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A propos de livres...
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24 mars 2012

Salon du Livre de Paris 2012 (suite... Dimanche)

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Voici enfin les photos de ma visite au Salon du Livre le Dimanche 18 Mars

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J'ai eu l'occasion d'assister à deux animations japonaises :
Kamishibai (Théâtre d'images en papier) et Shod
ō (Calligraphie)

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 J'ai vu la fin d'un échange entre Susie Morgensten et Françoise Boucher sur le thème
"Comment parler à ses parents". 

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J'ai suivi la fin de la Rencontre entre Milena Agus et Nicole Garcia  : 
Milena vient de publier son nouveau livre « La Comtesse de Ricotta »,  elle parle avec Nicole Garcia de l’adaptation au cinéma de « Mal de pierre »  le roman qui l’a révélée au grand public. 

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Autre conférence sur le thème Ce qui n’est pas un fait divers est un roman avec 
Emma Donoghue auteur irlandaise de "Room", 
Kate Colquhoun auteur de "Le chapeau de M.Briggs", 
Giancarlo De Cataldo magistrat italien auteur de "Les Traîtres"
et Wataya Risa romancière japonaise 
 

 

Les dédicaces :

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Marie-Sabine Roger
, auteur de  La tête en friche et Vivement l’avenir  

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Jo Witek, 
auteur de Peur Express, surprise pour moi car ce nom m'évoquait plutôt celui d'un homme... Nous avons échangé quelques mots, c'était très sympa et j'ai encore plus envie de découvrir son dernier livre

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Douglas Kennedy qu'on ne présente plus... et qui faisait l'effort de s'adresser à ses lecteurs en français.

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Jean d'Ormesson                              R.J Ellory

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          Jean Teulé                                         Zoé Valdès (Cuba)   

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        Katherine Pancol                                      Katarina Mazetti (Suède)

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Jeanne Benameur                            Frédérique Deguelt

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Nancy Huston (France et Canada)                       Lyonel Trouillot (Haïti)

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Yasmina Khadra (en arrière plan)            Philippe Besson            Mazarine Pingeot                                                                                

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Daniel Pennac                                                François Bizot

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                        Anny Duperey                        Grégoire Delacourt et Jean-Louis Fournier

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Nicolas Canteloup et une foule de fan... Impossible de circuler autour du stand !

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Sire Cedric                                                   Frédéric Mars

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      Claude Izner                                           Fanny Saintenoy           

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          Pef                                                                    Sylvie Serprix

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             Erik L'Homme                                           Thimothée de Fombelle

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Emmanuel Carrère                                        Nicolas Fargue

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Art floral                                                             Expo Photos
                                                 "Nouvel An au milieu d'une zone où le tsunami a tout dévasté"


Exposition Naruto

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Et pour finir, le résultat de ma chasse aux marque-pages...
J'ai également eu le cadeau d'un livre au stand Libfly 
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Visite au Salon du Livre de Paris 2012 (Vendredi 16 Mars)

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22 mars 2012

Nouveau Challenge : Challenge Eric-Emmanuel Schmitt

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Organisé par unchocolatdansmonroman, il s'agit de découvrir une ou plusieurs oeuvres d'Eric Emmanuel Schmitt jusqu'au 5/02/2013, je me suis inscrite dans la catégorie "Fan de la première heure" (2 romans + un ouvrage du cycle de l'invisible + un autre écrit au choix)

Déjà lu d'Éric-Emmanuel Schmitt :

Cycle de l'invisible :

oscar_et_la_dame_rose Oscar et la dame rose  le_sumo_qui_ne_voulait_pas_grossir Le sumo qui ne pouvait pas grossir 

l_enfant_de_no__p L'enfant de Noé

Romans :

   ulysse_from_Bagdad Ulysse from Bagdad

Nouvelles :

odette_toulemonde Odette Toulemonde et autres histoires

la_reveuse_d_ostende La rêveuse d'Ostende

Ecrits plus intime :

quand_je_pense_que_Beethoven  Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent...   

 

Je prévois de lire : 

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran 

La part de l'autre

L'Evangile selon Pilate

Hôtel des deux mondes


12 septembre 2012

Fukushima, récit d'un désastre – Michaël Ferrier

fukushima Gallimard – mars 2012 – 262 pages

Quatrième de couverture :
« On peut très bien vivre dans des zones contaminées : c'est ce que nous assurent les partisans du nucléaire. Pas tout à fait comme avant, certes. Mais quand même. La demi-vie. Une certaine fraction des élites dirigeantes - avec la complicité ou l'indifférence des autres - est en train d'imposer, de manière si évidente qu'elle en devient aveuglante, une entreprise de domestication comme on en a rarement vu depuis l'avènement de l'humanité. »

Auteur : Michaël Ferrier vit à Tokyo où il enseigne la littérature. Il est l'auteur de plusieurs essais et romans, dont Tokyo - Petits portraits de l'aube (2004) et Sympathie pour le fantôme (2010).

Mon avis : (lu en septembre 2012)
Mickaël Ferrier connaît bien le Japon car il y vit et y enseigne depuis des années, son livre est un témoignage sur le désastre de Fukushima.
Le récit commence le jour du séisme, le vendredi 11 mars 2011à Tokyo. Dès les premières pages entraînent le lecteur dans une description en détails d'un tremblement de terre, avec les sensations d'un monde qui bouge et où les objets tombent partout...

« Mais c'est aux arêtes de la bibliothèque que le séisme atteint son paroxysme. Il court le long des tablettes, se glisse entre les rayons et décapite un à un les livres au sommet de l’étagère, où se trouve disposée la poésie française avec un crépitement de mitraillettes. Saint-John Perse tombe le premier. “S’en aller ! S’en aller ! Paroles de vivant !” Celui qui peint l’amer au front des plus hauts caps, qui marque d’une croix blanche la face des récits, ne résiste pas plus de quelques secondes à la bourrasque : le Saint-Leger Leger s’envole. Vigny le suit de près, et Lamartine, et même Rimbaud, qui prend la tangente sur sa jambe unique avec un facilité déconcertante, poursuivi par Verlaine et ses sanglots longs. Leconte de Lisle s’impatiente et vient bientôt les rejoindre puis, pêle-mêle, Laforgue et Louise Labé… La grand Hugo hésite, tergiverse, il grogne de toute la puissance de ses œuvres complètes et puis il s’écrase au sol dans un fracas énorme. Aimé Césaire, lui, tombe avec élégance et majesté. Nerval chevauche René Char, Claudel monte sur Villon, Villon sur Apollinaire. Enfin, Malherbe vient, et entraîne à sa suite toute la Pléiade... Ronsard, Du Bellay, Belleau, Jodelle...»

Cela semble durer une éternité, et pourtant la télévision dira plus tard que le séisme a eu lieu durant deux à trois minutes...
Ensuite, Mickaël Ferrier découvre que le téléphone ne fonctionne plus, puis des dizaines de mails demandant de ses nouvelles arrivent de partout, à la télévision tout le monde a l'air à la fois inquiet et ahuri. Une alerte au Tsunami est annoncée.
Trois jours plus tard, c'est le désastre complet : la grande vague du tsunami a dévasté la région du nord, il y a des milliers de morts, les nombreuses répliques du séisme stresse la population et les centrales nucléaires du Nord qui explosent inquiètent tout le Japon. Les étrangers cherchent à fuir le pays. Ils ont peurs. En plus de la réalité du terrain, les médias se déchaînent, les même images apocalyptiques tournent en boucles...
Après avoir quitté quelques temps Tokyo pour se ressourcer dans le calme de Kyoto. Mickaël Ferrier et sa compagne Jun décident, plutôt que de fuir ou de se terrer, de partir pour « le Nord, voir la mer, aider les gens, nous mêler aux cataclysmes. »
Le témoignage devient de plus en plus fort, ce qu'ils découvrent est incroyable, stupéfiant :

« Je marche, je marche dans le désastre. Petits morceaux, gros morceaux, menus débris, tout se mêle et s'accumule : le fer, le béton, les lambeaux de plastique. Tout est réduit en poudre, en cendre, en sable... Une plage, une plage immense de débris. Les bâtiments, comme des écorchés, laissent apercevoir leurs viscères. Les bâtissent et les édifices déchiquetés se succèdent, sans qu'on puisse la plupart du temps deviner s'il s'agissait d'habitations ou de hangars, de monuments ou de terrasses, de bureaux ou de corps de logis. Les structures métalliques et rouillées sont enchevêtrées dans un dédale de boue et de béton liquéfié, ne laissant plus apercevoir, dans la confusion des métaux et des matériaux, que l'incroyable férocité de ce qui les a jetés à terre et impitoyablement laminés. »

Et plus l'écrivain monte vers le Nord et plus le paysage est lunaire, la vie semble s'être arrêtée, les descriptions sont puissantes, à la fois belles et tragiques :

« On voit tous les objets en brun, toutes les autres couleurs ont disparu du monde. Tout à coup nous ne sommes plus au Japon. Nous ne sommes plus nulle part d’ailleurs, car d’aucun pays ce paysage ne saurait porter le nom. »

« Miyako-mura, le village frontière, presque entièrement vidé de ses habitants… Il est difficile de décrire ce que l’on ressent quand on arrive dans un de ces villages fantômes. D’abord, le silence est colossal, un silence profond et qui semble sans fin. J’ai l’impression d’être devenu sourd. Le cri des corbeaux, le ronflement des moteurs, l’aboiement des chiens, c’est comme s’ils n’avaient jamais existé. Le vent même a disparu. »

Mickaël Ferrier n'a pas pu aller plus loin, la zone proche de Fukushima est interdite, il s'est pourtant bien documenté et a obtenu le témoignage d'un « liquidateur », cette troisième partie est très intéressante, l'auteur nous rappelle également qu'un accident du même genre pourrait se produire ailleurs, y compris en France où le nucléaire est fortement présent...

Le livre se lit plutôt facilement il est très bien écrit, mais il m'a été impossible de lire d'une traite ce témoignage saisissant, les images du désastre vues à l'époque à la télévision se sont mises peu à peu à hanter mon esprit. Heureusement quelques touches d'humour, soulignant des situations décalées permet le lecteur de sortir, ne serait ce qu'un instant, de cette vision apocalyptique. 

 

Extrait : (page 19)
Vendredi 11 mars 2011, en début d’après-midi, la vibration des fenêtres. Quelque chose s’ouvre, grogne, frémit, demande a sortir.

Tout d’abord, ce n’est rien, un mouvement infime, insignifiant, quelque chose comme une fêlure sur l’ivoire d’un mur, une craquelure sur un os. Je ne sais pas comment je m’en aperçois, une babiole peut-être qui bouge, les bibelots qui s’ébrouent près de la baie vitrée, quelques points de poussière dans la lumière de l’air. Silencieusement, subtilement, cette chose se développe et suit son cours, elle circule sans relâche.

Maintenant, le frisson envahit la table, la déborde, oscille sur elle comme une vague, il gronde tout doucement, se déplace, touche les stylos, les cahiers, les livres, fait palpiter le clavier de l’ordinateur, remonte entre les lignes, arrive sur l’écran, pulsation imperceptible. C’est une immense phrase qui s’est mise en marche avec sa mélodie spécifique, source et centre momentané de tout l’Univers, tour a tour souple, précise et fluide, cahotante, anarchique, poétique, torpillant les sentences et disloquant la syntaxe, renversant les perspectives, changeant tous les plans et bouleversant les programmes, et qui pourrait se condenser en un seul énoncé reflétant pour un instant la vérité tout entière : ça venait des profondeurs et c’était arrivé.

*

Je suis avec Jun, c’est un après-midi radieux, une brise tiède entre dans la maison. Nous prenons un café sur la grande table de bois. Le printemps scintille dans les camélias, les iris, le bouquet pimpant du jasmin qui parfume l’impasse et dans les yeux de Jun. Elle est là, sur la chaise, elle a senti comme moi le frémissement de la table, elle rit. Jun, née ici, a Tokyo, d’un père japonais et d’une mère espagnole, la rencontre de l’Orient et de l’Occident dans un corps de liane. Cheveux noirs, sourcils en accent circonflexe, peau que l’on devine douce au toucher : ses yeux sont très petits quand elle rit, très grands quand elle sourit. Sa bouche est une étrange fleur asymétrique, qui balance toujours entre la feinte et le rire. Quand elle rit, ses dents, très blanches et bien plantées, semblent défier le monde entier.
Le café tremblote dans les tasses. De petits anneaux concentriques apparaissent a la surface du liquide noir et fumant, qui s’élargissent sans cesse puis disparaissent au contact de la porcelaine avant de se reformer en cercles a chaque fois plus rapides, plus nerveux. Tous les livres sur la table commencent a bouger aussi. Les oiseaux se sont tus. Je guette du coin de l’œil les spirales du café dans la tasse pour voir si le tremblement se calme ou s’il s’amplifie.

A ce même moment, dans tous les bureaux de Tokyo, les bistrots, les restaurants, des millions de gens font comme moi : l’œil se fixe avec une intensité extraordinaire sur un verre d’eau, sur une chope de bière, un gobelet de thé vert.

Soudain, le monde entier est suspendu a quelques remous a la surface d’un bol, au cyclone qui s’empare d’une tasse de thé.

 Grand_Prix_des_Lectrices_2013
Sélection roman
Jury Octobre

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Géographie"

13 mars 2012

500 anecdotes historiques : Pour enfin retenir l'Histoire – Daniel Ichbiah

Lu dans le cadre d'un partenariat Livraddict et Scrineo

500_anecdotes Scrineo – février 2012 – 450 pages

Quatrième de couverture : 
"Qui m'aime me suive... " "Voici le commencement de la fin."  "Honni soit qui mal y pense ". Une anecdote savoureuse est souvent liée à la plupart de ces célèbres phrases. L'auteur propose ici de remonter le cours de l'Histoire à travers ces citations entrées, pour la plupart, dans notre culture et dans le langage courant. Ces mots synonymes de drame, de gloire ou  de défaites ont marqué l'Histoire, exprimant ainsi toute  l'intensité d'un événement ou reflétant le caractère d'un personnage face à l'adversité ou à un choix difficile. A eux seuls, ils sont de véritables jalons de l'épopée humaine. 

L'ambition de ce livre est d'offrir une (re)découverte aisée de l'Histoire grâce aux anecdotes qui accompagnent une phrase  célèbre. Chaque citation constitue un point d'entrée vers un récit court mais fascinant, un instantané de l'Histoire riche d'enseignement et en réflexions : Une façon comme une autre de s'approprier les grands événements historiques et d'en retenir l'essentiel.

Auteur : Daniel Ichbiah est l'auteur de plusieurs best-sellers tels que Les 4 vies de Steve Jobs, La saga des jeux video, Bill Gates et la Saga de Microsoft et Enigma. Il est également rédacteur en chef du magazine Comment ça marche ?. Avec le concours de Nicolas Eybalin éditeur, agrégé d'histoire, ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud-Fontenay.

Mon avis : (feuilleté et lu en mars 2012)
Lorsque j'ai reçu le livre, je l'ai trouvé plutôt austère. L'Histoire de l'Antiquité à nos jours est divisée en dix chapitres. Chaque chapitre commence par un petit quiz type QCM avec 3 questions. Puis quelques pages pour résumer les principaux faits de la période. Puis les citations et les anecdotes par ordre chronologique et pour terminer le chapitre des jeux de devinettes pour aller plus loin.
A la fin du livre, après les dix chapitres, il y a un quiz final et un Index avec les œuvres littéraires et films (avec seulement18 œuvres répertoriées) et un Index des Personnages célèbres.

