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A propos de livres...
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14 janvier 2012

Sur la route de Madison (film)

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Film américain réalisé par Clint Eastwood

Adaptation du best-seller Sur la route Madison de Robert James Waller, 1992

Titre original : The Bridges of Madison County, 1995

Synopsis :
Le destin de Francesca Johnson semble tout tracé. Mais un jour de l'été 1965, alors que son mari et ses enfants sont partis à une foire dans l'Illinois, le photographe Robert Kincaid lui demande sa route. Elle le guide à travers les ponts couverts du comté de Madison qu'il est chargé de photographier pour National Geographic. L'amour suit et les quatre jours qu'ils passent ensemble marquent un tournant dans leurs vies.

Acteurs : Clint Eastwood, Meryl Streep, Annie Corley, Victor Slezak, Jim Haynie, Sarah Kathryn Schmitt, Christopher Kroon, Phyllis Lyons, Debra Monk

Mon avis : (revu à la télévision en janvier 2012)
Ce film est tout simplement magnifique, c’est l’une des plus belles histoires d’amour du cinéma.
Une histoire simple, presque banale. C’est la rencontre par hasard d’un homme Robert et d’une femme Francesca. Elle est femme au foyer, avec un bon mari et deux beaux enfants. Elle se croit heureuse. Il est photographe, il voyage, il n’a pas d’attache. Il est là pour son travail, il cherche sa route. Elle est seule pour quelques jours, elle le renseigne. Et peu à peu à travers des conversations anodines, un repas partagé, des silences, des regards et une magnifique musique, et c’est la naissance d'un amour. Ils vont alors vivre quatre jours intenses. Ensuite Francesca est tiraillée entre son devoir d’épouse et de mère et son désir de liberté et de rêve, la raison aura le dessus et chacun va retourner à sa vie. Mais jamais, ils n’oublieront l'un et l'autre cette belle parenthèse.
Le duo Meryl Streep et Clint Eastwood fonctionne parfaitement, ils jouent avec beaucoup de justesse et de pudeur. Un grand moment d'émotion qui chaque fois me fait verser quelques larmes.

Quelques photos du film :

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50__tats
13/50 : Iowa

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20 décembre 2011

Baby Challenge Polar - Livr@ddict 2012

Je n’ai pas encore terminé le Baby Challenge Polar - Livr@ddict 2011
et je me ré-inscris pur celui de 2012 !

Le but du "baby-challenge" est de lire le plus possible de livres de chacune des listes :

polar

Baby Challenge - Polar Livraddict : 14/20 déjà lus

1 - Dix petits nègres – Agatha Christie
2 - Le crime de l'Orient-Express - Agatha Christie
3 - Le Poète de Michael Connelly
4 - Spellman et associés de Lisa Lutz
5 - La Trilogie berlinoise – Philip Kerr
6 - Les Dossiers Dresden, tome 02 : Lune enragée / Lune fauve de Jim Butcher
7 - Un lieu incertain de Fred Vargas
8 - L'anneau de Moebius de Franck Thilliez
9 - Le huit de Katherine Neville
10 - L'étrangleur de Cater Street de Anne Perry
11 - Millénium, tome 1 : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes de Stieg Larsson
12 Le Nom de la rose de Umberto Eco
13 - La Clinique du Docteur H. de Mary Higgins Clark
14 - L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde
15 Pars vite et reviens tard de Fred Vargas
16 - Le Chien des Baskerville - Arthur Conan Doyle
17 - Les Enquêtes d'Enola Holmes, tome 1 : La Double Disparition de Nancy Springer
18 - Le Tailleur de pierre - Camilla Läckberg
19 - Les dossiers Dresden, tome 1 : Dans l'oeil du cyclone/Avis de tempête de Jim Butcher
20 - Le Prédicateur - Camilla Läckberg

Médaille en Chocolat à 8/20
Médaille de Bronze à 12/20

Médaille d'Argent à 16/20
Médaille d'Or à 20/20

18 novembre 2011

Love Medecine - Louise Erdrich

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et Livre de Poche

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Albin Michel – novembre 2008 – 400 pages

Livre de Poche – octobre 2011 – 512 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Isabelle Reinharez

Titre original : Love Medecine, 1984

Quatrième de couverture :
De 1934 à nos jours, Love Medicine retrace les destins entrelacés de deux familles indiennes, isolées sur leur réserve du Dakota, à qui les Blancs ont non seulement volé leur terre mais ont aussi tenté de voler leur âme. Mêlant comédie et tragédie, puisant aux sources d'un univers imaginaire riche et poétique qui marque tous ses livres, de Derniers rapports à Little No Horse à ce qui a dévoré nos cœurs, ce roman est présenté ici dans sa version définitive, reprise et augmentée par l'auteur.

Auteur :  Karen Louis Erdrich est née le 7 juillet 1954 à Little Falls, dans le Minnesota, d'une mère ojibura (famille des Chippewa), donc amérindienne, et d'un père germano-américain. Elle grandit dans le Dakota du Nord, aux États-Unis, où ses parents travaillaient au Bureau des Affaires Indiennes.
Louise Erdrich est, avec Sherman Alexie, l'une des grandes voix de la nouvelle littérature indienne d'outre-Atlantique. Si elle écrit, c'est pour réinventer la mémoire déchirée de ces communautés qui, aux confins des Etats-Unis, vivent sur les décombres d'un passé mythique. Louise Erdrich vit aujourd’hui dans le Minnesota.

Mon avis : (lu en novembre 2011)
Tout d'abord, la photo de la couverture est très belle, un superbe ciel au ton rosé, quelques maisons, une pompe à essence...
Ce livre est le premier de Louise Erdrich. Il a été écrit en 1984 et n'avait jamais été traduit en français avant. Louise Erdrich nous fait découvrir l'Amérique vue du côté des indiens du Dakota de 1934 à 1983. Nous suivons sur plusieurs générations l'histoire deux familles : les Lamartine et les Kashpaw, avec leurs conflits, leurs alliances, leurs secrets. Le roman commence en 1981 avec la mort de June dans d'une tempête de neige. Le soir de son enterrement, ses proches évoquent sa mémoire à travers des souvenirs et anecdotes... J’ai pris mon temps pour lire ce livre qui est comme une série de nouvelles car chacun des chapitres pourrait presque être lu indépendamment. Il y a différents narrateurs et donc différents points de vue pour une chronique sociale. La vie des peuples indiens est difficile, il y a la guerre, le chômage l'alcoolisme. Mais malgré la misère et l'indifférence des blancs, ils persistent à survivre avec fierté, en aimant leur famille, leurs enfants. Ils doivent résister aux attraits de la vie moderne pour préserver les coutumes du clan. La nature environnante et les paysages de forêts et de lacs sont à la fois leur seul richesse et le symbole de leur liberté rêvée.
Tout au long du livre, je me suis très souvent référée à l'arbre généalogie présent au début du livre pour comprendre plus facilement les liens entre les différents personnages. J'ai trouvé ce livre très intéressant à lire pour mieux connaître la conditions des Indiens Chippewa, à travers son écriture pleine de poésie l'auteur sait nous transmette beaucoup d'émotions.
Merci à Livraddict et aux éditions du Livre de Poche pour m'avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : (début du livre)
Le matin précédant le dimanche de Pâques, pour tuer le temps avant l'arrivée du car de midi qui la ramènerait chez elle, June Kashpaw descendait la grande rue encombrée de Williston, un petit bourg pétrolier en pleine expansion du Dakota du Nord. C'était une Chippewa aux longues jambes, usée en tout par l'âge, sauf dans sa façon de bouger. C'est probablement cette façon de bouger, avec l'aisance d'une gamine sur des jambes minces et fermes, qui attira l'oeil de l'homme qui l'appela en toquant à la vitrine depuis l'intérieur du Rigger Bar. Elle avait l'impression de le connaître des tas de gens. Elle en avait vu passer tellement. Il replia le bras, l'invitant à entrer, ce qu'elle fit sans hésiter, en pensant simplement qu'elle allait écluser quelques verres avec lui avant de récupérer ses sacs et de prendre le car. Elle voulait, au moins, voir si elle le connaissait vraiment. Même derrière le carreau humide, elle se rendait compte qu'il n'était pas si vieux que ça et que son torse était généreusement matelassé de nylon rouge foncé et de duvet coûteux.
Il y avait des boîtes d'œufs colorés sur le comptoir, chacun miroitant tel un bijou dans son enveloppe de cellophane. Quand elle franchit la porte, le type en écalait un, bleu ciel comme celui d'un merle, en le tenant au creux de sa main pendant que du pouce il écartait la coquille. Le temps avait beau être couvert, la neige réfléchissait une telle lumière qu'elle fut momentanément aveuglée. C'était comme de plonger sous l'eau. Ce vers quoi elle s'avança plus que toute autre chose, ce fut cet œuf bleu au creux de la main blanche, un fanal dans l'air obscurci.
Le type lui commanda une bière, une Blue Ribbon, en assurant qu'elle méritait une récompense parce qu'elle était ce qu'il avait vu de mieux depuis bien longtemps. Il lui écala un œuf, un rose, en remarquant qu'il était assorti à son col roulé. On appelait ces machins-là des pulls chaussette. Il dit que si c'était une chaussette, il lui baiserait volontiers les pieds, et puis avant de lui tendre l'œuf nu, il fit un petit sourire au barman.

Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
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50__tats
10/50 : Dakota du Nord

Déjà lu du même auteur :

la_chorale_des_maitres_bouchers_p La Chorale des maîtres bouchers la_mal_diction_des_colombes La malédiction des colombes

omakayas Omakayas

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10 septembre 2011

Le Chat du Rabbin : 1. La Bar-Mitsva – Joann Sfar

le_chat_du_rabbin_tome1 Dargaud – janvier 2002 – 48 pages

Quatrième de couverture :
Le Chat du Rabbin", c'est Alger et le quartier juif au début du siècle. Celui qui regarde ce monde et qui raconte, c'est "Le Chat du Rabbin". Tout de suite, il explique pourquoi le Rabbin n'a pas plutôt un chien:"ça fait tellement longtemps que les juifs se font mordre, courir après ou aboyer dessus que, finalement, ils préfèrent les chats". Le chat mange le perroquet de Zlabya, la fille du Rabbin, et du coup, le voilà doté de la parole et exigeant de faire sa bar-mitsva. Les discussions vont être longues tant avec le Rabbin lui-même qu'avec le Rabbin du Rabbin. Ce chat, qui a une allure graphique à pleurer de rire, tantôt matou tendre amoureux de sa maîtresse, tantôt sournois filou, tient tête à tout le monde et ergote à n'en plus finir. Il ne se calme que dans la douceur des bras de sa maîtresse. Mais il lui est interdit de lui parler, alors il nous confie: "c'est la condition, si je veux rester avec elle. Ca vaut le coup de fermer sa gueule pour être heureux". Ceci ne l'empêchera pas de se mettre sur la piste des étudiants qui fréquentent l'école du Rabbin, car l'un d'entre eux a le désir d'épouser la jolie Zlabya.

Auteur : Né à Nice en 1971. Créateur du célèbre 'Chat du rabbin', Joann Sfar s'impose comme une figure majeure, hétéroclite et prolifique de la bande dessinée française. C'est avec L'Association et le magazine Lapin qu'il fait ses débuts. Ses talents de scénariste et d'illustrateur l'amèneront à travailler plus tard pour différents éditeurs comme Delcourt ou Dargaud. Porté par la volonté de 'faire quelque chose de bizarre ', le dessinateur au trait tremblant s'associe avec Pierre Dubois pour donner vie à 'Petrus Barbygère', une épopée dans laquelle se côtoient elfes et pirates. Un univers d'inspiration fantastique que l'auteur déploie dans plusieurs de ses travaux parmi lesquels 'Troll' ou 'Donjon', une parodie de l'heroïc fantasy coécrite avec son ami Lewis Trondheim. Titulaire d'une maîtrise de philosophie, il illustre au début des années 2000 le 'Banquet' de Platon et 'Candide' de Voltaire puis adapte en bande dessinée 'Le Petit Prince' de Saint-Exupéry en 2008. Il se lance dans le cinéma un an plus tard en réalisant le film 'Gainsbourg, vie héroïque', pour lequel il reçoit le César du Meilleur premier film et qui permet à son acteur principal, Eric Elmosnino, de repartir avec le trophée de Meilleur acteur.
Il poursuit son aventure dans le monde du septième art en transposant sur grand écran son 'Chat du rabbin'. Lauréat du prix Goscinny en 1998 pour 'La Fille du professeur', créé avec Emmanuel Guibert, Joann Sfar accumule les succès et les récompenses.

Mon avis : (lu en août 2011) 
J'avais entendu parler de cette bande dessinée depuis pas mal de temps mais ne l'avais jamais lu. Cette été, nous l'avons emprunté à la Bibliothèque et malgré le dessin qui ne m'encourageait pas à me plonger dedans, encouragé par mes fils, j'ai cédé et je n'ai pas regretté...
Autant je n'aime pas le dessin, autant le texte est magnifique. C'est à la fois drôle, émouvant et profond. Quel personnage ce chat... Suivant partout son maître le Rabbin, le chat était déjà intelligent et avec beaucoup de connaissance. Un jour, il va croquer le pénible perroquet de la maison et voilà que le Chat se met à parler et il demande à son maître de faire sa bar-mitsva. Il s'en suit de nombreux échanges théologiques et philosophiques entre le chat et les rabbins.
A découvrir sans hésiter !

Extrait :

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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Animal" et "Métier"

17 juillet 2011

L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S.Spivet - Reif Larsen

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et Le Livre de Poche

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NiL éditions - avril 2010 – 374 pages

Livre de Poche – juin 2011 – 410 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Hannah Pascal

Quatrième de couverture :
T. S. Spivet est un jeune prodige de douze ans, passionné par la cartographie et les illustrations scientifiques. Un jour, le musée Smithsonian l’appelle : le très prestigieux prix Baird lui a été décerné et il est invité à venir faire un discours. À l'insu de tous, il décide alors de traverser les États-Unis dans un train de marchandises pour rejoindre Washington DC... Mais là-bas personne ne se doute qu'il n'est qu'un enfant. Muni d'un télescope, de quatre compas et des Mémoires de son arrière-arrière-grand-mère, T. S. entreprend un voyage initiatique qui lui permettra peut-être enfin de comprendre comment marche le monde... Notes, cartes et dessins se mêlent au récit avec un humour et une fantaisie irrésistibles.

