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A propos de livres...
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10 avril 2013

Pyongyang - Guy Delisle

pyongyang L'Association - novembre 2002 - 152 pages

Présentation éditeur :
Après Shenzen, Guy Delisle a poursuivi son travail nomade d'animateur à Pyong yang, capitale de la Corée du Nord. Si ses sentiments vis-à-vis d'un pays totalement étranger se retrouvent d'un livre à l'autre, "Pyong Yang" présente en outre l'intérêt de donner des informations sur la vie quotidienne d'un des pays les plus secrets et les plus fermés du monde.

Auteur : Né en 1966, Guy Delisle est un auteur de bande dessinée québécois. Après des études d'animation au Sheridan College de Oakville (Ontario), il travaille dans différents studios à travers le monde, Canada, Allemagne, France, Chine, Corée du Nord,Réunion, Jérusalem. Ses expériences de superviseur d'animation en Asie fourniront ainsi matière à deux albums autobiographiques, Shenzhen en 2001 et Pyongyang en 2003. Paru en 2007, Chroniques birmanes relate un séjour d'une année qu'il effectue à Rangoon où il suit son épouse, expatriée de Médecins sans frontières. Quatre ans plus tard paraîtChroniques de Jérusalem qui relate l'année 2008-2009 passée par la famille en Israël, et qui lui vaut le Prix du Meilleur Album au festival d'Angoulême en 2012. Il a en particulier vécu en direct l'Opération plomb durci à Gaza en décembre 2008.
 
Mon avis : (lu en avril 2013)
Après avoir découvert, Jérusalem puis Sgenzhen à travers les yeux de Guy Delisle, j'avais hâte de découvrir Pyongyang la capitale de la Corée du Nord, un endroit du monde les plus difficiles à pénétrer. C'est encore dans le cadre de son travail que Guy Delisle est envoyé deux mois à Pyongyang pour superviser la sous traitance d'une série de dessins animés. Il raconte avec humour son séjour, son quotidien et ses réflexions personnelles. 
Même préparé à ce voyage, Guy Delisle est souvent surpris par ce ce pays si différent au niveau culturel, politique, social... Il souligne également les contradictions du pays. 
Les étrangers ne peuvent pas se déplacer sans un interprète ou un guide, ils sont logés dans des hôtels réservés aux étrangers, ils ne sont jamais vraiment libres de leurs mouvements, et ne peuvent visiter que ce que l'on veut bien leur montrer comme les bâtiments et les constructions à la gloire du régime (la statue de Kim Il-Sung, le métro de Pyongyang, l'Arc de triomphe, le Musée de l'Occupation Impériale...)
Il raconte également la ferveur omniprésente quasi-religieuse et obligatoire des Coréens vis à vis de Kim Il-Sung, le « père de la nation », et son fils Kim Jong-Il. Tout Coréen porte le badge de l’un et/ou l’autre des deux communistes. Les Coréens travaillent 6 jours sur 7 et le septième jour est un jour de volontariat offert au régime (pour repeindre un pont, entretenir les espaces verts...).
La propagande et le « lavage de cerveau » est flagrante en particulier lorsque Guy Delisle s'étonne auprès de son guide de l'absence d'handicapés à Pyongyang, et celui-ci lui répond avec une sincérité confondante qu'il n'y en a pas en Corée du Nord car les enfants de « race coréenne » naissent toujours sans déficience physique, forts et intelligents...
Guy Delisle dénonce également la délocalisation en Asie des métiers des films d'animation et les difficultés rencontrées.
Un témoignage personnel sur Pyongyang très instructive et d'actualité même s'il date de dix ans...

Extrait : (début du livre)

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Déjà lu du même auteur : 

chroniques_de_J_rusalem Chroniques de Jérusalem shenzhen  Shenzhen

 Challenge Petit BAC 2013
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"Géographie"

 

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19 mars 2013

Festival Rue des Livres - 16 mars 2013

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 Les billets des dernières années sur les rencontres à Rennes entre blogueurs et blogueuses à l'occasion du Festival Rue des livres m'ont donné envie d'y participer et cette année, j'ai sauté le pas.

Je suis partie très tôt de chez moi, après un transilien, un bus et un TGV, je suis arrivée à la gare de Rennes vers 10h30 avec la pluie... Je retrouvais Sylire, Fransoaz arrivant par le train de Brest et Gambadou organisatrice de la rencontre blogo qui nous véhiculait gentiment jusqu'au Festival.

Retrouvailles avec le reste des participant(e)s sous le chapiteau du Festival : SandrineYvon, Joelle et son mari, Géraldine, HildeYaneck, Xian Moriarty, Arieste, Canel et sa famille. 

Rapidement nous partons déjeuner à la Cantine des auteurs, où nous attend un délicieux repas marocain préparé par une association de quartier. Nous sommes répartis sur deux tables l'occasion d'échanger des livres, de discuter BD, prix Elle et lectures bien sûr !

Nous ne traînons pas trop à table car nos tables sont attendues par de nouveaux convives. La pluie s'étant arrêtée, nous en profitons pour faire un grand tour du salon, tout en papotant ! 

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            Bernard Minier                                Viviane Moore

Ensuite, Sandrine, Canel, son fils et moi nous décidons d'aller voir la conférence sur L’école française du Polar avec Stéphane Marchand, David S. Khara, Christian Rauth et Bernard Minier. J'ai beaucoup aimé les interventions de Bernard Minier.

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de gauche à droite : Stéphane Marchand, David S. Khara, Christian Rauth et Bernard Minier

Nous profitons de la pause pour faire la photo de groupe avec ceux et celles qui le voulaient...
(cf. les billets de Gambadou, Sandrine, Syrelire...)

Puis c'est la conférence qui m'a le plus marqué : Écrire contre l’oubli superbement animée par C. Capochichi avec Magda Hollander-Lafon, son éditrice Anne-Sophie Jouanneau et Yahia Belaskri :

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Quelle grande dame avec un regard inoubliable, née en Hongrie en 1928, elle est déportée à l'âge de 16 ans.
En 1977, longtemps après sa sortie des camps, elle témoigne à travers un petit livre Les chemins du temps.
Ce livre est réédité et complété Quatre petits bouts de pain : Des ténèbres à la joie. 
Un matin, à Auschwitz, une femme mourante demande à Magda Hollander-Lafon d'approcher et lui dit de prendre dans sa main les quatre petits bouts de pain qu'elle a gardés mais qu'elle ne peut plus manger : " tu es jeune, tu dois vivre ", lui dit-elle. Cette phrase a donné à Magda une formidable envie de vivre et aujourd'hui elle veut transmettre l'horreur avec douceur. Elle nous parle de l'importance du regard qui peut être aussi bien destructeur que plein de douceur... « Il y a en chacun de nous le meilleur et le pire », « La vie ne se mérite pas mais se vit au présent. Je suis responsable de ma vie et du sens que je veux lui donner. »

Le témoignage de Yahia Belaskri originaire d'Oran ville cosmopolite à propos de son livre Une longue nuit d'absence était également très intéressant. J'ai aimé sa formule pour résumer le livre : 1 homme (Paco), 2 pays (Algérie et Espagne), 3 guerres (Guerre d'Espagne, 2de Guerre Mondiale, Guerre d'Algérie).

Re-pause, je sors mes cookies...

La dernière conférence auquelle j'assiste sans connaître est Autour de Philip K. Dick animée par Erwan Cadoret (spécialiste cinéma, éducateur à l’image, intervenant Clair Obscur à Rennes) avec Étienne Barillier (spécialiste de P. K. Dick), Florian Treguer (enseignant
chercheur en littérature américaine) et Jérémy Zucchi (spécialiste en cinéma et intervenant sur P. K. Dick).


de gauche à droite :
Erwan Cadoret, Jérémy Zucchi, Étienne Barillier, Florian Treguer

(cf. Wikipedia : Philip K. Dick)

 Et bien sûr, dans un Salon, je collecte des marque-pages ! 

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Il est déjà l'heure de quitter le Festival, de quitter Rennes et de prendre le chemin du retour...

Merci à Canel et à sa famille de m'avoir reconduite à la gare...

J'ai un peu dormi dans le TGV pour éviter de rater ma gare à minuit... 

Et lorsque j'arrive chez moi, il est déjà dimanche !

Je suis ravie d'avoir participé à cette journée, d'avoir pu enfin rencontrer en vrai Sandrine et Canel avec qui j'échange par commentaires ou mails depuis plusieurs années. Je regrette de n'avoir pas pris le temps d'échanger plus avec les autres participant(e)s...
Ce sera pour une autre fois !

16 mai 2013

Millenium 3 : La reine dans le palais des courants d'air - Stieg Larsson

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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Audiolib - octobre 2008 - lu par Emmanuel Dekoninck

Actes Sud – septembre 2007 – 710 pages

Babel - janvier 2013 - 880 pages

traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain

Titre original : Millénium 3, Luftslottet som sprängdes

Présentation de l'éditeur
Que les lecteurs des deux premiers tomes de la trilogie Millénium ne lisent pas les lignes qui suivent s'ils préfèrent découvrir par eux-mêmes ce troisième volume d'une série rapidement devenue culte. Le lecteur du deuxième tome l'espérait, son rêve est exaucé : Lisbeth n'est pas morte. Ce n'est cependant pas une raison pour crier victoire : Lisbeth, très mal en point, va rester coincée des semaines à l'hôpital, dans l'incapacité physique de bouger et d'agir. Coincée, elle l'est d'autant plus que pèsent sur elle diverses accusations qui la font placer en isolement par la police. Un ennui de taille : son père, qui la hait et qu'elle a frappé à coups de hache, se trouve dans le même hôpital, un peu en meilleur état qu'elle... Il n'existe, par ailleurs, aucune raison pour que cessent les activités souterraines de quelques renégats de la Säpo, la police de sûreté. Pour rester cachés, ces gens de l'ombre auront sans doute intérêt à éliminer ceux qui les gênent ou qui savent. Côté forces du bien. on peut compter sur Mikael Blomkvist, qui, d'une part, aime beaucoup Lisbeth mais ne peut pas la rencontrer, et, d'autre part, commence à concocter un beau scoop sur des secrets d'Etat qui pourraient, par la même occasion, blanchir à jamais Lisbeth. Mikael peut certainement compter sur l'aide d'Armanskij, reste à savoir s'il peut encore faire confiance à Erika Berger, passée maintenant rédactrice en chef d'une publication concurrente. 

Auteur : Stieg Larsson, né en 1954, journaliste auquel on doit des essais sur l'économie et des reportages en Afrique, était le rédacteur en chef d'Expo, revue suédoise observatoire des manifestations ordinaires du fascisme. Il est décédé brutalement, en 2004, d'une crise cardiaque, juste après avoir remis à son éditeur les trois tomes de la trilogie Millénium.

Lecteur : Interprète de théâtre de grand talent, apprécié à Bruxelles et à Paris, metteur en scène et également compositeur, Emmanuel Dekoninck vit en Belgique. Il a déjà enregistré pour Audiolib, entre autres, Millénium et 1Q84.

Mon avis : (écouté en mai 2013)
J'aurai passé un mois à relire en « audio » la série Millénium sans aucune lassitude. Emmanuel Dekoninck le lecteur de ce livre-audio rend l'écoute si vivante que je n'ai eu aucun mal à rester dans l'histoire si prenante de cette série, c'est un vrai plus par rapport à la version papier.
En fin de disque, il y a en bonus, un entretien très intéressant avec l’éditeur et traducteur de la Trilogie, Marc de Gouvenain. 
Dans ce troisième tome, nous retrouvons Lisbeth et Mickael quelques heures à peine après la fin du second tome. Lisbeth est dans un triste état,  inconsciente, avec une balle dans la tête, une balle dans la hanche et une dans l'épaule, Mikaël est menotté... Et tous les amis de Lisbeth vont se mobiliser pour la défendre. On retrouve la rédaction de Millénium, son ancien patron, Dragan Armanskij, de même que son ancien tuteur. Même certains policiers vont rejoindre son camp. Nous voilà plongé dans une enquête complexe au cœur de complots politiques, de trafics en tout genre et de la police secrète.

Un immense plaisir de lecture, comme pour les deux volumes précédents, mais avec également un petit pincement au coeur sachant que au bout du disque, je quitterai avec tristesse les héros de Millénium qui m'étaient devenus tellement proches.

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Le 28 juillet 2010, est sortie en France le film suédois, danois et allemand « Millénium 3 » (Luftslottet som sprängdes) est un film réalisé par Daniel Alfredson avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace, Lena Endre. Un film que j'ai beaucoup aimé.

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Extrait audio : ici

Déjà lu du même auteur : 

Millenium_1 Millénium 1 : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

mill_nium2 Millénium 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
mill_nium3 Millénium 3 : La reine dans le palais des courants d'air

Déjà écouté :

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 Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 42/12

  Challenge Voisins, voisines

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Suède

   Défi Scandinavie noire 2012

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Suède

  Challenge Cap au Nord

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Challenge Petit BAC 2013

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"Météo"

 

16 mai 2013

Millénium 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette - Stieg Larsson

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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Audiolib - septembre 2008 - lu par Emmanuel Dekoninck

Actes Sud – octobre 2006 – 652 pages

Babel - janvier 2012 - 800 pages

traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain

Titre original : Millénium 2, Flickan som lekte med elden

Présentation de l'éditeur
Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est. Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé. Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant. 

Auteur : Stieg Larsson, né en 1954, journaliste auquel on doit des essais sur l'économie et des reportages en Afrique, était le rédacteur en chef d'Expo, revue suédoise observatoire des manifestations ordinaires du fascisme. Il est décédé brutalement, en 2004, d'une crise cardiaque, juste après avoir remis à son éditeur les trois tomes de la trilogie Millénium.

Lecteur : Interprète de théâtre de grand talent, apprécié à Bruxelles et à Paris, metteur en scène et également compositeur, Emmanuel Dekoninck vit en Belgique. Il a déjà enregistré pour Audiolib, entre autres, Millénium et 1Q84.

Mon avis : (écouté en avril 2013)
J'ai toujours beaucoup plaisir à relire en « audio » la série Millénium. Le lecteur de ce livre-audio, Emmanuel Dekoninck, est vraiment parfait, il arrive à lui seul à donner une voix à chacun des personnages. C'est époustouflant. J'ai redécouvert l'histoire de ce tome 2 avec le même plaisir que la première fois.

Dans ce deuxième tome, nous découvre un peu plus Lisbeth Salander et tout le mystère qui l'entoure. Nous sommes environ un an après la fin du tome 1. Lisbeth, personnage féminin athypique, est en vacances dans les Caraïbes, elle se distrait en résolvant l'énigme mathématique du théorème de Fermat. Elle a coupé les relations avec Mikaël Blomkvist sans lui donner d'explication. Mikaël Blomkvist a retrouvé sa place de rédacteur au journal Millénium. Il enquête sur la prostitution et le trafic sexuel de jeunes femmes. Lisbeth va être mêlée malgré elle à cette enquête, elle sera même suspectée de meurtre... Tout au long du livre, nous suivons nos deux héros sans qu'à aucun moment ils ne se retrouvent.
L'intrigue est toujours aussi prenante avec ses surprises et ses rebondissements, le lecteur est spectateur de l'enquête que mène parallèlement la police, Mikaël et Lisbeth. A la fin de ce volume, le suspens et à son comble et … il faudra attendre la lecture du 3ème tome pour avoir le dénouement !

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Le 30 juin 2010, est sortie en France le film danois et suédois « Millénium 2 » (Flickan som lekte med elden) est un film réalisé par Daniel Alfredson avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace, Lena Endre. Un film que j'ai beaucoup aimé.

   livre_audio

Extrait audio : ici

Déjà lu du même auteur : 

Millenium_1 Millénium 1 : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

mill_nium2 Millénium 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
mill_nium3 Millénium 3 : La reine dans le palais des courants d'air

Déjà écouté :

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 Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 41/12

 Challenge Voisins, voisines

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Suède

  Défi Scandinavie noire 2012

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Suède

 Challenge Cap au Nord

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Challenge Petit BAC 2013
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"Objet"

12 mai 2013

Millénium 1 : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes - Stieg Larsson

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Audiolib - juin 2008 - lu par Emmanuel Dekoninck

Actes Sud – juin 2006 – 574 pages

Babel - septembre 2010 - 705 pages

traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain

Quatrième de couverture :
Rédacteur de la revue “Millénium”, Mikael Blomkvist est contacté par l’industriel Henrik Vanger pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans: la disparition de sa petite nièce. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et « hacker » hors pair, le journaliste va résoudre l’ « affaire des fleurs séchées » et, au passage, découvrir des malversations qu’il aurait sans doute mieux valu ignorer…

Auteur : Né en 1954, Stieg Larsson, fervent opposant à l’extrémisme et au racisme, fut le rédacteur en chef d’ “Expo”, une revue suédoise combattant les résurgences du fascisme. Il est mort brutalement, en 2004, juste après avoir remis à son éditeur les trois tomes de la trilogie Millénium, qui s’est vendue à plus de 6 millions d’exemplaires dans le monde.

Lecteur : Interprète de théâtre de grand talent, apprécié à Bruxelles et à Paris, metteur en scène et également compositeur, Emmanuel Dekoninck vit en Belgique. Il a déjà enregistré pour Audiolib, entre autres, Millénium et 1Q84.

Mon avis : (écouté en avril 2013)
Cette lecture est en fait une relecture, j'ai lu pour la première fois ce livre en 2009 et j'ai tout de suite été fan de Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander. 
J'ai donc eu beaucoup plaisir à relire en « audio » ce livre que j'avais tellement aimé. Le lecteur de ce livre-audio, Emmanuel Dekoninck, est vraiment parfait, il arrive à lui seul à donner une voix à chacun des personnages. C'est époustouflant. J'ai redécouvert l'histoire de ce tome 1 avec le même plaisir que la première fois. Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander sont deux personnages très attachants et découvrir la Suède et sa société à travers cette intrigue passionnante est également très intéressante.
Le rythme du début du livre est assez lent car avant toute chose, l'auteur prend le temps de nous présenter minutieusement chacun des deux personnages principaux. Mikael est journaliste d'investigations économiques et sociales au Millénium, il vient d'être condamné pour diffamation à 3 mois de prison. Il est alors embauché par Henrik Vanger, un magnat de l'industrie, officiellement pour rédiger l'histoire de la famille Vanger et officieusement pour enquêter sur l'étrange disparition 36 ans plus tôt de sa nièce Harriet . Lisbeth Salander, une jeune femme associale, rebelle et perturbée, un génie de l'informatique très douée pour mener des enquêtes. L'histoire est vraiment prenante et je n'ai eu aucun mal à garder ma concentration pour écouter le livre-audio.

