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A propos de livres...
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26 décembre 2008

84, Charing Cross Road - HANFF Helene

84_charing_cross_road Traduit par Marie-Anne de Kisch

Autrement – janvier 2008 – 116 pages

Résumé : Lorsqu’Helene Hanff (1916-1996) adresse, le 5 octobre 1949, sa première lettre à la librairie londonienne Marks and Co, elle ne sait pas encore qu'elle vient d'inaugurer une correspondance qui durera vingt ans ...

Helene Hanff est loin d'être une cliente ordinaire comme vont le découvrir les employés de Marks and Co. Et parmi eux, Frank Doel, interlocuteur privilégié de cette lectrice aux goûts prononcés pour les essais, les Mémoires ou encore la poésie - elle préfère John Donne aux "vapeurs" d'un William Blake.

Lectrice exigeante et éclairée (on savourera sa critique d'une édition des "Sermons" du poète-prédicateur anglais), Helene Hanff est surtout une épistolière débordante de drôlerie et d'humour. Particulièrement redoutable, et proprement irrésistible, lorsqu'elle cherche à ébranler la légendaire réserve britannique de Frank.

Mon avis :

Voici une correspondance entre une lectrice et sa librairie au-delà de l'Atlantique. On assiste à un échange d'ouvrages, de passion de lecture, entre amis qui ne se connaissent que par leurs lettres, ils échangent même de la nourriture !

Car c’est l’après-guerre et en Angleterre, on manque de beaucoup de choses, contrairement aux Etats-Unis.

C’est aussi un livre sur les livres... Il se lit très facilement avec beaucoup de plaisir.

Il existe également une adaptation cinématographique de ce livre avec Anne Bancroft et Anthony Hopkins en 1987

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9 août 2017

Un Monde Si Tranquille T02 : Anticylone - Etienne Davodeau

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Delcourt - août 2000 - 56 pages

Delcourt - avril 2015 - 56 pages

Quatrième de couverture : 
Nina est surnommée "Grande gueule" par ses collègues techniciennes de surface aux Transports Doublet, et c'est bien ce qui pourrait la pousser vers la porte, dixit la direction. Castor est chauffeur aux Transports Doublet, et il a fait du zèle. Lui, ce sont ses collègues qui pourraient le pousser vers
 la porte. Le hic, c'est que ni Castor ni Nina ne peuvent envisager un instant de se retrouver à la rue... Ils sont prêts à tout pour l'éviter. Et qui va s'occuper de leurs cas ? Samuel Faure, directeur des ressources humaines. Un métier pas facile.

Auteur : Étienne Davodeau né en 1965. Il vit en Anjou. En 1985, après des études d'arts plastiques à Rennes, il publie la trilogie Les Amis de Saltiel puis Le Constat. Viennent ensuite Quelques Jours avec un menteur, Le Réflexe de survie, et trois polars : La Gloire d'Albert, Anticyclone et Ceux qui t'aiment.
2001 : il réalise Rural !, véritable reportage, où il confirme son choix d'inscrire le monde réel au cœur de son travail. En 2003, avec David Prudhomme au dessin, il adapte en bande dessinée l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles. Après avoir publié Chute de vélo, qui obtient le Prix des libraires spécialisés 2005, il revient au reportage-documentaire avec Les Mauvaises Gens, qui reçoit le Grand Prix 2006 de la Critique, le Prix France Info, puis à Angoulême le Prix du Scénario et le Prix du Public. En 2006, il publie, avec Kris, Un homme est mort. Le premier livre de Lulu femme nue a obtenu, en 2009, un Essentiel au Salon International d’Angoulême, le Prix Ouest-France/Quai des bulles, le Prix Bédélys au Québec et le Prix Saint-Michel en Belgique. Le second livre de Lulu a été publié en 2010.

Mon avis : (lu en juillet 2017)
Dans l'entreprise de transports Doublet, Nina n'est pas affréteuse, comme elle le fait croire à son père et à sa fille, mais femme de ménage. C'est une grande gueule et elle est menacée de licenciement.
Castor est un ancien SDF, il est chauffeur routier intérimaire et attend un CDI promis. Pour l'obtenir, il n'hésite pas à trahir ses collègues en informant la direction d'une prochaine grève. Il devient donc indésirable dans l'entreprise.
Entre les deux, il y a Samuel Faure, directeur  des ressources humaines, qui n'a qu'un poste pour les deux et qui va devoir choisir...
Etienne Davodeau plonge le lecteur dans le monde féroce du travail et jusqu'où est-on prêt à aller pour obtenir ou garder un travail ?
Le sujet exploré est sombre mais intéressant, l'histoire est parfois un peu brouillonne mais surprenante dans sa conclusion. 

Extrait :

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un-monde-si-tranquille-02-anticylone-reedition_3 un-monde-si-tranquille-02-anticylone-reedition_4

Déjà lu du même auteur :

lulu_femme_nue_tome1  Lulu Femme Nue : 1er livre lulu_femme_nue_tome2 Lulu Femme Nue : 2ème livre
rural Rural ! Chronique d'une collision politique
chute_de_velo Chute de vélo  un_homme_est_mort Un homme est mort
les_mauvaises_gens Les Mauvaises gens Quelques_Jours_Avec_Un_Menteur 
Quelques jours avec un menteur

les_ignorants Les ignorants 93767685 Le chien qui louche

116346808 Le Réflexe de survie 51kdlYcRPgL La gloire d'Albert

 

19 mai 2017

Nuit de septembre - Angélique Villeneuve

415+1T50NGL Grasset - mars 2016 - 160 pages

Quatrième de couverture :
« Une nuit, ton fils s'est tué dans sa chambre, au premier étage de votre maison. Au matin à huit heures, avec son père tu l'as trouvé.
Depuis, à voix basse, tu lui parles. Tu lui demandes s'il se souvient.
La mer étale à huit heures du soir, les talus hérissés d'iris, les pierres de la cour tièdes sous la peau du pied, les filles dont les yeux sourient, toutes les choses belles et la lande silencieuse.
Tu espères tant qu'il est parti gonflé d'elles. Mais comme tu n'es pas sûre qu'en aide, en ailes, ces choses lui soient venues cette nuit-là, tu les lui donnes par la pensée, la respiration, le murmure. »
Avec une sensibilité vibrante, lumineuse et poétique, Angélique Villeneuve dit l'après : comment exister sans celui dont on respecte silencieusement le choix d'être parti ? Quelle place trouver parmi les vivants et comment leur dire, à travers ce livre, toute la beauté du monde ?
Auteur : Angélique Villeneuve est l'auteur de cinq romans. Les Fleurs d'hiver, paru en 2014 aux éditions Phebus, a reçu un bel accueil (Prix Mille Pages 2014, prix La Passerelle 2015, prix de la ville de Rambouillet 2015).
Mon avis : (lu en avril 2017)
Après avoir beaucoup aimé le roman précédent d'Angélique Villeneuve, "Les fleurs d'hiver", j'ai eu envie de découvrir son dernier roman. Je ne m'attendais pas à lire ce témoignage sur le suicide du fils de l'auteure.
Un récit poignant et digne d'une mère qui cherche à aller au-delà de sa souffrance et à comprendre le geste de son fils. L'écriture d'Angélique Villeneuve est pleine d'humanité, de justesse, c'est une grande déclaration d'amour pour son fils et un témoignage bouleversant mais également réconfortant pour pouvoir se tourner vers l'avenir et vivre après un tel drame.
Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à deux autres livres témoignages d'un père ou d'une mère sur la mort de leur enfant : Camille, mon envolée - Sophie Daull et Le Fils - Michel Rostain . 

Extrait :
Avant, bien longtemps avant ce jour-là, sans te sentir vraiment concernée tu avais lu ou entendu ces histoires à propos de la douleur.
On le disait, on l’écrivait, certains en tout cas le disaient, l’écrivaient, la douleur est une bête fidèle. Au moindre signe elle accourt, quand le monde déserte.
La douleur comme une créature.
Tu n’y croyais pas. Tu désirais, peut-être, te faire ta propre idée. Alors t’y voilà. Tu y es. Au milieu, au-dedans.
Tu as perdu ton fils il y a quelques semaines.
Une nuit, il s’est tué dans sa chambre, au premier étage de votre maison. Au matin à huit heures, avec son père tu l’as trouvé.

Déjà lu du même auteur : 

 9782752909985-e581c Les Fleurs d’hiver

15 janvier 2017

Film : Un sac de billes - Christian Duguay

Date de sortie : 18 janvier 2017

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Réalisé par : Christian Duguay

d'après l'oeuvre de Joseph Joffo

Acteurs : Dorian Le Clech, Batyste Fleurial, Patrick Bruel, Elsa Zylberstein, Bernard Campan, Kev Adams, Christian Clavier, César Domboy

Durée : 1h50

Synopsis : Dans la France occupée, Maurice et Joseph, deux jeunes frères juifs livrés à eux-mêmes, font preuve d’une incroyable dose de malice, de courage et d’ingéniosité pour échapper à l’invasion ennemie et tenter de réunir leur famille à nouveau.

Mon avis : (vu en janvier 2017)
Il s'agit de la seconde adaptation du roman autobiographique de Joseph Joffo, Un sac de billes, paru en 1973. Jacques Doillon en avait déjà fait un film en 1975.
Le livre de Joseph Joffo "Un sac de billes" est devenu un classique, je me rappelle l'avoir lu de nombreuses fois à partir de l'âge collège. J'avais l'âge des héros, et je frémissais de peur en m'imaginant à leur place...

Lors de l'hiver 1942, pour sauver sa famille, le père de Joseph et Maurice Joffo décide de se réfugier dans le sud de la France. Pour avoir plus de chance de réussir, la famille se divise, Henri et Albert, les grands frères, partent les premiers, puis Joseph et Maurice âgés respectivement de 10 et 12 ans sont envoyés seuls vers la zone libre. Leurs parents ont confiance en leur débrouillardise pour réussir leur long périple semé d'embûche, avec les bonnes ou les mauvaises rencontres... Deux ans plus tard, lorsque Jo reviendra à Paris, il a changé, il n'est plus le même, il a quitté l'insouciance de l'enfance.
C'est la guerre racontée à hauteur d'enfant, une histoire vraie dans la grande Histoire qui rappelle aux plus jeunes la réalité de la guerre. C'est une leçon de courage et d'humanité.
Voilà un film très réussi et vraiment fidèle au livre, le périple de ses deux enfants à travers la France en 1942 a une certaine résonnance avec les migrants d'aujourd'hui fuyant la guerre. 
Les deux jeunes acteurs qui jouent les rôles de Joseph (Dorian Le Clech) et Maurice (Batyste Fleurial) sont formidables de justesse, on ressent toute la complicité et l'attachement profond qu'il existe entre les deux frères. Patrick Bruel et Elsa Zilberstein sont également des parents très convainquants.

Merci Morgane et Gaumont pour cette belle avant-première.

Bande Annonce :  

 

20 novembre 2016

Juliette : Les fantômes reviennent au printemps - Camille Jourdy

1507-1 Actes Sud - février 2016 - 240 pages

Présentation éditeur : 
Après le succès de la trilogie Rosalie Blum, Camille Jourdy revient avec un nouveau roman graphique, vaudeville familial haut en couleur.

Auteur : Camille Jourdy a grandi dans le Jura, à Dole. Elle écrit et illustre son premier livre, Une araignée, des tagliatelles et au lit, tu parles d'une vie ! (Drozophile/Quiquandquoi, 2004), alors qu'elle est encore étudiante à l'Ecole des beaux-arts d'Epinal. Elle rejoint ensuite l'Ecole des arts décoratifs de Strasbourg. Après son diplôme, en 2005, elle s'installe à Lyon, où elle vit aujourd'hui.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
Après avoir lu et aimé "Rosalie Blum", j'ai eu envie de découvrir "Juliette : Les fantômes reviennent au printemps". 
Devenue parisienne d’adoption, Juliette revient pour quelques jours de congés dans la petite ville de province où elle a grandi. Elle revient voir son père, toujours seul après son divorce, sa mère qui collectionne les petis amis, sa grand-mère qui perd la tête et sa sœur Marylou, son beau-frère et ses neveux. Juliette cherche également à revoir la maison de son enfance. Elle va faire la rencontre de Pollux, le locataire actuel, c'est un solitaire qui aime passer son temps libre à jouer aux fléchettes dans le bistrot du coin. 
Cette BD, pleine de sensibilité, met en scène de vrais instants de vie, des instants du quotidien... Quelques scènes inattendues ou décalées donnent une touche d'humour à cette chronique familiale... Le dessin est toujours expressif, avec un côté assez enfantin. 