C'est un livre que l'on n'ai pas obligé de lire en continu, pour ma part j'ai commencé par lire les chapitres d'Histoire dont j'avais encore quelques souvenirs et j'ai commencé par la Renaissance. J'ai répondu correctement et facilement au petit quiz type QCM. Le résumé de la période est plutôt bien fait même s'il est très succinct. Les citations sont complétées par un commentaire ou une anecdote qui explore plus précisément les faits et les personnages célèbres de l'époque. Le côté austère du livre s'est confirmé et pour ma part, j'ai exploré le livre en lisant quelques pages par quelques pages, sinon cela devenait vraiment trop indigeste.
Dès l'avant propos, l'auteur nous précise bien que « Ce livre n'a pas la prétention de remplacer un livre d'Histoire ». En lisant ce livre, j'ai appris certaines choses mais dans quelques semaines est-ce que je me souviendrai encore de ce que j'ai appris ? Je pense que ce livre permet de se rafraîchir la mémoire ou de combler quelques manques de connaissance d'Histoire.

Merci à Livraddict et aux éditions Scrineo de m'avoir permis de découvrir ce livre.

  

Logo Livraddict

14 mars 2012

Jeu de pistes – Marcel Theroux

jeu_de_piste Plon – novembre 2011 – 238 pages

traduit de l'anglais par Stéphane Roques

Titre original : The Confessions of Mycroft Holmes : A Paperchase, 2001

Quatrième de couverture : 
Damien March a 35 ans. Il s'ennuie. Des nuits à écrire des voix off pour la BBC alors qu'il se rêvait grand reporter, du temps perdu, de vagues amis et quelques histoires oubliables. Jusqu'à ce télégramme : "Patrick mort. Papa". Son oncle est mort, il avait presque oublié qu'il était vivant. Pourtant il a fait de lui son unique héritier. Damien plaque tout et s'en va vivre dans la maison de Cape Cod de son oncle, ancien écrivain à succès dont l'originalité et la fantaisie peuplent ses souvenirs d'enfance. C'est un véritable cabinet de curiosités, où il déniche un manuscrit inachevé : Les Confessions de Mycroft Holmes, pastiche savoureux dont le héros est le frère méconnu de Sherlock Holmes. Et qui recèle des indices, menant eux-mêmes, de fausses pistes en détours, à un secret de famille insoupçonné. Jeu de pistes littéraire savamment mené, ce nouveau roman prouve l'étendue des talents de Marcel Theroux, son humour et son goût immodéré et exquis pour l'intrigue.

Auteur : Marcel Theroux est né en Afrique du Sud en 1968, il a grandi aux États-Unis et vit aujourd'hui en Angleterre. Il a déjà publié plusieurs romans des deux côtés de l'Atlantique, dont Au nord du monde (2010), sélectionné dans la shortlist du National Book Award 2010 et qui a remporté le Prix de l'Inaperçu 2011. Jeu de pistes, distingué par le Prix Somerset Maugham en Angleterre, est son deuxième roman traduit en France.

Mon avis : (lu en mars 2012)
J'ai découvert cet auteur avec ce livre et j'ai trouvé ce livre très agréable à lire et l'histoire très prenante.
Damien March, la trentaine, a une vie plutôt calme, il fait un travail dans l'ombre à la BBC, il n'a pas de femme. Un jour, il apprend la mort de son oncle Patrick et qu'il a hérité de sa maison qui se situe sur l'île de Ionia au large de Cape Cod. Il décide alors de quitter Londres et son travail et de s'installer pour quelques mois dans cette maison. La maison est elle-même un personnage à part entière du roman... En effet l'oncle Patrick était un écrivain ayant du succès pendant quelques temps, mais il était surtout un collectionneur de collections. Or une clause du testament stipule que rien ne devra être modifié dans la maison. La maison est le résultat d'une accumulation de bric à brac en tous genres, des souvenirs d'enfance revienne à sa mémoire et au milieu de ce fouillis, Damien va découvrir un manuscrit inachevé de son oncle : une histoire qui met en scène Mycroft Holmes, le frère aîné de Sherlock. Comme dans un jeu de pistes le lecteur est entraîné à découvrir la maison, son contenu, la personnalité de Patrick et enfin comme trésor final un secret de famille !
J'ai beaucoup aimé l'ambiance de ce livre, vivre un jour dans une petite maison dans une île et au bord de la mer a toujours été mon rêve et cette lecture m'a permis de vivre par procuration ce rêve...
Je compte poursuivre la découverte de Marcel Theroux avec son livre « Au nord du monde », présent également à la bibliothèque.

 

Extrait : (début du livre)
La nouvelle de la mort de mon oncle Patrick m'a sidéré, pas parce qu'elle était inattendue, mais parce que je le croyait mort depuis une éternité.
Patrick mort. Papa, c'est tout ce que disait le télégramme. Ma première réaction a été : Patrick qui ? Et puis je me suis rappelé.
Si j'avais pensé à lui ne fût-ce qu'une fois au long de toutes ces années, je suis sûr que je me serais rendu compte qu'il était encore en vie, même dans un monde qui n'avait plus rien à voir avec le mien. Simplement, j'avais fait de mon mieux pour oublier totalement ma famille, et j'avais beau recevoir un cadeau de Noël chaque année de la part de tante Judith à Boston, j'y arrivais plutôt bien.
Bien sûr que je me rappelais Patrick – je l'avais simplement remisé dans un compartiment de mon esprit comme une chaussette dépareillée : présent mais incomplet. Après tout, on ne disparaît pas du monde comme un signal sur l'écran d'un radar. Une vie se termine par une mort. Le télégramme était concluant : il le complétait. Patrick mort.

Et puis une chose étrange s'est produite : la nouvelle de sa mort l'a ressuscité dans mon imagination : le Patrick qui était en moi, son empreinte imperceptible mais indélébile qui était moi. Des pans entiers de ma mémoire étaient stimulés pour la première fois depuis des années. C'était comme si j'avais découvert un double fond dans une valise ; ou que mon minuscule appartement de Clapham s'était agrandi d'un étage en une nuit. J'ai pensé à Patrick et à son incroyable vieille maison à Iona, et le plus étrange, c'est qu'il a commencé à me manquer – un homme que je n'avais pas vu depuis près de vingt ans.  

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Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

Challenge God Save The Livre
 Challenge_anglais

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Sport/Loisirs" 

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16/50 : 
Massachusetts (2)

 

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10 mars 2012

La disparue du Père-Lachaise - Claude Izner

la_disparue_du_P_re_Lachaise 10/18 – mars 2003 – 302 pages

Quatrième de couverture :
Paris, 1890. Qu'elle n'est pas la surprise de Victor Legris de voir débarquer Denise Le Louarn, la gouvernante de son ancienne maîtresse, Odette de Valois, dans sa librairie. La jeune femme est visiblement bouleversée. Elle lui apprend qu’Odette, devenue depuis peu adepte de ce spiritisme tant en vogue, a disparu à la suite  d'un étrange rendez-vous au cimetière du Père-Lachaise. D'abord sceptique, Victor ne peut s'empêcher de s'interroger et le voilà donc lancé sur la piste de son ancienne maîtresse... A sa suite on découvre ce Paris où l'on entendait encore le bruit des sabots sur les pavés de bois et les cris des petits métiers, où les hommes portaient le haut-de-forme, les femmes le corset et où les mystères naissaient à chaque coin de rue...

Auteur : Claude Izner est le pseudonyme de deux sœurs, Liliane Korb et Laurence Lefèvre. Liliane a longtemps exercé le métier de chef-monteuse de cinéma, avant de se reconvertir bouquiniste sur les quais de la Seine, qu'elle a quittés en 2004. Laurence a publié deux romans chez Calmann-Lévy, Paris-Lézarde en 1977 et Les Passants du dimanche en 1979. Elle est bouquiniste sur les quais. Elles ont réalisé plusieurs courts métrages et des spectacles audiovisuels. Elles écrivent ensemble et individuellement depuis de nombreuses années, tant pour la jeunesse que pour les adultes. Les enquêtes de Victor Legris sont aujourd'hui traduites dans huit pays.

Mon avis : (lu en mars 2012)
C'est la seconde enquête de Victor Legris, libraire et détective amateur. Denise, la gouvernante d'Odette de Valois vient demander de l'aide à la librairie car cette dernière a disparue au cimetière du Père-Lachaise alors qu'elle rendait visite à son défunt mari mort en Colombie. Odette de Valois étant l'ancienne maîtresse de Victor, il décide de mener son enquête. C'est alors que Denise disparaît à son tour... Voilà comment commence une enquête bien construite, avec du suspense et des rebondissements. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce nouvel épisode où l'on retrouve la belle Tasha, l'énigmatique Kenji et le perspicace Joseph, dans le Paris du XIXe siècle où l'ambiance y est parfaitement décrite.

La postface est très intéressante, les auteurs reviennent sur les faits historiques évoqués durant l'enquête de Victor Legris, comme la construction du canal de Panama. Et cela nous explique bien le contexte historique.
A l'occasion, j'emprunterai la suite de la série à la Bibliothèque. Une lecture facile et agréable. 

Extrait : (page 17)
- Seigneur, il était si bon et si doux, nous l’aimions si tendrement ! Seigneur, il était…
Les mots, inlassablement répétés, filtraient à travers la voilette masquant le visage d’une femme tassée contre la portière d’un fiacre. Une autre femme, assise en vis-en-vis, les soulignait parfois d’un signe de croix à peine esquissé. Cette litanie devait, pour être perçue, lutter avec le grincement des essieux et le raclement des roues sur les pavés. Elle avait depuis longtemps perdu tout sens, semblable à ces comptines ressassées par les enfants.
Le cocher tira sur les rênes, la voiture s’arrêta rue des Rondeaux devant l’une des entrées du Père-Lachaise. L’homme descendit de son perchoir, alla parlementer avec un gardien, lui glissa la pièce, après quoi il se hissa lourdement sur sa banquette et fit claquer son fouet.
Précédant de peu un convoi funéraire, le fiacre pénétra dans le cimetière et emprunta l’avenue circulaire. La pluie nimbait d’un dôme luisant l’immense nécropole. De part et d’autre de la route se succédaient chapelles, cénotaphes, mausolées ornés d’angelots dodus ou de nymphes éplorés. Un labyrinthe d’allées et de sentes se perdait parmi les tombes, envahi par une végétation de sous-bois encore clairsemée en ce début du mois de mars. Sycomores, thuyas, hêtres et tilleuls assombrissaient un ciel déjà bas. 
Le fiacre amorça un virage et manqua percuter un grand bonhomme à cheveux blancs contemplant la croupe épanouie d'une pleureuse de bronze. Le cheval se cabra, le cocher lâcha une bordée de jurons, le vieillard montra le poing en hurlant : « Sang de bois, Grouchy, j'aurai ta peau ! » et s'éloigna en titubant.

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Déjà lu du même auteur :

myst_re_rue_des_Saints_P_res Mystère rue des Saints-Pères


Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Personne connue"

6 mars 2012

Et puis, Paulette... - Barbara Constantine

Et_puis_Paulette Calmann-Levy – janvier 2012 – 320 pages

Quatrième de couverture : 
Ferdinand vit seul dans sa grande ferme vide. Et ça ne le rend pas franchement joyeux. Un jour, après un violent orage, il passe chez sa voisine avec ses petits-fils et découvre que son toit est sur le point de s’effondrer. À l’évidence, elle n’a nulle part où aller. Très naturellement, les Lulus (6 et 8 ans) lui suggèrent de l’inviter à la ferme. L’idée le fait sourire. Mais ce n’est pas si simple, certaines choses se font, d’autres pas… 
Après une longue nuit de réflexion, il finit tout de même par aller la chercher. 
De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s’agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d’enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux. Et puis, Paulette…

Auteur : Barbara Constantine rêvait depuis toute petite d’être indienne. Elle devient de plus en plus indrienne (habitante de l’Indre). C’est presque. Et puis, Paulette… est son quatrième roman, après Allumer le chat, À Mélie, sans mélo et Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom. Elle écrit aussi pour la jeunesse.

Mon avis : (lu en mars 2012)
C'est toujours un plaisir de lire un livre de Barbara Constantine, une bouffée de bonheur dans notre monde.
Ferdinand veuf, vit seul dans une grande ferme avec le chaton de ses petits fils Chamalo. Il n'est pas franchement heureux, sa joie ce sont les quelques instants qu'il passe avec ses petits-fils (les Lulus de 8 et 6 ans). 
Lorsque le livre commence, Ferdinand manque d'écraser le chien de Marcelline sa voisine. Il découvre alors es difficultés de sa voisine qui vit dans une maison qui tombe en ruine avec comme seules ressources les produits de son jardin qu’elle vend au marché. Après un gros orage et l’inondation la maison, Ferdinand recueille Marcelline, sa chienne, son gros chat et l’âne Cornélius. Puis Guy va les rejoindre, il déprimait depuis le décès de sa femme… Et la petite communauté commence à prendre forme. Il y aura ensuite Simone et Hortense, Muriel, Kim « et puis, Paulette… ». Mais je vous laisse découvrir par vous-même !

C'est une histoire de solidarité, d'amitié, de partage, d'entraide entre générations, entre voisins ou avec de parfaits inconnus… Il est question de mal-logement, de colocation, de dépendance chez les personnes âgées mais aussi d’agriculture biologique… C’est un livre peu dans le même esprit de "Ensemble c’est tout" d’Anna Gavalda.
Un livre qui se dévore, qui est plein d'espoir et qui donne la pêche !

 

Extrait : (début du livre)
Le ventre bien calé contre le volant et le nez sur le pare-brise, Ferdinand se concentre sur sa conduite. L'aiguille du compteur collée sur le cinquante. Vitesse idéale. Non seulement il économise de l'essence, mais ça lui laisse tout le temps de regarder défiler le paysage, d'admirer le panorama. Et surtout, de s'arrêter à la moindre alerte, sans risquer l'accident.
Justement, un chien court, là, devant lui. Réflexe. Il écrase la pédale de frein. Crissement de pneus. Le gravier vole. Les amortisseurs couinent. La voiture tangue et finit par s'immobiliser au milieu de la route.
Ferdinand se penche à la portière.
- Où tu vas comme ça, mon gars ? Traîner la gueuse, j'parie ?
Le chien fait un écart, dépasse la voiture au galop et va s'aplatir un peu plus loin dans l'herbe du fossé. Ferdinand s'extirpe.
- Mais t'es le chien de la voisine. Qu'est-ce que tu fais là, tout seul ?
Il s'approche, tend la main très doucement, caresse sa tête. Le chien tremble.
Au bout d'un moment, enfin amadoué, il accepte de le suivre.
Ferdinand le fait monter à l'arrière et redémarre.
Arrivé à l'entrée d'un chemin de terre, il ouvre la portière. Le chien descend, mais vient se coller contre ses jambes en geignant, l'air d'avoir peur. Ferdinand pousse la petite barrière en bois, l'incite à entrer. Le chien rampe à ses pieds, geint toujours. Il remonte le chemin entre les deux haies de broussailles, arrive devant une petite maison. La porte est entrouverte. Il crie... Oh... Y a quelqu'un ? … Pas de réponse. Il regarde autour. Personne. Il pousse la porte. Au fond, il distingue dans la pénombre une forme allongée sur le lit. Il appelle. Rien ne bouge. Renifle. Ça pue là dedans... Il renifle encore. Ouh la ! Ça pue le gaz !

