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A propos de livres...
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30 août 2013

Les perroquets de la place d'Arezzo - Eric-Emmanuel Schmitt

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

les_perroquets_de Albin Michel - août 2013 - 730 pages

Quatrième de couverture : 
« Ce mot simplement pour te signaler que je t’aime. Signé : tu sais qui. »

Cette lettre anonyme trouble l’existence des riverains de la place d’Arezzo. Dans ce quartier élégant de Bruxelles, quel original, quel pervers, quel corbeau déguisé en colombe s’acharne à violer leur intimité ? Le message entraîne autant de promesses et d’attentes que de déceptions et de catastrophes, chacun l’interprétant à sa façon. Menée par Eric-Emmanuel Schmitt, cette ronde effrénée devient l’encyclopédie des désirs, des sentiments et des plaisirs, le roman des comportements amoureux de notre temps.

Auteur : Dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste, cinéaste, traduit en 50 langues et joué dans autant de pays, Eric-Emmanuel Schmitt est un des auteurs les plus lus et les plus représentés dans le monde. Il a été récompensé par l'Académie Française en juillet 2001 avec le Grand Prix du théâtre, pour l'ensemble de son oeuvre. En 2009, Ulysse from Bagdad lui a valu le Prix des grands espaces littéraires. En 2010, il a obtenu le prix Goncourt de la nouvelle pour son recueil Concerto à la mémoire d'un ange. Son roman La Femme au miroir lui a valu en 2011 le prix du roman historique, Prix Agrippa d'Aubigné. Eric-Emmanuel Schmitt a été reçu cette année à L'Académie Royale de langue et de littérature françaises de Belgique au fauteuil 33 qu'occupait Hubert Nyssen, et qu'ont occupé Colette et Cocteau.
Co-directeur du Théâtre Rive Gauche à Paris, Eric-Emmanuel Schmitt y a vu jouée son adaptation théâtrale du Journal d'Anne Frank, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, etc.

Mon avis : (lu en août 2013)
J'ai beaucoup aimé ce livre. Ma première surprise a été de découvrir que la place d'Arezzo est située à Bruxelles, je connaissais la présence de perruches dans la capitale belge et grâce à Wikipédia j'ai découvert que la place Guy d'Arezzo est surnommée « La place des perruches » par les habitants du quartier. 
Dans la première partie du livre, Eric-Emmanuel Schmitt nous présente les nombreux occupants de cette place huppée de Bruxelles. Ils sont très différents et variés, il y a le politicien, la fleuriste, la concierge, le beau jardinier, une veuve, des épouses, la call-girl, le marchand d'art... Zachary, Rose, Faustina, Dany, Baptiste, Joséphine, Eve, Philippe, Quentin, Odile, Patricia, Albane, Hippolyte, François-Maxime, Séverine, Mademoiselle Beauvert et son perroquet Copernic, Marcelle, Wim, Oxana, Victor, Diane, Xavière, Orion, Tom, Nathan... 
A la fin de chaque chapitre, une quinzaine de ces personnages reçoivent une mystérieuse enveloppe avec ce simple message "Ce mot simplement pour te signaler que je t'aime. Signé : tu sais qui."  Qui est ce corbeau ou plutôt cette colombe qui envoie ces messages d'amour ? Chacun a sa petite idée... Le lecteur est invité à deviner lui aussi, l'auteur ne sera dévoilé que dans les dernières pages.

Ils sont solitaire ou en couple, vivent des amours cachés, inavouables ou fantasmés, s'unissent ou se quittent... Ces mystérieuses enveloppes vont bouleverser la routine du lieu et à travers ce roman jubilatoire, le lecteur découvre les relations surprenantes qui existent ou qui se nouent et se dénouent entre ses habitants de cette place d’Arezzo. 
Au début de la lecture, j'ai eu peur de me perdre au milieu de la grosse vingtaine de personnages, mais en les retrouvant tour à tour dans les trois parties suivantes, je m'y suis attachée et je les ai regrettés en les quittant à la fin de l'histoire...
C'est mon premier coup de coeur de cette Rentrée Littéraire.

Un grand Merci à Laure et aux éditions Albin Michel pour m'avoir permis de faire cette très belle découverte.

Note :  ♥♥♥♥♥

Extrait : 

 
Déjà lu du même auteur :

oscar_et_la_dame_rose Oscar et la dame rose odette_toulemonde Odette Toulemonde et autres histoires

la_reveuse_d_ostende La rêveuse d'Ostende ulysse_from_Bagdad Ulysse from Bagdad

le_sumo_qui_ne_voulait_pas_grossir Le sumo qui ne pouvait pas grossir l_enfant_de_no__p L'enfant de Noé

quand_je_pense_que_Beethoven Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent...  

mr_ibrahim_ldp_2012 Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran 

les_10_enfants Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus 

la_part_de_l_autre_2003 La Part de l'autre

 Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Animaux"

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
4/6

Pavé de l'étépav_2013n°2

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1 novembre 2013

Antigone - Jean Anouilh

images 707717_9758698 antigone Antigone_x

La Table Ronde - 1946 - 127 pages

Bordas - 1979 - 125 pages

La Table Ronde - juillet 1993 - 122 pages

La Table Ronde - mars 2008 - 128 pages

Quatrième de couverture :
L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre.
Jean Anouilh.

Auteur : Jean Anouilh est né à Bordeaux le 23 juin 1910. Très jeune il se passionne pour le théâtre ; en 1930 il quitte son emploi dans la publicité pour devenir secrétaire de Louis Jouvet. Il écrit des pièces et obtient son premier succès en 1937 avec « Le voyageur sans bagage ». Auteur prolifique, il ne cesse d'écrire, en 1944 il crée « Antigone » qui reste encore aujourd'hui une des pièces les plus jouées. Jean Anouilh décède le 3 octobre 1987 en laissant une œuvre considérable.

Mon avis : (lu en octobre 2013)
Je n'aurai sans doute jamais lu cette pièce de théâtre si je n'avais pas lu le dernier livre de Sorj Chalandon, "Le quatrième mur". 
Jean Anouilh s'est inspiré du mythe antique d'Antigone, il a voulu que le personnage d’Antigone soit l'allégorie de la Résistance qui s'oppose aux lois dictées par Créon (Pétain), et qu'elle juge iniques. Antigone refuse la facilité et préfère se rebeller, ne voulant pas céder à la fatalité... Créon, lui, revendique de faire un « sale boulot » parce que c'est son rôle et qu'il faut bien que quelqu'un le fasse. Jean Anouilh, en écrivant cette pièce de théâtre, dénonce la passivité de certains face aux lois dictées par les nazis. Antigone symbolise la résistance qui s'obstine malgré les dangers encourus. 
Cette pièce a été représentée pour la première fois au théâtre de l'Atelier à Paris le 4 février 1944, durant l'Occupation allemande.

Ce texte est fort, l'écriture est simple, même si le sujet évoque des époques lointaines, le lecteur comprend très bien l'actualité du texte en 1944. Et après cette lecture, je comprends encore mieux le symbole qu'était dans "Le quatrième mur" : « monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. »

Comme j'avais terminé de lire ce texte, mon plus jeune fils, élève de Seconde, m'a dit : « Au fait, le prof de français nous a demandé de lire cette pièce de théâtre. » Nous aurons donc prochainement l'occasion d'en discuter...

Extrait : (début du livre) 
Le Prologue
Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout... Et, depuis que ce rideau s'est levé, elle sent qu'elle s'éloigne à une vitesse vertigineuse de sa sœur Ismène, qui bavarde et rit avec un jeune homme, de nous tous, qui sommes là bien tranquilles à la regarder, de nous qui n'avons pas à mourir ce soir.

Le jeune homme avec qui parle la blonde, la belle, l'heureuse Ismène, c'est Hémon, le fils de Créon. Il est le fiancé d'Antigone. Tout le portait vers Ismène : son goût de la danse et des jeux, son goût du bonheur et de la réussite, sa sensualité aussi, car Ismène est bien plus belle qu'Antigone, et puis un soir, un soir de bal où il n'avait dansé qu'avec Ismène, un soir où Ismène avait été éblouissante dans sa nouvelle robe, il a été trouver Antigone qui rêvait dans un coin, comme en ce moment, ses bras entourant ses genoux, et il lui a demandé d'être sa femme. Personne n'a jamais compris pourquoi. Antigone a levé sans étonnement ses yeux graves sur lui et elle lui a dit «oui» avec un petit sourire triste... L'orchestre attaquait une nouvelle danse, Ismène riait aux éclats, là-bas, au milieu des autres garçons, et voilà, maintenant, lui, il allait être le mari d'Antigone. Il ne savait pas qu'il ne devait jamais exister de mari d'Antigone sur cette terre et que ce titre princier lui donnait seulement le droit de mourir.
Cet homme robuste, aux cheveux blancs, qui médite là, près de son page, c'est Créon. C'est le roi. Il a des rides, il est fatigué. Il joue au jeu difficile de conduire les hommes. Avant, du temps d'Œdipe, quand il n'était que le premier personnage de la cour, il aimait la musique, les belles reliures, les longues flâneries chez les petits antiquaires de Thèbes. Mais Œdipe et ses fils sont morts. Il a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses manches et il a pris leur place.


ANTIGONE lu par Jean Anouilh

31 octobre 2013

The Guitrys - Eric-Emmanuel Schmitt

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

9782226251992g Albin Michel - octobre 2013 - 141 pages

Quatrième de couverture :
Durant les années folles, pendant quatorze ans, Yvonne Printemps et Sacha Guitry règnent sans partage sur la scène artistique et mondaine internationale. Amants magnifiques et impossibles, ils vont vivre une vraie passion, traversée de querelles, de tromperies, et de jalousie.
Et si l’histoire de ce couple légendaire nous était contée par Sacha lui-même ? Si l’auteur de Chagrin d’amour et de La jalousie en avait confié la dramaturgie et les dialogues à Eric-Emmanuel Schmitt, complice de cette comédie étincelante de verve et d’esprit ?

Auteur : Dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste, cinéaste, Eric-Emmanuel Schmitt est un des auteurs français les plus connus dans le monde (traduit en 50 langues). De M. Ibrahim et les fleurs du Coran aux Deux Messieurs de Bruxelles en passant par Oscar et la dame rose ou La part de l'autre, il enchaine les succès. Il a reçu notamment le Grand prix du théâtre de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre, le Goncourt de la nouvelle pour Concerto à la mémoire d'un ange, le prix du roman historique, Agrippa d'Aubigné pour La Femme au miroir.
Il siège à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique au fauteuil occupé précédemment par Colette et Cocteau.

Mon avis : (lu en octobre 2013)
Je n'ai pas trop l'habitude de lire des pièces de théâtre mais lorsque ce livre m'a été proposé, je n'ai pas hésité connaissant le talent d'Eric-Emmanuel Schmitt pour le théâtre. 
Ce texte a été écrit à partir des bons mots de Guitry pour rendre hommage au couple mythique que formaient Guitry et Yvonne Printemps. Je connaissais ces deux noms mais cette pièce de théâtre m'a permis de découvrir une époque et qui étaient ce couple. En 140 pages, Eric-Emmanuel Schmitt nous fait revivre leur fulgurante histoire d'amour où il est question de passion, de bonheur, de tendresse, puis peu à peu de querelles, de jalousie, et enfin de rupture. Le lecteur voyage entre présent et passé, le texte est dynamique, avec des dialogues à la manière de Guitry.

La pièce, mise en scène par Steve Suissa est interprétée par Claire Keim et Martin Lamotte a été créé au Théâtre Rive Gauche, le 26 septembre 2013. La bande annonce, ci-dessous, donne vraiment envie de voir la pièce.

Merci Claire et les éditions Albin Michel pour cette découverte.

Extrait : 

 

Déjà lu du même auteur :

oscar_et_la_dame_rose Oscar et la dame rose odette_toulemonde Odette Toulemonde et autres histoires

la_reveuse_d_ostende La rêveuse d'Ostende ulysse_from_Bagdad Ulysse from Bagdad

le_sumo_qui_ne_voulait_pas_grossir Le sumo qui ne pouvait pas grossir l_enfant_de_no__p L'enfant de Noé

quand_je_pense_que_Beethoven Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent...  

mr_ibrahim_ldp_2012 Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran 

les_10_enfants Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus 

la_part_de_l_autre_2003 La Part de l'autre les_perroquets_de Les perroquets de la place d'Arezzo 

 Challenge 3% Rentrée Littéraire 2013
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15/18

 

 

30 octobre 2013

Le Démon des brumes - Luc Blanvillain

2013_10_14_195047 Seuil - septembre 2013 - 345 pages

Quatrième couverture : 
Comment RAPHAËL aurait-il pu savoir qu'en offrant cette bague à LAURA, il accomplissait le premier acte d'une prophétie maléfique millénaire ?
Et comment Laura aurait-elle pu soupçonner MELVIL, nouvel élève du lycée au charme irrésistible, d'être lié à elle par cette même prophétie ?
Le Démon des Brumes, resté tapi dans l'ombre depuis des décennies, vient d'accomplir sa dernière métamorphose et s'apprête à répandre la terreur parmi les hommes. Raphaël et Laura sont les outils de son projet démoniaque ; eux seuls seront peut-être capables de l'arrêter.

Auteur : Né en 1967, Luc Blanvillain est professeur de lettres. Il a déjà publié 4 romans pour la jeunesse, dont Un amour de geek (2011) et Une histoire de fou (2011). Dans ses romans, il aborde souvent les thèmes des adolescents, des problèmes familiaux, de la croyance fanatique et de l'indiscipline. Il s'inspire non seulement de ses enfants mais aussi des jeunes qu'il observe dans ses classes. Luc Blanvillain vit à Lannion, en Bretagne.
 
Mon avis : (lu en octobre 2013)
J'ai eu la surprise de recevoir ce livre de la part de l'auteur. J'avais bien aimé ces deux premiers livres. Pour celui-ci, n'étant pas fan des histoires fantastiques, j'ai mis un peu de temps avant de l'ouvrir et de m'y plonger. 
Le livre commence par un prologue en 1013 avec un terrible incendie. Puis l'histoire se situe en 2013, Laura et Raphaël sont deux lycéens amoureux. L'arrivée au lycée du mystérieux Melvil va bouleverser la quiétude de la ville...
J'ai lu sans peine la moitié du livre qui est bien écrit mais je n'ai pas eu envie de continuer plus loin, cette histoire ne m'intéressait pas plus que cela... 
N'étant pas le public à qui est plutôt destiné ce livre, j'ai préféré le proposer à deux de mes fils...
L'aîné (20 ans) a fait une pause dans sa lecture de "Le cycle des Dieux" de Bernard Werber pour lire "Le Démon des brumes" et son avis est mitigé : « C'est pas mal, j'ai bien aimé l'idée de la légende. »
Pour le plus jeune (15 ans), il compte le lire dès qu'il aura terminé sa lecture du moment... "Le cycle des Dieux" de Bernard Werber.
Merci à l'auteur et aux éditions du Seuil qui m'ont envoyé ce livre.
 
Autres avis : Elea, Vivelesbetises, Loula

Extrait : (début du livre)
- 1013 -
Il ne comprenait pas. 
Tout flambait. 
Les parchemins flambaient, les boiseries flambaient, les tentures, les poutres, les vases, les pilons, les pinces, les loupes, tous ses précieux instruments, son inestimable bric-à-brac, ses herbes, ses simples, ses liqueurs et même ses pierres, glanées aux confins du monde, tout fondait, crépitait, éclatait dans les mâchoires du brasier.
Une vie entière de sortilèges, une existence vouée aux ensorcellements de la matière et de l'esprit, au rêve du grand oeuvre, des années de labeur et d'inquiétudes, de veilles, de privations, une vie à scruter les signes dans le ciel et dans le vélin des bibliothèques, sa jeunesse enfiévrée par l'étude, par l'espoir, par la quête, toujours recommencée, de la pierre philosophale, son passé, son avenir, tout se tordait dans les flammes.
Il avait été l'un des premiers, le premier, peut-être, à voyager aussi loin pour ramener du bout du monde les textes secrets, sacrés, consacrés à cet art nouveau qu'on appelait «alchimie». Il avait appris la langue arabe et traduit en latin les formules du Kitâb sirr al-Khaliqa, il avait perdu trois orteils, gelés puis pourris de gangrène, quand la glace d'un lac qu'il traversait avait cédé sous son poids. Il les avait tranchés lui-même. Puis il était revenu en boitant jusqu'à Tours, sa ville natale, où il avait résolu de se consacrer à l'étude. Il s'était marié, tout de même, dans l'espoir de transmettre ses connaissances à son fils.
Il restait immobile et ne comprenait pas.
L'enfer avait jailli du creuset de cuivre rougi où les métaux fondus palpitaient sagement depuis des heures. Il avait pourtant respecté à la lettre les instructions du parchemin. Claquemuré dans son antre, il en avait interdit l'accès à sa femme et à son fils. Des nuits et des nuits qu'il ne dormait plus, se nourrissait de lueurs, les yeux à vif, si près d'atteindre enfin son but. Trop près.
Il avait dû se tromper, intervertir deux nombres. Une seconde d'inattention avait suffi.
Dans un instant, les flammes l'envelopperaient, à son tour. Elles hésitaient encore un peu, s'aplatissaient aux pieds de leur vieux maître déchu.
Il entendit les hurlements et secoua son rêve.
L'incendie avait gagné le reste de la maison. L'étage. Les chambres. Le torchis sec, les lambris, la paille, le bois, friandises instantanées pour la fureur du feu.
Et ce qu'il entendait, maintenant, par-delà les craquements, les écroulements de poutres, c'étaient des plaintes insoutenables. Sa femme, son fils et leur vieille servante, prisonniers, dévorés. Ils n'avaient aucune chance de s'en sortir. Les fenêtres étaient trop étroites. L'escalier s'était déjà écroulé. La violence de cette apocalypse était surnaturelle. Dieu ne voulait pas de survivants.

