Déjà lu du même auteur :
Retour à Killybegs
Mon traître
Le petit Bonzi
La légende de nos pères
Le quatrième mur
C'est parti !

Présentation dans le billet Bientôt Challenge Voisins Voisines 2015 (inscription) !
Quelques précisions supplémentaires :
Voici une liste des pays d'Europe (cf. Wikipedia) moins la France :
Albanie, Allemagne, Andorre, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Géorgie, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Kazakhstan, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Moldavie, Monaco, Monténégro, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Saint-Marin, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie, Ukraine et Vatican.
Participants inscrits pour 2015 :
Argali, Ariane, Canel, Céline, eimelle, lcath, Leshakili, Lydie, Lystig, Manika, monpetitchapitre,
Nadael, Passion Culture, Sharon, Une ribambelle, Valérie, Vio, Aproposdelivres
C'est en commentaire de ce billet que vous pouvez déposer
les liens de vos lectures en précisant le PAYS.
Pour s'inscrire, il est préférable de le faire sur le billet
Bientôt Challenge Voisins Voisines 2015 (inscription)
Merci et bonnes lectures européennes à tous !
***
Billet récapitulatif 2015
***
mis à jour 14/12/2015
Albanie
Kongoli Fatos - Le dragon d'ivoire, Sharon
Allemagne
Wagner Jan Costin - L'hiver des lions, Manika
Klüssendorf Angelika - La fille sans nom, Canel, Sharon
Schlink Bernhard - Le liseur, Céline
Fitzek Sebastian - Le briseur d'âmes, Manika
Fitzek Sebastian - Le voleur de regards, Icath
Arango Sascha - La vérité et autres mensonges, Aproposdelivres
Sendker Jan-Philipp - Un cœur bien accordé, Lydie
Sendker Jan-Philipp - L’art d’écouter les battements du cœur, Manika
Mawil - Kinderland, Argali
Bank Zsuzsa - Les jours clairs, Nadaël
Rammstedt Tilman - Un amour aussi grand que le désert de Gobi, Lydie
von Schirach Ferdinand - Crimes, Manika
Autriche
Haushofer Marlen - Le mur invisible, Ariane
Flasar Milena Michoto - La cravate, Argali
Glattauer Daniel - Quand souffle le vent du nord, Céline
Glattauer Daniel - La septième vague, Céline
Nöstlinger Christine - Le môme en conserve, Sharon
Belgique
Skowronek Nathalie - Karen et moi, Ariane
Sels Véronique - Voyage de noces avec ma mère, Lydie
Aspe Peter - Le message du pendu, Sharon
Berenboom Alain - La fortune Gutmeyer, Argali
Desamory Damien - La vie en ville, Argali
Job Armel - Le bon coupable, Argali
Baba Luc - Le mystère Curtius, Argali
Bary Isabelle - Zébraska, Argali
Lanoye Tom - Les boîtes en carton, Passion culture
Celentin Marie - Dans le bleu de ses silences, Argali
Nothomb Amélie - Cosmétique de l'assassin, Manika
Nothomb Amélie - La métaphysique des tubes, Manika
Nothomb Amélie - Mercure, Manika
Nothomb Amélie - Les combustibles, Manika
Nothomb Amélie - Pétronille, Manika
Verhulst Dimitri - Comment ma femme m'a rendu fou, Canel
Van Wilder Cindy - Les outrepasseurs, tome 1 : les héritiers, Sharon
Moeyert Bart - La rue des étoiles, Sharon
Lagneau Olivier - Les terres du Ponant, tome 2 : la cité interdite, Sharon
Aspe Peter - Le carré de la vengeance, Céline
Aspe Peter - Faites vos jeux, Sharon
Bulgarie
Dimova Teodora - Mères, Sharon
Danemark
Adler Olsen Jussi - L'effet papillon, Aproposdelivres
Wolf Inger - Mauvaises eaux, Sharon
Adler Olsen Jussi - Dossier 64, Icath
Wolf Inger – Noir septembre, Aproposdelivres
Flemming Jensen - Petit traité des privilèges l'homme mur et autres réflexions nocturnes, Manika
Espagne
Gallego Garcia Laura - L'impératrice des Ethérés, Sharon
Garrido Antonio - Le lecteur de cadavres, Une ribambelle
de Prada Juan Manuel - La tempête, eimelle
Pérez Reverte Arturo - La patience du franc tireur, Icath
Montero Rosa - Le roi transparent, Leshakili
Montalban Manuel Vazquez - Tatouage, Sharon
Bartlett Alicia Gimenez - Le silence des cloîtres, Sharon
Ledesma Francisco Gonzalez - Le péché ou quelque chose d'approchant, Sharon
Sainz de la Maza Aro - Le bourreau de Gaudi, monpetitchapitre
Uribe Willy - Le prix de mon père, Une ribambelle
Miralles Frances et Santos Care - Le plus bel endroit du monde est ici, Lydie
Estonie
Kivirähk Andrus - Les groseilles de novembre, Sharon, Lydie
Indrek Harga - L'énigme de Saint-Olav, Sharon
Finlande
Teir Philippe - La Guerre d'hiver, Aproposdelivres, Sharon, Canel
Lindgren Minna - Les petits vieux d'Helsinki, Aproposdelivres
Paasilinna Arto - Petits suicides entre amis, Une ribambelle
Paasilinna Arto - Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés, Aproposdelivres
Grèce
Markaris Petros - Pain, éducation et liberté, Sharon
Markaris Petros - Le justicier d'Athènes, Sharon
Irlande
French Tana - La maison des absents, Canel
Barry Sebastian - Le testament caché, Ariane
Millar Sam - Le cannibale de Crumlin Road, Icath
McKeon Darrah - Tout ce qui est solide se dissout dans l'air, Aproposdelivres
Bolger Delmot - Une illusion passagère, Manika
Doyle Roddy - À la poursuite du Grand Chien Noir, Céline
Islande
Indridason Arnaldur - Les nuits de ekjavik, Aproposdelivres
Birgisson Bergsveinn - La lettre à Helga, Lydie
Indridason Arnaldur - Betty, Sharon, Une ribambelle
Jönsdottir Audur - Tourner la page, Icath
Stefansson Jon Kalman - D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds, Une ribambelle
Thorarinsson Arni - L'ange du matin, Sharon
Jónasson Jón Atli - Les enfants de Dimmuvík, Canel
Italie
Greggio Simonetta - L'odeur du figuier, eimelle
Mazzucco Melania - La longue attente de l'ange, Ariane
D'Urbano Valentina - Acquarena, Aproposdelivres
Camilleri Andrea - La chasse au trésor, Sharon
Carrisi Donato - Le chuchoteur, Manika
Melandri Francesca - Plus haut que la mer, Ariane
Tiziano Scarpa - Stabat Mater, eimelle
Veloce Viola - Meurtres à la pause déjeuner, eimelle
Barrico Alessendro - Trois fois dès l'aube, Manika
Giordano Paolo - La solitude des nombres premiers, Manika
Vigevani Alberto - Un été au bord du lac, Manika
Barrico Alessendro - Soie, Manika
Malvaldi Marco - Le mystère de Roccapendente, Sharon
Vichi Marco - Le commissaire Bordelli, Sharon
Macédoine
Starova Luan - Le chemin des anguilles, Sharon
Norvège
Petterson Per - Je refuse, Manika, Une ribambelle
Rossland Ingelin - Chasse à l'ange, Sharon
Pays-Bas
Koch Herman - Le dîner, Icath
Kat de Otto – Julia, Une ribambelle
Hof Marjolijn - Une petite chance, Sharon
Pologne
Miloszweski Zygmunt - Un fond de vérité, Sharon
Olech Joana - Une vie de dragon, tome 2, Sharon
Royaume-Uni
Allison Robert - Lettres mortes, Aproposdelivres
Perry Anne - Noël à Kanpur, Sharon
Hitchcock Fleur - Scarlett mène l'enquête, Céline
Leyshon Nell - La couleur du lait, Aproposdelivres, Ariane
Smith Dan - Le village, monpetitchapitre
Morpurgo Michael - Mauvais Garçon, Manika
Fellowes Jullian - Passé imparfait, Une ribambelle
Bauer Belinda - Cadavre 19, Céline
Cassidy Cathy - Les filles au chocolat, T1, Céline
Chevalier Tracy - Le récital des anges, eimelle
Fletcher Susan - La fille de l'Irlandais, Leshakili
Granger Ann - La curiosité est un pécher mortel, eimelle
Hawkins Paula - La fille du train, Canel, Lydie
Hollinghurst Alan - La Piscine bibliothèque, Canel
Hollinghurst Alan - L'enfant de l'étranger, Une ribambelle
Delaney Joseph - Le pacte de Sliter, Sharon
Lanchester John - Chers voisins, Ariane
Laurie Hug - Tout est sous contrôle, Manika
Marsh Willa - Le prix de l'innocence, Canel
Marston Edward - La tête de la reine, eimelle
Morpurgo Michael - Cheval de guerre, Manika
North Claire - Les quinze premières vies d'Harry August, Manika
Perry Anne - Silence à Hanover Close, eimelle
Lehmann Rosamond - Poussière, Icath
Rowling JK - Une place à prendre, Céline
Vaughan Sarah - La meilleure d'entre nous, Aproposdelivres, Lydie
Smith Tom Rob – La ferme, monpetitchapitre
Solomons Natasha - Jack Rosenblum rêve en anglais, Une ribambelle
Sackville-West Vita - Paola, Une ribambelle
Burton Jessie - Miniaturiste, Ariane
Huth Angela - Souviens toi de Hallows Farm, Manika
O'Farrell Maggie - En cas de forte chaleur, Une ribambelle
Parsons Tony - Des garçons bien élevés, Aproposdelivres, Lydie
Granger Ann - Un intérêt particulier pour les morts, Céline
Rose Mélanie - La mémoire d'une autre, Céline
Whyman Matt - Un amour de cochon, Manika
McDermid Val - Northanger Abbey, Sharon
McCall Smith Alexander - Akimbo et les babouins, Sharon
May Peter - L’île des chasseurs d’oiseaux, Canel
May Peter - L'Homme de Lewis, Canel
May Peter - Le braconnier du lac perdu, Canel
Oswald James – De mort naturelle, Icath
Russie
Akounine Boris - Le conseiller d'Etat, Sharon
Oulitskaia Ludmila - Sonietchka, Une ribambelle
Slovénie
Jancar Drago - Cette nuit, je l'ai vu, Aproposdelivres, Manika
Svit Brina - Mort d'une prima donna slovène, Sharon
Suède
Mankell Henning - A l'horizon scintille l'océan, Lydie
Jonasson Jonas - Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Canel , Céline
Mankell Henning - Une main encombrante, Sharon
Carlsson Christoffer - Le Syndrome du pire, Aproposdelivres
Bivald Katarina - Le Bibliothèque des cœurs cabossés, Aproposdelivres
Edwarson Ake - Je voudrais que cela ne finisse jamais, Sharon
Gerhardsen Carin - La comptine des coupables, Canel
Sten Viveca - Les nuits de la Saint-Jean, Aproposdelivres
Gerhardsen Carin - La maison en pain d'épices, Canel
Lagercrantz David - Millenium 4 : Ce qui ne me tue pas, Aproposdelivres
Larsson Asa - La piste noire, Aproposdelivres
Mazetti Katarina - le viking qui voulait épouser la fille de soie, Manika
Läckberg Camilla - L’oiseau de mauvaise augure, Manika
Suisse
Maggetti Daniel - La veuve et l'enfant, Une ribambelle
Turquie
Canigüz Alper - L'assassinat d'Hicabi Bey, Sharon
Ukraine
Kourkov Andreï - Le Pingouin, Une ribambelle
Scrineo - août 2014 - 384 pages
traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Nathalie Peronny
Titre original : Will Grayson, will grayson, 2010
Quatrième de couverture :
Will Grayson se méfie des sentiments. Les histoires de cœur portent la poisse, tout le temps. Alors dans la vie, autant se faire discret. Son meilleur ami, Tiny Cooper, est à la fois une bénédiction et une vraie plaie : ami fidèle et rayonnant, il est aussi ouvertement gay que corpulent et n'a pas l'habitude de passer inaperçu. À l'autre bout de ville, un adolescent en pleine déprime assume mal sa différence. Le hasard veut qu'il se nomme lui aussi Will Grayson...
Auteurs : John Green est né en 1977. Il vit avec sa femme et son fils à Indianapolis, la capitale de l'Etat de l'Indiana, aux Etats-Unis. Il a reçu de nombreux prix pour ses romans, dont le Michael L Printz Award, prestigieux prix américain, pour son premier roman Qui es-tu Alaska ? John Green et son frère, Hank, sont les auteurs de Vlogbrothers, un des projets de vidéos en ligne les plus connus au monde.
David Levithan est un auteur gay américain. Il a publié son premier livre, Boy Meets Boy en 2003.
Il est l'auteur de Nick et Norah's Infinite Playlist (Une Nuit à New-York) , co-écrit avec Rachel Cohn en 2006 et adapté au cinéma en 2007.
Mon avis : (lu en décembre 2014)
Will Grayson est plutôt discret autour des sentiments, au contraire de son meilleur ami, Tiny Cooper, très expansif sur le sujet... Ce dernier est gay et fier de l'être.
A l'autre bout de la ville, il y a un autre will grayson, adolescent dépressif, sans véritable ami, mal dans sa peau. Le seul moment agréable de sa journée, c'est lorsqu'il est devant son ordinateur et qu'il converse avec isaac un ami virtuel rencontré sur le net. Un jour, ils décident de se rencontrer en vrai... A cette occasion, les deux Will vont se rencontrer.
