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A propos de livres...
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15 mars 2014

13 jours - Valentina Giambanco

Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226254337g Albin Michel - février 2014 - 542 pages

Quatrième de couverture :
L’assassin lui a donné 13 jours.
13 jours pour tenter de comprendre.
13 jours avant de plonger dans les ténèbres…
À Seattle, personne n’a oublié le mystère de la Hoh River : trois gamins enlevés, cachés dans les bois. Seuls deux d’entre eux avaient réapparu, incapables de se souvenir de ce qui leur était arrivé.
Vingt-cinq ans plus tard, un couple et ses deux fils sont sauvagement assassinés. Au-dessus de la porte de la chambre, le tueur a laissé un message : 13 jours.
Très vite convaincue que les deux affaires sont liées, puisque le père de famille qui vient d’être assassiné était l’un des trois enfants kidnappés, la police manque pourtant de preuves. Pour sa première grande enquête, l’inspecteur Alice Madison devra se fier à son instinct. Au cœur des forêts, le cauchemar va recommencer. Dans 13 jours.
Un premier roman sombre et obsédant, best-seller en Grande-Bretagne, qui a imposé Valentina Giambanco sur la scène du thriller britannique.

traduit de l'anglais par Isabelle Maillet

Titre original : The gift of darkness, 2013

Auteur : Valentina Giambanco est née en Italie. Elle est monteuse pour le cinéma et a travaillé sur de nombreux films à succès, anglais et américains. L'Offrande des ténèbres est son premier roman.

Mon avis : (lu en mars 2014)
Une famille de quatre personnes est retrouvée sauvagement assassinée. Les quelques indices trouvées sur place semblent accuser John Cameron un proche des victimes. C'est l'inspecteur Brown qui s'occupe de l'enquête avec Alice Madison, toute jeune inspecteur, comme équipière. Vingt cinq ans plus tôt, près de la Hoh River, le père de famille assassiné, James Sinclair, avait été enlevé en compagnie de deux autres camarades du même âge. L'un des trois enfants n’a jamais été retrouvé et les deux autres n'avaient jamais pu raconté ce qui s’était passé... Ces deux histoires ont-elles un rapport ?
Le lecteur découvre assez vite qui est le coupable mais reste à découvrir le mobile du quadruple assassinats, le mode opératoire et son lien avec le passé... 
Un roman policier parfaitement construit, avec beaucoup de rythme. J'ai beaucoup aimé le personnage d'Alice Madison qui a un passé douloureux, une forte détermination à résoudre son enquête et qui n'a pas encore dévoilée toutes ses facettes. Pourvu qu'elle revienne dans un nouveau livre. 

Merci Marlène et les éditions Albin Michel pour cette belle découverte.

Extrait : (page 13)
Certains soirs, l’odeur de la mer monte jusqu’à University Hill.
Alice Madison baissa sa vitre de quelques centimètres pour humer l’air iodé. La nuit était glacée, et le brouillard de décembre formait entre les maisons et les arbres dénudés de grandes nappes humides qui stagnaient au ras du sol. Il ne restait que deux semaines avant Noël, et les étudiants assez aisés pour vivre de ce côté de la colline avaient déjà regagné leurs foyers disséminés dans tout l’État de Washington.
Sur le tableau de bord, l’horloge indiquait 4 h 15. L’inspecteur Brown, silhouette sombre assise sur le siège passager, avait bien résumé la soirée des heures plus tôt.
« Une fois qu’on a avalé des litres de café et dit tout ce qu’il y avait à dire, planquer revient à essayer de tuer le temps, alors qu’on donnerait cher pour faire autre chose, ailleurs, avec quelqu’un d’autre. »
Ce qui décrit assez bien notre collaboration, pensa-t-elle.
Son souffle embuait la vitre. Il avait fallu choisir : avoir froid ou supporter les relents de sueur et d’ennui dégagés par les corps après des heures d’attente. Elle préférait avoir froid.
Quand Brown se retourna pour jeter un coup d’œil à l’autre bout de la rue, elle perçut l’odeur de son after-shave, fraîche et plutôt plaisante. Alice devinait son coéquipier profondément contrarié : leurs chances de voir leur mission aboutir étaient quasiment nulles.
Gary Stevens – blanc, vingt-trois ans, pas de casier – était le suspect numéro un dans leur enquête sur le meurtre d’une étudiante du campus âgée de dix-neuf ans. La police avait découvert Janice Hiller affaissée près du radiateur auquel elle était menottée. Tuée d’un coup porté à la tête. Une tasse de café à moitié vide était encore posée à côté de sa main droite.
Le jour où elle avait intégré la Brigade criminelle de Seattle, quatre semaines plus tôt, Alice Madison s’était rendue au cimetière proche de Burien où étaient enterrés ses grands-parents. Après avoir déposé un bouquet de roses blanches sur leur tombe, elle s’était recueillie un long moment dans la solitude du lieu. Où qu’ils soient, ils devaient savoir au plus profond de leur cœur que, si elle était devenue ce qu’elle était aujourd’hui, c’était grâce à eux : leur amour était une bénédiction qu’elle portait comme un bijou précieux, à même la peau, bien caché. Ce soir-là, de retour chez elle, elle avait avalé un dîner léger – jamais de surgelés, jamais de conserves – et dormi dix heures d’affilée.
Depuis son arrivée, Brown ne se montrait pas spécialement froid envers elle, il ne lui refusait pas non plus son aide à l’occasion, mais il faisait preuve d’un certain détachement. C’était un excellent flic, sans doute l’un des meilleurs. Tous deux ne seraient jamais amis, elle en avait bien conscience, mais en même temps elle se sentait prête à lui confier sa vie. Peut-être était-ce suffisant.

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Challenge Rentrée Hiver 2014

Challenge Voisins Voisines 2014
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Italie

Challenge Petit Bac 2014
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Moment/Temps (5)

 Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  23/25

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18 mars 2014

Du vent dans mes mollets - Raphaële Moussafir

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Lire dans le noir - décembre 2009 - 1h45 - lu par l'auteur

Intervista - mai 2006 - 111 pages

J'ai Lu - juin 2009 - 111 pages

J'ai Lu - juin 2012 - 111 pages

Quatrième de couverture :
" Pourquoi tu dors tout habillée avec ton cartable, Rachel ? ". A la question que lui pose madame Trebla, la psychologue pour enfants, Rachel commence par répondre " Parce que j'ai envie ". Puis, au fil des séances, elle se laisse aller à quelques confidences.
Malgré sa coupe de lord anglais imposée par maman, Rachel n'a rien d'une petite fille modèle. Elle fait jouer des scènes d'amour torrides à ses poupées, invente des blagues téléphoniques avec Hortense, sa meilleure amie (la seule qui vient à ses goûters d'anniversaire), elle a la tête pleine de rires, de bêtises, de colères et de questions, qui désarçonnent parfois la thérapeute. Au fait, quand on est mort, est-ce qu'on le sait ?

Auteur : Auteur et comédienne, Raphaële Moussafir a d'abord écrit (et interprété) Du vent dans mes mollets pour le théâtre, et confirme dans Et pendant ce temps-là les araignées tricotent des pulls autour de nos bilboquets (2007) son talent pour ressusciter le monde de l'enfance.

Mon avis : (écouté en mars 2014)
Avant d'écouter ce livre, j'ai eu l'occasion de voir l'adaptation cinématographique que j'ai beaucoup aimé et qui est un peu différente que le livre.
J'ai pris beaucoup de plaisir à écouter ce livre, Rachel est une petite fille pleine de vie, attachante qui se pose beaucoup de questions. Avec Hortense sa meilleure amie, elles s'amusent beaucoup, font des bêtises... Rachel ne comprend pas toujours les adultes et réciproquement. Elle n'a pas sa langue dans sa poche.
Je me suis un peu retrouvée dans cette petite fille et se retour en enfance fait toujours du bien.
C'est drôle, tendre, émouvant et la lecture par l'auteur est une vraie valeur ajoutée sans oublier en fin de CD un entretien avec l'auteur très intéressante.
Lisez-le ! Ecoutez-le !

Du-Vent-dans-mes-mollets

Le livre a été adapté au cinéma par Carine Tardieu en 2012 avec Agnès Jaoui, Denis Podalydès, Isabelle Carré, Isabella Rossellini, Judith Magre

Autres avis : Sandrine, Aifelle, Clara, Enna 

Extrait : ici

Challenge Petit Bac 2014
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Gros mot (1)

13 mars 2014

Annie Sullivan & Helen Keller - Joseph Lambert

annie sullivan Editions Ca et Là - 23 octobre 2013 - 90 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Sidonie van Den Dries

Titre original : Annie Sullivan and the trials of Helen Keller, 2012

Quatrième de couverture : 
Née en 1880 dans l'Alabama, la petite Helen Keller devient aveugle et sourde à l'âge de dix-neuf mois, suite à une maladie. Elle se trouve alors dans l'incapacité de communiquer avec son entourage, si ce n'est avec quelques gestes maladroits. Sa vie va être bouleversée l'année de ses six ans, quand ses parents engagent Annie Sullivan comme préceptrice. Elle-même malvoyante, celle-ci a appris à enseigner la langue des signes à l'Institut Perkins pour les aveugles. Elle va prendre en charge l'éducation d'Helen Keller et, au fil des mois, réussir non seulement à établir un contact avec l'enfant, mais aussi à lui apprendre la langue des signes, puis l'écriture. Les deux femmes resteront amies à vie. Annie Sullivan et Helen Keller relate l'histoire de cette extraordinaire rencontre. Une véritable leçon d'humanité, magnifiquement dessinée par Joseph Lambert.

Auteur : Joseph Lambert est né au Kansas en 1984. Il est diplômé du Center for Cartoon Studies et est l’auteur de « Je vais te mordre » (Ignatz Award 2011) publié en France en 2012 par Alter Comics. Il a participé à de nombreuses anthologies, comme Mome, The Best American Comics, Hey !, Nobrow ou Stripburger. Son deuxième ouvrage, « Annie Sullivan & Helen Keller » deux fois nominé pour les Eisner Awards 2013 a été publié en 2012 aux États-Unis. Joseph Lambert vit avec sa femme dans le Vermont.

Mon avis : (lu en mars 2014)
J'ai découvert pour la première fois l'histoire d'Helen Keller lorsque j'étais en sixième, jusqu'alors je n'avais jamais imaginé que l'on pouvait cumuler plusieurs handicaps. Donc être une petite fille aveugle, sourde et muette était difficilement imaginable...
J'ai aimé dans cette bande dessinée redécouvrir l'histoire d'Helen Keller et surtout découvrir celle d'Annie Sullivan qui a su persévérer dans la tâche qu'on lui avait donné : apprendre à Helen à communiquer. Nous suivons les progrès d'Helen et en parallèle un retour sur l'enfance d'Annie. La relation qui se noue entre l'élève et le professeur est très touchante.
L'histoire d'Annie Sullivan m'a presque plus intéressé que celle d'Helen Keller.
J'ai beaucoup aimé la façon dont le dessinateur a su illustrer la "vision" d'Helen qui au fil de la bande dessinée devient de plus en plus expressive.
En fin de livre, l'ensemble des notes documentaires complètent parfaitement la bande dessinée.

Autre avis : Valérie

Extrait : 

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 Challenge 6% Rentrée Littéraire 2013

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33/36

Challenge Petit Bac 2014
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"Prénom" (5)

5 mars 2014

L'Étranger - Albert Camus et Jacques Ferrandez

A64518 Gallimard - avril 2013 - 136 pages

Quatrième de couverture :
Le jour où sa mère est morte, Meursault a remarqué qu'il faisait très chaud dans l'autobus qui le menait d'Alger à l'asile de vieillards, et il s'est assoupi. Plus tard, dans la chambre mortuaire, il a apprécié le café que lui offrait le concierge, a eu envie de fumer, a été gêné par la violente lumière des lampes électriques. Et c'est avec une conscience aiguë du soleil qui l'aveugle et le brûle que l'employé de bureau calme et réservé va commettre un acte irréparable. Camus présente un homme insaisissable amené à commettre un crime et qui assiste, indifférent, à son procès et à sa condamnation à mort.

Auteur : Albert Camus naît à Mondovi, en Algérie, en 1913. Pendant la seconde guerrre mondiale, il intègre un mouvement de résistance à Paris, puis devient rédacteur en chef du journal « Combat » à la Libération. Romancier, dramaturge et essayiste, il signe notamment « L'étranger » (1942) et « La Peste » (1947), et reçoit le prix Nobel de littérature en 1957. Il meurt en 1960 dans un accident de voiture.

Dessinateur : Jacques Ferrandez naît en 1955 à Alger. Après l'École des arts décoratifs de Nice, il se tourne vers l'illustration et la bande dessinée. En 1987, il débute « Carnets d'Orient », une fresque sur l'histoire de la présence française en Algérie, qu'il achève 20 ans plus tard. Spécialiste incontesté de la question algérienne, il adapte la nouvelle de Camus, « L'Hôte », en 2009. Ses livres font l'objet de nombreuses expositions, en France et en Algérie, notamment aux Invalides à l'occasion des 50 ans de la fin de la guerre d'Algérie, en 2012. Il a reçu pour ses « Carnets d'Orient » le prix spécial du jury Historia 2012.

Mon avis : (lu en mars 2014)
Voici un des deux premiers albums que j'ai gagné au Loto BD organisé par Valérie sur le thème des adaptations (roman ou film). Merci Jérôme. Voilà l'adaptation d'un classique très réussi. J'avais lu l'Étranger lorsque j'étais au lycée mais je n'en gardais qu'un faible souvenir... (en fait que celle de la deuxième partie). 
Mon fils de 18 ans, qui a beaucoup aimé cette BD, m'a confirmé que Jacques Ferrandez a su rester très fidèle au texte de Camus. Je vous invite à lire la quatrième de couverture qui résume assez l'histoire sans en dire trop...
Le dessin est superbe. Avec de magnifiques aquarelles, le dessinateur a su décrire la beauté d'Alger, la luminosité des paysages méditerranéens, l'atmosphère étouffante sous le soleil... 
Cette bande dessinée est une très belle façon de redécouvrir l’œuvre de Camus. Une très belle lecture.

