la_foret_des_ombres Le Passage – août 2006 – 394 pages

Présentation de l'éditeur
Hiver 2006. Cœur de la Forêt-Noire. Le froid, la neige, l'isolement... Les conditions idéales pour écrire sur un tueur en série, retrouvé pendu voilà plus d'un quart de siècle. Le Bourreau 125.

Arthur Doffre, riche héritier, vieil homme paraplégique, souhaite le ramener à la vie par l'intermédiaire d'un roman. Un thriller que David Miller, auteur de polar occasionnel et embaumeur de profession, a un mois pour écrire, enfermé dans un chalet avec sa famille, Doffre et sa jeune compagne. Mais il est des portes qu'il vaut mieux laisser fermées... et très vite, la psychose s'installe. Ne reste alors qu'une seule solution : combattre ses peurs, repousser la folie, grouper ses maigres forces ; et affronter l'impensable...

La Forêt des ombres, huis clos infernal, nous entraîne dans les méandres de la folie et de la perversion.

Biographie de l'auteur
Franck Thilliez est l'auteur de La Chambre des morts (Prix Quais du polar 2006).
 

 

Mon avis : (lu en mai 2009)

Ce polar m'a donné des frissons... Les personnages sont ambigus, ils ont des secrets... L'auteur nous embarque dans un monde de folie, il sait nous tenir en haleine et nous perdre sur plusieurs pistes. Je reconnais que l'histoire est bien construite : c'est un huis clos dans un chalet sous la neige perdu au milieu de la Forêt Noire. L'atmosphère est oppressante. On explore les limites de la cruauté humaine... Bien sûr ce n'est qu'à la fin que l'on découvre la vérité. Le mélange action et psychologie est parfaitement dosé.

Pour ma part, je me suis retenue d'imaginer les scènes décrites tellement l'horreur est présente. Je ne suis pas vraiment friande de ce genre de policier où il y a une escalade dans le gore...

A lire si vous aimez les thrillers !

A éviter si comme moi vous faites parti des âmes sensibles car les descriptions sont précises et surtout très écœurantes !

 

Extrait : (page 139)
Le jeune homme traîna son escabeau jusqu'au charmant Bundy, non sans réprimer un certain dégoût. Le sang, qui avait gelé en gouttelettes noires, outrageait la blancheur ouatée déposée par la nature. Cette mort-là, puant la charogne, n'était pas la sienne, pas celle qu'on pouvait masquer à l'aide de produits conservateurs ou à coups de bistouri. Elle se déployait ici librement, sans tabou, et creusait toujours plus ces sculptures, secondées par la lente maturation du temps. Cette mort-là était celle de l'enfant que le meurtrier enterre et laisse pourrir dans son jardin, celle de l'adolescente, abandonnée ligotée contre un arbre, en proie aux bêtes sauvages. Cette mort-là était celle dont on ne parle jamais.
Seul sous ces cosses morbides, David la défiait, le yeux dans le yeux.

 

Extrait : (page 190)
En d'autres circonstances, l'épopée de David dans ce feu d'artifice de verdure, au volant d'un puissant 4X4, aurait été fantastique. Des hectares de silence. Des infinis rendus violets par la réfraction de la lumière à travers la glace. Des sculptures irréelles, que seul l'hiver savait modeler. Mais les événements des dernières heures donnaient à l'endroit une toute autre tonalité. Nettement plus terne, plus macabre.
David fixait le GPS lorsque l'arrière du véhicule se mit à chasser dramatiquement. Il écrasa la pédale de frein, entraînant la masse d'acier sur le côté gauche puis, dans un contrecoup, sur le côté droit. Il plaqua ses paumes sur le volant. Qu'est-ce qui s'était passé ?... Etait-il possible que...
Il descendit, l'oeil rivé au sol. A ses pieds, des traces de pas de petite taille, orientées vers le chalet. Des traces de course... Des traces de fuite. Celle de la femme aux cheveux noirs.
L' héroïne, échappée de son roman. Encore elle.
David se retourna vers la voiture. Alors ses joues se creusèrent, sa gorge se serra. Pneus avant et arrière gauche crevés ! 'Eh merde !' Il souffla dans ses mains nues, contourna le véhicule. Juste pour vérifier.
Les quatre pneus étaient à plat !

Extrait : le quatrième chapitre est en libre accès sur le site des livres de poche Pocket.