Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
A propos de livres...
Publicité
17 juillet 2015

Mamette, Tome 3 : Colchiques - Nob

mamette Glénat - octobre 2008 - 48 pages

Quatrième de couverture :
Les nouvelles aventures tendres et drôles d'une mamie pas comme les autres ! Qui a dit que la vie des vieilles dames était ennuyeuse ? Pas Mamette en tout cas. Il faut dire qu'elle a beaucoup à faire pour remonter le moral de ceux qui l'entourent ! Entre son grand fiston qui vient d'être licencié, le petit Maxou qui a des problèmes à l'école, Madame Vidal qui a la grippe, sans oublier la cynique Mademoiselle Pinsec qui se met à lire des romans d'amour, rien ne tourne rond en ce moment. Mais dans la grisaille de l'automne, c'est toujours dans le coeur de Mamette que l'on peut trouver du soleil ! Entre drôlerie et émotion, retrouvez le troisième tome des aventures de Mamette, une série pour les jeunes et les moins jeunes, à dévorer de 8 à 88 ans.

Auteur : Nob fait son entrée dans le magazine Tchô! après avoir remporté le concours jeunes talents organisé par les éditions Glénat. Il crée les aventures de Bogzzz, puis devient rédacteur en chef du journal en 2003. L'année suivante, il lance Mon ami Grompf dans le mensuel D-Lire en poursuivant ses activités dans Tchô! Nob trouve l'inspiration et le temps pour mettre en scène l'adorable Mamette, une mamie douce et sucrée, comme les choux à la crème dont elle raffole. Autour de ce personnage, Nob a également créé Les Souvenirs de Mamette et La Cuisine de Mamette. Réside à dans les Pyrénées.

Mon avis : (lu en juin 2015)
Encore un nouvel épisode de la BD Mamette que j'aime de plus en plus retrouver. Cette petite grand-mère est si touchante et si amusante... Toujours prête à rendre service à ces proches, le mercredi après-midi, elle garde toujours le petit Maxou qui l'initie aux techniques modernes (téléphone portable, musique mp3...). Le fils de Mamette est au chômage et toujours célibataire, elle fait tout son possible pour l'aider. Sinon, Mamette découvre également que les romans d'amour sont à la mode chez ses copines !
Entre rires et larmes d'émotion, le lecture de cette BD est toujours agréable et réjouissante.

Extrait : 

mamette,-tome-3---colchiques-746022

Resize_of_pvwMAM3Cirque1

Déjà lu du même auteur :

mamette_4  Tome 4 : Entre ciel et terre 103061793 Tome 5 : La fleur de l'âge

mamette,-tome-2---l-age-d-or-96242-250-400 Mamette, Tome 2 : L'âge d'or

Publicité
10 avril 2015

Un Océan D'amour - Lupano et Panaccione

BDFestival

Couv_227927 Delcourt - octobre 2014 - 224 pages

Quatrième de couverture :
Chaque matin, Monsieur part pêcher au large des côtes bretonnes. Mais ce jour-là, c'est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C'est le début d'un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette avec moult mouettes.

Auteurs : Wilfrid Lupano est né à Nantes en 1971, mais c'est à Pau qu'il passe la plus grande partie de son enfance. Une enfance entourée des BD de ses parents, même si c'est surtout à une pratique assidue du jeu de rôle qu'il doit son imaginaire débridé et son goût pour l'écriture. Plus tard, il travaille dans les bars pour financer ses études – un peu de philo et une licence d'anglais –, il y rencontre deux futurs amis et associés, Roland Pignault et Fred Campoy. Ensemble, ils réalisent un western humoristique, Little Big Joe (Delcourt), dont le premier tome paraît en 2001. Il récidive avec Virginie Augustin et Alim le tanneur, un récit fantastique en quatre tomes, qu'il termine en 2009. Entre-temps, sa carrière est lancée, et il enchaîne les titres : L'assassin qu'elle mérite, L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu, Le Singe de Hartlepool, Azimut... En 2014, Wilfrid Lupano obtient le Fauve du meilleur polar avec Ma Révérence.
Grégory Panaccione est diplômé de l'Académie des beaux-arts de Paris. Après une première expérience en tant qu'illustrateur, il se lance dans l'animation, notamment sur le film Corto Maltese. Également réalisateur de dessins animés chez Jean Chalopin.

Mon avis : (lu en avril 2015)
Voilà une histoire sans parole, une histoire d'amour et d'océan... En Bretagne, chaque matin le pêcheur doit se lever pour aller travailler. Son premier geste avant de sortir de son lit, mettre de grosses lunettes. Puis il va prendre le petit-déjeuner que son épouse, déjà prête, lui a préparé. Puis c'est l'heure de la douche et le départ vers le port. Dehors, il fait encore nuit, le pêcheur rejoint son petit bateau pêche avec à la main sa boîte avec son casse-croûte. La pêche est difficile, pour espérer pêcher de beaux poissons, le bateau doit s'éloigner du bord de la côte. Il va alors rencontrer un bateau bien plus gros que lui et se retrouver dans ses filets... Au port, la disparition du bateau attriste tout le monde, son épouse ne croit pas à sa mort et décide de partir à sa recherche... Le lecteur va suivre en parallèle les péripéties incroyables de Monsieur et de Madame...
Cette lecture muette nous oblige à nous plonger totalement dans chacun des dessins pour en pêcher tous les détails et suivre les avaentures du pêcheur et sa bretonne... Une histoire captivante, pleine d'humour et de poésie avec des mouettes et des sardines !

Nos deux héros ont un look assez caricatural : Petit, chauve avec des grandes oreilles et de grosses lunettes pour Monsieur, grande et forte bretonne avec une petite coiffe bigouden pour Madame, le couple semble mal assortie mais leur amour mutuel est infini !

Merci à PriceMinister pour cette opération "La BD fait son festival"

Extrait : 

1592_P1 1592_P2

1592_P3 1592_P4

1592_P5   1592_P6

1592_P7 1592_P8

1592_P9

  Challenge Petit Bac 2015 
98438537_o
Géographie (3)

Challenge 7% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
39/42

7 juin 2015

L'île du Point Némo - Jean-Marie Blas de Roblès

LOGOTYPE-2015

9782356418609-T liledupointnemo-l-572097

Audiolib - mars 2015 - 12h36 - Lu par Thibault de Montalembert

Zulma - août 2014 - 460 pages

Quatrième  de couverture :
Martial Canterel, richissime opiomane, se laisse interrompre dans sa reconstitution de la fameuse bataille de Gaugamèles par son vieil ami Holmes (John Shylock). Un fabuleux diamant, l’Anankè, a été dérobé à Lady MacRae. Voilà donc Holmes et l’aristocratique dandy embarqués dans la poursuite du dangereux criminel. Par une mise en abyme jubilatoire, cette poursuite vient s’entrecroiser avec les aléas d’une fabrique de cigares du Périgord où, comme aux Caraïbes, se perpétue la tradition de la lecture, à voix haute, des aventures de Jean Valjean ou de Monte-Cristo. Mais la fabrique est bientôt reprise par le fondateur de B@bil Books, une usine de liseuses électroniques…

Cette folle équipée romanesque est aussi une réflexion sur l’art littéraire, doublée d’une critique radicale de la gouvernance anonyme qui nous aliène jusque dans nos bonheurs les plus intimes.
Jean-Marie Blas de Roblès a obtenu en 2008 le prix Médicis pour Là où les tigres sont chez eux.

Auteur : Né en 1954 à Sidi-Bel-Abès, Jean-Marie Blas de Roblès est notamment l’auteur du monumental Là où les tigres sont chez eux (Prix du Roman Fnac, Prix Giono et Prix Médicis 2008).

Lecteur : Formé à l’école de comédiens du Théâtre des Amandiers de Nanterre,Thibault de Montalembert joue au cinéma et au théâtre sous la directionde metteurs en scène prestigieux : Costa-Gavras, Desplechin, Wargnier, Bonello…Très grand lecteur, il a enregistré pour Audiolib : Le voyage dans le passé,trois nouvelles de Boris Vian, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants(Grand Prix du livre audio « La Plume de Paon » 2012), Karoo et La Véritésur l’affaire Harry Quebert, Prix Audiolib 2013. 

Mon avis : (écouté en mai 2015)
Ce livre est très difficile à résumer, c'est une folle aventure autour du monde, un mélange d'Agatha Christie, de Jules Vernes, de Conan Doyle... Un mélange de roman d'aventure, de roman policier avec quelques touches de fantastiques...
Martial Canterel, un dandy, et son majordome, Lady MacRae, une comtesse écossaise, et John Shylock Holmes, un détective, partent à la recherche d'un diamant volé, cela commence par un voyage plein d'embûches dans le Transsibérien... il y aura également un voyage en dirigeable... Il y a beaucoup de références à des évènements historiques, à la littérature et aux sciences.
Malheureusement, je n'ai pas réussi à entrer dans l'esprit de ce livre, et j'ai fini par être embrouillée dans les différentes histoires. En lecture audio, il est difficile de feuilleter le début du livre pour revenir sur certains passages que l'on aurait pu oublier. 
Et pris par le temps (date à laquelle il fallait rendre le classement pour le Prix Audiolib), je n'ai écouté que la moitié du livre... je ne pense pas que je terminerai le livre ces jours prochains.

Extrait : (début du livre)
Le Tigre à droite, désormais invisible, à gauche les hauteurs pelées des monts Gordiens ; entre les deux, la plaine ressemblait à un désert fourmillant de carabes à reflets d’or. C’était à Gaugamèles, moins de trois ans après la cent douzième Olympiade. Darius avait aligné quelque deux cent mille fantassins et trente mille cavaliers : Indiens auxiliaires, troupes de Bactriane conduites par leurs satrapes respectifs, Scythes d’Asie, tous archers à cheval alliés des Perses, Ariens, Parthes et Phrataphernes, Mèdes, Arméniens, mercenaires grecs, sans oublier ceux d’Hircanie, de Suse, de Babylone ; Mazaios commandait aux soldats de la Syrie, Oromobatès à ceux des bords de la mer Rouge. On comptait aussi quinze éléphants et deux cents chars à faux pour lesquels le Roi des Rois avait fait dépierrer l’emplacement prévu pour la bataille.

Alexandre dormait.
Sur ses ordres, l’armée macédonienne – quarante mille hommes de pied, et à peine sept mille chevaux – s’était déployée sur un front oblique. La phalange au centre, protégée sur ses flancs par les hypaspistes de Nicanor, les bataillons de Perdiccas, ceux de Méléagre, la cavalerie thessalienne de Parménion sur l’aile gauche, celle de Philotas à l’autre extrémité. Le soleil déjà haut faisait luire casques et cuirasses, les boucliers aveuglaient.
Alexandre dormait toujours. Ses compagnons eurent le plus grand mal à le réveiller, mais lorsqu’il fut debout, il enfourcha Bucéphale et rejoignit l’aile droite, à la tête des cavaliers macédoniens.
Darius, au centre de son infanterie d’élite – dix mille Immortels dont on savait que pas un seul ne mourrait au cours du combat sans être aussitôt remplacé – signifia l’ordre de l’attaque. Il fit donner le gros de sa cavalerie sur l’aile gauche d’Alexandre et lança les chars pour enfoncer la phalange centrale. Le roi de Macédoine ne parut pas s’en préoccuper. Il emmena ses cavaliers vers la droite, comme s’il voulait contourner le front de ce côté, provoquant en miroir le même déplacement de la cavalerie adverse, mais avec pour effet de la disjoindre du reste des troupes et d’étirer le front. Tandis que Parménion subissait l’assaut des Perses, les phalangistes se préparaient au choc. Lorsque les chars ne furent plus qu’à une cinquantaine de mètres, cette haie d’hommes hérissée de piques s’ouvrit en plusieurs couloirs. Dans le même temps, les trompettes sonnèrent, et tous les fantassins se mirent à frapper du glaive le fer de leur bouclier. Cet incroyable vacarme effraya les chevaux des attelages, certains refusèrent, entraînant la culbute des chars, les autres s’engouffrèrent d’instinct dans les allées ménagées par les soldats. En se refermant sur eux, la phalange les avalait ; elle les digéra ensuite à coups de sarisses. Il faut pourtant avouer, dira Diodore, que quelques chariots, échappés à cette défense, firent de terribles dégâts dans les endroits où ils tombèrent. Les tranchants des faux et des autres ferrements attachés aux roues étaient affilés au point qu’ils portaient la mort sous des formes très différentes, enlevant aux uns le bras accompagné du bouclier qu’il portait, coupant à d’autres la tête si subitement, que posée à terre elle beuglait encore. Plusieurs infortunés furent tranchés par le milieu et moururent avant que d’avoir senti le coup.

Challenge 7% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
41/42

 

24 mai 2015

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés - Arto Paasilinna

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

91GAsf1e0-L Denoël - avril 2015 - 332 pages

traduit du finnois par Anne Colin du Terrail

Titre original : Vapahtaja Surunen, 1986

Quatrième de couverture :
Le très distingué professeur Surunen, membre finlandais d’Amnesty International, las de se contenter de signer des pétitions, décide de prendre les choses en main. Il s’en va personnellement délivrer les prisonniers politiques qu’il parraine en Macabraguay, petit pays d'Amérique centrale dirigé par un dictateur fasciste sanguinaire. Après le succès de l’évasion de cinq d’entre eux, et non sans avoir goûté à la torture des geôles locales, Surunen accompagne l’un de ses protégés jusqu’au paradis communiste, un pays d’Europe de l’Est baptisé la Vachardoslavie. Là, il découvre le triste sort d’une poignée de dissidents enfermés dans un asile psychiatrique, et s’emploie à les libérer à leur tour. 

Revisitant à sa façon Tintin au pays des Soviets, Paasilinna renvoie dos à dos les dictatures de tous bords avec une ironie mordante et un sens du burlesque accompli.

Auteur : Arto Paasilinna est né en Laponie finlandaise en 1942. Successivement bûcheron, ouvrier agricole, journaliste et poète, il est l’auteur d’une trentaine de romans, pour la plupart traduits en français qui ont toujours rencontré un vif succès critique et public.

Mon avis : (lu en mai 2015)
Voilà une histoire de Paasilinna écrite en 1986 et seulement traduite en 2015 en France. Surunen est un universitaire, philologue et membre d'Amnesty International. Signer des pétitions ou parrainer des opprimés à distance ne le satisfait pas. Dans la première partie du livre, Surunen décide donc de se rendre en Amérique Centrale au Macabraguay pour libérer un prisonnier politique avec lequel il correspond. Voilà donc Surunen parti pour une aventure pleine de dangers, de surprises et de rencontres...
Dans une deuxième partie du livre, Surunen se rend en Vachardoslavie, un pays d'Europe de l'Est pour libérer des dissidents...
C'est un livre plutôt réussi d'Arto Paasilinna avec ses côtés loufoques, décalés et rocambolesques... L'auteur s'attaque aux régimes dictatoriaux avec Surunen, un sauveur, sans peur, parfois inconscient mais que rien n'arrête !

