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5 novembre 2017

Mensonges sur le Plateau Mont-Royal, tome 2 : La biscuiterie - Michel David

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Éditions Hurtubise - mars 2014 - 590 pages

France Loisirs - 

Quatrième de couverture : 
1959. En dix petites années, la vie sur le Plateau Mont-Royal a bien changé. Montréal se transforme, ses quartiers s’étendent vers le nord, l’est et l’ouest, la circulation automobile explose. Autre signe du progrès, la télévision fait son entrée dans presque tous les foyers.
Le couple de Jean et Reine Bélanger a évolué lui aussi. Tandis que le premier s’ennuie au journal Montréal-Matin, la seconde rêve de gérer la destinée de la biscuiterie Talbot, sans parler des trois enfants qui partagent maintenant le modeste appartement familial. Les petits bonheurs se font rares, et les rivalités comme les mensonges tissent une relation de plus en plus difficile pour le couple. Comment Reine et Jean affronteront-ils les événements ? Que deviendront-ils ?

Auteur : Michel David est né à Montréal, le 28 août 1944, où il passe son enfance, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, qui n'est pas alors totalement urbanisé. Après plus de 33 ans de carrière dans l'enseignement du français, Michel David prend sa retraite en 1999, mais continue l'écriture d'ouvrages pédagogiques, et se consacre à la sculpture sur bois, puis... à l'écriture de sagas, sept jours par semaine, plusieurs heures par jour.

Mon avis : (lu en septembre 2017)
Dans ce deuxième épisode et dernier de la série, nous retrouvons le Plateau Mont-Royal en 1959. La ville de Montréal se tourne vers la modernité. La vie de Jean et Reine Bélanger a changé depuis un peu plus de dix ans... Ils ont maintenant 3 enfants, Catherine âgée de 13 ans, Gilles et Alain, ses jeunes frères. Jean est journaliste pour le Montréal-Matin. Lorsque ce deuxième tome commence, Monsieur Talbot, le père de Reine, vient de décéder et Reine est bien décidée à prendre les rênes de la biscuiterie familiale. Mais sa mère, Mme Talbot, n'est pas prête à laisser sa fille lui retirer ses pouvoirs... Elles vont donc s'associer pour gérer la biscuiterie. Les relations dans le couple de Jean et Reine sont de plus en plus difficiles, il est toujours question de rivalités et surtout de mensonges.
Le personnage de Reine est de plus en plus détestable toujours aussi avare, égoïste, manipulatrice avec un caractère difficile... Heureusement, Jean est resté lui-même et en tant que père attentionné, il met tout son coeur à donner à ses enfants le bon exemple et une éducation honnête et altruiste. Et en conclusion, les méchants travers de Reine lui jouera un très mauvais tour ce qui réjouiera le lecteur, même le plus charitable...

Dans la postface de ce roman, un mot écrit par l'épouse de l'auteur nous explique que ce livre est le dernier roman de Michel David avant son décès.

Extrait : Prologue
La voix sirupeuse de Tino Rossi chantait Besame mucho à la radio. Reine fredonnait l’air tout en disposant les couverts sur la table de cuisine. Une bonne odeur de jambon cuit au four se répandait dans la pièce. Jean leva la tête de son journal pour la regarder durant un court moment. Il ne pouvait que constater que sa jeune femme, enceinte de deux mois, surmontait admirablement le deuil.
Son père, Fernand Talbot, n’avait jamais pu quitter l’hôpital Hôtel-Dieu après son attaque d’apoplexie survenue un mois et demi auparavant. L’homme âgé d’une cinquantaine d’années s’était éteint au début de la semaine précédente et on l’avait enterré trois jours plus tard.
— T’as mis une assiette de trop, fit-il remarquer à sa femme en lui montrant une troisième assiette sur la table.
— Non, j’ai invité ma mère à souper.
— En quel honneur? lui demanda le jeune journaliste.
— Parce que ça me tentait, dit-elle sur un ton abrupt qui ne laissait place à aucune discussion.
Jean Bélanger connaissait assez bien sa femme pour savoir qu’elle agissait rarement de façon désintéressée. Or, c’était la première fois qu’elle conviait quelqu’un à leur table depuis leur mariage. Il se leva et alla se planter devant la porte donnant sur la galerie arrière de leur appartement de la rue Mont-Royal, situé au deuxième étage de l’immeuble appartenant maintenant à sa belle-mère. Une petite neige folle tombait en cette fin d’après-midi du mois de décembre.
Au moment où il allait se rasseoir, on frappa à la porte d’entrée. Il alla ouvrir à Yvonne Talbot. La grande femme à l’air impérieux pénétra dans l’appartement et lui tendit distraitement une joue pour qu’il l’embrasse. Fait inusité, sa belle-mère portait son manteau noir à col de renard alors qu’elle demeurait à l’étage juste au-dessous.
— Bonsoir, madame Talbot! la salua son gendre. Dites-moi pas que vous gelez chez vous au point d’être obligée de mettre un manteau?
— Non, j’ai voulu aller jeter un coup d’œil à la biscuiterie avant de monter, expliqua Yvonne, un peu essoufflée d’avoir dû monter deux volées de marches.
— Je suppose que madame Lussier fait ça bien.
— On dirait bien, reconnut sa belle-mère sans grand entrain et en lui tendant son manteau qu’elle venait de retirer. En tout cas, tout était en ordre dans la biscuiterie et elle se préparait à fermer.
— J’espère, m’man, que vous lui avez pas laissé les clés? intervint Reine qui venait de les rejoindre au bout du couloir.
— Bien non, ma fille. Ça aurait pas été normal que la vendeuse ait les clés du magasin.
— En tout cas, Adrienne Lussier a eu l’air de bien se débrouiller tout le temps que votre mari a été hospitalisé, lui fit remarquer Jean en suivant les deux femmes qui se dirigeaient vers la cuisine.
— C’est vrai que j’ai pas encore eu à me plaindre, reconnut la mère de Reine. Mais j’ai bien de la misère à m’habituer à me retrouver toute seule dans un aussi grand appartement. Mon Fernand me manque bien gros.

Déjà lu du même auteur : 

Un bonheur si fragile

105625593 (1) tome 1 : L'engagement r_1870 (1) tome 2 : Le drame 

un bonheur si fragile_3 tome 3 : Les épreuves 109921761 tome 4 : Les amours

Mensonges sur le Plateau Mont-Royal 

115791861 tome 1 : Un mariage de raison

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12 novembre 2017

Un funambule sur le sable - Gilles Marchand

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41aBalrZ6wL Les Forges de Vulcain - août 2017 - 353 pages

Quatrième de couverture :
Naître avec un violon dans la tête, c'est impossible ?
C'est pourtant ce qui est arrivé à Stradi.
De ses premières années à l'école à son arrivée dans le monde professionnel, il souffre de l'incompréhension, de la maladresse ou de l'ignorance des adultes et des enfants qui partagent son quotidien. A ces souffrances, il oppose un optimisme invincible. De petites victoires en désillusions, il apprend à vivre dans un monde qui ne semble pas fait pour lui.

Auteur : Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux. Son premier roman, Une bouche sans personne, est paru en 2016 et a rencontré un grand succès, et a notamment été le lauréat du Prix Libr'à Nous 2017.

Mon avis : (lu en octobre 2017)
Le narrateur est un jeune garçon avec un handicap très étrange : il est né avec un violon dans la tête ! Pour les médecins c'est un vrai mystère. Au début, ses parents le surprotègent et il reste à la maison. Il découvre que grâce à son violon, il sait parler et comprendre les oiseaux... Puis lorsqu'il va enfin à l'école, ses camarades le surnomme Stradi et même s'il n'est pas moqué, il n'est jamais invité aux anniversaires. Puis arrive Max, il boîte. Unis par leurs différences, l'une visible, l'autre invisible, Max et Stradi deviennent amis.
A l'âge de l'adolescence, Stadi rencontre Lélie. Il tente de s'en rapprocher malgré les amis et les parents de celle-ci qui l'en dissuadent. Stadi va se réfugier au bord de la mer et Max lui se passionne pour la musique...
Je ne vais pas en raconter plus pour que le lecteur se laisse surprendre par l'intrigue surréaliste et pleine de poésie de cette histoire autour de l'handicap et de la différence.
Stradi est un personnage intelligent et sensible, il ne baisse jamais les bras même si parfois la tristesse est là. Il a parfois envie de normalité mais son originalité lui permet de faire de faire des expériences exceptionnelles comme parler aux oiseaux, exprimer ses émotions en musique, rêver...
Max et Lélie sont également des personnages attachants et indispensables à l'équilibre de Stradi.
J'ai plutôt aimé ce roman même si j'y ai trouvé quelques longueurs.

Merci PriceMinister pour cette lecture qui fût une découverte surprenante, pleine de fantaisie et d'optimisme !

Extrait :

extrait

30 septembre 2017

La pâtissière de Long Island - Sylvia Lott

71KKOD+Y0hL Piranha - mai 2016 - 368 pages

traduit de l'allemand par Lorraine Cocquelin

Titre original : Die Glücksbäckerin von Long Island, 2014

Quatrième de couverture :
Pour l'empêcher de fréquenter l'homme qu'elle aime, le père de Marie décide de l'envoyer aussi loin que possible de leur petit village de Frise orientale : à New York, chez ses deux frères. Avec pour seuls bagages son coeur brisé et la recette secrète de son gâteau au fromage blanc, elle débarque à Brooklyn en ce froid mois de novembre 1932, à la fois fascinée et terrifiée par ce qui l'entoure. Elle est bien loin de se douter de l'incroyable destin que lui réserve le Nouveau Monde.
Des décennies plus tard, Rona, sa petite-nièce en plein revers professionnel et sentimental, vient lui rendre visite. Marie lui raconte son histoire et lui confie la recette du cheesecake qui doit changer sa vie.
Auteur : Originaire de Frise orientale, Sylvia Lott est journaliste free-lance pour des magazines féminins, de voyages et d'art de vivre. Elle est l'auteur de quatre romans.
Mon avis : (lu en août 2017)
Ce livre raconte l'histoire de Marie, elle vivait dans un petit village de Frise orientale en Allemagne dans les années 30. Elle était amoureuse d'Arthur, son collègue instituteur. Mais le jeune homme déplaisait aux parents de Marie car il n'avait pas la même religion. Pour les séparer, Marie est envoyée à New-York où deux de ses frères tiennent un restaurant. Marie va mettre quelques temps à s'habituer à cette nouvelle vie, elle va apprendre l'anglais, travailler quelque temps à l'usine puis elle aidera ses frères grâce à un fameux cheese-cake. Marie détient seule la recette familiale et secrète d'un gâteau au fromage blanc qu'elle va mettre à la carte du restaurant de ses frères et ce sera un grand succès. 
Marie n'a pas oublié Arthur et ensemble, ils économisent pour leur prochaine vie future.
En 2002, Rona, la petite-nièce de Marie, vient lui rendre visite avec son grand-père, le frère de Marie resté en Allemagne durant toutes ses années.
Le récit alterne entre 2002 et le passé que Marie raconte à Rona. C'est bien documenté et les personnages sont vraiment attachants. J'ai beaucoup aimé cette lecture.