 

Lu du même auteur : 

un_amour_de_geek Un amour de geek  crimes_et_jeans_slim_p Crimes et jeans slim

 
15 septembre 2013

Mapuche - Caryl Férey

mapuche Gallimard - avril 2012 - 464 pages

Prix du meilleur polar français du Magazine LIRE 2012
Prix Landerneau Polar 2012

Quatrième de couverture : 
Jana est mapuche, fille d'un peuple sur lequel on a tiré à vue dans la pampa argentine. Rescapée de la crise financière de 2001-2002, aujourd'hui sculptrice, Jana vit seule à Buenos Aires dans la friche de son ancien mentor et, à vingt-huit ans, estime ne plus rien devoir à personne. Rubén Calderón aussi est un rescapé – un des rares « subversifs » à être sorti vivant des geôles clandestines de l'École de Mécanique de la Marine, où ont péri son père et sa jeune sœur. Trente ans ont passé depuis le retour de la démocratie. Détective pour le compte des Mères de la place de Mai, Rubén recherche toujours les enfants de disparus adoptés lors de la dictature de Videla, et leurs bourreaux... Rien, a priori, ne devait réunir Jana et Rubén, que tout sépare. Mais un cadavre est retrouvé dans le port de La Boca, celui d'un travesti, « Luz », qui tapinait sur les docks avec « Paula », la seule amie de la sculptrice. De son côté, Rubén enquête sur la disparition d'une photographe, Maria Victoria Campallo, la fille d'un des hommes d'affaires les plus influents du pays. Malgré la politique des Droits de l'Homme appliquée depuis dix ans, les spectres des oppresseurs rôdent toujours en Argentine. Eux et l'ombre des carabiniers, qui ont expulsé la communauté de Jana de ses terres ancestrales...

Auteur : Né en 1967, à Caen, remarqué lors de la parution de son troisième roman 'Haka', Caryl Férey s'inscrit rapidement parmi les figures importantes du polar à la française. La singularité de ses oeuvres : le dépaysement. Grand voyageur, l'écrivain situe ses romans noirs, parmi lesquels 'Zulu' ou 'Utu', aux quatre coins de la planète, de la Nouvelle-Zélande, où il a vécu, au Maroc en passant par la France ou l'Afrique du Sud. Inspiré par la culture rock, on lui doit des titres comme 'La Jambe gauche de Joe Strummer', référence directe à sa passion pour les Clash, ou 'D'amour et dope fraîche', qui constitue un nouvel épisode des aventures du Poulpe. Férey distille également son talent en direction d'un public plus jeune avec des livres comme 'Jour de colère' ou 'Ma langue de fer'. Lui qui a débuté auprès d'une petite maison d'édition rennaise, La Balle d'Argent, fait désormais partie des valeurs sûres de la prestigieuse Série noire.

Mon avis : (lu en septembre 2013)
Ce livre est à la fois un excellent thriller et un documentaire, un témoignage sur les années noires de la dictature en Argentine. 
Jana est une jeune Mapuche, elle vient d'une tribu indienne décimée par les colons blancs. Elle est sculptrice à Buenos Aires et a pour amie Paula, un travesti. 
Rubén Calderón est détective privé pour le compte des Mères de la place de Mai, il est le fils du poète Daniel Calderon, emprisonné et torturé à mort lors du Processus en 1978. Rubén et sa jeune sœur ont été également enlevés et torturés, seul Rubén en a réchappé. 
Les chemins de Rubén et Jana vont se croiser sur le port de la Boca. En effet, Rubén enquête sur la disparition de Maria Victoria Campallo, une photographe, fille d'un riche homme d'affaires argentin qui se destine à la politique. Et Luz, un des amis travestis de Jana est retrouvé assassiné dans le port. Le lecteur apprend rapidement qu'il existe un lien entre Maria et Luz. 
Il est question de l'histoire de l'Argentine durant les années mi 70 et fin 80. De la dictature de Videla et des disparitions d'enfants enlevés et clandestinement adoptés par les familles de militaires, de policiers ou de proches du pouvoir. 
L'enquête est passionnante, les personnages de Jana et Rubén sont attachants et émouvants, il y a bien sûr quelques scènes assez insoutenables, mais elles ont leurs raisons d'être... 

Autre avis : Enna

Note : ♥♥♥♥♥

Extrait : (début du livre)
Un vent noir hurlait par la portière de la carlingue. Parise, sanglé, inclina son crâne chauve vers le fleuve. On distinguait à peine l’eau boueuse du Río de la Plata qui se déversait depuis l’embouchure.

Le pilote avait mis le cap vers le large, en direction du sud-est. Un vol de nuit comme il en avait fait des dizaines dans sa vie, bien des années plus tôt. L’homme au bomber kaki était moins tranquille qu’à l’époque : les nuages se dissipaient à mesure qu’ils s’éloignaient des côtes argentines et le vent redoublait de violence, secouant le petit bimoteur. Avec le vacarme de la portière ouverte, il fallait presque crier pour se faire entendre.
— On va bientôt sortir des eaux territorialesþ! prévint-il en balançant sa tête vers l’arrière.
Hector Parise consulta sa montre-bracelet ; à cette heure, les autres devaient déjà avoir expédié le colis… Les crêtes des vagues miroitaient sur l’océan, ondes pâles sous la lune apparue. Il s’accrocha aux parois de la carlingue, géant chancelant sous les trous d’air. Le « paquet » reposait sur le sol, immobile malgré les soubresauts de l’appareil. Parise le fit glisser jusqu’à la portière. Six mille pieds : aucune lumière ne scintillait dans la nuit tourmentée, juste les feux lointains d’un cargo, indifférent. Sa sangle de sécurité battait dans l’habitacle exigu.
— O.K. ! rugit-il à l’intention du pilote.
L’homme dressa le pouce en guise d’assentiment.
Le vent fouettait son visage ; Parise saisit le corps endormi par les aisselles et ne put s’empêcher de sourire.
— Allez, va jouer dehors, mon petit…
Il allait basculer le paquet sur la zone de largage quand une lueur jaillit des yeux ouverts — une lueur de vie, terrifiée.
Le colosse tangua dans la tourmente, pris de stupeur et d’effroi : shooté au Penthotal, le paquet n’était pas censé se réveiller, encore moins ouvrir les paupières ! Était-ce la Mort qui le narguait, un jeu de reflets nocturnes, une pure hallucination ? ! Parise empoigna le corps avec des frissons de lépreux, et le précipita dans le vide.

Déjà lu du même auteur :

zulu Zulu haka_p Haka

 Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  3/25

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16 septembre 2013

50 nuances de Grey - E L James

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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Audiolib - novembre 2012 - lu par Séverine Cayron

JC Lattès - octobre 2012 - 560 pages

traduit de l’anglais par Denyse Beaulieu

Titre original : Fifty Shades, book 1: Fifty Shades of Grey, 2011

Quatrième de couverture :
Romantique, libérateur et totalement addictif, écoutez le livre dont tout le monde parle !
Quand Anastasia Steele, 21 ans, rencontre Christian Grey, jeune patron d’une multinationale, elle tombe sous le charme. Mais pensant lui avoir été indifférente, elle cherche à l’oublier. Pourtant, quelques temps plus tard, celui-ci l’invite à dîner en tête à tête. Ana découvrira peu à peu la part d’ombre de cet homme, consumé par le désir de tout contrôler. Confrontée aux fantasmes de possession, entre autre, de Christian Grey, Ana se met à ressentir des désirs de soumission ignorés jusqu’alors. La romance se métamorphose en un roman volcanique, évoquant les fantasmes féminins et masculins les plus enfouis… Le premier tome d’une trilogie addictive à souhait. Et un best-seller mondial. À suivre.
Quoi de mieux que la musicalité d’une voix pour chuchoter à l’oreille – telle une confidence – les méandres du désir ? Séverine Cayron, formée très tôt à la musique classique, donne ici une interprétation troublante de ces aveux qui osent se nommer.

Auteur : Erika Leonard, plus connue sous son pseudonyme E.L. James, travaille à la direction d'une chaine de télévision. Elle est mariée et a deux enfants, et vit à l'ouest de Londres. Elle est connue pour sa trilogie : Fifty shades of Grey, Fifty shades darker et Fifty Shades freed. Le succès est immense pour ces livres d'abord publiés en format numérique, et qualifiés par la presse de   « Mummy Porn », livre pornographique pour ménagère de moins de cinquante ans. Les éditeurs se sont battus pour publier la trilogie en format papier, et un film devrait bientôt voir le jour.

Lecteur : Séverine Cayron, artiste interprète, formée dès le plus jeune âge à la musique classiqueet au violoncelle, elle décide de s'orienter vers la comédie, et sort diplômée avec distinction de l'IAD (Belgique) en 2007. Elle se spécialise rapidement dans les voix off et le doublage et  continue sa voie de musicienne, chanteuse et "auteur-compositeur-interpète" au sein de son projet personnel et autres groupes.

Mon avis : (écouté en août 2013)
J'ai enfin découvert ce livre "phénomène" en version audio grâce à Sylire chez qui j'ai gagné ce livre-audio début juillet. Il m'a accompagné durant les vacances mais j'ai mis plus d'un mois à le lire... J'ai lu assez rapidement les premiers chapitres, puis la lassitude m'a pris... J'ai mis plus d'un mois à écouter ce livre, car l'envie me manquait et me forçant à écouter au moins un chapitre par jour les dernières semaines que je suis enfin arrivée au bout du livre... (j'ai failli plusieurs fois écouter directement le dernier chapitre pour savoir comment s'achevait le livre). 
J'ai apprécié la lecture audio, car la lectrice est très agréable à écouter. En plus, pour la discrétion, c'est la forme parfaite...

Concernant l'intrigue, il n'y en a pas vraiment... La première partie avec la rencontre entre Ana et Christian et les premières approches s'écoute facilement, ensuite c'est assez répétitif, beaucoup de scènes de sexe, c'est très proche de la série arlequin avec un vocabulaire grossier et cru... Côté personnages, Christian est un personnage assez sombre, il garde en lui des blessures venues de l'enfance. Anastasia m'a agacée... Sa naïveté est si peu crédible et sa façon d'accepter tout de Christian m'a dérangée.

Je suis contente d'avoir découvert, même laborieusement, ce livre pour m'en faire moi-même une opinion mais je ne pense vraiment pas lire ou écouter les deux autres tomes...
Encore merci Sylire pour ce livre audio.

Autres avis : Sandrine, Sylire, ValérieLeiloona, Stéphie, Enna

Extrait : (début du livre)
Je grimace dans le miroir, exaspérée. Ma saleté de tignasse refuse de coopérer. Merci, Katherine Kavanagh, d'être tombée malade et de m'imposer ce supplice ! Il faut que je révise, j'ai mes examens de fin d'année la semaine prochaine, et, au lieu de ça, me voilà en train d'essayer de soumettre ma crinière à coups de brosse. Je ne dois pas me coucher avec les cheveux mouillés. Je ne dois pas me coucher avec les cheveux mouillés. Tout en me répétant cette litanie, je tente une nouvelle fois de mater la rébellion capillaire. Excédée, je lève les yeux au ciel face à cette brune qui me fixe, avec son teint trop pâle et ses yeux bleus trop grands pour son visage. Tant pis. Je n'ai pas le choix : la seule façon de me rendre à peu près présentable, c'est de me faire une queue-de-cheval.
Kate est ma colocataire, et elle a été terrassée par la grippe aujourd'hui. Du coup, elle ne peut pas interviewer pour le journal des étudiants un super-magnat de l'industrie dont je n'ai jamais entendu le nom. Résultat : elle m'a désignée volontaire. Je devrais relire mes notes de cours, boucler une dissertation, bosser au magasin cet après-midi, mais non - je me tape les 265 kilomètres qui séparent Vancouver dans l'État de Washington du centre-ville de Seattle pour rencontrer le mystérieux P-DG de Grey Enterprises Holdings, Inc., grand mécène de notre université. Le temps de ce chef d'entreprise hors du commun est précieux - bien plus que le mien -, mais il a accepté d'accorder une interview à Kate. C'est un scoop, paraît-il. Comme si j'en avais quelque chose à foutre. Kate est blottie dans le canapé du salon.
- Ana, je suis désolée. Cette interview, je cours après depuis neuf mois. Si j'annule, je n'aurai pas d'autre rendez-vous avant six mois et, d'ici là, on aura quitté la fac. Je suis la rédac' chef, je ne peux pas me permettre de planter le journal. Je t'en supplie, ne me laisse pas tomber, m'implore-t-elle d'une voix enrouée.
Elle fait comment ? Même malade, elle est à tomber avec ses cheveux blond vénitien impeccablement coiffés et ses yeux verts pétillants, bien que, pour l'instant, ils soient rouges et larmoyants. Je refoule une bouffée de compassion.
- Évidemment que je vais y aller, Kate. Retourne te coucher. Tu veux de l'Actifed ou un Doliprane ?
- Actifed, s'il te plaît. Tiens, voici mes questions et mon dictaphone. Tu appuies ici pour enregistrer. Prends des notes, je décrypterai.
- Ce mec, je ne sais rien de lui, dis-je en tentant vainement de réprimer ma panique croissante.
- Avec mes questions, tu t'en sortiras très bien Allez, vas-y. Tu as une longue route à faire II ne faut pas que tu sois en retard.
- O.K., j'y vais. Retourne te coucher. Je t'ai préparé de la soupe, tu pourras la faire réchauffer plus tard.
Il n'y a que pour toi que je ferais ça, Kate.
- D'accord. Bonne chance. Et merci, Ana - comme toujours, tu me sauves la vie.
Je prends mon sac à dos en lui adressant un sourire ironique. Je n'arrive toujours pas à croire que je me sois laissé convaincre par Kate de faire ça. Cela dit, Kate pourrait convaincre n'importe qui de faire ses quatre volontés. Elle est éloquente, forte, persuasive, combative, belle - et c'est ma meilleure amie.

  Challenge God Save The Livre 
Challenge_anglais

 Challenge Voisins, voisines

 voisins_voisines_2013
Angleterre

   Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Chiffre/Nombre"

25 juillet 2013

Zalbac brothers - Karel de la Renaudière

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

zalbac_brothers Albin Michel - mai 2013 - 317 pages

Quatrième de couverture :

New York, une très secrète banque d'affaires.
Un jeune français venu de nulle part.
Une héritière qui hésite sur son destin.
L'histoire d'une ascension et d'une chute.

Dans la grande tradition de John Grisham, Karel de la Renaudière, un des directeurs d'une grande banque internationale, explore les coulisses de la haute finance et du pouvoir. Ce thriller captivant dresse un tableau à la fois fascinant et terrible de notre époque.

Auteur : 38 ans. Génération bulle internet. Poursuivre les rêves construits par toutes ses lectures d'enfant et d'adolescent, l'a conduit dans l'audiovisuel aux côtés de Jean-Edern Hallier. Devenu entrepreneur dans la technologie, son succès lui a valu d'être débauché par une grande banque internationale où il a fait une ascension digne d'un de ses personnages. Par ce thriller, il paie sa dette à l'univers romanesque qui l'a formé et l'a fait directeur.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
Jean Demester travaille comme chauffeur de taxi à New-York, il a fait des études de mathématiques et de finance et il est violoniste amateur. Il fait connaissance avec Bruce Zalbac, dit le « King », le grand patron de la banque d'affaires « Zalbac Brothers » lorsque la voiture de celui-ci coupe dangereusement la route de son taxi. Après une discution autour de la musique Bruce Zalbac donne sa carte à Jean pour un éventuel travail. Jean commence donc à travailler chez  « Zalbac Brothers » en tant que stagiaire, il fait des cafés et des photocopies, puis de la saisie... Ce n'est pas facile de travailler sous les ordres du peu sympathique et ambitieux Donovan. Pourtant Jean va réussir à gravir les différents échelons de la banque.
C'est un livre qui se lit facilement, il n'est pas nécessaire de connaître la finance pour comprendre l'intrigue. Le livre est présenté à tort comme un « thriller financier », il n'y a ni crime, ni enquête policière...
J'ai trouvé très intéressant de découvrir le fonctionnement du monde de la finance, avec ses requins, du bluff et ses entourloupes... La partie sentimentale de l'histoire m'a ennuyée et je regrette que le final ne soit pas plus développé.

Merci à Laure et aux éditions Albin Michel pour m'avoir permis de passer un bon moment avec ce livre.