Ce tome 1 terminé, j'ai enchaîné avec « Millénium 2 » pour ma nouvelle lecture audio, un bon moyen de ne pas quitter Mikael et Lisbeth.

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Le 13 mai 2009, est sortie en France le film danois et suédois « Millénium, le film » (Män som hatar kvinnor) réalisé par Niels Arden Oplev avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace, Lena Endre.
Le film est très proche du livre et je l'ai beaucoup aimé. Noomi Rapace qui joue Lisbeth Salander est vraiment formidable.

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En 2011, « Millénium, les hommes qui n'aimaient pas les femmes  » (The Girl with the Dragon Tattooune adaptation américaine de David Fincher avec Daniel Craig, Rooney Mara est sorti au cinéma.
Je n'ai pas encore eu l'occasion de le voir mais je l'ai réservé voilà quelques mois à la Bibliothèque...

Extrait audio : ici

 

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Déjà lu du même auteur : 

Millenium_1 Millénium 1 : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes
mill_nium2 Millénium 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette
mill_nium3 Millénium 3 : La reine dans le palais des courants d'air 

 

 Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 39/12

 Challenge Voisins, voisines

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Suède

  Défi Scandinavie noire 2012

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Suède

Challenge Cap au Nord
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24 mars 2013

Celui que tu cherches - Amanda Kyle Williams

Lu en partenariat avec Albin Michel

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traduit de l'américain par Pierre Régnier

Titre original : The stranger you seek, 2011

Quatrième de couverture :
Keye Street : un petit gabarit pour un maximum d’énergie. Cette ex-profileuse du FBI, alcoolique (repentie), cachetonne maintenant comme enquêtrice privée. Et si elle ne veut plus d’ennuis, elle n’a pas totalement perdu le goût du danger. Aussi, quand, dans la moiteur de l’été, un tueur en série sème la terreur à Atlanta, le chef de la police fait appel à la seule personne capable d’entrer dans la tête d’un psychopathe : elle.

Face à un inconnu qui assassine et mutile sauvagement ses victimes avant d’annoncer ses crimes par lettre aux médias, Keye a une arme imparable : son Glock 10 mm… et son intelligence. Elle se lance dans une chasse à l’homme infernale, et très vite, de chasseur, elle devient gibier. Arrivera-t-elle à trouver le meurtrier avant qu’il ne la trouve ?
Une sacrée dose d’adrénaline et un sens aigu de la psychologie : Amanda Kyle Williams fait une entrée explosive dans l’univers du suspense avec Keye Street, détective aussi futée que déjantée.

Auteur : Tour à tour journaliste free-lance, représentante de commerce, huissier de justice, détective privé? Amanda Kyle Williams s'est nourrie de ses nombreuses expériences pour écrire son premier suspense, salué par la presse anglo-saxonne et élu parmi les meilleurs romans de l'année 2011 par Kirkus Reviews.

Mon avis : (lu en mars 2013)
Amanda Kyle Williams est une nouvelle auteur de la collection « spécial suspense » d’Albin-Michel, « Celui que tu cherches » est son premier roman.

L'histoire se situe à Atlanta et son personnage principale Keye Street est une jeune femme d’origine chinoise, ancienne profileuse du FBI et ancienne alcoolique. Elle a créé une agence de détectives privés. Lorsqu'au cours de cet été caniculaire, un tueur en série va effrayer la population d'Atlanta, en commettant une série de meurtres sanglants, le commissaire Aaron Rauser va faire appel à ses talents. Une enquête complexe et pleine de surprises s'annonce avec des fausses pistes pour égarer le lecteur, du rythme et un rebondissement inattendu dans les dernières pages... Keye Street est un personnage atypique et attachante qui va se trouver elle-même menacée. Une belle réussite pour ce nouveau thriller américain qui donne envie de retrouver notre héroïne dans une future aventure.

Merci à Carol et aux éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir ce nouveau livre.

Extrait : (début du livre)
Le soleil n'avait pas encore séché la rosée sur l'herbe, au pied des chênes, mais l'air était déjà lourd, sirupeux comme une masse liquide à fendre à la nage, et la chaleur estivale presque infernale.
Dans une voiture garée au bord du trottoir, l'assassin essuya une goutte de sueur sur sa tempe, sans cesser d'observer patiemment Westmore Drive qui entamait sans hâte cette journée de milieu de semaine.
Les fenêtres blanches de la petite maison en brique s'étaient ouvertes vers sept heures. Lei Koto était apparue dans la cuisine, silhouette insaisissable, presque abstraite, derrière la moustiquaire de la croisée, mais non moins objet de désir. Les ouvertures avaient bientôt laissé filtrer les odeurs de son petit-déjeuner – bacon, pain grillé, café. L'assassin avait senti son appétit s'aiguiser.
Peu avant dix heures, le calme régnait dans la rue. Le dernier voisin à partir au travail s'était mis en route à neuf heures cinquante, ponctuel comme d'habitude. Chez Lei Koto, les odeurs avaient changé ; il émanait à présent de la cuisine un relent nauséabond de légumes bouillis.
L'assassin ouvrit sa portière. Une démarche assurée sur le trottoir, un attaché-case, de bonnes chaussures, un sourire étincelant, une carte de visite.
Ils ouvrent toujours leur porte.  

Challenge Thriller 
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catégorie "Même pas peur" : 33/12

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40/50 :  Géorgie

 

 

 

13 avril 2013

Ne t'éloigne pas - Harlan Coben

Lu en partenariat avec les éditions Belfond Noir

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Belfond - mars 2013 - 367 pages

France Loisirs - 2012 - 416 pages

traduit de l'américain par Roxane Azimi

Titre original : Stay close, 2012

Quatrième de couverture : 
Une formidable poussée d'adrénaline, un voyage en enfer mené tambour battant par le maître de vos nuits blanches. Oserez-vous fermer l'oeil cette nuit ? 
Un soir de février, Stewart, père et époux dévoué, sort d'une boîte d'Atlantic City en compagnie d'une ravissante strip-teaseuse. Personne ne les reverra. 
Dix-sept ans plus tard, l'inspecteur Broome cherche toujours à percer le mystère. Et des éléments pourraient bien relancer l'enquête : des photos anonymes, une nouvelle disparition, même lieu, mêmes circonstances. 
Coïncidences ? Rituels macabres ?
Et si Megan avait la réponse ? Car cette bonne mère de famille cache un passé sulfureux. Un passé qu'elle tente d'oublier depuis dix-sept ans...
Mensonges, vengeance, prostitution, meurtres et rédemption. Alors qu'un serial killer fait les after des clubs à la recherche d'une proie, des secrets soigneusement enterrés sortent des bois...

Auteur : Né en 1962, Harlan Coben vit dans le New Jersey avec sa femme et leurs quatre enfants.
Diplômé en sciences politiques du Amherst College, il a travaillé dans l'industrie du voyage avant de se consacrer à l'écriture.
Depuis ses débuts en 1995, la critique n'a cessé de l'acclamer. Il est notamment le premier auteur à avoir reçu le Edgar Award, le Shamus Award et le Anthony Award, les trois prix majeurs de la littérature à suspense aux États-Unis. Traduits dans une quarantaine de langues, ses romans occupent les têtes de listes de best-sellers dans le monde entier.

Mon avis : (lu en avril 2013)
Atlantic City est le théâtre de disparitions liés au monde de la nuit et des boîtes de strip-tease. Dix-sept ans plus tard, à la date anniversaire, une nouvelle disparition et l'inspecteur Broome aimerait bien comprendre et résoudre cette enquête. Ancienne strip-teaseuse devenue bonne épouse et mère de famille, Megan revient à Atlantic City pour aider à résoudre l'énigme...

Le début du livre est un peu lent à s'installer et parfois un peu embrouillé puis la mécanique se met en route et le lecteur est happé par une intrigue bien construite, des personnages intéressants et attachants pour certains. Le rythme est là, les fausses pistes et les rebondissements également sans oublier un bon dénouement... 
Ce n'est pas la meilleure enquête d'Harlan Coben, elle est malgré tout passionnante et efficace pour passer un bon moment.

Merci à Laura et aux éditions Belfond Noir de m'avoir permis de découvrir ce livre.

 

Extrait : (début du livre)
QUELQUEFOIS, DURANT CETTE FRACTION DE SECONDE OÙ Ray Levine prenait des photos et où le monde s'évanouissait dans l'éclair de son flash, il voyait le sang. D savait bien sûr que c'était juste une image mentale mais, tout comme en ce moment, la vision était si nette qu'il devait abaisser son appareil pour scruter longuement le sol. Cet épisode terrible - l'instant où la vie de Ray avait basculé, où, de quelqu'un avec des projets et un avenir, il était devenu un loser grand format -, cet épisode, donc, ne le hantait jamais dans ses rêves ni quand il se trouvait seul dans le noir. Les visions d'horreur attendaient qu'il soit bien réveillé, entouré de gens, pris par ce que d'aucuns nommeraient ironiquement son travail.
Dieu merci, les visions s'estompèrent pendant qu'il mitraillait non-stop le garçon dont on fêtait la bar-mitsvah.
- Regarde par ici, Ira ! cria Ray derrière son objectif. Qui est-ce qui t'habille ? C'est vrai que Jen et Angelina se crêpent toujours le chignon à cause de toi ?
Quelqu'un lui donna un coup de pied dans le tibia. Quelqu'un d'autre le bouscula. Ray continuait à mitrailler.
- Et l'after, Ira, ça se passe où ? Qui est l'heureuse élue à qui tu réserves la première danse ?
Ira Edelstein fronça les sourcils, dissimulant son visage à l'objectif. Imperturbable, Ray se propulsa en avant, le prenant sous toutes les coutures.
- Dégage ! lui hurla-t-on.
On le poussa de plus belle. Ray s'efforça de reprendre son équilibre. Clic, clic, clic.
- Maudit paparazzi ! glapit Ira. Je pourrais pas avoir un moment de répit ?
Ray leva les yeux au ciel. Il ne recula pas. Derrière l'objectif, la vision sanglante revint. Il essaya de la chasser, elle persista. Il gardait le doigt sur le déclencheur. Le héros de la bar-mitsvah bougeait au ralenti à présent.
- Parasites ! brailla-t-il.
Ray se demanda s'il était possible de tomber plus bas.
Un nouveau coup au tibia lui fournit la réponse : non et non.
Le « garde du corps » d'Ira - un malabar au crâne rasé dénommé Fester - écarta Ray de son avant-bras large comme un fût de chêne. Ray le regarda, l'air de dire : « Qu'est-ce qui te prend ? » et Fester articula silencieusement : « Pardon. »
Fester était son employeur et patron de Star d'un Jour - Paparazzi à louer, ce qui voulait dire ce que ça voulait dire. Ray ne filait pas les stars dans l'espoir de voler une photo compromettante qu'il pourrait revendre à un tabloïd, non. C'était pire que ça : il était là pour offrir son quart d'heure de célébrité à quiconque était prêt à en payer le prix. En clair, des clients avec un ego surdimensionné et probablement des problèmes d'érection embauchaient des paparazzi pour les suivre partout, prendre des photos souvenirs et vivre, conformément à la brochure, « des moments fabuleux dans la peau d'une star, avec votre paparazzi personnel ».
Ray aurait certes pu dégringoler encore plus bas, mais pas sans l'intervention expresse de Dieu.
Les Edelstein avaient choisi le « mégapack VIP » : deux heures avec trois paparazzi, un garde du corps, un perchman, tous collés aux basques de la « star », le mitraillant comme s'il était Charlie Sheen se faufilant en catimini dans un couvent. Le mégapack VIP comprenait également un DVD-souvenir et votre trombine en couverture d'un faux magazine people avec gros titres à l'avenant.

Déjà lu du même auteur :

Ne_le_dis___personne_ Ne le dis à personne sans_un_mot Sans un mot 
sans_laisser_d_adresse Sans laisser d'adresse innocent Innocent 
sans_un_adieu Sans un adieu faute_de_preuves Faute de preuves
rem_de_mortel
 
Remède mortel a_decouvert A découvert

 Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 36/12

50__tats
40/50 : New-Jersey

11 avril 2013

Tabloid City - Peter Hamill

tabloid_city Balland - novembre 2012 - 416 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Daniel Roche

Titre original : Tabloid City, 2011

Quatrième de couverture :
Sam Briscoe, septuagénaire élégant aux faux airs d’Inspecteur Harry est le rédacteur en chef du New York World, l’un des tabloïds mythiques de la Grosse Pomme qui vit ses dernières heures : le compte à rebours est en route et dans très peu de temps, la version papier va disparaître au profit d’une version online. La fin d’une époque, au grand dam de Sam. Mais cette nuit-là, alors qu’il boucle son ultime édition, un fait divers d’une violence inouïe va bouleverser son chemin de fer. Et sa vie. Cynthia Harding, une « socialite » très introduite dans les milieux de l’art et de la culture, est sauvagement assassinée. Son assistante, Mary-Lou, partage son sort. Il en faut beaucoup pour déstabiliser un vieux briscard comme Sam. Seulement, Cynthia, c’est la seule femme qu’il ait jamais aimée… Tandis qu’il traverse cette nuit et cette journée pas comme les autres, on suit les parcours croisés d’un flic, Ali, l’époux de Mary-Lou, de leur fils Malik, fondamentaliste islamiste, et de bien d’autres encore…Les voilà lancés dans une course folle à travers New-York, ville-héroïne du roman, peinte comme une sorte de Gotham City fantomatique, une ruche foisonnante, où chaque personnage est pris entre les mouvements permanents d’une ville qui ne s’arrête jamais, et les conflits qui l’habitent.

 

Auteur : Pete Hamill vit à New York. Il est écrivain, journaliste (notamment au New York Daily News), éditeur, et scénariste. Il est l’auteur d’une vingtaine de livres, dont plusieurs best-sellers.

Mon avis : (lu en avril 2013)
C'est avec ce livre que s'achève pour moi l'aventure du jury du Grand Prix des Lectrices Elle 2013, il a été sélectionné dans la catégorie policier mais pour moi, c'est plutôt une étude sociale qu'un roman policier.
L'histoire se passe sur 24 heures, cela commence à minuit, à New-York dans la salle de rédaction du tabloïd New York World avec Sam Briscoe son rédacteur en chef. 
Heure par heure, minutes par minutes, le livre suit une quinzaine de personnages à différents endroit, dans différents milieux de New-York dont les destins sont liés ou vont être liés malgré eux... En toile de fond, il y a la fin de la presse papier au profit du web pour cause économique. Il y aura quand même deux scènes de crime qui justifiera le côté polar...
Il y a donc Sam Briscoe le journaliste à l'ancienne, son indispensable secrétaire Helen Loomis, Bobby Fonseca, le jeune journaliste, Consuelo Mendoza, une mère mexicaine en situation irrégulière, Josh Thompson, vétéran d’Irak devenu SDF, Cynthia Harding, important membre de la communauté, sa fille adoptive Sandra Gordon, d'origine jamaïcaine, a réussi sa carrière professionnelle, Myles Compton un financier poursuivi par le FBI, Ali Watson, un flic new-yorkais de la Brigade antiterroriste, son fils Malik Shahid est un intégriste islamique...
J'ai lu ce livre comme je regarde une série télévisée, séquence par séquence le lecteur passe d'un personnage à l'autre, et découvre un New-York différent de celui des touristes, un New-York de la pauvreté, de l'immigration clandestine, de la violence, de la crise économique, de la montée de l'islamisme, un New-York qui ne s'arrête jamais... Avec ce livre, j'ai aimé découvrir l'envers du décors de cette ville patchwork qui me fait toujours rêver.