Extrait : (début du livre)
Marie était déjà bien avancée dans ses quatre-vingts ans quand elle sentit que cela commençait chez elle. Elle l’avait souvent observée chez d’autres personnes âgées ; cette manière qu’elles avaient de retourner vivre peu à peu dans leur passé, de se souvenir d’expériences vécues pendant l’enfance et qu’elles croyaient oubliées depuis longtemps – et de se sentir soudain tourmentées par les conflits d’autrefois comme s’ils ne souffraient plus un seul jour de délai.
Ce furent tout d’abord des images et des scènes de son enfance qui jaillirent à l’improviste dans son esprit, puis des scènes de sa jeunesse, déclenchées le plus souvent par les événements du présent. C’était particulièrement fort en ce jour de juin. Quelques garçons se battaient sur le trottoir devant sa fenêtre – et dans sa tête apparurent des chamailleries, dans la cour de l’école de son village natal, qui remontaient à plus de soixante-dix ans.
« Allez chercher Fräulein Wiemkes ! » criait l’instituteur au lieu d’intervenir lui-même. Marie n’était âgée que de quelques années de plus que les garçons et, en tant que maîtresse d’école suppléante, elle donnait une fois par semaine des cours de couture à l’école du village. Elle était loin d’avoir une carrure impressionnante, mais elle n’eut qu’à se mettre devant la mêlée d’enfants qui se chamaillaient et s’écrier « Hé, les garçons, soyez raisonnables ! », pour qu’ils s’interrompent, honteux, et que la paix régna de nouveau. Marie regarda chacun d’eux, avec un air sérieux mais dénué de reproche, raisonnable. Exactement comme on regarde quand on veut dire : Tu n’es pas obligé de faire ça, arrête donc ces bêtises. Marie avait toujours fait cet effet aux gens.
À partir de là, les premiers exemples lui vinrent à l’esprit. Telles les publicités qui coupaient ses séries préférées, des parenthèses venues du passé se glissaient de plus en plus souvent dans son présent. Cela l’irritait.
Elle n’avait certes rien contre les souvenirs, mais pitié, pas sans invitation !
Son aide à domicile arriva et la salua. Mais Marie était encore si profondément plongée dans ses pensées qu’elle prit sa voix pour celle d’une voisine décédée en Allemagne.
« Marie, j’ai des ennuis avec ma belle-mère. Tu ne pourrais pas me préparer ton gâteau au fromage blanc ? Je t’apporterais les oeufs et tous les ingrédients. »
Tous les ingrédients ? Marie sourit pensivement. Combien d’émoi y avait-il eu alors autour de l’ingrédient décisif, l’ingrédient secret…

 Challenge Voisins Voisines 
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Allemagne

17 juin 2017

L'Héritière - Hanne-Vibeke Holst

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Editions Héloïse d'Ormesson - octobre 2014 - 

Pocket - octobre 2015 - 607 pages

traduit du danois par Caroline Berg

Titre original : Kronprinsessen, 2002

Quatrième de couverture : 
Copenhague, à l’approche des fêtes. Charlotte Damgaard, trente-cinq ans, mère de deux enfants, s’apprête à suivre son mari en Afrique quand l’appel du Premier ministre lui proposant le ministère de l’Environnement vient tout chambouler. C’est une opportunité que cette militante écologiste ne peut refuser, mais un choix lourd de conséquences.
Au cœur du gouvernement, Charlotte connaît une ascension fulgurante qui l’expose aux intrigues et aux scandales médiatiques. Parviendra-t-elle à préserver son intégrité et sa vie privée ?
L’Héritière est la chronique haletante d’une femme au pouvoir décidée à se battre jusqu’au bout pour ses idées.

Auteur : Née à Hjørring en 1959, Hanne-Vibeke Holst a longtemps été journaliste politique avant de se consacrer à l’écriture. Membre de la commission danoise de l’Unesco, elle s’est également illustrée par son engagement pour la cause des femmes. Véritables best-sellers en Scandinavie, ses romans ont été couronnés par de nombreux prix, notamment le Søren Gyldendal et le prix des libraires danois. Passionnante exploration des arcanes du pouvoir, Femme de tête (2017) s’inscrit dans la continuité de L’Héritière(2014) et du Prétendant (2015).

Mon avis : (lu en juin 2017)
C'est la phrase publicitaire de la couverture de l'édition de poche « Si vous avez aimé Borgen, vous aimerez L'Héritière » qui m'a donnée envie de découvrir ce livre qui est le premier d'une trilogie. La publicité est vraie, j'ai beaucoup aimé la série Borgen et j'ai beaucoup aimé ce livre ! En réalité, le livre a été écrit en 2002, donc bien avant la série Borgen (2010).
Le lecteur est plongé dans les coulisses de la politique danoise et des questions environnementales, avec comme héroïne Charlotte Damgaard, trente-cinq ans, mariée, mère de jumeaux et qui devient ministre de l’Environnement. Elle va devoir composer entre sa vie familiale, son travail passionnant et très prenant. Le monde politique n'est pas tendre, la presse non plus, mais Charlotte sait ce qu'elle veut et refuse de renier ses convictions... C’est un roman passionnant que je n'ai pas lâché. 
Je lirai certainement prochainement les deux autres « Le Prétendant » et « Femme de tête ».

 

Extrait : (début du livre)
Elle n'a pas peur du noir. Seulement des images.

Il est plus de minuit, entre le 20 et le 21 décembre. Charlotte ne dort pas. Elle garde les yeux ouverts pour ne pas se laisser envahir par les images. Elle essaye de distinguer les objets et les meubles dans la pénombre. L'armoire, la chaise, les molakana sud-américains sur les murs, les lames des stores vénitiens. Elle écoute le son diffus de la circulation sur Jagtvejen, entend le bruit lointain d'un coup de klaxon, puis celui de la sirène d'un véhicule de secours. Un rire de femme éclate dans la rue. Elle se laisse bercer par le jazz langoureux qui vient de l'appartement d'en dessous. Les notes sensuelles d'un solo de saxophone flottent à travers le plancher comme les volutes bleues d'une cigarette. Cela lui rappelle New York, le Club où ils ont dansé un soir à Greenwich Village. Avant les jumeaux. Les jumeaux qui toussent de temps en temps de l'autre côté du mur. Surtout Jens à cause de son asthme. Elle démêle ses jambes des longues jambes de son homme, se dégage de son bras posé autour de ses épaules. Le bras retombe lourdement sur le drap. Rien ne peut réveiller Thomas, ni le son du canon, ni les ambulances, ni la toux des enfants. Il dort du sommeil du juste, selon sa propre expression, du sommeil d'un homme qui n'est jamais poursuivi par ses démons. Comment pourrait-il comprendre les siens ?
Sans allumer la lumière, elle traverse le couloir et entre dans la chambre des enfants. Pieds nus, elle évite les cubes, les poupées et les voitures qui traînent sur le plancher et s'assied au bord du lit de Jens. Elle prend le verre sur la table de chevet, glisse la main sous la nuque de son fils et lui soulève la tête pour le faire boire. Elle lui tapote doucement le dos, lui parle à voix basse, l'apaise et lui caresse la joue avant de le recoucher délicatement. Un sourire éclaire son visage poupin. Elle le borde avec soin et lui tient la main jusqu'à ce que son souffle soit régulier. Elle résiste à l'envie de s'allonger près de lui dans le lit trop petit ou de l'emporter avec elle dans sa chambre. Elle se tourne vers le deuxième lit où Johanne est comme d'habitude couchée en travers, la couette en boule à ses pieds. Elle est la plus jeune, née dix minutes après son frère, mais elle est la plus robuste. Dans leur famille, c'est comme ça. De son côté en tout cas. Sa mère disait toujours : «Les garçons sont des avortons.» Dans sa famille, ce sont les femmes qui portent la culotte. Génération après génération. Elle la couvre et l'embrasse. Avec un peu moins de tendresse peut-être. Elle ne s'est jamais inquiétée pour Johanne. Elle sait que sa fille s'en sortira. Comme elle s'en est toujours sortie.
Thomas lui ouvre les bras quand elle revient se coucher dans leur lit. Elle frotte ses pieds glacés contre les mollets de son mari.
«Tu ne dors pas ? murmure-t-il.
- Jens tousse, répond-elle en se blottissant contre lui.
- On fait l'amour ? lui demande-t-il, une main sur son ventre.

Challenge Voisins Voisines 
voisins_voisines2017
Danemark

24 juin 2017

La Mélodie familière de la boutique de Sung - Karin Kalisa

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Editions Héloïse d'Ormesson - janvier 2017 - 280 pages

traduit de l'allemand par Rose Labourie

Titre original : Sungs Laden, 2015

Quatrième de couverture : 
Lorsque la grand-mère de Minh donne un spectacle de marionnette vietnamienne pour la fête de fin d'année de l'école, personne ne soupçonne que Prenzlauer Berg va en être bouleversé. Et pourtant, dans le quartier situé au cœur de Berlin, la part d'Asie – cette richesse culturelle enfouie –ressurgit, insufflant un nouveau sens de la communauté. L'effet papillon dans toute sa puissance. Bientôt, tous les habitants sont coiffés de chapeaux de paille pointus, des légumes méconnus apparaissent dans les assiettes, des ponts en bambou relient les maisons de toit en toit. De belles vibrations, une vraie révolution ! 
Ode à la diversité et à la différence, La Mélodie familière de la boutique de Sung est un roman à l'optimisme contagieux, où l'on découvrira que l'histoire de l'Allemagne de l'Est et l'Ouest, n'est pas si éloignée de celle du Vietnam du Nord et du Sud. Un conte qui cache derrière candeur et simplicité, une rare subtilité. 

Auteur : Née en 1965, Karin Kalisa a vécu à Hambourg, Tokyo et Vienne avant de s'installer à Berlin. Elle est linguiste, philosophe et spécialiste de la culture classique. La Mélodie familière de la boutique de Sung est son premier roman.

Mon avis : (lu en juin 2017)
La boutique de Sung est une petite épicerie vietnamienne située dans le quartier de Prenzlauer Berg dans l'ancien Berlin Est. Elle vient de ses parents qui sont arrivés à Berlin dans les années 70. Dans le cadre d'une semaine cosmopolite à l'école, Minh le fils de Sung, doit apporter un objet qui représente ses origines : le Vietnam. Le fils comme le père sont nés ici en Allemagne, ils sont donc bien embarrassés... Mais Hien, la grand-mère de Minh lui propose de l'accompagner à l'école avec une marionnette en bois qui vient du Vietnam et elle va raconter une histoire de son pays aux enfants. Un récit qui va émouvoir aussi bien les enfants que les adultes. Et bientôt le quartier va se mettre à la mode asiatique... La professeur d'Art Plastique a l'idée de fabriquer des marionnettes en bois avec ses classes, le port du chapeau pointu vietnamien devient à la mode, tout comme les fruits exotiques... Des cours de d'allemand seront donnés pour les Vietnamiens du quartier et des cours de vietnamiens pour des Allemands désireux d'aller passer un séjour au Vietnam... 
Je n'en raconte pas plus pour vous laisser la surprise de découvrir toutes les initiatives de solidarité, d'échange, de partage pour donner à ce quartier de la joie de vivre, de l'humanité, de l'optimiste et de la poésie ! 
Voilà une histoire simple, dépaysante, qui fait du bien sur le vivre ensemble !