 

Extrait : (début du livre)
La limousine avance au pas, le long de Park Avenue rendue déserte par le froid et la neige. Soufflés par les bourrasques, les flocons volent au-dessus de Manhattan. Jean Demester colle sa tête au pare-brise. Les mains agrippées au volant, il s'énerve. Une soirée sans clients, c'est une soirée sans pourboires. Le couple de Texans qu'il devait conduire à l'Apollo Theater a finalement renoncé à sortir de l'hôtel. Le Français fait ses calculs : même avec ce qu'il a empoché hier, il n'a toujours pas de quoi rembourser sa part du loyer. Encore une journée gâchée ! La buée obscurcit son champ de vision. Il lâche un juron.
- Il ne manquerait plus qu'elle tombe en rade !
À cet instant, une Maybach bleu et marron glacé surgit de la 66e au ralenti. Son apparition dans un halo de lumière a quelque chose de fantomatique. Jean freine brusquement. La vieille Cadillac se met en travers de l'avenue, avant de s'immobiliser à quelques centimètres de la luxueuse berline bicolore. Il ouvre la portière et sort de la limousine comme un diable de sa boîte. Il s'approche en invectivant son homologue à casquette, qui le regarde, impassible.
- Mais où t'as trouvé ton permis, toi ?
- I beg your pardon ?
- Ça va, ça va... Laisse tomber.
Soudain, la vitre arrière gauche commence à s'abaisser. Un visage sévère apparaît. Ses cheveux gris et courts sont impeccablement plaqués, le sexagénaire porte un manteau en alpaga de bonne coupe.
- J'y crois pas Miss Daisy, t'écoutes encore David Oistrakh ? assène le jeune homme, tandis que le concerto pour violon et orchestre de Tchaïkovski s'échappe des haut-parleurs encastrés dans les portières.
L'homme le dévisage, l'air surpris. Contre toute attente, il parle français. Avec un fort accent américain, mais français.
- Je vois. Quel violon vous conviendrait ? demande-t-il en esquissant un sourire.
Jean hésite.
- Je sais pas, j'aime bien Heifetz. En voilà un qu'il ne connaîtra pas...
- Heifetz... C'est banal ! Pourquoi pas Menuhin, hein ?
- Menuhin...
Encore mieux ! Il est coriace.
- Auer, maybe ?
Le regard du passager de la berline est à la fois inquisiteur et bienveillant, comme s'il prenait un plaisir certain à ce petit jeu.
Le jeune homme sursaute, soudain piqué au vif.
- Vous foutez pas de moi ! There is no Auer recording, pas d'enregistrement d'Auer ! Vous me prenez pour un débutant ?
Le visage de son interlocuteur se fend d'un large sourire.
- Et pourquoi ?
- Auer n'a jamais enregistré le concerto parce qu'il n'arrivait pas à le jouer correctement ! Trop technique. Quand on pense que Tchaïkovski l'avait écrit pour lui... quel gâchis ! Bon, c'est pas que je m'ennuie, mais...
- Attendez...

Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  2/25

Challenge New-York 2013
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11 septembre 2013

D'acier - Silvia Avallone

Lu en partenariat avec les éditions J'ai Lu

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Liana Levi - avril 2011 - 387 pages

Liana Levi Piccolo - mai 2012 - 400 pages

J'ai Lu - mai 2013 - 411 pages

traduit de l'italien par Françoise Brun

Titre original : Acciaio, 2010

Prix des lecteurs de L'EXPRESS en 2011

Quatrième de couverture : 
Il y a la Méditerranée, la lumière, l'île d'Elbe au loin. Mais ce n'est pas un lieu de vacances. C'est une terre sur laquelle ont poussé brutalement les usines et les barres de béton. Depuis les balcons uniformes, on a vue sur la mer, sur les jeux des enfants qui ont fait de la plage leur cour de récréation. La plage, une scène idéale pour la jeunesse de Piombino. Entre drague et petites combines, les garçons se rêvent en chefs de bandes, les filles en starlettes de la télévision. De quoi oublier les conditions de travail à l'aciérie, les mères accablées, les pères démissionnaires, le délitement environnant... Anna et Francesca, bientôt quatorze ans, sont les souveraines de ce royaume cabossé. Ensemble, elles jouent de leur éclatante beauté, rêvent d'évasion et parient sur une amitié inconditionnelle pour s'emparer de l'avenir.

Auteur : Silvia Avallone, avant d'étudier la philosophie à Bologne, a vécu en Toscane, à Piombino, la ville industrielle qui sert de toile de fond à D'acier. A 25 ans à peine, ce premier roman la propulse en tête des meilleures ventes en Italie (350 000 exemplaires). Célébré par la critique, traduit dans 12 pays. en cours d'adaptation au cinéma. D'acier a été finaliste du prix Strega et couronné par le prix Campiello Opera Prima.

Mon avis : (lu en septembre 2013) 
Cela fait longtemps que j'avais envie de lire ce livre et lorsque les éditions J'ai Lu me l'ont proposé en partenariat, j'étais ravie de pouvoir enfin le découvrir... 
Eté 2001, Piombino en Toscane en Italie, une cité industrielle italienne où les HLM ne sont pas loin de l'aciérie voisine qui crache des fumées noires, la mer n'est pas loin mais la plage ressemble plus à un terrain vague et en face, l'Ile d'Elbe inaccessible qui fait rêver Anna et Francesca âgées de quatorze ans. Adolescentes, elles sont les reines du quartier, elles jouent aux "grandes", se maquillent avec générosité, rêvent des garçons, tantôt innocentes, tantôt provoquantes... Elles sont inséparables, comme des sœurs. Mais à la maison, Anna et Francesca ont des relations difficiles avec leurs pères qu'elles surnomment "les babouins", Enrico est violent, Arturo est démissionnaire. Autour, d'elles gravitent d'autres personnages, Rosa et Sandra, les mères, Nino, Massi les garçons, une camarades de classe, Lisa et sa sœur Donata, Alessio le frère d'Anna... 

Le lecteur découvre qu'à Piombino, la vie n'est pas facile, le contexte social est difficile, le chômage crée la misère... C'est un roman réaliste, très prenant qui décrit avec beaucoup de précision le quotidien de cette cité ouvrière italienne. 

Une adaptation cinématographique a été réalisée en 2012 par Stefano Mordini avec Vittoria Puccini , Michele Riondino , Luca Guastini. Date de sortie en France: 05 juin 2013.

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Merci Silvana et les éditions J'ai Lu pour m'avoir permis de découvrir ce livre très touchant.

Autres avis : Clara, Canel, Lecturissime

Note : ♥♥♥♥♥

Extrait : (début du livre)
Dans le cercle flou de la lentille, la silhouette bougeait à peine, sans tête. 

Une portion de peau zoomée à contre-jour. 
Ce corps, d'une année sur l'autre, avait changé, peu à peu, sous les vêtements. Et maintenant il explosait, dans les jumelles, dans l'été. 
De loin, l'oeil grignotait les détails : la bride du maillot, le triangle du bas, un filament d'algue sur la hanche. Les muscles tendus au-dessus du genou, la courbe du mollet, la cheville où le sable colle. L'oeil s'ouvrait plus grand, devenait rouge, à sonder cette lentille. 
Le corps adolescent bondit hors champ et se jeta dans l'eau. 
Un instant après, objectif repositionné, mise au point faite, il reparut, avec cette chevelure blonde magnifique. Et ce rire si violent que même à cette distance, même juste à le voir, ça t'électrisait. Comme si tu y pénétrais réellement, entre ces dents blanches. Et les fossettes sur les joues, et la cavité entre les omoplates, et le creux du nombril et tout le reste. 
Elle s'amusait comme à son âge, ignorant qu'on l'observait. Sa bouche était ouverte. Qu'est-ce qu'elle peut bien dire ? Et à qui ? Elle piqua une tête dans une vague, émergea de l'eau, le soutien-gorge tout de travers. Une piqûre de moustique sur l'épaule. La pupille de l'homme se rétrécissait, se dilatait, comme sous l'effet d'une drogue. 
Enrico regardait sa fille, tellement plus forte que lui. Du balcon, après le déjeuner, quand il n'était pas d'équipe chez Lucchini, il espionnait Francesca. Il la suivait, l'observait, à travers les lentilles de ses jumelles de pêche. Francesca trottinait avec sa copine Anna sur le sable mouillé, elles se poursuivaient, se touchaient, s'attrapaient par les cheveux, et lui, là-haut, figé, il transpirait, son cigare toscan à la main. Lui, le géant, en débardeur ruisselant de sueur, l'oeil écarquillé, planté là dans la chaleur effroyable. 
Il la surveillait, comme il disait, depuis qu'elle s'était mise à aller à la plage avec certains individus, des garçons plus âgés qui ne lui inspiraient aucune confiance. Ils fumaient, et des pétards aussi, sûrement. Quand il en parlait à sa femme, de ces marginaux que fréquentait sa fille, il se mettait à crier comme un malade. Ils fument des pétards, ils prennent de la cocaïne, ils revendent des médocs, sûrement qu'ils veulent s'envoyer ma fille! Ça, il ne le disait pas explicitement. Il tapait du poing sur la table ou dans le mur. 
Mais l'habitude d'espionner Francesca, il l'avait prise avant: depuis que le corps de sa petite s'était comme débarrassé de ses écailles pour acquérir peu à peu une peau et une odeur précises, nouvelles, primitives peut-être. Tout à coup, de la petite Francesca, avaient jailli un petit cul et une paire de nichons insolents. Le bassin s'était cambré, dessinant les galbes du buste et du ventre. De tout ça, il était le père. 
En ce moment il regardait sa fille se démener au bout de ses jumelles, se jeter en avant de toutes ses forces pour attraper un ballon. Ses cheveux trempés qui collaient à son dos et ses hanches, sa peau incrustée de sel. 
Les ados jouaient au volley en cercle, autour d'elle. Elle, Francesca, tout élan et mouvement, dans un même et unique tumulte de cris et d'éclaboussures à la lisière de l'eau. Mais Enrico ne s'intéressait pas au jeu. Enrico pensait au maillot de sa fille : nom de Dieu, on voit tout. Ça devrait être interdit, des maillots pareils. Si un seul de ces salauds se hasarde à me la tripoter, je descends sur la plage avec ma matraque. 
"Qu'est-ce que tu fais ?" 
Enrico se retourna vers sa femme qui, debout au milieu de la cuisine, le regardait avec une expression mortifiée. Oui, Rosa se sentait mortifiée, diminuée, de voir son mari ainsi, les jumelles à la main à trois heures de l'après-midi. 
"Je surveille ma fille, si tu permets." 
Ça n'était pas toujours facile non plus de soutenir le regard de cette femme. L'accusation constante, plantée là, dans les yeux de son épouse. Enrico fronça les sourcils, avala sa salive. 
"C'est le minimum quand même... 
- Tu es ridicule ", siffla-t-elle. 
Il regarda Rosa, comme un objet qui vous encombre et vous met en rogne, pas plus. 
"Tu trouves ridicule de garder un oeil sur ma fille, par les temps qui courent ? Tu vois pas avec qui elle traîne à la plage ? C'est qui, ces types, hein ?" 
Cet homme-là, quand il sortait de ses gonds - et c'était souvent -, son visage se congestionnait, les veines de son cou gonflaient à faire peur. 
Il n'avait pas autant de colère en lui, à vingt ans, avant de se laisser pousser la barbe et de prendre tous ces kilos. C'était un beau garçon, qui venait d'être engagé chez Lucchini, et qui depuis l'enfance s'était forgé les muscles à travailler la terre. Il s'était transformé en géant dans les champs de tomates, et plus tard à pelleter le charbon. Un homme comme tant d'autres, monté de la campagne à la ville, son baluchon sur l'épaule. 
"Tu vois pas ce qu'elle fait, à son âge... Et comment elle est fagotée, merde !" 

Challenge Voisins, voisines
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Italie

   Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Couleur"

2 octobre 2013

Volt - Alan Heathcock

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

volt Albin Michel - septembre 2013 - 320 pages

traduit de l'américain par Olivier Colette

Titre original : Volt, 2011

Quatrième de couverture :
« Les nouvelles qui composent ce premier recueil n’ont pas un seul défaut. Alan Heathcock y affiche cette générosité d’esprit propre aux écrivains qui aiment réellement leurs personnages. Volt est la preuve époustouflante de son talent. Galvanisant. »; Donald Ray Pollock, auteur de Le Diable, tout le temps Krafton, petite ville imaginaire de l’Amérique profonde aux allures bibliques, où abondent secrets inavouables, crimes anciens et chagrins enfouis est le décor des nouvelles d’Alan Heathcock. L’écriture puissante et lyrique, le suspense sombre qui imprègne ce paysage, et la poésie avec laquelle l’auteur évoque la violence inhérente à l’Amérique marquent la naissance d’un écrivain au talent singulier, salué par le New York Times et Publishers Weekly comme l’auteur d’un des meilleurs livres de l’année.

Auteur : Originaire de Chicago, Alan Heathcock a été révélé en 2011 aux Etats-Unis avec ce recueil de nouvelles classé parmi les meilleurs livres de l'année par le New York Times et Publishers Weekly entre autres. Couronné par le Whiting Award en 2012, Alan Heathcock enseigne la littérature à l'université de Boise (Idaho) et se consacre à l'écriture de son premier roman.

Mon avis : (lu en septembre 2013)
Ce livre est le recueil de 8 nouvelles qui ont pour point commun de se passer à Krafton une petite ville imaginaire de l’Amérique profonde. 
Ce sont des histoires originales et très bien construites mais également terriblement sombres. La première nouvelle met en scène un fermier responsable de la mort de son fils puis du déraillement d'un train qui s’enfuit du jour au lendemain pour changer sa vie. Dans la suivante, c'est l'histoire d'un homme qui n'hésite pas à réveiller en pleine nuit son fils adolescent et lui demande de l'aider faire disparaître le corps d’un homme qu’il vient de tuer...  Ensuite c'est la shérif de Krafton, une jeune femme, qui décide de faire justice elle-même... 
Décès, meurtres, vengeances, inondations, destructions voilà les sujets de ces nouvelles sans oublier de nombreux personnages coupables de délits impardonnables... On retrouve certains personnages dans plusieurs nouvelles en personnages secondaires puis principal. L'écriture est assez cin
ématographique et le lecteur arrive facilement à imaginer les scènes et les paysages décrits.
Je n'ai pas toujours été convaincus par toutes les conclusions de chacune des histoires, en effet, il y a parfois une non-fin ce qui est frustrant pour le lecteur...

Merci Laure et les éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir ces nouvelles souvent surprenantes.

Extrait : (début du livre)
Le crépuscule brûlait la ligne de crête et les tourbillons de poussière soulevés par les disques de la charrue formaient un brouillard sur le champ. Il clignait des yeux, ne pouvait pas s'en empêcher. Il n'avait plus un coin propre sur lui pour s'essuyer le visage. Demain, il avait réservé sa journée pour semer le blé d'hiver et il restait tant à faire. A trente-huit ans, Winslow Nettles inspirait le respect. Il avait toujours rentré du grain sec, parole de fermier.
Winslow ne vit tout simplement pas son fils traverser le champ en courant. Il ne vit pas Rodney grimper à l'arrière du tracteur, les mains pleines de pain de viande et de maïs doux enveloppés dans du papier d'aluminium. Il ne vit pas la chaussure de Rodney glisser sur le crochet d'attelage.
Winslow se tamponna les yeux avec un mouchoir crasseux. Les disques de la charrue se soulevèrent. Il se retourna brusquement pour voir sur quoi il était passé et derrière lui, comme tombé du ciel gisait un petit garçon.
Winslow sauta du tracteur, courut vers son fils. Avec sa ceinture, il comprima une entaille dans sa cuisse. Il appuya sa paume contre le cou de Rodney. Des filets de sang coulaient entre ses doigts. Winslow tint délicatement l'enfant sur ses genoux et regarda le tracteur avancer, les disques de la charrue projetant un arc de poussière de plus en plus pâle vers les rails de la ligne de fret, qui marquaient la limite nord de tout ce qu'il possédait.

 

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Le Mois Américain

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43/50 :  Illinois

 Challenge 2% Rentrée Littéraire 2013
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9/12

Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  5/25

15 juillet 2013

Les lumières du ciel - Olivier Maulin

 Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : LUMIERE

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Balland - octobre 2011 - 252 pages

Pocket - février 2013 - 245 pages

Quatrième de couverture :
Paul-Emile Bramont n'est pas un foudre de guerre. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne voue pas au travail la vénération exigée par l'époque. Prince des ratés, il explore avec sérénité les bas-fonds de l'ambition, passant d'un hôtel miteux à un boulot minable et à des combines louches. Accompagné de son copain Momo, dj de patinoire de son état, et Bérangère, la femme d'un chirurgien plasticien, sa maîtresse du moment, il décide de fuir cette société basée sur le culte de la technique et de la consommation à tout-va et prend la route. Au cours de ce road-trip chaotique, ils découvriront Jérusalem, un hameau paisible où la loi du marché n'existe pas. On y boit sous les étoiles, on y lance des grenades pour combattre des chimères et les nuits sont enchantées. Ils y croiseront un curé anarchiste, un clochard amoureux des armes à feu et un militant primitiviste radical, tous en guerre contre le monde moderne et toute forme de production. Ils entrevoient alors un autre monde, un monde auquel il faudrait d'ores et déjà se préparer.

