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Éditions du Rouergue – août 2008 – 217 pages

Quatrième de couverture :
Ce qu'ils mettent au dos des romans,
je vais vous dire, c'est à se demander si c'est vraiment
écrit pour vous donner l'envie. En tout cas,
c'est sûr, c'est pas fait pour les gens comme moi.
Que des mots à coucher dehors - inéluctable, quête
fertile, admirable concision, roman polyphonique... -
et pas un seul bouquin où je trouve écrit simplement :
c'est une histoire qui parle d'aventures ou d'amour -
ou d'Indiens. Et point barre, c'est tout.

Auteur : Marie-Sabine Roger. Née en 1957, elle vit dans le Sud de la France. Depuis dix ans, elle se consacre entièrement à l'écriture. Son travail est très reconnu en édition jeunesse, où elle a publié une centaine de livres, souvent primés. Pour les adultes, elle a notamment écrit Un simple viol (Grasset, 2004), et des nouvelles publiées chez Thierry Magnier, La théorie du chien perché (2003) et les Encombrants (2007).

Mon avis : (lu en octobre 2010)
Une histoire simple et pleine de tendresse.
Une histoire d'une amitié improbable entre Germain et Margueritte.
C'est Germain qui nous raconte cette histoire. Il a 45 ans, 110 kilos de muscles, il vit dans une caravane au fond du jardin de sa mère avec laquelle il n'a plus vraiment de relations. Il est intérimaire. Il aime retrouver ses copains au bar du coin. Il aime également aller au parc et s'amuser à compter les pigeons. C'est là, qu'il va faire la rencontre de Margueritte. Elle a bientôt 86 ans, elle vit dans la maison de retraite d'à côté, autrefois, elle était professeur. Petit à petit, ils vont s'attacher l'un à l'autre. Germain qui était presque illettré, va découvrir le monde des livres grâce à Margueritte qui lui lit des histoires. Avec Camus, Gary, Sepulveda Germain va accéder à la culture et découvrir qu'il n'est jamais trop tard pour apprendre.

C'est une histoire qui parle de gens simples et vrais, une histoire touchante et souvent drôle, une histoire pleine d'espoir.

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Ce livre a été adapté en un film réalisé par Jean Becker en juin 2010, avec Gérard Depardieu, et Gisèle Casadesus. Après avoir lu et beaucoup aimé ce livre, j'ai très envie de voir le film.

Extrait : (début du livre)
J'ai décidé d'adopter Margueritte. Elle va bientôt fêter ses quatre-vingt-six ans, il valait mieux pas trop attendre. Les vieux ont tendance à mourir.
Comme ça, s'il lui arrive un truc, je sais pas - tomber par terre dans la rue, ou se faire gauler son sac - je serai là. Je pourrai arriver tout de suite et pousser les gens du milieu, leur dire :
- Ok ! C'est bon, tirez-vous, maintenant ! Je m'en charge : c'est ma grand-mère.
Ce n'est pas écrit sur sa tête qu'elle est seulement adoptée.
Je pourrai lui acheter son journal, ses bonbons à la menthe. M'asseoir près d'elle dans le parc, aller la voir aux Peupliers, le dimanche. Et rester pour manger avec elle à midi, si je veux.
Bien sûr, avant aussi, j'aurais pu, mais je me serais senti en visite. Maintenant, ce sera par plaisir, et aussi par devoir. C'est ça qui est nouveau : les obligations familiales. C'est un truc qui va bien me plaire, je le sens.

Ça me change la vie, de l'avoir rencontrée, Margueritte. Avoir quelqu'un à qui penser avec plaisir, quand je suis seul – quelqu'un d'autre que moi, je veux dire – ça fait drôle. J'en ai pas l'habitude. Je n'avais jamais eu de famille avant elle.
Enfin, je me comprends. J'ai une mère, pas le choix. Seulement, elle et moi, mis à part d'avoir été imbriqués l'un dans l'autre neuf mois, on n'a pas partagé grand-chose, sauf le pire. Pour le meilleur, j'en ai pas souvenir. J'ai un père, aussi, forcément. Mais j'en ai pas profité bien longtemps, il a fait son affaire à ma mère, et basta. Ceci dit, ça m'a pas empêché de grandir, plutôt mieux que les autres en moyenne : cent dix kilos de muscles et pas un poil de graisse, un mètre quatre-vingt-neuf sous la toise, le reste à l'avenant. Si mes parents m'avaient voulu, j'aurais sûrement fait leur fierté. Pas de chance.

Déjà lu du même auteur :

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