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26 février 2009

La consolante – Anna Gavalda

la_consolante Le Dilettante – mars 2008 - 636 pages

Présentation de l'éditeur
« Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la mort d'une femme qu'il a connue quand il était enfant, et adolescent.
« Il déchire la lettre et la jette dans la poubelle de la cuisine. Quand il relève son pied de la pédale et que le couvercle retombe, clac, il a l’impression d’avoir refermé, à temps, une espèce de boîte de Pandore, et, puisqu’il est devant l’évier, s’asperge le visage en gémissant.
Retourne ensuite vers les autres. Vers la vie. Se sent mieux déjà. Allez... C’est fini.
C'est fini, tu comprends ?
»
Le problème, c'est que non, il ne comprend pas. Et il n'y retourne pas, vers la vie. Il perd l’appétit, le sommeil, abandonne plans et projets et va essayer de comprendre pourquoi tour se fissure en lui; Et autour de lui. Commence alors un long travail de deuil au bout duquel il est obligé de se rendre à l’évidence : l’échelle de cette vie-ci est illisible et il faut tout rebâtir.»

Biographie de l'auteur
Anna Gavalda est née le 9 décembre 1970. Elle vit dans la région parisienne. Elle a deux enfants très mignons et écrit quand ils sont à l'école. Le reste du temps, elle regarde les gens vivre. Ensemble, c'est tout est son quatrième livre après Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, Je l'aimais (Le Dilettante) et 35 kilos d'espoir (Bayard jeunesse)

Mon avis : (lu en mai 2008)

La première partie du livre est difficile à lire car le style est brouillon, haché, cela part dans tous les sens... en fait cela reflète complètement l'état d'esprit de Charles. Il faut donc s'accrocher et persévérer pendant une centaine de pages. Ensuite, le style se fluidifie et on savoure avec bonheur la suite de l'histoire et on regrette d'arriver si vite à la fin du livre ! Les personnages sont vraiment attachants et on retrouve avec délice la magie d'Ensemble c'est tout.

Extrait :

Il se tenait toujours à l’écart. Là-bas, loin des grilles, hors de notre portée. Le regard fiévreux et les bras croisés. Plus que croisés même, refermés, crochetés. Comme s’il avait eu froid ou mal au ventre. Comme s’il s’agrippait à lui-même pour ne pas tomber.

Nous bravait tous mais ne regardait personne. Cherchait la silhouette d’un seul petit garçon en tenant fermement un sachet en papier contre son cœur.

C’était un pain au chocolat, je le savais bien, et me demandais à chaque fois s’il n’était pas tout écrasé, à force…

Oui, c’était à cela qu’il se retenait, à la cloche, à leur mépris, au détour par la boulangerie et à toutes ces petites taches de gras à son revers comme autant de médailles, inespérées.

Inespérées…

Mais… Comment pouvais-je le savoir à l’époque ?

À l’époque, il me faisait peur. Ses chaussures étaient trop pointues, ses ongles trop longs et son index trop jaune. Et ses lèvres trop rouges. Et son manteau trop court et bien trop serré.

Et le tour de ses yeux trop sombre. Et sa voix trop bizarre.

Quand il nous apercevait enfin, souriait en ouvrant les bras. Se penchait en silence, touchait ses cheveux, ses épaules, son visage. Et, pendant que ma mère m’amarrait fermement à elle, je recomptais, fasciné, toutes ses bagues sur les joues de mon ami.

Il en avait une à chaque doigt. De vraies bagues, belles, précieuses, comme celles de mes grands-mères… C’était toujours à ce moment-là qu’elle se détournait horrifiée et que moi, je lâchais sa main. Alexis, lui, non. Ne se dérobait jamais. Lui tendait son cartable et mangeait son goûter de l’autre, la vacante, en s’éloignant vers la place du Marché.

Alexis, avec son extraterrestre en talonnettes, son monstre de foire, son bouffon des primaires, se sentait plus en sécurité que moi, et était mieux aimé.

Croyais-je.

Un jour quand même, je le lui avais demandé :

– Mais, euh, c’est… c’est un monsieur ou une dame ?

– De qui ?

– De… le… la… celui qui vient te chercher le soir ?

Il avait haussé les épaules.

Un monsieur bien sûr. Mais qu’il appelait sa nounou.

Et elle, sa nounou, elle avait promis par exemple de lui rapporter des osselets en or et il me les échangerait contre cette bille-là, si je voulais, ou, tiens… elle est en retard, ma nounou aujourd’hui… J’espère qu’elle n’a pas perdu ses clefs… Parce qu’elle perd toujours tout, tu sais… Elle dit souvent qu’un jour, elle oubliera sa tête chez la coiffeuse ou dans une cabine du Prisunic et après elle rit, elle dit que heureusement, elle a des jambes !

Mais un monsieur, tu vois bien.

Quelle question…

Je n’arrive pas à me souvenir de son nom. C’était quelque chose d’extraordinaire pourtant…

Un nom de music-hall, de velours lâche et de tabac froid. Un nom comme Gigi Lamor ou Gino Cherubini ou Rubis Dolorosa ou…

Je ne sais plus et j’enrage de ne plus savoir. Je suis dans un avion pour le bout du monde, je dois dormir, il faut que je dorme. J’ai pris des médicaments pour ça. Je n’ai pas le choix, je vais crever sinon. Je n’ai pas fermé l’oeil depuis tellement long… et je…

Je vais crever.

Mais rien n’y fait. Ni la chimie, ni le chagrin, ni l’épuisement. À plus de trente mille pieds, si haut dans le vide, je lutte encore comme un imbécile à tisonner des souvenirs mal éteints. Et plus je souffle plus les yeux me piquent, et moins j’y vois, plus bas je m’agenouille encore.

Ma voisine m’a déjà demandé à deux reprises d’éteindre ma veilleuse. Pardon, mais non. C’était il y a quarante ans, madame… Quarante ans, vous comprenez ? J’ai besoin de lumière pour retrouver le nom de ce vieux travelo. Ce nom génial que j’ai oublié évidemment, puisque je l’appelais Nounou moi aussi. Et que j’adorais, moi aussi. Parce que c’était comme ça chez eux : on adorait.

Nounou qui était apparu dans leur vie en ruine, un soir d’hôpital.

Nounou qui nous avait gâtés, pourris, nourris, gavés, consolés, épouillés, hypnotisés pour de vrai, envoûtés et désenvoûtés mille fois. Touché les paumes, tiré les cartes, promis des vies de sultans, de rois, de nababs, des vies d’ambre et de saphirs, de poses alanguies et d’amours exquises, et Nounou qui en était sorti un matin de façon dramatique.

Dramatique comme il se doit. Comme il se le devait. Comme tout se devait avec eux.

Mais je… Plus tard. Je le dirai plus tard. Là, je n’ai pas la force. Et puis je n’ai pas envie. Je ne veux pas les reperdre maintenant. Rester encore un peu sur le dos de mon éléphant en Formica, avec mon coutelas de cuisine fiché dans mon pagne, ses chaînes, ses fards et tous ses turbans de l’Alhambra.

J’ai besoin de sommeil et j’ai besoin de ma loupiote. J’ai besoin de tout ce que j’ai perdu en cours de route. De tout ce qu’ils m’ont donné, et repris.

Et puis gâché aussi…

Parce que, oui, c’était comme ça dans leur monde. C’était ça, leur loi, leur Credo, leur vie de mécréants. On adorait, on se cognait, on pleurait, on dansait toute la nuit et tout s’embrasait.

Tout.

Il ne devait rien rester. Rien. Jamais. Nada. Des bouches amères, plissées, cassées, tordues, des lits, de la cendre, des visages défaits, des heures à pleurer, des années et des années de solitude, mais pas de souvenirs. Surtout pas. Les souvenirs, c’était pour les autres.

Les frileux. Les comptables.

« Les plus belles fêtes, vous le verrez mes bichons, sont oubliées au matin, disait-il, les plus belles fêtes, c’est pendant la fête. Le matin, ça n’existe pas. Le matin, c’est quand on prend le premier métro en se faisant de nouveau agresser. »

Et elle. Elle. Elle parlait tout le temps de la mort. Tout le temps… Pour la défier, pour la crever, cette salope. Parce qu’elle le savait, qu’on allait tous y passer, c’était sa vie de le savoir, et c’était pour ça qu’il fallait se toucher, s’aimer, boire, mordre, jouir et tout oublier.

« Mettez le feu, les gosses. Mettez-moi le feu à tout ça. »

C’est sa voix et je… je l’entends encore.

Des sauvages.

***

Il ne peut pas éteindre. Ni fermer les yeux. Il va devenir, non, il est en train de devenir fou. Il le sait. Se surprend dans le noir du hublot et…

– Monsieur… Ça va ?

Une hôtesse lui touche l’épaule. Pourquoi m’avez-vous abandonné ?

– Ça ne va pas ?

Il voudrait lui répondre que si, que tout va bien, merci, mais il ne peut pas : il pleure.

Enfin.

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12 mai 2016

Plus haut que la mer - Francesca Melandri

Lu en partenariat avec Folio

plus haut que_p plus haut que la mer

Folio - mars 2016 - 224 pages

Gallimard - février 2015 - 208 pages

traduit de l'italien par Danièle Valin

Titre original : Più alto del mare, 2011

Prix de l'Union Interalliée 2016

Prix Jean Carrière 2015

Quatrième de couverture :
1979. Paolo et Luisa ne se connaissent pas. À bord du bateau qui les emmène sur l’Île où sont détenus leurs proches, chacun ressasse la tragédie dont il a été victime. Le fils de Paolo a été condamné pour des actes terroristes. Le mari de Luisa pour avoir tué deux hommes. Le mistral empêche les visiteurs de regagner la côte. Ils passent la nuit sur l’Île, surveillés par un agent, Pierfrancesco, avec qui une étrange complicité va naître. Un roman tout en subtilité sur ces infimes moments de grâce qui font basculer les vies.
Auteur : Scénariste pour le cinéma et la télévision, Francesca Melandri est également réalisatrice. Son documentaire l'erre (2010) a été présenté dans de nombreux festivals partout dans le monde. Eva dort, son premier roman, a été plébiscité par la critique et les lecteurs en Italie, où il a obtenu plusieurs reconnaissances importantes, dont le prix des Lectrices du magazine Elle, mais aussi en Allemagne, en France et aux Pays-Bas. Plus haut que la mer est son deuxième roman.

Mon avis : (lu en mai 2016)
Voilà un livre que je voulais lire depuis plus d'un an grâce à plusieurs avis de lectrices du Café Lecture de la Bibliothèque. Aussi, lorsque les éditions Folio m'ont proposé de recevoir ce livre, je n'ai pas hésité.
1979, Luisa et Paolo se rencontrent sur le bateau qui se rend sur l'Ile où se trouve une prison de haute sécurité. 
Luisa est venue rendre visite à son mari violent emprisonné pour deux meurtres. C'est la première fois qu'elle vient le voir dans cette prison, elle est éblouie par le spectacle de la mer qu'elle n'avais encore jamais vu.
Pour Paolo, ce n'est pas la première fois qu'il vient sur l'Ile voir son fils brigadiste rouge. La tempête se lève et impossible pour Luisa et Paolo de prendre le bateau pour quitter l'Ile. Ils vont devoir y passer une nuit. Ils sont sous la responsabilité de Nitti l'un des gardien de l'Ile. Tout les trois vont passer ensemble la soirée et la nuit et une vraie complicité va naître à ces trois personnes si différentes. Une parenthèse inoubliable dans la vie de chacun.
J'ai beaucoup aimé cette histoire touchante et simple, l'auteur décrit avec beaucoup de justesse les personnages, leurs préoccupations et l'Ile perdue en pleine mer, battue par la tempête. Un vrai coup de cœur !

Merci les éditions Folio pour cette très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
L’air épicé, ça non, ils ne s’y attendaient pas.
Ils avaient toujours pensé qu’ils arriveraient la nuit et d’ailleurs, quand on vint les prendre dans toutes les prisons d’Italie, le ciel était noir comme une carie. On les amena en Chinook, ta-ta, ta-ta, ta-ta, comme s’ils venaient tout droit du Vietnam et non de Praia a Mare ou de Viterbe. Des militaires hurlaient et des types blonds et rasés, muets comme des pierres, contrôlaient le déroulement de la manœuvre. Ils apprirent par la suite que c’étaient des Américains. Et ils ne s’en étonnèrent même pas.
La peur de mourir était bien là, et pourtant en entrant dans le ventre de l’hélicoptère ils avaient tous levé les yeux vers le ciel. Il était noir de nouvelle lune. On avait veillé à ça aussi en montant l’opération : qu’une mer claire ne révèle pas d’en haut les contours de la côte. Mais les agents secrets de l’impérialisme et du capitalisme n’avaient pas réussi à éteindre les étoiles qui étaient donc là, palpitantes et précises. Certains d’entre eux ne les avaient pas vues depuis des mois, d’autres depuis des années. Qui sait s’ils les reverraient un jour.
Ils avaient décollé depuis un moment lorsqu’un soldat en tenue de camouflage s’adressa à eux l’air jovial : « Maintenant on va ouvrir la trappe et on va vous apprendre à voler. » Comme s’il voulait donner raison à tous ceux qui disaient ces années-là : désormais, l’Italie c’est l’Amérique du Sud. Et puis ils ne jetèrent personne.
À l’arrivée, sur les quelques mètres qui séparaient l’hélicoptère du bâtiment blanc de la prison de haute sécurité, ils les rouèrent de coups de pied et de coups de bâton pour ne pas leur laisser le temps de comprendre où ils avaient débarqué. Mais là-dessus aussi ils avaient déjà leur petite idée. Depuis des semaines, le téléphone arabe carcéral signalait des va-et-vient d’ouvriers dans ce bâtiment bas au bout de l’Île, loin des petites prisons des détenus ordinaires, des bureaux de l’administration, de l’embarcadère, du village où vivaient les gardiens, de l’école et de l’église, et même du phare à l’écart sur son rocher – bref, loin de Dieu, des hommes et de tout. De plus, il y avait déjà un moment que l’information avait filtré jusqu’aux oreilles de certains parlementaires, ceux qui depuis des mois dormaient chaque nuit dans un endroit différent avec leur portefeuille et leur passeport toujours prêts sur la table de nuit : en cas de coup d’État militaire, c’est là qu’aurait lieu la déportation, ou plutôt la concentration des principaux opposants.

  Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Italie

 

22 octobre 2015

Venus d'ailleurs - Paola Pigani

venus d'ailleurs Liana Levi - août 2015 - 208 pages

Quatrième de couverture :
Au printemps 1999, Mirko et sa soeur Simona, des Albanais du Kosovo d une vingtaine d'années, ont fui leur pays déchiré par la guerre. La route de l'exil les a menés quelque temps en Italie, puis dans un centre de transit en Haute-Loire. En 2001 ils décident de tenter leur chance à Lyon. Simona est combative et enthousiaste. Très vite, elle trouve un travail, noue des amitiés, apprend le français avec une détermination stupéfiante. Elle fait le choix volontariste de l'intégration là où son frère, plus secret, porte en lui la nostalgie de ce qu'il a laissé au Kosovo. Pour lui, le français est la langue des contremaîtres et de la rue. Le jour, il travaille sur des chantiers. La nuit, il dort dans un foyer. Les moments de pause, il gagne les lisières de la ville et peint des graffs rageurs sur les murs. C'est ainsi qu'il rencontre Agathe, déambule avec elle, partage un amour fragile face aux séquelles d'une guerre encore trop proche.
Ce roman tout en retenue raconte les étapes du parcours des réfugiés dans une métropole devenue dès 1999 un point d accueil privilégié des réfugiés kosovars en France. En filigrane : la beauté de la ville, l'art, l'exil, la différence, la liberté, la foi en l'humain.

 

Auteur : Paola Pigani a grandi en Charente dans une famille d'immigrés italiens. Elle vit aujourd hui à Lyon où elle partage son temps entre son travail d'éducatrice et l'écriture. Après N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures (Liana Levi 2013, Piccolo 2014), un premier roman très remarqué, récompensé par sept prix littéraires, retraçant l'internement d une famille manouche au camp des Alliers entre 1940 et 1946, Venus d'ailleurs est son deuxième roman.

Mon avis : (lu en octobre 2015)
Fin 1999, c'est la guerre civile au Kosovo. Mirko et Simona sont frère et sœur, Albanais du Kosovo, ils décident de fuir la guerre et partent sur les routes de l'Europe vers l'Italie puis la France. Après un périple long et éprouvant, ils s'installent finalement à Lyon. Mirko va trouver du travail dans le bâtiment, Simona  comme vendeuse de prêt-à-porter. Ils sont partis dans le but d'avoir une vie meilleure, mais ils ont une perception différente de la vie de migrant. Simona a la volonté de s'intégrer rapidement, elle apprend sans relâche du vocabulaire français, avec courage, elle entreprend les démarches administratives pour qu'elle et son frère soient reconnus comme réfugiés politiques. Mirko a le mal du pays, il n'arrive pas à oublier la famille restée au pays, il se sent fautif de les avoir abandonnés. Solitaire, peu bavard, il crie sa douleur dans les graphes qu'il laisse sur les murs de la ville. Il va rencontrer Agathe, une artiste peintre.
Même si l'histoire se situe en 2001, elle traite d'un sujet tout à fait d'actualité, avec beaucoup d'humanité et beaucoup d'empathie l'auteur raconte ce qu'est le déracinement pour deux personnages attachants.

 

Extrait : (début du livre)
Le raclement de la truelle a une cadence presque douce. Un bruit répétitif qui accompagne le corps de Mirko dans la lumière humide. La grue pivote sur la droite, cache le soleil quelques secondes. Une ombre fugitive qui lui fait relever la tête. Des oiseaux, apeurés par le mouvement de l’engin, s’enfuient et reviennent avec la même rapidité. Mirko travaille.
On pose des plaques de ciment. Les murs montent en quelques heures. La grue oriente les coffrages en fonte. Trois types en guident le mouvement avec des grands gestes, des han, des cris. On ne risque pas d’entendre celui qui orchestre tout cela, de là-haut, dans sa cabine. Pendant la manœuvre, les autres fument une cigarette, les yeux rivés sur le manège de l’engin. Dans le bleu du ciel, sa chaîne immense balance un énorme crochet de boucher ou quelque chose qui y ressemble. Quelque chose qui pourrait soulever une carcasse d’éléphant ou un monstre imaginaire sur ce chantier banal. Le bâti prend forme. Mirko travaille dans le futur. Tout ici a une odeur de futur, le ciment, la poussière, la sciure, les planches, l’acier des échafaudages, la peinture. Rien qui lui rappelle la terre du pays d’où il vient. Un ouvrier siffle une jolie passante, aperçue d’en haut. Un autre l’engueule. Un troisième s’immisce entre eux. 
– Siffle pas comme ça, ça fait fuir les gazelles des villes. Moi, je chante, la femme lève les yeux, et je peux voir son visage.
Les gars haussent les épaules. Pour la plupart, ils ne prennent pas le temps de regarder la rue. Quelques uns fredonnent à longueur de journée comme d’autres crachent, fument. À chacun sa respiration, sa patience ou son impatience pour tenir debout huit heures durant. Oublier les coups de burin, les coups de reins dans la tâche de chaque jour. Penser au café ou à la bière qu’on va s’offrir après. Mirko, lui, n’a rien à chanter, rien à raconter. Il préfère regarder les autres, deviner leurs histoires, leur vie à reconstruire entre silence intérieur et vacarme du chantier.
Chaque fois qu’on lui parle, Kevin renifle, se cache le visage dans son coude replié au prétexte de tousser . Mirko l’attrape par la manche, lui fait signe de reculer. Deux gars remplissent la nacelle de mortier frais. Leurs bras, leurs mains travaillent à l’aveugle. Des corps pleins de bravoure qui ignorent Kevin, ses gestes maladroits, ses pieds en travers qui risquent toujours de se faire écraser, ses outils qu’il ne range jamais où il faut. Tout semble tourner autour de lui sans qu’il le remarque. Un monde en apesanteur où il est par fois plus lourd qu’un socle de grue. Il faut toujours avoir un œil sur « le Coto ».
Mirko l’observe à la dérobée. Kevin vérifi e tout avec un niveau. Fasciné par la bulle qui bouge dans le tube jusqu’à s’immobiliser et donner raison à leur travail à tous. Juste une bulle dans le mille. Kevin a une notion très personnelle de la perfection de l’existence. Mirko est le seul à l’appeler par son prénom. Il l’a vu écrit au marqueur sur son gilet de sécurité. Entre eux, aucun point commun. L’un est grand, brun, les traits tendus, le sourire rare, une mélancolie qui stagne au fond des yeux. L’autre, chafouin, pâle, s’amuse et s’assombrit pour un rien. Dans ses cheveux blonds coupés très court, on peut voir des plaques d’eczéma. Hier ils ont quitté le chantier ensemble.
– Mirko, c’est ton vrai nom ?
– Oui.
– Moi, Coto, c’est pas mon vrai nom. C’est eux qui disent…
– Pourquoi Coto ?
– À cause de la Cotorep.
– C’est quoi ?
– Une aide pour les handicapés. Mais j’ai pas droit à ça. C’est eux qui croient. Mirko s’étonne de ce gamin, de son corps léger qui ne sait jamais où se poser dans cet univers brutal, dans ce vide où il faut construire, choisir les bons outils. Un ballet de gestes à ajuster pour trouver sa place. C’est Kevin le premier à avoir posé ses petits yeux plissés sur sa main mutilée.
– Qu’est-ce t’as fait avec ta main ?
– C’est vieux, accident. Les deux doigts qui manquent, ils sont restés dans mon pays.
– T’as le droit de travailler avec ça ?
– J’ai toujours deux mains, tu vois.
– C’est où ton pays ? La Roumanie ?
– Non, Kosovo.
– C’est loin ?
– Oui, trop loin.

 

Déjà lu du même auteur :

 

Challenge 2%
rl2015
11/12
3 janvier 2015

Les vieux fourneaux tome 2 : Bonny and Pierrot - Wilfrid Lupano et Paul Cauuet

9782505061632_1_75 Dargaud - octobre 2014 - 56 pages

Quatrième de couverture :
Déjà le deuxième tome des Vieux Fourneaux ! Lupano et Cauuet décrivent avec toujours autant de drôlerie la chute libre de notre société. Restent Mimile, Antoine, Pierrot et ses anars malvoyants pour redresser la barre. Un versement inattendu de la « finance carnassière » arrive à point nommé, mais réveille également de douloureux souvenirs pour Pierrot. Sa muse libertaire, Ann Bonny, réapparaît.

Auteurs : Paul Cauuet est né le 11 juin 1980 à Toulouse. Dès l'enfance, le dessin est une véritable passion pour lui, grâce à l'encouragement et aux conseils de sa famille, ainsi qu'à la plongée dans la bande dessinée, d'abord avec Tintin, Astérix, puis avec Blake et Mortimer, Jeremiah, L'Incal ... Le dessin ayant toujours accompagné sa scolarité, il prolonge sa passion dans ses études d'Arts Appliqués à l'Université Toulouse Le Mirail. C'est durant cette période qu'il rencontre Guillaume Clavery, scénariste. Leur premier projet de BD est publié en 2003 aux Editions Delcourt : « Aster » une série en 4 tomes, mêlant aventure, quête initiatique, paysages oniriques et mythologie orientale. En 2010, il collabore avec le scénariste Wilfrid Lupano, qu'il connaît depuis quelques temps déjà, pour « L'Honneur des Tzarom » aux Editions Delcourt, une série en 2 tomes, une comédie spatiale narrant les aventures loufoques et déjantées d'une famille de gitans du futur. Humour débridé, action rocambolesque, décors fantastiques et aliens en tout genre font de cette série une véritable récréation à grand spectacle. La fusion improbable entre l'univers de Georges Lucas et l'ambiance des films d'Emir Kusturica. Depuis 2012, il travaille au sein de l'atelier « La Mine », à Toulouse. A la fois, atelier de travail et lieu associatif qui propose des cours et stages de BD, ateliers de modèles vivants, et autres rencontres mêlant les différents acteurs du monde du 9ème art de la Ville Rose et de sa région. En 2014, Paul Cauuet et Wilfrid Lupano se retrouvent pour une nouvelle série « Les Vieux Fourneaux » éditée aux Editions Dargaud. C'est une comédie sociale aux parfums de lutte des classes et de choc des générations qui met en scène trois septuagénaires, amis d'enfance, bien décidés à profiter du peu de temps qu'il leur reste. C'est une histoire qui mêle humour, tendresse, nostalgie, sujets de société (travail, écologie, politique,...) et une certaine vision du monde actuel.
Wilfrid Lupano est né à Nantes en 1971, mais c'est à Pau qu'il passe la plus grande partie de son enfance. Une enfance entourée des BD de ses parents, même si c'est surtout à une pratique assidue du jeu de rôle qu'il doit son imaginaire débridé et son goût pour l'écriture. Plus tard, il travaille dans les bars pour financer ses études – un peu de philo et une licence d'anglais –, il y rencontre deux futurs amis et associés, Roland Pignault et Fred Campoy. Ensemble, ils réalisent un western humoristique, Little Big Joe (Delcourt), dont le premier tome paraît en 2001. Il récidive avec Virginie Augustin et Alim le tanneur, un récit fantastique en quatre tomes, qu'il termine en 2009. Entre-temps, sa carrière est lancée, et il enchaîne les titres : L'assassin qu'elle mérite, L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu, Le Singe de Hartlepool, Azimut... En 2014, Wilfrid Lupano obtient le Fauve du meilleur polar avec Ma Révérence.

Mon avis : (lu en décembre 2014)
En envoyant un colis anonyme à Pierrot, Sophie a ravivé sans le vouloir le souvenir de son amour de jeunesse Ann Bonny. Pierrot la croyait morte et maintenant il est décidé à la retrouver... Avec Antoine, nous découvrons le groupe de Pierrot « Ni yeux ni maitre », avec des nombreux personnages hauts en couleurs comme Fanfan, une vieille hackeuse de 92 ans, ou encore Jean-Chi, leur "human bomb". En parallèle, Sophie élève seule son enfant, elle ne supporte plus de ne pas pouvoir acheter une simple baguette à la boulangerie, celle-ci ne proposant plus que la sarmentine (R), la fleurimeuline du papé (R) ou... Mimile lui propose de monter un nouveau spectacle à partir de ses écrits...
J'ai beaucoup aimé retrouver nos vieux fourneaux toujours aussi impertinents et inventifs... Toute la famille (adolescents et adultes) s'est régalée et a bien ri.
Nous espérons tous qu'il y aura un tome 3 !

Extrait : (début de la BD)

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Challenge 5% Rentrée Littéraire 2014 
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27/30

Challenge Petit Bac 2015 
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16 décembre 2014

Le grand cahier - Agota Kristof

 Lu dans le cadre du Challenge
 
"Écoutons un livre"
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447461jumeaux1 le grand cahier_ le grand cahier_1988 grand-cahier Agota-Kristof-Le-Grand-Cahier_points le grand cahier

Livraphone - février 2003 - 3h20 - Lu par Éric Herson Macarel

Seuil - février 1986 - 190 pages

Points - février 1988

Points - 

Points - octobre 2010 - 168 pages

Points - mars 2014 - 167 pages

Quatrième de couverture : 
Dans un pays ravagé par la guerre, deux enfants (des jumeaux) abandonnés à eux-mêmes font seuls l'apprentissage de la vie, de l'écriture et de la cruauté. Premier roman d'une émigrée hongroise installée en Suisse, Le Grand Cahier est également le premier volet d'une trilogie qui comprend La Preuve et Le Troisième Mensonge. L'œuvre d'Agota Kristof est aujourd'hui traduite dans une quinzaine de pays.

Auteur : Née en Hongrie en 1935, Agota Kristof est l'auteur de "La Trilogie des jumeaux" (Le Grand Cahier, La Preuve et Le Troisième mensonge), traduite dans plus de vingt pays et disponible en Points. Le Grand Cahier a été récompensé par le prix du Livre européen.

Lecteur : Éric Herson-Macarel est un acteur français, né en 1964. Il joue régulièrement au théâtre et au cinéma. Actif dans le doublage, il est entre autres la voix française de Robert Carlyle, de Daniel Craig, de Mark Strong et de Willem Dafoe.

Mon avis : (écouté en décembre 2014)
En préparant ce billet, j'ai réalisé que Julie (Pimousse4783) m'avait offert le livre papier lors du Swap Les Vertes Années organisé par Valérie il y a 3 ans... 

Dans la Grande Ville, c'est la guerre. Pour protéger ses jumeaux Lucas et Klaus, une femme les confie à leur grand-mère à la campagne. Cette dernière est une vieille femme méchante, sale et avare, elle les accepte chez elle juste parce qu'ils font partie de la famille. Les deux enfants sont donc livrés à eux-mêmes, ils doivent apprendre à surmonter le froid, la faim et les cruautés quotidiennes dans ce pays dévasté.
Les deux enfants ont l'idée rédiger avec la plus grande objectivité possible leurs découvertes et leurs apprentissages dans un « Grand Cahier ».
Ce livre est donc ce « Grand Cahier ». Cela donne un récit froid et factuel, les enfants sont à la fois monstrueux et fascinants, ils se sont éduqués par eux-même, ayant la morale qu'ils se sont inventés. Un livre qui ne laisse pas indifférent.

