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21 mars 2012

Les Solidarités mystérieuses – Pascal Quignard

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Gallimard – octobre 2011 – 251 pages

Quatrième de couverture :
« Ce n’était pas de l’amour, le sentiment qui régnait entre eux deux. Ce n’était pas non plus une espèce de pardon automatique. C’était une solidarité mystérieuse. C’était un lien sans origine dans la mesure où aucun prétexte, aucun événement, à aucun moment, ne l’avait décidé ainsi. » 

Auteur : Romancier, poète et essayiste, Pascal Quignard est né en 1948. Après des études de philosophie, il entre aux Éditions Gallimard où il occupe les fonctions successives de lecteur, membre du comité de lecture et secrétaire général pour le développement éditorial. Il enseigne ensuite à l’Université de Vincennes et à l’École Pratique des Hautes Études en Sciences Sociales. Il a fondé le festival d’opéra et de théâtre baroque de Versailles, qu’il dirige de 1990 à 1994. Par la suite, il démissionne de toutes ses fonctions pour se consacrer à son travail d’écrivain.

Mon avis : (lu en mars 2012)
J'ai découvert ce livre grâce au « Café Lecture » de la Bibliothèque.
Le livre s'ouvre avec le voyage de Claire en Bretagne pour le mariage d'une cousine. Elle revient sur les lieux de son enfance, entre Dinard et Saint-Lunaire. Des lieux qui lui rappellent des moments de joie mais aussi des drames. Claire est orpheline depuis l'âge de neuf ans, avec son jeune frère Paul âgé de 4 ans à l'époque, ils sont les seuls rescapés d'un accident de voiture où son mort le reste de la famille. Ensuite, ils ont été confiés à un oncle et une tante. A l'âge de 13 ans, Claire rencontre Simon et leur complicité amoureuse durera jusqu'à ce que leurs études supérieures ne les séparent. Claire a maintenant une quarantaine d'années, et lors de ce retour en Bretagne elle retrouve par hasard, Madame Ladon, son ancien professeur de piano qui lui propose de l'héberger quelques temps à Saint-Enogat. Elle ne repartira jamais vers son ancienne vie.
Peu à peu Pascal Quignard dévoile au lecteur l'histoire de Claire, ses douleurs, ses failles. Dans une deuxième partie, le lecteur découvre les points de vue des proches de Claire, celui de Simon, de Paul, de Juliette. Ce livre est une histoire simple que l'auteur arrive à sublimer. Le titre est mystérieux, il apparaît et est un peu explicité dans l'extrait placé en quatrième de couverture.
J'ai beaucoup aimé ce livre remarquablement écrit. J'ai été très sensible aux très belles descriptions de la nature de bord de mer, la lande bretonne, les plages, les falaises, la mer, le ciel, la végétation, les oiseaux, les animaux terrestres ou aquatiques... Tous nos sens sont en éveil, j'ai eu l'impression d'accompagner Claire dans ses longues errances.

Extrait : (début du livre)
Mireille Methuen se maria à Dinard le samedi 3 février 2007. Claire partit le vendredi. Paul refusa de l'accompagner. Il n'avait conservé aucun lien avec ce qui restait de la famille. Dès onze heures elle eut faim. Elle suivait l'Avre. Elle préféra passer Breux, Tillières, Verneuil. Après la sortie de Verneuil, Claire s'arrêta pour déjeuner sur une aire sableuse et vide. 
C'est la forêt de L'Aigle. 
Elle traverse le parking en direction d'une petite table en fer posée devant un chalet alpin. Un pot de forsythias jaunes a été placé au milieu de la petite table. Devant le pot de forsythias, il y a une ardoise où est noté à la craie le menu du jour. Elle examine le menu. 
Un homme d'une cinquantaine d'années sort timidement de l'auberge. Il porte un tablier à grands carreaux rouges et blancs. 
- Monsieur, on peut manger là, au soleil ? 
Claire montre la petite table en fer à l'extérieur. 
- Vous savez qu'il n'est pas midi ? 
- Cela vous pose un problème de faire à manger dès maintenant ? 
- Non. 
- Alors je voudrais m'installer là, dans ce rayon de soleil, même s'il n'est pas midi. 
L'aubergiste n'a pas l'air très favorable. De toute façon il ne répond rien. Il a un comportement étrange. Il examine Claire avec attention. Cette dernière s'approche de lui, elle le prend par le bras, elle est deux fois plus grande que lui. 
- Je vous parle : Je vous demande si je peux m'asseoir là, sous le soleil. 
- Là ? 
- Oui, là, dans le rayon de soleil. 
L'aubergiste lève des yeux tout bleus vers elle. 
- Monsieur, je souhaiterais manger, ne serait-ce qu'une salade, là, en plein soleil, à onze heures, au mois de février, répète-t-elle. 
Silence. 
- Monsieur, je pense qu'il faut que vous me répondiez. 
Alors l'aubergiste s'avance, prend la pancarte, l'ardoise sur laquelle est noté le menu du jour, le bouquet de forsythias. 
Il va les porter dans le chalet. 
Il revient avec une éponge. 
Il essuie lentement la table. 
En l'essuyant, elle se révèle bancale. 
L'aubergiste est à genoux. Les racines ont soulevé la terre. Il glisse un caillou sous un des pieds de la table. 
Un genou encore en terre, haussant les sourcils, il lève les yeux vers Claire et dit simplement : 
- J'hésitais, Madame, parce qu'il y a une hulotte. 
Il montre le haut de l'arbre avec son doigt. 
Ils lèvent tous les deux la tête en même temps. 
L'air est léger et bleu. 
Le chêne paraît nu malgré les petites feuilles toutes neuves prises dans les rayons du soleil. 
- Je pense qu'à cette heure-ci elle dort, suggère Claire. 
- Vous pensez ? 
Claire incline la tête. 
- Vous le pensez vraiment ? 
L'aubergiste, toujours un genou à terre, les bras croisés sur l'autre genou, l'interroge du regard en silence. 
- J'en suis certaine, dit Claire. 
Elle tire la chaise, elle s'assoit devant la petite table, elle se met à pleurer doucement. 
Le rendez-vous à la mairie est fixé à dix heures trente. 
Claire a pris son petit déjeuner dès qu'elle l'a pu (dès que la patronne de l'hôtel est allée chercher le pain à la boulangerie), à sept heures et quart. 
A neuf heures, elle se rend au marché. 
Elle traîne. 
Elle contemple une barquette de fraises parfaitement hors de saison. Elle ne résiste pas au désir de prendre une fraise, de la glisser dans sa bouche, de se rendre compte par elle-même de son parfum. 
Elle ferme les yeux. Elle goûte. 
Elle était en train de goûter une fraise qui ne sentait pas beaucoup plus que l'eau qu'elle contenait quand elle entendit une voix qui la toucha d'une manière indescriptible. Elle sentit l'intérieur de son corps se dilater sans bien comprendre ce qui lui arrivait. 
Elle ouvrit les yeux. Elle se retourna. 
Elle découvrit un peu plus loin, sur sa gauche, une marchande de légumes biologiques en grande discussion avec une dame âgée. 
Elle s'approcha lentement. 
Les légumes qui étaient exposés à la vente sur l'étal n'avaient pas grande allure ; leur apparence était chétive ; leur volume était informe ; leur peau était délibérément terreuse. 
La voix provenait de la dame toute petite qui se tenait devant eux. 
Elle avait un chignon blanc et - au-dessus - un fichu à motif de fleurettes roses sur fond noir beaucoup trop petit pour la masse de ses cheveux. La vieille dame était en train de demander comment étaient les poireaux. 
Claire aimait cette voix qu'elle entendait à dix pas d'elle. 
Elle adorait cette voix. 
Elle cherchait à mettre un nom sur ce timbre si clair, sur ces sortes de vagues de phrases rythmées qui attiraient son corps. La voix montait des romaines et des betteraves noires. La voix demanda brusquement, avec autorité, une botte de radis. Quand la voix demanda des côtes de blette, alors les yeux de Claire Methuen s'emplirent de larmes. Elle ne pleura pas pour autant mais, la vue brouillée, elle vit surgir, sans qu'elle en fût surprise, la main et la bague, au-dessus des grandes feuilles sombres des branches d'épinard, afin de saisir le sac terne, en papier recyclé, que lui tendait la marchande. 
Claire poussait les gens qui étaient dans la file. 
Les gens qui attendaient leur tour se mirent à murmurer et à grogner. 
- Madame Ladon, murmura Claire tout bas. 
Rien. La vieille dame ne se retourna pas. 

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Déjà lu du même auteur : 
villa_amalia_p Villa Amalia

Challenge 6% 
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
37/42

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3 mars 2012

Mystère rue des Saints-Pères – Claude Izner

myst_re_rue_des_Saints_P_res 10/18 – mars 2003 – 282 pages

Quatrième de couverture :
Comme nombre de visiteurs du monde entier, Victor Legris, libraire rue des Saints-Pères, se rend à l'Exposition universelle où la tour Eiffel, qui vient d'être achevée, trône en véritable vedette. En ce début d'été 1889, les Parisiens ont bien du mal à se frayer un chemin dans la foule qui se presse entre les kiosques multicolores, dans les allées envahies de pousse-pousse et d'âniers égyptiens...
Au premier étage de la tour, Victor doit retrouver Kenji Mori, son associé, et son ami Marius Bonnet, qui vient de lancer un nouveau journal, Le Passe-partout. Mais leur rendez-vous est vite interrompu : une femme vient de s'écrouler sous le coup d'une étrange piqûre. S'ensuit une série de morts inexpliquées qui vont marquer les débuts d'enquêteur de Victor Legris...
Ces nouveaux mystères de Paris nous plongent dans la capitale des impressionnistes, ses " villages " et ses quartiers populaires.

Auteur : Claude Izner est le pseudonyme de deux sœurs, Liliane Korb et Laurence Lefèvre. Liliane a longtemps exercé le métier de chef-monteuse de cinéma, avant de se reconvertir bouquiniste sur les quais de la Seine, qu'elle a quittés en 2004. Laurence a publié deux romans chez Calmann-Lévy, Paris-Lézarde en 1977 et Les Passants du dimanche en 1979. Elle est bouquiniste sur les quais. Elles ont réalisé plusieurs courts métrages et des spectacles audiovisuels. Elles écrivent ensemble et individuellement depuis de nombreuses années, tant pour la jeunesse que pour les adultes. Les enquêtes de Victor Legris sont aujourd'hui traduites dans huit pays.

Mon avis : (lu en février 2012)
J'avais envie de découvrir cette série depuis le passage des auteurs à l'émission de La Grande Librairie et c'est à la suite de l'article de mrs pepys que j'ai emprunté les deux premiers livres à la bibliothèque.
Victor Legris est libraire rue des Saints-Pères, il est également détective amateur. Il vient d'accepter de participer à la rédaction du nouveau journal créé par son ami Marius Bonnet le "Passe-partout".
Une série de morts mystérieuses apparemment provoquées par des piqûres d’abeilles affole les Parisiens et les visiteurs de l'Exposition Universelle de 1889 dont la Tour Eiffel en est la principale attraction. Victor Legris va alors mener son enquête. Cette enquête nous plonge dans le Paris de la fin du XIXe siècle, avec ses villages et ses quartiers.
C'est un roman policier qui se lit facilement. J'ai beaucoup aimé les descriptions de Paris à cette époque. Le décor et l'ambiance avec ses bruits, ses odeurs sont très bien rendus car très bien documentés. Il est question de la vie intellectuelle de l’époque, du Paris des impressionnistes... Les personnages sont très attachants.

Extrait : (début du livre)
Des nuées d'orage couraient au-dessus de la steppe coincée entre les fortifications et la gare de marchandises des Batignolles. La vaste étendue d'herbe galeuse dégageait des relents d'égout. Groupés autour de tombereaux d'ordures ménagères, des chiffonniers nivelaient à coups de crochet une marée de détritus, soulevant des tourbillons de poussière. Au loin, un train s'avançait, grossissait lentement. Une bande de gamins dévala les buttes en hurlant :
- Le voilà ! Buffalo Bill arrive !
Jean Méring se redressa, posa les poings sur ses hanches et se pencha en arrière pour soulager ses courbatures. La récolte était bonne : une chaise à trois pattes, un cheval à bascule éventré, un vieux parapluie, une épaulette de soldat, un morceau de cuvette à filet d'or. Il se tourna vers Henri Capus, un petit homme maigrichon à la barbe déteinte.
- Je vais voir les Peaux-Rouges, tu me rejoins ? dit-il en ajustant sa hotte d'osier sur ses épaules.
Il attrapa sa chaise, dépassa les voitures de l'agence Cook et se mêla aux badauds massés aux abords de la gare : ouvriers, petits-bourgeois, gens de la haute venus en fiacre.
Sifflant à toute vapeur, une locomotive suivie d'un interminable convoi freina le long du quai dans un panache de fumée. Jean Méring vit s'arrêter devant lui un wagon bâché où piétinaient des chevaux affolés, la crinière en bataille. Des hommes au teint brûlé coiffés de feutres bosselés, des Indiens au visage peint couronné de plumes se penchaient aux portières. Il y eu une bousculade. Jean Méring porta vivement une main à sa nuque, quelque chose l'avait piqué. D'une démarche mal assurée, il se glissa de côté, tituba, trébucha contre une femme qui le repoussa en le traitant d'ivrogne. Ses jambes se dérobèrent, la chaise lui échappa, il s'affaissa sur les genoux et bascula à terre, entraîné par le poids de sa hotte. Il tenta de soulever la tête mais il était trop faible. Il entendit la voix d'Henri Capus, assourdie.
- Qu'est-ce qui t'arrive, mon vieux ? Tiens bon, je vais t'aider. Qu'est-ce qui ne va pas ?
Un râle fusa de ses bronches, il parvint à articuler : - Ab... a-beille.  

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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Personne connue"

7 mars 2012

Sous haute tension – Harlan Coben

En librairie depuis le 1er mars 2012

Lu en partenariat avec les éditions Belfond

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France Loisirs - octobre 2011 - 429 pages

Belfond – mars 2012 – 391 pages

traduit de l'américain par Roxane Azimi

Titre original : Live wire, 2011

Présentation éditeur : 
La championne de tennis, Suzze Trevantino est inquiète : d’étranges messages ont été postés sur sa page Facebook, affirmant que l’enfant qu’elle porte n’est pas celui de son époux, Lex Ryder. Depuis, Lex, chanteur de HorsePower – célèbre groupe de rock en mal d’actualité –, est introuvable. 
Ami du couple, Myron Bolitar mène l’enquête. Et lorsqu’il pense mettre la main sur Lex dans une boîte de nuit branchée, celui-ci disparaît de nouveau. Qu’essaie-t-il de fuir ? Et pourquoi se précipite-t-il chez le très mystérieux Gabriel Wire, son richissime partenaire de HorsePower, terré dans sa villa depuis des années ? 
Poursuivant sa mission, Myron fait alors une surprenante rencontre: sa belle-sœur, Kitty. Que fait-elle à New York avec son fils Mickey, dont Myron n’avait jamais entendu parler ? Et où est Brad, ce frère qu’il n’a pas vu depuis seize ans ? Shootée à l’héroïne, la jeune femme refuse de parler. Mais bientôt, Myron fait une découverte bien étrange : Kitty est l’auteur des menaces sur Facebook… 
Meurtres, drogue, rock’n’roll, mafia, traque sur Internet et secrets familiaux… Avec l’aide de son équipe, Myron va remonter le fil d’une périlleuse et délicate affaire, dont il ne sortira pas indemne. À se demander si, parfois, de jolis mensonges ne valent pas mieux qu’une cruelle vérité…

Auteur : Né en 1962, Harlan Coben vit dans le New Jersey avec sa femme et leurs quatre enfants. Diplômé en sciences politiques du Amherst College, il a rencontré un succès immédiat dès ses premiers romans, tant auprès de la critique que du public. Il est le premier auteur à avoir reçu le Edgar Award, le Shamus Award et le Anthony Award, les trois prix majeurs de la littérature à suspense aux États-Unis. Belfond a déjà publié douze de ses romans, dont Ne le dis à personne… (2002) – qui a remporté le Prix des lectrices de Elle et qui a été adapté avec succès au cinéma par Guillaume Canet –, Dans les bois (2008), Sans un mot (2009), Sans laisser d’adresse (2010), Sans un adieu (2010), Faute de preuves (2011) et Remède mortel (2011). Avec Sous haute tension, Harlan Coben signe le nouveau volet des aventures de son personnage récurrent, Myron Bolitar.

Site de l'auteur : http://www.harlan-coben.fr/

http://www.facebook.com/HarlanCobenFrance 

Mon avis : (lu en mars 2012)
Quel plaisir de retrouver Myron Bolitar, notre super agent de MB Reps, et ses acolytes Win, Esperanza et Big Cindy dans un nouvel épisode.
Cette nouvelle enquête va permettre au lecteur d’en connaître un peu plus sur Myron, son passé et sa famille.

