leurs fils. Il s'agit alors de s'échapper, de fuir le mauvais côté du périphérique. Se frayer un chemin à travers les jardins ouvriers à l'abandon. Quitter ses amis, les princes, les humiliés. Kader, Abdou, Jean-Phi. Choisir la vitesse et la violence. Puis, un soir, rejoindre enfin une meute skinhead. Voici la trajectoire d'un fils de rien. Nom de guerre : Falco. Vingt-cinq ans plus tard, retiré du monde, il se souvient, et se fait face. Voici la confession d'un exilé et la quête de ce qui demeure en lui d'humanité et d'espérance.

Auteur : Stéphane Guibourgé a quarante-huit ans. Les fils de rien, les princes, les humiliés est son onzième livre.

Mon avis : (lu en juillet 2014)
C'est le roman que j'ai préféré de la sélection Prix du Roman Fnac 2014.
A quarante-sept ans, le narrateur construit une maison de ses mains pour son fils et se souvient de son passé. Un passé qu'il n'arrive pas à oublier : d'abord voleur de voiture, puis pour fuir la banlieue, il choisit la violence et devient skinhead. Il fait de la prison... 

La narration est parfois difficile à suivre, le narrateur évoque dans le désordre son passé, son présent... J'ai eu parfois du mal à comprendre la chronologie de l'histoire. Les chapitres courts donnent un ton percutant aux propos, la violence du passé s'oppose à l'humanité, à la poésie et aux silences du présent. Cette confession trente ans après est vraiment touchante. 

Extrait : (page 25)
Je voudrais ne plus faire qu'un avec le torrent. Retrouver ce mouvement, les mots qui ont poli les galets. Être capable de creuser un lit profond année après année. Epouser les contours de la vallée. Accepter les obstacles, les éviter sans heurts. Charrier les souvenirs, les remords et les instants de grâce comme des sédiments. Les noyer et cependant rester en vie. Devenir une source. Garder mes bergers solides pour qu'au soir les animaux viennent y boire.
Je ne saurais dire à quel moment de l'existence un endroit devient enfin un refuge. Quel est l'instant où l'on sait que nous avons trouvé notre place. Que nous y trouverons tranquillité, sérénité. A quoi reconnaît-on cet instant ? Je l'ignore. Mais il existe ici un mystère qui me protège.

Voilà ce que je cherche : la fragilité. Le doute. Ne plus jamais me laisser entraîner par ce que j'abrite. La violence, la colère qui rôdent . Le bruit de la chaîne, le bruit de l'anneau, le bruit de l'acier... La barque à peine retenue au ponton dans les lueurs de l'aube.

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2014 
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4/6

  Challenge Petit Bac 2014
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"Cercle familiale" (8)

17 septembre 2014

L'Heure indigo - Kristin Harmel

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

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Editions Denoël - septembre 2014 - 432 pages

France Loisirs - 2013 - 476 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Christine Barbaste

Titre original : The Sweetness of Forgetting, 2012

Quatrième de couverture :
À Cape Cod, dans le Massachusetts, Hope s’affaire derrière les fourneaux de la pâtisserie familiale. Entre son travail, la rébellion de sa fille adolescente, son récent divorce et ses soucis financiers, elle frôle parfois le surmenage. Hope s’enfonce peu à peu dans la déprime et la résignation. Aussi, quand sa grand-mère Rose lui demande d’aller en France retrouver sa famille disparue pendant la guerre, Hope accepte sans hésiter. Décidée à reprendre sa vie en main, elle s’envole pour Paris en quête de ce passé dont elle ignore tout. Car le temps est compté : atteinte de la maladie d’Alzheimer, la mémoire de Rose faiblit. Pour tout indice, elle a donné à sa petite-fille une simple liste de noms et une adresse. 

Kristin Harmel nous embarque avec une émotion et une vitalité rares dans le récit d’une femme qui s’apprête à découvrir le douloureux secret de ses origines, tout en peignant avec finesse et mordant les relations houleuses entre mère et fille.

Auteur : Kristin Harmel, née en 1979 à Newton (Massachusetts, banlieue de Boston), est devenue journaliste sportive dès l'âge de 16 ans, pendant la fin de sa scolarité en Floride. Diplômée de l'Université de Floride, Kristin Harmel est devenue journaliste pour People en 2000. Elle a aussi travaillé pour des dizaines d'autres revues et magazines. Elle est l'auteur de sept romans, traduits dans de nombreux pays. Le dernier est sorti en 2012. L'auteur vit actuellement à Orlando (Floride).

Mon avis : (lu en septembre 2014)
Voilà mon premier coup de coeur de la Rentrée Littéraire... 
À Cape Cod, dans le Massachusetts, Hope tient la pâtisserie familiale créée par Rose, sa grand-mère. Elle vient de divorcer et elle est soucieuse pour Annie, sa fille adolescente, qui lui en fait voir de toutes les couleurs, elle craint également de mettre la clé sous la porte car les finances de la pâtisserie ne sont pas au beau fixe... Rose atteinte de la maladie d’Alzheimer vit dans une maison de retraite proche. Un jour de vrai lucidité, Rose demande à sa petite fille d'aller à Paris enquêter avec une liste de noms. 
Hope ignore tout du passé de cette grand-mère originaire de France... Elle va découvrir un passé qu'elle n'avait jamais imaginée.
Le livre est construit comme un suspens, le lecteur suit avec émotions Hope dans sa quête de la vérité. C'est passionnant, haletant et les personnages sont très attachants. Hope est la narratrice de cette histoire, son récit est par moment entrecoupé par des flashes de la mémoire de Rose et par des recettes des pâtisseries issues de la tradition familiale (qui donnent vraiment l'eau à la bouche). Voilà une histoire très touchante, où il est question de relations mère-fille, de tolérance, de solidarité, d'œcuménisme, d'amour... 

Un grand merci pour Dana et les éditions Denoël pour m'avoir permis de découvrir une magnifique histoire.

 

Extrait : (début du livre)
À cette heure où l'aube commence tout juste à étirer ses longs doigts par-dessus l'horizon, je pourrais me croire seule sur Terre tant la rue est déserte et silencieuse derrière la vitrine de la pâtisserie. C'est déjà septembre ; comme chaque année, après le Labor Day, les touristes sont rentrés chez eux, les Bostoniens ont barricadé leurs résidences d'été en prévision de l'hiver et, dans les bourgades essaimées le long de Cape Cod, les rues ont un air fantomatique, comme sorties d'un rêve sans repos.
Les feuilles changent déjà de couleur ; d'ici à quelques semaines, elles refléteront toutes les teintes sourdes du coucher de soleil. La plupart des gens ne pensent pas à venir à Cape Cod pour la saison des feuilles. Les amateurs iront plutôt dans le Vermont, dans le New Hampshire ou encore tout à l'ouest de l'État du Massachusetts, dans les monts Berkshires, là où chênes et érables repeindront la nature d'une palette de rouges profonds et d'orangés brûlés. À Cape Cod, pourtant, à l'orée de la saison morte, quand les jours raccourcissent et que de grandes volées d'oiseaux migrateurs venant du Canada se posent le temps d'une halte, les végétations des sables se transforment en un tapis doré et les marais évoquent des paysages à l'aquarelle. Et moi, comme chaque année, je contemplerai ce spectacle à travers la vitrine de ma pâtisserie, L'Étoile polaire.
D'aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours considéré cette boutique familiale comme ma vraie maison – bien plus que le cottage en bord de mer dans lequel j'ai grandi, et où je suis revenue m'installer maintenant que le divorce a été prononcé.
Divorce. Le mot bourdonne dans mes oreilles, sans relâche ; et dans ces moments – où j'essaie, tout en guettant un éventuel client, d'ouvrir avec le pied la porte du four pour y glisser deux énormes plaques de tartelettes à la cannelle sans perdre l'équilibre –, il nourrit un sentiment d'échec. Tandis que j'enfourne les tartelettes, que je sors une plaque de croissants puis referme la porte du four d'un coup de hanche, je songe que, pour bien faire, il me faudrait quatre mains.
J'aurais tellement voulu éviter ce divorce, pour Annie. Je ne voulais pas que ma fille grandisse, comme moi, dans un foyer bancal. Je voulais davantage pour elle. Mais la vie ne se déroule jamais de la façon dont on l'avait prévue, n'est-ce pas ?
La clochette de la porte tinte pile au moment où j'entreprends de décoller les croissants au beurre du papier sulfurisé. Je jette un coup d'œil sur le minuteur du deuxième four ; les cupcakes à la vanille seront prêts dans moins d'une minute. Mon client va devoir patienter.
« Hope ? appelle une voix grave. Tu es dans la cuisine ? »
Je lâche un soupir de soulagement. Au moins c'est un client que je connais – non pas que je connaisse tous ceux qui demeurent en ville, une fois que les touristes ont regagné leurs pénates.
« Une minute, Matt ! Excuse-moi. »
J'enfile les maniques – la paire bleu vif brodée d'une frise de cupcakes qu'Annie m'a offerte l'an dernier pour mes trente-cinq ans – et je sors du four les petits gâteaux à la vanille, dont le parfum me ramène instantanément à mon enfance. Ma grand-mère, Mamie, a ouvert sa boutique L'Étoile polaire il y a soixante ans, quelques années après s'être installée à Cape Cod avec mon grand-père. J'ai grandi ici, et c'est elle qui m'a tout appris de la pâtisserie. Elle m'a patiemment montré comment malaxer une pâte, en m'expliquant pourquoi elle lève, en m'apprenant à combiner des ingrédients traditionnels et inattendus pour confectionner de petits délices dont, année après année, le Boston Globe et le Cape Cod Times vantent les mérites.
Je dispose les cupcakes sur la grille de refroidissement puis enfourne deux plaques de biscuits à l'anis et au fenouil, et tout en bas, au dernier niveau, je glisse une fournée de croissants de lune – des mini-chaussons fourrés avec de la pâte d'amande parfumée à l'eau de fleur d'oranger, et saupoudrés de cannelle.
Je retire mes gants, époussette un reste de farine sur mes mains, programme le minuteur et vais enfin rejoindre mon client. Quel que soit mon découragement, pénétrer dans la boutique me redonne systématiquement le sourire : à l'automne dernier, quand les affaires tournaient au ralenti, Annie et moi avons repeint la salle et ma fille a choisi pour les murs un rose bonbon, agrémenté de frises blanches au pochoir. J'ai parfois l'impression de vivre dans un cupcake géant.
Matt Hines est assis à une table, en face du comptoir, et, en me voyant, il se lève d'un bond, le sourire aux lèvres.
« Salut, Hope. »
Je lui rends son sourire. Matt était mon petit copain au lycée ; nous avons rompu avant de partir à la fac, chacun de notre côté, mais lorsque je suis revenue à Cape Cod, des années plus tard, avec une licence en droit – qui ne me servait pas à grand-chose –, un mari et un bébé, nous avons renoué, en amis. Cependant, Matt m'ayant invitée à plusieurs reprises depuis mon divorce, je me suis aperçue, presque avec surprise, que nous nous étions éloignés l'un de l'autre. Matt est aujourd'hui comme un vieux pull qu'on a adoré, désormais moins confortable, moins seyant. La vie nous change, subrepticement le plus souvent, mais irrémédiablement. Et cela, Matt ne semble pas le comprendre.
« Salut, Matt. Tu veux un café ? » dis-je d'un ton que j'essaie de garder neutre et amical. « Je te l'offre, puisque je t'ai fait attendre. »

Challenge 2% Rentrée Littéraire 2014 
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Le mois américain

 Challenge Petit Bac 2014 
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"Matière" (8)

 

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30 août 2014

Les indomptées - Nathalie Bauer

Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey

book_250 Philippe Rey - août 2014 - 496 pages

Quatrième de couverture :
Au bord de la ruine, deux soeurs, Noélie et Julienne, et leur cousine Gabrielle essaient désespérément de sauver le domaine familial. Leur âge avancé ne leur offrant pas beaucoup de chances d'y parvenir, Noélie décide d'écrire un roman sur sa famille, dans le fol et naïf espoir d'un succès. Entre présent et passé se déroule donc la saga des Randan, propriétaires terriens aveyronnais dont le destin épouse les circonvolutions du XXe siècle : le massacre de la Grande Guerre, la difficile reconstruction et la crise. Rêves de richesse, d'amour ou d'émancipation se réalisent chez les uns, échouent chez les autres. Alors que Noélie est à l'oeuvre, les trois femmes acceptent d'héberger leur nièce Zoé, sans imaginer que cette fille de vingt-quatre ans, dépressive, alcoolique et un brin nymphomane, va bouleverser leur existence.

Auteur : Traductrice de l'italien, docteur en histoire, Nathalie Bauer a publié quatre romans : Zena (2000), Le feu, la vie (2007), Des garçons d'avenir (2011) et Les Indomptées (2014).

Mon avis : (lu en août 2014)
En fin de livre, une note de l'auteur explique que ce roman a été en partie inspiré par l'histoire de sa famille maternelle pour preuve les photos personnelles de l'époque présentes au fil des pages. Ce livre nous raconte l'histoire d'une famille, les Randan, propriétaires terriens en Aveyron depuis la fin du XIXème jusqu'à nos jours. J'ai mis un peu de temps à entrer dans cette histoire. Il faut d'abord comprendre les relations généalogiques qui existent entre les différents personnages, il y a heureusement au début du livre un arbre généalogique de la famille auquel j'ai pu me référer très souvent durant ma lecture.
Les premiers chapitres font de nombreux aller-retour entre le présent et le passé, les dates des deux époques n'étant pas clairement indiquées en tête de chapitre, il faut quelques phrases avant de se repérer...
L'histoire de cette famille est vraiment passionnante, en particulier la partie passée que j'ai préféré. Les différents membres de cette famille ont des caractères différents et sont souvent attachants. 
Autant j'ai eu mis un peu de temps à attaquer ce livre, ensuite j'ai dévoré avec beaucoup de facilité la seconde partie. 

Merci et les éditions Philippe Rey pour cette découverte. 

