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10 février 2013

Chiens de sang - Karine Giebel

Lu dans le cadre du Rendez-Vous Karine Giebel
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Fleuve Noir - novembre 2008 - 282 pages

Pocket - septembre 2010 - 220 pages

Quatrième de couverture : 
Courir, toujours plus vite. Plus loin.
Fuir la mort qui plane au-dessus d'eux ;
oiseau de proie aux ailes gigantesques
dont l'ombre les dévore déjà.

Diane a choisi la fuite. D'instinct.
Elle sait qu'ils sont derrière. Juste derrière.
Avance minime, infime.
Comme son espérance de vie, désormais.
Pourtant, elle marche.
Pourtant, elle veut vivre.

Rémy avance.
Avec le poids de la peur qui comprime son cœur.
Le poids de la fatigue, comme un boulet enchaîné à ses jambes.
Il devrait être ailleurs, en ce moment même.
En compagnie de sa femme et de sa fille.
Mais non, il est là, errant dans ces bois
inhospitaliers, avec ces inconnus
qui fuient comme lui.
Il est devenu une proie. Rien qu'une proie.
Il n'existe plus.
Déjà mort.
Alors, pourquoi a-t-il aussi peur ?

Le monde est ainsi fait, qui ne changera jamais.
Les chasseurs d'un côté, les proies de l'autre.

Auteur : Karine Giébel est née en 1971 dans le Var, où elle vit toujours. Depuis qu'elle sait tenir un stylo, elle écrit... Après une scolarité sans histoire où il lui arrive de s'ennuyer, elle poursuit des études de droit tout en s'essayant à divers métiers. Parallèlement, elle se lance dans l'écriture, son premier roman, Terminus Elicius (2004) reçoit le prix Marseillais du Polar en 2005. Ce premier succès est suivi de Les Morsures de l'ombre (2007), lauréat du prix Intramuros à Cognac, du prix SNCF du polar 2009 et du prix Derrière les murs. Après Chiens de sang en 2008 et Jusqu'à ce que la mort nous unisse en 2009 (Lauréat du Prix des Lecteurs 
au Festival Polar de Cognac), Meurtres pour rédemption (2006 réédition 2010). Ses livres sont traduits aux Pays-Bas, en Espagne, en Russie et en Italie. Certains d'entre eux sont en cours d'adaptation cinématographique.

Mon avis : (lu en février 2013)
C'est le premier livre que je lis de cette auteur, cela fait quelques temps que je voulais la découvrir et le rendez-vous de Stephie était l'occasion trouvée !
C'est l'histoire en parallèle de deux chasses à l'homme en forêt. D'un côté, Diane, une photographe, qui est par hasard témoin du meurtre d'un marginal par une bande de quatre chasseurs du village voisin. Elle devient alors le témoin à abattre.
D'un autre côté, Rémy un SDF qui a été piégé par un homme qui lui a promis un travail de réinsertion. Rémy se retrouve avec trois sans-papier à être lâchés dans un parc comme le gibier d'une chasse spécialement organisée pour des clients fortunés. Les chiens sont lâchés derrière eux et commence alors une chasse à l'homme redoutable et cruelle. Une seule solution pour espérer s'en sortir et ne pas mourir... fuir...
Je n'ai pas été convaincue par cette histoire, j'ai trouvé cette chasse à l'homme très dérangeante et assez répétitive. Le suspens est là, le lecteur suit à tour de rôle les péripéties de Rémy et celles de Diane et la tension est présente tout au long du livre...

Extrait : (début du livre)
Vendredi 3 octobre - 16 h 00


Diane respire. 
À fond.
L'impression que cet air pur, froid et sec va embraser ses poumons, comme une allumette sur un fétu de paille séché au soleil.
Elle prend quelques instants pour admirer. Silence irréel, grandiose ; espace immense qui semble infini ; couleurs flamboyantes qui ensanglantent la forêt cévenole.
Elle sourit, ferme les yeux. Elle sera bien, ici, pendant quelques jours. Même si elle est venue pour travailler, ça ressemblera à des vacances. L'avantage d'avoir un boulot passionnant ! Une chance que beaucoup n'ont pas.
Mais Diane n'a pas eu que de la chance, ces derniers temps.
Elle attrape ses bagages dans le coffre de la voiture, se dirige vers le gîte...
Rémy rie respire plus.
Ça pue tellement qu'il préfère éviter.
Il remonte la braguette de son jean, quitte à la va-vite la ruelle coupe-gorge.
Même pas cinquante centimes pour taper l'incruste dans les chiottes de la gare. Dommage. Là-bas, lavabos, savon, PQ ; là-bas, ça empeste bon l'eau de Javel... Mais aujourd'hui, plus une seule pièce dans la poche de son froc.
Il marche d'un pas rapide vers le carrefour le plus proche, son vieux sac à dos sur l'épaule.
Faire la manche ou... se jeter sous les roues d'une bagnole.
Deux options, il n'en voit pas une troisième. À quoi bon continuer ?
Question récurrente. Surtout lorsqu'il faut tendre la main. Rémy déteste ça par-dessus tout. Quel autre choix, pourtant ?
Il s'arrête près d'un feu tricolore - son feu - sort la petite pancarte en carton griffonnée à la main. Un travail ou quelques euros pour ne pas mourir de faim, SVP, merci.
Pour ne pas mourir tout court, devrait-il ajouter en post-scriptum. Tellement de choses qu'il aimerait écrire sur cette pancarte ; un véritable roman. Son histoire, simplement.
Mais qui prendrait la peine de la lire ?

  Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Animal"

Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 25/12

challenge_ma_premi_re_lecture_dun_auteur
Ma 1ère lecture
d'un auteur : 4/13

Lire sous la contrainte

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5ème session : couleur

 

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6 février 2013

Le Pacte - Lars Kepler

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Audiolib – avril 2012 – 16h - lu par Thierry Janssen

Actes Sud – octobre 2011 – 450 pages

traduit du suédois par Hege Roel-Rousson

Titre original : Paganinikontraktet, 2010

Quatrième de couverture :
Une jeune femme est retrouvée morte à bord d'un bateau dérivant dans l'archipel de Stockholm. Ses poumons sont remplis d'eau de mer, pourtant il n'y a pas une seule goutte d'eau sur ses vêtements. La sœur de la victime, une célèbre militante pour la paix, est quant à elle poursuivie par un tueur implacable. Le même jour, un corps est découvert pendu à une corde à linge dans un appartement à Stockholm. Il s'agit de Carl Palmcrona, le directeur général de l'Inspection pour les produits stratégiques, l'homme chargé de valider les contrats d armement de la Suède. Tout semble indiquer un meurtre car la pièce est vide et rien n'a pu lui permettre de grimper jusqu'au nœud coulant qui l'a étranglé. Pourtant l'inspecteur Joona Linna est persuadé qu'il s'agit d'un suicide... En menant de front ces deux enquêtes, Joona Linna ignore qu'il entre de plain-pied dans un univers trouble fait de commissions secrètes, d'ententes tacites et de pactes diaboliques. Un univers où les desseins machiavéliques le disputent aux pires cauchemars. Un univers où les contrats ne peuvent être rompus, même par la mort.
Après L'Hypnotiseur, Lars Kepler signe encore une fois un thriller haletant et continue d explorer la face sombre de la Suède.

Auteurs : Lars Kepler est le pseudonyme du couple d'écrivains Alexander et Alexandra Ahnoril. L'Hypnotiseur (2010), le premier opus de la série, a été un best-seller international.

Lecteur : Tierry Janssen, né en 1972 et diplômé de l'IAD Théâtre en 1995, il est à la fois comédien, auteur et metteur en scène. Formé au clown et à la commedia dell'arte, il a travaillé entre autres avec Carlo Boso et Franco Dragone. Il a déjà enregistré pour Audiolib Vendetta, Sukkwan Island L'Hypnotiseur, Pars vite et reviens tard et L'Armée furieuse.

Mon avis : (écouté en janvier 2013)
Dans ce thriller rythmé et prenant, nous retrouvons l'inspecteur Joona Lina au commande de l'enquête. Tout commence par la découverte du cadavre d'une jeune femme sur un voilier dérivant au large de l'archipel de Stockholm. Pendant ce temps, sa sœur Pénélope et son petit ami Bjorn sont pourchassés par un tueur efficace. Le même jour, Carl Palmcrona, directeur de l'Inspection pour les produits stratégiques est retrouvé pendu dans son appartement, est-ce un meurtre ? Ou un suicide ?
L'intrigue est est parfaitement construite avec du rythme, du suspens sur fond de corruption, de marchands d'armes, de tueur à gage, de génocide au Darfour... Une histoire efficace qui incite le lecteur à ne pas lâcher son livre...
Il y a cependant certaine longueur en particulier la traque de Pénélope et Bjorn traîne vraiment trop longtemps.

J'ai eu un peu de mal à m'y retrouver avec les nombreux personnages, la prononciation les noms suédois ne se retiennent pas aussi bien à l'oreille que visuellement. Les chapitres sont courts et nombreux et les auteurs passent souvent d'un personnage à un autre.
Remarque personnelle sur l'enregistrement : J'ai trouvé l’intro de chaque chapitre beaucoup trop long… 30 secondes : musique, le titre, re-musique… il y a 116 chapitres… c’est donc très vite pénible ! En revanche, j'ai bien apprécié le lecteur.

 

Extrait : (début du livre)
Quand, par une nuit claire, un large bateau de plaisance est retrouvé à la dérive dans le pertuis de Jungfrufjärden, au sud de l’archipel de Stockholm, c’est le calme plat. L’eau bleu-gris s’abandonne à des mouvements doux comme la brume.

Le vieux qui approche dans sa barque appelle à plusieurs reprises mais il se doute qu’il n’obtiendra pas de réponse. Cela fait presque une heure qu’il observe le bateau à moteur dériver lentement vers le large sous l’effet du courant.

L’homme manœuvre son embarcation et vient l’accoler au yacht. Il remonte les rames, s’amarre à la plate-forme située à l’arrière du bateau, grimpe à l’échelle en inox et enjambe le bastingage. Un transat rose trône au milieu du pont arrière. Le vieux attend un petit moment et tend l’oreille. N’entendant pas le moindre bruit, il ouvre la porte vitrée et descend un petit escalier menant au salon. Au travers des grandes fenêtres, une lueur grise tombe sur les meubles en teck verni et le tissu bleu nuit des canapés. Il avance dans le prolongement des marches au lambris éclatant, passe devant la kitchenette obscure, la salle de bains et pénètre dans la grande cabine. Une faible lumière s’infiltre par les hublots situés près du plafond, éclairant un lit double en forme de flèche. Près de la tête de la couchette, une jeune femme vêtue d’une veste en jean est appuyée contre le mur, en position assise, les cuisses écartées. Sa main repose sur un coussin rose. Elle regarde le vieil homme droit dans les yeux avec un mélange d’étonnement et d’inquiétude. Il lui faut un moment pour comprendre que la femme est morte.

Une pince en forme d’oiseau blanc retient ses longs cheveux noirs. Une colombe de la paix. Quand le vieux s’approche et touche sa joue, sa tête bascule en avant, un filet d’eau s’échappe de la commissure de ses lèvres et coule le long de son menton.  

 livre_audio

Déjà lu du même auteur : 

l_hynoptiseur L'Hypnotiseur 

 Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 24/12

 Challenge Voisins, voisines

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Suède

  Défi Scandinavie noire 2012

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Suède

Challenge Littératures Nordiques

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  Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
Logo_challenge_bookineurs_en_couleurs
PAL Noire

20 décembre 2012

L’interprétation des peurs - Wulf Dorn

l_interpretation_des_reves Le Cherche Midi – mai 2012 – 432 pages

traduit de l'allemand par Joël Falcoz

Titre original : Trigger, 2009

Quatrième de couverture :
Psychiatre de talent, Ellen Roth reçoit en consultation dans la clinique où elle travaille une femme en état de choc, qui lui confie être harcelée par un homme, sur lequel elle refuse de donner le moindre détail. Serait-elle en proie à un délire de persécution ? Ellen n'a pas le temps d'en apprendre plus : à peine internée, l'inconnue disparaît. Quelques jours plus tard, un mystérieux individu agresse Ellen et lui lance un macabre défi : elle a quarante-huit heures pour découvrir qui il est et les raisons qui le poussent à s'en prendre à elle, sans quoi la patiente disparue mourra. C'est le début d'une course contre la montre pour Ellen, confrontée à la paranoïa, la peur et la violence. Bien vite, elle se retrouve isolée de tous, ne pouvant compter sur personne. Et avec très peu de temps pour découvrir ce qui, dans sa vie et celle de ses proches, peut motiver cet inconnu qui semble en savoir très long sur elle.

Auteur : Né en 1969, Wulf Dorn écrit depuis l'âge de 12 ans. Plusieurs de ses nouvelles ont été publiées et récompensées par des prix littéraires. L'Interprétation des peurs est son premier roman. Il vit à Ulm, en Allemagne.

Mon avis : (lu en décembre 2012)
Ce livre est un thriller psychologique. L'histoire a pour cadre un hôpital psychiatrique. Ellen Roth, brillante psychiatre, a pour patiente une femme maltraitée et terrorisée admise depuis peu dans la Clinique du Bosquet. Ellen voudrait aider cette femme et elle y met toutes ses forces.
Pendant une centaine de pages le lecteur est happé par l'intrigue dont le suspens devient de plus en plus intense. Certains passages sont plutôt flippants (livre à éviter de lire avant d'aller se coucher...). J'ai même éprouvé un certain malaise et une impression désagréable car, comme un schizophrène, je n'arrivais plus à distinguer ce qui était réel et ce qui était imaginaire... Malgré tout, j'avais très envie de savoir comment cette histoire allait pouvoir se terminer... 
Le milieu du livre est plus difficile à suivre, j'ai eu l'impression de tourner en rond, de répétitions, des rebondissements peu crédibles et la bonne impression du début retombait. Heureusement, le dénouement et la conclusion de cette histoire est inattendu et efficace. Au cours de ma lecture, j'avais échafaudé quelques hypothèses et j'étais complètement à côté. 

Une lecture prenante et captivante mais le malaise et les peurs que suscitent ce livre ne sont pas vraiment agréables. 

Autres avis : Theoma, Clara, Canel, HélèneKeishaNadaelMimiAkialam

Extrait : (début du livre)
Il est des lieux maléfiques, nimbés de légendes. De tels lieux sont régulièrement le théâtre d'évènements funestes, comme s'ils se nourrissaient de drames.
Pour Hermann Talbach, la ferme en ruine du vieux Sallinger était de ces endroits maudits. Tout le monde dans le village en était convaincu. Certains allaient jusqu'à prétendre que quiconque osait s'en approcher sombrait dans la folie. Comme jadis Sallinger qui, un soir de mai, avait mis le feu aux bâtiments avant de périr dans les flammes avec sa femme et ses deux enfants.
Or, ce jour-là, Talbach était pressé d'atteindre la ruine. Tandis qu'il arpentait le sentier forestier avec Paul, son apprenti, il priait pour qu'il ne soit pas trop tard. Il était de leur devoir d'empêcher une nouvelle tragédie.
Talbach n'avait pas eu le temps de se changer. En bleu de travail, les mains pleines de cambouis, il passa en hâte près des vestiges de l'ancien portail couverts de mousse. Le mécanicien avait dépassé la quarantaine et boitillait suite à un accident sous le pont élévateur de son garage. Pourtant, il ne ralentissait pas l'allure. Paul, âgé de dix-neuf ans, peinait à le suivre.

 

 Grand_Prix_des_Lectrices_2013 
Sélection policier 
Jury Novembre

 Challenge Thriller 

challenge_thriller_polars

catégorie "Même pas peur" : 17/12

Challenge Voisins, voisines

voisin_voisines2012
Allemagne

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman

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14 décembre 2012

Avenue des géants - Marc Dugain

avenue_des_geants Gallimard – avril 2012 – 368 pages

Quatrième de couverture :
Al Kenner serait un adolescent ordinaire s'il ne mesurait pas près de 2,20 mètres et si son QI n'était pas supérieur à celui d'Einstein. Sa vie bascule par hasard le jour de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Plus jamais il ne sera le même. Désormais, il entre en lutte contre ses mauvaises pensées. Observateur intransigeant d'une époque qui lui échappe, il mène seul un combat désespéré contre le mal qui l'habite. Inspiré d'un personnage réel, Avenue des Géants, récit du cheminement intérieur d'un tueur hors du commun, est aussi un hymne à la route, aux grands espaces, aux mouvements hippies, dans cette société américaine des années 60 en plein bouleversement, où le pacifisme s'illusionne dans les décombres de la guerre du Vietnam.