Extrait : (début du livre)
Tout avait commencé en décembre. La première neige était déjà tombée lorsque l’école primaire du petit quartier de Prenzlauer Berg lança une «semaine cosmopolite». C’était un moment éminemment mal choisi, car les préparatifs cosmopolites coïncidaient avec les ateliers de Noël et de l’Avent. Le directeur était un adepte de l’arithmétique administrative et tenait à éviter tout bouleversement d’emploi du temps et toute initiative de dernière minute avant les vacances. La maxime de son action était : loi de Gauss contrôlée même en période de crise. Et voilà ce qui lui tombait dessus. Comme toujours, il s’était attaqué dans les temps aux travaux de fin d’année quand cette note avait ressurgi sur son bureau. Venue du recteur d’académie en personne. Le directeur devait faire progresser l’école en matière d’entente entre les peuples, était-il écrit. C’était sans doute cette vieille histoire: quelques élèves de 6e avaient malmené le Gambien de 2e (1) . Apparemment, il avait pris la seule et unique balle de tennis en otage. Leur colère était compréhensible, mais les garçons étaient allés trop loin. Les éducatrices périscolaires de la 6e B et de la 2e A leur avaient par conséquent fait la leçon jusqu’à ce que les élèves de 6e tendent la main au petit et lui tapent sur l’épaule, et la balle de tennis était aussitôt réapparue. Aux yeux des intéressés, l’affaire était réglée. Mais peu après, le petit avait quitté l’école, et le recteur avait dû en avoir vent. La note datait de février. Le directeur sentit son front se mouiller de sueur en imaginant le haussement de sourcils de son supérieur – un homme aux dents longues qui voyait de toute évidence plus loin que le rectorat – si jamais il n’était pas en mesure de lui présenter quoi que ce soit à la fin de l’année, pas même un projet, ou au moins l’ébauche d’un projet ou un entretien ou une date pour un entretien – rien de rien. « Vous devez être plus efficient, mon cher », avait déclaré le recteur lors de la dernière inspection, et depuis, le directeur se rassurait régulièrement: il était indéboulonnable même si les choses se gâtaient. Car bien que le mot «efficient» ne fît partie ni de son vocabulaire actif ni de son vocabulaire passif, il avait clairement perçu cette phrase comme une menace. Il avait consulté le dictionnaire et secoué la tête. Il n’était pas un concept aristotélicien, mais un directeur d’école; pas un philosophe, mais un mathématicien. Il croyait à ce qui était concret et déjà éprouvé, et il ne mettait pas la charrue avant les bœufs. La plupart des turbulences se réglaient d’elles-mêmes avec le temps – il en faisait l’expérience depuis de nombreuses années. Mais le nouveau recteur n’entendait rien aux histoires de charrue et de bœufs – il en faisait l’expérience depuis l’année dernière. Le directeur, que six ans et demi tout pile séparaient de la retraite, se vit donc forcé de recourir à la méthode qui avait déjà fait ses preuves lorsqu’il s’était retrouvé dans un mauvais pas. La trilogie magique: 1) affronter le problème, 2) refiler le bébé, 3) tirer un trait. Il passa en revue la liste des élèves, compta le nombre de nationalités – vingt et une! il n’aurait jamais cru – et, lors d’une réunion improvisée pendant la récréation du lendemain matin, prit au dépourvu les maîtresses, déjà au bout du rouleau à force de faire le grand écart entre le programme scolaire et tout le chambard de fin d’année, en les chargeant d’organiser une «semaine cosmopolite» entre les deuxième et troisième dimanches de l’Avent. Elles le regardèrent avec stupeur et s’interrogèrent sur sa santé mentale. Le directeur s’attendait à cette réaction et affichait un air serein: pas de panique. Si tous les enfants étrangers à vingt-cinq, à cinquante ou à cent pour cent – ou plutôt: les enfants issus de l’immigration, se corrigea rapidement le directeur qui voyait de nouveau se soulever les sourcils souples du recteur –, si tous ces enfants, donc, apportaient un objet de leur culture d’origine et le présentaient lors d’une petite cérémonie sous le préau, l’affaire serait pliée en un rien de temps. « Ensuite, on se remet à préparer Noël, déclara-t-il sur un ton énergique qui seyait, selon lui, au qualificatif “efficient”. Et après ça : oie farcie et vacances. Vous allez y arriver! » Il fit un petit geste d’encouragement à la ronde et, tandis que résonnait la sonnerie annonçant la fin de la récréation, faussa compagnie à une assemblée qui n’était plus capable de la moindre protestation. « C’est peut-être une bonne occasion pour intégrer les enfants chez qui on ne fête pas Noël, dit une jeune collègue récemment titularisée. En fin de compte, ça peut être une expérience positive pour tout le monde. » Le directeur l’entendit en quittant la pièce, se retourna vers elle, lui adressa un signe de tête reconnaissant et prit mentalement note de sa remarque pour son compte rendu. Les maîtresses se contentèrent de regarder leur nouvelle collègue d’un air résigné et légèrement compatissant. Mais par la suite, certaines ne manqueraient pas de se remémorer cette phrase.

(1). Quelques précisions concernant le système scolaire berlinois. Les classes ne portent pas le même nom qu’en France. La 1re allemande correspond au CP français, la 2e au CE1 et ainsi de suite. Par ailleurs, le primaire berlinois a pour particularité d’aller jusqu’à la 6e . (NdT)

Challenge Voisins Voisines 
voisins_voisines2017
Allemagne

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16 avril 2017

Un clafoutis aux tomates cerises - Véronique de Bure

Lu en partenariat avec Babelio et Flammarion

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Quatrième de couverture :
Au soir de sa vie, Jeanne, quatre-vingt-dix ans, décide d'écrire son journal intime. Sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l'hiver, d'événements minuscules en réflexions désopilantes, elle consigne ses humeurs, ses souvenirs, sa petite vie de Parisienne exilée depuis plus de soixante ans dans l'Allier, dans sa maison posée au milieu des prés, des bois et des vaches. La liberté de vie et de ton est l'un des privilèges du très grand âge, aussi Jeanne fait-elle ce qu'elle veut et ce qu'elle peut : regarder pousser ses fleurs, boire du vin blanc avec ses amies, s'amuser des mésaventures de Fernand et Marcelle, le couple haut en couleurs de la ferme d'à côté, accueillir pas trop souvent ses petits-enfants, remplir son congélateur de petits choux au fromage, déplier un transat pour se perdre dans les étoiles en espérant les voir toujours à la saison prochaine... Un clafoutis aux tomates cerises, le plus joli roman sur le grand âge qui soit, traite sans fard du temps qui passe et dresse le portrait d'une femme qui nous donne envie de vieillir.

Auteur : Véronique de Bure est l'auteur d'un premier roman très remarqué par la critique, Une confession (2009), et de plusieurs récits dont Un retraité (2011).

Mon avis : (lu en avril 2017)
J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman, un très beau portrait de Jeanne, une veuve de 90 ans, elle vit seule dans sa maison dans la campagne de l'Allier. Durant une année, au fil des saisons, elle raconte son quotidien, la nature qui s'éveille, ses copines, ses sorties, Fernand et Marcelle les voisins de la ferme d'à côté qui vieillissent aussi. 
Voilà un roman à classer dans ceux qui font du bien, les réflexions et impressions de Jeanne sont tour à tour pleines d'humour, de tendresse, de nostalgie.
Dès que j'ai lu la quatrième de couverture, j'ai eu envie de découvrir ce roman, en effet dans ma vie personnelle, je connais une « Jeanne » de 90 ans, il y a quelques mois elle vivait encore seule dans sa grande maison en pleine campagne. Aujourd'hui, pour plus de sécurité, elle a préférée s'installer dans la maison de retraite du village et lors de notre dernière visite, nous sommes allés prendre un café dans sa maison et je lui offert ce livre...

Merci Babelio et Flammarion pour ce roman touchant et émouvant que j'ai beaucoup aimé.

Extrait : (début du livre)
J'ai passé l'hiver. J'écarte les rideaux et regarde à travers les carreaux. Le noyer n'a pas encore de feuilles, mais les marronniers commencent à se réveiller, et la haie de noisetiers a verdi. J'ouvre la fenêtre, l'air est frais. Le thermomètre extérieur indique cinq degrés. L'hiver n'est pas tout à fait parti, ses derniers jours se fondent avec les premiers du printemps. Je bloque les volets avec les petits taquets, j'ai de plus en plus de mal à ouvrir complètement les deux battants, l'ampélopsis a trop poussé. André n'est toujours pas venu le tailler, il va falloir que je lui écrive. Mon fils se moque de moi, il dit que ça ne sert à rien d'écrire aux artisans, il faut leur téléphoner sinon ils ne viennent pas. Mais moi je n'aime pas le téléphone. Il paraît que je ne suis jamais aimable au bout du fil, ce n'est pas ma faute, je ne suis pas à l'aise, je préfère voir les gens quand je leur parle. 
Aujourd'hui on ne s'écrit plus. Pourtant, il y a un an ou deux, peut-être plus, je ne sais plus, le temps passe si vite, les gens de La Poste sont venus m'installer une boîte aux lettres. C'est obligatoire, m'ont-ils dit. Ils voulaient que je choisisse l'emplacement et ils m'ont montré la boîte, une espèce de chose verte et laide. Alors je leur ai indiqué le bas de l'escalier de pierre qui descend en face de la porte du sous-sol, le long du bosquet. Là, elle sera bien cachée, et l'endroit sera facile d'accès pour la voiture jaune du facteur. Sur le moment, j'ai été bien embêtée, ça allait me compliquer la vie. Cela fait des années que le facteur dépose le courrier sur le perron, ou sur la table de l'entrée si la porte est ouverte. Quand j'ai des lettres à faire partir, je laisse à son intention les enveloppes timbrées ou l'argent pour les timbres. C'est bien pratique. Parfois, lorsque je suis en bas, nous échangeons quelques mots. Ça me fait une petite visite. Maintenant il paraît qu'ils n'ont plus le droit d'entrer chez les gens. Pour envoyer mes lettres, il faudra que j'aille à La Poste, au village. Et quand je ne pourrai plus conduire, je ferai comment ?
Heureusement, ma petite factrice non plus n'a pas envie de changer nos habitudes. Elle continue de me déposer le courrier dans l'entrée et je continue de mettre mes enveloppes sur la table. Il n'y a que quand ma fille est là avec son chien qu'elle n'ose pas descendre de voiture, elle a peur. 
Je m'appelle Jeanne. J'ai quatre-vingt-dix ans. Quand j'étais jeune, je mesurais un mètre soixante-trois. Ce n'était pas ridicule, à l'époque. Aujourd'hui je dépasse à peine ma mini-belle-fille qui fait un mètre cinquante-deux et chausse du trente-quatre. Mes pieds, eux, n'ont pas rétréci avec le temps. Ils se sont même élargis, d'affreux oignons leur ont poussé à droite et à gauche, ce qui me rend bien malheureuse et me force à prendre régulièrement la voiture pour aller chez la pédicure. J'ai de plus en plus de peine à trouver des chaussures qui ne me fassent pas mal aux pieds. Quand il fait froid, je ne suis bien que dans ma paire de vieilles bottes qui fait honte à ma fille. Elle m'assure qu'il existe des chaussures qui sont à la fois confortables et pas laides, moi je n'en ai jamais trouvé. À Paris peut-être, il y a tellement de magasins à Paris, mais je ne vais quand même pas faire deux heures et demie de train pour aller m'acheter des souliers.
Pour le reste, je suis plutôt bien conservée. De loin, je fais même illusion, je me tiens droite et mes chevilles sont fines. Même si je prends de plus en plus souvent ma canne, ma démarche reste alerte et, au téléphone, on me dit que j'ai une voix de jeune fille. Bien sûr, avec les années mon visage s'est chiffonné, mais j'ai toujours le teint rose et mon regard sait encore s'allumer et pétiller, surtout après un petit verre de vin blanc ou une coupe de crémant.
Depuis la mort de René, j'habite une maison trop grande pour moi. L'hiver, il y a plusieurs pièces que je ne chauffe pas et que je garde bien fermées, portes et volets. Je vis entre ma chambre, la salle de bains, la cuisine et le petit bureau. Quand mes enfants sont là, j'ouvre le grand salon et la salle à manger, mais pour moi toute seule ce n'est pas la peine. Je vis en pleine campagne, au milieu des arbres et des champs. Le village le plus proche, Bert, est à cinq kilomètres. On y accède par une petite route sinueuse et vallonnée, bordée par des bois et des prés où paissent des grosses vaches blanches. 

27 septembre 2017

Mensonges sur le Plateau Mont-Royal, tome 1 : Un mariage de raison - Michel David

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Éditions Hurtubise - octobre 2013 - 590 pages

France Loisirs - octobre 2012 - 598 pages

Quatrième de couverture :
Montréal, 1946. Jean Bélanger, qui termine son cours classique, et Reine Talbot, fille du propriétaire d’une biscuiterie, se fréquentent depuis quelque temps. Leur passion mutuelle et la fougue de leur jeunesse mènent à des rapprochements charnels, pourtant proscrits par l’Église avant le mariage ! 