Les deux auteurs se sont répartis les deux Will, et chacun d'eux est narrateur d'un chapitre sur deux.
J'ai eu un peu de difficulté au début de ma lecture. Les chapitres du will (dépressif) sont plus difficiles à lire à cause du style parlé, sans majuscule... le malaise de will transpire dans sa façon de s'exprimer.
Je me suis vraiment mise à aimer ce livre à partir de la rencontre des deux Will...
Des personnages attachants, un roman à deux voix et une histoire très émouvante.
Livre destiné aux lycéens et aux adultes.
Extrait : (début du livre)
Quand j'étais petit, mon père me disait toujours : « Dans la vie, Will, on peut choisir ses amis, on peut se moucher devant ses amis, mais on ne peut jamais moucher ses amis. »
Observation qui me semblait fort pertinente du haut de mes huit ans, mais qui s'est révélée fausse par bien des aspects. Pour commencer, personne ne choisit vraiment ses amis, sans quoi je n'aurais jamais atterri avec Tiny Cooper.
Tiny Cooper n'est certes pas le mec le plus homo de la terre, pas plus qu'il n'est le mec le plus corpulent de la terre, mais il est sans conteste le mec le plus corpulent de la terre à être vraiment très, très homo et le mec le plus homo de la terre à être vraiment très, très corpulent. C'est mon meilleur ami depuis le CM2, à l'exception du dernier semestre - au cours duquel il s'est entièrement dédié à l'exploration de son homoïtude et moi, pour la toute première fois, à la découverte de la vie au sein d'un Groupe d'Amis genre
plus-potes-tu-meurs qui a fini par ne plus m'adresser la parole à la suite des deux crimes mineurs que voici :
1. Quand un délégué scolaire a protesté contre la présence de gays dans les vestiaires et que j'ai pris la défense de Tiny Cooper pour faire valoir son droit à être à la fois gigantesque (ce qui fait de lui le meilleur défenseur de notre misérable équipe de foot américain) et gay dans une lettre adressée au journal du lycée, et que j'ai eu la bêtise de signer.
2. Quand un certain Oint, membre du Groupe d'Amis, a évoqué cette lettre au déjeuner et m'a traité de chochotteux, terme dont j'ignorais le sens et que je lui ai demandé de m'expliquer, si bien qu'il m'a traité de chochotteux une seconde fois, après quoi je lui ai rétorqué d'aller se faire foutre avant de prendre mon plateau et de m'en aller.
Techniquement, j'imagine que je me suis donc exclu moi-même du Groupe d'Amis, même si j'ai plutôt le sentiment de m'en être fait virer. Pour être honnête, aucun de ces types ne semblait vraiment m'apprécier. Mais je faisais partie de leur bande et ça, pour moi, c'était quelque chose. Désormais, je fais à nouveau cavalier seul.
Sauf si on compte Tiny Cooper. Ce que je suis bien obligé de faire, grosso modo.
Challenge 5% Rentrée Littéraire 2014 
26/30
Nous sommes déjà début décembre, le Challenge Voisins Voisines 2014 est sur sa fin...
Il est temps d'annoncer le Challenge Voisins Voisines 2015 pour l'année prochaine !
Le but : Lire des romans européens (hors France), de découvrir la littérature contemporaine de nos "voisins et voisines".
Voici une liste des pays d'Europe (cf. Wikipedia) moins la France :
Albanie, Allemagne, Andorre, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Géorgie,Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Kazakhstan, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Moldavie, Monaco, Monténégro, Norvège, Pays-Bas,Pologne, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Saint-Marin, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie, Ukraine et Vatican.
Je rappelle les règles pour ce challenge créé par Kathel (Lettres Exprès) et poursuivi par Anne (Des mots et des notes) :
- Nous lisons bien des romans, jeunesse ou adultes ou polars… et rien que des romans.
- Nous considérons que la littérature contemporaine implique des livres publiés à partir de 1960. L’auteur peut être décédé ou non.
- Seuls les traductions participent au challenge, le but étant de mettre ces romans européens à la portée de tous, tout le monde ne peut pas lire en V.O. et il existe d’autres challenges qui permettent de lire en V.O.
Un billet récapitulatif 2015, sur lequel vous pourrez déposer les liens vers vos billets, sera mis en ligne dès le 1e janvier, mais vous pouvez déjà vous inscrire ici, dans les commentaires !

Voici logo, mis à jour, toujours conçu à partir d'une photo prise à Dublin (Source)
Argali, Ariane, Canel, Céline, eimelle, lcath, Lydie, Lystig, Manika, monpetitchapitre,
Nadael, Passion Culture, Sharon, Une ribambelle, Valérie, Vio, Aproposdelivres
Bonnes lectures européennes à tous !
Futuropolis - octobre 2014 - 256 pages
Quatrième de couverture :
L'Antarctique est le continent le plus sec, le plus froid, le plus difficile d'accès. C'est le monde des extrêmes. En 2011, l'Institut polaire français invite François et Emmanuel Lepage à rendre compte, dans un livre mêlant bande dessinée et photos, d'une mission scientifique sur la base française antarctique Dumont d'Urville, en Terre-Adélie. En outre, il leur propose de participer, comme chauffeurs, au raid de ravitaillement de la base Concordia, située au cœur du continent antarctique, à 1 200 km de Dumont d'Urville ! Le Raid, comme on l'appelle, est LA grande aventure polaire ! Pour les deux frères, ce serait l'aventure de leur vie... Mais rien ne se passera comme prévu !
Auteurs : Emmanuel Lepage est un dessinateur, scénariste et coloriste de bande dessinée, né en 1966 à Saint-Brieuc. Il vit dans les Côtes-d'Armor.
François Lepage est reporter-photographe. Il vit à Rennes.
Mon avis : (lu en novembre 2014)
Après le beau voyage dans les Terres Australes, Emmanuel Lepage et son frère François, photographe, repartent pour le voyage de leur vie, un rêve inespéré : un voyage en Antarctique ! Ils ont été invités par l'Institut Polaire Français à découvrir la base française antarctique Dumont d'Urville, en Terre-Adélie et à participer au ravitaillement de la station Concordia.
Emmanuel et François nous racontent en dessins et en photos cette expérience extrême.
Depuis les préparatifs, le départ repoussé, le voyage pas toujours agréable sur le bateau (l'Astrolabe) entre l'Australie et la Terre Adélie, les deux frères racontent avec simplicité leur quotidien, leurs rencontres avec les participants de la mission, les douze jours de « Raid » vers Concordia. Ils rendent compte de leurs émotions, de leurs inquiétudes... Les conditions météorologiques extrêmes sont seul maître de cette aventure polaire qui ne se passera pas vraiment comme prévu mais le résultat est un album vraiment réussi.
La beauté des paysages est formidablement bien rendue par les aquarelles d'Emmanuel ou les photos de François. Le dépaysement est assuré ! Une bande dessinée coup de cœur !
Extrait : (début du livre)
Challenge Petit Bac 2014
"Couleur" (12)
Challenge 4% Rentrée Littéraire 2014 
23/24
Déjà lu du même auteur :
Dupuis - mai 2014 - 48 pages
Quatrième de couverture :
Pilote d'exception engagé dans l'US Air Force pour combattre les nazis, Max dit "le Polak" a pour mission d'abattre Hanna Reitsch, pilote d'élite de la Luftwaffe. Une mission à hauts risques, qui implique pour Max d'infiltrer l'armée ennemie et d'affronter son propre passé. Car avant de devenir une cible, Hanna était une amie d'enfance... Mais c'était avant que le tourbillon de l'Histoire ne les avale et ne les jette l'un contre l'autre. Une époque révolue, où ils pouvaient encore partager le même rêve, celui de devenir les meilleurs pilotes de leur génération. Un rêve bientôt interdit pour Max, issu d'une famille juive polonaise persécutée par les nazis et obligé de prendre le chemin de l'exil pour accomplir sa destinée.
Auteurs : Yann Lepennetier, dit Balac ou Yann, est un auteur de BD.
Après ses débuts dans la publicité et l’architecture, ce Marseillais s’est lancé dans la bande dessinée en 1974 en dessinant pour Spirou à Bruxelles où il habite désormais.
Remercié par le journal pour dessins irrévérencieux, il avait noué des liens forts de franche camaraderie avec Conrad avec qui il a notamment réalisé les Innommables en 1980 et lancé la Tigresse blanche en 2005.
Ses premiers scénarios l’avaient conduit dans l’univers de Franquin avec le Marsupilami en 1989 et de Gosciny avec Lucky Luke sans oublier son one-shot sur une aventure de de Spirou.
Il écrit depuis pour de nombreux dessinateurs comme Berthet (Pin Up, Yoni, les exploits de Poison Ivy), Simon Léturgie (Spoon White), Félix Meynet (les Eternels) avec ou encore Herval (Tiffany), René Hausman (Les Trois cheveux blancs, Le Prince des écureuils), Yslaire (Sambre), Joël Parnotte (Le Sang des Porphyre).
Sa production est très diversifiée, avec des séries humoristiques, voire la reprise de classique (Le Marsupilami, avec Batem, Lucky Luke, avec Morris, Kid Lucky avec Conrad (sous le pseudonyme commun Pearce) et Jean Léturgie).
Sa série Narvalo dessinée par Erik Juszezak devrait voit son épilogue en 2008 avec un second tome en plus de 54 planches. Le Sang des Porphyres est prévu en 4 albums dont 2 sont parus. Son actualité est par nature riche. En 2008 il a sorti le 2ème tome de Tiffany et le 3ème des exploits de Poison Ivy.
Né le 15 février 1973, Alain Henriet nourrit dès son plus jeune âge ses appétits bédéphiles dans les Stranges qu'il achetait en occasion sur les marchés, mais également dans Mickey Magazine, puis dans diverses séries de chez Dupuis. Il s'inscrit à l'académie des beaux-arts de Liège. Ses premières publications arriveront à cette époque, il participera à l'aventure du magazine ''Brazil'' dans les trois numéros existants.
À la même époque, toujours à l'académie de Liège, Alain gagne un concours de BD organisé par le journal de Spirou (deux planches publiées dans le numéro 3044), il se retrouve à jongler dans sa dernière année d’études entre la rédaction du journal (où il était en stage) et l'école. De là naîtront ses premières planches dans le journal de Spirou.
En 1998, Alain est engagé à la rédaction de Spirou magazine comme correcteur et maquettiste. Il y travaille toujours, mais uniquement le mardi. C'est lors d'un festival qu'il rencontre Olivier Vatine. Celui-ci préfère la première version d'Une pizza à l'oeil à leur projet de S.F. Le soir même, ils décident de relancer la machine du tueur aux péripéties humoristiques. De là suivra la trilogie "John Doe "aux éditions Delcourt. La série finie, les protagonistes décident de prendre chacun leur envol.
À cette même époque, Olivier Vatine cherchait un dessinateur pour la série "Golden Cup". Fort de leur collaboration sur John Doe, celui-ci propose la série à Alain. De là suivra la collaboration avec le scénariste Daniel Pecqueur et, par la suite, la rencontre avec Manchu (grand spécialiste de science fiction) pour les designs très réalistes des véhicules.
Alain signera également avec les éditions Dupuis pour un album : "Pandora Box".
Aujourd'hui, il collabore avec Yann pour la série" Dent d'Ours" aux éditions Dupuis.
Mon avis : (lu en novembre 2014)
Deuxième épisode de le série, Max a comme mission de se faire passer pour un pilote allemand, il est donc parachuté en Pologne comme espion. Il va retrouver Hannah qui s'occupe de former de jeunes garçons qui seront envoyés au combat dans machines volantes expérimentales...
Un dessin superbe, des personnages attachants, une belle documentation sur l'armée allemande, sur ses méthodes d'entraînement, sur ses avions.
J'attends avec plaisir de découvrir la conclusion de l'histoire dans le troisième et dernier épisode "Werner".
Extrait :
Challenge Petit Bac 2014
"Animaux" (9)
La joie de lire - janvier 2013 - 273 pages
traduit de l'allemand par Génia Catala
Titre original : Freak City, 2010
Quatrième de couverture :
Mika vit dans le monde "normal" : ses potes, sa petite soeur envahissante, la musique et sa copine Sandra, qui veut faire "une pause". Léa vit dans un monde semblable : sa meilleure amie Franzie, sa famille difficile, le cinéma et les sorties au café Freak City. A une différence près : Léa est sourde. L'histoire d'une rencontre improbable.
Auteur : Kathrin Schrocke est née en 1975 à Augsbourg, en Bavière, et vit actuellement à Berlin. Après des études d'allemand et de psychologie, elle a écrit de nombreux romans et pièces de théâtre pour enfants et jeunes adultes. Elle a reçu plusieurs prix et nominations, dont le Nettetaler Youth Book Prize en 2010 ainsi que le Hansjörg-Martin Prize, catégorie meilleur thriller allemand pour la jeunesse. Freak City a été nominé pour le German Youth Literature Prize en 2011.
Mon avis : (lu en septembre 2014)
Mika a des difficultés à accepter la "pause" que Sandra sa petite amie à décider de faire. Il n'arrive pas à l'oublier et à faire quoique ce soit sans elle. Mais un jour, il rencontre Léa, sourde de naissance et pour communiquer avec elle et devenir son amie, il décide de prendre des cours de langage des signes. Cela va commencer par une amitié et la découverte du monde la surdité avant d'éprouver plus...