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

111573008 Rosalie Blum

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4 septembre 2016

La suture - Sophie Daull

Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey

la suture Philippe Rey - août 2016 - 208 pages

Quatrième de couverture : 
Alors qu’elle vient de perdre Camille, sa fille de seize ans, Sophie Daull se penche sur le passé de sa mère, Nicole, une femme mystérieuse, disparue elle aussi, il y a trente ans. Munie de maigres indices – quelques lettres et photos tenant dans une boîte à chaussures –, elle entreprend de déchiffrer les lieux et paysages où Nicole a vécu, les visages qu’elle a connus, et tente de reconstituer ainsi une existence troublante.
À larges aiguillées joyeuses, poétiques ou bancales, l’auteure va coudre passé et présent, fiction et réalité, grand-mère et petite-fille, dans ce roman en forme d’enquête généalogique, qui vagabonde dans la France de l’après-guerre jusqu’aux années 80.
Se dessine ainsi la figure de Nicole, dont la frêle beauté et la timidité intriguent, porteuse d’une énigme qu’elle semble elle-même ignorer, chahutée depuis l’enfance par les rudesses d’une vie sans ménagement. Nicole, que le lecteur débusquera avec émotion derrière ses larges lunettes et la fumée de ses Gitanes…

Auteur : Sophie Daull est née dans l'est de la France. Comédienne, elle vit à Montreuil et travaille partout. Camille, mon envolée est son premier roman.

Mon avis : (lu en août 2016)
J'avais été bouleversée par le premier livre de Sophie Daull, j'étais donc curieuse de découvrir son deuxième livre. Après la perte brutale de Camille, sa fille, l'auteur se tourne vers le passé de sa mère, Nicole, décédée également trop tôt. L'auteur a en sa possession peu d'indices : quelques photos, des lettres, des bulletins de salaire... Elle va donc enquêter et partir sur les traces de sa mère à Coulommier, Le Blanc (Indre), Contrexéville et Belfort...
J'ai apprécié cette lecture, cette quête d'une fille qui cherche à mieux connaître sa mère. J'ai pensé au livre
Les gens dans l'enveloppe - Isabelle Monnin que j'avais découvert l'année dernière, mais ici l'auteur est plus impliquée dans l'histoire puisqu'elle enquête sur ses origines. Ce livre est l'occasion de faire revivre sa mère dans son souvenir. Régulièrement, Sophie Daull évoque Camille, la petite-fille qui n'a jamais connu sa grand-mère... Sophie Daull lui confie ses pensées, ses interrogations dans sa quête.
Une écriture agréable et une quête émouvante.

Merci Arnaud et les éditions Philippe Rey pour ce livre plein de sensibilité.

Extrait : (début du livre)
Ma mère avait 26 ans quand je suis née, 45 quand elle est morte, moi 19.
Elle n'a donc jamais connu ma fille, qui est née quand elle en aurait eu 58, j'en avais 32.
Ma fille est morte à 16 ans, quand j'en avais 48, ma mère en aurait eu 74.
Si l'on considère que ces deux disparitions furent, selon la formule consacrée, brutales, qu'elle est la probabilité que ces deux mortes bavardent au ciel ?
Voltigeante arithmétique.
On dirait un énoncé de problème de maths, avec des trains qui déraillent et des robinets qui fuient. Sauf que là, ce sont des vies qui fuient et des destins qui déraillent.

De cette mathématique du fracas et de la perte, je vais poser une équation à deux inconnues : le passé de ma mère, le futur de ma fille. Brouillons éternels. Clairement, ces deux inconnues le resteront pour toujours.

Je vais reprendre le fil générationnel que la mort a trouvé marrant de couper entre ses dents, telle une couturière capricieuse et impatiente, et je vais raccommoder les trous, faufiler des pièces aux coudes et genoux de ce grand squelette prématurément décharné. Je vais les coudre ensemble.

Déjà lu du même auteur : 
105626639 Camille, mon envolée 

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2/18

 

5 août 2016

Rosalie Blum - Camille Jourdy

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une impression de déjà vu Haut les mains peaux de lapins au hasard Baltazar

Actes Sud - février 2016 - 384 pages

Actes Sud - novembre 2007 - 128 pages

Actes Sud - jui 2008 - 128 pages

Actes Sud - mai 2009 - 150 pages

Prix RTL 2009

Prix révélation festival d’Angoulême 2010

Quatrième de couverture :
L'intégrale de la trilogie de Camille Jourdy, à l'occasion de la sortie au cinéma du film éponyme réalisé par Julien Rappeneau.

Une petite ville de province pour un singulier trio composé de Rosalie, Aude et Vincent.
Une rencontre inattendue pour ces personnages dont les modes de vie sont bien différents. Derrière l'intrigue, le portrait psychologique de trois solitaires un peu dépressifs : Vincent qui envisage après trente ans de couper le cordon ombilical, Rosalie Blum qui ne cesse de noyer un passé noir et douloureux dans le whisky et Aude qui se laisse aller aux hasards de la vie. Cette rencontre les aidera-t-elle à vaincre leurs démons ?
Camille Jourdy suit ses héros pour lesquels elle ne cache pas son ironique tendresse.

Auteur : Camille Jourdy a grandi dans le Jura, à Dole. Elle écrit et illustre son premier livre, Une araignée, des tagliatelles et au lit, tu parles d'une vie ! (Drozophile/Quiquandquoi, 2004), alors qu'elle est encore étudiante à l'Ecole des beaux-arts d'Epinal. Elle rejoint ensuite l'Ecole des arts décoratifs de Strasbourg. Après son diplôme, en 2005, elle s'installe à Lyon, où elle vit aujourd'hui.

Mon avis : (lu en juillet 2016)
C'est grâce à la sortie du film, que j'ai eu envie de découvrir cette BD.
Vincent est un homme âgé de 30 ans, célibataire et solitaire, il mène une vie routinière et sans relief entre son salon de coiffure et sa mère qui habite l'appartement au-dessus du sien. Cette dernière est assez intruisive dans la vie de son fils chéri et est assez farfelue. 
Un jour, il croise Rosalie qu'il semble connaître. Intrigué par cette femme, il se met à la suivre et il entre clandestinement dans la vie de cette femme... 
Rosalie finit par s'apercevoir qu’elle est suivie dans la rue, par un jeune homme. Elle s'interroge sur son mystérieux suiveur et sur ses intentions. Elle fait donc appelle à sa nièce Aude pour qu'elle prenne le suiveur en filature... 
Aude a 19 ans, sans emploi, elle vit en colocation avec un artiste raté, hypocondriaque. Avec l'aide de ses deux copines, Aude va s'improviser détective et toutes les trois enquêter sur Vincent et...
Je vous laisse découvrir la conclusion de cette histoire pleine de poésie et de fantaisie autour de trois personnages solitaires et mal dans leur peau mais très attachants.
Une très belle découverte !

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Cette bande-dessinée a été adaptée, en 2016, dans un film réalisé par Julien Rappeneau avec Noémie Lvovsky, Kyan Khojandi et Alice Isaaz. Et j'ai très envie de le découvrir prochainement...

Extrait : 

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21 septembre 2016

Un recteur de l'île de Sein - Henri Queffelec

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Stock - 1944 - 230 pages

Marabout - 1955 - 220 pages

Livre de Poche - 1961 - 241 pages

Presse de la Cité - novembre 1982

Librio - novembre 1998 - 153 pages

Bartillat - juin 2007 - 205 pages

Bartillat - juin 2016 - 205 pages

Quatrième de couverture : 
A l'extrémité de la Pointe du Raz, l'île de Sein est un rocher plat, sans arbres, désespérément sauvage. Là, sous l'Ancien Régime, vivent quelques familles de pêcheurs, âpres, durs, pilleurs d'épaves, superstitieux et violents.
Dans ce lieu maudit, où l'évêque de Quimper ne se donne plus la peine d'envoyer un aumônier du culte tant les candidats sont rares, Thomas Gourvennec, simple pêcheur et sacristain de son état, décide de prendre en charge les âmes à la dérive. Il se heurtera à ces hommes et à ces femmes pris en étau par les rochers... Qu'à cela ne tienne, ils rendront la monnaie de sa pièce à l'existence : certaines nuits, des hommes se retrouvent en bas des falaises, des fermes brûlent, les épaves sont pillées. Au village, on suivra les processions des enterrements sous le soleil glacé, et on verra défiler au gré de la plume d'Henri Queffélec les histoires de femmes, d'enfants en sabots, d'amour, de jalousies, de religion et les récits de grandes tempêtes au goût d'apocalypse.
Le sacristain, Thomas Gourvennec, arbitrera cette lutte entre Dieu et les hommes, entre le religieux et le crime, et tentera, afin que l'île ne sombre pas dans la folie, d'enchaîner les êtres les uns aux autres à travers des habitudes chrétiennes communes.

Auteur : Henri Queffélec (1910-1992) est l'auteur d'une œuvre considérable dans laquelle il a entre autres célébré la Bretagne et la mer. Un recteur de l'île de Sein, paru en 1944, est son plus célèbre roman. Henri Queffélec est le père de l'écrivain Yann Queffélec.

Mon avis : (lu en août 2016)
Voilà un vieux classique dont j'avais souvent entendu parler et que j'ai déniché pendant les vacances. Henri Queffélec offre au lecteur un tableau vivant de l’île de Sein sous l’Ancien Régime. A l'époque, la vie sur l'île de Sein n'est pas facile, il y a les tempêtes, ce rocher est aride et il manque de tout. Un beau jour, leur recteur, venu du continent, n'en peut plus de cette vie rude et isolé et il quitte l'île. Mais aucun prêtre n'est prêt à le remplacer. Les Îliens se sentent alors délaissés par l'Église de Quimper, et par le continent tout entier... Dans ces conditions, Thomas Gourvennec, le sacristain, homme pieux et respecté, est poussé par les Îliens à prendre en main les destinées de la paroisse.
J'ai trouvé ce livre magnifique et très fort, il nous fait découvrir la vie rude des pêcheurs, leur rapport à la religion... L'Ile est l'un des personnages principaux de ce roman, ses descriptions sont très belles et évocatrices en particulier en pleine tempête. L'auteur s'est inspiré d'une histoire vraie pour écrire son roman. Le vocabulaire est très riche, j'y ai découvert des mots qui ne sont plus en usage aujourd'hui et certaines tournures de phrases sont parfois désuètes.

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Ce livre a été adapté au cinéma en 1950 par Jean Delannoy sous le titre Dieu a besoin des hommes avec Pierre Fresnay dans le rôle de Thomas Gourvennec.

 

Extrait : (début du livre)
Il doute du témoignage de ses yeux qui virent le printemps sur l’île et il voudrait croire qu’il a vu des mirages. Il n’est pas possible que des aubes glorieuses, se déployant dans le fond du ciel, aient éclairé ce morceau de récif…
Sur le continent, des maisons humaines, des fermes qui se disent pauvres, mais où la lande étincelle dans les cheminées plus belle qu’à la floraison de Pâques ; les animaux, derrière la cloison, qui réchauffent les maîtres ; le fumier gras, dehors, qui suinte comme du beurre ; les petites fenêtres qui emprisonnent dans l’air le froid, la pluie et le vent, et les obligent, pour réclamer pitance, à ne passer qu’un bras maigre qui tâtonne ; villages terrés contre le sol, paysans et pommiers, monotonie heureuse et rabougrie du temps.
Dix années. Mais rien ne doit plus, aujourd’hui, le retenir dans l’île… Certitude illusoire. La mer, le dépaysement, la solitude morale ont détruit son courage et, si l’on résistait à son entreprise, en poursuivrait-il le dessein ? Qui sait si son refuge, loin d’être la prière, ne serait pas la folie. Auprès des lavoirs, tandis que les femmes battent et rincent, les innocents jouent dès le matin. Ils s’assoient sur des mottes de terre un peu hautes et, levant la tête, la tournent de droite à gauche et de gauche à droite comme s’ils voulaient la dévisser. Ils rient des vaches qui courent. Quel repos ! Quel éloignement des bouffées et des clameurs atlantiques ! Comme il est loin le pillage des heures, du bien-être et de la chaleur par les bandes armées du vent !…
Dix années.
À la fin de la troisième année, c’est Anne Le Berre qui sort lever des lignes à cent mètres du port, derrière un rocher tranquille. La mémoire prétend que des alouettes, dans cet après-midi de juin, chantaient parmi les haubans du ciel. Une brume tombe, mouillée comme une grève après la marée, une brume qui sent le sable et le sel. Hypocrite, elle enveloppe tout. Les formes des maisons s’affaiblissent, s’exténuent. La brume se dissipe… Homme et barque ont disparu.
N’est-ce pas plus terrible encore, à la fin de l’antan, la mort de Louis Yvinec ! La disparition d’Anne se conforme à une sagesse de l’horreur : personne n’a rien vu ni rien entendu et personne ne sait rien. Mais personne n’a vu Yvinec sauter en pleine nuit dans sa barque ni s’éloigner à la voile… et tout le monde raconte qu’il a trouvé une épave, un baril, de malaga ou de rhum, et croisé pour attendre la nuit : il grimperait chez lui en cachette et enterrerait le baril. La tempête croisait aussi. On entendait gronder la bise comme un chien qu’un autre chien irrite. La tempête éclata… Personne, ce jour-là, n’a rencontré Yvinec et, si l’on demande aux pêcheurs d’où ils connaissent l’histoire de l’épave, ils crachent et se dérobent derrière des mots. Le prêtre ne les soupçonne pas de mensonge. Ils détiennent une science effrayante et lui, pauvre terrien, il ne lutte pas contre eux.

