le_cv_de_Dieu Stock – 1995 - 211 pages

Quatrième de couverture
"Le ciel était fini, la terre était finie, les animaux étaient finis, l'homme était fini. Dieu pensa qu'il était fini aussi, et sombra dans une profonde mélancolie. Il ne savait à quoi se mettre. Il fit un peu de poterie, pétrit une boule de terre, mais le coeur n'y était plus. Il n'avait plus confiance en lui, il avait perdu la foi. Dieu ne croyait plus en Dieu. Il lui fallait d'urgence de l'activité, de nouveaux projets, des gros chantiers. Il décida alors de chercher du travail, et, comme tout un chacun, il rédigea son curriculum vitae..."

Auteur :  Né à Arras le 19 décembre 1938, auteur prolifique, Jean-Louis Fournier a toujours su mêler humour, culture et sincérité. Entre un frère polytechnicien et une sœur éducatrice spécialisée, il choisit la voie de l'humour et devient le fidèle complice de Pierre Desproges. Il réalise ainsi les épisodes de 'La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède', ainsi que les captations de ses spectacles au théâtre Grévin en 1984 et au théâtre Fontaine en 1986. Mais c'est en tant qu'auteur facétieux et touchant que le public le découvre véritablement. Avec ses essais humoristiques, Jean-Louis Fournier rencontre un succès immédiat. Dans 'Arithmétique appliquée et impertinente' (1993), il apprend au lecteur à calculer le poids du cerveau d'un imbécile ou la quantité de caviar que peut acheter un smicard ! Dans un même registre, sa 'Grammaire française et impertinente' conjugue culture et absurde. Jean-Louis Fournier consacre également deux ouvrages à son enfance. En 1999, il aborde l'alcoolisme de son père dans 'Il a jamais tué personne, mon papa' et obtient le prix Femina 2008 pour 'Où on va papa ?', une évocation émouvante du handicap de ses fils.

Mon avis : (lu en février 2009)

Ce livre est une réédition d'un livre paru en 1995. Ce livre se lit vraiment très rapidement et on rit beaucoup. Jean-Louis Fournier imagine que Dieu rédige son CV et passe un entretien d'embauche avec un directeur du personnel. Nous allons parcourir avec lui son grand CV, Dieu parle de ses créations : la Terre, le Soleil, la mer, le feu, les hommes, les animaux et il répond aux questions que nous pouvons nous poser à propos des choix de Dieu... L'humour est bien sûr présent tout au long du livre, un très bon moment de détente ! Très amusant, intelligent, plein d'esprit !

Extrait :

"- Mais il est mort, mon petit Wolfgang, gémit Dieu.
- La faute à qui ? C’est pas les chasseurs quand même ?
- Dieu cueille les plus belles fleurs de son jardin, déclare Dieu sentencieusement. [...]
- Quel rapport avec la mort de Mozart ?
- C’est une allégorie, pour signifier que ce sont les plus doués qui meurent les premiers. Ça console les proches, ils sont flattés de penser que leur défunt n’était pas le dernier des cons.
- Ça fait une belle jambe à la jeune veuve, et puis c’est un coup à donner des complexes à tous les vivants.
- Les vivants, ils vivent, ils n’ont pas à se plaindre.
- Alors quand on est très con, on ne meurt pas ?
- Si, on meurt, mais plus tard.
- Ça veut dire que les vieux sont des cons ?
- Exact.
- Alors pourquoi on dit “un vieux con” ?
- On ne devrait pas, c’est une faute de français, un pléonasme.
- Mais vous ?
- La question ne se pose pas, je suis immortel."