Merci Célia et les éditions Denoël pour cette lecture pleine d'inattendue.

 

Extrait : (début du livre)
Nous sommes un soir d'hiver. Les rues de la grande ville sont désertes, seule une tractopelle solitaire déblaie les trottoirs de la neige fraîchement tombée. Par les fenêtres des immeubles, les téléviseurs couleurs des salles de séjour projettent sur le noir du ciel leurs lumières changeantes.
Sur une table brûle une bougie. Dans son chaleureux halo, deux silhouettes, celles d'un homme et d'une femme. Ils sont penchés l'un vers l'autre, se tiennent la main et se regardent dans les yeux. La femme a une magnifique chevelure rousse et paraît très belle dans cette douce lumière. Elle a peut-être la trentaine. L'homme est un peu plus âgé. Il semble ému, grave, et dans son regard s'attarde une lueur inquiète.
A côté de la bougie, deux verres et une bouteille de vin, du bordeaux, capiteux mais fin, ainsi qu'un plateau de fromages dont l'arôme subtil se marie à merveille à la chaleur du vin. Le couple a l'air cultivé. Tous deux ont les yeux humides. Ils parlent d'une voix mesurée, teintée de tristesse. A première vue, la scène paraît infiniment romantique.
La femme conte l'histoire de son grand-père, Juho Immo-nen, qui fut, au début du siècle, régisseur du domaine de Hauho et s'enrôla dans la garde blanche dès 1917. Quand la guerre civile éclata, une horde de rouges investit le manoir, dont les propriétaires avaient heureusement eu le temps de fuir. Ils pillèrent le magasin à viande, incendièrent le fenil et le sauna et criblèrent de trous de baïonnette les précieux tableaux du salon bleu. Quand Juho Immonen s'interposa pour défendre les biens de son maître, il se fit rosser et, à demi mort, attacher sur un traîneau. On le conduisit au bord du lac voisin où on le pendit par les pieds à un bouleau jusqu'à ce qu'il en perde la parole. Pour finir, un des assaillants lui transperça le ventre d'un coup de baïonnette. On fit rouler son corps sur le lac gelé, jusqu'à une ouverture d'eau libre où on le jeta. Au printemps, à la débâcle des glaces, le cadavre fut trouvé à la sortie du lac, retenu par le barrage.
Tel est le terrible récit de sa petite fille. Elle l'a entendu maintes et maintes fois dans son enfance. Une fois adulte et installée à Helsinki, elle a adhéré à la section finlandaise d'Amnesty International, car elle veut que plus personne ne meure comme son grand-père sous la torture.
L'homme presse sa main dans la sienne. Lui aussi a des souvenirs qui le ramènent en pensée à la lointaine guerre civile de 1918. Son grand-père Ananias Surunen, tailleur de son état, se battait alors sur le front de Vilppula. Faits prisonniers aux dernières heures du conflit, lui et ses camarades furent emmenés à Raahe et enfermés avec sept cents autres rebelles rouges dans les locaux de l'École de commerce bourgeoise. Au fil du printemps, cent soixante-dix d'entre eux moururent : cent soixante-deux de faim et de maladie, sept sous les balles d'un peloton d'exécution et un enterré vivant. Ce dernier, pour se protéger du froid, s'était introduit à la morgue dans une caisse en bois vide utilisée pour convoyer les corps jusqu'à la fosse commune.

Déjà lu du même auteur :

le_lievre_de_Vatanen  Le lièvre de Vatanen  prisonnier_paradis Prisonniers du paradis

la_cavale_du_g_om_tre La cavale du géomètre  un_homme_heureux Un homme heureux  

la_douce_empoisonneuse_2 La douce empoisonneuse Petits_suicides_entre_amis_2 Petits suicides entre amis 

le_meunier_hurlant Le meunier hurlant le_bestial_serviteur Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen

le_cantique_de_l_apocalypse Le Cantique de l'apocalypse joyeuse   sang_chaud__nerfs_d_acier Sang chaud, nerfs d'acier

les_dix_femmes_de_l_ing_nieur Les dix femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi 

le_potagerdes_malfaiteurs_p Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison

 

Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015
Finlande

7 mai 2015

La coloc - Jean-Philippe Blondel

 9782330048204 Actes Sud junior - mars 2015 - 145 pages

Quatrième de couverture :
"Bon, la première chose que nous avons faite, quand nos parents ont tourné les talons, c'est de hurler - de joie, de soulagement. Nous étions tous les trois tendus - nous n'étions pas sûrs qu'ils iraient jusqu'au bout, nous étions convaincus qu'à un moment ou à un autre, ils allaient dire non, ce n'est pas possible, retourne à l'internat, reprends le bus, c'est une idée stupide, la colocation, à seize ans." Quitter le cocon familial pour vivre en colocation : le rêve pour tout lycéen ! Pourtant, rien n'aurait pu a priori rapprocher Romain, Rémi et Maxime. Mais ce nouveau quotidien va bousculer leurs certitudes et les pousser à créer un improbable et détonnant trio...

Auteur : Professeur d'anglais à Troyes, Jean-Philippe Blondel publie romans pour adultes et pour adolescents Le Baby-sitter, G229 (prix Virgin - Version femina), Et rester vivant et 06H41 ont rencontré un réel succès.

Mon avis : (lu en mai 2015)
Romain a 16 ans, après le décès de sa grand-mère, ses parents héritent d'un appartement. Celui-ci se trouve à côté du lycée et lorsque ses parents parlent de le vendre ou le louer Romain a l'idée de s'y installer en colocation... Il ne serait plus obligé de faire matin et soir le long trajet entre le domicile familial et le lycée... Après avoir convaincu les parents, il va falloir trouver deux co-locataires : il y aura Rémi, un geek, solitaire qui vient du même village que Romain mais avec lequel il n'a pas vraiment d'atome crochu et Maxime le garçon le plus populaire du lycée.
Romain va passer une année pleine de surprises, d'amitiés, de chagrin, de joie... Une année inoubliable qui l'aura fait grandir.
J'ai passé un très bon moment en lisant cette histoire actuelle, pleine d'humour et d'émotion. Ces trois colocataires sont attachants.
A lire pour des adolescents comme pour des adultes. 

Extrait : ici 

Déjà lu du même auteur :

juke_box Juke Box  au_rebond Au rebond

le_baby_sitter  Le Baby-sitter G229 G229  blog Blog

5317 Et rester vivant replay (Re)play  brise_glace Brise glace

acc_s_direct___la_plage Accès direct à la plage 6h41 06H41

double jeu Double jeu un hiver à paris Un hiver à Paris

Challenge Petit Bac 2015 
98438537_o
Musique (4)

Publicité
25 mars 2015

Mamette, Tome 5 : La fleur de l'âge - Nob

mamette_5 Glénat - novembre 2011 - 48 pages

Quatrième de couverture :
Les nouvelles aventures, toujours plus tendres et réjouissantes, de la grand-mère que tout le monde aimerait avoir ! Ce qui est bien, avec la retraite, c’est qu'on a le temps de voyager ! Et avec le club des seniors, une virée à Barcelone promet d'être joyeuse. D'autant plus que c'est l'occasion pour Mamette de resserer les liens avec sa petite-fille qui accompagne la joyeuse bande de retraités, tous plus délurés qu'une bande de garnements en colonie de vacances. Une petite-fille qui a bien besoin de la joie de vivre de sa grand-mère pour reprendre confiance en elle. Mais les voyages, c'est comme la vie, on ne sait pas toujours ce qui vous attend, et celui-ci va vite prendre des chemins de traverse et croiser la route de personnages inattendus !

Auteur :  Nob, de son véritable nom Bruno Chevrier né en 1973 à Tours, est un dessinateur, scénariste et coloriste de bande dessinée français.

Mon avis : (lu en mars 2015)
Mamette, accompagnée de sa petite fille, et avec le club des anciens part en autocar en Espagne. Mais, le bus prêté par la mairie tombe en panne au cours du voyage. Le groupe n'ira pas jusqu'à Barcelone, ils seront accueillis dans un camp de vacances à la montagne d’habitude occupé par des ados. Ces vacances ne se passeront pas comme prévu, mais l'imprévu a cependant sa saveur...
Les aventures de Mamette et de ses amis sont toujours agréable à découvrir. La douceur, la poésie et bien sûr l'humour nous accompagnent et nous enchantent !


Extrait :

141417_pla  mamettet55

mamette_4  Mamette, Tome 4 : Entre ciel et terre

17 décembre 2014

Le magasin des suicides - Jean Teulé

9782356411105-T magasindessuicides le magasin des suicides_leconte 733936

Audiolib - janvier 2009 - 3h30 - Lu par Thierry Freret

Julliard - décembre 2006 - 157 pages

Pocket - mars 2008 - 157 pages

Quatrième de couverture :
Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les matériels et ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère grâce au marché lucratif de la tristesse et du désespoir jusqu’au jour abominable où se répand un virus inattendu : la joie de vivre.
Thierry Fréret, sans jamais tomber dans le sentencieux, donne toute sa dimension à ce récit philosophique mâtiné d’humour noir.

Auteur : Jean Teulé est l'auteur de treize romans. Parmi les plus notables, Je, François Villon a reçu le Prix du récit biographique ; Le Magasin des suicides a été traduit en dix-neuf langues et récemment adapté en animation. Darling a été adapté au cinéma avec Marina Foïs et Guillaume Canet dans les rôles principaux ; Le Montespan, prix Maison de la presse et grand prix Palatine du roman historique, a été élu parmi les vingt meilleurs livres de l'année 2008 par le magazine Le Point. La totalité de son œuvre romanesque est publiée aux Éditions Julliard.

Lecteur : Thierry Fréret est journaliste à Europe 1 depuis 1987. Ce père de famille nombreuse a aussi été l'un des chroniqueurs de l'émission " Les Maternelles" sur France 5 de 2000 à 2005. Cinéphile, il est aussi passionné par théâtre et la littérature.

Mon avis : (écouté en décembre 2014)
C'est une relecture car j'ai découvert ce livre de Jean Teulé avant d'avoir mon blog. 
Dans un futur indéfinissable, tout est sombre et morose. La famille Tuvache a un commerce un peu particulier au cœur de la cité des Religions Oubliées. Un commerce très prospère où l'on trouve de tout pour se donner la mort, corde, poisons, armes... Mishima et Lucrèce, les parents, tiennent à merveille ce commerce sinistre entourés de leurs trois enfants.
L'aîné, Vincent, est un anorexique et migraineux, la sœur, Marylin, dépressive. Le petit dernier, Alan, est le mouton noir de la famille... Il est toujours souriant, optimiste et transpire la joie de vivre... Ce n'est pas vraiment pas une bonne publicité pour "Le Magasin des Suicides"...
Une histoire originale et décalée pleine d'humour noir.
C'était la quatrième fois que je découvrais cette histoire ayant lu l'adaptation en BD et vu le film d'animation réalisé par Patrice Leconte en 2012. C'est donc bien moins surprenant que la première lecture...

20104611 le_mag10  

Ce livre a été adapté au cinéma en film d'animation réalisé par Patrice Leconte en 2012.

Ce livre a été adapté en BD.

le_magasin_des_suicides Le magasin des suicides : D'après le roman de Jean Teulé - Domitille Collardey et Olivier Ka 

Extrait : (début du livre)
C'est un petit magasin où n'entre jamais un rayon rose et gai. Son unique fenêtre, à gauche de la porte d'entrée, est masquée par des cônes en papier, des boîtes en carton empilées. Une ardoise pend à la crémone.

Accrochés au plafond, des tubes au néon éclairent une dame âgée qui s'approche d'un bébé dans un landau gris :
- Oh, il sourit !
Une autre femme plus jeune - la commerçante -, assise près de la fenêtre et face à la caisse enregis­treuse où elle fait ses comptes, s'insurge :
- Comment ça, mon fils sourit ? Mais non, il ne sourit pas. Ce doit être un pli de bouche. Pourquoi il sourirait ?
Puis elle reprend ses calculs pendant que la cliente âgée contourne la voiture d'enfant à la capote rele­vée. Sa canne lui donne l'allure et le pas maladroits. De ses yeux mortels - obscurs et plaintifs - à travers le voile de sa cataracte, elle insiste : 
- On dirait pourtant qu'il sourit.
- Ça m'étonnerait, personne n'a jamais souri dans la famille Tuvache ! revendique la mère du nouveau-né en se penchant par-dessus le comptoir pour vérifier.
Elle relève la tête, tend son cou d'oiseau et appelle :
- Mishima ! Viens voir !
Une trappe au sol s'ouvre comme une bouche et apparaît, telle une langue, un crâne dégarni :
- Quoi ? Que se passe-t-il ?
Mishima Tuvache sort de la cave avec, entre les bras, un sac de ciment qu'il dépose sur le carrelage tandis que sa femme lui raconte :
- La cliente prétend qu'Alan sourit.
- Qu'est-ce que tu dis, Lucrèce ?... Époussetant un peu de poudre de ciment sur ses manches, il s'approche à son tour du nourrisson qu'il contemple longuement d'un air dubitatif avant de diagnostiquer :
- Il a sûrement la colique. Ça leur dessine des plis de lèvres comme ça..., explique-t-il en remuant ses mains à l'horizontale, l'une par-dessus l'autre devant son visage. On peut parfois confondre avec des sourires mais ça n'en est pas. Ce sont des grimaces.
Puis il glisse ses doigts sous la capote du landau et prend l'aïeule à témoin :
- Regardez. Si je pousse les commissures de ses lèvres vers le menton, il ne sourit pas. Il fait la gueule comme son frère et sa soeur dès qu'ils sont nés.
La cliente demande :
- Relâchez.
Le commerçant s'exécute. La cliente s'exclame :
- Ah ! vous voyez bien qu'il sourit.
Mishima Tuvache se redresse, bombe le torse et s'agace :
- Qu'est-ce que vous vouliez, vous ? !
- Une corde pour me pendre.
- C'est haut de plafond, là où vous habitez ? Vous ne savez pas ? Tenez, prenez ça : deux mètres devraient suffire, continue-t-il en sortant d'un rayon­nage un lien de chanvre. Le noeud coulant est déjà fait ! Vous n'aurez plus qu'à glisser votre tête dedans...
Tout en payant, la dame se tourne vers le landau :
- Ça met du baume au coeur de voir un enfant qui sourit.
- Oui, oui, c'est ça ! râle Mishima. Allez, rentrez chez vous. Vous avez mieux à faire, maintenant, là-bas.

  Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Bâtiment" (9) 

19 février 2015

Charly 9 - Richard Guérineau d'après Jean Teulé

 Charly-9-couv Delcourt - novembre 2013 - 128 pages

Quatrième de couverture :
Charles IX fut de tous les rois de France l'un des plus calamiteux. À 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint-Barthélemy qui épouvanta l'Europe entière. Abasourdi par l'énormité de son crime, il sombra dans la folie. Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous... Pourtant, il avait un bon fond.

