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A propos de livres...
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27 mai 2015

Baronne Blixen - Dominique de Saint Pern

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9782234076365-X Stock - janvier 2015 - 432 pages

Quatrième de couverture : 
Karen Blixen, roman. La baronne a eu en effet la vie la plus romanesque qui puisse être. On serait tenté de dire : les vies. Chasseresse africaine au Kenya, hôtesse mondaine dans sa demeure maritime de Rungstedlund au Danemark, conteuse au profil acéré d’oiseau de proie, amoureuse et amante, de Denys Finch Hatton à sa dernière passion nordique, Thorkild BjØrnvig, un poète de trente ans son cadet ! Écrivain et démiurge, mondialement célébrée et lue.
Comment chanter sa singularité, sa liberté, son souverain mépris des codes et des convenances ? Dans ce roman vrai, de l’Afrique au Danemark, de New York à Londres, c’est toute une folle époque qui revit ici en couleurs et en cinémascope : Dominique de Saint Pern ressuscite la femme courageuse et la diablesse, mais aussi l’âme de cet âge d’or où l’on savait aimer, écrire et mourir en beauté.

Auteur : Dominique de Saint Pern est journaliste et collabore à M Le magazine du Monde. Elle est l’auteur de L’Extravagante Dorothy Parker (1994), Les Amants du soleil noir (2005) et Pour l’amour d’un guerrier (2007).

Mon avis : (lu en mai 2015)
Karen Blixen, ce nom m'évoque en premier lieu le film Out of Africa. Puis j'ai découvert l'auteur danoise avec La ferme africaine et Le festin de Babette (également merveilleusement adapté au cinéma). 
Avec Clara Svendsen, comme narratrice, l'auteur revient sur la vie de Karen Blixen de 1914 avec son arrivée à Nairobi, jusqu'à 1931 et son retour au Danemark. A partir de 1943, Clara Svendsen a été la dame de compagnie de Karen pendant plus de vingt ans puis son exécutrice littéraire. 
Tout commence par la rencontre de Clara avec Meryl Streep en Afrique. Toutes deux reviennent sur les lieux où Karen Blixen a vécu en Afrique. 
Cette biographie romancée de Karen Blixen est passionnante et bien documentée. Elle se lit facilement et fait voyager dans le temps, en Afrique... J'ai beaucoup aimé.
Cette lecture m'a également donnée envie de revoir le film Out Africa... 

Extrait : (début du livre)
Je savais quels seraient mes premiers mots.
"Taxi, conduisez-moi à la vieille gare, nous nous y arrêterons un instant, puis vous prendrez la Railway road et me déposer à l'hôtel Norfolk."
J'entrerai dans Nairobi par le chemin que Karen Blixen a emprunté la toute première fois, en 1914. Je dormirai dans l'hôtel où elle a passé sa première nuit africaine. J'ai accepté l'invitation de la production du film et, depuis, j'ai refait cent fois ce trajet imaginaire jusqu'à "l'hôtel des lords". 
J'arrivais un peu fatiguée par le long vol depuis Copenhague, ça ne m'empêchera pas de suivre la route de terre battue que, soixante-dix ans plus tôt, Karen et Bror Blixen tout juste mariés découvraient, bringuebalés dans une carriole tirée par des mulets. Bror et Karen au seuil de leur existence. Les Blixen, maîtres des hautes terres avec, sous leurs pieds, l'Afrique pour terrain de jeux. Deux adorables fous, encore essouflés d'avoir échappé à un danger terrifiant : la vie sous linceul qui les menaçait en Scandinavie. Je ferme les yeux. Karen ne sait où poser le regard. Sur les parures de plumes ? Sur les peaux nues luisantes ? Les couleurs l'étourdissent. Trop exubérantes. Le grouillement fébrile des rues, aussi. Puis, l'émotion incontrôlable. La voilà foudroyée. Grisée des arômes violents, amalgames de sueur, de fumées âcres, de crottin de cheval. Elle n'a connu que les senteurs fraîches des forêts danoises et les tons d'aquarelle des jardins nordiques.

 

Avec ce livre s'achève la sélection du Prix Relay des Voyageurs.
Dès aujourd'hui, il est possible de voter pour votre livre préféré ICI

 

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20 mai 2015

Les petits vieux d'Helsinki - Minna Lindgren

Lu en partenariat avec Calmann-Levy

les petits vieux d'Helsinki Calmann-Levy - avril 2015 - 352 pages

traduit du finnois par Martin Carayol

Titre original : Kuolema Ehtoolehdossa, 2013

Quatrième de couverture : 
En plein coeur d’Helsinki, venez découvrir la résidence du Bois du Couchant…
D’apparence charmante, il ne fait en réalité pas si bon finir ses jours dans cette maison de retraite où le drame ne cesse de frapper.
Olavi, l’ancien combattant, est convaincu que son infirmier a abusé de lui sous la douche ; son ami Reino, prote et grand séducteur, se voit confiné au service de démence lorsqu’il dénonce le scandale en pleine partie de cartes ; et Tero, le jeune cuistot, est retrouvé pendu. Pour Siiri et Irma, il n’y a aucun doute : quelque chose de louche se profile au sein de l’administration
de la résidence. C’est alors que les deux amies se décident à enquêter, épaulées par un chauffeur de taxi Hells Angels qui connaissait bien Tero.
Entre tension artérielle, pertes de mémoire, surdité et déambulateur, l’enquête va s’avérer ardue, d’autant plus qu’Irma est soudainement internée de force dans la section fermée de la résidence…
Mais pour Siiri, pas question de jeter l’éponge !

Auteur : Née en Finlande en 1963, Minna Lindgren est journaliste freelance et chroniqueuse, écrivain. Elle a écrit des ouvrages de non-fiction sur la musique classique et a obtenu le prestigieux Bonnier Journalism Prize pour son article sur le décès de son père.
Minna Lindgren est reconnue dans son travail pour ses écrits fantasques sur des thèmes aussi variés que l’opéra ou la mort.
Avant d’écrire, elle a travaillé à la radio-télévision publique nationale de Finlande. Les deux premiers volets de sa trilogie des Petits vieux d’Helsinki ont connu un vif succès dans son pays et le dernier tome paraîtra en 2015 en Finlande.

Mon avis : (lu en mai 2015)
Lorsque j'ai reçu ce livre et la proposition de rencontre avec le traducteur à l'Institut Finlandais, j'ai toute suite vu une analogie avec le livre Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire... Un titre et une couverture assez proche... Ici ce n'est pas la Suède, mais la Finlande, "Les vieux" sont en majorité des "vieilles", et alors que le vieux fuyait sa maison de retraite, ici, la maison de retraite du Bois du Couchant est au centre du livre.
Siiri, Irma et Anna-Lisa sont trois nonagénaires de cette résidence située au coeur d'Helsinki, elles sont très différentes mais également très copines. Lorsque le jeune cuisinier des lieux va être trouvé pendu, nos trois amies sont bien décidées à découvrir ce qui se trame au Bois du Couchant...
Ce roman n'est pas vraiment un roman policier car nos enquêtrices sont assez farfelues et n'ont plus une très bonne mémoire... Cette histoire est surtout un prétexte pour découvrir Helsinki à l'occasion des balades en tram de Siiri, pour écouter les souvenirs de ces nonagénaires énergiques et loufoques, les voir face au monde moderne. L'auteur a voulu dénoncer les problèmes de la prise en charge des personnes âgées par la société finlandaise. Car il se passe de drôles de choses au Bois du Couchant...
Le rythme du livre est plutôt lent, parfois un peu brouillon cela reflète bien l'état d'esprit de nos héroïnes qui utilisent canne et déambulateur et dont les pertes de mémoires brouillent un peu l'évolution et la résolution de leur enquête.
J'ai passé un bon moment à suivre les péripéties de nos petits vieux d'Helsinki qui savent profiter de la vie malgré leur grand âge...
Ce livre est le premier d'une trilogie, le second tome doit paraître à l'automne prochain.

Extrait : (début du livre)
Chaque matin à son réveil, Siiri Kettunen constatait qu'elle n'était toujours pas morte. Puis elle se levait, se lavait, s'habillait et grignotait son petit déjeuner. Cela se faisait lentement, elle avait tout son temps. Elle lisait le journal avec soin et écoutait les matinales à la radio, de façon à sentir qu'elle faisait bien partie du monde. Vers 11 heures, elle partait souvent pour une balade en tamway, mais ce jour-là elle n'en eut pas la force.
Dans l'espace de convivialité de la résidence du Bois du Couchant, les lampes puissantes rappelaient l'atmosphère d'une salle d'attente chez le dentiste. Sur les canapés, quelques vieillards assoupis attendaient le déjeuner. Dans un coin, l'ambassadeur, Anna-Liisa et Irma jouaient à la canasta sur une table de jeu couverte de feutrine. L'ambassadeur était plongé dans ses cartes, Anna-Liisa commentait tous les coups et Irma semblait frustrée de voir la partie avancer si lentement. Puis elle aperçut Siiri, et ses yeux s'éclairèrent. 

 

 

Challenge Petit Bac 2015 
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Géographie (4)

Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015
Finlande

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  19/25 

29 avril 2015

Le Syndrome du pire - Christoffer Carlsson

 Lu en partenariat avec Babelio et les éditions Ombres noires

le syndrome du pire Ombres noires - mars 2015 - 352 pages

traduit du suédois par Carine Bruy

Titre original : Den Osynlige Mannen Från Salem, 2013

Quatrième de couverture :
Stockholm, fin de l'été 2013. Une jeune droguée, Rebecca Salomonsson, est abattue dans un foyer pour femmes. Trois étages plus haut, dans son appartement, Leo Junker est réveillé par les lumières des voitures de police. Flic, il travaille aux affaires internes, la division la plus mal vue, celle des "rats" qui enquêtent sur leurs collègues. Suspendu depuis "L'affaire Gotland", au cours de laquelle il a commis une erreur qui a coûté la vie à un policier, rongé par la culpabilité, Leo s'étiole dans son nouveau job. Alcool, errances nocturnes, sa vie ressemble à un lent naufrage. Mais, dans le meurtre Salomonsson un indice le frappe particulièrement, qui fait ressurgir à sa mémoire des personnages troubles de son adolescence: Julia et John Grimberg. De plus, des messages énigmatiques arrivent à son portable. Et pourquoi a-t-il le sentiment diffus d'être suivi? Quand la réalité se délite, à quoi peut-on s'attendre, sinon au pire? 
Déjà traduit dans plus de 16 pays, Le Syndrome du pire a été élu roman policier de l'année par l'Académie des auteurs de roman policier suédois. Ce prix a déjà récompensé de grands noms du polar tels que Stieg Larsson, Henning Mankell, Johan Theorin ou Åke Edwardson.

Auteur : Christoffer Carlsson est né en 1986. Titulaire d'un doctorat en criminologie, il enseigne cette discipline. En 2012, l'European Society of Criminology lui a décerné le Young Criminologist Award pour son travail de recherche sur la rédemption des anciens criminels. 
Le Syndrome du pire a été élu roman policier de l'année par l'Académie des auteurs de romans policiers suédois.

Mon avis : (lu en avril 2015)
Leo Junker fait partie de la police, il est acuellement suspendu après "L'affaire Gotland" qui s'est terminé en fiasco. Depuis, il déprime et se réfugie dans l'alcool et les nuits blanches. Et voilà qu'une jeune droguée est assassinée dans le foyer pour femmes situé au 1er étage de l'immeuble de Leo Junker. Réveillé par les lumières des gyrophares, il ne peut pas s'empêcher d'aller voir la scène de crime et des souvenirs de son enfance ressurgissent...

Dans ce roman policier, le lecteur va découvrir l'enquête présente mais également les souvenirs d'enfance de Leo et les errances présentes de Leo.
La construction de ce roman policier suédois est originale mais je n'ai pas été captivée par ce livre, Leo Junker est attachant, mais je devais en attendre trop à cause de la phrase présente sur la couverture  « Élu roman policier de l’année en Suède »...

Merci Babelio et les éditions Ombres noires pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
À mon réveil, il fait noir et j’ai la certitude que quelque chose est arrivé. Du coin de l’œil, je vois un flash. De l’autre côté de la rue, la façade du bâtiment est frappée par des lumières bleues aveuglantes. Je me coule hors de mon lit, gagne la kitchenette, bois un verre d’eau et glisse un comprimé de Serax sur ma langue. J’ai rêvé de Viktor et de Sam.
Le verre vide à la main, je me dirige vers le balcon et ouvre la porte-fenêtre. Le vent, chaud mais humide, me fait frissonner et je découvre l’attroupement en contrebas. Une ambulance et deux voitures de police sont garées devant l’entrée. Un agent tend un ruban bleu et blanc entre deux réverbères. Je perçois des voix étouffées, le crachotement d’une radio de police et le clignotement silencieux des gyrophares. Et au-delà, la rumeur d’un million d’habitants, le son d’une capitale provisoirement assoupie.

Je retourne à l’intérieur, enfile un jean, boutonne une chemise et passe la main dans mes cheveux. Sur le palier : un ventilateur qui tourne quelque part derrière le mur, le frou-frou discret de vêtements, une voix basse qui marmonne. Quelqu’un a pressé le bouton d’appel de l’antique ascenseur et la cabine amorce sa descente dans un grincement métallique, qui fait vibrer toute la cage.
— On ne peut pas mettre cette saloperie d’ascenseur hors-service ? siffle quelqu’un.
La cabine couvre le bruit de mes pas tandis que je descends l’escalier qui s’enroule autour de la petite cage. Je m’arrête au deuxième étage et attends. Sous mes pieds, au premier, quelque chose s’est produit. Et ce n’est pas la première fois.
Il y a plusieurs années, une association caritative, aidée par la donation d’une personne qui ne savait plus quoi faire de son argent, a acheté le vaste appartement du premier étage. Le groupe a transformé les lieux en un centre d’hébergement pour les marginaux et l’a baptisé Chapmansgården. Ils sont inspectés au moins une fois par semaine, en règle générale par des bureaucrates blasés envoyés par les services sociaux, mais souvent aussi par la police. Le centre est géré par une ancienne assistante sociale, Matilda ou Martina, je ne me souviens plus de son nom. Elle est âgée, mais inspire davantage le respect que la plupart des officiers de police.
En jetant un coup d’œil par-dessus la rampe, je constate que la porte en bois du centre est ouverte. Les lumières y sont allumées. La voix agacée d’un homme est tempérée par celle, plus douce, d’une femme. La cabine passe devant moi, elle me dissimule aux regards tandis que je la suis jusqu’au premier étage. Les deux agents en faction se figent en m’apercevant. Ils sont jeunes, bien plus jeunes que moi. L’ascenseur s’immobilise au rez-de-chaussée et soudain, tout devient très silencieux.
— Fais attention où tu marches, dit la femme à son collègue.
— Installe le périmètre, répond-il en lui tendant le rouleau de ruban bleu et blanc, ce qui lui vaut un regard noir.
— Toi, tu t’en charges, moi, je m’occupe du type.
Elle a retiré sa casquette et la tient à la main. Ses cheveux sont relevés en queue-de-cheval et on dirait qu’elle a subi un lifting. L’homme a une mâchoire carrée et un regard doux. J’ai le sentiment qu’ils sont tous les deux secoués parce qu’ils n’arrêtent pas de consulter leur montre. Sur les épaulettes de leur uniforme, il n’y a qu’une seule couronne dorée, pas de galons. De simples gardiens de la paix donc.
Il se dirige vers la cage d’escalier avec le ruban. Je m’efforce de sourire à la femme.
— Écoutez, dit-elle, il s’est passé quelque chose et j’aimerais que vous ne quittiez pas le bâtiment.
— Je ne sors pas.
— Que faites-vous ici alors ?
Je tourne les yeux vers la large fenêtre du palier, qui donne sur l’immeuble d’en face. Il est encore baigné de lumière bleue.
— Je me suis réveillé.
— Vous avez été réveillé par les gyrophares ?
J’acquiesce, sans vraiment savoir ce qu’elle pense. Elle paraît surprise. Je détecte une odeur âcre et ce n’est qu’à cet instant que je remarque à quel point elle est pâle et que ses yeux sont injectés de sang. Elle vient de vomir.
Elle incline la tête très légèrement, presque imperceptiblement, et fronce les sourcils.
— Nous sommes-nous déjà rencontrés ?
— Je ne pense pas.
— En êtes-vous sûr ?
— Je suis policier, je tente, mais… non, je ne pense pas que nous nous soyons déjà rencontrés.