Extrait : (début du livre)
Minuit. Sam Briscoe, salle de rédaction du New York World, 100 West Street

Lui, c'est Briscoe. Soixante et onze ans. Un mètre quatre-vingts, quatre-vingt-dix kilos. Ici, c'est la salle de rédaction du dernier quotidien du soir de New York. Il en est le rédacteur en chef. On l'aperçoit qui se faufile dans un coin. Il a un pardessus en travers de l'épaule gauche et tient sa veste par le col. Les manches de chemise sont retroussées deux fois au-dessous des coudes, soigneusement. Noeud desserré, sa cravate pend, ajoutant deux traits d'un rouge profond aux bandes verticales de ses bretelles écarlates.
Il se déplace vivement, comme il en a depuis longtemps l'habitude. Peut-être pour échapper aux embuscades des journalistes ou des correcteurs susceptibles de venir quémander une augmentation, un jour de congé, une avance... Ou seulement s'informer, surtout en ce moment, des rumeurs de rachat et de licenciements. Sa coupe en brosse tourne au gris fer. Il a le visage fin et buriné, rasé de près. Les poches sombres sous ses yeux témoignent des longues années passées à travailler de nuit. Dans la vaste salle aux vingt-six bureaux, presque vide, quatre journalistes et trois relecteurs jettent un coup d'oeil épisodique aux quatre écrans de télé branchés sur New York 1, CNN, Fox et MSNBC. Un cinquième écran est éteint. Briscoe n'en regarde aucun. Il va droit vers un certain Matt Logan, assis au desk info géné, au centre de la longue pièce. Les autres bureaux sont collés les uns aux autres, formant une sorte de muret. Tous vides.
- On a la une ? demande Briscoe.
Logan sourit et passe une main dans son épaisse chevelure blanche. Par-dessus l'épaule de Briscoe, il lance un regard contemplatif vers la grande pièce. Briscoe pense : Nous vivons dans la capitale du néant. Logan a cinquante et un ans et, d'une certaine manière, ses cheveux drus et blancs le rajeunissent. Comme un diadème couronnant son visage glabre.
- Le gosse n'a pas fini son papier, fait Logan en désignant sa gauche. Tu devrais peut-être lui rappeler qu'on bosse pour un quotidien.
En entendant la réplique, l'une des plus vieilles du métier, Briscoe grommelle. Il se dit qu'elle est toujours d'actualité. Il regarde le gosse, Fonseca, qui plisse les yeux devant son écran d'ordinateur et ne voit plus rien d'autre que les gens qu'il a interviewés quelques heures plus tôt, très loin de la rédaction. Briscoe se penche à son tour par-dessus l'épaule de Logan, lève un oeil vers la grosse horloge verte à quatre faces suspendue au plafond, legs du World de Pulitzer. Il pense : On a encore beaucoup de temps.
- Qu'est-ce qu'on a d'autre ? interroge-t-il en jetant son manteau et sa veste sur un moniteur éteint. Sur le bureau sont étalées les premières éditions des journaux du matin. Le Times, le Post, le News. Logan clique sur une page qui propose quatre possibilités de une. Briscoe pense : Je suis si vieux. Il se souvient quand on taillait dans le bois les caractères du titre de une, c'était dans l'ancienne salle de composition du Post, un peu plus bas sur West Street. Il entend comme s'il y était le martèlement assourdi des linotypes. Revoit les linotypistes, sourds et muets, qui communiquent par signes. Et Paul Sann au marbre, qui coupe les articles de sa main ferme de rédacteur en chef. Pour détacher les lignes de plomb du bas des articles, il se sert d'un pied à coulisse.
Tout le monde fumait. Écrasait son mégot par terre. Il faisait chaud. Ça gueulait. Les sandwichs venaient du grec voisin. Envolé à jamais, tout ça.
 
Grand_Prix_des_Lectrices_2013
Sélection policier
Jury Avril

Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 35/12

 50__tats
40/50 :  New-York

Challenge New-York 2013
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  Challenge Petit BAC 2013
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"Objet"

3 avril 2013

L'envolée sauvage : La Dame blanche – Galandon et Monin

envoleesauvage01_ Bamboo – septembre 2006 – 48 pages

Quatrième de couverture :
France, 1941. Jeune orphelin fasciné par les oiseaux, Simon vit dons sa campagne, loin de la tourmente. Pourtant, l'antisémitisme s'insinue progressivement jusque dans son quotidien pour lui rappeler qu'il est juif. Confronté â la bêtise humaine, Simon va devoir fuir. Pourtant, où qu'il se trouve, la Dame Blanche apparaît : prédateur de mauvais augure ou ange gardien nocturne ? Sa fuite l'emmènera jusque dans les montagnes où il pensera trouver un nouveau temps de paix. Mais la gangrène se propage rendant toujours plus provisoires les moments de répit...

Auteurs : Laurent GALANDON, scénariste. Habite en Ardèche. Après des études en photographie, il exerce ce métier pendant quelques années avant de diriger un cinéma d'Art et d'essai. Les rencontres avec des cinéastes, des réalisateurs ou des comédiens attisent son envie d'écrire. En 2002, il quitte l'Ile de France pour la Drôme/Ardèche. Il participe pendant quelques mois à l'AtelierBD.com avant de présenter ses premières histoires aux éditeurs. Bamboo l'accueille dans son giron avec L'Envolée sauvage et provoque la rencontre avec Arno Monin. D'autres projets sont nés chez Bamboo, dont Gemelos, dans la collection Grand Angle (sortie du tome 2 en janvier 2008).

Arno MONIN, dessinateur. Habite à Nantes. Après avoir passé un bac littéraire puis une année à la fac en histoire de l'art, Arno Monin intègre une école d'arts appliqués qui proposait la formation dessin animation bande dessinée. En cours de formation, un projet bd commence à le démanger. Il s'y consacre alors à plein temps afin de le présenter à des éditeurs, jusqu'à la bonne rencontre avec Bamboo Édition... L'Envolée sauvage est son premier album.

Mon avis : (lu en avril 2013)
Simon est un orphelin juif qui est réfugié dans un petit village, c'est l'un des protégés du curé, le Père Magloire, il s'en occupe avec l'aide de la vieille Marinette. Dénoncé comme juif par ses camarades de classe, il est obligé de fuir. Simon aime beaucoup la nature et en particuliers les oiseaux, il aime les observer et les protéger. Cette passion lui permet de s'évader et de supporter cette époque si difficile. 
Cette bande dessinée m'a fait penser au livre « Un sac de billes » de Joseph Joffo puisque nous suivons à travers le regard d'un enfant juif sa fuite à travers la campagne, la ville, la montagne... Il rencontre des hommes et des femmes qui vont l'aider ou le dénoncer... Cette histoire est attachante et pleine de poésie.

 Extrait :

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 Challenge Petit BAC 2013
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"Aliment/Boisson"

 Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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PAL Vert

 

2 mars 2013

Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn - Ben Fountain

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fin_de_mi_temps_pour_le_soldat_Billy_Lynn Albin Michel - janvier 2013 - 402 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Michel Lederer

Titre original : Billy Lynn's long halftime walk, 2012

National Book Critics Circle Award 2013

Quatrième de couverture :
Un accrochage avec des insurgés irakiens, trois minutes quarante trois de pure violence filmées par Fox News, désormais en boucle sur YouTube, et les huit survivants de la compagnie Bravo deviennent du jour au lendemain les enfants chéris de l’Amérique. Les stars de la « Tournée de la Victoire », montée pour ranimer la flamme du soutien à la guerre, qui doit se clôturer par leur présence à la mi-temps du grand match de football de Thanksgiving à Dallas, aux côtés d’un célébrissime groupe pop.
Mais rien ne va se dérouler comme prévu. Perdu entre les richissimes propriétaires et les joueurs du club des Cowboys, les sponsors, un vieux producteur hollywoodien et une pulpeuse pom-pom girl évangéliste, Billy Lynn, dix-neuf ans, héros malgré lui, ne pense, comme ses frères d’armes, qu’à une seule chose : profiter au maximum de ses derniers jours de permission. Repartira-t-il pour l’Irak laissant derrière lui ses illusions et son innocence.
Un livre ravageur sur le monde d’aujourd’hui : le Catch 22 de la guerre d’Irak.

Auteur : Ben Fountain s'est fait connaître avec son premier livre, Brèves rencontres avec Che Guevara (2008), un recueil de nouvelles couronné par le Prix PEN/Hemingway et salué par la presse aux Etats-Unis comme en France.
Publié aux Etats-Unis en mai 2012, Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn a reçu un accueil enthousiaste de la critique et figure en bonne place dans les listes de prix. Les droits cinéma du roman ont été cédés.

Mon avis : (lu en mars 2013)
Huit soldats d'une compagnie ayant survécu à une attaque près de Bagdad et l'embuscade été filmé par la télévision américaine sont de retour aux États-Unis. Ils sont devenus brutalement les héros de l'Amérique et participent malgré eux à la « Tournée de la Victoire » à travers le pays. Ils sont censés donner envie à la population de soutenir la guerre.
Le livre commence sur la dernière journée de cette « Tournée de la Victoire ». C'est jour de Thanksgiving et la compagnie Bravo sera présentés à tous au Texas Stadium de Dallas, pendant la mi-temps du match de football américain entre les Cowboys et les Bears. Ils participeront à un show en compagnie des pom pom girls et de Beyoncé... Rien que ce programme est surréaliste !
Au début, j'ai eu un peu de mal à apprécier ce livre, le style m'a dérouté. Ensuite je m'y suis habituée et j'ai trouvé ce livre beaucoup plus profond qu'il n'en a l'air... L'auteur dénonce l'égoïsme, le cynisme, l'hypocrisie du patriote américain... Durant cette journée il se passe beaucoup de choses dans ce stade... Entre les spectateurs, les footballeurs, les dirigeants, les organisateurs de la manifestation, les sponsors et bien sûr les huit soldats, c'est toute l'Amérique qui est représentée.
Ben Fountain s'attache plus particulièrement à Billy Lynn, 19 ans, devenu soldat pour éviter la prison après avoir démoli une voiture. Durant cette journée, tout en profitant au maximum du moment festif, Billy pense à la guerre et à Shroom, l'un de ses compagnons mort lors de l'attaque. Il doute sur le bienfondé de cette guerre, sur l'accueil sur-médiatisé qu'il leurs est fait...
Ce livre révèle le vrai décalage qu'il y a entre la population américaine, sa vision de la guerre, des soldats patriotes... et les soldats eux-même qui reviennent du front, qui ont été confrontés réellement à la guerre, qui ont vu la mort de près et qui s'apprêtent à retourner en Irak. Sont-ils vraiment des stars ? Ne les utilise-t-on pas simplement pour faire de la propagande politique ?

Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel pour cette belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Les hommes de Bravo n'ont pas froid. C'est une journée de Thanksgiving fraîche et venteuse, et la météo annonce de la neige fondue et de la pluie glacée pour la fin de l'après-midi, mais les Bravo se sont bien réchauffés à coups de Jack Daniel's-Coca grâce à la lenteur légendaire de la circulation lors d'une journée de match et grâce au minibar de la limousine. Cinq verres en quarante minutes, c'est sans doute un peu beaucoup, mais Billy a besoin de se remettre les idées en place après le hall de l'hôtel où des bandes de citoyens reconnaissants shootés à la caféine ont fait du trampoline sur sa gueule de bois. Un homme surtout s'est attaché à lui, une espèce de minet pâle et spongieux engoncé dans un jean amidonné et des bottes de cow-boy tape-à-l'oeil. «J'ai pas fait mon service, lui a confié le type, se balançant sur les talons et agitant un gobelet géant Star-bucks, mais mon grand-père était à Pearl Harbor, et il m'a raconté toute l'histoire», après quoi, il s'est embarqué dans un discours décousu sur la guerre, Dieu et la nation, tandis que Billy laissait courir, laissait les mots tourbillonner et se télescoper dans son cerveau

                                                                terrRiste
                                                                                                   liberté
                           mal
                                                                                                         onzeseptembre 
                                                                           onzeseptembre
                                    onzeseptembre
           troupes
                                                                    courrraje 
                                                                                                 soutien
                               sacrifice
                                                                           Bush
                                                                                                                         valeurs
                     Dieu

Manque de pot, Billy va se payer le siège en bordure d'allée au Texas Stadium, et donc se taper ce genre de rencontres pendant la majeure partie de l'après-midi. Il a la nuque raide. Il a mal dormi cette nuit. Chacun des cinq Jack-Coca l'a enfoncé plus profondément dans le trou, mais la vue de la longue limousine garée devant l'hôtel, le paquebot Hummer d'un blanc de neige muni de six portières de chaque côté et de vitres teintées, a éveillé en lui des désirs fiévreux. «Qu'est-ce que j'avais dit !» a hurlé le sergent Dime en cognant sur le minibar, et tous de s'extasier devant le superbe aménagement intérieur, mais une fois l'espoir de guérison rapide envolé, Billy s'est abîmé dans une noire déprime.
«Billy, dit Dime. Tu décroches.
- Non, sergent, répond aussitôt Billy. Je pensais juste aux pom-pom girls des Dallas Cowboys.
- Brave garçon.» Puis, levant son verre, sans s'adresser à personne en particulier, le sergent reprend sur le ton de la conversation : «Le commandant Mac est gay.»
Holliday pousse un cri. «Merde, Dime, il est assis à côté de nous !»
Et en effet, le commandant McLaurin, installé sur la banquette arrière, regarde Dime en manifestant toute l'émotion d'un flétan sur un lit de glace.

Challenge Petit BAC 2013
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"Prénom"

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40/50 :  Texas

 

20 mars 2013

L'enfance d’Alan - Emmanuel Guibert

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Lu dans le cadre La BD fait son festival avec Price Minister

 

l_enfance_d_alan L'Association - septembre 2012 - 159 pages

Présentation de l'éditeur : 
En 1994, Emmanuel Guibert, alors en vacances, rencontre par hasard Alan Ingram Cope, un américain retiré sur l’île de Ré. C’est le début d’une profonde amitié entre ce retraité de 70 ans, et le dessinateur âgé d’alors 30 ans. Très vite, Alan, en fabuleux conteur, se met à raconter sa vie à un Emmanuel Guibert émerveillé.Après La Guerre d’Alan, consacré aux périple du jeune soldat Alan durant la seconde Guerre Mondiale, Emmanuel Guibert s’attache à retranscrire ses souvenirs d’enfance. L’Enfance d’Alan est aussi un formidable témoignage sur la vie quotidienne aux Etats-Unis avant-guerre. On y découvre la vie d’une famille ordinaire, humble, et l’éveil d’un enfant à l’existence. Dans la description des jeux avec les enfants du voisinage, des moments vécus en famille, ce travail de mémoire touche à l’universel. Le talent de conteur d’Alan, et la grâce du dessin d’Emmanuel Guibert, apportent à ce témoignage une douceur pleine de l’innocence de l’enfance, et de la joie du souvenir.

Auteur : Emmanuel Guibert est un dessinateur et scénariste de bande dessinée, né en 1964 à Paris.  

Mon avis : (lu en mars 2013)
J'ai beaucoup aimé le livre La Guerre d'Alan d'Emmanuel Guibert , consacré aux périples du jeune soldat Alan durant la seconde Guerre Mondiale, aussi lorsque Price Minister nous a proposé de participer à l'opération La BD fait son festival, je n'ai pas hésité à choisir L'enfance d'Alan.

Alan est né en 1925 en Californie dans une banlieue de Los Angeles. Il passe son enfance dans cette région de la côte ouest, entre Alhambra, Pasadena et Santa Barbara. A travers des petites histoires souvenirs d'enfance, nous découvrons une époque et une région. C'est intéressant, émouvant, amusant : il est question d'une immense avenue d'arbres de Noël, des sorties au bord de la mer avec les maillots en laine, des grands-parents, des locomotives…

J'ai beaucoup aimé ce retour à l'enfance qui m'a rappelé également des souvenirs d'enfance (différents de ceux d'Alan car autre lieu et autre époque). J'aime également ce dessin noir et blanc simple et épuré. Cette bande-dessinée a été à la hauteur de mon attente.

Note : 17/20

Merci à Price Minister pour cet opération.

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

la_guerre_d_Alan La Guerre d'Alan

Challenge Petit BAC 2013
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"Prénom"

 

 

 

14 mars 2013

Crains le pire - Linwood Barclay

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Audiolib - février 2012 - lu par Philippe Sollier

France Loisirs - février 2011 - 535 pages 

Belfond - février 2012 - 460 pages

J'ai Lu - février 2013 - 509 pages

traduit de l'américain par Marieke Merand-Surtel

Titre original : Fear the worst, 2009

Quatrième de couverture :
Votre fille de 17 ans part de bon matin pour son petit boulot d'été.

Elle vous promet d'être de retour pour le dîner.
Mais elle ne rentrera pas.
Ni ce soir là, ni les suivants.
Votre pire cauchemar a commencé...
Pour Tim Blake, le père de Sydney, une seule mission : la retrouver à tout prix. Un coup de fil mystérieux, des individus menaçants, des meurtres... et la vie sans histoire de Tim bascule dans un engrenage incompréhensible et totalement terrifiant. Pourtant, galvanisé par son amour paternel, il ira jusqu'au bout, au risque de tout perdre...

Vendeur automobile divorcé depuis cinq ans et père de Sydney, une ado de 17 ans, Tim Blake mène une existence plutôt casanière. Un soir d’été, Syd ne rentre pas. Quand Tim appelle le motel où elle travaille comme réceptionniste, mauvaise surprise : personne ne la connaît.L’adolescente a-t-elle fugué ? Les semaines passent dans une terrible attente mais Tim ne peut envisager la mort de sa fille. Il se lance à sa recherche et comprendra bien vite que sa vie est basée sur des mensonges.

Auteur : D’origine américaine, Linwood Barclay vit à Toronto, au Canada, avec son épouse et leurs deux enfants.En 2008, après une carrière de journaliste, il décide de se consacrer à l’écriture. Cette nuit-là (2009) rencontre un succès international retentissant : best-seller en Angleterre et en Allemagne, et lauréat du ArthurEllis Award, nominé pour le Barry Award et le prix du meilleur roman de l’Association internationale desauteurs de thrillers, il sera traduit dans près de quarante langues.

Lecteur : Philippe Sollier, comédien de théâtre, voix-off au talent reconnu, vous l’avez vu dans les plus célèbres séries de la télévision française : Commissaire Moulin, Avocats et associés ou En cas d’urgence.

Mon avis : (écouté en mars 2013)
Après avoir découvert Linwood Barclay avec son dernier livre Contre toute attente, j'ai trouvé celui-ci en version audio et je me suis régalée.

Tout commence un matin au petit-déjeuner, avec Tim Blake et sa fille de 17 ans Sidney et une dispute sans gravité entre le père et la fille. Ensuite, tous les deux partent chacun de son côté pour leur journée de travail. Mais le soir, Sidney ne rentre pas à la maison et elle a disparu. Tim Blake ne veut pas imaginer l'impensable et il part à la recherche de sa fille. Il se rend sur le lieu de travail de sa fille, il interroge sans relâche les collègues, les voisins... La police mène également son enquête.
Cette histoire est rythmée, captivante entre de nombreuses pistes et de nombreuses péripéties, Tim Blake va vivre des journées difficiles...
Certaines péripéties sont parfois peu crédibles mais c'est secondaire, ce père est vraiment touchant, il se donne à fond pour retrouver sa fille sans avoir peur de s'attirer des ennuis. Il y a également de l'humour dans certaines scènes décrites. 
Un livre audio que j'ai écouté en peu de jours, j'y suis entrée très facilement et il a bien occupé pour mon voyage du retour de vacances.