Auteur : Né en 1980, Reif Larsen vit à Brooklyn. Après avoir étudié à Brown University et suivi un master en « écriture » à la Columbia University, il devient enseignant. Également réalisateur, il a fait divers documentaires aux états-unis, en Grande-Bretagne et dans le Sud du Sahara. L'Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T.S.Spiver est son premier roman.

Mon avis : (lu en juillet 2011)
Voilà un livre que j'avais déjà remarqué lors de sa parution en avril 2010, je l'avais même feuilleter au moment de Noël hésitant à l'offrir à l'un de mes proches. Aussi lorsque le Partenariat Livraddict / Livre de Poche l'a proposé, je n'ai pas hésité à m'inscrire en espérant être parmi les élus.
J'ai reçu le livre depuis quelques semaines et n'ayant pas pu le commencer à le lire plus tôt, mais je l'ai déjà feuilleté longuement car l'objet livre en lui-même est déjà unique...
En effet, le format de poche est différent de celui de d'habitude (14 cm x 19 cm) et à l'intérieur, en marge (au sens propre) de l'histoire, il y a de nombreuses notes et illustrations, des croquis d'insectes, des cartes... C'est comme si le lecteur feuilletait un carnet de voyage. Au début de ma lecture, j'avais du mal à ne pas lire les notes en marges avant la partie texte. Puis j'ai remarqué les discrètes flèches allant du récit vers les notes, permettant une lecture plus fluide.

Tecumseh Sansonnet Spivet est un garçon précoce de 12 ans, il vit dans un ranch du Montana, son père dresse des mustangs et sa mère (le Dr Clair) étudie les fourmis et les coléoptères. T.S. est passionné de cartographie et d'illustrations scientifiques.
Un jour, il reçoit un coup de téléphone, il est invité à Washington pour recevoir le prestigieux prix Baird et faire un discours devant des sommités scientifiques. Son interlocuteur ne sait pas que TS Spivet n'a que 12 ans. Mais celui-ci décide d'aller chercher son prix et d'entreprendre seul ce grand voyage d'Ouest en Est de Divide (Montana) à Washington DC... Il commence par stopper à sa façon un train pour y monter incognito, il va faire la rencontre Deux Nuages un hobo (Sans domicile fixe qui se déplace en se cachant dans les trains) qui lui donnera de précieux conseils pour continuer son voyage.
Au fil de son voyage, TS Spivet a besoin de se rassurer en évoquant des expériences qu'il a déjà faites dans le passé, il nous parle très souvent de sa famille plutôt originale... Cela donne souvent un récit un peu décousu, et comme l'esprit de TS va à toute vitesse, il n'est pas toujours facile à suivre... Malgré cela, cela m'a rappelé un roman d'aventure digne de Jules Verne qui m'a amusée et passionnée à la fois.

Bravo aux éditions du Livre de Poche d'avoir réussi à rendre en poche la particularité de ce livre vraiment unique. Merci à Livraddict et au Livre de Poche de m'avoir permis de découvrir ce livre.

Extrait : ici

Logo Livraddict

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1/50 : Idaho
Premier état traversé par T.S Spivet durant son voyage

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15 juillet 2011

Le bleu est une couleur chaude - Julie Maroh

Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : BLEU

le_bleu_est_une_couleur_chaude Glénat – mars 2011 – 156 pages

Prix du Public 2011 du Festival d’Angoulême

Quatrième de couverture :
« Mon ange de bleu
Bleu du ciel
Bleu des rivières
Source de vie… »
La vie de Clémentine bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune fille aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir toutes les facettes du désir.Elle lui permettra d’affronter enfin le regard des autres.Un récit tendre et sensible.

Auteur : Née dans le Nord de la France, Julie Maroh y a vécu jusque ses 18 ans, elle est auteur de bande dessinée et illustratrice. Actuellement, elle habite à Bruxelles.
Le site de l'auteur :  ici

Mon avis : (lu en juillet 2011)
Lorsque j'ai décidé de participer au challenge Un mot, des titres organisé par Calypso avec comme premier mot BLEU et que j'ai trouvé à la bibliothèque “Le bleu est une couleur chaude” une bande dessinée que j'avais déjà vu sur plusieurs blogs, mon livre était trouvé ! En premier, j'aime beaucoup la poésie de ce titre. Ce livre est une grande et belle leçon de tolérance. C'est l'histoire de Clémentine qui croise un jour dans la rue une jeune fille avec des cheveux bleux, Emma. C'est pour elle comme un coup de foudre, mais son cœur et sa raison lui font ressentir des sentiments contradictoires, elle a du mal à accepter sa préférence pour une fille. Comme c'est difficile pour Clémentine d'assumer son homosexualité non seulement vis à vis des autres mais aussi vis à vis d' elle-même. Dès les première page de la BD, le lecteur connaît l'issue de cette histoire poignante et pleine d'émotions. Le thème de l'homosexualité est traité avec beaucoup de sensibilité et de pudeur. Il s'agit d'une belle histoire d'amour.
Le dessin est très agréable, tout en nuances de gris avec des touches de couleurs qui évoquent avec justesse et poésie l'atmosphère du moment. Une très belle découverte !

Extraits :

Le_bleu_est_une_couleur_chaude_p6 bleu_extrait_p8
bcc_p12_vign  bleu_extrait_16
Extrait_le_bleu_p17 bleu_extrait_p55

Prochain Challenge Un mot, des titres, le mot : SOLEIL, lecture à faire pour le 1er septembre, je me suis déjà inscrite !

3 février 2011

Demain, à la télé...

Je me suis mise à lire les enquêtes du commissaire Wallander de Henning Mankell depuis quelques semaines et en début de semaine, j'ai découvert qu'Arte nous proposait les prochains vendredi, trois enquêtes...
Je ne connais pas la série télé, mais j'ai très envie de la découvrir !

Les enquêtes de l'inspecteur Wallander

Vendredi 4 février 2011 à 20h40 sur Arte
(Rediffusions : 08.02.2011 à 00:55)

Dans la peau du flic suédois le plus populaire du monde, Kenneth Branagh est de retour pour trois nouvelles enquêtes crépusculaires.

Meurtriers sans visage :
Dans la campagne scanienne (sud de la Suède), deux silhouettes s'introduisent dans une pauvre ferme où un couple de vieux paysans vient de passer à table. Quelques heures plus tard, Kurt Wallander découvre un carnage. Les victimes ont été torturées. L'homme est déjà mort, la femme agonisante. Elle bredouille un mot qui ressemble à "étrangers"... Ce sordide double meurtre va déclencher des réactions de colère et de xénophobie à travers toute la région d'Ystad, où vivent et travaillent nombre de migrants.
Revoici l'attendrissant Wallander campé par Branagh, qui semble plus que jamais porter sur ses épaules toute la misère de l'humanité. L'intrigue est resserrée autour de cet anti-héros taciturne et obstiné, qui arpente inlassablement les grandes plaines de sa chère Scanie. Et débusque les cauchemars dormant sous la surface lisse et ordonnée des choses.

Une série britannique

Réalisateur: Hettie Macdonald
Image: Igor Martinovic
Musique: Martin Phipps
Acteur: Arsher Ali, David Warner, Fredrik Gunnarson, Jeany Spark, Kenneth Branagh, Karin Bertling (La femme mourante)
Auteur: Richard Cottan
Production: BBC, Degeto, Film i Skåne, Left Bank Pictures, TKBC, TV4, WGBH Boston, Yellow Bird
Producteur: Andy Harries, Anni Faurbye Fernandez, Hans-Wolfgang Jurgan, Kenneth Branagh, Matthew Read, Ole Søndeberg, Rebecca Eaton, Richard Cottan, Åsa Sjöberg

Si vous avez raté le premier épisode, il est visible 7 jours : ici

à suivre :

11 février à 20h40 sur Arte - L'homme qui souriait

18 février à 20h40 sur Arte - La cinquième femme

Les Livres :

meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

12 janvier 2011

Les pingouins n'ont jamais froid - Andreï Kourkov

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Liana Lévi – avril 2004 – 394 pages

Points – février 2005 – 397 pages

traduit du russe par Nathalie Amargier

Quatrième de couverture :
Victor, de retour d'Antarctique, n'a qu'une idée en tête : retrouver son pingouin Micha, qui a atterri dans le zoo personnel d'un richissime Moscovite. Victor parcourt l'Ukraine et la Russie et s'aventure jusque dans les plus sombres recoins de la Tchétchènie. En funambule virtuose, Kourkov sillonne le gouffre qui sépare le rire du drame avec une aisance incomparable.

Auteur : Écrivain ukrainien de langue russe né en 1961, Andreï Kourkov vit actuellement à Kiev. Très doué pour les langues étrangères – il en parle neuf – , il commence sa carrière littéraire pendant son service militaire où il est gardien de prison à Odessa, l’emploi idéal pour écrire… Son premier roman paraît en 1991, mais c’est avec Le Pingouin, paru en 2000, qu’il remporte un succès international.

Mon avis : (lu en janvier 2011)
Cela fait deux semaines que ce livre me fait « signe » sur le présentoir de la bibliothèque… La première fois, je me suis dit qu’il fallait que je lise auparavant Pingouin, mais celui-ci n’étant pas disponible je me suis dit : « Tant pis, je le lirai après celui-ci ! »
Au début du livre, Victor est en Antarctique dans la base Vernadski, il se cache. Avec un faux passeport polonais et la mission de remettre une lettre à Moscou, il trouve le moyen de rentrer en Ukraine. De retour à Kiev, il veut retrouver Micha son pingouin. Il apprend que celui-ci est à Moscou, dans un zoo privé. Mais avant de partir à Moscou, il doit s’occuper de Sonia, petite fille de 7 ans, dont il est devenu le second papa. Son voyage ne s’arrêtera pas à Moscou car Micha serait en Tchétchénie. Les aventures de Victor puis de Victor et Micha sont épiques et sont prétextes pour l’auteur de décrire les usages en vigueur dans cette région ex-soviétique où la corruption est presque devenu un art de vivre… L’histoire est rythmée, les personnages sont attachants, maintenant, j’ai vraiment très envie de découvrir la première aventure de Victor et Micha…

Extrait : (page 63)
Victor manquait de sommeil, mais la météo était revigorante. Le soleil déclinant l'aveuglait. Il prit un taxi de ligne jusqu'à la montée Kourenevski, puis termina à pied le trajet jusqu'à Nagornaïa. Il n'y avait presque pas de passants, uniquement des voitures qui filaient à toute vitesse, malgré une chaussée trouée comme du gruyère.

L'Afghan occupait le rez-de-chaussée d'un Institut de recherche, mais avait sa propre entrée. Au lieu de marches, c'était une petite rampe en béton encadrée de barrières qui conduisait au seuil. La porte double était ouverte, et Victor entra. Personne au comptoir, étrangement bas. La salle se réduisait à quelques tables, très basses elles aussi. Pas la moindre chaise. Surpris, il s'approcha du comptoir, regarda derrière. Une machine à espresso Siemens brillait de tout son chrome, près de quelques bouteilles entamées, sous des rangées bien ordonnées de verres tout propres, petits et grands, suspendus la tête en bas.

Il tira une pièce de monnaie de sa poche et frappa sur le comptoir.
- Une seconde ! cria une voix qui lui sembla familière.
Il fixa la porte blanche derrière le comptoir, entendit un grincement, et Liocha, toujours barbu, apparut dans l'encadrement, en fauteuil.
Victor le regarda avec stupeur. Il n'avait plus de jambes. Le reste était en tenue de camouflage.
- Oh ? s'étonna Liocha. C'est toi ? Ben dis donc!
Il n'ajouta rien. Sur son visage, l'embarras le disputait à l'incrédulité.
- Tu es vivant ? finit-il par dire.
- Oui. Et toi ?
Liocha eut un rire amer.
- Moi aussi. J'ai juste du mal à courir.
Il baissa les yeux sur les jambes de son pantalon militaire, roulées et attachées assez haut.
- Assieds-toi, je te prépare un café!
Victor, embarrassé, regarda autour de lui.
- Ah, c'est vrai! Va voir par là, lui indiqua Liocha en montrant la porte par laquelle il venait d'arriver. Il y a des fauteuils roulants pour les invités!
Dans le local de service, Victor découvrit trois fauteuils pliants nickelés rangés contre le mur. Il en prit un, le déplia d'un geste, s'assit, le cœur lourd, et posa les mains sur le cercle métallique externe des grandes roues. Il poussa, le fauteuil se dirigea vers la porte, roula vers le comptoir et heurta celui de Liocha, qui maniait le percolateur en expert.
- Fais pas l'idiot! Choisis une table et va t'installer!

Victor se redressa, fit passer le fauteuil, léger, par-dessus la tête de son ami, et le reposa de l'autre côté du comptoir, près de la première table. Il se rassit. A présent, le décor prenait un sens, les tables basses étaient au niveau idéal.

Liocha ne tarda pas à apporter deux cafés et un sucrier, posés sur un petit plateau fixé à son fauteuil. Il gagna la table en virtuose, s'arrêta sans que Victor comprenne comment et fit le service en un clin d'œil.
- Et voilà, dit-il en remuant son café. Ce qu'on perd d'un côté, on le gagne d'un autre...
- T'es devenu philosophe ? sourit Victor.
- Vaut mieux, sinon qu'est-ce qui me reste ?
Victor eut soudain l'impression que les mains de Liocha étaient beaucoup plus longues qu'avant. Plus longues et plus noueuses.
- Alors, qu'est-ce qui t'est arrivé?
- Tu sais, un démineur ne se trompe qu'une fois. Après, dans le meilleur des cas, il passe le reste de sa vie à le regretter... C'est ce que je fais depuis... Bousiller un enterrement pareil! Mon patron et ses deux lieutenants ont été déchiquetés; moi, j'ai juste été raccourci. Dans la même seconde, j'ai perdu mes jambes et mon travail. Plus un sou. Heureusement que j'ai eu des amis pour m'aider, dit-il en parcourant le café du regard. Me voilà patron de bar.