16 février 2016

Crève Saucisse - Simon Hureau et Pascal Rabaté

creve_saucisse Futuropolis - janvier 2013 - 80 pages

Quatrième de couverture : 
Didier est boucher, amateur de bande dessinée et... cocu ! Cela lui bousille la vie. Sandrine, son épouse, le trompe avec leur meilleur ami, Éric. Renouant avec la veine acide qu’on lui connaît, Pascal Rabaté s’associe à Simon Hureau pour une comédie noire, grinçante et jubilatoire.

Auteurs : Pascal Rabaté naît en 1961. Il étudie la gravure aux Beaux-Arts d’Angers, puis exerce différents métiers avant de se lancer en bande dessinée. Ses premiers livres paraissent en 1989 chez Futuropolis. Dix années et autant de livres plus tard, il signe le premier tome d’«Ibicus», l’adaptation expressionniste et magistrale d’un roman d’Alexeï Tolstoï. Les quatre volumes qui la composent connaissent un succès public et critique retentissant (Alph-Art du meilleur album à Angoulême en 2000, notamment). Des «Pieds dedans» aux «Petits Ruisseaux» en passant par «Un ver dans le fruit», Rabaté est aussi le conteur singulier de la France profonde. S’il vit toujours à Angers, il brille pourtant par sa capacité à n’être jamais là où on l’attend. Son adaptation de «Harry est fou» en est une nouvelle preuve.
Simon Hureau est né en 1977 à Caen où il a demeuré jusqu’à l’obtention de son diplômé des Beaux Arts.
Simon publie de nombreuses histoires dans des fanzines ou en micro-édition. Lors de ses études aux Arts Déco de Strasbourg, il crée, avec d’autres étudiants, une structure d’autoédition, L’Institut Pacôme, tout en proposant ses planches au label angoumois, Ego comme X, à l’occasion du numéro 8 de la revue du même nom. C’est le début d’une fructueuse collaboration avec cet éditeur. 

Mon avis : (lu en janvier 2016)
J'ai pris ce livre à la bibliothèque par hasard, parce que Rabaté en était l'auteur et que j'ai beaucoup aimé Vive la marée.
Didier est boucher, il a tout pour être heureux, une femme et un fils qu'il aime. Sa boucherie de quartier marche très bien. 
Mais voilà qu'il découvre que sa femme le trompe avec Éric, l'un de leurs amis. Didier se met à avoir des idées sombres, il ne pense qu'à se venger... Mais en secret, sans rien dire à sa femme, il va trouver la solution à son problème dans sa grande collection de bandes dessinées...
Une intrigue noire et grinçante autour d'un adultère et d'une vengeance. C'est plutôt pas mal.

Extrait : 

CREVE-SAUCISSE-1 CREVE-SAUCISSE-2

CREVE-SAUCISSE-3 CREVE-SAUCISSE-4

CREVE-SAUCISSE-5 CREVE-SAUCISSE-6

Déjà lu du même auteur :
logo_PetitBAC2016
Gros mot (1)
26 décembre 2015

Le strict maximum - Charlie Poppins

9782205073522_1_75 (1) Dargaud - octobre 2014 - 128 pages

Quatrième de couverture :
Le strict maximum, c'est un concentré de rire avec une centaine des dessins d'humour de Charlie Poppins, venu de la blogosphère. Esprits chagrins, passez votre chemin ! Dans ce recueil de plus d'une centaine de dessins, vous trouverez un humour élégant et intemporel, dans lequel le sarcasme est absent au profit du rire, du sourire, d'un trait d'esprit qui fait mouche et qui s'amuse à rebondir sur notre culture pop. Entre Voutch pour le ton et Fred quand il faisait du dessin d'humour pour le trait, un esprit graphique faussement vintage et de l'humour 100 % stylé ! Un superbe livre-objet rassemblant les dessins d'humour de Charlie Poppins, drôle d'énergumène issu de la blogosphère : à lire et à offrir !

Auteur : Né d'un père peintre et d'une mère poétesse, le petit Charlie ne rêvera pourtant que d'une seule chose : être chercheur en biologie moléculaire. Après 15 années d'études supérieures couronnées de succès, la pression familiale est malheureusement trop forte pour le jeune homme : il est vivement encouragé à trouver un "métier plus sérieux". Il réintégrera le schéma familiale la mort dans l'âme. Depuis, il dessine des Mickey. Charlie Poppins, de son vrai nom Charles de Popincourt, est Français. Il vit et exerce à Paris. Il organise son temps entre son activité de cartooniste et son métier de montreur d'ours.
Site de l'auteur.

Mon avis : (lu en janvier 2015)
Voilà un très joli livre de dessins humoristiques au style faussement ancien que l'un de mes fils nous a offert à Noël 2014 et dont j'avais oublié de parler ici. C'est visuel, un humour hors du temps souvent absurde et surréaliste. C'est drôle et décalé, on y rencontre aussi bien Dark Vador, les Daft Punk, les Barbapapas que Munch, Pierre et Marie Curie, Jésus ou le Père Noël...
A lire et à offrir.

 

Extrait : 

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 Challenge Petit Bac 2015 
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Taille (6)

10 janvier 2016

Film : Arrête Ton Cinéma ! - Diane Kurys

Date de sortie : 13 janvier 2016

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Concours pour gagner des places de cinéma ou le livre "Arrête Ton Cinéma !"

Réalisé par : Diane Kurys

Scénario : Diane Kurys et Sylvie Testud adapté du roman "C'est le métier qui rentre" de Sylvie Testud

Acteurs : Sylvie Testud, Josiane Balasko, Zabou Breitman, Fred Testot et François-Xavier Demaison

Durée : 1h30

Synopsis : C’est dans l’enthousiasme que Sybille démarre l’écriture de son premier film. Actrice reconnue, elle va passer pour la première fois de l’autre côté de la caméra. Tout semble lui sourire. Ses productrices Brigitte et Ingrid sont deux personnages loufoques mais attachants et Sybille se jette avec elles dans l’aventure, mettant de côté sa vie familiale. Mais, du choix improbable des actrices, aux réécritures successives du scénario, en passant par les refus des financiers, le rêve merveilleux va se transformer en cauchemar. Incorrigible optimiste, Sybille réalisera trop tard que ses productrices fantasques et totalement déjantées vont l’entraîner dans leur folie…

Mon avis : (vu le 4/01/2016)
Lundi soir, j'ai été invitée à une projection du nouveau film de Diane Kurys adapté du roman "C'est le métier qui rentre" de Sylvie Testud au Royal Monceau. 
J'ai passé une très bonne soirée avec un accueil "Royal" (pop corn, et sac cadeau avec le livre de Sylvie Testud), un film réussi et en fin de projection un échange questions/réponses avec Diane Kurys et Sylvie Testud décontracté et très intéressant.
Sybille est une actrice qui a du succès et du travail, elle a très envie de réaliser son propre film. Lorsqu'une productrice la contacte pour produire son projet, elle se sent flattée et accepte de se lancer dans l'aventure et d'écrire le scénario en quinze jours... Voilà comment commence cette comédie satirique sur le monde fou du cinéma... 
Les deux productrices Ingrid et Brigitte sont pleines de folie, elles sont excessives, méchantes et horribles mais tellement déjantées qu'on se demande jusqu'où elles vont aller...
La pauvre Sybille est d'une justesse et d'une vérité, elle fait peine à voir lorsqu'elle se laisse embobiner par ses deux démons malgré les mises en garde de ses proches comme son agent et surtout son mari. Heureusement que ce dernier est présent pour gérer la vie de la famille car Sybille est tellement obnubilée par son futur film qu'elle délaisse ses enfants pour répondre au quart de tour aux exigences les plus farfelus d'Ingrid et/ou Brigitte... Entre compromis et compromissions, la frontière est mince...
La comédie est pleine de bonne humeur et l'on rit de bon cœur, il y a du rythme et l'on ne s'ennuie pas un instant. 
Les personnages sont parfois caricaturaux mais tellement vrais et l'on sent que Josiane Balasko et Zabou Breitman se sont bien amusées à jouer les fofolles et méchantes...
Bravo à Sylvie Testud d'avoir su rebondir en racontant avec de l'autodérision sa propre mésaventure d'un projet de film qui n'a pas abouti et Diane Kurys d'avoir adapté ce livre.
Je n'avais pas lu le livre de Sylvie Testud, mais je le ferai prochainement avec plaisir. 
Merci Alexia et Way to blue pour l'invitation.

19 novembre 2015

Le Papyrus de César - Jean-Yves Ferri, Didier Conrad

9782864972716_1_223958 Editions Albert René - octobre 2015 - 48 pages

Quatrième de couverture :
Deux ans après le succès d’Astérix chez les Pictes, les personnages créés par René Goscinny et Albert Uderzo sont de retour dans un nouvel album écrit par Jean-Yves Ferri et dessiné par Didier Conrad. Tous les ingrédients de la potion magique Astérix sont au rendez-vous : l’Histoire de Rome et des Gaulois est revue et corrigée à coups de gags et de jeux de mots en pagaille ! Par Toutatis ! En octobre 2015, toute la Gaule sera occupée… A lire LE PAPYRUS DE CESAR !

Auteurs : Jean-Yves Ferri pour le scénario. Oscillant entre humour et tentative de réhabilitation d'un certain mode de vie campagnard, il se démarque du reste de la production par un ton particulier. De sa jeunesse, il garde son amour immodéré du terroir et l'insuffle dans ses planches. Dès 1993, il fait son entrée parmi la caste des auteurs de Fluide Glacial. Ses 'Fables autonomes', parues au format album en 1996 et en 1998, évoquent une condition rurale âpre. Ardent défenseur du monde paysan, il n'en traite pas moins avec décalage et cynisme par le biais de l'autre série qu'il développe dans les pages de Fluide Glacial, celle des aventures d''Aimé Lacapelle', sorte de policier rural à la gouaille inégalée. Auteur et dessinateur, c'est en s'associant avec Manu Larcenet qu'il rencontre massivement le public. Leur oeuvre commune, 'Le Retour à la terre', entamée en 2002, témoigne de la difficulté de vivre sans racines et fait preuve d'une sensibilité rare. Entre humeurs bucoliques et regard doux-amer, Jean-Yves Ferri est un artiste dans le système mais définitivement à part.

Didier Conrad pour le dessin. Né le 6 mai 1959 à Marseille, il fait ses débuts en 1973 avec une "Carte blanche" humoristique de deux pages pour SPIROU. Il s'associe avec Yann pour illustrer "Jason", un scénario fantastique de Mythic. Avec son complice, il va former le premier duo d'affreux jojos de la bande dessinée en multipliant, au début des années 80, des animations corrosives dans SPIROU (les célèbres hauts de pages), la satire des séries réalistes traditionnelles avec les "Innommables" et la parodie avec "Bob Marone". Séparé de son conseiller en pastiches, Conrad commence en 1984 une œuvre personnelle : c'est "L'Avatar" qui préfigure selon lui, "Le Piège Malais", publié en deux volumes six ans plus tard dans la prestigieuse collection "Aire Libre" et dont une intégrale a été proposée en 1999. Conrad crée ensuite, en 1991, une série pour les plus jeunes lecteurs : "Donito", dont quatre aventures se succéderont chez Dupuis avant qu'il renoue pour Dargaud avec les "Innommables" et son complice préféré, Yann. Sous le pseudonyme commun de "Pearce", ils vont explorer la jeunesse de Lucky Luke dans "Kid Lucky", sur un scénario de Jean Léturgie, chez Lucky Productions. Son dessin nerveux et joliment disneyien lorsqu'il ne s'attaque pas au bazooka aux univers classiques le fait remarquer par les chasseurs de tête de Spielberg qui s'efforceront un moment de canaliser son inspiration pour les studios Dreamworks aux états-Unis. Le dessin animé d'outre-Atlantique n'étant apparemment pas sa tasse de thé préférée, "Pearce" vient de relancer une série drolatiquement western sur scénario de Jean Léturgie : "Cotton Kid", un petit môme de l'Ouest.