 

Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015
Suède

 

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  18/25 

Challenge Petit Bac 2015 
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Mort (3)

18 novembre 2014

Vers le bleu - Sabrina Bensalah

 

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vers le bleu Editions Sarbacane - octobre 2014 - 188 pages

Quatrième de couverture :
Coincée dans une caravane entre une mère irresponsable et une petite soeur farfelue, Nel, 18 ans, voudrait fuir sa vie trop étroite. Partir loin, juste après l'élection de la Mini-Miss Camping à laquelle Noush rêve de participer... Mais rien ne se passera comme prévu, dans la vie « cabossée bizarre » de Nel et Noush. Et tant mieux, au fond : sinon, comment pourraient-elles espérer aller un jour vers le Bleu.

Auteur : Sabrina Bensalah est née en 1979 à Roanne. Diplômée des Beaux-Arts de Saint-Étienne en communication visuelle, elle décide de devenir auteur-illustratrice tout en enseignant le dessin.
Vers le bleu est son premier roman.

Mon avis : (lu en novembre 2014)
Vers le bleu est un titre à la fois poétique et mystérieux.
A 18 ans Nel (Ornella) rêve de quitter sa vie difficile dans une caravane avec la Mère et Noush (Anoushka) sa petite soeur âgée de neuf ans. Elle rêve de prendre son indépendance, de pouvoir reprendre des études. En attendant, elle doit s'occuper de Noush une petite fille nature, pleine de vie : son dernier projet, c'est l'élection de la Mini-Miss Camping. Nel a décidé de rester jusqu'à cette élection ensuite, elle partira vivre sa vie !
Mais rien ne se passera comme prévu... La Mère a accepté de suivre un homme plein de promesse et elle est partie sans prévenir... Laissant Noush sous la responsabilité de Nel.
Celle-ci va se débrouiller comme elle peut pour subvenir aux moyens de toutes deux. Heureusement il y a les commerçants et habitués du camping  
Anémone, Marcus, Emilien, Gaston, Arsène, Gino qui sont solidaires avec les deux soeurs, toujours prêts à les aider dans le quotidien. Et l'espoir de jours meilleurs est toujours là.
Au début, j'ai été un peu gênée par le style oral et les mots familiers très présent mais 
cette écriture simple est cohérente avec la situation.
Une lecture émouvante, des personnages très attachants et authentiques.

Merci Babelio et les éditions Sarbacanes pour cette très belle découverte et pour les marque-pages joints avec le livre.

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Extrait : (début du livre)
Le haut-parleur braille le programme de la journée. Juste au-dessus de la caravane. Même en écrasant l'oreiller sur ma tête, j'entends qu'on nous promet 28° cet après-midi ! Impossible de dormir : j'enjambe ma petite soeur, puis recouvre d'un plaid la Mère affalée sur la banquette.
J'ouvre la caravane sur N'oubliez pas la soirée Michel François et ses Michettes en essayant de faire le moins de bruit possible - raté, Noush se réveille. Ses yeux tout ronds me trouvent puis très vite me supplient de ne pas la laisser ici. Je ne refuse pas. J'aurais préféré être seule, mais ce matin je devine que moi sans elle, c'est impossible.
- Habille-toi, alors ! Je vais aux toilettes.
Sa bouche s'étire en un sourire rassuré.
Je referme la porte, bruyamment ; même un hélicoptère atterrissant sur la caravane ne réveillerait pas la Mère.

Dans le lavabo douteux, j'arrose mon visage. Le miroir couvert d'éclaboussures de dentifrice. Camping 2 étoiles. Filantes !
Noush arrive en courant, je reconnais le vacarme que font ses tongs sur les graviers. Elle porte sa robe bleue assortie à ses yeux, assorties à ses genoux surtout.
Elle s'accroche à ma taille et me serre fort.
- T'as soif, Noush ?
Elle me libère de son câlin qui me broyait le bassin puis lape goulûment mes mains pleines d'eau. Sa robe se mouille et elle rit aux éclats. A la commissure de ses lèvres, il reste une petite trace du choco sans doute englouti à la va-vite ; je l'essuie avec mon doigt.

  Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Animal" (10)

Challenge 4% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
22/24

 

 

21 octobre 2014

Charlotte - David Foenkinos

9782070145683_1_75 Gallimard - août 2014 - 224 pages

Prix Renaudot 2014

Prix Goncourt des Lycéens 2014

Quatrième de couverture :
Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu'elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d'une œuvre picturale autobiographique d'une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : « C'est toute ma vie. » Portrait saisissant d'une femme exceptionnelle, évocation d'un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d'une quête. Celle d'un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.

Auteur : Romancier, scénariste et musicien, David Foenkinos est né en 1974. Auteur de treize romans traduits en quarante langues, il a notamment publié Le potentiel érotique de ma femme, Nos séparations, La délicatesse, Les souvenirs et Je vais mieux. En 2011, il a adapté au cinéma avec son frère son livre La délicatesse, avec Audrey Tautou et François Damiens.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
J'ai eu un vrai coup de cœur pour ce livre. David Foenkinos nous avait habitué à des histoires plutôt légères. Ici c'est très différent, il a voulu rendre hommage à Charlotte Salomon une artiste peintre allemande née en 1917 et morte à vingt-six ans et la faire sortir de l'oubli. Et c'est réussi ! David a découvert Charlotte un peu par hasard et depuis elle le hante. Il a donc voulu en savoir plus et il est parti sur ses traces. Dans ce livre, il nous raconte sa quête et surtout la vie trop courte de Charlotte Salomon. C'est bouleversant, touchant et l'auteur a choisi d'écrire cette histoire sous la forme d'un long poème en vers libres pour éviter le pathos et trouver le ton juste pour raconter son œuvre, son mal de vivre, son destin tragique.

Extrait : (début du livre)
Charlotte a appris à lire son prénom sur une tombe.

Elle n’est donc pas la première Charlotte.
Il y eut d’abord sa tante, la sœur de sa mère.
Les deux sœurs sont très unies, jusqu’à un soir de novembre 1913.
Franziska et Charlotte chantent ensemble, dansent, rient aussi.
Ce n’est jamais extravagant.
Il y a une pudeur dans leur exercice du bonheur.
C’est peut-être lié à la personnalité de leur père.
Un intellectuel rigide, amateur d’art et d’antiquités.
À ses yeux, rien n’a davantage d’intérêt qu’une poussière romaine.
Leur mère est plus douce.
Mais d’une douceur qui confine à la tristesse.
Sa vie a été une succession de drames.
Il sera bien utile de les énoncer plus tard.

Pour l’instant, restons avec Charlotte.
La première Charlotte.
Elle est belle, avec de longs cheveux noirs comme des promesses.
C’est par la lenteur que tout commence.
Progressivement, elle fait tout plus lentement : manger, marcher, lire.
Quelque chose ralentit en elle.
Sûrement une infiltration de la mélancolie dans son corps.
Une mélancolie ravageuse, dont on ne revient pas.
Le bonheur devient une île dans le passé, inaccessible.
Personne ne remarque l’apparition de la lenteur chez Charlotte.
C’est bien trop insidieux.
On compare les deux sœurs.
L’une est simplement plus souriante que l’autre.
Tout au plus souligne-t-on, ici ou là, des rêveries un peu longues.
Mais la nuit s’empare d’elle.
Cette nuit qu’il faut attendre, pour qu’elle puisse être la dernière.

C’est un soir si froid de novembre.
Alors que tout le monde dort, Charlotte se lève. 
Elle prend quelques affaires, comme pour un voyage.
La ville semble à l’arrêt, figée dans un hiver précoce.
La jeune fille vient d’avoir dix-huit ans.
Elle marche rapidement vers sa destination.
Un pont.
Un pont qu’elle adore.
Le lieu secret de sa noirceur.
Elle sait depuis longtemps qu’il sera le dernier pont.
Dans la nuit noire, sans témoin, elle saute.
Sans la moindre hésitation.
Elle tombe dans l’eau glaciale, faisant de sa mort un supplice.

On retrouve son corps au petit matin, échoué sur une berge.
Complètement bleu par endroits.
Ses parents et sa sœur sont réveillés par la nouvelle.
Le père se fige dans le silence.
La sœur pleure.
La mère hurle sa douleur.

Le lendemain, les journaux évoquent cette jeune fille.
Qui s’est donné la mort sans la moindre explication.
C’est peut-être ça, le scandale ultime.
La violence ajoutée à la violence.
Pourquoi ?
Sa sœur considère ce suicide comme un affront à leur union.
Le plus souvent, elle se sent responsable.
Elle n’a rien vu, rien compris à la lenteur.
Elle avance maintenant la culpabilité au cœur.

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Dessin de Charlotte Salomon

 Challenge Petit Bac 2014
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"Prénom" (12)

Challenge 3% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
13/18

 

Déjà lu du même auteur : 

les_souvenirs Les souvenirs la_d_licatesse_folio  La délicatesse 

je_vais_mieux_foenkinos Je vais mieux (1)  93352318 La tête de l'emploi 

98434748 Je vais mieux

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18 mai 2014

Traîne Savane, cent vingt jours dans le vie de David Livingstone - Guillaume Jan

Lu en partenariat avec les éditions Intervalles

arton138-165x250 Editions Intervalles - avril 2014 - 320 pages

Quatrième de couverture : 
Deux amoureux se perdent dans la jungle et rêvent de se marier au prochain village pygmée Traîne-Savane raconte l’histoire (vraie) de ce mariage romanesque décidé sur un coup de tête, au bout d’une longue errance au cœur de la forêt congolaise. Cent cinquante ans plus tôt, le zélé missionnaire David Livingstone déambulait le long des fleuves d’Afrique centrale, à la recherche d’une terre promise, d’une autoroute du commerce ou de sources miraculeuses. Fantasque et têtu, rêveur et maladroit, l’explorateur menait vaillamment ses combats impossibles jusqu’à ce que Stanley le retrouve sur les berges du lac Tanganyika et lui lance son mythique : « Doctor Livingstone, I presume... » En tressant ces deux parcours picaresques, Guillaume Jan relie le destin de ces Don Quichotte qui, chacun à leur manière, donnent leur cœur au continent noir. Curieusement, aucune biographie solide du Docteur Livingstone n’avait été jusqu’ici établie en langue française.

Auteur : Guillaume Jan est né en 1973. Il a été palefrenier, barman, chercheur d’or, auto-stoppeur, libraire et grand reporter. Il vit aujourd’hui à Paris. Il a publié le récit d’un aventureux vagabondage sur le fleuve Congo (Le Baobab de Stanley, éditions François Bourin, 2009) et un roman de flâneries chaotiques à travers les Balkans (Le Cartographe, Intervalles, 2011).

Mon avis : (lu en mai 2014)
Lorsque ce livre m'a été proposé en partenariat, je suis allée sur wikipédia voir qui était David Livingstone, son nom ne m'était pas inconnu... Donc l'idée de lire un roman autour d'un explorateur et d'une expédition en Afrique était très attirante. 
Je n'ai pas été déçue. L'auteur, Guillaume est un grand voyageur, lors d'un voyage sur le fleuve Congo, il avait rencontré Belange, une jolie jeune fille de Kinshasa. Il ne lui avait pas promis qu'il reviendrait... Mais deux ans plus tard, Guillaume est de retour au Congo, un pays qui l'attire... Il retrouve Belange et tous décident d'aller rencontrer les Pygmés. Le voyage est un peu épique car la carte est restée en France et les deux amoureux se trompent de bus... Finalement le plus court pour atteindre leur destination c'est de traverser pendant plus de cent kilomètre la forêt équatoriale. Avec Joël, leur guide, ils marchent pendant quatre jours en tongs, s'émerveillant de la nature et des rencontres qu'ils vont faire. Ils décident même de conclure ce voyage inoubliable par un mariage.
Cent cinquante ans plus tôt, le missionnaire David Livingstone parcourait également de long en large l'Afrique.
En parallèle, le lecteur suit donc l'expédition de quelques jours de Guillaume et Belange au cœur de la forêt congolaise et le portrait de David Livingstone durant sa traversée de l'Afrique, son expédition sur le Zambèze et sa recherche presque désespérée des sources du Nil. David Livingstone aime l'Afrique et les africains, déterminé, têtu mais également idéaliste et rêveur, il va consacrer sa vie à ses expéditions.
J'ai beaucoup aimé la présence de la carte du début du livre qui permet au lecteur de suivre plus facilement les différents périples chaotiques de Livingstone et celui des amoureux. Les aventures du présent et du passé de nos deux explorateurs sont savoureuses et épiques. Une très belle découverte.

Merci Mégane et les éditions Intervalles pour cette découverte amusante et passionnante.

Extrait : (début du livre)
BAM BAM BAM BAM !
- Monsieur Guillaume ! Il est l'heure de se réveiller !
Le poing d'Elvis a cogné si fort que la porte de la case a failli se briser. L'autre poing d'Elvis suspend une lampe à pétrole sous le toit de palmes. Notre hôte s'assure que que je l'ai bien entendu et retourne se fondre dans la nuit. Quelques oiseaux font froufrouter leurs plumes, un rongeur gratte le mur de boue séchée et si je tends l'oreille, je crois reconnaître un bruit de tam-tam, une rumeur sourde, étouffée par la végétation. Je me retourne sur le lit de branches sèches, le premier coq va bientôt va bientôt chanter, puis ce sera toute la basse-cour de fortune qui s'activera.
A côté de moi, Belange dort encore, immobile comme une étoile. Ce ne sera pas une mince affaire de la réveiller : je lui chuchote des mots doux, lui caresse le front, lui flatte la joue ; j'effleure sa nuque, je promène mes doigts sur son épaule et fais claquer quelques baisers dans le creux de son oreille. Enfin, elle ouvre un œil. Nous ne devons pas traîner, la route nous attend. Cent dix kilomètre au cœur de la forêt équatoriale. Sans un village, a prévenu Elvis. Il a même ajouté : Ce voyage, c'est la mer à boire.

 Challenge Petit Bac 2014
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"Moment/Temps" (6)

10 janvier 2014

Au vent mauvais - Rascal et Thierry Murat

9782754807289 Futuropolis - mars 2013 - 112 pages

Quatrième de couverture :
Je regardais le monde défiler à grande vitesse.
Ce monde que je n'avais vu qu'en mode pause à travers une fenêtre flanquée de trois barreaux.

Auteurs : Thierry Murat a 45 ans. Il vit dans les Landes. Après des études d’arts appliqués à Poitiers, il devient graphiste et se passionne pour l’illustration. 2002 : parution de son premier livre jeunesse, Kontrol 42 (Éditions du Rouergue). Cinq autres titres suivront dont Dieux, Pensées en suspension et autres points (Éditions l’Édune).
Parallèlement, il se lance dans la bande dessinée.
2004 : Elle ne pleure pas elle chante, avec Amélie Sarn et Corbeyran (Delcourt).
2006 : Ysoline, sur un scénario de Rascal (Delcourt).
2008 : Le Poisson-chat avec Arnaud Floc’h (Delcourt).
2011 : Les Larmes de l'assassin, librement adapté du roman d'Anne-Laure Bondoux (Futuropolis)
2013 : Au vent mauvais, avec Rascal (Futuropolis)
Thierry Murat travaille actuellement sur une adaptation en bande dessinée du Vieil homme et la mer, d'Ernest Hemingway

Rascal est né en Belgique, le 24 juin 1959. Après avoir travaillé dans la publicité, réalisé des affiches pour le théâtre, et fait plusieurs métiers, il décide de se consacrer aux livres pour enfants. Il est à la fois auteur et illustrateur mais écrit le plus souvent des histoires pour d'autres artistes. Rascal a reçu le Prix Québec-Wallonie-Bruxelles de littérature de jeunesse en 1997 et Grand prix triennal en littérature de Jeunesse de la Communauté française 2009-2012.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Abel Mérian vient de sortir de prison après sept ans sous les barreaux, il n'a comme seul bagage un sac Tati et les vêtements qu'il porte sur lui. Personne ne l'attend. Lui attendait ce jour de libération pour aller récupérer son butin qu'il a bien caché avant d'être arrêté. Cela va lui permettre de profiter sans soucis de la liberté retrouvée... Mais une surprise l'attend, la vieille usine où était sa planque a disparue, elle a été transformée en un Musée d'Art Moderne et le magot a certainement été coulé dans les fondations... C'est donc abattu et déprimé sans trop savoir que faire qu'Abel se promène dans le musée et découvre sous une banquette un portable oublié. Il sonne, c'est sa propriétaire, une jeune femme qui part en Italie qui lui demande de lui renvoyer par la poste... Abel décide de faire mieux, il vole une voiture et part direction l'Italie pour remettre le téléphone en main propre à sa propriétaire...
C'est comme un road-movie émouvant, sombre, mélancolique parfois même drôle. Un voyage sans but mais avec l'espoir de pouvoir redémarrer une nouvelle vie.
Un dessin sobre, des couleurs délavées, pas de dialogue, et comme une voix off qui raconte cette histoire.
Une très jolie découverte.