Cette histoire est très réaliste sur les préoccupations de l'adolescence et sur la surdité permet au lecteur de découvrir comment est intégré ou non un sourd dans notre monde d'entendants et comment sont nombreux les à priori.
Une très belle découverte sur une rencontre autour de la différence.
Extrait : (début du livre)
Un homme intelligent a dit un jour qu'on pouvait bâtir quelque chose de beau avec les pierres qui se trouvaient sur notre route.
Je peux vous dire que c'est vrai. Ça m'est arrivé.
Mais ce jour-là, alors que je suivais cette fille à travers la ville en compagnie de mes deux potes préférés, je n'avais pas la moindre idée de ce qui m'attendait.
C'était pourtant si évident que j'aurais dû le voir, ça sautait aux yeux. Mais j'étais tellement à côté de mes pompes à cette époque. Malade d'amour. Paumé. Je ne comprenais rien à rien.
Au lieu de ça, comme une andouille, je lui courais après avec les deux autres, en lui lançant des grossièretés.
Je ne voyais que ce que je voulais bien voir : ses boucles sauvages, sa minijupe jaune remontée un rien trop haut. Le tatouage sur sa nuque qui disparaissait sous son t-shirt grenat.
Ses tongs vertes faisaient un bruit déchirant sur l'asphalte, elles semblaient crier pitié à chaque pas.
Il faisait trop chaud pour la saison, l'air vibrait autour de nous.
C'est de cette vibration que surgit sa fière silhouette. Le cerveau brûlé par cette chaleur, j'étais aveugle à tout le reste.

Editions VDB - juillet 2012 - 14h30 - Lu par José Heuzé et Isabelle Miller
Presse de la Cité - janvier 2012 - 532 pages
Pocket - mars 2013 - 570 pages
Quatrième de couverture :
Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de trois mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias ont baptisée Libellule.
Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’affaire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.
Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masques tombent.
Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ?
Ou bien quelqu’un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ?
Auteur : Il est professeur de géographie et directeur du laboratoire de modélisation et traitements graphiques en géographie. Comme chercheur universitaire, il publie depuis une vingtaine d’années des articles et ouvrages scientifiques.
Lecteurs :
Isabelle Miller est comédienne de théâtre de formation classique, elle prête sa voix à des personnages de séries TV (Desperate housewives…) et de cinéma (Les 4 Fantastiques…). Elle a également été amenée à travailler pour la télévision (documentaires) et la radio (fictions).
José Heuzé
Mon avis : (écouté en septembre 2014)
Tout commence le 23 décembre 1980, lorsque l'avion Paris-Istanbul décroche et s'écrase sur les pentes du Mont Terrible dans le Jura. A bord de l'avion il y a 169 personnes, il y aura 1 seul survivant, une petite fille aux grands yeux bleus de quelques mois éjectée de l'appareil avant qu'il prenne feu... Qui est ce bébé ? Lyse-Rose ou Emilie ? La petite-fille de Léonce et Mathilde de Carville, riches industriels du Val de Marne ou celle de Pierre et Nicole Vitral, commerçants ambulants à Dieppe ? A l'époque, les tests ADN n'existent pas encore, impossible d'établir avec certitude l'identité de l'enfant, c'est finalement la justice qui tranche et Lylie est confiée aux Vitral. Mathilde de Carville engage à grands frais Crédule Grand-Duc, détective privé, pour enquêter jusqu'au 18 ans de Lylie et établir avec certitude son origine.
Dix-huit ans plus tard, Crédule Grand-Duc vient de terminer de rédiger le cahier de ses 18 ans d'enquêtes qu'il compte remettre à Lylie. L'enquête n'ayant pas abouti, déprimé, il s'apprête à mettre fin à ses jours et soudain, il comprend...
Avec la lecture de ce cahier, le lecteur découvre l'histoire de Lylie et son dénouement incroyable.
La construction de l'histoire est palpitante et la version audio à deux voix est très réussie.
Extrait :
23 décembre 1980, 00 h 33
L'Airbus 5403 Istanbul-Paris décrocha. Un plongeon de près de mille mètres en moins de dix secondes, presque à la verticale, avant de se stabiliser à nouveau. La plupart des passagers dormaient. Ils se réveillèrent brusquement, avec la sensation terrifiante de s'être assoupis sur le fauteuil d'un manège de foire.
Ce furent les hurlements qui brisèrent net le fragile sommeil d'Izel, pas les soubresauts de l'avion. Les bourrasques, les trous d'air, elle en avait l'habitude, depuis presque trois ans qu'elle enchaînait les tours du monde pour Turkish Airlines. C'était son heure de pause. Elle dormait depuis moins de vingt minutes. Elle avait à peine ouvert les yeux que sa collègue de garde, Meliha, une vieille, penchait déjà vers elle son décolleté boudiné.
- Izel ? Izel ? Fonce ! C'est chaud. C'est la tempête, dehors, il paraît. Zéro visibilité, d'après le commandant. Tu prends ton allée ?
Izel afficha l'air lassé de l'hôtesse expérimentée qui ne panique pas pour si peu. Elle se leva de son siège, réajusta son tailleur, tira un peu sur sa jupe, admira un instant le reflet de son joli corps de poupée turque dans l'écran éteint devant elle et avança vers l'allée de droite.
Les passagers réveillés ne hurlaient plus, mais ouvraient des yeux plus étonnés qu'inquiets.
L'avion continuait de tanguer. Izel entreprit de se pencher avec calme sur chacun d'entre eux.
- Tout va bien. Aucun souci. On traverse simplement une tempête de neige au-dessus du Jura. On sera à Paris dans moins d'une heure.
Le sourire d'Izel n'était pas forcé. Son esprit vagabondait déjà vers Paris. Elle devait y rester trois jours, jusqu'à Noël. Elle était excitée comme une gamine à l'idée de jouer lesStambouliotes libérées dans la capitale française.
Ses attentions rassurantes se posèrent successivement sur un garçon de dix ans qui s'accrochait à la main de sa grand-mère, sur un jeune cadre à la chemise froissée qu'elle aurait volontiers recroisé le lendemain sur les Champs-Élysées, sur une femme turque dont le voile, sans doute mal ajusté à cause du réveil brutal, lui barrait la moitié des yeux, sur un vieil homme recroquevillé sur lui-même, les mains coincées entre ses genoux, qui lui jetait un regard implorant...
- Tout va bien. Je vous assure.
Izel progressait calmement dans l'allée quand l'Airbus pencha à nouveau sur le côté.
Quelques cris fusèrent. Un jeune type assis sur la droite d'Izel, qui tenait à deux mains un baladeur-cassette, cria d'un air faussement enjoué :
- C'est pour quand, le looping ?
Challenge Trillers et Polars
2014-2015

catégorie "Même pas peur" : 6/25
Déjà lu du même auteur :
Albin Michel BD - mai 2003 - 56 pages
Quatrième de couverture :
To-ta-le-ment à l’ouest, ces deux-là !!! Dico et Charles Le Tilleux, doux dingues échappés de l’asile, forment un duo improbable mais d’un comique très efficace. Dico pioche ses identités dans le dictionnaire au gré des circonstances, ce qui perturbe quelque peu ses interlocuteurs... Charles, lui, veut seulement (!) récupérer « ses » îles Jersey et Guernesey, odieusement volées à sa famille normande par les Anglais. Pour ça, aucun plan n’est assez... fou. Déjantés, imprévisibles, attachants, les deux compères provoquent une cascade de situations désopilantes et multiplient les catastrophes dont le Corps Diplomatique franco-anglais aura bien du mal à se remettre !Pétillon et Rochette croquent au passage quelques portraits cocasses des institutions politico-religieuses, des psy, des avocats... Avec eux, le tourisme à Londres, c’est de la bombe !
Auteurs : Jean-Marc Rochette publie ses premiers travaux dans Actuel. Il publie en 1980 Le dépoteur de chrysanthèmes chez Futuropolis. Il collabore avec Mandryka et Martin Veyron. En 1984, il crée avec Jacques Lob Le transperceneige et, en 1986, sur un scénario de Benjamin Legrand, Requiem blanc, publié chez Casterman en 1987. Après une pause qu'il consacre à la peinture, il revient dans (A Suivre) et donne naissance aux Aventures psychologiques de Napoléon et Bonaparte. La suite du Transperceneige, L'arpenteur est parue en octobre 99 chez Casterman. En jeunesse, il se livre notamment avec une évidente délectation à l'exploration personnelle des textes classiques.
René Pétillon est né en 1945 à Lesneven, dans le Finistère. Dessinant depuis toujours pour le plaisir, c'est en autodidacte qu'il passe professionnel. Il n'a en effet jamais mis les pieds dans une école d'art. Après avoir envoyé quelques dessins par la poste, il débute en 1968 dans Plexus, L'Enragé et Planète. Comme le dessin d'humour ne le fait pas vivre, il se lance dans la bande dessinée et frappe à la porte de Pilote, où il publie aussitôt un récit en six pages intitulé Voir Naples et mourir. En 1974, il crée le détective Jack Palmer qui se baladera dans Pilote, L'Écho des savanes, BD, Télérama et VSD. En 1976, pour L'Écho des savanes, il scénarise Le Baron noir dont Yves Got assure le dessin. La série paraît ensuite en strip quotidien dans Le Matin de Paris (de 1977 à 1981). En 1993, il entre au Canard enchaîné, où, chaque semaine, il publie des dessins politiques. Grand Prix d'Angoulême en 1989, il reçoit en 2001, à Angoulême toujours, le prix du meilleur album pour L'Enquête corse. En 2002, il est lauréat du grand prix de l'humour vache au Salon international du dessin de presse et d'humour de Saint-Just-le-Martel. René Pétillon est aussi citoyen d'honneur de la ville de Bastia...
Mon avis : (lu en septembre 2014)
Je m'attendais lire un Jack Palmer donc j'ai été un peu surprise de ne pas le retrouver dans cette histoire.
L'idée de départ est originale et plutôt sympathique : Dico et Charles sont deux fous français échappés de l'asile à la suite de l'accident de leur ambulance. Charles Le Vétilleux revendique être le légitime héritier des îles de Jersey et Guernesey, elles ont été volées à sa famille normande par les Anglais. Dico prend tour à tour les identités piochées dans le dictionnaire soit John Lennon, Jean-Paul Sartre ou encore Margaret Thatcher... Ils décident tous les deux de partir pour l'Angleterre pour récuperer la souveraineté des deux îles anglo-normandes. Ce voyage est l'occasion de situations cocasses, parfois drôles mais surtout avec beaucoup de clichés sur les fous, les anglais, les islamistes...
Je n'ai pas spécialement aimé le coup crayon assez simpliste de l'album. Je suis un peu déçue par cette lecture.
Cette album est le premier d'une série de trois. (2 - Scandale à New-York, 3 - Triomphe à Hollywood)
Extrait :
Challenge Petit Bac 2014 
"Géographie" (11)
Date de sortie : 10 septembre 2014
Réalisé par : Lasse Hallström
Acteurs : Helen Mirren, Om Puri, Manish Dayal, Charlotte Le Bon
Titre original : The Hundred-Foot Journey, 2014
Durée : 2h02
Adaptation du roman de Richard C. Morais - Le Voyage de Cent pas
Synopsis : Hassan Kadam a un don inné pour la cuisine : il possède ce que l’on pourrait appeler « le goût absolu »… Après avoir quitté leur Inde natale, Hassan et sa famille, sous la conduite du père, s’installent dans le sud de la France, dans le paisible petit village de Saint-Antonin-Noble-Val. C’est l’endroit idéal pour vivre, et ils projettent bientôt d’y ouvrir un restaurant indien, la Maison Mumbai. Mais lorsque Madame Mallory, propriétaire hautaine et chef du célèbre restaurant étoilé au Michelin Le Saule Pleureur, entend parler du projet de la famille Kadam, c’est le début d’une guerre sans pitié. La cuisine indienne affronte la haute gastronomie française. Jusqu’à ce que la passion d’Hassan pour la grande cuisine française – et pour la charmante sous-chef Marguerite – se combine à son don pour orchestrer un festival de saveurs associant magnifiquement les deux cultures culinaires. Le charmant village baigne désormais dans des parfums débordants de vie que même l’inflexible Madame Mallory ne peut ignorer. Cette femme qui était autrefois la rivale d’Hassan finira par reconnaître son talent et le prendre sous son aile…
Mon avis : (vu le 8 septembre 2014)
Lorsque l'on m'a proposé de voir ce film en avant-première, je n'ai pas hésité. Je ne connais pas le roman de Richard C. Morais, mais comme j'aime ce qui touche à la cuisine, cela ne pouvait que me faire envie. C'est une jolie histoire d'amour sur fond de rivalités culinaires.
Hassan est né dans une famille de restaurateurs indiens. Il a grandit dans les senteurs du curry et des épices et a été initié à la cuisine par sa mère. A la suite d'évènements violents et douloureux, la famille a du quitter l'Inde et émigrer en Europe. Et le hasard a voulu que leur voiture (assez improbable) tombe en panne dans un petit village du Sud Ouest de la France, Saint-Antonin-Noble-Val. C'est là qu'Hassan, son père, ses frères et soeurs vont créer un restaurant indien, le Maison Mumbaï. Mais dans ce village, il y a aussi un restaurant gastronomique dans la tradition française, étoilé au Michelin, dont la patronne est Madame Mallory et où travaille la jolie Marguerite. Cette dernière ne tient pas à cette concurrence exotique et c'est le début d'une vraie guerre des restaurants...
Malgré quelques clichés typiquement américains sur la France, j'ai bien aimé ce film très bien rythmé, le décalage entre ces deux mondes si différents génère des quiproquos et des répliques pleines d'humour.