Auteur : Né en Alsace en 1969, Olivier Maulin vit et travaille aujourd'hui à Paris. Après des études sur l'histoire du Brésil à la Sorbonne et avoir exercé divers métiers (employé de banque, barman, conférencier, vendeur de sapins de noël ou facteur), il écrit aujourd'hui pour la presse notamment sur l'écologie ainsi que des scénarios. 
En 2006, il publie son premier roman En attendant le roi du monde, Prix Ouest France/Étonnants Voyageurs, pour lequel il est sélectionné au Festival du Premier Roman de Laval. Suivront quatre autres romans :Les Évangiles du Lac (2008), Derrière l'horizon (2009) et Petit monarque et catacombes (2009), ainsi que Les lumières du ciel (2011), sélectionné pour le Prix Flore 2011.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
Livre que j'avais remarqué à sa sortie par sa couverture surprenante...
Paul-Emile Bramont ou Mimile ne court pas après le travail, il se contente de petits boulots ou profite de la gentillesse de ses amis. Après un travail de vendeur de sapins de Noël sur un parking de supermarché qui lui a permis de gagner une belle somme pour lui, il décide de partir quelques jours en vacances sur la Côte d'Azur. Il part vers le sud à bord d'une vieille Fiat Panda avec Bérangère, une femme au foyer sans enfants, très riche et son ami Momo, DJ dans une patinoire. La rencontre avec un auto-stoppeur vont leur faire faire un détour par Jérusalem, un petit hameau des Cévennes où une dizaine d'habitants vivent en autarcie, un peu à la baba cool, loin du monde moderne.
Une histoire pleine d'humour, avec des personnages haut en couleurs qui fait la critique de notre société de consommation. J'ai trouvé ce livre amusant et facile à lire mais sans plus, certaines situations peu crédibles ont alourdi l'histoire. Je n'en garderai pas un grand souvenir.

Autre avis : Canel

Extrait : (début du livre)
J'avais laissé la fenêtre ouverte pendant la nuit. Il avait plu à l'intérieur de la piaule. Le parquet était tout taché, ça sentait le bois mouillé. Les toits brillaient, les pigeons roucoulaient, la matinée était froide mais ensoleillée, une belle journée de fin d'automne. Je ne sais pas pourquoi mais j'avais l'impression qu'elle était pleine de promesses pour moi. J'ai rempli le lavabo d'eau froide, j'ai plongé ma tête dedans, j'ai soigneusement peigné mes cheveux mouillés, je me suis habillé et je suis descendu.

À peine le patron m'a-t-il vu qu'il s'est mis à tapoter de ses gros doigts sur le comptoir de la réception d'un air agacé. Il avait une gueule d'hippopotame, des chemises jaunes puantes en lin froissé et se croyait à la tête du Georges- V. Un vrai con.
- Salut, patron, belle journée en perspective, j'ai dit d'un air enjoué.
- Te fous pas de ma gueule, par-dessus le marché, petit salaud ! il a répondu. J'en ai plein le dos de tes boniments ! C'est pas l'Armée du salut, ici !
- Ben alors, en voilà des manières ! Et la politesse ? La courtoisie ? Piliers de la civilisation !
- Tu veux mon pied au cul, dis ?
Il y avait une lettre dans mon casier. Je l'ai saisie d'un petit geste élégant.
- Du calme, j'ai dit. Figure-toi qu'il n'est pas exclu que je devienne millionnaire avant la fin de la journée... J'attends une grosse somme d'argent...
J'agitais la lettre sous son nez. L'hippopotame secouait la tête en levant les yeux au ciel.
- J'en ai rien à renifler que tu soyes millionnaire ! Tout ce que je veux, c'est que tu paies tes nuits ! C'est tous les jours le même baratin ! T'émerges à midi, tu dis que tu vas être millionnaire et tu rentres bourré à pas d'heure ! J'en ai marre, si tu veux savoir...
- Pas de problème, patron. Fais-moi donc un petit café, s'il te plaît.
- Va te faire foutre.
J'ai décacheté l'enveloppe et lu la lettre.
« Cher petit enculé, non content de m'avoir arnaqué comme une ordure que tu es, voilà que tu tournes autour de ma femme. Alors écoute-moi bien parce que je le dirai pas deux fois. Si je te croise à moins de cent mètres de chez moi, je te pète la gueule sans sommation. Cent mètres, pas un de moins. Signé : qui tu sais. »
Les emmerdes, ça arrive généralement par nuées, comme les sauterelles dans la Bible.

 Challenge Petit BAC 2013
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"Couleur"

27 août 2013

Autumn Laing – Alex Miller

Lu dans le cadre de La Rentrée Littéraire 2013 Libfly
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traduit de l'anglais (Australie) par Françoise Pertat

Titre original : Autumn Laing, 2011

Quatrième de couverture :
« C’est ici que tout a commencé il y a cinquante-trois ans. »
C’est ici, dans la moiteur des environs de Melbourne, qu’Autumn Laing, née Gabrielle Louise Ballard, connut l’unique passion de son existence. 
Au crépuscule de sa vie, Autumn, solitaire et revêche, raconte comment la tendresse qui la liait à son mari, Arthur, homme de loi intègre fréquentant la bohème des années trente, fut balayée par sa relation avec Pat Donlon. Peintre génial, fascinant d’égoïsme, il révolutionna autant son quotidien que l’art de son pays. Entre eux, la passion est physique, l’amour incandescent, le désir dévastateur. Car face à la folie créatrice de l’artiste, la muse n’est rien qu’un souffle vite emporté, une image vite oubliée.
Après le magistral Lovesong, Alex Miller prouve qu’il est sans conteste l’un des plus grands prospecteurs des sentiments amoureux, en offrant une vision de l’amour avec ses zéniths et ses gouffres, son tumulte et ses silences.

Auteur : Alex Miller est né en 1936 à Londres. Australien d’adoption, il fut tour à tour garçon de ferme, magasinier, carillonneur, dresseur de chevaux, universitaire, dramaturge et enseignant, avant de publier en 1988 son premier livre. Auteur de dix romans, tous encensés par la critique, c’est avec Landscape of Farewell (2007), Lovesong (Phébus, 2012) et surtout Autumn Laing qu’il acquiert définitivement le statut d’écrivain majeur de son pays. Il reçoit en 2007 le Manning Clark Cultural Award pour sa contribution au rayonnement de la littérature australienne à l’étranger.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
« Ils sont tous morts, et moi je suis vieille et décharnée. C’est ici que tout a commencé il y a cinquante-trois ans. » Voilà les premières phrases de ce livre. La narratrice, c'est Autumn Laing, elle a 85 ans et elle vit seule à Old Farm environs de Melbourne en Australie. Après avoir aperçu en ville, Edith Dolon qu'elle n'avait plus vu depuis plus de cinquante ans, Autumn est renvoyée vers son passé et elle se met à raconter ses souvenirs. Dans les années 30, Autumn et Arthur Laing s'occupaient de la promotion d'artistes australiens. En 1938, ils font la connaissance de Pat Dolon, un jeune peintre plein d'ambition. Pat est marié avec Edith. Entre Autumn et Pat une vraie complicité s'installe qui deviendra une passion. Autumn a dix de plus que Pat mais elle l'inspira l'artiste en herbe. Le lecteur suit en alternance le présent et le passé d'Autumn, il découvrira peu à peu la suite de cette passion.
J'ai eu un peu de mal à entrer dans le livre, sans doute car l'auteur prend son temps pour installer l'intrigue et les différents protagonistes. Ensuite, j'ai été embarquée par le récit de cette histoire d'amour, intéressée également par le côté artistique sans oublier la découverte des grands espaces australiens décrit formidablement par Alex Miller. 
Cette histoire est une fiction même si l'auteur ne se cache pas avoir été inspiré par la vie de Sunday Reed (Autumn Laing) et du peintre Sidney Nolan (Pat Dolon).

Merci à Libfly et Le Furet du Nord pour m'avoir permis de découvrir ce livre à l'occasion de l'opération On vous lit tout.

Note : ♥♥♥♥

Extrait : (début du livre)
Ils sont tous morts, et moi je suis vieille et décharnée. C’est ici que tout a commencé il y a cinquante-trois ans. Ici, où j’ai trouvé refuge à l’ombre de l’ancienne écurie aux planches gondolées et disjointes en cet après-midi de janvier étouffant. J’avais trente-deux ans. je m’y protège du soleil et de la fumée. L’odeur du papier brûlé m’a suivie. De la fumée bleue danse dans les lames de soleil qui découpent des formes dans l’obscurité, imitant en cela l’œuvre d’un certain peintre que nous admirions autrefois. Que de choses cachées et étouffées en cet endroit! La maison des morts, voilà le nom que je devrais lui donner. À l’ombre où est ma place. Ne riez pas. C’est une vieille angoisse chez moi, ce besoin de fouiller les immondices de la pointe de ma sandale, à les bousculer dans l’espoir (ou la terreur) d’y dénicher quelque chose. je ne suis plus une femme. vous allez vite comprendre pourquoi. La boucle de mon nu-pieds gauche s’est cassée la nuit dernière, alors que je tirais mon matelas sous la véranda en quête d’un peu de fraîcheur. La fraîcheur, je ne l’ai pas trouvée, par contre mon pied a buté contre la marche. je n’ai plus de force dans les jambes. Mes jambes! Du temps de ma peau lisse, je l’ai séduit en lui découvrant par intermittence mes cuisses nacrées, tandis que je l’observais, fou de désir de me toucher, pendant que moi je fondais. Rien ne pouvait nous arrêter à l’époque.

Hier, je l’ai croisée dans la rue. Et la nuit dernière, je n’ai pas fermé l’œil à cause d’elle. L’air me brûlait les poumons à deux heures du matin. J’ai alors envisagé de descendre jusqu’à la berge, pour m’étendre sur l’herbe sous les mimosas, afin d’y trouver du réconfort. Mais je n’en suis plus capable. La dernière fois que je suis allée au fleuve remonte au moins à quinze ans. Si je pouvais y retourner, je m’y étendrais nue, comme de son temps. Le corps blanc, immobile et froid au clair de lune, maintenant. Sur le dos (« toujours prête », selon l’expression consacrée de Pat), le cerveau en ébullition, à penser à ma vie et à la leur. Sa vie à lui et sa vie à elle. Il ne me reste guère plus que la peau et les os. Non, c’est drôle. C’est comme ça qu’il faut l’entendre. Riez donc si cela vous fait plaisir! je n’ai jamais reproché un rire à quiconque. Dieu seul sait combien les occasions sont rares.

Jusqu’à ma rencontre d’hier avec Edith, j’étais prête à devenir ce cadavre blanc sur la rive. C’est vrai, c’est ce que je voulais. Le moyen d’en finir, je l’ai au fond du tiroir de ma table de chevet. Mais au lieu de mourir la nuit dernière, j’ai rafistolé ma sandale avec le ruban de soie mauve entourant la boîte de chocolats bon marché offerte par cette femme minable venue me voir hier. Était-ce hier? Était-ce avant, ou après ma rencontre avec Edith? Peu importe. Elle – je parle de la femme aux chocolats, et non d’Edith – a garé sa voiture près de la porte principale, puis a contourné la propriété pour entrer par le portail de derrière et faire son apparition parmi les rhododendrons, telle une intime de notre ancien cercle. Elle m’a surprise, la chemise de nuit relevée jusqu’à la taille, à trois heures de l’après-midi, en train de me soigner les cors. Il me faudrait un gros chien. Ou un fusil. Un pied posé sur le rebord en brique, à l’autre bout du bassin à poissons (sans poissons), elle me souriait en me tendant son cadeau de pacotille. Toute vêtue de lin blanc immaculé. Énorme, elle transpirait à grosses gouttes. Le corps idéal pour dévaler la colline jusqu’au fleuve. C’est ce à quoi j’ai pensé en la regardant.

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  Challenge Petit BAC 2013
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"Météo"

12 juin 2013

Gatsby le Magnifique - Francis Scott Fitzgerald

Lu en partenariat avec LOGO 

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Audiolib - mai 2013 - lu par Emmanuel Dekoninck

Grasset - mars 1996 - 

Livre de Poche - février 1997

France Loisirs -

Grasset -

Livre de Poche - 2008 - 250 pages

Folio - janvier 2012 - 208 pages

Livre de Poche - mai 2013 - 224 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Michel Laporte (2013)

Titre original : The Great Gatsby, 1925

Quatrième de couverture : 
Nous sommes au lendemain de la Grande Guerre, le mal du siècle envahit les âmes. C'est l'époque de la Prohibition et des fortunes rapides. En 1922, Jay Gatz, désormais Gatsby, se retrouve fabuleusement riche. Mille légendes courent sur son compte, qui n'empêchent pas les gens chics - et moins chics - de venir en troupe boire ses cocktails et danser sur ses pelouses. Gatsby le Magnifique joue la carte des folles dépenses pour éblouir Daisy, mariée à Tom Buchanan, un héritier millionnaire. Le jour où l'espoir de conquérir sa bien-aimée s'évanouit, la fête prend fi n brutalement... Gatsby le Magnifi que est un des romans emblématiques de la littérature américaine du XXe siècle.
L’interprétation d’Emmanuel Dekoninck met parfaitement en lumière le mélange de naïveté et de rouerie qui tisse le destin de Gatsby, au milieu des extravagances d’une société enivrée de sa démesure naissante.

Auteur : Né en 1886 à Saint-Paul (Minnesota) dans une famille de la petite bourgeoisie. Il intègre rapidement Princeton, qu’il quitte pour se consacrer à la poésie. Il rejoint par la suite l’armée, où il fait la connaissance de Zelda Sayre, dont il tombe rapidement amoureux. Les deux amants choisissent alors de s’installer en France, et c’est à Paris que l’auteur écrit son chef-d’œuvre Gatsby le Magnifique, qui remporte immédiatement les faveurs des critiques et provoque l’enthousiasme d’Ernest Hemingway. Francis Scott Fitzgerald, écrivain de renom et touche-à-tout, est aujourd’hui considéré comme le représentant de toute une génération, celle de l’ère du Jazz.

Lecteur : Interprète de théâtre de grand talent, apprécié à Bruxelles et à Paris, metteur en scène et également compositeur, Emmanuel Dekoninck vit en Belgique. Il a déjà enregistré pour Audiolib, entre autres,  Millénium et 1Q84.

Mon avis : (écouté en juin 2013) 
Ce roman écrit en 1925 par l’un des plus grands auteurs américains est d'actualité par sa nouvelle adaptation au cinéma, voilà donc une bonne occasion pour moi de découvrir le livre avant d'aller voir le film...

Le narrateur, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s'installer à New York et travailler dans la finance. Il emménage non loin de sa cousine Daisy mariée à Tom Buchanan.
Nick a comme voisin le mystérieux Gatsby. Ce dernier est millionnaire, il organise de nombreuses fêtes somptueuses et mondaines où l'alcool coule à flots. Gasby cache un passé trouble et surtout un secret amoureux...
Dans ce livre, Nick nous raconte les événements de l’été 1922 dont il a été un témoin privilégié, il donne sa version des faits et également ses impressions sur la société américaine.
L'auteur nous plonge dans l'Amérique d'après guerre (la Première guerre mondiale), par petites touches, il brosse un portrait réaliste et fascinant des années folles américaines, où répressions et bouleversements économiques côtoies chez les plus aisés l'insouciance et la frivolité.
Gatsby est un personnage séduisant et attachant. Le style est très agréable et la lecture rapide. L'intrigue est très bien menée.

Un grand bravo au lecteur Emmanuel Dekoninck qui sait mettre parfaitement en valeur le texte de Francis Scott Fitzgerald. Je deviens une inconditionnelle de cet excellent lecteur !

Un grand Merci à Chloé et aux éditions Audiolib pour m'avoir permis de découvrir ce grand classique américain.

Extrait audio : ici

 

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40/50 :  New-York

 

Challenge New-York 2013
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6 juin 2013

Tout le monde n'a pas le destin de Kate Middleton - Fred Ballard

Lu en partenariat avec J'ai Lu

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Pygmalion - mars 2012 - 306 pages

Piment - 288 pages

J'ai Lu - juin 2013 - 288 pages

Quatrième de couverture : 
Capucine Guillon, rédactrice de questions pour jeux télévisés, maman solo de trois ados mal dégrossis, n'a pas vraiment le profil de la femme fatale épanouie ni de la businesswoman accomplie.
Son irrésistible attrait pour tout ce qu'il faut éviter 
et son manque cruel de discernement la mettent dans des situations que certains qualifieraient de pathétiques mais qu'elle assume avec beaucoup d'humour et une pointe d'inconscience.
Sous la plume de Fred Ballard sa vie frise 
même l'épopée burlesque ! Eclats de rire garantis. A lire de toute urgence !

Auteur : Chroniqueuse du quotidien des gens normaux et portraitiste des gens célèbres sur France Bleu, Fred Ballard est aussi, entre autres, scénariste pour la télévision.

Mon avis : (lu en juin 2013)
Une lecture facile, sans prétention et divertissante. Un portrait savoureux de Capucine Guillon, quarante-trois ans, divorcée, élevant seule trois adolescents Paul, Emile et Victor, nés de trois pères différents. Elle travaille comme rédactrice de questions pour des jeux télévisés. Nous la suivons durant douze mois, jonglant entre son travail, la gestion de la maison et de ses ados, les courses, les vacances et les fins de mois difficiles...
Mais contrairement à ce que peut évoquer le titre, pas d'Angleterre, ni de prince ou princesse dans cette histoire...