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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Prénom"

Déjà lu du même auteur :

allumer_le_chat Allumer le chat     a_M_lie__sans_m_lo_p A Mélie, sans mélo
 tom_petit_tom Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom


28 février 2012

La Tour d'arsenic – Anne B. Ragde

la_Tour_d_arsenic Balland – octobre 2011 – 522 pages

traduit du norvégien par Jean Renaud

Titre original : Arsenikktarnet, 2001

Quatrième de couverture :
Norvège : la vieille Amalie Thygesen, dite Malie, ancienne chanteuse de cabaret à la gloire éphémère, rend son dernier souffle dans une maison de retraite. Tandis que sa petite fille, Therese, plie ses bagages sur l'instant pour rejoindre le lieu des obsèques - et se laisse prendre dans un tourbillon de souvenirs drôles, tendres, émouvants, le reste de la famille chante l'heure de la libération : débarrassés de la vieille femme fantasque au caractère trop bien dessiné, les uns et les autres vont pouvoir se jeter sur les biens immobiliers et vendre les babioles qui, pour eux, ne valent pas la peine d'être gardés. Comprenant mal ce manque de compassion et de respect pour sa grand-mère, Therese va découvrir, au fil des objets qui ont fait la vie de Malie et des confidences récoltées, qui a été cette femme qu'elle croyait si bien connaître... Une femme que sa propre fille, Ruby, la mère de Malie, détestait cordialement, et que beaucoup craignaient. Comment peut-on susciter chez ses proches des sentiments aussi contradictoires ?

Auteur : Anne Birkefeldt Ragde est née en Norvège en 1957. Auréolée des très prestigieux prix Riksmal (équivalent du Goncourt français), prix des Libraires et prix des Lecteurs pour sa "Trilogie de Neshov" publiée aux éditions Balland (90 000 exemplaires vendus), Anne Birkefeldt Ragde est une romancière à succès, déjà traduite en 15 langues, aux millions d'exemplaires vendus.

Mon avis : (lu en février 2012)
Ce livre a été édité en Norvège en 2001, il est édité en France seulement maintenant. C'est l'histoire d'une saga familiale sur trois générations de femmes.
Tout commence avec l'annonce du décès d'une vieille dame, Amalie Thygesen, cette nouvelle réjouie sa fille Ruby et son fils Ib contrairement à Therese sa petite-fille qui est très triste, elle regrette sa grand-mère. Le lecteur va découvrir à travers les différentes parties du livre qui était Amalie Thygesen, dite Malie et Morgens sont mari.

Le livre est composé de six parties, la première et la dernière partie ont Therese pour narratrice et dans les quatre autres parties nous remontons le temps pour explorer les différentes époques de la vie de Malie. La deuxième partie commence de l'enfance de Ruby au moment de la Seconde Guerre Mondiale jusqu'à la naissance de Therese, dans la troisième partie Malie a vingt-cinq ans elle a quitté depuis quelques années la maison familiale, elle va devenir comédienne, elle fait la rencontre de Morgens et cette partie s'achève avec leur mariage. Dans les parties quatre et cinq le lecteur découvre l'enfance de Morgens puis l'enfance de Malie.

La lecture est plutôt facile, la vie de Malie et ses proches est passionnante le lecteur découvre petit à petit quelques secrets de famille, les sentiments des uns et des autres, des relations conflictuelles, des non-dits... J'ai aimé découvrir la vie au Danemark de 1920 à aujourd'hui dans des milieux différents, avec en particulier, la vie avant et après-guerre. J'ai cependant trouvé quelques longueurs.  

 

Extrait : (début du livre)
« A ma petite Therese chérie », avait écrit ma grand-mère sur un bout de papier blanc attaché à une montre en or. Celle-ci se trouvait dans le tiroir de la table de nuit, le papier était fixé à la chaîne à l'aide d'un élastique. Le cadran était joliment bordé de nacre, mais le verre était cassé et la montre s'avéra en définitive ne pas être en or. J'y cherchai ensuite un poinçon, en vain.

Les mots étaient tracés à l'encre vert marine. La montre était l'un des deux objets qu'elle me destinait, à moi et personne d'autre. L'élastique était rouge et friable. Toutes ses affaires étaient garnies d'élastiques, on aurait dit qu'elle les avait soigneusement ficelées en vue d'un long voyage ou d'un déménagement. Nous trouvâmes des élastiques y compris autour de petits bocaux aux couvercles fermés, comme pour en maintenir le verre même. J'imagine ses longues mains ridées, pareilles à des griffes, au vernis à ongles rose écaillé, enrouler les élastiques autour des bocaux – ce qui n'avait aucun sens - et j'entends le silence de mort qui l'entoure ce faisant.

Ce fut dans le prolongement de ce silence que ma mère me téléphona pour m'annoncer la nouvelle :
- Maman est morte.
Puis elle se mit à rire. Longuement. Un rire sonore et rude, entrecoupé de respirations.
- Grand-mère est morte ?
- Oui ! Ce n'est pas formidable ?
Le petit Stian était à côté de moi, une feuille de papier hygiénique à la main, j'allais tout juste lui moucher le nez.
- Grand-mère est morte ? S'écria-t-il.
- Non, pas ta grand-mère, dis-je. La mienne. La mère de ta grand-mère.
Je coinçai le combiné entre mon menton et mon épaule et entrepris de le moucher, appuyant sur une narine, puis l'autre. Il souffla deux fois de chaque côté, une collaboration entre son nez et mes doigts qui se passait de commentaires. Après quoi il s'éclipsa par la porte de la véranda en courant sur ses jambes minces et bronzées avec force mouvements de coudes.
- Je comprends que tu sois contente, maman.
- Oui. Je suis si heureuse, Therese ! Je... et Ib tout pareil. C'est lui qui m'a appelée. On est tellement... tellement... Et tu vas pouvoir m'accompagner à Copenhague ! On va enfin examiner la maison de fond en comble, regarder dans les placards et tous les tiroirs. C'est fantastique, Therese !

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Déjà lu du même auteur :

la_terre_des_mensonges La Terre des mensonges   la_ferme_des_Neshov La Ferme des Neshov
l_h_ritage_impossible L'héritage impossible  zona_frigida  Zona frigida
un_jour_glac_ Un jour glacé en enfer

Challenge 6% 
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
36/42

Challenge Voisins, voisines
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Norvège

Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Norvège : Anne B. Ragde

 Challenge Viking Lit'Viking_Lit

7 février 2012

L'homme qui voulait vivre sa vie – Douglas Kennedy

l_homme_qui_voulait_belfond_1998 l_homme_qui_voulait_pocket_1999 l_homme_qui_voulait_belfond_2005 l_homme_qui_voulait_pocket_2008   l_homme_qui_voulait_libra l_homme_qui_voulait_vivre_sa_vie_pocket l_homme_qui_voulait_belfond_2010 l_homme_qui_voulait_audio 

Belfond – mars 1998 – 354 pages

Pocket – juin 1999 – 498 pages

Belfond – octobre 2005 – 353 pages

Pocket – novembre 2008 – 496 pages

Libra Diffusio – février 2009 – 554 pages (Gros caractères)

Pocket – octobre 2010 – 496 pages

Belfond – octobre 2010 – 358 pages

Les Mots en Soie Éditions – novembre 2010 - CD

traduit de l'américain par Bernard Cohen

Titre original : The Big Picture, 1997

Quatrième de couverture : 
Ben Bradford a réussi. La trentaine, avocat compétent, un beau poste dans l'un des plus grands cabinets de Wall Street, un salaire à l'avenant, une femme et deux fils tout droit sortis d'un catalogue Gap. Sauf que cette vie, Ben la déteste. Il a toujours rêvé d'être photographe. 
Quand il soupçonne que la froideur de son épouse est moins liée à la dépression postnatale qu'à une aventure extraconjugale, ses doutes reviennent en force, et avec eux la douloureuse impression de s'être fourvoyé. 
Ses soupçons confirmés, un coup de folie meurtrier fait basculer son existence, l'amenant à endosser une nouvelle identité.  
De New York aux splendides paysages du Montana, une histoire d'amour et d'émotion, et un héros extraordinairement attachant, prêt à payer le prix pour vivre sa vie.   

Auteur : Douglas Kennedy est né à Manhattan le 1er janvier 1955. Ancien auteur de théâtre, il devient journaliste free-lance. Auteur de deux récits de voyage, Au pays de Dieu (2004) et Au-delà des pyramides (2010), Douglas Kennedy s'est imposé avec, entre autres, L'homme qui voulait vivre sa vie (1998, réédition en 2010), La Poursuite du bonheur (2001), Les Charmes discrets de la vie conjugale (2005), La Femme du Ve (2007), Piège nuptial (2008) et Quitter le monde (2009). Divorcé et père de deux adolescents, Douglas Kennedy vit entre Londres, Paris, Berlin et les États-Unis. Il est aujourd’hui un des auteurs favoris des Français, avec plus de 2 millions d’exemplaires vendus pour l’ensemble de ses titres, dont plusieurs sont en cours d‘adaptation cinématographique.

Mon avis : (écouté en janvier et février)
C'est la première fois que je lisais un livre de Douglas Kennedy, enfin écoutais un livre... J'ai mis près de trois semaines pour écouter ce livre car j'ai vraiment du mal avec les livres audios... Je perd vite le fil de l'histoire soit je m'endors, soit mon esprit part vagabonder ailleurs et mon MP3 étant assez basique j'ai été obligé d'écouter de nombreuses fois le début de la plupart des chapitres...
J'ai finalement réussi à arriver au bout de l'histoire et j'ai complété cette écoute avec la lecture rapide du livre et finalement je n'avais rien raté de l'histoire...
Chez Ben et Beth Bradford tout devrait aller bien : Ben a une très bonne situation d'avocat, ils ont deux beaux enfants Adam et Josh, une belle maison dans une banlieue agréable, mais l'un et l'autre n'ont pas réussi à réaliser leurs rêves de jeunesses. Ben rêvait de devenir photographe, Beth voulait devenir romancière. Usé par le quotidien, par la naissance récente de Josh, Ben et Beth ne s'aiment plus comme aux plus beaux jours, Beth s'est éloignée de Ben. Ce dernier découvre alors que Beth le trompe avec un voisin Gary Sommers un photographe en mal de notoriété. Furieux, Ben va accidentellement commettre l'irréparable. Et son seul échappatoire sera la fuite...
L'intrigue met un peu de temps à s'installer mais une fois lancé le lecteur est happé par l'histoire et n'a de cesse de savoir comment Ben va pouvoir s'en sortir...
Ce roman est presque comme un vrai thriller avec meurtre, fausses pistes, rebondissements... C'est vraiment très efficace.

Extrait : (début du livre)
Il était quatre heures du matin, je n'avais pas fermé l'œil depuis des semaines, et le bébé criait de nouveau.
Oh, il ne m'avait pas réveillé : quand ses piaillements ont repris, cela faisait déjà longtemps que j'avais les yeux rivés au plafond. Mais j'étais tellement hébété par le manque de sommeil que je me suis senti incapable de sortir du lit. Je suis donc resté là, immobile, tandis que Josh poussait ses tout jeunes poumons vers de nouveaux extrêmes.
Ses incessants glapissements ont fini par réveiller Beth. Dans un état semi-comateux, elle m'a envoyé un coup de coude et m'a adressé la parole pour la première fois depuis deux jours.
« Tu t'en occupes. »
Et elle a roulé sur le côté en plaquant l'oreiller sur sa tête.
J'ai obéi, tel un automate maladroit. Je me suis assis sur le lit, j'ai posé les pieds sur le sol, j'ai tendu la main vers la robe de chambre à rayures jetée sur une chaise, je l'ai enfilée sur mon pyjama assorti, j'ai serré la ceinture avec soin. Je suis allé à la porte, que j'ai ouverte. Ma journée avait commencé... Façon de parler, puisque, en réalité, elle ne s'était jamais terminée.
La nursery était juste en face. Jusqu'à la semaine précédente, nous avions gardé Josh dans notre chambre. Contrairement à notre autre fils, âgé de quatre ans, Adam, qui avait fait des nuits complètes sitôt dépassé le seuil fatidique du mois et demi, ce gamin se révélait être un insomniaque chronique : refusant catégoriquement de dormir plus de deux heures d'affilée, il se réveillait chaque fois avec des cris perçants à travers lesquels il réclamait notre attention pleine et entière, sans équivoque possible, sur-le-champ. Dans l'intention de le faire taire huit bonnes heures, nous avions tout essayé : le garder éveillé le plus tard possible, le gaver de deux solides biberons pour décourager une fringale nocturne, lui administrer la dose maximale d'aspirine pour bébés prévue par la posologie. Aucun résultat. Alors, nous nous étions dit qu'il dormirait peut-être mieux tout seul et nous l'avions transféré dans la nursery. Peine perdue. Entre deux crises de hurlements, le répit n'excédait jamais trois heures. Et, pendant les vingt semaines de sa courte existence, il ne nous avait laissé aucune chance de profiter d'une vraie nuit de sommeil, ni à Beth ni à moi.   

 

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15/50 : Connecticut

drame Baby Challenge - Drame Livraddict : 10/20

 

27 janvier 2012

Le Cercle des poètes disparus – N.H. Kleinbaum

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Édition n°1 – 1990 – 178 pages

Livre de Poche – 1991 – 191 pages

France Loisirs – 1991 -

Livre de Poche -1991 -

traduit par Olivier de Brocca

Titre original : Dead Poets Society, 1990

Quatrième de couverture :
Il fut leur inspiration. Il a transformé leur vie à jamais. A Welton, un austère collège du Vermont, dans les années 60, la vie studieuse des pensionnaires est bouleversée par l'arrivée d'un nouveau professeur de lettres, M. Keating. Ce pédagogue peu orthodoxe va leur communiquer sa passion de la poésie, de la liberté, de l'anticonformisme, secouant la poussière des autorités parentales, académiques et sociales. Même si le drame - le suicide d'un adolescent - déchire finalement ... cette expérience unique, même si Keating doit quitter le collège, il restera pour tous celui qui leur a fait découvrir le sens de la vie. Le roman du film-événement de Peter Weir, Oscar 1990 du meilleur scénario, qui a bouleversé des centaines de milliers de spectateurs.

Auteur : Née en 1948, Nancy Horowitz Kleinbaum a étudié à l'université de Northwestern d'Evanston aux États-Unis de 1966 à 1970. Elle a écrit de nombreux livres à partir de films ( "Daryl" 1985, "Le cercle des poètes disparus" 1990, "The magnificent seven : the authorized story of american gold" 1996...).
Nancy H. Kleinbaum vit à New York avec son mari et ses trois enfants et est journaliste auprès du magazine "Lifestyles" pour lequel elle réalise diverses interviews.

Mon avis : (lu en janvier 2012)
Contrairement à beaucoup de livre, le film n'est pas une adaptation du livre mais le livre a été fait après le film, il est donc une parfaite image du film. 
Comme beaucoup, j'ai adoré ce film que j'ai vu au cinéma à sa sortie et revu plusieurs fois à la télévision ou en DVD. J'ai passé un très bon moment en lisant ce livre même si je connaissais très bien cette l'histoire. On ne peut pas oublier le professeur Mr Keating et sa philosophie de vie « Carpe Diem », un professeur qui encourage ses élèves à penser par eux-même, à avoir des rêves, à profiter de la vie. Les élèves sont à l'image des jeunes de leurs âges, ils ont des caractères bien différents. Une histoire qui fait passer le lecteur par beaucoup d'émotions, avec Mr Keating et ses élèves nous rions, nous rêvons, et enfin nous versons quelques larmes...

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Film américain de Peter Weir, de 1989, sortie en 1990 en France.
Avec Robin Williams, Robert Sean Leonard, Ethan Hawke, Josh Charles, Gale Hansen, Dylan Kussman, Allelon Ruggiero, James Waterston, Norman Lloyd, Kurtwood Smith, Leon Pownall, Colin Irving, Jane Moore, Lara Flynn Boyle, Joe Aufiery 

Extrait :
Le lundi matin, la classe trouva Mr Keating en train de se balancer sur une chaise derrière son bureau. Il semblait plongé dans ses pensées.