Autour de cette histoire assez simple il est question du goût, de l'apprentissage de la cuisine, du partage, de la tolérance, de l'intégration...
Le casting est très réussi, Helen Mirren en Madame Mallory est formidable, au début sèche et hautaine, son caractère évolue en bien tout au long du film. Om Puri, le père d'Hassan, est sûr du talent de son fils, il sera un adversaire entêté et malin parfaitement à la hauteur des enjeux.
J'ai été agréablement surprise par Charlotte Le Bon que je ne connaissais que dans son rôle de Miss Météo à Canal +.
Manish Dayal est très convaincant dans le rôle du jeune cuisinier talentueux.
Les paysages du film sont vraiment superbes, ainsi que les scènes de cuisine qui donnent l'eau à la bouche...
Cette soirée au cinéma m'a donnée envie de découvrir le livre de Richard C. Morais - Le Voyage de Cent pas.
J'ai vu le film en VO, au début c'est assez bizarre de voir Michel Blanc (le maire de Saint-Antonin-Noble-Val) et Charlotte Le Bon parler anglais...
Un grand merci à Ludovic et Way to Blue pour l'invitation à la projection de ce film vraiment savoureux.
Bande Annonce :
Lu en partenariat avec Pôle nord éditions
Pôle nord éditions - juin 2014 - 520 pages
Quatrième de couverture :
Au printemps 1917, un contingent de travailleurs chinois arrive à Nolette, petit village picard à quelques kilomètres de la baie de Somme. Ils ont été recrutés dans leur pays par l’armée britannique pour travailler à l’arrière du front. C’est une main-d’œuvre docile, taillable et corvéable à merci, que découvrent les paysans picards. Parmi eux la famille Coulon, dont l’un des membres est au bagne pour un crime qu’il n’a pas commis. Pour les Coulon, surveillés par la police, comme pour les Chinois, esclaves des Anglais, la guerre aura des conséquences dramatiques.
Auteur : Léo Lapointe est le nom de plume d'un expert international en affaires sociales.
Après un doctorat consacré aux questions de politique sociale et de problématique de l’emploi, il partage sa vie entre Côte picarde, Belgique et des missions à l’étranger, notamment le Mexique, l’Algérie, le Chili et le Liban.
Fortement engagé, c’est dans des associations à caractère social qu’il fait ses premières armes en tant qu’écrivain public. Défense des chômeurs, des immigrés, des réfugiés, des sans-logis…
Ses premiers écrits sont autobiographiques et auto-justificatifs, une façon de se défendre contre les choses désagréables qui arrivent en temps de crise.
C’est par la suite que l’auteur se tourne vers la fiction, et plus particulièrement le polar, dont les cinq premiers ont été édités par Ravet-Anceau à Lille.
Son premier roman édité en 2005, Le Vagabond de la Baie de Somme, est toujours présent dans les rayons après avoir largement dépassé le cap des 10 000 exemplaires vendus. Il réside en Belgique.
Mon avis : (lu en août 2014)
Ce livre est très bien documenté sur les faits historiques autour de la Première Guerre Mondiale, en particulier dans la région d'Abbeville. En fin du livre, il y a même en annexes de la documentation sur la présence de ce camp de travailleurs chinois à Noyelles-sur-Mer et la bibliographie du livre.
Le premier tiers de ce livre est consacré à installer l’ambiance, les lieux et les personnages de cette histoire : la famille Coulon-Boulogne, Gustave, Victoire et leurs enfants Julien, Rémi, France et Jeanne. Il y a également l'oncle Emile (le frère de Victoire) qui a des idées anarchistes, il est dans le colimateur de la police. Il faut attendre plus de la moitié du livre avant l’arrivée des chinois. Ils ont été recrutés par les anglais, pour travailler sur l’arrière front.
J'ai trouvé ce livre un peu long à lire même si l'intrigue est intéressante, il s'agit plus de suivre les péripéties de la famille Coulon-Boulogne depuis la fin du XIXème siècle jusqu'à la fin de la Guerre 14-18. L'épisode de la présence des travailleurs Chinois à proximité de la ferme des Coulon est assez anecdotique par rapport à l'étiquette "anarchiste" qui leurs a été donnée à cause de l'oncle. Les personnages de cette famille sont attachants, on voit grandir Julien qui passe du statut d’enfant à celui de soldat, il devient un homme qui ne recule pas pour ses idées, il est humain. Gustave, le père, porte sa famille à bout de bras, il espère toujours qu'il y aura des jours meilleurs. Victoire et ses filles sont des femmes fortes, elles veulent garder la tête haute. Rémi est mon préféré, c'est le petit frère qui prend le rôle de pilier de la maison après le départ de Julien au front et lorsque la fatigue affaiblira Gustave.
Merci Gilles et Pôle nord éditions pour ce partenariat.
Extrait : (début du livre)
C'était le printemps, mais ce printemps de 1903 était aussi lent à venir que le nouveau siècle avait été à naître.
Rémi ne pouvait avoir le moindre souvenir de ce passage qui avait tant énervé les adultes. A son arrivée au monde, le vingtième siècle venait de commencer, alors le bonheur viendrait, immanquablement.
Son grand frère Julien se rappelait au contraire parfaitement ce mois de janvier trois ans plus tôt. L'instituteur avait tracé à la craie la date magique sur le tableau noir : lundi 1er janvier 1900. Puis il s'était lancé dans un discours mémorable sur la France éternelle et meurtrie. Meurtrie ? Il ne la voyait pas comme cela, Julien, sa France n'allait guère plus loin qu'Abbeville. Et puis l'année suivante, 1901, serait celle de ses dix ans. Cet évènement était autrement considérable que la modernité des machines à venir annoncée par monsieur l'instituteur. Julien savait depuis qu'il était tout petit qu'il était classe 11. Il connaissait la signification : dans dix ans, la conscription. Une vie d'homme qui commencerait.
Petit frère n'avait donc guère plus de quelques mois au passage du siècle. Emmailloté jour et nuit il ne quittait les bras de sa mère que pour ceux de ses deux grandes sœurs. Aujourd'hui, trois ans plus tard, tout était différent. Depuis qu'il a appris à marcher, très tôt, il n'avait plus lâché son grand frère. Il passait la journée collé à ses basques, pataugeant avec lui dans la cour de ferme à nourrir les animaux et nettoyer l'écurie, ramassant les œufs, trottinant le soir sur ses talons vers la grande prairie herbue à l'ombre de la forêt pour ramener les trois vaches du maigre troupeau familial.
Challenge Trillers et Polars
2014-2015

catégorie "Même pas peur" : 3/25
Challenge Petit Bac 2014
"Bâtiment" (6)
Lu en partenariat avec Albin Michel
Albin Michel - août 2014 - 240 pages
Quatrième de couverture :
Dans une Barcelone étourdie par la crise, vibrante de toute l’énergie d’une jeunesse qui refuse le monde tel qu’il est, un homme part à la recherche de son petit-fils adolescent. Lui-même a tout quitté : sa solitude, la paix et l’oubli qu’il croyait avoir trouvés au fin fond des Cévennes. Et voici que dans la capitale catalane bruyante et révoltée, où plane l’ombre des combattants de 36, c’est sa propre histoire qu’il rencontre et dont il peut enfin se libérer.
L’œuvre exigeante de Franck Pavloff, habitée par l’exil et la quête, révèle ici une dimension inédite. Un récit intime et singulier, qui parle d’errance et de renaissance, une émouvante ode à la vie.
Auteur : Franck Pavloff se définit comme un « écrivain de l'ailleurs », qui rend compte des exils intérieurs ou géographiques que les guerres, les drames, la corruption, le cynisme et l'intolérance ont engendrés. Psychologue Expert, il a fait des droits des enfants un combat. Il a également passé plus de quinze ans à faire aboutir des projets de développement communautaire à travers l'Afrique et l'Asie.
Il a publié Menace sur la ville (1998), Haute est la tour (2003), Le Pont de Ran Mositar (2005), récompensé par le Prix France Télévision, La chapelle des apparences (2007), Le Grand Exil (2009), pour lequel il a obtenu le Prix Littéraire des Grands Espaces, etL'Homme à la carrure d'ours (2012), lauréat du Prix Lettres frontière.
Matin brun, sa fable grinçante publiée au départ chez un éditeur de poésie a connu un immense succès (2 millions d'exemplaires). Elle est traduite dans 25 pays (dont l'Inde, la Russie et le Japon). La dernière traduction vient de paraître, elle est chinoise.
Mon avis : (lu en septembre 2014)
J'ai trouvé ce livre dans ma boîte aux lettres à mon retour de vacances, j'avais oublié l'avoir demandé en partenariat...
Ioan est un ancien reporter, photographe de guerre qui s'est réfugié seul dans un coin perdu des Cévennes. Son plus proche voisin, Justin vieil éleveur de chèvres, est à une demi-heure de marche sur un sentier.
Un jour, Ioan reçoit un coup de téléphone, Valentin, son petit-fils est parti à Barcelone et il ne donne plus aucun signe de vie. Ioan va quitter sa retraite pour partir à la recherche de ce petit-fils qu'il n'a pas revu depuis de nombreuses années...
C'est une lecture très agréable qui nous fait découvrir le Barcelone invisible, celle des sans-abris, des artistes, des manifestants. Ioan va faire de nombreuses rencontres et au fil des jours, il va se libérer des démons qui le hante.
Je ne connais pas Barcelone mais ce livre me donne vraiment envie de découvrir cette ville pleine de surprises.
Merci et les éditions Albin Michel pour cette touchante découverte.
Extrait :
Lu en partenariat avec Folio

Manufacture de Livres - mars 2013 - 480 pages
Folio - mai 2014 - 512 pages
Quatrième de couverture :
2012. À la fin de l’émission où il est invité pour son livre sur la «Tuerie du Caire», un attentat qui a fait quarante victimes dont son père en 1954, Stanislas Kervyn reçoit un coup de téléphone qui bouleverse tout ce qu’il croyait savoir. 1948. Nathan Katz, un jeune Juif rescapé des camps, arrive à New York pour essayer de reconstruire sa vie. Il est rapidement repéré par le Chat, une organisation prête à exploiter sa colère et sa haine. Quel secret unit les destins de ces deux hommes que tout semble séparer ?
Auteur : Paul Colize est un écrivain belge de polars né en 1953 à Bruxelles. Paul Colize est consultant en management et organisation. Il vit actuellement à Waterloo, dans le Brabant wallon. Grand passionné de romans policiers depuis son plus jeune âge, ses romans se caractérisent par une documentation fouillée, une intrigue sophistiquée et un grand sens de l’humour.
Mon avis : (lu en juin 2014)
Le père de Stanislas Kervyn est l'une des victimes de la « Tuerie du Caire » qui a eu lieu en 1954. A cette époque Stanislas avait 1 an. Nous le retrouvons en 2012, invité à la télévision pour présenter son livre écrit autour de l'attentat qui a tué son père. A la suite de l'émission, il reçoit un coup de téléphone qui va remettre en cause la thèse que son livre défendait...
Le lecteur va suivre en parallèle la nouvelle enquête de Stanislas et découvrir le parcours de Nathan Katz, un jeune Juif rescapé des camps depuis 1948 jusqu'à nos jours. Un thriller historique autour de la vengeance et du pardon qui tient le lecteur en haleine.
Un petit bémol sur le comportement sexuel de Stanislas et les descriptions qui en découlent... Cela n'ajoute rien à l'histoire...
En fin du livre, une note de l'auteur (à surtout ne pas lire avant la fin du livre) donne une autre dimension à cette histoire passionnante et fort bien construite.
Merci Anna et les éditions Folio pour cette très belle découverte.
Extrait : (début du livre)
La sonnerie du téléphone retentit. Ses pas résonnent dans le couloir. Elle entre dans la pièce, me sourit, décroche.
Un homme lui parle. Je perçois quelques syllabes dont je ne saisis pas le sens. La voix est grave. Elle écoute. Le silence s’installe. Je lève les yeux. Elle me dévisage avec une expression que je ne lui connais pas. Elle prononce un mot. Non. Un mot qu’elle répétera comme un écho mourant.
Elle s’adosse contre le mur, me fixe avec des yeux qui me font peur.
L’homme a raccroché. Elle s’effondre lentement. Le combiné quitte ses mains, entame un mouvement de balancier dans le vide.
Elle est assise par terre, figée. Je ne sais que faire. Un sentiment étrange m’envahit. J’ai envie de pleurer, de me soustraire à l’émotion indéfinissable qui me submerge.
Impuissant, je détourne les yeux et continue à empiler mes cubes de bois.
La tuerie du Caire
Le 21 août 1954, le Douglas DC-6 de la compagnie KLM qui assurait la liaison entre Amsterdam et Le Caire atterrit à 14 h 18 dans la capitale égyptienne avec à son bord quarante-six passagers et cinq membres d’équipage.
À leur arrivée, les voyageurs furent dirigés vers l’aérogare où ils présentèrent leur passeport et remplirent les formalités d’entrée. Ils se rendirent ensuite dans le hall de débarquement pour y récupérer leurs bagages.
La plupart d’entre eux étaient regroupés devant le comptoir de livraison lorsqu’une Peugeot 203 noire força l’entrée de service de l’aéroport, traversa la piste à vive allure et s’arrêta à hauteur de l’aérogare.
Trois hommes cagoulés, armés de pistolets mitrailleurs, en descendirent et abattirent de sang-froid les policiers en faction. Ils pénétrèrent dans le hall, se déployèrent dans la salle et ouvrirent le feu sur les passagers. À plusieurs reprises, ils rechargèrent leur arme et poursuivirent leurs tirs meurtriers.