Auteur : Né en 1957, après avoir vécu les sept premières années de sa vie au Sénégal, Marc Dugain revient en France avec ses parents. Il intègre quelque temps plus tard l'Institut d'études politiques de Grenoble, où il étudie les sciences politiques et la finance, avant de prendre la tête d'une compagnie d'aviation. Mais l'écriture l'a toujours démangé. Aussi, il se décide à prendre la plume, et signe "La Chambre des officiers" en 1998. Ce premier roman reçoit près de vingt prix littéraires et est adapté au cinéma. Il sort ensuite "Campagne anglaise", "Heureux comme Dieu en France", "La Malédiction d'Edgar" et plus récemment "Une exécution ordinaire" (2007), et se constitue peu à peu un lectorat fidèle. Friand d'horizons lointains, Marc Dugain vit au Maroc depuis 2001.

Mon avis : (lu en décembre 2012)
C'est à la fois un livre coup de cœur et un livre coup de poing.
Marc Dugain s'est inspiré de la vie d'un tueur en série américain des années 70 pour créer le personnage d'Al Kenner. Le 22 novembre 1963, jour de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, la vie d'Al va basculer, encore adolescent il commet son premier meurtre. Il est alors interné dans un hôpital psychiatrique et rencontre des psychiatres qui l'écoutent. Son intelligence lui permet d'apprendre beaucoup de la psychiatrie.
Al Kenner est hors norme, il mesure 2,20 m et a un QI exceptionnel, supérieur à celui d'Einstein. Il aime les grands espaces et en même temps il est renfermé sur lui-même, il est lucide et il connaît très bien le mal qui le ronge et fait beaucoup d'effort pour vivre avec. Son contexte familiale est terrifiant, il a toujours été considéré comme un monstre par sa mère et son père ne s'est jamais interposé pour le protéger des maltraitances de sa mère.

Entre roman policier et roman américain, Marc Dugain a construit avec beaucoup de talent cette histoire prenante et passionnante de la vie d'Al Kenner. L'auteur tente de comprendre sa psychologie et le lecteur s'interroge : naît-on tueur ou le devient-on ? Al Kenner est à la fois attachant et d'une froideur et d'une lucidité troublante. Ce livre est également l'occasion de découvrir les États-Unis des années 60 et 70 avec la guerre du Vietnam, les communautés hippies...
Enfin, la conclusion de cette histoire m'a stupéfaite, car à aucun moment, je ne m'étais attendu à cela...
Ce roman ne peut pas laisser indifférent le lecteur.  

Autres avis : Clara, Canel, Jostein

Extrait : (début du livre)
Comme chaque mois, elle lui fait face après s'être installée lourdement sur sa chaise. Elle sort les livres de son sac, une dizaine. Pour la plupart ils ont une couverture cartonnée. Il y jette un coup d’œil rapide, et les pose devant lui. Elle sourit d'un trait fin sans le regarder en face. Elle fait en sorte depuis des années de ne jamais croiser son regard, ce qui l'oblige à beaucoup tourner les yeux. Elle baisse souvent la tête. C'est l'occasion pour lui de voir le sillon de sa calvitie au milieu de son crâne s'élargir. Elle a les cheveux longs et il est difficile de dire quand ils sont propres. Même propres, ils n'ont pas l'air de l'être. Elle a dû être passablement jolie, pour autant qu'on puisse distinguer une ancienne beauté derrière des traits bouffis. Affaissé il l'est aussi, mais il a de bonnes raisons de l'être. Alors qu'elle, on se demande. Il aime bien cette femme. En fait, il en est venu à conclure qu'il l'aime bien parce qu'il ne ressent rien pour elle, ni amour ni haine. Parfois un peu d'agacement. Il lui en veut d'être la seule personne à lui rendre visite. Il lui en veut pour les autres qui ne le visitent jamais, ce qui est un peu injuste vu qu'il n'y a plus d'autres. Il est assez perspicace pour avoir remarqué que depuis longtemps elle a quelque chose à lui dire. Mais quoi ? Il n'en sait rien. Il sent juste la pesanteur d'une parole qui ne s'exprime pas. C'est au-delà de la timidité. Elle n'est jamais vraiment naturelle devant lui. Elle compose. Assez maladroitement et souvent sa voix est en décalage avec ses expressions. Parfois il la sent illuminée, parfois complètement éteinte. Elle a de gros seins flasques qui finissent une gorge fripée. Pour une femme qui doit avoir la soixantaine il ne trouve pas cela très reluisant. Mais il lui est reconnaissant de ne pas le faire fantasmer. On ne tire pas sur un moteur sans essence. 
- Vous avez parlé avec les journaux de ce qu'on avait évoqué ? 
Elle prend un temps pour répondre. Rien d'extraordinaire à cela, elle prend toujours un temps pour répondre comme si elle se sentait une responsabilité. 
- Oui. A plusieurs journaux de la côte. Ils sont int... comment dire, intrigués. Ils réfléchissent. Mais je crois que cela peut se faire. 
Ses yeux se remettent à tourner. Quand elle fait comme ça, il lui écraserait son poing sur la tête, mais au fond il n'en a pas très envie. Et puis il imagine les dégâts que cela causerait pendant qu'elle continue de sa voix où chaque mot semble s'excuser de sortir de sa bouche petite pour un visage de cette taille. Elle doit avoir du sang indien. Pas du sang frais, du sang qui remonte au début du siècle où on leur a réglé leur compte. 
- C'est un peu risqué pour eux, vous comprenez... 
- Vous voulez dire comme critique littéraire ? 
- Oh non ! Là-dessus ils se feront leur propre opinion. C'est plus de révéler qui vous êtes ou pas. Et s'ils ne disent pas qui vous êtes, on pourrait le leur reprocher un jour. En même temps, ils se disent qu'à révéler votre identité, ils pourraient faire un coup. Enfin, les médias... quoi... 

Il opine à contretemps comme si la conversation ne l'intéressait déjà plus. Il a toujours agi ainsi. C'est une façon de prendre l'ascendant sur ses interlocuteurs. Il se ravise : 
- J'en ai lu des critiques dans ma vie. Je ne vois pas ce que je pourrais leur envier. Je me suis avalé 3 952 livres depuis le début des années 70. Une lecture dans le moindre détail, et ce n'est pas vous qui me direz le contraire. Maintenant, est-ce que ça me donne le droit d'avoir une opinion sur la littérature ? Je le crois. 
- Ils m'ont dit qu'ils pensaient à vous plutôt comme critique de polars. 
Il s'efforce de ne pas paraître énervé pour ne pas l'effrayer, car elle s'effraie facilement. 
- Ça flaire le bon coup. Vous leur direz que le polar ne m'intéresse pas. Mais pas du tout. Trop de conventions, de lieux communs, d'énigmes sans intérêt. 
Ils restent un bon moment sans rien se dire, chacun regardant ailleurs. Il n'y a rien pour poser ses yeux dans cette pièce, alors chacun balaye le mur opposé. Il en a déjà assez d'elle, mais il se contrôle, ne veut pas qu'elle le ressente, elle n'y est pour rien. Soudain ça fuse : 
- Vous pouvez leur annoncer le chiffre. 3 952 livres de 71 à aujourd'hui. Et si vous voulez les faire rire, dites-leur que je n'en avais lu qu'un seul entre ma naissance en 48 et 1971. Je l'ai lu trois fois. Devinez lequel ? 
Elle répond : 
- La Bible. 
- Non, Crime et châtiment. Un sacré bon livre, vraiment. Je ne crois pas qu'on en ait écrit de meilleur. 
Il lit dans ses yeux qu'elle se demande si ce n'est pas une plaisanterie. Elle a un joli nez droit et des yeux d'une couleur originale. Mais elle sent la peur comme un cadavre sent la mort. Une peur générale de l'existence. D'ailleurs elle se met du patchouli sans compter pour la masquer. Ça doit en tromper un grand nombre. Pas lui. 
Il reprend l'inspection des livres qu'elle lui a apportés. Il y découvre un intrus. 
- C'est quoi ce livre pour enfants ? 
- Une proposition. On s'est aperçus qu'on manquait d'enregistrement pour les enfants. Et il y a beaucoup plus d'enfants aveugles qu'on ne le croit. 
- Vous l'avez fait exprès ? 
Elle se met à fondre comme une glace en plein soleil, s'essuie le front avec le dos de la main. Elle ne voit pas de quoi il parle. 
- Vous ne savez sans doute pas que ma grand-mère écrivait des livres pour enfants, dit-il doucement pour la rassurer car elle est d'un rouge inquiétant. Mais ce n'est pas le plus important, vous m'imaginez enregistrer des CD pour enfants avec la voix que j'ai ? Il faut être un peu désespéré pour avoir une idée pareille. Et c'est un travail énorme de se mettre à la place d'un enfant lorsqu'on ne vous a jamais laissé la chance d'en être un. Je n'ai pas ce don. 
Elle enchaîne à toute vitesse : 
- Personne n'est aussi médaillé que vous pour la lecture. C'est vous que l'éditeur veut, enfin... qu'on veut. 
Elle croit le flatter. Il a passé l'âge, même s'il est fier de ses médailles. 
Il lui promet d'essayer, cela ne coûte rien et tout le monde sera content. Il aime bien faire des compromis. Cela peut paraître un peu stupide à dire mais il ressent un vrai plaisir aux compromis. Si chacun acceptait de faire la moitié du chemin, il est convaincu qu'on éviterait les conflits. Il le dit souvent dans ses prêches à ses gars. Dès que l'idée du compromis a germé dans votre esprit, la violence a perdu. Même si vous n'avez pas l'intention de faire la moitié du chemin, un pas vers l'autre et la violence est derrière vous. Il ne veut plus discuter de cette histoire de livres pour enfants, c'est d'accord, il essaiera. Sinon il aurait l'impression d'obéir au passé et il ne le veut plus jamais. 
- Les bons critiques comprennent que la promenade de l'auteur autour du sujet est plus essentielle que l'essence de ce sujet. Il est là, l'authentique voyage de la littérature. Si on devait se taper des milliers de pages juste pour ce qui doit être dit, dites-moi quel serait l'intérêt ? J'ai entendu tellement de saloperies sur des gens qui ne le méritaient pas. Quand vous lisez ce que Mary McCarthy  ouHenry Miller  ont écrit sur Salinger, incapables de le lire autrement qu'au premier degré, je me pose des questions sur la pertinence de leur jugement et j'en viens à me demander si ce n'est pas l'aveu de la médiocrité de leurs propres écrits. Ça me fout dans de ces rognes parfois ! Je vous passe tout ce que j'ai pu lire sur Carver. Bien sûr, maintenant ils l'ont foutu au Panthéon, tout juste s'ils ne l'ont pas enterré dans le caveau familial de Tchekhov, mais moi j'étais là quand ils dégoisaient sur son minimalisme. Il a fallu qu'il meure. Tous ces gens-là préfèrent les momies aux vivants. Qu'ils fassent comme ils veulent après tout, mais pour les polars qu'ils ne comptent pas sur moi, c'est compris ? C'est un genre mineur, méprisable. Même le plus minable des polars n'est pas capable de retranscrire 10 pour cent de la réalité dont il parle. 
Il dit tout ça, sans élever la voix. Il est rare qu'il élève la voix. Ses colères s'épanouissent dans un caisson étanche. Quand il est en colère, il est le seul à le savoir. 
- Si vraiment vous ne voulez pas du livre pour enfants... 
Pour lui l'affaire était entendue. Pourquoi revient-elle dessus ? Il a connu beaucoup de gens comme elle qui ne peuvent pas faire un pas en avant sans regarder derrière eux. 
- Je vous ai dit que je le lirai. 
Elle affiche un petit sourire pitoyable. Elle regarde l'heure à sa montre et sourit de nouveau pour se dégager du regard insistant qu'il pose sur elle. Elle le prend comme une mauvaise intention alors qu'il en a seulement marre de fixer le mur derrière elle. 
- Vous allez revenir quand ? 
Elle semble soudain soulagée. 
- Dans quatre semaines. 
Il pourrait lui interdire l'entrée. Il suffirait qu'il le demande à l'administration. Elle n'aurait plus qu'à leur déposer les livres. Il en a le pouvoir, c'est une certitude, mais ce serait en abuser. Parfois, il ressent comme une colère sourde à l'idée d'être condamné à ne voir pour femme que ce haut de crâne aux allures de champ de blé mouillé. Il est sûr qu'elle se défonce. C'est le genre à tenir un pétard d'une main et un café de l'autre au petit déjeuner en oubliant de manger. Elle doit siroter des sodas toute la journée, entrecoupés d'un hamburger qui a épongé toute la graisse de la plaque. Depuis qu'elle vient le voir, une bonne trentaine d'années, il lui est reconnaissant de ne lui avoir rien confessé de personnel la concernant. Il ne l'aurait pas supporté. Difficile de l'expliquer mais il l'aurait mal pris. Il peut accepter une relation professionnelle, rien d'autre. Il guette les tentatives de privautés pour les étouffer et elle le sait. Elle n'a jamais commis d'impair. 

Déjà lu du même auteur : 

l_insomnie_des__toiles L'insomnie des étoiles

 Grand_Prix_des_Lectrices_2013 
Sélection roman 
Jury Novembre

50__tats
36/50 : Montana
Al Kenner a passé son enfance dans le Montana

  Challenge Thriller 

challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 16/12

Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
Logo_challenge_bookineurs_en_couleurs

Session 1 : Rose

 

3 novembre 2012

Discordance - Anna Jörgensdotter

 Lu en partenariat avec Livraddict et les éditions JCLattès

discordance JC Lattès – août 2012 – 535 pages

traduit du suédois par Martine Desbureaux

Titre original : Bergets döttrar, 2009

Quatrième de couverture : 
Cinq frères et sœurs grandissent dans une petite communauté suédoise au pied du mont Kungsberg : deux frères, Edwin et Otto, et trois sœurs, Karin et Sofia, qui restent inséparables jusqu’à ce que l’amour puis la mort les sépare, tandis qu’Emilia sillonne les rues à bicyclette en rêvant d’évasion. 
Tout commence en 1938, lorsqu’une maison prend feu, celle de Mlle Filipsson, femme singulière venue d’on ne sait où. Edwin est le seul à la pleurer. Un an plus tard, c’est l’Europe entière qui s’embrase. Le jour même de l’invasion de la Pologne, une petite fille naît, et Karin, sa mère, agonise… Chacun des membres de la fratrie poursuit sa vie, entre rêves et désillusions. Au long de deux décennies, Anna Jorgensdötter nous livre un roman choral semé d’amour et de drames, marqué par les disparités entre hommes et femmes dans une société en mutation. 

Auteur : Née en 1973, Anna Jörgensdotter vit dans la région de Sandviken, où se déroule Discordance, pour lequel elle a remporté le prix Ivar-Lo 2010. Tous ses romans sont encensés par la critique. Elle publie également des recueils de poésie, compose de la musique et écrit en free-lance dans plusieurs journaux.

Mon avis : (lu en octobre 2012)
L'histoire se situe en Suède à Norrby un village au pied du mont Kungsberg proche de Sandviken.
Les personnages principaux sont cinq frères et sœurs Edwin, Emilia, Karin, Sofia et Otto. Edwin est un solitaire, qui ne rechigne pas à l'effort, il aura l'idée de construire un tremplin de ski, puis une piste de ski alpin. Emilia est avide de liberté, elle n'est pas prête à prendre un mari... Karin et Sofia sont très proches l'une et l'autre, Karin va épouser Max un ami d'enfance, Sofia préfèrera épouser Arvid le beau citadin plutôt que Milton le frère de Max.
Tout commence en septembre 1938 avec l'incendie de la maison de Mademoiselle Filipsson. La première partie s'achève le 31 août 1939 avec la naissance de Lillemor la fille de Karin et Max.
Nous sommes en 1944 lorsque la deuxième partie commence avec le départ d'Emilia pour aller travailler dans une filature de laine. Vingt ans après, en 1958, c'est sur fond de Coupe du Monde de football en Suède que ce termine cette histoire avec Lillemor jeune adulte.
« Nos récits s’entrelacent telles les bandes de lirette dans la trame d’un tapis. Et chacun y reste pris. Jusqu’à l’usure.
En devient partie intégrante.
L’idée de départ était peut-être autre que le résultat, ou alors nous sommes parfaits – un récit parfait, sur tout, sur rien. Sur la vie telle qu’elle a été. Mais jamais sur ce qu’elle aurait pu être. », ce paragraphe présent dans les toutes dernières pages du livre résume parfaitement la construction de ce livre.