Tout commence lorsque Suzze Trevantino, cliente et amie de Myron Bolitar, le contacte car elle a reçu sur sa page Facebook des messages révélant que le bébé qu’elle porte n’est pas de Lex Ryder, son mari. Ce dernier est le chanteur d’un célèbre groupe de rock et il a disparu. En menant son enquête Myron tombe sur Kitty Bolitar, sa belle-sœur, il ne l'a pas revu depuis 16 ans, lorsqu’elle est partie avec Brad le frère de Myron… Y a-t-il un lien entre ces évènements ?  

Comme d'habitude, Harlan Coben nous offre une histoire palpitante, pleine de suspens et de rebondissements… Un vrai « page turner » efficace qui m’a fait passer un très bon moment.

Je remercie beaucoup Pauline et les éditions Belfond pour ce nouveau partenariat.

Concours pour gagner des livres


Extrait : (début du livre)
La vérité la plus abjecte, avait dit jadis un ami à Myron, vaut mieux que le plus séduisant des mensonges.
Myron y repensait à présent, en regardant son père dans son lit d'hôpital. Il se rappela la dernière fois, voilà seize ans, qu'il avait menti à son père, mensonge qui avait engendré tant de souffrance et de destruction, mensonge à l'origine d'un tragique effet boule de neige qui, de désastres en catastrophes, allait les conduire ici.
Son père avait les yeux fermés, le souffle rauque et irrégulier. Des tubes lui sortaient de partout. Myron contempla son avant-bras. Il se souvint, enfant, d'avoir rendu visite à papa dans son entrepôt de Newark. Son père trônait derrière son énorme bureau, les manches retroussées. L'avant-bras était assez puissant alors pour tendre le tissu, transformant la manchette en une sorte de garrot autour du muscle. Aujourd'hui, le muscle paraissait flasque, raboté par l'âge. Le large torse qui lui avait inspiré un tel sentiment de sécurité était toujours là, mais il était devenu fragile, comme si en appuyant dessus on risquait de broyer la cage thoracique à la manière d'un tas de brindilles. Le visage pas rasé était constellé de plaques grises au lieu de la coutumière barbe de cinq heures ; la peau du menton pendait mollement, tel un pardessus trop grand.
La mère de Myron – mariée à Al Bolitar depuis quarante-trois ans – était assise à côté du lit. Sa main, agitée par la maladie de Parkinson, serrait celle de son mari. Elle aussi avait l'air terriblement frêle. Jeune, sa mère avait été une féministe de la première heure : elle avait brûlé son soutien-gorge au côté de Gloria Steinem, arboré des T-shirts avec l'inscription « La place d'une femme est dans la Chambre… et au Sénat ». Tous deux, Ellen et Al Bolitar (« On est El-Al, plaisantait maman, comme la compagnie aérienne d'Israël »), se maintenaient malgré l'outrage des ans, plus chanceux que la plupart des couples vieillissants… Seulement, la chance avait une drôle d'allure, à la fin.
Dieu a un sens de l'humour bien à lui.
— Alors, dit tout bas maman à Myron. Nous sommes d'accord ?
Myron ne répondit pas. Le plus séduisant des mensonges face à la vérité la plus abjecte. Il aurait dû retenir la leçon il y a seize ans, lorsqu'il avait menti à cet homme formidable qu'il aimait par-dessus tout. Mais non, ce n'était pas aussi simple. La vérité la plus abjecte pouvait faire des ravages. Elle pouvait ébranler un monde.
Voire tuer.
Si bien que, quand les yeux de son père papillotèrent, qu'il regarda son aîné d'un air implorant, éperdu presque, comme un enfant, Myron se tourna vers sa mère et hocha lentement la tête. Puis, ravalant ses larmes, il s'apprêta à servir un ultime mensonge à cet homme qu'il chérissait tant.

 

Déjà lu du même auteur :

Ne_le_dis___personne_ Ne le dis à personne sans_un_mot Sans un mot 
sans_laisser_d_adresse Sans laisser d'adresse innocent Innocent 
sans_un_adieu Sans un adieu
 faute_de_preuves Faute de preuves
rem_de_mortel
 
Remède mortel

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 13/8

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16/50 : New Jersey (2)
Harlen Coben vit dans le New Jersey

Challenge New York en littérature
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18 février 2012

Le Chat du Rabbin, tome 5 : Jérusalem d’Afrique – Joann Sfar

le_chat_du_rabbin5 Dargaud – décembre 2006 – 84 pages

Présentation éditeur : 
Alors que Zlabya s'ennuie au côté de son époux, le rabbin reçoit une caisse contenant un peintre russe voulant parcourir l'Afrique pour retrouver la douzième tribu d'Israël.
Cinquième tome du best seller de Joann Sfar, Jérusalem d'Afrique est un éblouissant voyage dans une Afrique sublimée, croisement improbable sur plus de 80 pages entre Tintin au Congo et les chefs-d'oeuvre d'Albert Cohen. Et en plus le chat reparle.

Auteur : Né à Nice en 1971. Créateur du célèbre 'Chat du rabbin', Joann Sfar s'impose comme une figure majeure, hétéroclite et prolifique de la bande dessinée française. C'est avec L'Association et le magazine Lapin qu'il fait ses débuts. Ses talents de scénariste et d'illustrateur l'amèneront à travailler plus tard pour différents éditeurs comme Delcourt ou Dargaud. Porté par la volonté de 'faire quelque chose de bizarre ', le dessinateur au trait tremblant s'associe avec Pierre Dubois pour donner vie à 'Petrus Barbygère', une épopée dans laquelle se côtoient elfes et pirates. Un univers d'inspiration fantastique que l'auteur déploie dans plusieurs de ses travaux parmi lesquels 'Troll' ou 'Donjon', une parodie de l'heroïc fantasy coécrite avec son ami Lewis Trondheim. Titulaire d'une maîtrise de philosophie, il illustre au début des années 2000 le 'Banquet' de Platon et 'Candide' de Voltaire puis adapte en bande dessinée 'Le Petit Prince' de Saint-Exupéry en 2008. Il se lance dans le cinéma un an plus tard en réalisant le film 'Gainsbourg, vie héroïque', pour lequel il reçoit le César du Meilleur premier film et qui permet à son acteur principal, Eric Elmosnino, de repartir avec le trophée de Meilleur acteur. 
Il poursuit son aventure dans le monde du septième art en transposant sur grand écran son 'Chat du rabbin'. Lauréat du prix Goscinny en 1998 pour 'La Fille du professeur', créé avec Emmanuel Guibert, Joann Sfar accumule les succès et les récompenses.

 

Mon avis : (lu en février 2012)
Une cinquième aventure avec le Chat du Rabbin, toujours aussi plaisante. Le mari de Zlabya a fait venir des livres d'Union Soviétique pour les sauver de la destruction. Or la caisse contient également un jeune peintre juif et russe qui parle en cyrillique. Personne ne le comprend sauf le Chat. Heureusement, il existe une communauté de quelques russe à Alger et Vastenov, un vieux Russe blanc, va pouvoir servir d'interprète. Le jeune peintre est arrivé par erreur à Alger, car son but premier était Jérusalem d'Afrique. Alors le rabbin, le Chat et le cheikh Sfar décident d'accompagner Vastenov et le jeune peintre dans une expédition vers l’Éthiopie à la recherche de la Jérusalem d'Afrique. Des nombreuses et curieuses rencontres leurs sont promises et le Chat qui a retrouvé la parole et qui comprend même les langues étrangères est toujours spectateur et un peu philosophe...

 

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

le_chat_du_rabbin_tome1  Le Chat du Rabbin : 1. La Bar-Mitsva

le_chat_du_rabbin_tome2 Le Chat du Rabbin : 2. Le Malka des Lions – Joann Sfar

le_chat_du_rabbin3_  Le Chat du Rabbin - tome 3 : L'Exode - Joann Sfar

le_chat_du_rabbin4 Le Chat du Rabbin - tome 4 : Le Paradis terrestre - Joann Sfar

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Animal"

24 janvier 2012

Pico Bogue, Tome 4 : Pico love – Alexis Dormal et Nathalie Roques

5468 Dargaud – novembre 2010 – 48 pages

Présentation éditeur :
Pico Bogue et tous ses copains sans oublier sa petite soeur Ana Ana et ses parents reviennent enfin ! Dans cet album, Pico va découvrir un sentiment nouveau. Quelque chose qui ressemble à s'y méprendre à... l'amour !
Mais on trouvera aussi quarante-huit pages de gags, de tendresse, d'amitié, de gentils coups de gueule et de réflexions hautement enfantines.
Pico Bogue est bel et bien le nouvel enfant terrible de la bande dessinée !

Auteurs : Dominique Roques, mère d'Alexis Dormal, est née en 1948 à Casablanca. Elle a eu deux fils, dont l'un s'est mis à dessiner. Ainsi en 2005, après s'être intéressée aux dessins de son fils, elle écrit des scénarios.

Alexis Dormal, fils de Dominique Roques, né en 1977 à Bruxelles. Plus tard, diplômé d'une école belge de réalisation cinéma/télévision, il part étudier le dessin à l'école Émile Cohl, à Lyon. Maintenant, il dessine et sa maman écrit les bulles...

Mon avis : (lu en décembre 2011)
J'ai retrouvé avec plaisir Pico Bogue, sa petite sœur Ana Ana, leurs copains, leurs copines et leurs parents...
Dans ce quatrième tome Pico est amoureux. On retrouve la spontanéité, la naïveté des enfants, leurs réflexions logiques. C'est à la fois tendre et plein d'humour et on y reconnaît les petits travers de nos propres enfants. C'est attendrissant !
Les personnages sont mignons tout plein... surtout en dessin !
A lire par toute la famille ! 


Extrait : 

Pico_Bogue_Tome_4_Pico_Love_1

Pico_Bogue_tome_4_Pico_Love2

pico_love_p3

Déjà lu des même auteurs : 

picobogue  Pico Bogue tome 1 : La vie et moi

pico_bogue_T2  Pico Bogue tome 2 : Situations critiques

pico_bogue_T3 Pico Bogue tome 3 : Question d'équilibre

 

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Prénom"


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22 janvier 2012

Le silence ne sera qu’un souvenir – Laurence Vilaine

le_silence_ne_sera_qu_un_souvenir Gaïa – août 2011 – 172 pages

Quatrième de couverture :
Le vieux Mikluš se déciderait-il à parler? Rongé par le remords d’avoir gardé le silence, il s’en remet à un journaliste venu à l’occasion des vingt ans de la chute du Mur de Berlin, et raconte les siens, cette communauté rom installée sur une rive slovaque du Danube.
Dilino est le souffre-douleur de la bande, parce qu’il est différent avec son air de gadjo. Il ignore qui est cette femme qui s’occupe parfois de lui. «La Vieille» s’appelait Chnepki et avait une voix d’ange. Elle fut brisée en plein vol un matin de 1942 et réduite au silence des années durant. Jusqu’au jour où apparut Lubko, le sculpteur de marionnettes qui jouait du violon comme un Tsigane.
À l’heure où de plus en plus de crânes rasés tapissent la ville de croix gammées, Mikluš éclaire ces existences opprimées, révèle les non-dits. Et balaie les étiquettes pour laisser surgir les visages.

Auteur : Laurence Vilaine est née en 1965. Après des études d’anglais et plusieurs séjours à l’étranger, elle se consacre à des travaux journalistiques. Rédactrice pour différents supports de communication, elle est aussi l’auteur de guides de voyage et de documentaires. Laurence Vilaine vit à Nantes. Le silence ne sera qu’un souvenir est son premier roman.

Mon avis : (lu en janvier 2012)
Une histoire très belle mais triste sur un sujet d'actualité.
Sur les bords du Danube, dans le camp Supava en Slovaquie, le vieux Miklus raconte l'histoire de son peuple, les Tziganes ou les roms. Une histoire de douleurs et de mort.
Il nous parle du petit Dilino qui jouait du violon et qui était le souffre-douleur des autres enfants roms. Dilino est différent des autres enfants, il a des cheveux blonds. Dilino n'est pas son vrai nom, « dilino » cela veut dire « idiot » en tzigane. Dilino ne sait pas d’où il vient, ni qui est la Vieille qui s’occupe parfois de lui. Avant d’être la Vieille, elle était Chnepki. Elle avait une très jolie voix, et enchantait toute la communauté. Mais Chnepki ne chante plus depuis qu’on lui a volé son enfance, alors que non loin résonnait la Seconde Guerre Mondiale. Puis est apparu Lubko, joueur de violon et sculpteur de marionnettes...
A travers l’histoire racontée par Mikluš, le lecteur découvre l’histoire des Roms durant le siècle dernier, une communauté persécutée ou discriminée depuis toujours... « Le Rom, il tient comme il peut, ballotté d'un courant d'air à un autre, le vent s'engouffre partout où il pointe son nez. Il n'est attendu nulle part, vous le savez bien, on le refile à son voisin ; à peine a-t-il posé sa famille qu'on le fait déguerpir, et on l'accuse de ne pas tenir en place. »
Il y a beaucoup de poésie, de pudeur et de douleur dans cette histoire, des instants bouleversants. J'ai été émue jusqu'aux larmes par l'histoire de Dilino, Chnepki, Lubko et Maruška... Les personnages sont vraiment très attachants et l'auteur veut nous fait réfléchir sans pour autant nous donner de leçon. Un livre à découvrir sans tarder !

Extrait : (page 11)
C’est sur cette berge que j’ai rendu mon dernier soupir, derrière vous, au pied de cette barre d’immeubles la plus haute. C’était un soir d’automne, à une semaine près j’aurais pu être de la fête des Morts, le 9 novembre, quatre ans jour pour jour après la chute du Mur. C’est d’ailleurs à Berlin que vous auriez dû aller, les festivités du vingtième anniversaire vous auraient donné du grain à moudre, des jolis discours, des poignées de main et des tapis rouges, sans compter la belle cérémonie probablement arrosée des meilleurs vins des deux Allemagne réunies. Avec quelques photos de deux ou trois vedettes bras dessus bras dessous à la porte de Brandebourg et un titre clinquant, votre article était vendu d’avance. En ces jours de grandes célébrations, l’exercice ne doit pas être bien difficile. Pourvu que l’effet soit grisant, les gens ouvrent grand le gosier et avalent tout ce qu’on veut bien leur servir ; schnaps, champagne ou vodka, on avale tout dans un verre à pied. Réunification, liberté gagnée, égalité, fraternité, vous auriez pu faire comme chez vous finalement et sans même être accusé de poncifs. Enfin, vous auriez sûrement fait ça très bien, après tout c’est votre métier, et ce n’est pas moi qui vais vous en apprendre, je connais bien peu de choses, des bribes attrapées ici et là, et de l’approximatif évidemment, moi, vous savez, c’est un miracle si je sais lire.

Mais, ici, que venez-vous chercher ?
Le Mur est tombé, et ça fait maintenant plus de vingt ans, vous n’allez pas non plus en faire un livre. Vous seriez d’ailleurs surpris de constater que les gens d’ici ignoraient même son existence. À partir de là évidemment, c’est pisser dans un violon que de leur demander en quoi sa chute a changé leur vie, car c’est ça qui vous intéresse si j’ai bien compris ? Ils vous regarderont avec les mêmes yeux ronds que si vous leur demandiez le nom de la rue où ils habitent. Non croyez-moi, votre enquête est vouée à l’échec, vous ne trouverez rien ici qui fera la une de votre journal. De ce côté du fleuve vous perdrez votre temps.
Mais je vois bien que vous n’êtes pas du genre à faire demi-tour et à rentrer bredouille, ce que je peux comprendre, tout ce voyage pour rien, trois gribouillis en haut d’une page et pas une photo qui vaille la peine, ça vous met le moral d’un journaliste par terre. Dans ce cas, allez sur l’autre rive. Là-bas, les gens auront sûrement à raconter, et très certainement des souvenirs de cette fameuse nuit de novembre – rabattez-vous sur le volet nostalgique de l’affaire –, leur programme télévisé interrompu par les images ahurissantes d’un mur assiégé, les Škoda en file indienne vers la frontière, la chair de poule, les yeux mouillés devant l’inconcevable et j’en passe, vous ne savez plus si ce flash télévisé est une farce, vous regardez par la fenêtre, vous vous pincez, personne dans la rue, et si vous étiez victime d’une hallucination ? Les radios mobilisaient toute la population ce soir-là, interdite, inquiète, méfiante, et si demain le régime changeait d’avis ? Ils vous raconteront tout cela, l’inimaginable occupant l’écran de leur télévision, sous les yeux ahuris des militaires qui laissaient faire. À part certains qui ont entrepris de partir à pied la nuit même, en petits groupes épars qui n’en faisaient plus qu’un à l’approche de la frontière autrichienne, en silence puis haussant la voix jusqu’à crier pour s’assurer qu’ils ne traversaient pas un rêve, la plupart n’ont finalement pas bougé de chez eux. Jusqu’aux premiers rassemblements, la Révolution de Velours, vous savez, quelques jours plus tard, tout juste vingt ans après le Printemps de Prague, j’aime le goût de ce pays pour la poésie qu’il glisse dans son histoire. Mais vous avez déjà eu vent de tout ça, c’est de l’histoire ancienne. De ce côté du fleuve, on était à peine au courant de ce qui se tramait en ville. Et de toute façon, sachez qu’ici on ne fait pas du passé une béquille, on avance coûte que coûte, et on laisse l’imparfait à ceux qui ont appris à conjuguer les verbes. Moi ? Vous plaisantez. Passer à l’Ouest n’était plus de mon âge et il me restait finalement peu de temps à vivre. J’étais trop vieux et trop las, sans compter que cette nuit même de novembre, pendant que des milliers de bras abattaient le Mur à coups de pioche, les miens pesaient plus lourd que le plomb. Il pleuvait comme vache qui pisse et j’avais d’autres chats à fouetter, de l’eau jusqu’aux chevilles et la tête vide comme une cruche percée ; et dans les bras, un nouveau-né. Pourriez-vous poser votre main sur mon épaule, vous sentiriez mes vieux os trembler.