Extrait : (début du livre)
Le matin du jour où j'ai perdu ma fille, elle m'a demandé de lui faire des œufs brouillés. 
— Tu veux du bacon avec ? ai-je crié en direction de l'étage, où Sydney se préparait pour aller travailler. 
— Non, a-t-elle répondu de la salle de bains. 
— Des toasts ? 
— Non plus. 
J'ai entendu le claquement du fer à lisser. Ce bruit indiquait généralement la fin de son rituel matinal. 
— Du fromage dans tes œufs ? 
— Non. Ou alors un peu, pourquoi pas ? 
Je suis retourné dans la cuisine, j'ai ouvert le frigo, en ai sorti des œufs, un morceau de cheddar, du jus d'orange, et j'ai mis la cafetière électrique en route. 
Susanne, mon ex-femme, qui venait d'emménager chez Bob, son nouveau compagnon, à Stratford, de l'autre côté du fleuve, aurait sans doute dit que je gâtais trop notre fille, qu'à dix-sept ans elle était assez grande pour se préparer son petit déjeuner. Mais l'avoir avec moi pour l'été était un tel plaisir que ça ne me dérangeait pas de la dorloter. L'an passé, je lui avais trouvé un job à la concession Honda de Milford où je suis vendeur, de ce côté-ci du fleuve. Mis à part quelques échanges virulents, partager notre quotidien avait été dans l'ensemble une expérience plutôt agréable. Cette année, toutefois, Sydney avait choisi de ne pas retourner chez Honda. Cohabiter avec moi lui suffisait. Que je garde un œil sur elle pendant qu'elle travaillait était une autre histoire. 
— Tu as remarqué, avait-elle observé l'été précédent, que tu critiques chaque garçon à qui je parle, même une minute ? 
— Une femme avertie en vaut deux, avais-je répliqué. 
— Dwayne, par exemple, à l'atelier ? 
— Il a mauvais caractère. 
— Et Andy ? 
— Tu plaisantes. Beaucoup trop vieux pour toi. Il a bien vingt-cinq ans. 
Alors cette année, elle avait trouvé un autre emploi, toujours à Milford, afin de pouvoir vivre avec moi de juin au jour de la fête du Travail, début septembre. Elle s'était fait embaucher au Just Inn Time, un hôtel pour représentants de commerce ne restant qu'une nuit ou deux. Milford est une jolie ville, sans être une destination touristique. Dans une existence antérieure, l'hôtel avait été un Days Inn ou un Holiday Inn ou encore un Comfort Inn, mais la chaîne propriétaire, quelle qu'elle fût, avait repris ses billes et un indépendant l'avait remplacée. 
Je n'avais guère été étonné quand Sydney m'avait appris qu'on lui avait donné un poste à la réception. 
— Tu es intelligente, charmante, bien élevée… 
— Je suis surtout une des rares à parler anglais, avait-elle riposté, coupant court à ma fierté paternelle. 
Il fallait lui tirer les vers du nez pour la faire parler de son nouveau travail. « C'est juste un boulot », disait-elle. Au bout de trois jours, je l'ai surprise en pleine dispute au téléphone avec sa copine Patty Swain, elle voulait trouver autre chose, même si son salaire était correct puisqu'elle ne paierait pas d'impôts. 
— Ce n'est pas déclaré ? lui ai-je demandé lorsqu'elle a raccroché. Tu es payée au noir ? 
— Tu écoutes mes coups de fil ou quoi ? 
J'ai préféré la laisser tranquille. Qu'elle règle ses problèmes elle-même. 
J'ai attendu que Sydney descende l'escalier pour verser les deux œufs battus avec du cheddar râpé dans la poêle beurrée. L'idée m'est alors venue de lui faire le même genre de surprise que lorsqu'elle était petite. J'ai pris une moitié de coquille d'œuf vide et, à l'aide d'un crayon à mine tendre, j'ai dessiné un visage dessus. Un sourire tout en dents, une demi-lune pour le nez, et deux yeux menaçants. Après avoir tiré un trait de la bouche jusque derrière la coquille, j'ai écrit : SOURIS, BON SANG ! 
Elle est entrée dans la cuisine d'un pas traînant, comme un prisonnier en route pour l'échafaud, puis elle s'est affalée sur sa chaise, le regard baissé, les cheveux sur les yeux, les bras inertes le long du corps. Une énorme paire de lunettes de soleil, que je ne lui connaissais pas, était perchée au sommet de son crâne. 
J'ai fait glisser les œufs, devenus fermes en quelques secondes, sur une assiette que j'ai déposée devant elle. 
— Votre Altesse, ai-je déclaré par-dessus le son de l'émission Today qui s'échappait du petit téléviseur de la cuisine. 
Levant lentement la tête, Sydney a d'abord regardé l'assiette, avant de s'arrêter sur le petit bonhomme qui la fixait. 
— Oh, mon Dieu, a-t-elle soufflé. 
Puis elle a tourné la salière coiffée de la demi-coquille pour lire ce qui se trouvait à l'arrière. 
— Souris toi-même, a-t-elle riposté avec une inflexion espiègle dans la voix. 
— Tu as de nouvelles lunettes de soleil ? 
D'un air absent, comme si elle avait oublié qu'elle venait de les poser là, elle a touché une des branches, les a vaguement ajustées sur sa tête. 
— Oui. 
J'ai remarqué la griffe Versace inscrite en lettres minuscules dessus. 
— Très chouette, ai-je commenté. 
Syd a hoché la tête avec lassitude. 
— Tu es rentrée tard ? ai-je poursuivi. 
— Pas tellement. 
— Minuit, ça l'est. 
Elle savait que nier l'heure de son retour ne servirait à rien. Je ne fermais jamais l'œil avant de l'entendre franchir le seuil de notre maison de Hill Street et verrouiller la porte derrière elle. Je supposais qu'elle était sortie avec Patty Swain, qui, bien qu'également âgée de dix-sept ans, donnait l'impression d'avoir un peu plus d'expérience que Syd dans les domaines qui empêchent les pères de dormir la nuit. J'aurais été naïf de croire Patty Swain encore novice en matière d'alcool, de sexe ou de drogue. 
Cela dit, Syd n'était pas un ange non plus. Je l'avais surprise une fois avec un joint, sans compter ce jour où, alors qu'elle avait quinze ans, elle était rentrée de la boutique Abercrombie & Fitch de Stamford avec un nouveau T-shirt, incapable d'expliquer à sa mère l'absence de ticket de caisse. Ç'avait bardé. 
Voilà peut-être pourquoi ces lunettes de soleil me titillaient. 
— Elles t'ont coûté cher ? ai-je demandé. 
— Pas tant que ça. 
— Et comment va Patty ? 
En fait, je voulais surtout m'assurer que Syd était bien sortie avec elle. Même si leur amitié ne remontait qu'à un an, elles passaient tellement de temps ensemble qu'on aurait dit qu'elles se connaissaient depuis le jardin d'enfants. J'aimais bien Patty, elle avait un franc-parler rafraîchissant, mais j'aurais parfois préféré que Syd traîne un peu moins avec elle. 
— Nickel, répondit-elle. 
À la télévision, Matt Lauer1 nous mettait en garde contre la radioactivité potentielle des plans de travail en granit. Chaque jour apportait son nouveau sujet d'inquiétude.
Sydney a pioché dans ses œufs. 
— Mmm, a-t-elle fait avant de relever les yeux vers le poste. Tiens, c'est Bob. 
J'ai suivi son regard. Il s'agissait d'un spot publicitaire de la chaîne locale. Un grand type avec un début de calvitie et un sourire éclatant se tenait devant un océan de voitures, les bras étendus, tel Moïse fendant les eaux de la mer Rouge. 
« Venez dare-dare chez Bob Motors ! Vous n'avez pas de reprise ? Aucun problème ! Vous n'avez pas d'acompte ? Aucune importance ! Vous n'avez pas de permis de conduire ? Bon, ça, c'est un peu embarrassant ! Mais si vous recherchez une voiture, et si vous voulez une bonne affaire, venez vous éclater dans l'une de nos trois… »
J'ai coupé le son. 
— Il est crétin sur les bords, a dit Sydney de l'homme avec lequel vivait sa mère, mon ex-femme. Mais dans ces pubs il fait carrément Supercrétin. Qu'est-ce qu'on mange ce soir ? 
Le petit déjeuner ne se terminait jamais sans que nous discutions du dîner. 
— Si on se faisait livrer un truc ? 
Avant que je puisse répondre, elle a ajouté : 
— Une pizza ? 
— Je crois que je vais préparer quelque chose, ai-je objecté. 
Syd n'a pas cherché à cacher sa déception. 
La pub de Bob passée, j'ai remis le son du téléviseur. Al Roker2 se mêlait à la foule habituelle du Rockefeller Center, où la plupart des gens agitaient des panneaux souhaitant un bon anniversaire à des parents postés devant l'émission. 
J'ai observé ma fille manger son petit déjeuner. Être père, du moins pour moi, c'est aussi être constamment fier. Sydney devenait vraiment ravissante. Cheveux blonds aux épaules, long cou gracile, teint de porcelaine, traits affirmés. Sa mère a des racines norvégiennes, d'où ce côté scandinave. 
Comme si elle sentait mon regard sur elle, Syd a demandé : 
— Tu crois que je pourrais être mannequin ? 
— Mannequin ? 
— Inutile de prendre cet air choqué. 
— Je ne suis pas choqué, ai-je riposté, sur la défensive. Simplement, c'est la première fois que tu m'en parles. 
— Ça ne m'avait jamais traversé l'esprit. C'est une idée de Bob. 

1. Journaliste présentateur de l'émission Today sur NBC. (Toutes les notes sont de la traductrice)
2. Présentateur météo et animateur sur NBC.

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Déjà lu du même auteur :

contre_toute_attente Contre toute attente 

Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 31/12

 50__tats
40/50 : 
Connecticut

 

 

12 février 2013

L'Ange du matin – Arni Thorarinsson

ange_du_matin Métaillié – août 2012 – 310 pages

traduit de l'islandais par Éric Boury

Titre original : Morgunengill, 2010

Quatrième de couverture :
La postière, sourde et sans le sou, tuée à Akureyri, et le capitaliste de Reykjavik, "nouveau Viking" à la tête d'un portefeuille de millions en créances, n'ont aucun rapport. Pourtant le destin fait se croiser leurs chemins lorsque, malgré l'opposition du commissaire de police qui le déteste, Einar enquête pour son journal en perte de vitesse sur la disparition d'une petite fille.
Einar, ironique et tendre, a rarement été confronté à un crime aussi complexe. Rien ne s'est passé comme le voulait la logique. Portrait caustique et désabusé de l'Islande contemporaine, ce roman témoigne de l'évolution rapide des mœurs et de la corruption des âmes. Le surprenant retournement final est dérangeant dans sa description de l'innocence perdue et de l'irréversibilité des changements de société. L'intrigue resserrée et bien menée entraîne le lecteur fasciné aux côtés de cet enquêteur à la fois nonchalant et lucide. Un roman passionnant, éclairant et terrifiant. Une vraie réussite.

Auteur : Arni Thorarinsson est né en 1950 à Reykjavik, où il vit actuellement. Après un diplôme de littérature comparée à l'université de Norwich en Angleterre, il travaille pour différents grands journaux islandais. Il participe à des jurys de festivals internationaux de cinéma et a été organisateur du Festival de cinéma de Reykjavik de 1989 à 1991. Ses romans sont traduits en Allemagne et au Danemark.

Mon avis : (lu en février 2013)
Quelle plaisir de découvrir la nouvelle enquête de l'auteur islandais Arni Thorarinsson, de retrouver son personnage Einar, journaliste du « Journal du soir ». Einar est rappelé à Reykjavik pour interviewer Ölver un "nouveau Viking", un des financiers qui ont fait fortune puis entraîné toute l'Islande à la ruine avec la ruine. Il préférerait enquêter sur l'agression dont a été victime une employée de la poste sourde dans la petite ville d'Akureyri. Quelques jours après l'interview, la fille d'Ölver âgée de 11 ans est enlevée. Einar se retrouve être l'homme de la situation pour enquêter et traiter l'information.
Ces deux intrigues croisées et ce suspense policier sont également le prétexte pour découvrir le quotidien de l'Islande et des Islandais frappé par la Crise. Une peinture sans concession d’une société islandaise pervertie par le profit et où la solidarité a disparue.
Un roman passionnant, à la fois tendre et terrifiant.

Extrait : (page 9)
UN MERCREDI MATIN AU DÉBUT DE JANVIER
J'arrive trop tard. Si le temps est le moyen qu'a trouvé la nature pour éviter que tous les événements se produisent simultanément, il n'est pas très efficace. Je ne disposais pas d'assez de temps. Peut-être était-ce une question de secondes, ou peut-être de minutes. Mais, conformément à une loi implacable, j'arrive trop tard.
Alors que je quitte tranquillement la maison jumelée que j'occupe dans le quartier de Hlidahverfi, je n'ai pourtant pas l'impression que le temps me manque. Mon haleine sort de ma bouche pour s'élever dans l'air glacial et immobile de la ville d'Akureyri. C'est la preuve indéniable que je respire, avec les volutes de vapeur afférentes et tout le bataclan. Mes jambes m'obéissent et me transportent, lentement mais sûrement, jusqu'à mon poste de travail sur la place de l'Hôtel de Ville. Toute chose est encore conforme à mes plans, au vœu que j'ai formulé en silence et à la résolution personnelle que j'ai prise lorsque nous sommes entrés d'un bond avec ma fille Gunnsa dans la nouvelle année. Mes vieux parents n'ont pas voulu tenter leur chance, du reste, ils auraient hypothéqué leur futur si, comme nous, ils étaient montés sur cette chaise pour faire le grand saut à cloche-pied au risque de se casser une jambe en se réceptionnant. Dans ce genre de situation, mieux vaut reculer que sauter.
Il suffit d'y croire un peu pour envisager les sommets des Sulur, Kerling, Hlidarfiall, la lande de Vadlaheidi et les montagnes qui cernent le fjord d'Eyjafjördur, ainsi qu'Akureyri et son Pollur comme les géants tutélaires de la ville, les anges gardiens donnés par mère nature. Mais dans la pénombre matinale de ces premiers jours de l'année, peu de choses viennent confirmer cette croyance, si ce n'est la foi elle-même.
Les lampadaires projettent à peine leur clarté pâlotte sur l'environnement immédiat : immeubles, entrepôts, usines et bâtiments à usage de bureaux. L'allée piétonne qui longe la rue Skardshlid et traverse le pont enjambant la rivière Glera avant d'entrer dans la rue Glerargata est loin d'offrir la plus jolie vue de la charmante capitale du Nord. Mais je vais devoir m'en contenter pour me bâtir un futur et faire ce que les experts nous conseillent : chercher le positif au sein du négatif, se battre pour remporter la victoire y compris dans la défaite, voir les ouvertures au bout des impasses et la lumière au fond de la plus noire des nuits. Et ainsi de suite. En général, je ne suis pas très doué pour me bercer d'illusions sans avoir ingurgité un verre d'alcool et je n'ai aucune idée de la raison pour laquelle, en ce moment, je me satisfais entièrement de la déliquescence.
L'esprit occupé par ces considérations, je marche d'un pas léger dans le petit matin. À l'angle des rues Glerargata et Eyrarvegur, je croise une vieille femme qui n'est pas de cette humeur. Elle jure et maugrée tout ce qu'elle sait dans son coin. Je ne me laisse pas décontenancer et pose un pied sur la chaussée pour traverser.
- Hé, vous, là-bas, me crie-t-elle alors. Vous travaillez bien au Journal du soir, n'est-ce pas ?
Et moi qui m'imaginais ne pas être un visage connu.
- Euh, oui, dis-je alors que je maudis en silence la politique du droit à l'image appliquée par mon journal.
Elle me fait signe de me retourner. Rien ne m'oblige à lui obéir, mais je m'exécute quand même.

Déjà lu du même auteur :

le_temps_de_la_sorci_re_1 Le Temps de la Sorcière le_dresseur_d_insectes Le dresseur d'insectes 

le_septi_me_fils Le septième fils

 

 Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 26/12

 Challenge Voisins, voisines

voisins_voisines_2013
Islande

  Défi Scandinavie noire 2012

dc3a9fi_scandinavie_noire
Islande

Challenge Littératures Nordiques

litterature_nordique

  Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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PAL Noire

Challenge 5% Littéraire 2012

 logochallenge2 
35/35

 

1 mars 2013

Le Roi n'a pas sommeil - Cécile Coulon

 Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
un_mot_des_titres 

Le mot : ROI

le_roi_n_a_pas_sommeil Viviane Hamy - janvier 2012 - 143 pages

Quatrième de couverture :
« Ce que personne n'a jamais su, ce mystère dont on ne parlait pas le dimanche après le match, cette sensation que les vieilles tentaient de décortiquer le soir, enfouies sous les draps, cette horreur planquée derrière chaque phrase, chaque geste, couverte par les capsules de soda, tachée par la moutarde des hot-dogs vendus avant les concerts ; cette peur insupportable, étouffée par les familles, les chauffeurs de bus et les prostituées, ce que personne n'a pu savoir, c'est ce que Thomas avait ressenti quand le flic aux cheveux gras lui avait passé les bracelets, en serrant si fort son poignet que le sang avait giclé sur la manche de sa chemise. »

Tout est là : le mutisme, le poids des regards, l'irrémédiable du destin d'un enfant sage, devenu trop taciturne et ombrageux. Thomas Hogan aura pourtant tout fait pour exorciser ses démons - les mêmes qui torturaient déjà son père.
Quand a-t-il basculé ? Lorsque Paul l'a trahi pour rejoindre la bande de Calvin ? Lorsqu'il a découvert le Blue Budd, le poker et l'alcool de poire ? Lorsque Donna l'a entraîné naïvement derrière la scierie maudite ?
La sobriété du style de Cécile Coulon - où explosent soudain les métaphores - magnifie l'âpreté des jours, communique une sensation de paix, de beauté indomptable, d'indicible mélancolie.
Méfiez-vous des enfants sages, écrit par une jeune fille de vingt ans, avait plus qu'impressionné les lecteurs. Ils seront éblouis par Le Roi n'a pas sommeil.