J'ai mis du temps à lire ce livre car après une première partie prometteuse, j'ai trouvé l'histoire assez brouillonne car l'auteur passe d'un personnage à l'autre abandonnant souvent le personnage précédent dans une situation critique... Il y a également de nombreux retours en arrière et le lecteur est un peu perdu.
La bonne idée de l'auteur est d'avoir mis au tout début du livre une description des principaux personnages et leurs éventuels liens de parenté.
Mon avis sur ce livre est finalement mitigé.  

Je remercie Livraddict et les éditions JCLattès pour m'avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : (début du livre)
Ça pourrait débuter par un conte. Il était une fois. Débuter au moment où Karin monte la mèche de la lampe à pétrole, dont la flamme vacille.
Écoute ça, dit-elle – et il y a tant d'hilarité dans sa voix que Sofia se sent toute pétillante de rire malgré sa fatigue.
Il était une fois..., commence Karin. Un petit, un tout petit garçon... un prince, peut-être bien... qui s'appelait... Milton !

Ça y est. Sofia implose.
Je te jure ! poursuit Karin avec une feinte innocence. Il s'appelait vraiment Milton. Sauf que ce n'était pas du tout un prince comme se l'imaginaient les autres habitants du royaume, c'était juste un petit gamin froussard. Et jamais il ne deviendrait un vrai prince, pour sûr, à moins de prouver son courage en... Karin fait semblant de réfléchir et prend un air finaud. A moins de déclarer sa flamme à la princesse des Neiges... à la princesse... Sofia !
Sofia se bâillonne d'une main, forçant le rire à se frayer un passage entre ses doigts. Elle a tellement peur que sa maman se réveille. Sa maman a le sommeil léger comme la soie, fragile comme le verre. Chut ! Fait-elle à Karin, mais sans sévérité. Karin dénoue les doigts de Sofia.
Oh ! ma chère, ma douce mademoiselle Steen, voulez-vous bien m'épouser ?
Tais-toi ! pouffe Sofia.

Me taire ? s'exclame Karin-Milton d'une voix incrédule.
Comment pourrais-je me taire alors que je vous aime tant ?
Karin lance en l'air des simulacres de baisers.
Sofia détourne la tête ; c'est plus facile si elle ne regarde pas sa sœur.

 

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Challenge 3% Littéraire 2012

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15/21

Challenge Voisins, voisines

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Suède

 Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Suède 

 Challenge Littératures Nordiques

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2 novembre 2012

Les visages écrasés - Marin Ledun

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Seuil - mars 2011 – 320 pages

Points - mai 2012 – 408 pages

Quatrième de couverture :
Objectifs inatteignables, management à la menace, restructurations et mises au placard... Personne ne connaît ça mieux que moi. Vincent Fournier, salarié d'un centre d'appels au bout du rouleau, m'a tout raconté avant que je ne mette fin à ses souffrances. Définitivement. C'est mon boulot, je suis médecin du travail. Écouter, soigner. Avec le traitement approprié, quel qu'il soit.

Auteur : Né en 1975, Marin Ledun est romancier. Il a déjà publié sept romans noirs, dont Modus Operandi (prix Plume libre 2008), La Guerre des vanités (prix Mystère de la critique 2011) et Zone Est.

Mon avis : (lu en octobre 2012)
Voilà un roman policier très original, le sujet est très actuel car l'histoire se situe dans un centre d'appel où les méthodes de management poussent certains salariés au suicide, à la dépression. La narratrice de ce roman est Carole Matthieu, médecin du travail, elle est là pour écouter et pour aider les salariés à supporter leur souffrance. 
Tout commence avec la mort de Vincent Fournier un salarié au bout du rouleau, il est retrouvé 
avec une balle dans la tête. Le lecteur a de l'avance sur l'enquête puisqu'il a assisté à l'exécution dès le prologue... mais pour l'enquêteur les pistes sont nombreuses et le coupable sait les brouiller...
Le point vue choisi par l'auteur est très original. L'intrigue est saisissante et d'une très grande noirceur.

Extrait : (début du livre)
Vincent Fournier lève sur moi un visage cadavérique. Traits tirés, poches noires sous les yeux et barbe de trois jours. Son sweat-shirt gris anthracite délavé, trop large d'une ou deux tailles, accentue sa maigreur épouvantable. Il se laisse aller contre le dossier de son fauteuil, croise les bras et se mure dans le silence.
J'extrais un stylo du porte-crayon, en prenant soin de ne pas faire de bruit, et j'attrape une feuille vierge que je glisse sur le sous-main en plastique.
J'écris : insomnies chroniques, traitement inefficace.
Mon regard se pose sur l'horloge du cabinet au-dessus de lui. 19h34. Plan serré sur les aiguilles, contre-plongée sur le mur; un fil électrique court le long de la plinthe avant de disparaître sous la moquette industrielle.
Je reprends le stylo et je note : diarrhées, apathie, fatigue chronique, perte de poids - 16 kilos en deux mois.
Je trace un cercle autour du nombre 16 d'un geste résigné.
Face à moi, Vincent Fournier se recroqueville un peu plus.
J'ajoute : idéations suicidaires, récidive possible, forte probabilité de passage à l'acte, inaptitude au poste. Arrêt de travail indispensable et urgent.
Je souligne trois fois urgent et remets le stylo à sa place. Puis je glisse la feuille dans son dossier, le referme et le range. Le tiroir métallique percute le fond du bureau avec un claquement sourd.
Vincent Fournier est en larmes.
La consultation est presque terminée.
Je brise le silence la première.
« Qu'est-ce qu'on fait ? »
Vincent se tait.
Je répète : « Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ? »
Il grogne une réponse inaudible.
J'insiste, d'une voix chaleureuse :
« Depuis un an, on a tout essayé. Les traitements ne fonctionnent pas de façon satisfaisante.Trois arrêts maladie, trois échecs. À chaque retour, vous replongez. À chaque reprise, votre état empire. Vous souffrez de troubles gastriques et du sommeil depuis près de deux ans. Vous ne mangez plus, vous ne dormez plus, vous ne voyez plus personne. C'était quand, la dernière fois que vous avez fait l'amour avec votre femme ? »
Pas de réponse. Je tape du poing sur la table pour le forcer à réagir.
« Vincent ! Quand ?
- J'en sais rien.
- Il y a une semaine ? Un an ? Deux ans ?
- J'en sais rien, merde ! »
Il a presque hurlé.

Challenge Thriller et Polar 
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catégorie "Même pas peur" : 10/12

 

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012

 

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"Partie du corps"

 

13 octobre 2012

La ville des serpents d’eau - Brigitte Aubert

la_ville_des_serpents_d_eau Seuil - septembre 2012 - 285 pages

Quatrième de couverture :
Ennatown, la ville des serpents d'eau : sans histoire, avec son club interconfessionnel, sa bonne conscience, son lot de mâles chasseurs si conventionnels, et leurs épouses qui s'ennuient à mourir, genre Desperate Housewives. Une sérieuse ombre au tableau, toutefois : l'un des leurs, forcément un des leurs, a enlevé cinq gamines il y a plus de dix ans. Quatre ont été retrouvées au fond d'un lac ou d'une rivière. D'où le surnom du mystérieux criminel : le Noyeur. La dernière n'a jamais refaitsurface...
Et voici justement que surgit de nulle part, sous la neige à la veille de Noël, une petite créature crasseuse en survêtement rose maculé, muette et terrifiée, qui aussitôt s'enfuit avec le citoyen le moins fréquentable d'Ennatown: Black Dog, géant noir un peu demeuré et SDF. Qui est-elle?
Trop jeune pour être la disparue... alors? Le fantasme collectif repart de plus belle : c'est Black Dog, le Noyeur, évidemment... Et la chasse à l'homme de démarrer. Seul Limonta, ex-flic alcoolo à la conscience chargée, s'étonne que personne n'ait signalé la disparition d'une enfant de cinq ans...
Auteur : Née en 1956 à Cannes, Brigitte Aubert a développé son goût pour le polar dans la pénombre du cinéma familial. Parmi ses nombreux romans publiés et traduits dans plus de 20 pays, l’on retiendra Les Quatre fils du Dr March, La Mort des bois (Grand Prix de Littérature policière 1996), Transfixions (adapté au cinéma sous le titre “Mauvais Genres), Funérarium… Elle est la reine du thriller à humour grinçant.

Mon avis : (lu en octobre 2012)
Ennatown est une petite ville d’Amérique du Nord, c'est la veille de Noël. Dès la première page de ce livre, le lecteur est plongé dans une histoire sordide... Une fillette a été séquestrée durant des années dans une cave, elle est devenue femme, puis mère. Elle est au bout du rouleau et elle pense avoir trouvé une solution pour faire sortir sa fille Amy âgée de cinq ans qui pourrait devenir la proie de son kidnappeur surnommé Daddy.
Treize ans plus tôt, dans cette même petite ville, plusieurs fillettes âgées de six ans ont été enlevées et retrouvées noyées dans un étang. Vera Miles, l'une des fillettes, n’est jamais réapparue et l'affaire n'a jamais été résolue.
Il fait nuit, Amy vient de s'échapper du lieu de séquestration qu'elle n'a jamais quitté depuis sa naissance, elle est muette et elle a en sa possession un message d'au secours écrit par sa mère. La première personne qu'elle rencontre, c'est Black Dog un géant noir, marginal, sdf et illettré. Elle va naïvement lui faire totalement confiance et lui comprend instinctivement qu'il doit la protéger.
A Ennatown, il y a également Vince Limonta, un ancien flic de New York, exclu de la police à la suite d’une bavure. Il est revenu dans sa ville natale et grâce au prêtre Roland O’Brien, il travaille comme jardinier. Vince a retrouvé un ami, Michael McDanie, un ancien rappeur noir connu sous le pseudo de Snake T. et devenu handicapé à la suite d'un accident. Lorsque le journal locale ressort l’histoire des fillettes enlevées, Snake T. incite Vince à s’intéresser à l’affaire.

Voilà une intrigue bien construite où l'innocence et la monstruosité se côtoient, d'un côté un fillette et un simple d'esprit de l'autre une atmosphère glaçante, un monstre rodant dans cette communauté, un monsieur Tout-le-monde insaisissable. Le suspens et la tension sont présents tout au long du livre et les pistes sont multiples... Un roman policier captivant et efficace, une belle découverte.

Autre avis : Canel

Extrait : (début du livre)
Je suis morte il y a treize ans.
J'avais 6 ans.
On m'a retrouvée noyée dans le lac, sous la glace, pas très loin de la maison. Les poches de ma robe étaient bourrées de pierres.
Les poissons avaient dévoré mes doigts et mon visage. On m'a identifiée à ma taille et à mes vêtements.
Mon joli anorak rose. Mon sac à dos Scooby-Doo.
On m'a enterrée un après-midi de janvier. Il neigeait.
Sur ma tombe, il y a gravé "Susan Lawson 1992-1998 A notre cher petit ange".
Quand le cercueil est descendu dans le trou, ma mère s'est mise à hurler. Mon père s'est évanoui.
Moi, j'ai essayé de me boucher les oreilles pour ne plus entendre rire Daddy.
Mais la chaîne était trop courte. Je n'ai pu que crier, les poignets entravés.
Je suis morte il y a treize ans.
Vera Miles avait 6 ans, elle aussi. Elle avait disparu un mois plus tôt. Elle, on ne l'a jamais retrouvée.
Moi, je croupis dans ce trou noir.
Au début, il n'allumait que quand il venait.
Le reste du temps, c'était la nuit. Et toujours la peur.
La douleur.
La folie.

 Grand_Prix_des_Lectrices_2013 
Jury JANVIER
Policier

Challenge 1% Littéraire 2012

  logochallenge2 
10/14

 Challenge Thriller 

challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 8/12

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012

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"Animal"

 

 

12 juillet 2012

Trois enterrements (Film)

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Film hispano-américain réalisé par Tommy Lee Jones en 2005.

Titre original : Los tres entierros de Melquiades Estrada

Titre anglais : Three Burials of Melquiades Estrada

Synopsis :
Le corps de Melquiades Estrada, paysan mexicain, est retrouvé en plein désert, où il a été rapidement enterré après son assassinat. Par qui ? Pete Perkins, contremaître de la région et meilleur ami de Melquiades va mener lui-même l’enquête que les autorités locales refusent d’assumer. Seul garant, dans cette étrange région du Texas, d’une réelle humanité, il va découvrir le meurtrier, lui faire déterrer le corps et offrir à son ami le plus beau voyage de sa vie, vers une sépulture honorable dans son Eldorado natal, le Mexique.

Acteurs : Melissa Leo, Tommy Lee Jones, Barry Pepper, Vanessa Bauche, Dwight Yoakam, January Jones, Mel Rodriguez, Julio César Cedillo

Mon avis : (film vu en mai 2012 sur Arte)
Un très beau road-movie, un voyage initiatique et expiatoire dans de superbes paysages semi-désertiques entre États-Unis et Mexique. Une histoire très originale pas toujours réaliste, mais cela fonctionne très bien, le rythme est lent, les personnages sont formidables, la chaleur est écrasante...

Récompensé au Festival de Cannes 2005 avec Prix d'interprétation masculine (Tommy Lee Jones) et prix du scénario (Guillermo Arriaga)

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29/50 : Texas

17 juillet 2012

Comme dans un miroir - Gunnar Staalesen

  Lu dans le cadre de Masse Critique
massecritique

Comme_dans_un_miroir Gaïa – septembre 2012 – 304 pages

traduit du norvégien par Alexis Fouillet

Titre original : Som i et speil, 2002

Quatrième de couverture :
En 1957, une femme sublime se tue en voiture avec son amant saxophoniste, dans un pacte macabre. Elle laisse deux filles. Trente-cinq ans plus tard, lorsque l’une disparaît avec son mari, sa sœur imagine le pire et appelle Varg Veum. Entre le mythe des amants suicidés en 1957 et le présent, beaucoup de recoupements, de ressemblances, comme dans un miroir. Les chalets de montagne sur les hauteurs de Bergen se renvoient les échos du passé par-delà les fjords.
Sur fond de trafic en tous genres, la Norvège des années 90 a bien les deux pieds dans son époque. Varg Veum aussi : il vient d’acheter un téléphone portable !
Un nouvel épisode jazzy pour le privé norvégien.

Auteur : Gunnar Staalesen est né à Bergen, en Norvège, en 1947. Il fait des études de philologie et débute en littérature à 22 ans. Il se lance peu à peu dans le roman policier et crée en 1975 le personnage de Varg Veum, qu’il suivra dans une douzaine de romans. Tous les polars de Staalesen suivent les règles du genre à la lettre, avec brio. Et les problèmes existentiels du détective privé, ses conflits avec les femmes et son faible pour l’alcool sont l’occasion d’explorer, non sans cynisme, les plaies et les vices de la société. Avec le Roman de Bergen, il dédie à sa ville natale une grande fresque sociale et policière couvrant tout le XXe siècle. 

Mon avis : (lu en juillet 2012)
Ce livre est la 11ème enquête du personnage récurant de Gunnar Staalesen le privé norvégien Varg Veum traduite en France. Pour ma part, c’est ma deuxième enquête avec Varg Veum.
Berit, avocate, demande à Varg Veum d’enquêter sur la disparition soudaine de sa sœur Bodil et de son mari, plus trente ans auparavant leur mère et son amant ont été retrouvés noyés dans leur voiture comme dans un pacte mortel.   
L’enquête met beaucoup de temps à s’installer, durant les deux cent premières pages l’enquête n’avance pas, l’auteur nous « balade » sur plusieurs pistes dont aucunes ne progressent vraiment…
C’est à la limite de devenir lassant… Il est question du passé, de multiples trafics…
Et puis tout à coup l’enquête s’emballe et les révélations se succèdent et la fin inattendue ne m’a pas fait regretter cette lecture. Dommage que le début soit si poussif…

Merci à Babelio et aux Éditions Gaïa pour m'avoir permis de découvrir cette nouvelle enquête de Varg Veum, personnage sympathique et attachant.