Liocha lui expliqua ensuite qu'officiellement ce café appartenait à l'Association des soldats internationalistes*, ce qui l'exemptait de taxes. Personne n'aurait risqué de venir fourrer son nez dans ses affaires, il n'y avait rien à tirer de ce genre d'établissement. A côté, un foyer abritait des mutilés de la guerre d'Afghanistan, entre autres.

Victor posa enfin la question qui lui tenait à cœur:
- Et Micha, qu'est-ce qu'il est devenu?
- Le pingouin?
Liocha, ennuyé, se gratta derrière l'oreille.
- On a eu un problème. Tu sais, avant ce dernier enterrement, mon patron était en mauvaise posture, on s'était fait doubler. Un jour, on avait reçu plusieurs wagons d'alcool, sans papiers, pour une valeur de trois cent mille dollars. Les papiers, on devait nous les amener le lendemain matin, mais dans la nuit, on nous a balancés à la Répression des fraudes, qui a confisqué toute la marchandise. Même pas moyen de la racheter. Et ça s'est répété. Au total, ça faisait près d'un million de dettes. Mon patron devait rembourser un type de Moscou qui a installé plusieurs stations-service ici... Du coup, ce type a pris ton Micha, en dédommagement. Il a un domaine près de Moscou, avec un zoo privé... Je n'ai rien pu faire...
- Je peux le trouver où, ce type?
- Il est reparti chez lui, à Moscou. Il s'est fait piquer ses stations-service par un de nos députés. Viré du sol ukrainien...
- Comment il s'appelle ?
- T'es sérieux, là ?
- Bien sûr.
Incrédule, Liocha secoua la tête.
- Son surnom, c'est «le Sphinx». Ilia Kovalev pour l'état civil. Il a une banque, à Moscou, la Banque commerciale du gaz. Tu te rends compte de ce que ça représente ?
- Une banque ? demanda Victor en haussant les épaules. Qu'est-ce que tu veux que ça représente ? Beaucoup d'argent, pas plus...
Liocha fit non de la tête.
- Une banque, ça veut dire des services secrets parallèles, une armée privée, la possibilité d'acheter ou de faire disparaître n'importe qui sans laisser de traces.
Victor poussa un lourd soupir.
- Tu sais que tu étais recherché, quand même ?
- Oui.
- Et ça te gêne pas de te balader comme ça en ville ?
- Je tiens à retrouver Micha.
- C'est beau, l'amour !

* Dénomination officielle de ceux que l'on envoie combattre à l'étranger.

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
voisin_voisine
Ukraine

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
logo_challenge_Petit_BAC
"Animal"

4 octobre 2010

Read-A-Thon, J-5

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Je me suis inscrite à la deuxième édition du Read-A-Thon.
Il s'agit d'un marathon de lecture, il faut essayer de lire pendant 12 heures (mini-RAT)
ou 24 heures (Big-RAT) pour les plus courageux.

C'est prévu le week-end du 9-10 Octobre 2010 de 10h à 22h ou de 22h à 10h pour le mini-RAT de 10h à 10h pour le Big-RAT

Pour ma part, je suis inscrite au mini-RAT de 10h à 22h, je vais tenter cette expérience avec soixante-quinze autres blogo-lecteurs francophones et 304 blogo-lecteurs américains.

J'ai déjà préparé une PAL avec des livres pas trop épais pour l'occasion :

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Les années cerises - Claudie Gallais
Le voyage dans le passé - Stefan Zweig
Le garçon en pyjama rayé - John Boyne
La mécanique du cœur - Mathias Malzieu
La vie de ma mère ! - Thierry Jonquet
Une ardente patience (le facteur) - Antonio Skarmeta
A l'ouest - Olivier Adam
Il n'a jamais tué personne, mon papa - Jean-Louis Fournier
Un secret - Philippe Grimbert
Leur histoire - Dominique Mainard
Ma Nanie, - Alix de Saint-André
La fille du docteur Baudoin - Marie-Aude Murail
Une pièce montée - Blandine Le Callet
Blue cerises : Violette : L'amour basta ! - Cécile Roumiguière
Blue cerises : Amos : Cibles mouvantes - Sigrid Baffert
Blue Cerise : Zik- Octobre. l'Ange des toits de Maryvonne Rippert
Blue cerises : Satya : L'attentat de Jean-Michel Payet
A propos d'un gamin - Nick Hornby
La boîte à musique - J.M. Defromont
Un safari arctique - Jørn Riel
Le livre de Dina, tome 1 - Herbjørg Wassmo
Cosmétique de l'ennemi - Amélie Nothomb
...
Et j'ai également ma PAL normale dans laquelle je piocherai peut-être aussi...
Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent - Eric-Emmanuel Schmitt
Grandir – Sophie Fontanel
L'ange et le réservoir de liquide à freins - Alix de Saint-André

J'attends les encouragements de tous et toutes !

2 décembre 2010

Le cimetière des bateaux sans nom – Arturo Pérez-Reverte

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (26/26)
Challenge terminé !

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Seuil – mars 2001 – 568 pages

Points – mai 2004 – 568 pages

Succès du livre éditions - juin 2008

traduit de l'espagnol par François Maspero

Quatrième de couverture :
Un marin exilé de la mer follement épris d'une femme dangereuse et belle. Un brigantin englouti depuis plus de deux siècles dans la pénombre verte de la Méditerranée. Une ancienne carte nautique qui n'en finit pas de révéler ses énigmes. Un secret dont les bribes éparpillées dans les liasses jaunies des bibliothèques et des musées excite la convoitise de chasseurs d'épaves sans scrupules. Et une fabuleuse histoire d'amour et d'aventure dont l'inoubliable héroïne est la mer. De Melville à Stevenson, de Conrad à Patrick O'Brian, c'est toute la grande littérature de la mer qui revit dans les pages de ce fascinant et merveilleux roman, comme un hymne à l'or magique des rêves et une métaphore de la part d'ombre tapie en chacun de nous.

Auteur : Arturo Pérez- Reverte est né à Cartagena, Espagne, en 1951. Licencié en Sciences politiques et en journalisme, il a travaillé longtemps comme grand reporter et correspondant de guerre pour la télévision espagnole, notamment pendant la crise du Golfe et en Bosnie. Le Cimetière des bateaux sans nom est le cinquième grand roman d'Arturo Pérez- Reverte (après Le Tableau du maître flamand, Le Maître d'escrime, Club Dumas et La Peau du tambour), tous des succès mondiaux dont plu-sieurs ont été portés à l'écran. Il partage aujourd'hui sa vie entre l'écriture et sa passion pour la mer et la navigation.

Mon avis : (relu en novembre 2010)
Coy est un marin sans bateau. Lors d’une vente aux enchères il croise Tanger Soto, une femme troublante dont il tombe amoureux. Tanger Soto travaille au musée de la Marine de Madrid. Elle vient d’acquérir l’Atlas maritime des côtes d’Espagne d’Urrutia Salcedo datant de 1767. Elle va entraîner Coy à la recherche d’un vieux brigantin englouti, le Dei Gloria, qui aurait coulé aux larges des côtes espagnoles plus de deux siècles auparavant. Nous allons d’abord suivre la piste du Dei Gloria à travers les bibliothèques et les archives marines. Puis la recherche se poursuivra dans les eaux de la Méditerranée. Les relations entre Coy et Tanger sont mystérieuses et ambigües... Sans oublier qu’ils ne sont pas les seuls dur la piste du brigantin englouti…

L'auteur nous dépeint avec beaucoup de justesse ces deux personnages principaux et à travers de superbes descriptions, il rend hommage à la Méditerranée. Le lecteur est conquis par une ambiance et une atmosphère digne de Jules Verne. Ce livre est un vrai jeu de piste, qui nous parle de cartes, de trésor, de corsaires et de mer et de marins... J'ai relu ce livre avec beaucoup de plaisir !

Extrait : (début du livre)
Observons la nuit. Elle est presque parfaite, l'étoile Polaire est visible à sa place exacte, à droite de la ligne formée par Merak et Dubhé, en multipliant par cinq la distance qui les sépare. La Polaire va rester au même endroit durant les vingt mille prochaines années ; et tous les navigateurs qui la contempleront éprouveront du réconfort en la voyant là-haut, car il est bon que demeure ainsi quelque part un repère immuable, quand les gens ont besoin de tracer des routes sur une carte marine ou sur le paysage confus d'une vie. Si nous continuons à prêter attention aux étoiles, nous trouverons sans difficulté Orion, puis Persée, puis les Pléiades. C'est facile parce que la nuit est limpide, il n'y a pas de nuages ; pas même un souffle de brise. Le vent de suroît est tombé au coucher du soleil, et le bassin est un miroir noir qui reflète les grues du port, les châteaux éclairés sur les montagnes, et les feux – vert à gauche et rouge à droite – des phares de San Pedro et de Navidad.

Approchons-nous maintenant de l'homme. Il est immobile, appuyé sur le faîte du rempart. Il regarde le ciel, qui s'annonce plus sombre vers l'est, et il pense que demain soufflera le vent d'est et qu'il fera grossir la houle. Il semble aussi sourire, d'une manière étrange ; quelqu'un qui pourrait voir son visage éclairé d'en bas par les lueurs du port conclurait qu'il existe des sourires meilleurs que celui-là : chargés de plus d'espoir et de moins d'amertume. Mais nous nous n'en connaissons pas la cause.

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (26/26)
Challenge terminé !

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Espagne

7 septembre 2010

L'héritage impossible – Anne B. Ragde

l_h_ritage_impossible Balland – mai 2010 – 348 pages

traduit du norvégien par Jean Renaud

Quatrième de couverture :
« - Je n'y arriverai pas murmura-t-elle.
Il l'a pris à nouveau dans ses bras, la serra contre lui, lui envoya un souffle chaud dans les cheveux.
- Je n'y arriverai pas.
- Mais si, dit-il. Je vais vous aider. Je vais vous aider, Torunn.
Par-dessus son épaule, elle apercevait la fenêtre de la cuisine. La cuisine de Neshov. Elle était là, et il était mort. »

Dans ce troisième tome de la « Trilogie des Neshov », nous suivons les personnages de La Terre des mensonges et La Ferme des Neshov, jusque dans ce qui sera peut-être une toute nouvelle vie. Après la révélation du terrible secret qui a ébranlé la famille entière, les relations entre les frères se dégradent, pour se diluer dans de pesants non-dits. Jusqu'au jour où ils doivent, ensemble, faire face. Il fait une chaleur torride lorsque tout le monde se trouve réuni. Et Torunn, l'héritière de la ferme, détient la clé des destins de tous les autres...

Auteur : Née en 1957, elle a passé son enfance à Trondheim, ancienne professeur assistante de communication à l'Université de Trondheim, elle a écrit plus de quarante livres depuis 1986 aussi bien pour les adultes que pour les enfants. Anne B. Ragde est traduite dans plus de 15 langues. Ses romans se sont vendus à des millions d’exemplaires en Norvège. La trilogie d’Anne B. Ragde a été adaptée en série TV suivie par des millions de Norvégiens. La Ferme des Neshov a obtenu en Norvège le Prix des Libraires et des Lecteurs.

Mon avis : (lu en septembre 2010)
C'est le troisième tome de la « Trilogie des Neshov ». Le tome précédent "La Ferme des Neshov" se concluait sur un épisode dramatique : le suicide de Tor. Sa fille Torunn se sent coupable, elle reprend en main la ferme avec l'aide du remplaçant Kai Roger et elle s'occupe aussi du grand-père. Mais le cœur n'y ait pas, elle continue plus par devoir que par envie. D'un autre côté les deux frères Margido et Erlend ont des projets d'avenir concernant la ferme : Margido veut installer son dépôt de cercueil dans une des granges et payer un loyer qui aidera les finances de la ferme. Erlend prévoit d'aménager une maison de vacances dans un ancien silo. Mais ils ne s'aperçoivent pas du mal-être de Torunn et ils seront surpris et perdus lorsqu'elle disparaîtra de la ferme.

J'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver cette famille atypique composée de personnages authentiques. On retrouve une ambiance de canicule dans cette campagne norvégienne.

Extrait : (début du livre)
Elle était au milieu de la cour lorsqu'il arriva. Les bras ballants, elle le regarda garer sa voiture comme d'habitude, entre la grange et la remise. A peine avait-il ouvert la portière qu'il lança :
- Désolé, je suis un peu en retard. On a passé une bonne soirée, hier soir, hein !

Elle entendit ses paroles, vit les contours de son corps, ses gestes, dans la lueur gris sale du matin. Mais elle vit surtout qu'il venait vers elle, et c'était indispensable, avant qu'elle ne s'écroule, une question de secondes.
- Kai...
- J'arrive ! Cria-t-il.
- Kai Roger.
Il avait soudain entendu quelque chose dans sa voix, peut-être un sanglot, une façon de geindre, elle l'ignorait, mais son corps se figea un court instant, avant qu'il ne s'élance jusqu'à elle.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Mon père. Il... Je l'ai tiré dans l'allée centrale et j'ai refermé la porte de la loge, hors de portée de Siri.
-Mais qu'est-ce que...
- Il s'est suicidé. J'ai trouvé le flacon de comprimés. Ceux qu'on lui avait prescrits pour sa jambe. Et des bouteilles de bière, je crois. Je n'ai pas vraiment réussi à... Il est mort en tout cas. Et Siri, sa truie, a... je ne sais pas... le nez et plusieurs doigts...
Il passa les bras autour d'elle.
- Mon Dieu, Torunn.
Elle sentit le poids de ses bras, ferma les yeux et pensa à celui des chevilles de son père entre ses mains, à la botte qui avait glissé quand elle s'était mise à le traîner, au regard excité de Siri, au sang qui commençait à sécher autour de sa gueule, aux cris des autres porcs.
- C'est de ma faute, dit-elle.
- Torunn.
- Il a abandonné et c'est de ma faute.
Kai Roger relâcha son étreinte, tout en la prenant par les épaules et en l'écartant de lui.
- Regardez-moi !
- Non.
- Écoutez-moi, alors ! Je vais à la porcherie et je le ramène dans la buanderie.
Pleurait-elle ? Elle ne le pensait pas. Elle essayait seulement de sentir ses propres larmes, mais elle n'avait aucune sensation.

