Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
A propos de livres...
Publicité
14 août 2017

Au cœur de l'été - Viveca Sten

au coeur de l'été Albin Michel - mars 2017 - 416 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : I stundens hetta, 2012

Quatrième de couverture :
Week-end de la Saint-Jean sur l'île de Sandhamn. Les jeunes fêtards ont envahi les pontons, le port grouille de bateaux blancs. Musique à fond et alcool à flots. Nora Linde s'apprête elle aussi à célébrer la Saint-Jean avec son nouveau compagnon Jonas et sa fille Wilma. Mais la fête tourne au cauchemar lorsque, dans la nuit, Wilma disparaît. Le lendemain matin, le cadavre d'un garçon de seize ans est retrouvé sur la plage. L'inspecteur Thomas Andreasson, l'ami d'enfance de Nora, est dépêché sur les lieux. Les premiers éléments de l'enquête lui en révèlent toute la difficulté, chacun ayant sa propre version des faits. Qui est la victime et qui le meurtrier de cette nuit d'été ? Viveca Sten est désormais une figure incontournable dans le paysage du polar suédois : après Les Secrets de l'île, la nouvelle enquête de l'inspecteur Thomas Andreasson et de Nora Linde, le couple qui a inspiré la célèbre série télévisée Meurtres à Sandhamn diffusée sur Arte. 

Auteur : Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s'est lancée dans l'écriture. Sa série mettant en scène l'inspecteur Andreasson et Nora Linde sur l'île de Sandhamn connaît un immense succès en Suède et est traduite dans une douzaine de pays. L'adaptation télévisée de la série a été un des plus forts taux d'audience en Suède, et les deux premières saisons diffusées sur Arte ont réuni plus d'un million et demi de spectateurs.

Mon avis : (lu en juillet 2017)
C'est le cinquième épisode de la série sur l'île de Sandhamn et je prends toujours autant de plaisir à suivre les aventures de Nora Linde et les enquêtes de Thomas Andreasson. Pour celle-ci, c'est le week-end de la Saint-Jean et la tranquillité de l'île de Sandham est troublée par de nombreux fêtards venus pour l'occasion. 

Nora Linde a un nouveau compagnon Jonas, c'est un papa d'une fille de 14 ans, Wilma, qui n'apprécie pas vraiment de devoir partager son papa... Wilma est partie fêter la Saint-Jean avec une amie et son grand frère, elle avait la permission de minuit. Lorsque Jonas s'aperçoit dans la nuit que sa fille n'est pas rentrée, il est inquiet et part à sa recherche. De son côté, Nora veille au cas où l'adolescente rentrerai... Le lendemain, Wilma n'est toujours pas rentrée et le corps d'un adolescent de seize ans est retrouvé sur une plage. L'inspecteur Thomas Andreasson va mener l'enquête. Il y a peu d'indices, de nombreux de témoins à interroger, beaucoup de pistes... L'enquête est menée lentement mais sûrement, Wilma devient un sujet de tension entre le nouveau couple et malgré cela l'île de Sandhamn donne vraiment envie de vacances !

Extrait :
Une marée de coques blanches avait envahi le port. Partout, sur les bateaux, on faisait la fête. Une foule désordonnée de jeunes éméchés allait et venait sur les pontons en ce tiède soir d’été. Mais la jeune fille qui titubait dans la cohue tremblait de froid.

Il y avait des gens partout, mais personne qu’elle connaisse. Tout le monde parlait et riait à grands éclats de voix. Elle se boucha les oreilles pour se protéger du vacarme et, désespérée, plissa les yeux dans la lumière du soir à la recherche d’un visage connu.
Une bande d’ados faisait un barbecue sur la plage, malgré les panneaux d’interdiction. Plus loin, plusieurs policiers en gilet jaune furent rejoints par quelques autres qui garèrent leur 4 × 4 rouge devant le restaurant des Navigateurs.
La fille sur le ponton ne les remarqua pas. Ses cheveux blonds étaient ébouriffés et ses yeux fixes écarquillés. Elle boitait un peu, il lui manquait une chaussure. 
Quelqu’un la bouscula, elle heurta une poubelle.
Son regard errait au hasard. Un sanglot lui échappa et elle s’appuya à une bouche d’incendie. Mais personne ne lui prêtait attention, le brouhaha alentour montait par vagues, la musique tonitruante noyait le gémissement qui s’échappait de sa gorge.
« Faut que je retrouve le bateau », geignit-elle.
Une autre personne la bouscula et, cette fois, elle tomba à la renverse sur le ponton blanchi par le soleil. Épuisée, elle resta au sol, incapable de se relever. Ses joues sales striées de larmes, elle murmurait quelque chose compréhensible d’elle seule.
Elle frissonna et, pour tenter de se réchauffer, se recroquevilla sur elle-même.
« Ça va ? »
Un couple, la quarantaine, s’était arrêté devant elle.
« Qu’est-ce que tu as ? » dit la femme en lui posant gentiment la main sur le bras.
La fille se releva et s’éloigna en courant sur le long ponton relié au quai.
« Faut que je retrouve Victor », murmura-t-elle.
La musique était plus forte à présent.
D’un gros yacht, d’énormes haut-parleurs déversaient des rythmes techno frénétiques. Le bruit était assourdissant, les vibrations se propageaient dans le béton, sous ses pieds. Sur le pont arrière du bateau, des verres à moitié pleins, des mégots et des bouteilles s’entassaient sur une table en acajou. Dans un large canapé en cuir blanc, un type bronzé était assis torse nu, une cigarette à la main. Il promena son regard sur le corps de la jeune fille.
« Tu te sens seule ? »
Il ricana en faisant claquer sa langue.
« Je peux t’aider. »
Elle prit à nouveau peur, recula de quelques pas et repartit en courant dans la direction opposée, vers le rivage.
Une forêt de mâts blancs s’élevait devant elle. Elle fixait les bateaux, impuissante.
« Victor, murmura-t-elle tandis que ses larmes se remirent à couler. Où es-tu ? »
Puis ses jambes se dérobèrent et elle s’effondra sur le sable.

Déjà lu du même auteur : 

la_reine_de_la_baltique La Reine de la Baltique 9782226259776g Du sang sur la Baltique 

9782226317148g Les nuits de la Saint-Jean 110752618 Les secrets de l'île 

Challenge Voisins Voisines 
voisins_voisines2017
Suède

Publicité
25 juin 2017

A la télévision ce soir...

Agatha Raisin

a3a7edc3-phpz083s8

nouvelle série policière sur France 3

Episodes 1, 2 et 3 : Dimanche 25 juin 2017 20h55, 22h30 et 23h15
Episodes 4, 5 et 6 : Dimanche 2 juillet 2017 20h55, 21h40 et 22h25

Une série britannique 

Adaptation de la série de romans policiers Agatha Raisin de M.C. Beaton

111279972 112115556

Agathe Raisin enquête : La quiche fatale - M.C. Beaton
Agatha Raisin enquête : Remède de cheval - M.C. Beaton

Présentation :
Incurable citadine, Agatha Raisin est une professionnelle spécialisée dans les relations publiques qui à l’aube de ses cinquante ans décide d'abandonner sa vie à Londres dans l'espoir de prendre un nouveau départ dans le village faussement calme de Carsley. Bien qu’elle ait décidé de gagner la confiance des habitants, tout ne se déroule pas comme prévu. Les évènements vont prendre un tour particulier lorsqu’il lui faudra prouver qu’elle n’est pas un assassin. Mais cette situation inédite la conforte dans son nouveau hobby d’enquêtrice.
Aidée de sa fidèle Gemma, et de son ancien collaborateur Roy, l’énergique Amanda fera preuve d’opiniâtreté, de cocasseries, et ténacité pour débusquer les criminels. Cette Miss Marple des temps moderne prouvera au fil des épisodes qu’elle est une bonne détective… mais aussi un cœur à prendre.

Mon avis : 
J'ai un a priori positif pour les séries britaniques... A l'écrit, c'est une série policière légère et humoristique... Je n'ai lu que les deux premières, mais il y en déjà 6 épisodes traduits et édité en français (chez Albin Michel).

15 mai 2017

Ma part de Gaulois - Magyd Cherfi

 Prix Audiolib 2017

9782367623115-001-X_0 

Audiolib - avril 2017 - 6h14 - Lu par l'auteur

Actes Sud - août 2016 - 256 pages

Quatrième de couverture :
Printemps 1980, l'avènement de Mitterrand est proche. Pour Magyd - lycéen beur d'une cité de Toulouse - c'est le bac. Il sera le premier lauréat de sa cité, après un long chemin parcouru entre la pression de sa mère et les vannes des copains. Ce récit intime, unique et singulier, éclaire la question de l'intégration et les raisons de certains renoncements.  

Avec gravité et autodérision, Ma part de Gaulois raconte les chantiers permanents de l'identité et les impasses de la république. Souvenir vif et brûlant d'une réalité qui persiste, boite, begaie, incarné par une voix unique, énergie et lucidité intactes. Mix solaire de rage et de jubilation, Magyd Cherfi est ce produit made in France authentique et hors normes : nos quatre vérités à lui tout seul ! 

Auteur : Magyd Cherfi est né à Toulouse en 1962. Dès le lycée, il écrit des scénarios de films amateurs, puis participe à la création de l'association Vitecri pour la promotion des cultures de banlieues. Cette association donnera naissance au groupe Zebda, dont il devient chanteur et parolier. Zebda publiera six albums entre 1992 et 2015. En solo, Magyd Cherfi est l'auteur-compositeur et interprête de deux albums Cité des Etoiles (2004) et Pas en vivant avec son chien (2007). Son nouvel album, Catégorie Reine, sort en mars 2017.
Des les deux recueils de récits publiés chez Actes Sud (Livret de famille en 2004 et La Trempe en 2007), il explore déjà les thématiques liées à la vaste question de l'identité.

Mon avis : (écouté en avril 2017)
Lors de la rentrée Littéraire de Septembre 2016, j'avais noté ce titre après avoir vu l'auteur à la télévision. Dans ce livre, Magyd Cherfi, chanteur et parolier du groupe Zebda, raconte ses années de jeunesse dans une cité des quartiers Nord de Toulouse. Il est un jeune beur tiraillé entre ses origines kabyle et française, bon élève et aimant étudier, il est également en décalage avec ses copains de la cité qui préfèrent le foot aux livres... Malgré cela, grâce à l'amour inconditionnelle de sa mère, aux amitiés fortes, aux liens qu'il a créé au fil de ses rencontres, Magyd fait sa place en créant une association de soutien scolaire, un club théâtre...
J'ai aimé l'accent chantant du sud-ouest de l'auteur-lecteur, j'ai eu plus de mal à appréhender le style où le vocabulaire fleuri (nombreuses insultes et grossièretés) est trop présent à mon goût. J'ai aimé le côté positif des propos de l'auteur. Son parcours n'a pas été facile, mais c'est cela qui lui a donné la force et lui a permis de devenir l'homme qu'il est aujourd'hui. C'est à la fois drôle et émouvant, parfois poétique...

Extrait : (début du livre)
Longtemps j’ai aimé qu’on me dise :
— Magyd, écris-nous quelque chose ! Un truc qui tue, mets-nous le feu ! On s’ennuie.
Surtout les filles de mon quartier, qui savaient mon écriture inflammable et solidaire. J’aimais dégommer les mecs de ma cité qui me le rendaient bien. Je les croquais en verbe, ils me retournaient la bouche à coups de savate. Les filles, elles voulaient que j’écrive un incendie. Être leur pyromane me chauffait les neurones. Interdites de sorties je devenais leur passeport pour les étoiles.
— Écris la légende des quartiers.
Tout le monde aimait ça, que j’invente une “histoire”. D’histoire on n’en avait pas. Ma mère, les filles, les copains, un seul cri : Écris…
— Un truc qui tue !
Comme on dit au djinn “exauce mon vœu” ou à la fée “fais-moi apparaître la plus jolie princesse”. On me sollicitait de partout pour un petit bonheur pépère. J’étais dans ma cité comme un magicien des mots et m’en léchais la plume. Les copains aussi me demandaient des poèmes pour accrocher une voisine et quand ils revenaient me supplier pour deux ou trois autres quatrains, je la jouais poète pris dans les tourments de l’inspiration, je me prenais la tête à deux mains :
— Attendez, il faut que ça vienne.
J’en profitais pour leur soutirer les commentaires de la coquine ou la teneur de l’échange qui pouvait être un premier baiser ou la permission d’une caresse en des endroits bénis par la secte “garçons”.
— J’y ai tété le sein, la tête de ma mère !

