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15 avril 2012

Jours sans faim – Delphine de Vigan

Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : JOUR

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Grasset – mars 2001 – 211 pages

J'ai lu – février 2009 – 124 pages

J'ai lu – février 2009 – 124 pages

Quatrième de couverture :
« Cela s'était fait progressivement. Pour en arriver là. Sans qu'elle s'en rende vraiment compte. Sans qu'elle puisse aller contre. Elle se souvient du regard des gens, de la peur dans leurs yeux. Elle se souvient de ce sentiment de puissance qui repoussait toujours plus loin les limites du jeûne et de la souffrance. Les genoux qui se cognent, des journées entières sans s'asseoir. En manque, le corps vole au-dessus des trottoirs. Plus tard, les chutes dans la rue, dans le métro, et l'insomnie qui accompagne la faim qu'on ne sait plus reconnaître.

Et puis le froid est entré en elle, inimaginable. Ce froid qui lui disait qu'elle était arrivée au bout et qu'il fallait choisir entre vivre et mourir. »

Auteur : Delphine de Vigan est notamment l’auteur du best seller No et moi, plus de 400 000 exemplaires vendus toutes éditions Prix des Libraires 2008, adapté au cinéma par Zabou Breitman, des Heures souterraines (2009), près de 100 000 exemplaires vendus en édition première et traduit dans le monde entier et Rien ne s'oppose à la nuit (2011) . Elle vit à Paris.

Mon avis : (lu en mars 2012)
Delphine de Vigan a écrit ce premier roman sous le pseudonyme de Lou Delvig.
Un livre très émouvant qui raconte l'anorexie d'une jeune fille. Laure a dix-neuf ans, elle est hospitalisée au dernier stade de la maladie, elle a enfin choisi entre vivre et mourir. Le déclic, c'est sa rencontre avec un médecin qui va savoir l'accompagner dans sa guérison, il est à son écoute, il ne la juge pas.
"Jours sans faim" raconte trois mois d'hôpital, trois mois pour redonner la vie à un corps, trois mois pour guérir. Laure raconte ses souffrances, ses douleurs, elle raconte le quotidien de l'hôpital, les autres patients
J'ai déjà lu plusieurs livres de Delphine de Vigan et dans son dernier livre « Rien ne s'oppose à la nuit », Delphine de Vigan évoque la période de sa propre anorexie. On comprend vraiment la justesse du ton qu'elle a trouvé pour raconter cette histoire. Un roman qui peut être considéré également comme un témoignage sur cette maladie.

Extrait : (début du livre)
C’était quelque chose en dehors d’elle qu’elle ne savait pas nommer. Une énergie silencieuse qui l’aveuglait et régissait ses journées. Une forme de défonce aussi, de destruction.
Cela s’était fait progressivement. Pour en arriver là. Sans qu’elle s’en rende vraiment compte. Sans qu’elle puisse aller contre. Elle se souvient du regard des gens, de la peur dans leurs yeux. Elle se souvient de ce sentiment de puissance, qui repoussait toujours plus loin les limites du jeûne et de la souffrance. Les genoux qui se cognent, des journées entières sans s’asseoir. En manque, le corps vole au-dessus des trottoirs. Plus tard, les chutes dans la rue, dans le métro, et l’insomnie qui accompagne la faim qu’on ne sait plus reconnaître.

Et puis le froid est entré en elle, inimaginable. Ce froid qui lui disait qu’elle était arrivée au bout et qu’il fallait choisir entre vivre ou mourir.

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Déjà lu du même auteur :

no_et_moi_p No et moi les_heures_souterraines  Les heures souterraines

rien_ne_s_oppose___la_nuit Rien ne s'oppose à la nuit

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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star_4

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30 mars 2012

Les oreilles de Buster – Maria Ernestam

5484 Gaïa – septembre 2011 – 411 pages

traduit du suédois par Esther Sermage

Titre original : Busters öron

Quatrième de couverture : 
Eva cultive ses rosiers. A cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu'elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants, et une vieille dame acariâtre dont elle s'occupe. Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. La nuit est propice aux souvenirs, aussi douloureux soient-ils. Peut-être aussi ta cruauté est-elle plus douce lorsqu'on l'évoque dans l'atmosphère feutrée d'une maison endormie. Eva fut une petite fille traumatisée par sa mère, personnage fantasque et tyrannique, qui ne l'a jamais aimée. Très tôt, Eva s'était promis de se venger. Et elle l'a fait, avoue-t-elle d'emblée à son journal intime. 

Un délicieux mélange de candeur et de perversion.

Auteur : Maria Ernestam est suédoise, et vit à Stockholm. Éclectique, elle a multiplié les expériences artistiques : chanteuse, danseuse, mannequin, comédienne, journaliste et auteur. L'écriture s'est imposée naturellement comme son moyen d'expression privilégié. Son premier roman traduit en français, Toujours avec toi, a été particulièrement bien accueilli.

 

 

Mon avis : (lu en mars 2012)
Pour ses 56 ans, Eva reçoit de la part de sa petite-fille Anna-Clara un journal intime décoré d’un chat dormant sous un rosier. Eva décide alors de raconter ses mémoires.
Le lecteur découvre le jour, la vie quotidienne bien rangée d’Eva à Frillesås, petite ville suédoise au bord de la Mer du Nord, elle vit avec Sven, elle a des amies, des petits-enfants, elle s'occupe parfois d’une vieille femme et elle s’occupe de son jardin et en particulier de ses exceptionnels rosiers. Et la nuit, Eva écrit le récit de son enfance avec sa difficile relation avec sa mère. Eva cherche l’amour de sa mère et celle-ci égoïste et tyrannique ne sait que la rabaisser, l’humilier… Le livre s’ouvre sur deux phrases terribles « J’avais sept ans quand j’ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j’ai finalement mis mon projet à exécution. »  En effet, pour supporter cette situation insupportable, Eva décide à 7 ans de suivre un « entraînement » à supporter la douleur, la peur… Le lecteur va découvrir les douleurs d’Eva et peu à peu ses secrets, comment elle va traverser l’enfance puis l’adolescence en se forgeant une carapace et… nous ne sommes pas à bout de nos surprises… car je pensais assez rapidement avoir compris les grandes lignes du dénouement de l’histoire et malgré tout j’ai été surprise par plusieurs rebondissements…
Eva est un personnage hors du commun et à la fois effrayant mais tellement touchant, elle balance entre un côté noir et un côté blanc entre le passé et le présent. Un roman coup de cœur !


Extrait : (page 11)
13 juin
J’avais sept ans quand j’ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j’ai finalement mis mon projet à exécution.
À travers ce simple constat, je viens de m’exprimer sur cette page avec une sincérité dont je n’ai pas l’habitude. À vrai dire, je n’ai jamais été aussi franche. Cela fait un moment que je n’écris plus de cartes postales, sans parler de lettres, et je n’ai jamais tenu de journal intime. Les mots m’ont toujours narguée, tournoyant sans répit dans ma tête. Des pensées qui me paraissaient révélatrices, originales tant que je les gardais prisonnières, s’effritaient durant leur brève course dans l’atmosphère et mouraient dès qu’elles touchaient le papier. Comme si le simple passage de mon for intérieur au dehors suffisait à les flétrir.
L’écart impitoyable entre inspiration et insignifiance qu’ont cruellement révélé mes rares tentatives d’écriture, m’a incitée à délaisser la plume, hormis pour consigner des faits purs et durs. Beurre, œufs, tomates, radis. Dentiste, ne pas oublier d’appeler. Il peut donc sembler pathétique de se mettre ainsi à rédiger un journal intime à l’âge de cinquante-six ans, mais je m’en arroge le droit. Ce cadeau doit bien avoir un sens, surtout venant d’Anna-Clara. Il implique un engagement de ma part – cela fait si longtemps que je ne me suis pas sentie redevable de quoi que ce soit… Les obligations ont cessé de dicter mon comportement bien avant que je n’arrête d’écrire des lettres. Mais je m’égare.
Ce carnet vierge m’a donc été offert par Anna-Clara, la plus jeune et la plus caractérielle de mes petits-enfants. C’est la raison pour laquelle j’apprécie tant cette petite. Parce qu’elle est considérée comme une enfant difficile. Alors que ses aînés Per et Mari sont joyeux et communicatifs – des âmes simples aux yeux pleins de bonté – Anna-Clara est renfermée, sombre et tranchante. Elle ouvre rarement la bouche. Quand elle le fait, c’est généralement laconique. Je peux avoir le pain ? Tu peux me verser du sirop ? Je peux aller lire dans la chambre ?
Aussi loin que je me souvienne, elle m’a toujours demandé la permission de se retirer pour lire. Quand j’acquiesce, comme je le fais immanquablement, elle monte dans ma chambre et s’installe à côté de la table de chevet encombrée de bouquins et de vieux journaux. Pendant que nous autres continuons à bavarder à table, autour d’un thé ou d’un dîner accompagné de bon vin, elle se plonge dans la lecture avec une obstination et une faculté de concentration que je lui envie. Je ne lui ai jamais exprimé mon admiration, cela pourrait paraître condescendant. Mais elle sait bien qu’au fond, mon consentement est aussi une approbation. Voilà pourquoi j’adore Anna-Clara. Elle n’a pas besoin de mots pour être soi-même.
Aujourd’hui, elle a donc passé le plus clair des festivités enfermée dans ma chambre en train de lire. Elle s’est hissée dans mon lit, a placé un oreiller derrière son dos, enroulé mon plaid jaune autour de ses jambes, posé sa part de gâteau et son verre de sirop sur la table de chevet, et avalé méthodiquement un journal après l’autre : les colonnes nécrologiques sans bavures des conflits armés dans la presse du matin ; les enquêtes criminelles et les rubriques mondaines dans celle du soir. Quel âge a-t-elle maintenant ? Huit ans, bientôt neuf ? Sa soif de lecture est certainement digne d’éloges. D’ailleurs, on ne manque pas de la souligner dès que l’occasion se présente, puisqu’il n’y a rien d’autre à dire. « Per a marqué trois buts au match de foot vendredi, Mari a joué de la flûte au spectacle de fin d’année, les arbres bourgeonnent et Anna-Clara… c’est incroyable, ce qu’elle peut lire ! Elle aura bientôt dévoré tous ce que nous avons à la maison et après, ce sera au tour de la bibliothèque communale. Ça lui ressemblerait. Parcourir systématiquement une étagère après l’autre, un livre après l’autre, phrase après phrase, mot après mot. Elle lit vraiment énormément, Anna-Clara. » Puis le silence.

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Challenge 6% 
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
39/42

Challenge Voisins, voisines
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Suède

Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Suède : Maria Ernestam

 Challenge Viking Lit'

Viking_Lit

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Partie du Corps"

23 mars 2012

La tentation du homard – Elizabeth Gilbert

la_tentation_du_homard Calmann-Lévy – septembre 2011 – 408 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Marie Boudewyn

Titre original : Stern men, 2000

Quatrième de couverture : 
Sur deux îles voisines le long des côtes du Maine, des pêcheurs de homards se livrent depuis des générations une lutte sans merci pour s’approprier les ressources de l’océan. Ruth Thomas, âgée de dix-huit ans, revient parmi les siens après des années passées en pension sur le continent, résolue à intégrer pleinement la communauté des durs à cuire qui peuplent son île.

Plus la lutte qui oppose Fort Niles à Port Courne s’envenime, plus la détermination de Ruth s’affermit : sa place est parmi ces drôles d’insulaires, la truculente Mme Pommeroy et sa ribambelle de garçons, Simon le Sénateur et son rêve de musée, Angus le teigneux, Webster et sa chasse au trésor… Futée comme personne mais pas romantique pour deux sous, Ruth succombe pourtant au charme d’Owney Wishnell, un jeune pêcheur beau à se damner, issu de l’île rivale…

La Tentation du homard est le premier roman d’Elizabeth Gilbert. Il brosse le portrait d’une inoubliable héroïne promise à un destin hors du commun.

« Un sens de la métaphore absolument remarquable […]. La Tentation du homard fait mouche tant il déborde de vie et de force. » New York Times

Auteur du best-seller Mange, Prie, Aime (2008), paru dans plus de trente pays et adapté au cinéma, Elizabeth Guilbert a également publié Le Dernier Américain, en 2009, et Mes alliances, histoires d’amour et de mariages, en 2010. En 2008, le magazine Time l'a désigné comme l’une des cent personnes les plus influentes de la planète.

 

Mon avis : (lu en mars 2012)
J’ai pris ce livre à la bibliothèque car j’ai été attirée par sa couverture multicolore et l’atmosphère marine qu’elle évoquait… (y est photographiées les balises qui permettent de distinguer les casiers des pêcheurs, chacun a sa couleur).
C’est le premier roman d’Elizabeth Gilbert, il a été  publié en 2000 et il a fallut attendre 11 ans pour qu’il soit traduit en France.

Ce livre raconte l’histoire de deux îles voisines et rivales des côtes du Maine, Fort Niles et Port Courne. Depuis des générations, les pêcheurs de homards de ces deux îles se livrent une guerre sans merci autour des lieux de pêche.
Ruth Thomas est la fille d’un pêcheur de Fort Niles, intelligente et brillante, elle est partie faire ses études sur le continent. Tous les ans, elle revenait pour les vacances. Agée de 18 ans, diplômée, malgré les pressions, elle est bien décidée à revenir  vivre sur son île. Le lecteur va suivre Ruth durant cet été et découvrir à la fois le quotidien des habitants de Fort Niles, l’histoire de cette rivalité avec Port Courne, l’histoire de la famille de Ruth… A travers les proches de Ruth, nous découvrons également une galerie de personnages hauts en couleurs, son père Stan Thomas, les frères Addams Angus et Simon le Sénateur, Mme Pommeroy et ses sept fils tous plus ou moins « dégénérés »,  sa mère Mary, Mademoiselle Vera…

Au début de chaque chapitre, une citation sur le comportement des homards est mise en parallèle avec les comportements des habitants de l’île du roman. C'est plutôt bien vu !
Il y a beaucoup d’humour dans ce livre, j’ai beaucoup aimé le personnage de Ruth spectatrice de ce petit monde îlien. Elle a un caractère bien trempé, elle sait ce qu’elle veut. Il n’y a pas beaucoup d’actions ou de rebondissements, mais l’atmosphère iodée m’a fait passer un bon moment.
J’ai aimé les descriptions des deux îles, de sorties de pêches… J’aurais aimé venir passer un été à Fort Niles ou Port Courne.