Extrait : 

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16 mars 2014

L'homme aux cercles bleus - Fred Vargas

Lu dans le cadre du Challenge
 
"Ecoutons un livre"
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Livraphone - avril 2006 - Lu par Jacques Frantz  

Hermé - 1991 - 235 pages

Viviane Hamy - mars 1996 - 213 pages

J'ai Lu - août 2002 - 219 pages

J'ai Lu - juin 2005 - 224 pages

Magnard - juin 2006 - 256 pages

PRIX DU FESTIVAL DE SAINT-NAZAIRE 1992

Quatrième de couverture : 
« Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? » 
Depuis quatre mois, cette phrase accompagne des cercles bleus qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs de Paris. Au centre de ces cercles, prisonniers, un débris, un déchet, un objet perdu : trombone, bougie, pince à épiler, patte de pigeon... 
Le phénomène fait les délices des journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent : un maniaque, un joueur. 
Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur contenu hétéroclite sont de mauvais augure. Il le sait, il le sent : bientôt, de l'anodin saugrenu on passera au tragique. 
Il n'a pas tort. Un matin, c'est le cadavre d'une femme égorgée que l'on trouve au milieu d'un de ces cercles bleus.

Auteur : Fred Vargas est née à Paris en 1957. Fred est le diminutif de Frédérique. Vargas est son nom de plume pour les romans policiers. Pendant toute sa scolarité, Fred Vargas ne cesse d'effectuer des fouilles archéologiques. Après le bac, elle choisit de faire des études d'histoire. Elle s'intéresse à la préhistoire, puis choisit de concentrer ses efforts sur le Moyen Âge. Elle a débuté sa « carrière » d'écrivain de roman policier par un coup de maître. Son premier roman Les Jeux de l'amour et de la mort, sélectionné sur manuscrit, reçut le Prix du roman policier du Festival de Cognac en 1986 et fut donc publié aux éditions du Masque. Depuis elle a écrit : Un lieu incertain (2008), Dans les bois éternels (2006), Sous les vents de Neptune (2004), Coule la Seine (2002), Pars vite et reviens tard (2001), Petit traité de toutes vérités sur l'existence (2001), Les quatre fleuves (en collaboration avec Edmond Baudoin) (2000), L'homme à l'envers(1999), Sans feu ni lieu (1997), Un peu plus loin sur la droite (1996), Debout les morts (1995),Ceux qui vont mourir te saluent (1994), L'homme aux cercles bleus (1992)

Mon avis : (écouté en mars 2013)
C'est la première enquête du Commissaire Adamsberg, le personnage récurent de Fred Vargas. Il vient d'être nommé à Paris et l'inspecteur Danglard devient son adjoint.

Dans la nuit de Paris, un inconnu trace des cercles à la craie bleue autour d'objets abandonnés. Tout cela est bien anodin, mais Adamsberg pressent que cela va devenir plus grave... Il n'a pas tort car bientôt c'est le cadavre d'une femme qui est retrouvé dans un cercle à la craie bleue... L'intrigue est très bien construite, et l'histoire est palpitante, de nombreux personnages haut en couleurs gravitent autour de l'enquête. C'est l'un de mes livres préférés de Fred Vargas. 
J'ai pris vraiment beaucoup de plaisir à l'écouter et à redécouvrir cette enquête pleine de rebondissements.

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Une adaptation à la télévision très réussite de ce roman a été faite par José Dayan et diffusée en 2009. C'est le troisième téléfilm de la série Collection Fred Vargas. Il y a donc quelques différences avec le livre car Josée Dayan a pris le partie d'en faire une suite à son premier téléfilm "Sous les vents de Neptune" (1 et 2), alors que "L'homme aux cercles bleus" est le premier roman de Vargas où apparaît le commissaire Adamsberg.
La distribution : Jean-Hugues Anglade (Jean-Baptiste Adamsberg), Charlotte Rampling (Mathilde Forestier), Jacques Spiesser (Adrien Danglard), Jean-Pierre Léaud (Louis Le Nermord), Stanislas Merhar (Charles Reyer), Hélène Fillières (Camille Forestier), Corinne Masiero (Violette Retancourt), Didier Terron (Joseph Favre), Philippe Magnan (Vercors-Laury)

 

Déjà lu du même auteur :

Ceux_qui_vont_mourir_te_saluent Ceux qui vont mourir te saluent l_homme_aux_cercles_bleus L'Homme aux cercles bleus

Debout_les_mort Debout les morts Un_peu_plus_loin_sur_la_droite Un peu plus loin sur la droite

sans_feu_ni_lieu Sans feu ni lieu l_homme___l_envers L'Homme à l'envers

Pars_vite_et_reviens_tard Pars vite et reviens tard sous_les_vents_de_neptune  Sous les vents de Neptune

Dans_les_bois__ternels Dans les bois éternels un_lieu_incertain Un lieu incertain

les_quatre_fleuves Les Quatre fleuves (BD) vargas L'Armée furieuse

 

Challenge Petit Bac 2014
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Couleur (3)

 Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  24/25

 

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15 février 2014

En finir avec Eddy Bellegueule - Edouard Louis

en finir avec eddy Seuil - janvier 2014 - 220 pages

Quatrième de couverture :
"Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d'entendre ma mère dire Qu'est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J'étais déjà loin, je n'appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j'ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l'odeur de colza, très forte à ce moment de l'année. Toute la nuit fut consacrée à l'élaboration de ma nouvelle vie loin d'ici". En vérité, l'insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n'a été que seconde. Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi. Très vite j'ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.

Auteur : Edouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu : l'insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.

Mon avis : (lu en février 2014)
J'ai découvert ce livre lors du passage de son auteur à La Grande Librairie, « De mon enfance je n’ai aucun souvenir heureux.», voilà comment commence ce livre bouleversant. L'auteur a 21 ans et ce roman est son histoire, rien n'a été inventé.Ce n'est pas facile de s'appeler Eddy Bellegueule et d'avoir une attitude efféminée lorsque l'on vient d'un milieu ouvrier et pauvre de Picardie. Eddy ne comprend pas pourquoi il est le vilain petit canard, il est l'aîné d'une famille de quatre enfants, son père est depuis longtemps au chômage après s'être abîmé le dos en travaillant à l'usine, sa mère est aide à domicile. Dès sa petite enfance sa différence est suspecte, dans son village et son milieu, on n'aime pas les "pédés"... Il fera tout pour se faire accepter par les siens et devenir un "vrai homme", c'est à dire jouer au football, sortir avec les filles... En vain, c'est au lycée en quittant les siens qu'il va pouvoir commencer à devenir lui-même et pas celui que les siens voulaient qu'il soit. Un témoignage très fort, le style est sobre, l'auteur n'hésite pas à utiliser des termes crus pour dépeindre la cruelle réalité de son enfance. A aucun moment, il ne juge les siens, il n'a aucune haine contre sa famille ou ses persécuteurs. Il reconnait que c'est la pauvreté intellectuelle et affective de son milieu qui a été la cause de son exclusion. On ne peut être qu'émerveillée par la force de caractère, la force mentale et par l'intelligence d'Edouard Louis. Un vrai coup de cœur !

Note : ♥♥♥♥♥

Extrait : (début du livre)
De mon enfance je n’ai aucun souvenir heureux. Je ne veux pas dire que jamais, durant ces années, je n’ai éprouvé de sentiment de bonheur ou de joie. Simplement la souffrance est totalitaire : tout ce qui n’entre pas dans son système, elle le fait disparaître. Dans le couloir sont apparus deux garçons, le premier, grand, aux cheveux roux, et l’autre, petit, au dos voûté. Le grand aux cheveux roux a craché Prends ça dans ta gueule. Le crachat s’est écoulé lentement sur mon visage, jaune et épais, comme ces glaires sonores qui obstruent la gorge des personnes âgées ou des gens malades, à l’odeur forte et nauséabonde. Les rires aigus, stridents, des deux garçons Regarde il en a plein la gueule ce fils de pute. Il s’écoule de mon œil jusqu’à mes lèvres, jusqu’à entrer dans ma bouche. Je n’ose pas l’essuyer. Je pourrais le faire, il suffirait d’un revers de manche. Il suffirait d’une fraction de seconde, d’un geste minuscule pour que le crachat n’entre pas en contact avec mes lèvres,mais je ne le fais pas, de peur qu’ils se sentent offensés, de peur qu’ils s’énervent encore un peu plus.

Je n’imaginais pas qu’ils le feraient. La violence ne m’était pourtant pas étrangère, loin delà. J’avais depuis toujours, aussi loin que remontent mes souvenirs, vu mon père ivre se battre à la sortie du café contre d’autres hommes ivres, leur casser le nez ou les dents. Des hommes qui avaient regardé ma mère avec trop d’insistance et mon père, sous l’emprise de l’alcool, qui fulminait Tu te prends pour qui à regarder ma femme comme ça sale bâtard. Ma mère qui essayait de le calmer Calme-toi chéri, calme-toi mais dont les protestations étaient ignorées. Les copains de mon père, qui à un moment finissaient forcément par intervenir, c’était la règle, c’était ça aussi être un vrai ami, un bon copain, se jeter dans la bataille pour séparer mon père et l’autre, la victime de sa saoulerie au visage désormais couvert de plaies. Je voyais mon père, lorsqu’un de nos chats mettait au monde des petits, glisser les chatons tout juste nés dans un sac plastique de supermarché et claquer le sac contre une bordure de béton jusqu’à ce que le sac se remplisse de sang et que les miaulements cessent. Je l’avais vu égorger des cochons dans le jardin, boire le sang encore chaud qu’il extrayait pour en faire du boudin (le sang sur ses lèvres, son menton, son tee shirt) C’est ça qu’est le meilleur, c’est le sang quand ilvient juste de sortir de la bête qui crève. Les cris du cochon agonisant quand mon père sectionnait sa trachée artère étaient audibles dans tout le village.

J’avais dix ans. J’étais nouveau au collège. Quand ils sont apparus dans le couloir je ne les connaissais pas. J’ignorais jusqu’à leur prénom, ce qui n’était pas fréquent dans ce petit établissement scolaire d’à peine deux cents élèves où tout le monde apprenait vite à se connaître. Leur démarche était lente, ils étaient souriants, ils ne dégageaient aucune agressivité, si bien que j’ai d’abord pensé qu’ils venaient faire connaissance. Mais pourquoi les grands venaient ils me parler à moi qui étais nouveau ? La cour de récréation fonctionnait de la même manière que le reste du monde : les grands ne côtoyaient pas les petits. Ma mère le disait en parlant des ouvriers Nous les petits on intéresse personne, surtout pas les grands bourges.

Dans le couloir ils m’ont demandé qui j’étais, si c’était bien moi Bellegueule, celui dont tout le monde parlait. Ils m’ont posé cette question que je me suis répétée ensuite, inlassablement,des mois, des années, C’est toi le pédé ? En la prononçant ils l’avaient inscrite en moi pour toujours tel un stigmate, ces marques que les Grecs gravaient au fer rouge ou au couteau sur le corps des individus déviants,dangereux pour la communauté. L’impossibilité de m’en défaire. C’est la surprise qui m’a traversé, quand bien même ce n’était pas la première fois que l’on me disait une chose pareille. On ne s’habitue jamais à l’injure.

 

Challenge Petit Bac 2014
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"Verbe" (2)

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Challenge Rentrée Hiver 2014

27 février 2014

14 - Jean Echenoz

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Audiolib - mars 2013 - 2h30 - Lu par l'auteur

Editions de Minuit - octobre 2012 - 123 pages

Quatrième de couverture :
Cinq hommes sont partis à la guerre, une femme attend le retour de deux d'entre eux. Reste à savoir s'ils vont revenir. Quand. Et dans quel état.
Comme il l’avait fait pour Courir et Des éclairs, c’est Jean Echenoz lui-même qui lit 14, donnant ainsi à son roman cette dimension d’intimité et d’humanité que ne peut écraser le terrifiant chaos qui va broyer des millions d’hommes.

Auteur : Né à Orange le 26 décembre 1947, grand nom de la littérature française contemporaine, Jean Echenoz s'impose avec un sens de l'observation unique et un style singulier. L'ancien étudiant en sociologie et en génie civil déclare être l'auteur de romans 'géographiques'. Il tâche en effet dans son oeuvre de tracer les conditions, les décors et les milieux qui fondent une existence, celle de personnages fictifs ou réels à l'instar de Ravel dans un roman éponyme ou d'Emile Zatopec dans 'Courir'. Amené à l'écriture suite à la découverte d''Ubu Roi' d'Alfred Jarry, Echenoz imprime sa propre empreinte avec un sens de la dérision hérité du dramaturge. Lauréat du prix Goncourt en 1999 pour 'Je m'en vais', l'auteur joue à détourner les codes du langage et les genres littéraires. Ainsi, il s'approprie le roman policier avec 'Cherokee' ou le roman d'espionnage avec 'Le Lac'. Ecrivain de la quête et de l'enquête, Jean Echenoz succède avec brio et innovation à la génération du Nouveau Roman, qui a fait la renommée de sa maison d'édition, Minuit.