Mon avis : (lu en novembre 2015)
C'est rentrée littéraire à Rome, César est sur le point de publier « La Guerre des Gaules » et Promoplus, son conseiller en communication, lui conseille de supprimer le chapitre évocant ses échecs avec l'irréductible village gaulois d'Armorique, ce n'est pas bon pour son image et personne ne le saura... Mais Bigdata, l'un des scribes, vole l'un des papyrus de ce chapitre et il le fait passer en Gaule grâce à Doublepolémix, un colporteur sans frontières.
Au village, les gaulois sont plus intéressés par les horoscopes de l'Echo de Condate que par le livre de César... Et pour Obélix, le présage est difficile à entendre « Evitez les conflits, remettez-vous en question. » et surtout, « Diminuez les sangliers » ! Avec l'aide d'Astérix et Obélix, Panoramix, conscient de l'importance du papyrus et voulant appliquer le vieux proverbe gaulois : « Les écrits s'envolent, les paroles restent » décide de sauver le précieux document. Bien sûr, les Romains feront le maximum pour l'en empêcher...
Jeux de mots, références historiques ou à l'actualité, il est question de piratage, de nouvelles technologies... Des dialogues dignes de Goscinny, des dessins à la hauteur d'Uderzo et des gaulois épris de liberté, de vérité !

Extrait : 

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Déjà lu des même auteurs :

Pictes-226x300 Astérix chez les Pictes

Challenge 3%
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17/18

24 novembre 2015

Un bonheur si fragile - tome 2 : Le drame - Michel David

r_1870 (1) Kennes - mai 2015 - 504 pages

Quatrième de couverture :
Au printemps 1902, les sujets de dispute ne manquent pas à Saint-Paul-des-Prés. Alors que le curé Bilodeau se mêle un peu trop de la construction de la nouvelle église paroissiale, Gonzague Boisvert, toujours aussi avare et égoïste, met le feu aux poudres en érigeant un hôtel au centre du village. De son côté, Corinne découvre les joies de la maternité, mais ne peut compter sur son mari pour la seconder. Si Laurent montre parfois les signes d'un travailleur sérieux, plus souvent qu'autrement, ce grand charmeur irresponsable et paresseux profite des fins de semaines pour dépenser ses maigres économies autour d'un verre... de trop. Un événement tragique bousculera la vie paisible des villageois alors que Mitaines est retrouvé mort sur la terre de Laurent Boisvert. Cet épisode changera à jamais la vie de Corinne et Laurent.

Auteur : Michel David est né à Montréal, le 28 août 1944, où il passe son enfance, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, qui n'est pas alors totalement urbanisé.
Après plus de 33 ans de carrière dans l'enseignement du français, Michel David prend sa retraite en 1999, mais continue l'écriture d'ouvrages pédagogiques, et se consacre à la sculpture sur bois, puis... à l'écriture de sagas, sept jours par semaine, plusieurs heures par jour.

Mon avis : (lu en novembre 2015)
J'ai découvert le premier tome de cette série de romans de terroir québécois cet été, j'ai profité des congés de Toussaint pour lire le tome 2. Le livre est assez gros, je préférais donc le lire en vacances. Nous retrouvons les personnages peu de temps après la fin du tome 1. Laurent n'est toujours pas revenu du chantier et Corinne est sur le point d'accoucher. Juliette, le soeur de Laurent, arrive près de Corinne pour l'arrivée du bébé, un petit garçon nommé Philippe. En l'absence de Laurent, Corinne a choisi Juliette et le grand-père Wilfrid comme marraine et parrain. Heureusement, Laurent sera présent au baptême et il évitera les rumeurs à son encontre. Laurent n'a pas vraiment changé, toujours paresseux, il a rapporté aucun argent de sa campagne d'hiver.
Saint-Paul-des-Prés a un nouveau curé, le père Bilodeau, qui est bien décidé à diriger la construction de la nouvelle église. Construction qui va pouvoir enfin commencer et Laurent va y travailler pour rapporter quelques argents à sa famille.
Gonzague Boisvert ne se laisse pas abattre après sa défaite du printemps, il se lance comme candidat pour les élections municipales et décide de construire un hôtel au centre du village. Une guerre s'engage donc entre lui et le curé...
Un cadavre sera retrouvé sur les terres de Laurent, c'est celui de Mitaines qui avait mystérieusement disparu après avoir volé une très grosse somme d'argent chez Monsieur Tremblay. La police enquête sur la mort et sur la disparition de l'argent...
C'est toujours amusant de suivre cette saga québécoise où le dépaysement est garanti, les valeurs simples et les personnages attachants (enfin pas tous...) J'attends de me procurer l'épisode suivant pour les prochaines vacances...

Extrait :

Déjà lu du même auteur :

105625593 (1) Un bonheur si fragile - tome 1 : L'engagement 

19 septembre 2015

1, 2, 3... foulard - Eric Sanvoisin

123 foulard Gründ - septembre 2014 - 149 pages

Quatrième de couverture :
Charlotte, douze ans, est nouvelle au collège et perdue dans la vie. Ses parents adoptifs essaient de lui faire oublier son passé tragique. Mais tout cela s'évapore quand elle rencontre Jordan. Mystérieux, froid, beau à pleurer, il occupe toutes ses pensées. Quand il lui propose de l'initier au jeu du foulard, elle plonge les yeux fermés...

Auteur : Éric Sanvoisin est un auteur de littérature de jeunesse. Il a exercé différents métiers : correcteur/relecteur dans l'édition, éducateur spécialisé, maquettiste PAO, Assistant maternel, Correcteur dans l'édition technique et bibliothécaire (depuis 1993). Toutes ces activités tournent autour des livres et des enfants. Il est actuellement bibliothécaire-adjoint à la ville de Saint-Brieuc. Il est papa de 9 enfants... tous voulus et tous venus au monde un par un. Ils ont tous la même maman... Eric Sanvoisin est membre du comité de rédaction de la revue Griffon et membre de la Charte des Auteurs et Illustrateurs de Jeunesse. 

Mon avis : (lu août 2015)
Ce livre aborde un sujet difficile et angoissant, le tristement célèbre jeu du foulard. La narratrice, Charlotte, est âgée de 12 ans, du lit d'hôpital où elle se trouve, elle s'adresse à ses parents adoptifs et revient, en quarante-quatre chapitres très courts, sur les jours précédents son hospitalisation.
Après une enfance chaotique, elle est arrivée dans cette famille d'accueil à l'âge de sept ans et y a trouvé la stabilité dont elle avait besoin. Charlotte redoute pourtant son entrée en sixième dans un collège où elle se sent toute petite... Par l'intermédiaire de Coraline, une camarade, elle va entrer dans la bande du beau Jordan qui la fascine. Ce dernier va petit à petit avoir de l'influence et de l'emprise sur Charlotte, et celle-ci va accepter de participer au "jeu des étoiles filante"...
J'émets quelques réserves sur l'âge de Charlotte, je la trouve trop jeune pour cette histoire soit crédible, de même je pense que son problème de relation avec sa mère biologique parasite un peu le sujet premier du livre... Je ne pense pas que seule une enfant "fragilisée" peut se laisser entraîner dans ce jeu dangereux...

Malgré ces réserves, j'ai trouvé Charlotte très attachante et l'histoire bouleversante. 

Autres avis : Noukette, SaxaoulJérôme

Extrait : (début du livre)
« Papa, maman, ne pleurez pas. Je suis vivante.

Je vous entends mais je ne peux pas vous répondre. Mon corps est en panne. Il ne m’obéit plus.
Je ne sens plus rien. Est-ce normal ?
J’ai quitté mon enveloppe corporelle. Je plane et je nous vois, tous les trois. Toi, papa, debout, raide, planté dans le sol de ma chambre d’hôpital comme un javelot. Toi, maman, assise près de moi, ma main dans la tienne, ta bouche près de mon oreille, murmurant des poèmes que tu as appris autrefois à l’école. Et moi, déesse immobile, reliée par un tuyau à un grand nuage blanc.
J’entends. Je vois. Et je me souviens… »

 

2 avril 2015

La dernière fugitive - Tracy Chevalier

Lu en partenariat avec les éditions Folio

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Quai Voltaire - octobre 2013 - 384 pages

Folio - février 2015 - 392 pages

traduit de l'américain par Anouk Neuhoff

Titre original : The last runaway, 2013

Quatrième de couverture :
1850. Après un revers sentimental, Honor fuit les regards compatissants des membres de sa communauté quaker. Elle s'embarque pour les Etats-Unis avec sa soeur, Grace, qui doit rejoindre son fiancé. A l'éprouvante traversée s'ajoute bientôt une autre épreuve : la mort de Grace, emportée par la fièvre jaune. Honor décide néanmoins de poursuivre son voyage jusqu'à Faithwell, une petite bourgade de l'Ohio. C'est dans cette Amérique encore sauvage et soumise aux lois esclavagistes, contre lesquelles les quakers s'insurgent, qu'elle va essayer de se reconstruire. Portrait intime de l'éclosion d'une jeune femme, témoignage précieux sur la vie des quakers et le «chemin de fer clandestin» - ce réseau de routes secrètes des esclaves en fuite -, La dernière fugitive confirme la maîtrise romanesque de l'auteur du best-seller La jeune fille à la perle.

Auteur : Tracy Chevalier est américaine et vit à Londres depuis 1984 avec son mari et son fils. Spécialiste des romans historiques et des portraits de femmes, elle est l'auteur du Récital des anges (2002), de La Dame à la Licorne (2003), de La Vierge en bleu (2004), de L'Innocence (2007), de Prodigieuses créatures (2010) et de La Jeune Fille à la perle (2000) adapté au cinéma par Peter Webber en 2002, et interprété par Scarlett Johansson.

Mon avis : (lu en mars 2015)
J'ai beaucoup aimé ce livre qui nous raconte l'histoire de Honor Bright, une jeune quaker anglaise qui émigre aux États-Unis dans les années 1850. Son fiancé l'ayant quitté pour une jeune fille n'appartenant pas à la communauté, Honor décide d'accompagner sa soeur Grace promise à voisin qui est déjà parti en Amérique. Tout commence avec la difficile traversée de l'Atlantique en bateau, Honor va être malade tout au long du voyage et comprend dès son premier pas sur la terre d'Amérique qu'elle ne fera certainement jamais la route inverse. Ensuite, c'est le long voyage pour rejoindre l'Ohio qui sera endeuillée par la mort de Grace emportée par la fièvre, cette dernière ne rejoindra jamais son futur mari... Honor se retrouve donc seule dans un pays différent de l'Angleterre, elle va rencontrer Belle, une femme modiste, dont la vie est à l'opposée de la sienne si calme et pieuse... A travers l'histoire d'Honor, nous découvrons l'Amérique de 1850, la communauté quaker, le travail minutieux et artistiques des quilts (patchwork), et les « chemins de fer clandestins », réseaux de routes secrètes tracées par les esclaves pour rejoindre les terres libres du Canada. 
Tracy Chevalier réussit avec brio ce nouveau livre, les personnages sont nombreux, attachants et l'intrigue captivante.

Merci Anna et les éditions Folio pour cette lecture passionnante et instructive.