Alors que leur amour vacille, Jean rencontre une nouvelle flamme. Mais quelques jours plus tard, Reine lui annonce qu’elle est enceinte, une révélation qui va bouleverser leur vie. Les deux familles, que tout semble opposer, vont se démener pour éviter le scandale et sauvegarder leur réputation. 
Avec des personnages toujours aussi charismatiques et attachants, des dialogues colorés et vivants qui ont fait son succès, Michel David nous fait revivre une époque où Montréal, au lendemain de la guerre, était en pleine ébullition économique et intellectuelle. 

Auteur : Michel David est né à Montréal, le 28 août 1944, où il passe son enfance, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, qui n'est pas alors totalement urbanisé. Après plus de 33 ans de carrière dans l'enseignement du français, Michel David prend sa retraite en 1999, mais continue l'écriture d'ouvrages pédagogiques, et se consacre à la sculpture sur bois, puis... à l'écriture de sagas, sept jours par semaine, plusieurs heures par jour.

Mon avis : (lu en juillet 2017)
Après avoir découvert cet auteur québécois avec la série "Un bonheur si fragile", j'ai eu l'occasion de découvrir cette série qui se passe à Montréal en 1946, juste après la Seconde Guerre Mondiale. Le lecteur découvre deux familles bien différentes : Les Belanger et les Talbot à travers Jean Belanger, jeune étudiant âgé de 20 ans, et Reine Talbot, vendeuse âgé de 19 ans. Tous deux se sont fréquentés quelques mois et alors qu'ils avaient rompu depuis peu, Reine annonce à Jean qu'elle est enceinte. Jean va donc être obligé de prendre ses responsabilités et d'épouser Reine alors que les sentiments ne sont plus là... 
C'est intéressant de découvrir la vie à Montréal à cette époque et les conventions sociales de l'époque, la place de la religion... Les deux familles sont très différentes et malgré tout vont faire le maximum pour sauver la réputation de leurs enfants. Certains personnages sont très attachants, d'autres plutôt crispants.
Comme pour la série "Un bonheur si fragile", l'auteur utilise le québécois et ses expressions locales, c'est parfaitement compréhensible pour un lecteur français et moi j'aime beaucoup.
Je n'ai pas tardé à lire le tome 2 car j'avais très envie de connaître la suite des aventures de Jean et Reine et j'en ferai prochainement un billet...

Extrait : (début du livre)
— Grouille-toi, Bélanger. Je suis complètement gelé, cria l’étudiant qui avait commencé à enrouler le gros boyau qu’ils venaient d’utiliser pour arroser l’une des deux patinoires extérieures du Collège Sainte-Marie.
— Laisse-moi juste une minute, j’ai presque fini, lui demanda son camarade en dirigeant le jet d’eau vers un coin de la surface glacée tout en s’appuyant contre la bande en bois.
Quelques instants plus tard, les deux jeunes hommes, complètement frigorifiés, rentrèrent précipitamment à l’intérieur de l’institution, leurs moufles couvertes de glace.
— C’est bien clair, je sens plus mes pieds ni mes mains, déclara Comtois en tapant bruyamment des pieds sur le parquet dans le vain espoir de les réchauffer.
— J’ai pas plus chaud que toi, rétorqua son copain, mais on n’avait pas le choix de faire ça cet après-midi, même si on gèle tout rond. Tu sais comme moi que si on n’avait pas arrosé, on n’aurait jamais été capables de jouer notre match de hockey demain, après le dernier examen.
— T’as raison. Bon, je me réchauffe cinq minutes et je m’en vais chez nous, annonça Paul Comtois. Il faut que j’aille étudier.
— Moi aussi, je traînerai pas, rétorqua son camarade de classe. J’ai pas envie d’être poigné à attendre le tramway avec les jeunes. Leur examen doit être à la veille de finir.
Les deux grands étudiants de la classe de philosophie I du Collège Sainte-Marie se dirigèrent vers leur casier métallique dans l’intention de troquer leur tuque et leurs moufles pour un chapeau et des gants, ce qui, à leur avis, convenait beaucoup mieux à leur statut de jeunes adultes âgés de vingt ans.
— Bon, on se revoit demain matin, dit Paul Comtois en donnant une bourrade à son camarade avant de se diriger vers la porte.— C’est ça et oublie pas d’étudier saint Thomas, plaisanta Jean Bélanger en se penchant vers le miroir placé au-dessus des lavabos pour s’assurer de la juste inclinaison de son chapeau. 

Le fils de Félicien et d’Amélie Bélanger était un garçon de taille moyenne solidement charpenté à l’épaisse chevelure brune légèrement ondulée. Les jeunes filles appréciaient aussi bien sa mâchoire énergique et son nez droit que ses yeux bruns pétillants de vie. La pratique régulière du hockey et du baseball avait fait de lui un athlète et n’avait nui en rien à ses grandes qualités intellectuelles. Il en était déjà à l’avant-dernière année de son cours classique. Les Jésuites étaient parvenus à faire de l’adolescent, entré dans leur institution à l’automne 1940 à l’âge de treize ans, un jeune homme cultivé à l’avenir prometteur. Jean était un élève qui avait du talent à revendre et qui ne rechignait pas devant l’effort. De plus, il était doué pour se faire des amis, peut-être parce qu’il hésitait rarement à dépanner un camarade.
— Tu trouves pas, mon ami, qu’il serait plus normal que tu sois chez toi en train de préparer ton examen de philosophie de demain plutôt que de traîner au collège à t’admirer dans le miroir? fit une grosse voix dans le dos de l’étudiant.
Jean sursauta. Il n’avait pas entendu venir le père Patenaude, son professeur de philosophie et son directeur de conscience.
— Je m’en allais justement, mon père, se défendit-il en rougissant légèrement. Je suis resté au collège juste le temps d’arroser la patinoire.

Déjà lu du même auteur : 

Un bonheur si fragile

105625593 (1) tome 1 : L'engagement r_1870 (1) tome 2 : Le drame 

un bonheur si fragile_3 tome 3 : Les épreuves 109921761 tome 4 : Les amours

29 avril 2017

Un petit livre oublié sur un banc - Jim et Mig

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Bamboo - mars 2014 - 53 pages

Bamboo - avril 2015 - 54 pages

Quatrième de couverture :
Camélia est assise sur un banc. À côté d'elle, un livre est posé là, abandonné. Elle le feuilleté. Dedans, un mot de la main d'un inconnu l'invite à l'emporter...

Chez elle, Camélia découvre que certains mots sont entourés ici et là, et que ces mots forment des phrases... L'inconnu dit s'ennuyer dans sa vie de tous les jours et rêve d'une vie amoureuse forte et bouleversante, comme on en lit seulement dans les romans. "Mais combien sommes-nous à rêver d'une vie romanesque ?".
Camélia entoure six mots en réponse : "nous" "sommes" "deux", "vous" "et" "moi"... Et elle retourne déposer le petit livre tout là-bas, sur un banc...
À l'heure des textos et du livre numérique, "En petit livre oublié sur un banc" est une histoire pleine de charme entre deux amoureux des livres... Une liaison épistolaire tendre et attachante, à contrecourant du flot numérique actuel...

Auteurs : Jim, de son vrai nom Thierry Terrasson, né le 21 mars 1966 à Niort, est un auteur de bande dessinée et de courts métrages. Il publie également sous le pseudonyme de Téhy.
Mig, nom de plume de David Laurent, né en 1975, est un auteur de bande dessinée et animateur français.

Mon avis : (lu en avril 2017)
Dans la préface de cette BD, Jim explique qu'il a eu l'idée de cette histoire grâce à une amie qui déposait les livres qu'elle avait lu et aimé dans les lieux publics afin que le livre voyage et soit partagé avec le plus de lecteurs possible...
Camélia est une jeune femme dont la vie semble assez monotone. Un jour, elle trouve un livre abandonné sur un banc avec le message suivant : « Ce livre est pour la personne qui le trouvera. Gardez-le. J'ai pris un grand plaisir à le lire, je tiens à ce que ce plaisir ne reste pas emprisonné sur une étagère de ma bibliothèque. Il est spécialement pour vous.
Signé : Un inconnu »
Camélia emporte le livre et s'empresse de commencer à le lire... Elle découvre alors des mots entourés, qui bout à bout lui laisse un message :
« Longtemps, j'ai connu l'ennui dans ma vie. Longtemps j'ai souhaité de plus grandes émotions, une vie amoureuse forte et bouleversante, une passion qui me tienne éveillé et fasse battre mon coeur… »
C'est le début d'un vrai jeu de piste pour Camélia qui cherche à découvrir qui est cet inconnu. Elle espère un peu de piment dans sa vie et elle ne va pas être déçue...
Voilà une histoire en deux tomes légère, touchante, avec de la poésie.

 

Extrait :

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11 mars 2017

Prix Audiolib : 4 nouveaux livres audio sont arrivés !

Prix Audiolib 2017

Je viens de recevoir 4 nouveaux livres audio sélectionnés pour le Prix Audiolib 2017  

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J'ai déjà lu sous forme papier et aimé "Jeux de miroirs"
Born to run - Bruce Springsten (19h21), me fait peur en particulier pour sa longueur
mais également pour le sujet qui ne m'intéresse pas plus que cela...
Désorientale - Négar Djavadi me fait envie,
et je suis une inconditionnelle de l'islandais Arnaldur Indridason !

 Déjà lu :

Trois jours et une vie - Pierre Lemaitre 
Petit Pays - Gaël Faye

Lu (billet en cours d'écriture) : Voici venir les rêveurs - Imbolo Mbue

Lecture en cours : Le dernier des nôtres - Adélaïde de Clermont-Tonnerre

11 mars 2017

Ceux qui me restent - Laurent Bonneau et Damien Marie

ceux qui me restent Bamboo - août 2014 - 159 pages

Quatrième de couverture :
"Voyage en Alzheimer..."

Florent a perdu sa femme beaucoup trop jeune. Il a tenté d'élever seul sa petite Lilie, maladroitement ou certainement pas assez. Et ils se sont perdus à leur tour.
Aujourd'hui, à 70 ans, la maladie lui vole sa mémoire.
Mais Florent veut retrouver Lilie, sa Lilie qui vient maintenant le voir toutes les semaines mais qu'il ne reconnaît plus. Alors il cherche sans relâche, en vrac, dans les bribes de trop vieux souvenirs...
Florent n'abandonnera plus.

Auteurs : Originaire de Normandie, Damien Marie suit des études en arts appliqués et en design industriel. Il entre dans la vie active en travaillant dans des cabinets d’architecture intérieure et s’installe dans le Nord. Parallèlement, il se lance dans l’écriture. 
Né en 1988 à Bordeaux, Laurent Bonneau suit un cursus artistique dès le lycée à Bordeaux. Il rencontre en parallèle Marc Moreno à l'âge de 13 ou 14 ans. Ce dernier lui apprend beaucoup sur la bande dessinée et l'histoire de l'art. Il monte sur Paris à l'âge de 17 ans et demi pour suivre un cursus de cinéma d'animation pendant deux ans puis signe chez Dargaud pour la trilogie Metropolitan un an plus tard, lorsqu'il commence sa deuxième année en Animation. Il entre en 2008 à l'École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris en section Photo-vidéo, où il continue de réaliser actuellement des courts métrages en prise de vues réelles avec une obsession pour la représentation du corps humain. Il donne également des cours de dessin à l'École Nationale Supérieure Estienne à Paris... En 2013, il sort deux albums : "Douce pincée de lèvres en ce matin d'été", ouvrage intimiste sur une journée de la vie de Max, puis "Rêves Syncopés" avec Mathilde Ramadier au scénario, album retraçant l'histoire des musiques électros via la vie du DJ Laurent Garnier. 