- Messieurs, dit-il lorsque la cloche eut sonné le début du cours, ouvrez votre recueil de textes à la page vingt et un de l'introduction. Mr Perry, veuillez lire à voix haute et intelligible le premier paragraphe de la préface intitulée « Comprendre la poésie ».

- « Comprendre la poésie », par le professeur J. Evans Pritchard, docteur ès lettres. « Pour bien comprendre la poésie, il faut d'abord se familiariser avec la métrique, le rythme et les figures de style. Il faut ensuite se poser deux questions. Premièrement, le thème du poème a-t-il été traité avec art ? Deuxièmement : quelle est l'importance et l'intérêt de ce thème ? La première question évalue la perfection formelle du poème ; la seconde son intérêt. Quand on aura répondu à ces deux questions, il deviendra relativement aisé de déterminer la qualité globale du poème. Si on note la perfection du poème sur la ligne horizontale d'un graphique et son importance sur la verticale, l'aire ainsi obtenue par le poème nous donne la mesure de sa valeur. Ainsi, un sonnet de Byron pourra obtenir une note élevée sur la verticale, mais une note médiocre sur l'horizontale. Un sonnet de Shakespeare, en revanche, se verra décerner une note très haute aussi bien sur la verticale que sur l'horizontale, couvrant alors une large surface qui démontrera la haute qualité de l'œuvre en question... "  

Pendant que Neil lisait, Mr Keating, une craie à la main, s'était approché sans bruit du tableau noir où, illustrant le propos de Mr Pritchard, il s'était mis à tracer un graphique en joignant abscisses et ordonnées pour montrer comment le poème de Shakespeare recouvrait largement le sonnet de Byron. Dans la classe, plusieurs élèves recopiaient avec soin dans leur cahier le diagramme. Neil termina sa lecture :

« … En lisant les poèmes de ce recueil, mettez en pratique cette méthode. Mieux vous saurez l'évaluer de la sorte, et mieux vous saurez comprendre et donc apprécier la poésie. »

Neil s'arrêta à la fin du paragraphe. Keating resta un moment silencieux, comme pour attendre que les élèves aient bien assimilé la leçon. Puis il s'approcha du premier rang pour faire face à la classe.

- De l'ex-cré-ment! déclara-t-il soudain en détachant les syllabes.

Les garçons sursautèrent et le regardèrent sans comprendre.

- De l'excrément ! répéta Keating avec plus d'énergie. De l'ordure ! De la foutaise ! De la chienlit ! Voilà ce que je pense de l'essai de monsieur Pritchard ! Messieurs, je vous demande d'arracher cette page de vos livres !

Dans la classe, on échangea des regards incrédules, ne sachant quelle mouche venait de piquer leur professeur.

- Allons, messieurs ! Arrachez-la, vous m'entendez ?

Les garçons restaient interdits, horrifiés à l'idée de cet acte blasphématoire. Plus hardi, Charlie finit par arracher la page de son recueil.

- Merci, monsieur Dalton, fit Keating. Allons, vous autres, un peu de courage. Vous ne rôtirez pas en enfer pour si peu !    Et pendant que vous y êtes, déchirez-moi toute l'introduction ! A la poubelle, le professeur J.E. Pritchard !

Enfin libérés par l'exemple de Charlie, les élèves s'en donnèrent à cœur joie, arrachant à qui mieux mieux les premières pages de leur manuel et les faisant voler au-dessus de leur tête. Keating alla chercher une corbeille dans un coin pour effectuer la collecte.  

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14/50 : Vermont

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Métier"

Challenge le nez dans les livres
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La reine des lectrices : 6/6

littraturecontemporaines

Baby Challenge - Contemporain Livraddict : 14/20

28 janvier 2012

Soudain dans la forêt profonde – Amos Oz

Challenge Destination Israël :
proposé par evertkhorus

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Gallimard – septembre 2006 – 117 pages

Folio – février 2008 – 126 pages

Gallimard-Jeunesse - mars 2008 – 95 pages

Folio Plus – septembre 2010 – 177 pages

traduit de l'hébreu par Sylvie Cohen

Titre original : פתאום בעומק היער, 2005

Quatrième de couverture : 
Un village au bout du monde, triste et gris, encerclé par des forêts épaisses et sombres. Un village maudit : toutes les bêtes, tous les oiseaux et même les poissons de la rivière l'ont déserté. Depuis, ses habitants se barricadent chez eux dès la nuit tombée, terrorisés par la créature mystérieuse nommée Nehi, et interdisent aux enfants de pénétrer dans la forêt. Mais surtout, ils gardent le silence. Personne ne veut se souvenir des animaux ni évoquer la vie d'avant. Seule Emanuela, l'institutrice du village, tente d'enseigner aux élèves à quoi ressemblaient ces animaux disparus. Deux enfants de sa classe, Matti et Maya, décident alors d'élucider le mystère et s'aventurent dans la forêt en dépit de l'interdit... Soudain dans la forêt profonde est un conte pour enfants et adultes. Au carrefour de la tradition biblique, du folklore yiddish et du conte européen, il nous offre une magnifique parabole sur la tolérance.

Auteur : Amos Oz, (hébreu : עמוס עוז), né Amos Klausner (Jérusalem, 4 mai 1939), est un écrivain,romancier et journaliste israélien. Il est également professeur de littérature à l'Université Ben Gourion de Beer-Sheva. Amos Oz est le cofondateur du mouvement La paix maintenant et l'un des partisans les plus fervents de la solution d'un double État au conflit israélo-palestinien.  

Mon avis : (lu en décembre 2006 et relu en janvier 2012)
J'ai relu ce livre en partie en Audio livre et en livre papier... En effet, j'ai du mal même pour un livre court à profiter des Audio livres car je m'endors rapidement ou alors je perds le fil de l'histoire car si mon esprit s'évade ma lecture ne s'interrompt pas... Donc après avoir commencé à relire ce livre en audio, j'ai été obligé de reprendre le livre papier pour le terminer.
Quelque part dans une vallée profonde il y a un village plein de tristesse. Un village qui a été abandonné par tous les animaux. Plus d’oiseaux, plus de poissons, plus de vaches, plus de chiens… C'est la faute du mystérieux monstre Nehi. On raconte, que dès la nuit tombée, il vient prendre rôder autour du village pour enlever ceux qui sont dehors. Dès que la nuit tombe, tous se barricadent chez eux. Les enfants ont été mis en garde mais seule leur institutrice Emmanuela leur parle des animaux, leurs montre des photos... Le mystère étant si grand, un jour deux enfants Matti et Maya décident d'aller voir par eux-même ce qu'ils se passent dans la forêt...

Ce livre est un conte pour adultes et grands enfants qui nous amène à réfléchir sur les thèmes de la différence et de la tolérance. Il faut le lire plusieurs fois pour en explorer tout son contenu.

Extrait : (début du livre)
Emanuela l'institutrice leur parla de l'ours, de la respiration des poissons et du cri de la hyène, la nuit. Elle accrocha aussi des photos d'animaux et d'oiseaux aux murs de la classe. La plupart des enfants se moquèrent d'elle parce qu'ils n'en avaient jamais vu de leur vie. Ils ne croyaient pas vraiment à l'existence d'autres créatures vivantes. En tout cas, il n'y en avait pas dans les parages. Et comme, en plus, la maîtresse n'avait pas réussi à se trouver un mari, on pensait qu'elle avait une araignée au plafond et des idées farfelues plein la tête, comme tous les solitaires.
Le petit Nimi fut le seul qui se prit à rêver d'animaux à cause des histoires de l'institutrice. Toute la classe se gaussa quand, le lendemain matin, il raconta que ses chaussures marron, posées comme d'habitude au pied de son lit, s'étaient métamorphosées en hérissons et avaient passé la nuit à gambader dans sa chambre pour redevenir de simples souliers, retrouvés sous son lit à son réveil. Une autre fois, c'étaient des chauves-souris noires qui étaient venues le chercher au milieu de la nuit et l'avaient transporté sur leurs ailes dans le ciel, au-dessus du village, des montagnes et des forêts, jusqu'à un château enchanté.
Nimi était dans la lune et perpétuellement enrhumé. En plus, il avait les dents d'en haut écartées et proéminentes. Les autres appelaient cet interstice «bouche d'égout».
En arrivant en classe, le matin, Nimi s'empressait de raconter son nouveau rêve et, chaque fois, on lui disait : «Arrête, il y en a marre, ferme un peu ta bouche d'égout.» Et, comme il persévérait, on s'ingéniait à le ridiculiser. Mais, au lieu de se vexer, il en rajoutait. Il reniflait, avalait sa morve et, débordant de joie, il s'affublait des sobriquets humiliants qu'on lui donnait : «bouche d'égout», «cauchemar ambulant», «godasse-hérisson».
Assise derrière lui en classe, Maya, la fille de Lilia la boulangère, ne manquait pas de lui chuchoter à l'oreille : «Écoute, Nimi, tu peux rêver de ce que tu veux, d'animaux, de filles ou de je ne sais quoi, mais tu ferais bien de te taire. Ça vaudrait mieux pour toi.»
Matti lui avait dit : «Tu ne comprends pas. Nimi ne rêve que pour en parler. Et il rêve encore quand il se réveille, le matin.»
Un rien l'amusait, Nimi, il s'enthousiasmait pour n'importe quoi : une tasse fêlée dans la cuisine, la pleine lune, le collier de la maîtresse, Emanuela, ses dents saillantes, les boutons qu'il oubliait d'attacher, le mugissement du vent dans la forêt, il riait pour un oui ou pour un non. Tout prétexte était bon pour faire le fou.
Jusqu'au jour où il quitta l'école et le village pour se sauver dans la forêt. On se lança à sa recherche durant deux ou trois jours. Les veilleurs de nuit battirent la campagne pendant une semaine, voire une dizaine de jours. Enfin, seuls ses parents et sa sœur s'acharnèrent à le retrouver.
Il reparut au bout de trois semaines, amaigri, sale, égratigné et contusionné de partout, mais hennissant d'allégresse. Dès lors, le petit Nimi ne cessa de hennir et ne parla plus jamais : depuis son retour de la forêt, il ne disait plus un mot et errait dans les rues du village, pieds nus, en loques, la goutte au nez, exhibant ses dents écartées, galopant dans les cours, grimpant aux arbres et aux poteaux sans s'arrêter de hennir, l'oeil droit larmoyant à cause d'une allergie.
Il lui était impossible de retourner à l'école à cause de sa hennite, sa nouvelle maladie. À la fin de la classe, les enfants le singeaient pour l'entendre hennir. Ils le surnommèrent «Nimi le poulain». Le médecin espérait que cela passerait avec le temps : là-bas, dans la forêt, il avait dû voir quelque chose qui l'avait effrayé ou choqué et, depuis, il avait la maladie du hennissement.
«On devrait peut-être faire quelque chose pour l'aider, suggéra Maya à Matti.
- Laisse tomber. Ils finiront bien par se fatiguer et lui ficher la paix. On l'oubliera.»

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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Végétal"


11 janvier 2012

Interview à la Radio

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En décembre, Yomu de Libfly m'a contacté pour passer à la Radio...
En effet, deux fois par mois, l'émission La vie des livres donne la parole aux contributeurs de Libfly sur une petite radio associative du Nord. C'est l'animateur Christophe qui m'a interviewée par téléphone mi-décembre.

J'ai choisi comme livre coup cœur :

Retour___Killybegs 

Retour à Killybegs - Sorj Chalandon

Pour écouter mon interview : C'est ICI radio

 

10 janvier 2012

Tout, tout de suite – Morgan Sportès

tout_tout_de_suite Fayard – août 2011 – 378 pages

Prix Interallié 2011

Quatrième de couverture :
Vous qui entrez ici, laissez toute espérance. Ce livre est une autopsie: celle de nos sociétés saisies par la barbarie.
En 2006, après des mois de coups tordus et d’opérations avortées, une petite bande de banlieue enlève un jeune homme. La rançon
exigée ne correspond en rien au milieu plutôt modeste dont ce dernier est issu. Mais le choix de ses agresseurs s’est porté sur lui
parce que, en tant que Juif, il est supposé riche. Séquestré vingt-quatre jours, soumis à des brutalités, il est finalement assassiné.
Les auteurs de ce forfait sont chômeurs, livreurs de pizzas, lycéens, délinquants. Certains ont des enfants, d’autres sont encore mineurs. Mais la bande est soudée par cette obsession morbide: «Tout, tout de suite.»
Morgan Sportès a reconstitué pièce par pièce leur acte de démence. Sans s’autoriser le moindre jugement, il s’attache à restituer leurs dialogues confondants d’inconscience, à retracer leur parcours de fast-foods en cybercafés, de la cave glaciale où ils retiennent leur otage aux cabines téléphoniques d’où ils vocifèrent leurs menaces, dans une guerre psychologique avec la famille de la victime au désespoir et des policiers que cette affaire, devenue hautement «politique», met sur les dents.

Indigence intellectuelle et morale au milieu de l’indigence architecturale et culturelle: il n’y a pas de mot pour décrire l’effroyable
vide que la société a laissé se creuser en son sein, et qui menace de l’aspirer tout entière. Pas de mot. Il fallait un roman.

Auteur : Morgan Sportès est né en 1947 à Alger. Ses livres sont traduits en de nombreuses langues (espagnol, italien, portugais, grec, japonais, thaï, allemand, russe, polonais, chinois…). L'Appât a également été porté à l’écran par Bertrand Tavernier.

Mon avis : (lu en janvier 2012)
Difficile de définir ce livre comme un roman. Bien que Morgan Sportès ait changé les noms des personnages, ce livre est une description détaillée d'un triste fait divers de 2006 : l'enlèvement, la séquestration, la torture et l'assassinat d'Ilan Halimi par le Gang des Barbares. 
L'auteur nous fait un récit détaillé, très documentés des faits, il présente tous les protagonistes et les prémices de cette triste histoire. Il nous décrit avec précision leurs parcours, leurs actes, leurs dires et leurs réflexions. Il ne porte aucun jugement, il énonce froidement les faits, seulement les faits.

J'avais suivi sans plus l'affaire en 2006 et ce livre m'a ouvert les yeux sur un monde de jeunes sans repère, sans morale, sans éducation. Ils ont pourtant des parents qui travaillent, des frères et sœurs qui font des études. Eux ne pensent qu'à l'argent facile et pour cela ils sont près à faire n'importe quoi, rien ne les arrêtent.

Cette histoire est un vrai gâchis, cela commence par des premiers essais de kidnapping ratés, puis l'enlèvement d'Elie simple vendeur de téléphones choisi par hasard ayant comme seul tort d'être Juif (donc certainement riche). Le cerveau de la bande, Yacef avait prévu de séquestrer Elie trois jours le temps d'obtenir la rançon. Mais les évènements ne se passeront pas comme il l'avait prévu, la police conseille à la famille de faire durer les négociations, l'otage va rester séquestré vingt-quatre jours dans des conditions inhumaines. Et à bout d'argument pour récupérer la « fameuse rançon », lâché par tous ces complices, Yacef décide enfin de libérer l'otage et de nettoyer toutes traces de ses méfaits comme dans les séries américaines... A plusieurs reprises, l'un ou l'autre des protagonistes auraient pu arrêter la machine infernale et inexorable de la folie meurtrière, les complices étaient trop faibles, la police avait mal cerné la psychologie de la bande...

Ce livre est passionnant, coup de poing qui fait froid dans le dos.

