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traduit de l'anglais (États-Unis) par Marie-Odile Fortier-Masek

Édition de La Table Ronde – novembre 2004 – 317 pages

Folio – mars 2006 – 427 pages

Présentation de l'éditeur :

Récemment arrivée des États-Unis avec son mari, Ella Turner a du mal à trouver sa place dans cette bourgade de province du sud-ouest de la France. S'y sentant seule et indésirable, elle entreprend des recherches sur ses ancêtres protestants qui eurent à fuir les persécutions. Elle est alors loin d'imaginer que cette quête va bouleverser sa vie. Quatre siècles plus tôt, en pleine guerre de religion, Isabelle du Moulin, surnommée " La Rousse " en raison de sa flamboyante chevelure, risque un procès en sorcellerie pour le culte qu'elle voue à la Vierge Marie. Cependant, l'enfant qu'elle porte ne lui laisse d'autre choix que d'entrer dans l'intolérante famille des Tournier qui a embrassé la Réforme. Séparées par des générations mais unies par un mystérieux héritage, Ella et Isabelle vont renouer les fils du temps à deux voix. Premier roman de l'auteur de La jeune fille à la perle, La Vierge en bleu livre l'histoire tragique et foisonnante des Tournier, sur fond de guerre de religion.

Auteur : Née à Washington, Columbia en 1962, après des études dans l'Ohio, Tracy Chevalier part en 1984 à Londres pour un séjour de six mois. Amoureuse des livres, elle reste finalement en Angleterre, y fonde une famille et commence à travailler dans l'édition. Pourtant, le virus de l'écriture, déjà côtoyé durant ses études, la rattrape. Après quelques cours d'écriture, Tracy voit ses écrits publiés dans le magazine Fiction, avant que son premier roman, 'La Jeune fille à la perle', ne lui apporte en 1998 un grand succès sur ses terres d'adoption. Confirmation dès lors que ses ouvrages se diffusent à grand échelle. Tracy Chevalier enchaîne, au début des années 2000, avec 'Le Récital des anges', 'La Dame à la licorne' puis 'La Vierge en bleu', et rencontre à chaque fois son public. Elle revient dans les librairies en 2007 avec 'L' Innocence'. Désormais, la sortie de chaque nouveau livre de Tracy Chevalier est un événement.

Mon avis : (lu juin 2004 en et relu en mars 2010)

Après avoir découvert et beaucoup aimé "La jeune fille à la perle", j’avais lu et aimé "La Vierge en bleu ". A l’occasion du concours Tracy Chevalier organisé par BoB, j’ai relu ce livre avec toujours autant de plaisir.

Ce livre nous raconte deux histoires en parallèle : au XVIème siècle, dans les Cévennes, Isabelle est enceinte de l'enfant d'Etienne Tournier, le fils de riches paysans protestants. Elle doit l'épouser et vivre avec sa famille. Pourtant, elle est à l'origine catholique et elle a beaucoup d'admiration pour la Vierge Marie. Les guerres de religions faisant rage, la famille Tournier doit fuir et ils se réfugient à Moutier une petite ville suisse. Au XXème siècle, deux américains Ella et Rick viennent s'installer à Lisle-sur-Tarn une petite ville proche de Toulouse. Mal à aise dans ce village et en attendant de reprendre des études pour travailler en France, Ella Turner s'intéresse à ses ancêtres protestants et entreprend des recherches avec l'aide du bibliothécaire. Les deux récits vont se rejoindre lorsqu’Ella découvrira les lieux de ses origines, et un peu plus sur l’histoire de cette famille.

Extrait : (début du livre)

Elle s'appelait Isabelle. Enfant, ses cheveux changeaient de couleur en moins de temps qu'il n'en faut à l'oiseau pour appeler son compagnon.

Cet été-là, le duc de l'Aigle rapporta de Paris une statue de la Vierge à l'Enfant et un pot de peinture destinés à la niche au-dessus du portail de l'église. Le village célébra par une fête l'installation de la statue. Assise au pied d'une échelle, Isabelle regardait Jean Tournier peindre la niche d'un bleu intense, de la couleur d'un ciel vespéral. Au moment où il achevait, le soleil apparut derrière un pan de nuages, rendant le bleu si vif qu'Isabelle croisa les mains sur sa nuque et serra les coudes contre sa poitrine ; ses rayons posèrent sur sa chevelure une auréole mordorée qui y demeura après qu'il eut disparu. A partir de ce jour, on l'appela La Rousse en souvenir de la Vierge Marie.

Quelques années plus tard, ce surnom perdit toute résonance affectueuse, avec l'arrivée au village de M. Marcel, aux mains maculées de tanin, qui s'exprimait avec des paroles empruntées à Calvin. Lors de son premier sermon, dans les bois, bien loin des regards du curé, il déclara que la Vierge Marie leur barrait le chemin de la Vérité.