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A propos de livres...
29 avril 2009

Mon amour ma vie – Claudie Gallay

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Edition du Rouergue – août 2002 – 300 pages

Actes Sud – mars 2008 – 296 pages

Actes Sud - janvier 2010 - 296 pages

Présentation de l'éditeur
Dan, jeune Rom d'une douzaine d'années, est le dernier rejeton de la famille Pazzati, une vieille famille du cirque en bout de course. Il y a Pa', Mam', et les trois oncles, échoués sur un bout de terrain vague, en bord du périphérique d'une grande ville. La bâche du cirque est trouée, depuis longtemps on ne donne plus de spectacles. Il n'y a rien d'autre que les conversations le soir autour du feu de camp où l'on se rappelle le temps de la splendeur, en mangeant des sardines à l'huile ou des saucisses grillées.
Dan voudrait de l'amour, celui de sa mère qui est si belle quand elle relève ses jupes et fait ralentir les camions sur le périph. Mais Dan ne sera jamais un vrai Rom, comme son père, qui est combinard et voleur. Il ne sait pas jongler, il ne sait pas se battre, il sait juste parler à Petit Max, son frère mort qui est réfugié en lui, et caresser sa guenon, Tamya, avec qui il partage tout, l'odeur, les maladies et l'espoir de voir un jour la mer.

Quatrième de couverture
Pa' croit au monde meilleur, il dit que la chance va revenir. Le terrain vague au bord du périph', il l'a appelé AI'Bamo, le Paradis. En vrai, ça s'appelle rond-point de la Pologne. La bâche du cirque est trouée, il ne reste plus que deux tigres et une guenon. II doit y avoir des endroits plus beaux que ceux-là, mais Dan, l'enfant du clan des Pazzati, n'en connaît pas. Il sait toutes les mauvaises choses qui guettent quand on est Rom, mais aussi les belles que la vie invente, le feu, les saucisses grillées, le regard de Mam' les rares fois où elle le serre contre lui. Mam', la reine des Pazzati, qui dit toujours que la pitié, ça tue les hommes.


Biographie de l'auteur
Née en 1961, Claudie Gallay vit dans le Vaucluse. Elle a publié aux éditions du Rouergue L'Office des vivants (2001), Mon amour ma vie (2002), Les années cerises (2004), Seule Venise (2004, prix Folies d'encre et pris du Salon d'Ambronay), Dans l'or du temps (2006) et Les Déferlantes (2008), grand succès public et critique.

Mon avis : (lu en avril 2009)

Ce livre est sombre, violent comme la vie de Dan jeune rom de douze ans qui nous la raconte avec ses peurs, ses angoisses et son rêve : il veut voir la mer. Sa famille, les Pazzati, a échouée sous le périphérique d'une ville quelconque, en marge du monde, ils tiennent un cirque minable avec deux tigres affamés Bagra et Sambo et une guenon Tamya. Il y a son père Pa' joueur invétéré et toujours perdant, et sa mère Mam' si belle mais distante. Au camp il y a l'oncle Jo et son saxophone, Chicot le clown-triste, l'oncle Sam. Dans le monde des nomades, la vie est un combat de tous les jours, le monde est hostile avec eux mais aucun ne se plaint. On sent une certaine fatalité et acceptation de leur sort. Les personnages sont durs et aussi terriblement attachants. Dan nous montre sa difficulté de grandir, de comprendre, et de s'adapter pour devenir un rom' un vrai. Son regard d'enfant est simple, son envie de voir un jour la mer, lui permettra d'envisager une autre vie, plus belle peut-être ?

Ce livre est écrit avec beaucoup de sensibilité et malgré son côté sombre, je l'ai beaucoup aimé.

Extrait : (page 16)

Toutes les villes se ressemblent. Avant d'arriver ici, on en a traversé mille sans jamais s'arrêter.

Ce terrain vague, on ne l'a pas choisi. On est arrivés un jour de grande pluie, les routes étaient inondées, on ne pouvait pas aller plus loin. On s'est arrêtés sur le premier terrain qu'on a trouvé. Un coin d'herbe rase en sortie de l'autoroute, avec le périph' tout autour, la voie ferrée.

On a planté le chapiteau derrière le pylone, sous l'aire de retournement, avec les camions, les caravanes et cage des tigres. D'une certaine façon, c'est facile de venir jusqu'à nous.

L'endroit, on l'a baptisé Al'Bamo. C'est Pa' qui a décidé ça parce qu'en iroquois, Al'Bamo ça veut dire paradis.