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 Challenge 5% 
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
33/35

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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15 décembre 2011

Brooklyn Follies – Paul Auster

brooklyn_follies brooklyn_follies_AS_2007 brooklyn_follies_LDP_2008

Actes Sud – août 2005 – 400 pages

Actes Sud – février 2007 – 364 pages

Livre de Poche – mars 2008 – 376 pages

traduit de l'américain par Christine Le Bœuf

Titre original : Brooklyn Follies, 2005

Quatrième de couverture :
Nathan Glass a soixante ans. Une longue carrière dans une compagnie d'assurances à Manhattan, un divorce, un cancer en rémission et une certaine solitude qui ne l'empêche pas d'aborder le dernier versant de son existence avec sérénité. Sous le charme de Brooklyn et de ses habitants, il entreprend d'écrire un livre dans lequel seraient consignés ses souvenirs, ses lapsus, ses grandes et petites histoires mais aussi celles des gens qu'il a croisés, rencontrés ou aimés. Un matin de printemps de l'an 2000, dans une librairie, Nathan Glass retrouve son neveu Tom Wood, perdu de vue depuis longtemps. C'est ensemble qu'ils vont poursuivre leur chemin, partager leurs émotions, leurs faiblesses, leurs utopies mais aussi et surtout le rêve d'une vie meilleure à l'hôtel Existence... Un livre sur le désir d'aimer. Un roman chaleureux, où les personnages prennent leur vie en main, choisissent leur destin, vivent le meilleur des choses - mais pour combien de temps, encore, en Amérique ?...

Auteur : Né à Newark, New Jersey le 03 février 1947, figure centrale de la scène culturelle new-yorkaise, Paul Auster commence à écrire des l'âge de 13 ans pour s'imposer vingt plus tard comme une référence de la littérature post-moderne. Diplômé en arts, il se rend à Paris dans les années 1970 où il se plonge dans la littérature européenne et gagne sa vie en traduisant Sartre, Simenon ou Mallarmé. Cette expérience aura une influence considérable sur l'œuvre du jeune écrivain parfois qualifié de 'plus français des écrivains américains'. Son premier ouvrage majeure est une autobiographie, 'L' invention de la solitude', écrite aussitôt après la mort de son père. Devenu célèbre grâce à la fameuse 'Trilogie américaine' et au roman 'Moon Palace', l'écrivain y déploie ses thèmes de prédilections : le rapport en fiction et réalité, la solitude, ou en encore la quête d'identité. Auster écrit également pour le cinéma : on lui doit par exemple l'écriture du scénario de 'Smoke' en 1995 et la réalisation d'un film en 2006, adaptation de son roman 'La Vie intérieure de Martin Frost'. Écrivain aux influences multiples, juives, européennes et bien sûr américaines, Paul Auster a su conquérir le monde entier par on œuvre dense et profonde.

Mon avis : (lu en décembre 2011)
Voilà un roman optimiste et terriblement humain. Nathan a soixante ans lorsqu'il revient à Brooklyn quartier de son enfance. Il vient « chercher un endroit tranquille pour mourir ». Divorcé, il est tout juste en retraite, il sort d'un cancer en rémission et il s'est lancé comme projet d'écrire le Livre de la folie humaine. Et un jour, il rencontre par hasard son neveu Tom qu'il n'avait pas revu depuis sept ans. Ce dernier, âgé de trente ans, a abandonné ses études de lettre, a perdu sa mère et n'a plus aucune nouvelle de sa sœur. Il est devenu taxi puis il a trouvé un travail dans une librairie à Brooklyn. Nathan et Tom vont unir leurs solitudes et prendre en main leur destin, à travers des rencontres, des rêves à réaliser... Ils vont découvrir des petits bonheurs quotidiens et se construire une vie pleine de promesse et d'espoir.
Paul Auster nous embarque dans cette histoire simple et touchante avec de nombreux personnages attachants. Il dépeint également un New York d'avant l'enfer du 11 septembre, en effet le livre commence début 2000 et se termine à huit heure du matin, le 11 septembre 2011.
J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre les vies de Nathan, Tom, Harry, Rachel, Lucy... Un livre peut faire penser à l'esprit de "Ensemble c'est tout" d'Anna Gavalda.

Un grand Merci à Papillon qui m'a offert ce livre lors du Swap in' Follies organisé par Amanda et Manu

Extrait : (début du livre)
Je cherchais un endroit tranquille où mourir. Quelqu’un me conseilla Brooklyn et, dès le lendemain matin, je m’y rendis de Westchester afin de reconnaître le terrain. Il y avait cinquante-six ans que je n’étais pas revenu là et je ne me souvenais de rien. Je n’avais que trois ans lorsque mes parents avaient quitté la ville, et pourtant je m’aperçus que je retournais d’instinct au quartier que nous avions habité, à la manière d’un chien blessé qui se traîne vers le lieu de sa naissance. Un agent immobilier du coin me fit visiter six ou sept appartements dans des maisons de pierre brune et à la fin de l’après-midi j’avais loué un trois-pièces avec jardin dans la Première Rue, non loin de Prospect Park. J’ignorais tout de mes voisins et ça m’était bien égal. Tous travaillaient de neuf à dix-sept heures, aucun n’avait d’enfants et l’immeuble serait donc relativement silencieux. Plus qu’à toute autre chose, c’était à cela que j’aspirais. Une fin silencieuse à ma vie triste et ridicule.

Déjà lu du même auteur :

Seul_dans_le_noir  Seul dans le noir

 Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
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Challenge Paul Auster
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Challenge New York en littérature
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Challenge Objectif PAL Swap
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2/10

50__tats
11/50 : New York

29 novembre 2011

Bettý – Arnaldur Indridason

betty Éditions Métailié - octobre 2011 – 205 pages

traduit de l'islandais par Patrick Guelpa

Titre original : Bettý, 2003

Quatrième de couverture :
Dans ma cellule je pense à elle, Bettý, si belle, si libre, qui s’avançait vers moi à ce colloque pour
me dire son admiration pour ma conférence. Qui aurait pu lui résister. Ensuite, que s’est-il passé ?
Je n’avais pas envie de ce travail, de cette relation. J'aurais dû voir les signaux de danger. J'aurais
dû comprendre bien plus tôt ce qui se passait. J'aurais dû… J'aurais dû… J'aurais dû…
Maintenant son mari a été assassiné et c’est moi qu’on accuse. La police ne cherche pas d’autre
coupable. Je me remémore toute notre histoire depuis le premier regard et lentement je découvre
comment ma culpabilité est indiscutable, mais je sais que je ne suis pas coupable.
Un roman noir écrit en parallèle avec la série des aventures du commissaire Erlendur Sveinsson.

Auteur : Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l’auteur de romans noirs couronnés de nombreux prix prestigieux, publiés dans 37 pays.

Mon avis : (lu en novembre 2011)
Voilà un nouveau roman d'Arnaldur Indridason, qui a été écrit avant sa série avec le commissaire Erlendur et qui est paru en Islande en 2003.
Le narrateur est en prison. « Je ne me suis pas encore bien rendu compte de ce qui s'est passé, mais je sais enfin quel a été mon rôle dans cette histoire.
J'ai essayé de comprendre un peu mieux tout ça et ce n'est pas facile. Je ne sais pas, par exemple, quand cela a commencé. » Il se remémore donc toute cette histoire, depuis sa rencontre avec Bettý. Il nous raconte alors comment il s'est fait piéger. Bettý est la femme d'un riche armateur. C'est une femme fatale, ensorcelante et manipulatrice... Cela ressemble à un roman noir plutôt classique. Et à mi-roman, une révélation surprise va faire reconsidérer au lecteur tout le début de l'histoire... Je n'ai rien vu venir ! Voilà un roman sombre avec une intrigue très bien construite.
Surprenant et intelligent !

Extrait : (début du livre)
Je ne me suis pas encore bien rendu compte de ce qui s'est passé, mais je sais enfin quel a été mon rôle dans cette histoire.
J'ai essayé de comprendre un peu mieux tout ça et ce n'est pas facile. Je ne sais pas, par exemple, quand cela a commencé. Je sais quand a débuté ma participation, je me rappelle le moment où je l'ai vue pour la première fois et peut-être que mon rôle dans cette étrange machination avait été décidé depuis longtemps. Longtemps avant qu'elle ne vienne me voir.
Aurais-je pu prévoir cela ? Aurais-je pu me rendre compte de ce qui se passait et me protéger ? Me retirer de tout cela et disparaître ? Je vois, maintenant qu'on sait la façon dont tout ça s'est combiné, que j'aurais dû savoir où on allait. J'aurais dû voir les signaux de danger. J'aurais dû comprendre bien plus tôt ce qui se passait. J'aurais dû… J'aurais dû… J'aurais dû…
C'est curieux comme il est facile de commettre une erreur lorsqu'on n'est au courant de rien. Ce n'est même pas une erreur, tant qu'on ne se rend compte de rien et que c'est beaucoup plus tard que l'on comprend ce qui s'est passé ; tant qu'on ne regarde pas en arrière et qu'on ne voit pas comment ni pourquoi tout cela s'est produit. J'ai commis une erreur. Tomber dans le panneau, une fois encore, voilà ce qui m'est arrivé. Dans certains cas, c'était volontairement. Dans mon for intérieur, je le savais et je savais aussi qu'il y avait danger, mais je ne savais pas tout.
Je pense parfois que sans doute je retomberais encore dans le panneau, si seulement j'en avais l'occasion. Ils sont très corrects envers moi, ici. Je n'ai ni journaux, ni radio, ni télévision, comme ça je n'ai pas les informations. Je ne reçois pas non plus de visites. Mon avocat vient me voir de temps en temps, le plus souvent pour me dire qu'il n'y a aucun espoir en vue. Je ne le connais pas bien. Il a une grande expérience, mais il reconnaît lui-même que ce procès risque de le dépasser. Il a parlé avec les femmes dont j'ai trouvé l'adresse, pensant qu'elles pourraient m'aider, mais il dit que c'est plus que douteux. Dans tout ce dont elles peuvent témoigner, très peu de choses concernent l'affaire elle-même.
J'ai demandé un stylo et quelques feuilles de papier. Le pire, dans cet endroit, c'est le calme. Il règne un silence qui m'enveloppe comme une couverture épaisse. Tout est réglé comme du papier à musique. Ils m'apportent à manger à heure fixe. Je prends une douche tous les jours. Ensuite, il y a les interrogatoires. Ils éteignent la lumière pendant la nuit. C'est là que je me sens le plus mal. Dans l'obscurité avec toutes ces pensées. Je m'en veux terriblement d'avoir permis qu'on m'utilise. J'aurais dû le prévoir.
J'aurais dû le prévoir.
Et pendant la nuit, dans l'obscurité, voilà que le désir fou, le désir fou de la revoir m'envahit. Si seulement je pouvais la revoir une fois encore. Si seulement nous pouvions être ensemble, ne serait-ce qu'une fois encore.
Malgré tout.

Déjà lu du même auteur :

la_cit__des_jarres La Cité des jarres  la_femme_en_vert La Femme en vert 

la_voix La Voix l_homme_du_lac L'Homme du lac 

hiver_arctique Hiver Arctique  hypothermie Hypothermie la_rivi_re_noire La rivière noire

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Islande

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
Viking_Lit

Challenge 4%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
25/28

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie noire
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Islande

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Prénom"

16 novembre 2011

Retour à Killybegs - Sorj Chalandon

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Retour___Killybegs Grasset – août 2011 – 336 pages

Grand Prix du roman de l’Académie Française 2011

Quatrième de couverture : 
« Maintenant que tout est découvert, ils vont parler à ma place. L'IRA, les Britanniques, ma famille, mes proches, des journalistes que je n'ai même jamais rencontrés. Certains oseront vous expliquer pourquoi et comment j'en suis venu à trahir. Des livres seront peut-être écrits sur moi, et j'enrage. N'écoutez rien de ce qu'ils prétendront. Ne vous fiez pas à mes ennemis, encore moins à mes amis. Détournez-vous de ceux qui diront m'avoir connu. Personne n'a jamais été dans mon ventre, personne. Si je parle aujourd'hui, c'est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu'après moi, j'espère le silence. »

                         Killybegs, le 24 décembre 2006
                                              Tyrone Meehan

Auteur : Sorj Chalandon, né en 1952, a été longtemps journaliste à Libération avant de rejoindre Le Canard Enchaîné. Ses reportages sur l’Irlande du Nord et le procès Klaus Barbie lui ont valu le Prix Albert-Londres en 1988. Il a publié Le Petit Bonzi (2005), Une promesse (2006, prix Médicis), Mon Traître (2008) et La Légende de nos pères (2009).

Mon avis : (lu en novembre 2011)
Je n'ai pas lu « Mon Traître » avant de lire « Retour à Killybegs » (je le lirai certainement dès que le livre sera disponible à la bibliothèque !). Les billets sur les lectures ou les rencontres avec l'auteur de Valérie, Canel, Sandrine m'ont vraiment donnée envie de lire sans tarder ce livre...
Et c'est un coup de cœur pour moi !
Dans ce livre, Sorj Chalandon donne la parole à son « traître », à travers le personnage de Tyrone Meehan, il imagine sa version des faits, une explication plausible à cette trahison.
Nous suivons en alternance la voix de Tyrone depuis son enfance et son engagement comme jeune républicain et celle de Tyrone durant ses derniers jours, il a quatre-vingt un ans, sa trahison vient d'être dévoilée. Il est retourné à Killybegs en République Irlandaise dans la maison de son père, il sait que ses jours sont comptés.
L'histoire du jeune Tyrone Meeghan commence, avec la mort de son père Pat Meehan devenu alcoolique. Pat était un ancien de l'Armée Républicaine Irlandaise qui avait participé en 1921 à la guerre d'indépendance contre les Britanniques. En 1936, il voulait s'engager aux côté des Républicains Espagnols, contre Franco. Mais sa femme lui a fait entendre raison, sa famille (neuf enfants) a besoin de lui. Pourtant, « Pat Meehan est mort des cailloux plein les poches. C'est comme ça qu'on a su qu'il avait voulu en finir avec la vie. Il nous a laissés seuls en décembre 1940. » C'est alors la misère pour toute la famille. Quelques mois plus tard, son oncle Lawrence les accueille tous chez lui à Belfast, il faut donc quitter Killybegs et la République d'Irlande pour l'Ulster. Ils vont habiter au nord de Belfast dans un ghetto catholique cerné par des quartiers protestants. C'est là que Tyrone rencontre Tom Williams auprès duquel il s'engage dans la lutte.
En suivant les différents épisodes de la vie de Tyrone, le lecteur découvre les difficultés d'être catholique et irlandais en Irlande du Nord, la haine vis à vis de l'occupant britannique, le combat au sein de l'IRA, les conditions inhumaines des prisons...
Par omission, pour ne pas avoir avoué un grosse faute, Tyrone se trouve au centre d'un processus qui va l'entraîner à trahir malgré lui, il s'est piégé lui-même. Tout au long du livre, l'auteur fait allusion à d'autres trahisons, la plus célèbre étant celle de Judas.
Tyrone est malgré tout un personnage magnifique auquel je me suis attachée. J'ai découvert également l'histoire de la guerre civile irlandaise.
Voilà livre très fort, qui m'a bouleversée...