Déjà lu du même auteur :

la_terre_des_mensonges La Terre des mensonges  la_ferme_des_Neshov La Ferme des Neshov

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit' Viking_Lit

29 août 2010

Juliet, Naked – Nick Hornby

juliet__naked 10/18 – mai 2010 – 312 pages

traduit de l'anglais par Christine Barbaste

Quatrième de couverture :
A Gooleness, petite station balnéaire surannée du nord de l'Angleterre, Annie, la quarantaine sonnante, se demande ce qu'elle a fait des quinze dernières années de sa vie... En couple avec Duncan, dont la passion obsessionnelle pour Tucker Crowe, un ex-chanteur des eighties, commence sérieusement à l'agacer, elle s'apprête à faire sa révolution. Un pèlerinage de trop sur les traces de l'idole et surtout la sortie inattendue d'un nouvel album, Juliet, Naked, mettent le feu aux poudres. Mais se réveiller en colère après quinze ans de somnambulisme n'est pas de tout repos ! Annie est loin de se douter que sa vie, plus que jamais, est liée à celle de Crowe qui, de sa retraite américaine, regarde sa vie partir à vau-l'eau... Reste plus qu'à gérer la crise avec humour et plus si affinités...

Auteur : Nick Hornby est né en 1957. Il est devenu un auteur culte outre-Manche avec ses romans : Haute fidélité, A propos d'un gamin, La Bonté : mode d'emploi, Vous descendez ? (finaliste pour le Whitbread Award), Slam et Juliet, Naked. Il a également écrit des ouvrages de non-fiction, Carton jaune, qui obtient le William Hill Sports Book of the Year Award, et 31 songs, finaliste pour le National book Critics Circle Award. En 1999, Nick Hornby s'est vu remettre l'E.M. Forster Award de l'Académie américaine des Arts et Lettres et remporte en 2002 le W.H. Smith Award For Fiction. Il a signé récemment le scénario du film Une Education, réalisé par Lone Sherfig et nominé aux Oscars. Nick Hornby vit et travaille à Highbury, au nord de Londres.

Mon avis : (lu en août 2010)
Un livre plein d'humour et critique sur les fans de... et sur le temps qui passe.
Annie a quarante ans, elle travaille au musée local de Gooleness petite station balnéaire. Son compagnon, Duncan consacre tout son temps à Tucker Crowe, rock star américaine qui a stoppé brutalement et sans explication sa carrière il y a plus de vingt ans. Duncan lui a dédié un site internet et avec une communauté de fans, il imagine des théories les plus farfelues sur la vie de leur idole. Lorsqu'ils partent en vacances, c'est pour visiter aux États-Unis les lieux qui ont vus un jour Tucker Crowe... Annie ressent que Duncan et elle-même ne sont plus trop sur la même longueur d'onde concernant leur couple.
Un jour, Duncan reçoit un album inédit de Tucker Crowe, Juliet Naked, un recueil des démos du précédent album Juliet. L'excitation de Duncan est telle qu'il en fait une critique dithyrambique. Mais Annie n'est pas d'accord et publie une chronique plus négative sur le site de son compagnon. En retour, elle recevra un mail du « vrai » Tucker Crowe, avec qui elle nouera une e-correspondance régulière et secrète puis qu'elle finira par le rencontrer.

Des personnages attachants, de l'humour, une histoire très bien racontée font de ce livre une lecture vraiment plaisante. A lire sans hésiter !

Extrait : (début du livre)
Ils étaient venus d'Angleterre jusqu'à Minneapolis pour visiter des toilettes. La vérité pure de ce fait ne frappa Annie qu'une fois sur place : excepté les graffitis sur les murs, dont certains faisaient allusion à l'importance de ces toilettes dans l'histoire de la musique, l'endroit était froid et humide, chichement éclairé, malodorant et parfaitement banal. Les Américains avaient le don pour tirer le meilleur parti de leur héritage, mais là, il n'y avait pas grand-chose à en tirer.
« Annie, tu as l'appareil photo ? demanda Duncan.
- Oui. Mais tu veux faire une photo de quoi ?
- Eh bien, tu sais...
- Non.
- Eh bien... des toilettes.
- Quoi, les... Comment on appelle ça ?
- Les urinoirs. Ouais.
- Tu veux être sur la photo ?
- Je devrai faire semblant de pisser ?
- Si tu veux. »
Duncan se posta donc devant l'un des trois urinoirs, celui du milieu, plaça les mains de façon convaincante devant lui, et sourit à Annie par-dessus son épaule.
« C'est bon ?
- Je ne sais pas si le flash a marché.
- Prends-en une autre. Ce serait idiot d'avoir fait tout ce chemin et de ne pas en avoir une bonne. »

18 août 2010

Tango Massaï – Maxence Fermine

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Albin-Michel – février 2005 – 266 pages

Livre de Poche – juin 2007 – 189 pages

Quatrième de couverture :
Tabora, porte des grands lacs africains, cité sublime et inquiétante qui vit de l'or et des épices. Une armée de rebelles vient d'investir la ville. À sa tête, un homme blanc juché sur un cheval bai. Il se nomme Tango Massaï. Il est venu réclamer la reddition du Sultan et proclamer le droit de vivre libre. Bleu, pourpre, noir : ce sont les trois couleurs d'une mystérieuse pierre précieuse qui l'ont conduit jusqu'ici. Et tandis que la ville s'embrase, au loin résonnent les paroles d'un sorcier : "
Un jour, un serpent de fer accompagné d'une nuée de papillons blancs pénétrera jusqu'aux terres intérieures des Massaï. Et ce jour-là, ce sera la guerre. Il faudra nous préparer à combattre et à vivre des jours de malheur. Avant que ne vienne le lion qui enserrera dans ses griffes le serpent de fer et saura nous délivrer de l'emprise des papillons blancs... "

Auteur : Maxence Fermine est né le 17 mars 1968. Il a vécu à Paris avant de partir travailler dans un bureau d'études en Afrique. Aujourd'hui, il est installé en Haute-Savoie avec sa femme et ses deux filles. Parmi ses nombreux romans, citons l'Apiculteur, Neige, Opium et Amazone.

Mon avis : (lu en août 2010)
Un roman totalement dépaysant, nous nous retrouvons en Afrique à Tabora ville de la région de Tanganyika (au nord-ouest de la Tanzanie). Nous sommes à l’époque coloniale, sous domination britannique. Tabora est située à un carrefour des routes caravanières, c’est un centre de commerce. Tabora est dirigé par le Sultan Sayid al Saada. Avec son armée de rebelle le mystérieux Tango Massaï vient renverser le Sultan et prendre sa place avant de créer un Conseil de sages. Dans la deuxième partie, nous apprendrons qui est Tango Massaï et ce qu’il veut faire de Tabora.
Je n’ai pas été conquise par ce livre. Il se lit très rapidement, cela ressemble à un conte ou une légende africaine. Il est question du colonialisme et ses abus. Je suis déçue par rapport aux autres livres lus de Maxence Fermine et que j’avais beaucoup aimés.

Extrait : (début du livre)
L’armée rebelle arriva à Tabora un soir après la pluie. Elle investit la ville africaine par la porte Nord, en longeant la ligne de chemin de fer qui reliait le centre du pays à la ville de Mwanza, située sur les rives du lac Victoria.
C’était en avril, à l’époque des fortes précipitations que l’on devait à la mousson en provenance de la mer, à plus de huit cents kilomètres à l’est, et dont les effets se percevaient parfois jusqu’à l’intérieur des terres désertiques, soudainement noyées sous des déluges aussi violents que passagers. Le sol, craquelé par des mois de sécheresse – il n’avait pas plu depuis presque un an – n’avait pas eu le temps d’absorber l’eau du ciel et s’était changé en un océan de boue couleur d’argile, un océan formant des marigots où les oiseaux venaient s’ébattre joyeusement.
Trois jours plus tôt, la colonne de guerriers avait quitté les plaines du Serengeti et les étendues herbeuses du nord du pays pour rejoindre la route de Tabora. Elle avait marché vers le sud sans se soucier de la rigueur des éléments, traversant les champs gorgés d’eau, les chemins forestiers devenus d’infâmes bourbiers et les ruisseaux changés en torrents. Elle avait avancé dans un paysage d’une beauté sauvage, désert, aussi tranquille qu’une mer étale, rougie par le soleil, lavée par la pluie et séchée par les vents.

Dans la région des grands lacs, il y avait eu un envol de flamants roses, comme pour saluer son départ. Puis des troupeaux de toutes sortes avaient croisé sa route, des gnous, des antilopes, des impalas, des koudous, des girafes, des lions et des guépards. Enfin, après la plaine sauvage, était venue la présence des hommes.
A l’approche de chaque village, les habitants s’enfuyaient ou allaient se terrer à l’intérieur de leurs cases comme des animaux devant l’imminence d’un danger, laissant à la merci des mercenaires leur maigre patrimoine. Pourtant, l’armée n’avait commis aucun pillage. A peine s’était-elle permis de puiser de l’eau à quelques puits, ou d’exiger un sac de blé ou de mil lorsque cela s’était révélé nécessaire. Mais nulle violence, nul combat n’avait été engagé. L’armée rebelle se voulait, pour l’heure, discrète et pacifique.

Déjà lu du même auteur :

Neige Neige L_apiculteur L'Apiculteur Opium Opium

le_tombeau_d__toiles Le tombeau d'étoiles 

les_carnets_de_guerre_de_Victorien_Mars Les carnets de guerre de Victorien Mars

8 août 2010

Les gens - Philippe Labro

Livre lu dans le cadre du partenariat Blog-o-Book et  Folio

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Gallimard – janvier 2009 – 451 pages

Folio – juin 2010 – 413 pages

Quatrième de couverture : Trois destins parallèles s'entrecroisent, trois vies dont le seul point commun est le manque d'amour : Maria, une jeune orpheline californienne d'une beauté rare, Caroline, une Parisienne trentenaire, enfin Marcus Marcus, célébrité de la télévision, mégalo et parano. Autour d'eux, vont graviter toutes sortes de gens : la femme de l'ambassadeur américain en France, une intraitable executive woman, un détective privé, une coach sans scrupule, des loups et des agneaux... Philippe Labro nous offre, de San Francisco jusqu'aux cercles de pouvoir parisien, une ronde étourdissante. Pour dresser de manière drôle, critique et profondément attachante, un portrait captivant de nos contemporains.

Auteur : Philippe Labro, écrivain, cinéaste, journaliste, a publié aux éditions Gallimard Un Américain peu tranquille (1960), Des feux mal éteints (1967), Des bateaux dans la nuit (1982). En 1986, L'étudiant étranger lui vaut le prix Interallié. En1988, Un été dans l'Ouest obtient le prix Gutenberg des lecteurs. Après Le petit garçon en 1991, Philippe Labro publie Quinze ans en 1993, puis, en 1994, Un début à Paris, qui complète le cycle de ses cinq romans d'apprentissage. En 1996 paraît La traversée, un témoignage sur une expérience de mort approchée, suivi en 1997 par Rendez-vous au Colorado. En 1999, Philippe Labro fait parler Manuella. En 2002 paraît Je connais gins de toutes sortes, recueil de portraits revus et corrigés, en 2003, un nouveau témoignage, Tomber sept fois, se relever huit, traitant de la dépression, en 2006, Franz et Clara, un surprenant roman d'amour, et en 2009 Les gens.

 

Mon avis : (lu en août 2010)
Philippe nous raconte trois histoires, celles de trois personnages qui souffrent chacun de solitude affective. Il y a Maria, orpheline et jeune fille au pair dans une riche famille de San Francisco après s'être enfuie de sa famille d'adoption. Il y a Marcus Marcus, animateur vedette de la télévision, à la fois mystérieux. Dans son émission, "Vous qui aimez la gloire", il interviewe les célébrités, les mettant à nu en osant leurs poser toutes questions, même les plus « vachardes ». Et il y a Caroline, assistante de production cinéma, elle a été assez brutalement congédiée par son amant, elle devenue coach auprès de la nouvelle ambassadrice des États-Unis. Ces trois destins vont se croiser, puis se rencontrer.

Un livre qui pourrait être un film de Claude Lelouch... mais qui n'est pas totalement réussi... Le livre est un peu long à démarrer, la psychologie des personnages est très bien analysée, c'est bien écrit, mais je n'ai pas été convaincue, malgré cela je l'ai lu avec plaisir.

Merci à Blog-O-Book et Folio pour ce partenariat, qui m'a fait passé un moment agréable.

Extrait : (page 380)
Les gens, ils s'en moquaient bien, en effet, des minuscules convulsions au sein d'une bulle professionnelle.

Il existe des centaines de milliers d'univers, les myriades de segments les plus divers d'une société dont le degré de civilisation se mesure au nombre de contradictions qu'elle comporte. Ces univers sont séparés, inconnus les uns aux autres, indifférents les uns aux autres. Mais quelque chose les unit, le seul lien commun qui tisse cette carte inimaginable, cette toile arachnéenne aussi bien nationale que mondiale et que domine la peur, comme l'espoir. Tous sont soudés par la puissance de ce qui a révolutionné les mœurs : l'image, et sa transmission immédiate.
Les gens, c'était tout le monde et c'était n'importe qui. Souvent, ils ne savaient plus très bien où ils en étaient, les gens. On leur expliquait que la banquise arctique fondait, que les ours polaires allaient mourir, que des inondations géantes feraient disparaître des îles, puis des villes et peut-être des continents, et que le poumon d'oxygène du monde continuerait d'être déforesté, que l'asphyxie les gagnerait tous un jour, et sinon eux, du moins leurs enfants ou leurs petits-enfants, ou leurs arrière-petits-enfants. Et pourtant, ils continuaient de faire des enfants, les gens. Ils continuaient d'aimer, construire, inventer, créer, soigner, rechercher, enseigner, lutter.

30 juillet 2010

Je vais bien, ne t'en fais pas – Olivier Adam

Lu dans le cadre du challenge coeur_vs3 proposition de Amy

Lu dans le cadre du Challenge Lunettes noires sur Pages blanches

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Le dilettante – décembre 1999 – 186 pages

Pocket – août 2006 – 155 pages

Pocket – novembre 2009 – 155 pages

Quatrième de couverture :
Une autre lettre de Loïc. Elles sont rares. Quelques phrases griffonnées sur un papier. Il va bien. Il n'a pas pardonné. Il ne rentrera pas. Il l'aime. Rien d'autre. Rien sur son départ précipité. Deux ans déjà qu'il est parti. Peu après que Claire a obtenu son bac. A son retour de vacances, il n'était plus là. Son frère avait disparu, sans raison. Sans un mot d'explication. Claire croit du bout des lèvres à une dispute entre Loïc et son père. Demain, elle quittera
son poste de caissière au supermarché et se rendra à Portbail. C'est de là-bas que la lettre a été postée. Claire dispose d'une semaine de congé pour retrouver Loïc. Lui parler. Comprendre.