Et je bandais tranquille, un peu pour la scène décrite et beaucoup pour la sensation de ce pouvoir en ma possession et dont je profitais par procuration.
La procuration, ô terre bénie dans laquelle j’ai atterri en douceur, très tôt.
J’étais mou, affable et grassouillet, ça vous donne trois raisons de ne pas visiter la jungle des hommes. Je me dis quand j’y pense que le secret de l’écriture est là. En écrivant on sublime forcément cet effroi qu’est le réel. Pour moi c’en était un au point d’éprouver une jouissance à l’enfermement. Je m’isolais pour réinventer un monde dans lequel j’aurais pas été moins qu’un prince… charmant, musclé et pas con.
À défaut d’être “mec”, je me suis fait plume et ma haine, plutôt que des poings, s’est servie d’un stylo.
Par bonheur je n’étais pas que flasque et éteint, j’étais aussi fâché et j’ai donc envoyé mon écriture à la salle de gym. J’habitais la banlieue, ça dit tout.
Pourtant j’avoue pour avoir lu les “meilleurs” que j’étais à l’écriture ce que le mineur est au minerai, bien plus dans le concassage que dans l’épure.
J’en maudis encore le ciel, car écrire et être en colère auraient mérité un scribouillage hugolien. Rien de ça chez moi jusqu’à ce que j’assume ce qualificatif qui m’a hanté longtemps. Sympa.
— C’est sympa ce que t’écris.

 

11 mai 2017

L'été Diabolik - Thierry Smolderen et Alexandre Clérisse

Couv_258042 Dargaud - janvier 2016 - 168 pages

Prix BD Fnac 2017
Prix polar SNCF 2017

Quatrième de couverture : 
Un agent secret sorti de nulle part, un accident dramatique, une fille troublante et la disparition de son père, le tout en deux jours… Pour Antoine, 15 ans, l'été 1967 sera celui de toutes les découvertes. Après Souvenirs de l'empire de l'Atome, les auteurs proposent un nouveau cocktail détonant et jouissif : un scénario particulièrement haletant, entre espionnage et littérature, passé au mixeur graphique de Clérisse qui, cette fois, mélange les références des fumetti à David Hockney.

Auteurs : Thierry Smolderen, né en 1954 à Bruxelles, est un essayiste et un scénariste de bande dessinée belge. Alexandre Clérisse, né en 1980 à Aurillac, est un dessinateur de bande dessinée français.

Mon avis : (lu en avril 2017)
1967, Antoine n'oubliera pas l'été de ses 15 ans. Seul en vacan­ces avec son père, il passe du bon temps entre les courts de tennis et la piscine de riches amis. Il partage ses loisirs avec Eric, un copain déluré, il fait la rencontre de Joan, une Américaine peu farouche sans oublier Michèle, qu'il aime en silence... Mais cet été plutôt tranquille ne va pas le rester... Entre morts et disparitions suspectes, l'histoire bascule vers un roman sur fond de guerre froide.
Voilà une BD originale dans un style années 60-70, les couleurs sont vives et les formes géométriques. Le dessin est vraiment magnifique et le style rétro vraiment réussi. 

 

Extrait :

1807_P1 1807_P2

1807_P3 1807_P4

1807_P5  1807_P6

1807_P7 1807_P8

23 mars 2017

Couleur de peau : miel, tome 4 - Jung

9782302053915_1_75 Soleil - octobre 2016 - 144 pages

Quatrième de couverture :
Le dernier voyage que Jung a effectué en Corée le confronte à une famille qui voit en lui leur fils perdu depuis 40 ans. Faut-il faire un test ADN ? Et si la réponse était positive ? Comment ont-ils perdu cet enfant ? Quid de sa famille en Belgique, qui l'a chéri et élevé ?! Partagé entre Europe et Asie, entre le souvenir de ce qui a été et tout ce qui aurait pu être, Jung tente de définir son métissage.

Auteur : Sik Jun Jung est né le 2 décembre 1965 à Séoul, en Corée. Adopté par une famille belge en 1971, il prend pour nom d'adoption Jung Henin. Il suit des études d'Humanités Classiques (latin et mathématiques) à l'Athénée Royal de Rixensart, avant de fréquenter un an, en 1985, l'atelier Saint-Luc de Bruxelles. Il étudie ensuite à l'académie des Beaux-Arts de Bruxelles, en section Illustration. Parallèlement, il fait un bref passage dans le dessin animé, à la Cambre. C'est en 1987 que sa carrière prend un tournant décisif, puisqu'il rencontre Marc Michetz, qui le présente au magazine Spirou. Cela lui permet d'illustrer quelques courts récits dans Spirou et Tintin. Il travaille alors quelques mois dans l'atelier d'Yslaire et de Darasse, et illustre aussi les couvertures du Belgian Business Magazine. En 1991, Jung publie le premier des quatre tomes de Yasuda, chez Hélyode-Lefranc. La finalité de ses dessins est pour lui de faire transparaître des émotions, des sentiments, avec des personnages bien présents, vivants. En 1997, en collaboration avec Martin Ryelandt, il réalise La Jeune Fille et le Vent, aux éditions Delcourt. L'univers asiatique de cette série d'heroïc-fantasy est un retour à ses origines coréennes, et le fantastique lui permet de renforcer le côté évocateur de son dessin, notamment pour le héros : le Vent. Il signe avec Kwaïdan son premier scénario, une nouvelle série qui frappe par la beauté des couleurs directes et la poésie subtile et raffinée qui émane de ce conte nippon.

Mon avis : (lu en mars 2017)
J'ai été étonnée de découvrir que cette série avait un tome 4. Jung l'explique lui même dans la préface de cette BD, il pensait avoir fait le tour de la question de son adoption. Pourtant à la suite de la promotion de l'adaptation au cinéma de Couleur de peau miel, il a voulu partager cette nouvelle expérience qui lui a permis de faire le tour du monde. « J’ai cessé de dire à mon éditeur que c’était le dernier tome. » 
Jung nous raconte son retour chez sa mère adoptive après plusieurs années d'absence. Dans ces BD, il la décrivait assez durement comme peu maternelle. Cette dernière n'est pas rancunière et bienveillante est très fière des BDs de son fils... Il revient sur ses voyages en Corée du Sud, évoque la culture de son pays d'origine, la cuisine, les us et coutumes... Il tente de comprendre pourquoi les mères célibataires abandonnent leur enfant dans des agences d'adoption. Sa rencontre avec une jeune mère célibataire est bouleversante. En dessin et avec quelques photos d'époque, Jung revient également sur certains souvenirs de son enfance, son ton est plus apaisé.
Cette BD autour de l'adoption est toujours aussi intéressante et touchante.

Extrait : (début de la BD)

9782302053915_p_1 9782302053915_p_2

9782302053915_p_3 9782302053915_p_4

 

Déjà lu du même auteur :

couleur_de_peau_miel_tome1 Couleur de peau : miel, tome 1 CouleurDePeauMiel2 Couleur de peau : miel, tome 2 

tome_3_couv_couleur_peau_miel Couleur de peau : miel, tome 3 le voyage de phoenix Le Voyage de Phoenix

Publicité
26 mai 2017

George - Gino Alex

Masse-critique-jeunesse-revient

715invu+5JL Ecole des Loisirs - février 2017 - 176 pages

traduit de l'anglais par Jean-François Kerline

Titre original : George, 2015

Quatrième de couverture :
Parfois, les gens ne voient pas les choses comme elles sont, mais comme ils croient qu'elles sont. Beaucoup de gens aiment George. Maman est très fière de son petit garçon, Scott aime son « frérot », et Kelly le tient pour son meilleur ami. Mais George sait que les gens ne voient pas qui elle est vraiment. Car, George en a la certitude, elle est une fille. Dès 10 ans.
Auteur : George est le premier roman de l'Américain Alex Gino. Cet adulte transgenre ne se définit ni comme un homme ni comme une femme, mais utilise le pronom personnel pluriel "ils" pour parler de sa personne. Militants pour les droits des homosexuels et des transgenres, "ils" ont mis une dizaine d'années à écrire George.

Mon avis : (lu en mai 2017)
Voilà un très joli roman sur le transgenre... Ce mot fait peur aux adultes et les dérange... Pourtant dans ce livre le sujet est évoqué très simplement par un enfant, George. Elle est une fille et pourtant autour d'elle, tous la traite comme un garçon. C'est vrai que pour sa maman, elle est son petit garçon, pour Scott, elle est son petit frère... Sa meilleure amie, Kelly, va comprendre et accepter ce que ressent George. Lors d'une répétition d'une scène de théâtre, George interprète avec une telle conviction et une telle justesse le rôle féminin que Kelly est stupéfiée et elle aidera George à se faire accepter comme « fille » auprès des adultes de son entourage.
George est un enfant qui souffre de ne pas être « elle », avec beaucoup de simplicité et de douceur, elle décrit avec ses mots d'enfants de ce qu'elle ressent. Ce livre est un vrai hymne à la tolérance.
Il permet, à nous, adultes, de nous interroger sur notre réelle ouverture d'esprit et à ne pas réduire le sujet « transgenre » à un sujet sexuel. 

Extrait : (début du livre)
George sortit une clé argentée de la plus petite poche d'un grand sac à dos rouge. Maman avait cousu la clé à l'intérieur pour qu'elle ne se perde pas, mais le fil n'était pas tout à fait assez long pour atteindre la serrure quand le sac était posé par terre. Donc George fut obligée de rester en équilibre sur un pied en maintenant le sac sur le genou de l'autre jambe. Elle visa le trou et tourna la clé.
Elle faillit trébucher en entrant et appela : « Hello ? » Aucune lumière n'était allumée. Elle voulait tout de même s'assurer que la maison était vide. La porte de la chambre de maman était ouverte et les draps bien lisses. La chambre de Scott était également inoccupée. Certaine d'être seule, George se rendit dans la troisième chambre, ouvrit la porte du placard et inspecta la pile d'animaux en peluche et les autres jouets qui étaient à l'intérieur. Tout était en ordre. 
Maman reprochait à George de ne plus s'amuser avec ses jouets depuis des années et disait qu'il faudrait en faire cadeau à des familles dans le besoin. Mais, pour George, ils étaient nécessaires, ils étaient les gardiens de sa collection secrète, celle à laquelle elle tenait plus que tout. Elle fouilla sous les ours et les lapins en peluche, à la recherche d'un sac platen jean. Dès qu'elle l'eut en main, elle courut dans la salle de bains et ferma la porte au verrou. Elle se laissa glisser sur le sol en serrant fortement le sac dans ses bras.
Quand elle renversa le sac en jean sur le côté, les pages soyeuses et glacées d'une douzaine de magazines tombèrent sur le carrelage. Les couvertures étaient pleines de promesses : COMMENT AVOIR UNE PEAU PARFAITE, DOUZE NOUVELLES COIFFURES POUR L'ETE, COMMENT DIRE A UN BEAU GARCON QU'IL TE PLAÎT et MODE FUN POUR L'HIVER. George avait juste quelques années de moins que les filles qui lui souriaient sur papier glacé. Elle les considérait comme des copines.

 

18 mars 2017

Sauveur et fils - saison 1 - Marie-Aude Murail

sauveur_1 Ecole des Loisirs - avril 2016 - 300 pages

Quatrième de couverture :
Quand on s'appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 m pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d'affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s'évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la maman vient de se remettre en ménage avec une jeune femme... Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien. Mais à toujours s'occuper des problèmes des autres, Sauveur a oublié le sien. Ne devrait-il pas protéger ce petit garçon, Lazare, 8 ans, qui est son fils, menacé par un secret ?

Auteur : Marie-Aude Murail est née au Havre en 1954. Elle vit avec son mari et a trois enfants, deux garçons et une fille. Elle a commencé à écrire pour la jeunesse en 1986. Au début, ses romans étaient surtout destinés à des femmes, puis elle s'est mise à écrire pour les jeunes de 7 à 16 ans. Dans ses romans, on peut retrouver énormément de dialogues entre les personnages. Son but est de séduire ses lecteurs grâce à de l'émotion et de l'amour. Le plus souvent, dans ses livres, les histoires se passent dans des milieux urbains et les héros sont des hommes, souvent des ados, motivés par des femmes. Elle a écrit Oh boy (2000), Simple (2004), Maïté coiffure (2004), Miss Charity (2008), Papa et Maman sont dans un bateau (2009), 3000 façons de dire je t'aime (2013).

Mon avis : (lu en février 2017)
Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien, il reçoit ses patients dans sa maison où il vit seul avec Lazare, son fils de 8 ans. Sans que Sauveur le sache, Lazare suit à travers une porte entrouverte la vie des patients de son père comme s'il suivait un feuilleton télévisé.  Il y a Margaux qui se scarifie, Gabin addictif aux jeux vidéo, Cyrille l'énurésique, Ella la phobique scolaire... 
Lazare est un petit garçon intelligent, il réussit à l'école où il fait la paire avec son Paul son meilleur copain. Il aime son père et attend que celui-ci lui parle de sa maman qui est morte lorsqu'il était tout petit. Mais pour Sauveur, le sujet semble tabou...
A travers les consultations de Sauveur, de sa vie privée avec son fils, Marie-Aude Murail dépeint la société d'aujourd'hui et la souffrance des enfants et adolescents autour des thèmes comme la scarification, la dépression, la phobie scolaire, le racisme, l'homophobie…
Un gros bémol sur la couverture du livre et ce cochon d'Inde qui suggère une histoire enfantine... Si l'auteur n'était pas Marie-Aude Murail, jamais je n'aurai eu envie de découvrir son livre... Il y a bien un hamster dans cette histoire, mais ce n'est pas le cœur du sujet de ce livre touchant et attachant.
La bonne idée, c'est qu'il y a une suite...
Je compte bientôt dévorer la saison 2 et je viens de voir que le livre de la saison 3 vient tout juste de sortir. A suivre...