D'autres avis Clara, Constance93

Extrait : (page 13)
Quand mon père me battait il criait en anglais, comme s'il ne voulait pas mêler notre langue à ça. Il frappait bouche tordue, en hurlant des mots de soldat. Quand mon père me battait il n'était plus mon père, seulement Patraig Meehan. Gueule cassée, regard glace, Meehan vent mauvais qu'on évitait en changeant de trottoir. Quand mon père avait bu il cognait le sol, déchirait l'air, blessait les mots. Lorsqu'il entrait dans ma chambre, la nuit sursautait. Il n'allumait pas la bougie. Il soufflait en vieil animal et j'attendais ses poings.
Quand mon père avait bu, il occupait l'Irlande comme le faisait notre ennemi. Il était partout hostile. Sous notre toit, sur son seuil, dans les chemins de Killybegs, dans la lande, en lisière de forêt, le jour, la nuit. Partout, il s'emparait des lieux avec des mouvements brusques. On le voyait de loin. On l'entendait de loin. Il titubait des phrases et des gestes. Au Mullin's, le pub de notre village, il glissait de son tabouret, s'approchait des tables et claquait ses mains à plat entre les verres. Il n'était pas d'accord ? Il répondait comme ça. Sans un mot, les doigts dans la bière et son regard. Les autres se taisaient, casquettes basses et les yeux dérobés. Alors il se redressait, défiait la salle, bras croisés. Il attendait la réplique. Quand mon père avait bu, il faisait peur.
Un jour, sur le chemin du port, il a donné un coup de poing à George, l'âne du vieux McGarrigle. Le charbonnier avait appelé son animal comme le roi d'Angleterre pour pouvoir lui botter les fesses. J'étais là, je suivais mon père. Il marchait à pas heurtés, chancelant de griserie matinale, et moi je trottais derrière. A un angle de rue, face à l'église, le vieux McGarrigle peinait. Il tirait son baudet immobile, une main sur le bât, l'autre sur le licol, en le menaçant de tous les saints. Mon père s'est arrêté. Il a regardé le vieil homme, son animal cabré, le désarroi de l'un, l'entêtement de l'autre, et il a traversé la rue. Il a poussé McGarrigle, s'est mis face à l'âne, l'a menacé rudement, comme s'il parlait au souverain britannique. Il lui a demandé s'il savait qui était Patraig Meehan. S'il imaginait seulement à quel homme il tenait tête. Il était penché sur lui, front contre front, menaçant, attendant une réponse de l'animal, un geste, sa reddition. Et puis il l'a frappé, un coup terrible entre l'œil et le naseau. George a vacillé, s'est couché sur le flanc et la charrette a versé ses galets de houille.
- Éirinn go Brách ! a crié mon père.
Puis il m'a tiré par le bras.
- Parler gaélique, c'est résister, a-t-il encore murmuré. Et nous avons continué notre chemin.

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22/28

30 octobre 2011

Le pacte des vierges – Vanessa Schneider

Lu en partenariat dans le cadre des
Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister
les matchs de la rentrée littéraire

le_pacte_des_vierges Stock – août 2011 – 192 pages

Quatrième de couverture :
« A la fin de l'année scolaire, le lycée de Gloucester (Massachusetts) comptait 17 jeunes filles enceintes […]. La moitié d'entre elles – toutes ont moins de seize ans – ont avoué avoir fait un pacte pour avoir leurs bébés et les élever ensemble. »

Auteur : Vanessa Schneider est journaliste politique. Auteur d’un essai et d’un film documentaire, elle a publié deux romans, La mère de ma mère et Tâche de ne pas devenir folle.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
En 2008, à Gloucester, ville de pêcheurs du Massachusetts à 60 kilomètres au nord de Boston aux États-Unis, un fait divers fait la une de la presse. Dix-huit jeunes filles d'un même lycée, âgées de moins de seize ans sont enceintes en même temps. Il semblerait qu'un pacte aurait été conclu entre elles.
A partir de ce fait divers ayant réellement existé, l'auteur imagine une journaliste venue faire son enquête et qui donne la parole à quatre jeunes filles parmi les dix-huit.
Il y a la meneuse, Lana dont le père est parti un jour, laissant seule Lana et sa maman qui n'a jamais supporté cet abandon. Elle passe ses journées devant la télévision, droguée à l'alcool et aux médicaments. Il y a Cindy que Lana a rencontré autrefois dans un foyer. Cindy a été recueilli par une tante après avoir été abandonnée à l'âge de par sa mère. Cindy est la seule à avoir un copain Tim. Il y a Sue qui vient d'une bonne famille très religieuse et bien pensante. Et enfin, il y a Kylie qui depuis toute petite est une habituée des concours de Mini-Miss. Elle aimerait être vraiment aimée, pas seulement pour son physique.
Tour à tour, on découvre la vie de chacune des quatre adolescentes, leurs blessures, leurs envies. A travers les voix de Lana, Sue, Cindy et Kylie, Vanessa Schneider nous décrit une société américaine où se mêlent rêves et réalités. C'est un prétexte pour évoquer certains problèmes d'éducation comme l'absence des parents, la drogue, l'alcool, la sexualité précoce... A aucun moment, l'auteur ne prend parti et ne blâme les jeunes adolescentes ou leurs parents. Elle garde un regard neutre et objectif.

Je suis cependant restée un peu sur ma faim, car l'auteur reste sur le fait divers, on a seulement une conclusion six mois après, et j'aurais aimé en savoir un peu plus sur l'après... Que sont-elles devenues quelques années plus tard ? Et le lecteur n'a pas de réponses à toutes les questions que se posent la journaliste.
C'est un livre intéressant qui se lit très facilement et qui m'a donné envie d'en savoir plus pour ce fait réel.

Merci à Priceminister pour ce partenariat et au Café Lecture Blog de ma Bibliothèque qui en me choisissant comme marraine pour participer aux Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister m'a permis de gagner ce livre.

Extrait : (début du livre)
Que voulez-vous savoir au juste ? Mes secrets vous ne les aurez pas. Je peux seulement vous raconter deux ou trois choses sur comment tout cela s'est passé. Ça va, ne faites pas cette tête. Vous devriez être contente. Vous voilà ici, chez moi, c'est ce que vous vouliez, non ? 
Alors ne vous gênez pas, posez vos questions. Je suis lycéenne et enceinte. Une gamine avec un gros ventre, c'est ce que vous pensez, j'en suis sûre. Ça a l'air de vous plaire les simplifications. Je ne pensais pas que ça ferait tout un foin cette histoire. Je ne comprends pas pourquoi on nous ennuie avec ça. Il n'y a pas d'âge légal pour avoir un enfant à ce que je sache. J'ai quinze ans. Je sais je fais plus, mais j'en ai connu des vertes et des pas mûres et croyez-moi, ce que j'ai vécu, ça use. En fait je ne les aurai que dans quatre mois, pour la naissance du bébé. Quinze, ça fait mieux que quatorze pour être mère, non ? Je ne sais pas pourquoi je vous parle, je ne suis pas sûre que votre tête me revienne, en fait. Je n'aime pas les rousses. Ni les femmes qui portent des lunettes. Si vous m'aviez précisé ça au téléphone, je veux dire pour la couleur de cheveux, je ne pense pas que j'aurais accepté de vous voir. C'est naturel ou c'est une teinture ? Bon, je vois, vous êtes du genre « Je ne parle pas, je suis là pour écouter », j'en ai fréquenté des femmes comme vous. J'ai été en foyer, j'en ai vu défiler des nanas qui essayaient de me tirer les vers du nez. Je perçois bien les gens, vous savez. Je fonctionne à l'instinct, j'y ai été contrainte. Je n'ai jamais pu faire confiance à quiconque, sauf aux filles de la bande. Elles, elles savent vraiment qui je suis, elles connaissent tout de mon âme, elles m'apprécient ainsi. Avec les autres, les gens de l'extérieur, avec vous par exemple, je joue les dures. C'est plus simple. Je vous expliquerai pourquoi je suis comme ça un autre jour, si on se revoit.
Depuis la parution de ce foutu article de Time Magazine, ils sont tous venus. Des journalistes du Gloucester Diary d'abord, puis d'autres, de Boston, et de New York aussi. Ça vous épate, hein ? Il y a eu la radio, la télé, et même des reporters pour Internet. Je ne savais pas qu'ils avaient des reporters sur Internet. Ils sont à peine plus âgés que nous, mais ils se laissent pousser la barbe pour avoir l'air vieux. C'est un peu ridicule si vous voulez mon avis. Bref, ils voulaient nous voir, faire des interviews, nous photographier, nous filmer. « Même de dos, ça ira », ils disaient. Enregistrer nos voix. Ça nous a fait bizarre. D'habitude, il n'y a pas grand monde qui vient jusqu'ici. Il faut dire qu'il ne se passe jamais rien de spécial à Gloucester. Nos vies n'intéressent personne. Du moins jusqu'à maintenant. La Fox a proposé de payer pour qu'on raconte. Mais on n'a pas voulu. On s'est concertées, on s'est parlé. On a décidé de ne pas le faire. Kylie a failli dire oui, mais je l'ai regardée droit dans les yeux. Je lui ai dit : « Tu ne peux pas choisir toute seule, on a toujours fait les choses ensemble. » Elle a fini par approuver. En même temps, je comprends qu'elle ait été tentée. Son père s'est barré avec une pouffiasse quand elle était petite et sa mère galère avec trois boulots pour payer les traites de la baraque. C'est vrai qu'elle en aurait eu bien besoin des chèques de la Fox, Kylie, ne serait-ce que pour le bébé. Il paraît que ça coûte pas mal de pognon en fait. Rien que pour les couches, des centaines de dollars par an ! Mais on lui a toutes dit, enfin, surtout moi, qu'il ne fallait pas s'en faire pour ça. On va s'arranger autrement. On va se débrouiller. L'argent de la Fox aurait tout sali.

Challenge 3%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
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8/50 : Massachussets
L'histoire se situe à Gloucester, ville de pêcheurs du Massachussets 

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14 octobre 2011

A voir à la Télé : Mardi prochain...

Joseph l’insoumis film de Caroline Glorion

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Mardi 18 octobre 2011 à 20h35 sur France 3

Avec Jacques Weber, Anouk Grinberg, Nicolas Louis, Salomé Stevenin, Laurence Côte et une cinquantaine d’acteurs non professionnels, dont beaucoup ont vécu ou vivent encore dans la pauvreté. 
A travers ce téléfilm de Caroline Glorion, produit par France Télévisions, c’est une partie de la vie de
Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde, qui nous est racontée.  

Récompensé par le Pyrénées d'Or de la Meilleure Fiction Unitaire au Festival des Créations Télévisuelles de Luchon en 2011

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Joseph Wresinski naît dans une famille très pauvre, en 1917. Ordonné prêtre en 1946, il exerce pendant dix ans dans des paroisses ouvrières et rurales de l’Aisne, avant de rejoindre un bidonville à Noisy-le-Grand. Un peu plus de 250 familles y sont rassemblées, dans la plus grande misère, un choc pour le père Joseph.
Il décide de s’installer avec les familles avec un objectif : changer la façon d’aborder la lutte contre la grande pauvreté en proposant une alliance entre les très pauvres et les autres citoyens.

Peu connu du grand public, le père Joseph, décédé en 1988, fonde en 1957 l’association “Aide à toute détresse”, qui devient l’organisation non gouvernementale ATD Quart Monde. Elle agit actuellement dans une trentaine de pays et vise à garantir l’accès des plus pauvres à l’exercice de leurs droits.

 

Un making of du film a également été réalisé : 


Joseph l'Insoumis, l'aventure cinématographique par EditionsQuartMonde

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Site ATD Quart Monde

 

Après le diffusion du film, à 22h10 sur France 3, l'émission Ce soir (ou jamais !) :
Frédéric Taddéï et ses invités reviennent sur ce film et les thèmes abordés.
Dans les années 60, la misère était visible aux yeux de tous dans les bidonvilles.
Aujourd'hui, 50 ans après, la précarité et la pauvreté, loin d'avoir disparues, sont de plus en plus sensibles. L'indignation du père Wresinski a-t-elle été vaine ?
Pourquoi la misère subsiste-t-elle au coeur de l'un des pays les plus riches du monde ?

 

18 septembre 2012

A découvert - Harlan Coben

En librairie depuis le 6 septembre 2012

Lu en partenariat avec les éditions Fleuve Noir

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Fleuve Noir – septembre 2012 - 280 pages

Pocket jeunesse – septembre 2012 – 288 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Cécile Arnaud

Titre original : Shelter, 2011

Quatrième de couverture : 
L'année n'aurait pu s'annoncer plus mal pour Mickey Bolitar. Des événements tragiques l'obligent à vivre temporairement chez son oncle Myron, qu'il croit au moins en partie responsable de sa situation. En plus, Ashley, sa nouvelle petite amie, n'est pas venue en cours depuis des jours et ne donne plus signe de vie. Pire, à l'adresse ou elle habitait personne ne semble la connaître. Mickey, qui a déjà vécu trop de séparations douloureuses, refuse de se laisser faire encore une fois. 
Il découvre bientôt qu'Ashley n'était pas vraiment la jeune fille timide dont il était tombé amoureux et qu'elle fréquentait un milieu dangereux. Comme son oncle, Mickey est tenace et peu regardant sur sa propre sécurité, mais il ne s'attendait pas à ce que ses recherches ébranlent tout ce qu'il croyait savoir sur sa famille et mettent au jour une machination qui dépasse de loin tout ce qu'il pouvait imaginer. Mickey va avoir besoin d'aide... mais n'est-il pas déjà trop tard ? 

Auteur : Harlan Coben est le premier auteur à avoir reçu les trois prix les plus prestigieux en littérature policière aux États-Unis : l'Edgar Award, le Shamus Award et l'Anthony Award. Ses romans sont traduits dans plus de 40 pays et rencontrent un succès international phénoménal avec plus de 47 millions d'exemplaires vendus à travers le monde. Harlan Coben vit dans le New Jersey.

Mon avis : (lu en septembre 2012)
Harlan Coben se lance dans une nouvelle série destinée également aux adolescents et jeunes adultes. Ce n'est plus Myron Bolitar le personnage principal mais Mickey Bolitar, son neveu lycéen de quinze ans. Ce dernier a été contraint de vivre chez son oncle car son père est décédé depuis peu et sa mère est en cure de désintoxication. Il arrive donc dans un nouveau lycée en classe de seconde. Il s'est fait une amie Ashley Kent or celle-ci disparaît sans donner aucune nouvelle. Mickey décide donc de mener l'enquête... Deux camarades du lycée vont l'aider dans cette entreprise pleine de surprises : Spoon le fils du concierge du lycée et Ema, une camarade de lycée au look gothique...

L'écriture est fluide, phrases courtes, l'intrigue est rythmée, les personnages sont attachants.
Pourtant, l'histoire n'est pas vraiment originale et parfois peu crédible.
Un livre qui se lit facilement et avec lequel on passe un bon moment.

Merci à Jérémy et aux éditions Fleuve Noir pour m'avoir permis de découvrir ce livre.  

Extrait : (début du livre)
en ligne

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Le mois américain

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33/50 : New Jersey 

 Challenge Thriller 

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catégorie "Même pas peur" : 7/12

Challenge 1% Littéraire 2012
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3/7

13 septembre 2011

Remède mortel – Harlan Coben

En librairie : le 15 septembre 2011

Lu en partenariat avec les éditions Belfond

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traduit de l'américain par Cécile Arnaud

Titre original : Miracle cure, 1991, 1992

Quatrième de couverture :
Après Sans un adieu, un nouveau collector publié en 1991 aux Etats-Unis signé par un jeune Harlan Coben diabolique à souhait.
Une clinique new-yorkaise hautement sécurisée.
Un médecin qui se suicide.
Des patients sauvagement assassinés.
Coïncidences ? Complots ?
Et si l'annonce prochaine d'une extraordinaire découverte médicale avait déclenché cette vague meurtrière ?

Sara Lowell, jeune journaliste très en vue, mène l'enquête.
Mais ses révélations pourraient bien faire d'elle la prochaine victime d'un serial killer...

Guerre des lobbies pharmaceutiques, machination politique, pression des médias, mensonges... Au coeur d'un débat toujours aussi brûlant, un thriller angoissant et terriblement réaliste par celui qui allait devenir le maître de vos nuits blanches.  

Auteur : Né en 1962, Harlan Coben vit dans le New Jersey avec sa femme et leurs quatre enfants.
Diplômé en sciences politiques du Amherst College, il a travaillé dans l’industrie du voyage avant de se consacrer à l’écriture. Depuis ses débuts en 1995, la critique n’a cessé de l’acclamer. Il est notamment le premier auteur à avoir reçu le Edgar Award, le Shamus Award et le Anthony Award, les trois prix majeurs de la littérature à suspense aux États-Unis. Traduits dans une quarantaine de langues, ses romans occupent les têtes de listes de best-sellers dans le monde entier.

Mon avis : (lu en septembre 2011)
Ce nouveau livre d’Harlan Coben a été écrit en 1991 et n’avait jamais encore été publié en France.
Dès les premières pages le lecteur est plongé  au cœur d’un thriller médical. Le docteur Bruce Grey, chercheur dans une clinique spécialisée dans la lutte contre le sida, se sent suivi puis le lecteur va assister à son assassinat que le meurtrier va faire passer en suicide…
Il faisait parti de l'équipe du docteur Harvey qui travaille sur un traitement contre le sida. Un vaccin vient d'être trouvé. Mais depuis, plusieurs malades guéris ont été assassinés. S’agit-t-il d'un serial killer homophobes ou…
Il va être question de politique, de recherche médicale, de presse, de religion, d’argent, de basket, d’amour…
Plusieurs personnages attachants et plutôt crédibles sont les héros de ce thriller : Sara Lowell une jeune journaliste, son mari  Michael Silverman, basketteur professionnel (un clin d’œil à Myron Bolitar…), le docteur Harvey, chercheur, Max Bernstein, un jeune policier et ami de Sara…
De l’action, du suspens, de nombreuses pistes et des rebondissements… bref un bon thriller d’Harlan Coben qui se lit très facilement et avec lequel j’ai passé un très bon moment.