Auteur : Cécile Coulon est née en 1990. Elle poursuit ses études de Lettres Modernes à Clermont-Ferrand. À dix-sept ans, elle publie un premier roman (inspiré de L’ Éducation sentimentale de Flaubert), Le Voleur de vie, puis un recueil de nouvelles Sauvages. Outre Steinbeck, Maupin, Bret Easton Ellis, Proust, elle est passionnée de cinéma (Pasolini, La Nuit du chasseur, The Big Lebowski, L’Année dernière à Marienbad, etc ...) et de musique (Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Chuck Berry, Ramones).

Mon avis : (lu en février 2013)
J'avais entendu de ce livre à sa sortie, lorsque la jeune auteur avait été invitée à La Grande Librairie, j'avais noté le titre de son livre dans ma LAL et le rendez-vous Un mot des titres est l'occasion toute trouvé pour le découvrir.
Nous sommes dans les États-Unis des années 30, dans une région forestière et rurale. Le livre s'ouvre sur l'issue sombre de l'histoire avec l'arrestation de Thomas Hogan et la douleur de sa mère. L'auteur revient alors sur la genèse du récit.
Thomas Hogan est le fils de Mary et William. Contrairement à son père qui est une force de la nature, c'est un jeune enfant frêle et fragile. William est autoritaire et bourru, il meurt assez jeune à la suite d'un accident de travail. Thomas va alors grandir seul avec sa mère, enfant timide et sage, à l'adolescence il est mal dans sa peau, une révolte gronde en lui...
Un récit sombre, une très belle écriture et un livre plutôt sympathique.

Extrait : (début du livre)
Ce que personne n'a jamais su, ce mystère dont on ne parlait pas le dimanche après le match, autour d'une bière fraîche, cette sensation que les vieilles tentaient de décortiquer le soir, enfouies sous les draps, ce poids, cette horreur planquée derrière chaque phrase, chaque geste, couverte par les capsules de soda, tachée par la moutarde des hot-dogs vendus avant les concerts ; cette peur insupportable, étouffée par les familles, les écoliers, les chauffeurs de bus et les prostituées, ce que personne n'a pu savoir, c'est ce que Thomas avait ressenti quand le flic aux cheveux gras était venu lui passer les bracelets, en serrant si fort son poignet que le sang avait giclé sur la manche de sa chemise.

Ce type, uniforme neuf et godasses de mirliton, ne souriait pas. Il portait les deux boucles de métal pendues à sa ceinture comme des boules de Noël à la branche d'un sapin. Thomas n'était qu'une fripouille de plus, une espèce de charognard qu'il aurait fallu tuer dans l'oeuf.
Bingo. Je vais l'envoyer dans un endroit où tu pourras tâter des barres de fer toute la sainte journée. Tu dois payer. Crois-moi, si j'en avais eu l'occasion, je t'aurais dérouillé depuis longtemps.

Personne n'a jamais su.

Quand la mère de Thomas s'est précipitée hors de chez elle, sa robe à moitié défaite, ils n'ont pas vraiment compris.
Elle a crié plus fort que les sirènes de toutes les casernes de la région. Le vieux Puppa, assis sur son fauteuil délabré, n'a pas bougé d'un pouce ; ses yeux sont restés clos, sa bouche émettait de drôles de grincements : les gonds d'une porte de saloon. Puppa connaissait Mary depuis sa plus tendre enfance. Ils avaient joué au billard, trouvé des planques pour fumer leurs premières cigarettes, mangé des hamburgers avec les autres poulettes de la ville.
Ils s'étaient frottés les uns contre les autres sur des couvertures qui sentaient le sapin et le whisky frelaté.
Elle criait à la manière d'un poulain qu'on égorge. Quand sa voix s'était muée en un hennissement de désespoir, les souvenirs du vieillard avaient surgi d'un coup d'un seul. Ils chuchotaient, bourdonnaient en lui telles des abeilles autour d'un pissenlit. Tandis que Mary perdait les pédales au milieu de la rue principale, Puppa s'était rendu compte qu'il ne savait pas pourquoi Thomas avait pris le mauvais tournant au moment où tout lui souriait. Il n'y avait aucune raison, se disait-il, pour que cette histoire se termine ainsi.

 

10 mars 2013

Blanche-Neige doit mourir - Nele Neuhaus

blanche_neige_doit_mourir Actes Sud - octobre 2012 - 400 pages

traduit de l'allemand par Jacqueline Chambon

Titre original : Schneewittchen muss sterben, 2010

Quatrième de couverture :
Une femme est tombée d'un pont sur une voiture. Selon un témoin, elle aurait été poussée. L'enquête conduit Pia Kirchhoff et Oliver von Bodenstein à Altenhain où la victime, Rita Cramer, a vécu avant son divorce d'avec un certain Hartmut Sartorius. Onze ans plus tôt, deux jeunes filles du village avaient disparu sans laisser de trace. Sur la foi de maigres indices, un garçon de vingt ans, Tobias Sartorius, avait été arrêté et condamné à dix ans de prison. Or, depuis quelques jours, Tobias est revenu chez son père à Altenhain... Dans le village, Pia et Bodenstein se heurtent à un mur de silence. Mais bientôt une autre jeune fille disparaît et les habitants accusent Tobias Sartorius, même si ce dernier a toujours clamé son innocence. Les preuves manquent, la police piétine et certains villageois semblent bien décidés à prendre les choses en main. Dans ce deuxième roman du duo Pia-Bodenstein, Nele Neuhaus construit une fois de plus une intrigue millimétrée autour des non-dits et de l'atmosphère étouffante d'un petit village allemand. Procédant par dévoilements successifs, elle démonte patiemment les mécanismes d'une erreur judiciaire et analyse magistralement le fonctionnement de ces fascinantes machines à broyer les individus que sont parfois la justice et les préjugés. Succès colossal à sa sortie, Blanche-Neige doit mourir s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires outre-Rhin. Depuis, Nele Neuhaus règne sans partage sur le domaine du "Krimi".

Auteur : Née en 1967 à Münster, en Westphalie, Nele Neuhaus, a grandi à Taunus, près de Francfort. Après ses études, elle travaille dans une agence de publicité puis se met à écrire des romans policiers qui rencontrent aussitôt un succès immédiat. Déjà paru Flétrissure (2011).

Mon avis : (lu en mars 2013)
Altenhain est un petit village allemand proche de Francfort où y a dix ans deux jeunes filles Laura et Stefanie ont disparues. Tout accuse alors Tobias qui était le petit ami de Stefanie et l'ex de Laura. Pourtant, cette fameuse nuit, Tobias avait beaucoup bu et il ne se souvient de rien.
Lorsque le livre commence, Tobias rentre chez lui après avoir purgé sa peine. Toute sa famille a été brisée par cette condamnation, son père a fermé son restaurant, ses parents se sont séparés et Altenhain, refuse le retour de l'enfant du pays. En quelques jours, les restes du corps de Laura est découvert dans une ancienne cuve sur un aéroport désaffecté et la mère de Tobias est poussée d'un pont. Les enquêteurs Pia Kirchhoff et à Oliver von Bodenstein vont alors s'intéresser au passé et revenir sur les évènements dix ans plus tôt. L'atmosphère est pesante, le silence est de mise. J'ai trouvé cette histoire captivante et l'intrigue très bien construite, avec du rythme, des rebondissements, de nombreuses fausses pistes et un suspense haletant. J'ai pris du plaisir à lire et découvrir ce roman policier. Une découverte très plaisante.

Autres avis : Canel, Jostein, Nadael

Extrait : (début du livre)
L’escalier de fer rouillé était étroit et raide. Il tâta le mur pour trouver l’interrupteur. Une seconde après l’ampoule de vingt-cinq watts éclaira l’endroit d’une lumière chiche. La lourde porte de fer s’ouvrit sans bruit. Il en huilait régulièrement les charnières pour qu’elles ne grincent pas quand il venait la voir. Un air chaud mêlé à une odeur sucrée de leurs fanées l’accueillit. Il ferma soigneusement la porte derrière lui, éclaira et resta un moment immobile. La grande pièce, environ dix mètres de long et cinq de large, était simplement meublée, mais elle avait l’air de s’y sentir bien. Il alla vers l’appareil stéréo et appuya sur la touche Play. La voix rauque de Bryan Adams remplit la pièce. Lui-même n’appréciait pas beaucoup la musique, mais elle aimait le chanteur canadien et il tenait compte de ses goûts. S’il devait la garder cachée, au moins que rien ne lui manque. Comme d’habitude, elle ne dit rien. Elle ne lui parlait pas, ne répondait jamais à ses questions mais cela ne le dérangeait pas. Il poussa de côté le paravent qui partageait discrètement la pièce en deux. Elle était allongée, silencieuse et belle sur le lit étroit, les mains croisées sur la poitrine, la longue chevelure s’élargissant comme un noir éventail autour de sa tête. À côté du lit étaient posées ses chaussures, sur la table de nuit un bouquet de lilas blanc se fanait dans un vase de verre.
— Hello, Blanche-Neige, dit-il à voix basse.
La sueur perlait à son front. La chaleur était à peine supportable, mais elle aimait ça. Même avant elle avait vite froid. Il parcourut du regard les photos qu’il avait accrochées pour elle à côté de son lit. Il voulait lui demander s’il devait en accrocher d’autres. Mais il devait attendre le moment approprié pour que cela ne la blesse pas. Il s’assit prudemment au bord du lit. Le matelas s’inclina sous son poids et un instant il crut qu’elle avait bougé. Mais non. Elle ne bougeait jamais. Il tendit la main et la posa sur sa joue. Sa peau, au cours des années, avait pris une teinte jaune. Au toucher, elle était dure comme du cuir. Comme toujours, elle avait les yeux fermés et si sa peau n’était plus aussi douce et rose, sa bouche était aussi jolie qu’avant, lorsqu’elle lui avait parlé et lui avait souri. Il resta assis un moment à la regarder. Jamais le désir de la protéger n’avait été plus fort.
— Je dois partir, dit-il enin à regret. J’ai beaucoup à faire. 
Il se leva, prit le bouquet fané et s’assura que la bouteille de Coca-Cola sur la table de nuit était pleine.
— Tu me dis si tu as besoin de quelque chose, n’est-ce pas ?
Parfois son rire lui manquait et cela le rendait triste. Naturellement, il savait qu’elle était morte, mais il trouvait plus simple de faire comme s’il ne le savait pas. Il n’avait jamais entièrement abandonné l’espoir d’obtenir un sourire d’elle.

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Sélection policier 
Jury Mars

 Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Météo"

 Challenge Voisins, voisines

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Allemagne

 Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 30/12

Challenge 6% Littéraire 2012

   logochallenge2  
38/42

  Lire sous la contrainte

 

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5ème session : couleur

 

12 mars 2013

Indigo - Catherine Cusset

Lu dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs 
Sélection mars

indigo Gallimard - janvier 2013 - 320 pages

Quatrième de couverture : 
Un festival culturel rassemble pendant huit jours en Inde quatre Français, deux hommes et deux femmes, qui ne se connaissent pas. Une surprise attend chacun d'eux et les confronte avec leur passé. Cette semaine bouleverse leur vie. De Delhi à Kovalam, dans le Sud, ils voyagent dans une Inde sur le qui-vive où, juste un an après les attentats de Bombay, se fait partout sentir la menace terroriste. Une Inde où leur jeune accompagnateur indien déclare ouvertement sa haine des États-Unis. Une Inde où n'ont pas cours la légèreté et la raison françaises, où la chaleur exacerbe les sentiments, où le ciel avant l'orage est couleur indigo. Tout en enchaînant les événements selon une mécanique narrative précise et efficace, ce nouveau roman de Catherine Cusset nous fait découvrir une humanité complexe, tourmentée, captivante.

Auteur : Catherine Cusset vit à Londres. Elle a récemment publié Le problème avec Jane (1999), Grand Prix des Lectrices de Elle 2000 , La haine de la famille (2001), Confessions d'une radine (2003), Amours transversales (2004), Un brillant avenir (2008), Prix Goncourt des Lycéens 2008 .

Mon avis : (lu en mars 2013) 
Géraldine, française mariée à un indien musulman, organise un festival culturel à Trivandrum dans le sud de l’Inde et reçoit plusieurs intellectuels comme Roland Weinberg, Raphaël Eleuthere et Charlotte Greene.
Roland est un philosophe de 64 ans, essayiste, séducteur. Il est accompagné de sa jeune et belle compagne italienne Renata. Il connaît bien l’Inde et espère profiter du voyage pour renouer avec Srikala une femme qu’il a connu il y a 28 ans.
Charlotte a 47 ans, professeur de littérature à l'université et cinéaste, mariée, mère de 2 enfants, elle vit à Manhattan. Elle espère secrètement revenir sur les traces de sa meilleure amie Debarati qui a vécu à Cochin et qui est morte il y a six mois.
Raphaël Eleuthère est un jeune écrivain, ténébreux, il a écrit un roman autobiographique sur son enfance tourmentée.
Avec ce voyage en Inde, nous allons suivre ces quatre personnages et leurs préoccupations, c'est comme une parenthèse dans leur vie ou un tournant...
Un livre très bien écrit et qui se lit bien mais je regrette que l'Inde soit seulement présente en arrière-plan et que l’on ressente assez peu l’ambiance de ce pays, cela manque de chaleur et d’exotisme. Cette histoire tourne surtout autour d’une analyse psychologique très fine des personnages occidentaux.

Extrait : (début du livre)
On ne passe plus. Alerte à la bombe." 
Le policier surgit au moment où Charlotte tendait sa carte d'embarquement à l'employé de l'aéroport qui gardait l'accès à la douane. 
Elle vit approcher d'autres policiers. "Je suis en transit entre New York et Delhi et je risque de rater mon avion. On embarque, regardez." 
Elle pointa du doigt l'heure sur la carte. Le jeune flic au nez en trompette reculait d'un pas quand deux personnes accoururent. Il dressa la paume et barra le passage. 
"S'il vous plaît ? reprit Charlotte d'une voix implorante. 
- Vous ne comprenez pas ? On ferme le périmètre." 
Le couple asiatique derrière elle tenait des propos inquiets dans une langue étrangère. Sans leur arrivée intempestive, le policier cédait. 
"Il y en a pour combien de temps ? 
- Un quart d'heure. 
- Vous êtes sûr ? Il y a deux ans j'ai raté un avion avec mes filles à cause d'une alerte à la bombe : il a décollé à la seconde où l'alerte a pris fin. 
- Aucun avion ne décolle. Les démineurs arrivent. Reculez, madame." 
Inutile d'argumenter. Les gens s'agglutinaient autour des policiers vers qui montait un brouhaha de questions anxieuses. Ils barrèrent le passage d'une bande jaune, comme si un crime avait eu lieu. Autant profiter de ce quart d'heure pour respirer un peu d'air frais avant de passer la journée dans l'avion. Charlotte franchit la porte à tambour. Il faisait froid et elle frissonna dans son manteau trop léger, qui lui serait utile à Delhi où la température descendait la nuit jusqu'à huit degrés. Par contre, trente-cinq degrés à Trivandrum, à l'autre extrémité de l'Inde, dans le Kerala au nom poétique où on les expédiait mardi. La valise n'avait pas été facile à faire. 
L'Inde. Elle y serait ce soir, et poserait le pied pour la première fois sur le continent asiatique. 
Un homme debout près d'elle alluma une cigarette, dont la fumée parvint à ses narines. Elle se déplaça à l'autre bout du banc métallique. A New York c'était encore le coeur de la nuit ; Adam et les filles dormaient profondément. Elle avait somnolé trois ou quatre heures mais ne sentait pas la fatigue. Elle était à Paris, dans la ville où elle avait grandi, et où elle ne faisait que passer. Seule, pour la première fois depuis dix ans. En sortant de l'avion tout à l'heure, elle avait aspiré une bouffée de liberté grisante. Pas d'enfant à réveiller et à porter, pas de doudou à ramasser, pas de poussette à déplier. Seule. Elle regarda autour d'elle. Le ciel était gris clair, les trottoirs gris foncé, les piliers de béton qui soutenaient la route en hauteur, gris souris, et les murs du terminal 2C de l'autre côté, gris-beige. Tout gris, hormis les panneaux d'Europcar vert vif. Sans doute tous les aéroports au monde étaient-ils gris, mais il y avait ici quelque chose de spécifiquement français : la ligne droite de la route portée par les piliers de béton, les bâtiments bas avec leurs toits plats aux motifs géométriques ? Quelque chose de plus petit, lisse et soigné qu'à New York. Et l'odeur, grise aussi, différente de celle de New York, une odeur intime qu'elle reconnaissait instantanément. Chez elle. 
De la grisaille surgit une image : Debarati, le dos très droit, ses cheveux noirs tombant sur ses épaules, assise nue dans la baignoire du Crillon et lavant ses chaussettes en nylon noir qu'elle avait enfilées sur ses avant-bras comme des gants de femme fatale. Deb illuminant de sa beauté la salle de bains en marbre du palace qui ressemblait la minute d'avant à une prison dorée. Deb poussant un cri de protestation en entendant le clic de l'appareil photo, avant même de voir Charlotte sur le seuil : "Non ! T'es chiante !" Deb éclatant de rire. 
C'était il y a quinze ans. A peine arrivée à Paris et descendue au Crillon, Charlotte s'était demandé ce qu'elle faisait là avec ce groupe de milliardaires américains cacochymes qui avaient fait le voyage depuis New York en jet privé et qu'émoustillait l'accent français de leur jeune conférencière. De sa chambre à mille euros la nuit, elle avait appelé son amie, qui avait débarqué une demi-heure après, vêtue d'un jean moulant et d'un perfecto plein de petites fermetures éclair lui donnant davantage l'air d'une prostituée de luxe que d'une étudiante américaine en histoire de l'art qui faisait des recherches en France. Charlotte s'était sentie revivre. 
Elle avait appelé Deb au secours ; Deb était accourue. 