Mon avis : (écouté en février 2014)
La quatrième de couverture résume parfaitement ce court roman sur la Première Guerre Mondiale : "Cinq hommes sont partis à la guerre, une femme attend le retour de deux d'entre eux. Reste à savoir s'ils vont revenir. Quand. Et dans quel état".
Anthime, Charles, Bossis, Arcenel et Padioleau sont originaires tous les cinq du même coin de Vendée. Début août, une belle journée d'été et tout à coup les cloches se sont mises à sonner le tocsin, c'était la guerre. Ils sont partis la fleur au fusil persuadés d'être de retour pour Noël... Laissant au village Blanche qui fait battre le cœur des deux frères, Charles et Anthime. En s'inspirant de carnets écris jours après jours par un appelé, l'auteur nous raconte le quotidien dans les tranchées. Beaucoup de sujets sont évoqués : les combats en première ligne, les début de l'aviation militaire, le gaz, le morale des troupes, les blessés, les déserteurs, le retour à la maison... L'essentiel est dit avec peu de mots. Un livre fort pour ne pas oublier le sacrifice de tous ses soldats.

La lecture de ce livre par l'auteur est formidable. 

Extrait : (début du livre)
Comme le temps s'y prêtait à merveille et qu'on était samedi, journée que sa fonction lui permettait de chômer, Anthime est parti faire un tour à vélo après avoir déjeuné. Ses projets : profiter du plein soleil d'août, prendre un peu d'exercice et l'air de la campagne, sans doute lire allongé dans l'herbe puisqu'il a fixé sur son engin, sous un sandow, un volume trop massif pour son porte-bagages en fil de fer. Une fois sorti de la ville en roue libre, pédalé sans effort sur une dizaine de kilomètres plats, il a dû se dresser en danseuse quand une colline s'est présentée, se balançant debout de gauche à droite en commençant de suer sur son engin. Ce n'était certes pas une grosse colline, on sait jusqu'où montent ces hauteurs en Vendée, juste une légère butte mais assez saillante pour qu'on pût y bénéficier d'une vue.
Anthime arrivé sur cette éminence, un coup de vent tapageur s'est brutalement levé qui a manqué faire s'enfuir sa casquette puis déséquilibrer sa bicyclette - un solide modèle Euntes conçu par et pour des ecclésiastiques, racheté à un vicaire devenu goutteux. Des mouvements d'air d'une aussi vive, sonore et brusque ampleur sont plutôt rares en plein été dans la région, surtout sous un soleil pareil, et Anthime a dû mettre un pied à terre, l'autre posé sur sa pédale, le vélo légèrement penché sous lui pendant qu'il revissait la casquette sur son front dans le souffle assourdissant. Puis il a considéré le paysage autour de lui : villages éparpillés alentour, champs et pâturages à volonté. Invisible mais là, vingt kilomètres à l'ouest, respirait aussi l'océan sur lequel il lui était arrivé d'embarquer quatre ou cinq fois même si, ne sachant guère pêcher, Anthime n'avait pas été bien utile aux camarades ces jours-là - sa profession de comptable l'autorisant quand même à tenir le rôle toujours bienvenu de relever et dénombrer les maquereaux, merlans, carrelets, barbues et autres plies au retour à quai.
Nous étions au premier jour d'août et Anthime a laissé traîner un coup d'oeil sur le panorama : depuis cette colline où il se trouvait seul, il a vu s'égrener cinq ou six bourgs, conglomérats de maisons basses agglutinées sous un beffroi, raccordés par un fin réseau routier sur lequel circulaient moins de très rares automobiles que de chars à boeufs et de chevaux attelés, transportant les moissons céréalières. C'était sans doute un plaisant paysage, quoique momentanément troublé par cette irruption venteuse, bruyante, vraiment inhabituelle pour la saison et qui, contraignant Anthime à maintenir sa visière, occupait tout l'espace sonore. On n'entendait rien d'autre que cet air en mouvement, il était quatre heures de l'après-midi.

Déjà lu du même auteur : 

courir Courir ravel_ Ravel des__clairs Des éclairs

 Challenge Petit Bac 2014
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"Moment/Temps" (3)

30 janvier 2014

Un léger bruit dans le moteur - Gaet's et Jonathan Munoz

Couv_171583 Physalis - août 2012 - 119 pages

Lauréat du prix du polar SNCF 2013

Quatrième de couverture :
« Je suis un enfant qui tue les gens. »
D'après un roman de Jean-Luc Luciani. 
Dans un village paisible où personne ne s'arrête, un enfant décide de révéler sa vraie nature. Commence alors une série de meurtres...

Auteurs : Originaire de Rouen, Gaet’s est né en 1986. Musicien et amateur de BD, il poursuit des études de médecine puis, faute de les rattraper, décide de partir au Canada. C’est de là-bas qu’il aura l’idée de créer la collection Rock en BD aux éditions Petit à Petit. Beatles, Bob Marley, Nirvana, The Clash ou encore The Doors …toutes ces fabuleuses histoires, devenues légendes, seront scénarisées par Gaet’s. Il adaptera également en bandes dessinées plusieurs contes traditionnels. Préférant s’appuyer sur des œuvres existantes, en leur apportant toute sa technique narrative, que d’écrire de nouvelles fictions, Gaet’s prépare en ce moment l’adaptation de nouvelles œuvres littéraires plus récentes pour divers éditeurs.

Jonathan Munoz, né en 1984 à Pierrelatte, est un scénariste et dessinateur de bande dessinée français. Il a grandi à Avignon. Il a poursuivi ses études de dessin à l'ecole Emile Cohl de Lyon. Il fut Lauréat du Prix du Polar SNCF catégorie Bande Dessinée en 2013.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Cette bande-dessinée est l'adaptation du roman noir de Jean-Luc Luciani. L'histoire se passe dans un village loin de tout où les habitants vivent en autarcie.
 « Je suis un enfant qui tue les gens. », voilà comment se définit l'enfant qui est le narrateur de cette histoire. Il est persuadé d'avoir tué sa mère lors de sa naissance et après le mort de son demi-frère, d'un accident de balançoire, ce petit garçon a décidé de tuer un à un tous les gens du village...
Tout est noir dans cette histoire, y compris le dessin très sombre... 
Nous sommes dans un monde à la Tim Burton, les victimes de ce tueur en culotte courte sont souvent antipathiques et ce meurtrier est cruel mais malgré tout attachant... Le lecteur est happée par l'intrigue.

Une bande dessinée dérangeante mais terriblement réussie !

Extrait : (début de la BD)

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19 février 2014

Film : Un été à Osage County - John Wells

Date de sortie : 26 février 2014

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Réalisé par : John Wells

Acteurs :  Meryl Streep, Julia Roberts, Ewan McGregor, Benedict Cumberbatch, Chris Cooper, Abigail Breslin, Juliette Lewis, Dermot Mulroney, Sam Shepard

Titre original : August: Osage County, 2013

Durée : 119 mn

D'après la pièce de théâtre August : Osage County de Tracy Letts (à ce jour, pas de traduction française)

Prix :
Le film est nommé aux Bafta dans la catégorie Meilleure Actrice  (Julia Roberts).
Le film est nommé aux Oscars dans les catégories Meilleure Actrice (Meryl Streep) et Meilleure Actrice dans un second rôle (Julia Roberts)

Synopsis : 
En famille on se soutient. En famille on se déchire... Suite à la disparition de leur père, les trois filles Weston se retrouvent après plusieurs années de séparation, dans leur maison familiale. C’est là qu’elles sont à nouveau réunies avec la mère paranoïaque et lunatique qui les a élevées. A cette occasion, des secrets et des rancœurs trop longtemps gardés vont brusquement refaire surface…

Mon avis : (vu fin janvier 2014)
Fin janvier, j'ai été invitée à la projection de "Un été à Osage County".
L'invitation était libellée ainsi : "En famille, on se soutient. En famille, on se déchire." Venez avec un membre de votre famille.
Je suis donc venue en compagnie de mon fils de 18 ans.
Ce film est l'adaptation d'une pièce de théâtre de Tracy Letts. 
Mois d'août en Oklahoma, Beverly Weston, poète, vient d'embaucher Johnna pour cuisiner et s'occuper de sa femme Violet qui souffre d'un cancer de la bouche et d'une addiction aux médicaments. Puis Beverly disparaît et Ivy, la benjamine de la famille qui vit auprès de ses parents, demande à ses deux soeurs Barbara et Karen de venir la rejoindre auprès de leur mère. Leur père sera trouvé quelques jours plus tard, décédé. Et toute la famille sera réunie pour les obsèques: Violet, la mère, Barbara, son mari et Jean sa fille de 14 ans, Karen et son fiancé du moment, Ivy, leur tante Mattie, soeur de Violet, son mari Charly et leur fils Charly Jr...
"En famille, on se soutient. En famille, on se déchire." La deuxième partie de cette introduction du film prend vraiment tout son sens, avec le repas d'après enterrement qui dit ressemblement en famille, dit cris, disputes, nostalgie, fous rires, et ici également la révélation d'un terrible secret de famille...
Les paysages sous la chaleur accablante de l'Oklahoma sont superbes.
Les caractères des différents personnages sont bien définis. Le jeu de Meryl Streep est surprenant et très réussie. Son personnage a plusieurs visages, celui de la mère forte qui décide de tout pour les autres, qui n'hésite pas à dire ce qu'elle pense même si cela blesse ses proches, qui devine tout, c'est également la femme malade et droguée qui délire ou fait des caprices...
Des trois soeurs, c'est le personnage d'Ivy que j'ai préféré. Discrète mais tellement humaine.
Les dialogues sont vifs, l'histoire est sombre mais l'humour présent, dédramatise le film. Alternativement, le spectateur est ému ou rit aux éclats.
Il y a en effet quelques scènes très drôles et la séance de cinéma a été vraiment plaisante car la salle participait sans retenue à l'hillarité générale, en particulier pour le bénédicité du repas après l'enterrement ou lors d'un repas au menu duquel, il y avait du poisson-chat... 
J'ai trouvé la fin un peu brutale et trop ouverte à mon goût.
Merci à Vincent et Way to Blue pour l'invitation à la projection de ce film.


UN ETE A OSAGE COUNTY - Bande Annonce VOST par wildbunch-distrib

 

8 février 2014

Dans la gueule du loup : mariée à un pervers narcissique - Marianne Guillemin

Lu en partenariat avec les éditions MaxMilo

dans la gueule du loup MaxMilo - janvier 2014 - 192 pages

Quatrième de couverture :
Mariée depuis quelques mois, Marianne découvre peu à peu que son mari est égocentrique et dominateur. Avenant et charmant en public, il la rabaisse en privé, impose ses habitudes, favorise sa carrière au détriment de celle de sa femme. À la violence psychologique s’ajoute la violence physique.

Marianne apprend à déchiffrer les humeurs de cet homme pervers, met en place des stratégies pour éviter le conflit, protéger ses trois enfants. N’osant en parler et parce qu’elle pense que ses enfants ont besoin de leur père, elle vivra dix ans dans la gueule du loup.
Plusieurs années après son divorce, elle redoutera encore de rentrer chez elle. Il lui faudra du temps pour se reconstruire.
Elle offre aujourd’hui un témoignage réfléchi sur les mécanismes de la perversité narcissique, du repli sur soi et incite les femmes à ne plus se taire.

Auteur : Journaliste, chargée de communication au ministère de la Défense durant trente ans, Marianne Guillemin collabore à La Tribune/le Progrès. Elle est l’auteur d’Officiers de communication : le parcours des combattantes (2013).

Mon avis : (lu en février 2014)
Voilà un témoignage très fort sur un sujet douloureux dont on ne parle pas beaucoup. 
A 20 ans, encore étudiante, Marianne rencontre l'homme qui deviendra son mari. Il a 31 ans, il est journaliste, il est attentionné et elle l'admire. Au début de leur relation, ses changements brusques de comportement auraient du l'alerter. « Il pouvait me hurler dessus, tout casser dans l’appartement et partir en claquant la porte puis revenir tout sourire avec un bouquet de fleurs en me couvrant de baisers et en m’appelant "Ma chérie". » Trop amoureuse, elle ne voit pas le danger. Elle se marie et peu à peu son mari dévoile son vrai visage... En privé, il est tyrannique, égocentrique, il impose toujours son avis, il dévalorise en permanence Marianne. En public, au contraire, il est agréable, charmant... L'arrivée des trois enfants ne va pas changer son comportement caractériel et violent. Marianne organise alors sa vie pour éviter les crises et protéger ses enfants.
« La vie avec un pervers c’est une alternance de moments joyeux, de tendresse, de projets et de désirs partagés qui font croire à un bonheur possible et de moments terribles, de phrases méprisantes et de violences physiques. »
Difficile pour cette jeune femme de parler à ses proches de ses soucis, elle a honte de l'échec de son couple, n'a-t-elle pas aussi sa part de responsabilité de la situation ? « Le doute, la culpabilité, me faisait croire que j'étais responsable de cette situation et que j'avais le pouvoir, le devoir d'arranger les choses. » Marianne ne veut pas séparer les enfants de leur père, elle ne dit rien, elle cloisonne sa vie : au travail, elle est épanouie, souriante, à la maison, c'est la peur et la tension. Il lui faudra 10 ans pour comprendre que la seule solution c'est de le quitter...

Dans ce livre, Marianne revient sur sa vie avec un mari pervers narcissique, il lui a fallu du temps pour se reconstruire et c'est pour aider les femmes qui se trouveraient dans une situation identique qu'elle a écrit ce témoignage poignant, très détaillé et précis. En annexes, elle a également récapitulé quelques conseils : 
- Comment aider les victimes de pervers  ?
- Caractéristiques du pervers narcissique.
- Paroles de femmes, puisque toutes les histoire sont différentes mais entre en résonances les unes les autres.
Une lecture touchante, intéressante et instructive. A découvrir !

Merci à Ornella et aux éditions MaxMilo pour cette découverte poignante.