Extrait : (début du livre)
Elle ne pouvait pas revenir en arrière. Quand Honor Bright avait brusquement annoncé à sa famille qu’elle allait accompagner sa sœur Grace en Amérique – quand elle avait trié ses objets personnels, ne gardant que le nécessaire, quand elle avait fait don de tous ses patchworks, quand elle avait dit au revoir à ses oncles et tantes, et embrassé ses cousins et cousines et ses neveux et nièces, quand elle était montée dans le coche qui allait les arracher à Bridport, quand Grace et elle s’étaient donné le bras pour gravir la passerelle du bateau à Bristol –, tous ces gestes, elle les avait effectués en se disant en son for intérieur : Je pourrai toujours revenir. Sous cette pensée, toutefois, était tapi le soupçon que dès que ses pieds auraient quitté le sol anglais, sa vie serait irré- vocablement transformée.
Au moins l’idée de rentrer un jour adoucit-elle les semaines qui précédèrent son départ, telle la pincée de sucre ajoutée en secret à une sauce pour en dompter l’acidité. Cette idée lui permit de rester calme, et de ne pas pleurer comme le fit son amie Biddy lorsqu’elle lui donna le quilt qu’elle venait de terminer : un patchwork de losanges marron, jaunes et blanc cassé assemblés en étoile de Bethléem à huit branches, surpiqué de motifs de harpes, sans oublier la bordure de plumes pour laquelle elle était connue. La communauté lui avait offert un quilt de l’amitié dont chaque bloc avait été confectionné et signé par une amie ou une parente différente, or elle n’avait pas la place pour les deux courtepointes dans sa malle. Le quilt de l’amitié n’était pas aussi bien exécuté que le sien, mais naturellement c’était celui-là qu’elle devait emporter. « Il est mieux en ta possession, pour te faire penser à moi, avait insisté Honor alors que son amie en pleurs tentait de lui rendre de force le quilt étoile de Bethléem. Des couvre-pieds, je pourrai en faire d’autres dans l’Ohio. »
Pour ne pas penser au voyage lui-même, Honor tendit plutôt son esprit vers sa destination, à savoir la maison en bardeaux dont son futur beau-frère avait envoyé des croquis à Grace dans ses lettres de l’Ohio. « C’est une maison solide, même si elle n’est pas bâtie dans la pierre à laquelle tu es accoutumée, avait écrit Adam Cox. La plupart des maisons ici sont en bois. C’est seulement quand une famille s’est bien établie et ne risque plus guère de repartir qu’elle construit une maison en briques.
« Elle est située au bout de Main Street, à l’entrée du village, poursuivait-il. Faithwell est encore un petit bourg, avec une quinzaine de familles d’Amis. Mais il va grandir, par la grâce de Dieu. Le magasin de mon frère se trouve à Oberlin, une ville plus importante à cinq kilomètres de distance. Lui et moi espérons le transporter à Faithwell une fois que l’agglomération sera assez grosse pour accueillir une boutique de drapier. Ici on appelle cela un “magasin de nouveautés”. Il y a beaucoup de mots nouveaux à apprendre en Amérique. »
Honor ne se voyait pas vivre dans une maison en bois, qui brûlait à toute vitesse, gauchissait pour un rien, émettait des grincements et des gémissements, mais ne procurait aucun sentiment de permanence, contrairement à la brique ou la pierre.
Elle avait beau s’efforcer de restreindre ses inquié- tudes à sa crainte de vivre dans une maison en bois, elle ne pouvait s’empêcher de penser à la traversée sur l’Adventurer, le navire sur lequel elles franchiraient l’Atlantique. Honor connaissait bien les bateaux, comme tout résident de Bridport. Elle accompagnait de temps en temps son père au port quand une cargaison de chanvre arrivait. Elle était même déjà montée à bord, et avait regardé les marins ferler les voiles, enrouler les cordages et laver les ponts. Mais elle n’avait jamais pris la mer. Un jour, quand elle avait dix ans, son père avait emmené la famille passer la journée dans le village d’Eype, et Honor, Grace et leurs frères étaient allés faire un tour en canot à rames. Grace avait adoré naviguer : elle avait poussé des cris perçants, ri à gorge déployée et fait semblant de tomber à l’eau. Honor, quant à elle, s’était agrippée au rebord de la barque pendant que ses frères ramaient, s’évertuant à ne pas paraître affolée par le tangage, et par l’étrange et désagréable sensation de ne plus avoir la terre ferme sous ses pieds. Elle avait regardé sa mère qui arpentait la plage avec sa robe foncée et son bonnet blanc, impatiente de voir ses enfants revenir sains et saufs. Après cette expérience, Honor avait fui les bateaux.

Déjà lu du même auteur : 

prodigieuses_cr_atures  Prodigieuses créatures la_jeune_fille___la_perle La jeune fille à la perle 

la_vierge_bleu La Vierge en bleu

7 avril 2015

Mamette, Tome 2 : L'âge d'or - Nob

mamette,-tome-2---l-age-d-or-96242-250-400 Glénat - août 2007 - 48 pages

Quatrième de couverture : 
Mamette est de retour ! Elle poursuit son petit traintrain quotidien, en compagnie de ses vieilles copines au parc, et malgré des premiers jours d'été caniculaires. Mais le quotidien va être bien perturbé, car elle accueille chez elle le petit Maxou, dont la maman a retrouvé un travail très prenant. Et l'été va être chaud, très chaud, car Maxou a redoublé et Mamette compte bien profiter des vacances pour lui faire réviser ses leçons...Mission pas facile! Mais entre la mamie gâteau et le petit agité, si on ne se comprend pas toujours, la tendresse est toujours au rendez-vous.
Entre drôlerie et émotion, retrouvez dans ce second tome une galerie de personnages haut en couleurs et si proches de ceux que nous croisons au quotidien. Mamette, c'est la grand-mère dont nous rêvons tous, craquante, espiègle, gourmande de la vie, celle qu'on ne remarque pas toujours mais qui a pourtant tellement de trésors à partager.

Auteur : Nob, de son véritable nom Bruno Chevrier né en 1973 à Tours, est un dessinateur, scénariste et coloriste de bande dessinée français.

Mon avis : (lu en avril 2015)
Après les tomes 4 et 5, je fais un petit retour en arrière avec le tome 2 : c'est l'été avec une chaleur caniculaire, Mamette accueille pour les vacances Maxou. La mère de ce jeune garçon est très occupé par son travail et Maxou doit faire des devoirs de vacances. La cohabitation s'annonce difficile car Maxou espérait partir en vacances avec son père. Pour Mamette, les jeunes ont bien changés et malgré tout elle va trouver la solution pour apprivoiser Maxou et passer avec lui un été inoubliable...
Une bande-dessinée pleine de tendresse et d'humour, je reste sous le charme de cette super grand-mère !

Extrait :

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Challenge Petit Bac 2015 
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Couleur (3)

Déjà lu du même auteur :

mamette_4  Tome 4 : Entre ciel et terre 103061793 Tome 5 : La fleur de l'âge

5 mai 2015

Un parfum d'herbe coupée - Nicolas Delesalle

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un parfum d'herbe coupée Préludes - janvier 2015 - 288 pages

Prix des lecteurs du livre numérique 2013

Quatrième de couverture :
« Le jour où mon père a débarqué avec son sourire conquérant et la GTS, j'ai fait la gueule. Mais j'ai ravalé ma grimace comme on cache à ses parents l'odeur de sa première clope. J'ai dit ouais, j'ai dit super, la mort dans l'âme, même si j'avais compris que la GTS pour la GTX, c'était déjà le sixième grand renoncement, après la petite souris, les cloches de Pâques, le père Noël, Mathilde, la plus jolie fille de la maternelle, et ma carrière de footballeur professionnel. » 
Par petites touches qui sont autant d'instantanés de vie, Kolia convoque les figures, les mots, les paysages qui ont compté : la route des vacances, les filles, Totor le paysan aux cèpes et la maison de famille, des livres, quelques sauterelles, Raspoutine le berger allemand... Des petits riens qui seront tout.
Un premier roman remarquable, plein d'émotion, d'humour, de poésie, de profondeur, où la petite musique singulière de l'enfance ouvre sur une partition universelle. Un parfum inoubliable...

Auteur : Nicolas Delesalle est grand reporter à TéléramaUn parfum d’herbe coupée est son premier livre.

Mon avis : (lu en janvier 2015)
Comme j'ai déjà lu ce livre en janvier dernier et que je me suis engagée à lire les livres du Prix Relay des Voyageurs, je reprends dans ce billet, une grande partie de mon billet de janvier.
La lecture de la quatrième de couverture m'a donné envie de découvrir ce livre. Une version courte de ce livre a d'abord eu une vie en livre numérique et même obtenu Prix des lecteurs du livre numérique 2013.
Kolia, le narrateur, nous raconte des moments de l'enfance qui évoquent également chez le lecteur ses propres souvenirs. L'auteur étant né en 1972, il évoque certains souvenirs des années 70 et 80.
Il raconte son dernier échange avec son grand-père, le jour de l’enterrement de sa grand-mère.

Il se souvient de ces professeurs, de celle qui l'a collé tous les mercredi de son année de quatrième pour insolence... mais qui lui a également appris à apprécier les livres et la lecture. De sa professeur de russe qui ne voulait pas le favoriser. 
Il nous confie sa jeune vocation d'astronaute et ses expériences de lancer de fusée avec comme "cobayes" vivants, des sauterelles du jardin. 
Il évoque aussi son premier baiser, ses premiers émois amoureux et comment il descendait de sa chambre la nuit en cachette pour regarder à la télévision le film du premier samedi du mois sur Canal+
Ce livre m'a fait penser à Philippe Delerm et son livre "La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules"... 

Les chapitres sont émouvants, plein d'humour, touchants, plein de tendresse ou d'espièglerie... 
Une découverte très plaisante au parfum d'enfance.

Mon fils (20 ans) avait entendu parler de ce livre bien avant moi et lorsqu'il a su que je l'avais reçu en avant-première, il me l'a emprunté et il l'a dévoré et beaucoup aimé. Depuis janvier, il a eu l'occasion d'échanger avec l'auteur par twitter et de le rencontrer en février. Et j'ai donc eu droit à une jolie dédicace...

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Merci à Babelio et le Prix Relay des Voyageurs Lecteurs pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
Au plafond, un ventilateur antédiluvien tournait au ralenti et découpait de grosses tranches d'air tiède qui me tombaient sur le visage.

J'étais seul dans le salon avec mon grand-père. Il dormait sur le canapé en cuir élimé. On venait d'enterrer ma grand-mère, une petite ortie brune d'origine sicilienne qui souriait tout le temps.
Les gens déambulaient sans but précis dans le jardin et la maison de mes grands-parents où flottait un parfum particulier, un mélange d'ennui, de soupe aux poireaux et de mélancolie.
Les invités rejouaient la chorégraphie sempiternelle de ces « fêtes » qui parachèvent les enterrements. Chacun faisait ce qu'il pouvait de ses pieds, de ses mains et de ses mots.
La famille se retrouvait malgré elle, penaude, désemparée, entre les petits fours, les grands silences, le vin, le café, les larmes et les sourires compatissants. On s'écoutait. On prenait le pouls du temps qui passe trop vite. Pourquoi ne se voit-on pas plus souvent ?
Les amis proches naviguaient entre les écueils. Les phrases étaient courtes. Chaque geste, chaque mot pouvait briser une molécule d'air qui en brisait une autre qui en brisait une autre et ainsi de suite, une réaction en chaîne au bout de laquelle une molécule d'eau salée pouvait finir par couler sur la joue de celui qu'on essayait de consoler.
Ma grand-mère venait de mourir de vieillesse, comme on dit. C'est-à-dire que quelque chose avait lâché quelque part. On ne savait pas trop quoi. On ne voulait plus trop savoir pourquoi. Il fallait juste l'accepter. L'accident, le cancer et toutes les saloperies du monde déclenchent la révolte, la rage puis la résignation, tiercé perdant dans l'ordre. La mort de vieillesse, on doit l'accepter d'un tenant, au comptant, toutes taxes comprises. C'est la vie.
Mon grand-père dormait de tout son long dans le canapé, allongé sur le dos, les mains croisées sur le ventre, dans la même position que ma grand-mère, dans son cercueil, sous la dalle fraîchement scellée. 
Sa respiration était lente. Il avait oublié d'ôter ses lunettes. Il avait tout oublié. Il avait oublié qu'il avait été chimiste. Spécialiste des teintures. Il avait oublié qu'il était un peu belge, un peu irlandais, un peu du Nord, un peu de Normandie, un peu barré. Il avait oublié qu'il avait vécu toute sa vie d'adulte en Argentine et au Chili, où mon père était né. Il avait oublié qu'il parlait espagnol couramment, mais avec un accent à débiter des bûches. Il avait oublié qu'il avait passé sa retraite à colorer des morceaux de coton avec lesquels il recomposait des toiles, des photographies, avant de les emprisonner sous une plaque de verre. Il accrochait ses œuvres au mur. Il y en avait partout.
Au-dessus du canapé où il ronflait, une reproduction cotonneuse du Déjeuner sur l'herbe de Manet égayait le mur couvert d'un papier peint jaune qui fut joyeux un jour mais que les années avaient rendu maussade. Je n'ai jamais été sensible à l'art de mon grand-père, mais il est le seul peintre sur coton que je connaisse, alors va pour le Déjeuner sur l'herbe tout en ouate et respect Papito.
J'ai très peu de souvenirs de mes grands-parents. J'étais le dernier des petits-enfants et quand j'ai atteint l'âge de les comprendre et de les écouter, l'un comme l'autre n'avaient plus l'envie ou la force de parler. Ne restent en mémoire que des risettes, de la tendresse et deux, trois détails qui ne feraient pas un paragraphe dans une biographie.