Ils lancèrent ensuite des grenades fumigènes dans plusieurs directions et rejoignirent le véhicule dans lequel un quatrième homme les attendait.
L’attaque avait duré moins de cinq minutes.
Les véhicules de police et les ambulances arrivèrent rapidement sur les lieux. Le bilan humain se révéla très lourd. Dix-sept personnes avaient trouvé la mort durant le raid, vingt-trois autres avaient été blessées, dont plusieurs grièvement. Quatre d’entre elles décédèrent dans les jours qui suivirent. Les rescapés durent leur salut à l’initiative qu’ils prirent de se jeter au sol dès les premiers tirs.
Les tueurs se volatilisèrent et ne furent jamais interceptés. Leur véhicule fut retrouvé quelques jours plus tard, calciné dans un terrain vague, à la périphérie du Caire. Le signalement que les témoins firent des assaillants ne permit pas de les identifier.
Challenge Voisins Voisines 2014
Belgique
Challenge Trillers et Polars

catégorie "Même pas peur" : 33/25
Challenge Petit Bac 2014
"Temps/Moment" (10)
Lu en partenariat avec les éditions Belfond
Belfond - mai 2014 - 390 pages
traduit de l'allemand par Pierre Deshusses
Titre original : Er ist wieder da, 2012
Quatrième de couverture :
Succès inouï en Allemagne, traduit dans trente-cinq langues, bientôt adapté au cinéma, Il est de retour est un véritable phénomène. Entre Chaplin, Borat et Shalom Auslander, une satire aussi hilarante que grinçante qui nous rappelle que face à la montée des extrémismes et à la démagogie, la vigilance reste plus que jamais de mise.
Soixante-six ans après sa disparition, Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin. Et il n'est pas content : comment, plus personne ne fait le salut nazi ? L'Allemagne ne rayonne plus sur l'Europe ? Depuis quand tous ces Turcs ont-ils pignon sur rue ? Et, surtout, c'est une FEMME qui dirige le pays ?
Il est temps d'agir. Le Führer est de retour et va remettre le pays dans le droit chemin. Et pour cela, il lui faut une tribune. Ça tombe bien, une équipe de télé, par l'odeur du bon client alléchée, est toute prête à lui en fournir une.
La machine médiatique s'emballe, et bientôt le pays ne parle plus que de ça. Pensez-vous, cet homme ne dit pas que des âneries ! En voilà un au moins qui ne mâche pas ses mots. Et ça fait du bien, en ces temps de crise...
Hitler est ravi, qui n'en demandait pas tant. Il le sent, le pays est prêt. Reste à porter l'estocade qui lui permettra d'achever enfin ce qu'il avait commencé...
Auteur : De mère allemande et de père juif hongrois réfugié en Allemagne, Timur Vermes est né à Nuremberg en 1967. Après des études d'histoire et de sciences politiques, il devient journaliste et contribue à de nombreux journaux et magazines. Succès colossal outre-Rhin avec près d'1,5 million d'exemplaires vendus, traduit dans 35 langues, Il est de retour est son premier roman.
Mon avis : (lu en mai 2014)
J'avoue avoir hésité à accepter de lire ce livre... Le sujet du livre me gênait, faire de l'humour autour de ce personnage est dérangeant. Charlie Chaplin a su très bien le faire avec son film Le Dictateur en 1940, c'était plus courageux qu'en 2012 !
Je n'ai pas assumé la couverture du livre que j'ai recouverte, en particulier dans les transport public, le temps de ma lecture...
Ce livre est présenté comme suit : « ... Tout à la fois hilarante et édifiante, une satire virtuose et prophétique sur nos sociétés fascinées par la célébrité et le culte de la personnalité, même si (ou a fortiori ?) ces "people" font, au mieux, preuve d'une bêtise crasse ou, au pire, professent des idées nauséabondes. »
Je trouve les qualificatifs « hilarante et édifiante virtuose et prophétique » très exagérés et tente à penser que ce livre est surtout un coup commercial... On remarquera que le prix du livre a été fixé à 19,33 euros.
L'idée qu'Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin, 65 ans après sa disparition est assez originale et ses réactions face à une télévison, à un ordinateur, à un téléphone portable sont plutôt bien vu. Les Allemands de 2011 le prenne pour un artiste comique qui joue formidablement son personnage... Il est donc invité à participer à un Show télévisé et devient très populaire.
Il y a un vrai décalage entre les vraies intentions d'Hitler et le spectacle qu'il donne, beaucoup le prennent à la rigolade. Il y a quand même quelques uns qui ne le trouvent vraiment pas drôle et dénoncent l'indécence du personnage et de ses propos.
Le livre est très bien documenté car notre personnage revient souvent sur des évènements de 1933 à 1945. Il y a également à la fin du livre, un glossaire très intéressant que j'ai malheureusement découvert seulement à la fin de ma lecture...
Je trouve que cette histoire est plus une critique du monde des médias qu'une réflexion sur les idées extrémistes. Sur le même sujet, j'ai largement préféré le livre d'Eric-Emmanuel Schmitt La Part de l'autre que je vous conseille de découvrir
Merci Elsa et les éditions Belfond pour ce partenariat.
Note : ♥♥♥♥♥
Extrait : (début du livre)
Je me souviens : je me suis réveillé, ce devait être en début d'après-midi. J'ai ouvert les yeux, j'ai vu le ciel au-dessus de moi. Il était bleu, légèrement voilé ; il faisait chaud et je me suis tout de suite rendu compte qu'il faisait trop chaud pour un mois d'avril. On pouvait presque parler de canicule. C'était relativement calme, pas d'avions ennemis au-dessus de moi, pas de grondements de canons, pas d'explosions à proximité ni de sirènes annonçant une attaque aérienne. J'ai également noté qu'il n'y avait pas de chancellerie, pas de bunker. J'ai tourné la tête, j'étais allongé sur un terrain vague entouré par des maisons dont les murs de brique étaient en partie barbouillés par quelques vauriens - cela m'a mis en rogne et j'ai voulu aussitôt convoquer Dönitz. En même temps, je me disais, dans une sorte de demi-sommeil, que si Dönitz était là aussi, allongé quelque part, il régnerait forcément ordre et discipline ; et j'ai vite compris toute l'étrangeté de la situation. Je n'ai jamais eu pour habitude de camper à la belle étoile.
Je me suis mis à réfléchir : qu'avais-je fait la veille au soir ? Aucune raison de m'inquiéter d'un quelconque excès d'alcool, je ne bois pas. La dernière chose dont je me souviens c'est que j'étais assis avec Eva sur un canapé recouvert d'une couverture. Autre souvenir : une certaine atmosphère d'insouciance ; j'avais sans doute décidé, pour une fois, de laisser de côté les affaires de l'État. Nous n'avions pas de projets pour la soirée, il n'était bien sûr pas question d'aller au restaurant, au cinéma ou ailleurs, les possibilités de se divertir dans la capitale du Reich s'étaient déjà joliment réduites - et l'ordre que j'avais donné y était pour beaucoup. Je ne pouvais pas encore dire avec certitude si Staline allait entrer dans la ville au cours des prochains jours, mais, à ce stade de la guerre, ce n'était pas totalement impossible. En revanche, ce que je pouvais affirmer, c'est qu'il aurait autant de chances d'y trouver un cinéma qu'à Stalingrad. Je crois que nous avons encore un peu bavardé, Eva et moi, et je lui ai montré mon vieux pistolet. À part ça, aucun autre détail ne m'est revenu en mémoire. Il faut dire aussi que je souffrais d'un magistral mal de crâne. Non, inutile d'essayer de rameuter d'autres souvenirs de la veille.
J'ai décidé de prendre le taureau par les cornes et de faire face à la situation. Au cours de ma vie, j'ai appris à regarder, à observer, à saisir les moindres détails que certains intellectuels négligent voire ignorent complètement. Or, pour ma part, je peux dire sans me vanter que toutes ces années marquées par une discipline de fer m'ont permis d'avoir encore davantage de sang-froid dans les périodes de crise. Mon esprit s'affûte, mes sens s'aiguisent. Je travaille avec une grande précision, calmement, telle une machine. Méthodiquement, je rassemble toutes les informations qui sont à ma disposition : je suis allongé par terre. Je regarde autour de moi. À côté de moi, il y a un amas de détritus, des mauvaises herbes, des brindilles, ici et là un buisson, il y a même une pâquerette, un pissenlit. J'entends des voix, elles ne sont pas très éloignées, des cris, des impacts répétés, je tourne mon regard vers l'endroit d'où viennent ces bruits ; ce sont des gamins qui jouent au football. Ils sont trop âgés pour être enrôlés dans les Pimpfe, trop jeunes encore pour le Volkssturm, la milice du peuple ; ils font sûrement partie de la Jeunesse hitlérienne, mais, de toute évidence, ils ne sont pas en service pour le moment. On dirait que l'ennemi a fait une pause. Un oiseau sautille dans les branches d'un arbre, il gazouille, il chante. Certains n'y verraient qu'un signe de bonne humeur, mais dans une situation aussi précaire, où chaque information compte, même la plus infime, le spécialiste de la nature et du combat quotidien pour la survie peut en déduire qu'il n'y a pas de prédateurs à proximité. Près de ma tête, une flaque d'eau semble déjà s'amenuiser. Il a donc sans doute plu il y a un moment, mais, depuis, le temps est resté sec. Au bord de la flaque, j'aperçois ma casquette. Voilà comment fonctionne mon esprit aguerri, et c'est ainsi qu'il travaillait dans ce moment d'intense confusion.
Challenge Voisins Voisines 2014
Allemagne
Phébus - avril 2014 - 150 pages
Quatrième de couverture :
Octobre 1918. La guerre s’achève. Toussaint rentre chez lui. Il va retrouver Jeanne, sa femme, et la petite fille qu’il n’a pas vue grandir. Mais ce n’est pas du fond des tranchées qu’il revient, c’est de l’hôpital du Val-de-Grâce, service des gueules cassées.
Pour Jeanne, ouvrière fleuriste, ce retour signifie le début d’un nouveau combat. Si pendant quatre ans elle a su affronter l’absence, la peur et les privations, le silence de l’homme qu’elle aime et le bandeau que nuit et jour il garde sur le visage seront des ennemis autrement plus cruels.
Le chemin qu’ils vont parcourir tous deux, ensemble et séparément, Angélique Villeneuve le livre ici avec pudeur, cherchant l’éblouissement dans l’ombre et les fleurs dans l’hiver.
« Elle voudrait pouvoir approcher Toussaint, lever vers lui un visage clair, elle voudrait n’avoir qu’un seul sentiment et ne rien inventer, et puis voilà que tout s’embrouille, rien n’est comme elle a prévu et elle n’a rien prévu, pas voulu y penser, pas pu croire qu’un jour ça allait vraiment arriver. »
Auteur : Angélique Villeneuve, qui a vécu en Suède et en Inde, est née en 1965 à Paris où elle habite aujourd’hui.
Mon avis : (lu en mai 2014)
C'est grâce à la blogosphère que j'ai eu envie de découvrir ce livre. Et j'ai beaucoup aimé.
En 1914, lorsque la guerre a été déclarée, Jeanne et Toussaint étaient un jeune couple d'ouvriers parisiens avec un bébé de 7 mois. Toussaint part au front et Jeanne élève seule leur petite fille, en travaillant à domicile : elle confectionne des fleurs artificielles. La vie n'est pas facile car la pénurie est là pour se nourrir, se chauffer. Toussaint et Jeanne échangent entre eux par l'intermédiaire de quelques lettres. Fin 1916, Toussaint est blessé à Verdun et il restera hospitalisé jusqu'en octobre 1918. En janvier 1917, il envoie sa dernière lettre à Jeanne avec les mots suivants : « Je veux que tu viennes pas. »
L'histoire commence en octobre 1918, le soir du retour de Toussaint. L'homme a bien changé, il ne parle pas, le visage dissimulé sous un bandeau : Toussaint est une Gueule cassée. Tout en gérant son difficile quotidien, Jeanne va tenter de renouer avec son mari qui est devenu un étranger.
Une histoire très touchante qui nous plonge dans la vie quotidienne des civils à Paris durant la Première Guerre Mondiale et sur le regard qui était porté sur les Gueules cassées.
Autres avis : Aifelle, Clara, Cathulu, Antigone, Gambadou, Sylire
Note : ♥♥♥♥♥
Extrait : (début du livre)
Elle n'entend rien. Ne pressent rien. ça lui arrive d'un coup.
La petite est étendue sur le lit, elle fait la morte et Jeanne, à genoux, trempe le bord du torchon dans un fond d'eau, attrape un bras.
Comme chaque fois, Léonie tente d'échapper à la toilette. Inerte, aussi lourde que son jeune corps le lui permet, elle cligne des yeux, son nez se plisse et sa lèvre, légèrement tirée vers le haut et découvrant deux dents écartées, laisse jaillir la pointe brillante d'une langue piquetée de blanc.
Jeanne se redresse et examine l'enfant dans la semi-obscurité de la pièce.
Léonie.
Léo.
Ce qui lui reste.
Les mains de Jeanne sont étourdies d'ouvrage, son dos lui tire. Et tandis qu'elle ferme les yeux, relâche les épaules et la tête, tout l'air retenu lui sort d'un jet, en un cri rauque dont, à l'écouter, on ne saurait dire s'il est d'aise ou de douleur.