Autre avis : Keisha 

Extrait : (début du livre)
De son écriture fine, penchée, d’un autre siècle, Noélie reporte dans le registre les dernières dépenses du foyer dont elle constitue l’un des quatre membres – et sans nul doute le plus actif, puisque non seulement elle s’emploie à en préserver l’équilibre par ses talents de gestionnaire, mais elle contribue aussi à sa subsistance à proprement parler, cultivant le potager en dépit de son âge avancé – quand un tremblement secoue l’air, accompagné d’un vacarme de planches brisées, de moteurs emballés et de cris indistincts.
Elle se lève et va ouvrir la fenêtre d’où l’on peut embrasser du regard le rosier grimpant, les arbres centenaires, un tronçon de charmille et les massifs qui ponctuent, tels une bouche et des yeux de couleur, la pelouse centrale en forme d’œuf, à temps pour voir surgir du portillon, à l’autre extrémité, la grande silhouette de son neveu, dont les lèvres s’étirent et se referment sur l’un des rares mots qu’il daigne, ait jamais daigné, prononcer : Taaa-tie ! Taaa-tie !, car, il a beau avoir plus de cinquante ans, il n’est rien d’autre qu’un enfant – un enfant timide, empoté de surcroît.
Mêlées aux aboiements des quatre chiens formant son éternel cortège – quatre bâtards perdus ou peut-être abandonnés, en tout cas soignés et apprivoisés par le quinquagénaire –, ces uniques syllabes produisent à présent assez de bruit pour parvenir aux oreilles de Gabrielle, la doyenne, qui souffre pourtant de surdité ; aussi, détournant la tête de son ouvrage en tricot (un burnous destiné à un arrière-petit-neveu dont on n’a jamais vu que la photo), elle demande à sa cousine de quoi il s’agit exactement. Trop tard : Noélie s’est engouffrée dans l’entrée et réapparaît déjà à l’extérieur, menue dans son pantalon et son pull-over, le crâne surmonté d’un chignon blanc pareil au poing d’un marionnettiste qui la maintiendrait bien droite.
Taaa-tie ! Taaa-tie ! continue de crier l’homme, un bras tendu vers le portillon dont les croisillons découpent en figures géométriques le chemin et les bâtiments de ferme, ainsi que la petite route au-delà, si bien que Noélie doit multiplier les injonctions au calme avant de le précéder vers l’origine du vacarme, l’une des deux étables, plus précisément la grange dont elle est coiffée. Au pied de la rampe qui mène à celle de droite, un tracteur ronfle devant son chargement de foin, et l’on entend à l’intérieur du bâtiment des voix reconnaissables à leur accent et à leur timbre : celles de Roger, le fermier, et de ses deux fils trentenaires qui lui apportent volontiers de l’aide aux périodes de gros travaux, labours, moisson, ensilage ou encore fenaison, comme en ce mois de mai 1987.

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2014 
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27 août 2014

Dans le jardin de l'ogre - Leïla Slimani

Lu dans le cadre du Prix du Roman Fnac 2014

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product_9782070146239_195x320 Gallimard - août 2014 - 224 pages

Quatrième de couverture : 
« Une semaine qu'elle tient. Une semaine qu'elle n'a pas cédé. Adèle a été sage. En quatre jours, elle a couru trente-deux kilomètres. Elle est allée de Pigalle aux Champs-Élysées, du musée d'Orsay à Bercy. Elle a couru le matin sur les quais déserts. La nuit, sur le boulevard Rochechouart et la place de Clichy. Elle n'a pas bu d'alcool et elle s'est couchée tôt. 
Mais cette nuit, elle en a rêvé et n'a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s'est introduit en elle comme un souffle d'air chaud. Adèle ne peut plus penser qu'à ça. Elle se lève, boit un café très fort dans la maison endormie. Debout dans la cuisine, elle se balance d'un pied sur l'autre. Elle fume une cigarette. Sous la douche, elle a envie de se griffer, de se déchirer le corps en deux. Elle cogne son front contre le mur. Elle veut qu'on la saisisse, qu'on lui brise le crâne contre la vitre. Dès qu'elle ferme les yeux, elle entend les bruits, les soupirs, les hurlements, les coups. Un homme nu qui halète, une femme qui jouit. Elle voudrait n'être qu'un objet au milieu d'une horde, être dévorée, sucée, avalée tout entière. Qu'on lui pince les seins, qu'on lui morde le ventre. Elle veut être une poupée dans le jardin de l'ogre. »

Auteur : Leïla Slimani est née en 1981 à Rabat (Maroc). Elle vit à Paris. Dans le jardin de l'ogre est son premier roman. 

Mon avis : (lu en juillet 2014)
Après avoir lu le premier, seul auteur que je connaissais, j'ai décidé de classer les livres restants dans l'ordre du nombre de pages croissants (et pourquoi pas...) C'est donc le deuxième livre de la sélection que j'ai lu. 
Adèle, journaliste, est une femme mariée à Richard, un médecin, mère de Lucien, un petit garçon de trois ans. Une famille qui vit apparement heureuse. Mais la jeune femme cache un lourd secret : elle ne peut pas s'empêcher de draguer d'autres hommes et d'assouvir ses fantasmes. Lorsque Richard découvre l'addiction d'Adèle, il quitte Paris pour la Normandie, il décide de ne pas quitter sa femme mais espère réussir à la guérir. N'ayant plus de travail, Adèle reste au foyer pour s'occuper de la maison et de leur fils.
Je n'ai vraiment pas aimé ce livre que j'ai pourtant lu facilement. Je n'ai pas eu de sympathie pour ni pour Adèle, ni pour Richard. Lauren, l'amie d'Adèle, est le seul personnage que j'ai trouvé intéressant mais l'auteur l'a seulement survolé... J'ai trouvé cette histoire caricaturale, et la conclusion qui se termine en queue de poisson et laisse le lecteur en plan m'a horripilée... 
En finalisant ce billet, j'ai découvert que ce livre était un premier roman et que l'auteur était marocaine. Le sujet du livre est sans doute assez audacieux... mais pour ma part, la rencontre ne s'est pas faite...

Extrait : (début du livre)
Une semaine qu’elle tient. Une semaine qu’elle n’a pas cédé. Adèle a été sage. En quatre jours, elle a couru trente-deux kilomètres. Elle est allée de Pigalle aux Champs-Élysées, du musée d’Orsay à Bercy. Elle a couru le matin sur les quais déserts. La nuit, sur le boulevard Rochechouart et la place de Clichy. Elle n’a pas bu d’alcool et elle s’est couchée tôt.
Mais cette nuit, elle en a rêvé et n’a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s’est introduit en elle comme un souffle d’air chaud. Adèle ne peut plus penser qu’à ça. Elle se lève, boit un café très fort dans la maison endormie. Debout dans la cuisine, elle se balance d’un pied sur l’autre. Elle fume une cigarette.
Sous la douche, elle a envie de se griffer, de se déchirer le corps en deux. Elle cogne son front contre le mur.
Elle veut qu’on la saisisse, qu’on lui brise le crâne contre la vitre. Dès qu’elle ferme les yeux, elle entend les bruits, les soupirs, les hurlements, les coups. Un homme nu qui halète, une femme qui jouit. Elle voudrait n’être qu’un objet au milieu d’une horde, être dévorée, sucée, avalée tout entière. Qu’on lui pince les seins, qu’on lui morde le ventre. Elle veut être une poupée dans le jardin d’un ogre.
Elle ne réveille personne. Elle s’habille dans le noir et ne dit pas au revoir. Elle est trop nerveuse pour sourire à qui que ce soit, pour entamer une conversation matinale. Adèle sort de chez elle et marche dans les rues vides. Elle descend les escaliers du métro Jules-Joffrin, la tête basse, nauséeuse. Sur le quai, une souris court sur le bout de sa botte et la fait sursauter. Dans la rame, Adèle regarde autour d’elle. Un homme dans un costume bon marché l’observe. Il a des chaussures pointues mal cirées et des mains poilues. Il est laid. Il pourrait faire l’affaire. Comme l’étudiant qui tient sa copine enlacée et lui dépose des baisers dans le cou. Comme le cinquantenaire debout contre la vitre qui lit sans lever les yeux vers elle.
Elle ramasse sur le siège en face d’elle un journal daté d’hier. Elle tourne les pages. Les titres se mélangent, elle n’arrive pas à fixer son attention. Elle le repose, excédée. Elle ne peut pas rester là. Son cœur cogne dans sa poitrine, elle étouffe. Elle desserre son écharpe, la fait glisser le long de son cou trempé de sueur et la pose sur un siège vide. Elle se lève, ouvre son manteau. Debout, la main sur la poignée de la porte, la jambe secouée de tremblements, elle est prête à sauter.
Elle a oublié le téléphone. Elle se rassoit, vide son sac, fait tomber un poudrier, tire sur un soutien-gorge dans lequel ses écouteurs se sont emmêlés. Pas prudent ce soutien-gorge, songe-t-elle. Elle n’a pas pu oublier le téléphone. Si elle l’a oublié, elle devra retourner à la maison, trouver une excuse, inventer quelque chose. Et puis, non, il est là. Il a toujours été là mais elle ne l’a pas vu. Elle range son sac. Elle a l’impression que tout le monde la regarde. Que toute la rame se moque de sa panique, de ses joues brûlantes. Elle ouvre le petit téléphone à clapet et rit en voyant le premier nom.
Adam.
De toute façon, c’est fichu. Avoir envie, c’est déjà céder. La digue est rompue. À quoi servirait de se retenir ? La vie n’en serait pas plus belle. À présent, elle réfléchit en opiomane, en joueuse de cartes. Elle est si satisfaite d’avoir repoussé la tentation pendant quelques jours, qu’elle en a oublié le danger. Elle se lève, soulève le loquet poisseux, la porte s’ouvre.
Station Madeleine.

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2014 
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2/6

  Challenge Petit Bac 2014
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"Lieu" (10)

8 octobre 2014

Du sang sur la Baltique - Viveca Sten

Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226259776g Albin Michel - août 2014 - 384 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : I den innersta kretsen, 2009

Quatrième de couverture : 
Par une belle journée de juillet, une foule impatiente assiste au départ du Tour de Gotland, la plus importante régate d’Europe du nord. Mais le voilier qui fait la course en tête abandonne soudainement. Son skipper, le vice-président de la prestigieuse Royal Swedish Yachting Society, vient d’être abattu. Et si cet avocat très médiatique, père de famille respectable, n’était pas celui que l’on croit ?
Maîtresse bafouée, concurrent jaloux… la liste des suspects s’allonge au fur et à mesure d’une enquête délicate où l’inspecteur Thomas Andreasson  tente de percer à jour une élite mondaine prête à tout pour sauver les apparences. Même à tuer une seconde fois...

Auteur : Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s'est lancée dans l'écriture. Sa série, qui met en scène l'inspecteur Andreasson et l'avocate Nora Linde sur l'île de Sandhamn, compte déjà 5 tomes. Succès phénoménal en Suède et dans le monde, la série est publiée dans une quinzaine de pays et vient d'être adaptée en série pour la télévision suédoise.
Comme ses héros, l'auteur possède une vieille maison familiale sur l'île de Sandhamn et y a passé tous les étés de sa jeunesse.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
Il y a deux ans, j'ai découvert cette nouvelle auteur suédoise et lorsque les éditions Albin Michel m'a proposé de découvrir ce deuxième tome de la série, je n'ai pas hésité
Tout commence sur l'île de Sandhamn lors du départ de la prestigieuse régate du Tour de Gotland. Les voiliers concurrents sont à proximité de la ligne de départ, celui-ci est imminent... Tout autour, les spectateurs attendent sur terre, sur d'autres embarcations... Soudain, c'est le coup de feu du départ. Au même instant, Oscar Juliander, un des favori de la régate, s'effondre, il a été abattu d'une balle en plein poitrine. La victime est un célèbre avocat d'affaires, il est marié et père de famille, c'est un passionné de voile, il était vice-président du Club nautique KSSS et devait bientôt devenir président, il collectionnait également les aventures... L'inspecteur Thomas Andreasson et son équipe vont mener une enquête longue et minutieuse, les pistes sont nombreuses, les coupables multiples...
Le lecteur suit pas à pas l'enquête avec les nombreux personnages mis en cause ou témoins, les questionnements de la police... Il découvre également les à côtés de l'enquête, la vie quotidienne sur l'île de Sandhamn, les vies personnelles des enquêteurs, on retrouve avec plaisir Nora Linde, l'amie d'enfance de Thomas, juriste. 
Une intrigue très réussie avec une conclusion plutôt inattendue. Une série prometteuse, il y a encore cinq tomes parus en suédois et pas encore traduit en français, je serai donc ravie de retrouver prochainement Thomas et Nora...