En vrai, ça s'appelle le rond-point de la Pologne.

Quand on est arrivés, je dormais. Je n'ai pas vu la mer. Quand je grimpe à la cime du camion, je ne sais même pas dans quelle direction regarder.

- Mam' ?

- Quoi encore...

- Ça fait combien de temps qu'on est là ?

- Deux semaines, un peu plus.

- Et c'est loin la mer ? Je demande.

Mam' écrase sa cigarette. Tous les jours je lui demande, à force elle ne répond plus.

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Commentaires
D
« Le remède à la peur et à l'insécurité ne se trouve pas dans une surenchère sécuritaire mais passe par une action de longue haleine nourrie de respect et de connaissance réciproques ». Est-ce que Claudie Gallay s’est attelée à ce vœu très pieux dans ce roman réaliste, aussi tranchant qu’un faisceau de haches, aussi sobre qu’un morceau de pain sec, a-t-elle décidé de nous monter une réalité que l’on se refuse à voir ?<br /> Nous voilà au cœur d’une étoile à cinq branches, tombée dans un dépotoir, à côté de la vie. Nous découvrons d’un coup, par les yeux d’un enfant, une famille en cage, sous l’empire du mal et de la violence. Elle est cernée par la pauvreté, ils sont tous les cinq échoués sur ce vague terrain à la périphérie du périphérique, avec leur rêve cassé, le chapiteau fracassé, le cirque évanoui. Un pilône de la vie moderne leur est même tombé sur la tête un soir d’orage, inamovible, personne ne peut plus bouger. La mer, dont rêve Dan inlassablement, est si loin ! <br /> Ils sont dans l’immobilité, fracturés du reste de la société, enlisés dans le malheur. A peine de quoi subsister : des sardines volées, de la viande d’abattoir, la vengeance comme seul repas. A l’intérieur de ce microcosme glauque et dur, deux tigres en cage, toute musique vendue. La peur de la flicaille et de la racaille glace tout effort, et le père sombre happé par les démons du jeu. Après avoir dévalisé toute la petite communauté, Il va jusqu’à voler son propre fils, qu’il prend au passage pour victime expiatoire à l’intérieur de ce cercle maudit. Il n’est qu’un sang-mêlé ! Et puis il y a le pouvoir de ce chat, image de Lucifer, plombé dans le ciment qui se débat encore et répand le mal lampant, malgré toutes les incantations en rom et les malédictions en blanc. Et plus tard, même Tanya, la guenon maternelle, l’amour animal de substitution, seul bonheur du jeune garçon, sera enfermé en cage, pour finir en fumée… mais la vie ? ‘Quand on coupe un arbre, il a bien des chances de repousser’. La vie n’a pas dit son dernier mot. Mon amour Ma vie. Ma mère Ma guenon. Excessif, éphémère et beau comme un diamant.<br /> Dan sait ramasser cailloux, ficelles, au fond de ses poches, survivre au cloaque, célébrer la vie, aimer, et rêver de l’immensité de la mer. Rêve inépuisable et jeux interdits qu’il partage avec Zaza, handicapée de toutes parts, et si gourmande de vie, comme lui ! Echapper au naufrage, faire le nouveau voyage ! Libérer la guenon en retrouvant soudain des rites indiens ancestraux, retrouver le mystère du cercle de la vie, éternelle.<br /> La cadence du roman est celle des inéluctables et rudes cahots de roulottes cheminant sur les routes, la langue nous ballotte dans le minimum, mais devient un tel condensé à chaque détour que ce sont des cailloux étincelants que l’on cueille à son tour sur la route, pour se les mettre dans la poche.<br /> On a découvert ce monde étrange, qui se dit à part, en noble filiation avec une culture qui remonte au berceau de L’Indus. Liberté de mouvements des hors castes. Aucune dépendance. Fierté et désespérance, violence du clan et splendeur des gens du voyage. Itinérance, transhumance, on ne peut que respecter la différence et les apôtres du rêve.
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V
Je ne sais pas trop quoi penser de ce livre, je reste partagée. J'ai mis longtemps à rentrer dedans, à certains moments il m'a touchée, à d'autres il m'a choquée. Mais ça ne me fâche pas avec Claudie Gallay dont c'est le deuxième livre que je découvre, et sûrement pas le dernier.
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F
C'est quand même très sombre...j'ai très envie de découvrir cette auteure, mais par le biais de ses autres romans. Bon 1er mai !
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