Auteur : Né en 1974, Olivier Adam a grandi en région parisienne et vit actuellement en Bretagne. Son premier roman, Je vais bien, ne t'en fais pas (2000) ouvre un diptyque sur le thème de
la disparition qui se poursuit avec A l'Ouest (2001). Également scénariste et auteur pour la jeunesse, Olivier Adam a notamment écrit Poids léger (2002), adapté pour le cinéma par Jean-Pierre Améris et Passer l'hiver (2004) qui a reçu le Goncourt de la Nouvelle 2004. Falaises (2005). A l'abri de rien, Des Vents contraires.

Mon avis : (relu en juillet 2010)
Un livre de 150 pages qui se lit d'une traite. L'auteur nous dresse le portrait de Claire, une jeune femme solitaire qui est hantée par le souvenir de son frère Loïc qui a disparu deux ans auparavant sans donner de raison. Claire avait alors 20 ans et Loïc 18 ans. Avec son frère, ils étaient inséparables et avaient besoin l'un de l'autre pour vivre. Claire ne comprend pas pourquoi Loïc est parti sans aucune explication. Elle attend un signe de sa part. Claire va faire une dépression et refuser de s'alimenter. Et huit mois après la disparition de Loïc, Claire reçoit enfin une première carte avec quelques mots « je pense à toi, je t'embrasse, je vais bien, ne t'en fais pas. » Au bout de deux ans et après avoir reçu une carte de Portbail en Normandie, Claire décide de partir là-bas pendant une semaine de congés pour retrouver Loïc. On ressent toute la tristesse et toute la fragilité de Claire. C'est une histoire prenante et surprenante et c'est vraiment à la fin du livre que l'on découvre la vérité.

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Le film :
Ce livre a été adapté au cinéma en 2006 par Philippe Lioret avec Mélanie Laurent, Kad Merad, Julien Boisselier, Isabelle Renauld, Aïssa Maïga.

Il y a quelques petites différences entre le livre et le film : Claire est devenue Lili, son petit frère est devenu son frère jumeau. Cela renforce les liens qui unissent le frère et la sœur.

Le film nous présente l'histoire de façon chronologique et commence sur le retour de Lili après un voyage en Espagne et ses parents lui apprennent que son frère Loïc est parti depuis 5 jours après une dispute futile avec son père. Le livre commence deux ans après, Claire (Lili) est alors caissière à Shopi. Dans le film, la place des parents est plus importante que dans le livre.

L'adaptation de ce livre est vraiment très réussite et j'ai été beaucoup plus émue par le film que par le livre.

J'aime également beaucoup la chanson et thème principal de la B.O du film qui est U-turn (Lili) du duo français AaRON (Artificial Animals Riding On Neverland) composé de Simon Buret et Olivier Coursier. Simon Buret joue lui-même l'ami de Loïc qui fait écouter cette chanson à Lili composée en grande partie par Loïc.

Ce film a reçu de nombreuses récompenses :

  • César du meilleur acteur dans un second rôle pour Kad Merad.

  • César du meilleur espoir féminin pour Mélanie Laurent.

  • Prix Lumière du meilleur espoir masculin pour Julien Boisselier.

  • Prix Lumière du meilleur espoir féminin pour Mélanie Laurent.

  • Étoile d’or de la révélation féminine pour Mélanie Laurent.

  • Étoile d’or du scénario pour Philippe Lioret et Olivier Adam.

Extrait : (début du livre)
Claire claque la porte et tourne les clés.
Il est dix heures. Elle commence à onze. Le Shopi ferme à vingt et une heures, elle fait la fermeture. Elle descend les escaliers quatre à quatre. Au kiosque, elle achète Libé. Il fait déjà chaud et elle ôte son gilet. La brasserie où elle a ses habitudes est fermée. C'est le mois d'août. Elle entre dans un petit café où trois vieux discutent football, devant leur troisième ballon de rouge. La patronne la salue à peine, la fait répéter deux fois lorsqu'elle commande son café et son croissant. Elle étale son journal sur la table, va directement à la page des annonces. Avec Loïc, ils lisaient toujours cette page, alors elle se dit qu'il pensera peut-être à lui laisser un message. Le café est très chaud. Elle se brûle un peu, repose la tasse, souffle sur une mèche. Elle a relevé ses cheveux presque roux et très lisses en une sorte de chignon flou et artistique. Elle se voit dans le miroir. Les vieux la regardent. Machinalement, elle amorce le geste de tirer sur sa jupe. Mais aujourd'hui, elle porte un pantalon. Les vieux s'échangent vaguement quelques tuyaux, cochent les cases d'un bulletin de PMU. Claire feuillette son journal. Très distraitement. Elle grimace un peu en finissant son café. Juste au moment où elle avale le petit dépôt de sucre qui est resté au fond. Elle pose quelques pièces de monnaie près de sa tasse, se lève et s'en va. Elle dit au revoir. Personne ne lui répond.

Lu dans le cadre du challenge coeur_vs3 proposition de Amy

Lu dans le cadre du Challenge Lunettes noires sur Pages blanches

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26 avril 2010

Starvation Lake – Bryan Gruley

starvation_lake Le Cherche Midi – janvier 2010 – 471 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Benjamin Legrand

Présentation de l'éditeur :

L'État du Michigan, vaste étendue de la région des Grands Lacs à la frontière canadienne, connaît des hivers rigoureux, où l'ennui est souvent aussi mortel que le blizzard. C'est là, dans la ville de Starvation Lake où il est né et a grandi, que Gus Carpenter est revenu pour s'occuper du journal local après une brillante carrière dans un grand quotidien national. Cette petite communauté où tout le monde connaît tout le monde est en état de choc le jour où la motoneige de l'ancien entraîneur de hockey disparu vingt ans plus tôt refait surface au milieu d'un lac gelé, criblée d'impacts de balles. Ancien joueur de l'équipe, Gus va chercher à élucider ce mystère, qui le touche de près. Cette petite société qu'il croyait pourtant bien connaître ne va pas tarder à révéler des secrets tous plus sombres et sordides les uns que les autres. Alliant une efficacité propre au thriller américain et un sens de l'atmosphère et des personnages proche de certains romanciers nordiques comme Henning Mankell ou Arnaldur Idridason, Bryan Gruley nous offre, avec ce premier roman au suspense constant, salué par une critique unanime, un portrait sans concession d'une petite ville de province et de ses turpitudes.

Auteur : Bryan Gruley est originaire du Michigan. Il travaille aujourd'hui à Chicago pour le Wall Street Journal. Starvation Lake est son premier roman.

 

Mon avis : (lu en avril 2010)

Starvation Lake est une petite ville américaine située proche de la frontière canadienne où le hockey sur glace à permis son essor économique. Mais le 14 mars 1988, l'entraineur Jack Blackburn dit Coach disparaît lors d'un accident de motoneige.

Dix ans plus tard, la motoneige réapparaît au milieu d'un lac gelé, elle comporte un impact de balle et l'enquête sur la disparition de l'entraineur va être réouverte. C'est Gus Carpenter ancien joueur de hockey, qui est journaliste au Pilot, le journal local, qui va essayer de comprendre ce qui c'est réellement passé ce jour là. A cette époque, il était journaliste à Détroit. Au début, l'auteur nous présente les lieux, les personnages, le passé ainsi que le début de l'enquête. On découvre Gus Carpenter qui est un journaliste intègre et consciencieux. Puis l'histoire nous entraîne dans le monde du hockey sur glace, Gus était gardien dans l'équipe entraînée par Blackburn, dans le monde du journalisme et des affaires sans oublier l'ambiance des petites villes où les secrets sont nombreux.

Après un début un peu lent et des descriptions du jeu de hockey qui peuvent être rébarbatives mais qui pour ma part m'ont bien intéressée, le lecteur se laisse prendre par l'histoire curieux et pressé de connaître le dénouement. J'ai bien aimé ce roman policier et j'ai passé un bon moment à Starvation Lake en suivant l'enquête de Gus Carpenter.

Extrait : (page 21)

Mon pick-up descendait la deux-voies gelée qui serpentait entre les pins vers Walleye Lake. Je m'étais souvent demandé pourquoi on avait donné ce nom à ce lac car personne n'avait jamais attrapé la moindre perche dans ses eaux boueuses et saturées d'herbes. Une carpe, peut-être, ou une truite idiote. Mais jamais une perche.

J'avais grandi à quelques miles de là, sur les rives du lac de Starvation. Mon père était mort d'un cancer du côlon quand j'avais 7 ans, et donc j'avais grandi avec ma mère dans notre maison jaune en planches, sur la rive méridionale du lac. Nous avions un ponton délabré, un radeau plongeoir, et une barque de pêche avec un moteur hors-bord de 10 chevaux, tout ce dont un gamin a besoin pour adorer les étés sur un lac bleu et clair. Durant les longs hivers, je jouais goal, le petit mec à peine plus grand que le filet, avec l'équipe des jeunes de la ville, les Rivers Rats. J'étais le goal de l'équipe qui avait battu pour la première fois les très puissantes équipes de Détroit, alors que personne n'imaginait que c'était possible. Et j'étais aussi le gardien qui avait encaissé un but dans les prolongations, but qui avait coûté notre seule et unique chance de remporter le championnat d'État.

C'était un manque de veine vraiment extraordinaire, une faute stupide qui nous coûta le titre du Michigan dans notre propre patinoire, ici, dans notre ville, devant quasiment tous les gens vivant à 50 kilomètres à la ronde. Je ne pouvais pas vraiment les blâmer de ne pas me pardonner, de me traiter de «passoire», d'«entonnoir» et de «pylône» derrière mon dos, et parfois même en face, s'ils avaient assez picolé. Je m'étais rejoué mon erreur dans ma tête un million de fois. J'avais du mal à me la pardonner, moi aussi.

Bien évidemment, cela n'aurait pas dû avoir une telle importance. Nous n'étions que des gamins jouant au hockey. Mais quand les River Rats qui nous succédèrent échouèrent de nouveau au championnat d'État, de très peu, les gens du coin en conclurent que mon ratage avait jeté pour toujours une malédiction sur eux. Mon entraîneur, Jack Blackburn, semblait d'accord avec ça. Tout le monde l'appelait Coach, moi le premier. C'était le type qui m'avait appris à jouer goal quand je n'étais qu'un tout petit garçon à qui son papa manquait, qui était devenu ami avec ma mère et qui venait dîner le dimanche et nous régalait, maman et moi, d'histoires sur ses triomphes au hockey dans son pays natal, le Canada. Mais après cette défaite en finale d'État, mon entraîneur n'eut plus grand chose à dire. C'était comme s'il avait effacé de son cerveau et de son cœur tout ce qui me concernait. On se croisait encore à la patinoire ou dans la rue et il disait : «Salut, Gus», et je répondais : «Hé, Coach», et il poursuivait sa marche et je le regardais s'éloigner. Il avait arrêté de venir dîner aussi.

5 juillet 2010

Les noces barbares - Yann Queffélec

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Gallimard – août 1985 – 309 pages

Folio – août 1987 – 343 pages

Prix Goncourt 1985

Quatrième de couverture :
Fruit d'une alliance barbare et d'un grand amour déçu, Ludovic, enfant haï par sa trop jeune mère - Nicole et ses grands-parents, vit ses premières années caché dans un grenier. La situation ne s'arrange guère après le mariage de Nicole avec Micho, brave et riche mécanicien qui cherche à protéger Ludovic. Hantée par ses amours brisées, sombrant dans l'alcoolisme et méprisant son mari, la jeune femme fait enfermer son fils dans une institution pour débiles légers. Mais Ludovic n'est pas l'arriéré qu'on veut faire de lui. Il ne cesse de rêver à sa mère qu'il adore et qu'il redoute. Même une première expérience amoureuse ne parvient pas à l'en détourner. Son seul but, son unique lumière : la retrouver. S'enfuyant un soir de Noël, il trouve refuge sur la côte bordelaise, à bord d'une épave échouée, écrit chez lui des lettres enflammées qui restent sans réponse. Et c'est là-bas, sur le bateau dont il a fait sa maison, que va se produire entre Nicole et son fils une scène poignante de re-connaissance mutuelle - qui est aussi le dernier épisode de leurs noces barbares.

Auteur : Né à Paris en 1949, Yann Queffélec est un écrivain français. Il est le fils de l’écrivain breton Henri Queffélec et le frère de la pianiste Anne Queffélec. Bien qu’il vive encore à Paris, il a gardé de fortes attaches en Bretagne. Il entame sa carrière d’écrivain en éditant à 32 ans une biographie de Béla Bartók. Quatre ans plus tard, il reçoit le prix Goncourt pour son roman Les noces barbares. Il est l’auteur de nombreux romans et d’un recueil de poèmes et aussi des paroles de chansons, notamment pour Pierre Bachelet. En 1998, il anime sur internet la création d'un roman interactif Trente jours à tuer.

Mon avis : (relu en juillet 2010)
J'avais déjà lu ce livre il y a longtemps et il m'avait marqué et je voulais le relire et le Challenge ABC a été l'occasion de le faire.
C'est l'histoire d'un fils Ludovic qui cherche désespérément l'amour de sa mère Nicole. Mais celle-ci le rejette car il est le fruit d'un viol alors que Nicole n'avait pas quinze ans. Il a vécu ses premières années caché dans un grenier sans aucun amour de la part de sa mère et de ses grands-parents. Nicole se marie avec Micho qui a déjà un fils Tatav. Il est prêt à accueillir également Ludo. Micho est très gentil avec Ludo et il veut vraiment créer une vrai famille. Mais Nicole ne supporte pas Ludo, il lui rappelle son passé. Elle prétend qu'il est idiot et le fait enfermer dans un établissement pour débiles légers. Mais Ludovic n'est pas idiot, il recherche l'amour de sa mère et en même temps il la craint.
L'histoire est bouleversante, l'écriture est magnifique, précise, poétique. Les personnages de Ludovic et Nicole sont attachants, leur relation mère et fils est poignante : la mère est violente vis à vis du fils, mais celui-ci lui répond par un amour inconditionnel, il voudrait être accepté. C'est une histoire sombre, tragique, douloureuse, triste, bouleversante et inoubliable !