Merci Marlène et les éditions Albin Michel pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
Dimanche


La voix féminine égrenait lentement le compte à rebours sur le canal 16 de la radio de bord : « Dix, neuf, huit... »
La mer fourmillait de bateaux. Les grands voiliers de course aux coques rutilantes s'alignaient sur la ligne de départ à quelques encablures de Sandhamn. Autour d'eux, les spectateurs manœuvraient leurs embarcations pour avoir un bon point de vue. La tension montait. Jumelles à la main, ils suivaient le spectacle qui se déroulait sous leurs yeux.
Un gros dragueur de mines prêté par la marine se tenait à tribord de la ligne de départ. Les grandes voiles se gonflaient comme des ballons pour profiter au mieux de la faible brise.
Toutes les conditions étaient réunies pour une régate passionnante.
La voix continuait le décompte :
« Sept, six... »
Les concurrents manœuvraient habilement pour se mettre en position de départ. Un miracle qu'ils n'entrent pas en collision. Ils n'étaient parfois séparés que de quelques dizaines de centimètres dans leur lutte pour obtenir la meilleure place, au plus près de la bouée orange.
« Cinq, quatre... »
À trois, le pistolet devait donner le départ. Il fallait quelques secondes pour entendre le coup de feu.
Le vice-président du club nautique royal KSSS et avocat Oscar Juliander, sûr de lui, était campé à la barre de son Swan, une élégante beauté baptisée Emerald Gin. Dix-huit mètres soixante, quinze hommes d'équipage, le voilier construit dans un chantier naval en Finlande avait coûté les yeux de la tête : plus de douze millions.
Mais il les valait, jusqu'à la dernière couronne, pensa Oscar Juliander. Il faudrait se lever tôt pour l'empêcher de gagner. Cet été, il remporterait la coupe du Tour de Gotland, coûte que coûte.
Il était gonflé d'adrénaline. Mon Dieu, ce qu'il aimait la voile !
Il jeta un coup d'oeil alentour et nota avec satisfaction la présence de l'hélicoptère de la télévision qui tournait au-dessus de la zone. Cela ferait de belles images quand l'Emerald Gin franchirait en premier la ligne de départ.
Comme d'habitude, il n'avait rien contre l'idée d'être en vue dans les médias, et les médias n'avaient rien contre celle de le mettre en avant. Il suffisait de se maintenir dans le vent pour conserver cette position que tous lui enviaient.
Il serra les poings. Bientôt, très bientôt ils s'élanceraient vers Gotland.
L'étrave bouillonnait dans l'écume, à quelques mètres de la ligne. Il ne fallait pas la franchir en avance, sous peine de devoir recommencer. Une pénalité qui faisait perdre de précieuses minutes et pouvait coûter la course.
Il retint son souffle tandis que finissait le compte à rebours. Ils étaient si près maintenant qu'il aurait pu toucher la bouée.
La traînée de fumée du pistolet apparut dans le ciel et, un instant plus tard, le coup de feu retentit au-dessus de la mer.

Déjà lu du même auteur :

la_reine_de_la_baltique La Reine de la Baltique

 

Challenge 2% Rentrée Littéraire 2014 
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11/12

  Challenge Petit Bac 2014
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"Matière" (10)

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  7/25

16 juillet 2014

Le cœur régulier - Olivier Adam

Lu dans le cadre du Challenge
 
"Ecoutons un livre"
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Audiolib - février 2011 - 5h11 - Lu par Christine Boisson

Editions de l’Olivier – août 2010 – 231 pages

Points - août 2011 - 216 pages

Quatrième de couverture : 
« De loin, on ne voit rien », disait souvent Nathan. Depuis la mort de ce frère tant aimé, Sarah se sent de plus en plus étrangère à sa vie. En plein désarroi, elle se réfugie dans un village japonais où Nathan disait avoir trouvé la paix, auprès d’un certain Natsume. Sarah espère se rapprocher ainsi de ce frère disparu. Mais c’est sa propre histoire qu’elle va redécouvrir, non sans périls.
Dans ce roman qu’on pourrait dire impressionniste, Olivier Adam scrute les plus infimes mouvements du cœur tout en posant les grandes questions qui dérangent…
Il fallait beaucoup de finesse pour déplier la délicate étoffe des sentiments qui liaient Sarah à son frère Nathan. L’interprétation de Christine Boisson restitue à merveille la complexité de ces émotions qui affleurent à peine à la conscience.

Auteur : Olivier Adam est né en 1974. Après avoir grandi en banlieue et vécu à Paris, il s’est installé à Saint-Malo. Il est l’auteur de nombreux livres souvent primés, dont Passer l’hiver (Goncourt de la nouvelle 2004), À l’abri de rien, (prix France Télévisons 2007 et prix Jean-Amila-Meckert 2008), Des vents contraires (Prix RTL-Lire 2009).

Lecteur : Christine Boisson ne craint pas les textes, les réalisateurs ou metteurs en scène exigeants. Elle fut Cora dans Extérieur nuit, de Jacques Bral, Ida, dans Identification d’une femme, d’Antonioni, joua Racine sous la direction de Roger Planchon et Harold Pinter, sous celle de l’auteur. D’indiscutables gages d’excellence.

Mon avis : (écouté en juillet 2014)
Sarah a une vie bien réglée, mariée, mère de deux adolescents, une belle maison et un travail. Mais son frère, Nathan, s'est tué dans un accident de voiture et lorsque qu'elle apprend le drame, Sarah ne peut s'empêcher de penser : « il l’a fait exprès ». Car Nathan a toujours été un jeune homme instable. Pendant l'enfance et l'adolescence, Sarah et Nathan étaient très proches et Sarah se reproche le geste de son frère, elle s'est peu à peu éloignée de lui. Dans ce livre, Sarah nous raconte sa fuite au Japon sur les pas de son frère. Elle se retrouve dans un petit village japonais situé au pied de falaises. Nathan y avait rencontré Natsume, un ancien policier qui sauve des vies.
Je n'ai pas autant apprécié cette écoute que ma lecture du livre papier. J'ai d'abord eu du mal à m'habituer à la lectrice dont le ton ne m'était pas agréable. Ensuite, même en connaissant l'histoire, j'ai eu du mal à distinguer par l'oreille les noms des personnages japonais, il faudra que je relise ce livre sous forme papier...

Extrait : (début du livre)
C'est une nuit sans lune et c'est à peine si l'on distingue l'eau du ciel, les arbres des falaises, le sable des roches. Seules scintillent quelques lumières, de rares fenêtres allumées, une dizaine de lampadaires le long de la plage, deux autres aux abords du sanctuaire, le néon d'un bar, un distributeur de boissons, myriade de canettes multicolores sous l'éclairage cru. Plus grand monde ne s'attarde à cette heure. La fin de l'été a ravalé les touristes, les dernières cigales crissent dans les jardins de la pension, nous sommes fin septembre mais il fait encore tiède. Par la baie entrouverte monte la rumeur du ressac. S'y mêlent le froissement des feuilles, le balancement des bambous, les craquements des cèdres. Les singes se sont tus peu après la tombée du jour, tout à l'heure ils hurlaient de panique, puis l'obscurité a tout recouvert et ils ont renoncé. Je rentrais des falaises par ce chemin sinueux que j'emprunte depuis déjà six jours. Sous la voûte des grands arbres où se croisaient les premières chauves-souris et les dernières buses, au milieu des fougères et des tapis de mousse, je longeais des lanternes déjà familières, des rosa rugosa encore fleuris des camélias aux feuilles luisantes, des érables encore verts, des maisons de bois par les fenêtres desquelles se devinaient des mobiliers à ras du sol, des cloisons de papier, l'écru blond des tatamis. Il n'était pas sept heures, mais déjà des repas s'y préparaient, répandaient leurs parfums moites de bouillon et d'algues, de thé vert et de soja. Trois gamins en tenue de base-ball me suivaient en bavardant, la batte sur l'épaule. Ils ont bifurqué dans mon dos sans que je m'en aperçoive, quand je me suis retournée il n'y avait plus personne, j'aurais aussi bien pu avoir été filée par des fantômes. Arrivée à la pension, je me suis installée près des fenêtres, accroupis autour d'une table en bois laqué nous n'étions que cinq à dîner, Katherine, moi-même et trois Japonais : un couple élégant et silencieux, tous deux vêtus de kimonos sobres et parfaitement coupés, visages aux traits si fins qu'on les aurait dits échappés d'un film, d'une photo. Et, légèrement en retrait, un homme d'une cinquantaine d'années, costume anthracite sur chemise claire, dont la bouche arborait en permanence une cigarette entièrement blanche. Il les sortait d'un paquet souple et bleu ciel et ne s'interrompait que pour avaler quelques bouchées ou boire une gorgée de bière d'une longueur inhabituelle, comme s'il tentait de vider son verre en un seul trait.

 

Déjà lu du même auteur :

a_l_abris_de_rien_p A l'abri de rien    falaises Falaises  
 Des_vents_contrairesDes vents contraires  je_vais_bien_ne_t_en_fait_pas_p Je vais bien, ne t'en fais pas
 le_coeur_r_gulier  Le cœur régulier    kyoto_limited_Express  Kyoto Limited Express  

a_l_ouest_p  A l'ouest  les_lisi_res Les lisières 91573026 Comme les doigts de la main 



11 juin 2014

Et la colère monta dans un ciel rouge et noir - Haddid Aggoune

Lu en partenariat avec StoryLab éditions

et la colère Storylab édition - juin 2014 - 45 pages

Présentation éditeur :
« 
Et la colère monta dans un ciel rouge et noir » est l'histoire d'un homme tiraillé entre sa bonté naturelle et son désir de vengeance.
Professeur de littérature dans une favela de Rio, supporter du mythique club de football Flamengo, Henrique Da Silva est le témoin désabusé de la préparation de la Coupe du monde dans son pays. À quelques jours du coup d’envoi, une dernière bavure militaire va faire basculer sa vie.
Celui que l’on surnomme « Le Professeur » ne veut plus être une victime. Il se laisse envahir par la colère, la sienne, celle de tout un pays.

Auteur : Hafid Aggoune est né à Saint-Etienne en 1973 avec le vert des yeux de sa mère et du légendaire maillot stéphanois. Après son bac, il quitte sa ville natale pour vivre à Lyon, finance des études supérieures par différents petits emplois, tout en écrivant de la poésie, un important journal et ce qui deviendra son premier roman.
En 2002, après avoir vécu à Aix-en-Provence et à Venise, il choisit de s’installer à Paris. Deux ans plus tard, il publie Les Avenirs aux éditions Farrago, un premier roman salué par la critique et récompensé par le prix de l’Armitière et le prestigieux prix Félix Fénéon. En 2013, une édition revue et corrigée de ce livre est publiée aux éditions StoryLab.
Hafid Aggoune est l’auteur de trois autres romans : Quelle nuit sommes-nous ? (éd. Farrago/Verdier), Premières heures au paradis (éd. Denoël) et Rêve 78 (éd. Gallimard/coll. Joëlle Losfeld).

Mon avis : (lu en juin 2014)
Ce livre numérique est l'occasion de découvrir les éditions StolyLab qui proposent des fictions et des documents d'actualité à lire en moins d'une heure. C'est un beau récit sur la colère d'un père de famille brésilien qui fait écho à la colère grandissante des Brésiliens face aux abus et aux aberrations occasionnés par la Coupe du monde de football 2014. Henrique Da Silva est professeur de littérature dans la favela de la Maré, veuf. A quelques jours du coup d'envoi de la Fête du Football Mondial, Luiz son petit garçon est à l'hôpital, il a reçu une balle dans le dos lors d'une manifestation... 
Un bon moment de lecture qui nous rappelle que ce Mondial de Football a un peu oublié le jeu et les plus pauvres pour les contrats juteux !

Merci Claire et StoryLab éditions

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Extrait : (début du livre)
Henrique Da Silva poussa le moteur de sa Monza comme jamais il ne l'avait fait. Le soleil lui faisait face et ne touchait plus l'horizon. La Chevrolet qu'il s'était offert pour fêter le quatrième titre national du C.R. Flamengo, il y a vingt ans, continuait sa course aveugle à toute allure, sans défaillir. Sur le siège passager, les livres et un Beretta étaient maculés de sang. Les amortisseurs étaient mis à rude épreuve. Chaque virage donnait lieu à un dérapage qui aurait plus à son fils Luiz. Agité par l'adrénaline, Henrique était persuadé d'avoir fait les bon choix.
Quelques heures avant, celui que l'on surnommait depuis son adolescence le « Professeur » avait attrapé le sac de sport de son fils Luiz, celui aux couleurs de Flamengo, ouvert le cadenas de son tiroir de bureau pour en extirper le 9 mm et une liasse de billets (toutes ses économies à vrai dire). Mais avant de jeter le tout au fond du sac, il découvrit le maillot du dernier macth de Luiz, pas lavé, avec sa sueur, son odeur, traces qu'il ne pourrait plus effacer, celle d'une vie où son petit pouvait encore courir, heureux, plein de vie et de vitesse, aussi rapide sans qu'avec le ballon aux pieds. Henrique dût lutter pour contenir les larmes, ce qui le rendit plus déterminé que jamais et crispa d'avantage une machoire carnassière que ses nerfs ne desserraient plus.
Après avoir quitté le parking de l'école et jeté le sac dans le coffre, le Professeur repensa aux sermons de son épouse à propos de la faible puissance des phares. La nuit allait tomber sans prévenir et la vieille Chevrolet faisait regretter de ne pas avoir pris au sérieux les remarques d'Isabella toutes ces années. Il conduisait prudemment, ce n'était pas le moment de sortir de la route ou de se perdre. Au bout du fil, l'homme avait été clair : détruire et jeter le téléphone avec lequel il l'avait contacté, être à l'heure et seul.
Après avoir filé dans une nuit sans lune, il arriva, les yeux fatigués à cause des maudits phares défaillants. La baraque, située au Nord, en lisière de forêt, était  perdue au milieu des vapeurs d'humidité et semblait déserte. Il laissa volontairement la Chevrolet dans une impasse, loin de l'entrée. Il descendit de la voiture et prit l'arme du coffre. Pour la première fois depuis qu'il avait ramassé le Berretta, il marchait armé et, tout en approchant de la construction où vivait l'homme, il serrait la crosse dans la poche gauche de son blouson, incapable de contrôler le doigt qui en titillait les formes — par le biais d'un jeune de la favela, Maicom, un ancien élève qui lui rendait certains services, il n'avait eu aucun mal à trouver les balles pour le charger ; là où il avait grandi et enseignait désormais, il était plus facile de trouver un lance-roquettes qu'un roman d'Hemingway.
Henrique traversa un jardin jonché de pinhas sèches qui lui rappelèrent son fils. Depuis ses trois ans, Luiz collectionnait tout ce qui sortait de terre ou tombait des arbres, avec une prédilection particulière pour ces pommes de pin typiques qui finissaient par ressembler à des fleurs une fois déshydratées. La flore qui entourait Rio était si riche que le petit n'avait jamais fini d'enrichir son herbier. Par reflexe, le Professeur en ramassa quelques-unes et les glissa dans la poche libre de son blouson. Même si Luiz avait peu de chance de remarcher un jour et quoique le sort lui réserve, sa collection continuerait à s'agrandir.

   Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Couleur" (10)

9 juillet 2014

Platine - Vincent Brunner

Lu en partenariat avec les éditions Flammarion Jeunesse

platine Flammarion jeunesse - juin 2014 - 348 pages

Quatrième de couverture : 
Pour Eva, le rock, c'est sa vie. Elle ne lâche pas son casque, écoute de la musique dans sa chambre, la rue, le bus, au lycée. Alors que faire de ces vieux vinyles poussiéreux ayant appartenu à ce père qu'elle n'a jamais connu ? Après quelques larmes et beaucoup de fous rires, Eva accepte son histoire et sait enfin d'où vient son âme de rockeuse !

Auteur : Vincent Brunner est journaliste, spécialisé dans la musique et la bande dessinée. 
Il a été chef de rubrique musique des Rolling Stone pendant trois ans et a écrit plusieurs ouvrages sur des chanteurs, notamment En quarantaine, avec/sur Christophe Miossec (Flammarion) et Bob Dylan au-delà du mythe (City).
Actuellement, il écrit sur la musique pour divers magazines (VSD, Spray, KR Homestudio, Beachbrother, Snatch).

Mon avis : (lu en juillet 2014)
Eva est une adolescente en classe de seconde, elle vit en musique et plus spécialement avec le rock ! Elle sait depuis son plus jeune âge que Enzo son père biologique est mort dans un accident de voiture avant sa naissance. Son père c'est Richard, celui qui l'a élevée avec sa mère. Un jour, ses grands-parents paternels lui donnent un sac contenant de vieux disques vinyles ayant appartenu à Enzo. Ces disques vont bouleverser les habitudes d'Eva et la faire grandir. Elle va être confrontée à l'histoire de ce père qu'elle laissait de côté...
L'auteur est un grand connaisseur en matière de musique, les références musicales sont nombreuses. C'est un livre très actuel, typiquement pour adolescents qui traite des thèmes tel que l'amitié, la famille, l'amour, la musique mais aussi l'identité puisqu'Eva a une histoire particulière. J'ai trouvé ce roman sympathique à lire malgré quelques longueurs. 

Merci Brigitte et les éditions Flammarion Jeunesse pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
Après avoir jeté un petit coup d'oeil dans la glace de l'entrée et calmé une mèche trop rebelle, je ferme mon blouson, j'appuie sur play et c'est parti. La voix du chanteur tellement craaaquant de My Chemical Romance résonne dans mes oreilles et me donne le courage d'affronter le froid. Ah, si ses parents lui avaient choisi un prénom moins ringard que Gerard ! Heureusement, à l'américaine, ça sonne un peu mieux.
« Na na na, na na na... »
Par la pensée, je reprends à tue-tête le refrain et marche d'un bon pas vers l'arrêt de bus. 
Comme chaque matin, je me suis préparée la playlist parfaite pour arriver au lycée avec, disons, le maximum d'enthousiasme que je puisse mettre.
Pour être honnête, pendant mon trajet, j'essaye de penser à tout sauf aux longues heures que je vais passer, assise à entendre des profs réciter des cours qui, à vrai dire, ne m'intéressent pas. Mais, bon, ça fait partie du contrat avec mes parents. Je fais mon job, je ne sèche aucune heure et tant que j'ai plus ou moins la moyenne (plus, c'est mieux), ils me laissent tranquille. De toute façon, j'ai encore un an de répit. L'année prochaine, le bac français, et ensuite la totale. Normale que je profite de la dernière année de paix, non ?

 Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Matière" (5)

24 mai 2014

Minitel & Fulguropoing - Davy Mourier

Lu en partenariat avec J'ai Lu

9782290079294 J'ai Lu - avril 2014 - 160 pages

Quatrième de couverture :
Mais comment faisait-on avant Internet ? Ce livre nous donne une réponse en jouant avec la nostalgie des années 80-90, quand le Club Dorothée et les Chevaliers du Zodiaque étaient à leur apogée, quand K2000 et Arnold et Willy étaient les séries les plus regardées AU MONDE... Une époque où les téléphones portables et les GPS n’existaient pas ! Davy Mourier nous replonge dans notre enfance en pointant du doigt les différences entre le monde d’hier et celui d’aujourd’hui. Tendre et ironique mais toujours drôle, ce livre comblera tous ceux qui ont grandi à une époque où les stars du rap français s’appelaient Benny B, où les slogans publicitaires étaient « Treets : fond dans la bouche, pas dans la main », et même tous ceux qui ont un jour essayé de danser le smurf...

Auteur : Davy Mourier est un acteur, scénariste, réalisateur, graphiste, animateur et auteur de bande dessinée français. Passionné de comics et de jeux vidéo, il est le cofondateur du collectif Une case en moins, il est animateur pour la chaine Nolife aux côtés de Didier Richard et Rémy Argaud.

Mon avis : (lu en mai 2014)
Dans les années 80 et 90, internet n'existait pas, les téléphones n'étaient pas portable et pourtant nous en gardons plein de souvenirs : Pub, séries, dessins animés, marques...
Voilà un livre qui se feuillette facilement et où le retrouve des souvenirs des années 80 et 90 : Tout n'était pas mieux avant, mais se retour en enfance a un goût de nostalgie mais également d'humour. 

Je ne connaissais pas l'auteur contrairement à mes adolescents, ils ont donc été curieux de découvrir ce livre qui reflète la fin de l'adolescence de leurs parents et pour les plus âgés un peu de leur petite enfance !

Autre avis : Sofinet

Extraits :  
Les marques qui changent #1 (page 24)
Papou
On prend la même recette que les Pépitos et on appelle ça Papou. Même concept post-colonialiste pour le logo que celui de Banania, du coup les gâteaux disparaissent et laisse la place à... GRANOLA.

Nesquik on en a une énorme envie
Groquik, l'énorme mascotte de Nesquik, disparaît pour laisser sa place à Quicky le lapin insipide. Groquik ayant un ventre énorme, Nestlé se rend compte que le personnage peut inciter les enfants à devenir obèses... Heureusement que Quicky, le lapin anorexique qui mange cinq fruits et légumes par jour, est là pour nous sauver.

Le cadeau Bonux
Bonux, la lessive que les enfants demandaient à leurs parents pour avoir le jouet en plastique qu'il y avait dedans... mais qui ne jouaient jamais avec car celui-ci sentait trop la lessive. Bonux devient Génie sans frotter... Je suppose qu'à cause du jouet dans le paquet en carton, des enfants ont dû s'étouffer en prenant la lessive pour un paquet de céréales. ( Attention, je ne suis pas sûr de la véracité de mes propos.)

Le réveille-matin  (page 24)
Aujourd'hui, nous avons tous des téléphones qui ont l'option "Réveil". Mais bien avant ça, nous avions tous des réveils avec l'option : "Bruit mécanique que tu dois arriverà ignorer pour dormir."

Au début, les réveils étaient tout bêtes, avec deux aiguilles et un tic-tac. Puis les technologies ont évolué et les heures sont devenues phosphorescentes. Ensuite, on a atteint le summum des avancées technologiques avec des personnages qui bougeaient en même temps que les aiguilles.

Qui n'a pas vu la poule qui picore sur les réveille-matin des années 80 ?
Une poule et son poussin étaient dessinés et le cou de la poule était animé pour picorer au rythme des secondes. Non, ça ne vous dit rien ? Bon, en tous cas, vous n'avez pas pu passer à côté des montres et des réveils Flik Flack. La marque existe encore aujourd'hui mais les mascottes ont disparu. Elles ont probablement dû aller se réfugier sur l'île des mascottes abandonnées, en compagnie de Malabar et de Groquik.

Les heures sympas
16h30 --> Quand on est en primaire
17h00 --> Quand on est au collège
18h00 --> Quand on est au lycée

6 février 2014

Demain, j'arrête - Gilles Legardinier

Ecouté en partenariat avec Audiolib

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Audiolib - janvier 2014 - 8h50 - Lu par Ingrid Donnadieu

Fleuve Noir - novembre 2011 - 350 pages

Pocket - avril 2013 - 404 pages

Pocket - novembre 2013 - 406 pages (édition spécial Noël)

Quatrième de couverture :
Et vous, quel est le truc le plus idiot que vous ayez fait de votre vie ? Au début, c'est à cause de son nom rigolo que Julie s'est intéressée à son nouveau voisin. Mais très vite, il y a eu tout le reste : son charme, son regard, et tout ce qu'il semble cacher... Parce qu'elle veut tout savoir de Ric, Julie va prendre des risques de plus en plus délirants... Un succès surprise porté par plus de 600 000 lecteurs enthousiastes.

Une interprétation pleine d’émotion, qui laisse filtrer ses « morceaux de soi » que l’on nomme intériorité. Bénéfique et joyeuse.

Auteur : Avec cette première comédie, Gilles Legardinier – déjà remarqué pour ses deux thrillers L’Exil des Anges et Nous étions les hommes – révèle une nouvelle facette d’une imagination qui n’a pas fini de surprendre. Drôle, percutant, terriblement touchant, son nouveau roman confirme ce que tous ceux qui ont lu un de ses livres savent déjà : Gilles a le don de raconter des histoires qui nous entraînent ailleurs tout en faisant résonner notre nature la plus intime. Voici un livre qui fait du bien !

Lecteur : Ingrid Donnadieu a joué au théâtre sous la direction de Jean- Luc Moreau, Nicolas Briançon, Paulo Correa, Pierre Beffeyte et Christophe Lidon. Au cinéma et à la télévision, on l’a notamment aperçue dans Le Serpent d’Eric Barbier et dans VDM réalisé par Fouad Benhammou. Elle prête sa voix à de nombreuses actrices telles que Maggie Grace (Taken, Taken 2, Lock Out), Zoa Saldana (Avatar, Star Treck 1 et 2) ou encore Sienna Miller.

Mon avis : (écouté en janvier et février 2014)
Après ma découverte de Gilles Legardinier est son livre Complètement cramé !, j'étais curieuse de découvrir son premier livre et avec la sortie de ce livre début 2014 en version audio, j'ai sauté sur l'occasion.

Voilà une histoire sans prétension, pleine d'humour et de fraîcheur. Julie est une trentenaire avec une bonne bande d'amis, un nouveau nommé Ric Patatras vient d'emménager dans son immeuble. Julie va user de stragèmes les plus loufoques pour arriver à le rencontrer... Finalement la rencontre se fera devant les boîtes à lettres, Julie avec sa main coincée dans la boîte à lettres de Ric... Puis sous le charme, Julie fera tout pour se rapprocher de Ric... 
Au début cette histoire m'a fait penser  "L'accro au shopping" mais autant Becky est insupportable, autant Julie est attachante, maladroite, gaffeuse, le coeur sur la main, prête à rendre service, à faire du bien autour d'elle. L'intrigue est distrayante, c'est une lecture qui fait du bien... Pour le chat et le bonnet péruvien de la couverture... leur présence est vraiment anecdotique !

Côté audio, c'est un livre très agréable et pratique à écouter, les chapitres sont assez courts et la numérotation du chapitre est indiquée à chaque début. C'est donc très pratique si on a perdu le fil de l'histoire ou pour savoir où l'on doit "mettre le marque page"... 
En fin de CD, il y a également un entretien avec l'auteur très intéressant.

Merci à Margaux et aux éditions Audiolib pour m'avoir permis d'écouter ce livre qui m'a fait passer un bon moment.

Extrait : (début du livre)
Vous avez déjà rencontré des gens qui font une fête pour leur divorce ? Moi, oui. D'habitude, ce sont plutôt les futurs mariés qui s'amusent. On les entend klaxonner le samedi quand ils roulent en cortège vers la mairie, on les croise la veille en bandes, dans les rues, habillés en clown ou quasi nus. À grand renfort de trompettes et de tambourins, ils exhibent aux badauds ternes leur joie d'enterrer leur vie de jeunes célibataires - parfois à plus de trente-cinq ans... Mais moins d'un an plus tard, quand les 19% des statistiques se séparent, plus personne ne lance de confettis. Eh bien, Jérôme, si.
Je n'ai pas assisté à ses deux premiers mariages; mais j'étais présente au troisième. Trois mariages et trois divorces à trente-deux ans, ça interpelle. Le proverbe dit : «A ton deuxième naufrage, n'accuse pas la mer.» La sagesse populaire ne s'est pas aventurée jusqu'au troisième.
De vous à moi, je trouve sa fête de divorce bien plus sympa que ses noces. Plus question de frime, plus de codes sociaux, adieu les passages obligés, envolée la robe dans laquelle on étouffe, rangés les escarpins hauts comme des falaises qui peuvent vous tuer si vous trébuchez, plus de quête pour la réfection de l'église, pas de menu avec des plats qui se la racontent dans des sauces indigérables, et plus aucune blague débile de son oncle Gérard - qui d'ailleurs n'est pas invité. Simplement des gens avec qui il a de vrais liens et à qui il a eu l'honnêteté de dire : «C'est encore loupé mais je tiens à vous.» Je crois que même sa première femme est là.
Et c'est ainsi que je me retrouve, un samedi soir d'octobre, dans un bel appartement bondé, au milieu de gens qui s'amusent vraiment grâce à Jérôme. Il est encore tôt, on sourit, on échange au hasard, et tout le monde parle de ce qu'il a raté, de ce qu'il regrette, dans une ambiance assez surréaliste mais légère. On se croirait aux «Foireux anonymes». C'est Jérôme qui a ouvert le bal :
- Merci à tous d'être là. Il n'y a rien à célébrer sinon le plaisir que j'ai de vous connaître. Chacun de vous fait partie de ma vie. Je préfère préciser immédiatement que les cadeaux que vous aviez généreusement offerts - enfin surtout pour certains - ne seront pas remboursés. Ce soir, je n'ai plus de beau costume, je ne compte plus sur vous pour financer mon voyage de noces, je n'ai d'ailleurs même plus de femme. Par une perversion dont je ne me savais pas capable, je me demande si ce divorce d'avec Marie n'était pas uniquement motivé par l'envie de cette soirée avec vous. Alors j'assume tout. Je vous fais le cadeau d'être le pire, d'être la référence par le bas, d'être le trente-septième dessous. Si un jour vous vous sentez minable, si vous culpabilisez sur vos échecs et que vous vous en voulez, pensez à moi et j'espère sincèrement que vous irez mieux.
Tout le monde a ri, tout le monde a applaudi, et puis une fille a commencé à raconter comment elle s'était fait virer de son boulot trois semaines plus tôt parce qu'elle a éclaté de rire au nez d'un petit excité qui la draguait. Elle l'a pris pour un commercial testostéroné alors que c'était le jeune et fringant P.-D.G. du plus gros client de son patron... Au chômage et morte de rire. Et tout le monde a suivi.