Merci à Jérémy et aux éditions Belfond pour m'avoir permis de découvrir ce livre en avant-première .

Extrait : voir ici

Déjà lu du même auteur :
Ne_le_dis___personne_ Ne le dis à personne sans_un_mot Sans un mot 
sans_laisser_d_adresse Sans laisser d'adresse innocent Innocent
sans_un_adieu Sans un adieu
 faute_de_preuves Faute de preuves

 

Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
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Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 4/8

Challenge 1%
Rentrée Littéraire 2011
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5/7

 

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5/50 : New Jersey
Harlen Coben vit dans le New Jersey

 

6 septembre 2011

Malarrosa - Hernán Rivera Letelier

Lu dans le cadre du partenariat Logo_News_Book et des Éditions Métailié

malarrosa Éditions Métailié – avril 2011 – 198 pages

traduit de l'espagnol (Chili) par Bertille Hausberg

Titre original : Mi nombre es Malarrosa, 2008

Quatrième de couverture :
Elle devait s’appeler Malvarrosa mais, à cause d’une erreur de l’officier de l’état civil ou parce que
son écervelé de père était tellement bourré en allant la déclarer, elle finit par s’appeler Malarrosa.
Cette petite fille marquée par le destin dès sa naissance est la touchante héroïne de ce nouveau
roman d’Hernán Rivera-Letelier. On y côtoie des personnages hauts en couleur, campés avec une
truculence toujours teintée de tendresse : Saladino Robles, père irresponsable et joueur
éternellement poursuivi par la guigne, Oliverio Trébol dit Tristesburnes, le gros bras au coeur
tendre, le responsable de la police, Rosendo Palma, plus communément appelé Verge de Taureau,
ou Amable Marcelino, alias Six Doigts, doté d’une chance insolente au poker grâce à son appendice
supplémentaire, sans oublier la señorita Isolina del Carmen Orozco Valverde, l’institutrice d’âge
canonique qui ne désespère pas de ramener tout ce beau monde dans le droit chemin. Malarrosa accompagne son père dans les bouges où se déroulent ses parties de cartes et parcourt avec lui les hameaux environnants au gré des rencontres pugilistiques entre Oliverio Trébol et les "champions" locaux. Au fil des mois, ses vêtements masculins ne peuvent plus dissimuler ses rondeurs naissantes et, au cours d’une nuit de folie, sa virginité sera mise aux enchères. Alors, avec une lucidité et une détermination extraordinaires, ce sera elle qui, pour la première fois, décidera de son destin.

Auteur : Hernán Rivera Letelier est né à Talca, au Chili, en 1950. Il a toujours vécu dans les déserts des mines de nitrate d'Atacama. Il y a longtemps travaillé comme ouvrier, il a fait des études secondaires à l'âge de vingt-cinq ans. Il a reçu pour ses deux premiers romans le prix du Conseil national du livre du Chili. Il est l'auteur, entre autres, de La Reine Isabel chantait des chansons d'amour, des Trains vont au purgatoire et des Fleurs noires de Santa Maria.

Mon avis : (lu en septembre 2011)
Tout d'abord, je trouve superbe la couverture du livre mais je regrette que l'on ne sache pas les noms des oiseaux représentés...Avant même de lire le livre, j'ai essayé de les retrouver en utilisant internet et les connaissances de mon fils aîné passionné de zoologie. Nous avons reconnu des colibris, des pics, un martinet ?… Mais dans l'histoire de Malarrosa, il est assez furtivement questions d'oiseaux chanteurs : alouettes, chardonnerets, linottes, grives, pinsons, canaris, mésanges, rouges-gorges...

Cette histoire se passe au Chili, à la fin des années 20 et au début des années 30. Yungay est un village créé dans le désert d'Atacama autour des mines de salpêtres. Les mines se ferment les unes après les autres et Yungay est sur le point de disparaître. Seuls persistent quelques boutiques, deux bordels, « Le Poncho Déchiré » et « Le Perroquet Vert » et les miséreux du coin.
Malarrosa est une petite fille de treize ans qui vit seule avec son incapable de père qui boit et qui perd aux cartes. Sa mère est morte alors qu'elle avait dix ans. Malarrosa accompagne son père Saladino lorsqu'il joue aux cartes, son ami boxeur Oliverio Trébol dit Tristesburnes est là pour les protéger. Dans la vie de Malarrosa, il y a aussi sa vieille institutrice Isolina del Carmen Orozco Valverde qui lui a appris à lire et à écrire.
La vie s'écoule lentement et tranquillement à Yungay, les bagarres, les jeux cartes, les prostituées, la boisson et les combats de boxe sont le quotidien de Saladino, Oliverio et Malarrosa...

Les personnages de ce livre sont hauts en couleurs et attachants, mais l'histoire ayant le rythme lent de Yungay, je me suis parfois un peu ennuyée. Malgré tout, j'ai apprécié le style poétique de l'auteur pour évoquer le village et la situation économiques des lieux : « C’est d’abord la fumée qui a disparu : fumée de la fonderie, fumée des locomotives, fumée des fourneaux de briques des cuisines ; un peu plus tard, les gringos ont disparu avec leurs femmes, leurs animaux de compagnie, leurs majordomes en redingote ; ensuite, ce sont les commerçants qui ont disparu - d’abord les camelots puis ceux qui tenaient boutique -, la police, elle aussi, a disparu, bientôt suivie par les putes, et finalement, le village a disparu. Et là, debout au milieu du néant, sous le soleil blanc du désert, nous avons découvert que, pendant toutes ces années, nous avions vécu, travaillé, engendré nos enfants et enterré nos morts dans un mirage. » En conclusion, ce livre est une belle découverte.

Merci à News Book et aux Éditions Métailié pour ce partenariat.

Extrait : (page 113)
Le vendredi de la semaine suivante, à quatre heures du matin, Oliviero Trébol, accompagné du flambeur et de sa fille Malarrosa, se rendit à la gare de Catalina où ils devaient prendre le train Longitudinal Nord en provenance de Calera. Ils prirent la seule voiture à louer du village, une Ford T ; elle s'arrêtait tous les deux kilomètres et il fallait descendre pour la pousser ou tourner la manivelle. […]
Compte tenu de son itinéraire, la locomotive devait arriver en gare de Catalina à 5h45 du matin mais, depuis le jour même de son inauguration, seize ans plus tôt, le train avait du retard. Quand ils demandèrent au chef de gare dans combien de temps il arriverait cette fois-ci, l'homme répondit d'un air moqueur en caressant sa barbe de patriarche juif et en faisant semblant de se lancer dans des calculs interminables :
- A mon avis, il aura entre une heure et vingt-quatre heures de retard.
Finalement le train arriva avec huit heures et quatorze minutes de retard. Quand son panache de fumée commença à noircir l'horizon, tout le monde poussa un soupir de soulagement. Dans cette gare construite à l'endroit le plus solitaire du désert d'Atacama, l'apparition d'un train constituait un véritable miracle. Quand le convoi s'arrêtait le long du quai en faisant siffler la locomotive et sonner sa grosse cloche de bronze, on pouvait voir voir les passagers regarder par les fenêtres avec une expression de tristesse infinie. Avec leurs visages couverts de poussière et leurs yeux de somnambules, ils semblaient arriver d'un autre monde. Depuis trois jours et trois nuits, ils traversaient le paysage le plus inhumain de la planète et il leur restait encore deux jours et une nuit de voyage. A dire vrai, monter dans ce train, c'était en quelque sorte s'embarquer pour le purgatoire.

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Prénom"

27 août 2011

Dépasser son ombre - Anthony Fagnot

Lu dans le cadre du partenariat bibliofolie_2011_logo_1501 et Éditions Dubuisson

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Publiart – décembre 2004 -

Éditions Dubuisson – avril 2011 – 410 pages

Quatrième de couverture :
Partir... Qui n'a jamais pensé à partir, loin du stress et de la folie des Hommes. Le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle s'est imposé à moi, comme une évidence. Je suis parti seul, au pied des montagnes françaises, un matin de printemps. Enfin, je n'étais pas vraiment seul. Comme j'ai un peu peur des ours, j'avais décidé d'emmener le mien. On ne sait jamais. Comme vous, peut-être, je suis un adulte. Mais ce compagnon est un petit bout de ce que je suis resté d'enfant. Et croyez-moi, ensemble, nous avons vu des choses qui tiennent de la magie. La vraie, celle qui écarquille les yeux. Si le cœur vous en dit, on vous emmène avec nous. Ouvrir ce livre, c'est déjà un peu se mettre en chemin. Alors bon voyage...

Auteur : Après avoir suivi des études littéraires à Amiens, Antony Fagnot entre dans la police en avril 1997. D'abord Gardien de la Paix, une formation interne lui permet de devenir Agent de la Police Scientifique à St-Maur-des-Fossés puis à Alfortville. Ce jeune homme passionné et rêveur exerce son métier avec amour, même s'il est très tôt confronté à des situations difficiles. Il va alors développer un appétit insatiable de la vie, de ses « petits bonheurs » qui nous échappent trop souvent, et se mettre en quête d'authenticité. L'envie de se rapprocher des valeurs essentielles ne va plus le quitter, avec une idée en tête : partir loin des contraintes et des chaînes de notre Société. À la recherche de lui-même, à la rencontre des autres. Il décide donc de partir pour 31 jours de marche, seul, sur le chemin de St-Jacques-de-Compostelle. Une aventure humaine extraordinaire, que le jeune auteur souhaite partager au travers de ce livre. L'ouvrage est récompensé par des prix littéraires, dont la médaille d'argent de la société « Arts-Sciences-Lettres » de l'Académie Française.

Mon avis : (lu en août 2011)
Lorsque ce livre a été proposé pour un partenariat par Bibliofolie, j'avais très envie de le découvrir. J'ai déjà lu plusieurs livres autour du thème de la route de Saint-Jacques-de-Compostelle et chaque voyage est différent et passionnant... "Dépasser son ombre" ne fait pas exception pas à la règle. Et ne voulant pas lâcher le livre, je l'ai dévoré en un après-midi et une soirée !

Anthony nous raconte sa route vers Saint-Jacques-de-Compostelle au jour le jour (un chapitre par jour) avec beaucoup d'humour et de poésie. Il nous parle de ses rencontres avec d'autres marcheurs qui partagent avec lui le voyage, leurs histoires, leurs douleurs... Anthony n'est pas parti seul, il a comme compagnon un petit ourson en peluche que ses parents lui avaient offert pour son premier Noël, 28 ans plus tôt et qu'il n'a jamais quitté. La veille de son départ, il se sent coupable de devoir l'abandonner et décide donc de l'emmener comme ambassadeur auprès des vrais ours qu'il pourrait rencontrer dans les montagnes des Pyrénées...
Anthony n'est pas parti pour Saint-Jacques-de-Compostelle pour des raisons religieuses, mais pour échapper à son quotidien et réfléchir sur sa vie. N'ayant pu prendre un congé de seulement quarante jours, il va commencer son chemin à Saint-Jean-Pied-de-Port aux pieds des Pyrénées début mai 2004. Trente et un jours plus tard, il arrivera émerveillé et transformé à Santiago.
J'ai beaucoup aimé ce livre, Anthony nous embarque à sa suite sur le Chemin, tous nos sens sont en éveil : les odeurs, les paysages, les émotions, ses rencontres sont décrites avec beaucoup simplicité et d'humour. Un livre inoubliable.
A la fin du livre, il y a quelques photographies des pélerins rencontrés par Anthony en compagnie du petit ourson bleu. Et pour cette nouvelle édition, quelques pages écrites en janvier 2007 donnent aux lecteurs des nouvelles des différents pèlerins, devenus amis, rencontrés sur le Chemin et Anthony nous parle également de l'après Chemin de Compostelle, son retour à la vie normale. Chaque jour, il repense au Chemin, il n'hésite pas à le partager avec ceux qu'il rencontre...
La dernière page est plus triste, en effet, Anthony est décédé le 8 avril 2009, sa famille continue à le faire vivre en partageant avec les lecteurs la magie du chemin qu'il a tant aimé. Son chemin d'Homme... et comme Anthony l'a écrit « La fin d'un chemin n'est rien d'autre que le commencement d'un autre... »

Un grand MERCI à Bibliofolie et aux Éditions Dubuisson pour m'avoir permis de découvrir ce superbe témoignage qui m'a beaucoup touché.

Site (2007) et blog (2009) dédiés au livre et à l'auteur.

Extrait : (Avant-propos)
En fait, à bien y réfléchir, je ne me rappelle plus exactement l’élément précis qui m’a poussé à partir. De plus, je le reconnais humblement, je suis un peu paresseux, et une telle aventure nécessitant inévitablement un peu de courage, il a fallu que la décision soit guidée par un sentiment d’une force gigantesque. La routine, sans doute, professionnelle et personnelle. Cette platitude monochrome m’avait plongé dans une sédentarité dont la banalité n’avait d’égal que le manque de saveur. Plus d’une fois je me suis senti à deux doigts de « tout plaquer », comme on dit. Beaucoup d’entre nous y pensent, me semble-t-il, sans jamais l’oser.
Prendre quelques affaires, un peu d’argent et un aller simple pour n’importe quelle destination où il n’y a pas de chaînes, d’horaires, de codes et de ces contraintes en tous genres. Mais voilà, comme un arbre, j’ai des racines, profondes et essentielles. Elles sont quatre. Deux grandes m’ont fait naître et deux adorables petites ont grandi avec moi.
Alors pour elles, il faut continuer. Par amour pour cette famille incroyablement unie et qui m’a toujours soutenu dans les nombreux moments difficiles, et que je ne me vois pas quitter. Et pourtant…

D'autres livres ou film sur Saint-Jacques de Compostelle :

en_avant_route En avant, route ! - Alix de Saint-André

Le pèlerin de Compostelle - Paulo Coehlo

st_jacques_la_mecque Un film : Saint-Jacques... La Mecque - Coline Serreau

 

 

2 août 2011

Le Club des Cinq et les saltimbanques – Enid Blyton

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Hachette – 1965 – 256 pages

Hachette – 1976 – 186 pages

Hachette – 1982 – 183 pages

Hachette – 1985 – 183 pages

Hachette – 1988 – 188 pages

Hachette – 1995 – 183 pages

Hachette - décembre 1999 – 183 pages

Titre original : Five go off in a caravan, novembre 1946

Quatrième de couverture :
Annie croyait pouvoir passer enfin des vacances paisibles. Eh bien, non ! Voilà une mêlée dans le noir   entre  un acrobate,  un clown et un   chimpanzé !... Voilà François en équilibre sur le toit  d'une   roulotte  coincée  au bord   d'un précipice !...
Voilà une fois de plus les célèbres Cinq entraînés malgré eux dans une aventure bien périlleuse pris au piège, leur situation semble sans issue. Mais c'est compter sans leur nouvel ami à quatre mains.

Auteur : Enid Mary Blyton est une romancière britannique, spécialisée dans la littérature pour enfants, née le 11 août 1897 dans le faubourg d'East Dulwich, à Londres et morte le 28 novembre 1968 à Hampstead, dans la banlieue nord de Londres. On lui doit entre autres Le Club des Cinq (the Famous Five en anglais), Le Clan des Sept (The Secret Seven), Oui-Oui (Noddy). Ses romans, connus dans le monde entier, ont été vendus à plus de quatre cents millions d'exemplaires, traduits dans plus de quarante langues différentes.

Mon avis : (lu ou relu en juillet 2011)
Le Club des 5 est en vacances dans la Villa des Gauthier non loin de Grenoble. Lorsqu'un cirque passe non loin d'eux, ils ont l'idée de partir en roulottes pour suivre le cirque et Pancho, le jeune garçon du cirque, avec qui ils avaient sympathisé. Arrivés au Lac Vert, ils retrouvent le cirque mais ils ne sont pas les bienvenus... Pancho est heureux de retrouver les enfants, il leur présente Bimbo, le chimpanzé, ainsi que Flic et Flac les chiens savants. Mais Carlos, l'oncle de Pancho, et Lou, l'acrobate, ne veulent pas que le Club des Cinq reste avec le cirque...
Voilà une aventure du Club des Cinq dont je ne gardais aucun souvenir... Peut-être que je ne l'avais jamais encore lu ?

