la couleur du lait Phébus - août 2014 - 176 pages

traduit de l'anglais par Karine Lalechère

Titre original : The Colour of Milk, 2012

Quatrième de couverture :
En cette année 1831, Mary, une fille de 15 ans entame le tragique récit de sa courte existence : un père brutal, une mère insensible et sévère, en bref, une vie de misère dans la campagne anglaise du Dorset.
Simple et franche, lucide et impitoyable, elle raconte comment, un été, sa vie a basculé lorsqu'on l'a envoyée travailler chez le pasteur Graham, afin de servir et tenir compagnie à son épouse, femme fragile et pleine de douceur.
Elle apprend avec elle la bienveillance, et découvre avec le pasteur les richesses de la lecture et de l'écriture.. mais aussi l'obéissance, l'avilissement et l'humiliation. Finalement, l'apprentissage prodigué ne lui servira qu'à écrire noir sur blanc sa fatale destinée. Et son implacable confession.

Auteur : Nell Leyshon est née à Glastonbury, dans le comté du Dorset au Royaume-Uni. Après des études de littérature anglaise à l'université de Southampton, elle s'est fait connaître par ses pièces de théâtre enregistrées pour la BBC. Son premier roman, paru en 2004, Black Dirt figurait sur la liste de l'Orange Prize. Devotion et The Voice ont remporté un franc succès. Publié en 2012, La Couleur du lait l'a consacrée comme un des auteurs importants de notre temps. C'est la première oeuvre de Nell Leyshon à être traduite en français.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
C'est lors du Café Lecture de la Bibliothèque que j'ai eu envie de découvrir ce livre. Ce livre est un coup de coeur.
En 1831, dans la campagne anglaise, Mary, quinze ans, livre son histoire sous forme d'une confession. Elle est la cadette d'une famille de quatre filles et elle a toujours travaillé à la ferme. Un beau jour, son père l'envoie travailler chez le pasteur Graham afin de s'occuper de sa femme malade. Pour Mary, ce nouveau travail est très différent du travail à la campagne. Mary est une jeune fille pleine de bon sens et surtout qui n'a pas sa langue dans sa poche. La famille du pasteur accepte cette franchise et apprécie son travail. Le pasteur va même lui apprendre à lire et à écrire.
Le style reflète bien le caractère de Mary. Les phrases sont courtes, simples, sans aucune majuscule, pleine de sincérité.
Mary est attachante et son histoire bouleversante. 

Extrait : (début du livre)
ceci est mon livre et je l’écris de ma propre main.
nous sommes en l’an de grâce mille huit cent trente et un, j’ai quinze ans et je suis assise à ma fenêtre. je vois beaucoup de choses. je vois les oiseaux qui piaillent dans le ciel. je vois les arbres je vois les feuilles.
et chaque feuille a ses veines.
chaque tronc a ses fissures.
je suis pas très grande et mes cheveux ont la couleur du lait.
je m’appelle mary et j’ai appris à écrire mon nom. m. a. r. y. ce sont les lettres de mon nom.
je vais vous raconter les choses telles qu’elles sont arrivées mais je ne veux pas me précipiter comme les génisses au portail sinon je vais m’empiéger et de toute manière vous préférez sûrement que je commence par là que les gens commencent en général. 

et c’est au commencement.

en l’an de grâce mille huit cent trente mon père habitait dans une ferme avec ses quatre filles et de ces quatre filles j’étais la dernière.
dans la ferme il y avait aussi une mère et un grand-père.
les animaux ne vivaient pas avec nous mais les agneaux rentraient le soir quand ils avaient perdu leur maman et qu’il fallait les nourrir.
l’histoire commence en mille huit cent trente. l’an de grâce mille huit cent trente.
il ne faisait pas chaud au commencement. non, il faisait froid et chaque brin d’herbe était brodé de givre. mais dès que le soleil est sorti les gelées s’en sont allées et les oiseaux ont chanté. je le sentais jusque dans mes jambes. c’est une chose qui m’arrive des fois. le soleil coule dans mes jambes et après il monte à ma tête.
la sève gonflait les tiges et les feuilles se dépliaient. les oiseaux tapissaient le fond de leur nid.
le monde se souvenait du printemps.
je sais très bien où j’étais ce jour-là. j’étais aux poules. elles avaient été enfermées toute la matinée à pondre et maintenant il fallait qu’elles courent et mangent les vers et les insectes qui rendent les œufs goûtus. il y avait même un peu d’herbe qui avait repoussé après les froids de l’hiver.
j’ai tiré la porte du poulailler et le coq a sorti le premier. il paradait comme au défilé mais sans la musique.
derrière les poules hésitaient et se demandaient quel temps qu’il faisait alors j’ai dû les aider à décider. puis j’ai entendu ma sœur beatrice. elle était au portail et elle criait mon nom.
mary qu’est-ce tu fais donc là ?
tu crois que je fais quoi ?
on dirait que tu sors les poules.
allons bon. c’est drôle parce que c’est point du tout ce que je faisais. je dansais avec le coq et puis il y a eu un grand festin et le cochon est arrivé et il s’est assis au bout de la table pour nous chanter une belle chanson.
tu changeras donc jamais ?
pourquoi faudrait-y que je change ? je suis pas mauvaise fille.
c’est pas de causer que ton ouvrage se fera.

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