Mon avis : (lu en janvier 2017)
Dans cette BD, il est question de la perte de la mémoire et de la maladie d'Alzheimer. La construction de l'histoire dans cette BD est originale et le lecteur peut être déstabilisé, désorienté... En effet, il est question de Florent qui revit fréquement une scène sur un bateau où il a perdu de vue sa fille Lily âgée de 5 ans. 
Aujourd'hui, Florent a 70 ans, il vit dans une institution car, atteint de la maladie d'Alzheimer, c'est le chaos dans sa tête... Il s'accroche à ses souvenirs, il veut retrouver sa fille... Et pourtant cette dernière vient lui rendre visite toutes les semaines...
Le sujet est traité avec subtilité et tact, le récit est vraiment beau et touchant. Une belle très belle découverte !

Extrait :

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17 mars 2017

Biguden - tome 1 : L'Ankou - Stan Silas

514BW2jlDbL0_ EP Media - août 2014 - 64 pages

Quatrième de couverture :
Goulwen vit dans une maison à flanc de falaise avec une mémé cabocharde qui croit encore aux Korrigans... C'est sur la plage qu'un événement extraordinaire va bousculer le quotidien de cette famille bretonne ! D'un bateau échoué, Goulwen recueille chez lui une petite japonaise... La confrontation entre les deux cultures va d'abord être explosive !

Auteur : Stan Silas est né en septembre 1977. En 2006, il crée un blog sous le pseudonyme de Sansax, où il s'entraîne aux rudiments de la BD et rencontre son public. Son premier ouvrage, "Meurtres en trois leçons" est édité par Danger Public. Dès son plus jeune âge il dessine partout, son entourage lui prédit une carrière artistique. Mais, étudiant, il découvre qu'un artiste c'est prétentieux, ça parle de trucs pas connus et ça mange des pâtes tous les jours.. Du coup il préfère passer divers diplômes lui assurant un travail au chaud dans un bureau. Alors qu'il semble complètement débarrassé de cette fibre artistique, en 2006 il replonge en créant son blog BD. Il y prend beaucoup de plaisir, apprend les rudiments de la bande dessinée en s'exerçant et récolte au passage des critiques motivantes. À 30 ans sa véritable nature semble l'avoir rattrapé, le guide du meurtre sort dans le commerce, c'est pas trop tôt diront certains. D'un air prétentieux il leur répond que ce n'est qu'un début...

Mon avis : (lu en février 2017)
J'ai découvert par hasard cette BD et le côté breton m'a bien sûr attirée...
Voilà une histoire d'amitié et de choc des cultures très originale.
Goulwen est un petit garçon de 8 ans qui porte un pull marin, adore pêcher, il joue du biniou et sait parler au mouette. Un jour où il est parti jouer sur la plage, il découvre un bateau échoué avec à côté une petite fille de son âge au look un peu spécial... C'est une petite Japonaise portant le kimono et pleine d'énergie !
Pas facile de communiquer lorsque l'un parle le français et le breton et l'autre le japonais mais Goulwen accueille sans hésiter cette nouvelle amie qui ne va pas passer inaperçu dans le petit village breton.
Goulwen vit avec sa mère et sa grand-mère très attachée aux traditions, elle porte la coiffe bigoudène et croit aux korrigans... Sa nouvelle amie semble investie d'une mission et l'histoire part vers une aventure plutôt fantastique mélangeant les croyances celtiques et nippones... Cette orientation m'a dérangée car je suis plutôt hermétique au fantastique... Les deux enfants sont attachants et l'intrigue surprenante.
Le dessin de cette BD a un vrai côté manga et la série continue avec deux tomes supplémentaires que je serai curieuse de découvrir !

 

Extrait : (début du livre)

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1 mars 2017

Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar - Antoine Choplin

61tryRi2mhL La fosse aux ours - janvier 2017 - 220 pages

Quatrième de couverture :
Voici l'histoire de Tomas Kusar, garde-barrière à Trutnov (Tchécoslovaquie), un jeune homme simple, amoureux de la nature et passionné par la photographie. Il mène une existence paisible, jusqu'à sa rencontre avec Vàclav Havel, dramaturge dissident et futur président de la République. Une rencontre qui va changer sa vie. Le dernier roman d'Antoine Choplin s'intéresse comme souvent aux humbles, aux sans-grade et montre comment, parfois, le destin les porte, les fait basculer du côté des justes et participer, presque par hasard, à la grande Histoire. Un roman sur l'amitié et l'engagement.

Auteur : Né en 1962, Antoine Choplin vit près de Grenoble, où il partage son temps entre l’écriture et l’action culturelle. Il est directeur de « Scènes obliques », dont la vocation est d’organiser des spectacles vivants dans les lieux inattendus, des sites de montagne. Il est aussi l’animateur depuis 1996 du Festival de l’Arpenteur (Isère), qui chaque mois de juillet programme des rencontres inhabituelles entre des créateurs (notamment des écrivains) et le public. Il s’est fait connaître en 2003 lors de la publication de son roman, Radeau, (La Fosse aux Ours, 2003), qui a connu un vrai succès populaire (Prix des librairies « Initiales », Prix du Conseil Général du Rhône). Parmi ses derniers titres : Léger Fracas du Monde (La Fosse aux Ours, 2005), L’impasse (La Fosse aux Ours, 2006), Cairns (La Dragonne, 2007), et de Apnées (La Fosse aux Ours, septembre 2009). Au Rouergue, il a publié Cour Nord en janvier 2010, dans La brune.

Mon avis : (lu en février 2017)
Tomas Kusar est un jeune cheminot à Trutnov en Tchécoslovaquie. C'est un homme simple, il aime la nature et les longues marches en plein air, il aime particulièrement les arbres et est également passionné par la photographie. A l'occasion d'une fête du village et d'une représentation théâtrale d'une troupe venue de Prague, Tomas fait pour la première fois la rencontre de Vàclav Havel l'auteur de la pièce jouée. Il y aura d'autres rencontres autour de bières ou d'un échiquier entre eux. Une amitié simple et humble se noue entre ses deux hommes si différents, l'ouvrier et l'intellectuel.
Inspiré de l'histoire de Vàclav Havel, dissident devenu président de la République en Tchécoslovaquie, ce roman est l'histoire d'une amitié et d'un engagement.
Comme habituellement dans ses romans, l'écriture de l'auteur est concise, belle et simple. Il décrit avec sobriété quelques moments bien choisis de la vie de Tomas Kusar, il se dégage beaucoup de douceur et d'humanité dans ce très beau roman.

Extrait : (début du livre)
Ce qu’il fait là.
Lui, le cheminot de Trutnov, au balcon du Château, face à la place Venceslas envahie par la foule immense.
Dans l’espace étroit, ils doivent être une vingtaine. Contre Tomas se serrent Jiri, Markéta, Petr, Joska. Leurs visages sont si proches que parfois ils se touchent. Tous ont ce drôle de sourire, où la joie fait comme elle peut avec l’air glacial de décembre qui fait trembler les lèvres. Certains glissent leurs bras sur les épaules voisines, les étreignant parfois avec une force plus grande, embrassant dans l’élan une tempe, un front.
Un peu plus tôt, ils se sont réunis au sommet de l’escalier intérieur, sur les tapis épais. Il y a eu de brèves accolades. Václav a fait quelques pas dans une vaste galerie adjacente. En silence, ils l’ont suivi des yeux tandis qu’il déambulait, et puis il est revenu vers eux. Alors, ils ont vu son visage, la paix radieuse qui s’en dégageait.
Certains ont eu envie de pleurer et c’était surtout parce qu’ils se souvenaient du chemin parcouru. Et puis on a ouvert doucement les deux battants de la haute fenêtre et la clameur est entrée comme une vague.
Autour de Václav Havel, donc, au Château, dans le souffle des vivats. 

Le regard de Tomas s’est attaché longuement à la masse sombre de la foule avant de s’échapper vers la ligne des toits et le ciel nocturne. L’œil ouvert, paupières inertes, il s’est laissé envelopper par le flou des lointains. Il lui a semblé que le tumulte s’effaçait un peu. Son esprit s’est mis à vagabonder.
Plusieurs fois, l’idée l’a traversé. Il serait mieux en bas, au milieu des autres. Et même ailleurs, à l’écart de toute cette effervescence, tiens, du côté de Hradecek, en marche parmi les arbres. Il chanterait peut-être quelque chose, en les sachant là pour de bon, Václav et tous les compagnons. Il chanterait et ça aurait de la gueule, cette voix solitaire dans la nuit, en lisière des forêts de Bohême saisies déjà par l’hiver.

Une main ébouriffe ses cheveux, celle de Jiri. Tomas n’entend pas les paroles qu’il prononce en riant, tourné vers lui. Il lui sourit en retour, sans trop savoir.
Devant eux, Václav salue les gens sur la place et on le devine peu à l’aise dans cet exercice. Son embarras semble amuser Olga qui se tient à ses côtés, en léger retrait. Par intermittences, Václav lève les deux bras, les doigts en forme de V. À chaque fois, la clameur de la foule s’intensifie et, pour ceux de la tribune, c’est une secousse pour le corps tout entier, un fracas dans la poitrine.

16 février 2017

L'invitation - Jim et Dominique Mermoux

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Vents d'Ouest - novembre 2016 - 160 pages

Vents d'Ouest - avril 2010 - 158 pages

Quatrième de couverture :
Un téléphone sonne en pleine nuit dans un appartement parisien. Raphaël se lève et décroche. À l'autre bout du fil, c'est son vieux pote Léo. Il est en panne avec sa voiture à plus d'une heure de route et demande à son ami s'il peut venir le dépanner. En réalité, Léo a appelé plusieurs de ses proches, curieux de savoir lesquels prendraient la peine de se déplacer pour lui. Un test à l'amitié, ni plus, ni moins. Raphaël est furieux d'avoir été ainsi testé ; ça ne se teste pas, l'amitié ! Mais un soir, Raphaël est chez lui, seul, il s'ennuie... Et si lui aussi il appelait ses amis, prétextant une panne de voiture ? Sur qui peut-il vraiment compter ? L'idée est tellement tentante... Rapidement, Raphaël lance les invitations déguisées...À l'occasion de la sortie en fin d'année du film L'Invitation (avec Nicolas Bedos dans le rôle principal), adapté du roman graphique de Jim et Mermoux, l'album reparait dans une nouvelle édition. Une histoire douce-amère qui sans cesse nous interroge sur nos relations aux autres et nous donne à réfléchir... pour ne jamais avoir à lancer une telle invitation.

Auteurs : Jim est né en 1966. Après son Bac, il étudie pendant 3 ans à l'École de bande dessinée d'Angoulême. Scénariste, dessinateur, il travaille aussi bien pour le dessin animé que pour la bande dessinée. 
Dominique Mermoux, après un Bac en arts appliqués à Grenoble, un BTS en communication visuelle à Besançon et un diplôme en illustration aux Arts décoratifs de Strasbourg, il se lance dans la bande dessinée. Récompensé à plusieurs reprises par des prix "Jeunes talents", il débute sa carrière dans la presse pour le Mégazine Tchô! puis décide de travailler sur des albums en collaboration avec des scénaristes. Il travaille depuis en tant que dessinateur BD et continue d'affuter son stylo-bille dans les carnets de croquis qu'il fabrique.