 Challenge Petit Bac 2014
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"Moment/Temps" (3)

Déjà lu du même auteur : 

completement_crame Complètement cramé !

9 mars 2014

Wifi Génie - Luc Blanvillain

Lu en partenariat avec Scrineo Jeunesse

v_book_237 Scrineo Jeunesse - février 2014 - 147 pages

Quatrième de couverture :
En vacances chez sa grand-mère à Morlaix, Fabien, un adolescent tranquille et fan de l'informatique, hérite d'un ordinateur hors d'usage, mais pas banal. Quand Fabien le répare, il n'en sort rien de moins qu'un génie !
Un génie oui, et en plus, pas n'importe lequel. un génie de l'ordinateur, capable de créer à partir du virtuel grâce au copier-coller, tout ce que Fabien désire dans la réalité ! Dès lors, les possibilités s'avèrent sans limites. Sauter une après-midi rando avec sa grand-mère, recommencer la partie après un rendez-vous pas très concluant avec une jolie fille, etc. Mais Fabien n'est pas au bout de ses surprises. car amener le virtuel dans la réalité peut souvent s'avérer beaucoup plus dangereux qu'il ne l'imagine.

Auteur : Né en 1967, Luc Blanvillain est professeur de lettres. Il a déjà publié 4 romans pour la jeunesse, dont Un amour de geek (2011) et Une histoire de fou (2011). Dans ses romans, il aborde souvent les thèmes des adolescents, des problèmes familiaux, de la croyance fanatique et de l'indiscipline. Il s'inspire non seulement de ses enfants mais aussi des jeunes qu'il observe dans ses classes. Luc Blanvillain vit à Lannion, en Bretagne.

Mon avis : (lu en mars 2014)
Alors que ces parents sont partis en voyage à Venise, Fabien est en séjour à Morlaix chez Annette sa grand-mère. Cette dernière est très dynamique et adore les randonnées. Fabien, adolescent de quatorze ans, préfèrerait passer ses vacances allongé sur la plage  que sur les sentiers bretons... Mais lorsqu'il trouve dans sa chambre un vieil ordinateur que sa grand-mère a acheté sur une brocante, il se dit que les vacances commencent bien ! Mais il n'a pas encore tout vu... En effet, l'ordinateur est magique et un génie l'habite. En démarrant l'ordinateur, Fabien a libéré le génie et celui-ci va pouvoir lui faire découvrir tous les pouvoirs de la machine...
J'ai trouvé l'histoire charmante, originale et pleine d'humour.
Les personnages d'Annette l'adorable grand-mère, de Fabien et d'Hippolyte (dit Hippo) le génie sont sympathiques et attachants. Le personnage de Daphné est plus caricaturale mais nécessaire dans l'intrigue.
Ce livre dénonce les dangers de l'internet et des virus informatiques qui peuvent contaminer un ordinateur. En fin du livre, il se trouve un dossier très intéressant qui répertorie une petite dizaine de types de programmes malveillants.
Seul bémol à ma lecture, j'ai trouvé la typographie de la police d'écriture du livre trop fine et en condition de lumière moyenne, j'ai eu du mal à le lire. 
Livre à lire à partir de 11 ans.

Merci à l'auteur et aux éditions Scrineo Jeunesse 

Extrait : ici

Déjà lu du même auteur :

un_amour_de_geek Un amour de geek  crimes_et_jeans_slim_p Crimes et jeans slim 

2013_10_14_195047 Le Démon des brumes

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Challenge Rentrée Hiver 2014

4 février 2014

Couleur de peau : miel, tome 3 - Jung

tome_3_couv_couleur_peau_miel Editions Soleil - septembre 2013 - 142 pages

Présentation éditeur :
Jung clôt ce voyage intérieur par l’évocation de ses années de jeunesse, étudiant à l’Institut Saint-Luc, amateur de jolies filles et de dessins. Il évoque aussi ce récent voyage en Corée effectué en 2011 pour le tournage de l’adaptation audiovisuelle de la série.

Soulagement, sentiment d’appartenance retrouvé ou acculturation définitive ? Ses sentiments sont complexes et troublants. Et son récit toujours bourré d’humour et d’émotions.
Démarche autobiographique peu commune entamée en 2007, Couleur de peau : miel a déjà reçu un accueil sans précédent tant le témoignage est authentique et universel.
Le courrier des lecteurs demeure abondant et bouleversant. L’adaptation cinéma a été présentée depuis le Japon jusqu’aux Émirats arabes unis, du Canada à l’Australie, et maintes fois récompensées.
Jung a touché un point auquel nous sommes tous sensibles : nos racines. Savoir les situer, sur cette terre de mondialisation et de revendications nationalistes est peut-être une nécessité.

Auteur : Sik Jun Jung est né le 2 décembre 1965 à Séoul, en Corée. Adopté par une famille belge en 1971, il prend pour nom d'adoption Jung Henin. Il suit des études d'Humanités Classiques (latin et mathématiques) à l'Athénée Royal de Rixensart, avant de fréquenter un an, en 1985, l'atelier Saint-Luc de Bruxelles. Il étudie ensuite à l'académie des Beaux-Arts de Bruxelles, en section Illustration. Parallèlement, il fait un bref passage dans le dessin animé, à la Cambre. C'est en 1987 que sa carrière prend un tournant décisif, puisqu'il rencontre Marc Michetz, qui le présente au magazine Spirou. Cela lui permet d'illustrer quelques courts récits dans Spirou et Tintin. Il travaille alors quelques mois dans l'atelier d'Yslaire et de Darasse, et illustre aussi les couvertures du Belgian Business Magazine. En 1991, Jung publie le premier des quatre tomes de Yasuda, chez Hélyode-Lefranc. La finalité de ses dessins est pour lui de faire transparaître des émotions, des sentiments, avec des personnages bien présents, vivants. En 1997, en collaboration avec Martin Ryelandt, il réalise La Jeune Fille et le Vent, aux éditions Delcourt. L'univers asiatique de cette série d'heroïc-fantasy est un retour à ses origines coréennes, et le fantastique lui permet de renforcer le côté évocateur de son dessin, notamment pour le héros : le Vent. Il signe avec Kwaïdan son premier scénario, une nouvelle série qui frappe par la beauté des couleurs directes et la poésie subtile et raffinée qui émane de ce conte nippon.

Site de l'auteur : http://www.kwaidan.net 

Mon avis : (lu en février 2014)
Dans ce troisième tome, Jung nous raconte son retour en Corée quarante ans après. Il lui a fallu du temps pour faire ce grand voyage vers son passé, pour retrouver ses racines "perdues". Il ne sait pas ce qui l'attend. Que trouvera-t-il ? Pourra-t-il trouver des traces de son passé ? Comment sera-t-il accueilli ?
Chaque moment du voyage lui rappelle des évènements du passé. Ainsi, son trajet en bus vers l'aéroport lui rappelle son escapade à Barcelone. Une escapade qui lui a été suscitée dans un rêve fait sous substance illicite... Il revient sur ses goûts des plats très pimentés qui vont lui donner des ulcères. Il se souvient des rêves qu'il faisait de sa mère biologique... Arrivera-t-il a se retrouver ? Ses sentiments sont multiples, je l'ai senti plus apaisé, il a pris du recul sur sa vie, sur son adoption, sur son déracinement. 
Il faut peut-être ne pas lire les 3 tomes d'affilés, en particulier ce dernier qui reprend quelques épisodes des 2 tomes précédents. Cela ne m'a pas gêné car j'ai lu le tome 2 il y a presque 2 ans...
Cette série reste un témoignage magnifique sur la douleur de l'abandon et le déracinement où se mêlent émotions et humour.

Autre avis : Canel

Extrait : (début du livre)

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Déjà lu du même auteur :

couleur_de_peau_miel_tome1 Couleur de peau : miel, tome 1 CouleurDePeauMiel2 Couleur de peau : miel, tome 2 

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Matière" (2)

Challenge 5% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
29/30

1 mars 2014

La petite communiste qui ne souriait jamais - Lola Lafon

la-petite-communiste-qui-ne-souriait-jamais Actes Sud - janvier 2014 - 272 pages

Quatrième de couverture : 
Parce qu’elle est fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux jo de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu’elle imagine de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques ?
Mimétique de l’audace féerique des figures jadis tracées au ciel de la compétition par une simple enfant, le romanacrobate de Lola Lafon, plus proche de la légende d’Icare que de la mythologie des “dieux du stade”, rend l’hommage d’une fiction inspirée à celle-là, qui, d’un coup de pied à la lune, a ravagé le chemin rétréci qu’on réserve aux petites filles, ces petites filles de l’été 1976 qui, grâce à elle, ont rêvé de s’élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue.

Auteur : Ecrivain et musicienne, Lola Lafon est fauteur de trois romans : Une fièvre impossible à négocier (2003) ; De ça je me console (2007) et Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce (2011). Elle a également signé deux albums : Grandir à l'envers de rien (2006) et Une vie de voleuse (2011).

Mon avis : (lu en février 2014)
Nadia Comaneci, pour moi c'est mon premier souvenir des JO à la télévision, j'avais un oncle passionné de sport à la télévision et c'est en sa compagnie que j'ai découvert cette petite gymnaste roumaine de quatorze ans capable d'évoluer sur les agrès avec grâce et facilité apparente en exécutant des figures de gymnastique improbables...
Le livre commence sur l'attente de la note à la poutre de Nadia Comaneci lorsqu'elle obtiendra le premier 10.0 dans une épreuve de gymnastique, en juillet 1976 à Montreal. Elle entre alors dans l'histoire de la gymnastique, elle devient l'emblème de son pays : la Roumanie alors sous l'emprise du dictateur communiste Ceausescu.
Pour raconter la vie de l'athlète de 1969 à 1990, l'auteur imagine un échange entre Nadia et la narratrice. Elle s'appuie sur les événements et les dates connues, pour le reste c'est un travail de fiction très bien documenté. Cela permet d'avoir les points de vues de quelqu'un de l'Est et de quelqu'un de l'Ouest...
J'ai beaucoup aimé ce livre, le personnage de Nadia est attachant même si le titre du livre "La Petite Communiste qui ne souriait jamais" la décrit assez bien. Avec son parcours on découvre les méthodes d'entraînement des petites gymnastes, le régime communisme en Roumanie... Les victoires de Nadia ont permis à la Roumanie de sortir de l'ombre. Mais sa vie n'a pas été facile, lorsque son corps se transforme et qu'elle devient femme, j'ai été touchée par sa douleur, même si elle continue à s'entraîner sans relâche, son corps ne lui permet plus de renouveler ses exploits. Puis, elle va être accusée d'être complice du régime de Ceausescu. Quinze jours avant la chute de ce dernier, elle fuit la Roumanie pour les États-Unis où la conquête de sa liberté ne sera pas facile... En 1976, Nadia Comaneci a fait rêver le monde ce livre nous permet de découvrir le revers de ses belles médailles. En lisant ce livre, je n'ai pas pu m'empêcher de revoir des images de la petite gymnaste... 

Extrait : (début du livre)
Quel âge a-t-elle, demande la juge principale, incrédule, à l’entraîneur. Ce chiffre, quatorze, lui donne un frisson. Ce que la petite a effectué à l’instant dézingue le déroulement des chiffres, des mots et des images. Il ne s’agit plus de ce que l’on comprend. On ne saurait noter ce qui vient d’advenir. Elle jette la pesanteur par-dessus son épaule, son corps frêle se fait de la place dans l’atmosphère pour s’y lover.

Mais pourquoi personne ne les a prévenus qu’il fallait regarder par là, ragent ceux qui ratent le moment où, sur les dix centimètres de largeur de la poutre, Nadia C. se lance en arrière et, les bras en croix, donne un coup de pied à la lune, saut à l’aveugle, et ils se tournent les uns vers les autres, est-ce que quelqu’un a compris, est-ce que vous avez compris ?
Le panneau électronique affiche COMANECI NADIA, ROMANIA suivi de 73, son dossard, et là où il devrait y avoir sa note : rien.
On attend. Blêmes, les gymnastes soviétiques vont et viennent dans les travées réservées aux entraîneurs et aux compétitrices qui ont terminé. Elles savent. Les coéquipières de la Roumaine, elles, semblent au désespoir, Dorina tient ses mains jointes, Mariana murmure une phrase en boucle, une autre est affalée, les yeux fermés ; Nadia, elle, un peu à l’écart, sa queue de cheval de travers, ne jette pas un regard au tableau d’affichage. Et c’est lui qu’elle voit en premier, Béla, son entraîneur, debout, les bras au ciel, la tête renversée en arrière ; elle se tourne enfin et découvre sa sanction, ce terrible 1 sur 10 qui s’inscrit en nombres lumineux face aux caméras du monde entier. Un virgule zéro zéro. Elle repasse de possibles fautes dans sa tête, l’arrivée du périlleux arrière éventuellement, pas assez stable, qu’est-ce qu’elle a pu faire pour mériter ça ? Béla la serre dans ses bras, t’en fais pas chérie, on va déposer une réclamation. Mais un des juges attire son attention. Parce que le Suédois se lève. Parce qu’il a les larmes aux yeux et la fixe. Et tous raconteront cet instant tant et tant de fois qu’elle n’est plus sûre aujourd’hui de l’avoir vécu, peut-être l’a-t-elle vu à la télé, peut-être cet épisode a-t-il été écrit pour un film. Le public s’est levé et de leurs dix-huit mille corps provient l’orage, leurs pieds grondent rythmiquement au sol et le Suédois dans le vacarme ouvre et ferme la bouche, il prononce des mots inaudibles, des milliers de flashs forment une pluie d’éclats inégaux, elle entrevoit le Suédois, que fait-il, il ouvre ses deux mains et le monde entier filme les mains du juge vers elle. Alors, la petite tend ses deux mains vers lui, elle demande confirmation, c’est un… dix ? Et lui, doucement, hoche la tête en gardant ses doigts ouverts devant son visage, des centaines de caméras lui cachent l’enfant, les gamines de l’équipe roumaine dansent autour d’elle, oui, amour, oui, ce un virgule zéro zéro est un dix.