Merci Silvana et les éditions J'ai Lu pour m'avoir permis de découvrir ce livre plein de fraîcheur et d'humour.

Extrait : (début du livre)
Un bouledogue en robe de soirée… c'était l'image que me renvoyait mon miroir depuis une bonne demi-heure. J'avais eu beau changer trois fois de tenue, la seule qui mettait un tantinet ma plastique de rêve en valeur était ce vieux jean taille 44 que j'avais acheté au quatrième mois de ma dernière grossesse, il y a neuf ans.
Je ne comprendrai jamais le concept du réveillon de la Saint-Sylvestre qui consiste à fêter la nouvelle année alors qu'on sait pertinemment qu'il y a de fortes chances pour qu'elle soit pire que la précédente. Chaque année, je me disais que jamais plus on ne me reverrait dans une de ces soirées « confettis et langues-de-belle-mère », et cette année encore, je m'étais fait avoir par cette question pernicieuse… posée incidemment… en fin de repas… un soir de décembre… par une copine un chouia éméchée :
— Tu fais quoi, pour le jour de l'An ?
Je savais pourtant, après toutes ces années de décomptes crétins à minuit tapant, dans des maisons de campagne mal chauffées, que le réveillon de la Saint-Sylvestre était LA soirée à bannir. Mais chaque année, à cette question posée un soir de décembre par cette copine passablement ivre, je répondais immanquablement…
— Heu… Ben… Rien… et toi ?
En fait, dans cette réponse, le « Heu », le « Ben » et le « et toi ? » sont définitivement en trop. Pour être sûre de ne pas être conviée à un réveillon de la Saint-Sylvestre, il faudrait répondre très sèchement mais avec le sourire :
— Rien !
Un bon « Rien », bien sec, coupe court à toute envie de l'interlocuteur-trice de vous proposer quoi que ce soit derrière ; il sent en vous une détermination qui le laisse coi… et qui vous laisse libre. Alors qu'un « Rien » un peu mou du genou, suivi d'un « et toi ? » presque implorant, vous fait passer pour un pauvre être abandonné par ses congénères un soir de liesse populaire. Donc forcément, si l'interlocuteur-trice est un tant soit peu charitable, ce qui est généralement le cas au moment des fêtes de fin d'année (petit Jésus oblige), l'interlocuteur-trice vous invite à un réveillon de la Saint-Sylvestre au fin fond de la Creuse ou sur la route de Louviers !
Il devient alors très difficile de refuser l'invitation au risque de passer pour une bipolaire, schizophrène et asociale. À moins de tenter un petit :
— Ah heu… c'est gentil mais en fait… j'avais oublié… je suis déjà invitée !
En revanche il ne faudra pas s'étonner de n'être jamais plus réinvitée à quelque dîner que ce soit par cet interlocuteur-trice qui prendra bien sûr cette réponse indélicate comme un affront, puisqu'en gros, vous êtes en train de lui dire que son réveillon sera ringard et que vous en préférez un autre où le champagne sera de meilleure qualité et les invités moins beaufs.
C'est pourquoi, cette année encore, j'avais accepté l'invitation de Sophie, la belle-sœur de Caroline, une copine de la femme du prof de gym volontaire du quartier de ses amis d'enfance. Autant dire que je ne connaîtrais personne… Ce réveillon de la Saint-Sylvestre dans une demeure seigneuriale de Normandie s'annonçait donc furieusement chouettard… j'y allais à reculons… je rentrerais ventre à terre !
Après deux heures et demie de route à cinq dans une Opel Corsa, boudinée dans une robe noire, je m'extirpai avec bonheur de l'habitacle. Un bonheur de courte durée puisqu'en posant ma ballerine gauche vernie au sol, je sentis une coulée de boue glacée pénétrer dans ma godasse. L'électricité n'était visiblement pas parvenue jusqu'à la demeure seigneuriale : les abords du château étaient plongés dans l'obscurité, ce qui me fit arriver toute crottée sur le perron de notre hôte qui se présenta de la façon suivante :
— Bonsoouaaaaaaaaarrrre… Eymeric de La Ménardière… votre hôte !
Sympatoche, le gars ! Tellement sympatoche que je m'excusai platement pour mon look de palefrenière en robe d'organdi. Ceci dit, quand je découvris l'état des sols carrelés du château, je sus que je ne serais pas la seule souillon de la soirée…
Après une petite discussion avec notre hôte en queue-de-pie mitée, je compris que le gros problème de la demeure seigneuriale héritée de beau-papa et de belle-maman, qui l'avaient eux-mêmes héritée de leurs illustres pépés, était le chauffage… et que le problème des réveillons de la Saint-Sylvestre organisés dans la demeure seigneuriale était le champagne : je n'en comptabilisais que trois bouteilles à notre arrivée… et elles étaient vides !
Il était donc 23 h 45, il faisait un froid de gueux dehors, un froid de gueux dedans, et à part l'antigel de l'Opel Corsa, il n'y avait rien à boire pour se réchauffer… je me demandais franchement à quoi avaient servi les 90 euros qui m'avaient été demandés en participation… Aux Curly peut-être qui jonchaient le sol de la salle de bal…
À minuit, à la fin du décompte crétin, on entendit péter un bouchon… de cidre et tout le monde s'embrassa comme du bon pain en se souhaitant une supeeeeeerrrrrrbbbe année, avant de retourner pogoter à fond sur « partenaire particulier cherche partenaire particulière… ». À minuit cinq, j'attaquai avec appétit mon quatrième Curly de la nouvelle année quand une grande bringue un peu étrange m'attrapa sous les aisselles et me fit tournoyer dans les airs avant de me reposer sur la table censée accueillir le buffet. Elle me regarda dans les yeux, prit un air grave et presque inquiétant, et me remit solennellement une photo noir et blanc datant des années 1960 représentant une enfant particulièrement peu avenante sur laquelle était inscrit : « Meilleurs vœux de bonne et heureuse année. »
Je la remerciai d'un sourire crispé, elle repartit en trottinant comme une vieille petite fille… Elle avait l'air bien perchée et, à vue de nez, il devait lui manquer un bon gros quart d'heure de cuisson. Son état mental me fut confirmé par notre hôte, Eymeric de La Ménardière : Émeline, sa sœur, était atteinte d'une maladie orpheline qui altérait la croissance de son cerveau. Elle avait quarante-cinq ans mais son comportement était celui d'une petite fille de six ans totalement désinhibée. En revanche, tout témoignage de sympathie de sa part était de fort bon augure. La légende familiale disait même que celui ou celle à qui elle offrait sa photo de classe année 1967-68 estampillée : « Meilleurs vœux de bonne et heureuse année » avait toutes les chances de vivre des choses extraordinaires les douze mois suivants…
Je n'avais pas bu une goutte de champagne, j'avais dépensé 90 euros pour un réveillon pathétique, j'avais les pieds gelés, le mollet boueux et quatre Curly dans l'estomac, en revanche j'allais sûrement passer une année extraordinaire… dixit la légende familiale des La Ménardière… Ma soirée était sauvée !

 Challenge Petit BAC 2013
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"Prénom"

Lire sous la contrainte
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7ème session : Négation

8 juin 2013

L'accro du shopping a une sœur – Sophie Kinsella

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VDB - - lu par Véronique Groux De Mieri

Belfond -  - 404 pages

Piment – 2006 - 438 pages

Pocket – juin 2007 - 393 pages

Pocket - 2012 - 416 pages

traduit par Daphné Bernard

Titre original : Shopaholic & Sister, 2004

Quatrième de couverture :
Quatrième volet d'une série-culte, L'accro du shopping a une sœur marque le retour de Becky, cette fois confrontée à une drôle de nouvelle... Après un long voyage de noces, le retour à Londres est difficile pour Becky Bloomwood-Brandon : pas de boulot, un budget sous haute surveillance, un mari débordé, une meilleure amie occupée ailleurs, des parents en pleine psychothérapie... Plus une surprise de choc : Becky découvre qu'elle a une sœur, née des amours prénuptiales de son père. Et quelle sœur ! Radine comme un pou, gaie comme une porte de prison, pas féminine pour deux pence, Jess déteste les fringues, le maquillage et le chocolat. Et, surtout, elle a une sainte horreur du shopping ! Finie la belle vie ? Envolés les rêves d'entente familiale ? Terminé le lèche-vitrines ? C'est mal connaître la plus attachante des fashionatas, qui, une fois encore, a plus d'un tour dans ses sacs...

Auteur : Née Madeleine Townley, elle porte le nom de Madeleine Wickham depuis son mariage avec Henry Wickham, principal d'une école préparatoire pour garçons à Croydon, dans la banlieue sud de Londres. Elle vit actuellement dans le quartier de Wimbledon avec son mari et leurs cinq enfants. 
Sophie Kinsella a étudié au New College et est devenue écrivain après avoir été journaliste financière.

Lecteur : Véronique Groux De Mieri

Mon avis : (écouté en mai 2013)
Je ne suis pas une grande fan du genre Chick Lit mais ayant ce disque audio en réserve et juin étant à la fois le mois Anglais et le mois du livre audio autant en profiter…
Becky est londonnienne, elle termine son long voyage de noce autour du monde avec son mari Luke. De retour à Londres après 10 mois d’absence, elle ne retrouve pas la complicité de sa meilleure amie Suze qui l’a remplacée avec une fille mère de famille de 4 enfants éprise d’équitation. Luke est très occupé par son travail et néglige un peu Becky. Cette dernière est malheureuse car son mari lui a demandé de calmer ces dépenses car comme le précise bien le titre du livre, elle est « accro au shopping »…
Becky apprend alors qu’elle a une demi-sœur Jessica dit Jess un peu plus âgée qu’elle. Ayant besoin d’une vrai amie, Becky imagine que Jess pourrait le devenir et ensemble elles pourraient faire des sorties entre filles, du shopping… Mais Jess est plutôt son contraire… Elle n’aime pas spécialement faire du shopping, elle traque plutôt les économies, pense au respect de la planète, la futilité est bannie de sa vie !
J’ai trouvé le personnage de Becky insupportable, c’est une enfant gâtée, superficielle, un brin égoïste, qui ment comme elle respire… au fil du livre, elle devient cependant un peu plus supportable… Jess n’est pas tellement plus sympathique mais plus sage et terre à terre.
Une lecture distrayante mais sans plus, que j’ai failli abandonner à cause du personnage de Becky…

Extrait : 
En me maquillant, j'ai le coeur qui bat à tout rompre.

Comment gérer cette situation ?
Que faire si Nathan Temple téléphone à Luke pour prendre de ses nouvelles ?
Ou s'il envoie encore des fleurs ?
Horreur ! Et s'il lui prenait l'idée de rendre visite à Luke ?
Je suis dans un tel état de panique que je me barbouille la paupière avec mon mascara. De fureur, je le balance à travers la pièce. Bon, du calme. Voyons les différentes options qui s'offrent à moi :
1. Tout avouer à Luke
Pas question. Rien que d'y penser, ca me donne la colique. (.. .)
2. En parler un peu à Luke
Faire une sorte de montage. Tordre le nez à la vérité, me donner le beau rôle et passer sous silence le nom de Nathan Temple.
Parfait mais impossible.
3. Me conduire discrètement, comme Hillary Clinton
Mais j'ai déjà essayé et ça n'a pas marché.

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Le Mois Anglais

 Challenge Voisins, voisines

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Angleterre

 Challenge God Save The Livre 
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Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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PAL Rouge

7 mai 2013

Les averses d'automne - Tuna Kiremitçi

les_averses_d_automne Editions Galaade - octobre 2011 - 218 pages

traduit du turc par Jean Descat

Titre original : Dualar kalicidir, 2007

Quatrième de couverture : 
« J’ai peur, si j’oublie le turc, que tout ce que j’ai vécu s’évanouisse en silence. »
Quand on a contemplé les lumières du Bosphore, il est difficile de s’accoutumer à vivre en Occident. Pourtant, Rosella Galante, juive allemande née à Berlin et qui a trouvé refuge pendant la guerre à Istanbul, vit depuis soixante ans à Genève. Là, elle y rencontre la jeune Pelin, étudiante contrainte, elle aussi, de quitter la Turquie.
Les Averses d’automne de Tuna Kiremitçi, c’est le récit d’une improbable amitié entre deux femmes que tout sépare, sauf la langue : le turc. 
C’est aussi, semaines après semaines, une conversation intime et facétieuse, qui, entre l’Europe et l’Asie, nous invite à découvrir deux destins, deux générations, deux regards sur le monde, la vie et l’amour.
Les Averses d’automne est le premier roman traduit en français de Tuna Kiremitçi, l’un des jeunes auteurs les plus prometteurs de la littérature turque.

Auteur : Né en 1973 en Turquie, Tuna Kiremitçi est romancier. Best-seller en Turquie, Les Averses d’automne est son quatrième roman et a déjà été traduit dans plus de 5 langues.

Mon avis : (lu en mai 2013)
Ce livre nous raconte les conversations entre Rosella et Pelin.

Rosella est une dame âgée, qui vit en Suisse depuis plus de soixante ans. Juive allemande, originaire de Berlin, réfugiée, elle a vécu à Istanbul pendant la guerre. Ne voulant pas oublier la langue turque qu'elle a pratiqué quelques années et dans laquelle elle a gardé beaucoup de souvenirs, elle passe une petite annonce pour trouver quelqu’un avec qui bavarder en turc. Pelin est étudiante en littérature française à Genève, elle est originaire d’Istanbul. Elle a lu par hasard la petite annonce et c’est comme cela qu’elle ose se présenter à Rosella.
Le courant va passer et régulièrement elles vont se rencontrer. A tour de rôle, elles se racontent des histoires. Rosella évoque son passé de  jeune femme juive de Berlin obligée de quitter l’Allemagne pour se réfugier à Istanbul dans sa belle-famille avec son enfant. Pelin parle de ses mésaventures quotidiennes, en amour, à la fac… elle explique également à Rosella les expressions « jeunes »…
De jour en jour, les deux femmes deviennent de plus en plus proches et leurs confidences de plus en plus intimes. J’ai été touchée par cette rencontre intergénérationnelle pleine de poésie, de douceur et d’émotion… Une bien jolie découverte. 

Autre avis : Canel

Extrait : (début du livre)
- Ah, bonjour. Bienvenue, mademoiselle.
- Enchantée.
- Je vous en prie, ne restez pas debout. Je vous conseille cette bergère rouge, elle est très confortable.
- Merci.
- J'imagine que Zelda vous a un peu effrayée. Ne lui en veuillez pas. A l'âge de six ans, elle a été expédiée dans un camp de concentration avec sa famille. Ses parents ont été tués sous ses yeux. Du coup, elle n'est pas très bavarde. Mais ne vous y trompez pas, c'est quelqu'un de bien. En tout cas, cela fait trente ans qu'elle entretient cette maison et je n'ai jamais rien eu à lui reprocher.
- Ne vous inquiétez pas, je n'ai pas eu peur.
- Pourtant, vous semblez un peu nerveuse...
- Je suis toujours comme ça lors des entretiens d'embauche. C'est pour ça que je les rate toujours.
- S'il vous plaît, mademoiselle, ne considérez pas ceci comme un entretien.
- Comme quoi dois-je le considérer ?
- Comme une simple visite. Tenez par exemple une soirée entre amis. Imaginez que vous rendez visite à une lointaine parente.

Challenge Petit BAC 2013
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"Météo"

16 juin 2013

La proie pour l'ombre - PD James

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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Livraphone - avril 2007 - lu par Marie-Christine Letort

Fayard - août 1994 - 263 pages  

Livre de Poche - janvier 1987 - 285 pages

Livre de Poche - décembre 1997 - 280 pages

Fayard - mai 2004 - 270 pages

traduit de l'anglais par Lisa Rosenbaum

Titre original : An Unsuitable Job for a Woman, 1972 

Quatrième de couverture :
Cordélia Gray n'a pas froid aux yeux. C'est une qualité utile quand on exerce le métier de détective privée. Lorsque Sir Ronald Callender l'engage pour enquêter sur le suicide de son fils Mark, elle se met bravement à l'ouvrage et débarque à Cambridge, par un beau matin d'été. Promenades sur la Cam, parties échevelées, étudiants enjôleurs et professeurs au charme discret… Pour un peu, Cordélia se laisserait gagner par la douceur des choses. Mais ce qu'elle découvre n'a rien d'aimable : la haine de classe, la médiocrité et le sadisme rongent cette société en décomposition ; est-ce le mal de vivre qui a poussé Mark Callender à se tuer ? Ou bien quelqu'un l'a-t-il froidement éliminé, maquillant le meurtre en suicide ? La menace est toujours là, comme une présence tapie dans l'ombre, prête à surgir si on l'approche de trop près. Et c'est exactement ce que Cordélia a l'intention de faire.

Auteur : Née à Oxford en 1920, Phyllis Dorothy James a exercé diverses fonctions à la section criminelle du ministère anglais de l'Intérieur jusqu'en 1979. Mélange d'understatement britannique et de sadisme, d'analyse sociale et d'humour, ses romans lui ont valu les prix les plus prestigieux, dont, en France, le Grand Prix de littérature policière 1988. Derniers ouvrages parus : Meurtres en soutane (2001) et La Salle des meurtres (2004).