Extrait : (début du livre)

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Déjà lu du même dessinateur :

les_larmes_de_l_assassin Les larmes de l'assassin avec Anne-Laure Bondoux

19 décembre 2013

L'île des oubliés - Victoria Hislop

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Audiolib - juin 2013 - 14h35 - lu par Pulcherie Gadmer

Les Escales - mai 2012 - 431 pages

Livre de Poche - avril 2013 - 528 pages

Livre de Poche - novembre 2013 - 528 pages (Edition Noël 2013)

traduit de l'anglais par Alice Delarbre

Titre original : The island, 2005

Quatrième de couverture :
Une jeune Anglaise, Alexis, ignore tout de l’histoire de sa famille maternelle, tant sa mère, Sophia, fait peser sur le passé une chape de plomb qui empoisonne leurs relations. Pour dénouer ce noeud obscur, Alexis décide de se rendre dans le village natal de Sophia, en Crète. Et découvre que juste en face se trouve Spinalonga, l’île où l’on déportait les lépreux. Quand elle apprend que son arrière grand-mère y serait morte, elle décide d’élucider tous ces mystères. Pourquoi Sophia a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? Quelles épreuves ont vécu ses aïeules ? Une quête d’identité qui révèlera l’histoire de trois générations de femmes héroïques, dont le destin fut lié à l’île des oubliés…
Pulcherie Gadmer restitue parfaitement l’alchimie subtile de ce roman, où le soleil éclatant de la Crète fait paraître encore plus sombre la tragédie des oubliés.

Auteur : Victoria Hislop est diplômée de littérature anglaise de l’université d’Oxford. Best-seller international, vendu à plus de deux millions d’exemplaires dans le monde, son premier roman L’Île des oubliés est resté plus de 15 semaines dans les classements des meilleures ventes en France, et a fait l’objet d’une série télévisée très populaire en Grèce. Le Fil des souvenirs, son deuxième ouvrage est publié aux Éditions Les Escales.

Lecteur : Férue de mise en scène, de comédie et de dramaturgie, la comédienne Pulcherie Gadmer restitue parfaitement l’alchimie subtile de ce roman, où le soleil éclatant de la Crète fait paraître encore plus sombre la tragédie des oubliés.

Mon avis : (écouté en décembre 2013)
A l'occasion d'un voyage en Crête, Alexis, une jeune anglaise d'origine grecque, va découvrir l'histoire de sa famille. Elle se rend à Plaka le village natal de sa mère en Crète. Elle découvre juste en face du village l'île de Spinalonga, l'île des oubliés où était envoyés les lépreux... Elle va rencontrer Fotini, une vieille amie de Sophia, sa mère qui va lui raconter, l'histoire de sa famille.
Le lecteur va découvrir trois générations de femmes et d'hommes dont les destins sont liés à l'île de Spinalonga. Cela commence en 1939, lorsque Eleni la grand-mère de Sophia doit quitter ses deux filles Anna et Maria, âgées de douze et dix ans, et son mari Giorgis pour s'exiler à Spinalonga avec Dimitri l'un de ses élèves car ils sont tous deux porteurs de la lèpre. 
J'ai beaucoup aimé cette histoire en particulier les descriptions de cette colonie de malades vivants en autarcie et en quasi autonomie. Les épisodes évoquant la Seconde Guerre Mondiale en Crète sont également très intéressants. 
Au début de mon écoute, j'ai eu un peu de mal avec les noms grecques que je confondais les uns avec les autres... Puis en me concentrant sur les prénoms, j'ai fini par réussir à distinguer plus facilement les différents personnages.
J'ai suivi sans déplaisir la saga familiale, mais ce n'est pas ce que j'ai préféré dans ce livre. 

Autres avis : Sandrine, Mrs BSylire, EnnaValérie

Note : ♥♥♥♥♥

Extrait : (début du livre)
Plaka, 2001
Libérée de son point d'amarrage, la corde se déroula d'un mouvement vif, et des gouttelettes d'eau de mer aspergèrent les bras nus de la jeune femme. Elles séchèrent rapidement, et celle-ci remarqua que, sous le soleil de plomb qui brillait dans un ciel limpide, les cristaux de sel dessinaient des motifs complexes et scintillants sur sa peau, comme un tatouage de diamants. Alexis était l'unique passagère de la petite barque délabrée. Tandis qu'au son du moteur haletant elle s'éloignait du quai pour rejoindre l'île déserte qui se dressait face à eux, elle réprima un frisson, songeant à tous ceux et toutes celles qui s'y étaient rendus avant elle.
Spinalonga. Elle joua avec le mot, le fit rouler sur sa langue comme un noyau d'olive. L'île n'était pas loin et, quand l'embarcation approcha de l'imposante fortification vénitienne adossée à la mer, Alexis fut submergée à la fois par le poids du passé et par la sensation écrasante que ces murailles conservaient, aujourd'hui encore, une force d'attraction. Elle se mit à songer qu'il s'agissait peut-être d'un endroit où l'histoire, toujours palpitante, ne s'était pas figée dans les pierres froides, un endroit où les habitants étaient réels et non mythiques. Quelle différence avec les palais antiques et les sites qu'elle avait visités au cours des dernières semaines, mois, voire années !
Alexis aurait pu consacrer une journée supplémentaire à escalader les ruines de Cnossos, à se représenter, devant les fragments grossiers de pierre, la vie que les Crétois avaient menée en ces lieux plus de quatre mille ans auparavant. Ces derniers temps, cependant, ce passé si lointain commençait à se dérober à son imagination et à sa curiosité. Malgré son diplôme en archéologie et son poste dans un musée, elle sentait son intérêt pour la question s'émousser de jour en jour. Son père était un universitaire passionné, et elle avait grandi avec la croyance naïve qu'elle suivrait ses traces dans la poussière de l'histoire. Pour quelqu'un comme Marcus Fielding, toutes les civilisations, même les plus anciennes, étaient dignes d'intérêt, mais, du haut de ses vingt-cinq ans, Alexis trouvait que le boeuf qu'elle avait dépassé sur la route plus tôt dans la journée avait bien plus de réalité, plus de résonance avec sa propre vie que n'en aurait jamais le Minotaure enfermé dans le labyrinthe légendaire de Crète.
Pour l'heure, elle avait toutefois d'autres sujets de préoccupation que son orientation professionnelle ; elle devait prendre une décision au sujet d'Ed. Tout le temps qu'ils s'étaient prélassés, en cette fin d'été, sur une île grecque, les limites de leur liaison autrefois prometteuse lui étaient peu à peu apparues. Si leur histoire avait réussi à fleurir au sein du microcosme étouffant de l'université, elle s'était flétrie au contact du monde extérieur et, au bout de trois ans, ne ressemblait plus qu'à une bouture chétive qui n'aurait pas pris une fois passée de la serre au jardin.

  Challenge Petit BAC 2013
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"Géographie"

Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

9 août 2013

Millenium - tome 1 - Millenium 1 - Sylvain Runberg, Stieg Larsson et José Homs

MILLENIUM_1_768x1024 Dupuis - mars 2013 - 64 pages

Quatrième de couverture : 
Mis à l'écart du magazine Millenium, Mikael Blomkvist est engagé pour reprendre l'enquête sur l'héritière Vanger disparue 44 ans plus tôt. Le journaliste accepte contre la promesse d'informations sur les cartels suédois. Son chemin croise alors celui de Lisbeth Salander. Pirate informatique surdouée, experte en close-combat et totalement asociale, Lisbeth applique aux « hommes qui n'aiment pas les femmes » sa propre notion de la justice.
Dès la première page une impressionnante plongée sur le désespoir de Henrik Vanger Homs et Runberg nous embarquent à nouveau dans un thriller ancré dans la réalité suédoise que connaît parfaitement le scénariste pour y travailler une partie de l'année. L'histoire est mise en scène de façon spectaculaire et invite à voir Millenium comme vous ne l'avez jamais lu.

Auteurs : Stieg Larsson, né en 1954, journaliste auquel on doit des essais sur l'économie et des reportages en Afrique, était le rédacteur en chef d'Expo, revue suédoise observatoire des manifestations ordinaires du fascisme. Il est décédé brutalement, en 2004, d'une crise cardiaque, juste après avoir remis à son éditeur les trois tomes de la trilogie Millénium.
Né en 1971 à Tournai d'une mère Belge et d'un père Français, ayant grandi dans le sud de la France, c'est en compagnie des Astérix, Batman et autres Spirou que Sylvain Runberg étanche sa soif de bulles, le tout entrecoupé de récits historiques et de romans divers, manière de titiller son imaginaire en devenir. Il passe son bac d'Arts Plastiques dans le Vaucluse avant d'obtenir une Maîtrise d'Histoire contemporaine à la faculté d'Aix en Provence, années étudiantes ponctuées de nombreux voyages en Europe et d'organisation de soirées musicales, du rock indépendant à la musique électronique. Sylvain Runberg évolue ensuite plusieurs années en librairie avant de rejoindre le monde de l'édition. Il déménage alors à Paris pour rejoindre les Humanoïdes Associés. Mais un fâcheux accident l'immobilise plusieurs mois durant l'année 2001. Il s'essaye alors à l'écriture durant sa convalescence et s'aperçoit que ça lui plait plus que de raison et décide de continuer. En 2004, Sylvain sort son premier album, « Astrid » avec Karim Friha. Suivent ensuite des projets aux univers variés : les « Colocataires » avec Christopher, série inspirée par ses années étudiantes aixoises, « Hammerfall », avec Boris Talijancic, saga médiévale fantastique ayant pour cadre la Scandinavie du VIIIe siècle et la série de science fiction « Orbital », réalisée avec Serge Pellé. 
Né en 1975 en Espagne, José Homs se revoit tout petit entouré de crayons et de papiers. Une vocation précoce : raconter des histoires en dessinant. Il passe par l'école Joso de Barcelone, ou il fait de grandes rencontres mais suit peu de cours. Il gagne très vite sa vie grâce au dessin : publicité, presse, design, graffiti... Sa carrière l'amène ensuite à devenir pendant deux ans le dessinateur de "Red Sonja". Mais les cadences et les contraintes du marché américain le laisse frustré. À la naissance de sa fille, il décide de chercher une collaboration qui corresponde mieux à ses inclinations premières... Il travaille aujourd'hui, ravi, sur "L'Angelus", une histoire de Frank Giroud.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
Après la trilogie de Stieg Larsson et ses adaptations au cinéma, voici une adaptation en bande dessinée, une série prévue en 6 tomes. Je connais assez bien cette trilogie puisque je l'ai relu (en audio) il y a deux mois et je trouve ce premier tome très fidèle au roman. Pas facile de rassembler en deux albums la densité du premier tome de cette trilogie (574 pages). Pour quelqu'un qui ne connaît pas l'histoire, il est peut-être difficile de comprendre les retours vers le passé de cette histoire. Le scénariste a pris le parti de donner le premier rôle au personnage de Lisbeth Salander plutôt qu'à celui de Mickaël Blomkvist. 
Pour ceux qui ne connaissent pas Millenium, c'est une façon "facile" de découvrir cette histoire et avoir envie de se plonger dans les romans de Stieg Larsson. Pour ceux qui connaissent, c'est un plaisir de redécouvrir l'intrigue de Millenium. J'attends donc avec curiosité la suite de cette série.

Extrait : 

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16 juillet 2013

Heidi - Johanna Spyri

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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litteratureaudio.com - novembre 2011 - lu par Florent

Flammarion - octobre 1995 - 

Nathan - juin 2002 - 188 pages

Casterman - mars 2005 - 210 pages

Rouge et Or - février 2010 - 188 pages

Folio junior - octobre 2011 - 200 pages

traduction anonyme (1882)

Présentation : Dans le massif alpin, un matin d’été, une jeune femme revient dans son village natal, accompagnée d’une petite fille, Heidi. Cette arrivée inattendue ne tarde pas à éveiller la curiosité des habitants. La jeune femme leur apprend qu’elle vient avec la ferme intention de laisser l’enfant à son grand-père. Les villageois sont stupéfaits. Comment est-il possible de songer, ne serait-ce qu’un instant, à laisser une fillette à un vieil homme bourru vivant presque comme un ermite, en haut des montagnes ?

Auteur : Johanna Spyri-Heuser (1827-1901) est née en Suisse. Le premier volume de Heidi paraît en Allemagne en 1880, suivi d'un second en 1881, Heidi grandit. Ce fut immédiatement un immense succès à tel point que ses livres furent traduits en des dizaines de langues et qu'ils furent adaptés pour le cinéma, la télévision et même l'opéra.

Mon avis : (écouté en juin 2013)
Je n'ai pas trouvé de livre audio "jeunesse" en bibliothèque, j'ai donc été chercher sur internet des livres audio gratuit. Le premier livre choisi était un Jules Verne que j'ai finalement abandonné le lecteur ayant un accent trop prononcé... 

Je me suis donc rabattue sur "Heidi", livre que j'ai lu et relu lorsque j'étais enfant. Je n'avais pas réalisé à l'époque que le livre avait été écrit à la fin du XIXème siècle. 
Heidi est orpheline, elle va habiter chez son grand-père sur l'alpage. Elle se lie avec Peter le petit chevrier, la grand-mère et bien sûr son grand-père. Elle est heureuse dans les montagnes. Pourtant, sa tante vient la chercher pour aller vivre à Francfort en Allemagne pour tenir compagnie à Clara Sesemann qui est paralysée. Heidi découvre la grande ville et une grande maison avec domestiques. Malgré sa nature gaie et optimiste, les montagnes et la nature lui manquent et elle tombera malade. 
Même si l'histoire et le vocabulaire ont pas mal vieilli, le personnage d'Heidi m'a touchée comme la première fois que je l'ai découvert. J'avais oublié la partie de l'histoire à Francfort...