 

Extrait : (début du livre)
A trente-deux kilomètres au large des côtes du Maine se dressent en vis-à-vis les îles de Fort Niles et de Port Courne, qui se regardent en chiens de faïence depuis la nuit des temps, chacune d’elles montant la garde face à sa rivale. Il n’y a rien d’autre aux alentours. Elles se situent au milieu de nulle part. Rocheuses, en forme de pommes de terre, elles constituent à elles seules un archipel. La découverte de ces îles jumelles sur une carte a de quoi étonner ; comme si on tombait sur deux villes jumelles dans la savane, deux campements jumeaux dans le désert, deux cabanes jumelles dans la toundra. Isolées du reste du monde, les îles de Fort Niles et de Port Courne ne sont séparées que par un filet d’eau de mer baptisé le Bon Chenal, de près de un kilomètre et demi de large, si peu profond par endroits qu’en le traversant à marée basse, même en canot, il est impératif de redoubler de prudence. A moins de savoir ce qu’on fait, et pas qu’un peu.

Uniques en leur genre, les îles de Fort Niles et de Port Courne sont si étonnamment semblables que leur créateur ne pouvait qu’être un simple d’esprit ou un génie comique.
Les deux îles, uniques sommets qui subsistent encore d’une seule et même chaîne de montagnes aujourd’hui submergée, se composent d’une strate de granit noir masquée par une couverture luxuriante de pins. Chacune mesure à peu près six kilomètres et demi de long sur trois de large et possède quelques petites criques, plusieurs nappes d’eau douce, des grèves rocheuses disséminées çà et là, une unique plage de sable, une unique colline et un seul port digne de ce nom, que l’une et l’autre dissimulent jalousement dans leur dos comme un sac de pièces d’or.
Sur chaque île se trouvent une église, une école et une grand-rue qui mène au port (baptisée dans l’un et l’autre cas « Grande-Rue »), le long de laquelle s’alignent quelques établissements publics : poste, épicerie, café. Il n’y a de route pavée sur aucune des deux îles. Les maisons s’y ressemblent beaucoup. Rien ne distingue les bateaux qui mouillent dans l’un et l’autre ports. Les îles bénéficient du même microclimat, plus doux l’hiver et plus frais l’été que dans n’importe  quelle ville du littoral, et disparaissent souvent sous une nappe de brouillard pas très rassurante. Les mêmes  espèces de fougères, d’orchidées, de champignons et de roses sauvages poussent sur les deux îles, peuplées des même types d’oiseaux, de grenouilles, de cerfs, de rats, de renards, de serpents et d’hommes.

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Challenge 6% 
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
38/42

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Animal"

50__tats
18/50 : Delaware
Ruth est envoyée faire ses études dans l'Etat du Delaware 

21 février 2012

Le cours de cuisine de l'Atelier des Chefs

  Lu dans le cadre de Masse Critique
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atelier_du_chef Hachette Pratique – septembre 2011 – 240 pages

Présentation de l'éditeur :
100 techniques indispensables pour cuisiner comme un chef et 50 recettes illustrées pour mettre en pratique ces leçons de savoir-faire culinaire. Ces cours de cuisine accessibles à tous, vous permettront d'acquérir la dextérité d'un chef accompli ! L'équipe de L'atelier des Chefs vous transmet à travers ces techniques et recettes toute son expertise et sa passion. Chaque technique, découpée en étapes précises, est illustrée de photos de pas-à-pas pour vous aider à reproduire les gestes du chef comme si vous preniez part à un cours de cuisine à l'atelier !

Mon avis : (lu en février 2012)
Le livre comprend 4 chapitres : les entremets salés, les poissons et fruits de mer, les viandes et pâtisserie. Dans chacun des chapitres, il y a une partie pour apprendre des techniques de base de la cuisine, puis des recettes pour appliquer ces techniques. Il y a même en page 4, un mode d'emploi du livre.

Les techniques ou les recettes sont décrites par étapes détaillées avec en bonus une astuce ou le conseil du chef. Et pour chaque recette ou technique, il y a une video associée sur le site www.atelierdeschefs.fr accessible facilement grâce à des tags.

En vrac, quelques exemples de techniques : tailler des légumes, réaliser un pesto, cuire un risotto, préparer des noix de Saint-Jacques, cuire des moules et des coques, paner une viande, préparer un jus de volaille, réaliser une pâte à pain, monter une crème fouettée...

Et quelques exemples de recettes proposées : Soufflé au bleu, ravioles fraîches et parfumées, paupiettes de saumon et beurre blanc, gambas en kadaïf et salade à la marocaine, carré d'agneau rôti à l'ail et compotée de poivrons rouges, poulet croustillant sauce tartare...

Je cuisine de façon plutôt instinctive, ayant appris en regardant Maman préparer les repas lorsque j'étais adolescente. J'ai trouvé ce livre très intéressant pour apprendre des techniques de cuisine que je ne possède pas. Je n'ai pas pris le temps de faire des « Travaux Pratiques » mais rien en lisant j'ai compris plutôt facilement ce qu'il fallait faire. 
Les recettes sont variées, clairement présentées et les videos très pédagogiques. 

Merci à Babelio et aux éditions Hachette Pratique pour ce partenariat.


Exemple d'un vidéo : J'ai choisi la technique de cuisine : "coucher des macarons"



19 février 2012

Les anges perdus – Jonathan Kellerman

les_anges_perdus Points .2 – novembre 2011 – 703 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) Frédéric Grellier

Titre original : True Detectives, 2009

Quatrième de couverture :
Une jeune fille disparaît à L A : un cas banal, à priori. Moe et Aaron, demi-frères ennemis, vont se retrouver tous les deux sur l'enquête. Le duo détonnant s'aventure sur des pistes qui risquent bien d'ébranler les plus hautes sphères de Hollywood... Un roman policier traduit pour la première fois en français.

Auteur : Spécialiste de psychologie enfantine, Jonathan Kellerman se tourne vers le roman policier en 1985. Son livre Le rameau brisé est couronné par l'Edgar Award du roman policier et inaugure une série qui est aujourd'hui trduite dans le monde entier. Il vit à Los Angeles avec sa femme, la romancière Faye Kellerman.

Mon avis : (lu en février 2012)
J’ai emprunté ce livre encore inédit en France à la bibliothèque en premier lieu pour tester le livre « Point 2 »
Il a fallu me résoudre à une petite adaptation dans mes habitudes :
- Au début, je ne retrouvais plus mon livre dans mon sac (qui est un peu grand...), j'ai vite résolu le problème en le glissant dans ma poche plutôt que mon sac !
- Dans ma poche, je perdais ma page, mon marque-page glissant du livre... J'ai abandonné mon marque-page habituel format (20 x 5 cm) pour un marque-page format « ticket de métro »
- Les pages sont très fines (papier Bible), elles se tournent plus difficilement, mais j'ai vite pris le coup de main.
Sinon, j'ai apprécié la petite taille du livre pour l'emporter partout, et pouvoir le sortir plus discrètement...
La typographie est identique que celle d'un livre format poche sauf pour les numéros de pages qui sont très petits. Seul point négatif : le prix... 11 euros, donc plus cher qu'un livre format poche.

Pour le fond du livre, c'est la première fois que je lisais un livre de cet auteur. Tout commence avec la disparition d'une jeune fille à Los Angelès et l'enquête que mène le policier Moe piétine depuis des mois. Son demi-frère Aaron détective privé est sollicité par l'employeur du père de la jeune fille pour rechercher également la jeune fille. Moe et Aaron sont deux demi-frères « ennemis », depuis toujours, ils ne se supportent pas... Le climat entre eux est électrique mais malgré cela ils vont arriver à mener en parallèle une enquête autour d'Hollywood et ses excès... L'intrigue du livre est plutôt bien construite avec fausses pistes, rebondissements... Malgré tout j'ai trouvé la conclusion surprenante mais peu crédible... Les deux enquêteurs Moe et Aaron sont très différents mais attachants.
En conclusion, une lecture agréable.

 

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Deux photos, pour avoir une idée de la taille du livre par rapport au format poche

Extrait : (page 26)
Vraiment, Aaron Fox comprenait M. Dmitri. Dès lors que vous aviez gagné sa confiance, il vous laissait les coudées franches.
Aaron appréciait ce genre de client.
En plus, il n'hésitait pas à sortir son carnet de chèques. Le client idéal, quoi.
Avant leur première rencontre, Aaron s'était renseigné comme à son habitude. Dans Google, il avait obtenu plusieurs dizaines de résultats pour 
« Leonid Davidovitch Dmitri », en particulier un portrait bien documenté publié par un journal économique, décrivant la réussite d'un homme parti de rien. Né à Moscou, ingénieur diplômé, Dmitri avait végété pendant quinze ans à un poste imposé par le régime communiste, chargé de mesurer le niveau sonore dans les restaurants et de pondre des rapports que personne ne lisait jamais. A trente-sept ans, il avait émigré en Israël puis aux États-Unis. Il avait enseigné les mathématiques et la physique en cours du soir aux émigrés russes. Le reste du temps, il bricolait dans sa cuisine, inventait un tas d'objets d'un intérêt limité.
Dix ans auparavant, il avait déposé un brevet pour un haut-parleur minuscule et à peine plus épais qu'une gaufrette,  qui émettait un son stéréophonique surpuissant. Idéal pour les voitures, surtout les modèles de sport haut de gamme avec leur habitacle exigu.
La Porsche customisée d'Aaron était équipée de ces petits bijoux et ça dépotait grave.
D'après l'article, la fortune de Dmitri s'élevait à deux cents millions. Aaron s'était imaginé un magnat installé à un bureau gigantesque, dans un antre époustouflant où s'entassaient les copies de Fabergé et Dieu sait quels trésors.
Au lieu de quoi il s'était retrouvé face à un petit chauve qui approchait la soixantaine. Bras courtauds, cou de taureau, visage terne comme un plat à tarte en alu, bleuté en raison d'une barbe naissante. Assis derrière un bureau en contreplaqué dans un réduit sans fenêtres, au fond d'une usine dans une zone industrielle à Sylmar. 

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Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 11/8

50__tats
15/50 : Californie (2)

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4 février 2012

Un avenir – Véronique Bizot

un_avenir Actes Sud – août 2011 – 103 pages

Quatrième de couverture : 
Paul reçoit une lettre de son frère Odd qui lui annonce qu’il " disparaît pour un temps indéterminé " et lui demande en post-scriptum s’il peut passer chez lui pour vérifier que le robinet d’un lavabo du deuxième étage de la maison familiale a bien été purgé. Malgré "un rhume colossal ", Paul, ni une ni deux, prend sa voiture et parcourt les trois cents kilomètres qui le séparent dudit robinet. 
Un avenir est l’histoire d’une grande famille, une cascade narrative, un engrenage existentiel qui, sur une intrigue faussement fluette, nous entraîne d’un triplex monégasque (où l’art animalier fait bon ménage avec le cours de l’acier) à la jungle malaise (dans l’état du Sarawak pour être précis) sans quitter le vieux canapé de la bibliothèque familiale, ou presque. Mais c’est aussi un road-trip en tracteur, une balade aux abords inquiets de l’enfance, une épique séance de natation, un caprice écossais, une vue en coupe de la neurasthénie masculine, entre autres. Véronique Bizot déploie un style irrésistible, miracles de phrases en fugue jamais alourdies par leur insondable richesse. Son univers est singulier, unique, joyeusement déroutant : la noirceur y est délicieuse parce que toujours saturée d’incongruité drolatique, de lucidité étonnée, de souriant désarroi et de métaphysique légèrement récalcitrante.

Auteur : Véronique Bizot est l'auteur de deux recueils de nouvelles, Les Sangliers (2005) et Les Jardiniers (2008) et d’un roman, Mon couronnement (2010), Véronique Bizot est, de son propre aveu, une “gentille personne affligée de la conscience du pire”.

Mon avis : (lu en février 2012)
J’ai lu ce livre sur le conseil du « Café Lecture » de la Bibliothèque.
Le narrateur Paul reçoit une lettre de son frère Odd, il lui annonce qu’il va disparaître pour un temps indéterminé et en post-scriptum il lui demande de passer chez lui vérifier que le robinet du lavabo a été purgé. Sans hésiter, Paul parcourt 300 kilomètres pour se rendre dans la demeure familiale. Mais la neige va le bloquer dans la maison et c’est l’occasion de revenir sur ses souvenirs d’enfant et de peu à peu raconter au lecteur l'histoire de sa famille, avec ses six frères et sœurs, ses parents. Il ne se passe pas grand chose, il règne dans cette maison d'enfance une atmosphère particulière...

C'est un récit court mais pas si facile à lire car les phrases sont souvent très longues, « Une fois sur place et trouvant une maison glaciale, j’ai poussé la conscience jusqu’à contrôler la totalité des robinets, après quoi j’ai allumé un feu dans la cheminée de la bibliothèque et passé là deux ou trois heures, assis avec une boîte de kleenex dans le canapé, face au fauteuil de vieux velours jaune qui avait gardé l’empreinte du corps de notre frère et dans lequel il avait probablement médité son projet de disparition, à moins qu’il n’ait été pris d’une subite impulsion, comme autrefois notre père, que nous avons connu assis en pyjama dans ce même fauteuil jusqu’à ce qu’un matin on ne l’y voie plus, ni là ni nulle part, et qu’il nous ait fallu recevoir, cinq ans plus tard, un avis de décès en provenance d’un gouvernement de Malaisie pour cesser de l’attendre. », j'ai eu du mal à entrer dans le livre, mais vu le nombre pages, j'ai persévéré et la conclusion m'a surprise...

Je ne pense pas garder un grand souvenir de ce livre, mais ayant dans ma PAL depuis plus d'un an « Mon couronnement », je n'ai pas terminé de découvrir cette auteur.  