 

12 février 2014

Piège nuptial - Christian De Metter (d'après Douglas Kennedy)

9782203044456 Casterman - août 2012 - 128 pages

Quatrième de couverture :
Ce qui a manqué à Nick, journaliste américain en virée dans le bush australien ?
Quelques règles élémentaires de survie :
1) Ne jamais conduire en pleine nuit sur une route déserte : un kangourou se ferait une joie de défoncer votre pare-chocs.
2) Ne jamais céder aux charmes d'une autostoppeuse du cru.
3) Toujours réfléchir avant de répondre à une question que l'on vous pose en pleine nuit.
Dans la vie, il y a des moments cruciaux où il saut prendre la bonne décision, au risque de voir sa vie basculer dans le pire des cauchemars.

Auteur : Douglas Kennedy est né à Manhattan le 1er janvier 1955. Après avoir étudié à New York puis dans l'état du Maine, il s'installe à Dublin en 1977. Il y travaille pour le National Theatre of Ireland, tout en écrivant sa première pièce qu'il vend à la chaîne de radio britannique BBC Radio 4 qui lui en commandera deux autres. Il démissionne en 1983 pour se consacrer entièrement à l'écriture. Sa vie se partage alors entre journalisme freelance et écriture de pièces de théâtre. en 1988, il emménage à Londres et publie trois récita de voyage, dont Combien ? et Au pays de Dieu, avant d'entamer la rédaction de son premier roman, Cul de sac (Gallimard, 1994), réédité dans une nouvelle traduction sous le titre Piège nuptial (Belbond, 2008). C'est le début d'une longue liste de titres à succès, tant auprès de la critique que du public : L 'Homme qui voulait vivre sa vie, La Poursuite du bonheur, Les Charmes discrets de la vie conjugale, Quitter le monde, ou encore Cet instant-là, tous publiés aux éditions Belbond et repris chez Pocket. Avec plus de 5 millions d'exemplaires vendus pour l'ensemble de son oeuvre, il est un des auteurs américaine, les plus lus dans le monde. Il vit aujourd'hui entre Paris, Londres, Berlin et New York.

Dessinateur : Après avoir dessiné pour la presse rock. Christian De Metter publie sa première BD, Emma, en 2000 (éditions Triskel). Cet univers graphique si particulier, l'auteur va le décliner et l'approfondir au fil des albums suivants. Dusk (Les Humanoïdes Associés). Le Curé (Triskel), Swinging London (Soleil). En 2004. il reçoit. en association avec Catel. le prix public du meilleur album du festival d'Angoulême pour Le Sang des Valentines (Casterman). Ses derniers albums publiés chez Casterman. Vers le démon, Figurec, L'oeil était dans la tombe, Marylin, De l'autre côté du miroir, ne font que confirmer son talent de dessinateur et sa maîtrise des intriques complexes, digne des meilleurs romans noirs. C'est le cas dans sa transposition de Scarface d'Armitage Trail (Casterman) ou encore de son adaptation remarquée du best-seller de Dennis Lehane, Shutter Island pour laquelle il a reçu le prix des libraires BD en 2009.

Mon avis : (lu en février 2014)
Voici le premier album que j'ai gagné au Loto BD organisé par Valérie sur le thème des adaptations (roman ou film). Merci XL.
C'est l'adaptation du premier roman de Douglas Kennedy Piège nuptial / Cul de sac que j'ai eu l'occasion de découvrir sous forme audio en octobre dernier.  

Nick est un journaliste américain qui, sur un coup de tête, est parti en Australie pour traverser l'outback. Sa rencontre avec la blonde Angie va l'entraîner dans un voyage au bout de l'enfer... Il va découvrir la communauté un peu spécial de Wollanup... à son insu, il est marié à Angie et son voyage devient un vrai cauchemar. Il est piègé loin de tout, prisonnier du village... Pourra-t-il s'en sortir ?
Adapter un roman aussi dense n'est pas facile, cette BD est fidèle à l'original, j'ai bien retrouvé l'esprit du roman, la chaleur étouffante et les situations angoissantes. 
Le dessin est superbe, autant les paysages sont lumineux que les intérieurs sont sombres et oppressants.
Quelques reproches, avec l'absence d'humour pourtant tellement présent dans le roman et une fin trop rapide qui prête à confusion si on ne connaît pas le roman...  

Encore un grand merci à XL pour l'envoi de cette bande dessinée qui donne envie de découvrir le roman original de Douglas Kennedy !

Extrait : 

Piège-nuptial-p1 1200960

PlancheA_170764 Piège-Nuptial-4

1200959 PlancheS_35016

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pi_ge_nuptial_p Piège nuptial / Cul de sac - Douglas Kennedy

 

20 février 2014

Last exit to Brooklyn - Hubert Selby Jr

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

9782226254306g last exit to brooklyn_AB last exit to brooklyn_1018

Albin Michel - janvier 2014 - 416 pages
Albin Michel - octobre 1989 - 303 pages
10/18 - mars 2004 - 303 pages
traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean-Pierre Carasso et Jacqueline Huet
Titre original : Last exit to Brooklyn, 1957
Quatrième de couverture :
Peu de livres ont suscité autant de haine, d’admiration  et de polémiques que Last Exit to Brooklyn. À sa sortie en 1964, Allen Ginsberg prédisait que le roman allait « exploser sur l’Amérique comme une bombe infernale qu’on lirait encore cent ans après. » Cette prédiction est en train de s’accomplir :Last Exit est considéré aujourd’hui comme la première manifestation et le testament d’une esthétique totalement inédite à laquelle cette nouvelle traduction rend enfin et brillamment justice. Un classique de la littérature contemporaine et de la littérature tout court.
Auteur : Né à Brooklyn en 1928, Hubert Selby Jr. est un auteur incontournable de la littérature américaine contemporaine. Last Exit to Brooklyn, publié en 1964, est son premier et plus célèbre roman qui déclenche à l'époque procès et interdictions de traduction dans plusieurs pays. Atteint très jeune de tuberculose, accro à l'héroïne - expérience qui lui inspirera notamment Requiem for a Dream en 1978 - il décède en 2004.

Mon avis : (lu en février 2014)
Ce livre est la réédition avec nouvelle traduction d'un ouvrage mythique de l'Amérique des années 60. (que j'avoue je ne connaissais pas, même pas de nom...)
Avant de commencer à lire ce livre, je vous conseille de lire la note des traducteurs en fin de l'ouvrage. En effet, l'auteur a voulu transcrire le parler des rues de New York en créant sa propre typographie, le plus marquant c'est l'absence d'apostrophe « ’ » remplacée par « / » ou par rien. Au début c'est assez déstabilisant à lire puis je m'y suis faite... (cf. extrait)
New York, dans les annees 50, Hubert Selby Jr. nous invite à découvrir dans ce livre de six nouvelles, le destin tragique de six personnes qui "traîne leur vie" dans les bas fonds du quartier de Brooklyn. Vinnie et sa bande passent leur temps au bar "chez le Grec", et cherchent la bagarre, Georgette, le travesti amoureux, Tralala, une fille facile qui finira mal, Harry plein de haine... 

J'ai trouvé ce livre trop exigeant à lire pour moi. Après une première journée de lecture (120 pages), j'ai fait une pause en passant à un autre livre... J'y suis revenue pour en lire péniblement 100 pages par 100 pages en survolant certains passages... Je ne peux pas dire avoir apprécié cette lecture. Toutes ces histoires sont dérangeantes, il n'est question que de délinquance, de drogue, d'alcool et surtout de sexe... La violence est présente en permanence, le langage est très cru.

Merci Claire et les éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir cet auteur et cet ouvrage.

Extrait : (début du livre)
Ils étaient vautrés tout le long du comptoir et sur les chaises. Encore une soirée. Encore une soirée chiante à tirer chez le Grec, un diner pourri ouvert toute la nuit près de la base militaire de Brooklyn. De temps en temps un biffin ou un mataf entrait bouffer un hamburger et faisait jouer le jukebox. Mais d/ordinaire ils mettaient le disque à la gomme d/un quelconque plouc. Ils demandaient bien au Grec de remplacer ces disques-là, mais y leur disait non. Ils viennent ici dépenser leur argent. Vous, vous traînez toute la nuit sans acheter que dalle. Tu tfousdmoi Alex ? Tu pourrais prendre ta retraite rien qu/avec le pognon qu/on claque ici. Skata. Ça paye même pas mon trajet en bagnole...
24 disques dans le jukebox. Ils pouvaient en avoir 12 de leur choix, mais les autres c/était pour les clients de la Base. Si quelqu/un jouait un disque de Lefty Frazell ou d/un autre bouseux ils se mettaient à gémir, à faire des gestes avec les mains (Non mais ! putain quel ringard) et sortaient dans la rue. Cette fois, comme 2 gusses collaient des pièces dans le bastringue, ils s/installèrent adossés au réverbère ou appuyés contre les ailes des bagnoles. C/était une nuit tiède et claire et ils tournaient en rond, traînant le pied droit avec lenteur dans le déhanchement du danseur de kotsarie, la clope pendant au bec, le col du polo relevé sur la nuque, rabattu et roulé par-devant. Plissant les yeux. Glaviotant, regardant défiler les bagnoles. Les reconnaissant. Marque. Modèle. Année. Puissance. Arbre à came en tête, V-8. 6,8, cent cylindres, plein de chevaux. Plein de chrome. Feux rouges et ambre sur la calandre. Tavu la calandre de la nouvelle Pontiac ? Putain, la vraie classe. Ouais, mais pour les reprises tu repasseras. Rien vaut la Plymouth pour les reprises. Merde. Elle a pas la tenue de route de la Buick. Tu sèmes tous les flics avec la Roadmaster. Si t/arrives à démarrer. Lignes droites. Virages. Tu sèmes le shérif. La boîte automatique. Le système Dynaflow. Hydramatics. Tu démarres pas. Tu les auras tous sur le poil avant d/avoir fait cent mètres. Pas avec la nouvelle 88. T/enfonces laccélérateur et t/es plaqué contre le dossier. Une caisse géniale. Je choure plus rien d/autre. Yapas mieux pour un braquage. Nem-pêche, j/aime bien la Pontiac. Au cas que j/achèterais une bagnole. T/ajoutes des protège pare-chocs, des phares, quatre enjoliveurs de Cadillac et une superantenne à larrière... merde, yapas une tire qui en jette plus sur la route. Tu déconnes. T/arrives pas à la cheville de la Continental 47 décapotable. C/est le sommet. On en a vu une en ville, lautre jour. Sacrée-putain-de-bagnole. Putain ! ! ! Les bouseux continuaient à bêler et eux y causaient et marchaient, causaient et marchaient, rajustant leur polo et leur futal, expédiaient d/une pichenette leur clope sur la chaussée - j/aurais voulu que tu la voies cte tire. 

 

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Challenge Rentrée Hiver 2014

Challenge Petit Bac 2014
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"Géographie" (3)

7 février 2014

L'herbe noire - Pierre Willi

Lu en partenariat avec les éditions Krakoen

l'herbe noir Krakoen - janvier 2014 - 268 pages

Quatrième de couverture :
"Je rêvais de fuir les adultes et toute cette boue qui nous empoisonnait le sang. Je rêvais de partir loin, très loin, et de ne plus jamais revenir. Mais le rêve a rejoint la réalité, il est devenu cauchemar..." En retraçant la cavale sanglante de trois adolescents qui s'ennuyaient dans une ferme du Limousin, Pierre Willi tresse les fils d'un drame inexorable. 

Auteur nordiste installé depuis plusieurs années dans le Périgord, Pierre Willi a choisi sa région d'adoption comme décor pour ce polar rural à l'issue très noire. 

Mon avis : (lu en février 2014)
Voilà un livre très surprenant. « Obligés de fuir, ils ne sont jamais revenus. » voilà le résumé de la deuxième partie du livre... Dans la première partie, l'auteur décrit les lieux et les personnages qu'il va mettre en scène. 
Paulin, le narrateur de cette histoire, revient sur les évènements qui se sont passés alors qu'il avait treize ans. C'était la fin de l'année scolaire, il avait quitté son internat catholique, et retournait chez lui pour les vacances. Chez lui, c'est Treunouille, un petit hameau en limite de la Haute-Vienne et de la Creuse, « Ici résiste encore une exploitation agricole à côté de deux anciennes fermes, deux résidences très secondaires, une demi-ruine qui naufrage lentement dans la boue, quelques vraies ruines enfouies sous les ronces... »
A l'époque, retourner chez ses parents Denise et Raymond ne l'enchantent pas plus que cela, il sait que sa mère ne va pas arrêter de lui faire des reproches et que son père restera vissé devant la télé puisque le troupeau de la ferme a été sacrifié contre une prime à l'abattage.
Sa seule joie, c'est retrouver Nana (Nadège) sa cousine de quatorze ans, un jour, elle a décidé de ne plus parler. Avec Paulin, ils sont fusionnels, il la comprend, sait la rassurer, sait lui faire plaisir en lui offrant des bonbons et des magazines pour filles. Nadège a deux visages : celui de la joie pure et sincère et celui de la colère la plus profonde. 
Autre protagoniste de cette histoire, Gérard, le frère de Nana, c'est le Rambo de Treunouille, il n'a pas été longtemps à l'école, il est passionné d'armes et n'hésite pas à faire des cartons sur tout ce qui bouge ou pas...
Enfin, Gabriel est l'étranger, tout juste dix-huit ans, il vient de temps en temps dans la résidence secondaire familiale avec sa 125 rêvant de pouvoir avoir une plus grosse moto. Il vend et consomme de l'herbe.
Après une soirée un peu trop arrosée, tout dérape... Et trois d'entre eux décident brutalement de quitter le hameau, ils partent en direction de la mer. Ils sont dépassés par les évènements, traqués, ils vont fuir les problèmes...
Les personnages sont parfaitement décrits, des adolescents sans repères, livrés à eux-mêmes.
L'intrigue dénonce la misère sociale et économique des campagnes laissées à l'abandon. L'exclusion n'est pas seulement présente dans les banlieues... Une belle découverte.