Ce livre audio peut-être téléchargé gratuitement ici

Extrait : (début du livre)
Quand on quitte le riant village de Mayenfeld pour gravir la montagne à l’aspect imposant et sévère qui domine cette partie de la vallée, on s’engage d’abord dans un joli sentier de plaine à travers champs et vergers. Au pied de la montagne le sentier change brusquement de direction et monte tout droit jusqu’au sommet ; à mesure qu’on s’élève, l’air devient plus vif, et l’on respire à pleines bouffées les fortes senteurs des pâturages et des herbes alpestres. 
C’est ce sentier que gravissait par une brillante matinée de juin une grande et robuste fille de la contrée, tenant par la main une enfant dont le visage paraissait en feu malgré sa peau brunie. Ce n’était pas étonnant, car, en dépit de la chaleur de juin, la pauvre enfant était empaquetée comme au gros de l’hiver. Elle pouvait avoir cinq ans, mais véritable taille disparaissait sous une accumulation de vêtements : deux robes l’une sur l’autre, un gros mouchoir de coton rouge croisé par dessus, et d’épais souliers de montagne garnis de clous ; la pauvre petite suffoquait et avait bien de la peine à avancer. 
Il y avait une heure environ que les deux voyageuses avaient commencé à gravir le sentier, lorsqu’elles arrivèrent au hameau de Dörfli, situé à mi-chemin du sommet ; c’était le village natal de la jeune fille, aussi s’entendit-elle bientôt appeler de tous côtés ; les fenêtres s’ouvraient, les femmes paraissaient sur le seuil de leur porte, chacune voulait l’arrêter au passage et échanger quelques mots avec elle. Mais elle ne fit halte nulle part, se contenta de répondre en passant aux salutations et aux questions, et ne ralentit sa marche que lorsqu’elle se trouva devant une maison isolée à l’extrémité du hameau. Une voix l’appela par la porte ouverte : 
– C’est toi, Dete ? Attends un instant ; nous ferons route ensemble, si tu vas plus loin. Ainsi interpellée, la jeune fille s’arrêta, et l’enfant en profita aussitôt pour dégager sa main et s’asseoir sur le bord du sentier. 
– Es-tu fatiguée, Heidi ? demanda sa compagne. 
– Non, mais j’ai trop chaud, répondit la fillette. 
– Nous serons tout de suite en haut ; il te faut prendre encore un peu courage et faire de grands pas ; dans une heure nous serons arrivées. 
À ce moment, une grosse femme à la figure jeune et bienveillante sortit de la maison et les rejoignit. L’enfant se leva et se remit à marcher derrière les deux amies qui entamèrent aussitôt une conversation animée sur tous les habitants de Dörfli et des localités voisines. 
– Mais, où vas-tu donc avec cette petite, Dete ? demanda enfin la nouvelle venue. C’est sans doute l’enfant que ta sœur vous a laissé ? 
– Oui, répondit Dete, je la mène chez le Vieux de l’Alpe où elle restera. 
– Comment, tu veux que cette enfant reste chez le Vieux de l’Alpe ? Je crois vraiment que tu as perdu la tête, Dete ; comment peux-tu faire une chose pareille ! Tu verras comme il va t’envoyer promener avec ta proposition. 
– Par exemple ! il est le grand-père de la petite, il faut qu’il fasse sa part ; c’est moi qui l’ai eue sur les bras jusqu’à présent. Du reste, tu peux bien être sûre, Barbel, que ce n’est pas à cause d’elle que je vais laisser échapper une place comme celle qu’on m’offre. C’est le tour du grand-père, à présent.


29 mai 2013

Crimes et jeans slim - Luc Blanvillain

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Quespire éditeur - janvier 2010 - 239 pages

Livre de Poche - mai 2013 - 256 pages

Quatrième de couverture :
Adé n’est pas une petite chose fragile. On peut même dire qu’elle a trouvé la parade pour survivre au lycée, au milieu des filles de son âge : devenir la pire de toutes, la plus fashion, la plus méchante. Mais voilà qu’un serial killer sévit dans la ville et semble avoir un compte à rendre avec les filles les plus hype. Avec l’aide de son frère et d’un ami, Adé va tenter d’échapper à la terrible menace.

Auteur : Luc Blanvillain est né en 1967 à Poitiers. Il se découvre, dès l’enfance, une passion pour la lecture et pour l’écriture. Après des études de lettres, il devient professeur de français, et continue d’écrire. Il publie son premier roman pour adultes chez Quespire Éditeur en 2008. Puis, il se tourne vers la littérature de jeunesse, désireux de retrouver le frisson que lui procuraient les grands raconteurs d’histoires qu’il dévorait dans son enfance, notamment Jules Verne et Alexandre Dumas. Chacun de ses romans explore un genre, souvent très codifié, qu’il détourne : le policier, le roman d’aventures, la comédie sentimentale.

Mon avis : (lu en mai 2013)
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman pour adolescents. 

Adélaïde est une adolescente modèle, bonne élève, aimant lire, aimant les études... Mais au lycée, pour s'intégrer et être populaire, il vaut mieux être Adé la « reine des pétasses », avec des tenues à la mode... Mais un serial-killer rode dans la ville, il s'attaque aux filles « pouffes », superficielles, aux tenues provocantes...

Voilà comment commence ce roman policier plein d'humour et de suspense. Les personnages sont bien décrits et Adé, Rod son petit frère et Thibault sont bien attachants. L'environnement du lycée, avec ses codes et usages, ses élèves, ses professeurs sont criants de vérité. Le style est très dynamique et l'on est prit par cette histoire intelligente et bien construite. Une très belle découverte.

Un grand Merci à l'auteur et aux éditions Livre de Poche ainsi qu'à Valérie (qui a été l'intermédiaire) pour m'avoir permis de découvrir ce livre bien sympathique.

Autres avis : Eléa (12 ans), Valérie, Tiphanie

Extrait : (début du livre)
Monsieur et madame Manchec avaient eu la mauvaise idée d'appeler leur fille Adélaïde et leur fils Rodrigue. On ne pouvait pas faire tellement pire, à la fin du vingtième siècle. La vie des deux malheureux promettait d'être rude. Pourtant, les parents n'avaient pas voulu se montrer malveillants, ils étaient juste irrémédiablement romantiques. Monsieur Manchec était conservateur dans un musée, spécialiste des paysages du XVIIIe siècle, et son épouse enseignait le violoncelle. Ils vivaient dans un monde doux, beau, raffiné, qui sentait bon la cire d'abeille et le thé. Adélaïde venait d'atteindre sa quinzième année. Trois ans plus tôt, toutes ses copines étaient devenues des monstres. C'était normal. Vers douze ans, les filles deviennent des monstres.

Elles rient avec des yeux terrifiants.
Elles essaient d'être exactement comme les autres filles, comme les magazines pour filles de leur âge, comme les émissions pour filles de leur âge, comme les chanteuses de leur âge, elles veulent être exactement de leur âge. Des monstres.
Les garçons, me direz-vous, c'est un peu pareil.
Oui, mais dans cette histoire, ce sont des filles qui vont mourir.
Principalement.

Lu du même auteur : 

un_amour_de_geek Un amour de geek

Challenge Petit BAC 2013
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"Couleur"

 

2 janvier 2013

La Tête à Toto - Sandra Kollender

la_t_te___Toto Steinkis – février 2012 – 155 pages

Quatrième de couverture :
« Neurologique.
Le mot est lâché et le sol commence à se fissurer.
Je reprends peu à peu mes esprits, et je remets tant bien que mal mon fi ls, évidemment endormi, dans sa combinaison pilote.
Pilote de quoi ? Il n’attrape même pas mon doigt. Il y a des fermetures Éclair partout et je suis aussi calme qu’un vendeur de Red Bull. » 

Auteur : Conceptrice-rédactrice puis comédienne, Sandra Kollender met sa carrière entre parenthèses en 2003 pour s'occuper deson fils, alors atteint du Syndrome de West. Elle partage actuellement son temps entre les nombreuses rééducations et la scène. La Tête à Toto est son premier roman.  

Mon avis : (lu en décembre 2012)
Lorsque Noé arrive au monde, Anna est la plus heureuse des mamans. C'est un bébé exceptionnel, il dort tout le temps, il ne pleure jamais... Malheureusement, cela cache une maladie neurologique chez Noé et lorsque ce terrible diagnostique tombe, c'est la vie de d'Anna qui bascule.
Avec beaucoup de force, de conviction et d'amour, Anna va prendre sa nouvelle situation à bras le corps et malgré l'adversité, elle va se battre pour Noé.
Ce récit autobiographique est plein de sensibilité, de force et d'humour. Anna est pleine d'amour et de tendresse pour son fils Noé, c'est son moteur pour supporter les coups de blues, les idées reçues des uns et des autres, jamais elle ne baissera les bras. On ne peut être qu'admiratif et relativiser nos petits problèmes... Un témoignage direct, émouvant et drôle !

Autres avis : Canel, Clara, CaroMimiStieg, Hélène 

Extrait : (page 16)
Parlons donc de mon fils.
Il est né tout maigre, avec un nez tordu et deux grosses boules à la place des yeux. Deux jolis yeux bleus que l'infirmière a décidé de noyer immédiatement dans un ravissant collyre jaune.

Moi je le trouvais très beau, mais bizarrement personne ne s'extasiait sur mon rejeton. J'ai donc eu droit au festival de la pirouette.
« Oh, Anna tu as une mine superbe, on ne peut pas imaginer que tu as accouché hier »  « Qu'est-ce que c'est petit, on oublie tellement vite quand même » « Oh c'est trop chou ce tout p'tit pyjama et ces tout p'tit chaussons et ces tout p'tits doigts si fins. »
Un peu comme quand on va voir un ami comédien pour lui dire à quel point on a passé une bonne soirée « Quelle mise en scène incroyable, et alors les décors, pôpôpô, les décors... »

Et le temps passe, et son nez se redresse, et ses yeux dégonflent et moi aussi.


 Grand_Prix_des_Lectrices_2013 
Sélection document 
Jury Décembre

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2013

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"Partie du corps"

 Défi 1er roman
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23 février 2012

Naissance d'un pont - Maylis de Kerangal

Lu dans le cadre d'un partenariat Livraddict et Folio

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Verticales - août 2010 - 

Folio - janvier 2012 - 330 pages

Prix Médicis 2010

Quatrième de couverture :
« À l’aube du second jour, quand soudain les buildings de Coca montent, perpendiculaires à la surface du fleuve, c’est un autre homme qui sort des bois, c’est un homme hors de lui, c’est un meurtrier en puissance. Le soleil se lève, il ricoche contre les façades de verre et d’acier, irise les nappes d’hydrocarbures moirées arc-en-ciel qui auréolent les eaux, et les plaques de métal taillées en triangle qui festonnent le bordé de la pirogue, rutilant dans la lumière, dessinent une mâchoire ouverte. » 

Ce livre part d’une ambition à la fois simple et folle : raconter la construction d’un pont suspendu quelque part dans une Californie imaginaire à partir des destins croisés d’une dizaine d’hommes et femmes, tous employés du gigantesque chantier. Un roman-fleuve, « à l’américaine », qui brasse des sensations et des rêves, des paysages et des machines, des plans de carrière et des classes sociales, des corps de métiers et des corps tout court.

Auteur : Maylis de Kerangal est l’auteur de Je marche sous un ciel de traîne (2000), La vie voyageuse (2003) et Corniche Kennedy et d’un recueil de nouvelles, Ni fleurs ni couronnes (2006). Elle a conçu une fiction en hommage à Kate Bush et Blondie, Dans les rapides (2007). Elle est par ailleurs membre de la revue Inculte. Naissance d’un pont a été couronné par le Prix Médicis en 2010.

Mon avis : (lu en février 2012)
Lors de la sortie de ce livre à la Rentrée Littéraire 2010, j'étais curieuse de découvrir ce livre du fait de son sujet. Les ponts m'ont toujours fascinée, en particulier à partir du moment où pour mon travail j'ai eu l'occasion de les « ausculter », de les surveiller et de découvrir la technicité d'un pont.

Aussi, lorsque Livraddict a proposé ce partenariat avec Folio, je n'ai donc pas hésité.

Ce livre raconte la construction d'un pont suspendu dans la ville imaginaire de Coca en Californie. C'est le projet un peu fou du maire de Coca, pour faire briller sa ville en pleine expansion. Il veut faire construire un pont majestueux qui relierait le centre-ville aux quartiers de l'autre côté du fleuve, proche de la forêt. Le livre commence avec la première réunion du projet et cela se termine le jour de l'inauguration du pont. La construction du pont est un prétexte pour raconter la vie des hommes et des femmes qui participent au chantier, ils sont très différents, ils viennent de pays ou de régions différentes, chacun a son rôle, ils sont tous importants pour la réussite du projet.
Le lecteur est à la fois spectateur de l'avancement du chantier et de l'évolution des différents personnages. Au cours du livre, l'auteur revient également sur la naissance de la ville imaginaire de Coca, l'arrivée des pionniers et leur rencontre avec les populations indigènes.
J'ai eu un peu de mal à entrer dans le livre sans doute à cause du style avec des phrases longues et des descriptions très détaillées. Au début du livre, l'auteur passe également en revue la plupart des personnages et c'est un peu lassant.

Mais lorsque la construction proprement dite du pont commence, j'ai bien aimé le livre. A travers la vie du chantier et les histoires de chacun des participants, le lecteur découvre l'impact que ce pont a ou aura sur la vie des habitants de la ville de Coca, sur son économie, son écologie, son paysage.
J'ai aimé suivre les différents personnages en même temps que l'avancement des travaux : Georges Diderot, l'ingénieur chef de projet expérimenté et talentueux, Sanche Alexandre Cameron, le grutier, Summer Diamantis, jeune femme, ingénieur spécialiste du béton, Duane Fisher et Budy Loo deux indiens équilibristes, Mo Yun ouvrier émigré de Chine, Katherine Thoreau, Soren Cry, Seamus...

Le côté technique de la construction du pont m'a également intéressé même si les descriptions sont plus littéraires que techniques...
Côté style, j'ai un double avis, je n'ai pas aimé les phrases longues et les descriptions trop détaillées avec accumulation d'adjectifs. Mais j'ai également aimé la poésie de certaines descriptions du fleuve, de la nature, de l'architecture du pont...  

J'ai finalement eu un bon moment de lecture avec ce livre qui privilégie le côté humain et donne une vision avec des points de vue très différents de la construction d'un ouvrage d'art exceptionnel, c'est un livre qui nous fait réfléchir sur la politique, l'écologie, le travail, le social...

Merci à Livraddict et aux éditions  Folio pour ce partenariat.

Extrait :(page 93)
C'est le premier jour du pont, le premier matin. L'aube polaroïde. Les noirs qui s'éclairent et les blancs qui foncent, la pigmentation progressive de tous les verts – fluo, émeraude, pistache, Véronèse, amande, anis, absinthe, turquoise, Hollywood chewing-gum, épinard et malachite, anglais, céladon -, bientôt fixée sur la rétine, et le fleuve est là, souple, les plis calmes, de longues herbes fluorescentes s'y étalent en surface, des taillis dérivent, des bidons, des bouteilles : l'eau est laiteuse et sale.
Diderot a fait un tour du site principal, la plateforme Pontoverde qui est désormais son domaine, surface de cinq kilomètres carrés cimentée, bétonnée, défrichée, ouverte sur le fleuve par un long quai vide, et striée de rails qui relient entre eux hangars, ateliers de construction, d'entretien et de réparation, baraquements des équipes, bureau d'études, cantines, vestiaires. Et maintenant, il fume un Lusitania. De profil, il a vraiment un gros nez, le torse proéminent, ses Ray-Ban sont relevées sur son front et sa chemise dépasse du pantalon, il est d'attaque, il est exactement dans son élément et au fond de sa poche, sa main bat contre sa jambe un tempo secret. C'est l'heure pleine, heure d'avant le branle-bas, heure du silence avant la bataille et minute du skieur posté au portillon de la course – évaluer la piste avant de s'élancer, visionner le tracé, récapituler les difficultés, les virages, les bosses, les creux, la plaque de verglas derrière la douzième porte, repérer les zones d'accélération possibles, l'exact fléchissement des genoux qu'il faudra opérer pour sauter puis planer dans la dernière courbe, les exactes propulsions du torse, balancement de tête, position de bras -, heure du souci météorologique, et là-dessus Diderot a ses préférences, sait ce qu'il lui faut : du climat continental, des hivers secs et rudes, des étés chauds. Pour un homme comme lui, il n'est rien de pire que la pluie, le vent, l'orage, rien de pire que la boue.

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16/50 : Kentucky
Soren Cry est originaire du Kentucky

21 septembre 2011

Une pièce montée – Blandine Le Callet

Lu dans le cadre Swap à 2 PAL swap___2__lLecture commune avec Mrs Pepys
et Astrid

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Stock – janvier 2006 – 320 pages

Livre de poche - avril 2007 – 252 pages

Quatrième de couverture :
" La pièce montée arrive, sur un plateau immense porté par deux serveurs. Vincent voit osciller au rythme de leur marche cette tour de Babel en choux à la crème, surmontée du traditionnel couple de mariés. Il se dit : C'est moi, ce petit bonhomme, tout en haut. C'est moi. Il se demande qui a pu inventer un gâteau aussi ridicule. Cette pyramide grotesque ponctuée de petits grains de sucre argentés, de feuilles de pain azyme vert pistache et de roses en pâte d'amande, cette monstruosité pâtissière sur son socle de nougatine. Et ce couple de mariés perché au sommet, qu'est-ce qu'il symbolise, au juste ? Les épreuves surmontées à deux ? L'ascension périlleuse jusqu'au septième ciel ? La prétention de ceux qui s'imaginent que l'amour va durer
toujours ? "

Auteur : Blandine Le Callet est née en 1969. Une pièce montée est son premier roman.