Extrait : (Prologue)
Ce récit est inspiré d'une histoire vraie. La mienne.
Les dix années que j'ai vécu aux côtés d'une personnalité perverse auraient pu me détruire et ont laissé une empreinte forte sur la femme que je suis devenue. Il m'a fallu du temps, beaucoup de temps, et de l'aide pour pouvoir regarder cette période de ma vie sans honte et sans (trop) de culpabilité. Aujourd'hui je comprends mieux, j'accepte ma part de responsabilité et surtout je suis convaincue que j'ai agi au mieux. Il n'y avait rien d'autre à faire. Fuir, mettre de la distance et rassembler les morceaux de ma vie.
Je crois que la plupart des femmes restent dans ces situations terribles parce qu'elles ne veulent pas admettre qu'elles se sont trompées. Pendant des années je me disais que les choses allaient s'arranger, qu'il n'était pas seulement cet homme violent et caractériel puisque je l'avais aimé, il n'était pas concevable d'avoir pu ressentir de l'amour pour quelqu'un qui me détruisait.
J'avais eu une enfance heureuse et protégée, élevée par une grand-mère aimante à la mort de mon père, puis par ma mère et un beau-père adorable. J'étais l'aînée d'une fratrie de cinq, trois frères et une sœur avec lesquels je m'entendais bien. J'ai été la première à me marier. Je savais ce qu'était l'amour, j'avais eu sous les yeux un couple qui s'aimait, ma mère m'avait enseigné la joie de vivre, je n'ai même pas l'excuse d'une vie tristounette qui m'aurait précipitée dans les bras du premier venu. On m'avait appris la confiance, le respect de l'autre, la sécurité des sentiments partagés.
Alors ? Je m'étais trompée sur la personne et cette erreur initiale m'enfouissait la tête et le cœur dans le sable. Je préférais oublier les moments difficiles et me concentrer sur le positif. Car la vie avec un pervers n'est pas tissée au rouet du malheur. Non, les fils se croisent, alternance de moments joyeux, de tendresse, de projets et de désirs partagés qui me faisaient croire à un bonheur possible, à portée de main et de bonne volonté.
Puis, quand mes yeux se sont finalement dessillés, quand j'ai fait le bilan des moments difficiles et des rares instants heureux, j'ai voulu l'aider à changer. J'avais alors compris la nature pathologique de son caractère, cette inaptitude chronique à être heureux, la recherche du drame permanent. J'ai cherché à le comprendre, à cerner ce qui avait, dans son vécu d'enfance, entraîné cette déviance. Une mère dure et pourtant fusionnelle, un père absent, défaillant, et surtout, une agression sexuelle à l'adolescence que personne ne prit vraiment en compte. Il fut envoyé en Suisse, dans un internat médicalisé, sur ordre de son parrain, médecin, qui devait avoir saisi l'urgence de la situation (il était tout de même resté six mois sur son lit en refusant d'aller à l'école !). Mais aucun mot de réconfort ne sera mis sur son désarroi.
Je pensais naïvement qu'avec de l'amour je le changerais. Mais les pervers n'ont pas accès à l'amour. Ils cherchent la jouissance immédiate, leur plaisir personnel jusque dans leurs souffrances dont ils tirent un certain plaisir. J'ai essayé alors de changer moi-même, d'être une personne plus adaptée à son caractère. J'évitais de le contrarier, je parlais le moins possible, bref je devenais une ombre avec un seul objectif : éviter le conflit.
Devant l'évidence, je finis par admettre qu'il y avait chez mon mari quelque chose qui avait à voir avec le désordre mental. Je réussis à l'emmener consulter un psychiatre qui confirma le diagnostic sans toutefois préciser de quoi il s'agissait. On essaya alors divers traitements, les régulateurs d'humeur, il y eut un mieux, léger. Mais l'acceptation de la maladie n'allait pas sans heurts et, bientôt, il refusa les traitements.
Il n'était pas malade, disait-il, il avait des problèmes de comportement. Il l'admettait parfois, mais en soulignant que ces problèmes étaient fonction de son entourage (c'est-à-dire moi). Et c'est vrai que je catalysais sa colère, j'augmentais son énervement si je tremblais quand il élevait la voix. C'était un cercle vicieux.
J'ai alors compris que j'avais fait le tour de la question. J'ai tenté de le changer avec de l'amour, puis j'ai essayé de changer moi-même, par amour ; ensuite, j'ai demandé de l'aide au corps médical et un jour, je ne sais plus très bien à quel moment, l'amour a disparu.
Pourtant je ne suis pas partie tout de suite. Le devoir, l'orgueil, ont remplacé les sentiments. Je cherchais encore des solutions, mais je commençais à me préserver et surtout à protéger mes enfants. J'ai mis en place des stratégies d'évitement ; j'avais la chance d'avoir un boulot très prenant, des amis : je tirais ma force de ces moments passés en dehors de chez moi pour l'affronter avec détachement.
Sans la violence, la tension nerveuse permanente qu'il instaurait, je serais restée plus longtemps encore. J'imaginais que c'était mieux pour les enfants, que leurs conditions de vie étaient meilleures ainsi (alors que cette période les a abîmés au contraire) et surtout, au fond de moi, j'avais peur. Peur de ne pas arriver à m'en sortir, peur de ne pas réussir à lui échapper et craignant des représailles, démunie, ne sachant pas où aller et surtout par quel bout commencer pour mettre de l'ordre dans ma vie.
Je m'étais jetée dans la gueule du loup, personne ne m'avait obligée à l'épouser, certains de mes amis avaient même cherché à m'en dissuader. Ou, du moins, avaient tenté de me faire réfléchir. J'étais jeune, j'avais le temps. « Pourquoi t'es-tu mariée ? » demanda quelqu'un, un beau jour. « Parce qu'il me l'a demandé. » C'est aussi simple, aussi stupide que cette réponse. Et en y repensant, je m'apercevais que dans ce guêpier, je m'y étais fourrée toute seule...
À ce stade, j'ai eu des moments d'intense découragement où l'idée de disparaître m'effleurait. Où l'idée de le supprimer, de le pousser par la fenêtre quand il se penchait sur la rambarde en criant qu'il allait sauter, dans ses crises de délire, me surprenait et me faisait honte par la suite.

 

Challenge Petit Bac 2014
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"Animal" (1)

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Challenge Rentrée Hiver 2014

18 janvier 2014

Mattéo (Tome 2) Deuxième époque (1917-1918) - Jean-Pierre Gibrat

2014-01-11_171250 Futuropolis - octobre 2010 - 73 pages

Quatrième de couverture : 
1917. Toujours déserteur, venu clandestinement d’Espagne où il s’était réfugié, Mattéo passe à Collioure embrasser sa mère. Nous sommes le 1er août, jour anniversaire de la mort de son père.

Le soir même, il revoit Juliette, qu’il tente en vain d’emmener avec lui. Tendre soirée désespérante sur la plage. Le lendemain, Mattéo, accompagné de Gervasio, l’ami de son père, s’embarque pour Petrograd. Après plusieurs semaines de bateau, les deux amis, en mission d’exploration pour le compte des anarchistes espagnols, sont au coeur même de la révolution qui s’embrase. C’est dans une atmosphère de liesse et de joyeuse pagaille que Mattéo et Gervasio font la connaissance de Dimitri et Léa. Le premier est un anarchiste libertaire, la seconde une bolchevique passionnée…

Auteur : Jean-Pierre Gibrat, 59 ans, vit en Normandie. Il a reçu, en 2010, le Grand Prix Bd Boum de Blois pour l'ensemble de son oeuvre. Il est l'auteur des séries Le Sursis, Le Vol du corbeau et de Mattéo.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
J'avais quitté Mattéo sur une barque quittant la France pour se mettre à l'abri en Espagne, loin de la Grande Guerre (Mattéo (Tome 1) Première époque - 1914-1915). Le voilà revenu clandestinement voir sa mère le 1er août 1917, jour anniversaire de la mort de son père. Ce même jour, il rencontre Juliette qu'il tente de convaincre de venir avec lui. Il doit partir dès le lendemain vers la Russie. Avec Gervasio un ancien compagnon de lutte de son père, Mattéo part avec en toutes les espoirs que  la révolution bolchévique de 1917 a pu faire naître chez les  anarchistes espagnols. Avec son appareil photo, Mattéo joue au petit reporter mais il est également réquisitionné photographier les prisonniers sociaux-traitres. Assez vite Mattéo va perdre ses illusions et découvrir la réalité et les travers de la révolution russe...
Les dessins sont toujours magnifiques, les teintes sont moins lumineuses mais adaptées à la rigueur de l'hiver russe. Les dessins de femmes sont superbes...

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Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

92952294 Mattéo (Tome 1) Première époque (1914-1915)

Challenge Petit Bac 2014
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"Temps" (1)

24 décembre 2013

La Marche du crabe, tome 2 : L'Empire des crabes - Arthur de Pins

2013-12-18_213211 Soleil Productions - novembre 2011 - 120 pages

Présentation éditeur :
Dans l’évolution des espèces, une race de crabes, le cancer simplicimus vulgaris, a pris un drôle de virage : depuis toujours, il ne se déplace que sur une trajectoire rectiligne.

Mais, même chez ces crabes carrés, la roue tourne. Quelques crustacés ont réussi l’impossible : ils peuvent choisir leurs directions.
Cette révolution va diviser la communauté. Certains crabes apprécient cette liberté, quand d’autres ont peur de se perdre sur une route inconnue. La lutte des crabes est en marche…

Auteur : Arthur de Pins est un dessinateur et auteur de bande dessinée français, né en 1977 en Bretagne. Il est publié dans plusieurs magazines, dont Max et Fluide glacial. Il a également participé à de nombreuses publicités (pour la Fnac, Carrefour ou encore Nutella) ainsi qu'à des courts-métrages tels que le programme Kézaco ? en 2007. Il créa aussi une série animée intitulée Magic diffusée sur France 3 et Disney Channel.

Mon avis : (lu en décembre 2013)
A la fin du premier tome nous avions quitté Soleil (l'un des crabes carrés un peu entreprenant) alors qu'il avait échappé à une grosse catastrophe. Ceux qui ont lu le premier épisode me comprendront, pour les autres, je ne veux pas trop en dire...
L'inimaginable s'est produit et cela va diviser la communauté des crabes carrés. Il y a ceux qui veulent le changement et ceux qui préfèrent la continuité... La suite de l'histoire est toute aussi savoureuse avec également la présence des deux reporters bien décidés à filmer ce petit crabe en danger alors que leur producteur pense que ce serait plus vendeur de filmer des lions du Serengeti. Avec Soleil, Guitare, Lune et les autres, le lecteur découvre tous les dangers insoupçonnables de la plage.
Je ne regarderai plus les crabes de la même façon lorsque j'irai à la pêche en Bretagne...
J'attends maintenant avec impatience de pouvoir emprunter le dernier tome de cette bande dessinée à la Bibliothèque.

Extrait : 

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 Challenge Petit BAC 2013
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"Animaux"

Déjà lu du même auteur :

92348968  La Marche du crabe, tome 1 : La Condition des crabes 

 

10 décembre 2013

Orignal - Max de Radiguès

Orignal Delcourt - mai 2013 - 152 pages

Présentation : 
Comme tous les jours, Joe est en retard à l’école. Comme tous les jours, Jason l’attend, redoublant de cruauté pour le martyriser. Plutôt que de prendre le bus scolaire, Joe préfère couper à travers bois, où il n’est plus la proie mais l’observateur de la nature qui, indifférente à ses problèmes, semble suivre son cours... Jusqu’à ce que Jason décide de le suivre sur ce terrain qui n’est pas le sien.

Auteur : Né en Belgique en 1982, Max de Radiguès est auteur de bande dessinée et éditeur à l’employé du Moi. 
Il écrit et dessine pour la jeunnesse et les adultes. Ses livres chez Sarbacane, Frangins et 520km, lui valent plusieurs selections et récompenses .
En septembre 2009, il était invité pour un an de résidence au prestigieux Center for Cartoon Studies, à White River Junction – Vermont, au côté notamment de James Sturm et Jason Lutes. Il a raconté son année de résidence dans son livre Pendant ce temps à White River Junction paru chez Six Pieds sous Terre qui faisait partie de la sélection officielle du festival international de la bande dessinée d’Angoulême 2012.
Il a depuis multiplié les residences à Montréal et à Bordeaux entre autres.
En plus de ses livres, il multiplie les expériences par la publication en ligne et le fanzinat. Ses projets comme l’âge dur et Moose, paraissent en fanzines mensuels envoyés par la poste aux lecteurs avant de devenir des livres.

Mon avis : (lu en décembre 2013)
Orignal est la version française et compilé de la série de fanzine MOOSE publié par Max de Radiguès en 14 numéros en anglais entre mai 2011 et décembre 2012.
L'histoire se situe au Canada, c'est l'hiver. Chaque matin, Joe préfère ne pas prendre le bus scolaire mais faire le trajet à pied en traversant la forêt enneigée. Mais alors, il arrive toujours en retard à l’école. Aujourd’hui il a rencontré un orignal. Voilà ce qu’il explique à son professeur pour justifier ses retards : dans la forêt il croise pleins d’animaux et il perd la notion du temps...
Mais la vérité est autre, Joe est victime de violence à l'école. Il subit de la part de Jason, un camarade de classe, racket, violence physique, humiliations, harcèlement moral...
La violence sous-jacente qui se dégage de ce livre jusqu'à son dénouement ultime contraste avec le dessin en noir et blanc plutôt simpliste de l'ouvrage. L'important, c'est la gravité du thème traité. Le dénouement m'a surprise... A découvrir !

Autres avis : Kathel

Extrait : 

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 Challenge Petit BAC 2013
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"Animal"

 

11 janvier 2014

Western girl - Anne Percin

western girl Editions du Rouergue - mars 2013 - 201 pages

Quatrième de couverture :
Le rêve d'Élise va enfin se réaliser. Son american dream !