Extrait : (début du livre)
Le mercredi notre frère m’écrivit qu’il disparaissait pour un temps indéterminé, un bref courrier posté d’une gare que j’ai reçu le jeudi, dont j’ai aussitôt transmis copie aux autres, qu’ils n’aillent pas se lancer dans d’inutiles recherches, et j’ai ensuite parcouru sous la neige, le cerveau embrouillé par un rhume colossal, les trois cents kilomètres qui séparent mon domicile du sien afin de vérifier, comme il me le demandait en post-scriptum, que le robinet d’un lavabo du second étage, à propos duquel il conservait un doute, avait bien été purgé par lui avant son départ. Une fois sur place et trouvant une maison glaciale, j’ai poussé la conscience jusqu’à 
contrôler la totalité des robinets, après quoi j’ai allumé un feu dans la cheminée de la bibliothèque et passé là deux ou trois heures, assis avec une boîte de kleenex dans le canapé, face au fauteuil de vieux velours jaune qui avait gardé l’empreinte du corps de notre frère et dans lequel il avait probablement médité son projet de disparition, à moins qu’il n’ait été pris d’une subite impulsion, comme autrefois notre père, que nous avons connu assis en pyjama dans ce même fauteuil jusqu’à ce qu’un matin on ne l’y voie plus, ni là ni nulle part, et qu’il nous ait fallu recevoir, cinq ans plus tard, un avis de décès en provenance d’un gouvernement de Malaisie pour cesser de l’attendre. Cet avis de décès avait à l’époque révolté nos sœurs, qui les a fait toutes les trois se ruer sur un atlas afin de localiser l’endroit précis et, soupçonnaient-elles, paradisiaque pour lequel notre père non seulement nous avait tous les six abandonnés après avoir vidé ses comptes bancaires, mais où, comme elles l’ont dit en martelant la péninsule malaise de leurs index, il n’avait vraisemblablement fait que couler cinq idylliques et indignes années, après quoi, refermant définitivement l’atlas, elles ont déclaré qu’il était hors de question de faire rapatrier son corps. Et si notre frère Odd, que je n’avais pas vu depuis longtemps, laissait maintenant entendre dans son courrier qu’il n’était pas certain de revenir un jour, je n’en ai pas pour autant conclu qu’il s’installait là-bas en Malaisie, bien que l’idée m’ait naturellement effleuré. Ce que j’en ai conclu, c’est qu’il nous incombait désormais d’assurer les frais d’entretien de la maison, lesquels, comme je venais de le constater en parcourant les étages, avaient à ce stade occasionné la vente d’un assez grand nombre de meubles et de tableaux. Assis face à la cheminée et voyant par les fenêtres la neige qui continuait de tomber, compromettant mon retour, je me faisais la réflexion qu’il aurait mieux valu vendre la maison au lieu d’y laisser notre frère, qui avait mené là une existence certainement effarante, bien qu’il fût le seul d’entre nous, après le mariage de deux de nos sœurs et l’internement de la troisième, à avoir déclaré vouloir y vivre. Nous savions cependant tous qu’il n’avait, à ce stade de sa vie, d’autre solution que de rester dans cette maison, laquelle ne pourrait maintenant être légalement vendue sans son accord, nous l’avions sur les bras avec ses quelque vingt pièces et le double de fenêtres, ses murs lézardés, sa toiture instable et son parc qui ne ressemblait plus qu’à un vague pâturage cerné par les orties.

Sans doute notre frère n’avait-il finalement pas supporté l’idée d’un hiver supplémentaire dans cet endroit, bien qu’il eût à l’époque prétendu avoir à son égard quantité de projets, tous appuyés par les banques locales, comme il nous l’avait affirmé avec un enthousiasme suspect. L’un de nos deux récents beaux-frères, un Suisse qui faisait commerce international de l’acier, s’était alors posément enquis de savoir à quel type de projet songeait notre frère, qui avait répondu songer notamment à un genre de maison d’hôtes, ainsi qu’à la réunion de deux salons du rez-de-chaussée, laquelle formerait une salle pour séminaires ou banquets, et nous avions tous vigoureusement hoché la tête, à l’exception de notre beau-frère qui n’avait fait que produire l’un de ses opaques sourires suisses. Malgré notre conscience que celui qui resterait vivre là était à plus ou moins brève échéance condamné au dépérissement, nous avons feint de croire que notre frère saurait s’en tirer avec cette salle de séminaires et de banquets et, après lui avoir concédé le droit d’occuper le lieu comme s’il s’agissait d’une faveur, nous l’avons laissé livré à lui-même. Et alors que le feu s’éteignait dans la cheminée et qu’étant allé rebrancher le compteur électrique j’allumais quelques lampes (et tu n’as même pas remplacé les ampoules grillées), j’en venais peu à peu à envisager qu’il soit en réalité parti se tuer quelque part. Si bien que sortant de mon portefeuille sa lettre, je l’ai relue sans y voir soudain autre chose que l’indication de son imminent suicide, en dépit de son post-scriptum prétendument préoccupé de ce robinet pour lequel il m’avait fait faire un trajet de trois cents kilomètres.

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9 février 2012

L'Art de pleurer en chœur – Erling Jepsen

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Sabine Wespieser – avril 2010 – 312 pages

Livre de Poche – mars 2011 – 320 pages

traduit du danois par Caroline Berg

Titre original : Kunsten at græde i kor, 2002

Quatrième de couverture : 
Du haut de ses onze ans, le narrateur ne saisit pas très bien les enjeux du monde des adultes dans la petite bourgade du sud du Jütland où il grandit. Mais il a remarqué que le chiffre d'affaires de l'épicerie de son père augmentait après chacune des prestations de ce dernier lors des enterrements : cet homme dépressif et taciturne a en effet un talent, celui d’émouvoir les cœurs les plus endurcis grâce à ses oraisons funèbres déchirantes. Du coup, après chaque cérémonie, l'atmosphère à la maison est plus légère. De là à provoquer une hausse du nombre des décès, il n'y a qu'un pas, vite franchi par l'imagination débridée de l'enfant… Dans ce roman grinçant et parfaitement maîtrisé, Erling Jepsen dépeint la société rurale danoise, encore repliée sur elle-même, de la fin des années 1960.

Auteur : Erling Jepsen est né en 1956 au Danemark. Dramaturge et romancier à succès dans son pays, il vit aujourd'hui à Copenhague. L'Art de pleurer en choeur, qui est paru dans de nombreux pays et a été adapté au cinéma, est le premier de ses trois romans à être traduit en français.

Mon avis : (lu en février 2012)
Fin des années 60, dans le sud du Jütland, une région rurale du Danemark, le narrateur de ce livre est un jeune garçon de 11 ans Allan qui nous raconte avec naïveté et candeur sa vie quotidienne au sein de sa famille. Son père et sa mère tiennent une épicerie qui se trouve confrontée à la concurrence des premières grandes surfaces. Le père est parfois dépressif, il cherche la reconnaissance et fait tout pour devenir un notable dans le village. Son comportement avec ses enfants est assez dérageant. La mère est assez en retrait, elle est pieuse et elle laisse faire son mari. La sœur Sanne âgée de quatorze ans est un peu rebelle, le frère aîné Azger est absent de la maison, il est parti faire des études à Copenhague.

Allan est très touchant, il voudrait que sa famille se porte bien et soit unie. Mais du haut de ses onze ans, il a des idées parfois un peu extrême pour rendre le sourire à son père ! En particulier, il a remarqué le talent d'orateur de son père pour les éloges funèbres et les conséquences bénéfiques qui en résultent pour le commerce de son père...
Le narrateur fait au lecteur certaines révélations assez troublantes sur cette famille, notre regard d'adulte décode très rapidement que l'auteur aborde des sujets graves. Ce livre oppose des situations cocasses et des situations graves, des descriptions féroces et caricaturales du milieu social danois et le regard naïf d'un enfant sur la vie des adultes.

Ce livre est une belle et originale découverte ! 
Il existe une suite à ce roman avec « Sincères condoléances », qu'à l'occasion je serai curieuse de découvrir.

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L’Art de pleurer en chœur a été adapté au cinéma dans film danois : (Kunsten at Græde i Kor) : The Art of crying de Peter Shønau Fog, apparemment non diffusé en France.

Extrait : (début du livre)
Ils ont dit un mot à la télévision, un mot que je ne comprends pas. C’est une femme qui l’a dit, lentement et en articulant bien, comme si elle voulait que tout le monde puisse suivre. C’est encore pire, parce que ce qu’elle dit ne va pas avec ce que je vois. Sinon, la télévision est drôlement chouette ; nous sommes les derniers de la rue à l’avoir eue, et en rentrant de l’école j’ai couru pendant tout le chemin. Et voilà qu’il arrive ça.
Le mot c’est habitude. Ce n’est pas un mot très long et j’ai un peu honte, parce que je viens d’avoir onze ans. Il n’y a personne pour me l’expliquer ; je suis tout seul dans le salon.
Je cours dans la cuisine et j’attends à la porte qui mène à la boutique. Maman est en train de servir quelqu’un, ça prend une éternité, mais enfin elle me rejoint.
« Habitude, dis-tu ? » Elle s’assied sur le tabouret de cuisine avec un torchon à la main ; elle réfléchit mieux quand elle a un torchon à la main. Tout en le tordant, elle regarde le plancher et puis par la fenêtre.
« Quand on fait une chose très souvent, elle finit par devenir une habitude.
- N’importe quelle chose ?
- Oui, dit-elle. »
Alors il suffit de faire quelque chose assez souvent pour que cela se transforme en une autre chose. C’est dur à comprendre. Je me demande si c’est vrai.
« Ça a un rapport avec l’eau, je lui dis - il y avait un robinet dans la télévision, quand la dame a dit ça.
- Alors je ne comprends pas, dit maman.
- Je te jure que c’est vrai ! Elle était debout à côté d’un robinet d’eau quand elle l’a dit. »
Maman tord le torchon encore une fois. Elle essaye de nouveau, cette fois avec des exemples : 
« C’est une habitude de manger du gruau d’avoine le matin, parce que c’est ce que nous mangeons tous les jours. C’est une habitude que papa parte livrer le lait, et cætera. » Mais je l’interromps :
« Ce n’est pas ça. Ça a quelque chose à voir avec l’eau, c’est sûr et certain.
- On va attendre le retour de papa, dit-elle finalement.
- Non, je veux savoir maintenant, pourquoi est-ce que tu ne le sais pas ?
- Mais si, je le sais, c’est toi qui ne me crois pas. »
C’est vrai, je ne la crois pas, pas tout à fait, maman n’est pas la bonne personne pour expliquer les mots ; elle le sait bien d’ailleurs. Sinon, pourquoi est-ce qu’elle me renverrait vers papa ? C’est parce que lui sait mieux ; les mots c’est son domaine ; il faut que je lui demande à lui. Ce qui ne me dérange pas de toute façon, parce que quand je le fais, il est content, et du coup, il est gentil avec maman, et comme ça tout va bien. C’est aussi papa qui me fait réciter mes leçons, surtout depuis que je suis passé en septième et qu’on me donne des notes. Et il lit le journal plus souvent que maman et il porte des lunettes de lecture, mais il se gratte l’oreille avec le bout du stylo et si par hasard on met le stylo dans sa bouche après, il a un goût de vieux fromage. Par contre c’est maman qui me fait dire la prière avant de me mettre au lit ; ça elle sait bien le faire. Elle voudrait bien que j’aie un ange accroché au-dessus de la tête de mon lit mais là pas question ! C’est la place de Tarzan. Il est un peu mon ange gardien, et je crois que maman le voit d’un bon œil, en tout cas elle le laisse accroché là.

Quand je lui ai demandé un soir à quoi ça servait de dire le « Notre Père », elle m’a dit que sinon je risquais de tomber du lit pendant la nuit et me faire mal. Elle a dit ça sans ciller, alors je ne lui ai plus posé la question.

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Challenge Voisins, voisines

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Danemark

Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Danemark

 Challenge Viking Lit' 
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Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Loisirs / Sport"

31 janvier 2012

Les souvenirs – David Foenkinos

les_souvenirs Gallimard – août 2011 – 272 pages

Quatrième de couverture :
« Je voulais dire à mon grand-père que je l'aimais, mais je n'y suis pas parvenu. J'ai si souvent été en retard sur les mots que j'aurais voulu dire. Je ne pourrai jamais faire marche arrière vers cette tendresse. Sauf peut-être avec l'écrit, maintenant. Je peux le lui dire, là. » 
David Foenkinos nous offre ici une méditation sensible sur la vieillesse et les maisons de retraite, la difficulté de comprendre ses parents, l'amour conjugal, le désir de créer et la beauté du hasard, au fil d'une histoire simple racontée avec délicatesse, humour, et un art maîtrisé des formules singulières ou poétiques.

Auteur : Romancier, scénariste et musicien, David Foenkinos est né en 1974. Il a publié Entre les oreilles (2002), Inversion de l’idiotie (2002), Le potentiel érotique de ma femme (2004) et Qui se souvient de David Foenkinos ? (2007), Nos séparations (2008), La délicatesse (2009).

 

Mon avis : (lu en janvier 2012)
Je découvre enfin David Foenkinos avec ce livre qui évoque les souvenirs et le temps qui passe.
Le narrateur travaille comme veilleur de nuit dans un hôtel. Tout commence avec la mort de son grand-père. Le narrateur se souvient alors des moments partagés ensemble et regrette de ne pas avoir su lui dire qu'il l'aimait. Il va donc se rapprocher de sa grand-mère qui est maintenant seule et qui va bientôt être obligé d'aller en maison de retraite. Régulièrement, il vient la voir, la distrait, l'emmène se promener. A la même époque son père et sa mère se retrouvent à la retraite, cette nouvelle situation les déstabilise l'un et l'autre.
Avec beaucoup de sensibilité et de justesse, David Foenkinos nous entraîne sur le chemin des souvenirs, ceux de ses personnages mais aussi nos propres souvenirs avec nos grand-parents, nos parents... J'ai été touchée par ce livre nostalgique mais également plein de tendresse sans oublier les petites touches d'humour, c'est comme si on feuilletait un vieil album de photos en noir et blanc ou en couleurs.
Ce livre se lit très facilement, il est constitué de chapitres très courts où alternent les réflexions du narrateur, ses souvenirs mais également les souvenirs des personnages du livre.

Et maintenant, je compte bien très prochainement découvrir le titre le plus populaire de David Foenkinos « La délicatesse » !

D'autres avis : avec Stephie, AlphieSD49Valérie

Extrait :(début du livre)

Il pleuvait tellement le jour de la mort de mon grand-père que je ne voyais presque rien. Perdu dans la foule des parapluies, j'ai tenté de trouver un taxi. Je ne savais pas pourquoi je voulais à tout prix me dépêcher, c'était absurde, à quoi cela servait de courir, il était là, il était mort, il allait à coup sûr m'attendre sans bouger. 

Deux jours auparavant, il était encore vivant. J'étais allé le voir à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre, avec l'espoir gênant que ce serait la dernière fois. L'espoir que le long calvaire prendrait fin. Je l'ai aidé à boire avec une paille. La moitié de l'eau a coulé le long de son cou et mouillé davantage encore sa blouse, mais à ce moment-là il était bien au-delà de l'inconfort. Il m'a regardé d'un air désemparé, avec sa lucidité des jours valides. C'était sûrement ça le plus violent, de le sentir conscient de son état. Chaque souffle s'annonçait à lui comme une décision insoutenable. Je voulais lui dire que je l'aimais, mais je n'y suis pas parvenu. J'y pense encore à ces mots, et à la pudeur qui m'a retenu dans l'inachèvement sentimental. Une pudeur ridicule en de telles circonstances. Une pudeur impardonnable et irrémédiable. J'ai si souvent été en retard sur les mots que j'aurais voulu dire. Je ne pourrai jamais faire marche arrière vers cette tendresse. Sauf peut-être avec l'écrit, maintenant. Je peux lui dire, là. 