Mon avis : (lu en septembre 2011)
Avec ce livre se termine nos lectures communes initiées avec le Swap à 2 PAL organisé par Lili Galipette et partagé avec plaisir avec mrs pepys. Ce livre était en commun dans nos PAL respectives avant le début du Swap.
Bérengère et Vincent vont se marier. Bérengère est une jeune fille bon chic bon genre, qui veut un grand mariage. Un mariage devant monsieur le maire et monsieur le curé, avec beaucoup d'invités une belle réception et des belles photos.

Ce livre raconte ce mariage à travers le récit de neuf personnes participant à la fête. Chacun raconte sa journée et ses impressions. Il y a Pauline, 8 ans, nièce de la future mariée et demoiselle d’honneur. Elle trouve injuste que Lucie soit toujours mis derrière sur les photos.
Bertrand, le prêtre, il est fatigué et en proie à des doutes quant à son rôle et sa vocation de prêtre.
Madeleine la grand-mère de la mariée ne supporte pas que ses filles soit toujours derrière elle et l'infantilise. Hélène, la belle sœur, qui se pose des questions sur l'avenir de son couple.
Marie, la sœur de la mariée, la rebelle de la famille, 28 ans et toujours pas mariée. Elle redoute de se retrouver à la table des célibataires.
Vincent, le marié, est pris d’angoisse et de stress prénuptial.
Damien, le dragueur, il fréquente de nombreux mariages et joue à séduire la plus laide de l'assemblée... Il fait un concours avec son copain Yann.

Et pour terminer, Bérangère, la mariée, qui s’occupe plus de la bonne ordonnance de la journée qui doit être parfaite plutôt que de son nouveau mari.
Voilà une galerie de personnages hauts en couleurs qui participent à des scènes amusantes ou attendrissantes. Le lecteur passe sans cesse du rire aux larmes. L'auteur dénonce ainsi le superficiel et l'hypocrisie du paraître. Je me suis beaucoup amusée à lire ce livre.

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Librement adapté du livre, un film a été réalisé par Denys Granier-Deferre en 2009 avec Clémence Poésy, Jérémie Renier, Jean-Pierre Marielle, Danielle Darieux, Christophe Alévêque, Léa Drucker, Julie Depardieu, Julie Gayet, Charlotte de Turckheim, Dominique Lavanant.

Après la lecture du livre, j'ai vu le film qui est plus que « librement adapté », c'est une caricature du livre... On a perdu toute la sensibilité du livre, j'ai été très déçue.

Allons voir maintenant l'avis de Mrs Pepys et d'Astrid.

Extrait : (début du livre)
Pauline
Elle a bien cru qu'on n'y arriverait jamais. Le voyage a été terrible. Elle n'aime pas la nouvelle voiture de papa, à cause de l'odeur du cuir. Elle a failli être malade. Mais on s'habitue, au bout d'un moment.
Les parents n'ont pas arrêté de se disputer. Pas une grosse dispute. Jamais de grosse dispute. Très peu de mots, quelques phrases, sans crier. Ça a duré des heures, tout le temps du voyage, en fait. Elle n'est pas idiote ; elle sait que la dispute a commencé bien avant le départ de Sceaux. On peut dire que ça fait plusieurs semaines, et même plusieurs mois.
De temps en temps, ils font semblant de ne pas se disputer : on va se promener au parc en famille. Pendant deux heures, papa joue avec eux, et maman prend des photos. Ils rient fort, ils sont gais. Ils croient que ça suffit pour qu'elle ne se rende compte de rien. Mais il ne faut pas croire : elle n'est pas idiote.
Elle est très sage. Il faut toujours obéir aux adultes, qui savent ce qui est bien. Parfois, elle trouve que c'est pénible, et même qu'on l'oblige à faire des choses sans intérêt. Mais elle a confiance : les adultes ont toujours raison. Elle obéit sans discuter. D'abord, parce qu'elle veut faire plaisir à maman, qui est tellement contrariée lorsque les enfants sont insupportables. Surtout, parce qu'elle aime bien qu'on ne fasse pas attention à elle, qu'on l'oublie dans son coin. C'est beaucoup plus simple d'être une petite fille sans histoire : on est toujours content d'elle, et on la laisse tranquille.
Tout à l'heure, elle s'est blottie sur la banquette arrière ; elle a attendu que son envie de vomir disparaisse, et elle a écouté la dispute de ses parents, en faisant semblant de dormir. Elle sait que papa a des soucis, et qu'il doit beaucoup travailler parce qu'il a des responsabilités. C'est pour ça qu'il n'est pas souvent à la maison. Mais elle a de la chance d'avoir un papa qui gagne de l'argent. Dans le monde, il y a beaucoup d'enfants malheureux. Il y en a même qui n'ont rien à manger ; il faut penser à eux quand on n'arrive pas à finir son assiette de bœuf bourguignon.
Aujourd'hui est un jour important car elle sera demoiselle d'honneur pour la première fois. Enfin, il y a eu d'autres fois, mais elle était trop petite et elle ne s'en souvient pas. Elle sera demoiselle d'honneur avec Clémence et Hadrien, et tous les cousins. Et il y aura aussi des enfants de l'autre famille. En tout, ils seront douze enfants. Une fois, elle a entendu maman dire à papa "C'est ridicule !" et elle n'a pas compris pourquoi. Après maman a changé d'avis et elle leur a dit que ce serait très mignon, tous ces enfants autour de la mariée.

 

 

 

 

7 octobre 2011

Jusqu'à la folie - Jesse Kellerman

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et les Editions des Deux Terres

jusqu___la_folie Éditions des Deux Terres - octobre 2011 - 384 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Julie Sibony

Titre original : Trouble, 2007

Quatrième de couverture : Dans une rue sombre de Manhattan, très tard dans la nuit, une jeune femme est agressée par un homme armé d un couteau. Jonah, un étudiant en médecine surmené, vole à son secours et tue accidentellement l agresseur. Pendant que les médias font de lui un héros, le procureur s interroge sur son geste héroïque. La victime, quant à elle, veut retrouver son sauveur et tient à lui montrer sa reconnaissance. Les événements s enchaînent, et Jonah est entraîné dans une spirale terrifiante. S il est vrai qu aucune mauvaise action ne demeure impunie, le châtiment de Jonah ne fait que commencer...

Auteur : Jesse Kellerman est né à Los Angeles. Son premier roman publié en France, Les visages, connut un succès immédiat en librairie, remporta le grand Prix des Lectrices de Elle en 2010 dans la catégorie policier et figura pendant plus de 40 semaines dans les classements des meilleures ventes. Jesse Kellerman vit en Californie avec sa femme et leur fils.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
Après avoir lu et beaucoup aimé Les visages le premier livre de Jesse Kellerman publié en France, je n’ai pas hésité à postuler pour ce partenariat. J’étais très curieuse de découvrir le nouveau livre de cet auteur américain. En fait, Jusqu’à la folie a été écrit avant Les Visages.

En toile de fond de ce thriller psychologique très prenant, il y a la ville de New-York que l'auteur décrit avec beaucoup de précision. Ici, c'est le milieu de l'hôpital et de la médecine qu'explore l'auteur. Dès le début du roman, Jesse Kellerman nous décrit son héros dans son quotidien d'étudiant en stage de chirurgie à l'hôpital. Nous assistons même en direct à une scène d'opération qui tourne mal et aucun des détails nous sera épargné...
Jonah Stem est un étudiant en médecine surmené. Une nuit, après une longue garde, alors qu’il rentre tranquillement chez lui, il entend une femme appelant au secours. Elle est menacée par un homme armé. Sans réfléchir, Jonah intervient et dans la bagarre, il tue accidentellement l’agresseur, mais la jeune femme est sauvée. Le lendemain, les médias le considèrent alors comme un héros. Mais la famille de l'agresseur porte plainte contre lui et une enquête démarre pour connaître les circonstances précises de l'agression.
Pendant ce temps là, la jeune femme sauvée, Eve Gones prend contact avec Jonah et une histoire d’amour commence alors entre eux. Jonah est pourtant toujours en contact avec son premier amour, Hannah, une jeune fille qu’il devait épouser mais qui a sombré dans la folie. La relation qui se crée entre Jonah et Eve n'est pas simple...
Jonah est un personnage très attachant, c'est quelqu'un de bon qui est toujours prêt à aider son prochain... De façon inattendue, il va se trouver pris au piège. Le personnage d'Eve Gones est également au cœur de ce livre.
Voilà un thriller efficace avec du suspens qui se lit facilement qui ne m'a pas déçue.
Seul petit bémol, vers le milieu du livre, j'ai trouvé qu'il y avait quelques longueurs mais heureusement l'originalité et la conclusion de l'histoire nous les font oublier.

Merci à Livraddict et aux Éditions des 2 Terres de m'avoir permis de découvrir le nouveau livre de Jesse Kellerman.

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Extrait : (début du livre)
Jeudi 19 août 2004

CHIRURGIE VISCÉRALE ET DIGESTIVE, PREMIÈRE SEMAINE

Jonah Stem entendit un cri.

Il était 3 heures moins le quart du matin et il marchait en direction de Times Square pour s’acheter de nouvelles chaussures. Les banales et robustes Rockport Walker qui avaient survécu à deux ans de médecine théorique avaient fini par succomber à ses réalités bassement glaireuses. Souillées au-delà du réparable, elles faisaient un bruit de succion et laissaient une traînée dans leur sillage, comme deux escargots géants. Parmi les qualités peu communes qu’elles avaient récemment acquises, on pouvait noter leur épouvantable odeur de merde humaine.
Mais ce n’était jamais que des chaussures. Leur dégradation en soi ne dérangeait pas Jonah, si ce n’est qu’elle mettait cruellement en évidence sa propre incompétence, chose qu’il n’avait pas besoin qu’on lui rappelle ces temps-ci vu le nombre de personnes qui se faisaient un plaisir de s’en charger.
Pour ce fiasco, comme pour tout en général, Jonah ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. Il connaissait les règles ; il avait lu la « Bible », il avait eu des échos par les Gentils Fantômes dela Troisième Année. Dès que vous aviez fini votre journée, la seule stratégie fiable, c’était la DLP : débarrasser le plancher. Et le plus vite possible. Pour peu que vous vous attardiez et qu’on vous mettait le grappin dessus, vous étiez DLM. Dans la merde. Surtout en chir. Les chirurgiens – ou plutôt les internes en chirurgie – se fichaient pas mal que vous ayez fini votre service depuis plus de vingt minutes (les praticiens se fichaient pas mal de vous tout court). Quand ils avaient besoin de vous, vous y alliez, point-barre. Et la meilleure façon d’éviter qu’on ait besoin de vous, c’était de déguerpir plus vite que votre ombre.
Au lieu de quoi il avait traîné. Il avait douze semaines à passer là, ça valait le coup de faire une reconnaissance du terrain. À trop poser de questions – même des questions inoffensives du genre : « Où est-ce qu’on se retrouve ? », ou bien : « Où sont les toilettes ? » – on passait pour un bleu. Et c’était la porte ouverte au harcèlement, parce que si les dieux de la Chirurgie ne se rappelaient jamais votre nom, ni que vous aviez peut-être d’autres obligations, que vous étiez un être humain avec du sang dans les veines et une volonté propre, en revanche ils n’oubliaient jamais, jamais, vos faiblesses. Ils repéraient ceux qui laissaient paraître leur ignorance et ils leur tombaient dessus, avides de leur transmettre leur implacable pédagogie médicale, dépourvue du moindre état d’âme et tournant en boucle sur elle-même, jusqu’à les faire pleurnicher comme des fillettes qui auraient fait pipi dans leur culotte.

Challenge 2%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
10/14

Challenge des Agents Littéraires
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Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
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Challenge Thriller 
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 catégorie "Même pas peur" : 6/8

Déjà lu du même auteur :
les_visages Les Visages

15 septembre 2011

La commedia des ratés – Tonino Benacquista

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Gallimard – avril 1991 -

Folio – 1994 - 233 pages

Folio – octobre 1998 – 233 pages

Folio – mai 2004 – 896 pages

Grand Prix de la Littérature Policière 1992

Quatrième de couverture :
Car tout était déjà en moi, enfoui. Quelque chose entre la tragédie grecque et la comédie à l'italienne. Une farce bouffonne au goût amer, un drame dont on se retient de rire. Ni une complainte, ni une leçon, ni une morale. Juste une ode à la déroute, un poème chantant la toute-puissance de l'absurdité face au bon sens ...
La commedia des ratés a remporté en 1991 le Grand Prix de la littérature policière, le trophée 813 du meilleur roman et le prix Mystère de la critique.

Auteur : Né en 1961 en banlieue parisienne, à Choisy-le-Roi, Tonino Benacquista grandit dans une famille d’émigrés italiens. Il se lance dans des études de cinéma avant de partir découvrir la vie, la vraie, histoire de voir à quoi elle ressemble. C’est une bonne idée : ses (très) diverses expériences lui serviront de source d’inspiration privilégiée au moment d’écrire ses romans noirs. C’est ainsi qu’il se retrouve accompagnateur de nuit aux wagons-lits (il s’en souviendra dans La Maldonne des sleepings), accrocheur d’œuvres dans une galerie d’art contemporain (Trois carrés rouges sur fond noir) ou encore parasite mondain (Les Morsures de l’aube).
Aujourd’hui, il partage son activité d’écrivain entre les romans, les nouvelles, le théâtre et le cinéma (le film Sur mes lèvres lui a valu le César du meilleur scénario). Sans oublier la bande dessinée : Jacques Ferrandez a adapté l’une de ses nouvelles (La Boîte noire, éd. Futuropolis) et mis en images L’Outremangeur (éd. Casterman), récemment transposé au cinéma.

Mon avis : (lu en septembre 2011)
Antonio Polsinelli, fils d'immigré italien originaire de Vitry-sur-Seine vit maintenant à Paris. Il tente d'oublier ses racines italiennes et son enfance en banlieue.  Mais son passé va se rappeler à lui…
En effet, alors qu’il rendait visite à ses parents Antoine croise Dario, un camarade d'enfance,  qui lui demande d’écrire pour lui une lettre d’amour. Le lendemain, Dario est mort, une balle dans la tête… Puis Antonio apprend que Dario lui a légué une vigne dans le sud de l'Italie, dans le village dont sont originaires leurs parents. Il décide donc d’aller voir sur place cette fameuse vigne et je n'en raconterais pas plus…
Voilà une histoire surprenante pleine de rebondissements où se mêlent dans le désordre truands, mafia, religion, recettes de cuisine, suspens…
Un bon moment de lecture avec de l’humour noir, de l'humour décalé, des situations rocambolesques, le lecteur est à tout moment surpris, parfois embrouillé dans une aventure respirant l’Italie.

