Baguettes_chinoise traduction du chinois par Prune Cornet

Editions Philippe Picquier - janvier 2008 – 341 pages

Mot de l'éditeur

Après Chinoises et Funérailles célestes , Xinran revient avec l’histoire de trois sœurs qui, comme beaucoup d’autres femmes et hommes aujourd’hui en Chine, quittent leur village pour chercher fortune dans la grande ville. Sœurs Trois, Cinq et Six n’ont guère fait d’études, mais il y a une chose qu’on leur a apprise  : leur mère est une ratée car elle n’a pas enfanté de fils, et elles-mêmes ne méritent qu’un numéro pour prénom. Les femmes, leur dit leur père, sont comme des baguettes  : utilitaires et jetables. Les hommes, eux, sont les poutres solides qui soutiennent le toit d’une maison. Mais quand les trois sœurs quittent leur foyer pour chercher du travail dans la lointaine Nanjing, leurs yeux s’ouvrent à un monde totalement nouveau  : les buildings qui poussent aussi vite que les forêts de bambous, le trafic automobile, la liberté de mœurs et la sophistication des habitants, les anciens palais et les plaisirs culinaires – et les conditions de travail. Trois, Cinq et Six vont faire la preuve de leur détermination et de leurs talents, et quand l’argent va arriver au village, leur père sera enfin obligé de réviser sa vision du monde.«   J’ai été frappée par la volonté et la confiance en elles de ces femmes qui se font une place loin de leur village et leur famille, dit Xinran. Parmi toutes celles que j’ai rencontrées, ces trois femmes sont particulièrement chères à mon cœur, et leur destin résume celui de beaucoup d’autres semblables. » Baguettes chinoises ne raconte pas seulement une histoire humaine, lumineuse et émouvante, mais livre aussi le portrait d’une ville et d’une Chine en plein changement.

L'auteur : Xinran est née en 1958 à Pékin. Elle a été journaliste et a animé une émission de radio qui l'a rendue célèbre en Chine, où elle recueillait sans tabou les confidences des femmes. Son premier livre, Chinoises, et le suivant, Funérailles célestes, sont issus de cette expérience et l'ont fait connaître dans le monde entier. Depuis 1997, Xinran vit à Londres. Elle publie une colonne bimensuelle dans The Guardian sur les questions relatives à la Chine et tient le rôle de conseiller aux relations avec la Chine pour de grandes corporations comme la BBC.

Mon avis : 5/5 (lu en mars 2008)

« Les baguettes », c'est surnom qu'on donne aux petites filles, dans la province de l’Anhui, en Chine rurale et profonde. On l’oppose aux « poutres », les enfants mâles que tout homme marié doit engendrer pour ne pas voir sa lignée s’éteindre. Le père de nos héroïnes n’a pas eu cette « chance » : il n’a eu que des filles, qu’il s’est contenté de nommer par ordre d’apparition avec un chiffre. Il décide de les marier de façon à arranger ses affaires. Fiancée au fils infirme d’un puissant local, Trois est la première à s’enfuir pour Nankin, la grande ville. Avec l'aide de sympathiques autochtones, dont une « dame Tofu » des plus folkloriques, Trois va très vite s’épanouir et trouver du travail au restaurant « l’imbécile heureux », où ses compositions légumières fascinent les citadins. Et lorsqu’elle revient dans son village, chargée de billets, son père la considère d’un autre œil… au point de laisser deux de ses sœurs la suivre. Elles aussi vont trouver leurs voies.

J'ai beaucoup aimé ce livre qui nous explique bien les conditions de la femme en Chine. On voit l'opposition de la campagne et de la ville moderne (Nankin). On est admirative devant la volonté de s'en sortir de ses femmes venant de la Chine rurale et profonde. Elles sont travailleuses.

Extrait : « J’ai été frappée par la volonté et la confiance en elles de ces femmes qui se font une place loin de leur village et leur famille. Parmi toutes celles que j’ai rencontrées, ces trois femmes sont particulièrement chères à mon cœur, et leur destin résume celui de beaucoup d’autres semblables. »