 

Extrait : (début du livre)
Nous ne sommes plus que deux dans l'autobus : le chauffeur et moi. Nous sommes repartis de Gronneuil où les derniers passagers se sont empressés de descendre comme s'ils craignaient par-dessus tout de nous accompagner jusqu'au terminus de la ligne. Je suis assis tout à fait à l'arrière, là où l'estomac vous remonte dans le coeur quand le car passe un peu vite sur une bosse. Pressé d'en finir, le chauffeur ne ralentit jamais, il klaxonne furieusement contre les quelques voitures qui arrivent en sens inverse et qui n'ont qu'à se jeter dans le fossé ou dans le talus pour l'éviter. Le chauffeur fait la gueule.

 

Challenge Petit Bac 2014
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"Couleur" (2)

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Challenge Rentrée Hiver 2014

 Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  20/25

20 décembre 2013

La Marche du crabe, tome 1 : La Condition des crabes - Arthur de Pins

la marche des crabes 1 Soleil Productions - novembre 2010 - 109 pages

Présentation éditeur :
Court métrage récompensé à maintes reprises, La Révolution des Crabes, avant de connaître une suite sous la forme d’un long, sera adapté en bande dessinée : une trilogie caustique autour de la condition d’un crabe, le Cancer Simplicimus Vulgaris ! En effet... Depuis 400 millions d’années, toutes les espèces évoluent dans la joie et l’allégresse. Toutes sauf une : le Cancer Simplicimus Vulgaris, ou crabe carré. Cette sous-espèce de crustacés peuplant les rivages de l’Estuaire de la Gironde est frappée, depuis des millénaires, d’une étrange tare : elle ne peut changer de direction, et est condamnée à marcher selon une même ligne droite ! Mais... Durant un été comme les autres, pendant que les vacanciers profitent du soleil et des congés payés, trois petits crabes carrés vont se rebeller, et bouleverser ainsi l’écosystème tout entier !

Auteur : Arthur de Pins est un dessinateur et auteur de bande dessinée français, né en 1977 en Bretagne. Il est publié dans plusieurs magazines, dont Max et Fluide glacial. Il a également participé à de nombreuses publicités (pour la Fnac, Carrefour ou encore Nutella) ainsi qu'à des courts-métrages tels que le programme Kézaco ? en 2007. Il créa aussi une série animée intitulée Magic diffusée sur France 3 et Disney Channel.

Mon avis : (lu en décembre 2013)
J'ai aperçu cette bande dessinée soit sur la blogosphère, soit sur un site "librairie" et j'avais très envie de la découvrir... Moi qui aime les bords de mer, je ne pouvais pas rater cette histoire de crabes...
L'autre jour en passant à la Bibliothèque, je tombe sur les 2 premiers tomes de la trilogie. Pas d'hésitation, je les emprunte et je les dévore dans l'après-midi... 
Le cancer simplicimus vulgaris est un petit crabe de l'estuaire de la Gironde plus communément appelé "petits crabes carrés". Cette espèce qui ne se déplace qu'en ligne droite est la risée et le souffre-douleur des gros tourteaux... Ils n'ont que rarement l'occasion de rencontrer un autre crabe carré alors jusqu'à maintenant, ils n'ont jamais éprouvé le besoin de se donner des noms...
Et pourtant, un jour lors d'une rencontre entre deux crabes, ceux-ci ont une idée fabuleuse pour arriver à changer de trajectoire ! Et ensemble, ils décident de faire évoluer leur espèce...
Avec un dessin assez épuré mais très expressif, des trouvailles scientifiques mais également poétiques, la découverte de ce crabe si particulier est jubilatoire.

Extrait : 

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Attention : cette vidéo dévoile la fin de l'album n°1...

 La Révolution des Crabes - le court métrage

Challenge Petit BAC 2013
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"Aliment / Boisson"

27 novembre 2013

Les faibles et les forts - Judith Perrignon

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 Stock - août 2013 - 160 pages

Quatrième de couverture :
« Il a l’air d’un roi, le fleuve. Il est là depuis toujours, rouge à force de creuser l’argile, rivière Rouge, c’est son nom. La nuit, il brille. Le jour, il est plat comme le verre et ne reflète que le ciel, les nuages et les arbres. Il semble ne pas nous voir. Nous sommes une quinzaine, nous venons ici presque chaque jour depuis deux semaines tant la chaleur semble vouloir nous punir, mais il passe, indifférent à nos enfants qui s’élancent, à leurs mères qui disent, Attention au courant, et aux vieilles, comme moi, qui se retranchent à l’ombre sur leurs sièges pliants. Rien ne trouble le fleuve. Il connaît son sort, il descend l’Amérique et s’en va se noyer dans le Mississippi puis dans la mer. Il est tout petit là-bas dans la mer, mais si grand devant nous. J’ai peur de lui. J’ai l’impression qu’il rit, qu’il rit du pont un peu plus loin qui rouille en ayant cru l’enjamber, qu’il rit de nous aussi, de nos mains et nos pieds incapables de nager, de nos sueurs froides quand passe la police, j’ai l’impression que nous sommes comme les feuilles mortes qui dans quelques mois se détacheront des arbres, poussières dans l’eau. »

Auteur : Longtemps journaliste à Libération, aujourd’hui collaboratrice du magazine M du Monde et de XXI, Judith Perrignon est l’auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels C’était mon frère (2006), L’Intranquille, avec Gérard Garouste (2009) et Les Chagrins (2010).

Mon avis : (lu en novembre 2013)
Eté 2010, le roman commence alors que la police vient de faire une descente dans la maison d'une famille afro-américaine, en Louisiane. Marcus, 17 ans, s'est fait fouiller au corps. Toute sa famille assiste à la scène, Mary Lee, sa grand-mère, Dana, sa mère, sa soeur Deborah, ses frères West et 
Tour à tour Mary Lee, Dana, Deborah, Marcus reviennent chacun sur l’événement et donnent leur ressenti et leur vision sur leur quotidien.
Puis Mary Lee se souvient d'un événement fort qui la marqué 60 ans plus tôt. du temps où les Noirs n'avaient pas le droit d'aller nager. Le jour où la piscine avait été ouverte à tous, Mary Lee était là, spectatrice. Son frère Howard avait pu aller dans la piscine pendant une heure, mais à la sortie une manifestation contre l'ouverture pour tous de la piscine avait dégénéré...
Retour en 2010, avec un nouveau drame au bord de la Rivière Rouge. Je n'en dirai pas plus pour ne pas en dévoiler trop.
Nous découvrons ce drame à travers des extraits d'une émission de radio et en particulier le récit d'un témoin, sa colère, son désespoir ont une telle force qu'il ne laisse pas le lecteur insensible. Un très beau texte sur le racisme et la ségrégation et leurs conséquences.

Autres avis : Clara, Sylire

Note : ♥♥♥♥♥ 

Extrait : (début du livre)
Mary Lee

À ton âge, Marcus, je voyais les dames serrer leur sac à main contre elles quand mon père montait dans le tramway de Saint Louis. Alors si ça ne tenait qu'à moi, tu resterais là, la porte fermée à double tour, on te laisserait comme un chien en laisse, avec un peu d'eau et on irait sans toi au bord de la rivière. Tu as vu comme la police a poussé la porte sans même se donner la peine de frapper, comme elle nous a enjambés, tes frères et soeurs et moi, serrés que nous sommes entre le ventilateur et la télé, comme elle a fouillé ta chambre, les autres pièces, et toi, Marcus, comme ils t'ont traité ? Tu as vu leur geste en partant, leurs doigts pointés sur toi ? Ils n'ont rien trouvé mais ils t'ont à l'oeil, ils te veulent, ils t'auront. Alors j'ai serré. Oh, boy ! C'est à peine si je me suis vue faire, mon sang n'a fait qu'un tour quand ils sont partis, il y avait la nouvelle corde à linge posée sur la commode, ton corps avachi sur la chaise, tes bras ballants, ton air de dire, Cause toujours, ta mère au bord des larmes, le désordre dans la maison, la route par la fenêtre, la certitude qu'un jour prochain une voiture de police freinera à nouveau devant chez nous, alors j'ai attrapé la corde, je l'ai déroulée, réenroulée dans ton dos, autour de tes poignets, j'ai serré fort, très fort, jusqu'à empêcher ton sang de circuler, la vie de continuer, parce que tu leur donnes raison à ces vieilles peaux qui accusaient mon père.
Je sais ce qui t'attend, Marcus. Je suis vieille, je connais leurs suppositions, leurs certitudes nous concernant, je sais le cercle vicieux où tombent trop souvent nos garçons, j'ai tout vu, trop vu, j'ai le temps derrière moi, je sais sa pente, la fierté qui s'en va, vous a quittés et vous laisse glisser. La prochaine fois, c'est la prison. Tu vois bien comment c'est dans ce pays, comment fait la police, et puis les juges ensuite. Tu l'attends on dirait. Tu t'habilles déjà comme si tu étais là-bas. Avec ton pantalon qui laisse voir ton cul, tu plaides coupable. Tu sais ce que ça veut dire, là-bas, en prison, ce pantalon qui tombe ? Bien sûr que tu le sais. Mon cul est à prendre, c'est ça que ça veut dire. Tu veux que quelqu'un s'occupe de ton cul en prison, Marcus ? Oh, boy ! J'ai honte. Envie de te battre. Tu ne comprends pas que tu ressembles à ce qu'ils pensent de toi, à ce qu'ils attendent de toi, que tu fais du mal aux tiens, à ceux qui sont là comme à ceux qui sont morts ! Ceux qui sont morts, ils sont avec nous, plus que chez les autres gens, ils nous surveillent, ils vérifient qu'on fait bien les choses, qu'on bousille pas tout ce qu'ils ont obtenu pour nous. Tu dois y croire, Marcus, à nos morts comme au Seigneur, croire c'est le maître mot, le seul qu'on ait. Ils diraient quoi mon père et ma mère s'ils voyaient ce qui se passe, vous tous qui vous déboutonnez, qui tournez en rond, qui cherchez les ennuis, qui admirez les taulards ou les champions pleins aux as qui ne pensent qu'à leur argent, leur bagnole et la putain à leur bras. Ils diraient quoi ? Nos fils sont-ils devenus les ennemis de notre communauté ?

Challenge 4% Rentrée Littéraire 2013
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45/50 :  Missouri

   Challenge Petit BAC 2013

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"Sentiment"

 

14 septembre 2013

Journées du Patrimoine

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Sachant que j'aime beaucoup les films de Jacques Tati, mon fils nous a inscrit à deux projections organisés à l'occasion des Journées Européennes du Patrimoine :

Tati fait son cinéma

La RATP soutient la restauration des chefs d’œuvre de Jacques Tati, qui appartiennent au patrimoine cinématographique français.
Elle proposait, en partenariat avec "Les Films de mon Oncle", une programmation exceptionnelle:

  • La projection de la version ORIGINALE noir et blanc de "Jour de fête" magnifiquement restaurée, présentée en ouverture de Cannes Classics 2013 et en salles à partir du 24 juillet par Carlotta Films,
  • La projection en avant-première de Mon Oncle, Jour de fête, Trafic et Parade, bientôt visibles en salles.
TATI

 

Mon fils a choisi deux films qu'il n'a encore jamais vu :

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Pour ma part, j'ai découvert tous les films de Jacques Tati grâce à mon père. Avant de nous emmener voir les films de Jacques Tati au cinéma, mon père nous les racontait et nous mimait Monsieur Hulot jouant au tennis, les Arpel enfermés dans leur garage à cause de leur petit chien. Et lorsque que nous allions en famille au cinéma, nous restions deux séances de suite pour mieux apprécier le film et ne rater aucun des gags ! 
Et j'ai perpétué la tradition familiale en faisant découvrir Jacques Tati à mon mari et mes enfants...

Samedi 15h30 : Trafic

Film français réalisé par Jacques Tati, tourné entre 1969 et 1971, sorti en 1971.

Synopsis : Monsieur Hulot est dessinateur chez Altra, petite société parisienne de fabrication automobile. Il est chargé d'assurer le convoyage d'une Renault 4L aménagée en voiture de camping révolutionnaire de son invention, dotée de nombreux gadgets, pour une présentation au salon automobile d'Amsterdam.  Les embouteillages et les aléas, comme une panne d'essence qui contraint M. Hulot à faire des kilomètres à pied, retardent de plus en plus le convoi.

C'est le cinquième film réalisé par Jacques Tati. Ce film fut possible grâce à un soutien financier car suite à l'échec de Playtime, Jacques Tati était ruiné. C'est également la dernière aventure de Monsieur Hulot et pour la première fois le scénario initial dessine une intrigue avec un objectif précis à atteindre.

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Dimanche 10h : Parade

Film français réalisé par Jacques Tati, tourné en 1973, sorti en 1974.

Synopsis : Dans un cirque, Tati joue à Monsieur Loyal et présente une succession d'attractions. Entre celles-ci il ressuscite ses anciens numéros de mime : le joueur de tennis, le boxeur, le gardien de but, le cavalier, le pêcheur à la ligne.

C'est le sixième et dernier film réalisé par Jacques Tati.

 

 

 

 

 

23 juillet 2013

Le canapé rouge - Michèle Lesbre

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Sabine Wespieser - août 2007 - 148 pages

Folio - avril 2009 - 144 pages

Quatrième de couverture : 
Dans le transsibérien qui la conduit à Irkoutsk, tandis que défilent les paysages, Anne songe à l'amitié qui la lie à une vieille dame, Clémence Barrot, laissée à Paris. Elle lisait à cette ancienne modiste la vie de femmes libres et courageuses telle Olympe de Gouges, auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne... Et partageait avec elle des souvenirs tendres et douloureux : ceux des amours passées… 
Le dixième livre de Michèle Lesbre est un roman lumineux sur le désir, un texte limpide sur le bonheur de vivre.