Auteur : Richard Guérineau est né en 1969. Dès son plus jeune âge, il est envoûté par le démon de la bande dessinée et dévore avec frénésie les passionnantes aventures de Bibi Fricotin, Bill Tornade, et Blek-le-Roc. Assez rapidement, ses proches lui affirment que «le dessin n’est pas un métier !». De nature conciliante, il suit leurs conseils et passe un bac scientifique. Pourtant il ne perd pas son but de vue ! Il entame en effet des études d’arts plastiques. Plus il réfléchit sur l’Art en général, et plus il a envie de faire de la bande dessinée en particulier. En 1991, sa rencontre avec le scénariste Corbeyran aboutit à une fructueuse collaboration : L’As de Pique édité d’abord chez Dargaud, puis aux éditions Delcourt en intégralité dans la collection Encrages... Parallèlement, le duo signe un thriller aux frontières du réel, Le Chant des Stryges, toujours chez Delcourt. Pour cette série, il a adapté son style graphique : son trait nerveux et ses cadrages serrés servent brillamment ce récit mené tambour battant ! C’est toujours en compagnie de Corbeyran, son voisin bordelais, qu’il réalise une histoire au sein du collectif Paroles de Taulards.

Mon avis : (lu en février 2015)
Cette bande dessinée est l'adaptation, très réussie, du roman Charly 9 de Jean Teulé. Il raconte l'histoire du roi Charles XI depuis la veille du massacre de la Saint Barthélemy jusqu'à sa mort. Poussé par sa mère, Catherine de Médicis, il donne malgré lui le départ de la Saint Barthélemy. Dépassé par l'ampleur de cette épouvantable crime, il ne s'en remettra jamais...
Cette BD est fidèle au roman de Jean Teulé, on y retrouve le même ton humoristique et noir. Le dessin et surtout la couleur sont très réussis. Les scènes de mort et de violence sont en rouge et noir. Charly 9 est touchant, Jean Teulé a réussi à le rendre presque sympathique...

Extrait : 

charly9_image2 charly9_image3

charly9_image4 charly9_image5

barthelemy

 

Challenge Petit Bac 2015 
98438537_o
Prénom (2)

24 février 2015

Happy parents - Zep

happy parent Delcourt - octobre 2014 - 64 pages

Présentation de l'éditeur :
Etre parent, c'est compliqué, être enfant, ce n'est pas simple ! Au fil de 60 gags et autant de situations différentes, Zep donne vie à une vaste galerie de personnages : d'un côté des pères et des mères que rien ne préparait à ce choc ; de l'autre des bébés, des écoliers, des ados immergés dans leur univers... Et entre les deux, mille et une occasions de ne pas se comprendre. Mieux vaut en rire... et avec Zep, c'est garanti !

Auteur : Zep dessine et raconte des histoires depuis ses 14 ans. Il a déjà fait rire des générations d'écoliers en 20 ans d'aventures de Titeuf (20 millions d'albums vendus, traduit en 25 langues à l'international, dessin animé traduit en 35 langues et diffusé dans 240 pays) et reçu le grand prix d'Angoulême à 37 ans en 2004. Cet homme pressé a depuis conquis le public adulte avec ses Happy Books et ouvre aujourd'hui une toute nouvelle veine de son travail.

Mon avis : (lu en février 2015)
Une BD de Zep destinée aux parents jeunes ou plus anciens... Un bon moment de détente avec des situations qu'en tant que parents, on peut avoir rencontré... Depuis l'échographie jusqu'à l'adolescence...  En famille, à l'école, dans l'intimité des parents, durant les loisirs, au restaurant... voilà de nombreuses situations qui prêtes à rires. Un graphisme très proche de celui utilisé dans Titeuf.

Extrait : 

HP-ZEP-2HP-ZEP-3

HP-ZEP-5

Déjà lu du même auteur :

une histoire d'hommes Une histoire d'hommes 

 Challenge 6% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
34/36

9 décembre 2014

La Princesse des glaces - Camilla Läckberg

9782356416100-G lackberg_LA-PRINCESSE-DES-GLACES 9782330006563

Audiolib - mai 2010 - 14h15 - Lu par Christine Pâris

Actes Sud - mai 2008 – 382 pages

Babel - mai 2012 - 448 pages

traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain

Titre original : Isprinsessan, 2003

Quatrième de couverture :
Erica Falck, trente-cinq ans, installée dans une petite ville tranquille de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre d’une amie d’enfance perdue de vue.
A la conquête de la vérité, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives - rejointe par l’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi - plonge dans les strates d’une petite société provinciale et de ses secrets.
Comme le faisait Simenon, Camilla Läckberg, sait à merveille croquer des personnages complexes et mettre à jour une petite communauté dont la surface tranquille cache des eaux bien plus troubles qu’on ne le pense.
Fidèle à l’esprit de Camilla Läckberg, l’interprétation de Christine Pâris sait parfaitement rendre compte des abîmes de cruauté que recouvre la fausse banalité du quotidien.

Auteur : Née en 1974, Camilla Läckberg est l’auteur d’une série de romans policiers mettant en scène le personnage d’Erica Falck et de son compagnon le commissaire Patrik Hedström. L’intrigue se situe toujours à Fjällbacka, ancien port de pêche de la côte ouest en Suède, reconverti en station balnéaire, qui sous des apparences tranquilles cache de sordides relations humaines.
Après La Princesse des glaces (2008), Le Prédicateur (2009), Le Tailleur de pierre (2009), L’Oiseau de mauvais augure (2010), L’Enfant allemand (2011) et La Sirène (2012), Le Gardien de phare (2013), La Faiseuse d'anges (2014).

Lecteur : Comédienne au très beau parcours théâtral, Christine Pâris met son jeu et sa voix au service de pièces exigeantes, comme de séries télévisées divertissantes.

Mon avis : (écouté en décembre 2014)
Cela fait plus d'un an que je voulais relire les aventures d’Erica Falck en livre audio. J'ai eu un peu de mal à obtenir le premier de la série auprès de la Bibliothèque mais je ne regrette vraiment pas d'avoir patienté ! 
J'ai redécouvert avec beaucoup de plaisir le premier tome de cette série suédoise que j'aime beaucoup. Ayant oublié beaucoup de détails de cette première enquête et même la conclusion, j'ai autant apprécié cette lecture que la première fois. 
Erica Falk est écrivain, suite à la mort récente de ses parents, elle est venue s'installer pour quelques temps dans la maison familiale à Fjällbacka, ancien port de pêche de la côte ouest en Suède, devenu une station balnéaire. Elle découvre le cadavre d'une amie d'enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d'eau gelée avec des poignets tailladés. Elle se trouve donc mêlée à l'enquête mené par l'inspecteur Patrik Hedström...
J'aime l'ambiance de la petite ville de Fjällbacka, les nombreux personnages souvent attachants... 
Il est rare que le lecteur d'un roman policier soit une femme, dans ce livre, Christine Pâris réussi parfaitement l'exercice. Et comme l'héroïne principale de cette série est une femme, une voix féminine est logique !
J'ai déjà obtenu à la Bibliothèque le tome n°2 de la série en livre audio et j'ai en réserve les n°4 et n°5, je vais donc pouvoir continuer à écouter petit à petit la série.

Extrait :
La maison était abandonnée et vide. Le froid pénétrait le moindre recoin. Une fine pellicule de glace s’était formée dans la baignoire. La peau de la femme avait commencé à prendre une teinte légèrement bleutée.

C’est vrai, elle ressemblait à une princesse, là dans la baignoire. Une princesse des glaces.
Le sol sur lequel il était assis était glacial, mais le froid lui importait peu. Il tendit la main et la toucha.
Le sang sur les poignets s’était coagulé depuis longtemps.
Jamais son amour pour elle n’avait été plus fort. Il caressa son bras, comme s’il caressait l’âme qui désormais avait déserté le corps.
Il ne se retourna pas en partant. Il ne s’agissait pas d’un adieu, mais d’un au revoir. 

Eilert Berg n’était pas un homme heureux. Il respirait avec difficulté, de petites bouffées blanches sortaient de sa bouche, mais la santé n’était pas ce qu’il considérait comme son plus grand problème.
Svea avait été si belle dans sa jeunesse et il avait eu du mal à patienter avant de pouvoir convoler en justes noces avec elle. Elle avait à l’époque l’air si douce, aimable et un peu timide. Sa véritable nature s’était révélée après une trop courte période de fantaisie juvénile. Depuis près de cinquante ans maintenant, c’était elle qui portait la culotte, et avec fermeté. Mais Eilert avait un secret. Pour la première fois il entrevoyait une possibilité d’un peu de liberté à l’automne de sa vie, et il entendait ne pas la rater.
Il avait travaillé dur comme pêcheur toute sa vie, et ses revenus avaient tout juste suffi à faire vivre Svea et les enfants. Désormais ils ne disposaient que de leurs maigres retraites. Sans économies, il n’avait pu envisager aller s’installer ailleurs, seul, pour refaire sa vie. Puis cette opportunité s’était présentée comme un don du ciel et elle était d’une simplicité enfantine. Si des gens avaient envie de payer des sommes indécentes pour une heure de travail par semaine, c’était leur problème. Il n’irait pas s’en plaindre. En un an seulement, les billets dans la boîte en bois derrière le tas de compost avaient fini par former une liasse impressionnante et d’ici peu il aurait assez d’argent pour pouvoir s’échapper vers des cieux plus cléments.
Il s’arrêta pour reprendre son souffle dans le dernier raidillon et frotta ses mains percluses. L’Espagne, ou la Grèce peut-être, dégèlerait le froid qu’il sentait l’emplir. Eilert pensait avoir encore au moins dix ans devant lui avant que son heure ne sonne, et il avait l’intention de les utiliser au mieux. Pas question de les passer à la maison en compagnie de bobonne.
La promenade matinale quotidienne avait été son seul moment de tranquillité et lui avait permis en outre de faire un peu d’exercice dont il avait bien besoin. Il suivait toujours le même chemin et ceux qui connaissaient ses habitudes sortaient souvent pour bavarder un moment. Il avait particulièrement apprécié les discussions avec la jolie fille dans la maison tout en haut de la montée à côté de l’école de Håkenbacken. Elle n’y venait que le week-end, toujours seule, mais se donnait le temps de parler de la pluie et du beau temps. Mlle Alexandra s’intéressait au Fjällbacka d’autrefois, et ça, c’était un chapitre qu’Eilert aimait bien discuter. Et mignonne aussi, la demoiselle. Ça, c’était quelque chose qu’il appréciait encore, même à son âge. Oh, bien sûr, certaines rumeurs avaient couru sur cette fille, mais si on commençait à écouter ce que disaient les bonnes femmes, on ne ferait bientôt plus que ça.

 

Déjà lu du même auteur :

la_princesse_des_glaces La Princesse des glaces  le_pr_dicateur Le Prédicateur

le_tailleur_de_pierre Le Tailleur de pierre l_oiseau_de_mauvais_augure L'Oiseau de mauvais augure

l_enfant_allemand L'Enfant allemand cyanure Cyanure la_sir_ne La Sirène 

9782330018962  Le gardien de phare  la faiseuse d'ange La faiseuse d'anges

Challenge Voisins Voisines 2014
logo_voisins_voisines_2014_h300
Suède

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
100142514
catégorie "Même pas peur" :  12/25

26 novembre 2014

Pico Bogue - tome 7 - Cadence infernale

pico-bogue-tome-7-cadence-infernale Dargaud - octobre 2014 - 48 pages

Présentation éditeur :
Finies les vacances, mais la vie continue, et la rigolade aussi ! Pico et toute la famille retrouvent les petites et les grandes joies de la vie quotidienne : l'école, les repas, les interrogations existentielles. Et quand Pico découvre un livre sur l'étymologie et l'histoire des mots, un nouvel univers s'ouvre à lui. Et tout son entourage va en profiter... de gré ou de force !

Auteurs : Alexis Dormal est né en 1977 à Bruxelles. Après des études de réalisation cinéma, il s'oriente vers le dessin et l'écriture. Dominique Roques, sa mère scénariste, et lui-même, créent les personnages Pico Bogue et Ana Ana.
Dominique Roques est née en 1948 à Casablanca. Quelques années plus tard, en Belgique, elle a deux fils qui partagent son goût pour la bande dessinée humoristique. L'ainé de ses fils, Alexis Dormal, dessine depuis toujours des personnages pleins de vie. Si pleins de vie qu'il est vite devenu insupportable à Dominique de les abandonner à peine nés. Elle décide donc de leur faire des "transfusions" d'histoires, trouvant les donneurs... en elle et tout autour d'elles. Ainsi tchatchent, galopent et dévorent Pico, Ana Ana et les autres.

Mon avis : (lu en novembre 2014)
Les albums de Pico Bogue sont toujours rafraîchissant et celui-ci ne déroge pas à la règle... Ce n'est pas une histoire continue mais une succession de scènes du quotidien à la maison, à l'école sur une page ou une demi-page où les acteurs principaux sont Pico et/ou Ana Ana sa petite soeur. Un fil conducteur se dessine lorsque Pico Bogue découvre un livre sur l'étymologie de la langue française. Ce livre va devenir une vraie bible pour lui, il sera en profiter à son avantage pour éviter les corvées ou surtout avoir le dernier mot... 

Extrait : 

9782205065213_p_1 9782205072891_p_2

9782205072891_p_3 9782205072891_p_4

9782205072891_p_5 9782205072891_p_6

 

Déjà lu des même auteurs : 

picobogue  Pico Bogue tome 1 : La vie et moi

pico_bogue_T2  Pico Bogue tome 2 : Situations critiques

pico_bogue_T3 Pico Bogue tome 3 : Question d'équilibre

5468  Pico Bogue, Tome 4 : Pico love 

9782205068153_150 Pico Bogue, Tome 5 : Légère contrariété

92114288 Pico Bogue, Tome 6 : Restons calme

 

Challenge 4% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
24/24

5 février 2015

Acquanera - Valentina D'Urbano

Sortie en librairie le 5 février 2015

 Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey 

book_261 Philippe Rey - février 2015 - 352 pages

traduit de l’italien par Nathalie Bauer

Titre original : Acquanera, 2013

Quatrième de couverture : 
Après dix ans d’absence, Fortuna retourne à Roccachiara, le village de son enfance perché dans les montagnes du Nord de l’Italie, qu’elle croyait avoir définitivement abandonné. La découverte d’un squelette qui pourrait être celui de sa meilleure amie, Luce, lui a fait reprendre le chemin de la maison. C’est l’occasion pour la jeune femme de revenir sur son histoire, de régler ses comptes avec le passé et en particulier avec sa mère, la sauvage Onda dont elle n’a jamais été aimée.
Ainsi débute ce récit sur quatre générations : quatre générations de femmes – Clara, Elsa, Onda et Fortuna – qui ont vécu en autarcie année après année, privées d’hommes, marquées comme au fer rouge par d’étranges dons qui les ont placées en marge de leur communauté. Au terme de cette plongée aux origines, Fortuna pourra-t-elle s’engager sur le chemin de la reconstruction et de la réconciliation ?
Acquanera aborde avec force et sensibilité les thèmes des relations maternelles et filiales, de la transmission, de la mort, de la différence et de l’amitié. Avec ce deuxième roman symbolique et poétique, Valentina D’Urbano confirme son singulier talent.