Assis sur une chaise à côté de lui, j'avais l'impression que le temps ne passait pas. Les minutes prétentieuses se prenaient pour des heures. C'était lent à mourir. Mon téléphone a alors affiché un nouveau message. Je suis resté en suspens, plongé dans une fausse hésitation, car au fond de moi j'étais heureux de ce message, heureux d'être extirpé de la torpeur, ne serait-ce qu'une seconde, même pour la plus superficielle des raisons. Je ne sais plus vraiment quelle était la teneur du message, mais je me rappelle avoir répondu aussitôt. Ainsi, et pour toujours, ces quelques secondes insignifiantes parasitent la mémoire de cette scène si importante. Je m'en veux terriblement de ces dix mots envoyés à cette personne qui n'est rien pour moi. J'accompagnais mon grand-père vers la mort, et je cherchais partout des moyens de ne pas être là. Peu importe ce que je pourrai raconter de ma douleur, la vérité est la suivante : la routine m'avait asséché. Est-ce qu'on s'habitue aux souffrances ? Il y a de quoi souffrir réellement, et répondre à un message en même temps. 

Ces dernières années n'avaient été pour lui qu'une longue déchéance physique. Il avait voyagé d'hôpital en hôpital, de scanner en scanner, dans la valse lente et ridicule des tentatives de prolonger notre vie moderne. A quoi ont rimé tous ces derniers trajets en forme de sursis ? Il aimait être un homme ; il aimait la vie ; il ne voulait pas boire avec une paille. Et moi, j'aimais être son petit-fils. Mon enfance est une boîte pleine de nos souvenirs. Je pourrais en raconter tellement, mais ça n'est pas le sujet du livre. Disons que le livre peut commencer ainsi, en tout cas. Par une scène au jardin du Luxembourg où nous allions régulièrement voir Guignol. On prenait le bus, on traversait tout Paris, ou peut-être ne s'agissait-il que de quelques quartiers, mais ça me paraissait démesurément long. C'était une expédition, j'étais un aventurier. Comme tous les enfants, je demandais à chaque minute : 
« On arrive bientôt ? 
- Oh, que non ! Guignol est au bout de la ligne », répondait-il systématiquement. 
Et pour moi, le bout de cette ligne avait le goût du bout du monde. Il regardait sa montre pendant le trajet, avec cette inquiétude calme des gens qui sont toujours en retard. On courait pour ne pas rater le début. Il était excité, tout autant que moi. Il aimait forcément la compagnie des mères de famille. Je devais dire que j'étais son fils, et non son petit-fils. Au-delà de la limite, le ticket pour Guignol était toujours valable. 

Il venait me chercher à l'école, et ça me rendait heureux. Il était capable de m'emmener au café, et j'avais beau sentir la cigarette le soir, face à ma mère il niait l'évidence. Personne ne le croyait, et pourtant il avait ce charme énervant de ceux à qui l'on ne reproche jamais rien. Toute mon enfance, j'ai été émerveillé par ce personnage joyeux et facétieux. On ne savait pas très bien ce qu'il faisait, il changeait de métier tout le temps, et ressemblait plus à un acteur qu'à un homme ordinaire. Il avait été tour à tour boulanger, mécanicien, fleuriste, peut-être même psychothérapeute. Après l'enterrement, ceux de ses amis qui avaient fait le déplacement m'ont raconté de nombreuses anecdotes, et j'ai compris qu'on ne connaît jamais vraiment la vie d'un homme. 


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18 janvier 2012

Cadavre exquis – Pénélope Bagieu

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Quatrième de couverture :
Quelle vie ! Potiche d'accueil dans les foires et salons, Zoé endure le soir un mec chômeur qui dort en chaussettes. Jusqu'à ce qu'elle croise la route de Thomas, écrivain à succès en manque d'inspiration. Par l'auteur de Ma vie est tout à fait fascinante et de Joséphine, une histoire d'amour et d'ambition... à l'héroïne inoubliable.

Auteur : Pénélope Bagieu est née à Paris en 1982. En 2006, diplômée de l'Ecole nationale supérieure des arts décoratifs, elle réalise le court métrage Fini de rire avant de créer en 2007 un blog dessiné, Ma vie est tout à fait fascinante. Elle y expose sa vie quotidienne avec un humour et une grâce qui touchent les internautes. La publication d'un livre prolonge cet engouement. Se succèdent ensuite couvertures de romans, illustrations pour l'édition et campagnes publicitaires. Entre 2008 et 2010, elle regroupe les aventures de Joséphine en trois volumes. Cadavre exquis, publié en 2010, est son premier long récit.

Mon avis : (lu en janvier 2012)
J'avais découvert Pénélope Bagieu avec L'intégrale de Joséphine reprenant les chroniques de son blog.
Avec Cadavre exquis, c'est une histoire complète.
Zoé travaille comme hôtesse d'accueil dans les foires et salons. Elle ne supporte plus ce travail de potiche. Un jour, elle rencontre Thomas Rocher un écrivain en panne d'inspiration et sa vie va changer.
Voilà une bande dessinée pleine d'humour avec une intrigue plutôt bien construite mais assez peu crédible avec des surprises et des rebondissements. Une lecture sympathique.

Extrait :

 cadavre_exquis_1    cadavre_exquis_2

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Déjà lu du même auteur :

 

12 janvier 2012

Quelques jours avec un menteur – Étienne Davodeau

Quelques_Jours_Avec_Un_Menteur Delcourt – septembre 1997 – 176 pages

Quatrième de couverture :
C'est l'histoire de cinq vieux copains. Ils viennent de passer la trentaine, ils s'accordent huit jours de vacances au grand air pour faire le point sur leurs existences respectives. Bon, pour être franc, il s'agit surtout de passer une semaine à bâfrer et à rigoler. Mais ces vacances ne vont pas se dérouler comme prévu. Qui est le menteur ?

Auteur  : Étienne Davodeau, 42 ans, vit en Anjou.
En 1985, après des études d'arts plastiques à Rennes, et la création du studio BD Psurde, il publie chez Dargaud la trilogie « Les Amis de Saltiel », puis Le Constat. Puis, chez Delcourt, Quelques Jours avec un menteur, Le Réflexe de survie, et trois polars : La Gloire d'Albert, Anticyclone et Ceux qui t'aiment.
En 2001 il réalise Rural !, véritable reportage, où il confirme son choix peu fréquent en bande dessinée d'inscrire le monde réel au cœur de son travail.
Il s'intéresse aussi à la bande dessinée pour enfants (il scénarise « Les Aventures de Max & Zoé », dessin de Joub, 5 titres parus). Il réalise, avec David Prudhomme au dessin, l'adaptation en bande dessinée de l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles.
Après avoir publié dans la collection Aire Libre de chez Dupuis Chute de vélo (Prix des libraires spécialisés 2005), il revient au reportage-documentaire avec Les Mauvaises Gens, qui reçoit le Grand prix 2005 de la critique, le Prix France Info, puis à Angoulême le Prix du Scénario et le Prix du Public. Enfin, avec Kris, il met en images dans Un homme est mort les manifestations ouvrières à Brest en 1950, l'assassinat d un militant par les forces de l'ordre, et le destin fabuleux du film que le cinéaste René Vautier avait tourné en ces circonstances.
Novembre 2008 : Parution du premier tome de Lulu, femme nue chez Futuropolis.

Mon avis : (lu en janvier 2012)
C'est l'histoire de cinq copains qui partent ensemble en vacances pendant une semaine dans un chalet isolé. Ils ont laissé derrière eux leurs vies, famille, travail, enfants... Il y a Victor avec une bonne situation et une belle voiture, Jean-Jean le père de famille modèle, Dominique l'homme de gauche, Charlie l'intello et Phil un peu bohème, n'ayant pas fait grand chose de sa vie.
Ils profitent de leur semaine pour bien manger, pour lire ou faire de longues promenades, le soir c'est tournoi de dames... Le lecteur va finir par comprendre quel est le sens du titre de la BD mais pour ma part, le mystère entretenu durant de nombreuses pages n'est pas à la hauteur de mes espérances...
J'ai trouvé cette lecture sympathique mais sans plus. Ce n'est pas une bande dessinée d'Étienne Davodeau dont je garderai longtemps le souvenir.

Extrait :

QuelquesJoursAvecUnMenteur_1

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Déjà lu du même auteur :

lulu_femme_nue_tome1  Lulu Femme Nue : 1er livre lulu_femme_nue_tome2 Lulu Femme Nue : 2ème livre
rural Rural ! Chronique d'une collision politique
chute_de_velo Chute de vélo  un_homme_est_mort Un homme est mort
les_mauvaises_gens Les Mauvaises gens

15 janvier 2012

Le Monde du bout du monde – Luis Sepúlveda

Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : MONDE

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Éditions Métailié – mai 2005 – 131 pages

Points – janvier 2010 – 122 pages

traduit de l’espagnol (Chili) par François Maspero

Titre original : El Mundo del fin del Mundo, 1989

Quatrième de couverture :
Encore émerveillé par la lecture précoce de Moby Dick et son périple de jeunesse sur les mers antarctiques, un journaliste chilien repart à l'aventure. Aux côtés du capitaine Nilssen, il sillonne cet océan légendaire, traverse les fjords enneigés, dépasse les récifs du cap Horn. Croisant les baleines majestueuses qui tentent d’échapper à la pêche industrielle, il s’en prend aux nouveaux pirates du sud de la Patagonie...

Auteur : Luis Sepúlveda est né au Chili en 1949. Ses best-sellers sont traduits dans le monde entier, Le Vieux qui lisait des romans d’amour, Journal d’un tueur sentimental et Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre.

Mon avis : (lu en janvier 2011)
Ce livre est un récit maritime empreint de beaucoup de poésie et de sensibilité.
Ayant lu Moby Dick avec émerveillement, à l’âge de 16 ans un jeune garçon embarque comme mousse à bord de L’Evangéliste durant ses vacances. Il fait la rencontre de "Le Basque", un grand chasseur de baleine, et de don Pancho son harponneur. Mais en assistant à la capture d'un cachalot dans le détroit de Magellan, il comprend que la chasse à la baleine n'est pas sa vocation.
Vingt ans plus tard, le jeune garçon est devenu journaliste à Hambourg, il est proche de la cause écologique. Il est de retour au Chili pour une enquête sur le mystérieux naufrage d'un baleinier industriel japonais. En peu de pages,
Luis Sepúlvedanous fait faire un très beau voyage 
au bout du monde et où se mêle des légendes de pirates, des souvenirs de chasses à la baleine et des enjeux écologiques, politiques et économiques...

Un grand Merci à Thiphanie qui m'a offert ce livre lors du Swap Une Vague Bleue  organisé par Valérie

Extrait : (page 15)
J'étais très jeune alors, presque un enfant, et je rêvais aux aventures qui m'ouvriraient la voie d'une vie loin de l'ennui et de l'abrutissement.
Je n'étais pas seul dans mes rêves. J'avais un Oncle, oui un Oncle avec une majuscule. Mon Oncle Pepe, dont le caractère tenait davantage de ma grand-mère basque, l'indomptable, que de mon grand-père andalou, le pessimiste. Mon Oncle Pepe. Volontaire dans les Brigades internationales pendant la guerre civile espagnole. Une photo qui le représentait à côté d'Ernest Hemingway était l'unique patrimoine dont il s'enorgueillissait, et il ne cessait de me répéter qu'il fallait trouver le chemin et se mettre en route.
Faut-il ajouter que l'Oncle Pepe était la brebis galeuse de la famille et que, plus je grandissais, plus nos rencontres se faisaient clandestines ?
C'est de lui que j'ai reçu mes premiers livres, ceux qui m'ont fait connaître des écrivains que je n'oublierai jamais ; Jules Verne, Emilio Salgari, Jack London.
C'est de lui que j'ai reçu une histoire qui a marqué ma vie : Moby Dick, d'Herman Melville.
J'ai lu ce livre à quatorze ans et, à seize, je n'ai pas pu résister davantage à l'appel du Sud.
Au Chili, les vacances d'été durent de la mi-décembre à la mi-mars. D'autres lectures m'avaient appris que de petites flottes de baleiniers mouillaient aux confins continentaux du cercle antarctique, et je brûlais d'impatience de connaître ces hommes que j'imaginais les héritiers du capitaine Achab.

Challenge Objectif PAL Swap
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Géographie"

 

20 décembre 2011

Baby Challenge Drame - Livr@ddict 2012

Un nouveau Baby Challenge  pour moi pour 2012

Le but du "baby-challenge" est de lire le plus possible de livres de chacune des listes :

drame

Baby Challenge - Drame  Livraddict : 12/20 déjà lus 

1 - Elle s'appelait Sarah - Tatiana de Rosnay
2 -
Les cerfs-volants de Kaboul - Khaled Hosseini
3 - Le Comte de Monte-Cristo, tome 1 de Alexandre Dumas
4 - La Voleuse de livres - Markus Zusak
5 - Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur - Harper Lee

6 - Là où j'irai - Gayle Forman
7 - Neige - Maxence Fermine

8 - La Jeune Fille à la perle - Tracy Chevalier
9 - Le Temps n'est rien / De toute éternité de Audrey Niffenegge
10 - Ne t'inquiète pas pour moi de Alice Kuipers
11 - L'Attentat - Yasmina Khadra
12 - PS : I love you de Cecelia Ahern
13 - Le Parfum de Patrick Süskind
14 - Le maître des illusions de Donna Tartt
15 - Le procès de Franz Kafka
16 - Le Liseur - Bernhard Schlink
17 - L'Homme qui voulait être heureux - Laurent Gounelle
18 - Junk de Melvin Burgess
19 - L'homme qui voulait vivre sa vie - Douglas Kennedy
20 - Le Vieil homme et la Mer - Ernest Hemingway

Médaille en chocolat à 8/20
Médaille de bronze à 12/20

Médaille d'argent à 16/20
Médaille d'Or à 20/20

27 décembre 2011

La vie devant soi - Emile Ajar (Romain Gary)

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Mercure de France – septembre 1975 – 269 pages

France Loisirs - 1975 – 274 pages

Folio – mars 1982 – 273 pages

Belin - novembre 2002 -

Belin – août 2009 -

Prix Goncourt 1975

Quatrième de couverture :
Entre Madame Rosa et Momo, c'est un amour maternel qui ne passerait pas par les liens du sang, c'est l'amitié entre les peuples juif et arabe, c'est le poids de l'Histoire allégé par l'appétit de vivre. Le roman se passe à Belleville, vingtième arrondissement de Paris, sixième étage sans ascenseur. Momo a dix ans, peut-être quatorze en réalité. Cela fait beaucoup de chiffres pour un môme qui réinvente le dictionnaire et a le sens de la maxime : " Je pense que pour vivre, il faut s'y prendre très jeune, parce qu'après on perd toute sa valeur et personne ne vous fera de cadeaux. " Lisez, vous serez touchés par les mots de Momo.