 

Extrait : (début du livre)
Je l'avais vue bien avant que nous nous croisions.
Nous allions chacun dans sa direction sur la portion de montagne que les Berguénois appellent Vidden, le haut plateau, comme s'il n'y en avait qu'un. Elle arrivait d'Ulriken, en direction de Fløien.

Je venais de faire l'ascension de Trappefjellet, et je longeais l'alignement de cairns sur ce qui s'appelle depuis très longtemps Alfjellet. C'était un jeudi de la mi-avril, et la température hésitait encore entre des valeurs à un ou deux chiffres. Plus bas, sur Midtfjellet, j'avais entendu le cri strident caractéristique du bécasseau. Sous les nuages qui filaient dans le ciel, la première formation d'oies sauvages volaient vers le nord, mystérieusement attirées par le Møre. Le printemps arrivait. Mais sur Vidden, il restait des névés. Du côté des marais en face de Hyttelien, on s'enfonçait sérieusement dans la boue quand on quittait le sentier.
Tout à coup, elle disparut, telle une fée des forêts. Sur le dernier tronçon avant le Borgaskar, un coup d'index de géant en travers de Vidden, je la perdis de vue. Je m'arrêtai un instant, bouche bée, et elle réapparut après le col  pour se diriger à grands pas vers moi.  Je lui laissai le passage sur le chemin.
Elle était équipée pour ce genre d'activités ; sac à dos léger, knickers marron, coupe-vent vert et bonnet blanc. Elle passa devant moi avec un sourire rapide et un « Bonjour ! » joyeux, comme il est d'usage entre randonneurs.
« Mais... ! L'entendis-je s'exclamer après m'avoir croisé. Ce ne serait pas... »
Je me retournerai vers elle.
« Veum ?
- Si. »
J'analysai en vitesse ma première impression. Ses yeux étaient gris-vert, son regard clair. Elle était plus grande que moi, environ 1,85 m. Pourtant, il y avait un côté des plus féminins dans ses traits réguliers, ses lèvres pulpeuses et sa peau lisse. Le vent vif de la montagne lui avait laissé une jolie tache rouge sur chaque joue. Quelques rares gouttes de sueur s'étaient formées dans le duvet clair de sa lèvre supérieure. Hormis cela, elle affichait une grande décontraction, et son souffle était léger comme celui d'un marathonien dans une descente.  

tous les livres sur Babelio.com

Déjà lu du même auteur :  l__criture_sur_le_mur L'écriture sur le mur

Challenge Voisins, voisines
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Norvège

Défi Scandinavie noire 2012
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Norvège

 Challenge Viking Lit' 
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Challenge Thriller 
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 catégorie "Même pas peur" : 2/12

 Challenge Littératures Nordiques
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 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012

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"Objet"

Challenge 1% Littéraire 2012
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1/7

5 juillet 2012

La Sirène - Camilla Läckberg

la_sir_ne Actes Sud – juin 2012 – 416 pages

traduit du suédois par Lena Grumbach

Titre original : Sjöjungfrun, 2008

Quatrième de couverture :
Un homme a mystérieusement disparu à Fjällbacka. Toutes les recherches lancées au commissariat de Tanumshede par Patrik Hedström et ses collègues s'avèrent vaines. Impossible de dire s'il est mort, s'il a été enlevé ou s'il s'est volontairement volatilisé. Trois mois plus tard, son corps est retrouvé figé dans la glace. L'affaire se complique lorsque la police découvre que l'une des proches connaissances de la victime, l'écrivain Christian Thydell, reçoit des lettres de menace depuis plus d'un an. Lui ne les a jamais prises au sérieux, mais son amie Erica, qui l'a aidé à faire ses premiers pas en littérature, soupçonne un danger bien réel. Sans rien dire à Patrik, et bien qu'elle soit enceinte de jumeaux, elle décide de mener l'enquête de son côté. A la veille du lancement de La Sirène, le roman qui doit le consacrer, Christian reçoit une nouvelle missive. Quelqu'un le déteste profondément et semble déterminé à mettre ses menaces à exécution. Dans cette passionnante enquête, sixième volet de la série consacrée à Erica Falck, Camilla Läckberg reprend avec bonheur tous les ingrédients qui font le charme et le succès de ses livres. Ses fidèles lecteurs découvriront son roman le plus abouti à ce jour.

Auteur : Née en 1974, Camilla Läckberg est l'auteur d'une série de romans policiers mettant en scène le personnage d'Erica Falck. Ses ouvrages caracolent tous en tête des ventes en Suède comme à l'étranger La Princesse des glaces (2008), Le Prédicateur (2009), Le Tailleur de pierre (2009), L'Oiseau de mauvais augure (2010), L'Enfant allemand (2011).

Mon avis : (lu en juillet 2012)
Après Cyanure qui m’avait vraiment déçu, quel plaisir de retrouver Fjällbacka et la suite des aventures d'Erika Falk.
Erika est de nouveau enceinte, elle attend maintenant des jumeaux ou jumelles… Elle a conseillé Christian Thydell dans l'écriture de son premier roman « La Sirène ». Ce dernier reçoit depuis plus d'un an des lettres de menace... Erica décide alors de mener « en cachette » son enquête.
En parallèle, après plus de trois mois de disparition inexpliquée, le corps de Magnus Kjellner est retrouvé sous la glace. On apprend vite que Magnus et Christian se connaissaient bien, c'est Patrik Hedström qui mène l'enquête... Je n'en raconterai pas plus...

Un polar sombre, une intrigue palpitante, bien construite, des surprises, du suspens... Un livre réussi !
Je me suis régalée et comme d'habitude, je vais prendre mon mal en patience avant de découvrir la prochaine aventure d'autant plus qu'un évènement dans les dernières pages du livre, nous donne encore plus envie de lire la suite rapidement...
Il y a encore au moins deux épisodes pas encore traduits en français. Je suis vraiment devenue une inconditionnelle de cette série suédoise !

Extrait : (début du livre)
Prologue
Il avait toujours su que tôt ou tard la vérité finirait par éclater. Une telle abomination ne pourrait être étouffée. Chaque mot l’avait replongé dans l’innommable, dans l’ignominie qu’il avait essayé de refouler pendant toutes ces années.
Il ne pouvait plus fuir. Marchant d’un bon pas, il sentit l’air matinal remplir ses poumons. Son cœur battait à tout rompre. Il ne voulait pas y aller, et pourtant il le fallait. Il avait décidé de laisser faire le hasard. S’il y avait quelqu’un, il parlerait. S’il n’y avait personne, il irait au bureau, comme si rien ne s’était passé.
Il frappa et on lui ouvrit la porte. Les yeux plissés dans la faible lumière, il entra. La personne devant lui n’était pas celle qu’il pensait trouver.
Ses longs cheveux dansaient dans son dos lorsqu’il la suivit dans la pièce. Il se mit à parler, à poser des questions. Les pensées tourbillonnaient dans sa tête. Rien ne semblait cadrer. Ça clochait, et pourtant, non.
Subitement, il se tut. Quelque chose venait de l’atteindre au ventre, si brutalement que ses paroles furent coupées net. Il regarda. Vit le sang suinter du couteau qu’on retirait de la plaie. Puis un autre coup, la douleur de nouveau. Et l’instrument tranchant qui vrillait ses entrailles.
Il comprit que tout était fini. Que ça se terminerait ici, même s’il lui restait tant de choses à faire, à voir, à vivre. Il y avait malgré tout une sorte de justice. Il n’avait pas mérité la vie heureuse qui avait été la sienne, tout l’amour qu’il avait reçu. Pas après ce qu’il avait commis.
Une fois le couteau immobilisé, les sens anesthésiés par la douleur, la mer fit son apparition. Le mouvement d’un bateau qui tangue. Puis l’eau froide l’engloutit, il ne sentit plus rien.
La dernière image qui se présenta à lui fut ses cheveux. Longs et sombres.

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Déjà lu du même auteur :

la_princesse_des_glaces La Princesse des glaces  le_pr_dicateur Le Prédicateur

 

le_tailleur_de_pierre Le Tailleur de pierre l_oiseau_de_mauvais_augure L'Oiseau de mauvais augure

 

l_enfant_allemand L'Enfant allemand cyanure Cyanure

 

Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Suède

Défi Scandinavie noire 2012
dc3a9fi_scandinavie_noire

Suède

 Challenge Viking Lit' 
Viking_Lit

Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
 catégorie "Même pas peur" : 1/12

 Challenge Littératures Nordiques
litterature_nordique

 

27 juin 2012

Il faut laisser les cactus dans le placard - Françoise Kerymer

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Jean-Claude Lattès – octobre 2010 – 402 pages

Pocket – février 2012 – 437 pages

Quatrième de couverture :
Trois sœurs, trois personnalités différentes, trois voix entrelacées : Marie, libraire et mère de famille épanouie, Anne, l'artiste, et Lise, solitaire et fragile. Toutes trois ont été marquées par la séparation de leurs parents et la figure d'un père taciturne et froid. Chacune a suivi son chemin, emportée par le cours de sa vie. Et les voilà aujourd'hui réunies à nouveau autour de ce père, décédé. 
Mais une quatrième personne s'invite à la lecture du testament : un homme qui reçoit l'entreprise familiale. Qui est ce légataire ? Et qui était vraiment leur père ? Un héritage familial lourd de secrets qui va donner aux trois sœurs l'opportunité de choisir leur destin.

Auteur : Françoise Kerymer est libraire. Elle partage son temps entre Paris et la Bretagne et signe là son premier roman.

Mon avis : (lu en juin 2012)
Ce livre m'a été présenté au Café Lecture de la Bibliothèque et comme il était question de Bretagne, il était évident que je voulais le découvrir...
Tout commence avec le décès de Charles Vautrin. Il est le père de trois filles, Marie, Anne et Lise. Lors du passage chez le notaire, les trois sœurs découvrent qu'il y a un quatrième en la personne de Gabriel Lis-Reminovski qui héritera de l'entreprise de leur père. Mais qui est ce Gabriel Lis-Reminovski ?
L'histoire est racontée selon les trois points de vue des sœurs. Elles ont chacune des façons de vivre, des caractères et des états d'esprit différents. 
Marie, l’aînée, vit à Paris  entre son mari pianiste et sa librairie, ils ont deux filles Sarah et Elsa vivant à Londres et aux États-Unis. Elle est sérieuse, c'est elle qui va chercher en à savoir plus sur l'héritier inconnu. Anne est l'artiste de la famille, elle vit simplement dans une maison au pied du phare de Port Manech en Bretagne. Lise, la plus jeune, est fragile et dépressive.

Ce livre se lit très facilement, les personnages sont attachants, la mort du père bouleverse cette famille, et le lecteur est tenu en haleine par une intrigue soutenue, pas toujours vraisemblable mais cependant très sympathique. Anne la bretonne d’adoption est la sœur que je préfère, j’ai beaucoup aimé les descriptions de son joli coin de Bretagne. Sa maison me plaît beaucoup !

Extrait : (page 15)
Papa est mort !

J'avais beau y penser de temps en temps...
N'empêche, ça me tombe dessus brutalement. Pourtant, c'est dans l'ordre des choses à quatre-vingt-treize ans. Et puis, il n'allait pas si bien, ces derniers temps.
Quand même. J'ai vraiment du mal à l'admettre. Celui qui m'a fait ne peut pas disparaître. Ou alors c'est un peu de moi qui part avec lui. Et là... Non ! Ça me fait trop peur, comme si le sol se dérobait, brusquement, sous mes pieds.

Je tourne en rond, je ne me fixe sur rien, tout m'énerve, tout m'exaspère. J'ai envie de pleurer pour un rien. Et nerveuse... nerveuse... C'est rien de le dire.
Je suis sortie marcher, mais même ma grande promenade en plein vent sur le sentier des douaniers n’a pas réussi à me calmer. Moi qui l’aime tant, la mer, moi qui vis avec elle, et qui ne changerais pour rien au monde ma petite parcelle de paradis pour les plus beaux palais de la terre… Rien à faire, je n’arrive pas à m’en remettre.
Mon père me quitte, et me laisse sans repère. Débrouille-toi toute seule. Même si depuis belle lurette je me suis passée de lui. Même s'il n'a jamais été à proprement parler un père, je porte son nom. Je suis Anne Vautrin, sculpteur, bretonne d'adoption et fière de l'être. Heureusement, d'ailleurs, parce que si j'attendais une quelconque reconnaissance de mon statut d'artiste pour exister, je n'aurais pas été bien loin.  

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Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman

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  Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012

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"Végétal"

 

17 juin 2012

La mort indienne – Karin Fossum

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Jean-Claude Lattès – avril 2007 – 390 pages

J'ai Lu – juin 2009 – 347 pages

traduit du norvégien par Alex Fouillet

Titre original : Elskede Poona, 2000

Quatrième de couverture :
Gunder Jomann, célibataire endurci, part en Inde dans l'espoir de rencontrer celle qui deviendra sa femme.
Ce n'est que quelques semaines plus tard que Poona le rejoint en Norvège. Mais le jour de son arrivée, rien ne se passe comme prévu. Le corps mutilé d'une jeune femme est retrouvé près de chez Gunder.
Qui est-elle ? Qui à Elvestad est capable d'une telle inhumanité ?
L'inspecteur Konrad Sejer, lui, sait que chacun est capable du pire.

Auteur : Karin Fossum est une écrivaine norvégienne en 1954 à Sandefjord dans le sud de la Norvège. Elle vit avec ses deux filles à Tyrifjorden dans la région d'Oslo. Elle écrit des poèmes, des romans et des romans policier. Son premier recueil de poésie lui a valu le prix des débutants Tarjei Vesaas en 1974. En 1995, elle se lance dans le roman policier et devient une référence dans le genre. Dans son pays, on la surnomme « la reine du crime » ; ses romans remportent toujours un vif succès et lui valent de nombreuses récompenses. Ses deux premiers romans ont été adaptés en télévision et au cinéma.

Mon avis : (lu en juin 2012)
La mort indienne est la troisième enquête du commissaire Konrad Sejer. Gunder Jomann part en Inde en espérant trouver une femme. A l'étonnement de tout le village d'Elvestad, il revient marié mais pas encore avec sa femme, Poona celle-ci doit venir le rejoindre en Norvège quelque temps plus tard. Mais le jour de son arrivée, Gunder ne peut pas la rejoindre comme prévu à l'aéroport, car sa sœur Marie vient d'avoir un très grave accident de voiture. Gunder envoie donc un taxi chercher Poona. Mais celui-ci revient sans elle. 
Le lendemain, le corps mutilé et sans vie d'une femme d'origine étrangère est retrouvé et l'inspecteur Konrad Sejer est chargé de l'affaire.
Cette histoire met un peu de temps à s'installer avant que l'enquête elle-même ne commence. La fin est également surprenante...
Les personnages sont très fouillés et vraiment très "attachants". Avec ce roman policier norvégien, j'ai découvert une nouvelle auteur que je compte bien lire de nouveau.

Un grand merci à mrs pepys qui m'a offert ce livre lors du Swap Frissons en Noir & Blanc organisé par Canel (il y a déjà 1 an 1/2...)

Extrait : (début du livre)
Le calme est déchiré par des aboiements. La mère lève les yeux de l'évier et observe ce qui se passe à l'extérieur. Le chien pousse des jappements qui montent des profondeurs de sa gorge. Tout son corps noir et musculeux vibre d'enthousiasme.
Le fils apparaît. Il s'extrait de la Golf rouge et lâche un sac bleu sur le sol. Il jette un œil vers la fenêtre, où il aperçoit la silhouette de sa mère. Il s'approche du chien et le détache. L'animal se jette sur lui et le fait basculer, ils se mettent à chahuter dans le sable qui voltige. Le chien grogne, et le fils lui crie des doux noms d'oiseau à l'oreille. De temps à autre, il pousse un cri et donne une bonne gifle sur la truffe du rottweiler. Celui-ci finit par rester couché. Le fils se relève lentement. Il tape son pantalon pour en chasser la terre et la poussière, et jette un nouveau coup d’œil vers la fenêtre. En hésitant, le chien relève et s'immobilise devant lui, tête baissée. Il peut finalement venir lui lécher avec soumission le coin de la bouche. Le fils va ensuite jusqu'à la maison et entre dans la cuisine.
- Doux Jésus, regarde de quoi tu as l'air !
Sa mère regarde le t-shirt bleu. Il est taché de sang. Ses mains sont couvertes d'égratignures. Le chien l'a également griffé au visage.
- Makan ! S'écrie-t-elle avec un renâclement coléreux. Laisse le sac. Je nettoierai plus tard.  