Auteur : Illustratrice pour la jeunesse, Valentina d’Urbano, est née en 1985 dans une banlieue de Rome dont elle a fait le décor de son premier roman, Le bruit de tes pas (2013), vainqueur du concours « Io scrittore » en Italie. Acquanera est son deuxième roman.

Mon avis : (lu en janvier 2015)
J'avais beaucoup aimé le premier roman de Valentina d'Urbano et lorsque l'on m'a proposé de découvrir son deuxième roman, j'étais très curieuse de le découvrir. Et je n'ai pas été déçue !
Une histoire très différente de son premier roman mais une lecture qui comme pour la première m'a enchantée.
Fortuna revient après dix ans d'absence à Roccachiara, le village de son enfance situé dans les montagnes du Nord de l'Italie. Elle a appris qu'un squelette avait été découvert au village. Peut-être celui de son amie Luce qui a disparu depuis quelques années ? 
Fortuna est la narratrice, elle revient sur l'histoire de sa famille. Une dynastie de femmes, avec Clara, Elsa, la grand-mère de Fortuna, et Onda, la fille d'Elsa et la mère de Fortuna. Certaines ont des dons particulier, elles ont toujours été mise à l'écart du village...
Je ne veux pas trop en dire mais j'ai beaucoup aimé cette lecture. Chaque fois que je me plongeais dans ce livre, plus rien autour comptait... J'ai failli plusieurs fois rater ma station de métro ou ne pas entendre mon train arriver... J'ai été captivé par l'atmosphère de ce livre, par la poésie de l'écriture, chacun des personnages à sa personnalité. Certains sont très attachants, d'autres plus difficile à cerner.
Au cours de ma lecture, cette histoire m'a fait penser au livre de Carole Martinez "Cœur cousu"...

Merci Anaïs, Anne et les éditions Philippe Rey pour cette très belle découverte.

Note : ♥♥♥♥♥

Extrait : (début du livre)
Aujourd'hui, 12 mars 1992
Dix ans d'absence.
A mon arrivée, le jour se lève et il pleut, une pluie oblique, glaciale, qui entame le visage.
C'est toujours comme ça à Roccachiara. Il fait froid et il pleut. Ou alors l'humidité est si dense que c'est comme s'il pleuvait.
Je m'engagedans la rue principale. Tout est identique à mes souvenirs, on dirait une photo, rien n'a changé.
Les maisons adossées les unes aux autres, les grilles des magasins, les même enseignes qu'il y a trente ans. Les rues étroites et désertes, les portes flanquées de jardinières.
Il n'y a personne. Juste la pluie.
Tout le reste n'est que silence.
Ce silence, raconte-t-on, vient du lac. Il monte comme du brouillard, se répand dans le village, étouffe tous les bruits.
Je traverse Roccachiara sans rencontrer âme qui vive. Une place minuscule domine la vallée et le lac. C'est le belvédère des Héros.
Je me rappelais un lieu dépouillé, en mauvais état, une poignée de mètres carrés à l'abîme, et je découvre un terre-plein pavé, des bancs métalliques revêtus d'une peinture blanche écaillée. Une affreuse fontaine ornementale, un monument aux morts. Une balustrade en fer forgé a remplacé le vieux mur en briques par-dessus lequel on se penchait pour admirer le lac.
Ce lac noir, sans vie.

Déjà lu du même auteur : 

book_220 Le bruit de tes pas

 

Challenge Petit Bac 2015 
98438537_o
Titre : 1 mot (1)

Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015
Italie

23 janvier 2015

Le journal malgré lui de Henry K. Larsen - Susin Nielsen

henry k larsen Helium - août 2013 - 239 pages

traduit de l'anglais (Canada) par Valérie Le Plouhinec

Titre original : The Reluctant Journal of Henry K. Larsen, 2012

Quatrième de couverture : 
Quelque chose me dit que Cecil n'est pas la crème de la crème des psychologues. Déjà, il est gratuit. (...) Son bureau est minuscule et encombré, avec des meubles bas de gamme, abîmés et tâchés. Et puis, on dirait qu'il n'a pas pu se payer de vêtements neufs depuis 1969. Nous n'avons pas encore parlé de ÇA. Il essaie de m'y amener l'air de rien. Il me pose parfois des questions orientées. 
Mais quand il le fait, je prends ma voix de robot pour lui répondre. « Je-ne-sais-pas. De-quoi-vous-parlez. Espèce-d'humanoïde. » Alors, il bat en retraite.
Après le terrible drame qui a frappé Henry et sa famille, et les conséquences qui en ont découlé, l'adolescent a déménagé à Vancouver avec son père. Les voici en tête à tête, dans cette ville où ils ne connaissent personne. Tout est à reconstruire : même la mère de Henry, victime d'une grave dépression, est restée à Port Salish...
Bien qu'il déteste franchement l'idée d'écrire dans un journal, comme le lui a conseillé son thérapeute, tout comme il se refuse à se faire de nouveaux amis, le garçon finit par s'ouvrir, malgré lui... Au fil des jours, il trouve même du plaisir à coucher ses pensées sur le papier et à reconstituer, entre gravité et humour, entre souvenirs terribles et lueurs d'espoir, les événements qui ont marqué sa vie pour toujours.
Un roman lumineux et inoubliable qui place le lecteur en empathie avec un héros bouleversant.
Ce livre a reçu le Governor General's Literary Avrard, le plus prestigieux prix canadien anglais pour les romans adolescents.

Auteur : Susin Nielsen est scénariste, showrunner et auteur pour la jeunesse. Elle vit Vancouver. 
Elle a fait ses débuts à la télévision sur la série Degrassi en 1980. Elle a ensuite adapté plusieurs épisodes en livres, se rapprochant ainsi de son voeu d'écrire des romans pour les adolescents. En 2006, Susin Nielsen a enfin réalise son voeu en écrivant Moi, Ambrose, roi du Scrabble, son premier roman original pour adolescents. En 2010 a suivi Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère ?

Mon avis : (lu en janvier 2015)
Un terrible drame a frappé la famille d'Henry. Et depuis quelques mois, avec son père, il a déménagé dans un petit appartement à Vancouver. Une fois par semaine, il va voir Cecil, son psychologue car depuis  "ÇA", il n'arrive pas à exprimer ses émotions. Cecil lui a donc donné un cahier et lui a conseillé d'écrire son journal. Le lecteur découvre donc l'histoire d'Henry à travers son journal. Il y raconte ses états d'esprits, son quotidien à l'école, dans ce nouvel appartement... A l'école, il y a Farley un garçon faisant partie des "ringards de l'école" et qui colle Henry malgré lui, il a la même passion pour le catch qu'Henry. Il y a également Alberta une fille malpolie et habillée en "récup"... A l'appartement, il y a Karen, la voisine un peu trop présente, qui semble draguer son père ou Monsieur Atapattu qui leur apporte souvent à manger des plats indiens épicés et délicieux.
Ce livre est un vrai coup de coeur, Henry est touchant et attachant, le lecteur aimerait tellement qu'il arrive à se remettre après le drame qui a bouleversé sa famille, qu'il arrive à se faire des vrais amis, qu'il se tourne vers le futur.

Extrait : (début du livre)
VENDREDI 18 JANVIER


LE SAVIEZ-VOUS ? Le mot « psychologie » vient du grec « psyché ». Il signifie étude de l'esprit.
Je voudrais bien qu'on arrête d'étudier le mien, d'esprit. C'est trop glauque, de faire ça. Mais papa dit que je n'ai pas le choix.
Cecil n'a pas une tête de psychologue, cela dit. Déjà, il s'appelle Cecil. Sur sa porte, au centre médical, il y a une plaque en plastique marquée Dr Levine, mais quand je l'ai appelé ainsi, au début de notre première séance, il m'a tout de suite dit : « Je t'en prie, appelle-moi Cecil. » En rentrant, j'ai cherché l'origine de son prénom, et devinez un peu ce que ça veut dire : « Qui voit mal ou est aveugle ».
Ça s'annonce bien !
Cecil a les cheveux gris et longs, attachés avec un chouchou. Un chouchou ! Aujourd'hui, pour notre troisième séance, il portait encore un tee-shirt tie-and-die, violet cette fois. Dis donc, Cecil, j'ai eu envie de lui dire, les années soixante ont appelé, elles voudraient récupérer leur look !
Il me pose beaucoup de questions du genre : « Que ressens-tu dans ces moments-là ? », comme si nous étions sur un plateau de télévision et non dans la vraie vie. Il dit beaucoup « sapristi », aussi. Exemple : « Sapristi, c'est la deuxième fois en deux semaines que tu arrives avec un quart d'heure de retard ! »
Quelque chose me dit que Cecil n'est pas la crème de la crème des psychologues. Déjà, il est gratuit. Enfin, il est payé par la province de Colombie-Britannique, mais ça ne doit pas aller chercher bien loin. Son bureau est minuscule et encombré, avec des meubles bas de gamme, abîmés et tachés. Et puis, on dirait qu'il n'a pas pu se payer de vêtements neufs depuis i960.
Nous n'avons pas encore parlé de ÇA. Il essaie de m'y amener l'air de rien. Il me pose parfois des questions orientées. Mais quand il le fait, je prends ma voix de robot pour lui répondre. « Je-ne-sais-pas. De-quoi-vous-parlez. Espèce-d'humanoïde. » Alors, il bat en retraite.
C'est à cause de cette voix de robot que je me suis retrouvé ici. Après toute l'histoire avec maman, à Noël, mes «furies» sont revenues et je me suis mis à parler comme un robot vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et même jusqu'au déménagement à Vancouver. L'intérêt de parler robot, c'est que cela permet de tout dire sans exprimer la moindre émotion. Il-suffit-de-prendre. Une-voix. Totalement-monocorde. Ça m'aide. Mais au bout de huit jours de robot-Henry, mon entourage craquait complètement et papa m'a pris rendez-vous pour une première séance. Ensuite, il a voulu que je continue, même si entre-temps j'étais redevenu le bon vieux Henry normal.
Cecil essaie toutes ses astuces - et il en a peu - pour me faire parler de ÇA. Par exemple : la semaine dernière, j'ai dit, comme ça, en passant, que j'aimais bien écrire. Donc, aujourd'hui, il m'a donné ce cahier. « J'ai pensé que ça te plairait d'avoir un espace privé où consigner tes pensées et tes sentiments, m'a-t-il dit. Le diarisme peut être une pratique très thérapeutique.»
Je lui ai répondu que je ne pensais même pas que « diarisme » soit un mot existant. En rentrant, j'ai flanqué le cahier à la poubelle.
Bon, d'accord, je suis retourné le chercher un peu plus tard ; mais c'est uniquement parce que je m'ennuyais.
Ce qu'il y a, voyez-vous, c'est que Cecil est au courant de ÇA. Il a eu une longue conversation avec mon père avant ma première séance, et je suis prêt à parier mon poster du Danois qu'il s'est empressé ensuite de googler toute l'histoire. Et une fois qu'il a eu fini de lire tout ce qu'il pouvait trouver, je parie qu'il s'est demandé pourquoi mes parents ne m'avaient pas envoyé en thérapie immédiatement après ÇA, il y a sept mois et demi.
Je le vois d'ici : « Sapristi ! Ils ont mis le temps ! »

Challenge Petit Bac 2015 
98438537_o
Musique (1)

21 novembre 2014

Profanes - Jeanne Benameur

profanes_cd profanes profanes_babel

Editions Thélème - octobre 2013 - 8h30 - Lu par Antoine Louvard

Actes Sud - janvier 2013 - 240 pages

Babel - mai 2014 - 288 pages

Quatrième de couverture : 
Ancien chirurgien du coeur, il y a longtemps qu'Octave Lassalle ne sauve plus de vies. À 90 ans, bien qu'il n'ait encore besoin de personne, Octave anticipe : il se compose une "équipe". Comme autour d'une table d'opération mais cette fois-ci, c'est sa propre peau qu'il sauve.

Auteur :  Née 1952, en Algérie d'un père tunisien et d'une mère italienne, Jeanne Benameur vit en France depuis l'âge de 5 ans. Elle débute sa carrière d'écrivain avec des livres de jeunesse comme 'Samira des quatre routes' ou 'Adil coeur rebelle', avant d'ouvrir son registre à la littérature pour adulte. Lauréate du prix Unicef en 2001, Jeanne Benameur se distingue sur la scène littéraire avec 'Les Demeurées', l'histoire d'une femme illettrée et de sa fille. Directrice de collection chez Actes Sud junior ainsi qu'aux éditions Thierry Magnier, l'auteur publie son autobiographie, 'Ça t'apprendra à vivre' en 1998. Influencée par ses origines culturelles, Jeanne Benameur s'inspire aussi de son expérience d'enseignante pour évoquer les thèmes de l'enfance (' Présent ?') mais aussi de la sensation et du corps (' Laver les ombres') dans un style pudique et délicat. Elle publie aussi 'Les Mains libres'.

Lecteur : Antoine Louvard est élève au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris

Mon avis : (écouté en novembre 2014)
J'ai redécouvert cette lecture avec autant de plaisir que la première fois en écoutant ce livre audio. Il a fallu cependant que je m'habitue au ton, malgré tout, assez monotone du lecteur. 
A 90 ans, Octave Lassalle préfère anticiper, il décide donc de s'entourer de quatre personnes pour l'aider dans son quotidien : Marc s'occupe du petit-déjeuner d'Octave et de l'entretien du jardin. Hélène a comme mission de peindre le portrait de Claire la fille d'Octave, morte accidentellement à l'âge de 19 ans. Yolande s'occupe de la maison, du ménage, du dîner et Béatrice est présente durant la nuit.
L'écriture est sensible, émouvante et pleine de poésie. Jeanne Benameur nous livre des personnages attachants et profonds qui ensemble vont réussir à dépasser leurs douleurs et prendre confiance. Une histoire originale, magnifique, qui fait du bien et nous invite à réfléchir. Un vrai coup dcœur pour moi.  