C'est un livre qui s'écoute facilement car les chapitres sont courts et les phrases aussi.

Ce livre est le premier d'une trilogie que je poursuivrai sans hésiter.

le grand cahier_film

Une adaptation cinématographique de ce livre a été réalisé en 2013 par le réalisateur hongrois János Szász, le film est sortie en mars 2014 en France.

Extrait : (page 32)
Voici comment se passe une leçon de composition :
Nous sommes assis à la table de la cuisine avec nos feuilles quadrillées, nos crayons, et le grand cahier. Nous sommes seuls.
L’un de nous dit:
- Le titre de ta composition est : "L’arrivée chez Grand-mère"
L’autre dit :
- Le titre de ta composition est "Nos travaux".
Nous nous mettons à écrire. Nous avons deux heures pour traiter le sujet et deux feuilles de papier à notre disposition.
Au bout de deux heures, nous échangeons nos feuilles, chacun de nous corrige les fautes d’orthographes de l’autre à l’aide du dictionnaire et, en bas de page, écrit : "Bien" ou "Pas bien". Si c’est "Pas bien", nous jetons la composition dans le feu et nous essayons de traiter le même sujet à la leçon suivante. Si c’est "Bien", nous pouvons recopier la composition dans le Grand Cahier.
Pour décider si c’est "Bien" ou "Pas bien", nous avons une règle très simple : la composition doit être vraie. Nous devons décrire ce qui est, ce que nous voyons, ce que nous entendons, ce que nous faisons..
Par exemple, il est interdit d’écrire : "Grand-mère ressemble à une sorcière"; mais il est permis d’écrire "Les gens appellent Grand-mère la Sorcière".
Il est interdit d’écrire : "La Petite Ville est belle", car la Petite Ville peut être belle pour nous et laide pour quelqu’un d’autre.
De même, si nous écrivons : "L’ordonnance est gentil", cela n’est pas une vérité, parce que l’ordonnance est peut-être capable de méchancetés que nous ignorons. Nous écrirons donc simplement "L’ordonnance nous donne des couvertures".
Nous écrirons : "Nous mangeons beaucoup de noix"; et non pas "Nous aimons les noix", car le mot "aimer" n’est pas un mot sûr, il manque de précision et d’objectivité. "Aimer les noix" et "aimer notre mère", cela ne peut pas vouloir dire la même chose. La première formule désigne un goût agréable dans la bouche, et la deuxième un sentiment.
Les mots qui définissent les sentiments sont très vagues, il vaut mieux éviter leur emploi et s’en tenir à la description des objets, des êtres humains et de soi-même, c’est à dire la description fidèle des faits.

Challenge Voisins Voisines 2014
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Hongrie

 Challenge Petit Bac 2014
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"Objet" (12) 

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Objectif PAL Swap 

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22 mars 2014

Salon du Livre 2014 (rencontre auteurs blogueurs)

En attendant le compte-rendu de ma journée de vendredi au Salon du Livre,
voici le moment fort de la journée...

18 h : RdV Auteurs et Blogueuses organisé par les éditions Belfond 
sur le thème « La vie est un roman »

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          Ariane Bois       Christophe Paviot 
                                                         Caroline Vermalle     Elise Tielrooy

Les auteurs invités :

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Caroline Vermalle - Une collection de trésors minuscules
Ariane Bois - Sans oublier
Elise Tielrooy - Le bonheur n’est pas un sport de jeune fille (à paraître en mai)
Christophe Paviot - Aujourd’hui pour toujours (à paraître en avril)

Les blogueuses invitées :

George
Stephie
Lili
et moi

Une table ronde très sympathique, le temps est passé très vite, j'ai vraiment profité du moment.

Questions posées aux auteurs : 
Pourquoi écrivez vous ? 
Quelle part personnelle mettez-vous dans un roman ? 
Pensez-vous aux lecteurs en écrivant un roman ?

Question aux blogueuses : 
Pourquoi lisez-vous ?
Qu'attendez vous d'un roman ?
Est-ce qu'un roman a fait changer ou évoluer votre façon de penser ?
Comment partagez-vous un roman ? 

 A tour de rôle, nous nous exprimions, les auteurs et les blogueurs, à la fin,
les auteurs avaient également des questions par rapport à nos blogs, nos choix de lectures... 

Avant cette rencontre, j'avais lu entièrement le livre de Caroline Vermalle, au 3/4 celui d'Ariane Bois et les premiers chapitres de celui de Christophe Paviot... (billets à venir). J'attendrai la parution début mai de celui d'Elise Tielrooy pour le découvrir.

 Merci à l'organisation de cette table ronde et à tous pour ce moment de partage intéressant et enrichissant.

 billet de George

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11 mars 2014

Et tu danses, Lou - Pom Bessot Philippe Lefait

et tu danses lou Stock - octobre 2013 - 204 pages

Quatrième de couverture : 
« Et toi, Lou, mon amour, avec quelle violence ressens-tu ces morceaux de vie ? »

Une famille.
Il y a dix-sept ans, tout était là, le désir, la chambre, les biberons et les couches.
Un hasard génétique a mis au premier jour sur le chemin de leur vie commune un invité-surprise. Une singularité qui fait que l’enfant Lou présente « des troubles sévères du langage et quelques difficultés associées ».
La vie est facétieuse : maman fait des livres et papa travaille à la télé.
L’histoire peut commencer.
On y trouvera ce qu’il faut d’efficacité et d’errances hospitalières, d’usines à gaz et de belles solidarités, d’anges gardiens et de crétins patentés, une soeur aux petits soins et beaucoup d’amitiés, quelques mots venus de loin, la langue des signes et le sens du geste, la question de la transmission et celle d’une place à trouver pour chacun. Le chaos et l’amour.
Et il y a Lou et ses yeux bleus, une héroïne rayonnante qui a révolutionné leur quotidien. C’est à elle qu’une mère et un père adressent ce dialogue.

Auteurs : Pom Bessot est éditrice.
Philippe Lefait est journaliste à France Télévisions. Il a dirigé sur France 2 le magazine culturel Des mots de minuit.

Mon avis : (lu en mars 2014)
Un livre très touchant écrit à quatre mains par Pom Bessot et Philippe Lefait les parents de Lou. C'est le témoignage de deux parents qui se réjouissent d'accueillir leur bébé tant attendu et qui se retrouvent confronté à un enfant différent et des mots inquiétants des médecins...  « Votre petite fille a une drôle de tête. »
Pour les parents ce sont les sentiments d'impuissance, de culpabilité, d'angoisses qui les submergent... Il faudra attendre dix ans avant qu'un vrai diagnostique soit posé. 

Mais au quotidien, il faut s'occuper de Lou, l'aimer, l'aider à communiquer, à progresser. Grâce à l'amour de ses parents, de sa famille, d'amis et de proches Lou va s'épanouir, grandir, et obtenir un autonomie à sa hauteur. Lou est maintenant une adolescente de 17 ans, qui étonne ses parents par sa volonté et son acharnement à apprendre, à se dépasser.
Un témoignage plein de sensibilité et d'amour.

Autres avis : ValérieEnna

Extrait : (début du livre)
Nous dansons tous les trois.

Nous dansons le bonheur au creux de notre coeur, le bonheur gagné de nos aventures respectives, et celui de cette journée exceptionnelle.
Légers, heureux, concentrés, portés par notre histoire.
C'est à l'exacte mesure de l'amour qui nous lie, qui nous tient et que nous pouvons ce soir exprimer devant nos familles et nos amis. C'est le théâtre de notre intimité qui ne pourra jamais se dire autrement ni un autre jour.

Pour ouvrir la fête, nous avons choisi «Le P'tit Bal perdu» de Bourvil parce que sa mélodie est si douce et qu'il raconte l'amour, la guerre et la solitude.
Parce que surtout nous avons décidé que ce serait notre «p'tit bal» à tous les trois.
Et tu danses, Lou, avec nous. Nous n'improvisons pas. Nous avons préparé et longtemps répété notre chorégraphie.
C'est en langue des signes que nous reprenons le refrain.
Et la ronde que nous formons, complices et espiègles, main dans la main, «les yeux au fond des yeux», est le symbole de notre force.

Un clin d'oeil à notre histoire, mais à bien y réfléchir, c'est plus que cela : le résumé de notre vie. Joyeuse, tourmentée, lumineuse, catastrophique, magnifique, singulière, passionnelle.

Notre public est presque aussi ému que nous. 
Un «grand bal», dira notre ami Rémy. 
Le plaisir que nous ressentons tous les trois ce soir-là est notre joyau.

C'est le jour de notre mariage, celui de «papa é maman», ma Lou, le 25 septembre 2010.
Il fait très beau.
La lumière sur le bassin est radieuse, comme celle de notre coeur.
À la mairie, tu as, toi aussi, signé le registre.

(Refrain :) Non je ne me souviens plus
Du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
Ce sont ces amoureux
Qui ne regardaient rien autour d'eux.
Y avait tant d'insouciance
Dans leurs gestes émus,
Alors quelle importance
Le nom du bal perdu ?
Non je ne me souviens plus
Du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
C'est qu'ils étaient heureux
Les yeux au fond des yeux.
Et c'était bien...
Et c'était bien...

Challenge 6% Rentrée Littéraire 2013
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24 mai 2013

La 5e saison - Mons Kallentoft

la_5e_saison Seuil - avril 2013 - 464 pages

traduit du suédois par Lucile Clauss, Emmanuel Curtil

Titre original : Den femte årstiden, 2011

Quatrième de couverture : 
Le printemps vient de commencer lorsqu’on trouve le corps d’une femme atrocement mutilée dans la forêt. Les blessures rappellent à Malin Fors l’affaire « Maria Murvall » qu’elle avait suivie dans Hiver. Maria avait été violée et frappée sauvagement dans la forêt, et depuis, elle reste murée dans le silence, à l’asile.
Malin rencontre une psychiatre à l’hôpital qui fait état d’un cas semblable. Soudain, Malin comprend que Maria Murvall n’est qu’une petite pièce d’un terrible puzzle. Si terrible qu’il est impossible d’y mettre des mots. L'enquêtrice met toute son énergie pour résoudre l’énigme. Elle qui avait été obsédée par le sort de Maria Murvall dans Hiver. Parviendra-t-elle à la sortir du silence ?
Cinquième volet des enquêtes de Malin Fors, La 5e Saison séduira les amateurs de Hiver et les autres car l’enquête peut se lire même si on ne connait pas Hiver. Comme toujours dans les livres de Mons Kallentoft, les morts parlent et la nature se déchaine. Malin Fors quant à elle reste ce mélange de force et de fragilité très apprécié des lectrices.

Auteur : Né en 1968, Mons Kallentoft est un journaliste et écrivain suédois dont les livres se sont vendus à plus d'un million d'exemplaires et ont été traduits dans 19 pays.

Mon avis : (lu en mai 2013)
Ce livre est la conclusion de la série Hiver - Eté - Automne - Printemps de Mons Kallentoft. Cette 5ème saison que l'auteur définie ainsi :
« Des nuages sombres et bas. De fines gouttes de pluie s'abattent comme autant de perles grises.
Presque un ciel d'automne.
Sauf que ce n'est pas l'automne. Ni vraiment le printemps, d'ailleurs. Le temps est indéfinissable, comme si le cycle des saisons avait été complétement perturbé, inversé. »
ne nous est pas totalement inconnue !
J'ai plutôt aimé cette série et j'ai aimé cette conclusion. Le personnage de Malin Fors me touche beaucoup et dans ce dernier volet, on l'a sent plus apaisée. Ses qualités d'enquêtrice ne sont plus à démontrer et elle va enfin résoudre une enquête restée en suspens lors de l'épisode Hiver. La boucle est bouclée !

Extrait : (début du livre)
Pourquoi ? Je ne comprends pas.
Mon corps est en feu.
Souffre mille blessures. On m’a écorchée, lacérée, poignardée. J’avance en titubant à travers la forêt. Dans le froid brûlant et la douleur glaçante.
C’est moi.
J’incarne la douleur.
Qu’y a-t-il après ?
Les arbres se penchent sur moi telles des hydres. Leurs têtes enflammées me poursuivent, leurs dents cherchent à me déchiqueter, leur sang empoisonné s’infiltre en moi, tandis qu’un mille-pattes remonte le long de ma cuisse et pénètre mon corps avant de déplier ses tentacules diaboliques.
Je hurle.
Est-ce la fin ? Le sang coule sur mon front, mais je continue d’avancer en trébuchant, je sens les racines jaillir du sol froid et s’enrouler autour de mes chevilles, mes mollets et mes cuisses afin de me faire tomber et me livrer aux langues des hydres, des langues de fil barbelé.
Comment ai-je atterri ici ?
Qui suis-je ?
Pourquoi dois-je mourir maintenant ?
Je suis seule.
Mon corps se dissout.
Quelque chose me poursuit.
La moindre racine, la moindre branche, le moindre souffle de vent froid me déchiquettent, boivent mon sang, dévorent mes intestins, mes reins, mon foie et mon cœur.
Maman.
Tu es là.
Je te vois dans la cuisine, et je t’appelle.
– Maman, maman !
Les branches s’enfoncent en moi. Je suis le froid et la chaleur, il pleut, il neige, il grêle, les hydres hurlent. D’où sortent toutes ces mouches ? Elles veulent pondre leurs oeufs dans mes plaies, déposer des larves dans ce corps qui autrefois était le mien.
Sur les troncs d’arbres, je distingue des visages d’hommes sculptés.
Mon souffle est coupé. Les branches, les aiguilles et les pommes de pin me lacèrent les pieds.
Je veux qu’ils me rattrapent pour que tout s’arrête. Et qu’autre chose, une blancheur, une autre chaleur puissent naître.
J’avance.
Sous la plante de mes pieds, la peau a disparu.
Ne plus rien sentir. Ne plus sentir de branche s’enfoncer en moi.
J’entends des halètements.
L’obscurité.
La solitude.
Un être humain étouffé par sa propre peur.
Un être humain qui refuse d’abandonner, de mourir.
Cet être humain, c’est moi.