Extrait :
Sauveur ouvrit la porte de la salle d’attente en douceur. Si les gens n’étaient pas prévenus, ils avaient un mouvement de surprise en l’apercevant.
— Madame Dutilleux ?
Madame Dutilleux arrondit les yeux et Margaux baissa les siens.
— Nous avons rendez-vous. Je suis Sauveur Saint-Yves. C’est par ici.
Il désigna son cabinet de consultation de l’autre côté du couloir puis s’effaça. En passant devant lui, madame Dutilleux, la quarantaine, menue dans son jean slim, resserra la ceinture de sa veste en cuir. Margaux, 14 ans, s’enrobant ou se dérobant dans sa doudoune, laissa flotter son écharpe de laine et ses longs cheveux.
Sauveur captait tous les signaux qu’envoient les corps, surtout à ce moment très intense de la première fois. Les quelques pas de Margaux et de sa mère pénétrant sur son territoire lui firent sentir l’hostilité de l’une et la méfiance de l’autre.
— Où on se met ? dit Margaux, la voix rogue.
— Vous choisissez… Mais vous me laissez mon fauteuil.
Sauveur avait la voix caressante de Nat King Cole vous chantant : « Unforgettable, that’s what you are… » Madame Dutilleux piqua des fesses sur un bord de canapé et se tint assise, le dos raide et les mains à plat sur ses cuisses serrées. Margaux lâcha son sac à dos et s’affala à l’autre extrémité du canapé, un bras dans le vide et son écharpe balayant le parquet. Ni l’une ni l’autre ne s’étaient attendues à un interlocuteur noir de 1,90 mètre, plutôt décontracté dans son costume sans cravate.
— Vous êtes docteur ? s’étonna naïvement madame Dutilleux.
— En psychologie.
Pfff, fit Margaux comme un ballon qui se dégonfle. Elle mourait de chaud. Les pointes du col de sa doudoune lui rentraient dans les joues. Mais pour rien au monde elle n’aurait fendu son armure.
— Mon cabinet est un peu trop chauffé, compatit Sauveur. Est-ce que tu voudrais me dire pourquoi tu es là ? Ta maman m’a parlé d’un « problème avec l’école ».
— Mais je voulais pas venir ! se récria Margaux. C’est l’autre, là… « L’autre, là » désignait manifestement sa mère.
— Ne le prenez pas mal, intervint madame Dutilleux, moi aussi, j’aurais autant aimé ne pas venir.— Donc, vous êtes toutes les deux ici contre votre volonté, résuma Sauveur. Vous m’en voyez désolé.
Un ange passa, sans doute au plafond, car Margaux y jeta un regard exaspéré.
— C’est l’infirmière scolaire, se lança madame Dutilleux, madame Sandoz…
— Une facho, précisa Margaux en sourdine.
— Elle est passée dans la classe de Margaux… et dans toutes les classes du collège.
Tout en jetant des coups d’œil sur sa fille, madame Dutilleux cherchait les mots qui pourraient ne pas mettre le feu aux poudres.
— Elle a demandé aux élèves de relever leurs manches… C’était pour vérifier si elles… enfin, ils, parce que ça concerne aussi les garçons, mais moins…
— Qu’est-ce que t’en sais ? reprit la sourdine.
— C’est un peu comme une mode. Avant, c’était plutôt les tatouages ou le piercing…
— Mais n’importe quoi ! maugréa l’autre bout du canapé.

Déjà lu du même auteur :

Simple Simple et Simple (relecture)

 papa_et_maman_sont_dans_un_bateau Papa et Maman sont dans un bateau

MissCharityGRAND Miss Charity la_fille_du_docteur_Baudoin Le fille du docteur Baudoin 

92806891 3000 façons de dire je t'aime

27 décembre 2016

Le premier miracle - Gilles Legardinier

Lu en partenariat avec Audiolib

9782367622774-001-X_0 Audiolib - novembre 2016 - 13h41 - Lu par David Manet

Quatrième de couverture :
« – Cette femme m’a tiré dessus.

– Dans notre métier, tout le monde fait ça sans arrêt. Ne jugez pas Karen sur un malheureux coup de feu. Vous verrez, c’est une jeune femme remarquable.
– Qui êtes-vous ?
– D’habitude, on est les gars payés à ne rien faire, mais depuis quelque temps on a énormément de travail. Dites-moi, croyez-vous au pouvoir des objets sacrés dont vous parlez dans votre thèse ?
– Je traitais surtout des tyrans qui ont cherché à se les approprier. La science a rendu obsolètes beaucoup de théories ésotériques... Dommage, j’aimais bien l’idée que des pouvoirs inconnus restent à découvrir.
– Et si c’était le cas ? Si certains pouvoirs se cachaient encore derrière les mystères que nos chercheurs n’arrivent toujours pas à percer ? Et si un type assez riche ou une organisation assez puissante était en train de chercher à les réveiller ?
– Sérieusement ? Dans notre monde si matérialiste, coincé entre les soldes et des compétitions de dopés ? Il faudrait qu’il soit sacrément illuminé…
– … ou qu’il sache quelque chose que nous ignorons. Quelqu’un bouge ses pions dans l’ombre, pour une partie dont les enjeux vont vite nous dépasser. Dans nos métiers, il n’y a pas pire situation. Comme le disait le grand Winston, c’est le meilleur moyen de l’avoir dans l’os. »

Auteur : Auteur, scénariste, producteur et réalisateur, Gilles Legardinier s’est toujours attaché à faire naître des émotions qui se partagent. Après avoir travaillé sur des plateaux de cinéma internationaux, il se consacre aujourd’hui à l’écriture de ses romans et à la communication cinéma pour de grands studios tout en étant consultant sur des scénarios. Son écriture alternant des genres très variés, il s’est entre autres illustré dans le thriller avec L’Exil des Anges (Prix SNCF du polar 2010) et Nous étions les hommes(2011), et dans la comédie, qui lui a valu un succès phénoménal aussi bien en France qu’à l’étranger avec Demain j’arrête ! (2011), Complètement cramé ! (2012), Et soudain tout change (2013), Ça peut pas rater ! (2014) et Quelqu’un pour qui trembler (2015). Quatre de ses romans sont actuellement en cours d’adaptation au cinéma. 

Lecteur : David Manet est un comédien formé au conservatoire de Bruxelles, il passe de la scène au studio avec un plaisir égal. Grand collectionneur de documents sonores, il s’inscrit fièrement dans la lignée des comédiens enregistrés sur disque.

Mon avis : (écouté en décembre 2016)
Je ne suis pas une habituée des livres de Gilles Legardinier et le dernier lu datait d'il y a deux ans... J'ai donc été surprise par cette lecture très différente des précédentes. En effet, dans ce roman, il nous fait voyager aux frontières de la science et de l’histoire... Ben est un historien britannique, alors qu'il passe des vacances en France il se fait aborder par Karen, une belle jeune femme, agent du gouvernement. Elle lui demande de l'aide pour poursuivre un mystérieux voleur d'antiquités... 
Ce roman est un mélange subtil entre roman d'aventure, thriller, de l'humour et de l'amour... 
Les deux héros sont hauts en couleur et attachants, Benjamin est un historien complexé et désinvolte et Karen un agent gouvernemental sérieuse et rigoureuse qui n'est pas déstabilisée par les blagues potaches de son binôme... Un page turner réussi où l'imagination de l'auteur rivalise avec le fond de l'histoire fort bien documenté. 
Et dans cette version audio, le lecteur est parfait pour captiver l'auditoire.

Merci Pauline et les éditions Audiolib pour cette aventure palpitante !

Extrait : (début du livre)
Il faisait nuit, un peu froid. D'ordinaire, M. Kuolong n'aimait pas attendre. Pourtant, ce soir-là, patienter le rendait presque heureux. Voilà bien longtemps que ce quinquagénaire mince au regard d'adolescent n'avait pas éprouvé cela. Surtout vis-à-vis de quelqu'un.

Au premier étage de sa résidence américaine, devant la baie du salon dominant son immense propriété, il scrutait le ciel. Ce dîner s'annonçait important. Essentiel même. Pour une fois, cela n'aurait rien de professionnel, bien au contraire. Il y voyait cependant davantage d'enjeux que lors de ses récentes prises de contrôle de compagnies électroniques. Ce soir, c'était sa part la plus intime qui espérait trouver un écho.
Tout avait commencé avec une rencontre – et malgré son épais carnet d'adresses, peu lui avaient fait cet effet-là. Il en avait été tellement troublé qu'il en avait parlé à sa femme.
La première fois qu'il avait remarqué Nathan Derings, c'était à Londres, quelques mois auparavant, lors d'une présentation à la National Gallery. Le musée célébrait la restauration d'une toile exceptionnelle de John Constable, Le Champ de blé, grâce au don d'un milliardaire américain, propriétaire de casinos à Las Vegas et grand collectionneur. Tout ce que l'Europe de l'art et du mécénat comptait d'incontournable s'était donné rendez-vous ce soir-là sous les ors de la prestigieuse institution de Trafalgar Square.
Les convives se pressaient devant l'œuvre bucolique en y prêtant une attention de principe, plus occupés à flatter le généreux donateur qu'à jouir de cette merveille. L'événement n'était qu'un prétexte à se pavaner. Tous n'avaient qu'une idée en tête : se faire remarquer, puis, une flûte de champagne à la main, aller faire fructifier leur réseau de relations devant le luxueux buffet auquel ils toucheraient à peine. Le lendemain, sur tous les médias possibles, ils passeraient des heures à raconter qu'ils y étaient.
À l'écart, Wang Kuolong observait les invités. D'après ses estimations, il était plus riche qu'environ 97 % d'entre eux. Beaucoup plus riche. Mais lui ne cherchait pas à le montrer. Il n'en avait ni le besoin ni l'envie. Il était venu pour le tableau et patientait donc pour le contempler. M. Kuolong savait qu'en affaires comme dans la vie, il faut savoir se positionner et attendre le bon moment. Alors, se tenant éloigné de l'effervescence mondaine, il avait rongé son frein jusqu'à ce que la horde finisse par se déplacer vers le passage obligé suivant de cette réception : le photocall installé dans un salon voisin. Lorsque les derniers barbares en tenue de soirée quittèrent enfin la salle, Kuolong savoura la petite victoire que son attente venait de lui offrir d'un sourire satisfait.
Le silence, enfin, et le recul nécessaire pour apprécier la toile sans aucun parasite. Remarquable composition des volumes, et un mouvement de lecture aux antipodes des canons habituels. Inimitable traitement des feuillages. Magnifique élan du chien saisi dans sa poursuite des moutons sur le chemin qui ouvrait vers l'horizon. Chaque détail semblait prêt à s'animer à la moindre brise. Kuolong s'immergea dans l'œuvre avec délectation.

Déjà lu du même auteur : 

completement_crame Complètement cramé !  9782356417039-T  Demain, j'arrête

23 novembre 2016

L'anniversaire de Kim Jong-Il - Aurélien Ducoudray et Mélanie Allag

9daf23794fa2260bcb6815b234785c92 Delcourt - août 2016 - 128 pages

Quatrième de couverture : 
"Je suis un jeune de la Corée libérée.
La vie me tient à coeur.
L'espoir en un avenir radieux aussi.
Cependant, ma vie, mon espoir, mon bonheur valent moins que la patrie."

Auteurs : Aurélien Ducoudray est né en 1973 à Chateauroux et vit dans un petit village de l’Indre. Photographe de presse, journaliste presse écrite et TV, on lui doit de nombreux documentaires. Après Championzé et La Faute aux chinois, il sort Clichés de Bosnie chez Futuropolis. Ce dernier ouvrage connaît un beau succès. En 2014, il signe son premier ouvrage chez Grand Angle, Amère russie. 
Mélanie Allag est illustratrice. En sortant de l’école des Beaux-arts d’Angoulême, Mélanie Allag a fait ses premiers pas dans la presse jeunesse. Illustrer des thèmes imposés ou concevoir des pages jeux pour les magazines jeunesse lui a permis de varier les projets et d’acquérir l’expérience pour proposer aujourd’hui des réponses graphiques plus personnelles. Les crayons de couleur sont ses outils de prédilection. Elle vit et travaille à Nantes

Mon avis : (lu en octobre 2016)
Jun Sang est un petit garçon de Corée du Nord. Il est né le 16 février comme son cher dirigeant Kim Jong-Il, il y a toujours une grande fête ce jour là, pas exactement à son honneur... mais à celui de Kim Jong-Il. C'est à travers le regard naïf de Jun Sang que le lecteur découvre ce régime qui n'est que propagande et embrigadement. Pour lui, la Corée du Nord est un pays fantastique, son dirigeant est merveilleux, il veille sur tout son peuple, les protège des ennemis que sont la Corée du Sud et ses « chiens » d'américains... Mais un jour la famille de Jun Sang tente de passer la frontière et Jun Sang découvre progressivement l'effrayante réalité des camps destinés aux opposants ou à ceux qui on voulu fuir le pays. Un récit bouleversant servi par le dessin semblant enfantin ou naïf, au début de l'album il est coloré et en rondeur, puis il devient de plus en plus gris et sombre.
Une BD documentaire à faire découvrir !