Mon avis : (lu en février 2017)
J'ai découvert cette BD à l'occasion de la promo du film L'invitation, une adaptation de cet album. Je n'ai pas vu le film mais le pitch du film m'a donné envie de découvrir la BD...
L'amitié peut-elle se tester ? Voilà le sujet de cet album.
Tout commence avec un coup de fil au milieu de la nuit, Raphaël décroche, au bout du fil son vieux pote Léo. Il est en panne avec sa voiture à plus d'une heure de route, il demande à son ami de venir le dépanner. Première réaction de Raphaël, raccrocher et retourner se coucher... mais finalement, il se ravise, s'habille et part dépanner Léo. En réalité Léo n'est pas en panne, il a décidé de tester l'amitié qui l'unie avec plusieurs amis qu'il a également appelé à l'aide. A l'arrivée de chacun des amis, Léo offre le champagne ! Raphaël n'apprécie pas la plaisanterie, l'amitié ne doit pas être testée !
Quelques mois plus tard, seul chez lui, Raphaël repense à cette nuit de test et décide de faire la même chose... A son tour, il appelle à l'aide des amis...
J'ai trouvé très originale cette histoire, la répétition du test m'a donné une impression de longueur mais la conclusion de la BD avec la "vraie" invitation a donné une vrai profondeur aux propos de cette BD autour de l'amitié.
Dans quelques temps, je compte bien découvrir l'adaptation cinématographique de cette BD, réalisée par Michaël Cohen avec Nicolas Bedos, Camille Chamoux, Gustave Kervern, Anne Charrier...

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Extrait : 

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10 décembre 2016

Bientôt Challenge Voisins Voisines 2017 (inscription)

Le mois de décembre est déjà bien entamé, le Challenge Voisins Voisines 2016 est sur sa fin... 

 Il est temps d'annoncer le Challenge Voisins Voisines 2017 pour l'année prochaine !

 voisins voisines 2016

Le but : Lire des romans européens (hors France), de découvrir la littérature contemporaine de nos "voisins et voisines". 

Voici une liste des pays d'Europe (cf. Wikipedia) moins la France :

Albanie, Allemagne, Andorre, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Géorgie,Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Kazakhstan, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Moldavie, Monaco, Monténégro, Norvège, Pays-Bas,Pologne, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Saint-Marin, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie, Ukraine et Vatican.

Je rappelle les règles pour ce challenge créé par Kathel (Lettres Exprès) et poursuivi par Anne (Des mots et des notes) :

- Nous lisons bien des romans, jeunesse ou adultes ou polars… et rien que des romans.

- Nous considérons que la littérature contemporaine implique des livres publiés à partir de 1960. L’auteur peut être décédé ou non.

- Seuls les traductions participent au challenge, le but étant de mettre ces romans européens à la portée de tous, tout le monde ne peut pas lire en V.O. et il existe d’autres challenges qui permettent de lire en V.O.

 Un billet récapitulatif 2016, sur lequel vous pourrez déposer les liens vers vos billets, sera mis en ligne dès le 1e janvier

mais vous pouvez déjà vous inscrire ici, dans les commentaires ! 

 

Voici le logo, mis à jour, toujours conçu à partir d'une photo prise à Dublin (Source)

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Participants pour 2017 : 

AnnaClaudiaEdytaManika,  Passion Culture, Aproposdelivres

21 janvier 2017

Le jour où le bus est reparti sans elle - Marko et Béka

81ZBpYBcrbL Bamboo éditions - septembre 2016 - 70 pages 

Quatrième de couverture :
Clémentine est un peu perdue et cherche des réponses à ses doutes existentiels. Heureusement, la vie réserve toujours des surprises à ceux qui sont prêts à les recevoir. De rencontres insolites en histoires de sagesse, qui sait si Clémentine n'a tout simplement pas trouvé son chemin vers le bonheur...

Auteurs : BeKa, c’est en fait l’alchimie formée par Caroline Roque et Bertrand Escaich. Caroline prépare un doctorat en chimie quand Bertrand commence déjà à écrire ses premiers scénarios de bandes dessinées. Quand elle quitte ses molécules, Caroline écrit des nouvelles destinées à être adaptée à son autre passion : le cinéma. Lorsque l’une d’entre elles reçoit le prix des cinémas d’Art et d’Essai de Toulouse, la tentation de quitter la chimie pour l’écriture devient trop forte. Caroline et Bertrand vont dès lors cultiver à deux leur talent pour la vie et pour l’écriture. Bertrand entraîne Caroline du coté de la bande dessinée et ils créent ensemble plusieurs séries à succès, notamment les RUGBYMEN et STUDIO DANSE, qui dépassent le million d’exemplaires vendus. 
Marko contribue à la culture régionale basque en tant que dessinateur de presse pour Le Journal du Pays Basque. Il produit des BD aux titres incompréhensibles tels que Marratiudazu gutun bat ou Iltazazuko koblakariak. Sa rencontre avec Olier marque ses débuts dans la BD avec Agence Barbare, puis El’z’avintures ed’Biloute, une BD en ch’ti, suivie des Godillots.

Mon avis : (lu en janvier 2017)
Voilà une bande dessinée zen... Clémentine est une jeune parisienne qui a tout pour être heureuse, et pourtant elle a du mal à trouver un sens à sa vie. Elle décide donc de participer à un stage de méditation organisé par Jean-Eude. En chemin vers le lieu du week-end, le bus s’arrête devant une épicerie afin d’acheter quelques provisions pour le week-end, Clémentine s'absente pour une pause pipi. A son retour, Clémentine découvre que le bus est reparti sans elle, la laissant seule, perdue au milieu de nulle part... Antoine, le propriétaire de l'épicerie, lui propose cordialement l’hospitalité dans sa maison ouverte aux voyageurs de passage en attendant le retour du bus. 
Parfois, le hasard fait bien les choses car cette rencontre avec Antoine et ses contes, puis avec Chantal et Thomas vont faire évoluer Clémentine et lui donner une autre vision de la vie...
C'est mystérieux, mais je n'en raconterai pas plus car il est préférable de découvrir par soi-même cette 
bande dessinée zen, plein de sagesse, de sensibilité et de pensées positives.
Un album qui fait du bien !

Extrait :

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22/18

 

10 janvier 2017

A la télévision ce soir...

Glacé (série)

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Episode 1 et 2 : Mardi 10 janvier 2017 20h55 et 21h50
Episode 3 et 4 : Mardi 17 janvier 2017 20h55 et 21h50
Episode 5 et 6 : Mardi 24 janvier 2017 20h55 et 21h50

Cette série de six épisodes de 52 minutes a été créée et réalisée par Laurent Herbiet

Adaptation du thriller Glacé de Bernard Minier 

Synopsis : A flanc de montagne, dans les Pyrénées, est découvert le cadavre d’un cheval sans tête accroché à 2000 mètres d’altitude, au sommet d’un téléphérique. Les capitaines Servaz et Ziegler se voient confier cette enquête. A quelques kilomètres de là, dans un centre pénitentiaire de haute sécurité, la jeune psychiatre Diane Berg entame des séances de psychothérapie auprès de Julian Hirtmann un dangereux tueur en série arrêté des années auparavant par le capitaine Servaz... Les destins de ces quatre personnages vont se percuter dans une enquête des plus terrifiantes.

Acteurs : Charles Berling, Julia Piaton, Nina Meurisse, Pascal Greggory, Anne Le Ny

Mon avis : Cette série a été récompensée au dernier festival de la fiction TV de La Rochelle comme "meilleure série de l'année". J'ai lu ce thriller en 2011, quelques mois après sa sortie en librairie. Je l'ai moi-même décrit comme « Un thriller très prenant et « glacial » avec une bonne intrigue et des personnages variés qui se déroule dans une vallée étroite et enneigée des Pyrénées à Saint-Martin-de-Comminges. »  J'en garde donc un très bon souvenir et cela me donne vraiment envie de découvrir cette nouvelle série.

30 novembre 2016

La Forêt des Renards Pendus - Arto Paasilinna et Nicolas Dumontheuil

81O79OXIy8L Futuropolis - août 2016 - 144 pages

Présentation éditeur :
Rafael Juntunen a peur. S’il avait pu s’échapper avec le butin d’un braquage qui avait mal tourné, son complice de l’époque avait été arrêté. 
Le temps a passé, ce dernier va sortir de prison et réclamer sa part. Seulement, Rafael ne veut plus partager. Il prend la fuite et se cache au fin fond de la Laponie, dans la forêt des renards pendus. Le gangster de trente ans, célibataire, ne voudra partager son butin avec personne mais il ne pourra pas rester tranquille bien longtemps, rejoint très vite par un ex-major de l’armée alcoolique mis sur la touche, et une Lapone nonagénaire en fuite. Les trois personnages vont résister à tout, aussi bien aux anciens complices de Rafael décidés à récupérer leur part du magot, qu’aux représentants de la « civilisation ». Mais on ne transgresse pas impunément les lois qui règlent la vie en société... 

Auteurs : Arto Paasilinna est né en Laponie finlandaise en 1942. Successivement bûcheron, ouvrier agricole, journaliste et poète, il est l’auteur d’une trentaine de romans, pour la plupart traduits en français qui ont toujours rencontré un vif succès critique et public.
Nicolas Dumontheuil 
né en 1967 est un auteur de bande dessinée français. En 1997, il a obtenu l'Alph-art du meilleur album au 24e Festival d'Angoulême pour son album Qui a tué l'idiot ?, pour lequel il est également titulaire du Prix René Goscinny 1996.

Mon avis : (lu en novembre 2016)
Voilà une belle adaptation graphique du roman d'Arto Paasilinna "La Forêt des renards pendus". J'ai déjà du lire ce roman avant d'avoir ce blog, car je n'ai pas écrit de billet sur ce livre d'Arto Paasilinna.
C'est l'histoire de Rafael Juntunen qui part se cacher dans le nord de la Finlance avec des lingots d'or volés. En effet, son complice vient de sortir de prison et il veut garder tout le butin. Il se réfugit donc dans une cabane au fin fond de la forêt finlandaise. Il pense y être tranquille pour un bon moment... Mais voilà que le Major Remes, un peu dépressif, a eu une idée semblable de partir au fin fond de la forêt finlandaise, pour prendre une année sabbatique, s'éloigner de sa femme et accessoirement arrêter de boire de l'alcool... Au fur et à mesure de l'histoire, ils verrons apparaître un policier curieux, deux jolies prostituées et Naska, 90 ans, et son chat fuyant la maison de retraite... Sans oublier le premier compagnon de Rafael, un jeune renard qu'il a nommé Cinq cent balles...
Voilà un résumé de l'univers d'Arto Paasilinna, des personnages farfelus, des aventures riches en péripéties, des situations cocasses et beaucoup d'humour ! 
C'est particulier, et je suis fan !

 

Extrait :

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19/18

Déjà lu du même auteur :

le_lievre_de_Vatanen  Le lièvre de Vatanen  prisonnier_paradis Prisonniers du paradis

la_cavale_du_g_om_tre La cavale du géomètre  un_homme_heureux Un homme heureux  

la_douce_empoisonneuse_2 La douce empoisonneuse Petits_suicides_entre_amis_2 Petits suicides entre amis 

le_meunier_hurlant Le meunier hurlant le_bestial_serviteur Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen

le_cantique_de_l_apocalypse Le Cantique de l'apocalypse joyeuse   sang_chaud__nerfs_d_acier Sang chaud, nerfs d'acier

les_dix_femmes_de_l_ing_nieur Les dix femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi 

le_potagerdes_malfaiteurs_p Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison 

104313869 Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés

 

 

 

 

 

23 décembre 2016

Si ce livre pouvait me rapprocher de toi - Jean-Paul Dubois

51YRp2H6r4L 9782020403429

Editions de l'Olivier - février 1999 - 211 pages

Points - mars 2000 - 211 pages

Quatrième de couverture :
"C'est à ce moment-là, je crois, que je décidai de partir pour un voyage dont j'ignorais la destination et la durée. J'étais désargenté, désenchanté. Mais je voulais me replonger dans le courant de la vie, me battre pour ou contre quelque chose, retrouver l'envie du bonheur et le goût de la peur, lutter contre la force des vents, éprouver la chaleur, le froid, casser des cailloux et, s'il le fallait, creuser les flancs de la terre." Ce périple, Paul Peremülter le voulait simplement excentrique, mais il va le conduire au plus profond de lui-même, dans la forêt obscure de ses origines. C'est dans ce monde magique et étouffant qu'il découvrira ce qu'on lui avait toujours caché, ce qu'il n'aurait jamais dû savoir. Avec ce roman qui s'achève dans les forêts du Québec, Jean-Paul Dubois s'aventure dans de nouveaux territoires littéraires.