Lecteur : Marie-Christine Letort

Mon avis : (écouté en mai 2013)
C'est le premier livre de l'auteur traduit en français. 

A la suite du suicide de son employeur, la jeune Cordélia Gray se retrouve à la tête de la petite d'agence de détective. Quelque temps après, elle est engagée par Sir Callender pour enquêter sur le suicide de son fils, il voudrait connaître les circonstances et la raison de ce suicide. Elle se rend donc à Cambridge où elle côtoie étudiants et professeurs…
C'est un bon roman policier très classique avec une intrigue est prenante avec son lot de fausses pistes et de rebondissements.
Une bonne analyse psychologique de personnages crédibles, mon préférée étant Cordélia Gray et une ambiance typiquement anglaise.

Extrait : (début du livre)
Le matin de la mort de Bernie Pryde – à moins que ce ne fût le lendemain, Bernie ayant choisi de mourir au moment qui lui convenait et jugé inutile de noter l'heure approximative de son départ –, Cordélia se trouva coincée par une panne de la Bakerloo Line peu avant la station Lambeth North, ce qui la mit en retard d'une demi-heure. Des profondeurs d'Oxford Circus, elle monta vers la brillante lumière d'une journée de juin et passa rapidement à côté des acheteurs matinaux en train de regarder les vitrines de Dickins & Jones. Elle plongea dans la cacophonie de Kingly Street et se faufila entre le trottoir bondé et la masse étincelante de voitures et de camions qui encombraient la rue étroite. Elle le savait parfaitement : sa hâte d'arriver au bureau était tout à fait irrationnelle, un symptôme de son obsession de l'ordre et de la ponctualité. Il n'y avait aucun rendez-vous de pris, aucun client à aller voir, aucune affaire pendante, pas même un rapport final à rédiger. Miss Sparshott, la dactylo intérimaire, et elle-même – ç'avait été son idée – envoyaient des renseignements sur l'agence à tous les avocats de Londres dans l'espoir d'attirer des clients. A cet instant, Miss Sparshott devait travailler à cette tâche, portant parfois son regard sur sa montre et défoulant sur sa machine l'irritation croissante que lui causait le retard de Cordélia. C'était une femme peu avenante, aux lèvres constamment pincées comme pour empêcher ses dents, qui avançaient, de sauter hors de sa bouche, au menton fuyant sur lequel un gros poil repoussait aussi vite qu'on l'épilait, aux cheveux blondasses figés en de petites ondulations.  

Déjà lu du même auteur :

une_mort_esth_tique Une mort esthétique meurtres_en_soutane_2011 Meurtres en soutane

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   Challenge Thriller 

challenge_thriller_polarscatégorie "Même pas peur" : 47/12

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Le Mois Anglais

 Challenge Voisins, voisines

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Angleterre

 Challenge God Save The Livre 
Challenge_anglais

25 août 2013

La femme à 1000° - Hallgrimur Helgason

Lu dans le cadre de La Rentrée Littéraire 2013 Libfly
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La_femme_a_1000_7036 Presse de la Cité - août 2013 - 633 pages

traduit de l'islandais par Jean-Christophe Salaün

Titre original : Konan við 1000°, 2011

Quatrième de couverture :
Herbjörg Maria Björnsson. Un nom imprononçable que vous n’êtes pas près d’oublier. 

Condamnée à vivre dans un garage avec pour seule compagnie son ordinateur portable, une provision de cigarettes et une grenade datant de la fin de la Seconde Guerre mondiale, une octogénaire islandaise atteinte d’un cancer en phase terminale revient sur sa vie en attendant la mort. Car Herra, comme on l’appelle, a beaucoup de choses à raconter. Petite-fille du premier président d’Islande, fille d’une paysanne et du seul nazi islandais avéré, elle a, au fil de son existence mouvementée, vécu la guerre et l’exil, connu beaucoup d’hommes, parfois célèbres, et vu la mort, de bien trop près. Avant de s’envoyer en l’air pour de bon, elle passe en revue son passé et celui de son pays, l’occasion pour elle de régler au passage quelques comptes. 
Dans ce roman inclassable et truculent qui, à la manière d'un collage, alterne humour, cynisme, tendresse, poésie et noirceur, Hallgrimur Helgason fait preuve d'une inventivité linguistique époustouflante. La Femme à 1000° navigue entre légèreté et profondeur au gré du récit de l'irrévérencieuse Herra, dont l'histoire est à l'image de celle de l'Islande, sa patrie, et de celle de l'Europe : mouvementée, sanglante et tragique.

Auteur : Hallgrímur Helgason, né en 1959 à Reykjavík, est écrivain, peintre, noveliste et traducteur. Il est l'auteur du roman policier 101 Reykjavik qui fut adapté au cinéma par Baltasar Kormákur sous le titre 101 Reykjavik en 2000. Il reçoit en 2002 le prix de littérature islandaise pour son livre L'auteur d'Islande.

Mon avis : (lu en juin 2013)
J'ai choisi de découvrir ce livre non pas grâce à la couverture du livre (pas très engageante...) mais pour son auteur islandais... Mais je n'avais pas vu le nombre de pages... 633 !
J'ai facilement lu le début du livre car les chapitres sont assez courts. Chaque chapitre est daté car l'histoire se déroule de 1929 année de naissance de Herra à 2009, c'est à dire de nos jours avec quelques incursions dans un passé encore plus lointain...
La narratrice, Herbjörg Maria Björnsson dit Herra a 80 ans, elle termine sa vie dans un garage. Elle a un cancer et elle attend la mort, elle a même déjà pris rendez-vous pour sa crémation. Elle est seule avec son ordinateur branché sur internet et les visites quotidiennes de deux aides à domicile. Elle nous raconte sa vie à travers de nombreuses anecdotes car sa famille et sa vie sont plus qu'originales ! En même temps, le lecteur découvre l'histoire de l'Islande.
Dans les 100 premières pages, le récit passe d'une année à l'autre dans un tel désordre que l'on a peine à suivre... Ensuite commence la période de la Seconde Guerre Mondiale de façon chronologique, et donc plus facile à suivre. Hella est née en Islande, elle vivra au Danemark, en Allemagne, en Pologne, à Paris, en Argentine... Elle est la petite-fils du premier président de la République d'Islande. Son père s'engage dans l'Armée Allemande. Hella aura quatre enfants, quatre maris...
J'ai globalement aimé ce roman même si j'y ai trouvé quelques longueurs, j'ai appris beaucoup de choses sur l'histoire de l'Islande. Avant la Seconde Guerre mondiale, l'Islande est sous domination du Danemark, en avril 1940 le Danemark est envahi par l'Allemagne nazie donc l'Islande se retrouve sous domination de l'Allemagne. Le Royaume Uni, craignant que les Allemands occupent l'Islande, s'installe d'autorité en Islande, puis en 1941 ce sont les Américains qui les remplacent, ils ne quitteront le pays qu'en 2006... En 1944, c'est la proclamation de l'Indépendance et la création de la République d'Islande. Sveinn Björnsson (le grand-père d'Hella) devient le premier président de la République. 
J'ai beaucoup aimé les chapitres datés de 2009, lorsque Herra raconte son quotidien dans son garage. Elle fume cigarettes sur cigarettes, elle a toujours avec elle une vieille grenade datant de la Seconde Guerre Mondiale. Connectée à internet, elle s'invente plusieurs profils et se fait passer pour Linda une ancienne miss Monde de 1988. Le ton est grinçant, plein d'humour noir. 

Merci à Libfly et Le Furet du Nord pour m'avoir permis de découvrir ce livre à l'occasion de l'opération On vous lit tout.

Note : ♥♥♥♥

Extrait : (début du livre)
Je vis ici, seule dans un garage, avec pour unique compagnon un ordinateur portable et une vieille grenade. Un vrai petit nid douillet. Mon lit est un lit d'hôpital ; je n'ai guère besoin d'autre mobilier, en dehors de toilettes, qu'il m'est toujours pénible de devoir utiliser. J'en ai pour des heures à les atteindre : d'abord, toute la longueur du lit, et encore tout autant pour arriver au petit coin. Via Dolorosa, c'est le nom que je donne à ce parcours qui me voit chanceler trois fois par jour comme un spectre perclus de rhumatismes. Bassin & cathéter sont mes rêves du moment, mais ma demande est bloquée dans les méandres administratifs. Chienne de vie.

Ici, il n'y a pas grand-chose à voir par la fenêtre. C'est sur l'écran d'ordinateur que le monde m'apparaît. Les messages vont et viennent, et ma page Facebook s'allonge, comme la vie. Les glaciers fondent, les présidents noircissent, et les gens pleurent leur voiture ou leur maison. L'avenir, lui attend patiemment près du tapis à bagages, regard en biais et sourire narquois. Oui, j'observe d'un oeil attentif sous mes draps blancs. Je gis là, cadavre sans besoins, à espérer la mort, ou que l'autre m'apporte ma dose à prolonger l'existence. Elles s'occupent de moi deux fois par jour, les filles de l'hospitalisation à domicile de la ville de Reykjavik. La jeune vierge qui vient le matin est une vraie princesse, mais la vieille peau de l'après-midi, aux mains froides et à l'haleine lourde, vide toujours mes cendriers d'un geste brusque.

 Challenge Petit BAC 2013
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"Chiffre/Nombre"

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
1/6

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Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche

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Islande

Challenge Voisins, voisines

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Islande

Challenge Cap au Nord
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22 mai 2013

Immortelle randonnée Compostelle malgré moi - Jean-Christophe Rufin

immortelle_randonnee Editions Guérin - avril 2013 - 258 pages

Quatrième de couverture :
Jean-Christophe Rufin a suivi à pied, sur plus de huit cents kilomètres, le «Chemin du Nord» jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle. Beaucoup moins fréquenté que la voie habituelle des pèlerins, cet itinéraire longe les côtes basque et cantabrique puis traverse les montagnes sauvages des Asturies et de Galice. 

«Chaque fois que Ton m'a posé la question : "Pourquoi êtes-vous allé à Santiago ?", j'ai été bien en peine de répondre. Comment expliquer à ceux qui ne l'ont pas vécu que le Chemin a pour effet sinon pour vertu de faire oublier les raisons qui ont amené à s'y engager ? On est parti, voilà tout.»
Galerie de portraits savoureux, divertissement philosophique sur le ton de Diderot, exercice d'autodérision plein d'humour et d'émerveillement, Immortelle randonnée se classe parmi les grands récits de voyage littéraires.

Auteur : Jean-Christophe Rufin, médecin, pionnier du mouvement humanitaire, a été ambassadeur de France au Sénégal de 2007 à 2010. Il est l'auteur de romans désormais classiques tels que L'Abyssin, Globalia, Rouge Brésil, prix Concourt 2001. Il est membre de l'Académie française depuis 2008.

Mon avis : (lu en mai 2013)
Jeudi dernier, je voyais Jean-Christophe Rufin à La Grande Librairie et dès le lendemain, je commençais avec beaucoup de plaisir son nouveau livre... 

Dans ce livre, l’auteur partage avec nous son périple sur le Chemin de Saint Jacques de Compostelle. Il est parti d’Hendaye et a choisi le Chemin du Nord un chemin plus sauvage et moins emprunté, qui longe la mer.
Le récit est passionnant et sans concession, il s’y se mêle ses réflexions personnelles sur le Chemin, quelques explications historiques, des descriptions des paysages ou des lieux traversés, des portraits souvent plein d’humour des pèlerins divers et variés, et ses péripéties personnelles…
Le style est vivant et généreux, à aucun moment je ne me suis ennuyée !  
« Le Chemin est une force. Il s'impose, il vous saisit, vous violente et vous façonne. »
Partager  ce Chemin mythique avec l’auteur  est un vrai enchantement pour le lecteur et donne envie de tenter l’aventure à son tour…

Extrait : (début du livre)
LORSQUE, comme moi, on ne sait rien de Compostelle avant de partir, on imagine un vieux chemin courant dans les herbes, et des pèlerins plus ou moins solitaires qui l'entretiennent en y laissant l'empreinte de leurs pas. Erreur grossière, que l'on corrige bien vite lorsqu'on va chercher la fameuse credencial, document obligatoire pour accéder aux refuges pour pèlerins !
On découvre alors que le Chemin est l'objet sinon d'un culte, du moins d'une passion, que partagent nombre de ceux qui l'ont parcouru. Toute une organisation se cache derrière le vieux chemin : des associations, des publications, des guides, des permanences spécialisées. Le chemin est un réseau, une confrérie, une internationale. Nul n'est contraint d'y adhérer, mais cette organisation se signale à vous dès le départ, en vous délivrant la credencial, ce passeport qui est bien plus qu'un bout de carton folklorique. Car, dûment fiché comme futur-ancien-pèlerin, vous recevrez désormais des bulletins d'études savants, des invitations à des sorties pédestres et même, si vous habitez certaines villes, à des séances de restitution d'expériences, organisées autour de voyageurs fraîchement rentrés. Ces rencontres amicales autour d'un verre s'appellent « Le vin du pèlerin » !
J'ai découvert ce monde en entrant par une après-midi pluvieuse dans la petite boutique sise rue des Canettes à Paris, dans le quartier Saint-Sulpice, siège de l'association des Amis de Saint-Jacques. L'endroit détone, au milieu des bars branchés et des boutiques de fringues. Il fleure bon sa salle paroissiale et le désordre poussiéreux qui l'encombre a l'inimitable cachet des locaux dits « associatifs ». Le permanencier qui m'accueille est un homme d'un certain âge - on dirait aujourd'hui un « senior », mais ce terme n'appartient pas au vocabulaire jacquaire. Il n'y a personne d'autre dans la boutique et j'aurais l'impression de le réveiller s'il ne se donnait pas beaucoup de mal pour paraître affairé. L'informatique n'a pas encore pris possession du lieu. Ici règnent toujours la fiche bristol jaunâtre, les dépliants ronéotypés, le tampon baveux et son encreur métallique.
Je me sens un peu gêné de déclarer mon intention - pas encore arrêtée, pensé-je - de partir sur le Chemin. L'ambiance est celle d'un confessionnal et je ne sais pas encore que la question du « pourquoi » ne me sera pas posée. Prenant les devants, je tente des justifications qui, évidemment, sonnent faux. L'homme sourit et revient à des questions pratiques : nom, prénom, date de naissance.
Il me conduit peu à peu jusqu'au grand sujet : est-ce que je souhaite adhérer à l'association avec le bulletin - c'est plus cher - ou sans, c'est-à-dire en payant le minimum : il me donne les prix de chaque option. Les quelques euros de différence lui semblent suffisamment importants pour qu'il se lance dans une longue explication sur le contenu précis des deux formes d'adhésion. Je mets cela sur le compte d'un désir louable de solidarité : ne pas priver de Chemin les plus modestes. En cours de route, j'aurai l'occasion de comprendre qu'il s'agit de bien autre chose : les pèlerins passent leur temps à éviter de payer. Ce n'est souvent pas une nécessité, mais plutôt un sport, un signe d'appartenance au club. J'ai vu des marcheurs, par ailleurs prospères, faire d'interminables calculs, avant de décider s'ils commanderont un sandwich (pour quatre) dans un bar, ou s'ils feront trois kilomètres de plus pour l'acheter à une hypothétique boulangerie. Le pèlerin de Saint-Jacques, que l'on appelle un Jacquet, n'est pas toujours pauvre, loin s'en faut, mais il se comporte comme s'il l'était. On peut rattacher ce comportement à l'un des trois voeux qui, avec la chasteté et l'obéissance, marquent depuis le Moyen Âge l'entrée dans la vie religieuse ; on peut aussi appeler cela plus simplement de la radinerie.

Challenge Petit BAC 2013
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"Géographie"

Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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PAL Rouge

9 juin 2013

Miséricorde - Jussi Adler Olsen

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Audiolib - novembre 2012 - lu par Eric Herson-Macarel

Albin Michel - octobre 2011 - 496 pages

Livre de Poche -janvier 2013 - 528 pages

traduit du danois par Monique Christiansen

Titre original : Kvinden i buret, 2007

Grand Prix des Lectrices de "ELLE" 2012

Quatrième de couverture :
Pourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une cage depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux s'acharnent-ils sur la jeune femme ? Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l'avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d'encre. Mais, faute d'indices, la police avait classé l'affaire. Jusqu'à l'intervention des improbables Carl Mørck et Hafez el Assad du Département V, un flic sur la touche et son assistant d'origine syrienne. Pour eux, pas de cold case ... Couronné par les prix scandinaves les plus prestigieux, le thriller de Jussi Adler-Olsen, première enquête de l'inspecteur Mørck, est un véritable phénomène d'édition mondial. 

Auteur : Né à Copenhague, Jussi Adler-Olsen a étudié la médecine, la sociologie, le cinéma et la politique. Ancien éditeur, il connaît un succès sans précédent avec Section V, série best-seller qui compte déjà quatre tomes.

Lecteur : Éric Herson-Macarel est un comédien français. Il joue régulièrement au théâtre et au cinéma. Au grand écran, il est la voix française de, entre autres, Robert Carlyle, Willem Dafoe (dans Spiderman) et de Daniel Craig (dans James Bond). Il a déjà enregistré pour Audiolib Le Prédicateur, L'Oiseau de mauvais augure et L'Enfant allemand.