Challenge Voisins, voisines
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Norvège

Défi Scandinavie noire 2012
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Norvège

 Challenge Viking Lit' 
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Challenge Thriller 
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 catégorie "Même pas peur" : 18/8

 Challenge Littératures Nordiques
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Challenge Objectif PAL Swap
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10/37

 

7 juin 2012

Alabama Moon – Watt Key

alabama_moon Bayard Jeunesse – octobre 2010 – 454 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Maïca Sanconie

Titre original : Alabama Moon, 2006

Quatrième de couverture :
Depuis sa naissance, Moon vit avec son père dans la forêt d'Alabama ; il sait chasser sa propre nourriture, se repérer grâce aux étoiles, faire du feu sous la pluie... Aussi, quand il se retrouve orphelin, il se promet de continuer à vivre en-dehors du système, comme Pap et lui l'on toujours fait.
Pourtant, malgré sa farouche détermination, le garçon est obligé d'affronter le monde extérieur. Et s'il sait tout de la vie sauvage, Moon a beaucoup à apprendre de l'humanité...

Auteur : Albert Watkins Key, Jr., publiant sous le nom de Key Watt, est un auteur primé de fiction du Sud. Il a grandi et vit actuellement dans le sud de l'Alabama avec son épouse et sa famille. Watt a passé beaucoup de son enfance à chasser et à pêcher dans les forêts de l'Alabama. Cela lui a inspiré son premier roman, Alabama Moon qui a obtenu de nombreux prix et qui a été traduit en sept langues. 

Mon avis : (lu en juin 2012)
J'ai emprunté ce livre à la Bibliothèque à la suite du Café Lecture de vendredi dernier. C'est un livre destiné aux adolescents mais qui se lit très bien pour un adulte.
Moon a dix ans lorsqu'il se retrouve tout seul au milieu de la forêt. Il vient de voir mourir son père et de l'enterrer. Il n'a peur de rien car son père lui a tout appris pour vivre dans la forêt loin des hommes et de la société. Il sait poser des pièges pour se nourrir, faire du feu, se diriger avec les étoiles, il sait se défendre contre quelqu'un trois fois plus grand que lui... Orphelin, ne voulant pas rester seul, il veut aller Alaska rejoindre des hommes qui vivent également dans la nature. Mais, il va être très rapidement arrêté par la police et envoyé dans un foyer pour enfants. Peu habitué à être enfermé, très vite il décide de s'enfuir en compagnie de deux camarades Hal et Kit. Hal veut retrouver son père, Kit est un orphelin à la santé fragile, il a trouvé en Moon un vrai ami. Ils partent tous les trois vivre en forêt grâce à l'expérience de Moon. Cela ne va pas durer très longtemps car Hal préfère partir retrouver son père tandis que Kit tombe malade, pour le sauver Moon va devoir sortir de la forêt et remettre à plus tard ses projets d'Alaska. Lors de sa première arrestation, Moon s'était battu avec Sanders, un policier qui depuis a décidé de se venger et de l'envoyer en prison. Pour lui échapper, Moon va utiliser toute son astuce et sa débrouillardise...

Une histoire très belle et touchante avec Moon un jeune garçon terriblement attachant. Le lecteur passe du rire aux larmes, c'est un excellent roman pour adolescents comme pour adultes.

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Alabama Moon a été adapté au cinéma en 2009 avec John Goodman, Clint Howard et réalisé par Tim McCanlies. Ce film n'est jamais sorti en France. 

Extrait : (début du livre)
Juste avant de mourir, Pap m'a assuré qu'il ne m'arriverait rien tant que je ne dépendrais de personne. Que je me sentirais peut-être seul pendant un moment mais que ça passerait. J'avais dix ans, et il m'avait appris tout ce qu'il fallait pour vivre dans la forêt. Je savais poser des pièges pour me nourrir et confectionner moi-même mes vêtements. Je savais me guider aux étoiles et faire du feu quand il pleuvait. Pap me pensait même capable de battre à plates coutures quelqu'un de trois fois ma taille. Il ne s'inquiétait pas pour moi.
Ça m'a pris pratiquement une matinée pour le mettre dans la brouette et le hisser jusqu'au bosquet de cèdres, sur la butte. Je l'ai enterré à côté de maman. De là, on voit en contrebas la rivière Noxubee, couleur café au lait. C'était la mi-janvier. Le vent plaquait mes cheveux en arrière et des nuages gris s'insinuaient entre les arbres. Toute la forêt ruisselait. J'ai senti la solitude dont Pap m'avait parlé me serrer l'estomac et monter jusqu'à ma gorge.
Je n'avais pas mis de croix sur la tombe. A ma connaissance, Pap ne croyait pas en ce genre de trucs. La seule chose qui permettait d'identifier la tombe de maman, c'était le léger creux à l'endroit où la terre s'était tassée sur son corps, et la date, 1972, gravée sur une grosse pierre calcaire à côté. Je ne me souviens pas de son visage. Seulement d'une deuxième présence dans le lit, la nuit, qui me tenait chaud de l'autre côté. Pap disait que maman lui faisait penser à une mésange, et c'est ainsi qu'elle reste dans mon esprit.

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Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman

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27/50 : Alabama

  Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Géographie"

 


 

2 juin 2012

Les larmes de l'assassin – Thierry Murat Anne-Laure Bondoux

les_larmes_de_l_assassin Futuropolis – février 2011 – 128 pages

Présentation de l'éditeur :
Paolo est un enfant sauvage. Il vit comme une bête dans une ferme misérable et isolée, avec ses parents qui ne s’occupent pas de lui au fin fond du Chili. Un jour, un homme arrive jusqu’à la ferme. C’est Angel Allegria, un truand, un escroc, un assassin. Il tue les parents de Paolo, mais un sursaut de sa conscience l’empêche de tuer Paolo. L’assassin s’installe dans la ferme, refuge idéal pour un homme traqué par la police. Contre toute attente, une relation complexe naît entre lui et l’enfant. Ils s’apprivoisent. Lorsqu’un autre voyageur arrive, l’équilibre est rompu. Paolo va jusqu’à appeler l’assassin « Papa » pour déstabiliser l’assassin et ainsi sauver le voyageur. Pour Paolo c’est le début d’un apprentissage de l’existence qui se fera au gré d’un voyage vers la ville et d’autres rencontres humaines.

Auteurs :
Anne-Laure Bondoux a 40 ans. Elle est née et vit en banlieue parisienne. Après un bac littéraire, elle entame une licence de lettres modernes. Rédactrice dans la presse jeunesse (Bayard Presse), elle décide de se consacrer à l'écriture à plein temps en 2000. Elle a publié 8 romans, dont Pépites, Le Temps des miracles et Les Larmes de l'assassin, qui a déjà été primé plus de vingt fois !

Thierry Murat a 45 ans. Il vit dans les Landes. Après des études d'arts appliqués à Poitiers, il devient graphiste et se passionne pour l'illustration.
2002 : parution de son premier livre jeunesse, Kontrol 42. Cinq autres titres suivront dont Dieux, Pensées en suspension et autres points.
Parallèlement, il se lance dans la bande dessinée. 2004: Elle ne pleure pas elle chante, avec Amélie Sarn et Corbeyran. 2006: Ysoline, sur un scénario de Rascal. 2008: Le Poisson-chat avec Arnaud Floc'h.

Mon avis : (lu en juin 2012)
J'ai découvert le roman Anne-Laure Bondoux en 2007 et cela été pour moi un vrai coup de cœur.

J'avais donc très envie de découvrir cette adaptation en bande-dessinée. J'y ai retrouvé toute l'atmosphère de ce coin perdu du Chili, des paysages grandioses, des terres de cailloux, arides, balayées par les vents, des ciels changeants...
Le dessin est sobre, épuré en noir sur des fonds de couleurs minérales (ocre, sable, gris, bleu, marron), le texte est concis, il va à l'essentiel.
Quand à l'histoire, je reprends ici un extrait de mon billet sur le roman. « Paolo Poloverdo habite avec ses parents dans une ferme isolée à l'extrême sud du Chili. Angel Allegria, un assassin en fuite, arrive par hasard sur cette terre aride, tue les parents du petit garçon et s'installe avec lui. Alors qu'ils apprennent à vivre ensemble et qu'une étrange relation se développe entre eux, un troisième homme, Luis Secunda, riche, exilé et érudit, vient partager leur solitude. Poussés par la nécessité d'acquérir du bétail, tous les trois entreprennent vers Valparaiso un voyage au cours duquel les deux adultes vont se disputer l'affection de l'enfant. » 
Il me semble cependant que Thierry Murat est pris quelque liberté pour la partie finale... Ce qui me donne très envie de relire le roman...

Très belle adaptation, mais je vous encourage vraiment de lire également le roman.

Extrait : 

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Déjà lu d'Anne-Laure Bondoux :

les_larmes_de_l_assassin Les larmes de l'assassin P_pites Pépites 

le_temps_des_miracles Le temps des miracles

 



30 mai 2012

The Pledge (film)

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Film américain réalisé par Sean Penn

Adaptation du roman La Promesse (Das Versprechen) de l'écrivain suisse Friedrich Dürrenmatt

Titre original : The Pledge, 2001

Synopsis :
Le jour de sa retraite, l'inspecteur Jerry Black s'attarde dans son bureau pour la dernière fois avant de faire bonne figure à la fête "surprise" organisée en son honneur. Touché par la générosité de ses collègues, il accepte volontiers leur cadeau, un billet d'avion pour réaliser son rêve : aller pêcher au Mexique.
Au même moment, le corps d'une fillette de huit ans est découvert à moitié enseveli sous la neige, dans les montagnes du Nevada. Un meurtre gratuit en apparence.
Bien que ses collègues de travail le poussent à mettre fin à sa carrière au sein de la police, Jerry est décidé à mener son enquête. Comment laisser un tel crime impuni ? Il promet solennellement à la mère de la jeune victime de retrouver le meurtrier. 

Musique : Hans Zimmer, Klaus Badel

Acteurs : Jack Nicholson, Robin Wright Penn, Patricia Clarkson,  Benicio del Toro, Sam Shepard, Tom Noonan, Mickey Rourke, Harry Dean Stanton, Vanessa Redgrave, Helen Mirren, Aaron Eckhart, Pauline Roberts

Mon avis : (vu à la télévision en mai 2012)
C’est le troisième film réalisé par Sean Penn. Avec The Pledge fait une grande place à Jerry Black le personnage interprété par Jack Nicholson. C’est un vieux policier qui part à la retraite, un vrai solitaire qui se force à faire bonne figure durant la fête organisée par ses collègues pour son départ.
C’est à ce moment là, qu’on apprend que le corps d’une petite fille de huit ans a été découvert à moitié enseveli dans la neige. Jerry Black demande à mener lui-même cette dernière enquête et c’est lui qui annonce à la mère de l’enfant la mort de celui-ci. Il lui fait la promesse solennelle de tout faire pour retrouver le meurtrier. 
A travers son personnage principal, complexe, mais malgré tout très attachant Sean Penn nous entraîne dans une enquête policière mais aussi dans la découverte d’une Amérique rurale profonde.
Le rythme du film est assez lent, l’histoire met un peu de temps à s’installer avant devenir haletante et riche en rebondissement. Les paysages du Nevada en hiver comme en été sont somptueux et dépaysants. Un film pleine d’humanité que j’ai beaucoup aimé.

Dans ce film, il y a également  en guests stars quelques très bons actrices et acteurs américains : Vanessa Redgrave, Helen Mirren, Benicio Del Toro, Harry Dean Stanton et Mickey Rourke

Sur Arte, la nuit prochaine, rediffusion du film à 1h05 le 31/05/2012

Quelques photos du film :

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25/50 : Nevada

1 juin 2012

L'âme du chasseur – Deon Meyer

Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : ÂME

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Seuil – janvier 2005 – 422 pages

Points – décembre 2005 - 472 pages

Points – janvier 2006 – 480 pages

Points collector – janvier 2011 -

traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Estelle Roudet

Titre original : The Heart of the Hunter, 2002

Quatrième de couverture : 
Véritable force de la nature, « P'tit » Mpayipheli s'est refait une vie honorable après sa mise au chômage par les services secrets sud-africains lorsque la fille d'un vieux camarade de lutte lui demande son aide : son père a été enlevé et ses ravisseurs menacent de le tuer si elle ne leur livre pas la rançon bien particulière qu'ils exigent. Que faire ? Renouer avec un passé de meurtres et de corruption qu'il a eu du mal à mettre derrière lui pour sauver son ami ou le laisser tomber pour protéger sa nouvelle existence ? Il n'hésite pas et les ennuis commencent : derrière le kidnapping, c'est en effet tout autre chose qui se joue et l'oblige à jouer son va-tout. Superbe course poursuite à travers une Afrique du Sud toujours en proie à ses vieux démons. L'Âme du chasseur a été salué comme un grand livre par le maître du policier américain Michael Connelly.

Auteur : Deon Meyer, né à Paarl le 4 juillet 1958, est un auteur de romans policiers originaire d'Afrique du Sud. Il écrit en afrikaans. Il passe son enfance à Klerksdorp, dans la province du Nord-Ouest, région des mines d'or.
Il a fait ses études à l'université de Potchefstroom avant de travailler comme journaliste pour Die Volkablad, quotidien afrikaner de Bloemfontein. Son premier roman paraît en 1994, mais il n'est pas traduit en anglais. Ses œuvres suivantes ont été traduites dans plusieurs langues. Elles reflètent la diversité culturelle de l'Afrique du Sud contemporaine, ses tensions et ses efforts pour vaincre le sous développement. Meyer est marié et père de quatre enfants, il vit actuellement à Melkbosstrand une petite ville de la municipalité du Cap, sur la côte ouest, à 35 km au nord du Cap.

Mon avis : (lu en mai 2012)
C’est la première fois que je lisais un livre de cet auteur.
Thobela Mpayipheli est un ancien tueur de l'ANC, formé par les Pays de l'Est. Depuis que Nelson Mandela est arrivé au pouvoir en Afrique du Sud, il a changé de vie. Il a rencontré Miriam et son fils Pakamile, il a un travail comme homme à tout faire dans un garage et il suit des cours par correspondance, il aspire à une vie tranquille. Mais lorsque Monica, la fille de Johnny Kleintjes, vient lui demander de l'aide pour sauver son père, il ne peut refuser car il a une dette d'honneur envers lui. Il va renouer avec le passé et les ennuis vont commencer. Il va s'en suivre une sorte de road movie haletant à travers l'Afrique du Sud jusqu'en Zambie avec embûches et péripéties pour Thobela.
Un roman riche en émotions, où le lecteur découvre de superbes paysages d'Afrique du Sud mais aussi une société sud-africaine donc les codes ont évolués avec la démocratie naissante de l'Afrique du Sud.
Au fil des pages de ce roman, dans des flash-backs il est question de services secrets d'ici ou d'ailleurs, des luttes raciales d'hier entre Boers, Anglais et Xhosas...
L'histoire est palpitante, le contexte passionnant et le personnage de Thobela Mpayipheli vraiment attachant. Une belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Il se tenait derrière l’Américain. Pratiquement collé à lui dans le métro bondé, l’esprit très loin de là, sur la côte du Transkei, où les vagues gigantesques viennent se briser dans un bruit de tonnerre.
Il se revoyait assis sur l’éperon rocheux d’où il contemplait la houle, sa progression linéaire à la surface de l’océan Indien, impressionné par ce long voyage solitaire qui s’achève en un déferlement sur les côtes accidentées du continent noir.