Trois semaines dans un ranch du Middle-West.
Tout ce qu'elle aime réuni dans un pack complet : l'équitation, la musique country, les bottes à franges, les cactus dans le désert...
Sauf qu'elle partage le séjour avec une bande de snobinards, tout ce qu'elle déteste !
Alors, comme dans tout bon western, va y avoir de la bagarre, et Élise est du genre Calamity Jane...
Les méchantes n'ont qu'à bien se tenir. Et les gentils cow-boys aussi !

Auteur : Née en 1970 à Épinal, Anne Percin grandit à Strasbourg où elle fait ses études de lettres modernes. À 25 ans, elle quitte l'Alsace pour Paris, où elle commence à enseigner le français en collège. En 2003, elle s'installe avec sa famille en Bourgogne. Là, elle prend le temps de mettre de l'ordre dans ses écrits, dont un journal intime fictionnel écrit à 17 ans, qui va devenir un roman.

 

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Depuis le jour où petite, Elise a découvert l'ambiance western dans un restaurant Buffalo Gril, la country et les chevaux sont devenus ses passions. 
Et voilà qu'Elise va pouvoir réaliser son rêve de petite fille en partant pour un séjour de trois semaines dans un ranch du Middle-West avec une dizaine autres adolescent(e)s aimant les chevaux. La cohabitation avec le groupe ne va pas toujours être facile, les uns et les autres venant de milieux différents, mais le séjour sera inoubliable !
C'est à travers le journal de bord de la jeune Elise que le lecteur découvre cette aventure aux États-Unis. Elise partage avec nous ses impressions, ses découvertes, ses activités, ses coups de cafards, ses colères avec beaucoup de franchise et d'humour.
Un roman frais, drôle, et touchant très agréable et facile à lire.
En bonus à la fin du livre, une liste des musiques country que l'auteur recommande pour se mettre dans l'ambiance.

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Extrait : 
Mercredi 11 juillet
Hello, I'm Johnny Cash.
Johnny Cash commençait tous ses concerts par cette phrase. Il jouait devant des milliers de personnes venues de l'autre bout du pays (et c'est loin, « l'autre bout du pays », aux States !), exprès pour lui, et pourtant il se présentait au public, toujours de la même façon, simple, efficace et modeste : «Bonjour, je suis Johnny Cash.» J'adore.
Moi, je devrais peut-être faire pareil dans la vie : « Hello, je suis Élise Bonnel. » Le problème, c'est qu'une fois que j'aurais dit ça, je n'aurais plus grand-chose à ajouter... A part que j'ai seize ans, que je suis lycéenne, rousse, que j'aime l'équitation et la musique country. Pas de quoi déplacer les foules, quoi... Je suis quelqu'un de très ordinaire, j'en conviens, si l'on excepte mon goût prononcé pour la musique traditionnelle américaine. Comment j'en suis arrivée là ! Ça, j'en sais rien ! J'ai l'impression que ça a toujours été en moi. Je dois avoir un gène avec un chapeau de cow-boy.
Mes parents, ça n'est pas du tout leur truc, les westerns, les USA et tout ça. D'abord, mon père, il faut savoir que c'est un geek intégral : il écoute de l'électro et passe sa vie le nez dans un ordi. Ma mère s'habille comme si elle revenait des Indes, n'écoute que de la musique celte et du reggae. Ils ne se ressemblaient pas, ils se sont assemblés quand même et là, une erreur fatale s'est produite : je suis née western girl.
Évidemment, ça ne s'est pas vu tout de suite. La découverte a eu lieu quand j'avais six ans.

On revenait de vacances et on s'est arrêtés pour manger dans un restaurant blanc au toit rouge. Je m'en souviens, c'était à Poitiers, juste à côté du Futuroscope. Devant, il y avait un grand totem en bois peint et une espèce de grosse vache en plâtre avec des cornes : d'après mon papa, ça s'appelait un bison. Fascinée, j'ai devancé mes parents. Je me rappelle avoir poussé une porte de saloon et fait quelques pas sur une moquette rouge jusqu'à une statue de Sioux grandeur nature, qui m'a foutu la peur de ma vie. Heureusement, une gentille dame en jean blanc, chemise western et santiags est arrivée pour nous placer. Elle nous a fait asseoir à une table flanquée de banquettes en skaï, dans un petit recoin où on était tout seuls, et elle m'a mis sur la tête une coiffe d'Indien en carton. Un instant plus tard, elle nous apportait de l'eau, du pain et de la salade sans qu'on n'ait rien commandé. Alors, au comble du bonheur, j'ai déclaré : « On est au paradis ! » 
Oui, bon, ça va.

Déjà lu du même auteur :

comment_bien_rater_ses_vacances Comment (bien) rater ses vacances  le_premier__t_ Le premier été

21 janvier 2014

Mattéo (Tome 3) Troisième époque (août 1936) - Jean-Pierre Gibrat

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2014-01-04_204825 Futuropolis - novembre 2013 - 75 pages

Quatrième de couverture :
1936. En Allemagne, Hitler fourbit ses armes de destruction, en Italie Mussolini bombe le torse, et l'Espagne plonge dans la guerre civile... Mais pour l'heure, en France, c'est le Front populaire et les congés payés, et Mattéo revient à Collioure, après ses années de bagne... Une fois encore, la réalité finira par rattraper Mattéo, et par le prendre méchamment par le col...

Auteur : Jean-Pierre Gibrat, 59 ans, vit en Normandie. Il a reçu, en 2010, le Grand Prix Bd Boum de Blois pour l'ensemble de son oeuvre. Il est l'auteur des séries Le Sursis, Le Vol du corbeau et de Mattéo.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Eté 1936, c'est l'époque du Front populaire avec les premiers congés payés. C'est également le retour de Mattéo à Collioure avec Paulin, son ami devenu aveugle pendant la Guerre, Amélie, l'infirmière qui est en couple avec Augustin un socialiste plutôt chic et intello... Tous les quatre veulent profiter du bonheur des vacances, les bains de mer, les pique-niques, le bal populaire... Tout près de là, de l’autre côté des Pyrénées, en l’Espagne c'est la guerre civile. Paulin, resté un communiste pur et dur, est ému par ce qu'il s'y passe, au contraire, Mattéo semble y être totalement indifférent.
Côté amour, Mattéo va retrouver Juliette qui travaille au guichet de la poste...
Je trouve cette série très réussie, à travers les aventures de personnages attachants, nous traversons des périodes historiques passionnantes et bien documentées.
Comme le laisse imaginer la conclusion de cet épisode, cette album annonce une suite des aventures de Mattéo...
J'attends donc avec impatience et curiosité le tome suivant !

Merci à Babelio et aux éditions Futuropolis pour cette belle et passionnante découverte.

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

92952294 Mattéo (Tome 1) Première époque (1914-1915) 

92952638 Mattéo (Tome 2) Deuxième époque (1917-1918)

 Challenge Petit Bac 2014
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"Temps" (2)

15 janvier 2014

La foire de Saint-Pierre - Ellis Peters

 Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : PIERRE

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10/18 - janvier 1991 - 285 pages

10/18 - juillet 2001 - 284 pages

traduit de l'anglais par Serge Chwat

Titre original : Saint Peter's Fair, 1981

Quatrième de couverture :
La grande foire de Saint-Pierre à Shrewsbury attire tous les marchands des environs. Mais une querelle éclate entre les bourgeois de Saint-Pierre et les moines du monastère bénédictin, à propos de la répartition des bénéfices de la foire. Peu après, un marchand est retrouvé mort. Frère Cadfael est alors tiré de l'herboristerie de son monastère pour utiliser une nouvelle fois sa clairvoyance au service d'une cause juste. " Il fallait oser écrire des romans policiers avec pour héros un moine bénédictin anglais du Moyen Age... Mais Ellis Peters a osé.[...] Son héros, frère Cadfael, a le don de débrouiller les affaires policières sans jamais rater complies. C'est là tout le charme de ces romans fort arme de ces romans fort originaux ! "

Auteur : Edith Mary Pargeter est née le 28 septembre 1913 dans le Shropshire. Elle est d'abord assistante en pharmacie, et publie ses deux premiers romans. En 1940, elle s'engage, et devient officier des services de communication britanniques, tout en continuant à écrire. Auteur de nombreux romans de guerre, elle écrit en 1951 son premier roman policier, qui met en scène l'inspecteur Felse (héros récurrent de plusieurs romans). Son second roman policier paraît en 1959, sous le nom d'Ellis Peters.
En 1977, elle crée le genre des "historical whodunnits" en publiant un roman policier dont l'énigme est résolue par un moine du XIIème siècle. "Frère Cadfael, disait-elle, est apparu tout naturellement dans ma vie pour faire la jonction entre les romans historiques que je publiais et mon envie d'écrire des thrillers."
Elle est décédée le 14 octobre 1995, après avoir écrit 20 romans et 3 nouvelles mettant en scène ce personnage.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
C'est le quatrième épisode de la série des enquêtes du frère Cadfael. J'avais eu l'occasion de lire plusieurs livres de la série il y a une dizaine d'années. Cadfael ap Meilyr ap Daffyd est d'origine galloise, il est né en 1080. Après avoir été soldat puis marin-pêcheur, il revient en Angleterre et décide en 1120 de devenir moine chez les Bénédictins. A l'abbaye des Saints-Pierre-et-Paul de Shrewsbury, à la frontière du pays de Galles, frère Cadfael occupe les fonctions d'herboriste, il prépare baumes et potions pour les autres frères ou les habitants de Shrewsbury. 
Fin juillet 1139 , Shrewsbury prépare la foire de saint Pierre, un marché réputé qui attire de nombreux marchands qui viennent des Flandres, d'Allemagne, des drapiers, des bateliers négociant en vins de France... Il y a également une foire aux chevaux qui attirent beaucoup de nobles du comté et des comtés voisins. Cette foire est organisée par l'Abbaye et les marchands de la ville voudraient bien qu'une partie des taxes perçues pour l'occasion soit reversées en partie pour la rénovation de la ville. L'abbé Radulf refuse et dès le début des festivités une altercation a lieu entre des jeunes habitants de Shrewsbury mené par Philippe Corvisart, le fils du prévôt, et Thomas, un riche marchand de vin venu de Bristol en bateau.
Thomas de Bristol disparait mystérieusement dans la soirée. Accompagné d'Hugh Beringar, frère Cadfaël va mener l'enquête. Pas de police scientifique à cette époque, mais les talents d'observation et de déduction du frère Cadfael réussissent à résoudre un enquête complexe.
L'intrigue, assez classique, est bien construite avec fausses pistes et rebondissements. A la moitié du livre, j'avais une petite idée sur le coupable, mais je n'ai vraiment reconstitué le puzzle de tous les éléments de l'histoire dans les toutes dernières pages.
L'intérêt de la série n'est pas seulement l'intrigue mais la plongée du lecteur dans cette époque du XIIème siècle.

Challenge Petit Bac 2014
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"Matière" (1)

 Challenge Voisins Voisines 2014
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Angleterre

Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  17/25

 

 

5 janvier 2014

Les chaussures italiennes - Henning Mankell

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Sixtrid - septembre 2011 - lu par Marc-Henri Boisse

Points - février 2011 - 384 pages

Point2 - mars 2013 - 576 pages

Point - novembre 2013 - 384 pages 

traduit du suédois par Anna Gibson

Titre original : Italienska skor, 2006

Quatrième de couverture : 
A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l'archipel. Depuis qu'une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s'est isolé des hommes. Pour se prouver qu'il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s'y immerge chaque matin. Au solstice d'hiver, cette routine est interrompue par l'intrusion d'Harriet, la femme qu'il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer.

Auteur : Henning Mankell, né en 1948, partage sa vie entre la Suède et le Mozambique. Lauréat de nombreux prix littéraires. Outre la célèbre « série Wallander », il est l'auteur de romans sur l'Afrique ou sur des questions de société, de pièces de théâtre et d’ouvrages pour la jeunesse.

Lecteur : Marc-Henri Boisse acteur et réalisateur.

Mon avis : (écouté en décembre 2013)
C'est un relecture de ce livre sous forme audio. Je gardais un très bon souvenir de cette lecture et je confirme mon coup de cœur avec cette relecture. 
Depuis douze ans, Fredrik Welin vit seul avec son chien et son chat dans une île de la Baltique. Il a comme seul contact le facteur qui passe le voir tous les jours même s'il ne reçoit pas de courrier. En plein hiver, Fredrik voit apparaître sur la glace, une vieille femme avec un déambulateur. C'est Harriet, la femme qu'il a abandonnée sans explication, il y a trente-sept ans. Elle est très malade et elle est venue lui demander de tenir une promesse faite autrefois : aller voir un lac aux eaux noirs. Ils partent donc tous les deux pour un voyage en voiture dans la forêt suédoise enneigée et silencieuse à la recherche de ce lac. A la fin du voyage, au fond des bois, Fredrik va faire la rencontre de Louise, puis de Giaconelli, un vieux cordonnier de génie qui lui confectionnera ses chaussures italiennes... Fredrik est alors rattrapé par son passé qu'il décide enfin d'affronter...
Ce livre reste pour moi un grand coup de cœur, les personnages sont attachants, les lieux sont dépaysants et apaisants... Beaucoup de douceur, de poésie et de sensibilité se dégage de ce roman magnifique et poignant. 