Au sol, à travers l'étoffe épaisse de la jupe, un mince objet sous sa rotule roule de droite et de gauche, sans doute la tige tordue d'un cep avec lequel, rentrant de l'école un peu plus tôt, la petite a joué distraitement.
Il va falloir allumer la lampe.
Challenge Petit Bac 2014
"Moment/temps" (7)
Livraphone - novembre 2004 - Lu par François Berland
Viviane Hamy - octobre 2001 - 346 pages
J'ai Lu - octobre 2004 - 346 pages
Audiolib - mars 2012 - 10h12 - Lu par Thierry Janssen
PRIX DES LIBRAIRES 2000
GRAND PRIX DES LECTRICES DE ELLE 2002
PRIX DU MEILLEUR POLAR FRANCOPHONE 2002
DEUTSCHER KRIMIPREIS 2004 (Allemagne)
Quatrième de couverture :
On l’a peint soigneusement sur les treize portes d’un immeuble parisien : un grand 4 noir, inversé, à la base élargie. Le commissaire Adamsberg les photographie, et hésite : simple graffiti, ou menace ? A l’autre bout de la ville, Joss, l’ancien marin breton devenu Crieur de nouvelles est perplexe. Depuis trois semaines, une main glisse à la nuit d’incompréhensibles missives dans sa boîte à messages. Un amuseur ? Un cinglé ? Son ancêtre murmure à son oreille : « Fais gaffe à toi, Joss. Il n’y a pas que du beau dans la tête de l’homme ».
Auteur : Fred Vargas - de son vrai nom Frédérique Audoin-Rouzeau - est née en 1957. Médiéviste et titulaire d’un doctorat d’Histoire, elle est chercheur en Histoire et Archéologie au CNRS. La quasi totalité de son oeuvre – les « rompols » comme elle appelle ses textes policiers – est publiée chez Viviane Hamy. A plusieurs reprises primée, adaptée au cinéma et à la télévision, elle est traduite dans plus de 40 langues, et ses livres sont des best-sellers en France mais également en Allemagne et en Italie.
Lecteur : François Berland est un acteur français. Spécialisé dans le doublage, il est également la voix off de nombreuses émissions, publicités et jeux télévisés. Il est la voix officielle de la radio RFM depuis septembre 2011.
Mon avis : (écouté en mai 2014)
C'est le neuvième roman de Fred Vargas et le sixième avec le commissaire Adamsberg, l'un de mes préférés. Adamsberg vient d'être nommé sur Paris. Des mystérieux 4 à l'envers sont peints sur les portes d'appartements de certains immeubles. D'étranges et inquiétants messages sont déposés dans la boîte de Joss, ancien marin breton devenu "crieur de rues". Puis un cadavre est retrouvé, la peau couverte de charbon... La peste serait elle revenue à Paris ? Voilà une enquête originale, déroutante et complexe comme sait bien le faire Fred Vargas. J'ai beaucoup aimé les personnages qui gravitent autour de la place Edgar Quinet et son crieur : Joss Le Gern, Hervé Decambrais, Eva, Lizbeth...
Danglard est toujours le second d'Adamsberg. Une nouvelle relecture que j'ai savouré.
Un film réalisé par Régis Wargnier a été tiré de ce livre et est sortie le 24 janvier 2007 avec José Garcia, Lucas Belvaux, Marie Gillain, Olivier Gourmet, Nicolas Cazalé, Linh Dan Pham, Michel Serrault. Un film que j'ai beaucoup aimé. Paris y est particulièrement bien filmé.
Extrait : (début du livre)
Les types, à Paris, marchent beaucoup plus vite qu’au Guilvinec, Joss l’avait constaté depuis longtemps. Chaque matin, les piétons s’écoulaient par l’avenue du Maine à la vitesse de trois nœuds. Ce lundi, Joss filait presque ses trois nœuds et demi, s’efforçant de rattraper un retard de vingt minutes. En raison du marc de café qui s’était déversé en totalité sur le sol de la cuisine.
Ça ne l’avait pas étonné. Joss avait co mpris depuis longtemps que les choses étaient douées d’une vie secrète et pernicieuse. Hormis peut-être certaines pièces d’accastillage qui ne l’avaient jamais agressé, de mémoire de marin breton, le monde des choses était à l’évidence chargé d’une énergie tout entière concentrée pour emmerder l’homme. La moindre faute de manipulation, parce qu’offrant à la chose une liberté soudaine, si m inime fût-elle, amorçait une série de calamités en chaîne, pouvant parcourir toute une gamme, du désagrément à la tragédie. Le bouchon qui échappe aux doigts en était, sur le mode mineur, un modèle de base. Car un bouchon lâché ne vient pas rouler aux pieds de l’homme, en aucune manière. Il se love derrière le fourneau, mauvais, pareil à l’araignée en quête d’inaccessible, déclenchant pour son prédateur, l’Homme, une succession d’épreuves variables, déplacement du fourneau, rupture du flexible de raccordement, chute d’ustensile, brûlure. Le cas de ce matin avait procédé d’un enchaînement plus complexe, amorcé par une bénigne erreur de lancer entraînant fragilisation de la poubelle, affaissement latéral et épandage du filtre à café sur le sol. C’est ainsi que les choses, animées d’un esprit de vengeance légitimement puisé à leur condition d’esclaves, parvenaient à leur tour par moments brefs mais intenses à soumettre l’homme à leur puissance larvée, à le faire se tordre et ramper comme un chien, n’épargnant ni femme ni enfant. Non, pour rien au monde Joss n’aurait accordé sa confiance aux choses, pas plus qu ’aux hommes ou à la mer. Les premières vous prennent la raison, les seconds l’âme et la troisième la vie.
En homme a guerri, Joss n’avait pas défié le sort et avait ramassé le café comme un chien, grain par grain. Il avait accompli sans broncher la pénitence et le monde des choses avait reflué sous le joug. Cet incident matinal n’était rien, rien en apparence qu’un désagrément négligeable mais, pour Joss qui ne s’y trompait pas, il était le clair rappel qu e la guerre des hommes et des choses se poursuivait et que, dans ce combat, l’homme n’était pas toujours va inqueur, loin s’en fallait. Rappel des tragédies, des vaisseaux démâtés, des chalutiers écartelés et de son bateau, Le Vent de Norois, qui avait fait eau le 23 août en mer d’Irlande à trois heures du matin avec huit hommes à bord. Dieu sait pourtant si Joss respectait les exigences hystériques de son chalutier et Dieu sait si l’homme et le bateau étaient conciliants l’un pour l’autre. Jusqu’à cette foutue nuit de tempête où, pris d’un coup de sang, il avait frappé le plat-bord du poing . Le Vent de Norois, déjà presque couché sur tribord, avait brusquement fait eau à l’arrière. Moteur noyé, le chalutier avait dérivé dans la nuit, les hommes écopant sans relâche, pour s’immobiliser enfin sur un récif à l’aube. C’était il y a quatorze ans et deux hommes étaient morts. Quatorze ans que Joss avait déglingué l’armateur du Norois à coups de botte. Quatorze ans que Joss avait quitté le port du Guilvinec, après neuf m ois de taule pour coups et blessures avec intention de donner la mort, quatorze ans que sa vie presque entière avait coulé par cette voie d’eau.
Déjà lu du même auteur :
Ceux qui vont mourir te saluent
L'Homme aux cercles bleus
Debout les morts
Un peu plus loin sur la droite
Sans feu ni lieu
L'Homme à l'envers
Pars vite et reviens tard
Sous les vents de Neptune
Dans les bois éternels
Un lieu incertain
Les Quatre fleuves (BD)
L'Armée furieuse
Challenge Trillers et Polars

catégorie "Même pas peur" : 30/25
Lu en partenariat avec Albin Michel
Albin Michel - avril 2014 - 350 pages
traduit de l'anglais (États-Unis) par Nadine Gassie et Océane Bies
Titre original : Joyland, 2013
Quatrième de couverture :
Les clowns vous ont toujours fait peur ?
L'atmosphère des fêtes foraines vous angoisse ?
Alors, un petit conseil : ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d'orage ?
Mêlant suspense, terreur, nostalgie, émotion, un superbe King dans la lignée de Stand by me.
Auteur : Stephen King a écrit plus de 50 romans, tous best-sellers et plus de 200 nouvelles. Il est devenu un mythe vivant de la littérature américaine (National Book Foundation Medal en 2003 pour sa contribution aux lettres américaines, Grand Master du Prix Edgar Allan Poe en 2007).
Mon avis : (lu en mai 2014)
C'est le premier livre de Stephen King que je lis (j'ai fait une tentative en livre audio pour 22/11/63, sans arriver à entrer dans le livre, mais je compte le lire un jour en version papier...). Pour moi Stephen King étant synonyme de fantastique, d'horreur ou de science-fiction, je n'avais jamais essayé de lire un de ses livres... Son passage à La Grande Librairie en invité unique m'avait beaucoup intéressée et je n'ai donc pas hésité à accepter ce partenariat... J'ai donc été étonnée en lisant "Joyland" car ici il n'est pas question de fantastique, d'horreur ou de science-fiction ! Stephen King nous plonge dans le monde des forains et des parcs d'attraction. Devin Jones, étudiant de 21 ans, vient d'être quitté par sa petite amie, pour l'été il a été embauché à Joyland, petit parc d’attraction situé sur le littoral de la Caroline du Nord. Devin se lie d'amitié avec Tom et Erin deux étudiants qui logent dans la même pension que lui et qui travaillent aussi à Joyland. Il s'intègre très bien dans le milieu forain, apprend le métier, "la parlure", "porte la fourrure"... Il est apprécié par l'équipe des forains.
Tous les jours, Devin se rend à pieds à Joyland en longeant la plage, c'est là qu'il va rencontrer Mike un petit garçon de 10 ans, atteint par une maladie grave qui l'oblige à être dans un fauteuil, son chien Milo et sa mère Annie Ross. C'est seulement au bout de plusieurs semaines qu'il aura un vrai premier échange grâce à un cerf-volant avec Mike, Milo et Annie...
Tout ceci semble bien calme pour un livre de Stephen King... En effet, j'ai oublié de préciser que Joyland avait une maison hantée avec une fille fantôme... En effet, 4 ans auparavant, une jeune femme a été égorgée dans la Maison des Horreur du train fantôme et depuis elle hante les lieux. Le coupable, sans doute son fiancé du moment, n'a jamais été retrouvé...
J'ai beaucoup aimé cette lecture qui nous réserve pleins de surprises. L'été de Devin ne sera pas de tout repos, il va lui changer la vie... J'ai trouvé intéressant de découvrir la vie d'un parc d'attraction par l'intérieur. J'ai beaucoup aimé la relation qui se crée entre Devin, Mike et sa maman. Sans oublier le mystère de la fille fantôme qui sera résolu avec l'aide d'un des personnages qui a des dons de visions...
Première lecture de Stephen King réussit pour ma part, cela me conforte pour retenter 22/11/63, en version papier !
Merci Marlène et les éditions Albin Michel pour cette belle découverte.
Rue de Sèvres - septembre 2013 - 62 pages
Quatrième de couverture :
- Et pourquoi tu nous as réunis exactement, Sandro ?
- Pour le plaisir de vous revoir...
et puis je pensais que ça ferait du bien à Annie...
-... Rien d'autre ?
- Quoi tu veux que je vous demande pardon d'être devenu une rockstar pendant que vous faisiez vos vies pépères ? Arrêtez avec ça ! Le rock, la scène, c'était ma vie, pas la vôtre, et ce n'est pas moi qui ai anéanti le groupe, c'est Frank, je vous le rappelle.
- Woh... J'ai juste pété le nez d'un type de la BBC !
Auteur : Zep dessine et raconte des histoires depuis ses 14 ans. Il a déjà fait rire des générations d'écoliers en 20 ans d'aventures de Titeuf (20 millions d'albums vendus, traduit en 25 langues à l'international, dessin animé traduit en 35 langues et diffusé dans 240 pays) et reçu le grand prix d'Angoulême à 37 ans en 2004. Cet homme pressé a depuis conquis le public adulte avec ses Happy Books et ouvre aujourd'hui une toute nouvelle veine de son travail.
Mon avis : (lu en avril 2014)
Je connaissais Zep avec Titeuf, j'ai du lire au moins un album mais mes enfants n'ont jamais vraiment accroché... Par curiosité, j'ai emprunté cet album "adulte" de Zep à la Bibliothèque.
C'est l'histoire de quatre copains qui formaient au début des années 90 un groupe de rock, les Tricky Fingers. Sandro le chanteur est le seul a être devenu une star. Dix-huit ans plus tard, les quatre se retrouvent le temps d'un week-end chez Sandro. Entre souvenirs nostalgiques et discussions présentes, le récit est construit en ménageant du suspens. Le lecteur ne sait pas où veut nous conduire l'auteur, les quatre amis auront l'occasion de s'expliquer sur quelques évènements du passé, de parler de leurs vies actuelles...
Le dessin est très différent de celui de "Titeuf", plus sombre comme les sentiments des quatre amis.
Une belle découverte.
Extrait :
Lu en partenariat avec Albin Michel
Albin Michel - février 2014 - 285 pages
traduit de l'anglais (Irlande) par Marina Boraso
Titre original : Red sky in morning, 2013
Quatrième de couverture :
Tableau âpre et ténébreux de l’Irlande du XIXe siècle et de sa brutale réalité sociale, Un ciel rouge, le matin possède la puissance d’évocation des paysages du Donegal où il se déroule en partie. Le lyrisme sombre et poétique de Paul Lynch, qui signe là un remarquable premier roman, en exprime la force autant que les nuances, entre ombre et lumière.