Auteur : Romain Gary, de son vrai nom Roman Kacew, est un romancier français, d'origine juive ashkénaze, de langue française et de langue anglaise. Il naît le 8 mai 1914 à Vilnius (Lituanie), alors dans l'empire russe. Après la séparation de ses parents, il arrive avec sa mère en France, à Nice, à l'âge de 14 ans. Il étudie le droit à Paris. Naturalisé français en 1935, il est appelé au service militaire pour servir dans l'aviation où il est incorporé en 1938. Engagé dans les Forces Aériennes Françaises Libres, durant la Seconde Guerre mondiale, Roman prend le pseudonyme de Gary comme nom de résistant. Décoré commandeur de la Légion d'honneur à la fin de la guerre, il embrasse la carrière diplomatique en 1945. Cette même année, paraît son premier roman L'Éducation européenne. Pendant sa carrière diplomatique, il écrit de nombreuses œuvres, dont le roman Les racines du ciel, pour lequel il reçoit le Prix Goncourt en 1956. Il quitte le Quai d'Orsay en 1961, après avoir représenté la France en Bulgarie, en Suisse, en Bolivie, aux États-Unis.
Désireux de surprendre et se renouveler, Romain Gary utilise, tôt dans sa carrière littéraire, des pseudonymes. Ainsi, publie-t-il L'Homme à la colombe, sous le nom de Fosco Sinibaldi, en 1958. Dans les années 1970, il utilise à la fois les noms de Romain Gary, de Shatan Bogat et d'Emile Ajar.
Cas unique dans l'histoire du Prix Goncourt, il en fut double récipiendaire, en 1956 pour Les Racines du ciel et en 1975 pour La vie devant soi sous le nom d’Émile Ajar.
Romain Gary se suicide et meurt le 2 décembre 1980 à Paris.

Mon avis : (relu en décembre 2011)
Le narrateur Momo est âgé d'une dizaine d'année, fils d'une prostituée, il a été accueilli par Madame Rosa, une vieille femme juive, ancienne prostituée, devenue nourrice pour enfants de prostituées.
Momo se sent de plus en plus impuissant devant la lente et pitoyable déchéance de Madame Rosa dont la santé décline. Avec l'aide les résidents du quartier, il va tout faire pour garder sa nounou en vie.
C'est une magnifique histoire d'amour racontée par Momo avec toute sa fraîcheur et sa simplicité d'enfant. Une histoire poignante qui nous fait découvrir les quartiers déshérités de Paris des années soixante et où se côtoient les difficultés économiques mais aussi la solidarité.
L'histoire est poignante et émouvante avec malgré tout de nombreux passages plein d'humour. A lire sans hésiter !

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Le roman a été adapté au cinéma par Moshé Mizrahi en 1977 avec Simone Signoret (César de la meilleure actrice en 1978) dans le rôle de Madame Rosa. Le film est très fidèle au livre et j'ai été beaucoup émue par l'un et l'autre.

Ce roman a été adapté au théâtre par Xavier Jaillard en 2008 dans une mise en scène de Didier Long et avec Myriam Boyer, Aymen Saïdi, Xavier Jaillard, et Magid Bouali dans les rôles principaux. Cette pièce de théâtre a été récompensée la même année du Molière de la comédienne, Molière du meilleur spectacle du théâtre privé et du Molière de la meilleure adaptation.

Extrait : (début du livre)
La première chose que je peux vous dire c'est qu'on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu'elle portait sur elle et seulement deux jambes, c'était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines. Elle nous le rappelait chaque fois qu'elle ne se plaignait pas d'autre part, car elle était également juive. Sa santé n'était pas bonne non plus et je peux vous dire aussi dès le début que c'était une femme qui aurait mérité un ascenseur.
Je devais avoir trois ans quand j'ai vu Madame Rosa pour la première fois. Avant, on n'a pas de mémoire et on vit dans l'ignorance. J'ai cessé d'ignorer à l'âge de trois ou quatre ans et parfois ça me manque.
Il y avait beaucoup d'autres Juifs, Arabes et Noirs à Belleville, mais Madame Rosa était obligée de grimper les six étages, seule. Elle disait qu'un jour elle allait mourir dans l'escalier, et tous les mômes se mettaient à pleurer parce que c'est ce qu'on fait toujours quand quelqu'un meurt. On était tantôt six ou sept tantôt même plus là-dedans.
Au début, je ne savais pas que Madame Rosa s'occupait de moi seulement pour toucher un mandat à la fin du mois. Quand je l'ai appris, j'avais déjà six ou sept ans et ça m'a fait un coup de savoir que j'étais payé. Je croyais que Madame Rosa m'aimait pour rien et qu'on était quelqu'un l'un pour l'autre. J'en ai pleuré toute une nuit et c'était mon premier grand chagrin.
Madame Rosa a bien vu que j'étais triste et elle m'a expliqué que la famille ça ne veut rien dire et qu'il y en a même qui partent en vacances en abandonnant leurs chiens attachés à des arbres et que chaque année il y a trois mille chiens qui meurent ainsi privés de l'affection des siens. Elle m'a pris sur ses genoux et elle m'a juré que j'étais ce qu'elle avait de plus cher au monde mais j'ai tout de suite pensé au mandat et je suis parti en pleurant. Je suis descendu au café de Monsieur Driss en bas et je m'assis en face de Monsieur Hamil qui était marchand de tapis ambulant en France et qui a tout vu.
Monsieur Hamil a de beaux yeux qui font du bien autour de lui. Il était déjà très vieux quand je l'ai connu et depuis il n'a fait que vieillir.
- Monsieur Hamil, pourquoi vous avez toujours le sourire ?
- Je remercie ainsi Dieu chaque jour pour ma bonne mémoire, mon petit Momo. Je m'appelle Mohammed mais tout le monde m'appelle Momo pour faire plus petit.
- Il y a soixante ans, quand j'étais jeune, j'ai rencontré une jeune femme qui m'a aimé et que j'ai aimée aussi. Ça a duré huit mois, après, elle a changé de maison, et je m'en souviens encore, soixante ans après. Je lui disais : je ne t'oublierai pas. Les années passaient, je ne l'oubliais pas. J'avais parfois peur car j'avais encore beaucoup de vie devant moi et quelle parole pouvais-je donner à moi-même, moi, pauvre homme, alors que c'est Dieu qui tient la gomme à effacer ? Mais maintenant, je suis tranquille. Je ne vais pas oublier Djamila. Il me reste très peu de temps, je vais mourir avant.
J'ai pensé à Madame Rosa, j'ai hésité un peu et puis j'ai demandé :
- Monsieur Hamil, est-ce qu'on peut vivre sans amour ?
Il n'a pas répondu. Il but un peu de thé de menthe qui est bon pour la santé. Monsieur Hamil portait toujours une jellaba grise, depuis quelque temps, pour ne pas être surpris en veston s'il était appelé. Il m'a regardé et a observé le silence. Il devait penser que j'étais encore interdit aux mineurs et qu'il y avait des choses que je ne devais pas savoir. En ce moment je devais avoir sept ans ou peut-être huit, je ne peux pas vous dire juste parce que je n'ai pas été daté, comme vous allez voir quand on se connaîtra mieux, si vous trouvez que ça vaut la peine.

Lu dans le cadre du Baby Challenge Contemporain 2011
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Baby Challenge - Contemporain Livraddict :
14/20 déjà lus Médaille de bronze

18 décembre 2011

Dans les coulisses du Musée – Kate Atkinson

Lecture Commune
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avec Valérie 

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Éditions de Fallois – septembre 1996 – 348 pages

Livre de Poche – septembre 1998 – 410 pages

traduit de l'anglais par Jean Bourdier

Titre original : Behind the scenes at the Museum, 1995

Quatrième de couverture :
Dès l'instant précis de sa conception, une nuit de 1951, la petite Ruby Lennox a commencé à voir, à comprendre, à sentir. En particulier, elle sait qu'on se serait bien passé d'elle... Et la voilà qui entreprend de nous raconter, avec un humour et une lucidité féroces, dévastateurs, son histoire, celle de ses parents George et Bunty, petits boutiquiers d'York, de ses sœurs, de toute une famille anglaise moyenne - mais assurément pas ordinaire. Mieux encore : Ruby remonte dans le passé. Si bien qu'à l'Angleterre des années cinquante et soixante se mêlent les images de tout le siècle, de deux guerres mondiales qui ont bouleversé des destinées. Dès sa parution en Angleterre, ce premier roman de Kate Atkinson a été salué comme un chef-d'œuvre, pour la subtilité de sa construction, la verve irrésistible de son écriture. Il a obtenu le prix Whitbread 1996, battant au dernier tour Salman Rushdie. En France, la rédaction de Lire l'a élu meilleur livre de l'année.

Auteur : Kate Atkinson est entrée dans la littérature par la grande porte, en 1996, avec un roman fascinant qui ne ressemblait à rien de connu, Dans les coulisses du musée, qui obtint le Prix Whitbread en Grande-Bretagne et le Prix du Meilleur Livre de l’année en France (« Lire »). Elle a publié depuis quatre autres romans : Dans les replis du temps (1998), Sous l’aile du bizarre (2000), La Souris bleue (2004) qui a obtenu le Prix Westminster du roman anglais, Les choses s’arrangent, mais ça ne va pas mieux (2006), et un recueil de nouvelles : C’est pas la fin du monde (2003). Best-seller en Grande-Bretagne, elle a connu en France des critiques élogieuses et un large public. Elle vit actuellement à Édimbourg.

Mon avis : (lu en décembre 2011)
J'ai ce livre dans ma PAL depuis un certain temps aussi lorsqu'il y a quelques jours, Valérie m'a proposée une lecture commune c'était l'occasion parfaite de le lire.
Ce livre captivant nous plonge dans le quotidien d'une famille modeste anglaise à travers le regard de Ruby, la petite dernière. Année par année, Ruby nous raconte sa vie et celle de sa famille depuis le jour de sa conception, avec de l'humour mais aussi de l'émotion.
Ruby observe sa famille et nous raconte ce qu'elle comprend ou perçoit de la part des uns ou des autres. Elle a un ton direct, sans concession. Le lecteur est captivé, il n'a de cesse de découvrir la suite de cette histoire de famille qui cache quelques secrets...
Je me suis immergée avec beaucoup de plaisir dans cette histoire de famille où il y a de nombreux personnages de différentes générations et sans oublier des flash-back dans les annexes de chaque chapitre.
C'est le deuxième livre que je lis de Kate Atkinson et je l'ai autant apprécié que le premier, je regrette mêm de ne pas l'avoir sorti de ma PAL plus tôt !

Allons voir maintenant ce qu'a pensé Valérie de ce livre.

Extrait : (début du livre)
Ça y est j’existe ! Je suis conçue alors que minuit sonne à la pendule posée sur la cheminée, dans la pièce de l'autre côté du vestibule. La pendule a appartenu autrefois à mon arrière-grand-mère (une femme nommée Alice) et c'est sa sonnerie fatiguée qui salue mon entrée dans le monde. Ma fabrication commence au premier coup de minuit et s’achève au dernier, au moment où mon père se retire de ma mère, roule de côté et se retrouve subitement plongé dans un sommeil sans rêve grâce aux cinq pintes de bière John Smith qu’il a bues au Bol-de-Punch, avec ses amis Walter et Bernard Belling. Lorsque j’ai été arrachée au néant, ma mère faisait semblent de dormir – comme elle le fait souvent en ces circonstances. Mais mon père a la santé et il ne se laisse pas décourager pour autant.
Mon père s'appelle George, et il a dix bonnes années de plus que ma mère, qui ronfle maintenant, le nez dans l'oreiller voisin. Ma mère a pour nom Berenice, mais tout le monde l'a toujours appelée Bunty.
« Bunty » ne me semble pas un nom très adulte. Ne serait-il pas préférable pour moi d'avoir une mère avec un autre prénom ? Un prénom tout simple comme Jane, ou très maternel comme Mary ? Ou bien quelque chose de romantique, quelque chose faisant un peu moins penser aux illustrés pour adolescentes sportives – Aurore, par exemple, ou Camille ? Trop tard maintenant. Le nom de Bunty va, bien sûr, être « Maman » pour les quelques années à venir, mais, au bout d'un certain temps, il ne restera plus aucune dénomination maternelle (maman, m'man, man, mama, ma, mmm) paraissant appropriée, et je renoncerai plus ou moins à l'appeler de quelque nom que ce soit. Pauvre Bunty !

Déjà lu du même auteur :

a_quand_les_bonnes_nouvelles_p A quand les bonnes nouvelles ?

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne, Écosse

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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4 décembre 2011

Cent ans – Herbjørg Wassmo

cent_ans Gaïa – février 2011 – 557 pages

traduit du norvégien par Luce Hinch

Titre original : Hundre År, 2009

Quatrième de couverture :
Cent ans retrace la vie de plusieurs générations de femmes. Celle de Sara Susanne, de sa fille Elida, et de sa petite-fille, Hjørdis. On y découvre les hommes qu'elles ont voulus, ceux qu'elles ont eus et les nombreux enfants auxquels elles ont donné naissance. La petite Herbjørg, elle, appartient à la quatrième génération de la famille. Son histoire est celle d'une fillette qui se cache dans une grange pour échapper à son regard à lui. Elle possède un carnet et un crayon jaune qu'elle taille avec un petit canif. Sa seule issue est d'écrire pour mieux gommer les embûches trop tôt tendues par la vie. Et filer vers l'avenir comme on grimpe aux arbres pour approcher les oiseaux.

Auteur : Herbjørg Wassmo est née en 1942, dans le nord de la Norvège. Ses romans et nouvelles sont empreints de l'atmosphère de ces régions septentrionales. Auteur notamment de sagas flamboyantes telles que Le livre de Dîna, son œuvre a été récompensée par de nombreux prix.

Mon avis : (lu en décembre 2011)
J'aime beaucoup les couleurs de la couverture de ce livre. C'est le premier livre que je lis de Herbjørg Wassmo. J'avais envie de découvrir cette auteur que j'avais aperçu au Salon du Livre de Paris en mars dernier.
A travers les portraits de Sara, Elida, Hjørdis et Herbjørg (l'auteur elle-même), le livre retrace la vie de 4 générations de femmes de 1860 à 1960 dans les Iles Lofoten au Nord de la Norvège. Le lecteur est plongé dans l'histoire de la Norvège et de la femme sous plusieurs aspects et époques.
Le livre est divisé en six cahiers, chacun évoque une époque, mais pas toujours chronologiquement et c'est Herbjørg la narratrice de chaque premier chapitre de chaque cahier.
Chaque cahier du roman se lit facilement, le lecteur est porté par l'histoire, par l'ambiance des lieux, de l'époque. Mais il manque dans le livre un arbre généalogique pour se retrouver avec tous les personnages rencontrés, en particulier lorsque l'on passe d'une génération à une autre... Surtout que les familles sont très nombreuses !Sinon, j'ai beaucoup aimé ce livre, la Norvège y est décrite magnifiquement, toutes ces femmes sont attachantes et les histoires sont poignantes et captivantes. Je suis vraiment ravie d'avoir découvert cette auteur. Ayant d'elle un autre livre dans ma PAL Swap (Le livre de Dina, t1 offert par Pickwick), je me réjouie de la retrouver très prochainement.