Mon avis : (écouté en juin 2013) 
Cela faisait quelques temps que je voulais découvrir ce thriller danois et j'ai eu l'occasion d'emprunter le livre-audio à la bibliothèque.
En 2007, l'inspecteur Carl Mørck échappe à une fusillade qui tue l'un de ses équipiers et rend handicapé l'autre. Deux mois plus tard, Carl reprend le travail où on lui donne une drôle de promotion... Il devient responsable d'un nouveau service le Département V, qui doit traiter des affaires classées non résolues. Pour le seconder, il a comme assistant un réfugié syrien du nom d'Assad, le duo est atypique et attachant. Le premier dossier dont ils s'occupent concerne une jeune et brillante politicienne, Merete Lyyngaard, disparue mystérieusement cinq ans plus tôt lors d'un voyage en ferry avec son frère.

Le livre raconte en parallèle, l'enquête au présent et ce qu'il s'est passé en 2002 pour Merete avant et pendant son kidnapping.
L'intrigue est originale, angoissante et fort bien construite, à aucun moment je ne me suis ennuyée... Le duo improbable Carl et Assad est formidable. Je suis donc ravie de savoir qu'il y a de nouvelles enquêtes de l'inspecteur Carl Mørck et d'Assad à découvrir et je les lirai prochainement.
Côté livre audio, j'ai beaucoup apprécié le lecteur Eric Herson-Macarel.

Autres avis :  AifelleDasolaYv, Lystig, Valérie,  EnnaSandrineSylire, Canel

Extrait : (début du livre)
Avec le  bout de ses doigts,  elle  gratta  jusqu’au  sang les murs lisses, elle frappa de ses poings fermés le verre épais des vitres jusqu’à  ce qu’elle ne sente plus ses mains. Dix fois au moins, elle avait retrouvé  à tâtons la porte d’acier, inséré ses ongles dans la fente pour  l’arracher,  mais la porte avait un bord tranchant  et restait inébranlable.
À la fin, les ongles usés jusqu’à la chair, elle retomba sur le sol glacé en respirant péniblement. Un instant, elle fixa l’obscurité  profonde, les yeux écarquillés et le cœur battant à se rompre, alors, elle cria. Elle hurla jusqu’à que ses oreilles sonnent et que sa voix se casse.

Puis elle renversa la tête en  arrière et sentit de nouveau l’air frais qui venait du plafond. Si elle pouvait prendre son élan, sauter jusque là-haut et se cramponner à n’importe quoi ? Peut-être qu’alors, il se passerait quelque  chose.
Oui,  peut-être qu’alors, ces démons, dehors, seraient obligés d’entrer  ?
Si elle visait leurs yeux, de ses doigts tendus, elle pourrait les aveugler. Si elle était assez rapide et déterminée, peut-être qu’elle y parviendrait et qu’elle pourrait s’échapper.
Pendant un moment, elle suça ses doigts qui saignaient, puis elle prit appui sur le sol pour se soulever.
Elle fixa le plafond à l’aveuglette. Peut-être était-ce trop haut pour sauter. Il n’y avait peut-être rien à attraper. Maiselle devait essayer. Que pouvait-elle faire d’autre ?
Elle ôta sa veste en tirant dessus et la rangea soigneusement dans un coin pour ne pas l’abîmer en tombant. Puis elle s’élança et sauta, les bras aussi tendus que possible, sans réussir à toucher quoi que ce soit. Elle sauta encore deux fois, puis revint vers le mur du fond où elle s’adossa pour souffler un instant. Elle reprit son élan et, de toutes ses forces, elle bondit dans l’obscurité, en agitant les bras pour atteindre l’espoir. Quand elle retomba, son pied glissa sur le sol lisse et elle chuta sur le côté. Elle gémit quand son épaule toucha le béton et cria quand sa tête heurta le mur et qu’elle vit trente-six chandelles.
Longtemps, elle resta par terre, totalement immobile, elle n’avait qu’une envie : pleurer. Mais elle ne pleura pas. Si les gardiens de sa prison l’entendaient, il y aurait malentendu. Ils la croiraient prête à renoncer, or elle n’abandonnait pas. Au contraire.

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   Challenge Thriller 

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catégorie "Même pas peur" : 46/12

 Challenge Voisins, voisines

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Danemark

 Défi Scandinavie noire 2012

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Danemark

Challenge Cap au Nord
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 Challenge Petit BAC 2013

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"Sentiment"

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Ma 1ère lecture
d'un auteur : 5/13
 

4 juin 2013

Avant d'aller dormir - SJ Watson

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Audiolib - février 2012 - lu par Françoise Cadol

Sonatine -mai 2011 - 400 pages

Points - mai 2013 - 470 pages

traduit de l'anglais par Sophie Aslanides

Titre original : Before I go to sleep, 2011

Quatrième de couverture :
Victime d'un accident de voiture, Christine est affectée d'un cas rare d'amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune étudiante célibataire, avant de découvrir qu'elle a quarante sept ans et est mariée depuis plus de vingt ans.
Son nouveau neuropsychologue lui conseille alors de tenir un journal intime pour l'aider à se remémorer son quotidien. Mais Christine constate de curieuses incohérences entre ce journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs. Elle ignore dans quel engrenage elle va basculer en voulant faire la vérité sur son passé... et son présent.
Françoise Cadol distille implacablement l’angoisse de cette quête d’une identité qui se dérobe. Ou a été dérobée.

Auteur : S. J. Watson a 39 ans. Avant d’aller dormir est son premier roman.

Lecteur : Françoise Cadol - Comédienne, auteure de pièces de théâtre (L’hôtel des Roches NoiresRodintout le temps que dure le jour, etc..). Sa voix à la suavité particulière vous sera familière : en effet c’est la voix française d’Angelina Jolie ou Lara Croft, et du commentaire en voix off de Mary Alice dans Desperate Housewives.

Mon avis : (écouté en avril 2013)
Une histoire très originale et captivante. Depuis un accident, Christine se réveille chaque matin avec la mémoire vierge de tout souvenir. Un nouveau psychologue lui conseille de noter tous les soirs le récit de sa journée pour en garder la trace. Ainsi, le lendemain, elle commence la journée en relisant son journal pour se rappeler les évènements de la veille. Cela va l'aider à retrouver quelques souvenirs et elle va commencer à s'interroger sur certaines incohérences... J'ai eu au début une impression de répétitions mais c'est normal puisque chaque matin, Christine se remémore les évènements de la veille puis peu à peu l'histoire prend du corps et le suspense s'intensifie. L'intrigue est extrêment efficace mais parfois oppressante et angoissante. 
Le côté répétitif ne pas gêné au contraire je suis entrée beaucoup plus rapidement dans ma lecture audio que d'habitude.

J'ai déjà rencontré un personnage avec une amnésie aussi originale dans le livre La Formule préférée du professeur

La lectrice est très agréable à écouter, je n'ai pas reconnu la voix off de Mary Alice dans Desperate Housewives.

Extrait : (début du livre)
Mon nom est Christine Lucas. J'ai quarante-sept ans. Je suis amnésique. Je suis assise ici, sur ce lit inconnu, en train d'écrire mon histoire, vêtue d'une nuisette en soie que l'homme qui se trouve au rez-de-chaussée - qui me dit être mon mari, et s'appeler Ben - m'a apparemment achetée pour mon quarante-sixième anniversaire. La pièce est plongée dans le silence et la seule lumière est celle de la lampe posée sur la table de nuit, une douce lueur orangée. J'ai l'impression de flotter, suspendue dans un nuage de lumière.

J'ai pris soin de fermer la porte de la chambre. J'écris ceci en privé. En cachette. J'entends mon mari dans le salon - le doux bruissement du canapé quand il se penche en avant ou se lève, une quinte de toux, poliment étouffée - mais je cacherai ce livre s'il monte au premier. Je le rangerai sous le lit ou sous l'oreiller. Je ne veux pas qu'il me surprenne en train d'écrire. Je ne veux pas avoir à lui dire comment j'ai eu ce cahier.

Je regarde le réveil sur la table de nuit. Il est presque onze heures ; il faut que je fasse vite. J'imagine que bientôt j'entendrai la télévision s'éteindre, un craquement du plancher quand Ben marchera dans la pièce, le cliquetis d'un interrupteur. Ira-t-il dans la cuisine se faire un sandwich ou se servir un verre d'eau ? Ou viendra-t-il directement se coucher ? Je ne sais pas. J'ignore ses rituels. Je ne connais même pas les miens.

Parce que je n'ai pas de mémoire. Selon Ben, selon le médecin que j'ai vu cet après-midi, quand je vais dormir, la nuit prochaine, mon esprit va effacer tout ce que je sais aujourd'hui. Tout  ce que j'ai fait aujourd'hui. Je vais me réveiller demain matin comme ce matin. En pensant que je suis toujours une enfant. Que j'ai devant moi toute une vie de possibilités, de choix.

Et ensuite, je vais découvrir, à nouveau, que je me trompe. Mes choix ont déjà été faits. La moitié de ma vie est derrière moi.

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   Challenge Thriller 

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catégorie "Même pas peur" : 45/12

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Le Mois Anglais

 Challenge Voisins, voisines

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Angleterre

 Challenge God Save The Livre 
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2 juin 2013

Bennett et Mortimer - Anthony Buckeridge

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Idéal bibliothèque - 1963 - 189 pages

Bibliothèque Verte - 1970

Bibliothèque Verte - février 1984 - 184 pages

Bibliothèque Rose - 1991

Bibliothèque Rose - 1998

traduit de l'anglais par Vladimir Volkoff

Titre original : Jennings and Darbishire, 1952

Quatrième de couverture :
Bennett et Mortimer sont en passe de devenir, dans la littérature des jeunes, un tandem aussi fameux que Don Quichotte et Sancho Pança.
Pour son douzième anniversaire, Bennett reçoit une imprimerie en miniature et un appareil photo : bref, de quoi publier un journal de classe « supersonique » !
Faire une friture dans un bac à développement, se perdre dans la campagne et participer à l'expédition de sauvetage envoyée à leur propre recherche, extraire (par en haut) un paquet introduit (par en bas) dans la cheminée du redoutable professeur Wilkinson, voilà les moindres exploits des jeunes reporters.

Auteur : Anthony Malcolm Buckeridge est né à Londres en 1912 et a suivi sa vocation : l'enseignement. Nommé au St Lawrence College, il raconte à ses élèves, les soirs où il est de garde au dortoir, des histoires qu'il invente au fur et à mesure. Les personnages sont des écoliers comme eux, dans un collège qui ressemble au leur. 
Anthony Malcolm Buckeridge est décédé le 28 juin 2004.

Mon avis : (relu en juin 2013)
Je ne pouvais inaugurer ma participation au Mois Anglais organisé par Plaisirs à cultiver et My lou book que par un livre de cette série. 
Cette lecture est bien sûr une relecture ! J'ai découvert Bennett et Mortimer lorsque j'étais enfant à la bibliothèque où j'ai lu toute leur collection et j'en ai également acheté quelques uns avec mes étrennes que j'ai gardé depuis. Cette série évoque pour moi les plus gros fous rire de lecture de mon enfance. Avec Bennett et son complice Mortimer, je découvrais l'Angleterre et ses pensionnats. 

Bennett est un collégien de 10 ou 11 ans, le visage couvert de taches de rousseurs et la mèche en bataille. C'est un élève turbulent et surtout inventif, mais ses idées provoquent souvent des nombreuses catastrophes...
Mortimer est son fidèle camarade, blond, avec des lunettes. Même s'il n'est pas aventurier, il ne rechiche jamais à suivre son camarade même s'il prédit les problèmes dans lesquels ils ne manquent tous les deux à créer...
Avec eux, il y a évidemment de nombreux élèves comme Atkins, Morrison, Briggs...
Côté professeurs, il y a Léopold Prosper Willkinson, dit Wilkie, au tempérament explosif, M. Carter beaucoup plus calme et qui comprend mieux les enfants et M.Pemberton-Oakes, dit Grand Chef Sioux, le directeur du Collège de Linbury.

Ce livre est le quatrième de la série, cela commence le jour de l'anniversaire de Bennett, il reçoit pour ses douze ans, un appareil photo et une imprimerie miniature. C'est idéal pour créer un journal : la Gazette de la Troisième Division. Voilà donc Bennett et Mortimer à la recherche d'une idée d'article et pourquoi pas aller sur le port pour y faire une belle photo... L'imagination et l'inventivité de Bennett est sans borne, les quiproquos entre élèves et professeurs donnent à l'intrigue son côté comique sans oublier l'exotique de l'époque des années 50 et 60...
Même adulte, je continue à bien rire en les relisant...  

Un site très bien documenté sur la série : 2013_06_01_214039

Extrait : (page 73)
Au comble de l’embarras, Bennett resta sans mot dire, pendant que le directeur considérait les mains noires, les cheveux pleins de suie du jeune garçon.
« Peut-on vous demander à quoi vous passiez votre temps, Bennett ? »
Impossible de deviner, d’après le ton du directeur, s’il était simplement surpris ou en colère.
« Je… j’étais en train de mettre ma tête dans la cheminée, m’sieur.
— C’était précisément mon impression, mais j’avoue que le but de cette occupation m’échappe totalement.
— Eh bien… c’était pour voir si je pouvais regarder jusqu’en haut, m’sieur. »
M. Pemberton-Oakes, surnommé « le Grand Chef Sioux », enseignait des garçons de onze ans depuis trois décennies et un lustre. Il ne s’étonnait donc plus de leurs fantaisies et ne trouva nullement étrange que Bennett eût éprouvé le besoin de vérifier de visu la noirceur interne des cheminées.
« Je suppose, Bennett, dit le directeur satisfait, que M. Wilkinson vous avait envoyé ici pour que vous l’attendiez. Mais vous n’auriez pas dû monter sans changer de chaussures. Vous portez encore vos souliers de football. Allez les changer immédiatement. 
— Bien, m’sieur. »
Bennett quitta la pièce et constata que M. Pemberton-Oakes ne se préparait pas à le suivre. Donc, il était venu voir M. Wilkinson et l’attendrait dans son bureau. Que faire ?
Bennett descendit au vestiaire et méditait encore lorsque Mortimer vint lui donner une grande tape dans le dos :
« Alors, tout est arrangé ? demanda Mortimer joyeusement. Moi, je me suis débrouillé pour garder Wilkie dehors, mais tu n’es pas venu me faire signe qu’il pouvait rentrer. Tu as drôlement bien fait d’enlever ce paquet maintenant, parce que Wilkie va allumer son feu.
— Quoi ? »
Bennett avait fait volte-face comme une girouette.
« Oui, il fait des frais parce que le Grand Chef Sioux va venir le voir. »
Le regard de Bennett demeurait vitreux ; un doute horrible naquit dans l’esprit de Mortimer :
« Tu… tu ne veux pas dire que tu as bousillé le travail ? »
Bennett inclina la tête.
« Le Grand Chef Sioux est entré pendant que j’étais en train, et je me suis fait attraper parce que j’essayais de pénétrer dans la cheminée sans avoir enlevé mes souliers de football.
— Pas de veine ! Mais pourquoi ne les avais-tu pas enlevés avant ?
— Ça
 
ne m’aurait pas aidé à mieux voir, gros malin ! Je n’ai pas les orteils phosphorescents. 
— Catastrophe, Bennett ! Compte seulement : Primo, nous n’avons pas jeté le poisson quand M. Carter nous avait dit de le faire. Secundo, nous avons ouvert une boutique de friture dans la chambre noire. Tertio, M. Wilkinson va être asphyxié dès qu’il aura allumé du feu. Et quarto, eh bien quarto, papa dit toujours qu’un malheur ne vient ja… »
Mais Bennett n’écoutait pas. Subitement, il se frappa le front et s’écria :
« J’y suis, Morty. On va aller à la pêche !
— Sûrement pas, répondit Mortimer avec décision. Nous avons assez à faire avec le poisson que nous avons déjà sur les bras. 
— Justement. Si on ne peut pas l’avoir par en bas, on l’aura par en haut. Tout ce qu’il nous faut, c’est un crochet et une longue ficelle. »
La cheminée de la chambre de M. Wilkinson donnait sur un toit en terrasse, interdit aux élèves, mais facile à atteindre par la fenêtre d’un grenier. 
« Et s’il ne vient pas ? objecta Mortimer lorsque Bennett eut exposé son plan. 
— C’est notre dernière chance, répliqua Bennett. Je vais me débrouiller pour trouver un crochet ; toi, déniche-moi un bout de ficelle. »
Quelques minutes plus tard, armés d’un vieux porte-manteau qui servirait d’hameçon, d’une ficelle rallongée d’un lacet de chaussure qui servirait de ligne, et d’une poignée de porte pour lester le tout, les garçons gagnèrent sur la pointe des pieds le grenier, enjambèrent la fenêtre et se trouvèrent sur le toit en terrasse, prêts à l’action.
Pour la deuxième fois en vingt minutes, l’heure H avait sonné !

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Le Mois Anglais

 Challenge Voisins, voisines

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Angleterre

 Challenge God Save The Livre 
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21 mai 2013

A copier 100 fois - Antoine Dole

a_copier_100_fois Sarbacane - avril 2012 - 56 pages

Quatrième de couverture :
« Papa m'a dit 100 fois comment il fallait que je sois. » Et surtout, « pas pédé ». La consigne est claire et quand le héros de ce livre, 13 ans, se fait harceler par les gros bras du collège, impossible d'appeler son père à l'aide. Heureusement qu'il y a Sarah, qui n'a pas peur, elle. Mais la question reste : comment se faire aimer d'un père qui vous rejette pour ce que vous êtes ?