Déjà lu du même auteur :

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29 janvier 2013

06H41 - Jean-Philippe Blondel

Lu dans le cadre du Prix Relay des Voyageurs
Sélection février : Nominé

6h41 Buchet Chastel - janvier 2013 - 240 pages

Quatrième de couverture : 
Le train de 06h41, départ Troyes, arrivée Paris. Bondé, comme tous les lundis matins. Cécile Duffaut, 47 ans, revient d’un week-end épuisant chez ses parents. Elle a hâte de retrouver son mari, sa fille et sa situation de chef-d’entreprise. La place à côté d’elle est libre. S’y installe, après une légère hésitation, Philippe Leduc. Cécile et lui ont été amants vingt-sept ans auparavant, pendant quelques mois. Cela s’est très mal passé. A leur insu, cette histoire avortée et désagréable a profondément modifié leurs chemins respectifs. Tandis que le train roule vers Paris et que le silence s’installe, les images remontent. Ils ont une heure et demie pour décider de ce qui les attend.

Auteur : Né en 1964, Jean-Philippe Blondel est professeur d'anglais dans un lycée à côté de Troyes. Après son premier roman, Accès direct à la plage (2003), qui a rencontré un vif succès, il a publié plusieurs romans, This is not a love song (2007), Le baby-sitter (2010), G229 (2011) et récemment Et rester vivant (2011). Il a écrit aussi des romans pour adolescents, comme Blog (2010) et (Re)play ! (2011).

Mon avis : (lu en janvier 2013) 
6h41, c'est l'heure du train du lundi matin Troyes Paris. Cécile Duffaut revient d'un week-end passé chez ses parents. 
Philippe Leduc vit depuis toujours à Troyes, ce matin il « monte » à Paris pour aller voir un ami à l'hôpital. Ils vont se retrouver assis l'un à côté de l'autre dans le train de 6h41.
L'un et l'autre se connaissent, il y a 27 ans, ils ont eu une histoire ensemble dont ils gardent un souvenir plutôt amer. A l'époque, Cécile était une fille assez transparente, Philippe était le garçon populaire et sûr de lui. Aujourd'hui Philippe a pris de l'embonpoint, il est divorcé et travaille comme vendeur dans un grand magasin. Cécile a pris de l'assurance, mariée avec un enfant, elle vit et travaille comme chef-d’entreprise à Paris.
En silence, l'un à côté de l'autre, Cécile et Philippe se reconnaissent mais n'en laissent rien paraître et à tour de rôle ce voyage en train est l'occasion de revenir sur leurs parcours de vie du passé jusqu'au présent.

En commençant ce livre, j'imaginais plutôt une histoire autour des voyages en train, un quotidien que je connais bien et où il y aurait matière à raconter, mais après la lecture de ce roman et quelques jours de réflexion pour écrire ce billet, je reconnais que cette histoire est plus profonde que cela... Faire un retour sur notre passé à l'occasion d'une rencontre ou d'un souvenir qui s'impose, cela nous fait souvent réfléchir à notre vie, aux chemins que l'on a pris, sont-ils ceux que l'on imaginait il y a 20 ans, 30 ans...

 

Extrait : (page 17)
J’aime bien les trains. Les heures passées à ne rien faire de particulier. On prépare un sac pour le trajet – pareil que les enfants quand ils sont encore petits. On y fourre deux livres de poche, des chewing-gums, une bouteille d’eau – pour un peu on y mettrait aussi sa couverture fétiche. Tout pour que le temps passe agréablement. En arrivant à la gare, on traîne même du côté des magazines, et on en achète un, de préférence sur les riches et célèbres. C’est comme si on allait à la plage – et, comme à la plage, on n’ouvre ni les romans, ni le magazine, on ne mâche pas de sucreries et on oublie même de s’hydrater. On est hypnotisé par le paysage qui défile ou par le rythme des vagues.
Le seul train que je déteste, c’est celui du dimanche soir pour Paris. Quand je faisais mes études, c’était le train de la déprime et du déracinement. J’arrivais gare de l’Est le moral dans les chaussettes. C’est ici que sont mes racines. Je l’ai toujours su. Je suis un coq de basse-cour. À Paris, je n’étais rien. Mais c’est loin tout ça. Ce qui reste, c’est cette haine du train du dimanche soir. C’est pour ça que je suis là si tôt ce matin. J’aurais pu prendre le 21 h 15 hier et dormir dans l’appartement de Mathieu, puisque j’ai les clés, mais je ne le sentais pas. Je préfère mettre le réveil, me lever tandis que la nuit est encore là puis me diriger vers la gare. Sur le chemin, il y a des dizaines d’ombres comme moi. Sauf qu’eux font le trajet tous les jours. Pour moi, c’est exceptionnel. Les trains suivants arrivent trop tard à Paris – 10 h 30, 11 h 30, la journée est bien entamée, on a l’impression d’arriver au milieu de la fête.
 
Une journée détachée des autres.
Unique.
Une entorse à l’emploi du temps.
Je commence à dix heures, le lundi et j’enquille jusqu’à dix-neuf heures, au magasin. Tout à l’heure, de Paris, je téléphonerai pour dire que je ne peux pas venir aujourd’hui. Que je rattraperai les heures. Qu’il y a urgence familiale. Au bout du fil, je sais que la secrétaire s’inquiétera. En vingt ans dans ce supermarché, je n’ai pas été absent un seul jour – à part pour mon lumbago il y a quatre ans. Je promettrai des explications, quand je reviendrai, le lendemain. Parce que je reviens demain. Normalement. Ou il faut que je trouve un docteur qui me donne quelques jours d’arrêt. Je me demande si Jérôme pourrait faire ça. Peut-être, après tout. Ce serait curieux. Mais Jérôme est tellement gentil. Mieux que ça. C’est un saint. Un saint qui s’est occupé de recueillir ma femme et mes enfants après le divorce. Qui leur offre, depuis, une atmosphère conviviale faite de confort et de chaleur, qui manquait singulièrement dans leur famille originelle les derniers temps.

 

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5 février 2013

Notre force est infinie - Leymah Gbowee

avec Carol Mithers

notre_force_est_infinie Belfond - octobre 2012 - 344 pages

traduit de l'américain par Dominique Letellier

Titre original : Mighty be our powers, 2011

Quatrième de couverture :
Inspirant et bouleversant, le témoignage unique d'une femme dont le courage, la passion et l'exceptionnelle force de conviction ont fait renaître l'espoir dans un pays ravagé. 
Leymah Gbowee n'a que dix-huit ans quand la guerre civile éclate au Liberia. Pendant quatorze ans, les troupes de Charles Taylor vont semer la terreur et la mort. Premières victimes, les enfants dont le dictateur fait des soldats, et les femmes harcelées, parfois violées par les miliciens. 
Au prix d'une volonté inouïe, Leymah Gbowee va relever la tête. Avec dans le coeur une conviction inébranlable : qu'importe l'ethnie, qu'importe la religion, si elles se rassemblent, les femmes peuvent défier la violence des hommes. 
D'innombrables sittings en terrifiantes confrontations avec les seigneurs de guerre, en passant par une grève du sexe aussi spectaculaire qu'efficace, Leymah Gbowee et son armée de femmes en blanc vont réussir l'impensable : pousser Charles Taylor à l'exil et ramener la paix au Liberia. 
Leymah Gbowee a reçu le prix Nobel de la paix en 2011.

Auteur : Née en 1972 à Monrovia (Libéria), Leymah Gbowee est la directrice exécutive du Women Peace and Security Network Africa, basé à Accra (Ghana). Elle a fondé le Women Peacebuilding Program/WestAFrican Network for Peacebuilding (WIPNET/WANET). Elle a aussi officié en tant que commissaire désigné pour la commission Truth et Reconciliation du Libéria. Son engagement a contribué à chasser le président Charles Taylor du pouvoir, après quatorze ans de guerre civile. Leymah Gbowee vit aujourd’hui au Ghana avec ses six enfants.

Mon avis : (lu en février 2013)
J'ai vraiment honte d'avouer qu'avant de lire ce livre, je ne connaissais pas du tout la Libérienne Leymah Gbowee devenue Prix Nobel de la Paix 2011 conjointement avec Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia et à la Yéménite Tawakkul Karman.
Ce livre est le témoignage de la vie et de la lutte pour la paix de Leymah Gbowee.

 « Construire la paix ne signifie pas pour moi mettre fin aux combats en se dressant entre deux factions opposées mais soigner les blessures des victimes, leur rendre leur force, les faire redevenir ceux qu'ils ont été. C'est aider les bourreaux à redécouvrir leur humanisé afin qu'ils soient à nouveau utiles à leur communauté. Construire la paix, c'est enseigner qu'on peut résoudre les conflits sans prendre les armes. C'est reconstruire les sociétés où on a utilisé des armes et les rendre meilleures. »

Leymah Gbowee est une adolescente brillante lorsqu'en 1989 éclate la guerre civile au Liberia. Elle va connaître l'exil, les camps de réfugiés, ses rêves d'études supérieures sont loin, elle est mariée avec un homme violent et infidèle et devient très rapidement la mère de 4 enfants. Elle ressent très tôt le besoin d'être utile et de lutter pour s'en sortir. Elle va d'abord s'occuper d'enfants-soldats, puis de femmes violentées... Avec ses petits moyens, son énergie hors du commun, elle mobilise les femmes de toutes ethnies et de toutes religions pour intervenir auprès des hommes afin de mettre fin à la guerre civile.

« Nous sommes fatiguées ! Nous sommes fatiguées de voir tuer nos enfants ! Nous sommes fatiguées d'être violées ! Femmes réveillez-vous – vous avez une voix à faire entendre dans le processus de paix ! »

Sittings, manifestations pacifistes, prières et «grève du sexe» sont les moyens que Leymah a trouvé pour obliger les hommes du pays à s'assoir à la table des négociations. La déterminations de toutes les femmes habillées de blancs a fini par réussir à faire fuir le dictateur Charles Taylor et à rétablir la démocratie en faisant élire en 2003 une femme à la tête du Liberia.
Ce témoignage, nous raconte non seulement son combat pour la paix mais aussi sa vie familiale et personnelle et la difficulté de concilier les deux. Ce livre est passionnant, je ne connaissais pas du tout l'histoire du Liberia, j'associais seulement le Liberia au pavillon de complaisance pour les bateaux... Je suis vraiment admirative devant la détermination de Leymah et ses compagnes de lutte pour refuser la fatalité de la guerre civile et œuvrer à obtenir la paix dans leur pays. Bravo ! 

Extrait : (prologue)
Les histoires de guerre moderne se ressemblent souvent, non parce que les circonstances sont analogues, mais parce qu'elles sont racontées de la même manière. On cite les chefs qui prédisent en toute confiance la victoire. Les diplomates déclament des affirmations pompeuses. Les combattants, vantards, menaçants – toujours des hommes, qu'ils soient des soldats gouvernementaux ou des rebelles, qu'on les dépeigne comme des héros ou des bandits -, brandissent des trophées atroces et transforment leurs bouches en armes aussi dévastatrices que leurs kalachnikovs.
C'était ainsi, dans mon pays, le Liberia. Pendant les années où la guerre civile nous a déchirés, les reporters étrangers sont venus pour informer le monde sur notre cauchemar. Lisez leurs articles ! Regardez les clips vidéo ! Ils ne parlent que du pouvoir de destruction. Des gamins torse nu, à pied ou dans des camions à ridelles, tirent avec d'énormes mitrailleuses, dansent comme des fous dans les rues dévastées d'une ville ou se massent autour d'un cadavre, l'un d'eux brandissant le cœur sanglant de la victime. Un jeune homme portant des lunettes de soleil et un béret rouge fiche un regard glacial dans l'objectif : « On vous tue, on vous mange. »
Regardez à nouveau ces témoignages, plus attentivement, cette fois ! Regardez à l'arrière-plan, car c'est là que vous remarquerez les femmes ! Vous nous verrez nous enfuir, pleurer, nous agenouiller devant la tombe d'un enfant. Dans le récit traditionnel des histoires de guerre, les femmes sont toujours à l'arrière-plan. Nos souffrances ne sont qu'un à-côté du récit principal. Quand on nous montre, c'est par « intérêt humanitaire ». Nous autres, Africaines, sommes le plus souvent marginalisées et dépeintes comme des victimes pathétiques à l'expression hagarde, aux vêtements déchirés, aux seins tombants. Telle est l'image à laquelle le monde est habitué, l'image qui se vend.
Un jour, un journaliste étranger m'a demandé : « Avez-vous été violée pendant la guerre au Liberia ? »
Quand je lui ai répondu non, je n'ai plus présenté le moindre intérêt pour lui.
Pendant la guerre, presque personne n'a parlé de ce que fut cette autre réalité : la vie des femmes. Comment, en plein chaos, nous avons caché chaque fois que c'était nécessaire nos maris et nos fils pour éviter que les soldats ne les recrutent de force ou ne les tuent. Comment, en plein chaos, nous avons marché des kilomètres chaque jour pour trouver à manger et de l'eau pour nos familles. Comment nous avons perpétué la vie, afin qu'il reste quelque chose sur quoi reconstruire, quand la paix reviendrait. Comment, enfin, nous avons puisé notre force dans la solidarité pour parler de paix au nom de tous les Libériens.
Ceci n'est pas histoire de guerre traditionnelle. Il s'agit d'une armée de femmes en blanc qui se sont levées quand personne d'autre n'en avait le courage, car ce qu'on peut imaginer de pire nous était déjà arrivé. C'est une histoire qui raconte comment nous avons trouvé la persévérance et la bravoure morales indispensables pour élever la voix contre la guerre et restaurer le bon sens dans notre pays.
Je ne l'avais jamais entendue auparavant, parce que c'est une histoire de femme africaine et que nos histoires sont rarement contées.
Je veux que vous entendiez la mienne.

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Sélection document 
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21 février 2013

Les yeux jaunes des crocodiles – Katherine Pancol

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Audiolib – décembre 2010 – lu Marie-Eve Dufresne 19 heures

Albin Michel – mars 2006 – 651 pages

Livre de Poche – mai 2007 – 672 pages

Quatrième de couverture :
Ce roman se passe à Paris. Et pourtant on y croise des crocodiles.
Ce roman parle des hommes. 
Et des femmes. Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être, celles que nous ne serons jamais, celles que nous deviendrons peut-être.
Ce roman est l'histoire d'un mensonge. Mais aussi une histoire d'amours, d'amitiés, de trahisons, d'argent, de rêves.
Ce roman est plein de rires et de larmes.
Ce roman, c'est la vie.

Auteur : Née à Casablanca, Katherine Pancol, après des études de lettres et un bref passage dans l’enseignement, devient journaliste à Elle, Paris-Match, Cosmopolitan, où elle publie des portraits très remarqués. Un premier roman en 1979, Moi d'abord confirme la naissance d'un écrivain aigu et brillant. Suivront de nombreux romans dont Les hommes cruels ne courent pas les rues, J’étais là avant, Un homme à distance,Embrassez-moi, etc. Elle rentre en France en 1991 et continue à écrire. En 2006 et 2008, Les Yeux jaunes des crocodiles et La valse lente des tortues  et en 2010 Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi séduisent un immense public.

Mon avis : (écouté en février 2013)
Un livre très distrayant, une saga familiale avec beaucoup de personnages haut en couleur, au début j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver. Iris et Joséphine sont deux sœurs très différentes. L’aînée, Iris est belle et riche mariée à Philippe, avocat, ils ont un fils Alexandre. La cadette, Joséphine discrète qui s’est toujours effacée derrière sa sœur, historienne de formation, elle vient de quitter son mari Antoine et elle élève seule ses deux filles Hortense et Zoé. Iris a beaucoup d'argent, Joséphine a du mal à joindre les deux bouts... 

C'est une histoire de mensonge, avec des personnages attachants ou terriblement agaçants, il y a de nombreux rebondissements, de l'humour, des péripéties parfois peu crédibles mais le rythme et la construction du livre donne envie au lecteur de connaître la suite et la fin de cette histoire…
Une lecture vraiment sympathique et à l’occasion, je lirai (ou écouterai) la suite, j’ai déjà le tome 3 dans ma PAL…

Le livre est actuellement adapté au cinéma (tournage en cours) avec Cécile Telerman à la réalisation et Emmanuelle Béart (Iris), Julie Depardieu (Joséphine), Jacques Weber (Marcel), Patrick Bruel (Philippe) et Karole Rocher (Josyane) comme acteurs.

Extrait : (début du livre)
Joséphine poussa un cri et lâcha l’éplucheur. Le couteau avait dérapé sur la pomme de terre et entaillé largement la peau à la naissance du poignet. 
Elle avait besoin de pleurer. Elle ne savait pas pourquoi. Elle avait de trop bonnes raisons. Celle-là ferait l’affaire. Elle chercha des yeux un torchon s’en empara et l’appliqua en garrot sur la blessure. Je vais devenir fontaine, fontaine de larmes, fontaine de sang, fontaine de soupirs, je vais me laisser mourir…

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17 février 2013

Les saisons de l'envol - Manjushree Thapa

Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226246806 Albin Michel - janvier 2013 - 274 pages

traduit de l'anglais (Inde) par Esther Ménévis

Titre original : Seasons of flight, 2010

Quatrième de couverture :
En arrivant à Los Angeles munie d’une 
green card gagnée à la loterie du gouvernement américain, Prema laisse derrière elle le Népal, les bosquets de bambou et les rizières. La guerre civile et la pauvreté. Elle veut prendre un nouveau départ, vivre son American dream.
Mais les milliers de kilomètres qui la séparent de son pays natal n’effacent ni son histoire ni son passé. Plus tout à fait népalaise, pas encore américaine, Prema flotte entre deux mondes. Ses différentes rencontres et sa passion pour El Segundo Blue, une espèce de papillon en voie de disparition, lui permettront-elles de trouver sa place ?
Réflexion sur l’exil et le déracinement, Les Saisons de l’Envol est le récit lumineux d’une femme qui décide de rompre avec son passé pour donner un sens à sa vie. Porté par une très belle écriture, ce roman révèle le talent de l’écrivain népalais Manjushree Thapa.