Extrait : (page 282)
Que devient Elie dans cette affaire ? Une chose. Un objet de négoce. Entre l'Etat et un petit voyou. Une sorte de fétiche aussi, sur lequel Yacef, pour passer sa rage, frappe et s'acharne. Une poupée de magie noire qu'on crible d'épingles. Un trésor encore, enterré au fond d'une cave. Un capital dont le récent « propriétaire » enrage de ne pouvoir tirer profit. Cette « marchandise », en effet, ne trouve pas à se « vendre ». Sa cote baisse donc. Mais, avec cette cote, c'est la cote même de Yacef qui s'écroule : à ses yeux à lui, comme à ceux des types de sa bande. Lui, le caïd, ne serait-il qu'un charlot ? Ceux de Bobigny, déjà, le laissent choir. Sniper a des doutes et crève de trouille. Il n’y a plus que les « petits » qui soient fidèles. Encore que l’un d’entre eux ait déserté, Tête de Craie, qu’il faudra remplacer… Yacef est un général sans armée, ou presque. Il avait suscité toutes sortes de rêves. Ces rêves s'écroulent, comme ceux de la Perrette du pot au lait : le pot au lait en l'occurrence est un jeune homme de 23 ans, crevant de froid, pieds et poings liés, nu, au fond d'une cave obscure.
La police craignait qu'en payant une part, ne serait-ce que minime, de la rançon, elle dévaluerait l'otage et augmenterait le risque qu'on le supprime comme témoin gênant susceptible d'identifier ses ravisseurs. Ainsi prêtait-elle à ceux-ci une rationalité : économique du moins. Mais si le ravisseur n'était qu'un fou dont toute résistance rencontrée accroît la rage ?

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Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
30/35

Vidéo : Emission de la Grande Librairie
(13/10/2011 - Morgan Sportès : 3'15 à 19')

8 janvier 2012

Un amour de geek – Luc Blanvillain

un_amour_de_geek Plon Jeunesse – octobre 2011 – 209 pages

Quatrième de couverture :
Thomas est un geek.
Un quoi ?
Un geek. C'est-à-dire un nolife qui fragge comme il respire, slappe les cheaters et bizute les noobs. Si vous n'y comprenez rien, c'est que vous êtes un pauvre parent, perdu dans la réalité. Mais si, comme Thomas, vous passez vos nuits devant l'écran à dégommer des crâs, à assiéger les donjons d'Azeroth, à diriger des guildes, vous savez ce que vivre veut dire. Dans son monde Haute Définition, Thomas échappe aux êtres désagréables qui grouillent " in real life " : les nazes du lycée, l'odieux Latreille, Mme Friol, la prof de français fan de gros bouquins bourrés de descriptions. II supporte même ses parents, leurs gratins bios et sa petite soeur Pauline.
Alors ? Où est le problème ?
Le problème, c'est Esther dont Thomas est bêtement tombé amoureux.
Esther qui voltige sur le dos des chevaux, aime la lumière dans les arbres et rêve de vrais voyages. Esther qui déteste les ordinateurs et ne sortira avec lui que s'il cesse d'être un nolife et jure de ne plus s'approcher d'un écran.
Thomas relèvera-t-il l'impossible défi ?

Auteur : Né à Poitiers en 1967, Professeur de lettres. En 2008 parait, chez Quespire éditeur, son premier livre, Olaf chez les Langre, que l'on pourrait qualifier d'étude d'un milieu, puisqu'il ne présente ni début ni fin. En 2010, il se tourne vers la jeunesse, qui constitue tout de même son gagne-pain, et lui offre, toujours chez Quespire, Crimes et jeans slim, une satire policière des mœurs adolescentes.

Mon avis : (lu en janvier 2012)
J'ai eu peur en lisant les toutes premières lignes de ce livre car je me suis trouvée face à un vocabulaire pour initié : il était question de nolife, de team killer, de cheater, de campeur de cette phrase incompréhensible pour celui qui n'est pas geek « Je me suis fait kicker par l’admin ! ». Heureusement dès la page suivante, Pauline, la jeune sœur de Thomas est là pour nous décoder ce vocabulaire spécifique !
Thomas est un jeune geek amoureux d’Esther une jeune fille aimant la nature et les chevaux. Cette dernière lui demande pour lui prouver son amour de ne plus toucher à un ordinateur, aux jeux vidéo, à la télé ou au téléphone pendant un mois. Pauline, est là pour contrôler si le défi sera bien relevé.
Au lycée, la vie n'est pas simple entre les professeurs, les camarades et les amis... A la maison, le père ne remarque pas que sa femme ne va pas bien... Heureusement la complicité frère et sœur entre Thomas et Pauline est infaillible.
Les dialogues sont vraiment drôles, les expressions très actuelles et les situations parfois très cocasses, il a également quelques rebondissements et une histoire d'amour touchante.
C'est peut-être un livre destiné aux adolescents mais qui est très intéressant à lire à tout âge si l'on s'intéresse au phénomène des nouvelles technologies... Cela nous fait réfléchir sur l'emprise que peut avoir sur nous toutes ces machines, difficile de faire de vraie pause !

Merci à Valérie et Clara qui m'ont donné envie de découvrir ce livre.

Extrait : (début du livre)
Définitions
Geek : Selon les mauvaises langues (celles des filles et des parents), un geek est un garçon plutôt discret, qui passe son temps devant son ordinateur en se nourrissant de choses malsaines, conditionnées dans des paquets faciles à déchirer d'une seule main, et qui font des miettes.
Nolife : Geek obsédé par les jeux sur ordinateur, au point de renoncer à sa vie sociale. Le nolife sort peu de sa chambre.
Remarque : le vocabulaire des nolifes est incompréhensible aux humains.

Longtemps, Thomas Poupinel avait été un nolife heureux.
Après, il était tombé définitivement amoureux d’Esther Camusot.
Et depuis, ça n’arrêtait plus de se compliquer.
- C’est pas vrai ! hurla Thomas, furieux, en balançant violemment sa souris contre le mur. Je me suis fait kicker par l’admin !
Pauline, sa petite sœur, qui lisait un livre de filles et de chevaux, assise en tailleur dans le grand fauteuil crème, répondit calmement :
- Normal. Depuis mille heures, tu joues plus, tu campes. Déjà, hier, tu faisais exprès ton team killer, à moitié.
- Quoi ? Traite-moi de cheater tant que tu y es !
- Limite. Tu fragges à travers des murs. C’est pas cool.
- Je fragge où je veux.
- Alors te plains qu’on te kicke.
Depuis que Pauline avait appris par cœur le vocabulaire des nolifes, des geeks et des hardcore gamers, on ne s’en sortait plus. Elle avait fait des fiches, exactement comme pour l’anglais et le latin. Sa mémoire ne la trahissait jamais. Thomas se rappelait encore avec une exaspération admirative sa petite voix qui ânonnait, derrière son dos, comme une comptine : « Se faire kicker signifie se faire exclure du jeu par l’administrateur du réseau (admin). Un campeur est un joueur qui casse le jeu en tirant systématiquement sur tout ce qui bouge. Frag : tuer, désintégrer, pulvériser, éparpiller. Cheat : tricher. Team killer : joueur qui tire sur les membres de sa propre équipe. »
Etc.
Elle avait commencé en même temps que lui, dès qu’elle était entrée en sixième et lui en troisième. Deux ans plus tard, ils étaient presque au même niveau. Forcément, elle avait progressé vite, à force de suivre distraitement, depuis son fauteuil, les parties jouées par son frère, tout en dévorant ses histoires de princesses et de poneys ! (Grotesques, ces histoires. Thomas, lui, s’intéressait à ce qui en valait la peine. Traquer un Draeneï sur Azeroth, par exemple.)

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Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
29/35

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Gros mot"

30 décembre 2011

Le cas Sneijder - Jean-Paul Dubois

cas_sneijder L'Olivier – octobre 2011 – 217 pages

Quatrième de couverture :
« Je devrais être mort depuis le mardi 4 janvier 2011. Et pourtant je suis là, chez moi, dans cette maison qui m?est de plus en plus étrangère, assis, seul devant la fenêtre, repensant à une infinité de détails, réfléchissant à toutes ces petites choses méticuleusement assemblées par le hasard et qui, ce jour-là, ont concouru à ma survie. »
Victime d'un terrible - et rarissime - accident d'ascenseur dans une tour de Montréal, Paul Sneijder découvre, en sortant du coma, qu'il en est aussi l'unique rescapé. C'est le début d'une étrange retraite spirituelle qui va le conduire à remettre toute son existence en question. Sa femme, ses fils jumeaux, son travail, tout lui devient peu à peu indifférent. Jusqu'au jour où, à la recherche d'un emploi, il tombe sur la petite annonce qui va peut-être lui sauver la vie.
Ce roman plein de mélancolie est aussi une comédie étincelante. L'auteur d' Une vie française y affirme à nouveau avec éclat son goût pour l'humour noir.

Auteur : Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse où il vit actuellement. Journaliste, puis grand reporter en 1984 pour Le Nouvel Observateur, il examine au scalpel les États-Unis et livre des chroniques qui seront publiées en deux volumes aux Éditions de l'Olivier : L'Amérique m'inquiète (1996) et Jusque-là tout allait bien en Amérique (2002).Écrivain, Jean-Paul Dubois a publié de nombreux romans, Je pense à autre chose, Si ce livre pouvait me rapprocher de toi, etc. Il a obtenu le prix France Télévisions pour Kennedy et moi (Le Seuil, 1996) et le prix Femina et le prix du roman Fnac pour Une Vie française.

Mon avis : (lu en décembre 2011)
J'ai pris ce livre à la Bibliothèque sans a priori, mes lectures précédentes de cet auteur avaient été mitigées, j'avais beaucoup aimé Une vie française mais j'avais déçu par Les accommodements raisonnables.  
Cela commence par un accident tragique d'ascenseur, Paul aurait du y rester mais il est miraculeusement le seul survivant. Dans l'accident, il perd sa fille Marie qui l'accompagnait.

Il se met à détester sa vie passée, il abandonne son travail de négociant en vins. Et il supporte de moins en moins sa femme Anna, qui a toujours refusé la présence de Marie (fille d'un premier mariage) dans sa vie et celle de ses fils jumeaux. Il se met à faire des recherches documentaires sur les ascenseurs, et pour échapper à des angoisses lorsqu'il se trouve entre des murs, il prend un travail en pein air et devient Dogwalker (promeneur de chiens)...
Le personnage de Paul est attachant et émouvant dans sa mélancolie, sa solitude au contraire Anna et ses jumeaux deviennent de plus en plus cyniques le livre avançant.
C'est un livre qui mélange des passages graves et d'autres d'humour noir et décalé, on y rencontre des personnages hauts en couleurs. C'est très bien écrit, très prenant, très sombre mais aussi tragiquement drôle. A découvrir !

Extrait : (début du livre)
Je me souviens de tout ce que j’ai fait, dit ou entendu. Des êtres et des choses, de l’essentiel comme du détail, fût-il mièvre, insignifiant ou superfétatoire. Je garde, je stocke, j’accumule, sans discernement ni hiérarchie, m’encombrant d’un acca­blant fardeau qui en permanence travaille mon âme et mes os. Je voudrais parfois libérer mon esprit et me déprendre de ma mémoire. Trancher dans le passé avec un hachoir de boucher. Mais cela m’est impossible. Je ne souffre ni d’hypermnésie ni d’un de ces troubles modernes du comportement solubles dans le Bromazepam. Je crois savoir ce qui ne fonctionne pas chez moi. Je n’oublie rien. Je suis privé de cette capacité d’effacement qui nous permet de nous alléger du poids de notre passé. En le retaillant saison après saison, en lui donnant une forme acceptable, nous nous efforçons de le cantonner dans des domaines raisonnables. C’est la seule façon de lutter contre cette fonction d’enregistrement envahissante et des­tructrice. Mais quelle que soit l’ampleur de nos coupes, année après année, tel un lierre têtu et dévorant, lentement, notre mémoire nous tue.

Je devrais être mort depuis le mardi 4 janvier 2011. Et pourtant je suis là, chez moi, dans cette maison qui m’est de plus en plus étrangère, assis, seul devant la fenêtre, repensant à une infinité de détails, réfléchissant à toutes ces petites choses méticuleusement assemblées par le hasard et qui, ce jour-là, ont concouru à ma survie. Nous étions cinq dans la cabine. Je suis le seul survivant.
L’accident s’est produit à 13 h 12 précises. Le mécanisme de ma montre s’est bloqué sous l’effet du choc. Depuis ma sortie de l’hôpital je la porte à mon poignet droit. Elle m’accom­pagne partout, silencieuse, l’oscillateur mécanique à l’arrêt, le balancier et la trotteuse figés, me rappelant, parfois, lorsque la manche de ma chemise découvre le cadran, l’heure qu’il est vraiment et qu’il sera sans doute à chaque minute, jusqu’à la fin de ma vie.
Avant de parler de ce 4 janvier, il me faut revenir sur un évé­nement qui s’est produit le 3 au soir et qui, depuis, ne cesse de m’accompagner comme une ombre qui ne serait pas la mienne.
J’étais dans la cuisine, je préparais des pâtes au pesto en regardant la neige recouvrir le jardin et former une accumu­lation cotonneuse sur le rebord de la fenêtre. La télévision donnait des nouvelles qui se diluaient dans l’air chargé des effluves de basilic. Mon attention fut attirée par les images d’un curieux reportage. On y voyait des hommes vêtus de combinaisons blanches, portant des gants de protection, et le visage recouvert d’un masque à gaz, ramasser d’innombrables oiseaux morts dans les rues et sur les toits des maisons d’un petit village. Ces fossoyeurs aviaires saisissaient délicatement les cadavres avec une pince ou du bout des doigts, comme s’ils manipulaient une matière dangereuse, et les glissaient dans des sacs en plastique noirs. La scène se déroulait à Beebe en Arkansas, bourgade peuplée de cinq mille six cents habitants. En tout, on retrouva un peu plus de cinq mille oiseaux écrasés sur le sol. Presque un par habitant. L’hécatombe s’était produite durant la nuit. Les gens avaient entendu des bruits et surtout de violents impacts sur leurs toits. Comme si quelqu’un, dehors, jetait des pierres sur les bardeaux. Certains étaient sortis sur le seuil de leur porte et avaient vu alors tous ces oiseaux tombés du ciel : des carouges à épaulettes.

Déjà lu du même auteur :

 les_accommodements_raisonnables Les accommodements raisonnables  
 une_vie_francaise 
Une vie française

Challenge 4%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
26/28

4 janvier 2012

Un animal, un philosophe - Robert Maggiori

un_animal_un_philosophe Julliard – février 2005 – 148 pages

Quatrième de couverture :
" On ne sait pas si l'animal a une âme. Il n'est pas sûr non plus - comme le disait une amie à propos de son chat - qu'à le regarder au fond des yeux on puisse voir les sources du Nil. Mais, dans ce que l'homme dit de la bête, il y a toujours quelque reflet de ce qui se cache en son âme. " R. M.

Le chat de Derrida, le lion de Nietzsche, l'orang-outan de Rousseau, l'éléphant de Kant, la pie de Descartes, le poulet d'Aristote... En lisant les philosophes, on apprend bien des choses sur les animaux, curieuses et cocasses parfois, et plus encore sur les hommes, sur leurs désirs et leurs délires, leurs aversions et leurs passions ! A l'occasion d'une série de chroniques de Libération, au cours de l'été 2004, Robert Maggiori s'est interrogé sur le rapport entre le philosophe et l'animal, réel ou symbolique, et a mis en scène, avec humour et érudition, quelques moments de cette étrange aventure - pour nous inviter à une merveilleuse excursion à travers l'histoire de la pensée.

Auteur : Robert Maggiori est professeur de philosophie au lycée Couperin de Fontainebleau et journaliste à «Libération». Il a notamment publié «La Philosophie au jour le jour» (Flammarion, 1994), et dirigé avec Christian Delacampagne «Philosopher» (en 2 volumes, Fayard, 2000). Ses conférences publiques attirent une audience de plus en plus nombreuse et variée.