Entre deux lames règne un silence parfait, quelques secondes de calme absolu. Le moment est si tranquille qu'il entend la voix de ses ancêtres - Phalo et Rharhabe, Nquika et Maqoma, son sang, sa source, son refuge. Son heure venue, lorsqu’il sentira la lame effilée lui ôter la vie, c’est là qu’il retournera, il le sait. A ces moments suspendus entre deux fracas.
Il reprit peu à peu conscience, presque avec précaution. Vit qu’ils n’étaient plus qu’à quelques minutes de Saint-Michel. Pencha à demi la tête vers l’oreille de l’Américain. Ses lèvres, là, aussi proches que celles d’un amant.
- Tu sais où on va après la mort ? lui demanda-t-il d’une voix de basse, dans un anglais fortement teinté d’accent africain.
Son ennemi se ramassa sur lui-même, larges épaules voûtées, nuque contractée.
Il attendit calmement que l’homme se retourne dans la cohue compacte du wagon. Il attendit de voir ses yeux. C’était le moment auquel il aspirait. La confrontation, le défi qu’on lance. Son instinct l’y poussait, c’était sa vocation, son accomplissement. Le guerrier venu des plaines d’Afrique, muscles bandés pour cet instant. Son cœur s’accéléra, la sève guerrière courut dans ses veines, la divine folie du combat prit possession de lui.
Le corps pivota en premier, sans hâte, puis ce fut la tête et enfin les yeux. Regard perçant du prédateur sans crainte, sûr de lui, amusé même, un sourire sur les lèvres minces. Etrange intimité, à quelques centimètres l’un de l’autre.   

  Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Métier"

23 mai 2012

Les disparus de Shangri-la - Mitchell Zuckoff

Partenariat avec les éditions Flammarion

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traduit de l'anglais (États-Unis) par Christophe Magny

Quatrième de couverture :
13 mai 1945, Nouvelle-Guinée néerlandaise : quelques semaines avant la fin de la guerre du Pacifique, un avion américain s'écrase dans une vallée totalement inexplorée, inconnue des cartes, entourée de montagnes imprenables et tapissées d'une jungle épaisse. Sur les vingt-quatre passagers, combien réchapperont à l'accident? Et comment survivront-ils, grièvement blessés, privés de nourriture et de soins, invisibles des secours qui survolent la vallée, sans défense face aux combattants japonais cachés dans les parages et surtout aux populations indigènes, réputées cannibales ?
C'est cet épisode méconnu de l'histoire que nous raconte Mitchell Zuckoff d'une plume alerte, au terme d'une longue enquête - documents d'archives, lettres et photographies d'époque à l'appui. 
Car, dans ce formidable récit d'aventures, tout est véridique : la découverte d'un monde perdu, idyllique et hostile à la fois, la confrontation avec des tribus vierges de tout contact avec la civilisation, l'héroïsme des rescapés et leur bouleversant témoignage.

Auteur : Mitchell Zuckoff est journaliste et professeur de journalisme à Boston University. Il publie des reportages dans des magazines à grand tirage comme The New Yorker et Fortune, ainsi que dans le quotidien The Boston Globe. Il est l'auteur de plusieurs livres, dont des biographies de Charles Ponzi (Ponzi's Scheme : The True Story of a Financial Legend, New York, Random House, 2005) et de Robert Altman (Robert Altman : The Oral Biography, New York, Alfred A. Knopf, 2009).

Site du livre 

Mon avis : (lu en mai 2012)
Dans ce livre, Mitchell Zuckoff nous raconte une histoire vraie qui a eu lieu à la fin de la Seconde Guerre Mondiale en Nouvelle-Guinée néerlandaise. En 1944, des pilotes américains découvre lors d'un vol de reconnaissance une vallée cachée dans une région montagneuse et luxuriante. Cette vallée est baptisée ”Shangri-La”, depuis les airs ils aperçoivent des jardins, des habitations et une population primitive. L'endroit est inaccessible, il est seulement possible de la survoler. 
Le 13 mai 1945, vingt-quatre militaires hommes et femmes sont invités à embarquer à bord du Gremlin Special, surnom donné à cet avion pour survoler Shangri-La. Au cours du vol, l'avion se crash en pleine jungle et une aventure incroyable commence pour les rescapés. Il va falloir survivre, dans des conditions d'hygiène difficile, se faire repérer par d'éventuel secours, ne pas se faire massacrer par les populations autochtones qui n'ont encore jamais rencontré de blancs...
Le sauvetage est difficile à organiser puisque l'endroit est inaccessible, loin de tout, en altitude, entouré de jungle avec la présence de soldats japonais au alentour...
A partir de témoignages des rescapés, des sauveteurs et de leurs proches, d'une enquête très documentée avec également de nombreuses photos de l'époque, l'auteur nous raconte une histoire incroyable. A la fin du livre, il y a près de 50 pages de notes. Au début de ma lecture, je m’y référais mais ce n’étais pas très pratique car pour chaque chapitre d’une dizaine de pages, il y a environ trente notes, le plus souvent faisant référence à la source ou avec le mot mystérieux Ibid. J’ai fini par aller voir sa signification : Abréviation utilisée dans les notes bibliographiques pour faire référence à un ouvrage déjà cité dans une note précédente. (Merci Wikipedia)

Un livre passionnant qui raconte une histoire vraie et qui se lit comme un roman d’aventure.

Un grand Merci à Virginie et aux éditions Flammarion pour ce partenariat.

Autre avis + concours pour gagner le livre

Les disparus de Shangri-la
(Présentation de l'auteur en V.O)

Extrait du Site du livre 

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24/50 : Missouri
(Etat d'origine de John McCollom, l'un des rescapés) 

  Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Géographie"

 

17 mai 2012

Concours : Sur La Route (le film)

Hier, c'était l'ouverture du 65ème Festival de Cannes

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Inspiré du livre culte de Jack Kerouac, le film Sur La Route, de Walter Salles
sera en compétition dans la Sélection Officielle du Festival de Cannes 2012.

 

Dates : Concours du 17 mai au 25 mai 2012 à minuit

Lots à gagner : (offert par Le K)

The_Beats 2 BD « The Beats »    hors_serie 2 Hors-Série Trois Couleurs "Sur La Route"

Sac_coton 2 sacs                             tee_shirt 2 tee-shirts

 Ils seront attribués par tirage au sort parmi les bonnes réponses aux questions du jeu.
(L'envoi des lots sera de la responsabilité de Le K) 

Les questions :

1) Date de la sortie en salle du film Sur La Route

2) Quel est la nationalité du réalisateur du film

3) Retrouvez la bonne couverture du livre Sur la Route de Jack Kerouac

A : Satori_a_Paris  B : 9782070364572  C :  Sur_la_route  D : 170980_gf

 4) Quel est le compositeur de la musique "officielle" du Festival de Cannes. 

 

Envoyer moi, les réponses par l’intermédiaire du formulaire Contactez l'auteur 
(Indiquez-moi vos préférences pour les lots dans l'ordre croissant) 

Sur La Route, pages officielles :
Site internet :
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A vous de jouer !

 

D'autres concours "cousins" chez : Valérie, Canel, L'Irrégulière 

26 décembre 2011

Coup de foudre à Rhode Island (film)

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Comédie romantique américaine réalisé par Peter Hedges 

Titre original : Dan in Real Life, 2007

Synopsis : 
Depuis la mort de sa femme, Dan élève seul ses trois filles, persuadé qu’il ne retrouvera jamais l’amour. Jusqu’au jour où le hasard le met sur la route de la ravissante Marie, qu’il croise dans une librairie et dont il tombe instantanément raide dingue. L’attirance semble réciproque, mais les femmes parfaites sont rarement célibataires, et Dan ne va pas tarder à voir les difficultés s’acharner contre son possible bonheur…

Acteurs :  Steve Carell, Juliette Binoche, Dane Cook, Dianne Wiest, John Mahoney, Emily Blunt, Alison Pill, Brittany Robertson, Marlene Lawston, Norbert Leo Butz, Amy Ryan, Jessica Hecht, Frank Wood, Henry Miller, Ella Miller, Cameron C.J. Adams, Jessica Lussier, Seth D'Antuono

Mon avis : (vu à la télévision en décembre 2011)
Dan Burns est chroniqueur de presse, veuf depuis quatre ans, il vit avec ses trois filles : Jane, l'aînée, Cara, amoureuse d'un garçon mais son père l'empêche de vivre son amour, et Lily, la plus jeune. Dan est persuadé qu'il ne retrouvera jamais l'amour. Dan et ses filles partent rendre visite à Rhodes Island au parents de Dan, ils y retrouvent toutes la famille dont son frère Mitch qui a invité sa nouvelle petite amie. Dan se rend dans une librairie et il y rencontre Marie, elle pense qu'il travaille là et lui demande des renseignements pour trouver des livres. Dan est sous le charme de Marie, et instantanément, il tombe amoureux. Celle-ci évoque cependant qu'elle a un petit ami. Dan est sur un petit nuage lorsqu'il revient dans la maison familiale, cela ne va pas durer lorsqu'il découvre que Marie est la nouvelle petite amie de Mitch...
Ce film est une jolie comédie romantique qui est le mélange d'un film « réunion de famille » et d'une comédie sentimentale. J'ai trouvé très touchants Dan et Marie.

Quelques photos du film :

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12/50 : Rhode Island

 

 

-- Billet Programmé -- Billet programmé -- Billet programmé -- Billet programmé -- Billet programmé --

 

29 avril 2012

Banquises – Valentine Goby

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Albin Michel – août 2011 – 246 pages

Livre de Poche - août 2013 - 216 pages

Quatrième de couverture :
« Vingt-sept ans d'absence. Vingt-sept anniversaires qui ont pris le dessus, année après année, sur le jour de naissance : ils n'ont plus compté l'âge écoulé de Sarah mais mesuré l'attente. » 
En 1982, Sarah a quitté la France pour Uummannaq au Groenland. Elle est montée dans un avion qui l'emportait vers la calotte glaciaire. Sa famille ne l'a jamais revue. Elle a disparu, corps et âme. Elle avait vingt-deux ans. Lisa, vingt-sept ans plus tard, part sur les traces de sa soeur. Elle découvre un territoire dévasté et une population qui voit se réduire comme peau de chagrin son domaine de glace.
Valentine Goby, l'auteur de Qui touche à mon corps je le tue et Des corps en silence, nous emporte sur ces terres qui s'effacent dans un grand livre sur le désenchantement du monde.

Auteur : Valentine Goby est écrivain de littérature et de littérature jeunesse. Diplômée de Sciences-Po, elle a effectué des séjours humanitaires à Hanoi et à Manille. Enseignante, elle a aussi fondé l'Écrit du Cœur, collectif d'écrivains soutenant des actions de solidarité.
Valentine Goby est lauréate de la Fondation Hachette, bourse jeunes écrivains 2002 et a reçu le prix Méditerranée des Jeunes, le prix du Premier Roman de l'université d'Artois, le prix Palissy et le prix René-Fallet en 2003 pour son roman La note sensible. Elle publie pour la rentrée 2011, Banquises.

Mon avis : (lu en avril 2012)
J'ai pris ce livre à la bibliothèque après sa présentation au Café Lecture. J'étais attirée par ce voyage au Groenland.
En 1982, Sarah âgée alors de vingt-deux ans, est partie passer quelques semaines au Groenland. Mais elle n'est jamais revenue, et personne n'a jamais su ce qui s'était passé.
Vingt-sept ans plus tard, sa petite sœur Lisa part sur ses traces, elle se rend à Uummannaq au Groenland.La vie dans cette petite ville de pêcheurs est en plein bouleversement car la banquise fond, les habitants se retrouvent ainsi beaucoup plus isolés du monde et de leurs voisins.
Cette disparition soudaine de Sarah a traumatisé la famille : pendant des jours et des jours la mère va attendre à l'aéroport tous les avions en provenance de Copenhague dans l'espoir de voir Sarah revenir... Le père se réfugie dans le travail et le silence pour tenter de s'habituer à l'absence de sa fille aînée et Lisa la cadette tente de grandir même si elle est devenue comme transparente aux yeux de ses parents.
J'ai un avis mitigé sur ce livre, j'ai beaucoup aimé découvrir Ummannaq, le Groenland et la banquise. J'ai eu un peu de mal avec la construction du livre avec les aller-retours entre le présent et le passé cela rend la narration brouillonne. Le traitement de la souffrance de toute la famille face à la disparition de Sarah est inégal, j'y ai trouvé parfois certaines longueurs. Ces voyages réel et intérieur proposent plusieurs pistes malgré tout je suis restée sur ma faim car certaines questions sont restées sans réponse.
L'histoire est cependant troublante et poignante.

Autres avis : Anne, mrs pepys, Clara, Leiloona

Extrait : (début du livre)
Au sous-sol, le niveau départ, sous chape de ciment brut, plafond traversé de bouquets de fils électriques à nu, de câbles et de néons en barres. On y est sans y être, à l'aéroport. Des portes automatiques trouent çà et là le béton, laissant voir des portions de la route circulaire, silhouettes floues, carrosseries de voitures et de cars Air France mal détourés dans l'obscurité – dehors, à vingt mètres de ce boyau, invisible, le plein jour. Au niveau supérieur, loin à hauteur de la piste de décollage, des vitres étroites taillent des triangles, des quadrilatères dans le ciel cru, dans les talus d'herbe fluo, les barbelés, les fuselages d'avions. Les yeux levés, on aperçoit parfois des carlingues traversant les vitres segment par segment, au pas sur le tarmac, puis ce sont les queues des avions comme des ailerons à la surface de l'eau. Dans l'abîme le niveau départ, privé du tricotage en fer et verre en forme de coupole par lequel, de Francfort à Bangkok, on amorce l'envol avant même le comptoir d'enregistrement. Ici, empilement de béton sur béton sur onze niveaux, départs, arrivées, parking rouge, parking bleu, parking vert, et au sommet, la délivrance, un chemin de ronde ceint de bureaux d'où la vue s'ouvre enfin sur le ciel, et champs après champs, après champs, nœuds d'autoroutes, hangars étincelants, un château d'eau pour seul obstacle en travers de l'horizon morne, et même, du vent. De là on voit, tendu au-dessus de l'énorme anneau évidé du terminal, un filet en mailles lâches où des cadavres de pigeons, ailes brisées, corps durcis, balancent dans la brise.
La file progresse lentement entre les bandes déroulantes. Lisa pousse son chariot ; ça coince encore. Il fait trop chaud, à cause d'avril, de l'aération mal réglée, des chaussures en Goretex et du blouson de ski hors-saison. Lisa dézippe son blouson, le balance sur le chariot, se baisse et décroche à nouveau les sangles du sac à dos prises dans les roues. Elle devrait compacter le sac dans une gaine de film transparent, une valise en démonstration pivote continûment sur un socle à quelques mètres, mais la queue avance, dense à cause du mauvais fonctionnement des bornes d'enregistrement, Lisa ne prend pas le risque de s'éloigner pour la recommencer, cette queue, alors à chaque déplacement du chariot vers les comptoirs Scandinavian Airlines, le même mouvement nerveux pour rabattre ses mèches de cheveux derrière les oreilles, puis se pencher et dégager les roues. Elle n'y est pas, dans le voyage. Elle n'a pas une pensée pour Copenhague où elle atterrira ce soir, pour Kangerlussuaq, sur la calotte groenlandaise, qu'elle atteindra demain, avant la remontée vers le nord. Elle ne sent pas de picotements au bout des ongles et de la langue, un flux sanguin suractivé par l'excitation. À cause, dans l'immédiat, des bornes en panne, à cause des sangles dans les roues, à cause, aussi, de la masse de béton et de cet éclairage de cave. C'est la même impression d'étouffement qu'il y a vingt-huit ans, quand ce n'était pas elle mais sa sœur Sarah dans la file de passagers, prisonnière du même sous-sol, de la même attente, quand Lisa, quatorze ans alors, à cause de l'enfoncement sous la terre, de l'attente, de l'absence de lumière du jour, et parce qu'elle-même n'avait jamais pris l'avion, ne s'était jamais figuré le bourdon des réacteurs, la sensation de l'asphalte sous les roues puis le soulèvement de tout le corps, intestin foie cœur poumons comprimés à mort, tympans pressurisés, neuf cents kilomètres/heure à dix mille mètres de toute terre connue, une métamorphose en oiseau, jamais imaginé passer la barrière de nuages, plus même oiseau mais buée, plus même buée, à cause de tout cela il semblait stupéfiant à Lisa que Sarah décolle, pour Copenhague puis le Groenland, vers un point situé à six cent cinquante kilomètres au nord du cercle polaire, qu'elle décolle tout court d'ici, pour n'importe où. Vingt-huit ans plus tard, le poids du passé leste davantage encore l'idée d'envol. Comme elle est pleine, Lisa, de son histoire. Comme elle la porte, l'a portée. Comme elle l'entrave ; voyez la voussure de ses épaules.

