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Editeur Oh ! - mars 2007 – 527 pages

Pocket Jeunesse - janvier 2007 - 559 pages

traduit par Marie-France Girod

Prix Millepages Jeunesse décerné par les librairies Millepages.

Résumé :

Allemagne, 1939. La Mort est déjà à l'oeuvre. Liesel Meminger et son jeune frère sont envoyés par leur mère dans une famille d'adoption, à l'abris, en dehors de Munich : le père de Liesel a en effet été emporté par le souffle d'un seul et étrange mot - communisme -, et Liesel a vu la peur d'un destin semblable se dessiner dans les yeux de sa mère. Sur la route, la Mort rôde autour des enfants, réussit à s'emparer du petit garçon mais c'est la petite fille qu'elle veut. Ce sera la première d'une longue série d'approches. Durant l'enterrement de son petit frère, Liesel ramasse un objet singulier pour elle qui ne sait pas lire, un livre, 'Le Manuel du fossoyeur', dont elle pressent qu'il sera son bien le plus précieux, peut-être sa protection. Commence alors entre elle et les mots une étrange histoire d'amour. Poussée par un incoercible besoin de comprendre ce qu'il se passe autour d'elle, Liesel, avec l'aide de Hans, son père adoptif, décide d'apprendre à lire. A mesure que l'histoire avance, la Mort s'empare de nombreuses vies mais Liesel et ses livres continuent à lui échapper.

Auteur : Markus Zusak est né à Sydney en 1975. Il est le benjamin de quatre enfants. Ses parents sont d’origine allemande et autrichienne. Markus Zusak écrit depuis presque toujours. Il a désormais entamé une grande carrière internationale et s’est déjà affirmé comme l’un des romanciers les plus novateurs et les plus poétiques d’aujourd’hui. La Voleuse de livres est parue en septembre 2005 en Australie et à l’automne 2006 aux Etats-Unis où il figure depuis son lancement sur les listes des meilleures ventes. Markus vit toujours à Sydney où il écrit et enseigne l’anglais à l’Université.

Mon avis : (lu en septembre 2007)

Ce livre est vraiment original et passionnant : c'est une histoire étrange et émouvante où il est question d'une fillette, de mots, d'un accordéoniste, d'allemands fanatiques, d'un boxeur juif, de vols...

Le style de narration est particulier, en effet comme le laisse entendre le sous-titre : « quand la mort vous raconte une histoire, vous avez intérêt à l'écouter ».La Mort est la principale narratrice. Mais, rassurez-vous, cette lecture n'a rien de morbide.

La Mort nous raconte comment et pourquoi elle a du travailler sans relâche pendant ce vingtième siècle à cause de la folie des hommes. Elle raconte son labeur quand elle vient prendre dans ses bras, les hommes, les femmes et les enfants qui sont au bout du chemin de la vie.

La Voleuse de livres célèbre également l'amour de la lecture, les liens familiaux, la solidarité humaine. De quoi attendrir la Mort elle-même.

Ce livre est plein de poésie et d'émotions, il fait parti des livres que l'on n'oublie pas.

La Voleuse de livres est destinée à la fois aux adolescents et aux adultes - d'où sa parution simultanée en jeunesse et au rayon adulte.

Extrait :

«Procédons dans l'ordre», dit Hans Hubermann cette nuit-là. Il lava les draps, puis les étendit. «Maintenant, on peut y aller, fit-il en revenant. La classe de minuit peut commencer.»
La poussière dansait dans la lumière jaune.
Liesel était assise sur des draps propres et froids, honteuse et ravie. L'idée qu'elle avait mouillé son lit la taraudait mais, en même temps, elle allait lire. Elle allait lire son livre.
L'excitation s'empara d'elle.
Faisant naître des images d'un génie de la lecture de dix ans.
Si seulement tout était aussi simple !
«Pour être franc, expliqua sans détour Papa, je ne lis pas très bien moi-même.»
Quelle importance, après tout ? C'était peut-être mieux, au contraire. Cela risquerait moins de frustrer la fillette qui, elle, n'en était pas capable.
Néanmoins, au début, quand Hans Hubermann prit le livre et le feuilleta, il n'était pas très à l'aise.
Il vint s'asseoir auprès d'elle sur le lit et s'installa, les jambes pendantes. Il examina de nouveau le livre, puis le posa sur la couverture. «Dis-moi, pourquoi une gentille enfant comme toi veut-elle lire une chose pareille ?»
Liesel haussa de nouveau les épaules. Si l'apprenti fossoyeur avait lu les oeuvres complètes de Goethe ou d'un autre grand écrivain, c'était ce qui se serait trouvé sur son lit maintenant. Elle tenta de l'expliquer. «Eh bien, quand... j'étais assise dans la neige et...» Les mots murmurés glissèrent sur le lit et tombèrent en pluie sur le sol.
Papa sut quoi répondre. Il savait toujours.
Il passa une main ensommeillée dans ses cheveux et déclara : «Promets-moi une chose, Liesel. Si je meurs bientôt, fais en sorte qu'on m'enterre dans les règles de l'art.»
Sérieuse, elle hocha affirmativement la tête."