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Illustration Jeanne Hives

Extrait :
Le lendemain matin, de bonne heure, Annibal fut amené par son propriétaire.
François alla chercher Nestor, qui broutait dans le pré. Les deux chevaux approchèrent leurs têtes l'une de l'autre et poussèrent des hennissements dont la cordialité ne faisait aucun doute.
« Ils ont l'air de sympathiser, constata Mick avec satisfaction. C'est très important ! »
Les enfants harnachèrent les chevaux et les attelèrent. Nestor, le cheval gris pommelé, fut attelé à la roulotte verte - celle des garçons - et Annibal, le cheval noir, à la roulotte rouge, celle des filles.
Annibal se montra parfaitement calme. Tandis qu'on le harnachait, Nestor secoua sa crinière et tapa du sabot, comme s'il avait hâte de partir.
Quant à Dagobert, il s'intéressait grandement à tout ce remue-ménage. Il visita à fond les roulottes, trouva un petit tapis qui lui plut et se coucha dessus.
 « Si nous partons dans ces drôles de petites maisons sur roues, voilà le coin que je me suis choisi », semblait-il dire.
 Enfin, François inspecta une dernière fois sa roulotte, puis il s'installa sur le siège du conducteur et donna le signal du départ.
 « Nous conduirons chacun notre tour, dit-il. Je te passerai les guides plus tard, Mick. Et vous, les filles, comment comptez-vous faire ?
 - C'est Claude qui conduit, bien entendu ! dit Annie en riant!
 - Je laisserai Annie conduire de temps en temps, promit Claude. Mais il me semble que ce n'est pas son affaire. Elle est trop timide. Alors, tu démarres, François ? Tiens ! Comment se fait-il qu'il disparaisse juste au moment de nous mettre en route ?

 

Challenge Le Club des 5
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6/10

Déjà lu du même auteur :

C5_1971x  Le Club des Cinq CB_contre_attaque_1966 Le Club des Cinq contre-attaque

 

Pour info : Le week-end dernier, un article spécial Club des Cinq est paru dans Le Cahier d'été de Libération 1312157282

23 août 2011

Le Sabot du Diable - Kem Nunn

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et Folio

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Gallimard – avril 2004 – 410 pages

Folio – juin 2011 – 507 pages

traduit de l’américain par Jean Esch

Quatrième de couverture :
Heart Attacks, c’est LA vague. Tous en rêvent. Très peu, dit-on, l’ont vue. Personne ne l’a surfée.
Quand un prestigieux magazine propose à Jack Fletcher de photographier Drew Harmon, une légende du surf, à Heart Attacks, il ne peut qu’accepter. Mais le spot est inaccessible, au fin fond d’une réserve indienne où règnent la violence, la drogue et les vieilles légendes tribales, dans un mystérieux endroit du nom de Devil’s Hoof, infesté de requins. Cette quête de la vague mythique va entraîner Fletcher et ses compagnons dans une aventure où la nature sauvage n’est pas le plus grand des dangers qu’ils devront affronter...

Auteur : Kem Nunn est né en 1948 à Pomona en Californie. Il est l’auteur de Surf city, La reine de Pomona et du Sabot du Diable.

Mon avis : (lu en août 2011)
J'ai été tenté de découvrir ce livre car il était question de surf et de vagues... Une revue de surf très renommée fait appel à Fletcher photographe pour un reportage sur Drew Harmon, ancienne légende de surf qui vit caché au nord de la Californie dans un lieu surnommé Heart Attacks où les vagues sont mythiques. Ce lieu est en pleine réserve indienne où des tensions existent entre Blancs et Indiens mais aussi entre Hupas et Yuroks, deux tribus indiennes.
Drew Harmon est une force de la nature, il est obnubilé par les vagues, il vit avec Kendra sa jeune et fragile femme qui s'intéresse au chamanisme. Leur relation est tendue.
Fletcher a eu son heure de gloire dans la profession, maintenant il abuse un peu de l'alcool et des petites pilules. Avec ce reportage, il espère relancer sa carrière. Fletcher est accompagné par deux jeunes surfeurs. Dès le lendemain matin de leur arrivée, les surfeurs se mettent à l’eau pour des premières vagues, Fletcher a embarqué sur un zodiac avec un jeune Indien pour approcher le mieux possible pour faire des photos. Malheureusement, le moteur s'enraille, zodiac se retourne et le jeune Indien se noie. Cela va rendre furieux certains Indiens qui partent à la poursuite de Drew Harmon et des surfeurs après avoir kidnappé Kendra...
Lorsqu'on parle surf, on imagine des plages de sables blancs, le ciel bleu, la chaleur et une mer d'un bleu carte postale... A Heart Attacks, c'est très différent pour accéder aux spots de surf, il faut traverser une nature hostile où règnent le brouillard et le froid, la mer est très souvent grise.
Drew Harmon et Fletcher vont-ils atteindre LA vague et faire la bonne photo ? Arriveront-ils à échapper aux Indiens ? Et Kendra, qu'elle sera son sort ?
Parti à la quête d'une vague mythique, le lecteur se trouve plongé dans une aventure à l'atmosphère pesante où se mêlent violence et paysages grandioses de falaises, de végétation aride et pauvre, de côtes découpées et de bords de mer sombre et grises...
Un roman noir avec du suspens, des émotions et le fracas des vagues !

Extrait : ici

Challenge Thriller 
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 catégorie "Même pas peur" : 2/8

Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Objet"

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2/50 : Californie

 

Logo Livraddict

19 juillet 2011

Le Club des Cinq contre-attaque - Enid Blyton

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Hachette – janvier 1955 -

Hachette – mars 1966 – 191 pages

1982 – 181 pages

Hachette – janvier 1984 – 156 pages

Hachette – janvier 1993 – 220 pages

Hachette – août 2004 – 219 pages

Hachette – mars 2006 – 215 pages

traduit par Arlette Silvain

Illustrations Simone Baudoin

Titre original : Five Run Away Together, 1944

Quatrième de couverture :
Voici les vacances revenues, à la grande joie du « Club des Cinq ». De nouveau les quatre amis et leur chien Dagobert se retrouvent au bord de la mer, à Kernach, et, cette fois, l'on décide d'aller camper sur une île située dans la baie. Les ruines d'un vieux château s'y dressent encore, sinistres, hantées par des corneilles.
Dans cet ancien repaire de corsaires, les Cinq feront découverte sur découverte : oubliettes, grottes et souterrains. Mais tout y est si étrange, parfois même si inquiétant que les enfants s'interrogent : cette île que l'on dit déserte, ne serait-elle pas habitée ? Mais par qui ?...
Énigme passionnante qui vaudra aux Cinq une nouvelle série d'aventures plus extraordinaires et plus dramatiques encore que toutes celles qu'ils ont déjà vécues.

Auteur : Enid Mary Blyton est une romancière britannique, spécialisée dans la littérature pour enfants, née le 11 août 1897 dans le faubourg d'East Dulwich, à Londres et morte le 28 novembre 1968 à Hampstead, dans la banlieue nord de Londres. On lui doit entre autres Le Club des Cinq (the Famous Five en anglais), Le Clan des Sept (The Secret Seven), Oui-Oui (Noddy). Ses romans, connus dans le monde entier, ont été vendus à plus de quatre cents millions d'exemplaires, traduits dans plus de quarante langues différentes.

Mon avis : (relu en juillet 2011)
Le Club des Cinq est ravi de se retrouver à Kernach pour les vacances d'été. Malheureusement, tante Cécile est malade et Maria, la formidable cuisinière, est partie soigner sa sœur. Oncle Henri a du accompagner sa femme à l'hôpital. Les Cinq vont devoir affronter l'antipathique Madame Friot, son vilain fils Emile et l'affreux chien Théo surnommé Fléaux. La situation est devenue intenable et le Club des Cinq décide de se réfugier sur l'île de Kernach pour passer des vacances agréables... Évidement, le séjour sur l'île ne se passera pas comme prévu !
Je me suis encore bien amusée en relisant ce Club des Cinq. Le face à face Dagobert et Fléaux est formidable !

Extrait : (page 32)
« Oh ! mon Dieu ! » soupira Annie qui se doutait de l'état d'esprit de sa cousine, sachant que Claude adorait sa mère. Elle qui ne pleurait jamais avait pour une fois les larmes aux yeux. C'est qu'il est terrible de rentrer de promenade pour trouver une maison vide, sans père ni mère; rien qu'une Mme Friol et son Emile.
« C'est affreux », gémit soudain Claude en enfouissant sa tête dans les coussins. « Elle... elle ne reviendra peut-être jamais...
- Ne dis pas de sottises, répliqua François en s'asseyant près d'elle et en l'entourant de son bras. Pourquoi ne reviendrait-elle pas ? Voyons, ton père a dit qu'il resterait avec elle jusqu'à ce qu'elle se rétablisse et il t'explique que ce sera l'affare d'une semaine au plus. Du courage, ma vieille. Ça ne te ressemble pas de te laisser aller comme ça.
- Mais je ne lui ai as dit au revoir, murmura Claude entre deux sanglots, et je l'ai ennuyée avec cette histoire de sandwiches au lieu de m'en occuper. Je veux la rejoindre pour avoir de ses nouvelles tout de suite.
- Tu ne sais même pas où on l'a transportée, et même si tu le savais, tu n'aurais probablement pas l'autorisation d'entrer, dit Mick gentiment. Ecoutez, nous devrions goûter, cela nous remettrait d'aplomb.
- Je suis incapable d'avaler une bouchée », rétorqua Claude sauvagement. Dagobert avança le museau pour essayer de lécher ses mains qu'elle tenait enfouies sous sa tête. Il gémit.
« Pauvre Dago, il ne comprend rien à ce qui arrive. Il est bouleversé parce que tu pleures, Claude », murmura Annie.
Claude se redressa ausitôt. Elle se frotta les yeux, et Dago lui donna un bon coup de langue. Il parut surpris du goût salé des larmes et tenta de se hisser sur ses genoux.
« Pauvre vieux Dag, dit Claude d'une voix redevenue plus normale, allons, calme-toi. J'ai eu un choc, voilà tout, mais je vais mieux maintenant. Ne gémis pas comme ça, bêta, je suis saine et sauve. »
Mais Dagobert restait persuadé que pour pleurer de cette manière Claude devait être blessée ou malade, et il continua à geindre et à la caresser avec sa patte en s'efforçant de monter sur le canapé.
François se dirigea vers la porte.
« Je vais dire à Mme Friol que nous voulons goûter », déclara-t-il en sortant. Les autres le suivirent d'un regard admiratif. Affronter Mme Friol témoignait d'un vrai courage.
Quand François pénétra dans la cuisine, il y trouva Emile, une joue plus rouge que l'autre grâce à la vivacité de Claude, et Mme Friol dont le front était loin d'être serein.
« Si cette gamine touche encore à mon Emile, elle aura de mes nouvelles, déclara-t-elle menaçante.

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Challenge Le Club des 5
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4/10

Déjà lu du même auteur :

C5_1971x  Le Club des Cinq

28 mai 2011

L’âme du mal – Maxime Chattam

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Michel Lafon – mars 2002 – 514 pages

Pocket - mai 2003 – 514 pages

Pocket – mars 2004 – 514 pages

 Quatrième de couverture :
Pas plus que sa jeune assistante, l'inspecteur-profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d'outre-tombe. Fût-il le monstrueux bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper avec précision. Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit, identique : un même rituel horrible. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d'une secte ? Pure sauvagerie ou magie noire ? Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu'on lui a enseigné. S'immerger complètement dans la psychologie d'un monstre, le comprendre afin de le cerner et de prévoir ses crimes, devenir un monstre soi-même, tels sont les moindres risques de son métier. On dit au FBI qu'il s'en faudrait d'un rien pour qu'un bon profiteur aille rejoindre la galerie de ses pires clients. Peut-on impunément prêter son âme au mal ?

Auteur : Maxime CHATTAM, de son vrai nom Maxime DROUOT, est né le 19 février 1976 à Herblay en région parisienne. Jeune garçon discret et solitaire, il se passionne pour le cinéma et les romans et auteurs de science fiction tels Le seigneur des anneaux ou Stephen King. Au cours de son enfance, il fait de fréquents séjours aux États Unis : New York, Denver et surtout Portland en Oregon, qui deviendra le cadre de ses premiers trillers. À 23 ans, il suit une année de formation en criminologie où il étudie notamment la psychiatrie criminelle, la police technique et scientifique, la médecine légale et assiste à des autopsies. Il fait alors plusieurs petits boulots et devient notamment libraire, ce qui lui permet d'être en contact du monde de l'édition et consacre son temps libre à l'écriture de son premier thriller. En octobre 2001, il achève l'âme du mal qui sera publié en 2003, début d'une série de romans policiers, ce qui lui permet aujourd'hui de vivre de sa plume.

Mon avis : (lu en mai 2011)
Je n'avais encore jamais lu de livre de Maxime Chattam mais « abonnée » au rendez-vous de Pimprenelle « Découvrons un auteur », c'était l'occasion d'essayer... J'ai donc choisi le premier roman de Maxime Chattam. A vrai dire je croyais que Maxime Chattam écrivait des livres du genre fantastique. Très rapidement, j'ai compris que je me trompais puisque « L'âme du mal » est un vrai thriller que j'ai lu très facilement.
L'histoire se passe à Portland aux États-Unis dans les années 2000, Joshua Brolin est un jeune inspecteur de police qui utilise le profilage pour traquer un tueur en série. Juliette Lafayette, jeune étudiante en psychologie a été enlevé par Leland Beaumond, le tueur en série que poursuivait Joshua. Heureusement, ce dernier va abattre d'une balle dans la tête le tueur qui était sur le point d'exécuter Juliette.

Une année plus tard, le corps d'une femme affreusement mutilée est découverte dans un jardin public du de Portland. Après autopsie, on découvre que le meurtre a été effectué avec le même rituel que les meurtres de Leland Beaumont. Joshua Brolin est chargé d'enquêter, une étrange lettre est adressée à Juliette puis à la police... et un autre meurtre aussi cruel est commis...
Voilà une intrigue palpitante qui ne laisse aucun répit au lecteur, beaucoup d'informations sur les techniques de profilage et des compte-rendus d'autopsie très détaillés, un tueur avec un mode opératoire plutôt gore... Ce n'est pas spécialement le genre de thriller que j'affectionne, malgré tout, j'ai trouvé plutôt très bon ce livre. Merci à Pimprenelle de m'avoir fait découvrir Maxime Chattam.

Extrait : (début du livre)
Kate Philips ouvrit la porte du véhicule et laissa Josh descendre. Il tenait à la main une poupée en plastique représentant Captain Futur qu'il serrait contre lui comme s'il s'agissait d'un trésor fabuleux. L'air suffocant du parking les assaillit aussitôt. A n'en pas douter l'été serait de plus en plus torride.
- Viens mon ange, dit Kate en glissant ses lunettes de soleil sur ses cheveux.
Josh sortit en observant la façade du centre commercial. Il aimait beaucoup venir ici, c'était synonyme de plaisir, de rêve tant il y avait de choses agréables à voir. Des jouets par centaines, toutes les gammes représentées sur des mètres et des mètres, du palpable, pas de l'image à la télé ou dans des catalogues. Plus tôt dans la matinée, en entendant sa mère dire qu'elle partait au centre commercial, Josh avait bondi sur l'occasion et s'était imposé à force de gentillesse. A présent que l'établissement se dressait devant lui il sentait l'excitation monter. Peut-être pourrait-il repartir avec un jouet ? Le camion-citerne Majorette qui lui manquait, ou peut-être même une panoplie de Captain Futur ! La journée s'annonçait bien, très bien même. Un nouveau jouet. Ça c'était une idée séduisante ! Encore fallait-il que Kate accepte. Il se tourna vers sa mère pour le lui demander et constata qu'elle vérifiait ses bons de réduction soigneusement découpés dans les journaux et publicités.
- Tu m'achètes un jouet, maman ? demanda-t-il de sa voix fluette de garçon de presque quatre ans.
- Ne commence pas, Josh et dépêche-toi un peu sinon je ne t'emmène plus avec moi.
Le petit garçon mit sa main en visière comme il avait souvent vu son père le faire et traversa ainsi le parking.
- Quelle chaleur ! lança Kate en se ventilant tant bien que mal de la main. Ne traîne pas, chéri, on va se liquéfier si on tarde trop en plein soleil !

2 juin 2011

Les Enfants de la Terre, Tome 6 : Le pays des grottes sacrées

le_pays_des_grottes_sacr_es Presses de la Cité - mars 2011 – 681 pages

Quatrième de couverture :
La petite orpheline Cro-Magnon recueillie par une tribu Neandertal a fait bien du chemin depuis Le Clan de l'Ours des Cavernes, le premier tome de ses aventures publié il y a maintenant trente ans. Ayla vient de mettre au monde une petite fille prénommée Jonayla, et a été peu à peu adoptée par les membres de la Neuvième Caverne, le clan de son compagnon Jondalar. A tel point que la Zelandoni, guérisseuse et chef spirituel de la Neuvième Caverne, la choisit pour lui succéder un jour. Pour parvenir à cette fonction, Ayla suit pendant plusieurs mois la grande prêtresse. Son initiation passe notamment par la visite des nombreuses grottes ornées de la région, l'occasion pour l'apprentie Zelandoni de découvrir des sites magnifiquement décorés, dont elle apprend à comprendre le sens. Cette formation, jalonnée de rites de passage, n'a rien d'une promenade de santé, et Ayla devra franchir bien des obstacles avant de devenir Zelandoni. Saura-t-elle trouver un équilibre entre ses obligations de jeune mère et d'épouse et les exigences de son apprentissage ? L'amour de Jondalar et d'Ayla résistera-t-il à tant d'épreuves ?