Auteur : Manjushree Thapa est née à Katmandou en 1968. Elle a grandi entre le Népal, le Canada et les États-Unis où elle a obtenu son diplôme des Beaux-Arts en photographie à la Rhode Island School of Design à Providence. Elle est rentrée au Népal en 1989 pour y publier trois ans plus tard son premier livre, Mustang Bhot in Fragments, un carnet de voyage sur la frontière entre le Népal et le Tibet. Elle a travaillé plusieurs années pour des ONG, voyageant à travers les zones rurales du Népal, et a ainsi été témoin des changements dans la conscience politique du pays suite au mouvement pour la démocratie en 1989. La recherche de la liberté et de l'égalité est par conséquent un thème récurrent dans ses ouvrages.  

Mon avis : (lu en février 2013)
Lorsque Laure du service de presse d'Albin Michel m'a proposé de découvrir une auteur du Népal, je n'ai pas hésité, j'aime découvrir de nouveau pays à travers sa littérature !

Prema a grandi au Népal, dans un milieu pauvre et rural, elle a perdu très jeune sa maman et elle travaille pour une ONG pour la protection des forêts. Un peu par hasard, elle participe à la « green card lottery » et elle gagne. Son pays étant en pleine guerre civile, elle part pour les États-Unis avec l'espoir d'avoir une vie meilleure. Elle laisse son père et sa petite sœur au Népal et s'envole pour Los Angeles. Au début, elle est accueillie dans le quartier de « Little Nepal » par des compatriotes. Très vite, elle veut s'émanciper et découvrir la vraie Amérique. Prema va trouver un travail d'aide à domicile chez une vieille dame et vivre en colocation avec deux autres femmes. Elle va faire la rencontre de Luis américain d'origine guatémaltèque...

Prema est un personnage difficile à cerner, elle se cherche et tout au long du livre, le lecteur va découvrir qui est Prema. Elle veut oublier le Népal pour s'intégrer en Amérique mais son passé et ses souvenirs la rattrapent. Il n'est pas facile d'être une immigrée dans un pays de culture si différente de son pays d'origine. En alternance, on découvre quelle était la vie de Prema au Népal et comment elle se débrouille dans sa nouvelle vie à Los Angeles.

J'ai lu très facilement ce roman très riche en émotion. Je me suis attachée à Prema dans sa quête d'identité et d'une vie heureuse et comblée. J'ai également aimé son rapport et son regard sur la nature.  

Merci à Laure et aux éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir cette auteur du Népal.

Extrait : (début du livre)
Une Américaine, une institutrice, sérieuse et toute frisée, vint un jour trouver Prema et lui posa la question : « Je peux vous demander d'où vous êtes ? À l'origine, je veux dire. » Mais en entendant la réponse, elle ne put que bafouiller, incapable, peut-être, de reconnaître qu'elle ne savait pas où se trouvait ce pays.
La plupart des Américains s'en sortaient mieux. Ils s'exclamaient : « Ah ! » ou « Ouah ! », voire « Cool ! », et hochaient la tête avec bienveillance. Prema leur venait quelquefois en aide en précisant : « C'est à côté de l'Inde », ou « Là où se trouve l'Everest », ou encore « Vous avez entendu parler des sherpas ? », afin qu'ils puissent ajouter : « La vache, c'est rudement loin ! », ou « J'aurais juré que vous étiez mexicaine/italienne/espagnole », ou encore « Vous parlez très bien anglais. » Et alors elle souriait : « Merci. »
De temps à autre, toutefois, la réaction de son interlocuteur l'arrêtait net. Un jour, dans le bus, une femme comprit qu'elle était nippone et exprima le dégoût que lui inspirait la consommation de poisson cru : « C'est comme manger vous-savez-quoi ! » Une autre fois, c'est la réponse d'un épicier à la peau mate, lui-même originaire d'Asie du Sud, qui la déconcerta : « Vous ne venez pas du Pakistan, en général ? » Ce fut le tour de Prema de bafouiller. Elle avait aussi appris qu'aux oreilles étrangères, le nom de son pays pouvait sonner comme nipple, mamelon en anglais. Mais plus fréquemment, c'était « Naples » qu'entendaient les Américains. Et d'y aller de leur : « J'adore les pâtes ! » ou « Mon mari et moi sommes allés à Rome pour notre lune de miel, mais nous n'avons pas pu pousser jusqu'à Naples. » « D'où est-ce que vous êtes ? »
Si possible, Prema éludait la vérité en disant : « Pasadena », « Compton » ou « San Pedro ». Il lui arrivait de répondre : « Je viens de l'Inde », parce que les Américains avaient au moins entendu parler de ce pays. C'était une chose qu'elle enviait aux Indiens. La conversation pouvait alors prendre un tour inattendu : « Tiens, je viens justement de parler à quelqu'un en Inde à propos de ma carte bancaire ! » Mais mentir la mettait parfois dans une situation délicate. Un jour, au milieu des gratte-ciel du centre-ville, elle discuta avec le gardien d'une banque, et quand elle annonça qu'elle était indienne, il lui répondit : « Moi aussi ! Et vous êtes de quelle tribu ? » Incapable de s'expliquer, elle fit machine arrière : « Je viens de l'État de l'Indiana, en fait.
- La vache, c'est rudement loin ! »
Il était loin et il n'était pas loin, le lieu d'où elle venait. Certains jours son village natal lui paraissait à des siècles de distance, d'autres jours il était trop proche : aussi loin qu'elle aille, ce n'était jamais assez. Le foyer de sa famille - qu'elle considérait toujours comme le sien, même si elle n'y avait pas vécu depuis l'âge de dix-sept ans - était une solide maison en pierre de deux étages. Elle s'y était sentie à l'abri, en sécurité, à l'époque où elle traversait en courant le bosquet de bambous et passait devant le temple de Shiva-Parvati, en bordure des rizières en terrasses, pour se rendre à l'école. Plus tard seulement, quand elle eut quitté son village pour aller au lycée, puis à l'université, à la capitale, Katmandou, elle découvrit que sa famille était pauvre. La maison, le bosquet de bambous, le temple et les rizières étaient perchés sur les contreforts de la partie orientale des Himals. Une brume argentée y déferlait toute l'année. Prema avait passé son enfance à grelotter.

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16 février 2013

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part - Anna Gavalda

Lu dans le cadre du Challenge
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Gallimard - mai 2006 - lu par Anna Gavalda (environ 3 heures)

Le Dilletante - août 1999 - 218 pages

France Loisirs - 2000 - 214 pages

J'ai Lu - septembre 2001 - 156 pages

Succès du livre - novembre 2007 -

Quatrième de couverture :
Neuf nouvelles parmi les douze qui constituent le célèbre recueil d'Anna Gavalda : I. I. G., Cet homme et cette femme, Ambre, Permission, Le fait du jour, Catgut, Junior, Pendant des années et Clic-clac. D'une plume alerte, Anna Gavalda croque des morceaux de vie souvent drôles, parfois grinçants ou graves. Avec son sens aigu de l'observation, elle esquisse de manière enlevée les plus petits détails, les travers les plus subtils, les plus cocasses, les plus ridicules de notre société. D'une voix douce et sensible, Anna Gavalda, l'auteur en personne, nous lit ces courtes nouvelles au charme pétillant. Un moment d'écoute tendre, irrésistible et jubilatoire !

Auteur : Née en 1970, auteur à succès, Anna Galvalda occupe une place de choix dans les rayons de littérature populaire. Après avoir grandi en Eure-et-Loir dans une atmosphère folklorique, Anna Gavalda est envoyée en pension, à 14 ans, à la suite de la séparation de ses parents. Elle suit une hypokhâgne et obtient une maîtrise de lettres à la Sorbonne. Profitant du calme de la Seine-et-Marne et maman de deux enfants, elle cumule les métiers de chroniqueuse pour le cahier Paris-Ile-de-France du Journal du Dimanche, de professeur de français et d'assistante vétérinaire. Cette jeune femme dynamique reçoit le Grand Prix RTL-Lire pour son premier recueil de nouvelles 'Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part' en 1999. Mélange de simplicité, de merveilleuses et tragiques vérités quotidiennes, ce titre ne quitte pas les classements des meilleures ventes pendant des mois et est traduit dans une trentaine de langues. Elle s'essaie les années suivantes à de nouveaux styles, écrit son premier roman et un livre pour enfants. C'est durant l'été 2003 qu'elle commence à travailler sur son quatrième titre, un nouveau roman, 'Ensemble, c'est tout', un véritable succès dans le monde littéraire, critique et public, adapté au cinéma en 2007 par Claude Berri.

Mon avis : (écouté en février 2013)
C'est un livre que j'ai déjà lu avant l'existence de ce blog et cette écoute est une relecture du livre. Une première critique sur ce livre audio, ce n'est pas le texte intégral du livre mais un "texte abrégé" comme cela est signalé assez discrètement au verso de la pochette du CD... Deux nouvelles et l'Epilogue ne sont pas présentes. C'est dommage !
J'ai redécouvert ces nouvelles d'Anna Gavalda avec beaucoup de plaisir. Elle a puisé son inspiration dans le quotidien d'aujourd'hui, les histoires sont variées, il est question de l'espoir d'une femme qui vient d'apprendre qu'elle est enceinte, un homme et une femme en silence, ensemble dans une voiture, chacun dans leurs pensées, un musicien tombe amoureux d'une jeune fille photographe, un militaire rentre en permission pour son anniversaire, une incivilité sur la route et ses conséquences tragiques, une vétérinaire violée et sa vengeance, un jeune homme emprunte la Jaguar de son père pour aller à une fête, retrouvaillle d'une homme et d'une femme après de longues années, un commercial amoureux de sa collègue de bureau...

L'écoute de l'auteur lisant sa propre œuvre est vraiment très agréable et la voix d'Anna Gavalda est charmante.

Extrait : (page 121)
Il s'appelle Alexandre Devermont. C'est un jeune homme tout rose et tout blond. Élevé sous vide. Cent pour cent savonnette et Colgate bifluor, avec des chemisettes en vichy et une fossette dans le menton. Mignon. Propre. Un vrai petit cochon de lait. Il aura bientôt vingt ans. Cet âge décourageant où l'on croit encore que tout est possible. Tant de probabilités et tant d'illusions. Tant de coups à prendre dans la figure aussi.

Mais pour ce jeune homme tout rose, non. La vie ne lui a jamais rien fait. Personne ne lui a tiré les oreilles jusqu'au point où ça fait vraiment mal. C'est un bon garçon.
Sa maman pète plus haut que son cul. Elle dit: "Allô, c'est Elisabeth Devermont..." en détachant la première syllabe. Comme si elle espérait encore duper quelqu'un... Tatatata... Tu peux payer pour avoir beaucoup de choses de nos jours mais ça, tu vois, pour la particule, c'est raté.
Tu ne peux plus t'acheter ce genre d'orgueil. C'est comme Obélix, il fallait tomber dedans quand tu étais petite. Ça ne l'empêche pas de porter une chevalière avec des armoiries gravées dessus.
Des armoiries de quoi? Je me le demande. Un petit fouillis de couronne et de fleurs de lys sur fond de blason. L'association des Charcutiers-Traiteurs de France a choisi les mêmes pour son papier à en-tête du syndicat mais ça, elle ne le sait pas. Ouf.
Son papa a repris l'affaire familiale. Une entreprise de fabrication de meubles de jardin en résine blanche. Les meubles Rofitex.
Garantis dix ans contre le jaunissement et sous n'importe quel climat.
Évidemment la résine, ça fait un peu camping et pique-nique à Mimile. Ça aurait été plus chic de faire du teck, des bancs classieux qui prennent lentement une belle patine et quelques lichens sous le chêne centenaire planté par le bisaïeul au milieu de la propriété... Mais bon, on est bien obligé de prendre ce qu'on vous laisse, hein. [...]
Vingt ans. Mon Dieu.
Le petit Devermont s'y est repris à deux fois pour avoir le bac mais le permis non, ça va. Il vient de l'avoir et du premier coup. Pas comme son frère qui l'a repassé trois fois.
Au dîner tout le monde est de bonne humeur. Ce n'était pas dans la poche car l'inspecteur du coin est un vrai con. Un poivrot en plus. C'est la campagne ici. Comme son frère et ses cousins avant lui, Alexandre a passé son permis pendant les vacances scolaires dans la propriété de sa grand-mère parce que les tarifs sont moins chers en province qu'à Paris. Presque mille francs d'écart sur un forfait stage. Mais enfin, là, le poivrot était à peu près à jeun et il a griffonné son papier rose sans faire l'intéressant.
Alexandre pourra se servir de la Golf de sa mère à condition qu'elle n'en ait pas besoin, sinon il prendra la vieille 104 qui est dans la grange. Comme les autres. Elle est encore en bon état mais elle sent la crotte de poule.
C'est la fin des vacances. Bientôt il faudra retourner dans le grand appartement de l'avenue Mozart et intégrer l’École de commerce privée de l'avenue de Saxe. Une école dont le diplôme n'est pas encore reconnu par l’État mais qui a un nom compliqué avec plein d'initiales: l'ISERP ou l'IRPS ou l'ISDMF ou un truc dans ce goût-là. (Institut Supérieur De Mes Fesses.)
Notre petit cochon de lait a bien changé pendant ces mois d'été. Il s'est dévergondé et, même, il s'est mis à fumer. Des Marlboro Light.
C'est à cause de ses nouvelles fréquentations: il s'est entiché du fils d'un gros cultivateur de la région, Franck Mingeaut. Alors celui-là, ce n'est pas la moitié d'un. Friqué, tape-à-l'?il, tapageur et bruyant. Qui dit bonjour poliment à la grand-mère d'Alexandre et reluque ses petites cousines en même temps. Tskk tskk...
Franck Mingeaut est content de connaître Junior. Grâce à lui, il peut aller dans le monde, dans des fêtes où les filles sont minces et mignonnes et où le champagne des familles remplace la Valstar. Son instinct lui dit que c'est par là qu'il doit aller pour se faire une place au chaud. Les arrière-salles des cafés, les Maryline mal dégrossies, le billard et les foires agricoles, ça va un moment. Alors qu'une soirée chez la fille de Bidule au château de La Bidulière, voilà de l'énergie bien employée.

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Lu du même auteur :

ensemble_c_est_tout Ensemble, c'est tout   la_consolante La Consolante 

l_echapp_e_belle L'Échappée belle

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PAL Bleu

13 décembre 2012

Un pur hasard - Frédérique Deghelt

un_pur_hasard Les Éditions du moteur - mars 2012 – 54 pages

Quatrième de couverture : 
Yann et Benoît se sont connus au lycée. À l'époque, ils étaient toujours fourrés ensemble, inséparables. Lorsqu'ils se retrouvent par hasard, un matin vingt ans plus tard, dans une rue de San Francisco, c'est à peine s'ils se reconnaissent. Celui qui était déjà pianiste et plaisait beaucoup aux filles a connu le succès, mais il affronte depuis quelque temps le déchirement de son couple. L'autre, jadis matheux et asocial, entre joyeusement dans la quarantaine : il vient tout juste de rencontrer la femme de sa vie. Chez ces deux-là, la vie de l'un semble toujours prendre le contre-pied de celle de l'autre. Que reste-t-il de leur amitié et ont-ils encore quelque chose à partager ?

Auteur : Frédérique Deghelt est l'auteur de plusieurs romans comme La grand-mère de Jade, La nonne et le brigand. Son premier roman, La vie d'une autre, a été adapté au cinéma par Sylvie Testud.

Mon avis : (lu en décembre 2012)
J'ai lu ce livre pour trois raisons, premièrement car il a été présenté au dernier "Café Lecture" de la Bibliothèque, deuxièment car l'auteur ne m'était pas inconnue et troisièment parce que la couverture était rose (cf. Challenge).
Deux anciens camarades de lycée se retrouvent par hasard vingt ans après à San Francisco. Benoît, autrefois musicien et tombeur de filles, est devenu un musicien de jazz de renommée internationale, il est marié depuis 20 ans et a 2 enfants. Mais depuis quelques temps, son couple est proche de la rupture. Au contraire, Yann, autrefois le matheux asocial, à quarante ans, il est épanoui, et il vit les premiers moments d'une passion amoureuse.

Cette petite histoire d'amour se lit très facilement mais j'ai assez vite deviné sa conclusion... 
Une lecture sympathique, sans plus.

 

Déjà lu du même auteur : 

la_grand_m_re_de_Jade La grand-mère de Jade  la_vie_d_une_autre  La vie d’une autre

Challenge Pour Bookineurs En Couleurs
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Session 1 : Rose

4 janvier 2013

Chucho – Grégoire Polet

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Gallimard – janvier 2009 -

Folio – janvier 2011 – 144 pages

Quatrième de couverture : 
« - Emmène-moi à New York !
- Tu sais, petit, New York, c'est trois meurtres par jour et une personne sur cinq dans la misère.
- Et alors ! Moi, je ne veux pas rester ici. J'ai peur. J'ai peur de Belito. J'ai peur d'avoir douze ans, j'ai peur d'aller à la ferraille.
Barcelone, quartier populaire de Poble Sec, sur l'âpre versant de Montjuïc. Août. Chaleur.
- Tu ne parles pas sérieusement, Chucho.
Sur le trottoir, la plus belle journée de sa vie commence enfin. Un peu d'air glisse de la montagne vers la mer. La ville est libre, lumineuse. Un frisson monte dans le corps du gamin. Le inonde, le temps s'arrêtent. Et le matin, qui toujours a dit bonjour, aujourd'hui dit adieu.
- Si. Emmène-moi à New York.» Vingt-quatre heures dans la vie d'un gamin. Vingt-quatre heures de bagarre entre un rêve et une réalité.
Et une petite histoire du monde.

Auteur : Grégoire Polet est né en 1978 à Uccle (Belgique). Il a publié aux Éditions Gallimard Madrid ne dort pas, Excusez les fautes du copiste, Leurs vies éclatantes, roman retenu dans la première sélection du prix Goncourt, et Chucho. Il est également traducteur de l'espagnol.