Extrait :

challenge12016br
17/18
13 novembre 2016

Grossir le ciel - Franck Buysse

81LN3r3XCrL 81VBbTFgYtL

Manufacture de livres - octobre 2014 - 240 pages

Livre de Poche - janvier 2016 - 240 pages

Quatrième de couverture : 
Les Doges, un lieu-dit au fin fond des Cévennes. C’est là qu’habite Gus, un paysan entre deux âges solitaire et taiseux. Ses journées : les champs, les vaches, le bois, les réparations. Des travaux ardus, rythmés par les conditions météorologiques. La compagnie de son chien, Mars, comme seul réconfort. C’est aussi le quotidien d’Abel, voisin dont la ferme est éloignée de quelques mètres, devenu ami un peu par défaut, pour les bras et pour les verres. Un jour, l’abbé Pierre disparaît, et tout bascule : Abel change, des événements inhabituels se produisent, des visites inopportunes se répètent.
Un suspense rural surprenant, riche et rare.

Auteur : Franck Bouysse, né en 1967, vit à Limoges. Il a publié Noir Porcelaine, Vagabond et Pur Sang.

Mon avis : (lu en novembre 2016)
Voilà un roman noir très original que j'ai découvert grâce à Canel
Dans les Cévennes, au lieu-dit Les Doges vit Gus, un paysan ayant la cinquantaine, taiseux et solitaire qui n'a que son chien, Mars, comme seul compagnie et réconfort. Son seul voisin, Abel est lui aussi un paysan solitaire et il a vingt ans de plus. Tous deux ne sont pas vraiment amis, mais se fréquentent et s'échangent des services et quelques verres... Voilà le cadre de ce huis clos campagnard posé. 

Un jour d'hiver, Gus entend des cris et des coups de feu en provenance de la ferme de son voisin, pourtant il fait comme s'il ne s'était rien passé et en effet le lendemain tout semble normal, Abel est à sa tâche... Et pourtant quelque chose à changé... Petit à petit, le suspense s'installe, la tension monte... Le lecteur comprendra le sens du titre « grossir le ciel » dans les toutes dernières pages de ce roman sombre et dépaysant.
Un petit bémol pour la conclusion que je n'ai pas trouvé à la hauteur du reste de ce roman... A vous de découvrir ce roman néanmoins marquant !

Extrait : (début du livre)
C’était une drôle de journée, une de celles qui vous font quitter l’endroit où vous étiez assis depuis toujours sans vous demander votre avis. Si vous aviez pris le temps d’attraper une carte, puis de tracer une ligne droite entre Alès et Mende, vous seriez à coup sûr passé par ce coin paumé des Cévennes. Un lieu-dit appelé Les Doges, avec deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres, de grands espaces, des montagnes, des forêts, quelques prairies, de la neige une partie de l’année, et de la roche pour poser le tout. Il y avait aussi des couleurs qui disaient les saisons, des animaux, et puis des humains, qui tour à tour espéraient et désespéraient, comme des enfants battant le fer de leurs rêves, avec la même révolte enchâssée dans le cœur, les mêmes luttes à mener, qui font les victoires éphémères et les défaites éternelles.

Le hameau le plus proche s’appelait Grizac, situé sur la commune du Pont-de-Montvert. Une route les reliait et devait bien mener quelque part : si on prenait le temps de s’y attarder.
Gus vivait ici, depuis plus de cinquante hivers. C’était en décembre que ce pays l’avait pris et que sa mère l’avait craché sur des draps durs et épais comme des planches de châtaignier, sans qu’il se sente dans l’obligation de crier, comme pour marquer son empreinte désastreuse dans un corps ancestral, une manière de se cogner à la solitude, déjà, dans ce moment qui le faisait devenir quelqu’un par la simple entrée d’une coulée d’air dans sa bouche tordue. Des gens diraient plus tard qu’on n’aurait pas dû le secouer comme on l’avait fait pour lui extorquer le fameux cri et que, si dans le futur il s’était mis à parler plus volontiers aux animaux qu’aux hommes, c’était un peu à cause de ce retard à l’allumage. Mais qui peut dire ce qu’il serait advenu si tout s’était déroulé normalement ? Et qui aurait pu soutenir que, justement, la volonté du Tout-Puissant n’était pas de changer la donne pour Gus, et que cette singularité n’augurait pas d’un destin supérieur ? Ce qui était certain, c’était que même les âmes les plus charitables ne se gênaient pas pour montrer du doigt ce poisson-là qui nageait à contre-courant depuis sa naissance.
La ferme de Gus était pinquée dans la partie la plus haute des Doges, à une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau du Pont-de-Montvert. Elle était constituée de vieux bâtiments, de terres cultivées et de taillis acoquinés en forêt de châtaigniers, de pins, de chênes, de hêtres et de mélèzes, pour l’essentiel. Le tout s’étendait sur vingt-quatre hectares. Pour être précis, il faudrait dire qu’entre Les Doges et le village les kilomètres ne duraient pas pareil, selon qu’on était en bonne ou en mauvaise saison. Les distances, dans ce coin-là, c’est du temps, pas des mètres. Et Gus n’était pas un oiseau.



10 novembre 2016

S'enfuir, récit d'un otage - Guy Delisle

iS62Jkagro35DytHIrr72lObWWOAao59-couv-1200 Dargaud - octobre 2016 - 432 pages

Quatrième de couverture : 
En 1997, alors qu'il est responsable d'une ONG médicale dans le Caucase, Christophe André a vu sa vie basculer du jour au lendemain après avoir été enlevé en pleine nuit et emmené, cagoule sur la tête, vers une destination inconnue. Guy Delisle l'a rencontré des années plus tard et a recueilli le récit de sa captivité – un enfer qui a duré 111 jours. Que peut-il se passer dans la tête d'un otage lorsque tout espoir de libération semble évanoui ? Un ouvrage déchirant, par l'auteur de "Pyongyang", de "Shenzhen", de "Chroniques birmanes" et de "Chroniques de Jérusalem".

Auteur : Guy Delisle est né en 1966 à Québec. Il suit des études d'arts plastiques et d'animation et embarque pour l'Europe en 1988. Il entame alors une carrière d'animateur, métier qu'il exercera pendant dix ans, avant de réaliser son propre court-métrage, Trois Petits Chats. Il publie ses premiers albums à l'Association : outre Shenzhen, un récit de voyage lié à son métier d'animateur, citons Aline et les autres, remarquable exercice de style, proche de son travail en animation, suivi en 2001 par Albert et les autres. Par ailleurs, Guy Delisle n'hésite pas à s'aventurer dans d'autres univers avec la série humoristique Inspecteur Moroni ou Louis à la plage et Louis au ski, deux récits autobiographiques pleins de charme et sans parole. Par son regard, à la fois acéré et bienveillant, sur une culture étrangère, Chroniques birmanes constitue le prolongement de la démarche initiée avec Shenzhen et Pyongyang et poursuit la série d'ouvrages que Guy Delisle a consacrés à ses voyages en Asie.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
Dans cet album, Guy Delisle raconte l'enlèvement de l'humanitaire Christophe André en 1997 en Ingouchie, une petite république de Russie située à l'ouest de la Tchétchénie. L'otage est enfermé dans une pièce avec une fenêtre fermée avec des planche, une ampoule au plafond, un matelas, il est menotté à un radiateur. La vie d'un otage est longue, monotone, rien ne se passe, trois fois par jour on lui apporte son repas, toujours le même menu : une tasse de thé et un bol de bouillon... Un peu de bouillon renversé, une cigarette offerte, un menu différent, ce sont des évènements marquants pour une journée !
Avec la répétition des journées, des semaines passées sans aucune information, le lecteur ressent la tension qui s'installe peu à peu, l'angoisse de l'otage qui compte les jours sans savoir quand viendra la fin de sa captivité... Pour éviter l'ennui et les pensées négatives, Christophe rejoue dans sa tête les grandes batailles napoléoniennes qu'il connait par coeur...
Voilà une histoire bouleversante où il se passe presque rien et qui est pourtant haletante.
A découvrir !

Extrait :

iS62Jkagro35DytHIrr72lObWWOAao59-page3-1200 iS62Jkagro35DytHIrr72lObWWOAao59-page4-1200

iS62Jkagro35DytHIrr72lObWWOAao59-page6-1200 iS62Jkagro35DytHIrr72lObWWOAao59-page7-1200

iS62Jkagro35DytHIrr72lObWWOAao59-page8-1200

Déjà lu du même auteur : 

chroniques_de_J_rusalem Chroniques de Jérusalem shenzhen  Shenzhen pyongyang Pyongyang 

le_guide_du_mauvais_p_re Le Guide du Mauvais Père tome 1 71bYqARivUL Chroniques Birmanes 

louis au ski Louis au ski guide du mauvais père_t2 Le Guide du mauvais père tome 2

challenge12016br
15/18

29 octobre 2016

Petit pays - Gaël Faye

petit pays Grasset - août 2016 - 224 pages

Prix Goncourt des Lycéens 2016

Quatrième de couverture : 
En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel  voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…
« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages... J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »
Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, un premier roman d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie.

Auteur : Franco-rwandais, Gaël Faye est auteur compositeur interprète de rap. Aussi influencé par les littératures créoles que par la culture hip hop,  il sort un album en 2010 avec le groupe Milk Coffee & Sugar (révélation Printemps de Bourges). En 2013 paraît son premier album solo,  Pili Pili sur un Croissant au Beurre. Enregistré entre Bujumbura et Paris, il se nourrit d’influences musicales plurielles : du rap teinté de soul et de jazz, du semba, de la rumba congolaise, du sébène… Petit pays est son premier roman.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
En 1992, Gabriel est un petit garçon de 10 ans, qui vit dans le bonheur. Il vit à Bujumbura, la capitale du Burundi, dans un quartier résidentiel avec avec sa petite soeur Ana, son père français et sa mère rwandaise. 
La famille de sa maman sont des réfugiés, dans les années 60, ils ont fuit le Rwanda, lors des massacres contre les Tutsi et ils espèrent pouvoir un jour retourner au pays.
L'impasse où il habite est aussi le lieu des jeux et des rencontres avec sa bande de copains de toutes origines avec lesquels il fait les 400 coups. C'est une enfance enchantée et Gabriel aimerait qu'elle ne s'arrête jamais... 
Mais en toile de fond, il y a la situation politique du pays et du monde et Gabriel découvre qu'il est français, rwandais et tutsi. 
Gabriel a besoin de mettre à distance la violence du monde, il préfère se réfugier dans l'insoucience de enfance, dans la lecture pour garder son innocence le plus longtemps possible. Les évènements, la guerre et la violence auour de lui vont pourtant obliger Gabriel à grandir plus vite que la normale... 
Pour écrire ce premier roman, Gaël Faye s'est largement inspiré de sa jeunesse au Burundi, à l'époque il n'avait pas la même conscience que Gabriel sur la violence qui se passait dans le pays, heureusement ses parents avaient su préserver l'enfant qu'il était encore...
L'écriture est très imagée, pleine de poésie, on ressent parfaitement l'Afrique, sa chaleur, ses odeurs, ses couleurs... Les personnages sont attachants et le lecteur les voit évoluer au cours de l'histoire, en particulier les enfants.
Voilà un livre poignant sur une enfance bouleversée par l'Histoire du "Petit Pays" et la guerre civile. 