Extrait : (début du livre)
Je me sens toujours plus seul quand il fait froid.
Le froid de l'autre côté de la vitre me rappelle celui qui émane de mon propre corps. Je suis assailli des deux côtés. Mais je lutte, contre le froid et contre la solitude. C'est pourquoi je creuse un trou dans la glace chaque matin. Si quelqu'un, posté sur les eaux gelées avec des jumelles, me voyait faire, il me prendrait pour un fou. Il croirait que je prépare ma mort. Un homme nu dans le froid glacial, une hache à la main, en train de creuser un trou ?!
Au fond je l'espère peut-être, ce quelqu'un, ombre noire dans l'immensité blanche qui me verra un jour et se demandera s'il ne faut pas intervenir avant qu'il soit trop tard. Pour ce qui est de me sauver, en tout cas, c'est inutile. Je n'ai pas de projets de suicide.
Dans un autre temps, juste après la catastrophe, il m'est arrivé, oui, de vouloir en finir. Pourtant, je ne suis jamais passé à l'acte. La lâcheté a toujours été une fidèle compagne de ma vie. Maintenant comme alors, je pense que le seul enjeu, pour un être vivant, est de ne pas lâcher prise. La vie est une branche fragile suspendue au-dessus d'un abîme. Je m'y cramponne tant que j'en ai la force. Puis je tombe, comme les autres, et je ne sais pas ce qui m'attend. Y a-t-il quelqu'un en bas pour me recevoir ? Ou n'est-ce qu'une froide et dure nuit qui se précipite à ma rencontre ?
La glace se maintient.
L'hiver est rude, en cette année des débuts du nouveau millénaire. Quand je me suis réveillé ce matin, dans l'obscurité de décembre, j'ai cru entendre la glace chanter. Je ne sais pas d'où me vient cette idée que la glace chante. Peut-être de mon grand-père, qui est né sur cette île ; peut-être est-ce quelque chose qu'il me racontait quand j'étais petit.
Le bruit qui m'a réveillé ne venait pas de la chatte, ni de la chienne. J'ai deux animaux qui dorment plus profondément que moi. Ma chatte est vieille et pleine de courbatures ; ma chienne est sourde de l'oreille droite et elle entend mal de l'oreille gauche. Je peux passer à côté d'elle sans qu'elle s'en aperçoive.
Mais ce bruit ?
J'ai écouté dans le noir. Vu la provenance du son, ce devait être la glace qui bougeait, malgré tout – bien qu'ici, au fond de la baie, elle ait une épaisseur d'au moins dix centimètres. Un jour de la semaine dernière où j'étais plus inquiet que d'habitude, je suis parti à pied vers l'endroit où la glace rencontre la mer. J'ai vu alors que la glace s'étendait sur plus d'un kilomètre au-delà des derniers îlots. Ici, au fond de la baie, elle ne devrait donc pas être en mesure de bouger. Pourtant, ce matin, elle bougeait. Elle se soulevait, s'abaissait, craquait et chantait.

Déjà lu du même auteur : 
tea_bag  Tea-Bag  les_chaussures_italiennes  Les chaussures italiennes

meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

l_homme_inquiet L'homme inquiet le_retour_du_professeur_points Le Retour du professeur de danse

la_lionne_blanche_p La lionne blanche  profondeurs_p Profondeurs le_chinois Le Chinois

l_homme_qui_souriait_p L’homme qui souriait le_guerrier_solitaire_p Le guerrier solitaire 

la_faille_souterraine La faille souterraine et autres enquêtes la_cinqui_me_femme La cinquième femme

les_morts_de_la_st_jean_point Les morts de la Saint-Jean

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Suède

Challenge Petit Bac 2014
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"Objet" (1)

12 janvier 2014

Zeitoun - Dave Eggers

Lu en partenariat avec Livraddict et les éditions Folio

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Gallimard - avril 2012 - 416 pages

Folio - novembre 2013 - 432 pages

traduit de l'américain par Clément Baude

Titre original : Zeitoun, 2009

Quatrième de couverture :
Ce livre n’est pas un roman mais une histoire vraie. Originaire de Syrie, marié à une jeune Américaine convertie à l’islam, Zeitoun a fondé à La Nouvelle-Orléans une entreprise de bâtiment prospère avant que l’ouragan Katrina ne dévaste la ville en 2005. Malgré la fuite de sa famille, il décide de rester sur place. Sur un petit canoë, il explore les quartiers engloutis, vient en aide aux personnes prisonnières chez elles, nourrit les chiens abandonnés… Un jour, la Garde nationale l’arrête, l’accusant d’être un pilleur des rues. Dave Eggers, prix Médicis étranger pour Le grand Quoi, nous raconte l’histoire saisissante d’un homme confronté aux forces de la nature puis aux injustices d’une société violente.

Auteur : Dave Eggers est l'éditeur de la revue McSweeney's et l'auteur de romans et de recueils de nouvelles parmi lesquels  Suive qui peut (2003), Pourquoi nous avons faim (2007) et Le grand Quoi (2009). Il a créé à San Francisco 826 Valencia, une fondation à but non lucratif qui vient en aide aux enfants pauvres.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Ayant beaucoup aimé Le grand Quoi de Dave Eggers, lorsque ce livre a été proposé en partenariat par Livraddict et les éditions Folio je n'ai pas hésité. D'autant plus que j'avais déjà lu quelques romans autour de ce terrible ouragan Katrina. 
La note qui ouvre le livre est claire « Ce livre n’est pas un roman. Il repose avant tout sur les témoignages d’Abdulrahman et Kathy Zeitoun. » Ce livre est le fruit de trois ans de travail de l'auteur, il a recueilli le plus fidèlement possible les paroles de Abdulrahman Zeitoun et de sa femme Kathy. Il a également recoupé ces témoignages avec des sources indépendantes et des documents officiels.
Ce récit est fait chronologiquement et commence le 26 août 2005, la famille de Zeitoun s'apprête à passer une journée comme les autres. Zeitoun est originaire de Syrie, il est marié avec Kathy une américaine, ils ont 4 enfants et Zeitoun est entrepreneur dans le bâtiment à La Nouvelle-Orléans. L'ouragan est annoncé mais rien n'est affolant, les tempêtes sont assez fréquentes en cette saison. Mais dans le week-end, les bulletins météo deviennent de plus en plus alarmistes et Kathy préfère quitter la Nouvelle Orléans avec ses enfants, Zeitoun décide de rester pour surveiller ses maisons et ses chantiers en cours. Il pense que c'est son devoir de rester, il pourra se rendre utile. Il restera en contact avec Kathy par téléphone.
L'ouragan passé, Zeitoun va subir également l'inondation de la ville après la rupture des digues et avec le canoë qu'il avait dans son garage, il va aider des personnes âgés restées bloquées dans leur maison, il nourrira aussi des chiens abandonnés dans les maisons voisines. Kathy suivant les événements par l'intermédiaire de la télévision supplie Zeitoun de venir les rejoindre mais en vain. Jusqu'au jour où Kathy n'arrive plus à joindre son mari, elle n'a plus aucune nouvelle et craint le pire.
Zeitoun a été brutalement arrêté par la police, accusé de terrorisme, de pillage et jeté comme un chien en prison, sans jamais pouvoir prévenir les siens...
C'est très intéressant de suivre précisément les évènements, avant, pendant et après l'ouragan Katrina. Mais ce témoignage est édifiant sur l'absence d'organisation pour secourir les personnes bloquées chez elle, sur les interventions "cow-boy" de la police pour arrêter des soi-disant pillards sans aucune vérification, sans laisser à la personne la possibilité de s'expliquer ou de prévenir les siens. J'avais bien entendu dire que l'Administration Bush n'avait pas été à la hauteur lors de 
la tragédie de Katrina mais ce que j'ai découvert dans ce livre est inimaginable. Rien n'est organisé ni l'évacuation des quartiers, ni le sauvetage des sinistrés mais en quelques heures les autorités trouvent les moyens de monter une prison... Le comportement violent, hystérique, inhumain, humiliant de la police vis à vis de Zeitoun et ses camarades d'infortune est ahurissant. Difficile de croire que ce pays est une démocratie...

Merci à Livraddict et aux éditions Folio de m'avoir permis de découvrir ce témoignage qui fait froid dans le dos.

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Extrait : (début du livre)
VENDREDI 26 AOÛT 2005
Par les nuits sans lune, les hommes et les garçons de Jableh, un port de pêche poussiéreux sur la côte syrienne, avaient l’habitude de prendre leurs lanternes et de monter sur leurs bateaux les plus silencieux. Cinq ou six petites embarcations, chacune avec deux ou trois pêcheurs à son bord. À un mille de la côte, ils disposaient les bateaux en cercle sur la mer noire, jetaient leurs filets et, tenant leurs lanternes au-dessus de l’eau, imitaient la lune.Bientôt les poissons, des sardines, se rassemblaient et formaient une masse argentée qui remontait lentement des fonds. Ils étaient attirés par le plancton, et le plancton l’était par la lumière. Ils se mettaient à tourner en cercle, comme une chaîne au maillage lâche, et leur nombre ne cessait de croître pendant l’heure qui suivait. Les brèches obscures entre les maillons d’argent se comblaient, jusqu’à ce que les pêcheurs voient sous l’eau une masse d’argent compacte tournant sur elle-même. 
Abdulrahman Zeitoun n’avait que treize ans lorsqu’il commença à pêcher la sardine selon cette technique, empruntée aux Italiens, qu’on appelle la lampara. Mais avant de rejoindre les hommes et les adolescents sur les bateaux de nuit, il avait dû attendre des années, au cours desquelles il n’avait cessé de poser des questions. Pourquoi seulement par les nuits sans lune ? Car, lui expliquait son frère Ahmad, quand la lune brillait, le plancton était visible partout, répandu dans toute la mer, si bien que les sardines pouvaient voir et manger sans difficulté les organismes éclairés. Mais en l’absence de lune, les pêcheurs pouvaient en fabriquer une et attirer à la surface d’incroyables quantités de sardines. « Il faut que tu voies ça, disait Ahmad à son petit frère. Tu n’as jamais vu une chose pareille. »
Lorsque Abdulrahman vit pour la première fois les sardines former leur cercle dans le noir, il n’en crut pas ses yeux, saisi par la beauté de cette boule argentée qui ondulait sous la lumière blanc et or des lanternes. Il ne prononça pas un mot, et les autres pêcheurs aussi prenaient garde de ne pas faire de bruit, pagayant moteur coupé, de peur d’effrayer leur pêche. D’un bateau à l’autre, tout en regardant le poisson remonter et virevolter sous eux, ils murmuraient, échangeaient des blagues, parlaient des femmes ou des filles. Au bout de quelques heures, une fois que les sardines étaient prêtes et miroitaient par dizaines de milliers dans la lumière réfractée, les pêcheurs serraient leurs filets et les remontaient.
Avant l’aube, ils avaient regagné la côte, au moteur, et livré les sardines au mareyeur du marché ; celui-ci payait les hommes et les garçons, puis se chargeait de vendre le poisson dans tout l’ouest de la Syrie — Lattaquié, Banias, Damas. Les pêcheurs se partageaient l’argent. Abdulrahman et Ahmad rapportaient tout à la maison. Leur père étant mort l’année précédente et leur mère ayant les nerfs et la santé fragiles, tout l’argent gagné à la pêche allait au bien-être du foyer, où ils vivaient avec leurs dix frères et sœurs. 
D’un autre côté, Abdulrahman et Ahmad se fichaient pas mal de l’argent. Ils l’auraient fait gratis.

Trente-quatre ans plus tard, à des milliers de kilomètres à l’ouest, un vendredi matin, Abdulrahman Zeitoun était dans son lit et quittait peu à peu la nuit sans lune de Jableh, dont un souvenir confus imprégnait encore son rêve. Il était chez lui, à La Nouvelle-Orléans. À ses côtés, il entendait respirer sa femme Kathy, dont le souffle ressemblait au clapotis de l’eau contre la coque d’un bateau en bois. Hormis cela, le silence régnait dans la maison. Zeitoun savait que 6 heures allaient bientôt sonner et que le calme ne durerait pas. Généralement, la lumière du jour réveillait les enfants à l’instant où elle atteignait leurs fenêtres, au premier étage. Un des quatre ouvrait les yeux ; à partir de là, l’agitation commençait, la maison devenait vite animée. Dès qu’un enfant s’éveillait, il devenait impossible de maintenir les trois autres au lit.

Kathy fut réveillée par un bruit sourd, en haut, dans une des chambres des enfants. Elle tendit l’oreille et pria pour avoir un peu de répit. Chaque matin, il y avait en effet un moment critique, entre 6 heures et 6 h 30, où une chance, même infime, s’offrait à eux de gagner encore dix ou quinze minutes de sommeil. Mais il y eut un deuxième bruit sourd, et le chien aboya, et un autre bruit sourd suivit. Que se passait-il dans cette maison ? Kathy se tourna vers son mari. Il contemplait le plafond. La journée venait de commencer en fanfare.
Comme d’habitude, le téléphone se mit à sonner avant même qu’ils aient posé le pied par terre. Kathy et Zeitoun — la plupart des gens l’appelaient par son nom de famille car ils n’arrivaient pas à prononcer son prénom — dirigeaient une société, la Zeitoun A. Painting Contractor LLC, et chaque jour les ouvriers, les clients, ou toute personne disposant d’un téléphone et de leur numéro, trouvaient normal d’appeler dès 6 h 30. Et ils ne se gênaient pas. En général, il y avait tellement d’appels à cette heure-là que la moitié d’entre eux étaient directement renvoyés vers la messagerie vocale.

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46/50 :  Louisiane

Déjà lu du même auteur :

le_grand_quoi_p Le grand Quoi : Autobiographie de Valentino Achak Deng

Autres romans autour de l’ouragan Katrina :

zola_jackson Zola Jackson – Gilles Leroy  ouragan  Ouragan – Laurent Gaudé 

bois_sauvage Bois sauvage – Jesmyn Ward

8 décembre 2013

Pico Bogue, Tome 6 : Restons calme

9782205071436FS Dargaud - novembre 2013 - 48 pages

Présentation éditeur :
Dans Restons calmes, tome 6 des histoires de Pico Bogue, Dominique Roques et Alexis Dormal nous donnent un aperçu de ce que peuvent être des vacances avec Pico et sa petite soeur Ana Ana, enfants terribles de la bande dessinée !