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Les Noces Barbares a été adapté au cinéma par Marion Hänsel en 1987.

Extrait : (page 85)
Ludo crut punir sa mère en lui battant froid. Il ne cracha plus dans le café du jeudi matin, ne colla plus ses lèvres sur le bol où elle avait bu, bloqua sa respiration quand ils se croisaient. Son point d'honneur, voulait que toute intimité fût désormais radiée de ces gestes par lesquels, chaque jour, il la servait. Nicole affectait de ne rien remarquer. On eut dit que la brouille installée par son fils répondait à ses vœux. Sa froideur, à lui, n'avait d'autre avenir que la tristesse, il ne s'enfonçait dans l'hostilité que pour s'y résigner le plus tard possible. « T’as raison, disait Tatav à Ludo. Elle est niaise, ta mère. Moi je voulais pas que mon père se la marie. – Ah bon », répondait Ludo.

« Faut la mettre à bout, déclara Tatav un jour. Faut qu’elle demande pardon. C’est la loi. » Il pouffa : « On va y coller des perce-oreilles dans ses affaires. Allez viens ! Toi tu surveilles l’escalier, moi je les mets. » Ludo fit la sentinelle. « Plus jamais qu’elle osera mettre sa culotte, exultait Tatav en sortant quelques instants plus tard. J’y en ai mis un régiment. Bon, moi je vais au sous-marin. »

Dès qu’il fut parti, Ludo se glissa chez Nicole et subtilisa les perce-oreilles épars dans son linge. « C’est une fine mouche, observa Tatav le lendemain sur le trajet de l’école. Elle a rien dit. Même qu’elle m’a fait la bise. Faut y mettre des boules puantes sous les draps. Quand elle va se coucher, ça va écraser les boules. Oh, la nuit qu’ils vont passer, les vieux ! » Ludo faillit se faire prendre en déminant la literie piégée par Tatav. « Moi, j’y comprends rien, s’énervait celui-ci. – Moi non plus, répondait Ludo. – J’ai une idée. Je me mets derrière elle à quatre pattes. Toi tu fonces dessus par-devant pour qu’elle recule et tombe sur moi. » Exécution. Mais à la seconde où Nicole allait buter en plein dans Tatav, Ludo s’écria : « Attention ! » et le piège échoua. Tatav s’en tira piteusement par un lacet qu’il renouait, mais commença de regarder Ludo d’un sale œil. « Ben quoi, j’ai eu peur… »

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (20/26)

10 juin 2010

La douane volante – François Place

la_douane_volante Gallimard jeunesse – janvier 2010 – 334 pages

Présentation de l'éditeur :
Bretagne, 1914. La guerre menace. Une nuit, la charrette de la mort s'arrête devant la maison de Gwen le Tousseux, le jeune orphelin. C'est lui que vient chercher l'Ankou, pour l'emmener au pays dont on ne revient jamais... Quand Gwen se réveille, il est passé de l'autre côté, dans un monde comme surgi du passé. Dans ce pays étrange, effrayant mais fascinant, dominé par la douane volante, il va vivre des aventures extraordinaires. Gwen l'Egaré parviendra-t-il à retrouver sa terre natale ou son destin sera-t-il à jamais lié à Jorn, le redoutable officier de la douane volante? Une fresque magnifique, entre roman fantastique et récit initiatique, dans laquelle François Place révèle toute la dimension de son talent d'écrivain. Avec Gwen le Tousseux, laissez-vous emporter au-delà des frontières du réel et du temps.

Auteur : François Place est né le 26 avril 1957 à Ezanville, dans le Val d'Oise. Il suit les cours d'expression visuelle à l'Ecole Estienne, avant de se lancer dans l’illustration. En tant que dessinateur, il a travaillé dans les domaines de l'audiovisuel, la presse d'entreprise, l'édition et la publicité. Ses premières illustrations de livres pour enfants paraissent en 1983 et il se met à écrire ses premiers textes. Il révèle son talent d'auteur en 1992 avec la parution de l'ouvrage "Les derniers géants", livre qui sera récompensé par de nombreux prix. Il a reçu depuis le Grand Prix de la foire de Bologne pour l' "Atlas des Géographes d'Orbae" ainsi qu'un prix spécial des Librairie Sorcières.

Mon avis : (lu en juin 2010)
J’ai lu ce livre en premier lieu parce qu’il se passe en Bretagne, enfin au début… et parce qu’il m’a été conseillé à mon Café Lecture préféré !
Ce n’est pas le genre de lecture sur lequel je me jette avec avidité, car je ne suis vraiment pas fan de fantastique. Mais comme c’est un roman « jeunesse » et qu’il ne fait que 300 pages, je me suis laissée tenter.

Au début de l'histoire, Gwen le Tousseux a quatorze ans, au retour de sa première campagne de pêche il est soigné par le vieux Braz, un rebouteux. Celui-ci va l'initier aux plantes. Peu de temps après, le vieux Braz meurt et laisse à Gwen sa maison et sa montre. Il est alors jalousé par le village et mis à l'écart. Un soir, il est lâchement attaqué et on lui vole la montre. Gwen est alors emmené dans une charrette noire tirée par un cheval noir dans un pays imaginaire le pays des Douze Provinces où règne la Douane Volante. C'est un monde d'où il est impossible de sortir. Il va rencontrer l'officier
Jorn qui va vouloir exploiter le don de rebouteux dont Gwen semble avoir également hérité du vieux Braz. Il va adopter un drôle d'oiseau, un pibil siffleur qui va l'aider à développer son don. Il va également rencontrer un chirurgien, puis étudiera pour devenir médecin... Pendant ce temps là, en France c'est la Première Guerre Mondiale.
J’ai eu un peu de mal au début à être intéressée par l’histoire puis je me suis laissé prendre au jeu et finalement j’ai passé un bon moment en lisant ce livre. J’ai bien aimé l’évolution du personnage de Gwen qui au cours du livre passe de l’enfance à l’âge adulte. Il est questions de médecine, on retrouve certains éléments des légendes bretonnes, l'atmosphère est souvent sombre, humide et froide. L'auteur dit s'être inspiré des tableaux de Jan Van Goyen, peintre hollandais du XVIIème siècle.

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L’illustration de la couverture a été faite également par François Place.

Extrait : (début du livre)
La Bretagne, c'est ce grand bout de granit qui termine la France, à l'extrême pointe du continent : Finis Terrae, disent les savants. L'océan vient s'y fracasser. Les gens qui vivent là ont toujours eu de l'eau salée dans les veines. Moi, je n'avait pas quatorze ans quand j'ai embarqué pour ma première campagne de pêche. C'était au plus fort de l'hiver, et peu importe la coque de noix sur laquelle j'ai frotté mes sabots, peu importent les jours et les nuits à vider le poisson, les mains plongées dans l'eau glacée, peu importe la méchanceté crasse de ce maudit équipage et son capitaine à moitié fou, peu importe, finalement, puisque j'en suis revenu vivant. Tremblant comme une feuille et claquant des dents, mais vivant. Sitôt débarqué, on m'a couché sur un lit d'algues au fond d'une carriole, avec pour toute compagnie un tas de poissons aux yeux ronds, et roule ! Mes poumons cherchaient l'air comme une vieille baudruche crevée.

Il faisait nuit quand on m'a déposé à la sauvette devant la porte de la ferme. Une nuit froide, criblée d'étoiles. Ma mère n'y croyait pas, de me voir revenir dans cet état. Un bon à rien, aurait dit mon père. Ça, il faut dire que je n'étais plus bon à grand-chose. J'étais parti petit et souffreteux, les épaules guère plus larges que celles d'une sardine, et voilà que je revenais chez moi en tirant des traites sur ce maigre capital, avec une échéance à court thème, mon état ne laissant aucun doute sur mes faibles chances de passer l'hiver.

20 mars 2010

La gare de Rachid – Pascal Garnier

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Syros – avril 2000 – 55 pages

Syros - avril 2003 -

Quatrième de couverture :

Depuis qu'il a quitté son pays, Rachid est balayeur dans une grande gare parisienne. Cette gare, c'est sa vie jusqu'au jour où on le licencie. « Sa journée terminée, il ne reviendrait plus à la gare... C'était impensable, comme s'il venait d'apprendre sa propre mort. Il descendit lentement les marches en se tenant à la rampe. L'air n'y était pourtant pas bien propre mais c'était son air, celui qu'il respirait tous les jours depuis tellement d'années... Alors, quelque chose se redressa en lui, quelque chose qui ne voulait pas mourir de crise économique ».

Auteur : Né en 1949, nouvelliste et romancier, Pascal Garnier a construit une œuvre partagée entre la littérature sombre (aux marges du roman noir) et la littérature pour la jeunesse.
Il a publié une cinquantaine de livres. Il est décédé le 5 mars 2010.

Mon avis : (lu en mars 2010)

Pour participer à l'hommage proposé par Stephie, je cherchais un titre de Pascal Garnier à lire sur un site de vente de livres en ligne, et je reconnais la couverture de « La gare de Rachid », livre que j'avais en réserve pour offrir à un anniversaire ou... Je ne l'avais jamais lu et je me suis dis que c'était vraiment l'occasion de la faire. C'est un livre jeunesse destiné aux 13 ans et plus. L'illustration de la couverture et de la quatrième de couverture (pour l'édition d'avril 2000 ) est également l'œuvre de Pascal Garnier.

Un jour Rachid a quitté son pays, il est arrivé dans une gare parisienne avec une phrase en français « S'il vous plaît monsieur, je cherche du travail... ». Il réussi alors à obtenir un travail de balayeur dans cette gare parisienne. Depuis ce jour, cette gare est sa vie, il en connait tous les recoins. Malheureusement, un jour on le licencie « Non, il n'avait pas fait de faute de professionnelle, oui il avait toujours été un bon employé, personne n'avait jamais eu à se plaindre de lui. Mais le personnel coûte cher, les charges sociales, etc. Et puis, avec les nouvelles machines, un seul technicien de surface fera le travail de dix balayeurs et plus efficacement ! » Et malgré tout, Radid continue comme si de rien n'était à balayer sa gare. Mais ses maigres économies s'épuisent peu à peu. Rachid quitte son hôtel pour s'installer dans un wagon abandonné...

C'est un texte sur l'immigration, beau et émouvant. Pascal Garnier retrace la vie de ce balayeur algérien avec beaucoup de pudeur, de sensibilité et de poésie. Au début il nous conte la réalité puis l'histoire bascule dans comme dans un rêve.

Extrait : (début du livre)

L'arrivée du train de 9h51 en provenance de Marseille fit s'envoler une poignée de pigeons gris qui s'éparpillèrent en applaudissant du bout des ailes dans le ciel rouillé de la gare. Appuyé sur son balai, Rachid les regarda se poser un à un sur les poutrelles métalliques qui s'entrecroisaient au-dessus du réseau compliqué des rails. La verrière était si poussiéreuse que, quelle que soit la saison, il faisait toujours le même temps, blanc-jaune le jour, bleu électrique la nuit. Ni ces pigeons ni Rachid ne connaissaient d'autre ciel que celui de la gare et ça suffisait largement. Rachid n'aurait pas pu dire depuis combien de temps il travaillait ici, ses souvenirs n'arrivaient pas à remonter si loin. Il avait bien quelques images de ciel bleu sans limite, sans nuage au-dessus d'une mer aussi bleue et aussi plate qui traînaient tout au fond de lui mais tout cela était rangé dans un coin de sa tête où il ne mettait plus les pieds depuis bien longtemps. C'était dans un autre pays, dans un autre temps, presque dans une autre vie. Sa vraie vie, celle de tous les jours, avait commencé juste à la descente de ce train de 9h51 en provenance de Marseille. Comme elle lui avait paru grande cette gare, immense, plus grande que tout ce qu'il avait connu de grand jusqu'alors, c'est-à-dire la mosquée de son village et on aurait pu en mettre au moins dix là-dedans.

Lu dans le cadre de l'hommage

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Déjà lu du même auteur :

lune_captive_dans_un_oeil_mort Lune captive dans un œil mort   la_th_orie_du_panda La Théorie du panda

3 juin 2010

Charleston Sud – Pat Conroy

Lu dans le cadre du challenge_100_ans_article_300x225

charleston_sud Albin Michel – octobre 2009 – 583 pages

traduit de l’anglais Marie-Lise Marlière et Guillaume Marlière

Quatrième de couverture :
Les romans de Pat Conroy débordent de générosité. Attendue depuis des années par les lecteurs du Prince des marées et de Beach Music, sa nouvelle saga, formidable hymne à la Caroline du Sud dont il est originaire, confirme sa réputation de monstre sacré de la littérature américaine. Chronique familiale, Charleston Sud est aussi l'histoire d'une génération. Celle du narrateur, Leo King, et d'un groupe d'adolescents venus de tous horizons : rejetons de l'aristocratie locale, orphelins des Appalaches, fils de l'entraîneur noir de football, et jumeaux d'une étonnante beauté, Sheba et Trevor Poe, qui tentent d'échapper à une mère psychotique. Le récit alterne entre 1969, année glorieuse où Leo et ses amis partent à l'assaut des barrières religieuses, sexuelles, sociales et raciales de Charleston, et 1989, où Sheba, devenue une star d'Hollywood, les supplie de retrouver son frère gay, disparu à San Francisco.
Le grand roman d'un écrivain hors normes dont la passion pour la vie et l'écriture ne connaît pas de limite.

Auteur : Né à Atlanta en 1945, Pat Conroy publie son premier roman en 1972, mais c'est Le grand Santini (1989) qui le fait vraiment connaître du public. Il rencontre un succès international avec Le Prince des Marées, qui sera adapté au cinéma en 1991 par Barbara Streisand. Il publiera ensuite Beach music et Saison noire.

Mon avis : (lu en juin 2010)

Avec ce livre, Pat Conroy nous raconte la ville de Charleston à travers de nombreux personnages et l’histoire d’une génération sur plus de vingt années à partir de 1969.