Auteur : Antoine Dole vit à Paris et à Chambéry. Écrivain et scénariste, il a publié 3 romans chez Sarbacane, dont Je reviens de mourir et K-Cendres. Pour ce bref texte sur l'homophobie et le coming out, il ouvre au scalpel des pistes sensibles vers la réconciliation.

Mon avis : (lu en mai 2013)
Le narrateur est un jeune garçon de 13 ans, qui subit humiliations et coups de la part de camarades du collège. Il aimerait avoir du soutien pour que cela s'arrête, il n'en peut plus. Mais depuis toujours son père lui répète qu'il ne veut pas d'un fils « pédé » et qu'il doit être un homme et savoir se défendre tout seul... Le jeune garçon ne sait que faire, il n'ose pas demander de l'aide à son père car il craint sa colère. Lorsqu'il est attaqué, la peur le pétrifie et l'empêche de se défendre, il est la victime idéale pour les petits caïds abrutis du collège... Autour de lui, les professeurs, les surveillants et la plupart des camarades sont témoins de ses souffrances et pourtant l'absence de réaction est flagrante !
Un récit poignant à lire et à faire lire à nos adolescents !

Autres avis : CanelJérôme

Extrait : (début du livre)
Papa m'a dit cent fois comment faudrait que je sois. Qu'un garçon, ça pleure pas, ça se laisse pas faire. Mais papa n'est pas là quand Vincent et ses potes viennent me chercher des crosses dans la cour. J'me prends des baffes, des coups de poing, et je dis rien, je serre les dents. J'en parle pas. Pour quoi faire ? Papa m'a dit cent fois qu'un garçon, ça règle ses comptes tout seul, que ça doit savoir se débrouiller, «comme un homme» il a dit. Quand je rentre du collège, papa n'est pas content, parce que ma chemise est déchirée ou qu'un bouton manque, que ma lèvre saigne et que j'sais pas quoi répondre quand il me demande si j'ai su me défendre. Non papa, je me suis assis en boule, j'ai attendu que ça passe, j'ai mal aux côtes, j'veux pas y retourner demain, steuplé va leur demander d'arrêter. Mais ça, je peux pas lui dire. Je bredouille, je tremble, parce qu'à force, j'ai l'impression qu'il est de leur côté. Pas du mien.

Papa m'a dit cent fois quoi faire, comment les choses fonctionnent : «Si tu arrêtes de te laisser faire, ils arrêteront de s'en prendre à toi.» Mais ça ne marche pas. Si je réponds à Vincent, ou à Laurent, ou à Julien, la claque qui suit me déboîte la mâchoire, et si j'essaie de la leur rendre, ça part en vrille direct : une balayette et je me retrouve par terre à parer les coups suivants tant bien que mal.
Jeudi dernier, après le cours d'EPS, Laurent a écrasé mon visage dans l'herbe du terrain de foot jusqu'à ce que j'avale de la terre. Il était assis sur moi, les autres se marraient autour. Il écrasait ma tête contre le sol en me tenant fort les cheveux.

 Challenge Petit BAC 2013
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"Chiffre/Nombre"

 Lire sous la contrainte
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7ème session : infinitif

17 avril 2013

Yellow birds - Kevin Powers

Lu dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs 
Sélection avril

yellows_birds Stock – février 2013 – 264 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Emmanuelle et Philippe Aronson

Titre original : The Yellow Birds, 2012

Quatrième de couverture :
Bartle, 21 ans, est soldat en Irak, à Al Tafar. Depuis l’entraînement, lui et Murph, 18 ans, sont inséparables. Bartle a fait la promesse de le ramener vivant au pays. Une promesse qu’il ne pourra pas tenir… Murphy mourra sous ses yeux et hantera ses rêves de soldat et, plus tard, de vétéran.
Yellow birds nous plonge au coeur des batailles où se déroule la vie du régiment conduit par le sergent Sterling. On découvre alors les dangers auxquels les soldats sont exposés quotidiennement. Et le retour impossible à la vie civile.
Kevin Powers livre un roman fascinant sur l’absurdité de la guerre, avec une force aussi réaliste que poétique

Auteur : Kevin Powers est né à Richmond,Virginie, États-Unis. Diplômé en littérature, il a obtenu une bourse en poésie auprès de l’université d’Austin, au Texas. Il s’est enrôlé dans l’armée et a combattu en Irak en 2004 et 2005. Yellow birds est son premier roman. Il a été sélectionné parmi les « 10 best books of the year » du New York Times.

Mon avis : (lu en avril 2013)
Bartle, 21 ans, et Murph, 18 ans, sont deux engagés volontaires, ils sont devenus amis. Ils ont fait près de vingt mois de guerre à Al Tafar en Irak. Murph va mourir en Irak. Barth est de retour chez sa mère à Richmond en Virginie mais il lui est impossible d'oublier. Il se sent coupable d'être vivant, il ne supporte plus le regard des gens, il ne se sent pas légitime d'accepter les honneurs.

La construction du livre est telle que nous suivons en alternance le présent aux États-Unis et le passé avec les combats en Irak.
L'auteur américain Kevin Powers est parti de sa propre expérience pour écrire ce livre, en effet à l'âge de 17 ans, il s'est enrôlé dans l'armée des États-Unis et a combattu en Irak en 2004 et 2005. On comprend donc la précision et le réalisme des descriptions des combats, de l'état psychique et physique des soldats. Ils ont en permanence la peur au ventre. 
Cette description implacable des ravages intérieurs de la guerre chez ce jeune soldat est à la fois violente et poétique. Une très belle découverte.

Extrait : (début du livre)
La guerre essaya de nous tuer durant le printemps. L'herbe verdissait les plaines de Ninawa, le temps s'adoucissait, et nous patrouillions à travers les collines qui s'étendaient autour des villes. Nous parcourions les herbes hautes avec une confiance fabriquée de toutes pièces, nous frayant, tels des pionniers, un chemin dans la végétation balayée par le vent. Pendant notre sommeil, la guerre frottait ses milliers de côtes par terre en prière. Lorsque nous poursuivions notre route malgré l'épuisement, elle gardait ses yeux blancs ouverts dans l'obscurité. Nous mangions, et la guerre jeûnait, se nourrissant de ses propres privations. Elle faisait l'amour, donnait naissance, et se propageait par le feu.

Puis, durant l'été, elle essaya encore de nous tuer tandis que la chaleur blanchissait les plaines et que le soleil burinait notre peau. Elle faisait fuir ses citoyens qui se réfugiaient dans les recoins sombres des immeubles couleur de craie, et jetait une ombre blême sur tout, tel un voile sur nos yeux. Jour après jour, elle tentait de nous supprimer, en vain. Non pas que notre sécurité fut prévue. Nous n'étions pas destinés à survivre. En vérité, nous n'avions pas de destin. La guerre prendrait ce qu'elle pourrait. Elle était patiente. Elle n'avait que faire des objectifs, des frontières. Elle se fichait de savoir si vous étiez aimé ou non. La guerre s'introduisit dans mes rêves cet été-là, et me révéla son seul et unique but : continuer, tout simplement continuer. Et je savais qu'elle irait jusqu'au bout.
Quand septembre arriva, la guerre avait décimé des milliers de personnes. Les corps jonchaient ici et là les avenues criblées d'impacts, étaient dissimulés dans les ruelles, et entassés dans les creux des collines aux abords des villes, les visages boursouflés et verts, allergiques à présent à la vie. La guerre avait fait de son mieux pour tous nous éliminer : hommes, femmes, enfants. Mais elle n'avait réussi à tuer qu'un peu moins d'un millier de soldats comme moi et Murph. Au début de ce qui était censé être l'automne, ces chiffres signifiaient encore quelque chose pour nous. Murph et moi étions d'accord. Nous refusions d'être le millième mort. Si nous mourions plus tard, eh bien soit. Mais que ce chiffre fatidique s'inscrive dans la vie de quelqu'un d'autre.
Nous ne remarquâmes presque aucun changement en septembre. Mais je sais à présent que tout ce qui allait compter dans ma vie s'amorça alors. Peut-être la lumière descendait-elle un peu plus doucement sur Al Tafar, car elle se perdait au-delà des silhouettes fines des toits et dans la pénombre des renfoncements sur les boulevards. Elle inondait les briques de terre et les toitures en tôle ondulée ou en béton des bâtiments blancs et ocres. Le ciel était vaste et grêlé de nuages. Un vent frais nous parvenait des lointaines collines à travers lesquelles nous avions patrouillé toute l'année. Il soufflait sur les minarets qui s'élevaient au-dessus de la citadelle, s'engouffrait dans les ruelles en agitant les auvents verts, et poursuivait son chemin jusqu'aux champs en friche qui encerclaient la ville, pour finir par se briser contre les demeures hérissées de fusils dans lesquelles nous étions disséminés. Les membres de notre unité se déplaçaient sur le toit terrasse où nous étions en position - traînées grises dans les lueurs qui précédaient l'aube. C'était la fin de l'été, un dimanche me semble-il. Nous attendions.

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Challenge Petit BAC 2013
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"Couleur"

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40/50 :  Virginie

14 avril 2013

L'envolée sauvage : Le Lapin d'Alice – Galandon et Monin

l_envol_e_sauvage3 Bamboo – novembre 2012 – 48 pages

Quatrième de couverture :
1942.  Il était une fois deux enfants qui fuyaient la nuit et le brouillard... 
Comme des milliers d’autres, Ada et Lucja sont sœurs. Comme des milliers d’autres, Ada et Lucja sont juives. Comme des milliers d’autres, elles furent arrêtées avec leurs parents lors de la terrible rafle du Vel d’hiv’, le 16 juillet 1942. 
Commence alors leur course effrénée pour la survie. Une aventure où, pour fuir la réalité et garantir leur sécurité, Ada invente à Lucja un monde où les princesses échappent aux loups à bottes cloutées... Mais jusqu’à quand ?...

Auteurs : Laurent GALANDON, scénariste. Habite en Ardèche. Après des études en photographie, il exerce ce métier pendant quelques années avant de diriger un cinéma d'Art et d'essai. Les rencontres avec des cinéastes, des réalisateurs ou des comédiens attisent son envie d'écrire. En 2002, il quitte l'Ile de France pour la Drôme/Ardèche. Il participe pendant quelques mois à l'AtelierBD.com avant de présenter ses premières histoires aux éditeurs. Bamboo l'accueille dans son giron avec L'Envolée sauvage et provoque la rencontre avec Arno Monin. D'autres projets sont nés chez Bamboo, dont Gemelos, dans la collection Grand Angle (sortie du tome 2 en janvier 2008).

Arno MONIN, dessinateur. Habite à Nantes. Après avoir passé un bac littéraire puis une année à la fac en histoire de l'art, Arno Monin intègre une école d'arts appliqués qui proposait la formation dessin animation bande dessinée. En cours de formation, un projet bd commence à le démanger. Il s'y consacre alors à plein temps afin de le présenter à des éditeurs, jusqu'à la bonne rencontre avec Bamboo Édition... L'Envolée sauvage est son premier album.

Mon avis : (lu en avril 2013)
Ce troisième tome de la série est le premier d'un deuxième cycle. En effet après l'histoire de Simon dans le 1er cycle, ici nous suivons l'histoire de deux sœurs Ada et Lucja. Elles sont juives et elles ont été arrêtées avec leur famille le 16 juillet 1942, lors de la rafle du Vel d’hiv’. Grâce à la complicité d'une tante, elles vont réussir à s'évader puis elles prendront des noms d'emprunt et seront cachées dans la ferme de la mère Montfleur. Elles connaîtrons des situations difficiles craignant à tout moment la trahison et l'arrestation. Au cours de ses péripéties, pour conjurer le sort, Ada raconte des contes de fées à sa petite sœur...
Une belle histoire sur un sujet difficile avec des personnages attachants. J'attends avec curiosité la suite et fin de ce cycle.

Extrait : (début du livre)

 

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 Challenge Petit BAC 2013
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"Aliment/Boisson"

Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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PAL Vert

Déjà lu des mêmes auteurs :

Cycle I : envoleesauvage01_  envoleesauvage02_
L'envolée sauvage : La Dame blanche 
L'envolée sauvage : Les Autours des palombes

1 juin 2013

Les morts de la Saint-Jean - Henning Mankell

 Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : MORT

les_morts_de_la_st_jean_seuil les_morts_de_la_st_jean_point2 les_morts_de_la_st_jean_point les_morts_de_la_st_jean_

Seuil - avril 2001 - 492 pages

Points - mars 2002 - 576 pages

Points - mars 2004 - 576 pages

Succès du Livre - août 2008 - 

traduit du suédois par Anna Gibson

Titre original : Steget Efter, 1997

Quatrième de couverture :
Nuit de la Saint-Jean. Dans une clairière isolée, trois jeunes gens se livrent à d'étranges jeux de rôle. Bientôt, la fête tourne au drame.
La peur s’installe dans la région. L’inspecteur Wallander est assailli par le doute. Pris dans l’enchaînement des découvertes macabres et des rebondissements, parviendra-t-il à mener à bien cette enquête qui s’annonce particulièrement ardue ?

Auteur : Henning Mankell, né en 1948, partage sa vie entre la Suède et le Mozambique. Lauréat de nombreux prix littéraires. Outre la célèbre « série Wallander », il est l'auteur de romans sur l'Afrique ou sur des questions de société, de pièces de théâtre et d’ouvrages pour la jeunesse.

Mon avis : (lu en mai 2013)
C'est la septième enquête de la série du Commissaire Wallander. La nuit de la Saint-Jean, trois jeunes gens disparaissent après une fête dans une forêt, un inspecteur, collègue de Wallander, est retrouvé mort chez lui, suicide ou meurtre ? Puis deux jeunes mariés sont assassinés. Un tueur en série mystérieux et insaisissable rôde-t-il ? Et Kurt Wallander n'y comprend rien. Voilà les grandes lignes de cette 
enquête policière bien rythmée. 
Le Commissaire Wallender est toujours tourmenté, angoissé mais à fond dans son enquête malgré quelques soucis de santé dus à sa sédentarité et son alimentation déplorable... Henning Mankell nous fait également une description de la société suédoise. J'ai toujours autant de plaisir à suivre les aventures de Kurt Wallander que je prend le temps de savourer. 
Il ne me reste plus que deux épisodes à découvrir...

En 2008, ce livre a été adapté par la BBC dans la série télévisée Wallander (saison 1 – épisode 3) réalisé par Andy Wilson avec Kenneth Branagh, Benedict Taylor, David Sibley, Roland Hedlund, Rupert Graves. Cette adaptation très réussie est assez proche du livre et nous permet de découvrir de très beaux paysages de Suède.

Extrait : (page 17)
Le mercredi 7 août 1996, Kurt Wallander faillit être tué dans un accident de la route, à l'est d'Ystad.
Il était tôt, à peine six heures du matin. Il venait de traverser Nybrostrand en direction de l'Österlen. Soudain, un poids lourd surgit devant sa Peugeot. Il perçut l'avertisseur du camion à l'instant même où il donnait un brusque coup de volant.
Il s'immobilisa au bord de la route. La peur ne le rattrapa qu'à ce moment-là. Cœur cognant à se rompre, nausée, vertige. Il crut qu'il allait s'évanouir. Il serra le volant de toutes ses forces.

Quand il fut un peu calmé, il commença très lentement à comprendre ce qui s'était passé.
Il s'était endormi au volant. Une fraction de seconde avait suffi pour que sa vieille voiture franchisse la ligne blanche.
Une seconde de plus et il aurait été écrasé par le poids lourd.
L'espace d'un instant, cette certitude le laissa complètement démuni. Il ne pouvait penser qu'à une chose : l'épisode, quelques années plus tôt, au cours duquel il avait failli heurter un élan près de Tingsryd.
Mais à l'époque, c'était la nuit et il y avait du brouillard. Cette fois-ci, il s'était endormi au volant.
La fatigue.
Il n'y comprenait rien. Elle lui était tombée dessus sans prévenir, peu avant son départ en vacances au début du mois de juin. Cette année, exceptionnellement, il avait voulu prendre ses vacances très tôt, avant l'été. Elles avaient été gâchées par la pluie. Le beau temps était arrivée en Scanie juste au moment où il reprenait le travail, peu après la Saint-Jean.

Déjà lu du même auteur : 
tea_bag  Tea-Bag  les_chaussures_italiennes  Les chaussures italiennes

meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

l_homme_inquiet L'homme inquiet le_retour_du_professeur_points Le Retour du professeur de danse

la_lionne_blanche_p La lionne blanche  profondeurs_p Profondeurs le_chinois Le Chinois

l_homme_qui_souriait_p L’homme qui souriait le_guerrier_solitaire_p Le guerrier solitaire 

la_faille_souterraine La faille souterraine et autres enquêtes la_cinqui_me_femme La cinquième femme

 Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 44/12

 Challenge Voisins, voisines

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Suède

  Défi Scandinavie noire 2012

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Suède

Challenge Cap au Nord
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 Challenge Petit BAC 2013

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"Prénom"

Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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