Extrait : (début du livre)
Je ne sais vraiment pas comment cette histoire a commencé.
Papa nous avait pourtant tout expliqué, un jour, dans la camionnette.
– Vous voyez, au Burundi c’est comme au Rwanda. Il y a trois groupes différents, on appelle ça les ethnies. Les Hutu sont les plus nombreux, ils sont petits avec de gros nez.
– Comme Donatien ? j’avais demandé.
– Non, lui c’est un Zaïrois, c’est pas pareil. Comme Prothé, par exemple, notre cuisinier. Il y a aussi les Twa, les pygmées. Eux, passons, ils sont quelques-uns seulement, on va dire qu’ils ne comptent pas. Et puis il y a les Tutsi, comme votre maman. Ils sont beaucoup moins nombreux que les Hutu, ils sont grands et maigres avec des nez fins et on ne sait jamais ce qu’ils ont dans la tête. Toi, Gabriel, avait-il dit en me pointant du doigt, tu es un vrai Tutsi, on ne sait jamais ce que tu penses.
Là, moi non plus je ne savais pas ce que je pensais. De toute façon, que peut-on penser de tout ça ? Alors j’ai demandé :
– La guerre entre les Tutsi et les Hutu, c’est parce qu’ils n’ont pas le même territoire ?
– Non, ça n’est pas ça, ils ont le même pays.
– Alors... ils n’ont pas la même langue ?
– Si, ils parlent la même langue.
– Alors, ils n’ont pas le même dieu ?
– Si, ils ont le même dieu.
– Alors... pourquoi se font-ils la guerre ?
– Parce qu’ils n’ont pas le même nez. 
– Ouais, et lui là-bas, avec le chapeau, il est immense, tout maigre avec un nez tout fin, c’est un Tutsi.
– Et lui, là-bas, avec la chemise rayée, c’est un Hutu.
– Mais non, regarde, il est grand et maigre.
– Oui, mais il a un gros nez !
C’est là qu’on s’est mis à douter de cette histoire d’ethnies. Et puis, Papa ne voulait pas qu’on en parle. Pour lui, les enfants ne devaient pas se mêler de politique. Mais on n’a pas pu faire autrement. Cette étrange atmosphère enflait de jour en jour. Même à l’école, les copains commençaient à se chamailler à tout bout de champ en se traitant de Hutu ou de Tutsi. Pendant la projection de Cyrano de Bergerac, on a même entendu un élève dire : « Regardez, c’est un Tutsi, avec son nez. » Le fond de l’air avait changé. Peu importe le nez qu’on avait, on pouvait le sentir.
La discussion s’était arrêtée là. C’était quand même étrange cette affaire. Je crois que Papa non plus n’y comprenait pas grand-chose. À partir de ce jour-là, j’ai commencé à regarder le nez et la taille des gens dans la rue. Quand on faisait des courses dans le centre-ville, avec ma petite sœur Ana, on essayait discrètement de deviner qui était Hutu ou Tutsi. On chuchotait :
– Lui avec le pantalon blanc, c’est un Hutu, il est petit avec un gros nez.

challenge12016br
11/18

5 novembre 2016

La différence invisible - Julie Dachez et Mademoiselle Caroline

la différence invisible Delcourt - août 2016 - 96 pages

Quatrième de couverture :
Marguerite se sent décalée et lutte chaque jour pour préserver les apparences. Ses gestes sont immuables, proches de la manie. Son environnement doit être un cocon. Elle se sent agressée par le bruit et les bavardages incessants de ses collègues. Lassée de cet état, elle va partir à la rencontre d'elle-même et découvrir qu'elle est autiste Asperger. Sa vie va s'en trouver profondément modifiée.

Auteurs : Julie Dachez s’intéresse aux attitudes à l’égard de l’autisme, aux représentations sociales de l’autisme, aux stratégies de coping des personnes autistes adultes ainsi qu’au concept de neurodiversité. Elle-même porteuse du syndrome d’Asperger, elle a une double casquette de militante et jeune chercheuse. Elle est aussi conférencière et l’auteure du blog http://emoiemoietmoi.over-blog.com et du carnet de recherche autismesdi.hypotheses.org.
Mademoiselle Caroline est née à Paris et réside en Haute-Savoie. Elle est l’auteure de plusieurs albums humoristiques et autobiographiques : Quitter Paris et Je commence lundi, le régime anti-régime. En 2013, elle a publié Chute libre, carnets du gouffre, un récit sur ses trois dépressions qui a suscité l’engouement des médias et des lecteurs. Elle est la dessinatrice de Touriste avec Julien Blanc-Gras au scénario et, plus récemment, l’auteure et dessinatrice de Enceinte ! C’est pas une mince affaire et Le Mariage pour les Nuls en BD.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
J'ai beaucoup aimé cette bande dessinée qui fait découvrir de très belle manière ce qu'est le syndrome d'Asperger et apprend au lecteur à vivre avec quelqu'un de différent sans le juger. 
Depuis toujours Marguerite s'est sentie différente, elle est hypersensible aux bruits, aux odeurs, elle a des difficultés à discuter avec plusieurs personnes à la fois... Et pourtant, elle a un travail, des amis, un fiancé, aucun handicap visible et de un bon niveau intellectuelle. Ainsi chaque jour, Marguerite survit à sa journée à travers des rituels et des habitudes routinières, elle s'efface, se fait oublier, elle n'aspire qu'à une chose : retrouver son appartement et son chat. Et un jour, elle décide de rechercher sur internet tous les symptômes qui la fait souffrir, elle découvre alors qu'elle souffre sans doute d'une forme d'autisme légère : le syndrome d'Asperger... Sa vie va pouvoir enfin changer !

Bravo à Mademoiselle Caroline, la dessinatrice, qui a su rendre compte de l'état d'esprit de Marguerite grâce au dessin : le jeu des couleurs est superbe, au début du noir et blanc, du rouge pour tous les sons envahissants puis après le diagnostic, la couleur entre dans la BD comme dans la vie de Marguerite, elle va pouvoir enfin aller de l'avant, prendre sa vie en main et ne plus subir !
Une histoire touchante, un vrai coup de coeur à découvrir et à faire découvrir !
Sans oublier en annexe, des informations sur le syndrome d'Asperger et des références utiles pour s'informer encore plus.

Extrait : 

difference-invisible_1 difference-invisible_2

difference-invisible_3 difference-invisible_4

1093_1054b31716933bf5a50535021e994d10

 challenge12016br
13/18

 

28 septembre 2016

Coquelicots d'Irak - Brigitte Findakly et Lewis Trondheim

3418 L'Association - août 2016 - 115 pages

Présentation de l'éditeur :
Lewis Trondheim et Brigitte Findakly forment en bande dessinée comme à la ville un duo depuis de nombreuses années. Si la bibliographie pléthorique de Lewis Trondheim n'a plus de secret pour personne, celle de Brigitte Findakly, son épouse et coloriste, quoique toute aussi importante, reste pourtant moins connue. De Pif Gadget, à ses débuts, au Chat du Rabbin, des Formidables aventures de Lapinot au Retour à la terre, on lui doit la mise en couleurs d'une centaine d'albums. Avec ce livre à quatre mains, pré-publié en partie dans "Les strips de la matinale" du Monde, Lewis Trondheim délaisse pour la première fois les animaux anthropomorphisés pour raconter l'histoire de celle qui partage sa vie, née en Irak, d'un père irakien et d'une mère française à l'orée des années 1960. Coquelicots d'Irak retrace son enfance passée à Mossoul, ville du nord de l'Irak, à une époque où, bien avant l'arrivée au pouvoir de Saddam Hussein, se succèdent coups d'Etat et dictatures militaires. Déroulant le fil de ses souvenirs, on découvre alors une vie de famille affectée par les aberrations de la dictature et leurs répercussions sur la vie quotidienne, jusqu'à un inéluctable exil vers la France au début des années 1970. Une arrivée en France elle aussi difficile, une expérience migratoire faite de difficultés administratives, sociales et culturelles. Dans ce récit qui prend pour toile de fond une triste actualité, Lewis Trondheim et Brigitte Findakly brossent en saynètes percutantes et sans ambages, mais pas moins sensibles pour autant, la trajectoire singulière de la coloriste qui, pour la première fois, occupe le premier rôle dans un livre. Ponctué de photos et de parenthèses sur les coutumes, la culture irakienne et les souvenirs de l'Irak de Brigitte Findakly, on partage avec elle la nostalgie de ceux qui ont laissé derrière eux leur pays d'origine, et les liens fugaces qui subsistent, tout à l'image des coquelicots devenus si fragiles une fois déracinés.

Auteurs : Brigitte Findakly est née en 1959 à Mossoul, Irak, et elle y a grandi jusqu'en 1973. Coloriste de bande dessinée depuis 1982, elle a travaillé pour Pif Gadget, Le Journal de Mickey, Circud, Vécu, Le Journal de Spirou... Elle a colorié de nombreux albums dont Lapinot, Le Chat du Rabbin, Le Retour à la Terre et Rob Azbam.
Lewis Trondheim est né en 1964 à Fontainebleau. Auteur de bande dessinée, co-fondateur de l'Association, co-fondateur de l'OuBaPo, directeur de la collection Shampooing. Marié à Brigitte Findakly depuis 1993, ils ont deux enfants et vivent dans le sud de la France.

Mon avis : (lu en septembre 2016)
Cette bande dessinée raconte l'enfance de Brigitte Findakly à Mossoul, en Irak jusqu'en 1973, puis son exil à Paris.
Le départ de ce récit a été suscité par la destruction des têtes de lions ailés par Daesh à proximité de Mossoul. Brigitte se souvient d'une photo prise par son père d'elle enfant devant ces lions. Sur la photo, on ne voyait déjà pas leurs têtes car c'était Brigitte le sujet principal de la photo et non ces lions...  
Les souvenirs de Brigitte ne suivent pas un fil chronologique et peuvent dérouter un lecteur, mais j'imagine qu'ils ont été écrits et dessinés au moment où ils sont revenus à la mémoire de l'auteure... 
Elle raconte sa jeunesse à Mossoul, la difficulté de vivre en tant que chétien dans un pays majoritairement musulman, l'instabilité politique puis pourquoi ses parents sont obligés d'émigrer en France, le pays d'origine de sa maman. Elle évoque l'exil et son adaptation à un nouveau pays, les retours en Irak pour les vacances... 
Les dessins de son mari, Lewis Trondheim, illustre avec beaucoup de pudeur et de simplicité ce témoignage émouvant.
Voilà une bande dessinée touchante qui reflète la tolérance et le respect. Brigitte évoque avec nostalgie, amour et sensibilité ce pays d'enfance et sa famille. Une très belle découverte.

Extrait : 

coquelicots-irak_02-800x1164 bedetheque-ideale-130-coquelicots-d-irak-une-enfance-dans-le-swinging-mossoul,M369527

coquelicots-irak_03-800x1185 coquelicots-irak_05-800x1143

3421  3420

 3419  bedetheque-ideale-130-coquelicots-d-irak-une-enfance-dans-le-swinging-mossoul,M369519 

  coquelicots-irak_06-800x1107 bedetheque-ideale-130-coquelicots-d-irak-une-enfance-dans-le-swinging-mossoul,M369529

coquelicots-irak_04-800x1107

 

 challenge12016br
5/18

 

18 août 2016

L'adoption - Qinaya - Zidrou et Monin

l'adoption Bamboo - mai 2016 - 70 pages

Quatrième de couverture :
Lorsque Qinaya, une orpheline péruvienne de 4 ans, est adoptée par une famille française, c'est la vie de tous qui est chamboulée. Les parents essaient de lui faire oublier le drame qu'elle a vécu, Lynette se découvre un caractère de mamie gâteau et les amis du couple apprivoisent doucement cette petite qui s'adapte à sa nouvelle vie. Mais pour Gabriel, ce sera bien plus compliqué : il lui faudra apprendre à devenir grand-père, lui qui n'a jamais pris le temps d'être père. Des premiers contacts distants aux moments partagés, Gabriel et Qinaya vont peu à peu nouer des liens que même le vieux bourru était loin d'imaginer.

Auteurs : Zidrou (Benoît Drousie) est né en 1962 à Bruxelles. D'abord instituteur, il se lance au début des années 1990 dans l'écriture de livres et de chansons pour enfants. En 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L'Elève Ducobu. Sa carrière de scénariste de bande dessinée est lancée ! Il signe de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, assure la reprise de La Ribambelle. Il est également l'auteur des plus réalistes, mais non moins sensibles, La Peau de l'ours, Lydie, Folies Bergères, La Mondaine, Les 3 Fruits. En 2015, Zidrou revient en force avec trois nouveaux albums : en août Le Bouffon avec Francis Porcel, en septembre, une nouvelle série familiale, Les Beaux Etés avec Jordi et en octobre, en duo avec P. Berthet, un polar dans les régions reculées de l'Australie, "Crime qui est le tien". Pour 2016, l'auteur continue d'écrire les souvenirs de vacances de la famille Faldéraut dans "Les Beaux Étés" et proclame la fin de Venise dans "Marina". 

Arno Monin, dessinateur. Habite à Nantes. Après avoir passé un bac littéraire puis une année à la fac en histoire de l'art, Arno Monin intègre une école d'arts appliqués qui proposait la formation dessin animation bande dessinée. En cours de formation, un projet bd commence à le démanger. Il s'y consacre alors à plein temps afin de le présenter à des éditeurs, jusqu'à la bonne rencontre avec Bamboo Édition... L'Envolée sauvage est son premier album.

Mon avis : (lu en juillet 2016)
Voilà une très joli Bande Dessinée. C'est le tome 1 d'une histoire qui aura 2 tomes.
Quinaya est une petite fille péruvienne de 4 ans, elle a été adoptée par une famille française et vient d'arriver dans ce nouveau pays. Tout le monde l'accueille au mieux sauf un... Gabriel, le grand-père, qui va mettre un peu plus de temps à "adopter" cette petite-fille du bout du monde... 
Une histoire pleine de tendresse, émouvante avec des personnages savoureux et attachant et un dessin agréable et coloré, le lecteur passe du rire au larmes... A découvrir sans hésiter !
La conclusion de ce premier tome, nous serre le cœur et évidemment j'attends la sortie du tome 2 !