Auteur : En 1977, alors âgée de quarante ans, l'Américaine Jean Auel décide de quitter son emploi, un poste à responsabilité dans une entreprise d'électronique. En attendant d'obtenir un travail plus stimulant, cette mère de cinq enfants se met à écrire une nouvelle consacrée à une femme de la préhistoire. Ainsi naît Ayla, l'héroïne des " Enfants de la Terre ", une formidable saga préhistorique qui s'est à ce jour vendue à plus de 45 millions d'exemplaires à travers le monde.

 

Mon avis : (lu en mai 2011)
Lorsque Jérémy m'a proposé de recevoir ce livre, j'ai accepté en partie pour mon mari qui avait déjà lu les quatre premiers livres de la série. Et c'est lui qui a commencé la lecture du livre, cela fait plus d'un mois qu'il s'accroche car il trouve qu'il y a de nombreuses redites avec les tomes précédents.

Pour ma part, j'ai attendu d'avoir quelques jours de congés à la maison pour me lancer dans la lecture de ce pavé de presque 700 pages car le livre est vraiment trop lourd à emporter dans le train ! La préhistoire ne m'a jamais vraiment intéressée mais j'espérais changer d'avis en découvrant cette saga appréciée dans le monde entier. Malheureusement, j'ai eu un mal fou à lire ce livre, qui je l'avoue, m'est tombé des mains... Après plus d'une semaine de lecture (en alternance avec d'autres livres), j'abandonne... Ce livre est beaucoup trop long à mon goût, il se perd dans les détails, il y a beaucoup de répétitions et aucune action me donnant envie de connaître la suite de l'histoire... J'ai appris beaucoup de choses comme « comment élever mon enfant » ou « faire la cuisine » au temps de la Préhistoire et j'ai visité de nombreuses grottes...

Merci à Jérémy et aux éditions Presse de la Cité de m'avoir permis de découvrir ce livre et cet auteur.

Pour en savoir plus : site de l'auteur et page FB

 

Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
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2 avril 2011

La Trilogie berlinoise – Philip Kerr

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Le Masque – novembre 2008 – 836 pages
Livre de poche – janvier 2010 – 1015 pages
Livre de poche – novembre 2010 – 1015 pages

Prix Livre de poche des lecteurs Policiers 2010

traduit de l'anglais de Gilles Berton

Quatrième de couverture :
Publiés pour la première fois dans les années 1989-1991, L'été de cristal, La pâle figure et Un requiem allemand évoquent l'ambiance du Ille Reich en 1936 et 1938, et ses décombres en 1947 Ils ont pour héros Bernie Gunther, ex-commissaire de la police berlinoise devenu détective privé. Désabusé et courageux, perspicace et insolent, Bernie est à l'Allemagne nazie ce que Phil Marlowe était à la Californie de la fin des années 30 : un homme solitaire témoin de la cupidité et de la cruauté humaines, qui nous tend le miroir d'un lieu et d'une époque. Des rues de Berlin " nettoyées " pour offrir une image idyllique aux visiteurs des Jeux olympiques, à celles de Vienne la corrompue, théâtre après la guerre d'un ballet de tractations pour le moins démoralisant, Bernie va enquêter au milieu d'actrices et de prostituées, de psychiatres et de banquiers, de producteurs de cinéma et de publicitaires. Mais là où la Trilogie se démarque d'un film noir hollywoodien, c'est que les rôles principaux y sont tenus par des vedettes en chair et en°os.*Heydrich, Himmler et Goering...

Auteur : Né en 1956 à Édimbourg, Philip Kerr a fait ses études de droit à l'université de Birmingham. Auteur de douze romans traduits en plus de 25 langues et de nombreux scénarios, il s'est lancé récemment dans la littérature pour jeunes adultes. Écrite près de vingt ans après la Trilogie berlinoise, la suite des aventures de Bernie Gunther, La mort, entre autres est paru en 2009.

Mon avis : (lu en mars 2011)
J'ai mis plusieurs jours à lire ce gros pavé de plus de mille pages, en effet, ce livre regroupe 3 livres publiés indépendamment dans les années 1989-1991.

L’été  de cristal : L’histoire se passe en 1936, à Berlin à la veille des Jeux Olympiques.
Bernie Gunther, ancien inspecteur de la police berlinoise est devenu détective privé. Un riche industriel lui demande d’enquêter sur la mort de sa fille et de son gendre. Leurs corps ont été retrouvés calcinés dans leur maison incendiée. Des bijoux ont disparus du coffre fort. Les polices Kripo, Orpo, Sipo et Gestapo se livrent une guerre d'influence tout comme Heydrich, Goering et Himmler. C'est la monté du nazisme.

La pâle figure : Nous sommes toujours à Berlin, mais en Septembre 1938, la conférence de Munich est en cours, les Allemands s'interrogent sur une future guerre. Bernhard Gunther, le détective privé, est engagé par une riche veuve victime d'un maître chanteur. Mais il est également obligé par Heydrich de mener une enquête pour retrouver un tueur en série qui rode dans les rues de Berlin et s'attaque depuis quelques temps à des jeunes filles. Pour cela il est réintégré dans la Kripo en tant que Komissar.

Un requiem allemand :
Nous retrouvons Bernie Gunther, après la guerre, dans le Berlin de 1947. Un Berlin occupé, détruit par les bombes, où règne le marché noir, la prostitution, et où l'on craint les exactions des soldats russes. Bernie Gunther est contacté par un officier de la police secrète soviétique pour enquêter sur le meurtre d'un officier américain et innocenter un certain Emil Becker emprisonné à Vienne. Gunther avait connu Becker lorsqu'il appartenait à la Kripo en 1940. Il part donc à Vienne qui est également occupé par les Alliés et les Soviétiques, il se trouve mêlé aux services secrets américains et russes de l'après-guerre...

Ces trois enquêtes indépendantes sont l'occasion de découvrir l'atmosphère inédite de l'Allemagne à plusieurs époques troubles. Les intrigues sont passionnantes et le personnage de Bernie Gunther, détective privé hostile au régime nazi, est vraiment sympathique. Il m'a fait penser à Nestor Burma. Les descriptions sont très réalistes, l'auteur s'est beaucoup documenté sur les faits historiques et j'ai été très intéressée. J'aurai peut-être encore mieux apprécié ces trois enquêtes si je ne les avais pas lu à la suite. Je vais donc attendre un peu avant de lire la suite de « La Trilogie berlinoise » qui est paru en 2009, sous le titre de « La mort, entre autres ».

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Extrait : (début du livre)
Ce matin, au coin de Friedrichstraße et de Jägerstraße, deux S.A. démontaient une des vitrines rouges où est affiché chaque nouveau numéro du Stürmer. Der Stürmer est le journal dirigé par Julius Streichder, le propagandiste antisémite le plus virulent du Reich. Ces vitrines où s'étalent les dessins à moitié pornographiques de jeunes Aryennes soumises à l'étreinte de satyres au nez crochu sont destinées à attirer et titiller les esprits faibles. Aucun individu décent ne veut rien avoir à faire avec ça. Les deux S.A. déposèrent le panneau dans leur camion, déjà à moitié plein de vitrines identiques. Ils opéraient sans ménagements, car deux ou trois vitres étaient brisées.
Une heure plus tard, je revis les deux même S.A. en train d'emporter une autre vitrine installée à un arrêt de tramway devant l'hôtel de ville. Cette fois, je m'approchai pour leur demander ce qu'ils faisaient.
- C'est pour les Olympiades, m'informa l'un d'eux. On nous a ordonné de les faire disparaître pour ne pas choquer les étrangers qui viendront assister aux Jeux.
A ma connaissance, c'était la première fois que les autorités faisaient montre de tels égards.
Je rentrai chez moi dans ma vieille Hanomag noire et mis mon dernier costume présentable en flanelle gris clair qui m'avait coûté 120 marks trois ans auparavant. Il est d'une qualité qui devient de plus en plus rare dans ce pays. Tout comme le beurre, le café et le savon, le tissu qu'on utilise à présent n'est qu'un ersatz, pas très solide, quasiment inefficace contre le froid en hiver et très inconfortable en été.
Je me contemplai dans le miroir de le chambre et parachevai ma tenue avec mon plus beau chapeau. Une coiffure de feutre gris foncé à large bord, entouré d'un ruban de soie noire. Un modèle fort répandu. Mais, comme les hommes de la Gestapo, je le porte d'une manière particulière, le bord rabattu sur le devant. Cela a pour effet de dissimuler mes yeux, de sorte qu'il est plus difficile de me reconnaître. Un style lancé par la police criminelle de Berlin, la Kripo, au sein de laquelle je l'avais adopté.
Je glissai un paquet de Muratti dans la poche de mon veston et, serrant sous mon bras avec précaution une porcelaine Rosenthal emballée d'un papier cadeau, je sortis dans la rue.

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Lu pour le Baby Challenge - Polar organisé par Livraddict
Livre 13/20 Médaille de bronze

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

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Lu dans le cadre du Défi des Mille organisé par Fattorius

7 janvier 2011

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants - Mathias Enard

Parle_leur_des_batailles Actes Sud – août 2010 – 153 pages

 

Prix Goncourt des lycéens 2010

Quatrième de couverture :
En débarquant à Constantinople le 13 mai 1506, Michel-Ange sait qu'il brave la puissance et la colère de Jules II, pape guerrier et mauvais payeur, dont il a laissé en chantier l'édification du tombeau, à Rome. Mais comment ne pas répondre à l'invitation du sultan Bajazet qui lui propose – après avoir refusé les plans de Léonard de Vinci – de concevoir un pont sur la Corne d'Or ?
Ainsi commence ce roman, tout en frôlement historiques, qui s'empare d'un fait exact pour déployer les mystères de ce voyage.
Troublant comme la rencontre de l'homme de la Renaissance avec les beautés du monde ottoman, précis et ciselé comme une pièce d'orfèvrerie, ce portrait de l'artiste au travail est aussi une fascinante réflexion sur l'acte de créer et sur le symbole d'un geste inachevé vers l'autre rive de la civilisation.
Car à travers la chronique de ces quelques semaines oubliées de l'Histoire, Mathias Enard esquisse une géographie politique dont les hésitations sont toujours aussi sensibles cinq siècles plus tard.

Auteur : Né en 1972, Mathias Enard a étudié le persan et l'arabe et fait de longs séjours au Moyen-Orient. Il vit à Barcelone. Il a publié La Perfection du tir (2003), Remonter l'Orénoque (2005) et Zone (2008).

Mon avis : (lu en janvier 2011)
J'étais très curieuse de découvrir ce livre au titre magnifique et mystérieux... Mathias Enard nous emmène faire un beau voyage dans l'Histoire : dans le Bosphore au début du XVIème siècle. Michel Ange est encore un jeune artiste. Il est un peu en froid avec le Pape Jules II pour lequel il est en train de travailler et lorsque le sultan Bajazet l’invite à venir à Constantinople
pour construire un pont qui enjambera la Corne d'Or. Avant lui, Léonard de Vinci avait proposé un projet qui a été refusé.
Avant de faire des croquis, Michel-Ange, en compagnie du poète Mesihi, s'imprègne de l'atmosphère de cette ville d'Orient qui le fascine, il découvre les beautés de l'architecture de la basilique Sainte-Sophie, mais aussi les marchés, les rues... La nuit, Mesihi l'entraîne dans les tavernes, avec ses danseurs, ses musiciens et ses poètes sans oublier l'alcool et l'opium...
Dans ses moments de solitude, Michel-Ange entretient une correspondance avec ses frères. Parfois il doute d'arriver à mener ce travail à bien, est-il à la hauteur ? Et Michel-Ange tombe sous les charmes d’une belle danseuse andalouse qui lui racontera des contes et légendes (dont est extrait le titre « Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants »). La relation qui existe entre Mesihi et Michel-Ange est complexe...

Avec ce livre, on découvre également l'influence de ce séjour à Constantinople pour la suite de l'œuvre de Michel Ange.
Le livre se lit facilement, il est constitué de chapitres très courts et l'écriture est faite de phrases et paragraphes courts. L'essentiel est dit, tout en poésie. Le lecteur a tous ses sens en éveil, les mots de Mathias Enard évoque des couleurs, des parfums, des odeurs...
Et pour finir, dans la note de fin du livre, l'auteur fait la part des choses entre la partie historique et la partie romancée de son livre.

Avec ce livre, j'ai fait un très beau voyage surprenant et fort agréable !

D'autres avis avec Constance93 et BoB

Extrait : (début du livre)
La nuit ne communique pas avec le jour. Elle y brûle. On la porte au bûcher à l’aube. Et avec elle ses gens, les buveurs, les poètes, les amants. Nous sommes un peuple de relégués, de condamnés à mort. Je ne te connais pas. Je connais ton ami turc ; c’est l’un des nôtres. Petit à petit il disparaît du monde, avalé par l’ombre et ses mirages ; nous sommes frères. Je ne sais quelle douleur ou quel plaisir l’a poussé vers nous, vers la poudre d’étoile, peut-être l’opium, peut-être le vin, peut-être l’amour ; peut-être quelque obscure blessure de l’âme bien cachée dans les replis de la mémoire.
Tu souhaites nous rejoindre.
Ta peur et ton désarroi te jettent dans nos bras, tu cherches à t’y blottir, mais ton corps dur reste accroché à ses certitudes, il éloigne le désir, refuse l’abandon.
Je ne te blâme pas.
Tu habites une autre prison, un monde de force et de courage où tu penses pouvoir être porté en triomphe ; tu crois obtenir la bienveillance des puissants, tu cherches la gloire et la fortune. Pourtant, lorsque la nuit arrive, tu trembles. Tu ne bois pas, car tu as peur ; tu sais que la brûlure de l’alcool te précipite dans la faiblesse, dans l’irrésistible besoin de retrouver des caresses, une tendresse disparue, le monde perdu de l’enfance, la satisfaction, le calme face à l’incertitude scintillante de l’obscurité.
Tu penses désirer ma beauté, la douceur de ma peau, l’éclat de mon sourire, la finesse de mes articulations, le carmin de mes lèvres, mais en réalité, ce que tu souhaites sans le savoir, c’est la disparition de tes peurs, la guérison, l’union, le retour, l’oubli.
Cette puissance en toi te dévore dans la solitude.
Alors tu souffres, perdu dans un crépuscule infini, un pied dans le jour et l’autre dans la nuit.

 

Livre 33/35 pour le Challenge du 5% littéraire1pourcent2010

 

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Animal"

Challenge Prix Goncourt des Lycéens
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2010

 Challenge Goncourt des Lycéens
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chez Enna

3 juillet 2011

Persécution – Alessandro Piperno

Lu dans le cadre  d'un partenariat Libfly et Furet du Nord
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pers_cution Liana Levi – septembre 2011 – 420 pages

traduit de l’italien par Fanchita Gonzalez Batlle

Titre original : Persecuzione, Arnaldo Mondadori Editore S.p.A, 2010

Présentation éditeur :
Leo Pontecorvo est un professeur de médecine reconnu et un père de famille respecté. Avec savoir vivre et discrétion, il mène une vie confortable. Les excès et les incartades font d’autant moins partie de son univers qu’il est issu d’une famille juive romaine qui a sa place dans la bourgeoisie depuis des décennies, ce qui lui confère une tranquille approche de la vie. Mais voilà qu’un soir, en regardant le journal télévisé, il apprend qu’une gamine de douze ans, petite amie de l’un de ses fils, l’accuse d’avoir tenté de la séduire. Un gouffre s’ouvre sous ses pieds. Rien dans sa vie ne l’a préparé à affronter une situation aussi humiliante. Rien ne l’a préparé à se battre en général. Depuis toujours il s’est déchargé des contingences matérielles sur sa mère et sa femme, Rachel. Au lieu d’affirmer son innocence, Pontecorvo se replie sur lui-même et commence une lente descente aux enfers, tout en se remémorant comment le piège s’est refermé sur lui entre l’indispensable et trop raisonnable épouse, la fillette mythomane, les clinquants parents de l’accusatrice, l’intraitable magistrat, l’ami avocat pervers…
Dans ce roman magistral, Alessandro Piperno décortique les moindres détours de l’âme humaine, sa complexité, ses ambiguïtés. Avec une écriture aux milles subtilités, qui ne dédaigne pas l’inventivité, il enveloppe le lecteur dans un récit aux innombrables ramifications.