Auteurs : Dominique Roques, mère d'Alexis Dormal, est née en 1948 à Casablanca. Elle a eu deux fils, dont l'un s'est mis à dessiner. Ainsi en 2005, après s'être intéressée aux dessins de son fils, elle écrit des scénarios.

Alexis Dormal, fils de Dominique Roques, né en 1977 à Bruxelles. Plus tard, diplômé d'une école belge de réalisation cinéma/télévision, il part étudier le dessin à l'école Émile Cohl, à Lyon. Maintenant, il dessine et sa maman écrit les bulles...

Mon avis : (lu en décembre 2013)
Dans le cinquième album, nous l'avions quitté Pico et Ana Ana furieux d'être abandonnés par leur parents pendant une semaine de vacances. Dans ce sixième épisode des aventures de Pico Bogue, nous retrouvons Pico, Ana Ana et Antoine, leur oncle, dans la voiture en direction de la mer et des vacances... sans les parents ! Comme prévu, les enfants vont réussir à passer de bonnes vacances, en embobinant bien leur oncle, les bêtises petites et grosses sont de la partie et bien sûr les nombreux mots d'enfants... Des vacances inoubliables !
En ce début d'hiver, accompagner Pico et Ana Ana au bord de la mer, cela donne le sourire !

Extrait :

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Déjà lu des même auteurs : 

picobogue  Pico Bogue tome 1 : La vie et moi

pico_bogue_T2  Pico Bogue tome 2 : Situations critiques

pico_bogue_T3 Pico Bogue tome 3 : Question d'équilibre

5468  Pico Bogue, Tome 4 : Pico love 

9782205068153_150 Pico Bogue, Tome 5 : Légère contrariété

9 décembre 2013

Challenge Voisins Voisines continue en 2014 !

Après Kathel (Lettres Exprès) qui a créé le Challenge Voisins Voisines,
et Anne (Des mots et des notes) qui l'a poursuivi jusqu'à fin 2013,
j'ai le plaisir de prendre relais pour 2014.

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Le but est de lire des romans européens (hors France), de découvrir la littérature contemporaine de nos "voisins et voisines". De l'Islande à la Grèce, de l'Espagne à la Norvège en passant par l'Albanie, l'Ukraine, les Pays-Bas... 

Je garde les mêmes règles pour le challenge que celles créées par Kathel et définies par Anne :

- Nous lisons bien des romans, jeunesse ou adultes ou polars… et rien que des romans.

- Nous considérons que la littérature contemporaine implique des livres publiés à partir de 1960. L’auteur peut être décédé ou non.

- Seuls les traductions participent au challenge, le but étant de mettre ces romans européens à la portée de tous, tout le monde ne peut pas lire en V.O. et il existe d’autres challenges qui permettent de lire en V.O.

Un billet récapitulatif 2014, sur lequel vous pourrez déposer les liens vers vos billets, sera mis en ligne dès le 1e janvier, mais vous pouvez déjà vous inscrire ici, dans les commentaires ! 

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Pas de challenge sans un logo.
Voici donc un petit nouveau que j'ai conçu à partir d'une photo prise à Dublin (Source)

 

Participants pour 2014 :
Argali - Asphodèle - CaroMleslivres - Clara - Coccinelle - Eimelle - Liliba - L'or rouge - LystigMaïne - Manika - Marjorie - monpetitchapitre - Nadael - Philisine Cave - Sharon - Syannelle - 
Valérie - Virgule - Vues de Budapest - XL -
 Aproposdelivres 

 Bonnes lectures européennes à tous !

 

25 octobre 2013

La lune était noire - Michael Connelly

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Livraphone - juin 2007 - 10h09 - Lu par Marie-Christine Letort

Seuil - avril 2000 - 376 pages

Points - mai 2001 - 464 pages

Points - octobre 2003 - 464 pages

Calmann-Lévy - mars 2012 - 384 pages

Livre de Poche - janvier 2012 - 480 pages

traduit de l'américain par Robert Pépin

Titre original : Void moon, 1999

Quatrième de couverture :
Contrainte de passer à l'action pour protéger le secret qui la déchire, Cassie Black, une ancienne détenue maintenant en liberté conditionnelle  décide de cambrioler la suite d'un grand flambeur du casino Cleopatra, à Las Vegas. Caméras de surveillance partout, gardes armés, coffres forts blindés, etc., la sécurité sans faille- et dirigée par un certain Kerch, individu particulièrement sadique et retors dans sa façon de penser. S'attaquer à lui c'est courir à la mort, mais c'est le risque que doit prendre Cassie si elle veut réussir. Et ce n'est rien en comparaison de ce qui se passe lorsqu'on comprend que l'enjeu est mille fois plus énorme que ce à quoi on s'attendait au début de l'affaire. Car bien sûr dans l'énorme partie qui se joue, toutes les cartes sont biaisées.

Auteur : Né à Philadelphie, Pennsylvanie le 21 juillet 1956, c'est en lisant les romans de Raymond Chandler que Michael Connelly décide de se consacrer à l'écriture. Il étudie alors la technique de l'écriture et le journalisme à l'université de Floride où enseigne le romancier Harry Crews. Le diplôme obtenu, il se lance dans le journalisme et écrit pour les journaux Fort Lauderdale et Daytona Beach. Il s'intéresse tout particulièrement au crime et couvre 'la guerre de la drogue', période pendant laquelle la Floride connut une vague de violence inattendue. En 1986, une enquête sur les rescapés d'un crash d'avion lui vaut d'être cité pour le prix Pulitzer et de travailler pour le prestigieux Los Angeles Times. Il publie son premier roman 'Les Egouts de Los Angeles' en 1992 dont le héros tourmenté, l'inspecteur Harry Bosch, deviendra un héros récurrent dans son oeuvre. On le retrouvera entre autres dans 'L' Envol des anges' et 'Lumière morte'. Récompensé dans de nombreux pays, Connelly puise son inspiration de son expérience de journaliste, de faits divers et de sa fascination pour le rapport ambivalent de l'homme face au crime et à la justice. Après 'Los Angeles River' en 2004 et 'Deuil interdit' en 2005, il offre au public une nouvelle enquête de Bosch dans 'Echo Park' en 2007. Véritables best-sellers, les romans de Michael Connelly font de lui l'un des maîtres incontestés du roman noir. Il vit en Floride avec sa femme et sa fille.

Lecteur : Après des études de lettres, Marie-Christine Letort entre au Conservatoire National d’Art Dramatique de Rennes, puis à l’Ecole Florent en classe libre. Au théâtre, elle a joué dans Le retour au désert de Bernard-Marie Koltès mis en scène par Jean de Pange, Les enfants d’Edward Bond mis en scène par Jean-Pierre Garnier et dernièrement dans Zoo de Vercors mis en scène par Jean-Paul Tribout.
Marie-Christine Letort travaille régulièrement avec Jean-Luc Revol (Molière, Marivaux, D. Parker, Botho Strauss,…).
Au cinéma, Marie-Christine Letort a tourné sous la direction de Philippe Faucon et à la télévision, sous la direction de Christiane Le Hérissey , Gérard Vergez… Richard III est sa première collaboration avec Philippe Calvario.

Mon avis : (écouté en octobre 2013)
Je ne suis pas une habituée de cet auteur et j'ai plutôt bien aimé cette lecture audio.
Cassie Black a trente ans et un passé douloureux. Cambrioleuse, elle a fait plusieurs années de prison à cause d'un contrat qui a mal tourné. Cassie a réussi à obtenir une remise de peine et une liberté surveillée. Elle a bien décidé à se tenir à carreau et ne pas replonger mais un événement imprévu va l'obliger à participer à un dernier coup pour gagner beaucoup d'argent... Elle doit pénétrer dans une suite du casino Cleopatra, à Las Vegas malgré la présence de nombreuses caméras de surveillance, de gardes armés, de coffres forts blindés.
Le lecteur suit l'histoire du côté du cambrioleur avec tous les détails techniques pour préparer le coup, les problèmes qui vont arriver lors de l'exécution du coup et Cassie se retrouve au cœur d'une machination. Elle va devoir faire face à une course poursuite meurtrière contre un détective privé pas très net... 
Le dénouement est assez inattendu.
Le roman a été écrit comme un feuilleton télévisé, avec des chapitres courts et haletants. L'écoute est plutôt agréable et facile même si pour maintenir du suspens, l'auteur passe d'une scène à l'autre à chaque chapitre...

Note :  ♥♥♥

Déjà lu du même auteur : 

le_verdict_de_plomb Le verdict du plomb le_po_te Le poète 

 

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Le Mois Américain 

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45/50 :  Nevada

Challenge Trillers et Polars

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catégorie "Même pas peur" :  10/25

   Challenge Petit BAC 2013
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"Géographie"

24 novembre 2013

Astérix chez les Pictes - Jean-Yves Ferri, Didier Conrad

Pictes-226x300 Editions Albert René - octobre 2013 - 48 pages

Présentation éditeur : 
Le Village d’Astérix enneigé se remet doucement d’un hiver glacial comme jamais, quand Astérix et Obélix font la plus étonnante des découvertes : un jeune homme enfermé dans un glaçon, échoué sur la plage ! Panoramix est formel : il s’agit d’un Picte. Mais qui sont les Pictes ? Des peuples de l’ancienne Ecosse, redoutables guerriers aux multiples clans, dont le nom, donné par les Romains, signifie littéralement « les hommes peints ». Astérix chez les Pictes, c’est donc un voyage épique, en compagnie de Mac Oloch et de la belle Camomilla, vers une contrée riche de traditions. Au fil des pages, on découvre un peuple attachant dont les différences culturelles se traduisent en gags et jeux de mots mémorables. De l’eau de malt, des noms en Mac, des lancers de tronc, des bardes adeptes de la cornemuse, les origines du mur d’Hadrien et du monstre du Loch Ness sont dévoilés ! Et même des Gaulois en kilts, par Toutatis !

Auteurs : Jean-Yves Ferri pour le scénario. Oscillant entre humour et tentative de réhabilitation d'un certain mode de vie campagnard, il se démarque du reste de la production par un ton particulier. De sa jeunesse, il garde son amour immodéré du terroir et l'insuffle dans ses planches. Dès 1993, il fait son entrée parmi la caste des auteurs de Fluide Glacial. Ses 'Fables autonomes', parues au format album en 1996 et en 1998, évoquent une condition rurale âpre. Ardent défenseur du monde paysan, il n'en traite pas moins avec décalage et cynisme par le biais de l'autre série qu'il développe dans les pages de Fluide Glacial, celle des aventures d''Aimé Lacapelle', sorte de policier rural à la gouaille inégalée. Auteur et dessinateur, c'est en s'associant avec Manu Larcenet qu'il rencontre massivement le public. Leur oeuvre commune, 'Le Retour à la terre', entamée en 2002, témoigne de la difficulté de vivre sans racines et fait preuve d'une sensibilité rare. Entre humeurs bucoliques et regard doux-amer, Jean-Yves Ferri est un artiste dans le système mais définitivement à part.

Didier Conrad pour le dessin. Né le 6 mai 1959 à Marseille, il fait ses débuts en 1973 avec une "Carte blanche" humoristique de deux pages pour SPIROU. Il s'associe avec Yann pour illustrer "Jason", un scénario fantastique de Mythic. Avec son complice, il va former le premier duo d'affreux jojos de la bande dessinée en multipliant, au début des années 80, des animations corrosives dans SPIROU (les célèbres hauts de pages), la satire des séries réalistes traditionnelles avec les "Innommables" et la parodie avec "Bob Marone". Séparé de son conseiller en pastiches, Conrad commence en 1984 une œuvre personnelle : c'est "L'Avatar" qui préfigure selon lui, "Le Piège Malais", publié en deux volumes six ans plus tard dans la prestigieuse collection "Aire Libre" et dont une intégrale a été proposée en 1999. Conrad crée ensuite, en 1991, une série pour les plus jeunes lecteurs : "Donito", dont quatre aventures se succéderont chez Dupuis avant qu'il renoue pour Dargaud avec les "Innommables" et son complice préféré, Yann. Sous le pseudonyme commun de "Pearce", ils vont explorer la jeunesse de Lucky Luke dans "Kid Lucky", sur un scénario de Jean Léturgie, chez Lucky Productions. Son dessin nerveux et joliment disneyien lorsqu'il ne s'attaque pas au bazooka aux univers classiques le fait remarquer par les chasseurs de tête de Spielberg qui s'efforceront un moment de canaliser son inspiration pour les studios Dreamworks aux états-Unis. Le dessin animé d'outre-Atlantique n'étant apparemment pas sa tasse de thé préférée, "Pearce" vient de relancer une série drolatiquement western sur scénario de Jean Léturgie : "Cotton Kid", un petit môme de l'Ouest.

Mon avis : (lu en novembre 2013)
C'est le 35ème album d'Astérix et Obélix, le premier sans Goscinny ou Uderzo. On retrouve bien l’esprit des premiers Astérix, du temps du duo Goscinny et Uderzo.

Les dessins de Conrad d’abord sont vraiment très beaux et très proche de l'original.
Pour le scénario, Jean-Yves Ferri est revenu aux classiques, nos chers Gaulois vont découvrir un nouveau peuple, les Pictes. Un voyage épique vers une contrée riche en coutumes et de traditions, la découverte d'un peuple et de ses différences culturelles. 
J'ai bien aimé les trouvailles comme les pictogrammes, le lancer de tronc d'arbre, l'élection du chef de clans et le monstre du Loch Ness (dont le graphisme est assez surprenant...), les nombreux jeux de mots autour des noms des guerriers des clans écossais...
Quelques regrets, Idéfix ne fait pas parti du voyage en Pictie (comme dirait Obélix), aucun sanglier dans cet album (à part dans les écuelles du banquet final) et très peu de potion magique...
Toute la famille a apprécié cette nouvelle aventure d'Astérix et Obélix !