D'autres avis enthousiastes chez Kathel, Papillon, Stéphie, Clara, Dominique.

Extrait : (début du livre)
La honte. Pour moi, c’est au cœur du problème. La honte, j'ai toujours essayé de la camoufler, de l'esquiver ou d'y échapper. Écrire des livres est en soi une honte difficile à cacher puisqu'elle est documentée de manière irréfutable. La honte y trouve son format pour ainsi dire.
Durant mon enfance et mon adolescence à Vesterålen, je tiens un journal dont le contenu est terrifiant. Si éhonté qu'il ne doit tomber sous les yeux de personne. Les cachettes sont diverses, mais la première est dans l'étable vide de la ferme que nous habitons. Sur une solive que je peux atteindre par une trappe aménagée dans le plancher et qui servait autrefois à évacuer le fumier. L'étable devient en quelque sorte un lieu d'asile. Vide. A part les poules. Et j'ai pour tâche de leur donner à manger.
Assise dans une stalle, sur un tabouret poussiéreux, sous une fenêtre encore plus poussiéreuse, j'écris avec un crayon au corps jaune et octogonal. Pour le tailler, j'utilise un couteau à gaine. La couverture de mon carnet de notes est jaune aussi. Celui-ci est petit. Un peu plus haut que la longueur de ma main. Je l'ai acheté à la boutique de Renøs, à Smedvika, avec mon propre argent – et je sais exactement à quoi il va me servir.

Ici, dans l'étable, je me sens en sécurité. Jusqu'au jour où il y découvre ma présence. Bien des années plus tard, j'ai compris à quel point un journal peut être dangereux. Mais j'en ai probablement déjà l'intuition, assise là sur mon tabouret. C'est pourquoi je suis muette et cachotière. Je rassemble mes carnets de notes dans un sac en toile cirée, fermé par un solide cordon que j'accroche à un clou sous le plancher. Un dispositif bien pratique et tout à fait nécessaire en l'occurrence, car il souffle un fort courant d'air entre les portes mal jointes de la cave à fumier.
Un dimanche matin, il fait son entrée dans l'étable. Je pense à me sauver mais il bouche l'entrée. Je dissimule le carnet en le faisant glisser dans ma botte avant même qu'il ne s'en rende compte. Ce n'est pas non plus le carnet qui l'intéresse, car il ignore encore ce que je peux bien trouver à écrire.

 

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Norvège

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Norvège

 
22 novembre 2011

Veuf – Jean-Louis Fournier

veuf Stock – octobre 2011 – 160 pages

Quatrième de couverture :
« Je suis veuf, Sylvie est morte le 12 novembre.
C’est bien triste.
Cette année on n’ira pas faire les soldes ensemble. »

Auteur : Jean-Louis Fournier est l’auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Grammaire française et impertinente, Il a jamais tué personne, mon papa, Le CV de Dieu, Poète et paysan… Il a reçu le prix Femina 2008 pour Où on va, papa ?

Mon avis : (lu en novembre 2011)
Ce livre est une merveilleuse déclaration d'amour de Jean-Louis Fournier pour sa femme Sylvie. Cette dernière est décédée le 12 novembre 2010, Jean-Louis a perdu sa moitié et il évoque leur quarante ans de vie commune avec son ton à la fois tendre et drôle.
« Tu as été ma plus belle qualité, j'espère ne pas avoir été ton plus gros défaut. »
Ce livre est à la fois triste et émouvant, il nous parle de son quotidien, de sa solitude, du silence de la maison, du manque qu'il ressent...
« Depuis que tu es partie, j'ai pu compter jusqu'à sept millions neuf cent quarante-huit mille huit cents. Tu as eu le temps d'aller te cacher loin. Je cherche partout. Je ne trouve pas, je désespère. La partie de cache-cache dure trop longtemps. Allez, tu as gagné, tu peux sortir de ta cachette. Je n'ai plus envie de jouer. Sors de ta cachette, tu as gagné. Sors de ta cachette, je t'en supplie, j'ai perdu, j'ai tout perdu. »
Mais au détour d'une phrase, il sait nous fait rire lorsqu'il évoque le questionnaire de satisfaction du crématorium ou les courriers et les publicités que sa femme continue à recevoir quelques mois après sa mort...
« J'ai reçu un questionnaire du crématorium du Père-Lachaise, ils veulent savoir si j'ai été satisfait des prestations. Je dois mettre des croix dans des petites cases, de « insatisfaisant » à « très bien ». On demande aussi mes observations et mes suggestions. Tout est passé en revue, l'accueil, la courtoisie, le choix des textes, le choix des musiques. Il y a aussi un service traiteur. A la rubrique « suggestion », je vais proposer un barbecue géant. »
Un livre plein de sensibilité et d'émotion, à découvrir sans hésiter !

Extrait : (début du livre)
Je suis veuf, Sylvie est morte le 12 novembre.
C’est bien triste.
Cette année on n’ira pas faire les soldes ensemble.

Sylvie est partie discrètement sur la pointe des pieds, en faisant un entrechat et le bruit que fait le bonheur en partant.
Elle ne voulait pas déranger, elle m'a dérangé au-delà de tout.
Cette année, l'hiver a commencé plus tôt, le 12 novembre. Je crois qu'il va durer très longtemps et être particulièrement rigoureux.
Sylvie m’a quitté, mais pas pour un autre. Elle est tombée délicatement avec les feuilles. On discutait de la couleur du bec d’un oiseau qui traversait la rivière. On n’était pas d’accord, je lui ai dit tu ne peux pas le voir, tu n’as pas tes lunettes, elle ne voulait pas les mettre par coquetterie, elle m’a répondu je vois très bien de loin, et elle s’est tue, définitivement. Les pompiers sont arrivés, ils n'ont pas réussi à ranimer le feu, elle s'était éteinte.
Elle n'aimait pas parler d'elle encore moins qu'on en dise du bien. Je vais en profiter, maintenant qu'elle est partie.

Déjà lu du même auteur :

ou_on_va_papa_p Où on va papa ? le_cv_de_Dieu Le CV de Dieu

l_arithm_tique_impertinente L'arithmétique appliquée et impertinente

la_grammaire_impertinente La grammaire française et impertinente

il_a_jamais_tu__personne_mon_papa Il a jamais tué personne, mon papa

j_irai_pas_en_enfer_p J'irai pas en enfer

 

Challenge 4%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
23/28

 

6 décembre 2011

Le Calendrier de l'Avent

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L'idée nous a été proposé par Marmotte sur Livraddict,
chaque jour un bloggueur réalise un article spécialement pour attendre Noël
(voir plus bas le Calendrier de l'Avent au complet)

6 décembre : Saint Nicolas

Saint Nicolas, est le saint patron des petits enfants et de la Lorraine, il est fêté tous les 6 décembre, dans l'Est et dans le Nord de la France ainsi que dans de nombreux pays d'Europe.
La légende du Père Noël  a été crée à partir du personnage de Saint Nicolas.
J'ai choisi cette date car c'est le prénom de mon fils aîné et ma première idée était de vous parler un peu plus de cette fête, mais il existe déjà sur la toile de très nombreux articles à ce sujet comme celui-ci...


Légende de Saint-Nicolas chanté par Henri Dès

Alors j'ai finalement changé d'idée et je vous propose une double contribution pour ce jour :
la lecture d'un livre et une idée d'un petit cadeau à faire soi-même 

 Le Noël d'Hercule Poirot - Agatha Christie
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Idée de cadeau à faire soi-même : 
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L'année dernière, quelques jours avant Noël, j'ai eu l'idée de fabriquer des marque-pages magnétiques pour mes proches comme « petit cadeau bonus » puisque j'offre le plus souvent des livres !

Matériel :
* Aimant : On en trouve dans les magasins de loisirs créatifs en feuille A4 ou en réglette, pour ma part, j'ai utilisé des magnets publicitaires assez fin (environ 0,5 mm d'épaisseur)
* Bristol : type carte de visite ou intercalaire cartonné          * Papier imprimé avec le motif choisi
* Colle et Scotch double-face

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Gabarit :

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1) Tracer sur le bristol le gabarit du modèle. Découper le bristol. Coller sur le bristol le papier imprimé.

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2) Puis découper l'ensemble, et plier en deux pour marquer le milieu.

 P1110140_30x       P1110141_30_x

3) Découper deux aimants, puis les coller avec du double-face sur la partie intérieure du marque-page (avant de fixer définitivement vérifier que les deux aimants s'aimantent bien ensemble quand le marque-page est fermé), il faut laisser un espace au niveau de la pliure.

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4) Pour offrir, on peut créer un support en découpant une fente dans une cartonnette.
Et insérer l'aimant comme sur la photo.

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 Mon tutoriel est disponible ICI au format pdf. Amusez-vous à créer !

 

Les participants au Calendrier de l'Avent de Livraddict

24 novembre : Marmotte et Saint Epondyle : Sacré Santa !
25 novembre : Nahe et Antolmina : L'Esprit de Noël
26 novembre : Kllouche : C'est le pompon !
27 novembre : Mypianocanta : Mon beau sapin
28 novembre : Stellade : Sablés de l'Avent
29 novembre : Lanyla : La magie de Noël en Alsace
30 novembre : Stellabloggeuse : Pour Noël, je gâte mes livres !
01 décembre : Nanapomme : Les films de Noël
02 décembre : Jelydragon : Les fantômes de Scrooge
03 décembre : Isallysun : Noël Québécois !
04 décembre : Kkrolyn : Le bonhomme en pain d'épice : conte et recette
05 décembre : Vepug : Décorations pour le sapin
06 décembre : A propos de livres: Le Noël d'Hercule Poirot, et des marques pages magnétiques

07 décembre : Flof13 : La vie secrète du Père Noël
08 décembre : Juliah : Quelques idées en vrac pour gâter vos proches. 
09 décembre : Jostein : Petit budget, grand effet...
10 décembre : livrOns-nOus : Back in Time
11 décembre : Latite06 : Noël au Havre
12 décembre : Rozetta : Un Noël parfait
13 décembre : Minidou : La Playlist de Noël
14 décembre : Delcyfaro : Lettres du Père Noël - J.R.R Tolkien
15 décembre : Platinegirl : Film Frère Noël
16 décembre : ImagIn : Le petit sapin de Noël
17 décembre : Fildediane Idée cadeau: 4 livres de Noël
18 décembre : Avalon Noël à Obernai
19 décembre : Yukarie La bûche en Normandie
20 décembre : Jelydragon et Sofynet: Petits livres de Noël
21 décembre : Marc: Le jouet de Noêl
22 décembre : Astyala: Une histoire de Noël
23 décembre : Petiteblege66
24 décembre : Jed's Burdy: Le Noël des oursons

 

Quelques lectures autour du thème de Noël :

 quatre_jours_avant_Noel_p une_seconde_avant_noel au_bonheur_des_ogres_p88_x le_drole_de_noel_de_Scrooge la_voix
Quatre jours avant Noël de Donald Harstad
Une seconde avant Noël de Romain Sardou
Au bonheur des ogres de Daniel Pennac
Un conte de Noël (ou Le drôle de Noël de Scrooge) de Charles Dickens
La voix de Arnaldur Indridason

12 novembre 2011

Du domaine des Murmures - Carole Martinez

du_domaine_des_murmures Gallimard - août 2011 – 208 pages

Prix Goncourt des Lycéens 2011

Quatrième de couverture :
En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui » : elle veut faire respecter son vœu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe...
Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et son souffle parcourra le monde jusqu'en Terre sainte.
Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d’une sensualité prenante.

Auteur : Carole Martinez, née en 1966, a été comédienne avant de devenir enseignante. Son premier roman, Le cœur cousu (2007) a connu un grand succès de librairie et a reçu de nombreux prix littéraires, dont le prix Renaudot des lycéens et le prix Ouest-France Étonnants Voyageurs.

Mon avis : (lu en novembre 2011)
J'avais beaucoup aimé son livre précédent "Le cœur cousu". J'ai pu emprunter celui-ci à la bibliothèque le vendredi précédent l'annonce du Prix Goncourt des Lycéens... J'avais également entendu Carole Martinez à la Grande Librairie raconter la naissance de ce livre.
Cette histoire se déroule à la fin du XIIe siècle, en Franche-Comté, au domaine des Murmures. Esclarmonde est une jeune fille de quinze ans qui ose dire « non ». Esclarmonde ne veut pas épouser l'homme que son père lui destine. Elle trouve Lothaire violent, « gorgé de rage et d'ambition ». Le jour des fiançailles officielles, Esclarmonde refuse de dire « oui ».
« Jamais fille d'ici n'avait osé pareil affront. 
Et, sachant qu'un tel acte ne me serait pas pardonné, j'ai sorti le petit couteau que je tenais caché sous ma robe d'apparat et, prenant pour modèle Ode, la future sanctifiée, je me suis tranché l'oreille. M'adressant alors à l'archevêque, j'ai déclaré que je m'étais déjà offerte au Christ, mais que personne jusqu'ici n'avait voulu l'entendre, tant il est dur pour une fille d'être écoutée même d'un père juste et aimant. »
C'est la première fois, qu'Esclarmonde dit non à l'évêque, à son père, à son futur fiancé.
Elle demande alors à devenir une recluse dans le château de son père.
« J'ai ajouté que Christ voulait que ma dot servît à lever une chapelle en pierre aux Murmures et qu'on aménageât, contre ses murs, un réduit où l'on m'enfermerait à jamais. Dieu avait d'autres projets pour moi que ces noces avec Lothaire. La chapelle, une fois construite, serait dédiée à Sainte Agnès et, depuis ma tombe, je prierais, à la fois vivante et morte, pour tous ceux que je venais par mon refus d'offenser. »
La construction de la chapelle, puis de son tombeau dureront deux ans. Et c'est le jour pour Esclarmonde de rentrer dans sa tombe. « Qu'il faisait doux au matin de ma mort ! », voilà comment elle évoque le jour de son enfermement. 
Après une célébration, la bénédiction de l'évêque, Esclarmonde est conduite et enfermée dans sa cellule. Ensuite la porte est murée. Après quatre jours de jeûne et d'obscurité, Esclarmonde sera autorisée à ouvrir le volet de sa fenestrelle grillée, ouverture lui permettant d'être nourrie et de parler avec ceux qui viennent la rencontrer.
Et contrairement à ce qu'elle avait imaginé ce n'est pas la solitude qui occupe sa vit de recluse... Beaucoup de voyageurs font le détour pour venir la rencontrer et Esclarmonde découvre le monde à travers toutes ces rencontres...
A travers cette histoire de recluse,
Carole Martinez évoque des thèmes variés comme celui de la femme, de la religion, des croyances populaires, des Croisades, de l'amour d'un père pour sa fille...
Cette histoire se lit comme un conte, l'écriture est superbe, pleine de poésie et de beauté, je me suis laissée porter par la narration d'Esclarmonde.