Extrait : (début du livre)
Ils sont là, derrière la porte. Il ne faut pas que je rate mon entrée.
Maintenant que je les ai trouvés, tous les quatre, que je les ai rassemblés, il va falloir que je les réunisse. Réunir, ce n'est pas juste faire asseoir des gens dans la même pièce, un jour. C'est plus subtil. Il faut qu'entre eux se tisse quelque chose de fort.
Autour de moi, mais en dehors de moi.
Moi qui n'ai jamais eu le don de réunir qui que ce soit, ni famille ni amis. A peine mon équipe à la clinique, parce qu'ils y mettaient du leur. Je leur en savais gré. Ce n'est pas la même affaire dans une clinique, les choses se font parce que sinon c'est la vie qui part. Ce n'est pas autour de moi qu'ils étaient réunis, c'était contre la mort. Et ça, c'est fort.
Là, j'ai su tenir ma place.

J'ai quatre-vingt-dix ans. J'ai à nouveau besoin d'une équipe.
Il faut que ces quatre-là, si différents soient-ils, se tiennent. Pour mon temps à venir. Je m'embarque pour la partie de ma vie la plus précieuse, celle où chaque instant compte, vraiment. Et j'ai décidé de ne rien lâcher, rien.
Les quatre, là, derrière la porte, je les ai choisis avec soin, tant que ma conscience est aiguë. Pas question qu'on me colle n'importe qui pour s'occuper de ma carcasse quand il sera trop tard pour choisir. J'ai encore toutes mes facultés intellectuelles et physiques, même si le corps fatigue trop vite, regimbe et pousse trop la douleur dans les articulations. Je n'ai pas besoin d'eux aujourd'hui, mais j'ai toujours su anticiper.
C'est ce qui a fait de moi un bon chirurgien.
Un bon chasseur aussi.
Un paradoxe, oui, il a toujours fallu une once de mort dans ma vie.
Les bêtes tuées en plein élan, c'était mon tribut à payer. Juste "redonner la vie" à des patients, c'aurait été se prendre pour Dieu. La chasse, c'était ma façon de garder l'équilibre. Je n'y prenais pas vraiment de plaisir. Je buvais avec les autres après, je festoyais aussi. Et je retournais à la clinique.
J'ai arrêté la chasse le jour où je n'ai plus opéré.

Depuis j'ai eu le temps de réfléchir, de décider. Pas de pourriture dans le vivant, alors pas d'arrêt. C'est l'arrêt du désir qui fait le nid à tout ce qui crève. Plus d'élan, plus de vie.
Et moi je veux vivre. Pas en attendant. Pleinement.

J'ai trop vu comment ça se passait pour ceux qu'on appelle "les patients". C'est dans les chairs aussi, leur "patience". C'est cette "patience" que j'ai essayé d'extraire chaque fois que j'opérais. Cette patience-là n'est pas une vertu, quoi qu'on en dise. J'y ai mis toute ma science de bon chirurgien.

 

Déjà lu du même auteur :
les_demeur_es Les Demeurées les_mains_libres_p_ Les Mains libres 
c_a_t_apprendra___vivre Ça t'apprendra à vivre laver_les_ombres  Laver les ombres 
si_m_me_les_arbres_meurent_2 Si même les arbres meurent pr_sent Présent ? 
les_insurrections_singuli_res Les insurrections singulières profanes Profanes 

2013-12-31_160044 Pas assez pour faire une femme

6 janvier 2015

Un parfum d'herbe coupée - Nicolas Delesalle

Livre en librairie le 7 janvier 2015

Lu en partenariat avec Préludes - Livre de Poche

un parfum d'herbe coupée Préludes - janvier 2015 - 288 pages

Prix des lecteurs du livre numérique 2013

Quatrième de couverture :
« Le jour où mon père a débarqué avec son sourire conquérant et la GTS, j'ai fait la gueule. Mais j'ai ravalé ma grimace comme on cache à ses parents l'odeur de sa première clope. J'ai dit ouais, j'ai dit super, la mort dans l'âme, même si j'avais compris que la GTS pour la GTX, c'était déjà le sixième grand renoncement, après la petite souris, les cloches de Pâques, le père Noël, Mathilde, la plus jolie fille de la maternelle, et ma carrière de footballeur professionnel. » 
Par petites touches qui sont autant d'instantanés de vie, Kolia convoque les figures, les mots, les paysages qui ont compté : la route des vacances, les filles, Totor le paysan aux cèpes et la maison de famille, des livres, quelques sauterelles, Raspoutine le berger allemand... Des petits riens qui seront tout.
Un premier roman remarquable, plein d'émotion, d'humour, de poésie, de profondeur, où la petite musique singulière de l'enfance ouvre sur une partition universelle. Un parfum inoubliable...

Auteur : Nicolas Delesalle est grand reporter à TéléramaUn parfum d’herbe coupée est son premier livre.

Mon avis : (lu en janvier 2015)
Lorsque l'on m'a proposé de recevoir ce livre, la lecture de la quatrième de couverture m'a donné envie de découvrir ce livre. Une version courte de ce livre a d'abord eu une vie en livre numérique et même obtenu Prix des lecteurs du livre numérique 2013.
Kolia, le narrateur, nous raconte des moments de l'enfance qui évoquent également chez le lecteur ses propres souvenirs. L'auteur étant né en 1972, il évoque certains souvenirs des années 70 et 80.
Il raconte son dernier échange avec son grand-père, le jour de l’enterrement de sa grand-mère.

Il se souvient de ces professeurs, de celle qui l'a collé tous les mercredi de son année de quatrième pour insolence... mais qui lui a également appris à apprécier les livres et la lecture. De sa professeur de russe qui ne voulait pas le favoriser. 
Il nous confie sa jeune vocation d'astronaute et ses expériences de lancer de fusée avec comme "cobayes" vivants, des sauterelles du jardin. 
Il évoque aussi son premier baiser, ses premiers émois amoureux et comment il descendait de sa chambre la nuit en cachette pour regarder à la télévision le film du premier samedi du mois sur Canal+
Ce livre m'a fait penser à Philippe Delerm et son livre "La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules"... 

Les chapitres sont émouvants, plein d'humour, touchants, plein de tendresse ou d'espièglerie...

Mon fils (20 ans) avait entendu parler de ce livre bien avant moi et lorsqu'il a su que je l'avais reçu en avant-première, il me l'a emprunté et il l'a dévoré et beaucoup aimé. 

Merci Anne et les éditions Préludes - Livre de Poche pour cette découverte très plaisante au parfum d'enfance.

Extrait : (début du livre)
Au plafond, un ventilateur antédiluvien tournait au ralenti et découpait de grosses tranches d'air tiède qui me tombaient sur le visage.

J'étais seul dans le salon avec mon grand-père. Il dormait sur le canapé en cuir élimé. On venait d'enterrer ma grand-mère, une petite ortie brune d'origine sicilienne qui souriait tout le temps.
Les gens déambulaient sans but précis dans le jardin et la maison de mes grands-parents où flottait un parfum particulier, un mélange d'ennui, de soupe aux poireaux et de mélancolie.
Les invités rejouaient la chorégraphie sempiternelle de ces « fêtes » qui parachèvent les enterrements. Chacun faisait ce qu'il pouvait de ses pieds, de ses mains et de ses mots.
La famille se retrouvait malgré elle, penaude, désemparée, entre les petits fours, les grands silences, le vin, le café, les larmes et les sourires compatissants. On s'écoutait. On prenait le pouls du temps qui passe trop vite. Pourquoi ne se voit-on pas plus souvent ?
Les amis proches naviguaient entre les écueils. Les phrases étaient courtes. Chaque geste, chaque mot pouvait briser une molécule d'air qui en brisait une autre qui en brisait une autre et ainsi de suite, une réaction en chaîne au bout de laquelle une molécule d'eau salée pouvait finir par couler sur la joue de celui qu'on essayait de consoler.
Ma grand-mère venait de mourir de vieillesse, comme on dit. C'est-à-dire que quelque chose avait lâché quelque part. On ne savait pas trop quoi. On ne voulait plus trop savoir pourquoi. Il fallait juste l'accepter. L'accident, le cancer et toutes les saloperies du monde déclenchent la révolte, la rage puis la résignation, tiercé perdant dans l'ordre. La mort de vieillesse, on doit l'accepter d'un tenant, au comptant, toutes taxes comprises. C'est la vie.
Mon grand-père dormait de tout son long dans le canapé, allongé sur le dos, les mains croisées sur le ventre, dans la même position que ma grand-mère, dans son cercueil, sous la dalle fraîchement scellée. 
Sa respiration était lente. Il avait oublié d'ôter ses lunettes. Il avait tout oublié. Il avait oublié qu'il avait été chimiste. Spécialiste des teintures. Il avait oublié qu'il était un peu belge, un peu irlandais, un peu du Nord, un peu de Normandie, un peu barré. Il avait oublié qu'il avait vécu toute sa vie d'adulte en Argentine et au Chili, où mon père était né. Il avait oublié qu'il parlait espagnol couramment, mais avec un accent à débiter des bûches. Il avait oublié qu'il avait passé sa retraite à colorer des morceaux de coton avec lesquels il recomposait des toiles, des photographies, avant de les emprisonner sous une plaque de verre. Il accrochait ses œuvres au mur. Il y en avait partout.
Au-dessus du canapé où il ronflait, une reproduction cotonneuse du Déjeuner sur l'herbe de Manet égayait le mur couvert d'un papier peint jaune qui fut joyeux un jour mais que les années avaient rendu maussade. Je n'ai jamais été sensible à l'art de mon grand-père, mais il est le seul peintre sur coton que je connaisse, alors va pour le Déjeuner sur l'herbe tout en ouate et respect Papito.
J'ai très peu de souvenirs de mes grands-parents. J'étais le dernier des petits-enfants et quand j'ai atteint l'âge de les comprendre et de les écouter, l'un comme l'autre n'avaient plus l'envie ou la force de parler. Ne restent en mémoire que des risettes, de la tendresse et deux, trois détails qui ne feraient pas un paragraphe dans une biographie.

 Challenge Petit Bac 2015 
98438537_o
Objet (1)

 

2 janvier 2015

Qui es-tu Alaska ? - John Green

19241150 9782070695799 CVT_Qui-es-tu-Alaska-_5671

Scripto - octobre 2007 - 360 pages 

Pôle Fiction - mars 2011 - 416 pages

Gallimard Jeunesse - août 2014 - 365 pages

traduit de l'anglais (américain) par Catherine Gibert

Titre original : Looking for Alaska, 2005

Quatrième de couverture : 
Premiers amis, première fille, dernière paroles...La vie de Miles Halter n'a été jusqu'à maintenant qu'une sorte de non-évènement. Décidé à vivre enfin, il quitte le cocon familial pour partir dans un pensionnat loin de chez lui. Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C'est là aussi qu'il rencontre Alaska. La troublante, l'insaisisable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young.

Auteur : John Green est né en 1977. Il vit avec sa femme et son fils à Indianapolis, la capitale de l'Etat de l'Indiana, aux Etats-Unis. Il a reçu de nombreux prix pour ses romans, dont le Michael L Printz Award, prestigieux prix américain, pour son premier roman Qui es-tu Alaska ? John Green et son frère, Hank, sont les auteurs de Vlogbrothers, un des projets de vidéos en ligne les plus connus au monde.

Mon avis : (lu en décembre 2014)
Miles Halter est un adolescent sans ami, à 16 ans il décide de quitter le cocon familiale pour devenir pensionnaire à Culver Creek « en quête d’un Grand Peut-Être ». Il fait connaissance de Chip, alias le Colonel, de Lara, de Takumi et surtout d'Alaska...
Dès le début du livre, l'auteur instaure un certain suspense car il ya deux parties, "Avant" et "Après" et les chapitres sont numérotés comme dans un compte à rebours "cent trente-six jours avant", "cent vingt-huit jours avant"...
La petite équipe va vivre une année scolaire très particulière, dans la première partie, c'est l'insouciance de l'adolescence qui domine : ils feront de nombreuses bêtises, n'hésiteront pas à faire des entorses au règlement au risque de fâcher le directeur surnommé l'Aigle...
Puis arrive l'évènement attendu, qui m'a surpris et cueilli. Et le ton du livre change, les différents personnages s'interrogent...
Je ne veux pas trop en dire, trop en dévoiler.
Voilà une histoire bouleversante. Des personnages très attachants, en particulier Alaska est une fille mystérieuse, qui semble forte et sûre d'elle et pourtant qui cache des souffrances... 
Un livre qui m'a donné de nombreuses émotions, des rires, des larmes, le coeur serré...
Un magnifique roman sur l'adolescence, à la fois initiatique et plein d'humour.

Extrait : 
Cent trente-six jours avant

La semaine qui a précédé mon départ de Floride, où je laissais ma famille et ma petite vie insignifiante pour aller en pension dans l'Alabama, ma mère n'a eu de cesse de m'organiser une fête d'adieu. Dire que je n'en attendais pas grand-chose est un euphémisme. Plus ou moins obligé, j'ai invité tous mes «camarades de classe», la bande de nases du cours d'art dramatique et les blaireaux du cours d'anglais que, contraint et forcé, je côtoyais à la cafétéria lugubre de mon lycée, en sachant pertinemment que personne ne viendrait. Ma mère s'est pourtant entêtée, étant intimement persuadée que je lui avais caché ma popularité durant toute ma scolarité. Elle a préparé presque une soupière de sauce artichaut. A décoré le salon de serpentins verts et jaunes, les couleurs de mon nouveau bahut. A disposé deux douzaines de petits pétards tout autour de la table basse.
Et ce fameux dernier vendredi, alors que j'avais pratiquement bouclé mes valises, elle s'est assise à 16h56 sur le canapé du salon à côté de mon père et a attendu patiemment l'arrivée de la cavalerie des «au revoir» à Miles. Ladite cavalerie s'est résumée en tout et pour tout à deux individus : Marie Lawson, une toute petite blonde avec des lunettes rectangulaires, et son copain un peu fort (pour être gentil), Will.
- Salut, Miles, a dit Marie en s'asseyant.
- Salut, ai-je répondu.
- Tu as passé un bon été ? a demandé Will.
- Pas mal. Et toi ?
- Correct. On a fait Jésus-Christ Superstar. J'ai donné un coup de main aux décors. Marie était à la lumière, a précisé Will.
- Sympa, ai-je approuvé en hochant la tête d'un air entendu.

Déjà lu du même auteur :

Nos__toiles_contraires Nos étoiles contraires will&will Will & Will

 
Challenge Petit Bac 2015 
98438537_o
Lieu (1)

28 décembre 2014

Les vieux fourneaux tome 1 - Wilfrid Lupano et Paul Cauuet

Couv_210981 Dargaud - avril 2014 - 56 pages

Quatrième de couverture : 
Pierrot, Mimile et Antoine, trois septuagénaires, amis d'enfance, ont bien compris que vieillir est le seul moyen connu de ne pas mourir. Quitte à traîner encore un peu ici-bas, ils sont bien déterminés à le faire avec style : un oeil tourné vers un passé qui fout le camp, l'autre qui scrute un avenir de plus en plus incertain, un pied dans la tombe et la main sur le coeur. Une comédie sociale aux parfums de lutte des classes et de choc des générations, qui commence sur les chapeaux de roues par un road-movie vers la Toscane, au cours duquel Antoine va tenter de montrer qu'il n'y a pas d'âge pour commettre un crime passionnel.