Mon avis : (lu en janvier 2013)
Chucho est un gamin rêveur et débrouillard de onze ans, il vit à Barcelone, dans le quartier populaire de Poble Sec. Sa famille s'est la Dumbre, la Polaca des prostituées ou Belito le mac sans pitié.
Il rêve de New-York, d'une vraie famille, d'une autre vie... Dans la chaleur de ce mois d'août, le lecteur va suivre pendant vingt-quatre heures Chucho dans Barcelone, ce dernier va faire la rencontre un jeune médecin Allemand et si sa vie pouvait changer ?
Beaucoup de poésie, de naïveté du côté de Chucho et de mensonges ou de violence du côté des adultes...
Cette histoire est à la fois belle et poignante. 

Un Grand Merci à Canel qui m'a offert ce livre lors du Swap Nouvel An 2013 pour me faire découvrir un de ces coup de cœur !

L'ensemble des colis seront dévoilés demain... Patience...

Extrait : (début du livre)
- Touche pas à la lampe, gamin. Tu sais bien que je ne veux pas.
Le gamin garde le doigt sur l'épaisse mèche noire, un peu sous la flamme. La vieille lui claque la tapette à mouches sur l’avant-bras.
- C’est toi qui vas l’éteindre, avec ton vent.
La vieille, enfoncée dans son poids :
- dis pas ça, gamin. Ça fait douze ans que je m’en occupe. T’étais pas né. Elle s’est jamais éteinte, pas une seconde.
- Je sais bien, Dumbre.
Le gamin retire son doigt. Il se frotte la dent.
- T’as mis combien d’huile là-dedans, hein, en douze ans ? Et combien de fritures t’aurais pu faire avec toute cette huile, plutôt que de la brûler ? Dumbre, tu penses à ça ? Combien de croquettes t’aurais pu manger en plus ?
- t’es un petit malin, hein ?
- Toute manière on voit bien que t’as jamais manqué de croquettes.
- Ça te fais rire, ça, fils de pute. Attends voir si à mon âge tu seras pas plus gros que moi.
Le gamin lui fait un sourire, avec un bout de la langue dans le coin de sa dent cassée.
- Et puis c’est pas avec de l’huile de lampe qu’on fait les croquettes.
- Ça m’étonne que tu saches tout ça, Dumbre.
La vieille a de longs cheveux gris, raides comme du bois, avec des restes noirs de teinture. Si clairsemés qu’on voit son crâne par-derrière. Elle se remue sur sa chaise, fière.
- J’ai de l’expérience, il faut dire.
- T’es une bonne vieille, Dumbre, je t’aime bien.

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Titre avec un seul mot

Challenge Pour Bookineurs En Couleurs 

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PAL Noire

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2013
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"Prénom"

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Année 2013 : 1/29

  Challenge Voisins, voisines
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Belgique

17 janvier 2013

Les apparences – Gillian Flynn

les_apparences Sonatine – août 2012 – 573 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié

Titre original : Gone Girl, 2012

Quatrième de couverture :
Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari, Nick, forment en apparence un couple modèle. Victimes de la crise financière, ils ont quitté Manhattan, leur vie aisée, leur travail dans la presse, pour s'installer dans la petite ville du Missouri où Nick a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, celui-ci découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. L'enquête qui s'ensuit prend vite une orientation inattendue : sous les yeux de la police, chaque petit secret entre époux et autres trahisons sans importance de la vie conjugale prennent une importance inimaginable et Nick devient bientôt un suspect idéal. Alors qu'il essaie désespérément de son côté de retrouver sa femme, celui-ci découvre qu'elle aussi lui dissimulait beaucoup de choses, certaines sans gravité, d'autres bien plus inquiétantes. Il serait criminel d'en dévoiler davantage tant l'intrigue que nous offre Gillian Flynn recèle de surprises et de retournements. Après Sur ma peau et Les Lieux sombres, la plus littéraire des auteurs de polars, qui dissèque ici d'une main de maître la vie conjugale et ses vicissitudes, nous offre en effet une véritable symphonie paranoïaque, dans un style viscéral dont l'intensité suscite une angoisse quasi inédite dans le monde du thriller.

Auteur : Gillian Flynn est née à Kansas City. Après Sur ma peau et Les Lieux sombres, Les Apparences est son troisième roman.

Mon avis : (lu en janvier 2013)
Il ne faut pas se fier aux apparences...
Nick et Amy semblent être un couple assez banal. Après avoir perdus l'un et l'autre leur travail, ils quittent New-York pour s'installer à North Carthage, petite ville du Missouri où Nick a passé son enfance. Avec Margot, dit Go, sa sœur jumelle, Nick tient Le Bar pendant qu'Amy est femme au foyer. Deux ans après leur arrivée dans le Missouri, le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, lorsque Nick rentre chez lui, il découvre une maison en désordre et Amy a disparu. Que s'est-il passé ?
La première partie du livre permet au lecteur de vraiment découvrir ce couple et ses petits secrets. Le lecteur suit au jour le jour, Nick et ses réactions pas toujours adéquates après la disparition de son épouse, et en alternance nous découvrons des pages du journal d'Amy depuis sa rencontre avec Nick, cinq ans plus tôt. J'ai trouvé cette première partie trop lente et trop longue.
Heureusement, le rythme de la deuxième partie la rend plus passionnante et pris par l'histoire je l'ai dévoré avec facilité ayant hâte de connaître le dénouement avec les parties trois et quatre.
Je n'ai pas été totalement convaincue par ce thriller psychologique et machiavélique. Nick et Amy ne sont pas sympathiques, ils m'ont souvent énervés, l'un comme l'autre et j'ai trouvé le dénouement peu crédible... Malgré tout, la construction du livre est formidable, le suspense est présent durant les 573 pages et les rebondissements sont multiples...
Je gardais un si bon souvenir du livre précédent de Gillian Flynn que pour celui-là, j'en attendais plus et j'ai donc été déçue.

Autres avis :  CanelClaraHélèneJosteinMimiNadael

Extrait : (début du livre)
Quand je pense à ma femme, je pense toujours à son crâne. A la forme de son crâne, pour commencer. La toute première fois que je l'ai vue, c'est l'arrière de son crâne que j'ai vu, et il s'en dégageait quelque chose d'adorable. Comme un épi de maïs dur, luisant, ou un fossile trouvé dans le lit d'une rivière. Elle avait ce que les Victoriens auraient appelé une tête bien faite. Il n'était pas difficile d'imaginer la forme de son crâne.
Je reconnaîtrais son crâne entre mille.
Et ce qu'il y a dedans. Je pense à ça, aussi : à son esprit. Son cerveau, toutes ses spires, et les pensées qui circulent dans ces spires tels des mille-pattes impétueux frappés de frénésie. Comme un enfant, je m'imagine en train d'ouvrir son crâne, de dérouler son cerveau et de le passer au crible afin de tenter d'attraper et de fixer ses pensées. A quoi tu penses, Amy ? La question que j'ai posée le plus souvent pendant notre mariage, même si ce n'était pas à haute voix, même si ce n'était pas à la personne qui aurait pu y répondre. Je suppose que ces questions jettent une ombre funeste sur tous les mariages : A quoi penses-tu ? Comment te sens-tu ? Qui es-tu ? Que nous sommes-nous fait l'un à l'autre ? Qu'allons-nous faire ?

Déjà lu du même auteur : 

les_lieux_sombres Les lieux sombres

Grand_Prix_des_Lectrices_2013 
Sélection policier 
Jury Décembre

50__tats
39/50 : Kansas

 Challenge Thriller 
challenge_thriller_polars
catégorie "Même pas peur" : 21/12

 Challenge 5% Littéraire 2012

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30/35

 

27 novembre 2012

Printemps barbare - Héctor Tobar

Lu en partenariat avec les éditions Belfond

printemps_barbare Belfond – août 2012 – 480 pages

traduit de l'américain par Pierre Furlan

Titre original : The barbarian nurseries, 2011

Quatrième de couverture :
Stupéfiant d'acuité et d'imagination, un roman coup de poing, porté par une plume corrosive et un humour mordant. Qualifiée par la critique de Bûcher des vanités pour le XXIe siècle, une œuvre engagée, une radiographie lucide et féroce de nos sociétés paranoïaques, gangrenées par l'indifférence, l'incompréhension et le repli sur soi. 
Quand elle était jeune fille au Mexique, Araceli Ramírez voulait être une artiste. Au lieu de ça, la voici cuisinière dans la luxueuse villa de bobos californiens. Cuisinière, mais aussi femme de ménage et baby-sitter ! C'est que la crise est passée par là, forçant les Torres-Thompson à dire adiós à leur bataillon de domestiques latinos. 
Aujourd'hui justement, Araceli est inquiète. Cela fait maintenant quatre jours qu'el señoret la señora ont quitté la maison après une dispute, la laissant seule avec les deux petits garçons. Que faire ? Prendre son courage à deux mains et tenter l'aventure dans la jungle de Los Angeles, à la recherche d'un hypothétique grand-père dont elle ignore jusqu'à l'adresse. 
Mais l'expédition tourne au cauchemar. Perdue dans une ville hostile, accusée de kidnapping par des parents fautifs et affolés, Araceli va découvrir le sort cruel réservé aux barbares, ceux qui ont eu le tort de croire à l'American dream...

Auteur : Fils d'immigrés guatémaltèques, Héctor Tobar est né à Los Angeles en 1963 où il vit toujours avec sa femme et leurs trois enfants. Journaliste au Los Angeles Times, couronné du prix Pulitzer en 1992 pour son travail sur les émeutes de L.A., Héctor Tobar est également l'auteur de deux romans, dont le très remarqué Tatooed Soldier. Encensé par la critique américaine, Printemps barbare est son premier ouvrage publié en France.

Mon avis : (lu en novembre 2012)
Avec ce livre, l'auteur nous donne à connaître la diversité des latino-américains présent à Los Angeles. Une image de l'Amérique différente de celle que l'on nous montre en générale.

Scott et Maureen Torres-Thompson sont des nouveaux riches, ils habitent une belle demeure dans une résidence sur une colline de L.A. Elle est américaine, lui est un «demi-Mexicain» il a gagné de l'argent avec l'informa­tique. Ils ont trois beaux enfants Brandon, Keenan et Samantha et les trois employés de maison latinos. Avec la crise, leur situation financière est devenue difficile et ils sont obligés de se séparer du jardinier Pepe et de la bonne Guadalupe. Seule reste Araceli Ramirez qui en plus de ses tâches habituelles de ménage et de cuisine, est obligé d'assumer la garde des enfants. Après une violente dispute conjugale, Maureen part avec le bébé Samantha pour quelques jours de vacances entre fille. De son côté, Scott décide de ne pas rentrer le soir après sa journée de travail. L'un et l'autre sont persuadés que leur conjoint est resté à la maison avec les enfants. Mais c'est la pauvre Araceli qui doit s'occuper des deux garçons de onze et sept ans. Elle n'a pas vraiment d'expérience mais elle ne veut pas abandonner les enfants, étant en situation irrégulière, elle ne peut pas appeler la police. Au bout de quatre jours d'absence des parents et d'impossibilité de les contacter, Araceli décide de conduire Brandon et Keenan à Los Angeles chez leur grand-père. Elle a trouvé son adresse au dos d'une photo datant de 1954... Entre malentendus et incompréhension, cette escapade ne va pas être sans conséquence.

J'ai beaucoup aimé cette histoire qui écorche un peu le rêve américain. L'auteur a mis beaucoup de soin dans la création de ses personnages. Mes préférés sont Araceli, si mystérieuse et pleine de surprise, et Brandon, petit garçon de seulement 11 ans mais plutôt précoce dans ses réflexions et sa pensée...

Merci à Jérémy et aux éditions Belfond pour cette lecture très tardive... mais qui fut une belle découverte !

Extrait : (début du livre)
SCOTT TORRES ÉTAIT ÉNERVÉ parce que la tondeuse à gazon ne voulait pas démarrer. Il avait beau tirer sur la corde de toutes ses forces, elle ne se mettait pas à rugir. Ses efforts ne provoquaient qu'un bref crachotement semblable à la toux d'un enfant malade et suivi d'un long silence uniquement troublé par le bourdonnement de deux libellules qui dessinaient des huit au-dessus de l'herbe encore intacte. C'était un gazon précoce, ambitieux, du faux kikuyu qui atteignait vingt centimètres de hauteur et qui, pour l'instant, pouvait bien rêver de devenir une jungle dont l'ombre, un jour, protégerait la maison du soleil. Les lames bougeaient seulement tant qu'il tirait sur la corde, et la tondeuse toussait. Agrippant le manche en plastique au bout de la corde, il marqua une pause, se pencha en avant pour reprendre à la fois son souffle et son élan, puis réessaya. La tondeuse gronda un instant, sa bouche noire protubérante cracha une touffe d'herbe, et elle s'arrêta. Scott recula d'un pas et lança à la machine le regard furieux bien connu du père frustré, du bricoleur qui n'a plus la main.

Araceli, sa bonne, qui était mexicaine et qui avait les mains couvertes des bulles blanches du liquide vaisselle, le regardait depuis la fenêtre de la cuisine. Elle se demanda si elle devait révéler au señior Scott le secret qui faisait rugir la tondeuse. Quand on tournait un certain bouton situé sur un côté du moteur, le démarrage de la machine devenait aussi facile que tirer d'un pull un fil défait. Elle avait vu Pepe jouer avec ce bouton à plusieurs reprises. Mais non, elle décida de laisser el señior Scott le trouver tout seul. Scott Torres s'était séparé de Pepe et de ses solides muscles de jardinier : que cette lutte contre la machine soit sa punition.

El señior Scott ouvrit le petit bouchon de l'endroit où l'on mettait l'essence, juste pour vérifier. Oui, il y a de l'essence. Araceli avait vu Pepe remplir le réservoir deux semaines auparavant, la dernière fois qu'il était là, le jeudi où elle avait presque eu envie de pleurer parce qu'elle savait qu'elle ne le reverrait jamais plus.

Pepe n'avait jamais de mal à faire démarrer la tondeuse. Quand il se baissait pour tirer sur la corde, son biceps émergeait de la manche, découvrant une masse de peau cuivrée tendue qui laissait imaginer d'autres zones de peau et de muscles sous les vieux teeshirts en coton qu'il portait. Araceli voyait de l'art dans les taches des tee-shirts de Pepe : elles formaient, comme dans l'expressionnisme abstrait, un tourbillon de verts, d'ocres argileuses et de noirs produit par l'herbe, la terre et la transpiration. Quelques rares fois, elle avait, non sans audace, promené ses doigts esseulés sur ces toiles-là. Quand Pepe arrivait le jeudi, Araceli ouvrait les rideaux de la salle de séjour et vaporisait du détergent sur les fenêtres qu'elle nettoyait ensuite à fond rien que pour regarder Pepe transpirer sur le gazon et pour s'imaginer blottie dans le berceau protecteur de sa peau couleur cannelle. Et puis elle se moquait d'elle-même à cause de ça. Je suis encore une fille qui fait des rêves éveillés ridicules. La masculinité désordonnée de Pepe conjurait l'envoûtement qui la faisait habiter et travailler dans cette maison, et lorsqu'elle l'apercevait par l'encadrement de la fenêtre de la cuisine, elle pouvait s'imaginer en train de vivre dans le monde extérieur, dans une maison où elle aurait eu sa propre vaisselle à laver, son bureau à cirer et à ranger dans une pièce que personne ne lui aurait prêtée.

Araceli appréciait sa solitude, son sentiment d'être à l'écart du monde, et elle aimait penser à son travail auprès de la famille Torres-Thompson comme à une sorte d'exil qu'elle s'était imposé pour s'éloigner de la vie devenue sans but qu'elle avait menée à Mexico. Mais, de temps à autre, elle aurait voulu partager les plaisirs de cette solitude avec quelqu'un, sortir de l'existence silencieuse qui était la sienne en Californie, entrer dans l'une de ses autres vies, celles qu'elle explorait dans ses rêves : elle serait alors une fonctionnaire d'État mexicaine de niveau moyen, une de ces femmes dures et grosses, dotées d'un méchant sens de l'humour et d'une coiffure léonine couleur rouille qui régentent leur petit fief dans un quartier de Mexico ; ou alors une artiste qui aurait réussi - voire un critique d'art. Dans nombre de ses fantasmes, Pepe jouait le rôle de l'homme tranquille et patient, père de leurs enfants aux noms aztèques très chic tels que Cuitláhuac et Xóchitl. Dans ces longs rêves éveillés, Pepe devenait un architecte-paysagiste ou un sculpteur, tandis qu'Araceli elle-même pesait dix kilos de moins et retrouvait à peu près le poids qui était le sien avant de venir aux États-Unis, car ses années en Californie n'avaient pas été tendres pour sa ligne.

À présent, toutes ses rêveries sur Pepe étaient terminées. Même si elles étaient absurdes, elles lui avaient appartenu, et leur absence soudaine lui donnait l'impression d'un vol. Au lieu de Pepe, elle avait devant les yeux el señior Scott qui se bagarrait avec la tondeuse à gazon et la corde censée la faire démarrer. Scott venait enfin de découvrir le petit bouton. Il procéda à quelques ajustements et tira de nouveau sur la corde. Il avait des bras minces, couleur de bouillie d'avoine ; il était ce qu'on appelle ici un « demi-Mexicain », et au bout de vingt minutes sous le soleil de juin, ses avant-bras, son front et ses joues prenaient la teinte cramoisie des pommes McIntosh. Une fois, deux fois, trois fois, el señior Scott tira sur la corde, jusqu'à ce que le moteur entre en action, crachote et rugisse enfin. En un rien de temps, l'air devint tout vert tellement l'herbe volait ; Araceli vit les lèvres de son patron se soulever de satisfaction silencieuse. Puis le moteur s'arrêta et le bruit s'assourdit aussitôt parce que la lame calait devant une trop grande quantité d'herbe.

Challenge 3% Littéraire 2012

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Session 1 : Rose

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Session 3 : Saisons, mois

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