Lu dans le cadre du Baby Challenge Polar 2011
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Baby Challenge - Polar Livraddict : 7/20 déjà lus

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10/18 – septembre 1999 – 384 pages

10/18 – avril 2002 – 381 pages

traduit par Annie Hamel et Roxanne Azimi

Quatrième de couverture :
Suffragette avant l'heure, l'indomptable Charlotte Ellison contrarie les manières et codes victoriens et refuse de se laisser prendre aux badinages des jeunes filles de bonne famille et au rituel du tea o'clock.
Revendiquant son droit à la curiosité, elle parcourt avec intérêt les colonnes interdites des journaux dans lesquels s'étalent les faits divers les plus sordides.
Aussi bien le Londres des années 1880 n'a-t-il rien à envier à notre fin de siècle : le danger est partout au coin de la rue et les femmes en sont souvent la proie.
Dans cette nouvelle série " victorienne ", la téméraire Charlotte n'hésite pas à se lancer dans les enquêtes les plus périlleuses pour venir au secours du très séduisant inspecteur Thomas Pitt de Scotland Yard. Charmante Sherlock Holmes en jupons, Charlotte a déjà séduit l'Angleterre et les États-Unis. La voici partie à l'assaut de l'Hexagone.

Auteur : Juliet Hulme, habituellement connue sous son pseudonyme d'Anne Perry est un auteur de romans policiers victoriens. Elle est la fille d'Henry Hulme, astronome, physicien nucléaire et mathématicien qui, en vue de soigner sa tuberculose, l'envoya d'abord dans des sanatoriums aux Antilles puis en Afrique du Sud. Le choix de son père d'accepter en 1948 sa nomination comme recteur de l'Université de Canterbury (Nouvelle-Zélande), a certainement été influencé par la possibilité de faire soigner son enfant. La jeunesse d'Anne Perry fut mouvementée, puisqu'elle fut poursuivie et condamnée, en 1954, pour le meurtre de la mère d'une amie très proche, accompli avec celle-ci. Cet épisode tourmenté de sa vie est directement à l'origine du film 'Créatures célestes' (1994), coécrit et coproduit par son mari Peter Jackson, qui en assurera la réalisation. Son besoin d'écriture semble avoir toujours existé mais il lui faudra attendre une vingtaine d'années avant de voir ses efforts couronnés de succès par la publication en 1979 de 'L' Etrangleur de Cater Street', premier d'une longue série de succès mérités. Sans délaisser sa spécialisation victorienne, elle a toutefois fait quelques incursions dans le domaine de la littérature fantastique et a débuté une nouvelle série policière ayant pour cadre le Paris de la Révolution française. Elle vit aujourd'hui en Ecosse.

Mon avis : (lu en octobre 2010)

Ce roman se déroule à Londres, sous le règne de Victoria. C'est le premier de la série qui met en scène Charlotte Ellison et l'inspecteur Thomas Pitt.

Un série de meurtres mettant en scènes des jeunes femmes étranglées ont lieu dans Cater Street, et affole la famille Ellison et leurs voisins. C’est l'inspecteur Thomas Pitt est chargé de mener l'enquête.

Dans la famille Ellison, il y a trois filles, Sarah, l'aînée est mariée, la plus jeune, Emily, travaille ardemment à se trouver un mari. La dernière, Charlotte, est une fille atypique de la bonne bourgeoisie de Londres, elle refuse les règles rigides et absurdes de la bonne société, elle est trop intelligente et trop directe pour se trouver un mari. L'intrigue est passionnante et bien construite, mais ce roman est également une critique très juste de la société victorienne. Les confrontations entre Charlotte et l'inspecteur Thomas Pitt sont vraiment très amusantes. Les personnages de cette série sont vraiment bien décrits et très attachants. Après cette découverte, je lirai certainement d’autres épisodes pour retrouver Charlotte et Thomas Pitt !

Extrait : (début du livre)
Charlotte Ellison se tenait au milieu du salon désert, le journal à la main. Son père avait commis l'imprudence de le laisser traîner sur la desserte. Il désapprouvait ce genre de lecture, préférant lui fournir des informations qui lui semblaient mieux convenir à l'éducation d'une jeune fille. Cela excluait les scandales, l'ordre politique ou personnel, les controverses de toute nature et, bien entendu, les crimes : tout ce qui, en fait, présentait un intérêt !
Aussi Charlotte devait-elle se procurer les journaux à l'office où Maddock, le majordome, les gardait pour les lire avant de les jeter. Elle avait donc toujours au moins un jour de retard sur le reste des Londoniens.
Quoi qu'il en soit, elle avait un quotidien du 20 avril 1881 entre les mains, donc un journal du jour. La nouvelle la plus remarquable était celle de la mort de Mr Disraeli, la veille. Charlotte se demanda comment réagissait Mr Gladstone. Éprouvait-il une sensation de vide ? Un ennemi juré occupe-t-il une place dans la vie d'un homme qu'un véritable ami ? Certainement, oui. Dans le tissu des émotions, l'ennemi correspond à une erreur dans la trame.

Charlotte entendit des pas dans l'entrée et rangea très vite le journal. Elle n'avait pas oublié la colère de son père, le jour où il l'avait surprise en train de lire un quotidien du soir, trois ans plus tôt. Il s'agissait d'un article sur cette affaire de diffamation entre Mr Whistler et Mr Ruskin. C'était donc différent. Cependant, lorsqu'elle avait émis le désir d'en savoir plus sur la guerre des Zoulous, racontée par des journalistes présents sur les lieux, son père s'était montré tout aussi intraitable. Pour finir, ç'avait été Dominic, le mari de sa soeur, qui l'avait régalée de savoureux récits. Hélas, chaque fois avec un jour de retard !