Extrait :

1933_P1 1933_P2

1933_P3 1933_P4

1933_P5 1933_P6

1933_P7 1933_P8

1933_P9 1933_P10

Déjà lu des mêmes auteur ou dessinateur :

108883254 Les beaux étés - 1 - Cap au Sud ! 

111573241  Les beaux étés - 2 - La Calanque

le_beau_voyage Le beau voyage 

Cycle I : envoleesauvage01_  envoleesauvage02_
L'envolée sauvage : La Dame blanche 
L'envolée sauvage : Les Autours des palombes

Cycle II : l_envol_e_sauvage3 2013_10_06_140809 
L'envolée sauvage : Le Lapin d'Alice 
L'envolée sauvage : La Boîte aux souvenirs

 

24 juin 2016

Agatha Raisin enquête : La quiche fatale - M.C. Beaton

Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226317322-j Albin Michel - juin 2016 - 324 pages

traduit de l’anglais par Esther Ménévis

Titre original : The quiche of death, 1992

Quatrième de couverture :
Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour gouter aux délices d'une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s'ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l'arbitre de la compétition s'effondre et Agatha doit révéler l'amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l'assassin.
Agatha Raisin, c'est une Miss Marple d'aujourd'hui. Une quinqua qui n'a pas froid aux yeux, fume comme un pompier et boit sec. Sans scrupule, pugnace, à la fois exaspérante et attendrissante, elle vous fera mourir de rire !

Auteur : Née en 1936 à Glasgow, Marion Chesney alias M.C. Beaton a été libraire et journaliste avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne avec ses deux séries de romans policiers : Hamish MacBeth et surtout Agatha Raisin (plus de 15 millions d’exemplaires vendus dans le monde). 

Mon avis : (lu en juin 2016)
Ce livre est le premier d'une longue série, il a été publié pour la première fois en 1992 en Grande-Bretagne et est seulement traduit en France en 2016... 
Agatha Raisin , professionnel en relations publiques, décide d'abandonner sa vie à Londres et de prendre une retraite bien méritée à la campagne, dans le village apparemment tranquille de Carsley. Mais après sa participation à un concours de Quiches, elle est accusée d'avoir assassiné un homme... Pour être disculpée, elle est obligée d'avouer qu'elle a triché car la quiche a été achetée à Londres. Et pour effacer sa honte, Agatha décide de mener l'enquête...
C'est un roman policier léger et plein d'humour dans une atmosphère
 "so british", les paysages champêtres et paisibles, les petits villages avec maisons et jardins fleuris et leurs habitants tout aussi typiques comme dans la série Inspecteur Barnaby... 
J'ai passé un excellent moment de lecture et j'ai également reçu le deuxième tome Remède de cheval que je lirai prochainement avec plaisir.

Merci Aurore et les éditions Albin Michel pour cette charmante découverte.

Extrait : 

16 juin 2016

Le dompteur de lions - Camilla Läckberg

le dompteur des lions Actes Sud - mai 2016 - 392 pages

traduit du suédois par Lena Grumbach

Titre original : Lejontämjaren, 2014

Quatrième de couverture :
C'est le mois de janvier et un froid glacial s'est emparé de Fjällbacka. Une fille à demi nue, surgie de la forêt enneigée, est percutée par une voiture. Lorsque Patrik Hedström et ses collègues sont prévenus, la jeune fille a déjà été identifiée. Il s'agit de Victoria, portée disparue depuis quatre mois. Son corps présente des blessures qu'aucun accident ne saurait expliquer : ses orbites sont vides, sa langue est coupée et ses tympans percés. Quelqu'un en a fait une poupée humaine. D'autres cas de disparitions dans les environs font redouter que le bourreau n'en soit pas à sa première victime. De son côté, Erica Falck commence à exhumer une vieille affaire pour son nouveau bouquin. Une femme purge sa peine depuis plus de trente ans pour avoir tué son mari, un ancien dompteur de lions, qui maltraitait leur fille avec sa complicité passive. Mais Erica est persuadée que cette mère de famille porte un secret encore plus sombre. Jonglant entre ses recherches, une maison en perpétuel désordre et des jumeaux qui mettent le concept de l'amour inconditionnel à rude épreuve, elle est loin de se douter que pour certains, l'instinct maternel n'a rien de naturel... Avec ce neuvième volet de la série Fjällbacka, Camilla Läckberg signe un polar crépusculaire et violent. La reine du noir nordique s'y montre plus indomptable que jamais.

Auteur : Née en 1974, Camilla Läckberg est l'auteur d'une série de romans policiers mettant en scène le personnage d'Erica Falck. Ses ouvrages caracolent tous en tête des ventes, en Suède comme à l'étranger. Dans la collection "Actes noirs" ont déjà paru La Princesse des glaces (2008), Le Prédicateur (2009), Le Tailleur de pierre (2009), L'Oiseau de mauvais augure (2010), L'Enfant allemand (2011), La Sirène (2012), Le Gardien de phare (2013) et La Faiseuse d'anges (2014).

Mon avis : (lu en juin 2016)
Comme toujours, j'ai beaucoup de plaisir à retrouver Erica, Patrick, leur petite famille et leurs proches à Fjällbacka. Mon objectivité sur cette série suédoise est donc celle d'une fan...
Erica travaille à l'écriture d'un livre sur une femme, jugée dans les années 60 pour le meurtre de son mari, ancien dompteur dans un cirque. Elle lui rend régulièrement des visites dans sa prison et espère arriver à lui faire raconter ce qui c'est vraiment passé...
En parallèle, Patrik Hedström et ses collègues enquêtent sur plusieurs enlèvements de jeunes filles dans la région de Fjällbacka...
Comme d'habitude, je me suis plongée dans cette lecture et je n'ai pas pu lâcher cet épisode avant sa conclusion. L'intrigue est construite intelligemment, l'atmosphère est très sombre et comme pour une série télévisée, j'adore découvrir le nouveau Läckberg ! 

Extrait : (début du livre)
Le cheval flaira l’odeur de peur avant même que la fille ne surgisse de la forêt. Sa cavalière l’encouragea, serra ses talons contre ses flancs, bien que cela soit inutile. Leur entente était telle qu’il avait déjà compris sa volonté de presser le pas.
Le martèlement sourd, rythmé des sabots troublait le silence. Durant la nuit, une fine couche de neige était tombée, et les pas de l’animal ouvraient de nouveaux sillons, soulevant un léger nuage de poudre blanche autour de ses jambes.
L’adolescente ne courait pas. Sa démarche était vacillante, elle semblait errer au hasard, les bras collés au corps.
La cavalière l’interpella. Un cri strident qui confirma au cheval que la situation n’était pas normale. La fille poursuivit sa progression chancelante sans y prêter attention.
S’approchant d’elle, il accéléra encore. À l’odeur âcre et puissante de terreur se mêla autre chose, un ressenti indéfinissable si effrayant qu’il coucha les oreilles. Il voulut s’arrêter, faire demi-tour et repartir au galop vers la sécurité de son box. Cet endroit n’avait rien de rassurant.
La route les séparait. Elle était déserte, et une brume immobile de flocons caressait le goudron.
La fille se dirigeait vers eux. Elle était pieds nus et les taches rouges sur ses bras et ses jambes nus contrastaient violemment avec la blancheur du paysage. Les sapins enneigés se profilaient derrière elle en toile de fond immaculée. Elle les avait presque rejoints maintenant, de l’autre côté de la route, et il entendit la cavalière l’interpeller à nouveau. Sa voix était familière, mais elle lui parut curieusement étrangère à cet instant.
Soudain la fille s’arrêta, se tint immobile au milieu de la route, la neige virevoltant autour de ses pieds. Ses yeux étaient bizarres. On aurait dit des trous noirs dans son visage blanc.
La voiture surgit de nulle part. Le crissement des freins retentit dans le silence, il perçut le choc sourd d’un corps heurtant le sol. La cavalière tira si fort sur les rênes que le mors lui blessa la bouche et, obéissant, il stoppa net. Ils ne formaient qu’un, elle et lui. C’est ce qu’il avait appris. 
Sur la chaussée, la fille gisait, inerte. Ses yeux étranges tournés vers le ciel.

Erica Falck se gara devant le centre de détention et l’examina en détail pour la première fois. Durant ses précédentes visites, elle avait été tellement obnubilée par la rencontre imminente qu’elle n’avait prêté attention ni au bâtiment ni aux environs. Elle allait cependant avoir besoin de toutes les impressions qui s’en dégageaient quand elle écrirait son livre sur Laila Kowalska, la femme qui avait si brutalement assassiné son mari quelque vingt ans auparavant.
Elle réfléchit à la manière de rendre l’atmosphère qui planait sur cette bâtisse aux allures de bunker, de communiquer à ses lecteurs l’enfermement et l’absence d’espoir. Située à une bonne demi-heure de route de Fjällbacka, dans un coin désert et isolé, l’établissement était entouré de clôtures et de fils de fer barbelés, sans les miradors toutefois ni les gardes armés qu’on voyait toujours dans les films américains. Cette architecture était avant tout fonctionnelle, le but étant d’y garder enfermés des détenus.

Déjà lu du même auteur :

la_princesse_des_glaces La Princesse des glaces  le_pr_dicateur Le Prédicateur

le_tailleur_de_pierre Le Tailleur de pierre l_oiseau_de_mauvais_augure L'Oiseau de mauvais augure

l_enfant_allemand L'Enfant allemand cyanure Cyanure la_sir_ne La Sirène 

9782330018962  Le gardien de phare  la faiseuse d'ange La faiseuse d'anges

 

6 avril 2016

D'après une histoire vraie - Delphine de Vigan

 108532429

9782367620442-001-T d'après une histoire vraie

Audiolib - novembre 2015 - 8h56 - Lu par Marianne Epin

Jean-Claude Lattès - août 2015 - 484 pages

Prix Renaudot 2015

Prix Goncourt des Lycéens 2015

Quatrième de couverture :
« Tu sais parfois, je me demande s’il n’y a pas quelqu’un qui prend possession de toi. »
« Ce livre est le récit de ma rencontre avec L.
L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser. »
Dans ce roman aux allures de thriller psychologique, Delphine de Vigan s’aventure en équilibriste sur la ligne de crête qui sépare le réel de la fiction.

Auteur : Née en 1966 à Boulogne-Billancourt, Delphine de Vigan est l’auteur de, notamment, No et moi (prix des Libraires 2008), Les Heures souterraines (finaliste du Prix Goncourt 2009), Rien ne s’oppose à la nuit (Prix du Roman Fnac, Prix du Roman France Télévision, Prix Renaudot des Lycéens et Prix des lectrices de Elle 2011) et D’après une histoire vraie (Prix Renaudot 2015). Ses livres sont traduits dans le monde entier.

Lecteur : Marianne Epin, (Prix Gérard Philipe 1985), formée au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique dans la classe d’Antoine Vitez, a joué 5 ans à la Comédie Française et interprété les grands rôles du répertoire classique et contemporain avec les plus grands metteurs en scène. Elle alterne théâtre, cinéma et télévision. Récemment,elle a joué Tous les Algériens sont des mécaniciens, pendant 2 ans, aux côtés de Fellag. Elle a déjà enregistré pour Audiolib, Les heures souterraines, Rien ne s'oppose à la nuit et Purge.

Mon avis : (écouté en mars 2016)
C'est l'histoire d'une auteur après le succès d'un livre qui l'a dépassé et qui a fini par l'épuiser. L'auteur est en mal d'inspiration, elle n'arrive plus à écrire pas même son courrier personnel ou professionnel... Fragile, elle rencontre une femme nommée L. qui s'impose peu à peu dans sa vie, l'isole de ses proches, de ses amis. Elle cherche à influencer son écriture et l'incite à écrire un livre "
inspiré de faits réels...", car c'est dans l'air du temps et c'est ce qu'attend les lecteurs. L'ambiance est oppressante, le lecteur découvre une histoire de manipulation vue de l'intérieur. Mais qui manipule qui ? L. ? Delphine ? Delphine de Vigan ?
La conclusion est assez déstabilisante car le titre "D'après une histoire vraie" prend tout son sens, car dans ce roman, bien difficile de savoir où est le vrai ? Où est la fiction ?
J'ai aimé cette conclusion, mais dans l'ensemble, j'ai trouvé certaines longueurs dans le livre.
L'écoute audio a été agréable et la confusion entre l'initiale L. et le pronom elle, est très réussie à l'orale, la version audio est donc un plus pour cette histoire.