Auteur : Michèle Lesbre vit à Paris. Elle a publié notamment La Belle Inutile (1991), Un homme assis (1993), Une simple chute (1997), Que la nuit demeure (1999), Nina par hasard et VictorDojlida, une vie dans l’ombre (2001), Boléro (2003), Un certain Felloni (2004), La Petite Trotteuse (2005), Le canapé rouge (2008), Sur le sable (2009), Disparitions bucoliques avec Gianni Burattoni (2010), Mais d’où venez-vous ? avec Sylvie Granotier (2010) et Un lac immense et blanc (2011).

Mon avis : (lu en juillet 2013)
Anne la narratrice est dans un train en direction du lac Baïkal, elle est partie retrouver Gyl un homme qu'elle a aimé et dont elle est sans nouvelles. Durant ce long voyage, elle observe aussi bien les paysages que ses compagnons de voyage. Elle laisse également vagabonder son esprit en pensant à sa voisine d'appartement Clémence Barrot. C'est une vieille dame qui vit dans le souvenir de Paul son grand amour assassiné durant la Seconde Guerre Mondiale. Clémence a été modiste, Anne vient la voir régulièrement pour lui faire la lecture et pour bavarder autour de la littérature, des souvenirs... A son retour, Anne compte bien retrouver Clémence sur son canapé rouge pour lui raconter son voyage.
Jolie histoire, j'ai préféré les échanges entre Clémence et Anne que le voyage en Sibérie où je me suis un peu perdue...

Extrait : (début du livre)
Sur un chemin de terre, un homme roulait une cigarette, debout, près d'un side-car vert, scarabée géant, compagnon de solitude. L'homme et sa machine, ensemble. De loin je reconnaissais tous les gestes, Gyl aussi roulait ses cigarettes. Il retenait la pincée de tabac au creux de la main, l'effritait du bout des doigts, la répartissait dans la pliure de la feuille, enfermait le tout après un léger coup de langue sur le bord du papier gommé. L'odeur de miel et de foin flottait, même si j'étais derrière la vitre du compartiment et l'homme à une dizaine de mètres. J'entendais presque le bruissement du tabac, j'imaginais les doigts agiles, le geste machinal, la tête ailleurs. Moment suspendu, rituel, intime. Il n'avait pas un regard pour le train qui reprenait de la vitesse et je pensais que c'était ça aussi le voyage, me réveiller quelque part en Sibérie, mais où ? Voir un homme se rouler une cigarette, le perdre de vue très vite, me souvenir de lui toujours.
Aujourd'hui encore, il m'arrive de penser à la brève apparition de cet inconnu surpris dans son intimité, à d'autres aussi qui de façon mystérieuse se sont installés dans ma mémoire, comme des témoins silencieux de mes errances.
C'était un moment de ma vie où la présence obsédante du monde, l'impuissance de tous les discours et celle de théories usées tourmentaient mes jours et mes nuits. Il me semblait n'avoir prise sur rien, le temps voulait m'engloutir, il m'engloutissait, du moins avais-je cette impression d'une lente et inexorable fin de tous nos espoirs. Je n'étais pas seule à percevoir cette insidieuse érosion des certitudes qui avaient emballé notre jeunesse, mais ce qui m'effrayait c'était le sentiment, que partageaient quelques-uns de mes amis, de ne rien pouvoir d'autre que de m'abîmer dans ce constat. J'avais lu dans un roman à propos de la mort des théories, On se demande jusqu'à quel point on les avait prises au sérieux. J'en voulais à l'auteur pour sa cruelle hypothèse. Ce monde rêvé, cette belle utopie : être soi, pleinement soi, mais aussi transformer la société tout entière, pouvaient-ils n'être qu'enfantillages ? Nous consolaient-ils seulement d'être les héritiers orphelins des dérives commises à l'Est et ailleurs, que certains de nos aînés avaient fait semblant d'ignorer ?
Gyl, lui, ne voulait pas renoncer à tout ce qui avait donné du sens à sa vie jusque-là, bâtir un monde idéal. Sur un coup de tête, il était allé vivre au bord du lac Baïkal, peindre, faire du théâtre avec les habitants, monter des pièces de Vampilov qui avait exercé toute sa carrière à Irkoutsk. Ce choix m'inquiétait, mais je comprenais à quel point il était symbolique et désespéré à la fois. Inutile de le retenir, rien ni personne ne l'avait jamais retenu. Les premiers six mois, il écrivait souvent, racontait qu'il avait le temps d'aller pêcher l'omoul dans le lac, de fabriquer des cerfs-volants pour les enfants.
Puis, le silence.
Après des semaines sans nouvelles, j'avais décidé de faire le même voyage, dans le même train. Nos quotidiens s'étaient séparés depuis longtemps, mais nous avions beaucoup partagé. L'idée d'un quelconque danger le concernant me plongeait dans une indicible angoisse. L'homme debout près de sa machine était peut-être un signe, je me rapprochais de Gyl. Ces gestes familiers pouvaient en être la preuve, j'avais besoin de m'en convaincre.

  Challenge Petit BAC 2013
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2 avril 2013

Le clandestin – John Grisham

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Van Den Bosch Editions - avril 2007 - lu par José Heuzé

Robert Laffont - mars 2006 - 344 pages

Pocket – octobre 2007 - 399 pages 

Pocket - novembre 2010 - 408 pages

traduit de l'américain par Patrick Berthon

Titre original : The Broker, 2005

Quatrième  de couverture :
Lobbyiste sans foi ni loi, Joel Backrnan a été condamné à vingt ans de prison pour avoir vendu à une puissance étrangère un superlogiciel capable de contrôler un ensemble de satellites espions. 

Six ans plus tard, à sa grande surprise, il est gracié par le président des États-Unis sortant et exfiltré dans une jolie ville d'Italie. Sous une nouvelle identité, le Clandestin découvre l'art subtil d'être heureux. 
Il est libre.., mais transformé en appât. Car, si la CIA a obtenu sa grâce, c'est pour mieux savoir qui va le tuer : les Israéliens ? les Saoudiens ? les Chinois ? 
La chasse à l'homme, a commencé... 

Auteur : Né en 1955, John Grisham a commencé sa carrière comme avocat. Passionné d'écriture, il écrivait à ses heures perdues. Avec La Firme, paru en 1991 et vendu à des millions d'exemplaires, il rencontra son premier grand succès. Depuis, L'Affaire Pélican, Le Couloir de la mort, Le Maître du jeu, L'Idéaliste, L'Associé, La Loi du plus faible, Le Testament, L 'Engrenage, La Dernière Récolte, L 'Héritage, La Transaction, Le Dernier Juré (tous publiés chez Robert Laffont) ont déclenché le même enthousiasme auprès d'un nombre de plus en plus impressionnant de lecteurs.

Mon avis : (écouté en mars 2013)
J'ai mis beaucoup de temps à arriver au bout de ce livre-audio, le ton du lecteur m'a dérangé, je l'ai trouvé trop monocorde et je perdais trop facilement le fil de l'histoire...
Habituellement les livres de John Grisham explorent des sujets juridiques dans celui-ci, il est plutôt question d'espionnage. Joel Backman a été condamné à vingt ans de prison après avoir tenté de vendre un logiciel de contrôle de satellites espions à des puissances étrangères. 6 ans plus tard, il est gracié par le président des États-Unis et exilé en Italie sous surveillance. Il se sait menacé et que sa tête est mise à prix par les puissances étrangères qu'il a berné...
Les personnages sont sympathiques et attachants, le voyage en Italie est plutôt plaisant mais cette histoire manque de rythme et par moment je me suis ennuyée. Aucune vrai surprise dans une intrigue sans réelle originalité... C'est une lecture que j'oublierai vite...

Extrait :
Au crépuscule d'une présidence destinée à laisser dans l'Histoire une trace aussi légère que celle de William Henry Harrison (trente et un jours de la céré­monie d'investiture à sa mort), Arthur Morgan, terré dans le Bureau ovale en compagnie du dernier ami qui lui restait, mûrissait ses dernières décisions. Il avait ce jour-là le sentiment d'avoir raté tout ce qu'il avait entre­pris pendant les quatre années de son mandat et doutait de pouvoir redresser la barre dans le peu de temps qui lui restait. Son ami n'était pas plus confiant. Comme à son habitude, il parlait peu et ne disait que ce que le président voulait entendre.
Ils en étaient aux recours en grâce. Ils examinaient les requêtes de voleurs, d'escrocs, de tricheurs, cer­tains encore derrière les barreaux, d'autres qui avaient échappé à la prison mais tenaient à se voir réhabilités. Tous voulaient être rétablis dans leurs droits. Tous se prétendaient les amis du président ou des amis de ses amis, tous se voulaient des partisans indéfectibles même si bien peu avaient eu l'occasion de manifester leur soutien avant ce jour, le dernier de son mandat. Il était affligeant de voir quatre années passées à la tête du monde libre s'achever par cette misérable pile de suppliques émanant d'une bande d'escrocs. Auxquels de ces voleurs accorderait-il la latitude de reprendre leurs malversations ? Telle était la question capitale qui se posait à Arthur Morgan aux ultimes heures de sa présidence.
L'ami de toujours s'appelait Robert Critz. Ils s'étaient connus à Cornell : Morgan présidait l'association des étudiants, Critz bourrait les urnes. Ces quatre dernières années, Critz avait été successivement porte-parole, puis secrétaire général de la Maison-Blanche, membre du Conseil national de sécurité et même Secrétaire d'État, une fonction qu'il n'avait exercée que trois mois, son style diplomatique très personnel ayant failli déclencher une troisième guerre mondiale. Sa plus récente nomination remontait au mois d'octobre, signée dans la frénésie des semaines précédant la déroute électorale. Les sondages indiquaient que le président Morgan était à la traîne dans quarante États, au bas mot. Prenant la direction de la campagne présidentielle, Critz avait réussi à s'aliéner les électeurs des États restants, à l'exception - peut-être - de l'Alaska. 
Cette élection avait été historique : jamais un prési­dent sortant n'avait obtenu aussi peu de voix des grands électeurs. Trois, pour être précis, toutes de l'Alaska, le seul État où Morgan ne s'était pas rendu, sur le conseil de Critz. Cinq cent trente-cinq voix pour le challenger, trois pour le président Morgan. Il n'était pas de mot assez fort pour qualifier une telle déculottée.
Le décompte des voix effectué, le challenger, mal conseillé, avait décidé de contester les résultats de l'Alaska. Pourquoi ne pas rafler les cinq cent trente-huit voix, pendant qu'il y était ? Plus jamais l'occasion ne se représenterait pour un candidat d'écraser son adversaire sans lui abandonner une seule voix. Au long des six semaines qui avaient suivi, le président avait souffert le martyre tandis que la bataille judiciaire faisait rage en Alaska. Quand la Cour suprême de l'État avait enfin tranché en sa faveur, il avait partagé dans l'intimité une bouteille de Champagne avec Critz.

 livre_audio

Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 34/12

 50__tats
40/50 : 

 

22 février 2013

Le beau voyage - Springer et Zidrou

le_beau_voyage Dargaud - janvier 2013 - 56 pages

Quatrième de couverture :
Comme Léa, chacun de nous voyage avec, dans ses bagages, son souvenir préféré, son numéro 1. On le gonfle de temps en temps, à la manière d'une bouée, pour s'aider à rester à la surface de la vie. Chacun a également, dans ses poches, un souvenir lourd comme une poignée de cailloux, un souvenir qui l'entraîne au fond de la piscine. Qui a dit que la vie était un "Beau Voyage" ?

Auteurs : Né à Bruxelles en 1962, Zidrou (Benoît Drousie) commence sa carrière comme instituteur. S'apercevant que les histoires qu'il invente ont plus d'impact que les leçons qu'il donne, il finit par quitter l'enseignement pour se lancer dans la chanson et le livre pour enfants. En 1991, il entame une prolifique carrière de scénariste de BD. En 1998, Le Journal de Mickey adopte son élève Ducobu (créé avec Codi) qui devient une star du journal. Pour les adultes, il publie en 2010 le superbe Lydie, dessiné par Jordi Lafebre, en 2012 suivent La Peau de l'ours par Oriol et Les Folies Bergère par Francis Porcel.

Benoit Springer est né en 1973. Il obtient un baccalauréat littéraire, puis étudie à l'École européenne supérieure de l'image d'Angoulême. Aux éditions Delcourt, il dessine Terres d'ombre avec Christophe Gibelin, puis Volunteer avec Muriel Sevestre. En 2007, il décide de laisser la BD à grand spectacle et de mettre son impeccable dessin réaliste au service d'histoires plus intimistes publiées chez Vents d'ouest : les magnifiques Funérailles de Luce ou le dramatique On me l'a enlevée scénarisé par Séverine Lambour. Avec cette dernière il développe des applications de cours de dessin pour iPhone et iPad. Benoît Springer réalise également des illustrations pour la presse et l'édition.

Mon avis : (lu en février 2013)
Léa est une jeune femme travaillant à la télévision, des amis, des aventures d'un jour... Lorsque un jour Léa apprend la mort de son père, elle va partir sur les traces de son passé. Un passé que le lecteur va découvrir par petites brides, comme si la mémoire de Léa était sélective et qu'elle met du temps à assembler ses souvenirs d'enfance comme pour un puzzle...

Elle a un frère, des parents séparés et une grande amie. Son frère est mort avant sa naissance, son père est médecin il est très occupé par ses patients, il délaisse sa fille, et sa femme. Cette dernière ne semble pas très aimante vis à vis de Léa et lassée par l'absence de son mari, elle le quitte. Neuf mois plus tard elle meurt dans un accident de voiture. 
Ses parents maintenant disparus, Léa songe à vendre la maison familiale et dans un tiroir elle découvre des dessins d'enfant... Elle va alors découvrir un secret de famille... 

C'est une bande dessinée très colorée... Cette bande dessinée aborde des thèmes douloureux avec beaucoup de pudeur et de sensibilité. Une très belle découverte !

Autres avis : Valérie

Extrait : 

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