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 Challenge 6% 
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
42/42
 

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Géographie"

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28 avril 2012

D'autres vies que la mienne – Emmanuel Carrère

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POL – mars 2009 – 309 pages

Folio – septembre 2010 – 352 pages

Quatrième de couverture :
«À quelques mois d'intervalle, la vie m'a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d'un enfant pour ses parents, celle d'une jeune femme pour ses enfants et son mari. 
Quelqu'un m'a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n'écris-tu pas notre histoire? C'était une commande, je l'ai acceptée. C'est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l'amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d'un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s'occupaient d'affaires de surendettement au tribunal d'instance de Vienne (Isère). 
Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d'extrême pauvreté, de justice et surtout d'amour. Tout y est vrai.»

Auteur : Emmanuel Carrère est né en 1957. D'abord journaliste, il a publié un essai sur le cinéaste Werner Herzog en 1982, puis L'Amie du jaguar, Bravoure (prix Passion 1984, prix de la Vocation 1985), Le Détroit de Behring, essai sur l'Histoire imaginaire (prix Valery Larbaud et Grand Prix de la science-fiction française 1986), Hors d'atteinte ? et une biographie du romancier Philip K Dick, je suis vivant et vous êtes morts. La Classe de neige, prix Femina 1995, a été porté à l'écran par Claude Miller, et L'Adversaire par Nicole Garcia. En 2003, Emmanuel Carrère réalise un documentaire, Retour à Kotelnitch, et adapte lui-même en 2004 La Moustache, coécrit avec Jérôme Beaujour, interprété par Vincent Lindon et Emmanuelle Devos. Il a depuis écrit Un roman russe et D'autres vies que la mienne. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues.  

Mon avis : (lu en avril 2012)
J'avais raté ma première rencontre avec Emmanuel Carrère et Un roman russe et celle-ci est vraiment réussie.
Emmanuel Carrère nous raconte deux drames dont il a été témoin. Le premier c'est la mort de la petite Juliette au Sri Lanka lors du tsunami de 2004 et les parents qui sont à la recherche du corps de leur enfant. La grande dignité de ces parents face à la mort de leur enfant est bouleversante. Peu de temps après, le deuxième drame touche la belle-sœur de l'auteur, Juliette âgée de 33 ans, mère de trois jeunes enfants, elle meurt prématurément rongée par le cancer. Emmanuel Carrère revient avec beaucoup de précision sur la personnalité de Juliette à travers les témoignages de son mari, de ses parents et de son meilleur ami et collègue de travail Etienne magistrat, comme elle.
Emmanuel Carrère réussi à décrire le réel avec beaucoup de justesse et de sensibilité. Son écriture est sobre mais précise, c'est émouvant, jamais larmoyant. Le lecteur ne peut être que touché et j'avoue que plusieurs fois durant cette lecture j'ai versé des larmes...
Ce livre bouleversant, plein d'émotions et de sensibilité m'a touché en plein cœur, c'est une formidable et inoubliable leçon de vie.  

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"D'autres vies que la mienne" d'Emmanuel Carrère a été librement adapté dans le film "Toutes nos envies" réalisé par Philippe Lioret, sorti 2011, avec Marie Gillain et Vincent Lindon. Je n'ai pas en vu ce film.

Extrait : (début du livre)
La nuit d'avant la vague, je me rappelle qu'Hélène et moi avons parlé de nous séparer. Ce n'était pas compliqué : nous n'habitions pas sous le même toit, n'avions pas d'enfant ensemble, nous pouvions même envisager de rester amis ; pourtant c'était triste. Nous gardions en mémoire une autre nuit, juste après notre rencontre, passée tout entière à nous répéter que nous nous étions trouvés, que nous allions vivre le reste de notre vie ensemble, vieillir ensemble, et même que nous aurions une petite fille. Plus tard nous avons eu une petite fille, à l'heure où j'écris nous espérons toujours vieillir ensemble et nous aimons penser que nous avions dès le début tout compris. 

Mais il s'était écoulé depuis ce début une année compliquée, chaotique, et ce qui nous paraissait certain à l'automne 2003, dans l'émerveillement du coup de foudre amoureux, ce qui nous paraît certain, en tout cas désirable, cinq ans plus tard, ne nous paraissait plus certain du tout, ni désirable, cette nuit de Noël 2004, dans notre bungalow de l'hôtel Eva Lanka. Nous étions certains au contraire que ces vacances étaient les dernières que nous passions ensemble et que malgré notre bonne volonté elles étaient une erreur. Allongés l'un contre l'autre, nous n'osions pas parier de la première fois, de cette promesse à laquelle nous avions tous les deux cru avec tant de ferveur et qui, de toute évidence, ne serait pas tenue. Il n'y avait pas entre nous d'hostilité, nous nous regardions seulement nous éloigner l'un de l'autre avec regret : c'était dommage. 

Je ressassais mon impuissance à aimer, d'autant plus criante qu'Hélène est vraiment quelqu'un d'aimable. Je pensais que j'allais vieillir seul. Hélène, elle, pensait à autre chose : à sa s?ur Juliette qui, juste avant notre départ, avait été hospitalisée pour une embolie pulmonaire. Elle avait peur qu'elle tombe gravement malade, peur qu'elle meure. J'objectais que cette peur n'était pas rationnelle mais elle a bientôt pris toute la place dans l'esprit d'Hélène et je lui en ai voulu de se laisser absorber par quelque chose à quoi je n'avais aucune part. Elle est allée fumer une cigarette sur la terrasse du bungalow. Je l'ai attendue, couché sur le lit, en me disant : si elle revient bientôt, si nous faisons l'amour, peut-être que nous ne nous séparerons pas, peut-être que nous vieillirons ensemble. Mais elle n'est pas revenue, elle est restée seule sur la terrasse à regarder le ciel s'éclaircir peu à peu, à écouter les premiers chants d'oiseaux, et je me suis endormi de mon côté, seul et triste, persuadé que ma vie allait tourner de plus en plus mal.

Nous étions inscrits tous les quatre, Hélène et son fils, moi et le mien, pour une leçon de plongée sous-marine au petit club du village voisin. Mais Jean-Baptiste depuis la leçon précédente avait mal à une oreille et ne voulait pas replonger, nous étions quant à nous fatigués par notre nuit presque blanche et avons décidé d'annuler. Rodrigue, le seul qui avait vraiment envie d'y aller, était déçu. Tu n'as qu'à te baigner dans la piscine, lui disait Hélène. Il en avait assez, de se baigner dans la piscine. Il aurait voulu qu'au moins quelqu'un l'accompagne à la plage, en contrebas de l'hôtel, où il n'avait pas le droit d'aller seul parce qu'il y avait des courants dangereux. Mais personne n'a voulu l'accompagner, ni sa mère, ni moi, ni Jean-Baptiste qui préférait lire dans le bungalow. 

Jean-Baptiste avait alors treize ans, je lui avais plus ou moins imposé ces vacances exotiques en compagnie d'une femme qu'il connaissait peu et d'un garçon beaucoup plus jeune que lui, depuis le début du séjour il s'ennuyait et nous le faisait sentir en restant dans son coin. Quand, agacé, je lui demandais s'il n'était pas content d'être là, au Sri Lanka, il répondait de mauvaise grâce que si, il était content, mais qu'il faisait trop chaud et que là où il se sentait encore le mieux, c'est dans le bungalow, à lire ou jouer à la Game Boy. C'était un préadolescent typique, en somme, et moi un père typique de préadolescent, me surprenant à lui faire, au mot près, les remarques qui quand j'avais son âge m'exaspéraient tellement dans la bouche de mes propres parents : tu devrais sortir, être curieux, c'est bien la peine de t'emmener si loin... Peine perdue. 

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20 avril 2012

Le Chien des Baskerville - Arthur Conan Doyle

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traduit de l'anglais

Hachette – janvier 1907

J'ai Lu – 1961

J'ai Lu – 1964

Livre de Poche – 1966 – 256 pages

Livre de poche – septembre 1967 – 256 pages

Gallimard – janvier 1976

Pocket – janvier 1981 – 191 pages

Livre de poche – janvier 1988 – 256 pages

Pocket – septembre 1988 – 190 pages

Pocket – juillet 1995 – 190 pages

Livre de poche Jeunesse - 1994 – 316 pages

Nathan – octobre 1998 – 194 pages

Flammarion - avril 1999 – 270 pages

Folio junior - avril 1999 – 300 pages

Librio – mai 1999 – 187 pages

Gallimard – juin 2001 – 349 pages

Folio jeunesse - novembre 2001 –

Livre de poche Jeunesse – février 2002 – 282 pages

Pocket – février 2002 – 191 pages

Librio – juin 2003 -

Librio – juin 2003 – 187 pages

Hachette éducation – février 2004 -

Pocket – novembre 2004 – 191 pages

Litté Geo Ado - octobre 2006 -

Livre de poche Jeunesse - décembre 2007 – 316 pages

Folio jeunesse - janvier 2008 – 264 pages

Dodo Press – janvier 2009 – 216 pages

Larousse – septembre 2011 -

traduit de l'anglais par Bernard Tourville

Titre original : The Hound of the Baskervilles, 1902

Quatrième de couverture : 
Un chien diabolique parcourt une lande désolée du Devonshire et Sir Henry, dernier héritier des Baskerville, commence à croire qu’il va subir le sort tragique de ses ancêtres, victimes d’une étrange malédiction. Sherlock Holmes, toujours rationnel, ne croit pas aux mystères et il envoie son ami Watson observer le pays et ses habitants. Il découvre des serviteurs silencieux, un criminel en fuite, un chasseur de papillons et d’autres personnages étonnants. Le célèbre détective devra finalement affronter un ennemi d’une intelligence redoutable.

Auteur : Sir Arthur Ignatius Conan Doyle, né le 22 mai 1859 à Édimbourg et mort le 7 juillet 1930 à Crowborough, dans le Sussex, est un écrivain et médecin écossais. Il doit sa célébrité à ses romans mettant en scène le détective Sherlock Holmes, considérés comme une innovation majeure du roman policier, et les aventures du professeur Challenger. Cet écrivain prolifique a également été l'auteur de livres de science-fiction, de romans historiques, de pièces de théâtre, de poésies et d'œuvres historiques. Conan Doyle était lié à l'écrivain J. M. Barrie. Il a été fait Chevalier par le roi Édouard VII le 24 octobre 1922.

 

Mon avis : (relu en avril 2012)
J’ai déjà lu ce livre lorsque j’étais adolescente mais je n’en avais plus aucun souvenir. C’est l’enquête la plus célèbre de Sherlock Holmes.
Dans le Devonshire, une terrible malédiction pèse sur la famille de Baskerville. Depuis des générations, « un chien de l'enfer » serait la cause des morts et des membres de la famille. La mort de Sir Charles Baskerville dans des circonstances troubles, ravive cette légende. Le seul héritier Sir Henry est lui-même averti par une lettre anonyme qu'il est menacé d'un très grave danger. Sherlock Holmes et le Docteur Watson vont mener une enquête efficace et pleine de suspense. Le lecteur suit pas à pas l'enquête, les observations puis les déductions de Sherlock Holmes. Le cadre de l'enquête dans cette lande mystérieuse et brumeuse rend encore plus forte l'atmosphère pesante du lieu.
C'est une réussite totale que j'ai relu avec beaucoup de plaisir.

 

J’ai eu l’occasion, il y a quelques semaines de voir à la télévision l’adaptation très réussite de cette enquête dans la série policière britannique Sherlock (2ème épisode de la saison 2) créée par Mark Gatiss et Steven Moffat et diffusée depuis le 25 juillet 2010 sur BBC One avec comme acteurs Benedict Cumberbatch et Martin Freeman.  

Extrait : (début du livre)
Ce matin-là, M. Sherlock Holmes qui, sauf les cas assez fréquents où il passait les nuits, se levait tard, était assis devant la table de la salle à manger. Je me tenais près de la cheminée, examinant la canne que notre visiteur de la veille avait oubliée. C’était un joli bâton, solide, terminé par une boule — ce qu’on est convenu d'appeler « une permission de minuit ».

Immédiatement au-dessous de la pomme, un cercle d’or, large de deux centimètres, portait l’inscription et la date suivantes : « À M. James Mortimer, ses amis du C. C. H. — 1884 ».
Cette canne, digne, grave, rassurante, ressemblait à celles dont se servent les médecins « vieux jeu ». « Eh bien, Watson, me dit Holmes, quelles conclusions en tirez-vous ? »
Holmes me tournait le dos et rien ne pouvait lui indiquer mon genre d’occupation.
« Comment savez-vous ce que je fais ? Je crois vraiment que vous avez des yeux derrière la tête.
— Non ; mais j’ai, en face de moi, une cafetière en argent, polie comme un miroir. Allons, Watson, communiquez-moi les réflexions que vous suggère l’examen de cette canne. Nous avons eu la malchance de manquer hier son propriétaire et, puisque nous ignorons le but de sa visite, ce morceau de bois acquiert une certaine importance.
— Je pense, répondis-je, suivant de mon mieux la méthode de mon compagnon, que le docteur Mortimer doit être quelque vieux médecin, très occupé et très estimé, puisque ceux qui le connaissent lui ont donné ce témoignage de sympathie.
— Bien, approuva Holmes… très bien !
— Je pense également qu’il y a de grandes probabilités pour que le docteur Mortimer soit un médecin de campagne qui visite la plupart du temps ses malades à pied.
— Pourquoi ?
— Parce que cette canne, fort jolie quand elle était neuve, m’apparaît tellement usée que je ne la vois pas entre les mains d’un médecin de ville. L’usure du bout en fer témoigne de longs services.
— Parfaitement exact ! approuva Holmes.
— Et puis, il y a encore ces mots : « Ses amis du C. C. H. ». Je devine qu’il s’agit d’une société de chasse…. Le docteur aura soigné quelques-uns de ses membres qui en reconnaissance, lui auront offert ce petit cadeau.
— En vérité, Watson, vous vous surpassez, fit Holmes, en reculant sa chaise pour allumer une cigarette. Je dois avouer que, dans tous les rapports que vous avez bien voulu rédiger sur mes humbles travaux, vous ne vous êtes pas assez rendu justice. Vous n’êtes peut-être pas lumineux par vous-même ; mais je vous tiens pour un excellent conducteur de lumière. Il existe des gens qui, sans avoir du génie, possèdent le talent de le stimuler chez autrui. Je confesse, mon cher ami, que je suis votre obligé. »

Auparavant, Holmes ne m’avait jamais parlé ainsi. Ces paroles me firent le plus grand plaisir, car, jusqu’alors, son indifférence aussi bien pour mon admiration que pour mes efforts tentés en vue de vulgariser ses méthodes, m’avait vexé. De plus, j’étais fier de m’être assimilé son système au point de mériter son approbation quand il m’arrivait de l’appliquer.
Holmes me prit la canne des mains et l’examina à son tour pendant quelques minutes. Puis, soudainement intéressé, il posa sa cigarette, se rapprocha de la fenêtre et la regarda de nouveau avec une loupe.

« Intéressant, quoique élémentaire, fit-il, en retournant s’asseoir sur le canapé, dans son coin de prédilection. J’aperçois sur cette canne une ou deux indications qui nous conduisent à des inductions. 
— Quelque chose m’aurait-il échappé ? dis-je d’un air important. Je ne crois pas avoir négligé de détail essentiel.
— Je crains, mon cher Watson, que la plupart de vos conclusions ne soient erronées. Quand je prétendais que vous me stimuliez, cela signifiait qu’en relevant vos erreurs j’étais accidentellement amené à découvrir la vérité…. Oh ! dans l’espèce, vous ne vous trompez pas complètement. L’homme est certainement un médecin de campagne… et il marche beaucoup.
— J’avais donc raison.
— Oui, pour cela.
— Mais c’est tout ?
— Non, non, mon cher Watson… pas tout – tant s’en faut. J’estime, par exemple, qu’un cadeau fait à un docteur s’explique mieux venant d’un hôpital que d’une société de chasse. Aussi, lorsque les initiales « C. C. » sont placées avant celle désignant cet hôpital, les mots « Charing Cross » s’imposent tout naturellement.
— Peut-être.
— Des probabilités sont en faveur de mon explication. Et, si nous acceptons cette hypothèse, nous avons une nouvelle base qui nous permet de reconstituer la personnalité de notre visiteur inconnu.
— Alors, en supposant que C. C. H. signifie « Charing Cross Hospital », quelles autres conséquences en déduirons-nous ?
— Vous ne les trouvez-pas ?… Vous connaissez ma méthode…. Appliquez-la ! 
— La seule conclusion évidente est que notre homme pratiquait la médecine à la ville avant de l’exercer à la campagne.