Auteur : Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse où il vit actuellement. Journaliste, puis grand reporter en 1984 pour Le Nouvel Observateur, il examine au scalpel les États-Unis et livre des chroniques qui seront publiées en deux volumes aux Éditions de l'Olivier : L'Amérique m'inquiète (1996) et Jusque-là tout allait bien en Amérique (2002). Écrivain, Jean-Paul Dubois a publié de nombreux romans, Je pense à autre chose, Si ce livre pouvait me rapprocher de toi, etc. Il a obtenu le prix France Télévisions pour Kennedy et moi (1996) et le prix Femina et le prix du roman Fnac pour Une Vie française.

Mon avis : (lu en novembre 2016)
J'ai voulu lire ce livre quelques mois après avoir vu le film "Le fils de Jean" de Philippe Lioret qui est une libre adaptation de ce roman. J'ai beaucoup aimé ce film et j'espérai retrouver le même enthousiasme dans cette lecture. 
Le livre est assez différent du film et j'ai donc été un peu déçue de ne pas retrouver certains passages du film... Le début du livre est un peu lent et le roman prend un vrai rythme seulement lorsque le héros arrive au Québec. Malgré cela la lecture est agréable, on retrouve Paul, le personnage favori de Jean-Paul Dubois, en recherche personnelle et ayant un problème sa relation paternelle...

 

Déjà lu du même auteur :

 les_accommodements_raisonnables Les accommodements raisonnables  
 une_vie_francaise 
Une vie française cas_sneijder  Le cas Sneijder

8 décembre 2016

Le Tableau - Laurence Venturi

Lu en partenariat avec Albin Michel

le tableau Albin Michel - novembre 2016 - 343 pages

Quatrième de couverture :
Et si, vous aussi, vous découvriez un Modigliani chez vous ? Et si, vous aussi, vous découvriez un Modigliani chez vous ? Impensable ? Délirant ? Et pourtant, c'est l'histoire authentique que Laurence Venturi nous raconte, de l'enquête quasi policière pour faire authentifier le tableau aux bouleversements familiaux, conjugaux, psychologiques qu'entraîne pareille aventure où tous les secrets de famille volent en éclat. Un vrai roman.

Auteur : Banquière, galeriste, mère de famille nombreuse, Laurence Venturi habite Paris. Le Tableau est son premier roman.

Mon avis : (lu en décembre 2016)
J'ai eu envie de découvrir ce livre, grâce à sa belle couverture ! Le sujet évoquant la peinture, je n'ai alors pas hésité !
Lors d'un dégât des eaux dans sa cave, Laura trouve un tableau qui pourrait être un Modigliani. Il s'agit d'un portrait de Beatrice Hastings, l'une des muses du peintre. Ce tableau fait parti de l'héritage de son mari provenant de son grand-père Silvio considé comme le héros de la famille.

Voilà comment commence la longue enquête que Laura va mener afin de faire authentifier ce tableau... Une enquête qui va devenir une obsession pour cette mère de famille quitte à délaisser ses enfants et son mari... Elle va découvrir les côtés obscures du marché de l'art et déterrer quelques secrets de famille...
J'ai mis un peu de temps à rentrer dans cette histoire, j'ai beaucoup apprécié tout ce qui concernait Modigliani et son œuvre et sur le marché de l'art, la lecture est devenu plus fluide lorsque le rythme de l'enquête s'est accéléré. 

Merci Ophélie et Albin Michel pour cette lecture intéressante

Autres avis : Canel, Sandrine

Extrait : 

6 janvier 2017

Un bruit étrange et beau – Zep

419FO8HwnOL Rue de Sèvres - octobre 2016 - 96 pages

Présentation éditeur :
Où est la valeur d'une vie? Dans le bruit et la fureur ou dans le recueillement du silence? Dans ses batailles ou ses renoncements? William, lui, a choisi la solitude et le silence il y a 25 ans en intégrant l'ordre religieux des chartreux. Quand un héritage le contraint à quitter le monastère pour Paris, c'est tout un monde nouveau qu'il doit apprivoiser, des certitudes longuement forgées à interroger et surtout, son ancienne vie, laissée là, qu il va retrouver.... Sa rencontre avec Méry, jeune femme aux jours comptés du fait d'une maladie incurable mais résolument décidée à profiter du temps qu'il lui reste, le confrontera à de nouvelles questions et compliquera ses choix. 

En filigrane de ce beau portrait d'homme, Zep interroge nos propres certitudes, avec un talent graphique réaliste qu'on ne se lasse pas de découvrir.

Auteur : Zep dessine et raconte des histoires depuis ses 14 ans. Il a déjà fait rire des générations d'écoliers en 20 ans d'aventures de Titeuf (20 millions d'albums vendus, traduit en 25 langues à l'international, dessin animé traduit en 35 langues et diffusé dans 240 pays) et reçu le grand prix d'Angoulême à 37 ans en 2004. Cet homme pressé a depuis conquis le public adulte avec ses Happy Books et ouvre aujourd'hui une toute nouvelle veine de son travail.

Mon avis : (lu en décembre 2016)
William (Don Marcus) est moine chartreux dans un monastère suisse depuis plus de 25 ans. Il a choisi le silence et la solitude. Il va pourtant devoir se rendre à Paris pour assister en personne à la lecture du testament de sa tante, il redoute un peu ce retour dans le monde extérieur, avec le bruit et l'agitation... Dans le train pour Paris, il rencontre Méry, une jeune femme qui a besoin de parler et qui l'oblige à rompre son vœux de silence... La lecture du testament sera pleine de surprises... 
Ce voyage est l'occasion pour William se souvenir du passé et grâce à des flash-back le lecteur comprend le cheminement qui l'a conduit à se consacrer à Dieu. Je n'en raconte pas trop pour vous laisser découvrir par vous-même cette bande dessinée que j'ai beaucoup aimé. Les couleurs pastels du dessin sont en accord parfait avec l'atmosphère apaisante, douce, profonde et émouvante de cette histoire. A découvrir !

Extrait :

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20/18

Déjà lu du même auteur :

une histoire d'hommes Une histoire d'hommes happy parent Happy parents

20 décembre 2016

Microcosme - Manu Larcenet

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Les rêveurs - avril 2014 - 120 pages

Quatrième de couverture :
Des taches qui parlent, des taches qui pensent, des taches qui jugent, des taches qui racontent tout et n'importe quoi, des taches dans la dépression, des taches dans l'euphorie, des taches racistes, des taches échangistes et qui changent de couleur mais ne blêmissent pas. Manu Larcenet anime et met en scène cette grande famille de taches dans une succession de strips décapants, corrosifs et hilarants.

Auteur : Né le 6 mai 1969 à Issy-les-Moulineaux, après s'être lancé dans la BD à l'âge de dix ans, Manu Larcenet étudie le graphisme au lycée de Sèvres et obtient un BTS d'expression visuelle option 'images de communication' à l'Ecole des arts appliqués. Parallèlement, il multiplie les concerts avec un groupe punk fondé avec des amis de collège. Il fait son service militaire en 1991 et connaît alors le bataillon disciplinaire. A son retour, il emménage avec des amis musiciens et poursuit la scène et le graphisme : ses premiers dessins sont publiés dans des fanzines de rock et de bande dessinée. Il commence en 1994 une collaboration d'abord discrète avec le magazine Fluide glacial ; son premier récit, 'L' Expert-comptable de la jungle', est bientôt suivi de 'Soyons fous', 'La Loi des séries' et 'Bill Baroud espion'. Spirou, Dupuis, Glénat et Les Rêveurs de runes, une maison d'édition qu'il a fondée avec Nicolas Lebedel, publient depuis ses albums. Les improbables créatures ou les petits bonhommes ordinaires qui peuplent ses dessins font son succès. Il reçoit en 2003 le prix Jacques Lob, puis le prix du meilleur album à Angoulême en 2004 pour 'Le Combat ordinaire'. Mêlant autobiographie et réflexion, à l'instar de son 'Retour à la terre', cette série apparaît comme celle de la maturité. Changement de ton qui ne l'empêche pas, à l'occasion, de revenir, en 2006, à ses premières amours avec l'album 'Chez Francisque', scénarisé par Yan Lindingre. Artiste protéiforme, alternant séries potaches et récits plus profonds, Manu Larcenet compte désormais parmi les auteurs incontournables de la bande dessinée.

Mon avis : (lu en novembre 2016)
Cette Bande Dessinée ressemble à un livre enfantin et pourtant elle n'est pas destinée aux enfants. C'est plutôt un livre féroce où l'auteur utilise l'humour noir. L'originalité vient du principe que ce sont des taches d’encre ou de peinture qui deviennent des personnages... Ces taches discutent entre elles et échangent des propos en tout genre : racistes, violents, machistes, idiots ou déplacés. Certaines taches sont complètement dégénérées ou folles... 

Je n'ai pas été convaincue par l'ensemble de la BD, j'ai eu du mal à la terminer essentiellement par lassitude, c'est souvent assez plombant et sombre car il est question de maladie, de dépression, de chômage, de tueur en série, de radioactivité... Cela contraste vraiment avec le côté coloré de l'album ! Une BD unique...

Extrait :

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microcosme_youtube

Microcosme-1

Microcosme-2

 

Déjà lu du même auteur :

RetourALaTerreLe1a_21012005 le_retour___la_terre_2 RetourALaTerreLe3_11012005 RetourALaTerreLe4_31082006 le_retour___la_terre_5 
Le retour à la terre

blast Blast : 1 - Grasse carcasse 

blast2  Blast : 2 - L'Apocalypse selon saint Jacky 

89516661_p Blast : 3 - La tête la première 

Couv_209638 Blast, tome 4 : Pourvu que les Bouddhistes se trompent

17 juillet 2016

146298 - Rachel Corenblit

9782330053758 (1) Actes Sud Junior - septembre 2015 - 66 pages

Quatrième de couverture :
146298. Une suite de chiffres tatoués sur le bras de sa grand-mère. Elle les a vus toute sa vie sans leur donner plus de sens. Puis un jour, en classe, elle comprend. D'abord en colère face à ce secret de famille trop longtemps caché, elle parvient enfin à convaincre sa grand-mère de lui parler, de faire le tri dans sa mémoire défaillante : la rafle, le voyage, le camp, la faim... Les vies de la jeune fille et de la vieille femme se croisent et s'entremêlent pour se mettre au diapason.

Auteur : Après des études de philosophie, Rachel Corenblit se tourne vers l'enseignement en 1997. Elle exerce aujourd'hui à Toulouse en tant que professeur des écoles. Elle est l'auteur de plusieurs romans.

Mon avis : (lu en juillet 2016)
Bizarre cette couverture avec des bonhommes d'un baby-foot... Où est le rapport avec cette histoire ? Peut-être que pour certain le début de cette suite de chiffres 1.4.6.2... pourrait évoquer une position de joueurs de foot sur un terrain... Cette histoire n'a aucun rapport avec le baby-foot ou avec le football ! C'est beaucoup plus sérieux !
Elsa est une adolescente qui a décidé de ce faire tatouer. Un tatouage particulier qui lui tient à coeur, un tatouage identique à celui de sa grand-mère. Ce tatouage, elle l'a toujours vu sur le bras de sa grand-mère et c'est seulement tardivement qu'Elsa en a compris la signification, en classe, lors d'un cours d'histoire...
Cette histoire alterne entre le présent et le passé, l'écriture est simple et le récit est fort et poignant.
Une très belle découverte.

Extrait : 
La fille met des gants. Elle applique la feuille, appuie dessus avec le plat de sa main et la retire lentement. Je regarde.
Mon avant-bras.
C'est là.
Le motif apparaît. Les chiffres.
La succession froide que je connais par cœur.
Ce que ce tatouage va révéler a toujours existé.

