tom_petit_tom Calmann-Lévy – janvier 2010 – 260 pages

Quatrième de couverture :
Tom a onze ans. Il vit dans un vieux mobil-home déglingué avec Joss, sa mère (plutôt jeune : elle l'a eu à treize ans et demi). Comme Joss aime beaucoup sortir tard le soir, tomber amoureuse et partir en week-end avec ses copains, Tom se retrouve souvent tout seul. Et il doit se débrouiller. Pour manger, il va dans les potagers de ses voisins, pique leurs carottes, leurs pommes de terre... Mais comme il a très peur de se faire prendre et d'être envoyé à la Ddass (c'est Joss qui lui a dit que ça pouvait arriver et qu'elle ne pourrait rien faire pour le récupérer), il fait très attention, efface soigneusement les traces de son passage, replante derrière lui, brouille les pistes. Un soir, en cherchant un nouveau jardin où faire ses courses, il tombe sur Madeleine (quatre-vingt-treize ans), couchée par terre au milieu de ses choux, en train de pleurer, toute seule, sans pouvoir se relever. Elle serait certainement morte, la pauvre vieille, si le petit Tom (petit homme) n'était pas passé par là...

Auteur : Barbara Constantine se partage entre le Berry (près Le Blanc, dans l'Indre), par amour de la campagne (entre autres), Biarritz (pour raisons familiales) et Paris (côté Ivry-sur-Seine), parce que la ville, c'est pas mal aussi (des fois). Elle est scripte et romancière. Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom est son troisième roman, après Allumer le chat et A Mélie, sans mélo.

Mon avis : (lu en juillet 2010)
Je me suis régalée en lisant cette jolie histoire à la fois tendre et drôle. Tom, 11 ans, est un petit garçon attachant, il vit avec sa jeune mère, Joss, dans un vieux mobil-home. Il doit souvent se débrouiller tout seul. Pour se nourrir, il vole des légumes dans les potagers voisins. Un jour, il découvre Madeleine, 93 ans, allongée dans son jardin et appelant à l’aide. Il va l’aider à se sortir de ce mauvais pas et il va accepter de s’occuper de son vieux chien et son vieux chat pendant que Madeleine sera à l’hôpital…

Autour de Tom, l’auteur nous offre une jolie galerie de personnages : un couple de retraités franco-anglais et leur chat boiteux Captain Achab, Joss qui fait un complexe de ses gros seins, Samy un ancien ami de Joss qui sort de prison…

L’auteur fait un petit clin d’œil à ces deux précédents livres Allumer le chat et A Mélie, sans mélo : certains des personnages sont de passage dans cette histoire…

Voilà un livre qui se lit d’une traite, plein de la fraîcheur des jardins et plein de situations cocasses et plein tendresse entre Madeleine et Tom, petit Tom, tout petit homme. A découvrir sans tarder !

Extrait : (page 49)
Tom vient d’arriver près du potager des voisins. Ceux qui se disent « vous » et qui se parlent poliment même quand ils sont énervés. Il couche son vélo dans les buissons, s’approche de la haie, écoute. Pas un chat. Le samedi, à cette heure, ils ne sont jamais là. Ils doivent aller faire des courses ou rendre visite à des copains.
C’est bon. Tom va pouvoir un peu fouiner.

Il finit de remplir son sac et le dépose tout près du trou dans la haie. Trois carottes, trois poireaux, trois oignons et neuf pommes de terre. Il est inquiet. Il ne prend pas autant de choses d’habitude. Il retourne effacer les traces de son passage. Arrose très soigneusement le plant de pommes de terre arraché et replanté. En se disant que, peut-être, il reprendra ?… On ne sait jamais.

Il reste du temps avant le retour des proprios. Pour la première fois, il pousse la porte et entre dans le cellier. En faisant attention à ne pas laisser de traces. Il s’arrête devant les grandes étagères pleines d’outils, de matériel de bricolage, de boîtes de toutes sortes. Tout est classé, rangé, étiqueté. Sur une table, des claies empilées, pleines de pommes de l’automne dernier. Il en met trois dans ses poches et croque dans une quatrième.
Il commence à se détendre. A se sentir chez lui.

Maintenant, il entre dans la serre. Il fait chaud. Ça sent bon la terre humide. Partout, des pousses de fleurs et de légumes. Avec la photo en couleurs de ce qu’ils deviendront plus tard. Des multitudes de plants de tomates. Des rouges, des oranges, des jaunes, des vertes et même des noires. En forme de poire, de piment, de cœur… jamais vu ça.

Il est temps de partir. Il récupère son sac et plonge sous la haie. Au moment de ressortir, il se fige. Le chat est là. Le regarde aussi méchamment que la dernière fois. Toujours aussi impressionné, Tom baisse le regard. Il a entendu dire quelque part qu’il ne fallait jamais fixer les chats dans les yeux. Ils pensent qu’on les défie, et ça réveille leur agressivité. Il garde son sac sur le dos, mais sort les trois pommes de ses poches. Il hausse un peu les épaules, comme pour s’excuser et l’air de dire : Juste trois, ça peut aller ? Alors le chat se lève, avance lentement vers lui. Sur trois pattes, évidemment. De cette démarche qui le rend si inquiétant. Il avance sans quitter Tom des yeux, puis… d’un bond s’engouffre sous la haie et disparaît.
Tom soupire. Il a eu très chaud cette fois encore.

allumer_le_chat Allumer le chat     a_M_lie__sans_m_lo_p A Mélie, sans mélo

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