La mère de Leo King, le narrateur, est une fervente catholique et admiratrice de James Joyce, elle est proviseur de du lycée et le père de Leo y est professeur de sciences. A l’âge de huit ans, Leo a découvert son frère aîné suicidé. Il est tombé dans la dépression, il a fait des séjours en hôpital psychiatrique et il est suivi par une psychanalyste. A l’âge de quatorze ans il est trouvé au lycée en possession de cocaïne. Depuis Leo est en liberté surveillée, condamné à des travaux d’intérêt général. En 1969, il a 18 ans et il va faire plusieurs rencontres qui le marqueront pour toute sa vie : les orphelins fugueurs Starla et Niles, les jumeaux Sheba et Trevor Poe, Molly et Chad, un jeune couple de bonne famille et Ike Jefferson le fils de l’entraîneur noir du lycée. Nous retrouverons la bande d'amis en 1989 et l’auteur nous emmènera dans les bas fonds de San Francisco avant un retour à Charleston pour la conclusion.

Une histoire d'amitié et d'amour d’un groupe de copains superbes et improbables, une histoire avec de nombreux rebondissements qui m’a enchantée. Les personnages sont attachants et les descriptions de Charleston sont très belles. J’ai dévoré ce livre avec vraiment beaucoup de plaisir.

D'autres avis chez BoB.

Extrait : (page 23)
Les jardins de Charleston étaient des énigmes dissimulées dans des coffrets à bijoux couverts de lierre qui distillaient leurs parfums singuliers par-dessus de hauts murs. L'été s'était montré propice aux magnolias dont la floraison avait été tardive. Je passai devant un vieil arbre haut de quarante pied qui donnait l'impression d'avoir été choisi par une centaine de colombes désireuses de se trouver un compagnon. Mon odorat se réveilla à mesure que la température montait, tandis que la rosée commençait à brûler le jasmin et l'olivier de Chine. Mes aisselles se mouillèrent et je me mis à gratifier de ma propre odeur les rues où le café commençait à passer dans des cuisines invisibles, où le bruit des journaux frappant le bois tendre des auvents résonnait comme si des rougets sautaient de joie dans des lagons géants. Une fois que j’eus tourné à droite dans Legare, je filai à toute allure et réussis mon jet le plus long de toute la matinée en direction de l’hôtel particulier qui se trouvait derrière la Sword Gate House. Le journal atteignit la troisième marche. En arrivant au bout de la rue, devant la Ravenel House, je fis le premier véritable raté d’une matinée remarquable par sa précision mécanique, et j’envoyai un journal dans un massif de camélias gigantesques. Je descendis de bicyclette, franchis la porte, récupérai le journal dans les branches supérieures et le lançai devant l’entrée. Le petit nez noir d’un épagneul king charles nommé Virginia pointa sous le bas de la clôture d’une maison faisant face à celle des Ravenel ; j’expédiai vigoureusement un journal au fin fond de la cour où ce chien délicieusement tricolore le retrouva en un clin d’œil et le porta triomphalement sur le paillasson de son maître. Après avoir effectué ce lancer, je jetai dans cette même cour un petit biscuit pour chiens que Virginia alla récupérer avec une grande dignité.

Quand on m'avait attribué cet emploi, trois ans plus tôt, tout ce qui avait éclairé ma vie jusqu'alors avait dévié, disparu. Aussi m'étais-je promis de bien faire ce travail. Si j'entendais un client farfouiller dans son jardin pour trouver son journal du matin, je l'appelais toujours pour m'excuser. Un bon livreur de journaux se devait d'être le modèle d'à propos, de ténacité et d'exactitude que je voulais offrir à mes clients. C'était ce qu'Eugene Haverford m'avait enseigné de son ton bougon durant ma semaine d'orientation.

31 mai 2010

Delirium tremens – Ken Bruen

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Gallimard – novembre 2004 – 312 pages

Folio – juin 2006 – 383 pages

traduit de l’anglais (Irlande) par Jean Esch

Quatrième de couverture : Il n'y a pas de détectives privés en Irlande. Les habitants ne le supporteraient pas. Le concept frôle de trop près l'image haïe du mouchard. Jack Taylor le sait. Viré pour avoir écrasé sciemment son poing sur le visage d'un ministre, cet ancien flic a gardé sa veste de fonction et s'est installé dans un pub de Galway. Son bureau donne sur le comptoir. Il est chez lui, règle des broutilles, sirote des cafés noyés au brandy et les oublie à l'aide de Guinness. Il est fragile et dangereux. Une mère qui ne croit pas au suicide de sa fille de seize ans le supplie d'enquêter. " On l'a noyée " sont les mots qu'elle a entendus au téléphone, prononcés par un homme qui savait. De quoi ne plus dormir. Surtout si d'autres gamines ont subi le même sort. Surtout si la police classe tous les dossiers un par un...

Auteur : Ken Bruen est né en 1951 à Galway. Après une carrière qui le mène en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud, il crée les inspecteurs Roberts & Brant, puis le privé Jack Taylor dont Delirium Tremes est la première enquête. Son style incisif et la férocité désarmante de ses personnages l'ont d'emblée placé parmi les meilleurs d'une génération en passe de renouveler le roman noir anglo-saxon.

Mon avis : (lu en mai 2010)
J’avais fait connaissance avec Jack Taylor lors de sa troisième enquête Le Martyre des Magdalènes.
Comme le suggère le titre de ce livre, l'auteur nous donne une vision de l’Irlande un peu embrumée par les abus d’alcool... On découvre ce beau pays à travers le whisky et la Guiness. L'intrigue policière n'est pas l'essentiel, le personnage de Jack Taylor est le centre de ce polar. C’est un ancien policier devenu détective privé, il enquête sur le suicide suspect d’une adolescente. C’est un anti-héros attachant qui combat surtout pour résoudre ses problèmes et lutter contre son alcoolisme. Autour de lui gravite également une galerie de personnages remarquables.
L'écriture est vive, pleine d'humour et de dérision. Cette histoire est malgré tout pleine d'humanité. J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à suivre Jack Taylor. Et je compte bientôt retrouver Jack Taylor dans une nouvelle enquête…

Extrait : (début du livre)
Il est quasiment impossible de se faire renvoyer de la Garda Siochana. Il faut vraiment y mettre du sien. Tant que vous ne devenez pas un objet de honte, ils sont prêts à tolérer presque n'importe quoi.
J'avais atteint la limite. Plusieurs
Mises en garde
Avertissements
Dernières chances
Sursis
Et je ne m'améliorais toujours pas.
Je ne dessoulais pas non plus. Ne vous méprenez pas : les gardai et l'alcool entretiennent une vieille relation, presque amoureuse. A vrai dire, un garda abstinent est considéré avec méfiance, quand ce n'est pas avec une totale dérision, à l'intérieur et l'extérieur de la police.
Mon supérieur à la caserne de formation disait : « On aime tous boire une pinte. »
Hochements de tête et grognements chez les jeunes recrues. « Et le public aime qu'on aime ça. »
De mieux en mieux.
« Ce qu'ils n'aiment pas, c'est les canailles. »

Dix ans plus tard, j'en étais à mon troisième avertissement. Je fus convoqué devant un responsable, et on me conseilla de me faire aider.
- Les temps ont changé, mon gars. De nos jours, il existe des programmes de soins, des centres spécialisés, toutes sortes d'aides. Avoir un penchant pour la bouteille, c'est plus une honte. Là-bas, vous côtoierez le clergé et les politiciens.
J'avais envie de dire : - C'est censé me motiver ?
Mais j'y suis allé. Une fois libéré, je suis resté sobre pendant quelque temps, mais, petit à petit, je me suis remis à boire. 
Il est rare qu'un garda soit affecté chez lui, mais on estimait que ma ville natale me serait bénéfique.
Une mission un soir de février dans un froid mordant. Noir comme dans un four. Mise en place d'un contrôle de vitesse à la périphérie de la ville. Le sergent avait stipulé : « Je veux des résultats, pas d'exceptions. »
Mon collègue était un type de Roscommon nommé Clancy. D'un tempérament accommodant, il semblait ignorer mon alcoolisme. J'avais emporté une thermos de café, blindée au brandy. Tout se passait bien.
Trop bien.
C'était calme. L'info concernant notre emplacement s'était répandue. Les automobilistes respectaient la limitation de vitesse de manière suspecte. Clancy poussa un soupir et dit :
- Ils nous ont repérés.
- C'est sûr.
C'est alors qu'une Mercedes passa en trombe. Clancy s'exclama :
- Nom de Dieu !
J'enclenchais la marche avant et on démarra. Assis à la place du mort, Clancy dit :
- Ralentis, Jack. Vaut mieux laisser tomber.
- Hein ?
- La plaque... tu l'as vue ?
- Ouais, et alors ?
- C'est un type du gouvernement.
- C'est scandaleux !
Je fis beugler les sirènes, mais dix bonnes minutes s'écoulèrent avant que la Merco s'arrête. Au moment où j'ouvrais ma portière, Clancy me retint par le bras et dit :
- Un peu de doigté, Jack.
- Ouais, c'est ça.
Je frappai à la vitre du conducteur. Il prit tout son temps pour la baisser. Avec un petit sourire narquois sur les lèvres, le chauffeur demanda :
- Il y a le feu quelque part ?
- Descendez.
Avant qu'il ait le temps de réagir, un homme assis à l'arrière se pencha et demanda :
- Que se passe-t-il ?
Je le reconnus. Un politicien en vue. Je dis :
- Votre chauffeur conduisait comme un dingue.
Il demanda : - Savez-vous à qui vous parlez ?
- Oui. Au peigne-cul qui a niqué les infirmières.
Clancy essaya d'intervenir et il murmura :
- Bon Dieu, Jack, arrête.
Le politicien était descendu de voiture et il s'approchait de moi. Indigné au plus haut point, il braillait :
- Je vous ferai foutre dehors, espèce de blanc-bec impudent. Vous savez ce qui va se passer ?
Je répondis : - Je sais exactement ce qui va se passer.
Et je lui écrasai mon poing sur la gueule.

29 mai 2010

Chinoises - Xinran

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (19/26)

chinoises_ chinoises

Éditions Philippe Picquier – janvier 2003 – 336 pages

Philippe Picquier poche – janvier 2005 – 351 pages

Présentation de l'éditeur :
Un dicton chinois prétend que " dans chaque famille il y a un livre qu'il vaut mieux ne pas lire à haute voix ". Une femme a rompu le silence. Durant huit années, de 1989 à 1997, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission au cours de laquelle elle invitait les femmes à parler d'elles-mêmes, sans tabou. Elle a rencontré des centaines d'entre elles. Avec compassion elle les a écoutées se raconter et lui confier leurs secrets enfouis au plus profond d'elles-mêmes.
Épouses de hauts dirigeants du Parti ou paysannes du fin fond de la Chine, elles disent leurs souffrances incroyables : mariages forcés, viols, familles décimées, pauvreté ou folie... Mais elles parlent aussi d'amour. Elles disent aussi comment, en dépit des épreuves, en dépit du chaos politique, elles chérissent et nourrissent ce qui leur reste.

Un livre bouleversant, " décapant, à lire de toute urgence pour voir l'importance du trajet que la femme chinoise a dû et doit encore accomplir " (Diane de Margerie, Le Figaro littéraire).

Auteur : Xinran est née à Pékin en 1958. En 1997, elle s'installe à Londres et se marie. Chinoises est son premier livre. Il paraît dans vingt pays, dont la Chine.

Mon avis : (lu en mai 2010)
J’ai déjà lu et beaucoup aimé les livres « Funérailles célestes » et « Baguettes chinoises » du même auteur. « Chinoises » est son premier livre. Ce livre n’est pas un roman, mais un livre de témoignages de femmes chinoises qui se sont livrées auprès de l’auteur lorsqu’elle animait une émission de radio la nuit. Xinran a écrit ce livre pour témoigner et contribuer à un changement. On découvre des conditions de vie effroyables de la femme chinoise lors de la Révolution culturelle.

J’ai été bouleversée par chacune de ces histoires marquantes sur la souffrance de femmes qui subissent des violences. Un livre magnifique où les histoires de chacune des femmes sont émouvantes et m'ont fait pleurer. En tant que femme, on réalise la chance que nous avons de vivre à notre époque dans un pays "privilégié" et que dans certains pays comme la Chine ce n'est pas simple d'être une femme...

Extrait : (page 17)

Personne ne m'a félicitée d'avoir sauvé cette jeune fille, par contre, j'ai eu droit à des critiques pour « avoir mis les troupes en branle et troublé l'ordre public » et avoir gaspillé le temps et l'argent de la station de radio. Ces reproches m'ont ébranlée. Une jeune fille s'était trouvée en danger et quand on allait à son secours, on vous accusait de « dilapider les deniers publics ». Que valait donc la vie d'une femme en Chine ?

Cette question a commencé à me hanter. La majeure partie des lettres que je recevais à la station de radio étaient écrites par des femmes. Leurs lettres étaient souvent anonymes, ou écrites sous un nom d'emprunt. Ce qu'elles me racontaient me surprenait et me choquait profondément. Je croyais connaître les Chinoises. A les lire, je me suis rendu compte à quel point je me trompais. Mes compatriotes menaient des vies et se débattaient avec des problèmes dont je n'avais pas la moindre idée.

Nombre des questions qu'elles posaient avaient trait à la sexualité. L'une d'elles voulait savoir pourquoi les battements de son cœur s'accéléraient quand il lui arrivait d'entrer accidentellement en contact avec le corps d'un homme dans le bus. Une autre demandait pourquoi elle se mettait à transpirer quand un homme lui touchait la main. Pendant trop longtemps, toute discussion ayant trait à la sexualité avait été interdite et tout contact physique entre un homme et une femme qui n'étaient pas mariés avait encouru la condamnation publique – avait été combattu, et même puni d'emprisonnement. Jusqu'aux « conversations sur l'oreiller » entre mari et femme qui pouvaient servir de preuves d'un comportement délinquant ; dans les querelles de famille, les gens menaçaient souvent de dénoncer leurs conjoints à la police pour s'y être adonnés. En conséquence de quoi, deux générations de Chinois avaient grandi en se défiant de leurs instincts naturels. Moi-même, j'étais si ignorante qu'à l'âge de vingt-deux ans j'avais refusé de donner la main à un professeur pendant que nous assistions à un feu d'artifice, de peur d'être enceinte. Ce que je connaissais de la conception, je le tenais d'un vers glané dans un livre : « Ils se tinrent la main au clair de lune... Au printemps, ils eurent un fils vigoureux. » Cela m'a donné envie d'en savoir plus sur les vies intimes des Chinoises et j'ai décidé de débuter mon enquête par l'étude de leur environnement culturel.