Ce livre a été également adapté en Bande Dessinée :
Dessinateur Olivier Berlion – Scénaristes : Tonino Benacquista et Olivier Berlion
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Dargaud – février 2011 – 76 pages
Dargaud – septembre 2011 – 72 pages

 

Extrait : (page 102)
- Vous allumez la télé, s'il vous plaît, Antonio ?
Elle ne peut pas s'en passer. Je crains que sa connaissance du monde ne s'arrête à cette boîte à images.
- A cette heure-ci, il y a rien de bien, mais ça m'aide à faire la cuisine.
- Pardon ?
- Bien sûr... Tenez, je vais vous apprendre à faire une sauce à l'arrabbiata. Il est dix-neuf heures quarante-cinq. Mettez la R.A.I.
Un jingle vous annonce une série de publicités.
- Mettez votre eau à bouillir, et au même moment, faites revenir une gousse d'ail entière dans une poêle bien chaude sur le feu d'à côté, jusqu'à la fin des pubs.
L'odeur de l'ail frémissant arrive jusqu'à moi. Les pubs se terminent. Elle me demande de zapper  sur la Cinq, où un gars devant une carte de l'Italie nous prévoit 35° pour demain.
- Dès qu'il commence la météo vous pouvez enlever la gousse de l'huile. On en a plus besoin, l'huile a pris tout son goût. Jetez vos tomates pelées dans la poêle. Quand il a terminé la météo, l'eau bout, vous y jetez les pennes. Mettez la Quatre.
Un présentateur de jeux, du public, des hôtesses, des dés géants, des chiffres qui s'allument, des candidats excités.
- Quand ils donnent le résultat du tirage au sort, vous pouvez tourner un peu la sauce, et rajouter une petite boîte de concentré de tomates, juste pour donner un peu de couleur, deux petits piments, pas plus, laissez le feu bien fort, évitez de couvrir, ça va gicler partout, mais on dit qu'une sauce all'arrabiata est réussie quand la cuisine est constellée de rouge. Passez sur la Deux.
Un feuilleton brésilien tourné en vidéo, deux amants compassés s'engueulent dans un living.
- A la fin de l'épisode, ce sera le journal télévisé et on pourra passer à table. La sauce et les pâtes seront prêts en même temps. Quinze minutes. Vous avez retenu ?

Déjà lu du même auteur : malavita_p Malavita 

21 mars 2010

Construire un feu – Christophe Chabouté

d'après la nouvelle de Jack London

construireunfeu Vents d'ouest – août 2007 – 63 pages

Résumé :

Christophe Chabouté s’attaque cette fois à un classique de la littérature américaine, en adaptant la célèbre nouvelle de Jack London : « Construire un feu ».

Un homme en quête de fortune ou d'aventure, perdu en plein milieu du grand nord, tente de rejoindre ses compagnons... Dans ce désert de neige et de glace, rien d'autre que lui et un chien. Il lutte contre un froid effrayant de moins soixante degrés. Confronté aux forces de la nature, sa vie ne dépend que de quelques allumettes avec lesquelles il pourrait se faire un feu.

Auteur : Jack London, de son vrai nom John Griffith Chaney, né le 12 janvier 1876 à San Francisco et mort le 22 novembre 1916 à Glen Ellen, Californie, était un écrivain américain. Il a écrit L'Appel de la forêt et plus de cinquante autres nouvelles et romans connus. Il fut un des premiers Américains à faire fortune dans la littérature.

Auteur : Né en 1967, d’origine alsacienne, Christophe Chabouté suit les cours des Beaux-Arts d’Angoulême, puis de Strasbourg. Vents d’Ouest publie ses premières planches en 1993 dans "les Récits", un album collectif sur Arthur Rimbaud. Mais il faut attendre 1998 pour que ce graphiste free-lance se fasse un nom dans la bande dessinée en publiant coup sur coup "Sorcières" aux Editions du Téméraire et "Quelques jours d’été" aux Editions Paquet. Deux albums remarqués et primés, le premier au Festival d’Illzach, le second à Angoulême où Christophe Chabouté décroche l’Alph’Art Coup de Coeur. Avec "Zoé" paru en 1999, Chabouté prouve que son talent a atteint sa pleine maturité, ce qu’il démontre avec encore plus d’évidence dans "Pleine Lune". "Tout seul"(2008), "Terres Neuvas"(2009).

Mon avis : (lu en mars 2010)

Encore un bel album de Chabouté, ce n'est plus la mer de "Tout seul" et "Terres Neuvas" mais les étendues blanches du Klondyke, par -60°C, elles sont angoissantes. L'espace est sans fin, le paysage est dépouillé, tout est uniformément blanc, tout est silence. Nous suivons la marche d'un homme et son chien loup qui tente de rejoindre ses compagnons…, et Jack London affirme la chose suivante : «Un homme ne peut voyager seul dans le Klondike par moins trente en dessous de zéro» Tout au long du livre, nous allons assister à ce semblant de huis-clos dans ce désert blanc, froid et hostile. La marche de cet homme est douloureuse, la progression est difficile et les embûches sont nombreuses. Le dessin de Chabouté n'est pas purement noir et blanc comme souvent, ici, il utilise un peu de couleur (en particulier lorsqu'il dessine le feu !). J'ai vraiment beaucoup aimé ce périple au milieu du grand nord, c'est un dépaysement total. A découvrir sans hésitation !

Extrait :

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24 août 2016

Agatha Raisin enquête : Remède de cheval - M.C. Beaton

Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226318312-j Albin Michel - juin 2016 - 270 pages

traduit de l’anglais par Esther Ménévis

Titre original : The Vicious Vet, 1993

Quatrième de couverture :
Après la pluie, le beau temps ! Agatha Raisin est désormais bien installée dans son cottage de Carsely en compagnie de ses deux chats. Cerise sur le pudding, le nouveau vétérinaire du village ne semble pas insensible à ses charmes.

Quand le beau véto succombe à une injection de tranquillisant destinée à un cheval rétif, la police locale conclut à un malencontreux accident. Mais pour Agatha, dont le flair a permis de résoudre l'affaire de La Quiche fatale, il s'agit bien d'un meurtre. à l'étonnement de tous, le séduisant colonel James Lacey partage pour une fois l'avis de son entreprenante voisine. Et nos deux détectives-amateurs se lancent dans une enquête bien plus périlleuse qu'ils ne l'imaginaient...
Agatha Raisin, c'est une Miss Marple d'aujourd'hui. Une quinqua qui n'a pas froid aux yeux, fume comme un pompier et boit sec. Sans scrupule, pugnace, à la fois exaspérante et attendrissante, elle vous fera mourir de rire !

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, Marion Chesney alias M.C. Beaton a été libraire et journaliste avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne avec ses deux séries de romans policiers : Hamish MacBeth et surtout Agatha Raisin (plus de 15 millions d’exemplaires vendus dans le monde). 

Mon avis : (lu en août 2016)
J'ai retrouvé avec plaisir cette nouvelle héroïne qu'est Agatha Raisin... Cette dernière hésite toujours à quitter le village pour retourner à Londres... Elle n'est pas indifférente au charme de James Lacey, son voisin, mais ce dernier n'est pas dans les même dispositions...
Agatha a eu une proposition d'un ancien confrère pour se relancer dans les affaires, elle part donc quelques jours à Londres, mais elle va vite comprendre que la proposition est malhonnête et rapidement, la voilà de retour à Carsely avec un deuxième chat... C'est l'occasion de rencontrer le nouveau vétérinaire qui tourne la tête à toutes les dames du village... Celui-ci invite Agatha à un dîner et lorsqu'il se montre un peu trop empressé à conclure, notre héroïne s'enfuit... Et le lendemain, le vétérinaire est retrouvé mort, une seringue enfoncée en plein coeur. Les enquêteurs (professionnels) concluent rapidement à un accident, mais Agatha Raisin n'est pas convaincue, elle décide donc de mener sa propre enquête et, à son grand plaisir, James Lacey va la seconder...
J'aime beaucoup l'atmosphère du petit village de Carsely et ses habitants. L'intrigue policière est peut-être moins poussée que dans le premier tome mais cette épisode nous permet de mieux connaître Agatha . Elle devient de plus en plus sympathique, impulsive et gaffeuse, elle cherche à améliorer sa relation avec les autres. Elle se retrouve souvent au coeur de situations cocasses ou délicates...
Cette série comporte déjà 27 épisodes en Grande-Bretagne... Cela nous promet donc de nombreuses futures lectures, la sortie des deux prochains épisodes semblent être prévue pour novembre 2016.

Merci Aurore et les éditions Albin Michel pour cette suite toujours aussi amusante.

Extrait : 

Déjà lu du même auteur :
22 août 2016

De terre et de mer - Sophie Van der Linden

Lu en partenariat avec Babelio et les éditions Buchet Chastel

de terre et de mer Buchet Chastel - août 2016 - 144 pages

Quatrième de couverture : 
Au début du siècle dernier, Henri, un jeune artiste, parvient sur l’île de B. après un long voyage.
Venu rendre visite à la femme qui s’est détournée de lui, il y séjournera vingt-quatre heures, le temps pour lui de déambuler dans ce paysage envoûtant, et d’y faire des rencontres singulières.
Jusqu’à la chute finale, le lecteur chemine à la suite du héros dans cette atmosphère vibrante, rendue par une écriture impressionniste aux multiples résonances.

De terre et de mer est le troisième roman de Sophie Van der Linden. Après La Fabrique du monde, L’Incertitude de l’aube, l’auteur confirme encore son talent et dépeint avec acuité l’expression des sensations et des sentiments.

Auteur : Née en 1973, Sophie Van der Linden vit à Conflans-Sainte-Honorine. Elle a publié des ouvrages de référence sur la littérature pour la jeunesse, dont elle est spécialiste. Elle a déjà publié deux romans (La Fabrique du monde et L'Incertitude de l'aube)

Mon avis : (lu en août 2016)
Début du vingtième siècle, Henri, jeune artiste peintre, arrive sur l’île de B. pour rendre visite à Youna, la jeune femme qu'il aime et qui ne répond plus à ses lettres. Il a entrepris ce long voyage pour avoir une explication. Sur l'île, la jeune femme s'est installée dans la maison de sa grand-tante et a repris son activité d'herboriste. Elle a conquis son indépendance et la liberté et rien ne l'empêchera de la garder. Econduit, Henri devra passer la nuit dehors et avant de reprendre le bateau du retour, il fera quelques rencontres...
Dans ce livre, tous nos sens sont en éveil, à travers l'œil du peintre, la description de cette petit île est pleine de couleurs et de nuances comme sur un tableau, les odeurs de la végétation, de la mer, les bruits de la nuit... 
La couverture du livre est superbe, c'est un tableau de Jean-Baptiste Corot qui illustre parfaitement l'atmosphère de ce court roman. Voilà une jolie balade pleine de poésie de 24 heures sur cette petite île avec des rencontres improbables, amusantes ou marquantes et surtout une conclusion magnifique. J'ai beaucoup aimé !

Merci à Babelio et aux éditions Buchet Chastel pour cette très belle découverte

Extrait : (début du livre)
Les nuages n’étaient plus ici ceux, charnus et lourds, de la campagne de Paris. Mobiles, gracieux et diffus, ils semblaient, comme lui, attirés par la mer, pourtant encore lointaine. Depuis que son train avait quitté la halte Bel-Air sur ce dernier embranchement progressant vers le nord, Henri scrutait le paysage et guettait l’irruption de l’aplat bleu qui signalerait aussi bien l’arrivée imminente du train à sa destination que le début d’un autre voyage, celui pour l’île de B.

Enfin, ce n’était pas un voyage, tout juste une traversée. Et courte encore, une demiheure sans doute. Mais Henri n’avait jamais que peu vogué.
Son regard s’accrochait à la cime des arbres, s’attardait sur les mamelons, piquait  dans les vallons, s’envolait dans les masses d’air frais que ce temps encore un peu instable ne manquait pas d’insuffler au calme paisible d’un ciel estival.

Le train parvint à R. sans qu’Henri eût aperçu la moindre perspective marine. Rien de bleu ne perça à l’horizon de ce diorama désarticulé qu’est le paysage fuyant sous l’oeil du voyageur ferroviaire.
De la gare, il gagna le port en traversant la ville. Débouchant d’une rue sombre et humide, comme le sont toutes les rues de cette cité granitique, encombrée par les charrettes à chevaux convoyant la production
maraîchère de l’arrière-pays, il vit enfin la mer, sans pouvoir cependant s’attarder à sa contemplation tant il était soucieux d’attraper le dernier sloup qui le déposerait sur l’île à une heure raisonnable pour rendre
visite.
Une fois le point d’embarcation repéré, il rejoignit une courte file de passagers. Lorsque vint son tour, Henri, dans la fatigue de son long voyage, dans l’encombrement de son bagage et de son bouquet de fleurs acheté à la hâte lors d’une correspondance, dans son impatience et, surtout, dans son trouble inexplicable, causé par le carillon de l’église sonnant quatre heures, posa un pied sur l’embarcation somme toute légère d’un mouvement qu’il aurait voulu leste mais qui, dans ce désordre, y imprima un bruit sourd et une franche oscillation. Les passagers ayant déjà pris place à bord durent se cramponner subitement pour ne point perdre l’équilibre. S’ils ne prononcèrent mot, ces îliens, pour la plupart, en eurent toutefois en réserve pour cet étranger sans usage ni manière.
De l’air ! Cet air-là ! Comme il m’a manqué en vérité. Henri oublia l’incident lorsqu’il put enfin lever le nez, humer les ressacs iodés de l’eau du port claquant le quai, et se tourner vers le large s’offrant maintenant à son regard. Il avait vécu son enfance et le début de sa jeunesse sur la côte.
Pourtant, ses origines paysannes l’avaient toujours maintenu éloigné de la navigation. La mer n’en demeurait pas moins pour lui une source de joie et d’apaisement.

Déjà lu du même auteur :

 9782283026472-5ae6f La fabrique du monde

 

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21 janvier 2015

Le Grand désordre - Alzheimer, ma mère et moi - Sarah Leavitt

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le grand désordre Steinkis - septembre 2014 - 128 pages

traduit de l'anglais (Canada) par Anaïs Parouty

Titre original : A story about Alzheimer's, my mother and me, 2010

Quatrième de couverture :
Sarah a toujours eu une mauvaise mémoire. Quand on diagnostique la maladie d'Alzheimer de sa mère, elle sait qu'elle doit noter tout ce qui se passe pour se rappeler les moments de folie, la beauté, la tragédie et les fous rires aussi.

Elle nous entraîne avec elle dans le voyage de sa famille en Alzheimer...
Un témoignage sur une maladie complexe, et un hommage d'une fille à sa mère.

Auteur : Titulaire d'une maîtrise en création littéraire de l’Université de la Colombie-Britannique (Canada), Sarah Leavitt donne des ateliers, a élaboré un cours universitaire d'introduction sur la Bande Dessinée et participe à de nombreux festivals. Après la « carrière » internationale et l’accueil chaleureux réservé à son premier roman graphique, elle travaille actuellement au prochain. 

Mon avis : (lu en janvier 2015)
Un sujet grave traité avec beaucoup d'humanité. Dans ce roman graphique, Sarah retrace l'histoire de la maladie de sa mère. Midge a 52 ans lorsque les premiers symptômes de la maladie apparaissent, deux ans plus tard, le diagnostique de la maladie d'Alzeimer tombe. Sarah va noter au fil des jours le quotidien de sa mère, ses impressions, ses humeurs, les anecdoctes amusantes comme celles déprimantes.
Rob, le père de Sarah va prendre soin de Midge avec vers la fin l'aide de deux auxiliaires. Sarah, sa soeur Hannah et les soeurs de leur mère vont régulièrement venir soulager Rob et s'occuper de Midge qui a besoin d'une présence 24h/24h.
Sarah décrit l'évolution de la maladie, petit à petit Midge est désorientée, elle accepte mal sa maladie, au début, elle est dans le dénie, puis la maladie s'installe vraiment... Les proches sont sollicités dans le plus intime de la malade et la hiérarchie mère et fille est totalement chamboulée.
Cette bande dessinée est bouleversante, poignante. Quelques années près la mort de sa maman, Sarah a pris du temps pour créer ce témoignage fort et plein d'amour.

Merci Babelio et les éditions Steinkis pour cette bande dessinée témoignage.

Extrait :

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  Challenge 5% Rentrée Littéraire 2014 
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Challenge Petit Bac 2015 
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16 janvier 2013

Alex - Pierre Lemaitre

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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AudioLib – mars 2011 – lu par Philippe Résimont

Albin Michel – février 2011 – 392 pages

Livre de Poche – mai 2012 – 408 pages

Quatrième de couverture :
Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante. Est-ce pour cela qu'on l'a enlevée, séquestrée et livrée à l'inimaginable ? Mais quand le commissaire Verhoeven découvre enfin sa prison, Alex a disparu. Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n'oublie rien, ni personne. Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l'on retrouve le talent de l'auteur de Robe de marié. Pierre Lemaitre hisse le genre noir à une hauteur rarissime chez les écrivains français : celle où se tient la littérature.