30 octobre 2014

L'océan au bout du chemin - Neil Gaiman

Lu en partenariat avec Au Diable Vauvert

1530382_10205190887801332_4586254058997405647_n Au Diable Vauvert - octobre 2014 - 320 pages

traduit de l'anglais par Patrick Marcel

Titre original : The Ocean and the End of the Lane, 2013

Quatrième de couverture :
De retour dans le village de sa jeunesse, un homme se remémore les événements survenus l'année de ses sept ans. Un suicide dans une voiture volée. L'obscurité qui monte. Et Lettie, la jeune voisine, qui soutient que la mare au bout du chemin est un océan...

Fidèle à son imaginaire merveilleux, Neil Gaiman explore le monde de l'enfance et des contes anglo-saxons pour nous procurer une émotion toute nouvelle, dans ce roman élu par les lecteurs Book of the Year 2013.

Auteur : Né en 1960 en Angleterre, qualifié par Stephen King de « trésor d'histoires », Neil Gaiman est auteur de célèbres comtes, scénariste et romancier. Lauréat de nombreux prix, il est lu dans le monde entier.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
Je ne connaissais cet auteur que de nom et devant l'enthousiasme d'un inconditionnel de Neil Gaiman, par curiosité j'ai accepté de recevoir et de découvrir "L'Océan au bout du chemin". En premier lieu, j'aime beaucoup le titre et je trouve la couverture très belle.
De retour dans le village de son enfance, le narrateur se souvient de ses 7 ans. A l'époque, il rêvait grâce aux livres, il se réfugiait dans son "laboratoire" au fond du jardin... il y avait Lettie, son amie et voisine de onze ans, qui vivait à la ferme des Hempstock avec sa mère et sa grand-mère. Cette année là, Ursula Monkton, une méchante gouvernante est venue s'installer dans la maison du narrateur et c'est comme si un monstre avait pris le contrôle de la maison... Heureusement Lettie et sa famille vont secourir le petit garçon... 
Au bout du chemin de la ferme des Hempstock, il y a une mare, et pour Lettie cette mare est un océan.
Ce n'est pas le genre de lectures auxquelles je suis sensible mais ici l'auteur a un vrai talent de conteur mêlant le réel et le fantastique et j'ai lu très facilement cette histoire pleine d'imagination et de poésie qui évoque l'enfance et ses peurs. J'ai beaucoup aimé les personnages du petit garçon, de Lettie, de Ginnie sa mère et de la grand-mère.

Merci Anaïs et les éditions Au Diable Vauvert pour cette découverte.

Extrait : (Prologue)
Je portais un costume noir, une chemise blanche, une cravate noire et des chaussures noires, bien cirées et brillantes : des vêtements dans lesquels j'aurais été mal à l'aise, en temps ordinaire, comme si j'avais endossé un uniforme volé ou si je voulais passer pour un adulte. Aujourd'hui, ils m'apportaient une sorte de réconfort. Je portais les vêtements appropriés à une rude journée.
J'avais accompli mon devoir, le matin, prononcé les paroles que je devais prononcer, et j'étais sincère en les disant; et puis, une fois le service terminé, je suis monté en voiture et je suis parti au hasard, sans plan défini, avec environ une heure à tuer avant de rencontrer d'autres gens que je n'avais plus vus depuis des années, serrer d'autres mains et boire trop de tasses de thé dans le beau service en porcelaine. J'ai suivi des routes de campagne sinueuses du Sussex dont je ne me souvenais qu'à demi, jusqu'à ce que je me retrouve dans la direction du centre-ville, aussi ai-je obliqué, au hasard, sur une autre route, et tourné à gauche, puis à droite. C'est seulement alors que j'ai compris où j'allais vraiment, où j'allais depuis le début, et ma sottise m'a fait grimacer.
Je roulais vers une maison qui n'existait plus depuis des décennies.
J'ai à ce moment-là songé à faire demi-tour, alors que je suivais une rue large qui était autrefois un chemin empierré de silex au long d'un champ d'orge; à faire demi-tour et à laisser le passé en paix. Mais je ressentais de la curiosité.
L'ancienne maison, celle où j'avais vécu sept ans, de l'âge de cinq ans jusqu'à celui de douze, avait été démolie et elle était perdue pour de bon. La nouvelle, celle que mes parents avaient construite au bas du jardin, entre les bosquets d'azalées et le rond vert dans l'herbe que nous appelions le cercle des fées, celle-là avait été vendue trente ans plus tôt.
En vue de la nouvelle maison, j'ai ralenti la voiture. Ça resterait toujours la nouvelle maison, dans ma tête. Je me suis engagé dans l'allée, pour observer de quelle façon ils avaient développé son architecture du milieu des années 70. J'avais oublié que ses briques étaient brun chocolat. Les nouveaux habitants avaient transformé le tout petit balcon de ma mère en un jardin d'hiver sur deux niveaux. J'ai contemplé la maison, me rappelant moins que je m'y attendais mes années d'adolescence : ni bons moments, ni mauvais. Adolescent, j'avais habité ici quelque temps. Ça ne semblait pas être une composante de ce que j'étais à présent.
J'ai reculé avec la voiture pour sortir de leur allée.

Challenge 3% Rentrée Littéraire 2014 
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16/18

Challenge Petit Bac 2014
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"Géographie" (12)

Challenge Voisins Voisines 2014
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Angleterre

13 septembre 2014

De si jolies Ruines - Jess Walter

Lu dans le cadre du Prix du Roman Fnac 2014

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DeSiJoliesRuines Fleuve éditions - août 2014 - 456 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Jean Esch

Titre original : Beautiful Ruins, 2012

Quatrième de couverture :
Avril 1962, Dee Moray arrive par bateau dans le minuscule village de Porto Vergogna (le port de la honte), une douzaine de maisons accrochées à flanc de falaises et une petite pension de famille dont vient d’hériter le jeune Pasquale Tursi, bien décidé à en faire le lieu de villégiature préféré des stars américaines. Peu importe que le village ne soit accessible ni par la route ni par le rail, que sa plage fasse la taille d’un mouchoir de poche et que ses projets de terrain de tennis ressemblent à un doux rêve. En fait, personne ne descend jamais dans cet hôtel perdu, l'Adequate View, à part quelques clients égarés. Et chaque année, pendant une quinzaine de jours, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, un américain névrosé et alcoolique aux velléités d’écrivain.

Dee Moray a décroché un petit rôle dans la grosse production rassemblant Liz Taylor et Richard Burton, Cléopâtre. Elle était à Rome quand on lui a diagnostiqué un cancer, la production l'a alors envoyé se reposer dans cet hôtel. Bientôt, Richard Burton et un autre type de la production débarquent eux aussi...
De nos jours, à Hollywood, une jeune assistante de production, Claire Silver, se débat pour quitter son job auprès du producteur Michael Dean, une momie qui a connu son heure de gloire, et son compagnon du moment, inconditionnel des boîtes de strip-tease. Et puis il y a Shane Weeler, persuadé d’avoir le pitch du siècle qui part pour Hollywood tenter de vendre son idée, Pat, le chanteur-compositeur complètement paumé…
Tous ces êtres ont des rêves auxquels ils se cramponnent, et bien qu'ils viennent d'horizons différents, leurs destins vont se croiser, même si certains l'ignorent encore...

Auteur : Jess Walter est l’auteur de six romans, dont Citizen Vince, lauréat du Prix Edgar Allan Poe du meilleur roman en 2005, The Zero, finaliste du National Book Award 2006 et La Vie financière des poètes, paru chez 10/18 en 2011. Il a également collaboré à plusieurs journaux et magazines parmi lesquels The New York Times, The Washington Post, The Los Angeles Times ou The Boston Globe. Il vit en famille à Spokane, dans l’État de Washington.

Mon avis : (lu en juillet 2014)
C'est le dernier livre que j'ai lu pour la sélection du Prix du Roman Fnac 2014. Depuis les vacances sont passées et faire un billet à partir de mes quelques notes n'est pas si facile... J'avoue avoir un peu oublieé cette lecture.
Ce livre nous raconte plusieurs histoires qui vont se rejoindre dans les derniers chapitres. 
En 1962, Dee Moray, une jeune actrice arrive dans un petit village côtier italien. Elle semble victime d'une maladie mystérieuse. Le propriétaire de l'hôtel, Pasquale rêve de transformer sa ville en une station balnéaire. Il tombe amoureux de Dee et veut l'aider. Il va lentement apprendre ses secrets et pourquoi elle a été envoyée à son village. 
Dans le présent, nous somme à Hollywood, Michael Deane est un producteur de films devenu has-been, Claire est son assistante. Pasquale, qui est maintenant un vieil homme, rend visite au producteur il voudrait savoir ce qui s'est passé à l'actrice.
J'ai bien aimé les descriptions des lieux autour de Porto Vergogna situé proche de Cinque Terre en Italie et le personnage de Pasquale. Ce n'est pas toujours facile de passer de l'une histoire à l'autre, d'une époque à l'autre.

 

Challenge 2% Rentrée Littéraire 2014 
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8/12

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Le mois américain

 Challenge Petit Bac 2014 
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"Bâtiment" (7)

 

30 juillet 2014

Voyage aux îles de la Désolation - Emmanuel Lepage

790085 Futuropolis - mars 2011 - 160 pages

Présentation éditeur :
Pour la mer — afin de la comprendre et de savoir la dessiner —, pour les Terres australes — qui sont comme la promesse d’un temps qui n’est plus —, en mars et avril 2010, pendant plusieurs semaines, Emmanuel Lepage a embarqué sur le Marion Dufresne, au départ de Saint-Denis de La Réunion, pour faire le voyage dans les T. A. A. F., les Terres Australes et Antarctiques Françaises. 

Les Terres australes : îles de Crozet, d’Amsterdam, de Saint-Paul et, la plus connue, de Kerguelen, jadis surnommées les îles de la Désolation. Des confettis d’empire, égarés dans l’immensité bleue à des milliers de kilomètres de toute terre habitée. Îles inconnues, sauvages, inhospitalières, mystérieuses. Battues par des vents violents, elles ne comptent d’humains que les scientifiques, de toutes disciplines, venus le temps de missions pouvant durer plusieurs mois, et les quelques militaires et contractuels chargés de faire fonctionner leurs bases d’habitation et de travail. 
Emmanuel Lepage, le Breton, en toute contradiction, n’avait jamais pris la mer. Il a été servi ! Cap au Sud !

Auteur : Emmanuel Lepage est un dessinateur, scénariste et coloriste de bande dessinée, né en 1966 à Saint-Brieuc.

Mon avis : (lu en juillet 2014)
Cette bande dessinée est un vrai carnet de voyage, Emmanuel Lepage nous entraîne à bord du Marion Dufresne, le navire océanographe qui fait les liaisons entre les Terres Australes Françaises. 
Il nous fait découvrir des îles que peu de personnes ont la chance d'aborder, l'île Tromelin, l'île de Crozet, les îles Kerguelen, l'île Saint Paul, l'île Amsterdam... Les paysages, les oiseaux marins, les éclairages, la mer... et les hommes, les marins, les scientifiques, coupés du monde et vivant dans des conditions extrêmes. Les dessins sont magnifiques, avec différents styles, du noir et blanc, des aquarelles, du pastel... Dépaysement et émerveillement assuré !

En bonus : le site du voyage en terres australes

Note : ♥♥♥♥♥

Extrait : (début du livre)

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   Challenge Petit Bac 2014
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"Géographie" (9)

Déjà lu du même auteur : 

1151_couv  Un Printemps à Tchernobyl 

24 juillet 2014

Rue du Bonheur - Anna Fredriksson

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

rue du bonheur Denoël - mai 2014 - 432 pages

traduit du suédois par Carine Bruy

Titre original : Lyckostigen, 2012

Quatrième de couverture :
Mère célibataire, Johanna lutte pour joindre les deux bouts, tandis que son ex-mari, Calle, a refait sa vie loin d'elle. Il a quitté la ville pour s'installer à Stockholm avec sa nouvelle petite amie la très sophistiquée et cultivée Fanny et commencer une carrière couronnée de succès. De son côté, Johanna s'inquiète pour ses filles, dont la plus jeune est le souffre-douleur du collège. Pour ne rien arranger, un patient se suicide dans le centre pour toxicomanes dans lequel elle travaille comme aide-soignante, et Calle refuse désormais de lui verser sa pension alimentaire. Un beau jour, Johanna gagne vingt millions de couronnes au loto. Sa vie va alors prendre un tout autre chemin. Anna Fredriksson nous invite Rue du Bonheur et on s'y sent immédiatement comme chez soi. A la manière de Cédric Klapish ou de Katherine Pancol, elle brosse des personnages si réels, si attachants, à notre image tout compte fait, qu'on ressort euphorique et revigoré de ce séjour chez Johanna, Calle et leurs filles.