Je hurle.
C’est mon dernier cri, la dernière bouffée d’air que je parviens à expulser de mes poumons.
Je suis allongée sur un tapis de racines brûlantes, les branches des arbres s’abaissent vers moi, leurs visages crachent de l’acide sur mes joues et mes yeux, je suis aveugle.
Mais la douleur n’est pas aveugle.
C’est tout ce qui reste à présent.
Avec les masques sculptés des arbres.
Une sensation froide sur mes côtes.
La neige tombe.
Des étoiles blanches tombent sur mon corps nu, l’acier me déchire, mutile mon sexe, mon cri est tout ce qu’il me reste.
Je n’ai même plus la force de hurler.
La forêt est sourde.
Aveugle.
Maman.
J’aimerais que tu ne saches jamais ce qui m’est arrivé.
J’aimerais que tu croies que je suis morte sans peur, sans douleur, entourée de gentilles personnes.
J’aimerais le croire moi-même.
Mais non, quelque chose s’enfonce encore en moi, un bâton affûté, un mille-pattes dont les pattes sont comme mille couteaux qui s’agitent en moi, et je meurs, maman, j’abandonne mon corps aux mouches.

Je me quitte, je vois mon corps nu et détruit qui gît dans une fosse au milieu d’une forêt déserte, et je deviens quelqu’un d’autre, quelqu’un qui plane dans un espace coupé des vivants. Je suis libre, maman, ne suis-je pas libre ?
Je vois quelqu’un s’éloigner de mon corps, le laissant aux vers qui me rongent, et aux arbres qui veulent dévorer la chair que j’habitais.
Quelqu’un sèche le couteau avec des feuilles mortes, puis quitte les lieux.
On m’a tuée, maman, brûlée, déchiquetée, assassinée et violée.
Et je ne suis pas la seule à avoir connu ce destin.
Il faut en finir.
L’hydre doit mourir, bien que sa vie soit éternelle.

 

Déjà lu du même auteur :

hiver Hiver  _t_ Été automne Automne printemps Printemps

 Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 43/12

 Challenge Voisins, voisines

voisins_voisines_2013
Suède

  Défi Scandinavie noire 2012

dc3a9fi_scandinavie_noire
Suède

Challenge Cap au Nord
cap_au_nord

Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Chiffre/Nombre"

24 novembre 2012

3 secondes - Marc-Antoine Mathieu

3_secondes Delcourt – septembre 2011 – 80 pages

Quatrième de couverture :
3 secondes, le temps pour la lumière de parcourir 900 000 kilomètres, le temps d'un coup de feu, d'une larme, d'un SMS, d'une explosion... Observer les détails, enquêter d'une scène à l'autre permet de reconstituer les angles morts et de récolter les indices sur ce qui relie les personnages et les motive. Affaires, crimes, complot... À chacun de se faire sa propre idée. Bonne investigation. 

Auteur : Marc-Antoine Mathieu est dessinateur et scénariste de Bande Dessinée. Il est né en 1959 et vit près d'Angers, où il suivit les cours de l'école des Beaux-Arts. Il est publié pour la première fois en 1986 dans le journal "Marcel" dirigé par Coucho, puis publie dans différentes revue (Le Banni, Morsures, ...).
Il est l'auteur de la série Julius Corentin Acquefacques, prisonnier des rêves.

Mon avis : (lu en novembre 2012)
Voilà un bande dessinée très originale, une histoire policière, sans parole à travers un zoom au ralenti où les images rebondissent de reflets en reflets... le lecteur doit comprendre par lui-même, les tenants et aboutissants de ce qu’il voit, et en même temps, il ne voit que ce que le dessinateur lui laisse voir. C'est un exercice pas si facile à faire...
Heureusement, "3 secondes" est également une BD numérique accessible grâce à un code présent dans la BD papier.
En visionnant l'animation de toutes les images, cela m'a permis de mieux comprendre l'histoire.
L'histoire n'a rien de très originale ou de surprenant, c'est la forme et le style qui surprennent.

Extrait : 

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5 juin 2013

Louis, pas à pas - Gersende et Francis Perrin

louis_pas___pas JC Lattès - avril 2012 - 230 pages

Présentation éditeur :
« Votre fils Louis est pris en charge parce que votre mari est une vedette. Il s’appelle Francis Perrin. Mais nous, on n’est pas connus, tout le monde s’en fout de notre gamin autiste ! » Nous avons entendu cette phrase trop souvent. Aujourd’hui, par notre engagement, nous voulons porter la voix des parents brisés, comme nous-mêmes l’avons été. En 2004, notre vie bascule au moment où un « grand ponte » spécialisé dans l’autisme prononce cette phrase indélébile : « Faites le deuil de votre enfant ! » S’ensuit une année d’épreuves où des soi-disant professionnels arrivent à cette atterrante conclusion : « Madame, vous êtes une mauvaise mère, Monsieur, vous êtes un père trop vieux! » Ce sont eux qui nous ont fait souffrir, jamais Louis. En 2005, à l’âge de trois ans, Louis est diagnostiqué autiste sévère par des professionnels compétents qui nous font découvrir l’A.B.A. (Applied Behavior Analysis), un traitement de stimulation non médicamenteux pratiqué depuis près de cinquante ans partout dans le monde. Nous passons alors de l’avant à l’après. Louis évolue dès les premiers jours du traitement. Il communique peu à peu avec ses frères, ses sœurs, ses amis, et commence à acquérir une véritable autonomie. Ses progrès sont spectaculaires : il devient pas à pas « un enfant presque comme les autres ». Avec courage et détermination, Gersende et Francis Perrin redonnent espoir aux parents et montrent que l’autisme n’est pas une fatalité.

Auteurs : Comédien, metteur en scène, directeur du Théâtre Montansier de Versailles de 1993 à 2000, Francis Perrin a dirigé sa propre compagnie en interprétant divers rôles dont celui de Molière lui-même. Il a publié son autobiographie, Mon Panthéon est décousu en 2003, et un premier roman Degrés de lassitude en 2005 aux éditions du Rocher suivi par Molière, chef de troupe (Plon, 2007) et Le Bouffon des rois (Plon 2011), une biographie de Triboulet, le bouffon de Louis XII et François Ier. 
Avec sa femme Gersende, il vient de publier Louis, pas à pas, un témoignage poignant retraçant son combat contre l'autisme dont souffre son fils (Lattès, 2012).
Gersende Perrin, diplômée du Conservatoire National d’Art dramatique de Paris, a sacrifié sa carrière de comédienne pour devenir maman à plein temps, s’engageant activement pour la cause des enfants autistes.

Mon avis : (lu en mai 2013)
Avant de lire ce témoignage de Francis Perrin et sa femme Gersende autour de leur fils Louis autiste, j'avais vu plusieurs reportages à la télévision sur Louis. Je connaissais donc déjà le sujet du livre. 
« Faites le deuil de votre enfant ! », c'est par ces mots d'une extrême viiolence que Gersende et Francis apprennent que Louis est atteint d'autisme. Enfin, un diagnostique, alors que cela fait près de trois ans qu'ils ne savent comment faire avec Louis pour communiquer, pour qu'il devienne un enfant qui parle, qui marche... Impossible pour ces courageux parents de ne rien faire, ils veulent aider Louis à se développer, à avoir le maximum d'épanouissement qu'il peut attendre de la vie. Ils savent  que cela ne sera pas facile, qu'il faudra du temps. Grâce à la rencontre de professionnels compétents qui leurs font découvrir l’A.B.A. (Applied Behavior Analysis), un traitement de stimulation, ils vont voir Louis évoluer pas à pas.
Ce livre a été écrit grâce au journal que Gersende écrivait au jour le jour et avec quelques pages écrites par Francis.
Ce témoignage, ils ne l'ont pas fait pour se mettre en avant ou se faire de la pub, mais au contraire pour être des porte-paroles pour des parents, des familles silencieuses qui se débattent avec "l'administratif" médical ou scolaire pour faire accepter la différence de leurs enfants et que l'on arrive à les accueillir à l'école. 
Un témoignage fort, intéressant et attachant qui se lit facilement et qui donne de l'espoir. Bravo !

Extrait :
C'était... l'avant... l'avant d'après...
... j'écrivais :

2 août 2001
Je suis une femme amoureuse qui veut un enfant.
Le soleil du sud-ouest est levé et mon amour dort. C'est peut-être le jour pour faire un bébé.
Un petit qui ferait de moi une maman, enfin ! Je vais réveiller mon amant. Ton futur père...
Peut-être !
D'habitude pudique le jour, cette nuit, je me jette nue dans la piscine, éclaboussant le reflet paisible de la lune sur l'eau. Je me sens légère. Si j'avais su qu'un petit être commençait à pousser dans mon corps, j'aurais pensé que nous étions deux à nager.

3 septembre 2001
Je ne sais pas encore que tu es dans mon ventre mais je sens depuis quelques jours le sommeil plomber mes paupières dès que je les pose sur trois lignes de mon livre de chevet.
J'accuse l'auteur d'être très ennuyeux : je suis tout simplement très enceinte.
En bonne fausse intellectuelle, je choisis un autre livre, celui d'un auteur recommandé dans de très bonnes émissions nocturnes que je n'arrive plus à regarder, ne veillant pas au-delà de la première interview. Je m'essaie donc aux écrits d'un poète contemporain dont la lecture semble correspondre à mon état étourdi et romantique du moment. Mais hélas, ses phrases poétiques me semblent de plus en plus lourdes et finissent par me rester sur l'estomac jusqu'au matin. J'ai la nausée ! J'ignore décidément tout de mon état.

5 septembre 2001
J'ai fait un test de grossesse. Ou plutôt... j'ai fait sept tests de grossesse. J'ai vécu sept fois ce « moment unique » de la croix rose qui apparaît. A cet instant, la langue française m'offre tellement de mots pour décrire mon état que j'ai l'impression de flotter dans le Larousse des synonymes du mot « bonheur » : béatitude, plaisir, joie, chance, félicité, euphorie...
Tout à l'heure, j'ai parlé à mon bébé pour la première fois. Je lui ai demandé de rester bien accroché.
On sera les meilleurs parents du monde, enfin on fera ce qu'on pourra. Je suis sûre que tu seras le meilleur enfant du monde.

 Challenge Petit BAC 2013
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"Prénom"

20 mai 2012

Il faut qu'on parle de Kevin - Lionel Shriver

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Belfond – juillet 2006 – 485 pages

J'ai lu – mai 2008 – 608 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) Françoise Cartano

Titre original : We need to talk about Kevin, 2003

Quatrième de couverture :
À la veille de ses seize ans, Kevin Khatchadourian exécute neuf personnes dans son lycée. A travers des lettres au père dont elle est séparée, sa mère retrace l’itinéraire meurtrier de leur fils. Un roman coup-de-poing, violent, complexe, qui s’attaque aux pires des tabous. 

Auteur : Née en 1957 en Caroline du Nord, Lionel Shriver a fait ses études à New York. Diplômée de Columbia, elle a été professeur avant de partir parcourir le monde. Elle a notamment vécu en Israël, à Bangkok, à Nairobi et à Belfast. 
Après six romans qui ont connu une publication confidentielle aux États-Unis, elle entreprend l’écriture d’un récit inspiré de la tuerie de Columbine. Il faut qu’on parle de Kevin a obtenu un éclatant succès de par le monde et a remporté l’Orange Prize en 2005. Lionel Shriver vit à Londres avec son mari, jazzman renommé.

 

Mon avis : (lu en mai 2012)
J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce livre... les premières pages m'ont paru difficiles à lire, écriture dense, beaucoup de digressions, j'ai bien fait de percévérer et après plus de 150 pages, l'histoire d'Eva, Franklin et Kevin m'a embarquée.
Eva écrit à Franklin, ex-son mari, des lettres à propos de leur fils Kevin. A la veille de ses seize ans, ce dernier a tué froidement 9 personnes dans son lycée. À travers ces lettres, Eva analyse sans concessions ses rapports avec Kevin, mais aussi avec son mari et sa fille, depuis avant la naissance de Kevin jusqu'au fameux JEUDI du drame.
Pour donner naissance à Kevin, Eva avait mis entre parenthèses sa vie professionnelle et ses ambitions personnelles. Dès le début, la communication entre mère et fils est très compliquée. A l’aube de ses 16 ans, Kevin commet l’irréparable. Eva s’interroge alors sur sa responsabilité. Elle se remet en mémoire les différentes étapes de sa vie avant et avec Kevin, et elle tente de comprendre ce qu’elle aurait pu ou peut-être dû faire pour éviter le drame.
Ce livre est construit comme un thriller psychologique, le personnage de Kevin est très déstabilisant, depuis son plus jeune âge, il est insupportable, méchant, il cache ses émotions, il n'aime rien, très intelligent, il manipule ses proches, il avance masqué et tout au long du livre le lecteur n'est pas au bout de ses surprises...
Une histoire très sombre et qui fait froid dans le dos. Elle oblige le lecteur à s'interroger sur les rapports entre enfants et parents, mais aussi sur la société américaine avec sa surconsommation, les armes en libre circulation.

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Ce roman a été adapté au cinéma en 2011 avec pour la réalisation Lynne Ramsay et comme acteurs principaux Tilda Swinton, John C. Reilly et Ezra Miller.  
Le film a été projeté pour la première fois en compétition au Festival de Cannes, le 12 mai 2011.   

Extrait : (début du livre)
Cher Franklin,
Je ne sais trop pour quelle raison un incident mineur survenu cet après-midi m’a poussée à t’écrire. Mais depuis que nous sommes séparés, ce qui me manque le plus est peut-être de pouvoir rentrer à la maison te livrer les curiosités narratives de ma journée, comme un chat déposerait des souris à tes pieds : menus et humbles tributs que s’offrent les couples après avoir chassé chacun dans son jardin. Si tu étais encore installé dans ma cuisine, en train de tartiner généreusement du beurre de cacahuète sur une tranche de pain Branola alors qu’il est presque l’heure de dîner, je n’aurais pas plus tôt déposé les sacs des courses, dont l’un laisse couler une espèce de liquide visqueux, que cette petite histoire sortirait, avant même la remarque grondeuse pour te dire qu’il y a des pâtes au menu de ce soir, alors si tu pouvais éviter de manger ce sandwich en entier…
Au début, bien sûr, ce que je racontais avait la saveur de l’exotisme, Lisbonne, Katmandou. Mais personne n’aime écouter des récits de l’étranger, en fait, et j’ai bien discerné, sous ta politesse de circonstance, que tu avais une secrète préférence pour les anecdotes géographiquement plus proches : une rencontre extravagante avec un employé du péage du George Washington Bridge, par exemple. Les surprises du quotidien banal contribuaient à confirmer ton opinion selon laquelle tous mes voyages à l’étranger recelaient une sorte de supercherie. Mes souvenirs un paquet de gaufrettes belges éventées, le mot calembredaines (pour dire foutaises !) se paraient d’une magie qui n’était due qu’à la distance. Comme ces babioles qu’échangent les Japonais dans une boîte à l’intérieur d’un sac à l’intérieur d’une boîte à l’intérieur d’un sac, le lustre de mes cadeaux rapportés de contrées lointaines se limitait à l’emballage. Quel exploit considérable c’était, en regard, de s’enraciner dans la fadeur immuable de ce cher État de New York, et de gratter un instant de sensations fortes à l’occasion d’une expédition au Grand Union de Nyack ! Qui est justement le lieu où se déroule mon histoire. On dirait que j’apprends finalement ce que tu essayais toujours de m’enseigner, à savoir que mon propre pays est aussi exotique et dangereux que l’Algérie. J’étais au rayon crémerie et je n’avais pas besoin de grand-chose. Je ne mange plus de pâtes, désormais, sans toi pour liquider l’essentiel du plat. Ton bel appétit me manque.