Auteur : Né à Paris, Pierre Lemaitre a longtemps enseigné la littérature avant d’embrasser la carrière littéraire. Ses trois premiers romans, Travail soigné (prix du Premier roman de Cognac 2006), Robe de marié (prix du Meilleur polar francophone 2009) et Cadres Noirs (prix du Polar européen du Point 2010), lui ont valu un succès critique et public exceptionnel et l’ont révélé comme un maître du roman noir et du thriller. Ses romans sont traduits dans une quinzaine de langues et plusieurs sont en cours d’adaptation cinématographique.

Lecteur : Philippe Résimont brûle les planches depuis plus de 20 ans dans des registres très différents (Cyrano de Bergerac, Le Misanthrope, Ladies Night, Littoral). Il participe également à quelques aventures cinématographiques (Les convoyeurs attendent, Maternelle, Une nuit).

Mon avis : (écouté en décembre 2012)
J'ai décidé d'écouter ce livre en premier lieu pour participer au Challenge "Ecoutons un livre" organisé par Valérie. Jusqu'à présent, mes expériences d'écoute de livre audio n'avaient pas été concluantes... Cette fois-ci, j'ai mis toutes mes chances de mon côté en suivant les conseils des adeptes... 
Et bien, j'y ai pris goût, ainsi depuis, Alex, j'ai écouté 3 autres livres audio et mon 4ème est en cours !
En commençant ce livre, je pensais écouter un livre destiné aux adolescents... C'est sans doute à cause de l'illustration de la couverture... Or il n'en est rien... Ce livre est un thriller noir parfaitement construit, divisé en trois parties. L'auteur arrive parfaitement à bousculer le lecteur dans ses certitudes en lui proposant différents points de vue... 

Alex est une jolie jeune femme, elle est brutalement enlevée et séquestrée dans des conditions extrêmes... Le Commissaire Camille Verhoeven dirige l'enquête qui s'annonce complexe et pleine de rebondissements...
Une histoire très noire, glaçante mais passionnante. Le suspense, frayeurs et émotions sont au rendez-vous de ce thriller époustouflant. A ne pas rater ! 
En bonus du livre audio, il y a un entretien de 30 minutes avec l'auteur très intéressant à surtout n'écouter qu'après l'audition du livre. 

Mes nouvelles impressions sur le livre-audio : Pour ce Challenge, j'avais choisi Alex car j'avais repéré que les chapitres sont assez courts et donc le risque de perdre le fil de l'histoire en court de chapitre est moins grande... Le plus dur, c'est le début, il faut entrer dans l'histoire et ainsi garder son esprit à l'écoute et ne pas papillonner... J'ai maintenant un appareil mp3 plus sophistiqué qui me permet d'avancer ou reculer au court d'un chapitre et pour les premiers chapitres ne n'hésitent pas à les écouter plusieurs fois... Ensuite, je suis impatiente de connaître la suite de l'histoire. Et à ma grande surprise, j'ai lu ou plutôt écouté "Alex" en moins d'une semaine... En faisant mes courses, en attendant à la Poste, en marchant et au lit... en particulier en vacances ou le week-end, avant de me lever, je suis souvent réveillée avant mon mari et je ne peux pas allumer pour lire un livre papier !
En commençant ma lecture, je me suis dit que j'emprunterai le livre pour compléter mon écoute (comme je l'avais fait pour les livres audio précédents) et finalement, c'est inutile !

Je participerai au prochain rendez-vous du 16 février avec : 
Enquêtes de Miss Marple T1 (lu par Michaël Lonsdale)

Extrait : (début du livre)
Alex adore ça. Il y a déjà près d’une heure qu’elle essaye, qu’elle hésite, qu’elle ressort, revient sur ses pas, essaye de nouveau. Perruques et postiches. Elle pourrait y passer des après-midi entiers.
Il y a trois ou quatre ans, par hasard, elle a découvert cette boutique, boulevard de Strasbourg. Elle n’a pas vraiment regardé, elle est entrée par curiosité. Elle a reçu un tel choc de se voir ainsi en rousse, tout en elle était transformé à un tel point qu’elle l’a aussitôt achetée, cette perruque.
Alex peut presque tout porter parce qu’elle est vraiment jolie. Ça n’a pas toujours été le cas, c’est venu à l’adolescence. Avant, elle a été une petite fille assez laide et terriblement  maigre. Mais quand ça s’est déclenché, ç’a été comme une lame de fond, le corps a mué presque d’un coup, on aurait dit du morphing en accéléré, en quelques mois, Alex était ravissante. Du coup, comme personne ne s’y attendait plus, à cette grâce soudaine, à commencer par elle, elle n’est jamais parvenue à y croire réellement. Aujourd’hui encore.

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Déjà lu du même auteur : 

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Lire sous la contrainte

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4ème session : Un seul mot

Challenge Pour Bookineurs En Couleurs

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PAL Noire

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2013
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"Prénom"

 Challenge Thriller 

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catégorie "Même pas peur" : 20/12

 

 

15 septembre 2012

Des ombres dans la rue - Susan Hill

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traduit de l'anglais par Johan-Frédérik Hel Guedj

Titre original : The Shadows in the Street, 2010  

Quatrième de couverture : 
En vacances à Taransay, une petite île sauvage à l’ouest de l’Écosse, l’inspecteur Simon Serrailler se remet d'une opération difficile quand il est rappelé en urgence à Lafferton. Deux prostituées ont été retrouvées étranglées, et le temps qu'il revienne, une troisième est portée disparue. S'agit-il de l’œuvre d'un pervers et de meurtres en série ? Est-on en présence d'un nouveau Jack l'Éventreur ou ces disparitions n'ont-elles rien à voir les unes avec les autres ?  Quand, à leur tour, la femme du nouveau doyen de la cathédrale puis une jeune mère de famille qui se rendait à son travail en bicyclette manquent à l'appel, le mystère s'épaissit. Chaque piste mène à une impasse, la police piétine dans ses enquêtes et la population de Lafferton exprime une peur et un mécontentement, croissants, relayés, bien sûr, par les médias. Serrailler se retrouve propulsé au cœur même de l'enquête, lorsque Cate, sa propre soeur, devient la cible du meurtrier...  

Auteur : Susan Hill est née en Angleterre en 1942. Romancière populaire (auteur notamment du célèbre Je suis le seigneur du château), écrivain pour enfants, auteur dramatique, journaliste, elle n’a jamais cessé d’écrire. Avec les enquêtes de Simon Serrailler (Meurtres à Lafferton, Où rôdent les hommes et Au risque des ténèbres, La mort a ses habitudes), elle a fait une entrée très remarquée dans le monde du polar, aujourd’hui confirmée par le succès de cette série outre-Manche.  

Mon avis : (lu en septembre 2012)
Je croyais que c'était la première fois que je lisais un livre de cette auteur britannique, or il y a peu, j'ai trouvé dans notre bibliothèque familiale le livre « Je suis le seigneur du château » que j'ai sans doute acheté après avoir vu le film adapté du livre et dont je garde un bon souvenir.
Avec la sélection Elle 2013, j'étais donc curieuse de découvrir ce roman policier donc la 4ème de couverture était plus que prometteuse : « Nouvelle enquête haletante du séduisant Simon Serrailler, retrouvailles attendues avec tous les personnages de Lafferton chers au lecteur »
Malheureusement, les promesses étaient trop belles et cette lecture m'a déçue...
Dans une première partie, l'auteur plante le décor de Lafferton et ses habitants et décrit un à un les (trop ?) nombreux personnages de l'histoire. Le lecteur découvre une atmosphère à la Ken Loach (en moins bien), il lui faut attendre au moins 90 pages avant que le roman policier commence vraiment avec la disparition de la première fille. L'inspecteur Simon Serrailler est assez peu présent, l'intrigue est assez classique, pas vraiment originale. 
Encore un reproche, cette fois-ci pour l'éditeur avec une quatrième de couverture trop bavarde et dévoilant trop d'éléments de l'intrigue...
La lecture de ce livre n'est pas déplaisante en particulier grâce aux différents personnages, des gens ordinaires qui se débattent avec le quotidien et leurs soucis et que l'auteur a su rendre attachants et sympathiques.   

Autres avis : Clara, CanelMimipinson, Anna BlumeThéoma, Hélène

Extrait : (début du livre)
Leslie Blade s'arrêta sous l'avancée de l'entrée de la faculté, le temps d'ouvrir son parapluie.
La pluie. La pluie matin et soir depuis le début de la semaine.
Il pouvait venir travailler en voiture, mais il n'était qu'à trois kilomètres, donc la fac ne lui accordait pas un permis de stationner sur le parking. Il pourrait attraper un bus, mais ils étaient peu fréquents et peu fiables et, depuis l'arrêt le plus proche de son domicile, il y avait encore dix bonnes minutes à pied.
Les gens dévalaient les marches et sortaient sous cette pluie torrentielle. Des étudiants traversaient la cour, capuches d'anorak relevées.
Leslie Blade redressa son parapluie et sortit.
Jusqu'à ces derniers mois, il avait toujours suivi le même itinéraire, par la grande rue, en contournant la Colline, mais maintenant que les ruelles de l'Old Market Lanes étaient ouvertes, il les empruntait parfois ; il aimait assez les pavés et ces éclairages moins crus, il jetait un œil aux vitrines du libraire et de deux  galeries d'art, s'achetait un morceau de fromage et un peu de salami chez le traiteur qui restait ouvert jusqu'à dix-neuf heures. Cela le faisait arriver chez lui une vingtaine de minutes plus tard ou davantage, ce qui ne plaisait pas trop à sa mère, aussi il s'était mis à lui acheter un peu de chocolat ou un sachet de caramels au beurre salé. C'était une manière de la soudoyer, mais ce n'était pas vraiment cela dont elle avait envie ; c'était sa compagnie qu'elle voulait, mais ça marchait, car elle aimait les sucreries.
Le temps qu'il atteigne les Lanes, ce soir-là, la pluie dégoulinait des gouttières et les bas-côtés de l'étroite voie pavée étaient inondés de mares profondes. Le traiteur fermait tôt.
Il la vit au bout de la rue, là où les ruelles des Lanes débouchaient sur la place du marché. Elle se tenait debout, juste en deçà du halo de lumière qui se déversait du pub, le col de sa veste relevé, tâchant de s'abriter de la pluie tout en restant visible. Il pressa le pas. C'était un nouvel emplacement ; il n'avait encore jamais vu aucune d'entre elles, par ici. C'était trop proche des principales rues commerçantes et les voitures n'étaient pas autorisées à s'arrêter sur la place - uniquement les bus, et les taxis qui rejoignaient la station, à l'autre extrémité.
Mais c'était Abi. Il était sûr que c'était Abi, même d'ici, depuis l'autre bout de la rue. Abi, ou alors Marie, peut-être ? 

 
 

 Grand_Prix_des_Lectrices_2013
Sélection roman
Jury Octobre

 Challenge Thriller 
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 catégorie "Même pas peur" : 6/12

Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Grande-Bretagne

Challenge God Save The Livre
 Challenge_anglais

 

28 septembre 2012

Le Journal d'Anne Frank

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Calmann-Lévy - janvier 1958 – 308 pages

Calmann-Lévy - janvier 1959 – 345 pages

Livre de Poche – 1969 – 275 pages

France-Loisirs – octobre 1977 – 320 pages

Livre de Poche - janvier 1979 - 317 pages

Gallimard jeunesse – décembre 1984 -

Presse Pocket – 1986 – 284 pages

Livre de Poche – 1991 – 274 pages

Calmann Lévy – mars 2002 – 280 pages

Livre de Poche – novembre 2008 – 352 pages

traduit du néerlandais

Titre original : Het Achterhuis. Dagboekbrieven 14 Juni 1942-1 Augustus 1944, 1947

Quatrième de couverture : 
C'est d'abord pour elle seule qu'Anne Franck entreprend l'écriture de son journal le 12 juin 1942. Mais au printemps 1944, le gouvernement néerlandais décide de rassembler, dès la fin de la guerre, tout écrit relatant les souffrances du peuple occupé. Du haut de ses treize ans, Anne Franck s'adresse alors à la postérité. Au fil d'un récit alerte et chaleureux, elle décrit à sa "chère Kitty" imaginaire sa pénible vie clandestine. Car Anne et les siens vivent cachés dans "l'annexe" des bureaux paternels. L'occasion pour la jeune fille d'observer et de consigner dans son précieux cahier les comportements de chacun, d'analyser avec une maturité étonnante les tensions psychologiques dont vibre le quotidien. Elle y confie aussi sa peur, ses rêves et ses ambitions, ainsi que ses premières amours et ses réflexions sur la religion.

Ce Journal demeure l'un des témoignages les plus émouvants sur la Seconde Guerre mondiale. La mort d'Anne Franck en déportation nous laisse au coeur une plaie vive : le souvenir, rendu plus présent et plus insupportable encore, par cette lecture, du génocide des Juifs.

Auteur : Anne Frank est née le 12 juin 1929 à Francfort. Sa famille a émigré aux Pays-Bas en 1933. À Amsterdam, elle connaît une enfance heureuse jusqu’en 1942, malgré la guerre. Le 6 juillet 1942, les Frank s’installent clandestinement dans «l’Annexe» de l’immeuble du 263, Prinsengracht. Le 4 août 1944, ils sont arrêtés sur dénonciation. Déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, Anne meurt du typhus en février ou mars 1945, peu après sa sœur Margot. La jeune fille a tenu son journal du 12 juin 1942 au 1er août 1944, et son témoignage, connu dans le monde entier, reste l’un des plus émouvants sur la vie quotidienne d’une famille juive sous le joug nazi. 

Mon avis : (relu en septembre 2012)
Après mon week-end à Amsterdam cet été et la visite de la Maison d’Anne Frank, je voulais absolument relire son Journal que j’avais déjà lu adolescente.

C'est un formidable témoignage d'une époque, d'une histoire. Anne commence ce journal à treize ans, seulement quelques jours avant que sa famille parte se cacher dans l'Annexe. Le journal d'Anne s'achève lorsqu'elle a quinze ans et presque deux mois, la cachette a été découverte et les clandestins arrêtés.
Anne raconte son quotidien et celui des clandestins à travers des lettres qu'elle adresse à Kitty une amie imaginaire. Elle confie à son journal ses colères, ses conflits avec sa mère, ses espoirs, ses sentiments. Elle décrit avec beaucoup de détails l’organisation de la vie à l’Annexe, les contraintes, les occupations de chacun, les nouvelles qu’ils ont de l’extérieur grâce à la radio et surtout aux quelques employés des entreprises d’Otto Frank qui aident les clandestins. Miep, Bep, Jan, Kleiman et Kluger s’occupent de leur approvisionnement et leur remontent le moral. Ils ont été indispensables à la réussite de cette clandestinité. Malgré ces conditions particulières, Anne confit également à son journal les questions qu’une jeune fille de son âge se pose sur les transformations de son corps, sur ses sentiments, sur ses projets d’avenir…

Je gardais de ce livre un souvenir émouvant et fort, avec cette relecture j’ai redécouvert la richesse de ce journal. Anne a une maturité étonnante et un vrai talent d’écrivain, elle sait observer et raconter. Au fil des pages, j’ai vu l’évolution de cette enfant pleine de vie qui devient  une adolescente qui aspire à évoluer. Les lettres sont parfois drôles, féroces, très intimes ou très tristes, Anne est  bouleversante de vérité et d’humanité.
A lire ou à relire ! Et à faire partager pour ne pas oublier !

La visite de la Maison d’Anne Frank : C’est « un musée avec une histoire », vous imaginez bien que c’est terriblement émouvant et tout au long du musée, les lieux sont décrits à l’aide de citations du Journal d'Anne Frank. La visite commence dans la maison principale où se trouvaient les bureaux d'Otto Frank et de ses employés. Les visiteurs découvrent peu à peu l'ambiance et le contexte historique de l’époque.
Au milieu de la visite, le visiteur découvre les pièces de la cachette dans l'Annexe, elles  ont été conservées dans leur état originel, mais vides étant donné que tout fut enlevé après l'arrestation des 8 clandestins. Il reste cependant sur le mur de la chambre d’Anne les photos de magazine qu’elle y a collé au début du séjour dans l’Annexe, une petite carte piquée d’aiguilles montrant l’avancée américaine après le débarquement de juin 1944…
Puis la visite se poursuit avec une exposition sur les déportations et les camps et une exposition entièrement consacrée au Journal d’Anne Frank.