Baby Challenge Polar - Livr@ddict 2012
polar
Médaille de Bronze à 14/20

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Animaux"

Challenge God Save The Livre
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19 avril 2012

Le Prince de la Brume - Carlos Ruiz Zafón

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Pocket Jeunesse - novembre 2011 - 205 pages

Robert Laffont – novembre 2011 – 210 pages

traduit de l'espagnol par François Maspero

Titre original : El principe de la niebla, 1993

Quatrième de couverture :
1943. Pour fuir la guerre, la famille Carver s'installe dans un village perdu sur la côte. Mais, à peine franchie la porte de la maison, des événements étranges se produisent... Avec leur nouvel ami Roland, Alicia et Max Carver vont peu à peu percer les secrets de la vieille demeure et apprendre l'existence d'un certain Caïn, surnommé le Prince de la Brume. Un personnage diabolique revenu s'acquitter d'une dette très ancienne... Voilà les trois enfants lancés à la découverte d'épaves mystérieuses, de statuettes enchantées, de gamins ensorcelés... 

Une aventure extraordinaire qui changera leur vie à jamais...

Auteur : Né en 1964 et vivant à Los Angeles, Carlos Ruiz Zafón est l'un des romanciers européens les plus lus à travers le monde. En 1993, L'Ombre du vent (Grasset, 2004) emballa la planète entière. En 2009 et 2010, les Éditions Robert Laffont publient Le Jeu de l'ange et Marina, dont le succès ne se dément pas. L'œuvre de Carlos Ruiz Zafón, traduite dans plus de quarante langues et publiée dans plus de cinquante pays, a été couronnée de nombreux prix prestigieux.

Mon avis : (lu en avril 2012)
Ce premier roman de Carlos Ruiz Zafón a été écrit en 1993, il ne paraît que maintenant en France.
C'est le premier épisode de la Trilogie de la brume, un livre destiné à la jeunesse mais qui se lit très bien pour un adulte. L'auteur a situé ce livre en 1943, en Angleterre. Pour échapper aux risques de la guerre en ville, la famille Carver s'installe dans un village de bord de mer. Il y a trois enfants, Max, Alicia et Irene. Leur nouvelle maison appartenait avant à un riche couple. Ils l'ont quitté après la mort de leur fils unique Jacob, alors âgé de 7 ans. Dès leur installation, il se passe de drôle de choses dans cette maison... Durant cet été, Max rencontre Roland, un adolescent du village, ce dernier l'entraîne plonger autour d'un cargo échoué dans la baie après une forte tempête plus de vingt ans plus tôt. Beaucoup de mystères entourent ces lieux, la maison, l'épave... Des ombres inquiétantes rodent... Max, Roland et Alicia vont découvrir des secrets du passé...

Voilà un livre qui se lit facilement avec une intrigue pleine d'imagination plutôt bien construite avec un certain suspens, mais peut-être pas si originale que cela car tout au long de ma lecture j'avais des impressions de déjà lu... Une lecture distrayante qui m'a fait passer un bon moment, à l'occasion je lirai peut-être la suite de la Trilogie avec Le Palais de minuit et Les Lumières de septembre.

Extrait : (début du livre)
Jamais, malgré le passage des ans, Max n'oublia cet été où, presque par hasard, il découvrit la magie et ses maléfices. C'était en 1943, et les vents de la guerre dévastaient impitoyablement le monde. A la mi-juin, le jour même où Max fêtait ses treize ans, son père, horloger et aussi inventeur à ses moments perdus, réunit tous les membres de sa famille dans le salon et leur annonça que ce jour était le dernier qu'ils passaient dans ce qui avait été leur domicile durant les dix dernières années. La famille allait déménager sur la côte, loin de la ville et de la guerre, dans une maison au bord de la plage d'une petite localité sur le rivage de l'Atlantique. 
La décision était irrévocable : ils partiraient dès le lendemain matin. En attendant, ils devaient empaqueter tous leurs biens et se préparer pour un long voyage jusqu'à leur nouveau foyer. 
La famille reçut la nouvelle sans surprise. Tous avaient déjà compris que l'idée de quitter la ville pour un endroit plus habitable trottait dans la tête de Maximilian Carver depuis longtemps - tous, à l'exception d'un seul : Max. Pour lui, cette annonce eut le même effet qu'une locomotive en folie traversant un magasin de porcelaines chinoises. Frappé de plein fouet, il en resta bouche bée et le regard absent. Durant ce court instant s'imposa à son esprit la terrible certitude que tout son univers, y compris ses amis de collège, la bande de sa rue et la boutique de journaux illustrés du coin, était sur le point de disparaître à jamais. Rayé d'un seul trait de plume. Tandis que le reste de la famille, la mine résignée, se dispersait pour préparer les bagages, Max demeura immobile en fixant son père. Le bon horloger s'agenouilla devant son fils et posa les mains sur ses épaules. Pas besoin d'un livre pour comprendre ce qu'exprimait le regard de Max. 
- Aujourd'hui, ça te paraît la fin du monde, Max. Mais je te promets que le lieu où nous allons te plaira. Tu verras, tu te feras de nouveaux amis. 
- Est-ce que c'est à cause de la guerre ? Est-ce que c'est pour ça qu'on doit partir ? 
Maximilian Carver serra son fils dans ses bras, puis, sans cesser de lui sourire, il tira de la poche de sa veste un objet brillant qui pendait au bout d'une chaîne et le lui mit dans les mains. Une montre de gousset. 
- Je l'ai faite pour toi. Bon anniversaire, Max. 
Max ouvrit la montre, qui était en argent. A l'intérieur, chaque heure était marquée par le dessin d'une lune qui croissait et décroissait en suivant la marche des aiguilles, elles-mêmes formées par les rayons d'un soleil qui souriait au coeur du cadran. Sur le couvercle, gravés dans une belle calligraphie, figuraient ces mots : La machine du temps de Max. 
Ce jour-là, sans le savoir, tandis qu'il observait la famille affairée à monter et à descendre, chargée de valises, et qu'il tenait dans sa main la montre que lui avait donnée son père, Max cessa d'un seul coup d'être un enfant. 
La nuit de son anniversaire, Max ne ferma pas l'oeil. Pendant que les autres dormaient, il attendit la venue de ce matin fatal qui devait marquer les adieux définitifs au petit univers qu'il s'était composé au long des ans. Il laissa passer les heures en silence, couché dans son lit, le regard perdu dans les ombres bleues qui dansaient au plafond de sa chambre, comme s'il espérait y découvrir un oracle capable de dessiner son destin à partir de ce jour. Il tenait toujours la montre que son père avait fabriquée pour lui. Les lunes souriantes du cadran brillaient dans la pénombre nocturne. Elles connaissaient peut-être la réponse à toutes les questions que Max avait commencé à collectionner depuis l'après-midi. 
Les premières lueurs de l'aube finirent par pointer sur l'horizon bleu. Max sauta du lit et se dirigea vers le salon. Maximilian Carver était installé tout habillé dans un fauteuil près d'une lampe, avec un livre. Max vit qu'il n'était pas le seul à avoir passé la nuit sans dormir. L'horloger lui sourit et ferma le livre. 
- Qu'est-ce que tu lis ? questionna Max en indiquant l'épais volume. 
- Un livre sur Copernic. Sais-tu qui est Copernic ? 
- Je vais au collège, papa. 
Le père avait l'habitude de poser des questions à son fils comme si celui-ci venait tout juste de dégringoler de son arbre. 
- Et que sais-tu de lui ? insista-t-il. 
- Il a découvert que la Terre tourne autour du Soleil, et non l'inverse. 
- C'est plus ou moins ça. Et sais-tu ce que cela signifie ? 
- Des problèmes, répliqua Max. 
L'horloger eut un large sourire et lui tendit le gros livre. 
- Tiens. Il est à toi. Lis-le. 
Max inspecta le mystérieux volume relié en cuir. Il semblait avoir mille ans et servir de séjour à quelque vieux génie retenu prisonnier dans ses pages par un sortilège séculaire. 
- Bon, ajouta son père. Et maintenant, qui va réveiller tes soeurs ? 
Max, sans lever les yeux du livre, fit un signe de tête pour indiquer qu'il lui cédait volontiers l'honneur de tirer Alicia et Irina, ses soeurs âgées respectivement de quinze et huit ans, de leur profond sommeil. 
Puis, pendant que son père s'en allait claironner le réveil pour toute la famille, Max prit sa place dans le fauteuil, ouvrit grand le livre et se mit à lire. Une demi-heure plus tard, la famille au grand complet franchissait pour la dernière fois le seuil de la maison, vers une nouvelle vie. L'été venait de commencer. 

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Déjà lu du même auteur : 

 l_ombre_du_vent L'ombre du vent le_jeu_de_l_Ange Le jeu de l'Ange

marina Marina – Carlos Ruiz Zafon


Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Espagne

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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8 avril 2012

L’homme qui souriait – Henning Mankell

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Seuil – février 2005 – 361 pages

Points – avril 2006 – 422 pages

Livraphone CD – juin 2011

traduit du suédois par Anna Gibson

Titre original : Mannen som log, 1994

Quatrième de couverture : 
Le brouillard est épais en cette nuit automnale. Le vieil avocat Gustaf Torstensson est au volant. Soudain, une étrange silhouette surgit au milieu de la route : c’est un mannequin de taille humaine, assis sur une chaise. Torstensson freine brutalement, sort de sa voiture. On ne le reverra jamais vivant. Son fils fait appel au commissaire Wallander. Celui-ci va découvrir un réseau criminel derrière lequel se profile un homme singulier, élégant et sûr de lui. Un homme qui sourit toujours.

Auteur : Henning Mankell, né en 1948, partage sa vie entre le Mozambique et la Suède. Ecrivain multiforme - auteur de théâtre, d'ouvrages pour la jeunesse, d'essais et de contes philosophiques - il est célèbre dans le monde entier pour sa série d'enquêtes policières menées par l'inspecteur Wallander.

Mon avis : (lu en avril 2012)
C'est le quatrième épisode de la série du Commissaire Wallander. Gustav Torstensson, avocat, roule au volant de sa voiture par un brouillard épais lorsqu'il aperçoit au milieu de la route un mannequin assis sur une chaise. Intrigué, il sort de sa voiture et se fait mortellement agresser par derrière.

En pleine déprime, Kurt Wallander est parti se reposer sur l'île de Jylland au Danemark. Il songe même à quitter la police. Il est en train de se promener sur la plage lorsqu'il voit arriver son ami l'avocat Sten Torstensson. Il vient lui demander de l'aide pour enquêter sur l'accident de voiture qui a tué son père. Sten ne croit pas à l'accident. Kurt refuse de l'aider, il a décidé de quitter la police.
A son retour à Ystad, Kurt apprend que Sten Torstensson a été tué par balle, il abandonne son idée de démission, il est bien décidé à mener l'enquête...

Nous voici plongé dans une enquête sombre et complexe mais passionnante autour des milieux du pouvoir et de l'argent. Il est également question de trafics d'organes. Wallander est un personnage vraiment attachant, il est secondé par l'équipe des policiers d'Ystad avec une petite nouvelle plutôt douée en la personne d'Ann-Britt.  

En 2010, ce livre a été adapté par la BBC dans la série télévisée Wallander (saison 2 – épisode 2) réalisé par Andy Wilson avec Kenneth Branagh, Benedict Taylor, David Sibley, Roland Hedlund, Rupert Graves. Cette adaptation très réussie est assez proche du livre et nous permet de découvrir de très beaux paysages de Suède.


Extrait : (début du livre)
Le Brouillard.
Comme l'approche d'un prédateur silencieux.
Je ne m'y habituerai jamais, pensa-t-il. Bien que j'aie vécu toute ma vie en Scanie, où la brume entoure constamment les gens d'invisibilité.
Vingt et une heure, le 11 octobre 1993.
La nappe de brouillard avançait très vite, du coté de la mer. Il serait bientôt rentré à Ystad. Il venait de dépasser les collines de Brösarp lorsque sa voiture entra tout droit dans la blancheur.
Son angoisse devint immense.
Pourquoi ai-je peur du brouillard ? Je devrais plutôt craindre l'homme que je viens de quitter à Farnholm. Le châtelain aimable aux collaborateurs effrayants toujours discrètement postés dans l'ombre. Je devrais penser à lui et à ce qui se cache derrière son sourire, son intégrité de citoyen au-dessus de tout soupçon. C’est lui qui devrait me faire peur, pas le brouillard montant de la baie de Hanö. Maintenant que je sais qu’il n’hésite même pas à tuer ceux qui se mettent en travers de son chemin.
Il fit fonctionner les essuie-glaces pour chasser l'humidité collé au pare-brise. Il n'aimait pas conduire la nuit. Le reflet des phares l'empêchait de distinguer les lièvres sur la route.  

Déjà lu du même auteur : 
tea_bag  Tea-Bag  les_chaussures_italiennes  Les chaussures italiennes

meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

l_homme_inquiet L'homme inquiet le_retour_du_professeur_points Le Retour du professeur de danse

la_lionne_blanche_p La lionne blanche  profondeurs_p Profondeurs le_chinois Le Chinois

 

Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Suède

 Défi Scandinavie noire 2012
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Suède : Henning Mankell

 Challenge Viking Lit' 
Viking_Lit

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 15/8

 Challenge Littératures Nordiques
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17 mars 2012

Salon du Livre de Paris 2012 (Vendredi)

Voici quelques photos de ma visite au Salon du Livre Vendredi après-midi

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Je suis un peu déçu par le visuel du Pavillon japonais...

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Le grand absent du Salon... Haruki Murakami, un auteur que je compte découvrir prochainement

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J'ai assisté à la présentation d'un poème sur le Printemps (comme chez nous, il a 4 saisons au Japon), une saison très importante pour les japonais (saison des cerisiers en fleurs...)

     JAPON

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Nous avons eu en même temps une leçon de japonais...
Nous étions une dizaine de spectateurs et nous étions invités à lire
également le poème et répéter les phrases surlignées...
Nos "professeurs" étaient très sympathiques et toujours souriants...

 

Exposition pour les 40 printemps de Gallimard Jeunesse
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La Ville de Moscou est également à l'honneur du Salon

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Par hasard, je suis arrivée à la fin d'un débat très intéressant sur "La place du livre à l'école"

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Les spectateurs étaient des élèves lycéens et les intervenants étaient
Béatrice Bottet, Elisabeth Brami 
et Jean-Philippe Blondel (auteur que j'aime beaucoup !) 

 Un petite pause à l'espace "Ces LIVRES qui changent la vie"

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C'est un endroit, où l'on peut s'asseoir et emprunter un livre pour une pause lecture...
(les canapés sont confortables, mais cela manque de calme, car il y a quand même le brouhaha du salon)

 Stand France Télévision

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Tournage en public d’un numéro spécial de Tropismes, l’émission littéraire de France Ô, animée par Laure Adler, consacrée au Manga avec Karyn Poupée,Histoire du Manga et Taku Nishimura (alias Jean-Paul Nishi), mangaka de renommée internationale. A retrouver dès le 24 mars sur France Ô.
(Remarque : le public était loin... on n'entendait pas grand chose de l'interview...) 

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                   Philippe Lefait                             Marie-Isabelle et Frédéric Taddeï

Dédicaces en vracs... 

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Emmanuel Proust                                      Béatrice Bottet

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Mari Yamazaki                                                Bruno Heitz

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Edika                                            Frank Margerin

Stand original : proche de l'origami "l'art de pliage du papier", le kirigami "l'art de la découpe du papier"

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Impossible de les rater !

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 Ma moisson de marque-pages a été plutôt bonne...

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 Pas d'achat de livres (pour ne pas avoir à les porter...), mais quelques références notées pour achat futur ou suggestion d'achat à la bibliothèque...

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