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23/50 : Caroline du Nord

  Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Prénom"

13 décembre 2011

Challenge 50 états, 50 billets

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J'ai décidé de m'inscrire, un peu en retard, au Challenge 50 états, 50 billets organisé par Sofinet, il s'agit d'écrire un billet par état des Etats-Unis. Il peut s'agir de critique de livre, de film, d'une série ou d'un épisode de celle-ci, d'un compte rendu de voyage, d'un billet d'humeur sur un fait d'actualité, d'une recette, qu'importe...

Voici mes premières lectures pour l'occasion :

n°1 : Idaho : L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S.Spivet - Reif Larsen
C'est le premier état traversé par T.S Spivet durant son voyage du Montana pour Washington
n°2 : Californie : Le Sabot du diable – Kem Nunn
n°3 : Pennsylvanie : Le Temps où nous chantions - Richard Powers
Delia Daley est originaire de Pennsylvanie
n°4 : New Hampshire : Une prière pour Owen – John Irving
John Irving est né dans le New Hampshire
n°5 : New Jersey : Remède mortel – Harlan Coben
Harlen Coben vit dans le New Jersey
n°6 : Minnesota : Freedom – Jonathan Franzen 
Patty rencontre Walter et Richard à l'université du Minnesota
n°7 : Wisconsin : Famille modèle – Eric Puchner
le père a quitté le Wisconsin pour la Californie
n°8 : Massachusset : Le pacte des vierges – Vanessa Schneider 
l'histoire se situe à Gloucester, ville de pêcheurs du Massachusetts 
n°9 : Alaska : Désolation – David Vann
n°10 : Dakota du Nord :  Love Medecine - Louise Erdrich

 

23 novembre 2011

Challenge Objectif PAL Swap !

 

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Je vois que la PAL des livres qui m'ont été offerts lors de SWAP augmente et que j'ai certains livres depuis assez longtemps car je prévilégie la lecture des livres des Bibliothèques ou pour des partenariats avant mes livres perso...
J'organise donc ce Challenge et j'invite ceux et celles qui veulent à me rejoindre en s'inscrivant en commentaire.
Le but est de lire le plus de livres possible de sa PAL Swap d'ici fin 2012.
Attention, la PAL Swap peut s'étoffer... (j'ai personnellement 2 Swaps en cours !)

Participantes :

Valérie
(PAL Swap = 12 livres)

1 - Mississippi d'Hillary Jordan
offert par Thiphanie lors du Swap Les Années Vertes organisé par Valérie

 2 - Des bleus à l'âme de Françoise Sagan
offert par Sophie lors du Swap Une vague bleue organisé par Valérie

3- Comme ton ombre d'Elizabeth Haynes
offert par Enna pour le Swap Eros et Thanatos organisé par Canel 

4 - Les étranges talents de Flavia de Luce d'Alan Bradley
offert par Thiphanie lors du Swap Les Années Vertes organisé par Valérie

5 - One Day/Un jour de David Nicholls 
offert par Lucie lors du Swap Red is so British organisé par Valérie 

6 - The Ginger tree/ Une odeur de gingembre d'Oswald Wynd 
offert par Manu lors du Swap Yello(w)range exotic organisé par Valérie 

 7 - Apocalypse bébé de Virginie Despentes
offert par Manu lors du Swap Yello(w)range exotic organisé par Valérie

 8 - Les demeurées de Jeanne Benameur 
offert par Aproposdelivres lors du Swap Mettez de la couleur dans votre PAL organisé par Valérie 

9 - Modus Operandi de Marin Ledun
 offert par Emeralda lors du Swap anniversaire organisé par Hérisson 

10 - Remarkable creatures/ Prodigieuses créatures de Tracy Chevalier 
offert par Sophie  lors du Swap Une Vague Bleu organisé par Valérie

11 - Thérapie de Sebastian Fitzek 
offert par Latite lors du Swap anniversaire organisé par Hérisson  

12 - La chambre mortuaire de Jean-Luc Bizien 
offert par Sophie lors du Swap Une vague bleue organisé par Valérie 

13 - L'effet Larsen de Delphine Bertholon 
offert par Hélène lors du Swap anniversaire organisé par Hérisson  

14 - Alex de Pierre Lemaître 
offert par Aproposdelivres lors du Swap Mettez de la couleur dans votre PAL organisé par Valérie 

 15 - La Reine et moi de Sue Townsend
offert par Enna lors du Swap Eros et Thanatos organisé par Canel

16 - The Prince of Tides/ Le prince des marées de Pat Conroy
offert par Manu Swap Yello(w)range exotic organisé par Valérie

  17 - Les oreilles de Buster de Maria Ernestam 
offert par Aproposdelivres lors du Swap Mettez de la couleur dans votre PAL organisé par Valérie 

18 - Lady Susan de Jane Austen 
offert par Aproposdelivres lors du Swap Mettez de la couleur dans votre PAL organisé par Valérie

 19 - Habibi de Craig Thompson 
offert par Hérisson lors du Swap anniversaire organisé par Hérisson

 

 Cacahuète

(PAL Swap =  31 livres)

1 - Firmin de Sam Savage
offert par hélène lors du Swap Les Années Vertes organisé par Valérie

2 - Milarepa de E.E. SCHMITT
 offert par Melc lors du Swap Anniversaire 2012 organisé par Hérisson

3 - Mon patient Sigmund Freud de Tobbie Nathan
gagné à un concours organisé par catherine 

 4 - Tom petit Tom tout petit Homme Tom - Barbara Constantine
offert par hélène lors du Swap Les Années Vertes organisé par Valérie 

 5 - Un amour de Geek - Luc Blanvillain 
offert par Hérisson lors du Swap anniversaire organisé par Hérisson

 6 - La Secte des Egoïstes - Eric-Emmanuel Schmitt
offert par Melcd lors du Swap anniversaire organisé par Hérisson 

7 - Souad- Brulée vive
offert par Esmeraldae lors du Swap anniversaire organisé par Hérisson 

8 - Le passager - Patrick Senecal
offert par Jeneen lors du Swap anniversaire organisé par Hérisson 

9 - Olaf chez les Langre - Luc Beauvillain 
offert par Valérie lors du Swap anniversaire Hérisson

 10 - Fred Vargas - sous les vents de Neptune 

 11 - Zoé Shépard - Absolument dé-bor-dée ! 
offert par Emeralda lors du Swap anniversaire organisé par Hérisson

12 - A l'abri de rien d'Olivier Adam
offert par Liyah lors du swap anniv organisé par Hérisson


13 - La dernière énigme d'Agatha Christie
offert par Valérie lors du Swap anniversaire Hérisson

14 - Kamo l'idée du siècle de Daniel Pennac
offert par Valérie lors du Swap anniversaire Hérisson
 

Sofynet
(PAL Swap = 43 livres) 

 1 - Petit déjeuner chez Tiffany
offert par Yoshi  lors du Swap chocolat et cinéma 

 2 - Dark Vador et fils 
offert par XL pour le Swap une rentrée Geek

3 - Délicieuses pourritures de Joyce Carol Oates
offert par Rose pour le Swap 50 états

 

Jeenen
(PAL Swap = 37 livres ) 

 1 - Tom, petit Tom, tout petit homme Tom - Barbara Constantine
offert par XL lors du Swap Les Années Vertes organisé par Valérie 

2 - Mine de rien - P.Wentworth 
offert par Anne (des mots et des notes) pour le swap "partners in crime" organisé par Soukee

 

 Arieste

(PAL Swap = 7 livres) 

1- Jane Austen à Scargrave Manor - Stephanie Barron
 offert par Filipa 

 Aproposdelivres 

(PAL Swap = 25 livres)

1 - Profondeurs - Henning Mankell (Suède)
offert par Thiphanie lors du Swap Une Vague Bleue organisé par Valérie  

2 - Brooklyn Follies – Paul Auster (États-Unis)
offert par Papillon lors du Swap in' Follies organisé par Amanda et Manu

 3 - Le Monde du bout du monde – Luis Sepúlveda (Chili)
offert par Thiphanie lors du Swap Une Vague Bleue organisé par Valérie

 4 - La délicatesse - David Foenkinos
offert par Sandrine lors du  Swap Eros et Thanatos organisé par Canel

5 - Un safari arctique – Jørn Riel (Danemark)
Pickwick qui m'a offert ce livre par  lors du Swap Scandinavia organisé par Isleene

6 - Si je reste – Gayle Forman (États-Unis)
offert par Azilis lors du Swap Anniversaire organisé par Hérisson 

7 - Les revenants – Laura Kasischke (États-Unis)
offert par Sophie lors du Swap Yello(w)range exotic organisé par Valérie. 

8 - Quand vous lirez ce livre... - Sally Nicholls (Grande-Bretagne)
offert par Hérisson08 lors du Swap Encre noire sur page blanche organisé par Valérie  

9 - Chroniques de l'asphalte 1/5 - Samuel Benchetrit 
offert par Pimousse4783 lors du Swap Les Vertes Années organisé par Valérie 

 10 - La mort indienne – Karin Fossum 
offert par mrs pepys lors du Swap Frissons en Noir & Blanc organisé par Canel  

11 - La chambre mortuaire - Jean-Luc Bizien
 offert par Valérie lors du Swap Mettez de la couleur dans votre PAL : le dernier organisé par Valérie 

 12 - Là où j'irai - Gayle Forman 
offert par Azilis lors du Swap Anniversaire organisé par Hérisson 

 

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Billet récapitulatif pour 2013

9 décembre 2011

A propos d'un gamin – Nick Hornby

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Plon – mai 1999 – 322 pages

10/18 – janvier 2002 – 320 pages

Plon – octobre 2002 – 324 pages

Pocket jeunesse – avril 2004 – 317 pages

10/18 – mai 2006 – 316 pages

10/18 – mai 2010 – 316 pages

traduit de l'anglais par Christophe Mercier

Titre original : About a Boy, 1998

Quatrième de couverture :
Dormir toute la matinée, regarder des feuilletons l'après-midi, faire la fête la nuit : voilà le quotidien de Will. Á trente-six ans, cet éternel adolescent se complaît dans la superficialité. Les responsabilités l'effraient, les histoires d'amour l'ennuient, les enfants le fatiguent.
Jusqu'au jour où son chemin croise celui de Marcus , douze ans, qui affiche des airs désabusés, Marcus qui a l'air d'avoir vingt ans de plus! De cette rencontre improbable naît une relation cocasse qui va obliger chacun à se dévoiler. Humour et tendresse en vue.

Auteur : Nick Hornby est né en 1957. Il est devenu un auteur culte outre-Manche avec ses romans : Haute fidélité, A propos d'un gamin, La Bonté : mode d'emploi, Vous descendez ? (finaliste pour le Whitbread Award), Slam et Juliet, Naked. Il a également écrit des ouvrages de non-fiction, Carton jaune, qui obtient le William Hill Sports Book of the Year Award, et 31 songs, finaliste pour le National book Critics Circle Award. En 1999, Nick Hornby s'est vu remettre l'E.M. Forster Award de l'Académie américaine des Arts et Lettres et remporte en 2002 le W.H. Smith Award For Fiction. Il a signé récemment le scénario du film Une Education, réalisé par Lone Sherfig et nominé aux Oscars. Nick Hornby vit et travaille à Highbury, au nord de Londres.

Mon avis : (lu en décembre 2011)
Marcus est jeune garçon de douze ans, sa mère divorcée est dépressive et baba-cool. Sa mère végétarienne n'écoute que des tubes des années soixante-dix, elle habille Marcus avec des habits hors du temps… La vie à l’école est donc difficile, il est en décalage avec les camarades de son âge qui se moquent de lui… Aucun adulte ne semble le comprendre, ni sa mère toujours un peu « à côté » de la plaque, ni les professeurs…
Will a 37 ans, éternel adolescent, il collectionne les histoires d’amour, il ne travaille pas car il a hérité des droits d’auteur d’une chanson de Noël à succès écrite par son père. Pour draguer, Will a eu un jour l’idée d’aller à une réunion de parents célibataires en s’inventant un fils de 2 ans. C’est lors d’un pique-nique  organisé par l’Association que Marcus et Will vont se rencontrer. Une rencontre improbable mais qui sera pour l’un et l’autre importante. Marcus est confronté aux problèmes de l'adolescence, au regard des autres, à la dépression de sa mère. En rencontrant Marcus,  Will va se poser des questions sur sa solitude, sur sa vie oisive, sur l'amour. Il va savoir être à l’écoute de Marcus que la vie a fait grandir trop vite. Ils vont apprendre tous les deux à grandir.

L’histoire est très touchante, Marcus et Will sont très attachants. C’est un livre plein d’humour et d’émotions qui m’a fait verser ma petite larme (surtout pour le film).

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Film : Pour un garçon est un film réalisé en 2002 par Chris Weitz et Paul Weitz d'après l'œuvre de Nick Hornby avec Hugh Grant, Nicholas Hoult, Toni Collette, Rachel Weisz.
J’ai beaucoup aimé le film que j’avais vu avant de lire le livre et que j’ai revu dernièrement.
La fin du film et du livre sont différentes, mais l’esprit est le même. Dans le film, les réalisateurs privilégient la relation entre Marcus et Will, ce sont les personnages principaux de l’histoire. Dans le livre, le personnage de et d’Ellie  sont plus présents.

Extrait : (début du livre)
« Alors, vous avez cassé ?