Livre lu dans le cadre du logo_challenge_ABC- (19/26)

Déjà lu du même auteur :

Baguettes_chinoise Baguettes chinoises    fun_railles_c_lestes1 Funérailles célestes

12 mai 2010

Jungle - Monica Sabolo

jungle  jungle_p

Jean-Claude Lattès - mars 2005 - 299 pages

Livre de Poche – mars 2007 – 248 pages

Quatrième de couverture:
"Julia avait toujours peur de me perdre. Quand nous avions dix ans, elle m'avait planté une aiguille dans le bras parce-que je lui avait parlé de Sophie, une fille de ma classe qui m'avait invitée à venir voir son aquarium tropical. A quinze ans elle m'avait écrit une lettre mélodramatique qu'elle avait signé de gouttes de sang séché, juste parce-que j'allais quelques fois dormir chez Yukiko, une petite japonaise neurasthénique. A dix-sept ans elle m'avait avoué qu'elle pensait souvent à ma mort. Le soir dans son lit, elle visualisait tous les détails de mon enterrement, le corbillard, le cercueil, sa robe à elle, en dentelle noire et la poignée de terre qu'elle jetait dans la tombe. Enroulée dans son drap, elle sanglotait, en proie à une exaltation terrifiante."
En déroulant les vies aventureuses de Louise et Julia, Monica Sabolo signe un livre lumineux d'humour et de grâce sur cet âge vertigineux où la vie est aussi sauvage qu'au coeur d'une forêt tropicale. Jungle ou l'épopée de l'adolescence.

Auteur : Monica Sabolo est née en Italie et vit à Paris. Jungle est son second roman.

Mon avis : (lu en mai 2010)
Cela commence par le suicide de Julia. Pourquoi en est-elle arrivée là ? Flash-back, retour sur la première rencontre à l'âge de huit ans de Julia et Louise et la naissance de leur amitié. Elles sont toutes deux très différentes, Louise est un peu « garçon manqué », elle est passionnée de nature, collectionne les escargots, grenouilles, « elle passe son temps en expéditions, elle part ramper dans le jardin... » Julia est tout le contraire, elle a des robes improbables avec dentelles et frou-frou, elle a des allures d'une reine de beauté. Elle veut devenir une star. Julia et Louise deviennent les meilleurs amies du monde. Une amitié qui va se prolonger durant leur adolescence chaotique.

Roman à la fois émouvant et drôle qui se lit facilement, j'ai beaucoup aimé le personnage de Louise qui rêve d'aller en Guyane capturer un anaconda de plus de dix mètres !

Un grand merci à Blog-O-Book et aux éditions Livre de Poche pour cette découverte !

Extrait : (page 11)
Le jour où j'ai rencontré Julia, mon père nous a prises en photo dans le jardin de la maison, juste devant l'étang.
Sur le cliché, on voit deux fillettes, le visage éclaboussé de lumière. La brune, avec une robe à volants et l'air d'une reine de beauté, sourit de toutes ses dents. La blonde, qui a une coupe de cheveux très courte et très ratée, se tient en retrait en grimaçant. Elle a l'air beaucoup plus maigre que l'autre, et sa posture – les mains sur les hanches – fait ressortir ses os pointus.
Quand on s'attarde sur les détails, on remarque que la brune porte un ruban blanc pour retenir sa queue de cheval, et que la blonde a un trou dans son tee-shirt, juste au-dessus du nombril, à gauche. Le tee-shirt est vert avec des rayures blanches sur les épaules et un grand 12 sur la poitrine. On dirait qu'elle va jouer au foot.
La robe de l'autre est pleine de dentelles, et la serre à la taille de façon déraisonnable. Sa couleur ivoire fait ressortir la pâleur du visage, lui donnant une allure un peu inquiétante de revenant ou d'infante malade. On voit à son expression qu'elle est persuadée que sa tenue est une réussite.
Au dos de la photo, quelqu'un a écrit : Louise et Julia, juillet 1979.
Mais on ne voit pas tout sur cette photo.
On ne respire pas le parfum poudré de la peau de Julia. On ne voit pas Barnabé, mon lézard, caché dans la poche de mon short. On ne voit pas ma mère couchée sur une chaise longue, dans une robe rouge à pois, ses grandes jambes luisantes comme celles d'une Barbie en plastique. On ne voit pas M. Lambert qui raconte des histoires drôles, avec sa main qui replace ses cheveux dans un geste d'acteur américain, pendant que mon père prend tout le monde en photo.
On ne voit pas que l'heure est grave. Que je traverse une crise politique sans précédent. Que mon territoire est menacé.
L'envahisseur est à côté de moi, avec son foutu sourire de conquérante.

Livre lu dans le cadre du partenariat logo_bob_partenariat et  logo

30 avril 2010

Hommage à Denis Guedj

Denis Guedj est un auteur que j'ai découvert avec son célèbre Théorème du perroquet et j'ai également déjà lu Les Cheveux de Bérénice et Zéro ou les cinq vies d'Aémer (avant l'existence de ce blog).

Je vous propose de lui rendre hommage en découvrant son œuvre, en lisant au moins un livre de Denis Guedj durant les 2 mois prochains.

hommage_denis_guedj

L’écrivain et mathématicien Denis Guedj, professeur d’histoire et d’épistémologie des sciences mais aussi comédien et scénariste, est mort samedi à l’âge de 69 ans, a annoncé sa famille.

Né en 1940 à Sétif (Algérie), il est l’auteur de nombreux essais et romans mettant en scène les sciences, les mathématiques et leur histoire. Il a collaboré au quotidien Libération jusqu'à 1997, écrivant des chroniques qui ont été rassemblées dans l’ouvrage La gratuité ne vaut plus rien (Le Seuil 1997).

Denis Guedj a atteint la notoriété en 1998 avec la publication de son roman Le Théorème du perroquet (Seuil), une odyssée sur l’origine et la petite histoire des mathématiques. Dans ce livre entre récit d’aventure et polar, il fait revivre la naissance des mathématiques, les lieux où elles ont été créées. On y apprend par exemple que les «chiffres arabes», de 1 à 9, ne sont pas si arabes que cela…

Il a aussi publié en 2000 Le Mètre du monde (Seuil) dans lequel il raconte comment le système métrique décimal s’est imposé pendant la Révolution française.

En 2005, il a publié un roman sur l’invention du zéro, à travers la vie de cinq femmes, à cinq époques différentes dans Zéro (Robert Laffont), et en 2007, chez le même éditeur Villa des hommes dans lequel il fait se rencontrer en 1917 dans un hôpital psychiatrique un vieux mathématicien allemand célèbre et un jeune soldat français.

Au cinéma, il a notamment écrit et réalisé une fiction documentaire La vie, t’en as qu’une en 1978. Il était enseignant à l’université Paris VIII.

(Source AFP)

Bibliographie :

  • La Méridienne (1987)

  • La Révolution des savants (1988)

  • L'Empire des nombres (1996)

  • La Gratuité ne vaut plus rien et autres chroniques mathématiques (1997)

  • Le Théorème du Perroquet (1998)

  • Génis ou le Bambou parapluie (1999)

  • Le Mètre du monde (2000)

  • La Bela - Autobiographie d'une caravelle (2001)

  • One Zero Show - Du point à la ligne (2001)

  • Les Cheveux de Bérénice (2003)

  • Zéro ou les cinq vies d'Aémer (2005).

  • Villa des hommes (2007)

  • Les mathématiques expliquées à mes filles (2008)

Je me propose donc de recenser toutes vos lectures régulièrement, il vous suffira de venir les signaler ici ou en utilisant "Contacter l'auteur" de mon blog lors de la parution de vos billets.

J'espère que vous serez nombreux à vous joindre à cet hommage et à diffuser l'information autour de vous. Merci d'avance.

Voir le 1er bilan de cet hommage... je propose de prolonger l'hommage jusqu'à fin septembre

Déja lu du même auteur :  guedj_le_theoreme_ Le Théorème du perroquet    

28 avril 2010

Fille noire, fille blanche – Joyce Carol Oates

Lu dans le cadre du challenge_100_ans_article_300x225

fille_noire__fille_blanche Philippe Rey – octobre 2009 – 380 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Claude Seban

Présentation de l'éditeur :

Elles se rencontrent au cœur des années soixante-dix, camarades de chambre dans un collège prestigieux où elles entament leur cursus universitaire. Genna Meade, descendante du fondateur du collège, est la fille d'un couple très " radical chic ", riche, vaguement hippie, opposant à la guerre du Vietnam et résolument à la marge. Minette Swift, fille de pasteur, est une boursière afro-américaine venue d'une école communale de Washington. Nourrie de platitudes libérales, refusant l'idée même du privilège et rongée de culpabilité, Genna essaye sans relâche de se faire pardonner son éducation élitiste et se donne pour devoir de protéger Minette du harassement sournois des autres étudiantes. En sa compagne elle voit moins la personne que la figure symbolique d'une fille noire issue d'un milieu modeste et affrontant l'oppression. Et ce, malgré l'attitude singulièrement déplaisante d'une Minette impérieuse, sarcastique et animée d'un certain fanatisme religieux. La seule religion de Genna, c'est la piété bien intentionnée et, au bout du compte inefficace, des radicaux de l'époque. Ce qui la rend aveugle à la réalité jusqu'à la tragédie finale. Une tragédie que quinze ans - et des vies détruites - plus tard, elle tente de s'expliquer, offrant ainsi une peinture intime et douloureuse des tensions raciales de l'Amérique.

Auteur : Née en 1938, Joyce Carol Oates a publié son premier roman en 1963. Membre de l'Académie américaine des Arts et des Lettres, professeur de littérature à Princeton, titulaire de multiples récompenses littéraires (dont le prix Femina étranger en 2005), Joyce Carol Oates occupe depuis longtemps une place au premier rang des écrivains contemporains avec Blonde, Eux, Bellefleurs, Confessions d’un gang de filles, Nous étions les Mulvaney.

Mon avis : (lu en avril 2010)

Ce livre se passe aux États-Unis, à l'automne 1974, c'est la rentrée du Schuyler College. Deux étudiantes Minette, fille noire et Genna, fille blanche vont partager la même chambre de Haven Hall, une cité universitaire. La première, Minette Swift, est l’une des rares afro-américaines du campus, elle est d'origine modeste, fille d'un pasteur d'une église évangéliste de Washington. Elle a pu entrer à Schuyler School, grâce à une bourse d’étude, elle est la première de sa famille à faire des études supérieures. La seconde, Genna Meade, est l'arrière petite-fille du fondateur de la Schuyler School, elle est issue d’une famille aisée. Son père Max Meade est un célèbre avocat, défenseur des droits civiques. Elles sont toutes deux très différentes de caractère, Minette est disgracieuse, distante et froide, elle évite les contacts avec les autres élèves. Genna est élancée et elle est attentive à son prochain. Genna est déterminée à devenir l'amie de Minette, malgré le comportement de cette dernière qui l'ignore ou la repousse.

C'est Genna qui est la narratrice de ce «texte sans titre», revient, quinze après, sur sa première année d'université et son amitié ratée avec Minette. En effet, dès les premières lignes du livre, on sait que cette année se terminera par un drame. Et Genna se sent coupable de pas l'avoir empêchée. «Chaque jour de ma vie, depuis sa mort, j'ai pensé à Minette et au supplice de ses dernières minutes, car j'étais celle qui aurait pu la sauver, et je ne l'ai pas fait. Et personne ne l'a jamais su.» A travers ce livre on découvre les relations raciales qu'il existait à cette époque et l'on suit également les combats qui occupe Max Meade et le rend absent auprès de sa famille. Ces passages concernant Max Meade m'ont semblé brouiller un peu la cohérence du récit. Mais à part cette réserve, j'ai lu facilement et avec beaucoup d'intérêt ce livre. A découvrir !

Extrait : (page 203)

Nous étions camarades de chambre et amies. Peu à peu nous étions devenues amies. Mais Minette demeurait distante, réservée. On aurait pu dire que notre amitié était à sens unique, mais il me semblait que Minette m’aimait bien et m’acceptait. Son unique amie ! Son unique amie au Schuyler College.
Je fis sécher son gant en cachette. Lorsque je lui apportai, elle le regarda d’un air sceptique et me le prît avec lenteur. « Il est tout rétréci. »
Je lui expliquai que je l’avais trouvé dans le caniveau et que j’avais dû le laver. Minette l’enfila en forçant, plia les doigts. Parodiant l’accent des nègres du Sud, comme elle le faisait parfois pour produire un effet comique, elle dit : « Par-don, mais ce n’est pas mon gant.
- Quoi ? C’est ton gant. »
Mais je n’en étais plus si sûre. Minette était assise à son bureau, j’étais debout à côté d’elle. Nous examinâmes le gant sous toutes ses coutures, tandis qu’elle tournait lentement la main. « Non, ce n’est as le même. Un vieux machin jeté dans la rue, voilà ce que c’est.
- Où est l’autre gant, Minette ? On pourrait comparer.
- Pas besoin. Je t’ai dit que ce n’était pas le mien. »
Son visage s’était fermé. Elle était d’humeur irritable, je n’aurais pas dû l’interrompre : courbée sur sa table, elle travaillait à des problèmes de calcul en s’agitant et en soupirant. De temps en temps, elle ouvrait un tiroir pour y prendre des morceaux du crumble à la pêche que sa mère lui avait envoyé, arrosant de miettes ses papiers, ses vêtements et le sol.
« Si ce vieux machin te va, tu n’as qu’à le prendre », dit-elle en riant.
Elle retira le gant et me le jeta, à la façon d’une sœur aînée taquinant sa cadette. Je me dis que c’était un geste familier supposant une certaine affection ; je n’avais pas envie de penser qu’il supposait du mépris.

Lu dans le cadre du challenge_100_ans_article_300x225

Déjà lu du même auteur : nous__tions_les_Mulvaney Nous étions les Mulvaney

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