Elles ont également aimé ce livre, Canel, Clara, Isabelle, Aifelle, Gambadou, Sandrine.

Extrait : (page 17)
Je suis l'ombre qui cause.
Je suis celle qui s'est volontairement clôturée pour tenter d'exister.
Je suis la vierge des Murmures.
A toi qui peux entendre, je veux parler la première, dire mon siècle, dire mes rêves, dire l'espoir des emmurées.

En cet an 1187, Esclarmonde, Damoiselle des Murmures,
prend le party de vivre en recluse à Hautepierre, enfermée
jusqu'à sa mort dans la petite cellule scellée aménagée pour elle
par son père contre les murs de la Chapelle qu'il a bâtie sur
ses terres en l'honneur de sainte Agnès, morte en martyre à
treize ans de n'avoir pas accepté d'autres époux que le Christ.

J'ai tenté d'acquérir la force spirituelle, j'ai rêvé de ne plus être qu'une prière et d'observer mon temps à travers un judas, ouverture grillée par où l'on m'a passé ma pitance durant des années. Cette bouche de pierre est devenue la mienne, mon unique orifice. C'est grâce à elle que j'ai pu parler enfin, murmurer à l'oreille des hommes et les pousser à faire ce que jamais mes lèvres n'auraient pu obtenir, même dans le plus doux des baisers.
Ma bouche de pierre m'a offert la puissance de la sainte. J'ai soufflé ma volonté depuis la fenestrelle et mon souffle a parcouru le monde jusqu'au portes de Jérusalem. Mes yeux, dans la tombe entrouverte, ont suivi les croisés en route vers Saint-Jean-d'Acre, jadis nommée Ptolémaïs.
Mais ma voix a déplu, on me l'a arrachée. Et les phrases avalées, les mots mort-nés m'étouffent. La foule des peines souterraines me tourmente.

Déjà lu de cette auteur :
coeur_cousu Le cœur cousu

Challenge 3%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
21/21

Challenge Prix Goncourt des Lycéens2011

Challenge Goncourt des Lycéens
goncourt_lyceen_enna
chez Enna

 

4 octobre 2011

Polina - Bastien Vives

polina Casterman (KSTR) – mars 2011 – 210 pages

Quatrième de couverture :
" Il faut être souple si vous voulez espérer un jour devenir danseuse. Si vous n'êtes pas souple à 6 ans, vous le serez encore moins à 16 ans. La souplesse et la grâce ne s'apprennent pas. C'est un don. Suivante... "

Auteur : Né en 1984, Bastien Vivès, fraîchement dipômé de l’école des Gobelins, débute son parcours professionnel en mettant sur pied, avec quelques camarades de sa génération, un atelier de bandes dessinées en plein Paris.
On le connaît aussi sur le web sous le nom de Bastien Chanmax. il y dessine POUNGI, le Manchot rappeur amateur de gros seins…
Bastien Vivès est l’auteur de Elle(s), paru au printemps 2007, et plus récemment de Hollywood Jan, Le goût du chlore, Dans mes yeux sous le label KSTR.

Mon avis : (lu en septembre 2011)
Très joli histoire autour de la danse. Tout commence avec la première audition de danse de Polina, à l’âge de dix ans, puis nous suivons son apprentissage et la progression de sa carrière. L’auteur nous décrit les rapports entre le maître et l’élève.
Le dessin est en noir et blanc, il est très expressif et réaliste. Même sans connaître le milieu de la danse, cette bande dessinée se lit facilement. Polina est vraiment très attachante.

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :
le_gout_du_chlore Le goût du chlore dans_mes_yeux Dans mes yeux

 

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Prénom"

22 septembre 2011

La Société des Jeunes Pianistes - Ketil Bjørnstad

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Jean-Claude Lattès - septembre 2006 – 429 pages

Livre de Poche – février 2008 – 443 pages

traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud

Titre original : Til musikken, 2004

Quatrième de couverture :
"La Société des Jeunes Pianistes", c'est le nom que se sont donné un groupe d'adolescents passionnées, à Oslo, à la fin des années soixante. A la fois amis et rivaux, ils ont en commun l'amour de la musique ; pourtant, un seul remportera les concours du Jeune Maestro. Tous vont subir une terrible pression de leur entourage, mais surtout d'eux-mêmes. La " Société des Jeunes Pianistes " est un roman initiatique, un concert émouvant, une mélodie grave et subtile sur le désir, la vie et la mort.

Auteur : Ketil Björnstad, qui est à la fois auteur, compositeur et musicien, a été découvert à l'âge de quatorze ans lorsqu'il a gagné le Grand Concours des Jeunes Pianistes à Oslo. Son roman, salué par la critique, a connu un vif succès en Europe.

Mon avis : (lu en septembre 2011)
Le narrateur Aksel est un jeune pianiste de 16 ans, c'est sa mère qui lui a donné la passion de la musique et du piano. Le livre commence par le récit d'un drame : la mort de la mère du narrateur, lors d’une sortie familiale, elle se noie emportée dans le courant d'une rivière.
Après ce décès, Aksel décide d'interrompre ses études scolaires pour s'adonner tout entier à sa passion, le piano. Il se réfugie dans la musique et prépare avec obstination le concours Jeune Maestro du Piano. Il espère ainsi pouvoir réussir dans la musique, commencer une carrière de pianiste professionnel. Autour de lui, Anja Skoog, Rebecca Frost, Margrethe Irene, Ferdinand sont également candidats puis finalistes ce même concours. Ils existent entre eux une compétition mais aussi du respect, leur amour commun pour la musique les réunissent et ensemble ils forment « La Société des Jeunes Pianistes ». Ils se soutiennent et s'encouragent.
Ces adolescents sont également en train de devenir des adultes. Ils ont beaucoup de préoccupations : ils doivent réussir un concours, ils sont soumis à la pression de leur entourage famille ou professeurs, ils sont également confrontés à l'échec, Aksel doit vivre avec le deuil, il découvre l'amour, la passion amoureuse...

Un très beau roman sur le passage de l'adolescence à l'âge adulte. Sans être mélomane ou pianiste, j'ai lu avec beaucoup de plaisir l'histoire d'Aksel et ses amis.

 

Extrait : (début du livre)
La rivière court au creux du vallon. Provenant du lac en surplomb, près de la scierie, elle dévale et serpente jusqu'au pont, glisse sur les galets, claque contre les écueils lissés qui se dressent au milieu du courant, figés, inébranlables, dans un silence étrange et froid. Maman, vêtue de son maillot de bain bleu à pois blancs, les cheveux mouillés, aime s'installer au sommet du plus haut rocher, le Taterberget. Si elle ramène ses jambes sur le côté comme elle sait si bien le faire, elle offre une ressemblance frappante avec la Petite Sirène sur son quai de Copenhague que nous avons vue l'été dernier, quand papa et elle ont fêté leur quinzième anniversaire de mariage. Depuis la berge, nous lui faisons de grands signes de la main. Papa lui crie qu'elle est la plus belle femme du monde.
Au pied des ponts, la rivière s'élargit pour se transformer en bassin. Une digue a été aménagée sur la façade ouest, flanquée par la fabrique de meubles. J'aime ce bâtiment rouge en ardoise, les transats en teck ou en acajou, les salons de jardin qui rappellent celui que papa et maman possèdent à la maison, en bouleau blanc, avec des motifs à petits carreaux. C'est là qu'ils ont commandé le sofa où maman fait la sieste, où elle dort quand elle refuse de partager le lit de papa, certaines nuits. Juste sous les fenêtres de l'usine se jette la cascade. Elle surgit sans qu'on s'y attende. Cent mètres au-dessus, tout baigne encore dans une atmosphère idyllique. L'eau s'écoule tranquillement. Il n'empêche : papa nous demande de nous méfier des courants sous-marins. Cathrine et moi n'avons jamais la permission de nous baigner sur le flanc sud du Taterberget.
Je garde un souvenir flou de cette journée d'été, quand je me suis retrouvé gisant sur les galets à quelques mètres de la rive ouest. Le courant m'avait emporté. Cathrine, qui n'avait cessé de me regarder, avait hurlé – un cri strident dont seules les filles sont capables. Papa s'était jeté à l'eau et m'avait rattrapé en quelques brasses. Je n'avais pas compris le danger de la situation, et tout en même temps j'en saisissais la gravité. Il m'avait ramené sur la terre ferme, enveloppé dans une serviette, serré fort contre lui avec ses deux bras. Il s'était mis à trembler. Je me souviens de sa voix suraiguë, plaintive. Et je me souviens de maman lui tambourinant le dos à coup de poing. Il avait pleuré, le visage entre les mains. Ç'avait été une scène pénible.

 

 Challenge "Choisir la prochaine lecture de sa PAL"
organisé par magda31 et Livraddict

 PAL2
Choisi par Lau1307

Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Norvège

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Norvège

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
Viking_Lit

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Métier" et "Sport/Loisirs"

25 septembre 2011

Les Mauvaises gens – Étienne Davodeau

les_mauvaises_gens Delcourt – août 2005 – 183 pages

Prix du Meilleur Scénario et Prix Public du Meilleur Album au Festival d’Angoulême 2006

Présentation de l’éditeur :
Les Mauges. Une région rurale, catholique et ouvrière de l'ouest français. Les années 50. Quittant l'école au seuil de l'adolescence, des centaines de jeunes gens découvrent l'usine et ses pénibles conditions de travail. Avec l'église, elle semble être l'horizon indépassable de leur quotidien. Sur ces terres longtemps considérées comme rétives aux changements, certains d'entre eux se lancent pourtant dans l'action militante. Pourquoi ? Comment ? De l'immédiat après-guerre à l'accession de la gauche au pouvoir en 1981, Les Mauvaises Gens raconte ce désir d'émancipation collective, ses difficultés, ses limites et ses espoirs. C'est à travers l'expérience de ses propres parents et de leurs amis militants qu'Etienne Davodeau dresse ce portrait passionnant du monde ouvrier et de ses combats. Au fil de ces pages, c'est non seulement l'histoire de toute une région qui se dessine, mais aussi celle d'une France en pleine mutation.

Auteur  : Étienne Davodeau, 42 ans, vit en Anjou.
En 1985, après des études d'arts plastiques à Rennes, et la création du studio BD Psurde, il publie chez Dargaud la trilogie « Les Amis de Saltiel », puis Le Constat. Puis, chez Delcourt, Quelques Jours avec un menteur, Le Réflexe de survie, et trois polars : La Gloire d'Albert, Anticyclone et Ceux qui t'aiment.
En 2001 il réalise Rural !, véritable reportage, où il confirme son choix peu fréquent en bande dessinée d'inscrire le monde réel au cœur de son travail.
Il s'intéresse aussi à la bande dessinée pour enfants (il scénarise « Les Aventures de Max & Zoé », dessin de Joub, 5 titres parus). Il réalise, avec David Prudhomme au dessin, l'adaptation en bande dessinée de l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles.
Après avoir publié dans la collection Aire Libre de chez Dupuis Chute de vélo (Prix des libraires spécialisés 2005), il revient au reportage-documentaire avec Les Mauvaises Gens, qui reçoit le Grand prix 2005 de la critique, le Prix France Info, puis à Angoulême le Prix du Scénario et le Prix du Public. Enfin, avec Kris, il met en images dans Un homme est mort les manifestations ouvrières à Brest en 1950, l'assassinat d un militant par les forces de l'ordre, et le destin fabuleux du film que le cinéaste René Vautier avait tourné en ces circonstances.
Novembre 2008 : Parution du premier tome de Lulu, femme nue chez Futuropolis.

Mon avis : (lu en septembre 2011)
Dans cette bande dessinée, Étienne Davodeau raconte l'histoire militante de ses parents Marie Jo et Maurice de l'après-guerre à l'élection de François Mitterand.
Cela se passe dans la région des Mauges, une région rurale proche d'Angers, une région très catholique. Très vite après l'école, Marie-Jo entre à l'usine pour un travail pénible et monotone. Maurice commencera chez un artisan local avant de rejoindre l'usine. Ils vont se rencontrer à la JOC (Jeunesses Ouvrières Catholiques). Ils découvrent le militantisme, ils ont leur mot à dire et vont peu à peu se libérer de la tutelle du patron tout puissant et de celle de l'Église. Maurice va quitter l'usine pour devenir professeur dans un lycée technique. Après leur mariage et avec leurs deux enfants, ils continuent à se battre pour de meilleures conditions de travail. Petit, Etienne se souvient des nombreuses réunions qui se tiennent chez eux le soir dans la cuisine. Il est question de solidarité, de fraternité.
Ce livre est comme un livre d'Histoire, Étienne Davodeau nous raconte une époque à travers sa propre histoire. Il décrit avec beaucoup de précision et d'humanité la naissance de cette vie militante à la JOC, puis l'adhésion aux syndicats et enfin aux partis politique. Le livre se termine avec la soirée du 10 mai 1981. C'est passionnant.

Extrait :

 les_mauvaises_gens_extrait1  les_mauvaises_gens_extrait2
les_mauvaises_gens_extrait3  les_mauvaises_gens_extrait4
les_mauvaises_gens_extrait5

Déjà lu du même auteur :

lulu_femme_nue_tome1  Lulu Femme Nue : 1er livre lulu_femme_nue_tome2 Lulu Femme Nue : 2ème livre
rural Rural ! Chronique d'une collision politique
chute_de_velo Chute de vélo  un_homme_est_mort Un homme est mort

4 septembre 2011

Une prière pour Owen – John Irving

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 Seuil – mai 1989 – 568 pages

 Points – septembre 1995 – 699 pages

 Traduit de l’américain par Michel Lebrun

 Titre original : A Prayer for Owen Meany, 1989

 Quatrième de couverture :
« Si je suis condamné à me souvenir d’un garçon à la voix déglinguée – ainsi commence le nouveau roman de John Irving -, ce n’est ni à cause de sa voix, ni parce qu’il fut l’être le plus petit que j’aie jamais connu, ni même parce qu’il fut l’instrument de la mort de ma mère. C’est à lui que je dois de croire en Dieu ; si je suis chrétien, c’est grâce à Owen Meany. »
Âgé de onze ans, Owen en paraissait six à peine. Mais sa frêle enveloppe dissimulait une volonté de fer, une foi absolue et une conviction profonde qu’il était l’instrument de Dieu.