- C'est une plaisanterie ? »
Très souvent les gens pensaient que Marcus plaisantait alors que ce n'était pas le cas. Il ne comprenait pas pourquoi. Demander à sa mère si elle avait cassé avec Roger était, pensait-il, une question tout à fait naturelle : ils s'étaient violemment disputés, puis isolés dans la cuisine pour parler tranquillement et, au bout d'un petit moment, ils étaient sortis avec un air grave, puis Roger s'était approché de lui, lui avait serré la main, souhaité bonne chance pour sa nouvelle école et était parti.
« Pourquoi je plaisanterais ?
- Alors, selon toi, qu'est-ce qui s'est passé ?
- Je pense que vous avez cassé. Je voulais juste en être sûr.
- Oui, Marcus. Il est parti. »
Il ne pensait pas pouvoir jamais s'habituer à ce genre de situations. Vraiment, il aimait bien Roger, et il leur était arrivé de sortir tous les trois ensemble ; et maintenant, manifestement il ne le reverrait jamais. Ça lui était égal, mais si on y réfléchissait, c'était quand même bizarre. Une fois, ils avaient partagé des toilettes, alors que tous les deux avaient tellement envie de faire pipi, après un trajet en voiture. On pourrait penser que si on a fait pipi avec quelqu'un, on doit garder le contact, d'une manière ou d'une autre.
« Et sa pizza ? »
Ils venaient juste de commander trois pizzas quand la dispute avait commencé et elles n'étaient pas encore arrivées.
« On se la partagera. Si on a assez faim.
- Quand même, elles sont grosses. Et est-ce qu'il n'en a pas demandé une avec du pepperoni ? »
Marcus et sa mère étaient végétariens, mais pas Roger.
« Eh bien ! On la jettera, répondit-elle.
- Ou alors on pourrait enlever le pepperoni. De toute façon je pense pas qu'ils en mettent beaucoup. Il y a surtout du fromage et des tomates.
- Marcus, pour l'instant, je n'ai vraiment pas la tête aux pizzas.
- D'accord. Désolé. Pourquoi vous avez cassé ?
- Oh... Ceci, cela... C'est difficile à expliquer. »

Déjà lu du même auteur :

Slam Slam juliet__naked Juliet, Naked  haute_fidelit__2004 Haute fidélité
 la_bont__mode_d_emploi_p2010 La Bonté : mode d'emploi

Lu dans le cadre du Nick Hornby's Challenge
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Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

8 juillet 2011

L'enragé, L'intégrale – Baru

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Dupuis – octobre 2010 – 136 pages

L'enragé Tome 1- Dupuis - novembre 2004 - 72 pages

L'enragé Tome 2 – Dupuis – avril 2006 – 63 pages

Quatrième de couverture :
Anton Witkowsky a la rage. La rage de sortir de sa condition. De quitter sa banlieue pourrie. De fuir la rigueur paternelle. La rage, il l'a dans ses poings. Il a de l'or dans ses poings, il le sent, il le sait. Tout le monde le lui répète, Marco, son entraîneur, Mo, son pote. La boxe, c'est la clé du paradis. Le paradis du fric et de la gloire. Pour gagner ce paradis-là, il est prêt à tout.
L'Enragé, un récit d'une force inouïe, sublimé par un dessin supérieur. Du grand, du très grand Baru.

Auteur : Né en 1947 dans une famille ouvrière et biculturelle, d'une mère française d'origine bretonne et d'un père italien, Hervé Baruléa, dit Baru, est l'aîné de trois garçons. Ses parents communistes étant convaincus qu'il n'y avait pas de pain à gagner dans le dessin, Baru enseigne l'éducation physique avant de s'aventurer dans une carrière de dessinateur. Ce n'est qu'à trente ans passés qu'il prend la décision de se consacrer à la bande dessinée, trouvant l'inspiration dans son histoire personnelle, ses années d'adolescence passées en France, ou encore ses voyages accomplis aux quatre coins du monde. Il ne tarde pas à donner tort à ses parents en devenant très vite un dessinateur à temps plein et un artiste reconnu du grand public. Il débute en 1982 dans Pilote, avec des récits complets, et publie, deux ans plus tard, les 'Quéquette Blues', récit partiellement autobiographique de la vie quotidienne des enfants issus de la classe ouvrière française. En 1985, il sort 'La Piscine de Micheville', suivi des deuxième et troisième volumes des 'Quéquette Blues'. Il réalise pour L'Echo des Savanes 'Cours camarade', puis 'Le Chemin de l'Amérique'. En 1995, il prend véritablement son envol avec 'L' Autoroute du Soleil', un manga européen. Suivent ensuite de nombreux succès comme 'Sur la route encore', 'Bonne année', 'Les Années Spoutnik' et 'L' Enragé'.

Mon avis : (lu en juillet 2011)
Encore une bande dessinée qui m'a été conseillée par Émilie. Baru est un auteur à connaître, m'a-t-elle dit et même si dans cette histoire il est question de Boxe, la BD se lit très facilement. C'est vrai !
Anton Witkowsky est un jeune de banlieue qui ne veut pas avoir une vie identique à celle de ses parents, il veut quitter sa « cité pourrie ». Il sait qu'il a de l'or dans ses poings et il veut devenir un grand boxeur. Son père n'est pas d'accord, «parce que ce n'est pas un métier ! », il refuse que son fils se fasse taper dessus. Mais Anton est bien décidé et il ira au bout de son rêve.
Devenu champion du monde de boxe, Anton prend un peu la grosse tête, il multiplie les conquêtes féminines. Il s'éloigne de son passé et de ses amis d'enfance et après l'ascension et le sommet, c'est la chute et Anton se retrouve dans le box des accusés...
Avec cette BD, nous découvrons le monde de la boxe, les magouilles, les mauvais coup... Anton peut être attachant mais aussi crispant, pris par l'intrigue le lecteur tourne pages après pages avec plaisir, pressé de connaître comment Anton pourra se sortir de ce mauvais pas.

Extraits : (cliquer sur l'image pour agrandir)

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24 décembre 2010

Swap Marque-Page

  Swap Marque Page

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Fin novembre, Galleane organisait sur le Forum de Livraddict, le Swap Marque Page

Le but était d'envoyer des marque pages à notre swappée.
Il fallait en offrir 7 (un pour chaque jours de la semaine). Pour cela nous pouvions les acheter, les récupérer en librairie, les réaliser sur ordinateur...
En plus nous devions réaliser un huitième et dernier MP entièrement fait main soit en le dessinant, en faisant un collage... Il n'a pas besoin d'être compliqué.

Ce Swap se fait en binôme, ma partenaire est Amethyst, voilà ce qu'elle m'a envoyée :

Tout d'abord une très jolie carte
Marque_page__2__50

Et bien sûr tous les marque-pages correspondants à mes goûts, voyez plutôt :
MP_Amethyst_30

Et dans le détail, il y a :
2 marque-pages achetés
MP3    MP4
1 marque-page magnétique
Marque_page__3_

et tous les autres faits mains :
2 recto-verso
MP1
MP2
le plus original : la queue de la baleine
MP8
la jolie sirène en perles
MP7
et pour finir les plus beaux  : 2 broderies
MP5  MP6
(cliquer sur chaque image pour l'agrandir)

Et pour voir les marque-pages que j'ai offert à Amethyst, c'est ici !

26 juin 2011

Le Club des Cinq – Enid Blyton

 ou Le Club des Cinq et le passage secret

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C5_1983 C5_1994 C5_2000
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Hachette – 1971 – 184 pages

Hachette – 1980 – 248 pages

Hachette – 1983 - 245 pages

France-Loisirs – 1994 -

Hachette – avril 2000 – 214 pages

Hachette – mars 2006 – 217 pages

texte français d'Hélène Commin

illustrations de Simone Baudoin

Quatrième de couverture :
Enfin les vacances de Noël ! Quatre enfants et leur ami, le chien Dagobert, arrivent à Kernach, tout prêts à profiter joyeusement de leur liberté.
Hélas ! La présence de M.Rolland, précepteur maussade et peu sympathique, ne risque-t-elle pas de compromettre leurs beaux projets ?
Cependant, les enfants vont connaître une foule d'aventures auxquelles ils ne s'attendaient guère, et la découverte d'un grimoire, puis celle d'un souterrain sous la maison, ne tarderont pas à les mettre sur la voie d'une énigme passionnante. Ce seront pour les cinq compagnons de merveilleuses vacances, fertiles en surprises, en émotions et en prouesses. Vacances dont on rêvera longtemps en attendant que celles de Pâques, puis des mois d'été, ramènent des heures aussi belles.

Auteur : Enid Mary Blyton est une romancière britannique, spécialisée dans la littérature pour enfants, née le 11 août 1897 dans le faubourg d'East Dulwich, à Londres et morte le 28 novembre 1968 à Hampstead, dans la banlieue nord de Londres. On lui doit entre autres Le Club des Cinq (the Famous Five en anglais), Le Clan des Sept (The Secret Seven), Oui-Oui (Noddy). Ses romans, connus dans le monde entier, ont été vendus à plus de quatre cents millions d'exemplaires, traduits dans plus de quarante langues différentes.

Mon avis : (relu en juin 2011)
Je voulais lire les Club des Cinq en commençant par le premier épisode, Le Club des Cinq et le trésor de l'île, malheureusement je n'ai pas pu trouver un seul Club des Cinq à la bibliothèque... J'ai donc eu l'idée d'aller voir chez mes beaux-parents et j'ai eu le plaisir d'y trouver une dizaine de livres de la Bibliothèque Rose (Club des Cinq et Fantômette...).
Je commence donc la série
Le Club des Cinq par le deuxième épisode : Le Club des Cinq.
Ce sont les vacances de Noël, François, Mick, Claude, Annie et Dagobert se retrouvent à Kernach bien décidés à revivre un séjour aussi passionnant que l'été précédent... Mais comme ils ont eu des mauvais résultats scolaires, un professeur particulier a été embauché pour les faire travailler. Mais ce professeur a un comportement curieux et bien sûr le Club des Cinq va se lancer dans une enquête passionnante et pleine de surprise... Parmi le Club des Cinq, ma préférée c'est bien sûr Claude, je me retrouvai un peu dans son côté garçon manqué. Sa grande complicité avec son chien Dagobert est formidable... Je me suis vraiment amusée en retrouvant cette série d'enfance...

Challenge Le Club des 5
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2/10

18 juin 2011

Arrêtez-moi là ! – Iain Levison

arr_tez_moi_l_ Liana Levi – mars 2011 – 245 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Fanchita Gonzalez Batle

Quatrième de couverture :
Charger un passager à l'aéroport, quoi de plus juteux pour un chauffeur de taxi ? Une bonne course vous assure une soirée tranquille. Ce soir-là, pourtant, c'est le début des emmerdes... Tout d'abord la cliente n'a pas assez d'argent sur elle et, pour être réglé, il vous faut entrer dans sa maison pourvue d'amples fenêtres (ne touchez jamais aux fenêtres des gens !). Plus tard, deux jeunes femmes passablement éméchées font du stop. Seulement, une fois dépannées, l'une d'elles déverse sur la banquette son trop-plein d'alcool. La corvée de nettoyage s'avère nécessaire (ne nettoyez jamais votre taxi à la vapeur après avoir touché les fenêtres d'une inconnue !). Après tous ces faux pas, comment s'étonner que deux policiers se pointent en vous demandant des comptes ? Un dernier conseil : ne sous-estimez jamais la capacité de la police à se fourvoyer ! Dans ce roman magistral, Levison dissèque de manière impitoyable les dérives de la société américaine et de son système judiciaire.

Auteur : IAIN LEVISON, né en Écosse en 1963, arrive aux États-Unis en 1971. A la fin de son parcours universitaire, il exerce pendant dix ans différents petits boulots, de conducteur de camions à peintre en bâtiments, de déménageur à pêcheur en Alaska ! Tous ces jobs inspireront son premier livre, Tribulations d'un précaire. Le succès arrivera de France avec Un petit boulot et les romans qui suivront.

Mon avis : (lu en juin 2011)
C’est le premier livre que je lis de cet auteur, je l’ai pris un peu par hasard à la Bibliothèque attirée par la couverture jaune du taxi new-yorkais !
Publié en mars 2011, ce livre est dans l’actualité car il nous permet de découvrir le système juridique américain. En effet, un chauffeur de taxi américain sans histoire se retrouve malgré lui inculpé dans une affaire d'enlèvement. Quelle terrible soirée ! Il n’aurait pas du rentrer dans l’appartement d’une cliente pour être payé et toucher à l’une des fenêtres. Il n’aurait pas du nettoyer à la vapeur son taxi après avoir pris en stop deux étudiantes saoules qui ont vomi sur la banquette…
Ce livre se lit comme un policier car le lecteur s’attache à Jeff Sutton et se demande jusque où l'erreur judiciaire va-t-elle l’entraîner et comment va-t-il pouvoir s’en sortir… C’est à la fois plein d’humour et de tension, on découvre l’Amérique des petits, des laissés pour compte.

Extrait : (début du livre)
Ce mardi-là je vais à l’aéroport en fin d’après-midi. Juste après six heures, quand ceux qui voyagent pour affaires ont l’habitude de rentrer. Il y a d’ordinaire une longue file de taxis à la station, tous les chauffeurs le savent, et s’il y a plus de taxis que de clients, vous pouvez attendre là pendant des heures pour rien. C’est pour ça qu’en général je laisse tomber l’aéroport de la gare, et que je ne vais plus à la gare routière depuis des années (si ces gens-là avaient de l’argent pour un taxi ils n’auraient pas pris le car), mais ce soir je me sens en veine.
Et j'en ai. La circulation est fluide, et il n'y a que deux taxis devant moi à la station. L'un des chauffeurs est Charlie White, qui a probablement passé tout l'après-midi là, rien que pour pouvoir être le premier aux arrivés. Charlie conduit depuis trente ans, et sa philosophie est qu'une grosse course vaut mieux qu'une douzaine de petites. Dans les années quatre-vingt il a fait une course de l'aéroport Fort Worth de Dallas jusqu'à Waco, plusieurs centaines de dollars plus le pourboire assorti. Depuis, il traîne à l'aéroport.
Un plein avion de cadres supérieurs sort par les portes automatiques, chacun traînant sa mallette à roulettes. Je réfléchis à l'évolution des styles de bagages quand j'entends ma portière s'ouvrir. Je me retourne et vois une jolie blonde en tailleur marron clair. Je hume un parfum de luxe.
Elle me demande : « Vous connaissez Westboro ?
- Ouais, je connais. » Je sais que c'est à une demi-heure au moins. Ça devrait faire dans les soixante dollars. Je vois Charlie démarrer et je me demande si sa longue attente lui a procuré une aussi bonne course. La plupart des voyageurs ne vont que jusqu'à un hôtel du centre.
Elle jette sa mallette sur le siège, monte, et me donne l'adresse. Puis, comme tout le monde, elle sort son portable.

 Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
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9 avril 2011

Read-A-Thon du 9 avril

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C'est le Jour J pour le Read A Thon, du 9 et 10 avril 2011

Je prends le départ pour le Mini Read A Thon de 12 heures de 10h à 22h ! 

Préparatifs : 
Hier soir, je me suis couchée tôt, après Petits Meurtres d'Agatha Christie sur France 2.

Depuis quelques jours, j'ai choisi pour l'occasion une PAL, mais rien n'empêche que je lise d'autres livres...

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Maria – Pierre Pelot - 127 pages (lu)
Derniers fragments d’un long voyage – Christiane Singer - 136 pages (lu)
Taxi – Khaled Al Khamissi (Egypte) – 189 pages (lu)
Des étoiles au plafond – Johanna Thydell – 325 pages (lu)
Le Roi Oscar et autres racontars - Jorn Riel - 112 pages (lu)
Danbé – Aya Cissoko et Marie Desplechin – 183 pages
(lu)
Jamais contente – Marie Desplechin – 180 pages (lu)
Sang chaud, nerfs d'acier – Arto Paasilinna – 215 pages (74 pages)
 

 

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10h : Le Top de Départ est donné, me voilà partie pour un Marathon de lecture de 12 heures, j'ai décidé de commencer par : Maria de Pierre Pelot.

12h30 : Les deux premières heures se sont bien passées, le premier livre a été lu en 1 heure, le second livre (Taxi – Khaled Al Khamissi) est lu à moitié.
Je me suis accordée une pause pour déjeuner et je reprend ma lecture.

16h : C'est déjà la mi-temps !
J'ai terminé Taxi de Khaled Al Khamissi, Derniers fragments d’un long voyage de Christiane Singer et j'ai lu plus de la moitié de Des étoiles au plafond de Johanna Thydell. Le plaisir est toujours là et le temps passe plus vite que je l'imaginais...

18h30 : Une petite pause thé glacé. Puis j'ai lu la BD Le Roi Oscar et autres racontars - Jorn Riel  pour varier un peu les lectures et j'en suis à la moitié de Danbé – Aya Cissoko et Marie Desplechin.

20h30 : J'ai terminé Danbé – Aya Cissoko et Marie Desplechin. Pause dîner. Puis reprise de la lecture avec Jamais contente – Marie Desplechin pour la dernière ligne droite... Je rajouterai même un dernier livre pour terminer le Marathon !

22h : C'est fini ! 
J'ai terminé Danbé – Aya Cissoko et Marie Desplechin, puis j'ai lu Jamais contente – Marie Desplechin et pour finir j'ai commencé Sang chaud, nerfs d'acier – Arto Paasilinna

Après calcul, j'ai lu 7 livres et 74 pages du 8ème, soit un total de 1326 pages.
Un grand merci à tous et toutes pour les nombreux encouragements que je reçois depuis ce matin !
Je suis contente de m'arrêter pour aller me coucher sans trop tarder...
Et il faudra attendre quelques jours pour lire les billets de tous les livres lus aujourd'hui...

Bon courage à celles qui continuent encore 12h ou qui viennent de commencer le Read-A-Thon de nuit !

6 avril 2011

Demain, à la télé...

 

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La Grande Librairie - France 5 : le Jeudi  à 20h35 et rediffusion le Dimanche à 8h55

Invités de l’émission du 7 avril 2011
Bernard Pivot, pour Les mots de ma vie, à paraître aux éditions Albin-Michel
Jeanne Benameur, pour Les Insurrections singulières, paru aux éditions Actes Sud
Jean-Philippe Blondel, pour G229, paru aux éditions Buchet-Chastel
Jacques Chancel, pour N’oublie pas de vivre, paru aux éditions Flammarion

21 août 2010

Les Trois médecins – Martin Winckler

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (22/26)

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POL – août 2004 – 523 pages

Folio – octobre 2006 – 741 pages

Quatrième de couverture :
Un médecin, ça n'a pas toujours été médecin.
En 1974 – vingt ans avant La Maladie de Sachs - Bruno Sachs entre à la faculté de médecine de Tourmens. Il se lie d’amitié avec André Solal, Basile Bloom et Christophe Gray, trois étudiants voués à la médecine générale. Il ne sait pas qu’au cours des sept années suivantes, ils vont apprendre leur métier mais aussi côtoyer les militants de l’IVG et de la contraception, contester l’enseignement de mandarins hospitaliers plus préoccupés de pouvoir que de soin, et militer pour une médecine plus humaine.
Pour devenir médecins – pour devenir des hommes –, Bruno et ses trois camarades devront vivre plusieurs histoires à la fois : l’histoire d’une formation ; l’histoire d’un grand amour ; l’histoire d’un engagement moral et politique ; l’histoire d’une profonde amitié. Des histoires comiques et tragiques. Des histoires où l’on vit pleinement et où, parfois, l’on meurt.
Comme dans un roman d’aventures.

Auteur : Martin Winckler, de son vrai nom Marc Zaffran, est né en 1955 à Alger. Après son adolescence à Pithiviers (Loiret) et une année à Bloomington (Minnesota), il fait des études de médecine à Tours entre 1973 et 1982. Ses premiers textes paraissent dans Nouvelles Nouvelles et la revue Prescrire au milieu des années 80 et son premier roman, La Vacation (1989). Entre La Maladie de Sachs (1998, adapté au cinéma en 1999 par Michel Deville) et Les Trois Médecins (2004), il a publié une trentaine de romans et d'essais, consacrés au soin et aux arts populaires. En 2001 et 2002, il est le premier écrivain français à prépublier en feuilleton interactif, sur le site de P.O.L, deux grands livres autobiographiques: Légendes et Plumes d'Ange. Médecin à temps partiel et écrivain à temps plein, il anime en outre le Winckler's Webzine, un site personnel très fréquenté (www.martinwinckler.com).

 

Mon avis : (lu en août 2010)
J'avais adoré "La Maladie de Sachs" et j'ai pris vraiment beaucoup de plaisir à retrouver Bruno pendant ses études de médecine. Bruno Sachs est fils de médecin, il va suivre la trace de son père et va faire ses études de médecine à Tourmens. Nous sommes en 1973, et il rencontre André Solal , Basile Bloom et Christophe Gray, trois étudiants en médecine qui deviennent ses amis et ses frères. Par vocation et par amour des autres, ils vont apprendre leur métier, travailler dur, ils veulent une médecine plus juste et plus humaine, ils vont également côtoyer les militants de l'IVG,et de la contraception mais aussi contester la toute puissance des médecins hospitaliers et la toute puissance des labos pharmaceutiques. C'est l'histoire d'une amitié vrai et solide entre quatre hommes avec un grand cœur et qui ont choisi de consacrer leur vie à soigner.

Ce livre est à la fois instructif et divertissant, il se dégage de chacune des pages une formidable humanité. J'ai dévoré ce livre, il est passionnant !

Extrait : (page 19)
Il nous regarde avec ses yeux mauvais, et se met à nous cracher dessus. Il a commencé en disant que nous étions des veaux, des bons à rien, et comme les voix s'élevaient il a réagi immédiatement en criant qu'il lui suffisait de ne pas faire cours pendant un mois pour qu'on soit tous dans la merde, et bien malins ceux qui sauraient ce qu'il nous balancerait au concours ! Alors, évidemment, tout le monde s'est tu, à commencer par les redoublants. Il fulmine, il a l'écume à la bouche, on dirait qu'il va lui sortir de feu par les yeux. Il lève le bras, tend l'index vers nous et vomit : La plupart d'entre vous ne sont que de petits crétins.

Extrait : (page 138)
Et la colère m'emplit quand je pense aux femmes croisées depuis que je suis née, aux femmes qui ont porté grossesse sur grossesse, en espérant que, de temps à autre, une fausse couche les délivrerait ; aux femmes mortes en couches parce que le médecin n'est pas arrivé à temps ; aux femmes déchirées, mutilées par un bébé trop gros sorti trop vite ; aux femmes mortes d'hémorragie parce qu'on ne les a pas surveillées ; aux femmes stériles que l'on a répudiées ; aux femmes à qui on arrache leurs enfants ; aux femmes violées contraintes de mettre au monde l'enfant de leur agresseur ; aux femmes soumises à l'inceste de leur père ou de leur mère ; aux femmes à qui on a refusé une contraception et qui sont mortes d'une grossesse - la grossesse de trop... ; aux femmes aliénées que l'on stérilise 'pour leur bien '; aux femmes que l'on contraint à porter un enfant qu'elles abandonneront à la naissance en le donnant à des étrangers ; aux femmes atteintes de cancer que l'on ampute sans hésiter ; aux femmes qui saignent et à qui un homme fait 'sauter l'utérus 'parce que c'est plus simple [... ].

Extrait : (page 506)
Comment leur dire que soigner, ça ne s'apprend pas le stylo sur la page mais les yeux sur les lèvres et les doigts sur la peau et la bouche à l'oreille et mon corps sur ton corps.
Comment leur dire que soigner, c'est comme vivre, ça n'attend pas qu'on ait appris, ça se fait tout de suite
Comment leur dire que soigner s'apprend avec les autres - tous les autres : ceux qu'on admire, ceux qu'on déteste, ceux qui nous font vomir et ceux qui nous attirent, celles et ceux qui nous font peur et nous maltraitent, ceux qui nous entourent et ceux qui nous sont hostiles, nos amis nos ennemis, nos frères nos sœurs, ceux qui sont assis là autour de nous et que nous ne connaissons pas, et qui ont tous quelque chose à nous dire si seulement nous voulions tendre un peu l'oreille, si seulement nous voulions bien les toucher du doigt.

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (22/26)

21 mars 2011

Quelques photos du Salon du Livre 2011... (suite)

Voici les photos de mon Samedi au Salon du Livre de Paris 2011,
il est 9h55 : le salon ouvre dans 5 minutes...

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Il est 9h55 : le salon ouvre dans 5 minutes...

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Exposition Agatha Christie en BD

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Stand France Télévision, Olivier Barrot (1 jour, 1 livre) fait gagner des livres,
je me trouve assise derrière une personne bien connue des lecteurs... l'avez-vous reconnue ?

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Stand Nordique, Bois aux lettres R54            Herbjørg Wassmo (Norvège)          

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Johanna Sinisalo (Finlande)                          Erlend Loe (Norvège)

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Un ministre,

Rencontres aux hasards des stands, les auteurs, les dédicaces, les livres

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 Même les tout-petits ont leur dédicace : Ophélie Texier

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Ceux que l'on remarque : Amélie Nothom et Tom Verdier

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 Quelques temps plus tard, Jean-Michel Guenassia les a rejoint.

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Stéphane Hessel                  et                   Janine  Boissard

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Sur un tout petit stand, Joseph Joffo

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Exposition Grzegorz Rosinski et Thorgal

Et pour terminer ma longue journée... Rencontre formidable avec Henning Mankell P1100663_20 P1100669_20 
Per Olov Enquist (Suède) et Henning Mankell (Suède)

Ma récolte de marque-pages a été fructueuse, j'ai eu également 3 badges colorés...
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Côté livres, j'ai noté beaucoup de références à acheter prochainement :
Anne B. Ragde : Un jour glacé en enfer et Zona frigida
Jørn Riel : Le roi Oscar et autres racontars (BD)
Jens Christian Grondahl : Quatre jours en mars
Monika Fagerholm : La fille américaine et La scène à paillettes
Erling Jepsen : L’Art de pleurer en chœur
Frode Grytten : Les Contes de Murboligen
Ketil Bjornstad : La Société des Jeunes Pianistes
Olafur Jóhann Olafsson : Retour en Islande
Katarina Mazetti : Le caveau de famille
Mons Kallentoft - Automne

...

Marie-Aude Murail - Malo de Lange, fils de Personne pour le Fiston qui m'accompagnait...

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De belles futures lectures en prévision !

23 décembre 2010

Paranoïd Park - Blake Nelson

Lu dans le cadre du Partenariat  Blog-O-Book et Livre de Poche

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Hachette Littératures - Septembre 2007 – 214 pages

Livre de Poche - Avril 2009 – 186 pages

Livre de Poche Jeunesse - Avril 2010 – 192 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Daniel Bismuth

Quatrième de couverture :
Bon, c'était la dernière semaine de l'été et on se trouvait dans le centre-ville quand Jared a suggéré qu'on fasse un tour à Paranoid Park, histoire de voir. Sur le coup, je n'ai rien dit. J'avais entendu parler de Paranoid, bien sûr, mais je n'avais jamais songé à y aller. Je me disais que ce n'était pas à ma portée. Mais lorsque j'ai fini par répondre que je ne pensais pas être prêt pour ça, Jared s'est marré et a répliqué un truc du style : " Personne n'est jamais prêt pour Paranoid Park. " Et c'est là que tout a commencé. Paranoid Park est l'histoire d'une innocence perdue, celle d'un jeune skater de dix-sept ans qui tue accidentellement un agent de sécurité. Un cadavre, pas de témoin. Sera-t-il capable d'affronter le monde réel et les conséquences de son acte ? Blake Nelson signe un thriller psychologique brillant autour des désarrois de l'adolescence. Paranoid Park a été adapté au cinéma par Gus Van Sant.

Auteur : Né à Portland, dans l’Oregon, Blake Nelson fait des études d’histoire à New York. Il est d’abord guitariste dans des groupes de trash metal. Puis il se consacre à l’écriture et rédige des chroniques pour un magazine. Depuis, Blake Nelson a publié onze romans, dont huit destinés aux adolescents.

Mon avis : (lu en décembre 2010)
« Paranoïd Park. C'est là que ça a commencé. » Paranoid Park est un parc mal famé de Portland où se retrouvent les meilleurs skaters de Californie et de la côte Est. Non loin de là, un jeune skateur de 17 ans est devenu meurtrier malgré lui, il s'est laissé entraîner par un jeune zonard à aller « brûler un dur », c'est à dire grimper dans un train marche alors que celui-ci roule à faible allure. Un agent de sécurité armé d’une matraque le repère et, pour se défendre, il lui donne un coup de skate sur la tête, le vigile tombe et se fait écraser par le train. Un cadavre, pas de témoin, que doit-il faire ? Appeler la police ? En parler à ses parents qui sont en train de se séparer ? Impossible. Comment doit-il assumer les conséquences de cette nuit de cauchemar ?
Le livre est écrit comme une confession à la première personne du jeune garçon, l'écriture est proche du langage parlé, il raconte non seulement les faits mais aussi les diverses émotions par lequel il passe. L'histoire est captivante car le récit nous livre peu à peu ses révélations avec parfois des rebondissements ce qui tient en haleine le lecteur du début à la fin. On a vraiment l’impression de lire le témoignage d’une aventure vécue.

