Lu en partenariat dans le cadre des
Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister
les matchs de la rentrée littéraire

le_pacte_des_vierges Stock – août 2011 – 192 pages

Quatrième de couverture :
« A la fin de l'année scolaire, le lycée de Gloucester (Massachusetts) comptait 17 jeunes filles enceintes […]. La moitié d'entre elles – toutes ont moins de seize ans – ont avoué avoir fait un pacte pour avoir leurs bébés et les élever ensemble. »

Auteur : Vanessa Schneider est journaliste politique. Auteur d’un essai et d’un film documentaire, elle a publié deux romans, La mère de ma mère et Tâche de ne pas devenir folle.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
En 2008, à Gloucester, ville de pêcheurs du Massachusetts à 60 kilomètres au nord de Boston aux États-Unis, un fait divers fait la une de la presse. Dix-huit jeunes filles d'un même lycée, âgées de moins de seize ans sont enceintes en même temps. Il semblerait qu'un pacte aurait été conclu entre elles.
A partir de ce fait divers ayant réellement existé, l'auteur imagine une journaliste venue faire son enquête et qui donne la parole à quatre jeunes filles parmi les dix-huit.
Il y a la meneuse, Lana dont le père est parti un jour, laissant seule Lana et sa maman qui n'a jamais supporté cet abandon. Elle passe ses journées devant la télévision, droguée à l'alcool et aux médicaments. Il y a Cindy que Lana a rencontré autrefois dans un foyer. Cindy a été recueilli par une tante après avoir été abandonnée à l'âge de par sa mère. Cindy est la seule à avoir un copain Tim. Il y a Sue qui vient d'une bonne famille très religieuse et bien pensante. Et enfin, il y a Kylie qui depuis toute petite est une habituée des concours de Mini-Miss. Elle aimerait être vraiment aimée, pas seulement pour son physique.
Tour à tour, on découvre la vie de chacune des quatre adolescentes, leurs blessures, leurs envies. A travers les voix de Lana, Sue, Cindy et Kylie, Vanessa Schneider nous décrit une société américaine où se mêlent rêves et réalités. C'est un prétexte pour évoquer certains problèmes d'éducation comme l'absence des parents, la drogue, l'alcool, la sexualité précoce... A aucun moment, l'auteur ne prend parti et ne blâme les jeunes adolescentes ou leurs parents. Elle garde un regard neutre et objectif.

Je suis cependant restée un peu sur ma faim, car l'auteur reste sur le fait divers, on a seulement une conclusion six mois après, et j'aurais aimé en savoir un peu plus sur l'après... Que sont-elles devenues quelques années plus tard ? Et le lecteur n'a pas de réponses à toutes les questions que se posent la journaliste.
C'est un livre intéressant qui se lit très facilement et qui m'a donné envie d'en savoir plus pour ce fait réel.

Merci à Priceminister pour ce partenariat et au Café Lecture Blog de ma Bibliothèque qui en me choisissant comme marraine pour participer aux Matchs de la Rentrée Littéraire de Priceminister m'a permis de gagner ce livre.

Extrait : (début du livre)
Que voulez-vous savoir au juste ? Mes secrets vous ne les aurez pas. Je peux seulement vous raconter deux ou trois choses sur comment tout cela s'est passé. Ça va, ne faites pas cette tête. Vous devriez être contente. Vous voilà ici, chez moi, c'est ce que vous vouliez, non ? 
Alors ne vous gênez pas, posez vos questions. Je suis lycéenne et enceinte. Une gamine avec un gros ventre, c'est ce que vous pensez, j'en suis sûre. Ça a l'air de vous plaire les simplifications. Je ne pensais pas que ça ferait tout un foin cette histoire. Je ne comprends pas pourquoi on nous ennuie avec ça. Il n'y a pas d'âge légal pour avoir un enfant à ce que je sache. J'ai quinze ans. Je sais je fais plus, mais j'en ai connu des vertes et des pas mûres et croyez-moi, ce que j'ai vécu, ça use. En fait je ne les aurai que dans quatre mois, pour la naissance du bébé. Quinze, ça fait mieux que quatorze pour être mère, non ? Je ne sais pas pourquoi je vous parle, je ne suis pas sûre que votre tête me revienne, en fait. Je n'aime pas les rousses. Ni les femmes qui portent des lunettes. Si vous m'aviez précisé ça au téléphone, je veux dire pour la couleur de cheveux, je ne pense pas que j'aurais accepté de vous voir. C'est naturel ou c'est une teinture ? Bon, je vois, vous êtes du genre « Je ne parle pas, je suis là pour écouter », j'en ai fréquenté des femmes comme vous. J'ai été en foyer, j'en ai vu défiler des nanas qui essayaient de me tirer les vers du nez. Je perçois bien les gens, vous savez. Je fonctionne à l'instinct, j'y ai été contrainte. Je n'ai jamais pu faire confiance à quiconque, sauf aux filles de la bande. Elles, elles savent vraiment qui je suis, elles connaissent tout de mon âme, elles m'apprécient ainsi. Avec les autres, les gens de l'extérieur, avec vous par exemple, je joue les dures. C'est plus simple. Je vous expliquerai pourquoi je suis comme ça un autre jour, si on se revoit.
Depuis la parution de ce foutu article de Time Magazine, ils sont tous venus. Des journalistes du Gloucester Diary d'abord, puis d'autres, de Boston, et de New York aussi. Ça vous épate, hein ? Il y a eu la radio, la télé, et même des reporters pour Internet. Je ne savais pas qu'ils avaient des reporters sur Internet. Ils sont à peine plus âgés que nous, mais ils se laissent pousser la barbe pour avoir l'air vieux. C'est un peu ridicule si vous voulez mon avis. Bref, ils voulaient nous voir, faire des interviews, nous photographier, nous filmer. « Même de dos, ça ira », ils disaient. Enregistrer nos voix. Ça nous a fait bizarre. D'habitude, il n'y a pas grand monde qui vient jusqu'ici. Il faut dire qu'il ne se passe jamais rien de spécial à Gloucester. Nos vies n'intéressent personne. Du moins jusqu'à maintenant. La Fox a proposé de payer pour qu'on raconte. Mais on n'a pas voulu. On s'est concertées, on s'est parlé. On a décidé de ne pas le faire. Kylie a failli dire oui, mais je l'ai regardée droit dans les yeux. Je lui ai dit : « Tu ne peux pas choisir toute seule, on a toujours fait les choses ensemble. » Elle a fini par approuver. En même temps, je comprends qu'elle ait été tentée. Son père s'est barré avec une pouffiasse quand elle était petite et sa mère galère avec trois boulots pour payer les traites de la baraque. C'est vrai qu'elle en aurait eu bien besoin des chèques de la Fox, Kylie, ne serait-ce que pour le bébé. Il paraît que ça coûte pas mal de pognon en fait. Rien que pour les couches, des centaines de dollars par an ! Mais on lui a toutes dit, enfin, surtout moi, qu'il ne fallait pas s'en faire pour ça. On va s'arranger autrement. On va se débrouiller. L'argent de la Fox aurait tout sali.

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Rentrée Littéraire 2011
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16/21

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8/50 : Massachussets
L'histoire se situe à Gloucester, ville de pêcheurs du Massachussets 

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