Mon avis : (lu en décembre 2011)
« Un livre très facile à lire qui donne envie d’approfondir ses connaissances philosophiques. », voilà comment m’a été présenté ce livre lors du « Café Lecture » auquel je participe tous les mois à la Bibliothèque. L'auteur est l'ancien prof de philosophie de deux des participantes, c'était un super prof qui, à l'époque, avait enchanté leurs cours...
Pour ma part, je n'ai jamais accroché à mes cours de philosophie, je manquais sans doute de maturité pour comprendre et apprécier. Un peu moins de trente ans plus tard, j'ai accepté de me « frotter » de nouveau à la philo et de lire ce livre de 148 pages.
C'est une série de chroniques publiées dans «Libération» au cours de l'été 2004, Robert Maggiori s'est interrogé sur le rapport entre l'animal et le philosophe. Le livre est composé de 36 chapitres de 3 à 4 pages. Mais que ce fût difficile pour moi... Cette lecture m'a demandée une vraie concentration et pour chacun des chapitres j'ai souvent été obligée de le lire plusieurs fois pour comprendre. Ensuite, je me suis contentée de lire seulement deux ou trois chapitres par jour pour mieux les apprécier. C'est une façon originale d'approcher des philosophes nombreux et variés...
Mon fils de 16 ans s'est fait offrir pour Noël « La planète des Sages » de Jul et Charles Pépin, une autre façon de découvrir la philosophie qu'il faudra que je teste...

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Challenge Petit BAC 2012 
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"Métier"

24 décembre 2011

L'inoubliable Noël de Pettson et Picpus - Sven Nordqvist

l_inoubliable_No_l_de_Pettson Autrement Jeunesse – novembre 2009 – 24 pages

traduit du suédois par Philippe Couderc

Titre original : Pettson får julbesök, 1989

Quatrième de couverture :
Un adorable vieux bonhomme, un chat un peu filou, des dizaines de petits personnages qui se cachent dans les recoins de chaque page... Découvrez les aventures hilarantes de Pettson et de son chat Picpus.
Nous sommes à la veille de Noël ; Pettson et Picpus n'ont toujours rien préparé pour le réveillon. Pourtant, ce n'est pas le travail qui manque : il faut couper le sapin, faire des courses pour le dîner, décorer la maison... Mais malheur ! Dans sa hâte, Pettson se foule le pied : impossible à présent de sortir de chez lui. Plus de sapin, plus de repas, plus de fête ! Picpus est accablé... Mais c'est sans compter sur le secours de visiteurs inattendus... 

Auteur : Né en 1946, Sven Nordqvist est un écrivain et illustrateur suédois de livres pour enfants. Il est connu pour sa série Pettson and Findus, sont les héros sont un vieux paysan, Pettson, et son chat futé, Findus. Il a étudié l'architecture à Lund Institute of Technology, et il a enseigné quelque temps l'architecture, tout en essayant de se conformer à sa première vocation d'illustrateur. En 1983 il a obtenu son premier prix dans un concours de livres pour enfants, et depuis il se consacre à ce type de publications.

Mon avis : (lu en décembre 2011)
En cette veille de Noël, une lecture d'un album jeunesse très sympa...
Pettson est un vieux paysan qui vit seul avec son chat Picpus un peu facétieux. C'est la veille de Noël, la neige a recouvert la ferme, et il leurs reste à beaucoup à faire pour tout préparer, trouver un sapin, fabriquer des décorations, préparer le repas de Noël. Les deux compères partent donc couper le sapin et c'est la catastrophe... Pettson se tord le pied, il ne peut plus rien faire... Avec l'aide de Picpus, de l'ingéniosité et la gentillesse des voisins, Pettson et Picpus passeront un Joyeux Noël !
Les deux personnages de Pettson et Picpus sont très attachants. J'aime beaucoup Picpus (j'avais découvert les deux protagonistes dans « Pettson piège le renard » et « Pettson n'a pas la pêche » lorsque mes enfants étaient petits).
Cette histoire est simple mais très belle, avec de la poésie et un peu d'humour, elle évoque parfaitement le vrai esprit de Noël, un moment de partage et de solidarité.
Les dessins de Sven Nordqvist sont superbes, il faut prendre le temps de les regarder pour découvrir tous les petits détails qui s'y cachent...

Extraits :

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Le défi de Noël
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Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Suède

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Suède

 

 

-- Billet Programmé -- Billet programmé -- Billet programmé -- Billet programmé -- Billet programmé --

30 novembre 2011

Mon traître – Sorj Chalandon

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Grasset – janvier 2008 – 275 pages

Livre de Poche – août 2009 – 216 pages

Quatrième de couverture :
"Il trahissait depuis près de vingt ans. L'Irlande qu'il aimait tant, sa lutte, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses amis, moi. Il nous avait trahis. Chaque matin. Chaque soir..." Sorj Chalandon

Auteur : Sorj Chalandon, né en 1952, a été longtemps journaliste à Libération avant de rejoindre Le Canard Enchaîné. Ses reportages sur l’Irlande du Nord et le procès Klaus Barbie lui ont valu le Prix Albert-Londres en 1988. Il a publié Le Petit Bonzi (2005), Une promesse (2006, prix Médicis), Mon Traître (2008), La Légende de nos pères(2009), Retour à Killybegs (2011, Grand Prix du roman de l’Académie Française).

Mon avis : (lu en novembre 2011)
J'ai découvert Sorj Chalandon avec son dernier livre « Retour à Killybeg » qui est la suite de « Mon traître » et que je voulais donc absolument lire. Ce n'est pas gênant de l'avoir fait après « Retour à Killybeg ».
L'auteur a choisi d'utiliser la fiction pour raconter une réalité le touchant personnellement. A l'origine, il y a eu les aveux de son ami Denis Donaldson. C'était un leader de l'Armée Républicaine Irlandaise et de Sinn Féin. En décembre 2005, Denis avoue sa collaboration avec les Britanniques.
Dans son livre, Sorj Chalandon devient Antoine, luthier à Paris et Denis Donaldson devient Tyrone Meehan. Les deux livres sont complémentaires. Dans « Mon traître », Antoine est le narrateur, dans « Retour à Killybeg », c'est Tyrone Meehan qui prend la parole.
Le livre s'ouvre sur la rencontre d'Antoine et Tyrone... En 1974, pour Antoine l'Irlande « c'était L'Homme tranquille, Le Taxi mauve, l'île d'Emeraude, les pulls blancs torsadés, le whiskey, l'Eire des mots croisés. (…) Elle était d'herbe verte, de rousses Maureen, de pierres plates en murets, de toits de chaume »
« - Vous ne connaissez pas le Nord ? Alors vous ne connaissez pas l'Irlande, avait dit Pêr », un client breton d'Antoine amoureux de l'Irlande. Ainsi, lors d'un voyage à Dublin pour ses trente ans, Antoine décide, sur un coup de tête, de prendre un billet aller-retour pour Belfast, il fait par hasard la rencontre de Jim O'Leary, de sa femme Cathy, qui l'accueilleront chez eux à chacun de ses voyages en Irlande du Nord. Plus d'un an après son premier séjour, il fait la rencontre de Tyrone Meehan, un vétéran. Antoine est fasciné par l'Irlande, il rencontre des militants de l'IRA, et se sent proche de la lutte. Il devient l'ami de Jim, de Tyrone Meehan un leader incontesté de l'IRA. Il devient comme leur frère, il veut participer à cette lutte pour l'indépendance. « J'étais différent. J'étais quelqu'un en plus. J'avais un autre monde, une autre vie, d'autres espoirs. J'avais un goût de briques, un goût de guerre, un goût de tristesse et de colère aussi. J'ai quitté les musiques inutiles pour ne plus jouer que celles de mon nouveau pays. » Antoine fera de nombreux aller-retour entre Paris et Belfast, il hébergera des Irlandais de passage à Paris.
Et trente ans plus tard, c'est le choc, Antoine apprend que Tyrone Meehan est un traître, « Il trahissait depuis près de vingt ans. L'Irlande qu'il aimait tant, sa lutte, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses amis, moi. Il nous avait trahis. Chaque matin. Chaque soir... » Et de nombreuses questions se bousculent dans son esprit, Antoine veut avoir une explication. Pourquoi ? Pourquoi ?
Ce livre est le portrait d'un peuple et d'un pays, c'est un livre sur l'amitié, la solidarité...

Un livre fort et poignant.

Extrait : (début du livre)

Tyrone Meehan

La première fois que j'ai vu mon traître, il m'a appris à pisser. C'était à Belfast, au Thomas Ashe, un club réservé aux anciens prisonniers républicains. J'étais près de la porte, à côté de la grande cheminée, assis à une table couverte de verres vides et de bou-teilles mortes. C'était la place préférée de Jim et de Cathy O'Leary, qui m'ouvraient un lit quand je venais en Irlande du Nord. Jim O'Leary était un ami. Il avait fait de la prison pour transport d'armes. Il était menuisier mais catholique. Et donc chômeur, comme sa femme. Et il a été chômeur jusqu'à la fin.
La première fois que j'ai vu mon traître, c'était ce soir-là, le samedi 9 avril 1977, en compagnie de Cathy et Jim O'Leary. Jim revenait du comptoir, trois pintes de bière serrées dans ses grosses mains. Une bière amère, noire, lourde comme un repas d'hiver, avec une mousse ocre et douceâtre qui retourne le cœur. Il a posé les verres devant moi. Il plaisantait avec un homme, levé à une table voisine. Au Thomas Ashe, Jim connaissait tout le monde. Une petite foule qui vivait entre liberté et captivité, qui avait sa place aux tables à bières, et puis ses habitudes derrière les barbelés. Cette veille de Pâques, j'avais bu depuis le milieu de l'après-midi. Un verre ici, un autre là, en attendant que Jim ait fini ses missions. Il m'avait emmené au Rock Bar, au Busy Bee, ailleurs encore protégé par un guetteur de rue, un détour par cette impasse, un rendez-vous dans ce parc, une poignée de main au père Mullan, trois mots en gaélique murmurés à hauteur d'un passant, un billet à glisser, une intrigue entre deux portes. Et moi je suivais Jim. Je n'étais d'aucun secret, d'aucune confidence. Je regardais à peine. Je n'ai jamais posé de question. J'étais juste fier de marcher avec lui, le long des rues inquiètes, avec ces gens qui le saluaient. J'étais fier parce qu'ils me remarquaient à ses côtés. Ils retenaient mon visage, et Antoine, mon prénom.
Nous étions au début de la nuit. Les bières revenaient encore et encore. Mes yeux brû-laient de leurs cigarettes. J'étais ivre. Le choc des pintes. Le rire de Jim et tous les rires autour. L'éclat brut des voix, le tumulte en vagues qui bousculait les tables. Le regard de Cathy, qui cherchait son reflet dans son verre levé. Et puis cette musique.
- Une chanson rebelle, m'a soufflé Jim.
J'ai tourné la tête vers la scène.
O, then tell me, Shawn O'Farrell, where the gath'rin is to be ?
Je me souviens d'avoir fermé les yeux. J'avais mon verre en main, et deux verres pleins encore, sur la table mouillée.
Les musiciens chantaient la guerre.
A mes débuts d'Irlande, je ne maîtrisais pas la langue de ce pays. Lorsque c'était l'accent champêtre, rugueux, pierreux du Kerry ou boueux du Donegal, je ne comprenais rien du tout. Je laissais les mots anglais sonder ma mémoire écolière. Je capturais une phrase, un son, pas grand-chose. Les musiciens chantaient la guerre. Une chanson rebelle, avait dit Jim. Mais qui parlait de quoi ? Je ne savais pas. Tout m'échappait. Simplement, j'écoutais la douleur du violon et les notes en sanglots. Longtemps, je n'ai retenu des paroles irlandaises que leur harmonie, leur couleur, leur effet sur mes voisins de table. Plus tard, bien après, à les entendre, et encore, et encore, je finirai par donner un sens à ces lamentations. Celles qui pleurent la Grande Famine, celles qui célèbrent l'insurrection de 1916, celles qui racontent la guerre d'indépendance ou le martyre des grévistes de la faim. Mais à mes débuts d'Irlande, je me laissais juste emporter par la gravité des autres. Je les regardais tout bas. Je me laissais guider par une main levée de femme, ou par un homme debout contre la scène, qui saluait le chant comme un très vieux soldat. Je hochais la tête comme les autres, je tendais le poing comme les autres, je riais quand tous riaient et me levais lorsque tous se levaient. Souvent, entre deux mélodies, un musicien nous parlait au micro. C'était bref comme un salut. Quelques mots, un nom de famille que je distinguais parce qu'il était prononcé avec respect. Puis le chanteur tendait le doigt vers une table, en fond de salle. Alors un homme se levait, à la fois rieur et timide, ovationné par l'assemblée debout.
- Il a fait treize ans. Il a été libéré ce ma-tin, soufflait Jim.
Ou alors c'était une femme de prisonnier, saluée en hôte parce qu'elle venait d'une autre ville. Ou la mère d'un soldat de l'IRA, mort en opération, dont on saluait la mé-moire. Ou encore un visiteur américain, ir-landais de racines, enfoui dans un pull neuf de laine blanche à côtes torsadées, qui chan-celait devant tant d'honneurs.
Une chose et une seule m'a été immédiatement familière : l'hymne national irlandais. Le Soldier Song fut mon premier repère. Il était parfois joué en début de soirée, au moment où l'on repose les bières sur les tables sans bruit, encore soucieux du jour passé. D'autres fois, l'orchestre l'interprétait en toute fin de pub, pour dire que c'était fini, juste avant d'éteindre les lumières, puis de les rallumer de la façon la plus violente qui soit, avec les ramasseurs de verres qui crient haut qu'il est temps de rentrer. J'ai toujours aimé cet instant de l'hymne. Cette communion, cette cérémonie d'appartenance, lorsque l'Irlande rappelle ses filles et ses fils au pied du drapeau. Jim n'avait plus besoin de me dire que c'était le moment. Avant même qu'il soit joué. Dans le silence d'après chansons, dans la manière qu'avaient les musiciens de prendre une autre place sur la scène, dans le flottement d'avant solennel, l'hymne était déjà commencé. Et là, au milieu de tous, debout avec tous, avec le même regard blessé, le même visage de craie, les mêmes cheveux de pluie, la même respiration fragile, j'étais comme irlandais.



Déjà lu du même auteur : 
Retour___Killybegs  Retour à Killybegs

6 décembre 2011

Le Noël d'Hercule Poirot - Agatha Christie

Calendrier de l'Avent
une idée de  Marmotte sur Livraddict

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Le Masque – décembre 1954 – 254 pages

Librairie Générale Française – 1965 – 249 pages

Le Masque – 1er trim 1977 – 251 pages

Le Masque – mars 1979 – 220 pages

Edito-Service S.A – 1982 – 176 pages

Le Masque – mars 1989 – 245 pages

Le Masque – novembre 1996 – 310 pages

Livre de poche – janvier 2002 – 222 pages

Livre de poche – août 2005 – 222 pages

Le Masque – décembre 2005 – 249 pages

traduit de l'anglais par Louis Postif

Titre original : Hercule Poirot's Christmas, 1939

Quatrième de couverture :
Pour la première fois depuis vingt ans, le vieux Siméon Lee a décidé de réunir tous ses enfants pour les fêtes de fin d'année. Le 24 décembre, on le trouve sauvagement assassiné dans sa chambre. Tout le monde, évidemment, détestait ce vieillard cynique : Alfred et sa femme pour la tyrannie qu'il exerçait sur leur couple, Harry pour les humiliations dont il a abreuvé sa mère, George pour la rente - trop parcimonieuse à son goût - qu'il lui sert, Harry, le fils prodigue, pour le mépris dans lequel il le tient. Et puis il y a ce mystérieux M. Farr qui vient d'Afrique du Sud. Et la jeune Pilar, la petite-fille espagnole, n'a-t-elle pas déclaré froidement que, si elle avait un ennemi, elle n'hésiterait pas à lui trancher la gorge ? Vraiment le vieux Siméon n'aurait pas dû faire part devant tout le monde de son intention de modifier son testament, il n'aurait pas dû faire cette scène détestable à ses enfants réunis, il n'aurait peut-être pas dû faire devant Pilar étalage de ses diamants...