Ce livre a été adapté au cinéma dans un film réalisé par Gus Van Sant avec Gabriel Nevins, Jake Miller, Daniel Liu. Je n'ai pas vu le film, mais après la lecture de ce livre, j'ai très envie de le découvrir.

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Merci à Blog-O-Book et au Livre de Poche pour m'avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : (page 85)
Qu'est-ce qui déconnait chez moi ? J'aurais voulu pleurer encore mais j'étais à sec. Je me suis demandé combien de temps ça allait mettre pour passer. J'ai essayé de m'imaginer dans cinq ans, ou dans dix ; est-ce que je pourrais encore marcher dans la rue ?
Encore était-ce le meilleur scénario possible. Il y avait toujours le risque de se faire poisser.
J'ai poursuivi mon chemin. J'ai observé les gens qui rentraient du boulot. Ils étaient en costume, en tenue de travail, et ils montaient dans de chouettes bagnoles. Ils trimbalaient probablement un passé – des erreurs, des mauvaises actions qu'ils avaient commises. Tel était sans doute le lot de chacun. J'ai pensé aux soldats en Irak, au Vietnam, et dans toutes les autres guerres. Eux devaient tuer des gens. Et ils devaient vivre avec ça. Tous les soldats faisaient de même depuis des siècles. Et ce n'était pas comme si le fait de tuer des gens était quelque chose d'insolite, qui n'arrivait jamais. A la télé, c'était toutes les deux minutes et demie que quelqu'un se faisait tuer. Et que faisait-on dans les jeux vidéo à part dézinguer des gens ?
Mais qu'est-ce qu'on était supposé faire avec ce poids ? Une fois qu'on l'avait sur soi ? Être un homme, tout bonnement ? Prendre sur soi, et puis voilà ? Peut-être bien. Peut-être que c'était là le vrai test. Peut-être que c'était exactement ça qui faisait de vous un homme : avoir la capacité de fonctionner tout en ayant le pire secret en tête. Ce pour quoi tant d'hommes adultes semblaient si ridicules. Ils n'avaient jamais senti ce poids. Ils n'avaient jamais senti cette responsabilité. Ils n'avaient pas passé le test, n'avaient pas fait leurs preuves ; c'étaient des petits garçons en habits d'adulte.
Comme mon père.

19 novembre 2010

Dis oui, Ninon – Maud Lethielleux

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Stock – mars 2009 - 247 pages

J'ai lu - mai 2010 - 221 pages

Quatrième de couverture :
« - T'as passé une bonne semaine ? Je ne sais pas quoi dire. Si je dis oui, il va être triste, ça voudrait dire que je me passe bien de lui et que L'autre n'est pas si mal. Si je dis non, il sera très en colère contre Zélie et L'autre parce que je suis malheureuse à cause d'eux. Je dis : - Moyen. »
À neuf ans, Ninon observe le monde avec malice et se moque des idées toutes faites. Quand ses parents se séparent, elle choisit la vie de bohème avec son père, Fred. Ensemble, ils construisent une maison de bric et de broc, traient leurs chèvres, vendent leurs produits au marché, oublient l'école et Mme Kaffe, l'assistante sociale...

« Tout y est frais, naturel, juste... C'est un bonbon acidulé au goût d'enfance immémoriale. » ¤ Madame Figaro

« Ceux qui aiment les récits à la Pennac, et tous les grands enfants qui n'aiment pas grandir diront oui à Ninon ! » ¤ Elle

Auteur : Maud Lethielleux est musicienne et metteur en scène. Elle a parcouru le monde, de l'Asie à la Nouvelle-Zélande. Dis oui, Ninon est son premier roman.

Mon avis : (lu en novembre 2010)
Ce livre est un très beau moment d'émotion. Ninon est une petite fille attachante, elle a 9 ans et beaucoup de candeur. Ses parents sont séparés, son père est un écologiste convaincu qui élèvent des chèvres. Sa vie n'est pas toujours agréable, mais elle a choisi de rester avec son père pour l'aider à construire sa maison. Sa maman, Zélie est partie avec « l'Autre » et Agathe sa petite sœur. C'est Ninon qui nous raconte sa drôle de vie entre une maman qui veut vivre normalement et un papa un peu marginal mais libre. Ninon dit ressembler à une guenon, elle voudrait devenir musicienne mais elle chante faux, elle sait traire les chèvres et fabriquer des fromages de chèvre. Ninon est pleine de sagesse, de poésie, de naïveté et d'humour. A découvrir !

En rendant ce livre à la bibliothèque, j'ai pu emprunter le deuxième roman de Maud Lethielleux "D'où je suis, je vois la lune" que je lirai prochainement...

Extrait : (page 15)
Le samedi après-midi, Zélie nous donnait le bain et nous mettait du sent bon. Une fois elle s’est maquillée mais Fred a dit quelque chose, elle a pleuré et le noir a coulé, alors elle a tout essuyé. Agathe voulait faire pareil. Moi j’ai dit comme Fred le mot rigolo qui fait le même son que quand on crache un noyau de cerise : Pute. Agathe a rigolé et elle a répété le mot en tournant sur elle-même. Moi aussi j’ai ri. J’aime bien les nouveaux mots. Ça me donne vraiment l’impression d’être une grande. Ce soir-là, Zélie était très triste. Quand elle est triste, elle pense à son père et elle dit que les hommes, c’est tous des pervers. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire, mais je la laisse se défouler avec les mots et après, elle me sourit comme si j’étais sa meilleure copine.
Pendant les fêtes, Fred et Zélie ont commencé à ne plus rire ensemble. Ils riaient contre eux.  Zélie restait dans la cuisine avec ses copines et Fred fumait sur le canapé et il ne rigolait pas du tout sauf quand elle s’approchait. Là, il chuchotait un truc tellement drôle que ses copains s’écroulaient par terre ou lui demandaient de répéter parce qu’ils n’étaient pas sûrs d’avoir compris et ma mère retournait dans la cuisine. Ou alors, c’était le contraire. Mais les filles étaient plus messe basse, elles riaient dès qu’il avait le dos tourné. Après, elles parlaient avec un air très sérieux qui ne laissait rien présager de bon.

Un peu plus tard, tout le monde s’est mélangé à nouveau. Les copains de Fred aimaient beaucoup discuter avec ma mère. C’était peut-être à cause du maquillage qu’elle avait décidé d’assumer. Et Fred, il a commencé à chanter des chansons d’amour avec sa guitare, les filles venaient l’écouter. Il s’installait dans une chambre ou une petite pièce éclairée d’une bougie.  La mélancolie lui allait bien.

C’est comme ça que tout a dégénéré. Un jour, Fred n’a pas voulu rentrer à la maison. Zélie nous a ramenées avec la voiture qu’elle ne savait pas bien conduire, son maquillage avait coulé et je lui ai dit :
― T’es belle avec ton noir de pute.
Agathe a ajouté que oui, elle était trop trop belle, la plus belle du monde. Et elle a dit le mot en riant très fort. Zélie  a mis les essuie-glaces, je lui ai dit qu’il ne pleuvait pas, elle a essuyé sa joue toute peinturlurée et on est rentrées. Ce soir-là, il faisait froid (Fred avait encore oublié de bourrer le poêle). On s’est couchées toutes les trois ensembles dans le grand lit et Agathe a murmuré :
― C’est bien quand il est pas là, Fred.
Zélie a eu l’air d’accord, elle nous a fait un énorme câlin. Quand on s’est réveillées, Fred dormait par terre, sur le tapis au pied du lit.

Mes parents sont très équitables, alors le samedi d’après, on est rentrées à la maison toutes seules avec Fred. Il n’a pas voulu dormir avec nous. Il nous a laissé le grand lit et il s’est assis devant la cheminée en fumant une roulée.

Cette nuit-là, ma mère a rencontré l’amour qui dure. Et elle n’a plus jamais été la même.

22 janvier 2011

D'où je suis, je vois la lune - Maud Lethielleux

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Quatrième de couverture :
Moon a choisi la rue parce qu’elle a décidé d’être « elle-même dans ce monde où les gens sont devenus des autres ». Elle ne fait pas la manche, elle vend des sourires, et observe avec malice le manège des gens pressés.
« Je dis : Avec cinquante centimes d'euros, qu'est-ce qu'on achète à notre époque ? J'insiste, il accélère, petite pirouette : Non sans déc’, à ce prix, franchement, tu trouves des trucs intéressants à acheter ? Le type finit par s'arrêter, il se demande où je veux en venir, et c'est là que je sors le grand jeu, tutti et compagnie, je dis : Un sourire à ce prix-là, c’est pas cher payé ! Et j'attends pas qu'il accepte, je lui refourgue un petit sourire façon majorette à dentelles, épaules en arrière et tête haute. Le type soupire, il pense qu'il se fait avoir. Il n'a que dix centimes mais je lui fais quand même le sourire en entier. Je suis pas une radine. »
Autour d’elle, il y a Michou et Suzie avec leur Caddie, Boule, son crâne rasé et sa boule de billard à dégainer en cas de baston, les kepons migrateurs avec leurs crêtes de toutes les couleurs, et surtout, il y a Fidji et ses projets sur Paname. Pour lui, elle a décidé d’écrire un roman, un vrai.
Et il y a Slam qui sort de prison, Slam qui aime les mots de Moon et a une certitude : un jour, elle décrochera la lune…

Auteur : Maud Lethielleux est musicienne et metteur en scène. Elle a parcouru le monde, de l’Asie à la Nouvelle-Zélande. Elle a publié Dis oui Ninon en 2009. D’où je suis, je vois la lune est son deuxième roman.

Mon avis : (lu en janvier 2011)
J’avais beaucoup aimé Dis oui Ninon et je me réjouissais de découvrir le deuxième roman de Maud Lethielleux. C'est un roman plein de tendresse et d'émotions.
Moon est une SDF, elle vit dans la rue dans des cartons, à côté d’une fleuriste, dans une ville de province. Elle vend ses sourires aux passants contre quelques pièces. Elle n'est pas seule, elle a son chiot Comète, son ami Fidji, Slam qui sort de prison, Michou et Suzie avec leur caddie. Un jour, Moon a l'idée de faire un cadeau pour le Noël de Fidji : elle va lui écrire une histoire. Et elle commence à écrire cette histoire dans un carnet volé et avec un bic volé également. Mots après mots, des pensées, des histoires et peu à peu Moon remplit plusieurs carnets mais Fidji a des projets qui l'éloigne de Moon, alors celle-ci décide d'écrire pour de vrai... Pourtant l'idée d'un futur lui fait peur, elle pense aux désillusions qui l'attendent plutôt qu'à un meilleur avenir.
A travers ses sourires, Moon partage son quotidien avec nous, elle nous transmet une nouvelle vision de ce que peut être la Rue. « Les sourires, c’est de l’énergie renouvelable, si t’as pas de pensées ensoleillées, tu vis dans le noir ». En écrivant, elle oublie son quotidien et se met à rêver.
Mais son manque de confiance en elle la maintient enfermée dans la carapace qu'elle a construite autour d'elle pour survivre dans la rue. « La vraie vie n'est pas à la hauteur de mes mots. La vraie vie est emballée dans du papier cadeau, quand tu l'ouvres, tu trouves une boîte, c'est comme les poupées russes, chaque boîte en contient une plus petite, l'espoir diminue au fur et à mesure que tu les ouvres, mais tu continues d'espérer, tu revois tes projets et tes ambitions à la baisse, les boîtes continuent d'être vides. Tu passes ton temps à les ouvrir et à la fin la dernière est tellement minuscule que tu ne fais même pas l'effort de l'ouvrir, tes doigts gelés sont trop gros pour elle, et tu ne veux plus être déçue, tu préfères la laisser là pour quelqu'un d'autre, à moins qu'elle ne soit écrasée par un passant pressé. La vraie vie, c'est une petite boîte dont plus personne ne veut, que même si elle était pleine, elle ne serait rien aux yeux des autres. Parce que les autres sont bien trop occupés avec leurs propres boîtes, et parce que les petites choses n'intéressent personne. »
Il y a beaucoup d'humanité et de poésie dans les mots et les pensées de Moon, elle est vraiment attachante ! A découvrir sans hésiter !
J'ai dans ma PAL son troisième livre, « Tout près, le bout du monde » et je compte le lire sans trop tarder...

Extrait : (début du livre)
Ça y est, ça a commencé l’acharnement, c’est toujours début novembre, t’as trois types qui se ramènent avec leur discours à la con, et vas-y que je t’enlève des degrés au thermo. Ils ont toujours des prévisions catastrophe, ils sont là avec leur talkie-walkie et leur ciré fluo, penchés au-dessus de toi comme si t’étais un clébard blessé à la patte. C’est toujours pire que l’année dernière, c’est toujours pire que l’année dernière, c’est toujours plus tôt dans l’année, ils se lamentent en chuchotant entre eux, et moi franchement je me fends la poire parce que je sais bien que tous les ans c’est pareil, c’est pas pire, c’est pas mieux, c’est les aléas et y’a pas à en faire tout un plat.
Le gars appelle un pote solidaire pour qu’il vienne lui filer un coup de main, il dit : Elle veut pas bouger d’un pouce, ramène quelque chose à manger. Il se tourne vers moi et il rajoute à son talkie : Et une couv de survie ! Les deux autres solidaires s’éloignent, ils ont dû apercevoir Michou et Suzie avec leur Caddie. Le type s’accroupit, il parle en me regardant en coin avec un air de chien battu. C’est toujours comme ça, parce que t’es une nana, on croit qu’on va t’avoir par les sentiments. Son pote me ramène un gobelet plastique et une assiette toute prête, il répète le même discours mais avec les points d’interrogation en plus, il pose des questions où on ne peut pas répondre par oui ou par non, alors je dis rien, ça lui apprendra à essayer de me piéger sous prétexte que c’est début novembre. Je fais non pour la couvrante de morgue et je ramène la mienne en laine jusqu’au cou. Comète sort son museau, elle a senti la viande.
De l’autre côté de la place, les gyrophares et tous les bénévoles du Samu d’hiver se préparent. Si ça commence comme ça, on est mal barrés… Je prends quand même le gobelet histoire de me chauffer les mitaines, Comète commence à s’exciter sur l’odeur, elle remue du pif et ça me gonfle qu’elle se fasse avoir pour un bout de viande.
Avant de partir, le type demande : T’as des copains qui sont dans le besoin ? Et là, je me marre toute seule, parce que si y’a des mecs qu’ont l’air d’être dans le besoin, c’est plutôt eux avec leur tronche d’humanitaire qui revient bredouille.

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Géographie"

Déjà lu du même auteur :
dis_oui_ninon_p Dis oui, Ninon – Maud Lethielleux

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