Autres avis : Enna, SylireLeiloonaMeuraïe

Extrait : (début du livre)
Quelques mois après la parution de mon dernier roman, j’ai cessé d’écrire. Pendant presque trois années, je n’ai pas écrit une ligne. Les expressions figées doivent parfois s’entendre au pied de la lettre : je n’ai pas écrit une lettre administrative, pas un carton de remerciement, pas une carte postale de vacances, pas une liste de courses. Rien qui demande un quelconque effort de rédaction, qui obéisse à quelque préoccupation de forme. Pas une ligne, pas un mot. La vue d’un bloc, d’un carnet, d’une fiche bristol me donnait mal au cœur.
Peu à peu, le geste lui-même est devenu occasionnel, hésitant, ne s’exécutait plus sans appréhension. Le simple fait de tenir un stylo m’est apparu de plus en plus difficile.
Plus tard, j’ai été prise de panique dès que j’ouvrais un document Word.
Je cherchais la bonne position, l’orientation optimale de l’écran, j’étirais mes jambes sous la table. Et puis je restais là, immobile, des heures durant, les yeux rivés sur l’écran.
Plus tard encore, mes mains se sont mises à trembler dès que je les approchais du clavier.
J’ai refusé sans distinction toutes les propositions qui m’ont été adressées : articles, nouvelles de l’été, préfaces et autres participations à des ouvrages collectifs. Le simple mot écrire dans une lettre ou un message suffisait à me nouer l’estomac.
Écrire, je ne pouvais plus.
Écrire, c’était non.

Je sais aujourd’hui que différentes rumeurs ont circulé dans mon entourage, dans le milieu littéraire et sur les réseaux sociaux. Je sais qu’il a été dit que je n’écrirais plus, que j’étais parvenue au bout de quelque chose, que les feux de paille, ou de papier, toujours, finissent par s’éteindre. L’homme que j’aime s’est imaginé qu’à son contact j’avais perdu l’élan, ou bien la faille nourricière, et que par conséquent je ne tarderais pas à le quitter.

Challenge 6%
rl2015
32/36
Déjà lu du même auteur :
6 mai 2016

L'assassin qui rêvait d'une place au paradis - Jonas Jonasson

108532429

5892a37558ae0ef8cd6a096180f0531b EVrUF8e5WW

Audiolib - avril 2016 - 8h25 - Lu par Féodor Atkine

Presse de la Cité - février 2016 - 480 pages

Quatrième de couverture : 
Après trente ans de prison, Johan Andersson, alias Dédé le Meurtrier, est enfin libre. Mais ses vieux démons le rattrapent vite : il s’associe à Per Persson, réceptionniste sans le sou, et à Johanna Kjellander, pasteur défroqué, pour monter une agence de châtiments corporels. Des criminels ont besoin d’un homme de main ? Dédé accourt ! Per et Johanna, eux, amassent les billets.
Alors, le jour où Dédé découvre la Bible et renonce à la violence, ses deux acolytes décident de prendre les choses en main et de le détourner du droit chemin…
Après son vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, son analphabète qui savait compter, c’est à un malfrat repenti que Jonas Jonasson donne une seconde chance.

Auteur : Né en Suède en 1961, Jonas Jonasson, ancien journaliste et consultant pour les médias, est l’auteur du Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, son premier roman, qui a connu un immense succès dans la trentaine de pays où il a été publié. Après L’Analphabète qui savait compterL’assassin qui rêvait d’une place au paradis est son troisième livre.

Lecteur : Comédien talentueux, à la carrière exemplaire et au parcours surprenant, Féodor Atkine a tourné avec Woody Allen, Oliver Stone, Raoul Ruiz, Gabriel Aghion, et tant d’autres encore. Théâtre, films et doublages se succèdent ; Féodor Atkine est notamment la voix de Dr House. Ce lecteur passionné a obtenu en 2014 le Coup de cœur de l’Académie Charles Cros pour sa lecture du Quatrième mur. Il a aussi enregistré pour Audiolib, entre autres, Un long chemin vers la liberté de Nelson Mandela, Le Vieux qui lisait des romans d'amour de Luis Sepúlveda, ou Faillir être flingué de Céline Minard. 

Mon avis : (écouté en avril 2016)
J'avais plutôt bien aimé le premier livre de Jonas Jonasson Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire , donc j'attaquais cette lecture avec un a priori positif. J'ai été déçu.
Johan Andersson, dit Dédé le meurtrier, va faire la rencontre de Per Persson, réceptionniste d'un hôtel miteux dont la famille a été ruinée, et croiser sur la route de Johanna Kjellander, un pasteur défroquée. Tous les trois vont très vite s'associer pour monter une affaire une société « de Châtiments Corporels » aussi dangereuse que lucrative... Dédé casse des bras ou des jambes contre de grosses sommes d'argent. Tout se passe à merveille jusqu’au jour où Dédé découvre Dieu et décide de changer pour gagner sa place au Paradis... L’intrigue semblait originale et les personnages plutôt haut en couleurs, mais au fil des pages l'ennui gagne le lecteur, les rebondissements sont prévisibles, l'humour noir plombe l'histoire et l'intrigue tourne en rond... Voilà une lecture que j'oublierai vite !
La mécanique ne fonctionne pas comme dans son premier livre, ce style loufoque et décalé que Jonas Jonasson a emprunté à Arto Paasilinna n'est pas à la hauteur de son modèle...
Dommage pour le lecteur de ce livre audio qui est toujours très bon, mais cela ne suffit pas pour faire un bon livre...

Extrait : (début du livre)
Le jeune homme dont la vie serait bientôt remplie de mort, de violence, de voleurs et de bandits rêvassait derrière le comptoir d’un des hôtels les plus tristes de Suède.

Unique petit-fils de Henrik Bergman, défunt marchand de chevaux, il attribuait tous ses malheurs à son grand-père, qui avait été, dans son domaine, le numéro un de la Suède méridionale : chaque année, il ne vendait jamais moins de sept mille bêtes, toutes de premier choix.
Hélas, à partir de 1955, les paysans – ces traîtres – commencèrent à délaisser les bêtes au profit des tracteurs, et ce à une allure que l’aïeul refusa de présager. Les sept mille transactions devinrent sept cents, qui devinrent soixante-dix, qui devinrent sept. En cinq ans, les millions de la famille s’envolèrent en un nuage de diesel. Le père du petit-fils pas encore né essaya de sauver ce qui pouvait l’être. En 1960, profitant des rumeurs qui allaient bon train, il alla prêcher les répercussions de la mécanique auprès des paysans de la région. Dans le sillage des théories selon lesquelles une projection de carburant décuplait les forces – or, ces hommes en recevaient souvent ! –, le père évoqua des études qui démontraient que le diesel pouvait entraîner la stérilité masculine.
Il n’aurait pas dû. Primo, c’était faux. Et secundo, les paysans, accablés par la voracité de leur abondante progéniture, mais toujours libidineux, trouvèrent cela merveilleux. Se procurer des préservatifs était embarrassant, ce qui n’était pas le cas pour un Massey Ferguson ou un John Deere. 
Le grand-père mourut indigent, d’une ruade de son dernier animal. Son fils, abattu et sans cheval, remonta en selle en suivant une nouvelle formation. 
Quelque temps plus tard, il obtint un emploi chez Facit AB, une des premières entreprises mondiales de production de machines à écrire et à calculer. Une deuxième fois, il fut broyé par le progrès, car soudain, la calculatrice électronique débarqua sur le marché. À la différence des produits Facit, de la taille d’une brique, la variante japonaise tenait dans la poche intérieure d’une veste.
Les machines du groupe Facit ne rétrécirent pas (du moins pas assez vite), contrairement à la firme qui finit par se ratatiner tout à fait.
Le fils du marchand de chevaux se vit signifier son congé. Pour oublier qu’il avait été floué à deux reprises par la vie, il se mit à la boisson. Sans emploi, aigri, jamais douché et toujours ivre, il perdit vite tout son charme aux yeux de son épouse, de vingt ans sa cadette, qui tint le coup un moment.

Déjà lu du même auteur :

le_vieux_qui_ne_voulait_pas_feter_son_anniversaire Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

  Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Suède

12 avril 2016

Le piano oriental - Zeina Abirached

BD2016

 Un grand merci à Price Minister pour son opération la BD fait son festival 2016 #1Blog1BD

9782203092082_1_75 Casterman - septembre 2015 - 208 pages

Quatrième de couverture : 
Le récit de la vie de l'inventeur d'un instrument de musique dans le Beyrouth des années 1960 : un piano ayant pour but de rapprocher les traditions musicales d'Orient et d'Occident. Un exemplaire aura vu le jour, avant la guerre civile.

Auteur : Née à Beyrouth en 1981, Zeina Abirached a fait des études de graphisme au Liban puis à Paris, aux Arts Décoratifs. Après Beyrouth Catharsis et 38 rue Youssef Semaani, son roman graphique Mourir Partir Revenir, Le jeu des hirondelles connaît un large succès public et critique (sélection Angoulême 2008, traduction dans une dizaine de pays).

Mon avis : (lu en mars 2016)
J'ai découvert cette auteur, quelques semaines avant de lire cette bande dessinée, en empruntant par hasard l'une de ses BD à la bibliothèque (Je me souviens Beyrouth).
Zeina nous raconte en parallèle deux histoires. Celle d'Abdallah Kamanja, un inventeur un peu fou. Dans les années 1960, il est fonctionnaire au Liban, mais il est surtout passionné et habité par la musique. Il est attentif à tous les sons de la vie quotidienne. Abdallah cherche à inventer un piano avec lequel on pourrait aussi bien jouer de la musique occidentale que de la musique orientale grâce au "quart de ton" que cet instrument pourrait permettre d'obtenir. Il va réussir à inventer son piano oriental, un fabricant autrichien sera prêt à le fabriquer dès qu'il y aura une commande de 100 pianos... 
L'autre histoire c'est celle de l'auteur, son enfance à Beyrouth, puis en France. Elle prend conscience qu'elle a toujours été baignée dans cette double culture d'autant plus que son grand-père paternel avait été traducteur officiel pendant le mandat français au Liban. Il était le lien entre le Haut commissariat français et les autorités locales.
La musique est présente tout au long de la bande-dessinée avec les sons qui y sont présents sous forme d'onomatopées. Ainsi, Abdallah fait "pom pom" en marchant, ses chaussures "scrouitchi", les poissons volants font "pi pi pi"... 
C'est aussi l'histoire de la cohabitation harmonieuse entre deux cultures : libanaise et française, deux langues : le français et l'arabe.

Merci PriceMinister pour ce partenariat et cette belle découverte.

Note : 18/20

 
Le véritable son du piano oriental d'Abdallah Chahine, enregistré par son fils Joseph Chahine

Extrait : 

9782203092082_p_1 9782203092082_p_2

9782203092082_p_3 9782203092082_p_4

9782203092082_p_5

 logo_PetitBAC2016
Spectacle (1)

24 février 2016

Paul dans le Nord - Michel Rabagliati

paul_dans_le_nord Editions de la Pastèque - novembre 2015 - 180 pages

Quatrième de couverture : 
Été 76. Paul a 16 ans et ne rêve que d'une chose: une motocyclette Kawasaki KE100 pour fuir son quotidien et ses parents envahissants. Avec Ti-Marc, un nouvel ami rencontré à sa polyvalente, Paul traversera cette période difficile de son adolescence avec un peu plus de légèreté. Voyages en auto-stop, soirées arrosées entre copains et expériences nouvelles seront au rendez-vous. Le tout, sur fond de jeux olympiques, de musique de Peter Frampton et de Beau Dommage…

Auteur : Michel Rabagliati est né en 1961 à Montréal où il a grandi dans le quartier Rosemont. Après s'être intéressé un moment à la typographie, il étudie en graphisme et il travaille à son compte dans ce domaine à partir de 1981. Puis, il se lance sérieusement dans l'illustration publicitaire à partir de 1988.
Depuis 1998, ses bandes dessinées révolutionnent le 9e art québécois. En 2007, l'auteur s'est vu décerner une Mention spéciale pour l'ensemble de son oeuvre par le Prix des libraires du Québec, et Paul à Québec a remporté plus de 7 prix, dont le Prix du public au Festival international de Bande dessinée d'Angoulême en 2010.

Mon avis : (lu en février 2016)
C'est le tome 8 de la série, nous sommes au milieu des années 1970, Paul a 16 ans, il est en plein dans la crise d’adolescence... L'été, il n'a aucune envie d'aider ses parents à bricoler dans le chalet familiale, il rêve de pouvoir se payer une moto pour être indépendant et pouvoir faire des virées avec les copains... Bon copain, il accompagnera Ti-Marc son nouvel ami dans un voyage improvisé en auto-stop, ils affronteront une tempête de neige en plein milieu de la forêt laurentienne... Il aura ses premiers émois amoureux avec Linda... En toile de fond, sont évoqués les jeux olympiques de Montréal.

J'ai toujours beaucoup de plaisir à lire cette série de BD, dont j'ai encore à découvrir au moins deux tomes dans la bibliothèque familiale !