Printemps 1832. Coll Coyle, jeune métayer au service d’un puissant propriétaire anglais, apprend qu’il est expulsé avec femme et enfants de la terre qu’il exploite. Ignorant la raison de sa disgrâce, il décide d’aller voir l’héritier de la famille, qui règne désormais en maître. Mais la confrontation tourne au drame : Coll Coyle n’a d’autre choix que de fuir. C’est le début d’une véritable chasse à l’homme, qui va le mener de la péninsule d’Inishowen à Londonderry puis aux États-Unis, en Pennsylvanie. Pleine de rage et d’espoirs déçus, son odyssée tragique parle d’oppression et de vengeance, du lien viscéral qui unit les hommes à leur terre.
Auteur : Paul Lynch est né en 1977 dans le Donegal et vit aujourd'hui à Dublin. Journaliste et critique de cinéma, il écrit régulièrement dans le Sunday Times, l'Irish Daily Mail et l'Irish Times. Un Ciel rouge, le matin est son premier roman, salué comme une révélation par la presse anglo-saxonne.
Mon avis : (lu en avril 2014)
Irlande, plus pécisément, Donegal, printemps 1832. Coll Coyle, un jeune fermier dont la famille est au service du même propriétaire depuis plusieurs générations, apprend que lui, sa femme et son enfant sont expulsés de leur ferme. Incrédule, Coyle veut une explication et il s'adresse au fils du propriétaire et le supplie de ne pas les expulser. Pourtant, la confrontation tourne mal, Hamilton chute de son cheval et se tue. Accusé de meurtre, Coyle doit fuir en abandonnant femme et enfant. Il va avoir à ses trousses Failler homme de main d'Hamilton qui n'a qu'un seul objectif exécuter Coll Coyle et tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins...
A travers cette chasse à l'homme le lecteur découvre l'Irlande déshéritée de la fin du XIXème siècle, les conditions difficiles de la traversée de l'Atlantique en bateau et la construction du chemin de fer avec des ouvriers traités comme des esclaves...
A la violence et la noirceur auxquelles est confronté Coll Coyle s'opposent la beauté et la poésie des descriptions des paysages. La nature est un acteur à part entière de cette histoire. Le lecteur découvrira dans les toutes dernières pages comment tout à commencé et la futilité de l'évènement rend ce récit encore plus sombre.
J'ai beaucoup aimé la beauté du texte, le rythme de l'histoire qui donne envie au lecteur de connaître la conclusion de l'histoire. J'espérais cependant en savoir plus sur la femme et l'enfant restés en Irlande.
Merci Claire et les éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir ce premier roman.
Extrait : (début du livre)
D'abord il n'y a que du noir dans le ciel, et ensuite vient le sang, la brèche de lumière matinale à l'extrémité du monde. Cette rougeur qui se répand fait pâlir la clarté des étoiles, les collines émergent de l'ombre et les nuages prennent consistance. La première averse de la journée descend d'un ciel taciturne et tire une mélodie de la terre. Les arbres se dépouillent de leur vêture d'obscurité, ils s'étirent, leurs doigts feuillus frémissant sous le vent, des flèches de lumière se propagent ici et là, cramoisies puis dorées. La pluie s'arrête, il entend les oiseaux s'éveiller. Ils clignent des yeux en secouant la tête, éparpillent leurs chants à travers le ciel. La vieille terre frissonnante se tourne lentement vers le soleil levant.
Challenge Voisins Voisines 2014
Irlande
Challenge Petit Bac 2014
"Couleur" (4)
Ecouté en partenariat avec Audiolib
Lu dans le cadre du Challenge
"Ecoutons un livre"

Audiolib - mars 2014 - 9h10 - Lu par Féodor Atkine
Grasset - août 2013 - 327 pages
Prix Goncourt des Lycéens 2013
Prix Goncourt Choix de l’Orient 2013
Quatrième de couverture :
« L'idée de Sam était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé. Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m'a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l'a fait promettre, à moi, petit théâtreux de patronage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne... »
Féodor Atkine, par son intensité contenue, réussit à réinstaller le pouvoir des mots dans les tumultes des combats et l’horreur des massacres : une interprétation qui est un hommage au roman bouleversant de Sorj Chalandon.
Auteur : Sorj Chalandon est né en 1952. Journaliste au Canard enchaîné, il a reçu le prix Albert Londres en 1988 pour ses reportages dans Libération et publié cinq romans chez Grasset dont Une Promesse (2006, prix Médicis), Mon traître (2008, Prix Joseph Kessel) et Retour à Killybegs (2011, Grand Prix du roman de l’Académie française).
Lecteur : Difficile de présenter ce comédien talentueux, à la carrière exemplaire et au parcours surprenant. Féodor Atkine a tourné avec W. Allen, O. Stone, R. Ruiz, G. Alghion, et tant d’autres encore. Grand admirateur de Mandela, il a participé en 2010 au documentaire de Joël Calmettes : Nelson Mandela au nom de la liberté.
Mon avis : (écouté en avril 2014)
Après la conférence de Sorj Chalandon à l'occasion du Festival Rue des Livres à Rennes fin mars, j'ai eu le grand plaisir de relire ce livre coup de cœur en version audio. Entre mes deux lectures, j'ai eu l'occasion de lire la pièce Antigone de Jean Anouilh, ce n'est pas nécessaire pour la compréhension du livre de Sorj Chalandon mais c'est un plus de connaître la pièce.
J'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver Georges et Sam. J'ai pris mon temps pour relire ce livre et vraiment apprécier tous les détails. Dans la première partie du livre, l'auteur nous raconte la rencontre de Sam, réfugié grec d'origine juive, et Georges, le narrateur français, à la fac et leur amitié dans le combat syndical estudiantin. Dix ans plus tard, Sam est très malade, Georges est marié, papa d'une petite fille. Sam demande à Georges de prendre sa place pour mener à bien son projet un peu fou : monter Antigone à Beyrouth en pleine Guerre du Liban. Il a imaginé faire interpréter tous les rôles par ceux qui s’opposent sur le champ de bataille : Créon serait chrétien, Antigone palestinienne, Hémon Druze, il y aurait également des Chiites, des Chaldéens... Réunir le temps d'une trêve théâtrale de deux heures des acteurs que la guerre a rendu ennemis.
Avec ce livre, Sorj Chalandon a voulu parler de la guerre car en 1982, il était dans les tous premiers journalistes à entrer dans les camps de Sabra et Chatila. "Dans le roman, c'est donc un homme plein de larmes, de colère, de tristesse qui peut enfin parler de son désarroi." Tout au long du livre, Sorj Chalandon s'interroge sur la paix et la guerre, sur les horreurs des massacres et l'espoir des hommes.
En version papier ce livre était déjà pour moi un grand coup de cœur, la version audio est également un formidable coup de cœur !
Sans en faire trop, le lecteur met vraiment très bien en valeur le texte poignant et percutant de Sorj Chalandon.
En bonus du livre audio, il y a un entretien avec Sorj Chalandon qui est aussi fort que celui auquel j'ai assisté à Rennes.
Un grand merci Margaux et les éditions Audiolib pour m'avoir permis de redécouvrir ce livre coup cœur d'une autre manière.
Autres avis : Enna, Sandrine et Sylire
Note : ♥♥♥♥♥
Extrait audio : voir ici
Challenge Petit Bac 2014
"Bâtiment" (3)
Déjà lu du même auteur :
Retour à Killybegs
Mon traître
Le petit Bonzi
La légende de nos pères
Le quatrième mur
Lu en partenariat avec les éditions Belfond
Belfond - février 2014 - 176 pages
Quatrième de couverture :
Parce que Samuel l'a quittée, Hélène plante sa tente au milieu de son salon et s'y met à l'abri avec son chat d'Artagnan. Mais elle n'est pas au bout de ses peines : double toit ou pas, l'extérieur s'incruste...
Entre une mère hôtesse de l'air qui change d'amant comme de coiffeuse, un père juif rescapé de la Shoah, très pratiquant mais pas toujours moralement nickel, et les ouvriers sans papiers qui circulent devant ses fenêtres, Hélène n'a pas une seconde à elle.
Par touches cocasses ou graves, Laure Naimski dessine le monde un peu piqué d'une femme au bord de la crise de nerfs. Une fable tendue, caustique et désopilante sur la précarité et l'incohérence contemporaines.
Auteur : Laure Naimski est née en région parisienne en 1971, En Kit est son premier roman.
Mon avis : (lu en avril 2014)
Parce que son compagnon l'a quitté, Hélène, une jeune femme ayant la trentaine, se replie sur elle-même. Elle plante une tente au milieu de son salon (n'hésitant pas à planter les sardine dans le parquet !) et s'y installe avec son chat d'Artagnan... Ce comportement assez enfantile est l'un des reflets de la dépression dans laquelle se trouve la jeune femme...
Le livre se lit assez facilement mais j'avoue ne pas avoir accroché... Certaines situations sont cocasses mais c'est le comportement infantile d'Hélène qui m'a dérangée et exaspérée. Elle tire sur les pigeons au pistolet à eau, plusieurs fois elle se taillade les poignets (pas trop profond) et appelle les pompiers pour qu'on s'occupe d'elle, elle ne travaille pas et ne fait rien pour essayer de trouver un travail, elle préfère abuser de la sénilité de sa vieille voisine qui perd la tête pour se procurer de quoi manger...
Je n'ai pas su voir dans ce livre ce qu'annonce la quatrième de couverture, « une fable tendue, caustique et désopilante », je suis restée sans doute trop premier degré...
Merci Marie et les éditions Belfond pour l'envoi de ce livre.
Extrait : (début du livre)
3 h 56. C'est l'heure à laquelle je suis née. Un dimanche. Je viens d'avoir trente-quatre ans et je vis sous une tente. Une vieille canadienne que je suis descendue chercher à la cave et qui pue le renfermé. J'ai planté les sardines qui restent dans le plancher du salon en tapant dessus avec un marteau parce que Samuel et moi avons perdu le maillet dans les Pyrénées un été. Les lames ont éclaté, mais ça a quand même tenu bon.
Je me souviens quand le drame s'est produit. Samuel vient de claquer l'extra. Il tire sur sa cigarette, souffle la fumée et dit : J'ai quelqu'un. Quelqu'un ? Ma voix s'étrangle. Quelqu'un d'autre si tu préfères. Il catapulte la bille et puis après je ne sais plus. Je sors sonnée du bistrot et rentre à la maison avec l'idée de me foutre en l'air. Je m'effondre au pied de la baignoire, recroquevillée, la joue collée à la faïence, cachée comme un animal avec une balle dans le flanc. L'angoisse lancinante me coupe le souffle pendant des heures. Je n'ai pas de tranquillisant pour atténuer la douleur.
Après tout c'est sans doute mieux ainsi. Samuel boit comme un trou et fume comme un pompier. Son espérance de vie en est diminuée, et il m'aurait, par-dessus le marché, sûrement fait des enfants malformés ou trisomiques.
J'ai orienté la tente la tête au nord pour éviter les trop fortes variations lumineuses. Ça joue sur mon humeur et je suis, je l'avoue, quelqu'un qui a besoin d'une certaine stabilité. Le matin, la lumière du jour transperce le double toit et me réveille. Je ne me lève pas. Non. Je reste allongée sur mon sac de couchage. Efficacité prouvée jusqu'à zéro degré précise l'étiquette. De toute manière l'été est caniculaire. Pour l'hiver prochain, je suis tranquille. Samuel a installé un thermostat juste avant de me plaquer. Ça fait déjà deux mois.
Le matelas pneumatique n'est pas à nous. Le nôtre, Samuel l'a troué avec un mégot mal éteint dans le Limousin un été. On a bien essayé de le réparer. Mais ça n'a jamais tenu. Puisque son mari s'est suicidé l'hiver dernier, juste avant Noël, la concierge n'a plus l'usage du sien et elle me l'a prêté. Je me souviens que son mari faisait toujours des blagues vaseuses et jouait Joyeux anniversaire en faisant péter ses dessous-de-bras avec ses paumes. Il s'est tiré une balle dans la tête. Ou c'est peut-être dans la bouche. Je ne sais pas. Il avait toujours des taches de vin sur ses marcels. Il en portait souvent. Sans doute pour pouvoir jouer Joyeux anniversaire avec ses dessous-de-bras. Des manches, ça l'aurait gêné.
En librairie, dès le 2 avril
Lu en partenariat avec Albin Michel
Albin Michel - avril 2014 - 400 pages
traduit du suédois par Caroline Berg
Titre original : Det blod som spillts, 2004
Prix du meilleur roman policier suédois 2004
Quatrième de couverture :
Après un long congé maladie, l'avocate Rebecka Martinsson est de retour, en mission pour son cabinet, dans sa ville natale de Kiruna. Mais les retrouvailles sont loin d'être aussi paisibles que le suggèrent les forêts enneigées de Laponie. Une femme pasteur, dont l'engagement féministe suscitait des remous dans la communauté, est retrouvée sauvagement mutilée, pendue à l'orgue de son église. Cette exécution fait remonter en Rebecka le souvenir traumatisant d'une enquête sur le meurtre d'un autre pasteur à laquelle elle avait participé un an auparavant.
Le coupable est-il le même ? Y aura-t-il d'autres victimes ? La terre, désormais, semble prête à dévoiler le sang versé... Ce suspense implacable, somptueusement éclairé par les lumières polaires, révèle tout ce qui rend Asa Larsson incontournable : une intrigue parfaitement menée, une écriture singulière, envoûtante et une grande sensibilité psychologique.