Bravo également pour le prix... 9,90 euros !

Extrait : (page 7)

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et "Ouvrir l'image dans un nouvel onglet"

 Challenge 4% Rentrée Littéraire 2013
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21/24

16 décembre 2013

La ligne noire - Jean-Christophe Grangé

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

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VDB - janvier 2008 - 16h02 - lu par Véronique Groux De Mieri et José Heuze

Albin Michel - mai 2004 - 512 pages

Livre de Poche - juin 2006 - 606 pages

Quatrième de couverture : 
Ancien champion de plongée en apnée, Jacques Reverdi est arrêté en Malaisie. Convaincu de meurtres sadiques - il saigne à mort ses victimes, des jeunes femmes -, il risque la pendaison.
A Paris, Marc Dupeyrat, ancien paparazzi reconverti dans le fait divers sanglant, se prend de fascination pour lui. Afin d'obtenir ses confidences, il va inventer une femme, dont le criminel tombera amoureux du fond de sa prison, et à laquelle il prêtera les traits de Khadidja, le mannequin en herbe que déjà se disputent publicitaires et photographes.
Commence alors, de Paris à l'Extrême-Orient, une longue odyssée au coeur de la violence et du mal, qui mènera le journaliste bien au-delà de ce qu'il pouvait imaginer... Et un suspense qui, après Les Rivières pourpes et L'Empire des loups, confirme Jean-Christophe Grangé comme un maître du thriller. 

Auteur : Né à Paris en 1961, après une maîtrise de lettres à la Sorbonne, Jean-Christophe Grangé devient rédacteur publicitaire, puis travaille pour une agence de presse. A partir de 1989, il parcourt le globe pour réaliser ses premiers reportages, travaillant pour des journaux et magazines variés et internationaux, parmi lesquels Paris Match ou le Sunday Times. Devenu journaliste free-lance, il fonde sa propre agence, L & G, et finance lui-même ses expéditions aux quatre coins du monde. Ces reportages lui permettent de récolter au passage les plus importantes consécrations de la profession, le prix Reuter et le prix World Press. En 1994, Jean-Christophe Grangé entame sa carrière littéraire avec 'Le Vol des cigognes' et enchaîne en 1998 avec 'Les Rivières pourpres', qui connaîtra cette fois un large succès et lui assurera la célébrité. En 2000, paraît 'Le Concile de Pierre', qui fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 2006. Traduits en 18 langues, les romans de celui que l'on surnomme le 'Stephen King français' se sont déjà vendus à plus d'un million d'exemplaires. En 2003, il publie 'L'Empire des loups'. Il est à l'origine du scénario de 'Vidocq' et des textes de la bande dessinée 'La Malédiction de Zener', de Philippe Adamov. Il est également à l'origine d'une trilogie sur la 'compréhension du mal sous toutes ses formes', entamée avec 'La Ligne noire' en 2004. Jean-Christophe Grangé, auteur prolifique, semble avoir trouvé la clé du succès.

Mon avis : (écouté en novembre 2013)
La thématique du mois pour le rendez-vous "Ecoutons un livre" étant "Faisons-nous peur", je me suis assez naturellement tournée vers Jean-Christophe Grangé qui est maître dans le genre... C'est un auteur que j'ai découvert avec ses premiers livres et que j'ai arrêté de lire car je le trouvais de plus en plus gore et sanguinolent...
Avec ce livre, l'auteur nous plonge dans une histoire très sombre mais captivante entre Paris et l'Asie du Sud-Est. Jacques Reverdi est arrêté en Malaisie pour un meurtre particulièrement sadique d'une jeune femme. Marc Dupeyrat est un ancien paparazzi, fasciné par le Mal. Il va tenter d'approcher le meurtrier en se faisant passer pour Elisabeth, une étudiante en psychologie, et va correspondre avec lui par lettres et mails alors que ce dernier est emprisonné...

Le suspense est présent du début à la fin du livre, l'intrigue est très bien construite, elle nous tient en haleine jusqu'au dénouement final que j'avais deviné avant la fin.
Le point fort de ce roman est la description de la perversité de Jacques Reverdi dont le rituel des meurtres est assez effroyable. Ame sensible s'abstenir.

Déjà lu du même auteur :

Miserere Miserere le_vol_des_cigognes_audio Le Vol des cigognes

 

Challenge Petit BAC 2013
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"Couleur"

Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  15/25

 

10 novembre 2013

Palmer en Bretagne - Pétillon

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Dargaud - septembre 2013 - 54 pages

Présentation éditeur :
C'est en Bretagne que se déroule cette quinzième enquête de Jack Palmer. Après ses missions en Corse et une plongée dans un paradis fiscal proche du Liechtenstein, Jack Palmer est engagé comme garde du corps auprès d'un milliardaire collectionneur d'art contemporain. Tout pourrait être idyllique dans cette région magnifique. Hélas ! les algues vertes, la cupidité, un crime mystérieux et la légendaire maladresse du détective vont transformer ce séjour breton en un réjouissant désordre, dans lequel René Pétillon déploie son humour ravageur et sa connaissance intime des particularismes locaux.

Auteur : René Pétillon est né en 1945 à Lesneven, dans le Finistère. Dessinant depuis toujours pour le plaisir, c'est en autodidacte qu'il passe professionnel. Il n'a en effet jamais mis les pieds dans une école d'art. Après avoir envoyé quelques dessins par la poste, il débute en 1968 dans Plexus, L'Enragé et Planète. Comme le dessin d'humour ne le fait pas vivre, il se lance dans la bande dessinée et frappe à la porte de Pilote, où il publie aussitôt un récit en six pages intitulé Voir Naples et mourir. En 1974, il crée le détective Jack Palmer qui se baladera dans Pilote, L'Écho des savanes, BD, Télérama et VSD. En 1976, pour L'Écho des savanes, il scénarise Le Baron noir dont Yves Got assure le dessin. La série paraît ensuite en strip quotidien dans Le Matin de Paris (de 1977 à 1981). En 1993, il entre au Canard enchaîné, où, chaque semaine, il publie des dessins politiques. Grand Prix d'Angoulême en 1989, il reçoit en 2001, à Angoulême toujours, le prix du meilleur album pour L'Enquête corse. En 2002, il est lauréat du grand prix de l'humour vache au Salon international du dessin de presse et d'humour de Saint-Just-le-Martel. René Pétillon est aussi citoyen d'honneur de la ville de Bastia...

Mon avis : (lu en novembre 2013)
J'ai découvert Pétillon et Jack Palmer grâce au film "L'enquête Corse". Auparavant, le style du dessin ne m'avait jamais donné envie de découvrir cette bande dessinée.
Pour cet album, c'est après avoir vu l'auteur à La Grande Librairie et bien sûr le sujet "en Bretagne" qui m'a donné envie de le découvrir.
Le maladroit détective Jack Palmer est embauché comme garde du corps d'un milliardaire André Maroilles. Ce dernier est l'un des invités de la milliardaire Solange Pommeraie au week-end organisé sur son île bretonne de Gwennse. Pour ce week-end sont réunis des riches (hommes de télé, hommes d'affaires, journalistes...), parmis eu Livarot et Maroilles qui se disputent l'acquisition d'un tableau. Notre héros détective ne se sent pas vraiment à sa place, et dès le début de l'histoire il se retrouve piégé par la marée sur un rocher, il devient donc spectateur des évènements. 

La Bretagne est volontairement caricaturée à l’extrême (Pétillon est breton...) jeux de mots dans les noms de lieux typiquement bretons, l'histoire se déroule durant un mois d’août avec une météo capricieuse, les odeurs sont très présentes dans l'album comme celles des algues vertes, des cochons...

J'ai passé un très bon moment en lisant cette bande-dessinée et cela m'a donné envie de relire "L'enquête Corse".

Extrait :

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Challenge Petit BAC 2013
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"Géographie"

Challenge 3% Rentrée Littéraire 2013
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16/18

12 novembre 2013

Kinderzimmer - Valentine Goby

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 Actes Sud - août 2013 - 224 pages

Quatrième couverture : 
“Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?
– Je ne sais pas.
– Si tu dis oui c’est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.
Mila se retourne :
– Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que tu veux ?
– La même chose que toi. Une raison de vivre.”
 
En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.
Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

Auteur : Valentine Goby est née en 1974. Elle est notamment l’auteur de L’Échappée (2007), Qui touche à mon corps je le tue (2008), Des corps en silence (2010) et Banquises (2011). Elle écrit également pour la jeunesse. Kinderzimmer (2013) est son huitième roman.

Mon avis (lu en novembre 2013)
Voilà un livre qui m'a bouleversée et dont il n'est pas facile de faire un billet... 
Kinderzimmer nous raconte l’histoire de Mila qui arrive en 1944, enceinte, au camp de Ravensbrück. Elle a été arrêtée pour faits de résistance. 

Le lecteur est plongé au cœur du camp avec des descriptions très précises et justes des conditions de vie : la promiscuité, la faim, la peur, les odeurs, la maladie, la fatigue, le froid... Il faut également s'habituer au vocabulaire spéciale du camp, l'auteur utilise au début du livre cette typographie [chneller] [rouhe] [chwaïneraille] [apel] [chtoubova], le lecteur peut imaginer la rudesse et la difficulté à comprendre ces ordres...
Mila garde son secret le plus longtemps possible, car ne voyant aucun bébé dans le camp elle craint que cet enfant ne l'envoie à la mort.
Après la naissance du bébé, Mila va découvrir la Kinderzimmer. Un block réservé aux bébés où les conditions de vie ne sont pas tellement meilleures qu'ailleurs dans le camp...
Tout autour de Mila, c'est l'enfer mais cet enfant est son seul espoir pour survivre, sa seule raison de vivre. Non seulement pour elle mais également pour les femmes qui l'entourent et qui vont l'aider à nourrir, à réchauffer et à protéger son bébé...

J'ai aimé découvrir qu'en opposition à la cruauté, à la déshumanisation et à l’horreur du camp de concentration, il pouvait exister de la solidarité, de l'entraide chez les femmes du camps qui entourent Mila : Lisette, Theresa, Irina, Georgette... Ce témoignage m'a appris beaucoup de choses puisque je n'avais jamais imaginé de naissances au sein d'un camp de concentration...
Un livre très fort sur un sujet difficile, une histoire touchante et bouleversante que je vous encourage à découvrir !

Autres avis : Sandrine, Val JérômeNoukette,  MirontaineSaxaoulClaraJosteinStephie

Note : ♥♥♥♥♥ 

Extrait : (début du livre)
Elle dit mi-avril 1944, nous partons pour l’Allemagne. 

On y est. Ce qui a précédé, la Résistance, l’arrestation, Fresnes, n’est au fond qu’un prélude. Le silence dans la classe naît du mot Allemagne, qui annonce le récit capital. Longtemps elle a été reconnaissante de ce silence, de cet effacement devant son histoire à elle, quand il fallait exhumer les images et les faits tus vingt ans ; de ce silence et de cette immobilité, car pas un chuchotement, pas un geste dans les rangs de ces garçons et filles de dix-huit ans, comme s’ils savaient que leurs voix, leurs corps si neufs pouvaient empêcher la mémoire. Au début, elle a requis tout l’espace. Depuis Suzanne Langlois a parlé cinquante fois, cent fois, les phrases se forment sans effort, sans douleur, et presque, sans pensée.

Elle dit le convoi arrive quatre jours plus tard.
Les mots viennent dans l’ordre familier, sûrs, elle a confiance. Elle voit un papillon derrière la vitre dans les branches de platane ; elle voit couler la poussière dans la lumière oblique rasant les chevelures ; elle  voit battre le coin d’un planisphère mal scotché. Elle parle. Phrase après phrase elle va vers l’histoire folle, la mise au monde de l’enfant au camp de concentration, vers cette chambre des nourrissons du camp dont son fils est revenu vivant, les histoires comme la sienne on les compte sur les doigts de la main.

C’est aussi pourquoi elle est invitée dans ce lycée, l’épreuve singulière dans la tragédie collective, et quand elle prononcera le mot Kinderzimmer, tout à l’heure, un silence plus dense encore tiendra la classe comme un ciment. Pour l’instant, elle est juste descendue du train, c’est l’Allemagne, et c’est la nuit.

Elle dit nous marchons jusqu’au camp de Ravensbrück.

Une fille lève la main. À ce moment du récit ce n’est pas habituel. Une main levée comme un signal, une peau très pâle, et dans le sourcil droit, un minuscule anneau rouge. La main levée déroute Suzanne Langlois, le récit bute contre la main, une main sur sa bouche, et se fragmente.
La fille demande si Suzanne Langlois avait entendu parler de Ravensbrück en France, avant le départ.
Suzanne Langlois dit j’ai su qu’il y avait des camps, c’est tout.
Et dans le train pour l’Allemagne, elle connaissait la destination ?
— Non.
— Alors quand vous avez compris que vous alliez à Ravensbrück ?
Suzanne Langlois hésite, et puis : je ne sais pas. De toute façon elle n’aurait pu comprendre qu’elle allait à Ravensbrück, quand bien même elle aurait su ce nom il n’aurait évoqué qu’un assemblage de sons gutturaux et sourds, ça n’aurait eu aucun sens avant d’y être, avant de le vivre.
— Alors, vous ne saviez pas où vous étiez ?
Suzanne Langlois sourit, hésite, puis : non.

Challenge 3% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
17/18
 

Déjà lu du même auteur : 

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