Auteur : Anna Fredriksson a publié son premier roman en 2011. Scénariste de longue date pour plusieurs productions, elle travaille aussi bien sur des longs métrages que sur des adaptations TV telles que Les Enquêtes de l’inspecteur Wallander, tiré des romans de Henning Mankell (Arte).

Mon avis : (lu en juillet 2014)
Rue du Bonheur, c'est l'adresse de Johanna, mère célibataire, elle élève seule ses deux filles Agnes et Sara adolescentes. elle travaille comme aide-soignante dans un centre pour toxicomanes. Kalle ou Calle (c'est surprenant, mais l'orthographe de son prénom change à partir de la deuxième partie...) est l'ex-mari de Johanna. Après son divorce, il est parti vivre à Stockholm, il est dentiste, il est beaucoup dans le paraître et très attaché à l'argent. Tous les trois week-ends, il vient chercher ses filles et les conduit à Stockholm où il vit avec Fanny, sa nouvelle petite amie.

Lorsque l'histoire commence, Johanna est soucieuse, sa fille Sara est victime de harcèlement à l'école, Kalle a diminué la pension alimentaire, un patient du centre se suicide quelques jours après sa sortie... C'est alors que Johanna gagne vingt millions de couronnes au loto. Elle n'en parle à personne même pas à ses amies et presque sur un coup tête elle achète un appartement dans le même immeuble que Kalle pour permettre à ses filles d'être proches de leur père...
Cette histoire est très agréable à lire, les personnages sont attachants en particulier Johanna et Fanny. A l'inverse, Calle est plutôt désagréable mais on comprendra en fin du livre pourquoi... 
J'ai aimé cette histoire qui aurait pu se passer ailleurs qu'en Suède, qui traite de la famille recomposée avec les relations enfants parents, du couple... Un livre idéal à découvrir pour cet été !

Merci Dana et les éditions Denoël pour cette jolie découverte.

Extrait : (début du livre)
Elles dorment encore toutes les deux, paquets informes sous leur couette.
— Coucou, les filles, lance Johanna. Il est l’heure de se réveiller. Papa ne va pas tarder à arriver.
Elles commencent à gigoter, lentement et à contrecoeur.
Johanna parcourt la pièce des yeux. Des vêtements sont éparpillés sur le sol, les chaises et les montants des lits. Des brosses à cheveux, du maquillage et des manuels scolaires. Les valises sont béantes, à moitié prêtes. Une bande dessinée gît, ouverte, à côté du lit de Sara.
— Ne vous rendormez pas. Il faut que vous ayez le temps de finir vos valises. Allez, debout.
Elle leur passe la main dans les cheveux.
— Mhm. Deux minutes.
Comme d’habitude, seule Agnes répond. Sara reste muette. Pourvu qu’elle n’ait pas en tête de refuser d’y aller. Ça lui arrive parfois, et il faut alors une sérieuse séance de négociations pour la faire changer d’avis.
Johanna attrape quelques habits sur un tas et essaie de déterminer s’ils sont propres ou sales. Elle aperçoit un jean, un t-shirt et un chemisier qu’elle a repassés l’autre jour, à nouveau froissés. 
Elle continue à sélectionner des affaires dans la pile de vêtements, sans vraiment savoir ce qu’elle cherche à faire. Mettre de l’ordre dans ce chaos semble mission impossible. Puis elle attrape un sweat-shirt en coton roulé en boule. Il est humide et dégage une odeur désagréable.
— Sara ?
Pas de réponse.
— Sara.
— Mhm ?
Sara ouvre les yeux. Johanna tend le sweat sous son nez.
— Qu’est-ce que c’est que ça ?
— Quoi ?
— Le sweat. Il est humide et il sent mauvais. Qu’est-ce que tu as fait ?
Sara se tourne vers le mur et referme les yeux.
— Tu as renversé quelque chose ? Pourquoi ne l’as-tu pas mis à la lessive ?
— C’est rien.
— Vraiment ? Tu ne peux pas me regarder ?
Sara se contorsionne. Johanna lui montre le vêtement.
— Qu’est-ce qui sent comme ça ?
— Du lait.
Une brève pause.
— Comment ça se fait ?
Sara garde le silence, puis elle se redresse dans son lit et se frotte les yeux.
— C’est des copains de classe, mais c’était juste pour rigoler.
— Ils ont versé du lait sur ton sweat ? s’étonne Johanna. Pour rigoler ?
Agnes relève la tête de son oreiller et les observe.
Elle a cette expression déterminée dans les yeux, ce regard mûr, qui n’exprime pas seulement la révolte, mais impose le respect. À quinze ans, elle est sensiblement plus adulte et raisonnable que Sara, âgée de treize ans. Il se passe beaucoup de choses en deux ans.
— Bon, d’accord, abdique Johanna. Levez-vous et habillez-vous maintenant.
Elle emporte le sweat et le jette dans la corbeille à linge en passant devant sa chambre. Elle consulte l’heure : dix heures et demie. Elle entend ses filles se lever et commencer à se préparer. Bien. Pas de mutinerie cette fois-ci.

  Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Géographie" (8)

Challenge Voisins Voisines 2014
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Suède

7 mai 2014

Le Sursis - Jean-Pierre Gibrat (Intégrale)

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Dupuis - octobre 1997 - 56 pages (tome 1)

Dupuis - septembre 1999 - 56 pages (tome 2)

Dupuis - août 2008 - 128 pages (édition intégrale)

Quatrième de couverture : 
"1943 n'avait fait de cadeaux à personne, sauf à moi peut être... sans doute même. J'ai suivi la guerre sans y participer. J'ai même assisté à mon enterrement sans la pénible nécessité de mourir ; c'est à dire à quel point j'ai été épargné.
1944 ne semble pas vouloir renouveler ce petit régime de faveur"
Mot. Tranquille.
Derrière les volets de son pigeonnier, Julien assiste à son propre enterrement d'un oeil goguenard.
Obligé de se cacher, il écoute les conversations et contemple Cécile. Cécile à qui il ne peut parler.
En ce mois de juin 1943, à Cambeyrac, petit village aveyronnais, le calme n'est qu'apparence.
Les colonnes de blindés allemands ne vont pas tarder à apparaître...

Auteur : Né en 1954, Jean-Pierre Gibrat vit en Normandie. Il a reçu, en 2010, le Grand Prix Bd Boum de Blois pour l'ensemble de son oeuvre. Il est l'auteur des séries Le Sursis, Le Vol du corbeau et de Mattéo.

Mon avis : (lu en mai 2014)
Été 1943, les gendarmes viennent annoncer à Angèle une mauvaise nouvelle : son neveu Julien est mort dans le bombardement du train qui l'emmenait au STO en Allemagne. Mais Angèle sait que Julien est vivant, ce dernier, ne voulant pas aller travailler en Allemagne, s'est enfuit du train avant le drame. Il s'est caché dans le grenier de la maison de l'instituteur qui a été arrêté en tant que communiste. Tout le monde le croit mort et depuis son pigeonnier qui surplombe le village, il peut observer la vie des habitants et en particulier Cécile... Il ne sort que le soir pour se ravitailler et il est témoin des activités nocturnes de certains villageois...
Une histoire originale autour de la vie d'un village durant la Seconde Guerre Mondiale. J'ai trouvé la conclusion inattendue.
J'ai beaucoup aimé le dessin et les couleurs lumineuses de cette bande dessinée.

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

92952294 Mattéo (Tome 1) Première époque (1914-1915) 

92952638 Mattéo (Tome 2) Deuxième époque (1917-1918) 

92788160  Mattéo (Tome 3) Troisième époque (août 1936)

8 mai 2014

La ronde des désirs impossibles - Paola Calvetti

 Lu en partenariat avec Albin Michel

la ronde des desirs impossibles Albin Michel - avril 2014 - 272 pages

traduit de l'italien par Sophie Royère

Titre original : Olivia ovvero la lista dei sogni possibli, 2012

Quatrième de couverture : 
« Je m'appelle Olivia, j'ai trente-trois ans, onze mois et douze jours. Assez vieille pour avoir été déçue mille fois, mais assez jeune pour me laisser encore surprendre. »
Quand, à 9h06 précises, Olivia apprend qu'elle est licenciée, elle hésite entre tuer sa boss (la « Witch ») ou penser très fort à sa grand-mère adorée qui lui a appris à conjurer le sort. Dans le petit bar-tabac où elle se réfugie, elle observe les clients en se remémorant sa vie, ses moments de bonheur. Le même jour, Diego, un jeune avocat, décide de prendre un nouveau départ. Comme Olivia, il a perdu un être cher ; comme elle, il prend la résolution de se libérer du passé. Diego et Olivia ignorent tout l'un de l'autre. Pourtant, ils se connaissent... mais ils ne le savent pas encore.
Après L'amour est à la lettre A, Paola Calvetti nous entraîne dans une comédie sentimentale pleine d'humour, de poésie et d'optimisme, l'émouvante aventure de deux solitudes qui se rencontrent.

Auteur : Paola Calvetti est née à Milan, où elle vit et travaille. Longtemps journaliste à La Repubblica, elle a écrit de nombreux scénarios pour la télévision italienne. Directrice de la communication du théâtre de la Scala de Milan entre 1993 et 1997, elle est l'auteur de plusieurs romans dont L'Amour est à la lettre A et L'Amour secret.

Mon avis : (lu en mai 2014)
J'avais déjà lu du même auteur "L'amour est à la lettre A" que j'avais bien aimé, c'est également la couverture colorée de ce nouveau livre m'a donnée envie de le découvrir. 
Sans le savoir, lorsqu'ils étaient enfants, Olivia et Diego se sont croisés. De nombreuses années plus tard, nous allons les retrouver tous deux durant une journée. C'est le jour où Olivia vient d'être licenciée, elle a quitté son lieu de travail avec ses affaires. Incapable de rentrer chez elle, elle finit par se réfugier dans un café. Au bord des larmes, elle commande et se met à penser à sa grand-mère qui lui manque beaucoup, à observer les différents clients durant toute la journée. Elle se raconte au lecteur, elle aime faire des listes, immortaliser des souvenirs avec un polaroïd... Quelques pages nous racontant Diego s'intercalent au milieu des réflexions d'Olivia. Diego un jeune avocat qui est hanté depuis son enfance par la disparition de son grand frère musicien alors âgé de 18 ans. Ses parents étant décédés depuis peu, il a pris la décision de liquider ce passé pour avancer vers l'avenir.
Rapidement le lecteur imagine qu'Olivia et Diego vont se rencontrer...
Une lecture sympathique avec deux personnages attachants, un côté nostalgique, une ambiance et pour le lecteur l'entente de cette rencontre ou pas... Où ? Quand ? Comment ?

Merci Soizic et les éditions Albin Michel pour ce partenariat.

Extrait : (page 13)
Il est 10h23 et depuis soixante-dix-sept minutes environ, je suis sans emploi.
Oh, n'allez pas vous imaginer la petite blonde new-yorkaise filmée par les télés du monde entier au moment où elle quitte l'immeuble de Lehman Brothers avec son carton d'affaires entre les bras. Quand ça lui est arrivé, on était au mois de septembre, le soleil brillait sur Manhattan, et avec ses cheveux lisses, son visage maquillé, ses tongs aux pieds et presque rien sur elle, cette fille était le summum du chic. Elle est devenue une icône, le symbole d'une époque, alors que moi, j'ai les lèvres gercées, les pieds congelés et les cheveux qui frisent comme des feuilles de scarole.
Pourtant, moi aussi j'ai été licenciée, et j'aurais mieux fait de porter des bottes en caoutchouc. Dans mon trousseau d'accumulatrice qui ne jette rien - on ne sait jamais, ça pourrait redevenir tendance -, j'en ai en cuir, en daim, à talons et sans talons, même si elles sont toutes marron ou noires. Dès que l'automne approche, c'est-à-dire au moins une fois par an, je me promets d'acheter des bottes en caoutchouc. Si je l'avais fait, je serais quand même là à traînailler dans un bar-tabac, mais je n'aurais pas les chaussettes collées aux pieds dans des bottes en daim franchement inadaptées à une journée aussi spéciale.