Extrait :

eee bedetheque-ideale-104-michel-rabagliati-emmene-paul-dans-le-nord,M278057

bedetheque-ideale-104-michel-rabagliati-emmene-paul-dans-le-nord,M278059 bedetheque-ideale-104-michel-rabagliati-emmene-paul-dans-le-nord,M278061

Déjà lu du même auteur :

107640216 Paul en appartement paul au parc Paul au parc

 logo_PetitBAC2016
Géographie (2)

4 février 2016

La Guerre des Lulus, Tome 1 : 1914 : La maison des enfants trouvés - Régis Hautière et Hardoc

la_guerre_des_lulus_1914 Casterman - janvier 2013 - 56 pages

Quatrième de couverture : 
L'offensive de l'armée allemande au nord-est de la France jette des milliers de villageois sur les routes. Dans le désordre ambiant, quatre enfants, Lucien, Lucas, Luigi et Ludwig, sont oubliés lors de l'évacuation de leur orphelinat. Bientôt, ils se retrouvent isolés derrière la ligne de front. Livrés à eux-mêmes en territoire ennemi, Ils s'organisent pour survivre...

Auteurs : Depuis 2004, le scénariste d’origine bretonne Régis Hautière, pilier des éditions Paquet a signé une vingtaine d’albums en seulement cinq ans dont le Dernier Envol avec Romain Hugault. Il multiplie aujourd’hui les projets chez d’autres éditeurs comme Soleil, Kstr, Glénat, Delcourt ou Dargaud. Après des études supérieures de philosophie et d’histoire et un troisième cycle en ingénierie de la connaissance, Régis Hautière a travaillé une dizaine d’années pour le festival BD d’Amiens.
Diplômé en génie électro-technique et licencié en Arts Plastiques, Hardoc démarre précocement sa carrière comme illustrateur pour une émission jeunesse de France 2, à 15 ans. Il gagne l’Écureuil d’Or qui récompense le meilleur jeune espoir au festival BD d’Angoulême en 1996. Hardoc rencontre ensuite Régis Hautière dans une association bédéesque d’Amiens (!!) et ils décident de travailler ensemble sur la série Le Loup, l'Agneau et les Chiens de guerre (éd. Paquet). Il participe, en mars 2005, au collectif des Nouvelles de Jules Verne en bandes dessinées des éditions Petit à Petit. En 2009, il publie, toujours avec Régis au scénario, l'histoire des Lulus, Jeux de guerre, dans le collectif Cicatrices de guerre(s). Et c'est avec impatience que l'on attendait leurs aventures complètes chez Casterman, La Guerre des lulus est arrivée, en janvier 2013.

Mon avis : (lu en 2014)
Voilà une série qe j'ai commencé à lire en 2014 et en voulant faire le billet du 3ème tome, je me suis aperçue que je n'avais pas chroniqué les deux premiers tomes...
Lucas, Lucien, Luigi et Ludwig sont quatre pensionnaires de l'orphelinat de l'abbaye de Valencourt en Picardie. Ils se sont trouvés par hasard dans la même chambre et sont devenus très complices et depuis ils sont surnommés « les Lulus ».
En cet été 1914, l'orphelinat semble être à l'abri de la guerre pourtant la ligne de front n'est pas loin. L'abbaye est donc évacuée rapidement et lorsque les Lulus reviennent de l'une de leur escapade habituelle, ils se retrouvent seuls dans un orphelinat déserté et au loin ils entendent l'artillerie résonnant dans le ciel...
L'histoire de la Grande Guerre à travers des aventures d'une bande d'orphelins est une très bonne idée, les dessins sont magnifiques et les personnages attachants. Cette BD est pleine d'humour et l'on apprend beaucoup sur la vie à l'arrière.

Extrait : 

PlancheA_181700 guerre des lulu pl1

 

19 janvier 2016

Au revoir là-haut - Pierre Lemaitre et Christian de Meterre

arlh_page_1 Rue de Sèvres - octobre 2015 - 168 pages

Quatrième de couverture :
1919. Au sortir de la guerre, la société française peine à ménager une place aux anciens poilus devenus encombrants et les trafics les moins glorieux y vont bon train. Albert Maillard, modeste comptable, qui a sauvé la vie d'Édouard Péricourt, jeune fils de bonne famille, juste avant la fin des combats, tente de les faire vivre de retour à Paris. Édouard, défiguré, refuse de reprendre contact avec les siens et imagine une gigantesque arnaque à la nation pour tenter de renouer avec une vie, ailleurs. 

Auteurs : Né en 1968, Christian de Metter est auteur de bandes dessinées. Il a notamment reçu, en 2004, le Prix du public au Festival d'Angoulême pour l'album Le Sang des Valentines, dessiné avec Catel, puis, en 2009, le Prix des Libraires de Bande Dessinée pour Shutter Island.
Né à Paris, Pierre Lemaitre a longtemps enseigné la littérature avant d’embrasser la carrière littéraire. Ses trois premiers romans, Travail soigné (prix du Premier roman de Cognac 2006), Robe de marié (prix du Meilleur polar francophone 2009) et Cadres Noirs (prix du Polar européen du Point 2010), lui ont valu un succès critique et public exceptionnel et l’ont révélé comme un maître du roman noir et du thriller. Ses romans sont traduits dans une quinzaine de langues et plusieurs sont en cours d’adaptation cinématographique.

Mon avis : (lu en novembre 2015)
Cette BD est une très belle adaptation du livre de Pierre Lemaitre « Au revoir là-haut ». Un roman sur l'après Première Guerre Mondiale. Albert et Edouard sont deux rescapés de la Grande Guerre, Albert était un petit employé assez peureux, qui n'a plus rien, Edouard est un artiste devenu une « gueule cassée », il refuse de retourner dans sa famille et préfère se faire passer pour mort. Peu de temps avant la fin de la guerre, Albert a échappé à la mort grâce à Edouard, il n'hésite pas à prendre en charge son compagnon. Le retour à la vie civile est difficile, rien n'a été prévu pour accueillir les survivants encore traumatisés. Heureusement, le sourire d’une petite voisine donne un peu de joie à leur quotidien, en particulier lorsqu'Edouard, réalise des masques colorés et fantasques pour se donner une nouvelle tête... Edouard et Albert sont attachants malgré les petites combines dont ils seront coupables... 

Le troisième personnage de cette histoire est le lieutenant Henri d'Aulnay-Pradelle, faux héros de la guerre, opportuniste, sans scrupule. Un véritable "pourri" que le lecteur ne peut que détester !
Les dessins et les couleurs sont très réussis, la BD restitue vraiment l'atmosphère du roman qui j'ai beaucoup aimé relire de cette façon. 

Extrait : 

arlh_page_2 arlh_page_3

arlh_page_4 arlh_page_5

arlh_page_6  2417165616

 

Challenge 5%
rl2015
29/30

 logo_PetitBAC2016
Ponctuation (1)

Roman original :

9782226249678g Au revoir là-haut - Pierre Lemaitre

2 février 2016

Lili sur les quais - Bernard Coat

lili sur les quais Jos le Doare - octobre 2011 - 74 pages

Quatrième de couverture : 
Lili est une jeune femme solitaire qui vit dans une pension de famille sur le port de commerce d"une ville de l'ouest de la France.
Excepté un oncle, elle ne connaît pas grand-chose de sa filiation et c'est bien là tout son soucis. 
Elle se démène pour amasser le plus de renseignements possible sur sa vie.
Ses propres investigations ne mènent à rien sinon à d'amères désillusions. C'est à son insu que le cours des événements va se modifier. Des personnages agissent dans l'ombre, ceux-ci sont amis ou ennemis, ou pire encore...
elle va retrouver les membres de sa famille avec joie et émotion pour son père et sa soeur jumelle dont elle ignorait l'existence, elle fréquentait sa mère sans le savoir, une mère dépourvue de sentiments qui sera à l'origine des heures sombres des principaux personnages de ce récit.

Auteur : Bernard Coat est scénariste et romancier, il utilise différents pseudonymes. Il est né en 1958 à Brest. 

Mon avis : (lu en janvier 2016)
Lili est une jeune femme qui vit à Brest, prêt du port de commerce. Elle cherche désespérément des réponses sur ses origines et sur sa famille. Son oncle, ancien marin, habitant à Paris, la soutient dans sa quête. En arpentant les quais Lili va faire la rencontre de Félix, un ancien marin, qui a connu son père et son oncle. En activant ses contacts, il va avoir une piste : le père de Lili serait à bord du cargo « Le Buenaventura », qui doit prochainement faire escale au port...
En parallèle de cette histoire, divers personnages agissent et peu à peu une deuxième histoire se dessine...
Cette bande dessinée se lit comme un polar, elle nous entraîne dans une intrigue intelligente et de qualité, le lecteur découvre également la ville de Brest à travers un dessin noir et blanc au trait fin.
Une belle découverte pour les amoureux de la Bretagne et/ou des ports...

Extrait :

big_artimage_486386_3617441_201109033818561

case-Lili2

 logo_PetitBAC2016
Prénom (2)

 

31 octobre 2015

A la poursuite de ma vie - John Corey Wharey

Lu en partenariat avec les éditions  Casterman

a la poursuite de ma vie Casterman - octobre 2015 - 384 pages

traduit de l'anglais par Antoine Pinchot

Titre original : Noggin, 2014

Quatrième de couverture : 
Travis, 16 ans, est atteint d’une leucémie incurable. Face à l’échéance fatale, un médecin lui propose de suivre un protocole expérimental et révolutionnaire : laisser mourir son corps malade et cryogéniser sa tête, seule partie de son corps épargnée par l’affection, en attendant que la science ait découvert un moyen de la greffer sur le corps d’un donneur. Les chances de succès sont infimes, mais Travis se porte volontaire. Lorsqu’il se réveille dans un corps inconnu au terme d’un long « sommeil » de cinq ans, mais avec la sensation de ne s’être absenté que trois semaines, il peine à reconnaître le monde qui l’entoure. Sa copine Cate et son meilleur ami Kyle ont désormais 22 ans, mais lui, avec un mental intact d’adolescent, a l’impression de les avoir quittées la veille. Ses parents, soucieux de préserver leur fils unique, lui cachent les bouleversements intervenus au sein de leur couple. Enfin, sa résurrection a fait de lui une célébrité médiatique sans qu’il y soit préparé. Très vite, Travis se sent tiraillé entre deux mondes : il appartient au passé, mais se sent prêt à tout pour trouver une place dans le futur qui est le sien désormais. Avec courage et détermination, il n’a d’autre choix que de partir à la poursuite de sa nouvelle vie…

Auteur : John Corey Whaley, né en 1984, est un auteur américain de romans pour jeunes adultes. 

Mon avis :  (lu en octobre 2015)
Travis a 16 ans lorsqu'il meurt d'une leucémie foudroyante. Il a accepté de participer à une expérience un peu particulière de cryogénie. Après sa mort, sa tête est conservée pour être plus tard greffée sur un autre corps. En acceptant cette expérience, Travis espère revivre un jour et peut-être retrouver Cate, sa petite amie, de nombreuses années plus tard. Or les progrès de la médecine ont été plus vite que prévu et finalement c'est seulement 5 ans plus tard que Travis revient à la vie. Pour lui, il a l'impression de se réveiller après quelques jours. Mais le monde autour de lui a continué de vivre. Ses amis ont maintenant 5 ans de plus que lui. Sa petite amie est fiancée... Travis a toujours le caractère d'un adolescent, qu'il n'a pas cessé d'être, contrairement à ses amis qui sont devenus des adultes. Travis a du mal à s'adapter à sa nouvelle vie, il a tendance à regretter sa vie d'avant... Il va lui falloir du temps pour arrêter de se plaindre et arrêter de ressasser le passé plutôt que de regarder vers l'avenir...
Cette histoire est très originale qui nous interroge sur comment vivre dans le corps d'un autre, ou pour les proches comment vivre un deuil avec un infime espoir de voir un proche revivre... 

Merci aux éditions Casterman pour cette lecture à la limite du fantastique.

Autre avis : Gambadou

Extrait : (début du livre)
Voilà : j'étais vivant, et puis je suis mort. C'est aussi simple que ça. Sauf que je suis de retour. Ce qui s'est passé dans l'intervalle reste pour moi un peu flou. Tout ce que je peux vous dire, c'est que ma tête a été séparée de mon corps puis placée dans un congélateur de l'hôpital de Denver, dans le Colorado.
Personne n'échappe à la mort. De tous les animaux de la planète, il paraît que l'homme est le seul à se savoir promis à une fin tragique. Seulement, certains sont confrontés à cette échéance beaucoup plus tôt que les autres. Par expérience, je peux témoigner qu'une existence humaine peut passer du paradis à l'enfer en moins de temps qu'il n'en faut pour prononcer les mots "leucémie aiguë lymphoblastique".
L'ancien moi est tombé malade en quelques jours, si rapidement que les médecins, incapables d'endiguer le mal, se sont trouvés réduits à commenter sa gravité et sa vitesse de progression. La chimio, la radiothérapie et les greffes de moelle osseuse n'ont fait qu'accélérer et renforcer le processus.
On dit qu'on ne vit qu'une fois. Je suis la preuve du contraire.

Challenge 3%
rl2015
13/18

Publicité
A propos de livres...
Publicité
A propos de livres...
Newsletter
56 abonnés
Publicité
Albums Photos
Visiteurs
Depuis la création 1 387 666
Publicité