Auteurs : Paul Cauuet est né le 11 juin 1980 à Toulouse. Dès l'enfance, le dessin est une véritable passion pour lui, grâce à l'encouragement et aux conseils de sa famille, ainsi qu'à la plongée dans la bande dessinée, d'abord avec Tintin, Astérix, puis avec Blake et Mortimer, Jeremiah, L'Incal ... Le dessin ayant toujours accompagné sa scolarité, il prolonge sa passion dans ses études d'Arts Appliqués à l'Université Toulouse Le Mirail. C'est durant cette période qu'il rencontre Guillaume Clavery, scénariste. Leur premier projet de BD est publié en 2003 aux Editions Delcourt : « Aster » une série en 4 tomes, mêlant aventure, quête initiatique, paysages oniriques et mythologie orientale. En 2010, il collabore avec le scénariste Wilfrid Lupano, qu'il connaît depuis quelques temps déjà, pour « L'Honneur des Tzarom » aux Editions Delcourt, une série en 2 tomes, une comédie spatiale narrant les aventures loufoques et déjantées d'une famille de gitans du futur. Humour débridé, action rocambolesque, décors fantastiques et aliens en tout genre font de cette série une véritable récréation à grand spectacle. La fusion improbable entre l'univers de Georges Lucas et l'ambiance des films d'Emir Kusturica. Depuis 2012, il travaille au sein de l'atelier « La Mine », à Toulouse. A la fois, atelier de travail et lieu associatif qui propose des cours et stages de BD, ateliers de modèles vivants, et autres rencontres mêlant les différents acteurs du monde du 9ème art de la Ville Rose et de sa région. En 2014, Paul Cauuet et Wilfrid Lupano se retrouvent pour une nouvelle série « Les Vieux Fourneaux » éditée aux Editions Dargaud. C'est une comédie sociale aux parfums de lutte des classes et de choc des générations qui met en scène trois septuagénaires, amis d'enfance, bien décidés à profiter du peu de temps qu'il leur reste. C'est une histoire qui mêle humour, tendresse, nostalgie, sujets de société (travail, écologie, politique,...) et une certaine vision du monde actuel.
Wilfrid Lupano est né à Nantes en 1971, mais c'est à Pau qu'il passe la plus grande partie de son enfance. Une enfance entourée des BD de ses parents, même si c'est surtout à une pratique assidue du jeu de rôle qu'il doit son imaginaire débridé et son goût pour l'écriture. Plus tard, il travaille dans les bars pour financer ses études – un peu de philo et une licence d'anglais –, il y rencontre deux futurs amis et associés, Roland Pignault et Fred Campoy. Ensemble, ils réalisent un western humoristique, Little Big Joe (Delcourt), dont le premier tome paraît en 2001. Il récidive avec Virginie Augustin et Alim le tanneur, un récit fantastique en quatre tomes, qu'il termine en 2009. Entre-temps, sa carrière est lancée, et il enchaîne les titres : L'assassin qu'elle mérite, L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu, Le Singe de Hartlepool, Azimut... En 2014, Wilfrid Lupano obtient le Fauve du meilleur polar avec Ma Révérence.

Mon avis : (lu en décembre 2014)
Pierrot, Mimile et Antoine, trois amis d'enfance se retrouvent à l'enterrement de Lucette, la femme d'Antoine. Le lendemain des obsèques, Antoine découvre chez le notaire une lettre écrite par Lucette qui lui révèle un lourd secret. Furieux, Antoine part en Toscane. Pierre et Mimile, comprennent qu'Antoine risque de faire une grosse bêtise et ils décident de partir à sa poursuite, avec Sophie, la petite fille d’Antoine, enceinte de 7 mois, qui a repris la suite de sa grand-mère avec son théâtre itinérant du Loup en Slip...
L'histoire est rythmée, pleine d'humour, les trois "vieux fourneaux" sont insupportables, impertinents et attachants. Pierrot ancien syndicaliste n'a jamais lâché les combats. Ils sont tous les trois restés jeunes dans leur tête...
La présence de Sophie génère des conflits de générations car parfois elle n'en peut plus de ces vieux : "Vous êtes inconséquents, rétrogrades, bigots, vous votez à droite, vous avez sacrifié la planète, affamé le tiers-monde !
En quatre-vingts ans, vous avez fait disparaître la quasi-totalité des espèces vivantes, vous avez épuisé les ressources, bouffé tous les poissons ! Il y a cinquante milliards de poulet élevés en batterie chaque année dans le monde, et les gens crèvent de faim !
Historiquement, vous... VOUS ÊTES LA PIRE GENERATION DE L'HISTOIRE DE L'HUMANITE !
Et un malheur n'arrivant jamais seul, vous vivez HYPER vieux !"
C'est une belle histoire d’amitié, sur fond de lutte des classes, les dialogues sont savouruex, le road trip est pleins de rebondissements et l'album s'achève sur une trouvaille de Sophie qui donne envie de se procurer le tome 2 !

Autres avis : JérômeNouketteYaneck, Canel

Extrait : (début du livre)

1454_P1 1454_P2

1454_P3 1454_P4

1454_P5 1454_P6

1454_P7 1454_P8

 

 

27 décembre 2014

Un homme effacé - Alexandre Postel

Lu en partenariat avec les éditions Folio

un homme effacé

Gallimard - janvier 2013 - 256 pages

Folio - octobre 2014 - 274 pages

Prix Goncourt du premier roman 2013

Quatrième de couverture :
« Quoi qu’il arrive, il faut vous faire à l’idée que vous ne ressortirez pas blanchi du tribunal. C’est une illusion de croire ça. On ne ressort pas blanchi d’un procès comme celui-ci. Soit on en ressort sali, soit on n’en ressort pas du tout. » Damien North est un professeur de philosophie dans une université cossue. Sa vie bascule le jour où il est accusé de détention d’images illicites, mettant en scène des enfants. L’inculpé a beau se savoir innocent, un terrible engrenage commence tout juste à se mettre en marche… Alexandre Postel décrit avec acuité la farce des conventions sociales, les masques affables sous lesquels se cachent le pouvoir, la jalousie ou le désir de nuire - et les dérives inquiétantes d’une société fascinée par les images.
Auteur : Alexandre Postel est né en 1982. Il enseigne la littérature française à Paris. Un homme effacé a reçu le prix Goncourt du premier roman 2013 et le prix Landerneau découverte 2013.

Mon avis : (lu en décembre 2014)
Damien North est un jeune enseignant de philosophie à l'université, veuf et célibataire, il est plutôt solitaire et discret. Un jour, il est accusé d'avoir téléchargé des fichiers pédopornographiques. C'est impossible, il n'a rien fait et voilà la machine judiciaire qui se met en route implacablement. Devenu un coupable malgré lui, Damien North est lâché par ses proches, son avocat lui conseille de plaider coupable pour obtenir la clémence du juge. Mais toutes les preuves sont vraiment contre et lui et le cauchemar continue pour lui. L'histoire est construite comme un suspens avec ses rebondissements, et l'angoisse de l'innocent accusé à tort. Quand et comment cela va-t-il s'arrêter ?

Merci Anna et les éditions Folio pour la découverte de cette histoire qui fait froid dans le dos.

Extrait : (début du livre)
Quelques heures avant que l’épouvante et la honte ne s’abattent sur sa vie, Damien North téléphonait au service informatique de la faculté, ce qui le mettait toujours mal à l’aise. Sa gêne ne résultait ni de ses relations avec tel ou tel informaticien, ni du dédain que professaient à l’encontre de la technologie la plupart de ses collègues, mais d’une impression troublante : l’impression d’être confronté aux émissaires d’une entité immatérielle et omnipotente, en d’autres termes à des anges, mais des anges d’un genre nouveau, ni radieux ni virevoltants, des anges qui au contraire se terraient, moroses et tout de noir vêtus, dans des sous-sols sentant la pizza froide et le renfermé — les anges d’un Dieu d’échec et de refus.
Son incompétence le poussant à solliciter plus souvent qu’un autre le service informatique, North avait en outre acquis, d’appel en appel, la certitude d’être toujours un peu plus connu de ces anges équivoques, repéré, montré du doigt, au point de devenir un de ces habitués dont on raconte en s’esclaffant la dernière gaffe, un importun qu’on écoute, le sourire aux lèvres, en clignant de l’œil pour attirer l’attention des collègues. Cette intuition n’était étayée d’aucune preuve, mais North était enclin à percevoir les choses ainsi car il était timide et par conséquent susceptible : d’imaginer que chacun de ses appels faisait les choux gras du service informatique le mortifiait. De là son inconfort lorsqu’il se résolut enfin, aux alentours de dix heures du matin, à s’emparer du téléphone.
Il s’était aperçu du problème dès le réveil. Espérant que la situation s’arrangerait d’elle-même, il avait repoussé aussi longtemps que possible le coup de fil et s’était plongé dans la lecture d’un recueil d’articles sur Descartes et l’Optique. Mais maintenant il était temps de partir pour le campus et rien n’avait changé. Assis dans un angle du salon, son ordinateur portable sur les genoux, North composa le numéro du service.
Il y eut plusieurs sonneries. Ils le faisaient exprès, North en était persuadé, pour dissuader les plaisantins ; pour le dissuader ? Il tourna la tête vers la baie vitrée. Le jardin sortait de sa nuit. La gelée qui blanchissait la pelouse aux premières heures du jour avait disparu. La lumière de février, éblouissante et pâle, frappait le mur d’enceinte. Tout au fond, les rameaux dénudés du mûrier-platane se détachaient avec une netteté hérissée sur le ciel bleu. Il faudrait les tailler, bientôt.
— Oui ?
Les anges ne s’encombrent pas de formalités.
— Bonjour, je suis bien au service informatique ?
— Je vous écoute.
Une voix distante, en désaccord avec les mots qu’elle articulait, la voix d’un homme en train de faire autre chose. North distinguait à l’arrière-plan un cliquetis continu de clavier. Il prononça les quelques mots qu’il avait préparés :
— Je vous appelle parce que j’ai un petit problème. Mon ordinateur est sur le réseau de la faculté et... je n’arrive pas à me connecter. Quand je tape mon mot de passe, il y a un écran qui me dit : accès refusé.
— Accès refusé ?
Le cliquetis du clavier s’était interrompu. North, enhardi, risqua une hypothèse :
— Je me demandais si par hasard vous étiez en train d’effectuer une opération de maintenance.
L’ange répondit par une autre question :  — Vous avez essayé de booter votre BIOS ?
— Pardon... vous dites ?
Un soupir.
— La séquence boot du BIOS, vous savez l’activer ?
— Rappelez-moi comment faire...
Le combiné du téléphone coincé entre l’épaule et l’oreille, il suivit les instructions de l’ange jusqu’au point où, la manœuvre accomplie, il ne restait plus qu’à attendre le redémarrage du système. Il y en aurait pour une petite minute, assurait l’ange : pas assez longtemps pour justifier une interruption de la communication (« je vous rappelle quand ça y est »), trop pour que le silence ne devînt pas gênant. De l’autre côté, le clavier cliquetait de nouveau, par intermittence. North crut aussi entendre un bruit répété de déglutition. L’ange devait boire son café matinal — un café au lait, supposait North, agrémenté de cannelle ou de caramel, de ceux qu’on vous sert dans des gobelets gros comme le duodénum. L’ange avait une voix à aimer ce genre de choses : une voix fade et crémeuse.
Enfin il put entrer son mot de passe.
— Toujours pareil. Accès refusé.

27 janvier 2015

La Guerre d'hiver - Philip Teir

Lu en partenariat avec Babelio et Albin Michel

babelio_x

la guerre d'hiver Albin Michel - janvier 2015 - 384 pages

traduit du suédois (Finlande) par Rémi Cassaigne 

Titre original : Vinterkriget, 2013

Quatrième de couverture :
À presque soixante ans, c'est l'heure du bilan pour Max Paul. Après avoir connu la célébrité dans les années 1990 lors de la parution de son étude sur la vie sexuelle des Finlandais, le professeur de sociologie a l'impression d'être un has-been qui n'arrive plus à écrire. Sa vie familiale lui donne tout autant de soucis, entre sa femme, Katriina, éternelle insatisfaite qui cherche à tout régenter, et ses filles, l'aînée Helen, enseignante passablement lassée, maman un peu dépassée, et la cadette Eva, étudiante en art rêveuse et désinvolte, plongée en pleine crise existentielle. Reste la jeune et jolie Laura, son ancienne élève venue l'interviewer à l'occasion de son anniversaire, dont la présence n'est pas pour lui déplaire, mais qui pourrait bien semer la zizanie.
Auteur : Né en 1980, Philip Teir est finno-suédois. Journaliste de profession, il a publié plusieurs nouvelles et de la poésie. La Guerre d'hiver, son premier roman, l'a déjà érigé au rang des jeunes auteurs les plus prometteurs en Finlande.

Mon avis : (lu en janvier 2015)
Ce livre se lit sans déplaisir, mais il m'a un peu déçu... Plus qu'un roman conjugal, c'est un roman familial qui met en scène : Max Paul, soixante ans, professeur de sociologie, qui n'arrive pas à terminer un livre qui lui tient à coeur, Katriina, sa femme, DRH dans un hôpital, et leurs filles Helen, enseignante, mariée à Christian et maman de deux jeunes enfants Amanda et Lukas et Eva, étudiante dans une école d'art à Londres. Le lecteur découvre chapitre après chapitre le quotidien de chacun des quatre personnages avec leurs interrogations sur le présent, sur leurs amours, leurs aspirations professionnelles...
A part Eva, la fille cadette, que j'ai bien aimé, les autres personnages de ce roman m'ont laissé de glace. Ni sympathiques, ni antipathiques, ils ne m'ont donné aucune émotion, aucun sentiment. J'ai trouvé ce roman ni original, ni surprenant. L'histoire se passe en Finlande, c'est à peine suggéré... Il y a cependant des petites touches humoristiques qui empêchent la lecture d'être pesante.
Le titre fait référence à un évènement historique peu connu en France, La Guerre d’Hiver a opposé la Finlande à l’Union Soviétique en 1939, et je trouve un peu gros de vouloir comparer la crise que traverse cette famille à cet épisode historique...

Merci Babelio et les éditions Albin Michel pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
La première erreur de Max et Katriina cet hiver-là - et ils devaient en faire beaucoup d'autres avant leur divorce - fut de congeler le hamster de leur petite-fille.
C'était un pur accident. Max marcha sur l'animal. Il sentit quelque chose de mou bouger sous son pied, entendit un cri curieux et déchirant _ trop tard. Éclair, âgé d'un an et demi, finit dans un sac plastique tout au fond du congélateur.
Cela suffit pour que leur fille aînée Helen refuse de leur parler pendant deux semaines. Mais en y repensant, Max se demandait si les problèmes n'avaient pas déjà commencé en novembre.