Challenge Voisins Voisines 2014
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Italie

 Déjà lu du même auteur :

l_amour___la_lettre_A L'amour est à la lettre A

26 février 2014

Le chien qui louche - Etienne Davodeau

 le chien qui louche Futuropolis - octobre 2013 - 144 pages

Quatrième de couverture :
Fabien est agent de surveillance au Louvre.
Il aime son métier.
Depuis quelques semaines, il aime aussi Mathilde.
Celle-ci décide d'aller présenter son ami à sa famille, le clan Benion, comme elle l'appelle.

Puisqu'ils ont désormais sous la main un «expert», les Benion tiennent absolument à soumettre à Fabien un tableau qui moisit dans le grenier depuis des décennies, et qui a été peint par l'aïeul Gustave.
Une pauvre toile représentant un chien qui louche.

La question des Benion est claire : 
Le Chien qui louche a-t-il droit au Louvre ?
Dans un premier temps, n'osant pas décevoir sa (presque) belle-famille, Fabien ne fournit pas de réponse catégorique...
Il aurait dû.

Auteur : Étienne Davodeau a 45 ans. Il vit en Anjou. En 1985, après des études d'arts plastiques à Rennes, il publie la trilogie Les Amis de Saltiel puis Le Constat. Viennent ensuite Quelques Jours avec un menteur, Le Réflexe de survie, et trois polars : La Gloire d'Albert, Anticyclone et Ceux qui t'aiment.
2001 : il réalise Rural !, véritable reportage, où il confirme son choix d'inscrire le monde réel au cœur de son travail. En 2003, avec David Prudhomme au dessin, il adapte en bande dessinée l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles. Après avoir publié Chute de vélo, qui obtient le Prix des libraires spécialisés 2005, il revient au reportage-documentaire avec Les Mauvaises Gens, qui reçoit le Grand Prix 2006 de la Critique, le Prix France Info, puis à Angoulême le Prix du Scénario et le Prix du Public. En 2006, il publie, avec Kris, Un homme est mort. Le premier livre de Lulu femme nue a obtenu, en 2009, un Essentiel au Salon International d’Angoulême, le Prix Ouest-France/Quai des bulles, le Prix Bédélys au Québec et le Prix Saint-Michel en Belgique. Le second livre de Lulu a été publié en 2010.

Mon avis : (lu en février 2014)
Fabien est gardien au Musée du Louvre. Il aime Mathilde dont la famille Bénion est un peu envahissante. Les Bénion ont retrouvé dans leur grenier un tableau « Le Chien qui louche » peint par leur l'aïeul Gustave, ils sont persuadés que cette œuvre à sa place au Louvre. Fabien est donc missionné pour s'en occuper... Avec Fabien et l'étrange monsieur Balouchi le lecteur part à la découverte du Louvre avec une vision différente de celle d'un touriste. 

J'ai beaucoup aimé découvrir le Louvre à travers cette histoire. Mais j'ai trouvé la famille de Mathilde trop caricaturale et l'existence de cette mystérieuse confrérie secrète assez peu crédible.
Etienne Davodeau a fait un grand et beau travail de reconstitution des salles du Musée, bien sûr en s'attachant aux œuvres mais également aux différents visiteurs qui arpentent tous les jours les couloirs du Louvre.
Il y a également à la fin de l'ouvrage un dossier intéressant sur comment se fait l'acquisition des œuvres du Louvre.

Extrait : 

Davodeau-Chienquilouche-Extrait01-oct2013 bedetheque-ideale-episode-31-etienne-davodeau-pour,M133201 

bedetheque-ideale-episode-31-etienne-davodeau-pour,M133204 chien-qui-louche-planche-bd-davodeau

bedetheque-ideale-episode-31-etienne-davodeau-pour,M133205 

 

Déjà lu du même auteur :

lulu_femme_nue_tome1  Lulu Femme Nue : 1er livre lulu_femme_nue_tome2 Lulu Femme Nue : 2ème livre
rural Rural ! Chronique d'une collision politique
chute_de_velo Chute de vélo  un_homme_est_mort Un homme est mort
les_mauvaises_gens Les Mauvaises gens Quelques_Jours_Avec_Un_Menteur 
Quelques jours avec un menteur

les_ignorants Les ignorants

 

Challenge 6% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
31/36

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Animal" (3)

 

9 février 2014

Le grand Cœur - Jean-Christophe Rufin

Lu en partenariat avec les éditions Folio

le grand coeur_ le grand coeur_folio le grand coeur_CD

Gallimard - mars 2012 - 512 pages

Folio - janvier 2014 - 592 pages

Écoutez lire - janvier 2014 - 14h15 - Lu par Thierry Hancisse

Prix du roman historique de la ville de Blois 2012

Prix littéraire Jacques-Audiberti 2012

Quatrième de couverture :
Dans la chaleur d'une île grecque, un homme se cache pour échapper à ses poursuivants. Il évoque sa vie hors du commun et tente de démêler l'écheveau de son destin. 

Fils d'un modeste pelletier, il est devenu l'homme le plus riche de France. Il a permis à Charles VII de terminer la guerre de Cent Ans. Il a changé le regard sur l'Orient. Avec lui, l'Europe est passée du temps des croisades à celui de l'échange. Comme son palais à Bourges, château médiéval d'un côté et palais Renaissance de l'autre, c'est un être à deux faces. Aussi familier des rois et du pape que des plus humbles maisons, il a voyagé à travers tout le monde connu. 
Au faîte de sa gloire, il a vécu la chute, le dénuement, la torture avant de retrouver la liberté et la fortune. 
Parmi tous les attachements de sa vie, le plus bouleversant fut celui qui le lia à Agnès Sorel, la Dame de Beauté, première favorite royale de l'Histoire de France, disparue à vingt-huit ans. 
Son nom est Jacques Cœur. 
Il faut tout oublier de ce que l'on sait sur le Moyen Âge et plonger dans la fraîcheur de ce livre. Il a la puissance d'un roman picaresque, la précision d'une biographie et le charme mélancolique des confessions.

Auteur : Médecin, engagé dans l’action humanitaire, Jean-Christophe Rufin a occupé plusieurs postes de responsabilités à l’étranger. Il a été ambassadeur de France au Sénégal.
Il a d’abord publié des essais consacrés aux questions internationales. Son premier roman, L’Abyssin, paraît en 1997. Son œuvre romanesque, avec Asmara et les causes perdues, Globalia, La Salamandre entre autres, ne cesse d’explorer la question de la rencontre des civilisations et du rapport entre monde développé et pays du Sud. Ses romans, traduits dans le monde entier, ont reçu de nombreux prix, dont le prix Goncourt 2001 pour Rouge Brésil. Il a été élu à l’Académie française en juin 2008. Le parfum d’Adam, publié en 2007, et Katiba, publié en 2010, sont les deux premiers  volets de la série romanesque Les enquêtes de Providence. Il est également l’auteur d’un recueil de nouvelles, Sept histoires qui reviennent de loin, du roman historique Le grand Cœur et d’Immortelle  randonnée, récit de son pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Je connaissais le nom de Jacques Cœur mais pas vraiment autre chose de ce personnage historique de la fin du Moyen Age... 
Ce livre est avant tout un roman, il repose sur des faits historiques mais l'auteur a imaginé les parties inconnues de la vie de ce grand homme. C'est Jacques Cœur, lui-même, qui nous raconte "ses mémoires" alors qu'il est caché dans une île grecque pour fuir ceux qui veulent sa mort. 
C'est un roman très dense qui se lit plutôt facilement, le style de l'auteur est agréable à lire et l'histoire de ce jeune homme de condition modeste qui devient le plus riche et le plus puissant personnage du royaume est passionnante.
J'ai également trouvé très intéressante la postface où l'auteur explique les raisons qui l'ont amené à écrire ce roman.

Merci à Lise et aux éditions Folio pour m'avoir permis de découvrir ce roman historique. 

Extrait : (début du livre) 
Je sais qu’il est venu pour me tuer. C’est un petit homme trapu qui n’a pas les traits phéniciens des gens de Chio. Il se cache comme il peut, mais je l’ai remarqué à plusieurs reprises dans les ruelles de la ville haute et sur le port.
La nature est belle sur cette île et il m’est impossible de croire qu’un tel décor puisse être celui de ma mort. J’ai eu si peur dans ma vie, j’ai tant de fois craint le poison, l’accident, le poignard que j’ai fini par me faire une idée assez précise de ma fin. Je l’ai toujours imaginée dans la pénombre, au crépuscule d’un jour de pluie, sombre et humide, un jour semblable à celui où je suis né et à tous ceux de mon enfance. Comment ces énormes figuiers gonflés de suc, ces fleurs violettes qui pendent en grappes le long des murs ; comment cet air immobile, aussi frémissant de chaleur que la main d’un amoureux, ces chemins qui sentent les aromates, ces toits de tuiles, rondes comme des hanches de femmes, comment toutes ces splendeurs calmes et simples pourraient-elles servir d’instrument à la nuit absolue et éternelle, à la froidure violente de ma mort ?
J’ai cinquante-six ans. Mon corps est en pleine santé. Les tortures que j’ai subies pendant mon procès n’ont laissé aucune trace. Elles ne m’ont même pas dégoûté des humains. Pour la première fois depuis bien longtemps, depuis toujours peut-être, je n’ai plus peur. La gloire, la plus extrême richesse, l’amitié des puissants ont tari ce qu’il pouvait y avoir en moi d’ambition, d’impatience avide, de désirs vains. La mort, si elle me frappait aujourd’hui, serait plus injuste que jamais.
Elvira, auprès de moi, ne sait rien. Elle est née sur cette île grecque et ne l’a jamais quittée. Elle ignore qui je suis et c’est cela que j’aime en elle. Je l’ai rencontrée après le départ des bateaux de la croisade. Elle n’a pas vu les capitaines de navire, les chevaliers harnachés pour combattre, le légat du pape me témoigner leur respect forcé et leurs hommages hypocrites. Ils avaient cru à mes prétendues douleurs et flux de ventre, et avaient accepté de m’abandonner sur cette île pour que j’y guérisse ou, plus probablement, que j’y meure. Je les avais suppliés de m’installer dans une auberge près du port et non dans la citadelle du vieux podestat. Je leur avais dit que je mourrais de honte si ce noble Génois, à son retour de voyage, apprenait que j’avais déserté le combat... En réalité, je craignais surtout qu’il découvre que j’étais en parfaite santé. Je ne voulais pas devenir son obligé et qu’il m’empêche, le moment venu, de quitter l’île, pour jouir de ma liberté.
Il y eut donc cette scène ridicule, moi couché, les bras étendus sur les draps, suant non de fièvre, mais de la touffeur du port qui pénétrait dans la chambre. Au pied de mon lit, en une bousculade qui débordait sur l’escalier de bois et jusqu’à la salle basse au-dessous, se pressait un groupe de chevaliers en cotte, de prélats vêtus de leur plus belle chasuble, sortie des coffres de leur nave, et toute fripée encore d’y avoir été serrée, des capitaines, le heaume sous le bras, essuyant des larmes de leurs gros doigts. Chacun, par son silence embarrassé, prétendait faire absoudre la lâcheté qu’il pensait commettre en m’abandonnant à mon sort. Mon silence à moi se voulait celui de l’absolution, du destin accepté sans murmurer. Quand le dernier visiteur fut parti, quand je fus certain de ne plus entendre, en bas dans la ruelle, le cliquetis des armes, les bruits de semelles et de fers sur les pavés, je laissai exploser le rire que j’avais si difficilement contenu. J’ai ri pendant un bon quart d’heure.
En m’entendant, l’aubergiste grec crut d’abord que l’agonie avait pris chez moi ce masque odieux de comédie. Quand je repoussai les draps et me levai, il finit par comprendre que j’étais simplement heureux. Il monta du vin jaune et nous trinquâmes. Le lendemain, je le payai bien. Il me livra des habits de paysan et j’allai me promener en ville pour préparer ma fuite hors de cette île. C’est à ce moment-là seulement que j’ai découvert l’homme qui veut m’assassiner. Je ne m’attendais pas à cette rencontre. Elle a provoqué en moi plus de désarroi que de peur. J’ai une longue habitude, hélas, de ces menaces, mais elles avaient à peu près disparu ces derniers mois et je m’en étais cru délivré. La traque dont je suis l’objet contrariait de nouveau mes plans. Mon départ de cette île devenait plus compliqué, plus dangereux.

Déjà lu du même auteur :

l_abyssin_p L'Abyssin immortelle_randonnee Immortelle randonnée Compostelle malgré moi 

9782356416353_T Immortelle randonnée Compostelle malgré moi (audio livre)

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