Auteur : Alessandro Piperno est né en 1972 à Rome où il vit toujours. Passionné de Proust, auquel il a consacré son premier essai, Proust antijuif (Liana Levi 2007), il enseigne la littérature française à l’université. En 2005 son premier roman, Avec les pires intentions (Liana Levi 2006, Folio 2007), suscite une polémique en Italie parce qu’il y dresse de façon provocatrice le portrait d’une famille de la bonne bourgeoisie juive et de la jeunesse dorée à Rome. C’est avec un ton plus grave, mais sans se départir d’une féroce ironie, qu’il écrit et publie en 2010 Persecuzione. Fan de littérature américaine, de pop music et de foot, Alessandro Piperno est aujourd’hui considéré comme l’un des auteurs majeurs de la Péninsule.

Mon avis : (lu en juillet 2011)
Leo Pontecorvo est un cancérologue, pédiatre réputé, il fait parti de la bourgeoisie juive de Rome. C'est un père de famille respecté et respectable. Mais le 13 juillet 1986, sa vie va basculer. En effet, rassemblé en famille pour le dîner devant la télévision, le présentateur du journal de 20 heures, l'accuse d'avoir voulu séduire la petite amie de son fils Samuel, âgée de 12 ans et demi. C'est un choc pour toute sa famille, sa femme Rachel, ses fils Filippo et Samuel et pour Leo lui-même.
Sa réaction est surprenante, en panique, au comble du désarroi, il est incapable de se défendre et il se réfugie dans le studio aménagé au sous-sol de sa propre maison. Sa femme ne lui parle plus, ses fils font comme s'il n'existait pas... Leo se remet en mémoire les circonstances qui ont fait qu'il se trouve dans cette situation absurde. Il se sent pris au piège.

J'ai mis plusieurs jours à lire ce livre assez dense, avec seulement quatre chapitres (un par partie). Le lecteur suit la lente descente aux enfers de Leo Pontecorvo, il y a du suspens, de nombreuses digressions qui nous font mieux connaître Leo, son épouse, ses fils, son travail...
J'ai été un peu perturbée au début, par les longues digressions de l'auteur, perdant un peu le fil de l'histoire, puis je me suis finalement attachée à Leo et j'avais hâte de savoir comment il allait pouvoir se défendre et faire éclater la vérité.

Merci beaucoup à Libfly et Furet du Nord et aux éditions Liana Levi pour m'avoir permis de découvrir ce livre dans le cadre de l'opération La rentrée littéraire en avant-première.

Extrait : (début du livre)
C’est le 13 juillet 1986 qu’un désir inconfortable de n’être jamais venu au monde s’empara de Leo Pontecorvo.
Un instant plus tôt, Filippo, son fils aîné, s’autorisait la plus mesquine des lamentations puériles : contester la toute petite portion de frites que sa mère avait fait glisser dans son assiette, en regard de la générosité inouïe qu’elle avait témoignée à l’égard de son petit frère. Et voilà que quelques secondes plus tard le présentateur du journal télévisé de vingt heures insinuait, devant une considérable tranche de la population, que Leo Pontecorvo ici présent avait entretenu une correspondance dépravée avec la petite amie de son fils cadet, âgé de treize ans.
Autrement dit, de ce même Samuel, avec son assiette pleine du trésor doré et croustillant qu’il ne mangerait jamais. Hésitant probablement quant à savoir si la célébrité soudaine que lui apportait la télé serait archivée par ses amis dans la case à ragots rigolos ou dans celle, encore vide, destinée à recevoir l’image la plus irrémédiablement merdique qui puisse être accolée au jeune garçon d’une tribu gâtée et indolente.
Inutile d’espérer que l’âge tendre de Samuel l'ait empêché de deviner ce qui avait instantanément été clair pour tout le monde : quelqu'un à la télé sous-entendait que son père avait baisé sa petite copine. Quand je dis « petite copine », je parle d'un oisillon de douze ans et demi aux cheveux couleur citrouille et au museau de fouine parsemé de taches de rousseur ; mais quand je dis « baiser » je parle bien de baiser. Et donc de quelque chose d'énorme, d'extrêmement grave, de trop brutal pour être assimilé. Même par une épouse et deux fils qui se demandaient depuis quelque temps déjà si ce mari et père était réellement le citoyen irréprochable dont il avait toujours été naturel de se sentir fiers.


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Libfly et Furet du Nord

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Italie

Challenge 1%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
3/7

16 avril 2011

Sang chaud, nerfs d'acier – Arto Paasilinna

Lu (en partie) durant le Read-A-Thon Avril 2011RAT_9_10_04_2011

sang_chaud__nerfs_d_acier Éditions Denoël – mai 2010 – 217 pages

traduit du finnois par Anne Colin du Terrail

Quatrième de couverture : Linnea Lindeman - une forte femme, poissonnière, chasseuse de phoques et accoucheuse un peu chamane - a une vision : Antti Kokkoluoto, héros aux nerfs d'acier mais au sang chaud, naîtra en 1918, au moment même où la Finlande tout juste indépendante plongera dans la guerre civile, et s'éteindra un beau jour de 1990. Entre-temps, Antti mènera une vie épique, comme seul Paasilinna sait les concocter : plongé tout jeune dans les secrets du métier de commerçant et de maquignon, mais aussi de la contrebande d'alcool, on le verra tour à tour endosser l'habit d'entrepreneur, de père de famille, d'homme politique, et même de champion olympique de tir au pistolet ! La crise de 1929, les affrontements récurrents entre fascistes et communistes, la Seconde Guerre mondiale viendront ponctuer cette truculente saga portée par l'imagination de Paasilinna, qui réussit le pari d'initier le lecteur à l'histoire de la Finlande sans jamais rien perdre de son humour et de sa fantaisie.

Auteur : Arto Paasilinna est né en Laponie finlandaise en 1942. Successivement bûcheron, ouvrier agricole, journaliste et poète, il est l'auteur d'une vingtaine de livres, pour la plupart traduits en français et publiés chez Denoël où ils ont toujours rencontré un grand succès. Citons entre autres Le Meunier hurlant, Le Lièvre de Vatanen, Petits suicides entre amis ou encore Un homme heureux. 

 

Mon avis : (lu en avril 2011)
J'avais des réticences à lire le dernier livre de Paasilina car j'avais vraiment été très déçue par le précédent «Les dix femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi », sans compter la couverture du livre peu attirante et que je n'ai toujours pas compris... Mais au Salon du Livre de Paris, sur le stand des Lettres Nordiques j'ai eu l'occasion de discuter avec quelqu'un qui l'avait lu et cela m'a donné envie de l'emprunter à la bibliothèque. Et je ne l'ai pas regretté.
Avec ce livre Arto Paasalinna nous raconte l'histoire de la Finlande, bien sûr à sa manière, de 1917 à nos jours. Tout commence par le personnage haut en couleur de Linnea Lindeman, qui est à la fois chasseuse de phoques, accoucheuse et chamane. A quelques jours de la naissance de Antti Kokkoluoto en 1917, elle lui prédit de vivre jusqu'à l'été 1990. Cette prédiction va aider Antti et sa famille à survivre aux difficultés d'abord de la Crise puis de la Guerre qui frappera la Finlande.
Ce livre nous raconte donc toutes les péripéties dont certaines sont plutôt drôles de la longue vie d'Antti.

Avec ce livre, j'ai retrouvé le côté loufoque et décalé des premiers livres de Paasalinna et j'ai beaucoup aimé découvrir l'Histoire de la Finlande au XXème siècle.
Fin 1917, la Finlande obtient son indépendance vis à vis de la Russie. En 1939, la Finlande est attaqué par l'Union Soviétique. En 1941, la Finlande devient, malgré elle, une alliée de l'Allemagne contre l'Union Soviétique. En 1947, la Finlande sort ruinée et ravagée de la guerre, elle est contrainte de payer des lourdes réparations. La Finlande conserve cependant son indépendance. Durant la Guerre Froide, la Finlande adopte une politique de neutralité.

Extrait : (début du livre)
Quand une chamane entre en transe sur une mer en furie, le monde est pris de vertige. Les mouettes heurtent les vagues et les sternes sanglotent.
En cette venteuse journée d'automne de 1917, la harengère, accoucheuse et devineresse Linnea Lindeman relevait ses nasses dans la baie de Botnie. Avec ses trois verveux et sa chaloupe phoquière de trente pieds, elle pêchait en général sur les hauts-fonds de Trullögrundet, à six milles au nord d'Ykspihlaja. Elle avait pris la mer de bon matin. Au fil de la journée, le vent avait forci, mais Linnea n'avait pas peur du gros temps, elle aimait les puissantes tempêtes d'équinoxe. Sur le chemin du retour, elle posa les rames et laissa sa barque dériver vers son port d'attache, vent en poupe, sur les vagues crêtées d'écume.
Soudain son corps robuste fut pris de tremblements. Elle ferma les yeux et entra en contact avec la face cachée de la réalité. Telle la lumière d'un phare, son esprit balaya l'étrange océan secret de la clairvoyance. Une certitude la frappa, issue des hauteurs insondables du ciel, jaillie des nuées d'orage sous les traits d'une orfraie, d'un immense aigle de mer bicéphale ! L'oiseau était porteur d'un envoûtant message, avec deux dates précises. Le 8 janvier suivant, Linnea aiderait à mettre au monde un garçon. Et ce garçon ne mourrait qu'à l'été 1990. Quand une chamane s'endort, son cerveau reste en éveil.

Déjà lu du même auteur :

le_lievre_de_Vatanen  Le lièvre de Vatanen  prisonnier_paradis Prisonniers du paradis

la_cavale_du_g_om_tre La cavale du géomètre  un_homme_heureux Un homme heureux  

la_douce_empoisonneuse_2 La douce empoisonneuse Petits_suicides_entre_amis_2 Petits suicides entre amis 

le_meunier_hurlant Le meunier hurlant

 le_bestial_serviteur Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen

le_cantique_de_l_apocalypse Le Cantique de l'apocalypse joyeuse  

les_dix_femmes_de_l_ing_nieur Les dix femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi 
 

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie blanche
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Finlande

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Finlande

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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5 juin 2011

Glacé - Bernard Minier

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et XO Éditions

glac_ XO éditions – février 2011 – 560 pages

Quatrième de couverture :
Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. Au petit matin, les ouvriers d'une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d'un cheval sans tête, accroché à la falaise glacée.
Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.
Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval à 2 000 mètres d altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ?
Une atmosphère oppressante, une intrigue tendue à l extrême, une plongée implacable dans nos peurs les plus secrètes, ce premier roman est une révélation !

Auteur : Bernard Minier a grandi au pied des Pyrénées. Primé à l'issue de plusieurs concours de nouvelles, il publie avec Glacé son premier roman.

 

Mon avis : (lu en juin 2011)
Voilà un premier roman plutôt bien réussi. Un thriller très prenant et « glacial » avec une bonne intrigue et des personnages variés qui se déroule dans une vallée étroite et enneigée des Pyrénées à Saint-Martin-de-Comminges.

Tout commence par la découverte du cadavre d'un cheval suspendu au-dessus d'une plateforme du téléphérique qui mène à la centrale hydroélectrique, à deux mille mètres d'altitude. Une mise en scène macabre. Ce cheval, Freedom, appartient à Éric Lombard, celui-ci appartient à « une dynastie de financiers, de capitaines d'industrie et d'entrepreneurs qui régnaient sur ce coin des Pyrénées, sur le département et même sur la région depuis six décennies. » Éric Lombard ayant le bras long et c'est le commandant de police Martin Servaz qui est appelé de Toulouse pour mener l'enquête sur ce crime étrange, conjointement avec Irène Ziegler, capitaine de gendarmerie. Servaz trouve injuste d'être obligé de laisser son enquête en cours sur la mort d'un SDF pour la mort d'un cheval !
A une dizaine de kilomètres de Saint-Martin, isolé au milieu des sapins, se trouve le centre de psychiatrie pénitentiaire Charles Wargnier. La suissesse Diane Berg, jeune psychologue, vient d'y arriver comme adjoint au chef de l'établissement. Quatre-vingt-huit dangereux psychotiques sont enfermés à l'Institut Wargnier. L'auteur va commencer lentement son histoire, il prend le temps de présenter les lieux, les différents protagonistes, puis c'est la découverte d'un premier cadavre humain et un huis clos captivant et avec beaucoup de rythme s'installe dans cette vallée glacée et glaçante pyrénéenne.
Tout s'accélère dans les cent dernières pages, plusieurs fois j'avais cru deviner qui était le coupable mais plusieurs rebondissements inattendus m'ont fait mentir et j'ai été complètement surprise par le final de l'histoire...
La construction du livre avec des semblants de sous-chapitres dans chaque chapitre où le lecteur suit à la fois ce qui se passe au centre de psychiatrie pénitentiaire et l'enquête de Servaz, Ziegler et leurs équipiers donne beaucoup de rythme dans ce thriller que l'on ne veut pas lâcher.
Les épisodes avec Diane la psychologue dans le centre Wargnier créent une atmosphère oppressante et fait monter chez le lecteur un sentiment d'angoisse...
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce premier roman et j'espère pouvoir lire dans le futur d'autres enquêtes avec Servaz et/ou Ziegler...
Un grand Merci à Livraddict et XO Éditions pour m'avoir permis de découvrir ce thriller très réussi. 

Extrait : (Prologue)
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Les bruits : celui, régulier, du câble et, par intermittence, les roues des pylônes lorsque le sabot du téléphérique passait dessus, communiquant ses secousses à la cabine. A quoi s'ajoutait la plainte flûtée du vent, omniprésente, comme des voix d'enfants en détresse. Et celles des occupants de la cabine, gueulant pour couvrir le vacarme. Ils étaient cinq – Huysmans compris.

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- Putain ! J'aime pas monter là-haut par ce temps ! dit l'un d'eux.
Silencieux, Huysmans guettait l'apparition du lac inférieur – mille mètres plus bas, à travers les rafales de neige qui cernaient la cabine. Les câbles semblaient étrangement lâches, décrivant une double courbe qui s'enfonçait paresseusement dans la grisaille.
Les nuages s'entrouvrirent. Le lac apparut. Brièvement. Pendant un instant, il eut l'air d'une flaque sous le ciel, un simple trou d'eau entre les cimes et les bandes de nuages qui se déchiraient sur les hauteurs.
- Qu'est-ce que ça peut foutre, le temps ? dit un autre. On va passer une semaine coincés sous cette putain de montagne, de toute façon !
L'usine hydroélectrique d'Arruns : une série de salles et de galeries creusées à soixante-dix mètres sous terre et perchées à deux mille mètres d'altitude. La plus longue mesurait onze kilomètres. Elle conduisait l'eau du lac supérieur vers les conduites forcées : des tubes d'un mètre et demi de diamètre qui dévalaient la montagne et précipitaient l'eau du lac supérieur vers les turbines assoiffées des groupes de production, en bas dans la vallée. Pour accéder à l'usine, au cœur de la montagne, un seul chemin : un puits d'accès dont l'entrée se trouvait presque au sommet, la descente en monte-charge jusqu'à la galerie principale qu'on suivait, vannes neutralisées, à bord de tracteurs à deux places : un voyage d'une heure au cœur des ténèbres, le long de huit kilomètres de galeries.
L'autre moyen, c'était l'hélico – mais uniquement en cas d'urgence. Une aire avait été aménagée près du lac supérieur, accessible quand le temps s'y prêtait.

- Joachim a raison, dit le plus vieux. Avec un temps pareil, l'hélico ne pourrait même pas atterrir.
Ils savaient tous ce que cela voulait dire : une fois les vannes rouvertes, les milliers de mètres cubes d'eau du lac supérieur s'engouffreraient en rugissant dans la galerie qu'ils allaient emprunter dans quelques minutes. En cas d'accident, il faudrait deux heures pour la vider à nouveau, une autre heure en tracteur à travers la galerie pour revenir au puits d'accès, quinze minutes pour remonter à l'air libre, dix de descente en télécabine jusqu'à la centrale et trente autres de route jusqu'à Saint-Martin-de-Comminges – à supposer que la route ne fût pas coupée.
Si un accident survenait, ils ne seraient pas à l'hôpital avant quatre bonnes heures. Et l'usine vieillissait... Elle fonctionnait depuis 1929. Chaque hiver, avant la fonte des neiges, ils passaient là-haut quatre semaines, isolés du monde, pour l'entretien et la réfection de machines d'un autre âge. Un travail pénible, dangereux.
Huysmans suivait le vol d'un aigle qui se laissait porter sur le plat du vent, à cent mètres environ de la cabine.
Silencieux.
Il tourna son regard vers les vertiges glacés qui s'étendaient sous le plancher.
Les trois énormes tuyaux des conduites forcées plongeaient vers l'abîme, collés au relief de la montagne. La vallée avait depuis longtemps quitté leur champ de vision. Le dernier pylône était visible trois cents mètres plus bas, dressé là où le flanc de la montagne formait un épaulement, se profilant solitaire au milieu du brouillard. A présent, la cabine grimpait tout droit vers le puits d'accès. Si le câble venait à rompre, elle ferait une chute de plusieurs dizaines de mètres, avant d'exploser comme une noix sur la paroi rocheuse. Elle se balançait dans la tempête tel un panier au bras d'une ménagère.

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