16 septembre 2016

La légèreté - Catherine Meurisse

legerete-couv Dargaud - avril 2016 - 136 pages

Quatrième de couverture : 
Dessinatrice à Charlie Hebdo depuis plus de dix ans, Catherine Meurisse a vécu le 7 janvier 2015 comme une tragédie personnelle, dans laquelle elle a perdu des amis, des mentors, le goût de dessiner, la légèreté. Après la violence des faits, une nécessité lui est apparue : s'extirper du chaos et de l'aridité intellectuelle et esthétique qui ont suivi en cherchant leur opposé la beauté. Afin de trouver l'apaisement, elle consigne les moments d'émotion vécus après l'attentat sur le chemin de l'océan, du Louvre ou de la Villa Médicis, à Rome, entre autres lieux de renaissance.

Auteur : Catherine Meurisse est une illustratrice, dessinatrice de presse, scénariste et dessinatrice de bandes dessinées française.

Mon avis : (lu en septembre 2016)
Ce jour là, Catherine Meurisse s'est réveillée en retard et elle n'est pas arrivée à l'heure à la conférence de presse de Charlie Hebdo... Elle a donc échappé au drame et n'a pas été tuée comme ses amis mais elle a été touchée à jamais. Elle a perdu ses amis, l'envie de dessiner et sa légèreté... Comment se reconstruire après un drame pareil ? Il lui a fallu du temps pour digérer ce 7 janvier 2015 et ses suites.
Dans cet album, Catherine Meurisse raconte avec une sincère émotion, tout d'abord les évènements, puis l'après avec sa lente reconstruction, elle mélange ses souvenirs, son état d'esprit et de l'humour noir... Elle a été placée sous escorte policière, elle a du mal à comprendre l'ampleur des réactions après attentats, le "Je suis Charlie"... Elle va tenter de chercher l'apaisement dans la beauté, celle des paysages, celle de l'art...
Un album magnifique à découvrir absolument.

Extrait : 

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28 octobre 2016

Je m'appelle Leon - Kit de Waal

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81X5O6v7AnL Kero - août 2016 - 352 pages

traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Isabelle Chapman

Titre original : My name is Leon, 2016

Quatrième de couverture : 
Leon, 9 ans, est un garçon courageux. Quand un jour sa mère n'arrive plus à se lever le matin, il s'occupe de son demi-frère Jake. Quand l'assistante sociale emmène les deux garçons chez Maureen au gros ventre et aux bras de boxeur, c'est lui qui sait de quoi le bébé a besoin. Mais quand on lui enlève son frère et qu'on lui dit que chez ses nouveaux parents il n'y a pas de place pour un grand garçon à la peau sombre, c'en est trop.
Heureusement Leon rencontre Tufty, qui est grand et fort, qui fait du vélo comme lui et qui, dans son jardin, lui apprend comment prendre soin d'une petite plante fragile. Mais Leon n'oublie pas sa promesse de retrouver Jake et de réunir les siens comme avant. Le jour où il entend une conversation qui ne lui était pas destinée, il décide de passer à l'action...
Émouvant, dramatique mais aussi jubilatoire, Je m'appelle Leon évoque de façon éloquente la force de l'amour, le lien indéchirable entre frères, et ce qui, en fin de compte, fait une famille.

Auteur : Kit de Waal est née à Birmingham, d'une mère irlandaise et d'un père antillais. Elle a travaillé pendant quinze ans dans le domaine du droit, dont plusieurs années comme magistrat, et s'est beaucoup impliquée dans le domaine de l'adoption et du placement d'enfant. Elle a par ailleurs crée une bourse d'études pour promouvoir de jeunes auteurs de milieu modeste. Ses nouvelles ont été récompensées par plusieurs prix. Je m'appelle Leon est son premier roman.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
Leon est un enfant métis de neuf ans, il vient d'avoir un demi frère, Jack. Ce dernier est blanc avec de grands yeux bleus. Tous deux vivent avec leur maman Carol, mais celle-ci est dépressive et très vite Leon est obligé de s'occuper lui-même, tant bien que mal, de son petit frère... Un lien très fort se crée donc entre les deux frères. Mais cette situation ne peut pas durer et les services sociaux prennent en main la situation et Leon et Jake sont placés en famille d’accueil chez Maureen. Cette dernière est formidable, dès le début elle comprend l'immense lien qui unit les deux frères, et lorsque les services sociaux voudront séparer les frères pour offrir Jake à l'adoption, Maureen fera tout son possible pour rassurer Leon et l'aider à supporter ce déchirement... 
Leon n'aura que cesse de retrouver Jake et sa maman pour se retrouver en famille. 
Leon est un petit garçon bouleversant et extrêmement attachant. Leon est un petit garçon courageux, il est victime des décisions des adultes, de sa mère démissionnaire, des services sociaux qui sacrifient la fratrie au profit de Jake... Mais Leon saura s'adapter et rebondir grâce aux rencontres de personnes bienveillantes et aimantes qui vont l'aider à supporter cette vie si injuste pour un petit garçon, Tina, Maureen, Sylvia, Tufty...
C'est une histoire triste mais malgré tout, ce très beau roman est plein de tendresse, d’amour et d’espoir.

Merci PriceMinister et les éditions Kero pour ce livre reçu dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire.

Extrait : (début du livre)
Personne n'a besoin de dire à Leon qu'il vit un moment important. La maternité est devenue silencieuse, comme si rien d'autre n'existait plus. L'infirmière lui demande de se laver les mains puis de s'asseoir le dos droit.
- Attention, dit-elle. Il est fragile.
Mais Leon le sait déjà. L'infirmière lui pose le nouveau-né dans les bras, son petit visage face au sien de manière qu'ils puissent se regarder.
- Tu as un petit frère maintenant. Tu vas pouvoir t'occuper de lui. Tu as quel âge ? Dix ans ?
- Presque neuf, répond la maman de Leon en se tournant vers eux. Huit ans et neuf mois. Presque.
La maman de Leon raconte à Tina l'accouchement, le temps que ça a pris et à quel point elle a eu mal.
- Eh bien, dit l'infirmière en arrangeant la couverture du bébé, tu es grand et fort pour ton âge. Un vrai petit homme.
Elle tapote la tête de Leon et lui caresse la joue d'un doigt.
- Il est beau, tu trouves pas ? Vous êtes beaux tous les deux.
Elle sourit. Leon la trouve gentille : il peut compter sur elle pour bien s'occuper du bébé quand il n'est pas là. Le bébé a les doigts les plus petits qu'il ait jamais vus. Quand il a les yeux fermés, il ressemble à une poupée. Il a une touffe de cheveux blancs très doux sur le sommet du crâne et sa bouche n'arrête pas de s'ouvrir et de se fermer. A travers les petits trous de sa couverture, le bébé chauffe le ventre et les cuisses de Leon. Tout d'un coup, il se met à se tortiller.
- J'espère que tu fais un beau rêve, bébé, chuchote Leon.
Au bout d'un moment, Leon a mal au bras. Pile quand cela devient trop pénible, l'infirmière revient, prend le bébé et veut le donner à la maman de Leon.
- C'est bientôt l'heure de la tétée.
Mais la maman de Leon a son sac à main sur les genoux.
- Ça peut attendre une minute ? Désolée, j'allais au fumoir.

challenge12016br
10/18

 Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Angleterre

2 septembre 2016

Le théorème des Katherine - John Green

le théorème des Kterine le théorème des Katherine

Nathan - mai 2012 - 281 pages

Nathan - janvier 2015 - 256 pages

traduit de l'anglais par Catherine Gibert

Titre original : An abundance of Katherines, 2006

Quatrième de couverture : 
Dix-neuf fois Colin est tombé amoureux. 
Dix-neuf fois la fille s'appelait Katherine. 
Pas Katie, ni Kat, ni Kittie, ni Cathy, et surtout pas Catherine, mais KATHERINE. 
Et dix-neuf fois, il s'est fait larguer.

Auteur : John Green est né en 1977. Il vit avec sa femme et son fils à Indianapolis, la capitale de l'Etat de l'Indiana, aux Etats-Unis. Il a reçu de nombreux prix pour ses romans, dont le Michael L Printz Award, prestigieux prix américain, pour son premier roman Qui es-tu Alaska ? John Green et son frère, Hank, sont les auteurs de Vlogbrothers, un des projets de vidéos en ligne les plus connus au monde.

Mon avis : (lu en juillet 2016)
J'ai un avis mitigé sur ce livre que j'ai emprunté à la bibliothèque pour les vacances... C'est un roman léger, divertissant, un peu décalé mais par moment, j'y ai trouvé de vraies longueurs...
N'arrivant à se remettre de sa dernière rupture, Colin Singleton décide de partir avec son ami Hassan pour un "road trip" en voiture. 
Colin est un jeune homme surdoué, mais manquant de confiance en lui, il enregistre des quantités d'informations, il fait à tout moment des anagrammes. Il vient de subir sa 19ème rupture, et toutes ses petites amies se sont toujours prénommées Katherine. Il est en train d'essayer de concevoir un théorème pour calculer à l'avance la durée d'une relation avec une fille.
Hassan est l'opposé de Colin, c'est un jeune musulman, aimant blaguer, il n'a aucun projet d'avenir, en particulier d'études... Il a toujours le sourire et de la bonne humeur.
Ils vont arriver à Gutshot une petite ville du Tennessee. Ils vont faire la connaissance de Lindsey et sa famille. Le trio Colin, Lindsey et Hassan vont s'ouvrir à de nouvelles expériences pour grandir et faire évoluer leur vie.
Les personnages sont vraiment attachants, mais les longueurs de certains passages m'ont fait moins aimer ce livre de John Green que les premiers déjà lus.

Extrait : (début du livre)
Le lendemain du jour où Colin Singleton, illustre enfant surdoué, fut reçu au bac et largué par sa dix-neuvième Katherine, il prit un bain. Colin avait toujours eu une préférence pour les bains, il avait pour principe dans la vie de ne rien faire debout qu'il ne puisse faire allongé. Dès que l'eau fut chaude, il enjamba la baignoire et s'assit, observant d'un air étrangement absent son corps s'immerger. L'eau gagnait peu à peu ses jambes, qu'il avait croisées et pliées. Il reconnaissait sans peine, bien que du bout des lèvres, être trop grand, trop corpulent, pour cette baignoire - il avait tout de l'adulte jouant au bébé.
Tandis que l'eau commençait à mouiller son ventre creux mais dénué de muscles, il songea à Archimède. À quatre ans, Colin avait lu un livre sur le philosophe grec qui, en s'asseyant dans sa baignoire, avait découvert comment mesurer le volume d'un corps au déplacement de l'eau. À cette occasion, Archimède avait paraît-il crié «Eurêka !»1 avant de courir, nu, à travers les rues. D'après le livre, nombre de découvertes majeures sont accompagnées d'une «minute Eurêka». Déjà, à l'époque, Colin désirait ardemment faire des découvertes majeures, il s'en était donc ouvert à sa mère lorsque celle-ci était rentrée à la maison ce soir-là.
- Dis, maman, tu crois qu'un jour, j'aurai ma minute Eurêka ?
- Oh, mon trésor, avait-elle dit en lui prenant la main. Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Je veux ma minute Eurêka, avait-il répondu sur le ton qu'aurait emprunté un autre gamin pour exprimer une envie folle de Tortue Ninja.
Elle avait appuyé le dos de sa main contre la joue de Colin et lui avait souri, son visage très près du sien. Il avait senti l'odeur de son fond de teint et son haleine de café.
- Bien sûr, Colin, mon bébé. Bien sûr que tu l'auras. Mais les mères mentent. Ça fait partie de leur boulot.

Déjà lu du même auteur :

Nos__toiles_contraires Nos étoiles contraires will&will Will & Will

CVT_Qui-es-tu-Alaska-_5671 Qui es-tu Alaska ? 

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