Auteur : John Irving est né en 1942 et a grandi à Exeter (New Hampshire). La publication de son quatrième roman, Le Monde selon Garp, lui a assuré la renommée et la reconnaissance internationales. Depuis, l'auteur accumule les succès auprès du public et de la critique. Marié et père de trois garçons, John Irving partage son temps entre le Vermont et le Canada.

Mon avis : (lu en août 2011)
Ce livre est l'histoire d'une grande amitié entre John Wheelwright, le narrateur, et Owen Meany , un garçon comme les autres. Cette rencontre et cette amitié a marqué à tout jamais la vie de John. Owen, âgé de onze ans, a la taille d'un enfant de six ans, il a une voix atypique (ainsi tout au long du livre, lorsque Owen parle la typographie est en MAJUSCULE), il a une très grande intelligence et il est également très croyant. Owen est convaincu d'être comme un messager de Dieu, il a des visions et très tôt il rêvera de sa propre mort. John Wheelwright perd sa maman à l'âge de 11 ans à la suite d'un accident de base-ball : une balle lancée par Owen, son meilleur ami. John ne connaît pas le nom de son père biologique, sa mère ayant toujours refusé de le lui dire. Après cet accident dramatique, Owen va prendre John sous son aile, l'aider à grandir, à faire ses devoirs, l'aider à rechercher son père...
Avec ce livre, l'auteur aborde beaucoup de thèmes comme l'amitié, l'enfance, la foi... Il critique aussi avec force l'histoire des États-Unis des années 50 à 80 avec la guerre du Vietnam et la présidence de Reagan. Il y a également beaucoup d'humour comme les épisodes de la crèche de Noël ou de la voiture coccinelle...
J'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire car l'auteur prend son temps pour installer cette histoire, il nous donne beaucoup de détails, parfois trop semble-t-il au début, mais lorsque le lecteur arrive à la fin de l'histoire, il découvre que chaque détail avait son importance... Après les 150 premières pages, j'ai été prise par l'histoire d'Owen et je n'ai pas pu lâcher le livre.
Voilà un roman magnifique, émouvant et drôle. Je suis passée tout au long de ma lecture du rire aux larmes.

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Une prière pour Owen a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1998 sous le titre de Simon Birch  avec comme réalisateur Mark Steven Johnson et comme acteurs Ian Michael Smith, Joseph Mazzello, David StrathairnAshley JuddOliver Platt. Je n'ai pas vu ce film.

Extrait : (début du livre)
Si je suis condamné à me souvenir d'un garçon à la voix déglinguées, ce n'est ni à cause de sa voix, ni parce qu'il fut l'être le plus petit que j'aie jamais connu, ni même parce qu'il fut l'instrument de la mort de ma mère. C'est à lui que je dois de croire en Dieu ; si je suis chrétien, c'est grâce à Owen Meany. Je ne prétends pas vivre dans le Christ, avec le Christ, et certainement pas pour le Christ, comme le proclament certains zélateurs. Ma connaissance de l'Ancien Testament est plutôt sommaire, et je n'ai pas relu le Nouveau Testament depuis l'époque du catéchisme, exception faite des passages qu'on récite à l'église. Les extraits de la Bible qu'on trouve dans les anciens livres de prières me sont beaucoup plus familiers. Mon missel, je l'ouvre souvent, et la bible uniquement les jours saints – le missel est tellement plus pratique !
J'ai toujours fréquenté l'église de façon régulière. Au début, j'étais congrégationaliste – on m'a baptisé dans cette religion -, puis, après plusieurs années de fréquentation des épiscopaliens (on m'a également confirmé dans la confession épiscopalienne), ma religion est devenue assez indécise ; adolescent, je me suis intéressé à une « Église non confessionnelle ». Plus tard, je devins anglican ; l’Église anglicane du Canada m’a gardé – depuis mon départ des Etats-Unis, il y a une vingtaine années. Un anglican ressemble beaucoup à un épiscopalien – à tel point qu’il m’arrive de me demander si je ne suis pas simplement redevenu épiscopalien ! Quoi qu’il en soit, j’ai laissé tomber une fois pour toutes les congrégationalistes et les épiscopaliens – en même temps que mon pays.
Quand je mourrai, je souhaite être enterré au New Hampshire, auprès de ma mère, mais c’est l’Église anglicane qui fera le service funèbre avant que ma dépouille ne subisse l’indignité de franchir en fraude les douanes américaines.

Lu dans le cadre du Baby Challenge Contemporain 2011
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Baby Challenge - Contemporain Livraddict :
13/20 déjà lus  Médaille de bronze

Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
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A Challenge for John Irving
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Prénom"

 

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4/50 : New Hampshire
John Irving est né dans le New Hampshire

 

9 octobre 2011

Henri Désiré Landru – Chabouté

landru Vents d'Ouest – septembre 2006 – 137 pages

Quatrième de couverture :
L'histoire vraie du premier tueur en série français En 1922, Henri Désiré Landru est reconnu coupable de l'assassinat de 10 femmes et d'un homme. De la fumée nauséabonde se dégageait de la cheminée de sa villa de Gambais... On y a récupéré une cuisinière dont les tuyaux avaient beaucoup servi... Malgré deux ans d'instruction acharnée, personne ne réussit à faire reconnaître ses crimes à Landru... Il n'avoua rien. Aucun cadavre ne fut retrouvé... Christophe Chabouté revisite cette période obscure de l'Histoire qui a défrayé la chronique, et où s'enchevêtrent le fait divers macabre et les séquelles d'une guerre atroce. 144 pages d'un suspense haletant...

Auteur : Né en 1967, d’origine alsacienne, Christophe Chabouté suit les cours des Beaux-Arts d’Angoulême, puis de Strasbourg. Vents d’Ouest publie ses premières planches en 1993 dans "les Récits", un album collectif sur Arthur Rimbaud. Mais il faut attendre 1998 pour que ce graphiste free-lance se fasse un nom dans la bande dessinée en publiant coup sur coup "Sorcières" aux Editions du Téméraire et "Quelques jours d’été" aux Editions Paquet. Deux albums remarqués et primés, le premier au Festival d’Illzach, le second à Angoulême où Christophe Chabouté décroche l’Alph’Art Coup de Coeur. Avec "Zoé" paru en 1999, Chabouté prouve que son talent a atteint sa pleine maturité, ce qu’il démontre avec encore plus d’évidence dans "Pleine Lune". "Tout seul"(2008), "Terres Neuvas"(2009).

Mon avis : (lu en août 2011)
Landru est un criminel que l'on connaît tous, mais dans cette bande dessinée en noir et blanc, Chabouté réinterprète de façon très personnelle l'affaire Landru. Il mélange le fait divers historique et son imagination...
Le récit de Chabouté commence en novembre 1921, Henri Désiré Landru comparaît devant le tribunal. Il est accusé d'avoir volé les économies de femmes puis de les avoir ensuite assassiné. Les preuves sont accablantes et pourtant Landru n'a jamais avoué ses crimes...
L'album se lit très vite, le dessin est très expressif, souvent il se passe de texte. L'auteur s'est beaucoup documenté sur l'époque et sur ce fait divers, il nous propose une hypothèse différente mais peut-être plausible... Comme on s'en doute, c'est une histoire noire.

 

Extrait :

HenriDesireLandru_img1 landru__extrait2

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Déjà lu du même auteur :

tout_seul Tout Seul  Terres_neuvas Terres Neuvas  

construireunfeu Construire un feu

quelques_jours_d_ete  Quelques jours d'été / Un îlot de bonheur

20 octobre 2011

Le combat ordinaire : tome 2 – Les quantités négligeables - Manu Larcenet

le_combat_ordinaire_2 Dargaud – mai 2004 – 54 pages

Prix Tournesol en 2005
Prix du Jury Œcuménique de la Bande Dessinée en 2005

Quatrième de couverture :
C'est l'histoire d'un photographe convalescent, d'un génie médiocre, d'un cargo qui sombre et du cheval de Zorro. 

Auteur : Né le 6 mai 1969 à Issy-les-Moulineaux, après s'être lancé dans la BD à l'âge de dix ans, Manu Larcenet étudie le graphisme au lycée de Sèvres et obtient un BTS d'expression visuelle option 'images de communication' à l'Ecole des arts appliqués. Parallèlement, il multiplie les concerts avec un groupe punk fondé avec des amis de collège. Il fait son service militaire en 1991 et connaît alors le bataillon disciplinaire. A son retour, il emménage avec des amis musiciens et poursuit la scène et le graphisme : ses premiers dessins sont publiés dans des fanzines de rock et de bande dessinée. Il commence en 1994 une collaboration d'abord discrète avec le magazine Fluide glacial ; son premier récit, 'L' Expert-comptable de la jungle', est bientôt suivi de 'Soyons fous', 'La Loi des séries' et 'Bill Baroud espion'. Spirou, Dupuis, Glénat et Les Rêveurs de runes, une maison d'édition qu'il a fondée avec Nicolas Lebedel, publient depuis ses albums. Les improbables créatures ou les petits bonhommes ordinaires qui peuplent ses dessins font son succès. Il reçoit en 2003 le prix Jacques Lob, puis le prix du meilleur album à Angoulême en 2004 pour 'Le Combat ordinaire'. Mêlant autobiographie et réflexion, à l'instar de son 'Retour à la terre', cette série apparaît comme celle de la maturité. Changement de ton qui ne l'empêche pas, à l'occasion, de revenir, en 2006, à ses premières amours avec l'album 'Chez Francisque', scénarisé par Yan Lindingre. Artiste protéiforme, alternant séries potaches et récits plus profonds, Manu Larcenet compte désormais parmi les auteurs incontournables de la bande dessinée.

Mon avis : (relu en août 2011)
Cet album est plus sombre que le premier, Marco a repris goût à la photographie, il décide de travailler à une exposition photos et choisi de mettre à l'honneur des hommes et femmes qui sont considérés par beaucoup comme des « quantités négligeables ». Ils font partie de l'atelier 22 du chantier naval, où son père a travaillé toute sa vie. Leur vie est difficile, leur avenir est menacé.
Sa relation avec Émilie évolue et l'aide à grandir, à murir. Avec ce projet, Marco va voir régulièrement ses parents et discuter avec eux.
Dans cet épisode, Manu Larcenet fait avec beaucoup de pudeur un constat de la condition humaine, il ne juge pas, mais soulève de multiples interrogations.
Les personnages sont de plus en plus attachants et au fil des pages le lecteur passe par beaucoup d'émotions différentes : le rire, le sérieux, le profond et même parfois quelques larmes...
Un album incontournable !
Et je vais très rapidement poursuivre ma relecture avec les tomes 3 et 4.

Merci à Canel qui m'a donné envie de relire cette série.

Extrait :

le_combat_ordinaire_2_1 le_combat_ordinaire_2_2

 


le_combat_ordinaire_2_3 le_combat_ordinaire_2_4

 


le_combat_ordinaire_2_5

 

 

Déjà lu du même auteur :

RetourALaTerreLe1a_21012005 le_retour___la_terre_2 RetourALaTerreLe3_11012005 RetourALaTerreLe4_31082006 le_retour___la_terre_5 
Le retour à la terre

blast Blast : 1 - Grasse carcasse 
 blast2  Blast : 2 - L'Apocalypse selon saint Jacky
le_combat_ordinaire_1 Le combat ordinaire : tome 1

13 octobre 2011

Le combat ordinaire : tome 1 – Manu Larcenet

le_combat_ordinaire_1 Dargaud – mars 2003 – 54 pages

Prix du meilleur album Angoulême 2004

Quatrième de couverture :
C’est l’histoire d’un photographe fatigué, d’une fille patiente, d’horreurs banales et d’un chat pénible.

Auteur : Né le 6 mai 1969 à Issy-les-Moulineaux, après s'être lancé dans la BD à l'âge de dix ans, Manu Larcenet étudie le graphisme au lycée de Sèvres et obtient un BTS d'expression visuelle option 'images de communication' à l'Ecole des arts appliqués. Parallèlement, il multiplie les concerts avec un groupe punk fondé avec des amis de collège. Il fait son service militaire en 1991 et connaît alors le bataillon disciplinaire. A son retour, il emménage avec des amis musiciens et poursuit la scène et le graphisme : ses premiers dessins sont publiés dans des fanzines de rock et de bande dessinée. Il commence en 1994 une collaboration d'abord discrète avec le magazine Fluide glacial ; son premier récit, 'L' Expert-comptable de la jungle', est bientôt suivi de 'Soyons fous', 'La Loi des séries' et 'Bill Baroud espion'. Spirou, Dupuis, Glénat et Les Rêveurs de runes, une maison d'édition qu'il a fondée avec Nicolas Lebedel, publient depuis ses albums. Les improbables créatures ou les petits bonhommes ordinaires qui peuplent ses dessins font son succès. Il reçoit en 2003 le prix Jacques Lob, puis le prix du meilleur album à Angoulême en 2004 pour 'Le Combat ordinaire'. Mêlant autobiographie et réflexion, à l'instar de son 'Retour à la terre', cette série apparaît comme celle de la maturité. Changement de ton qui ne l'empêche pas, à l'occasion, de revenir, en 2006, à ses premières amours avec l'album 'Chez Francisque', scénarisé par Yan Lindingre. Artiste protéiforme, alternant séries potaches et récits plus profonds, Manu Larcenet compte désormais parmi les auteurs incontournables de la bande dessinée.

Mon avis : (relu en août 2011)
Encore une bande dessinée et une lecture d'été... En fait, c'est une relecture que j'ai faite avec plaisir.

C’est une histoire simple, le combat ordinaire d’un trentenaire en proie à ses angoisses, ses questionnements, ses joies, ses tristesses. Marco est un photographe de presse, il en a assez de photographier la guerre et ses horreurs. Il décide de quitter donc la ville pour s’installer à la campagne avec son chat, son ordinateur et ses appareils photos. Là, il se pose, il trouve le calme. Par l’intermédiaire de son chat Adolf au caractère très affirmé, Marco va faire la connaissance d’Emilie charmante vétérinaire. Il noue une relation amicale avec son vieux voisin. Peu à peu avec la nature, Marco oublie ses crises d’angoisse, il s’ouvre aux autres au monde.

C’est à la fois touchant et drôle, une bande dessinée incontournable.

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

RetourALaTerreLe1a_21012005 le_retour___la_terre_2 RetourALaTerreLe3_11012005 RetourALaTerreLe4_31082006 le_retour___la_terre_5 
Le retour à la terre

blast Blast : 1 - Grasse carcasse 
 blast2  Blast : 2 - L'Apocalypse selon saint Jacky

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