L'automne était doux. La baie de Tölöviken soupirait dans l'humide brouillard tandis que les joggeurs passaient en haletant. Un vendredi à la fin du mois, Max et Katriina furent invités à dîner chez les Keskinen. Katriina fut rapidement absorbée par la fête et Max, comme il le craignait, se trouva placé à côté de la chef de sa femme.
Wivan Winckelmann était petite, la soixantaine, dotée d'une voix affreuse qui semblait faite uniquement pour vriller les nerfs de Max. Elle était haut placée au sein de l'HNS, le système de santé de la région d'Helsinki-Nyland, une femme d'une très grande influence dans toute l'administration publique, mariée à un homme chauve aux allures de lapin, Pertti. Il semblait toujours posté un mètre derrière elle, comme s'il avait trouvé en Wivan un rempart efficace contre un monde malfaisant et exigeant.

 

Challenge Petit Bac 2015 
98438537_o
Mort (2)

Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015
Finlande

10 décembre 2014

Prix Audiolib 2015...

LOGOTYPE-2015

Lundi dernier, j'ai eu la très bonne surprise d'apprendre que
j'étais retenue pour le Prix audiolib 2015 !

A partir de janvier, je recevrai une sélection de
10 livres audio (parus entre mai 2014 et avril 2015).

Après écoute, je devrais les classer de mon préféré à celui que j'apprécie le moins.

Les 5 premiers titres choisis par le jury des bloggueurs seront alors soumis au vote du public.  

A suivre...

 

Dans le jury Prix audiolib 2015 :

Enna , LeilonnaSandrineSaxaoul, Sophie, Stephie, Sylire, Valérie, 

 

12 décembre 2014

Insensée insuline - Emmanuelle Dupinoat

insensee_insuline Edilivre - août 2014 - 246 pages

Quatrième de couverture :
Une ligne du métro parisien, un laboratoire de recherche, des cours de biochimie et quelques Polonais rapprochent Mathilde et Yann. En plus des trajets, ils partagent un fort attachement à la Bretagne. Guillemette, Camille et Etienne viennent semer des doutes, interférer dans ce duo fragile. Le temps de Yann n’est pas celui de Mathilde mais le deuil et la maladie laissent la place à une espérance insensée…

Auteur : Née à Paris et attachée de recherche en biologie, Emmanuelle Dupinoat vit en Bretagne depuis presque vingt-cinq ans.

Mon avis : (lu en décembre 2014)
J'ai accepté de lire ce premier roman car le sujet à une certaine résonnance avec certains de mes proches.
« On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Si tu veux un ami, apprivoise-moi ! » Antoine de Saint-Exupéry
Cette citation mise au début du livre résume bien l'esprit de cette histoire.
Mathilde, jeune étudiante réservée, cache un douloureux secret. De son côté, Yann, jeune chercheur, vit difficilement sa maladie, le diabète, et surtout ses contraintes. Ils ont comme point commun des cours à la fac, la même ligne de métro, la Bretagne... Tous deux vont se cotoyer, se découvrir, s'apprivoiser...
Une histoire bien écrite qui se lit facilement, une description plutôt précises de la vie d'un diabétique insulino-dépendant, des personnages touchants

Extrait : (début du livre)
Un vent glacé rafraîchissait l’atmosphère, le ciel était nuageux comme souvent ici et quelques cris d’oiseaux marins survolant la voie ferrée attestaient de la proximité de l’océan. Un homme brun, jeune, d’allure plutôt frêle et au visage hâlé maintenait entre ses jambes un volumineux sac de voyage. Il observa cette double ligne de rails, étonnamment droite, qui partait vers l’infini. Il connaissait ce point de vue par cœur pour avoir emprunté, des années durant, la passerelle qui surplombe la gare et rêvé à son avenir loin de ce cadre familier. C’était le meilleur raccourci entre le domicile de ses parents en haut de la ville et le vaste plan d’eau du sud de l’agglomération où ses rudiments de voile lui avaient d’abord été enseignés.
Ensuite, le goût de la navigation l’avait rapidement gagné et il n’avait jamais boudé les sorties en bateau avec ses amis dans la baie de Concarneau ou les croisières de quelques jours.
Yann Galimou avait patienté longtemps avant ce matin d’automne où l’inconnu s’offrait enfin à lui et ses espoirs d’indépendance devenaient une réalité palpable. Une femme de petite taille se tenait à ses côtés et ses cheveux grisonnants ne lui enlevaient en rien une prestance indiscutable.
– Promets-moi, Yann, de contacter dès ton arrivée le Docteur Pricou, insista-t-elle.
– Mais oui, Maman, lui répondit-il sèchement.
La mère s’était obstinée à conduire son fils à la gare et lui distillait ses dernières recommandations.
Lui ne l’écoutait que d’une oreille distraite, acquiesçant au hasard pour ne pas la froisser. Yann avait abandonné tout espoir de faire taire ce harcèlement bienveillant puisque les précédentes tentatives avaient été vaines, alors blasé, il abondait dans son sens. A vingt-huit ans, il était pressé de quitter le giron maternel. Sa mère l’étouffait et il aspirait vraiment à prendre son envol.
Le fils aîné Galimou avait passé six ans à Rennes, hors du nid familial, mais avait été contraint de regagner sa ville natale à la fin de sa thèse soutenue au printemps précédent. Les crédits escomptés pour lancer une étude à plus grande échelle sur l’effet cytostatique de la protéine que le thésard avait étudiée n’étaient jamais arrivés. La recherche avait dû être stoppée et le directeur du laboratoire avait été forcé de se séparer de lui. Après avoir postulé sur Rennes, Nantes et toutes les villes bretonnes susceptibles de lui ouvrir le marché du travail, Yann avait élargi son rayon d’action. Il avait envoyé de nombreux curriculum vitae et s’était vu, au bout de quelques mois, proposer ce contrat d’un an dans un centre de recherche proche de la faculté de Jussieu. Paris lui offrait son premier emploi et il n’avait pas fait la fine bouche. Il devait désormais faire ses preuves au sein d’un milieu où la concurrence était rude.

 

23 décembre 2014

Ces instants-là - Herbjørg Wassmo

Blog_LogoRentreeLitteraire2014_03

CVT_Ces-instants-la_6533 Gaïa - septembre 2014 - 399 pages

traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier

Titre original : Disse øyeblikk, 2013

Quatrième de couverture :
Elle grandit dans le nord de la Norvège, entre une mère insaisissable mais présente, une petite soeur qu’elle protège, un père qu’elle méprise avant de le haïr. Elle n’est pas coupable du mal qu’il lui fait. 

Puis elle aime le rock, la danse, les mains de l’apprenti électricien. Elle surnage face à la honte, part à la ville étudier. Son père est loin, c’est bien, mais son jeune fils aussi est loin. 
Elle lit, et brave son silence dans l’écriture. Elle se marie, publie, devient écrivain. Se bat pour sa liberté et son droit à vivre comme elle le souhaite. 
Avec pudeur et sans fard, Herbjørg Wassmo raconte ce qui fait une vie, en la présence majestueuse du Grand Nord.

Auteur : Herbjørg Wassmo est née en 1942, dans le nord de la Norvège. Ses romans et nouvelles sont empreints de l'atmosphère de ces régions septentrionales. Auteur d’une œuvre considérable. Tous ses romans sont disponibles en français. Traduite en de nombreuses langues, elle connaît un succès populaire exceptionnel. Elle est, en Scandinavie, l’écrivain mondial le plus lu, et Dina a pris place aux côtés des grandes héroïnes de la littérature.

Mon avis : (lu en décembre 2014)
J'avais choisi comme premier choix pour participer aux Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister, le livre de David Vann Goat Mountain, malheureusement il était en rupture de stock. J'ai donc choisi celui-ci car j'aime les auteurs venus du froid et que j'avais déjà lu un livre de cette auteur.
Une lecture magnifique mais exigeante. Entre roman et autobiographie, la narratrice passe en revue sa vie depuis l'adolescence jusqu'à environ ses cinquante ans.
Elle déteste son père, elle veut protéger sa soeur, elle refuse de devenir comme sa mère, soumise à son mari. Elle voudrait prendre sa vie en main, et vivre pour elle. Parfois, elle culpabilise vis à vis de ses enfants, de les laisser à sa mère ou son mari pour faire des études d'institutrice puis de littérature. Elle rêve de liberté et c'est en écrivant qu'elle arrive à se libérer du quotidien, à se sentir libre. 
Les paysages qui l'entoure ont une grande importance dans l'atmosphère que dégage cette histoire. C'est la Norvège, rude, au climat froid mais magnifique.
Au début, la lecture est un peu difficile car les personnages n'ont pas d'identité, de nom ou de prénom ils sont nommés la mère, le père, le mari, le fils, la fille, elle... Une fois le lecteur plongé dans l'histoire, il s'habitue et est captivé par cette superbe écriture. 
Au fil du livre, les morceaux de vie de la narratrice se dévoilent puis s'assemblent comme pour un puzzle. Je me suis beaucoup attachée à "elle" en découvrant ses souffrances, ses faiblesses, ses interrogations.

Merci Olivier et PriceMinister pour ce partenariat.

 

Autres avis :  Cuné, Clara, Kathel

Extrait : (début du livre)
Elle s'adosse à un mur et se laisse toucher. Sa peau se hérisse sous les mains d'un autre. Elle forme de minuscules obstacles et cherche à se protéger. Dans sa tête, une radio lui dit : Écoute. Sens ! Ceci est maintenant. Il faut que tu sentes comment c'est. Ne t'arrête pas au fait qu'il y a un goéland sur le toit. Il s'agrippe au faîte en poussant des cris.
Elle renverse la tête en arrière et ferme les yeux pour être seule. Ce n'est pas le garçon qui l'effraie, mais ce sentiment de ne pas avoir d'échappatoire. Elle l'entend parler, mais ne saisit pas ses propos. Il se rend compte qu'elle reste là les bras ballants. Et laisse tomber ses mains.
- C'est bon, t'inquiète pas, dit-il en la relâchant.
Le goéland crie. Elle est la même qu'avant. Reste juste immobile afin de pouvoir redevenir distincte à elle-même. Sans quoi elle ne sera pas visible aux autres.

Les autres sont ceux qui rient. Murmurent. Se tiennent groupés. Ceux qui savent tout ce qu'elle ignore. Par exemple pourquoi le garçon de l'été dernier ne la contacte pas. Ceux qui ont peut-être vu qu'elle tremble quand elle doit réciter quelque chose sur l'estrade. Les déclinaisons allemandes. Les prépositions. Et au tableau, les longues séries d'équations non résolues. Ceux qui savent que sa peau se rétracte, transpire. Pour ensuite se dessécher. Se mettre à sentir.
Certains collectent des preuves. Examinent. Rédigent des attestations. Des certificats de bonnes vie et moeurs. Traitent des demandes d'admission à l'école. D'autres sont assis derrière le rideau de la cuisine et savent à son sujet tout ce sur quoi elle n'a pas encore eu le temps de réfléchir. Ils sont contents ou en colère, mais jamais vides. Ils ont le droit de juger. Y compris de ce qu'ils ne savent pas, mais croient deviner.

Son père est encore debout, il est assis dans la cuisine, avec son rictus. Elle n'entre pas, mais referme la porte sans rien dire et sans aller chercher la tartine qu'il lui faut. Se contente de boire au robinet au-dessus du lavabo de la salle de bains. La porte est munie d'une bonne clef en fer que tournait naguère l'auteur. Il règne une odeur de linge de toilette humide et de vieille vapeur. La baignoire peinte en rouge avec ses pieds pattes de lion et son réservoir en cuivre gagné par le vert-de-gris ont l'air étranger. Il y a de la cendre froide sur la plaque sous le poêle.
Autrefois, l'auteur était dans cette baignoire, songe-t-elle. L'auteur avait aussi un corps. Ça fait drôle d'y penser. A présent, l'ensemble est propriété de la commune. Mais l'auteur est mort. Il n'est que honte et trahison de la patrie. Son père paie un loyer pour qu'ils puissent habiter ici. Son père est n'importe où dans les pièces. La nuit aussi.

Déjà lu du même auteur :

cent_ans Cent ans

 Challenge Voisins Voisines 2014
logo_voisins_voisines_2014_h300
Norvège

Challenge 5% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
26/30

12 novembre 2014

Peine perdue - Olivier Adam

peine perdue Flammarion - août 2014 - 416 pages

Quatrième de couverture :
Les touristes ont déserté les lieux, la ville est calme, les plages à l'abandon. Pourtant, en quelques jours, deux événements vont secouer cette station balnéaire de la Côte d'Azur : la sauvage agression d'Antoine, jeune homme instable et gloire locale du football amateur, qu'on a laissé pour mort devant l'hôpital, et une tempête inattendue qui ravage le littoral, provoquant une étrange série de noyades et de disparitions. Familles des victimes, personnel hospitalier, retraités en villégiature, barmaids, saisonniers, petits mafieux, ils sont vingt-deux personnages à se succéder dans une ronde étourdissante. Vingt-deux hommes et femmes aux prises avec leur propre histoire, emportés par les drames qui agitent la côte.

Auteur : Olivier Adam est né en 1974. Après avoir grandi en banlieue et vécu à Paris, il s'est installé à Saint-Malo. Il a publié Je vais bien, ne t'en fais pas (2000) et Passer l'hiver (Goncourt de la nouvelle 2004), Falaises, A l'abri de rien (prix France Télévisions 2007 et prix Jean-Amila-Meckert 2008), Des Vents contraires (Prix RTL/Lire 2009), Le Cœur régulier (2010), Les lisières (2012).

Mon avis : (lu en novembre 2014)
Comme souvent chez Olivier Adam, ses personnages sont cabossés, perdus où donc la vie bascule. Ici nous découvrons une station balnéaire de la Côte d'Azur hors saison. Une violente tempête a ravagé la côte et les plages. Antoine, gloire locale du club du football, a été agressé et laissé pour mort devant l'hôpital. Vingt-deux personnages de l'histoire vont tour à tour être les narrateurs d'un chapitre et le lecteur va peu à peu reconstituer le puzzle des évènements. La lecture est captivante car dans chaque chapitre il y a des ombres que l'on espère éclaircir dans un chapitre suivant. 
Avec cette construction du livre, le lecteur en sait plus que chacun des personnages, il semble donc qu'il n'y ait pas beaucoup de suspens sur les faits principaux et pourtant l'auteur réussi a être surprenant dans la conclusion de l'histoire. Au début, je regrettais que l'auteur ait abandonné la Bretagne pour la Côte d'Azur, mais sa description de la tempête est vraiment réussie. Je reste une inconditionnelle d'Olivier Adam et j'ai vraiment bien apprécié cette lecture. 