Auteur :  Agatha Christie (1890-1976) est la reine incontestée et inégalée du roman policier classique. Née à Torquay, son premier roman La mystérieuse affaire de Styles est publié en 1920 et voit la naissance d’un écrivain et d’un personnage : Hercule Poirot. Très vite, sa renommée est mondiale. Elle est à la tête d’une prodigieuse production littéraire et reste aujourd’hui l’un des auteurs les plus lus à travers le monde, toutes générations confondues.

Mon avis : (lu en décembre 2011)
A la veille de Noël, Hercule Poirot est invité à résoudre le meurtre d'un vieil homme riche et tyrannique dans un manoir anglais. Toute sa famille était réunie pour Noël, il y a donc pour Hercule Poirot autant de suspects que de membres de la famille...
Voilà une histoire avec du suspens, de nombreux rebondissements et une conclusion aussi étonnante qu'inattendue...
C'est une enquête très réussie d'Agatha Christie et la relecture de ses livres m'amuse toujours autant.

DVD

Adaptations à la télévision :
Une série télévisée britannique avec l'acteur David Suchet datant de 1989 diffusé en France à partir de 1991. Le Noël d'Hercule Poirot (Hercule Poirot's Christmas) est l'épisode 1 de la saison 6.
Petits meurtres en famille est une mini-série française en quatre épisodes de 90 minutes, adaptée par Anne Giafferi et Murielle Magellan du roman Le Noël d'Hercule Poirot d'Agatha Christie. Réalisé par Edwin Baily avec Robert Hossein, Bruno Todeschini, Elsa Zylberstein, Antoine Duléry, Marius Colucci.
Diffusé en novembre et décembre 2006 sur France 2. Le succès de cette série encouragea France 2 à continuer ses adaptations de romans d'Agatha Christie, dans la série Les Petits Meurtres d'Agatha Christie, diffusée à partir de janvier 2009.
Dans l'adaptation française, l'histoire se passe en Bretagne en 1939, pas d'Hercule Poirot mais le Commissaire Jean Larosière assisté de l'inspecteur Émile Lampion.

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Extrait : (page 50)
Le vieillard toucha une clochette posée sur la table à côté de lui. Hordbury apparut aussitôt. Son maître lui dit :
- Priez Mr Alfred de venir ici.
Hordbury sortit.
- Cet individu écoute aux portes ! murmura Harry.
- Probablement.
Alfred entra précipitemment. Ses traits s'assombrirent lorsqu'il vit son frère.
- Tu m'as demandé, Père ?
- Oui. Assieds-toi. Je songe à réorganiser un peu notre train de vie maintenant que nous avons ici deux personnes de plus.
- Deux?
- Pilar vivra désormais sous notre toit. Et Harry est rentré pour de bon à la maison.
- Harry va vivre avec nous ? dit Alfred.
- Pourquoi pas, mon vieux? lui dit Harry.
Alfred se tourna brusquement vers lui:
- Tu devrais le savoir !
- Je regrette, je ne comprends pas...
- Après tout ce qui est arrivé... la façon dont tu t'es conduit... le scandale... Quand je pense à ce que père a fait pour toi et la façon dont tu l'en as remercié...
- Écoute, Alfred. Il me semble que cela regarde Père, et non toi. S'il veut pardonner et oublier...
- Je le veux, dit Simeon. Harry est mon fils, après tout.
- Oui, dit Alfred, mais il s'est mal comporté envers toi, Père.
- Harry demeurera ici. J'ai dit ! J'aime beaucoup Harry, ajouta-t-il en posant doucement la main sur l'épaule de son fils aîné.
Alfred, blafard, se leva et quitta la pièce. Harry se leva également et sortit après lui, en riant.
Simon ricanait tout seul.

 

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

Lu dans le cadre du Challenge Agatha Christie
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Le défi de Noël
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1 décembre 2011

Le secret de la pyramide – Alan Arnold

Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : SECRET

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J'ai lu – mars 1986 – 221 pages

J'ai lu – février 2001 – 221 pages

traduit de l'anglais par France-Marie Watkins

Titre original : Young Sherlock Holmes, 1985

Quatrième de couverture :
Sherlock Holmes et John Watson sont encore au collège quand se succèdent soudain de singuliers « faits divers ». Plusieurs vieux messieurs, aussi rassis que bien nantis, se suicident ou trouvent la mort dans de subites crises de folie.
Le jeune Sherlock Holmes est persuadé que la police doit agir mais à Scotland Yard on se moque de ce gringalet et de ses « déductions » farfelues.
Il mènera donc sa propre enquête, en compagnie, il va sans dire , du cher et déjà inséparable Watson.
Une enquête fort mouvementée qui les conduira dans les bas fonds de la ville où se tapit une secte aux rites atroces et s'achèvera par le survol de Londres à bord d'une bizarre et bien peu fiable machine volante !
Pourquoi cette délirante course contre la montre ?

Auteur : Né à Londres, il a d'abord été journaliste, en particulier envoyé spécial à New York, puis il s'est consacré à la littérature : romans et biographies. Il est aussi scénariste. Le secret de la pyramide est devenu un film à succès.

Mon avis : (relu en 2011)
J'avais acheté ce  livre après avoir vu au cinéma le film sorti en 1986 et réalisé par Barry Levinson et produit par Steven Spielberg. Je n'ai pas réussi à savoir si ce livre a été adapté au cinéma ou a été écrit pour le cinéma...
Ce livre est un pastiche des aventures de Sherlock Holmes, l'auteur imagine la rencontre entre Sherlock Holmes et John Watson lorsqu'ils ont seize ans. Londres en 1870, le jeune John Watson arrive dans une nouvelle école. Il y rencontre un autre adolescent à l'esprit de déduction très développé : un certain Sherlock Holmes. Et très vite, les deux adolescents se lient d'amitié. Une série de morts suspectes ont eu lieu dans Londres, la police pense qu'il s'agit de suicides. Puis l'un des professeurs de l'école est retrouvé sur le trottoir avec un couteau planté dans la poitrine, Holmes est là au moment où il dira ses derniers mots. C'est le début d'une enquête criminelle qui conduira Holmes et Watson sur la piste d'une secte qui adore les dieux de l'ancienne Égypte. L'aventure est palpitante et semée d'embuches et d'hallucinations...

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Film : Réalisé en 1985 par Barry Levinson avec Nicholas Rowe, Alan Cox, Sophie Ward. Très bon film d'aventure avec une atmosphère empreinte de magie et de fantastique qui rappelle un peu Harry Potter. C'est le premier film à bénéficier d'un personnage entièrement en images de synthèse (un chevalier qui sort d'un vitrail).

 

Extrait : (page 15)
J'avais seize ans cette année-là et j'étais en pension à Carlisle, juste au sud de la frontière écossaise. Ce malheureux établissement, jamais très bien doté, succombait sous une montagne de dettes et de factures de scolarités impayées. Quand il ferma, mon père décida de m'envoyer au collège Brompton, dans le quartier de South Kensington, dont il avait entendu dire du bien par un ami. Je ne sus jamais qui était cet ami mais le recul me permet de conclure qu'il n'était pas un très bon juge en matière d'institutions scolaires.
Mon ambition était de marcher sur les traces de mon père et de devenir médecin ; on espérait que Brompton me préparerait à de futures études médicales à l'université de Londres. Cela finit par arriver en effet mais le lecteur en conclura peut-être que ce fut plutôt en dépit des années passées à Brompton qu'aux douteux avantages que j'en retirai. Dès le début, mes études ne furent pas seulement compromises par le niveau inférieur de l'enseignement mais par mes fréquentations.
Ce n'est pas sans hésitation que je souligne ce dernier point car, en revenant sur le passé, je me rends compte que ce fut pour moi un singulier privilège de connaître un jour Sherlock Holmes aussi intimement, même si par moments je maudissais son insupportable égoïsme. Cependant, j'allai bien à l'université, dont je sortis en 1878 avec un doctorat en médecine, en bonne et due forme. Je devins médecin militaire attaché au 5e Fusiliers du Nothumberland et plus tard aux Berkshires avec lesquels je servis à la bataille fatale de Maiward (1880), théâtre d'une sanglante défaite des Britanniques devant Ayub Khan.

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

24 novembre 2011

Profondeurs - Henning Mankell

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Seuil – janvier 2008 – 343 pages

Points – janvier 2009 – 347 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : Djup, 2004

Quatrième de couverture :
En octobre 1914, l’Europe est au bord de la guerre. Afin d’améliorer la défense des côtes suédoises, le capitaine Lars Tobiasson-Svartman inspecte les routes maritimes. Sur la toute petite île de Sara Fredrika, il rencontre une femme dont il devient l’amant. Pour la revoir, il ment à sa femme, à l’amirauté, à lui-même, jusqu’au point de non-retour… Un roman à la fois sobre et sensuel.

Auteur : Henning Mankell est né à Stockholm en 1948. Auteur de célèbres romans policiers, de romans et de pièces de théâtre, il partage sa vie entre la Suède et le Mozambique.

Mon avis : (lu en novembre 2011)
Voilà un livre d'Henning Mankell très différent de ceux que j'ai déjà eu l'occasion de lire. Ce n'est pas un roman policier, mais un récit captivant qui se lit comme un suspens.
Automne 1914, nous sommes à l'aube de la Première Guerre Mondiale, le sombre héros de cette histoire Lars Tobiasson-Svartman est capitaine de la marine de guerre suédoise. Il est hydrographe et il est chargé de tracer de nouvelles routes maritimes en sondant les profondeurs de la mer sur les bords des côtes suédoises.
Au cours d'une de ces missions, le capitaine Lars va rencontrer une femme vivant seule et loin de tout sur la toute petite île de Halsskär. Il tombe amoureux d'elle et pour la revoir va se mettre à mentir à tous. C'est l'engrenage mensonges après mensonges il s'enferre et la folie n'est pas loin...
Le personnage de Lars est vraiment antipathique, désagréable, froid ensuite on le découvre menteur, égoïste, lâche. Et enfin, au fil des pages, il devient de plus en plus inquiétant.
Il règne dans cette histoire une atmosphère pesante et lourde, l'environnement naturel n'arrange rien avec le froid, le vent, la mer et la guerre en toile de fond n'est pas plus réjouissante...
Hennig Mankell nous décrit avec beaucoup de précision cette nature sauvage et hostile mais aussi le métier d'hydrographe au début de siècle que j'ai trouvé très intéressant.

Au résultat, un roman très bien construit, efficace mais glaçant !

Un grand Merci à Tiphanie qui m'a offert ce livre lors du Swap Une Vague Bleue organisé par Valérie

Avec ce livre je termine mon Défi Scandinavie blanche et noire, Catégorie Étoile des neiges  
et j'inaugure mon Challenge Objectif PAL Swap


Extrait : (début du livre)
Les jours sans vent, on entendait les cris des fous de l'autre côté du lac.
En automne surtout. C'était la saison des cris.
C'est aussi en automne que commence cette histoire. Dans un brouillard humide, par quelques degrés à peine au-dessus de zéro, une femme entrevoit soudain la liberté. Elle a découvert un trou dans la clôture.
Automne 1937. Cette femme s'appelle Kristina Tacker, elle est enfermée depuis des années dans un grand hôpital psychiatrique aux environ de Säter. Elle n'a plus aucune notion du temps.
Longuement, elle fixe le trou, comme si elle ne saisissait pas : la clôture a toujours été une limite dont elle ne devait pas s'approcher. Une frontière bien arrêtée.
D'où vient cette ouverture ? Cet endroit où la clôture a cédé ? Une main inconnue a ouvert une porte sur ce qui, un instant plus tôt, était encore une zone interdite. Il lui faut une éternité pour comprendre. Puis elle se glisse prudemment par le trou et la voilà de l'autre côté. Immobile, la tête enfoncée dans ses épaules crispées, elle écoute, guettant la main qui viendra l'attraper.
Pendant ces vingt-deux années enfermée à l'asile, jamais elle n'a senti d'êtres humains autour d'elle, rien que des souffles. La respiration est son geôlier invisible.
Les corps de bâtiments massés derrière elle, tapis comme des fauves assoupis, semblent prêts à bondir. Elle attend. Le temps s'est arrêté. Personne ne vient la forcer à rentrer. 
Après avoir longuement hésité, elle ose un premier pas, puis un autre, avant de disparaître parmi les arbres. 
C'est une forêt de résineux où règne une odeur âcre, semblable à celle de chevaux en rut. Elle croit deviner un sentier. Elle se déplace lentement et ne se retourne que lorsqu'elle cesse enfin de sentir la lourde respiration de l'asile. 
Elle est entourée d'arbres. Que le sentier, à présent disparu, ait été imaginaire n'a pas d'importance: de toute façon, elle ne va nulle part. Echafaudage autour d'un espace vide, elle n'existe pas. Derrière, il n'y a jamais rien eu, ni maison, ni personne. 
Elle traverse maintenant la forêt à toute allure, comme si malgré tout elle avait un but. Très souvent aussi elle reste plantée là, complètement immobile, paraissant elle-même se transformer en arbre. 
Dans la forêt, le temps est aboli. Il n'y a que les troncs des arbres, des pins surtout, quelques sapins, et les rayons du soleil qui tombent sans bruit sur le sol humide. 
Elle se met à trembler. Une douleur rampe sous sa peau. D'abord elle croit que c'est cette terrible démangeaison dont elle souffre parfois, et qui contraint les infirmiers à l'attacher pour qu'elle ne se gratte pas jusqu'au sang. Puis elle comprend que c'est autre chose. 
Elle se souvient qu'autrefois elle avait un mari. 
Elle ne sait pas d'où lui vient cette pensée. Mais elle se rappelle très bien, elle a été mariée. Il s'appelait Lars, elle s'en souvient. Il avait une cicatrice au-dessus de l'oeil gauche, et mesurait vingt-trois centimètres de plus qu'elle. C'est tout pour l'instant. Le reste, elle l'a refoulé et relégué dans l'ombre. 
La mémoire lui revient pourtant. Elle jette un regard perdu autour d'elle, parmi les troncs d'arbres. Pourquoi penser ici à son mari? Lui qui détestait les forêts, lui qui était toujours attiré par la mer? Lui qui fut cadet dans la marine, puis hydrographe et capitaine chargé de missions secrètes? 

Le brouillard se dissipe, l'air devient transparent. 

Elle reste sans bouger. Quelque part, dans un battement d'ailes, un oiseau s'enfuit. Puis à nouveau le silence s'installe. 
Mon mari, pense Kristina Tacker. J'avais autrefois un mari, nos vies mêlées formaient un rempart autour de nous. Pourquoi dois-je me souvenir de lui maintenant, alors que j'ai trouvé un trou dans la clôture, que j'ai laissé derrière moi le fauve aux aguets? 
Dans sa tête, parmi les arbres, elle cherche une réponse. 

Il n'y en a pas. Il n'y a rien. 

Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Suède : Henning Mankell

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Suède

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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Challenge Objectif PAL Swap
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1/10

Déjà lu du même auteur :
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9 novembre 2011

Un cadavre dans la bibliothèque – Agatha Christie

un_cadavre_dans_la_bibli_LCE_1967 un_cadavre_dans_la_bibli_M_1974 un_cadavre_dans_la_bibli_ES_1982 un_cadavre_dans_la_bibli_LP_1982 un_cadavre_dans_la_bibli_M_1983 un_cadavre_dans_la_bibli_M_1994 un_cadavre_dans_la_bibli_LP_2001 un_cadavre_dans_la_bibli_HJ_2007 un_cadavre_dans_la_bibli_LPJ_2007 un_cadavre_dans_la_bibli_LP_2007 un_cadavre_dans_la_bibli_M_2011

Librairie des Champs-Elysées - janvier 1967 – 185 pages

Le Masque – 1974

Edito-Service SA – 1982 – 144 pages

Livre de Poche – 1982 -

Editions du Masque – janvier 1983 – 184 pages

Le Masque – octobre 1994 – 190 pages

Livre de Poche – novembre 2001 – 190 pages

Hachette Jeunesse – février 2007 – 284 pages

Livre de Poche Jeunesse – septembre 2007 – 284 pages

Livre de Poche – décembre 2007 – 218 pages

Le Masque – juin 2011 – 192 pages

traduit de l’anglais par Louis Postif

Titre original : The body in the library, 1942

Quatrième de couverture :
Le colonel Bantry est contrarié : on l'a tiré de son sommeil pour lui faire constater un fait particulièrement vexant : une jeune femme, inconnue de lui, a été retrouvée étranglée dans sa bibliothèque...  Venir ainsi se faire assassiner chez les gens ! Surtout que la jeune personne est vêtue d'une toilette tape-à-l'œil - du satin bon marché et paillettes ! Tout à fait déplacé dans la bibliothèque aristocratique du manoir...
Cruelle énigme pour la police. Heureusement, le manoir des Bantry est voisin de Saint-Mary-Mead, le village de miss Marple. C'est le bon sens de cette sympathique vieille dame qui, une fois de plus, permettra de trouver la solution...

Auteur :  Agatha Christie (1890-1976) est la reine incontestée et inégalée du roman policier classique. Née à Torquay, son premier roman La mystérieuse affaire de Styles est publié en 1920 et voit la naissance d’un écrivain et d’un personnage : Hercule Poirot. Très vite, sa renommée est mondiale. Elle est à la tête d’une prodigieuse production littéraire et reste aujourd’hui l’un des auteurs les plus lus à travers le monde, toutes générations confondues.

Mon avis : (lu ou relu en novembre 2011)
J’ai voulu lire ou relire cet Agatha Christie après avoir vu à la télévision son adaptation « Un cadavre sur l'oreiller » dans la série Les Petits Meurtres d'Agatha Christie, avec Antoine Duléry et Marius Colucci. Lorsque j’étais ado, j’ai lu beaucoup d’Agatha Christie dont j’ai oublié la plupart des titres.
C'est la troisième enquête où Miss Marple apparaît.
Le roman commence lorsqu’une jeune fille en tenue légère est retrouvée étranglée dans la bibliothèque du manoir des Bantry. Qui est cette inconnue ? Pourquoi est-elle dans la bibliothèque du respectable colonel Bantry et de son épouse ? Mrs Bantry s’empresse alors de contacter sa voisine Miss Marple pour résoudre cette énigme…
Dans ce roman policier paru en 1942, Agatha Christie, comme d’habitude, déborde d'ingéniosité pour nous concocter une intrigue avec fausses pistes et rebondissements... L’histoire est prenante, et le suspense nous fait tourner pages après pages pour découvrir la résolution de l’énigme. Une lecture divertissante et amusante.

Ce livre a été adapté plusieurs fois à la télévision :

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En 1984, dans le cadre de la première série télévisée britannique Miss Marple (en anglais : Agatha Christie's Miss Marple)», produite par la BBC.

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En 2004, dans le cadre la seconde série télévisée britannique Miss Marple (en anglais : Marple), avec Geraldine McEwan dans le rôle de la vieille dame. C'est le premier épisode de la Saison 1.

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En 2011, sur France 2, dans la série Les Petits Meurtres d'Agatha Christie, avec Antoine Duléry et Marius Colucci. Épisode 9 : Un cadavre sur l'oreiller.

 

Extrait : (début du livre)
Mrs Bantry rêvait : ses pois de senteur avaient obtenu le premier prix à l’exposition florale. Le pasteur, revêtu de son surplis, distribuait les récompenses à l’église et sa femme, en costume de bain, le suivait. Fort heureusement, ce n’était qu’un rêve, sans quoi cette tenue irrévérencieuse eût soulevé la désapprobation de tous les fidèles.
Mrs Bantry savourait cette douce torpeur du matin qui se terminait d’ordinaire par l’apparition de la servante apportant le thé. Elle percevait vaguement les multiples bruits familiers de la maison qui s’éveille : le glissement des rideaux de la fenêtre de l’escalier, tirés par la femme de chambre, le frottement du balai de la bonne à tout faire dans le couloir, et, en bas, le grincement du verrou de la porte d’entrée qu’on ouvre.
Une nouvelle journée commençait. En attendant le réveil la dormeuse s’efforçait de tirer le plus de plaisir possible de l’Exposition florale, car déjà elle avait peur d’un insuccès.
Dans le salon, au-dessous d’elle, on poussait bruyamment les volets de bois. Ce bruit ne l’éveilla pas et, pendant une demi-heure encore, le va-et-vient de la maisonnée au travail se poursuivrait, discret, étouffé, trop habituel pour troubler sa rêverie. Ce remue-ménage atteindrait son point culminant et final lorsque se produiraient dans le couloir une rapide succession de pas, le froissement d’une robe de percale, le cliquetis sourd des tasses de porcelaine sur le plateau, puis un petit coup frappé à sa porte et l’entrée de Mary allant ouvrir les rideaux.
Dans son demi-sommeil, Mrs Bantry fronça le sourcil. Quelque chose d’insolite venait de frapper son subconscient : dans l’escalier, un bruit de pas trop précipités et en avance sur l’heure habituelle. Son oreille chercha le léger heurt des objets en porcelaine, mais en vain : ce matin-là, elle ne l’entendit point.
Cependant le coup fut donné sur la porte et, automatiquement, des profondeurs de sa rêverie, Mrs Bantry dit :
- Entrez !
La porte s’ouvrit, les anneaux allaient glisser aux fenêtres.
Pas du tout. Dans la lumière diffuse de la chambre, la voix de Mary s’éleva, haletante et affolée :
- Madame ! Madame ! Il y a un cadavre dans la bibliothèque !
Puis, avec un sanglot nerveux, la femme de chambre sortit.
Mrs Bantry se dressa sur son séant.
Son rêve prenait-il un tour extravagant, ou Mary s’était vraiment précipitée dans la pièce en criant cette phrase incroyable, fantastique ! « Madame, il y a un cadavre dans la bibliothèque » ? 

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

Lu dans le cadre du Challenge Agatha Christie
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Challenge le nez dans les livres
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Le Liseur : 3/4

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Objet"

 

1 novembre 2011

Le Chat du Rabbin - tome 3 : L'Exode - Joann Sfar

le_chat_du_rabbin3_ Dargaud – octobre 2003 – 48 pages

Quatrième de couverture : 
Ça y est, la fille du Rabbin se marie. Inutile de dire que le Rabbin n’est pas très content à l’idée de la voir partir ; quant au chat, n’en parlons pas, il comprend vite qu’il devra faire une croix sur les caresses et les confidences. Du coup, pour se venger, les deux compères décident d’accompagner la belle et son mari pendant leur voyage de noces à Paris.

Auteur : Né à Nice en 1971. Créateur du célèbre 'Chat du rabbin', Joann Sfar s'impose comme une figure majeure, hétéroclite et prolifique de la bande dessinée française. C'est avec L'Association et le magazine Lapin qu'il fait ses débuts. Ses talents de scénariste et d'illustrateur l'amèneront à travailler plus tard pour différents éditeurs comme Delcourt ou Dargaud. Porté par la volonté de 'faire quelque chose de bizarre ', le dessinateur au trait tremblant s'associe avec Pierre Dubois pour donner vie à 'Petrus Barbygère', une épopée dans laquelle se côtoient elfes et pirates. Un univers d'inspiration fantastique que l'auteur déploie dans plusieurs de ses travaux parmi lesquels 'Troll' ou 'Donjon', une parodie de l'heroïc fantasy coécrite avec son ami Lewis Trondheim. Titulaire d'une maîtrise de philosophie, il illustre au début des années 2000 le 'Banquet' de Platon et 'Candide' de Voltaire puis adapte en bande dessinée 'Le Petit Prince' de Saint-Exupéry en 2008. Il se lance dans le cinéma un an plus tard en réalisant le film 'Gainsbourg, vie héroïque', pour lequel il reçoit le César du Meilleur premier film et qui permet à son acteur principal, Eric Elmosnino, de repartir avec le trophée de Meilleur acteur.
Il poursuit son aventure dans le monde du septième art en transposant sur grand écran son 'Chat du rabbin'. Lauréat du prix Goscinny en 1998 pour 'La Fille du professeur', créé avec Emmanuel Guibert, Joann Sfar accumule les succès et les récompenses.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
J'ai beaucoup aimé cet épisode.
Zlabya a épousé le jeune homme. Le Chat se sent abandonné. Zlabya et son mari partent en voyage de noces à Paris pour rencontrer sa belle-famille. Le Rabbin et son Chat ont décidé de les accompagner. C'est le dépaysement... Le Rabbin a du mal à s'habituer à la pluie, au froid, à la ville. A Paris, les juifs sont bizarres, le Rabbin va même entrer dans une église et transgresser les règles du Shabbat... Le Chat va faire la rencontre d'un chien abandonné et ensemble une amitié va naître.
Joann Sfar nous raconte une histoire où se confrontent à la fois profondeur, légèreté, ironie et tendresse.

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

le_chat_du_rabbin_tome1  Le Chat du Rabbin : 1. La Bar-Mitsva

le_chat_du_rabbin_tome2 Le Chat du Rabbin : 2. Le Malka des Lions – Joann Sfar

 

3 novembre 2011

Le Chat du Rabbin - tome 4 : Le Paradis terrestre - Joann Sfar

le_chat_du_rabbin4 Dargaud – septembre 2005 – 52 pages

Quatrième de couverture :
Parce qu’il pleuvait à Paris, le chat du rabbin revient vers le soleil du Maghreb et accompagne le Malka des Lions tout au long de sa marche au travers du désert..
Il s’en va retrouver sa belle mais avant cela il use de ses talents de dompteur, protège les enfants de l’attaque d’un lion, récite des contes et légendes et séduit les femmes.
Le voyage est savoureux, riche en rencontres et ponctué des histoires racontées par le Malka en échange de quelques pièces.

Auteur : Né à Nice en 1971. Créateur du célèbre 'Chat du rabbin', Joann Sfar s'impose comme une figure majeure, hétéroclite et prolifique de la bande dessinée française. C'est avec L'Association et le magazine Lapin qu'il fait ses débuts. Ses talents de scénariste et d'illustrateur l'amèneront à travailler plus tard pour différents éditeurs comme Delcourt ou Dargaud. Porté par la volonté de 'faire quelque chose de bizarre ', le dessinateur au trait tremblant s'associe avec Pierre Dubois pour donner vie à 'Petrus Barbygère', une épopée dans laquelle se côtoient elfes et pirates. Un univers d'inspiration fantastique que l'auteur déploie dans plusieurs de ses travaux parmi lesquels 'Troll' ou 'Donjon', une parodie de l'heroïc fantasy coécrite avec son ami Lewis Trondheim. Titulaire d'une maîtrise de philosophie, il illustre au début des années 2000 le 'Banquet' de Platon et 'Candide' de Voltaire puis adapte en bande dessinée 'Le Petit Prince' de Saint-Exupéry en 2008. Il se lance dans le cinéma un an plus tard en réalisant le film 'Gainsbourg, vie héroïque', pour lequel il reçoit le César du Meilleur premier film et qui permet à son acteur principal, Eric Elmosnino, de repartir avec le trophée de Meilleur acteur.
Il poursuit son aventure dans le monde du septième art en transposant sur grand écran son 'Chat du rabbin'. Lauréat du prix Goscinny en 1998 pour 'La Fille du professeur', créé avec Emmanuel Guibert, Joann Sfar accumule les succès et les récompenses.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
Le Rabbin est quasiment absent de cet épisode. Le Chat est de retour en Algérie, aux environs d'Oran. Il va passer quelques jours avec le Malka des lions, véritable légende vivante. Il est accompagné par son lion mais aussi par un serpent. En apparence, le Malka est un grand conteur, un héros et un grand séducteur. Le Chat va vite découvrir que derrière le Grand Malka se cache un vieil homme qui doute. Le Chat se pose beaucoup de questions sur Dieu, sur la vieillesse, la mort, la sagesse et la tolérance... Toujours aussi savoureux, à la fois profond et amusant.

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

le_chat_du_rabbin_tome1  Le Chat du Rabbin : 1. La Bar-Mitsva

le_chat_du_rabbin_tome2 Le Chat du Rabbin : 2. Le Malka des Lions – Joann Sfar

 

15 octobre 2011

Destination Cuba - carnet de voyage

Challenge Destination Cuba : 15 octobre 2011
proposé par evertkhorus
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Cuba était une destination qui me faisait très envie, car le hasard faisant bien les choses mon fils de 16 ans est parti cet été 15 jours à Cuba lors d'un voyage solidaire. C'était son premier grand voyage à l'étranger, le dépaysement a été total et il a été très touché par les cubains qui sont très accueillants et qui ont toujours le sourire malgré un quotidien pas toujours facile.
En effet, le pays subit l'embargo américain depuis 1962 et une grave crise économique depuis la disparition de l'URSS.

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Première surprise en sortant de l'aéroport, les touristes voyagent à bord de bus, les cubains sont à bord de charrette à cheval, ou sur de vieux vélos, à pied ou dans les voitures américaines des années 50. Sur les murs le long de la route, ils aperçoivent de nombreux messages de propagande peints.

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Promenade dans les rues de La Havane et visite du musée de la Révolution. La Havane a hérité de l'architecture coloniale espagnole mais la plupart des maisons sont dans un état de délabrement avancé. En effet, les anciens palais de l'aristocratie coloniale sont occupés par des familles pauvres, qui n'ont pas les moyens de les entretenir. Et pourtant le quartier de la Havana vieja (la vieille Havane) est classé patrimoine mondial de l'humanité.

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Une des manifestations les plus visibles de l'embargo est la quasi absence d'automobiles actuelles dans les rues de La Havane. Les automobiles datent des années 50. Dans la réalité, ces automobiles ont toutes été refaites pièce par pièce. En effet, comme il n'est pas possible d'importer des pièces détachées, les mécaniciens cubains sont des orfèvres de la débrouille pour réparer l'irréparable.

Nouveau : pour la première fois depuis un demi-siècle, les Cubains peuvent acheter et vendre librement des voitures et cela depuis le 1er octobre 2011.

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En gare de Remedios, nous montons dans un vieux train à vapeur du début du XXème siècle qui servait à transporter la canne à sucre. L’industrie sucrière date du XIXe siècle, plus de 12000 esclaves africains ont travaillé à son essor.

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Le long de la voie de chemin fer, il y a de nombreux messages de propagande peints.

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À Cuba, il existe deux monnaies, la monnaie nationale (M.N.), utilisée par les Cubains seulement et la monnaie cubaine convertible (appelée CUC) et utilisée principalement par les touristes. On peut la convertir en monnaie nationale mais pas l'inverse et 1 CUC (environ 0,75 euros) vaut 24 M.N.

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CUC

Et pour terminer, de la musique à écouter avec La Banda Municipal de Santiago de Cuba
qui interprète une chanson de Georges Brassens (extrait du disque Echos du monde)

 Ma lecture cubaine : le_nid_du_serpent_p Le nid du serpent - Pedro Juan Gutiérrez

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