Auteur : Åsa Larsson a grandi à Kiruna, 145 km au-dessus du cercle polaire Arctique ; où se déroulent également ses romans. Avocate comme son héroïne, elle se consacre désormais à l'écriture. Les cinq tomes de la série autour de Rebecka Martinsson sont en cours de traduction dans 30 pays.
Mon avis : (lu en mars 2014)
L'histoire se déroule au nord de la Suède, à proximité du cercle polaire dans un petit village aux environs de Kiruna. Une femme pasteur, Mildred Nillson, est retrouvée morte dans une mise en scène digne d'une serial killer. Sans indice probant, les inspecteurs Sven Erick Stanalcke et Anna Maria Mella vont mener l'enquête en s'intéressant aux activités de cette pasteur plutôt féministe et dont les idées et les actions dérangeaient les habitudes de cette communauté.
Rebecka Martinsson, avocate meurtrie en mission pour son cabinet, est de retour à Kiruna sur les traces de son passé. Ce nouveau meurtre présente des similitudes avec le meurtre de l'enquête du premier tome de la série. En effet ce livre est le deuxième d'une série d'au moins cinq. N'ayant pas lu le premier, c'est assez dérangeant lorsqu'au début de l'histoire, il est fait allusion au précédent volume. En tant que lecteur, je me suis sentie un peu exclue...
L'enquête est menée avec une certaine lenteur, de nombreux personnages sont mis en scène dans ce petit village suédois où le soleil ne se couche jamais pendant l'été. Il y a Micke le barman, sa compagne Mimi responsable de la cuisine, Lisa, la mère de Mimi, qui vit au milieu de ses nombreux chiens, Lars-Gunnar ancien policier et Nalle, son jeune fils handicapé mental, tellement attachant.
J'ai trouvé original de suivre la vie d'une louve aux pattes jaunes (Gula Ben) dans la forêt en alternance avec l'enquête. Cela ancre cette histoire dans les grands espaces suédois où la nature est reine.
L'intrigue est plutôt bien construite, j'ai passé un bon moment avec cette lecture et j'ai envie de découvrir la première enquête de la série et pourquoi pas les suivantes...
Merci Soisic et les éditions Albin Michel pour la découverte de cette auteur suédoise.
Extrait :
Challenge Trillers et Polars

catégorie "Même pas peur" : 25/25
Challenge Petit Bac 2014
"Matière" (3)
Comme l'année dernière, j'ai participé à Rennes à la rencontre entre blogueurs et blogueuses à l'occasion du Festival Rue des Livres.
Arrivée vers 11h à la Gare de Rennes, sous le soleil, je retrouve Sylire, Yvon et Gambadou qui nous véhiculait jusqu'au lieu du Festival.
Nous y retrouvons le reste du groupe : Sandrine, Joelle et son mari, Yaneck, Hervé, Xian Moriarty, Canel, Enna et Géraldine. Ces deux dernières totalement excitées par la présence de Sorj Chalandon... et se disputant le titre de "fan n°1"...
Avant d'aller déjeuner, nous faisons un petit tour du Salon, bien sûr un arrêt s'impose au stand de Sorj Chalandon où, telles des groupies, nous entamons une discussion autour du livre audio "Le quatrième mur"... Trop impressionnée ou prise dans la discussion, j'oublie de sortir l'appareil photo...
Puis c'est l'heure de partir déjeuner à la Cantine des auteurs, en "Pédibus" où nous attend le délicieux repas marocain préparé par une association de quartier. Nous nous installons tous sur une grande table et c'est l'occasion de bien discuter avec nos voisins proches. C'est dans un "salon de thé" aménagé à la marocaine que le dessert et le thé ou café est offert.
Puis c'est le moment le plus fort de la journée la Rencontre avec Sorj Chalandon, « Ce que la guerre fait de nous »
Avec ce livre, Sorj nous explique que lorsqu'il est entré en 1982 dans les camps de Sabra et Chatila, en tant que reporter il pouvait dire uniquement ce qu'il voyait ou ce qu'il entendait. Il n'avait pas le droit d'utiliser le "Je".
"Dans le roman, c'est donc un homme plein de larmes, de colère, de tristesse qui peut enfin parler de son désarroi."
"Le journaliste aime la guerre", cette phrase est choquante, mais Sorj explique que lorsque l'on vit la guerre même en tant que journaliste, le retour à Paris est compliqué. Tout semble futile, quelqu'un qui n'a jamais vécu la guerre ne peut pas comprendre. En guerre, la vie a une autre saveur. Dans ce livre, Georges est la part d'ombre de Sorj, "Il m'a fallu 30 ans pour écrire cela", "George veut retourner à Beyrouth pour se sentir vivant".
Après les livres "Mon traître" et "Retour à Killybegs" Sorj Chalandon a dit qu'il n'écrirait plus sur l'Irlande. Après ce livre "Le quatrième mur", il n'écrira plus sur la guerre.
Sorj Chalandon a également évoqué les deux prix qu'il a obtenu avec ce livre. Le Goncourt des Lycéens et le Prix Choix de l'Orient, un prix décerné par des étudiants francophones de 4 pays d'Orient (Liban, Egypte, Palestine, Irak) : ces deux prix l'ont beaucoup touché et surpris.
Cette rencontre a été forte en émotion, et même si j'ai déjà lu et beaucoup aimé ce livre, j'ai découvert un nouveau éclairage et comme je prévois de relire en audio "Le quatrième mur", cette rencontre me reviendra certainement à la pensée.
Deuxième rencontre avec Zygmunt Miloszewski, « Varsovie, passé-présent »
Intéressant, mais n'ayant pas lu le livre c'est difficile de tout apprécier
mais Canel m'a convaincu de lire son livre "Les impliqués". C'est noté !
Troisième rencontre avec Laura Alcoba, Pinar Selek, Khaled Osman,
« Exil, immigration : d'une ville à l'autre »
Laura Alcoba - Le bleu des abeilles :
L'auteur revient sur son arrivée en France à l'âge de 10 ans, son père prisonnier en Argentine, sa mère avait fuit la dictature. C'est l'apprentissage d'une nouvelle langue en immersion.
Pinar Selek - La maison du Bosphore :
C'est une galerie de personnages à Istanbul, dans le quartier de Yedikule, de 1980 à nos jours.
Khaled Osman - Le Caire à corps perdu : Après avoir vécu quelques années en Europe, un homme amnésique veut renouer avec son pays natal et il est de retour au Caire.
Quatrième rencontre avec Sophie Loubière et Michel Moatti, « Le polar et ses ambiances »
C'est peut-être la fatigue de la journée, mais cette rencontre m'a moins intéressée. En plus, le programme avait un peu de retard et à 18h, je quitte la salle pour ne pas rater mon train...
C'est déjà l'heure de quitter Rennes après cette formidable journée bien sympathique et riche en émotions. 22h45, je suis de retour chez moi, je mets ma montre à l'heure d'été...
C'est la nuit la plus courte de l'année...
Merci à Gambadou pour l'organisation, et à tous pour les échanges partagés.
Autres billets sur la journée : Hervé, Sandrine, Enna, Gambadou, Canel, Sylire
Delcourt - octobre 2013 - 224 pages
Fauve d'or d'Angoulême - Prix du meilleur album 2014
Quatrième de couverture :
Début des années 60. Suite à la mort de leur père, deux frères, Fabio et Giovanni, sillonnent les routes au volant d'une Fiat 500. Leur voyage, émaillé de disputes et de silences, de souvenirs et de rencontres, les conduira jusqu'à leur Italie natale, quittée depuis des années. Par bribes, le portrait de leur père se recompose et les amène à mettre en lumière leurs relations tumultueuses...
Auteur : Lionel Papagalli, dit Alfred, né à Grenoble le 19 mai 1976, est un auteur de bande dessinée français. Il a gagné le Fauve d'or (prix du meilleur album) au festival d’Angoulême en 2014, pour l'album Come Prima.
Mon avis : (lu en mars 2014)
Après une quinzaine d'années de séparation, deux frères, Fabio et Giovanni se retrouvent. Leur père est mort, ils vont faire ensemble la route jusqu'au petit village d'Italie où ils sont nés. Ce voyage en Fiat 500 sera l'occasion de s'expliquer, de se souvenirs de leur enfance, de faire des rencontres... Et peu à peu le lecteur va découvrir l'histoire de chacun des deux frères et celle du père.
L'histoire est touchante, le récit est lent, bien mené, avec quelques touches d'humour.
Le dessin est très expressif, certaines planches n'ont aucun dialogue. L'auteur a choisi deux façon de dessiner, l'une pour le présent et l'autre pour évoquer le passé. C'est ce dessin tout en aplats de couleur que j'ai préféré.
Une jolie découverte.
Extrait :


Lu en partenariat avec les éditions Belfond
Belfond - avril 2014 - 285 pages
Quatrième de couverture :
Acteur star à Hollywood, William plaque tout pour changer de vie. Sur une île de la côte Est l'attend un fulgurant coup de foudre. Mais d'autres rencontres se profilent, étranges et fantomatiques...
William Baker était la plus grande star de Hollywood. Trois Oscar, une vie débridée, le monde à ses pieds. Mais sa carrière s'est effondrée après une chute qui l'a laissé avec une jambe abîmée. Venu sur la côte Est pour se reconstruire loin des frasques hollywoodiennes, il aspire à une vie plus solitaire. A peine débarqué sur l'île de Martha's Vineyard, il a pourtant un coup de foudre pour une New Yorkaise de passage, Lisa Hamilton. Lumineuse, intense, électrisante, leur histoire est en phase avec la beauté et la paix des lieux. Ensemble, William et Lisa découvrent une île pittoresque, magnifique, protégée... et plongent dans une bulle d'amour vrai. Mais cette belle harmonie va être troublée par quelques surprises et par l'apparition d'une étrange petite fille surgie de nulle part... ou plutôt venue du passé. Elle bouleverse leur bonheur et sème la pagaille dans un havre de paix à l'équilibre bien précaire. Car William et Lisa ont plus d'un secret à exhumer.
D'une écriture imagée et rythmée, Christophe Paviot brosse avec humour et élégance le décor superbe et lointain d'une île du Massachusetts au large de Boston. Une comédie romantique pleine d'inattendu et de fantaisie.
Auteur : Après avoir travaillé comme docker à Valparaíso puis dans une ferme de crocodiles en Australie, Christophe Paviot est aujourd'hui rédacteur dans la publicité. Auteur de romans parmi lesquels Le ciel n'aime pas le bleu (2001) ou La guerre civile est déclarée 2013), il a aussi publié une fiction sur Kurt Cobain, Cassé (2008). Né à Rennes, il vit entre Paris, Rennes et Quiberon. Avec Aujourd'hui pour toujours, il change radicalement de registre.
Mon avis : (lu en mars 2014)
C'est le premier livre que je lisais de cet auteur, la couverture était attirante mais malheureusement j'ai reçu le livre sous forme d'épreuves donc sans couverture illustrée...
William Baker est une ex-star d'Hollywood. A la suite d'un accident, il boite et sa carrière s'est peu à peu arrêté. L'acteur a donc pris la décision de prendre sa retraite à Martha's Vineyard, île située sur la côte sud de la presqu'île du Cap Code et qui accueille la jet set américaine. William Baker vient d'y acheter par internet une superbe maison. Là il rencontre Lisa, une jeune femme venue de New-York pour le week-end dont il tombe amoureux...
Ce livre commençait comme une romance et tout à coup l'auteur y introduit une touche de fantastique et je deviens plus sceptique et je n'avais pas tout vu puisque cela se termine comme un polar avec une enquête autour de la disparition d'un des personnages de l'histoire... Il ne faut pas oublier qu'il y a des secrets d'enfance qui nous serons révélés...
Cela se lit presque trop bien car ces différents évènements sont trop beaux ou trop gros pour être crédibles...
Merci à Jérémy et aux éditions Belfond pour m'avoir permis de découvrir ce roman et rencontrer son auteur lors du Salon du Livre.
Challenge Petit Bac 2014
"Moment/Temps" (5)
Lu en partenariat avec les éditions Belfond
Belfond - mars 2013 - 272 pages
Quatrième de couverture :
Il rêvait d'un trésor unique au monde : un tableau impressionniste sans prix... Ce rêve va le mener de surprise en surprise, et vers des trésors moins coûteux, mais bien plus précieux.
La trentaine séduisante, Frédéric Solis est un brillant avocat qui collectionne les succès et les tableaux impressionnistes. Son assistante, Pétronille, n'a d'yeux que pour lui mais il ne la voit pas, tout à son ambition et à son appétit de collectionneur... jusqu'au jour où un notaire lui annonce qu'il a fait un mystérieux héritage. Persuadé d'avoir touché le jackpot, Frédéric tombe de haut lorsqu'il découvre que son legs consiste en quelques tickets de métro et en une étrange carte aux trésors. Et puis la chance tourne. Quelques mauvaises affaires, et le voilà acculé : ses clients disparaissent et ses biens sont saisis. Il ne lui reste plus qu'à suivre la trace de l'étrange héritage, tandis que dans l'ombre Pétronille fait tout pour l'aider. De rencontre en rencontre et de surprise en surprise, le jeu de piste légué par un défunt bienveillant lui permettra de regarder, enfin, la vie au fond des yeux.
Quand un flirt avec la dérive se transforme en aventure trépidante et savoureuse, généreuse et... amoureuse.

Alfred Sisley La pie - Claude Monet
Autres avis : Géraldine, George, Keisha, Sandrine, Aifelle, Saxaoul
Déjà lu du même auteur :
Challenge Petit Bac 2014
"Objet" (6)