Extrait : (début du livre)
Antoine
Il sent son cœur battre dans sa tête. Ça et son souffle, ça prend toute la place. Les voitures sur le bitume humide, les moteurs les pneus, tout s’agrège en bouillie sourde à l’arrière plan. Les lumières comme des traînées orange et rouges, les palmiers les guirlandes, les néons les lampadaires, les cafés les boutiques, ça passe. Des masses plus ou moins claires, imprécises. L’hôtel où bosse Marion, ménage des chambres et petits déjeuners, son enseigne façon Los Angeles Hotel California, le mal de chien que ça lui fait de l’imaginer coucher avec l’autre connard à chemisette de VRP, le garage où il puait l’huile de moteur il y a encore un an, avant que le patron le vire parce qu’il se défonçait pendant les pauses, la clinique où le petit est né et la morsure de ne plus le voir tous les jours, ça passe. Il accélère et ça passe. La douleur dans les jambes et les poumons, les muscles qui éclatent et le souffle qui manque, l’impression d’être au bord de tomber dans les pommes, ça fait tout passer.
Antoine vire à droite et au bout de la rue la mer est lisse : une plaque d’aluminium bordée de grains quasi marron. Entre les nuages le soleil tombe en rideau comme si le ciel avait quelque chose à nous dire. Dans son dos le stade s’éloigne et il essaie de ne pas repenser au match de dimanche, la rage où ça l’a mis de se faire sécher en pleine surface, le plomb qu’il a pété et la gueule du défenseur avec, son poing sur les os qui craquent et le sang qui a giclé, il essaie de les chasser de sa mémoire même si, il ne va pas mentir, sur le coup ça l’a fait jouir. Il paraît qu’il n’est pas sûr de revenir sur le terrain. Qu’il va y avoir une commission de discipline. D’accord, pourquoi pas, mais franchement, à part lui il y a qui pour foutre le ballon au fond des cages dans cette équipe ? Et il y aura qui dans quinze jours pour ne pas se faire ridiculiser ? Ils ont tiré au sort et c’est Nantes qui est sorti du chapeau et c’est tout sauf un cadeau. Jamais tapé des mecs pareils. Jamais même pensé qu’un jour ils les auraient en face. Dixième de la ligue 1 l’an passé. Des pros dont certains ont déjà joué l’Europe et tout le bordel. Personne ne sait comment ils ont fait pour arriver jusque-là. Et eux pas plus que les autres. « La magie de la coupe de France », ils ont mis dans le journal. Il n’y a qu’à voir Calais. Quevilly. Des amateurs idem qui ont failli aller au bout. Quand il l’a rejoint dans les vestiaires après le match ce jour-là, son père lui a sorti que de toute manière il n’avait jamais su choisir, qu’il avait toujours hésité entre la boxe et le foot, mais que ce n’était pas une raison pour essayer de concilier les deux. Il a toujours été comme ça son père : un marrant. Après ça ils sont allés prendre une bière à l’Auberge de la plage. Le vieux avait encore une heure à tuer avant de partir bosser. Qu’à son âge il puisse continuer à monter des murs, ça paraît dingue. Il est sec comme les chênes-lièges là-bas dans les collines. Des fois on a l’impression que ses os pourraient craquer comme des branches, que sa peau n’est plus qu’une écorce. Il n’y avait pas grand monde à boire un coup à part deux trois retraités qui se chauffaient le dos, deux motards italiens, une femme seule d’une quarantaine d’années et un type un peu plus loin, la soixantaine, une valise à ses pieds, qui tendait son visage vers le soleil comme si ça pouvait vraiment l’en rapprocher. Ils ont bu en silence. Ils n’ont jamais trop su se parler tous les deux. Mais ça leur va. Pas besoin de se la raconter. Chacun sait qui il a en face de lui. Chacun sait à quoi s’en tenir. Antoine l’a regardé plisser les yeux en tirant sur sa sèche et il a pensé au temps où sa mère était encore là, à la façon qu’avait déjà son père de se tenir silencieux auprès d’elle. Il est gentil mais il est bavard, plaisantait-elle en passant sa main dans ses cheveux brûlés. Ce jour-là c’était Sarah qui servait. Le vieux reparti, Antoine a attendu la fin du service pour la ramener au mobile home. Ils ont baisé et ensuite ils sont restés longtemps allongés à regarder le plafond en fumant, même si en théorie ils n’ont pas le droit. Le mobile home n’est pas le sien. Et c’est non-fumeurs, a précisé son boss. Il le laisse y loger le temps des travaux, c’est tout. Après, Antoine ne sait pas. Après, il verra bien. Il a rendu les clés de l’appartement il y a deux mois. Ça en faisait dix qu’il ne payait plus le loyer. À la fin, le proprio le menaçait de lui envoyer son fils et ses potes de Bastia. Il pouvait toujours les appeler. Depuis que Marion s’était tirée avec l’autre con, depuis qu’elle avait embarqué le petit avec elle, Antoine ne supportait plus cet endroit. La chambre qu’ils avaient laissée au gamin. Le salon où ils dépliaient le canapé-lit. La table sous la fenêtre donnant sur les voies ferrées et derrière les derniers immeubles, avant que le sombre du massif ne mange le paysage. Le vent s’était levé et Sarah somnolait. Quand ça s’est mis à souffler vraiment il a cru que le toit de la caravane d’à côté allait s’envoler. Il l’avait posé la veille. Plusieurs fois dans la nuit il est sorti pour vérifier que ça tenait. Sarah a filé vers quatre heures du matin. Alex, son mec, rentrait de sa nuit vers sept. Il surveille des entrepôts à vingt kilomètres de là. Du matériel de location. Des trucs électroniques. De la hi-fi de la vidéo de l’informatique. Antoine le croise parfois avec son uniforme à la noix, sa lampe torche à la ceinture, son chien à la botte. Souvent il s’arrête prendre un café au centre-ville et attend d’être rentré chez lui pour se changer. Sûrement qu’il doit se sentir quelqu’un habillé comme ça. Sûrement que ça le fait kiffer de rentrer chez lui, de rejoindre Sarah sous les draps et de la baiser en gros dur, en flic ou en ce qu’il s’imagine être là-dedans.
Antoine accélère malgré le sable qui le fait peser trois tonnes. Le long de l’eau la ville se désagrège en hôtels vue sur mer et villas privées. Le fric qui coule à flots par ici on se demande d’où il peut bien sortir. Il prend le sentier qui mène à la grande plage, avec ses parkings sous les pins en lisière, ses trois paillotes montées sur pilotis. Jeff est tellement occupé à balayer sa terrasse qu’il ne le voit même pas. Il lutte contre le sable, grain à grain, y compris les jours où c’est fermé. En cette saison il n’ouvre que le week-end, et les midis de grand soleil. À l’arrière de la salle, près des toilettes, il a sa piaule. Un lit de camp et son sac à même le sol. Il dort là la plupart du temps. La nuit il n’y a plus qu’eux deux parmi les sables, les pins et les eaux endormies. Antoine dans son camping désert, avec ses mobile homes à moitié repeints, orange rouge turquoise émeraude lavande, ses toits à la mode tropicale à poser d’ici le début de la saison, qui commence dès mars dans le coin. Et Jeff dans sa paillote, fermée par de lourds battants de bois amovibles quand il a le courage de les mettre, c’est-à-dire pas souvent, sa batte de base-ball lui suffit, c’est ce qu’il dit, même si sous son sommier Antoine a bien vu le flingue qu’il planque au cas où. Au cas où quoi, ça il l’ignore. Tout ce qu’Antoine sait c’est qu’il n’aimerait pas avoir un truc pareil chez lui. Certains ont la chance d’être assez forts pour être sûrs qu’ils n’en feraient rien. Lui n’en est pas convaincu. Parfois il vaut mieux savoir ce dont on est capable ou pas.

Déjà lu du même auteur :

a_l_abris_de_rien_p A l'abri de rien    falaises Falaises  
 Des_vents_contrairesDes vents contraires  je_vais_bien_ne_t_en_fait_pas_p Je vais bien, ne t'en fais pas
 le_coeur_r_gulier  Un cœur régulier    kyoto_limited_Express  Kyoto Limited Express  

a_l_ouest_p  A l'ouest  les_lisi_res Les lisières 

91573026 Comme les doigts de la main

Challenge 4% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
21/24

8 novembre 2014

Les mots qu'on ne me dit pas - Véronique Poulain

les mots Stock - août 2014 - 144 pages

Quatrième de couverture :
« “ Salut, bande d’enculés ! ”
C’est comme ça que je salue mes parents quand je rentre à la maison.
Mes copains me croient jamais quand je leur dis qu’ils sont sourds.
Je vais leur prouver que je dis vrai.
“ Salut, bande d’enculés ! ” Et ma mère vient m’embrasser tendrement. »

Sans tabou, avec un humour corrosif, elle raconte.
Son père, sourd-muet.
Sa mère, sourde-muette.
L’oncle Guy, sourd lui aussi, comme un pot.
Le quotidien.
Les sorties.
Les vacances.
Le sexe.
D’un écartèlement entre deux mondes, elle fait une richesse. De ce qui aurait pu être un drame, une comédie.
D’une famille différente, un livre pas comme les autres.

Auteur : Véronique Poulain travaille dans le spectacle vivant. Elle fut pendant quinze ans l’assistante personnelle de Guy Bedos. Les mots qu’on ne me dit pas est son premier livre.

Mon avis : (lu en novembre 2014)
Véronique a grandi dans une famille pas comme les autres. Ses parents sont sourds-muets et elle entend parfaitement. Elle a dû devenir bilingue, à l'école, elle utilise les sons et les mots, en famille, elle communique avec les gestes, les regards. Avec beuoup d'humour et de tendresse elle raconte son quotidien entre ces deux mondes si différents qui se connaissent mal et se comprennent mal. A l'aide d'anecdoctes, elle nous explique les codes du monde des sourds, c'est très intéressants et cela nous fait mieux comprendre les difficultés que les sourds peuvent rencontrer dans notre société si peut soucieuse d'intégration. 
Cela se lit très facilement, les phrases sont courtes, efficaces.
Un témoignage réussi. 

Extrait : (début du livre)
Je suis bilingue. Deux cultures m’habitent.
Le jour : le mot, la parole, la musique. Le bruit.
Le soir : le signe, la communication non verbale, l’expression corporelle, le regard. Un certain silence.

Cabotage entre deux mondes.
Le mot.
Le geste.

Deux langues.
Deux cultures.
Deux « pays ».

Je tire sur sa jupe pour qu’elle me regarde.
Elle se retourne, me sourit et esquisse un mouvement de tête qui signifie : « Oui ? »
Tête levée, je frappe ma poitrine avec ma main droite : « Moi. » Je mets les doigts dans ma bouche, je les retire puis les remets : « Manger. »
Mon geste est un peu maladroit. Elle rit.
Elle déplace sa main de haut en bas sur sa poitrine comme si elle attrapait son cœur pour le placer dans son ventre : « Faim. » C’est comme ça qu’on dit au pays des sourds.
Oui, maman. J’ai faim.

J’ai soif, aussi. Je cherche ma mère. C’est le temps de mes premiers pas. J’avance en vacillant jusqu’à la cuisine et je perds l’équilibre. Ma mère se retourne instantanément et me rattrape de justesse.
Elle n’a rien entendu pourtant.
Elle sent toujours quand il m’arrive quelque chose.

Si je ne suis pas entendue, qu’est-ce que je suis regardée ! Il ne peut rien m’arriver ; mes parents ont toujours un œil sur moi.
Et pas qu’un œil. Ils me touchent beaucoup. Les regards et les gestes remplacent les mots. Un sourire. Une caresse sur la joue. Un froncement de sourcils pour le mécontentement. Des bises et des câlins pour me dire : « Je t’aime. »
C’est pas si mal. Mais j’aimerais bien qu’ils m’embrassent plus souvent. Surtout mon père.

Challenge 4% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
19/24

 Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Verbe" (12)

5 novembre 2014

A la grâce des hommes - Hannah Kent

a la grace des hommes Presses de la Cité - mai 2014 - 395 pages

traduit de l'anglais (Australie) par Karine Reignier-Guerre

Titre original : Burial Rites, 2013

Quatrième de couverture : 
Agnes Magnúsdóttir, servante dans l'Islande austère et violente du XlXe siècle, est condamnée à mort pour l'assassinat de son amant et placée dans une ferme reculée en attendant son exécution. Horrifiés à l'idée d'héberger une meurtrière, le fermier, sa femme et leurs deux filles évitent tout contact avec Agnes, qui leur inspire autant de peur que de dégoût. Seul Tóti, le révérend chargé de préparer la jeune femme à sa fin prochaine, tente de la comprendre. Au fil des mois, Agnes raconte sa vérité, aussi terrible soit-elle à accepter. Mais la justice des hommes est en marche, et pourquoi Agnes réapprendrait-elle à vivre si c'est pour mourir ?
Inspiré d'une histoire vraie, A la grâce des hommes est un roman sur la vérité, celle que nous pensons connaître et celle à laquelle nous voulons croire. Avec ce premier roman à l'atmosphère lyrique et ample, Hannah Kent s'impose d'ores et déjà comme l'un des grands écrivains de sa génération.

Auteur : Hannah Kentvit en Australie où elle est cofondatrice et rédactrice en chef adjointe d'une revue littéraire. Elle donne également des cours d'écriture et d'anglais à l'Université de Flinders, où elle achève en parallèle son doctorat. A la grâce des hommes est son premier roman.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
Cette auteur australienne s'est inspirée d'une histoire vraie pour raconter la vie d'Agnes Magnúsdóttir en Islande au XlXème siècle. Agnes est accusée de complicité pour le double meurtre de Natan Ketilsson et Pétur Jonsson. Elle est condamnée à mort. En attendant d'être exécutée, Agnes est placée dans la ferme de Jon Jonsson, le policier du canton, dans la campagne islandaise, à Kornsa. Son arrivée n'est souhaitée par personne, le fermier et sa femme ont peur pour leur sécurité et celle de leurs deux filles. Seul Tóti, le sous-révérend, va être un soutien pour elle, il a été chargé de préparer Agnes à sa mort prochaine. Pour cela, il va lui demander de lui raconter toute sa vie. Visites après visites, Agnes va pouvoir donner sa vérité et le lecteur découvre vraiment qui est cette femme.
L'environnement a également toute son importance, les conditions de vie dans les fermes du nord de l'Islande sont rudes. 
Un livre bouleversant et passionnant que j'ai découvert grâce au Café Lecture mensuel de la Bibliothèque.

Extrait :

Hannah KENT - A la grâce des hommes aux éditions PRESSES DE LA CITE
Publicité
A propos de livres...
Publicité
A propos de livres...
Newsletter
56 abonnés
Publicité
Albums Photos
Visiteurs
Depuis la création 1 387 645
Publicité