Je vous invite également à parcourir le site de la Maison d’Anne Frank, il est très complet et très intéressant.

Article chez Valérie sur l'adaptation du Journal d'Anne Frank au Théâtre Rive Gauche

Extrait : (début du livre)

12 JUIN 1942:

Je vais pouvoir, j'espère, te confier toutes sortes de choses, comme je n'ai encore pu le faire à personne, et j'espère que tu me seras d'un grand soutien.

(ajout du 28 SEPTEMBRE 1942)

Jusqu'à maintenant, j'ai trouvé en toi un grand soutien, comme auprès de Kitty à qui j'écris régulièrement, j'aime beaucoup mieux cette façon d'écrire dans mon journal et maintenant j'ai vraiment du mal à attendre le moment de te retrouver pour écrire. Oh, comme je suis contente de t'avoir emporté.

DIMANCHE 14 JUIN 1942

Je vais commencer au moment où je t'ai reçu, c'est-à- dire quand je t'ai vu sur la table de mes cadeaux d'anniversaire (car j'étais là quand on t'a acheté, mais ça ne compte pas). 
Vendredi 12 juin, j'étais déjà réveillée à six heures, et c'est bien compréhensible puisque c'était mon anniversaire. 
Mais à six heures, je n'avais pas le droit de me lever, alors j'ai dû contenir ma curiosité jusqu'à sept heures moins le quart. Là je n'y tenais plus, je suis allée dans la salle à manger, où Moortje (le chat) m'a souhaité la bien venue en me donnant des petits coups de tête. Un peu après sept heures, je suis allée voir Papa et Maman et ensuite je suis venue au salon pour déballer mes cadeaux, c'est toi que j'ai vu en premier, peut-être un de mes plus beaux cadeaux. Et puis un bouquet de roses, deux branches de pivoines, et une petite plante. Papa et Maman m'ont donné un chemisier bleu, un jeu de société, une bouteille de jus de raisin, qui, à mon idée, a un petit goût de vin (on fait le vin avec du raisin), puis un puzzle, un petit pot de pommade ; un billet de deux florins et demi et un bon pour deux livres, un livre, la Camera obscura, mais Margot l'a déjà, alors je l'ai échangé ; un plat de petits gâteaux faits maison (par moi bien sûr, car faire des petits gâteaux, c'est mon fort en ce moment), beaucoup de bonbons, et une tarte aux fraises faite par Maman, une lettre de mamie, juste à temps, mais évidemment c'est un hasard. 
Ensuite Hanneli est venue me chercher et nous sommes parties à l'école. Pendant la récréation, j'ai offert des galettes au beurre aux professeurs et aux élèves ; et puis il a fallu retourner au travail. 
Puis je suis rentrée à cinq heures car j'étais allée au cours de gymnastique (même si je n'en ai pas le droit parce que mes bras et mes jambes se déboîtent) et pour mon anniversaire j'ai choisi qu'on joue tous au volley. Quand je suis arrivée à la maison, Sanne Ledermann était déjà là et j'avais ramené IIse Wagner, Hanneli Goslar et Jacqueline Van Maarsen, parce qu'elles sont dans ma classe. Avant, Hanneli et Sanne étaient mes deux meilleures amies, et quand on nous voyait ensemble on disait toujours voilà Anne, Hanne et Sanne. Je n'ai connu Jacqueline Van Maarsen qu'au lycée juif et maintenant elle est ma meilleure amie. Ilse est la meilleure amie de Hanneli, et Sanne est à une autre école, où elle a ses amies. 

 

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012

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"Personne Célèbre"

Challenge le nez dans les livres

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La reine des lectrices : 11/6

18 mars 2012

La Nuit des corbeaux – John Connolly

En librairie depuis le 15 mars 2012

Lu en partenariat avec les Presse de la Cité

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traduit de l'anglais (Irlande) par Jacques Martinache

Titre original : The Burning Soul, 2011

Présentation éditeur : 
Lorsqu’il était adolescent, Randall Haight a commis l’irréparable : avec un ami, il a tué sans raison une jeune fille de quatorze ans. Après avoir purgé une peine de prison pour ce meurtre, il a refait sa vie dans une petite ville du Maine, où il pense que personne ne connaît ni son identité, ni son histoire. Pourtant quelqu’un sait. Un jour, il reçoit un courrier anonyme contenant une photo de la ferme où le crime a eu lieu. Il fait alors appel à Charlie Parker afin de découvrir qui est le mystérieux corbeau. Mais une adolescente disparaît, et l’instinct du détective l’amène à soupçonner son client…

Auteur : John Connolly est né à Dublin en 1968. En neuf romans, dont L’Ange Noir et La Proie des ombres, ce journaliste à l’Irish Times a su imposer un univers noir, fantastique et poétique d’une grande originalité, à l’image de l’un de ses personnages-clés : Charlie Parker, détective privé hanté par le meurtre de sa femme et de sa fille.

Site de l'auteur : http://www.johnconnollybooks.com 

Mon avis : (lu en mars 2012)
J’ai accepté de lire ce livre en pensant lire un simple roman policier… En effet, j’ai confondu les auteurs Michael Connelly et John Connolly. J’avais déjà lu des livres de Michael Connelly mais encore jamais de John Connolly. N’étant pas du tout fan de fantastique, le fait que l’on définisse cet auteur irlandais comme un auteur de romans fantastiques noirs cela me faisait un peu peur. Finalement le côté fantastique est très peu présent, et ce livre est surtout un très bon thriller.

L’histoire commence avec la disparition d’Anna Kore, une jeune fille de quatorze ans dans la petite ville de Pastor's Bay dans l’État du Maine. Dans cette même ville vit Randall Haight, ce n'est pas son vrai nom, car lorsqu'il avait quatorze ans, il avait été coupable avec un camarade du viol et du meurtre d'une jeune adolescente noire. Il a payé sa dette à la société pendant de longues années en prison. Randall se sentant rattrapé par son passé fait alors appel à une avocate, Aimee Price, qui elle-même fait appel au détective privé Charlie Parker (personnage récurrent de John Connolly) pour enquêter sur la disparition d'Anna Kore.

J'ai beaucoup aimé ce thriller, l'histoire est très bien construite, le suspens est présent. Dès le début, l'auteur nous envoie sur plusieurs pistes et de nombreux personnages entre en scène... Le lecteur accompagne Charlie Parker tout au long de l'enquête, avec ses interrogations, ses doutes, ses questions, ses impressions. J'ai aimé les descriptions de l'ambiance, de l'atmosphère des lieux.

A découvrir sans hésiter !  

Je remercie beaucoup Pauline et les éditions Presse de la Cité pour ce partenariat.

Extrait :(début du livre)
Une mer grise, un ciel gris, mais le feu dans les bois et les arbres en flammes. Pas de chaleur, pas de fumée, et pourtant la forêt brûlait, couronnée de rouge, de jaune et d’orange, un incendie froid venu avec l’automne et la chute résignée des feuilles. Il y avait de la mortalité dans l’air, portée par les premiers signes des vents d’hiver, leur menace glacée, et les animaux se préparaient aux neiges à venir. On avait commencé à se remplir le ventre en prévision des temps de vaches maigres. La faim forcerait les bêtes les plus vulnérables à prendre des risques pour se nourrir et les prédateurs seraient à l’affût. Les araignées noires embusquées au coin de leur toile ne sommeillaient pas encore. Il restait des insectes à prendre au piège, des trophées à ajouter à leurs collections d’enveloppes corporelles desséchées. Les pelages d’hiver s’épaississaient et les fourrures s’éclaircissaient pour mieux se confondre avec la neige. Des oies en formation quadrillaient le ciel en laissant des traces dans leur sillage, abandonnant, comme des réfugiés fuyant une guerre proche, ceux qui étaient contraints de rester et d’affronter ce qui allait venir.

Les corbeaux étaient immobiles. Nombre de leurs frères du Grand Nord avaient migré vers le sud pour échapper au plus fort de l’hiver, mais pas ceux-là. Enormes et cependant racés, ils possédaient des yeux brillant d’une intelligence étrange. Sur cette route reculée, certaines personnes les avaient déjà remarqués, et si elles avaient un compagnon de marche, ou un passager dans leur voiture, elles avaient commenté leur présence. Oui, tous en convenaient, ils étaient plus gros que les corbeaux habituels et peut-être suscitaient-ils aussi un sentiment de malaise, ces volatiles voûtés, ces éclaireurs patients et perfides. Ils étaient perchés sur les branches d’un très vieux chêne, organisme dont les derniers jours étaient annoncés : ses feuilles tombaient plus tôt chaque année, si bien que fin septembre il était déjà dénudé, créature calcinée au milieu du flamboiement, comme si le feu dévorant l’avait déjà consumé, ne laissant que les restes fumants de nids depuis longtemps abandonnés. L’arbre se dressait au bord d’un taillis qui s’avançait légèrement pour suivre la courbe de la route et dont il occupait la pointe la plus éloignée. Il avait eu autrefois des compagnons semblables à lui, mais les hommes qui avaient construit cette route les avaient abattus, des années plus tôt. Il restait maintenant le seul de son espèce, et lui aussi disparaîtrait bientôt.
Pourtant les corbeaux étaient venus s’y percher, parce qu’ils aimaient les créatures mourantes. 

 

 

Challenge Voisins, voisines
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Irlande

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Animaux" 


50__tats

17/50 : Maine 

Challenge God Save The Livre
 Challenge_anglais

19 avril 2011

Jamais contente : Le journal d'Aurore - Marie Desplechin

Lu durant le Read-A-Thon Avril 2011RAT_9_10_04_2011

jamais_contente École des loisirs - avril 2006 - 180 pages

Quatrième de couverture :
12 février.
On peut ruiner sa vie en moins de dix secondes. Je le sais. Je viens de le faire. Là, juste à l'instant. J'arrive à la porte de l'immeuble, une modeste baguette dans la main et la modeste monnaie dans l'autre, quand Merveille-Sans-Nom surgit devant moi. Inopinément. A moins de cinq centimètres (il est en train de sortir et je m'apprête à entrer, pour un peu on s'explose le crâne, front contre front). Il pose sereinement sur moi ses yeux
sublimes. Je baisse les miens illico, autant dire que je les jette quasiment sous terre, bien profond, entre la conduite d'égout et le tuyau du gaz. Sa voix amicale résonne dans l'air du soir :
- Tiens ! Aurore ! Tu vas bien ?
Je reste la bouche ouverte pendant environ deux
millions de secondes, avant de me décider et de lui hurler à la figure :
- Voua ! Merdi !

Auteur : Née à Roubaix en 1959, après des études de Lettres, Marie Despleschin devient journaliste free-lance avant de se consacrer presque exclusivement à son rêve : l'écriture de roman et de nouvelles pour adultes et enfants. C'est Geneviève Brisac qui la remarque et qui l'encourage à se lancer pleinement dans l'écriture. Après 'Le Sac à dos d'Alphonse' et 'Rude samedi pour Angèle', la romancière débutante publie en 1995 un recueil de nouvelles très remarqué et intitulé 'Trop sensibles'. Son premier roman pour adulte, 'Sans moi', connaît un vif succès. Dans ses livres, elle aborde avec humour des sujets variés : les relations mère-fille dans 'Verte', le monde de l'imaginaire dans 'Dragons' en 2003 ou l'éducation d'une jeune fille au XIXe siècle dans 'Satin grenadine'. En parallèle, elle travaille avec Lydie Violet, son amie et attachée de presse aux éditions de l'Olivier, et accouche de 'La Vie sauve', une œuvre qui remporte en novembre 2005 le prix Médicis dans la catégorie 'essais'. Participant également à des recueils collectifs – 'Naissances', '100 jours sans', 'Penser/Rêver'... -, elle contribue encore à des projets innovants - 'Beaucoup plus que de l'amour' - ou aux publications de la nouvelle maison d'édition l'Estuaire. Par ailleurs membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de la non-violence, Marie Desplechin publie régulièrement des articles dans L' Express depuis 2006. Elle est encore l'auteur des ouvrages 'Je me souviens de Bruxelles', 'L'Album vert' ou 'Bobigny, centre-ville'. Marie Desplechin consacre également sa plume à la littérature jeunesse, notamment à l'Ecole des Loisirs. Elle vit à Paris, elle a trois enfants.

Mon avis : (lu en avril 2011)
C'est à l'occasion de la Semaine Marie Desplechin  du 18 au 24 avril 2011 organisée par Stephie (blog Mille et une pages) que j'ai emprunté un peu par hasard ce livre à la bibliothèque. J'avais déjà dans ma PAL le livre Danbé de Aya Cissoko et Marie Desplechin, mais je voulais lire également un livre où elle était la seule auteure.
Je réalise que je n'avais encore jamais lu de livres de Marie Desplechin.

Ce livre se lit très facilement, c'est léger, drôle. Aurore est une jeune adolescente de 15 ans qui a travers son journal raconte sa vie au collège, en famille. Elle est cynique et très critique vis à vis de ses parents et de ses sœurs Jessica (18 ans) et Sophie (12 ans). Elle nous raconte ses malheurs au collège, elle ne travaille pas beaucoup et sa petite sœur qui vient de rentrer en 6ème lui fait de l'ombre en ayant des trop bonnes notes... Elle est copine avec Lola dont les parents sont divorcés et Samira qui a six frères...

J'ai trouvé très amusant et intéressant de découvrir les pensées d'une adolescente de notre époque, j'ai les même ados à la maison (mais en version garçons), j'étais donc plutôt sur une autre planète et moi qui vient d'une famille de 3 filles, les choses ont beaucoup changées depuis mon adolescence...

Extrait : (début du livre)
1er octobre, avant dîner
Tous les gnomes de la planète comptent leurs sous. Le plus grand magicien de tous les temps va passer pour sa quête annuelle; J'ai nommé Harry Potter, le type qui transforme le papier en or massif. Sophie-la-Parfaite, dite aussi Sœur-Cadette-Ingrate, se prépare activement à célébrer. Elle sera la première à acheter le bouquin. La première à le lire. La première à dire qu'il est encore mieux que celui de l'année dernière. Dommage qu'elle entre juste en sixième, elle n'a pas assez de vocabulaire pour se le taper en anglais. Pas grave, Sophie, ce sera pour la rentrée prochaine. Et il sera encore mieux que celui de cette année. Moi, franchement, il faudrait me payer pour que j'aille faire la queue juste pour acheter un bouquin. Surtout un bouquin que tout le monde a lu. Je me demande ce que ma sœur préfère : faire la queue ou lire le livre. Je crois que c'est faire la queue. Si elle aimait lire, on verrait autre chose que Titeuf sur son étagère.
Le temps que les gens perdent à lire des livres, ça me tue. C'est le genre de réflexion que je me fais en cours de maths. Il faut que je m'occupe la tête si je ne veux pas devenir dingue. Bref, la question s'est posée à moi entre deux équations, la seule, la vraie, l'unique : pourquoi me pourrir la vie à lire alors que je peux écrire ?
Justement, j'avais un cahier en train de moisir. Un vieux cadeau de l'anniversaire de mes douze ans. L'authentique présent effroyable : une large couverture en carton, un million de pages blanches, et MON JOURNAL INTIME marqué dessus, histoire de rendre la chose publique dans le monde entier. Tellement intime que la couverture est fermée par un cadenas ridicule avec clé dorée, le genre de truc qui donne une envie mortelle de lire en cachette.
« Tu vas écrire ton journal et ce sera le début d'une nouvelle vie », voilà ce que je me disais quand la fin de l'heure a sonné. J'ai arrêté de penser. Direct. J'ai ramassé mes affaires et j'ai foncé vers la sortie. La vérité, c'est que je suis faite pour l'action.

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 Semaine Marie Desplechin  du 18 au 24 avril 2011

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