belle_famille Gallimard – janvier 2012 – 244 pages

Quatrième de couverture :
« Madec se dirigea vers la cuisine pour chercher un couteau à pointe fine. Comme s'il était surveillé, il s'interdit la lumière. L'obscurité ne faisait pas disparaître les formes, mais les couleurs. Est-ce ainsi que voyaient les gens dans les vieux films ? L'enfant ouvrit le tiroir à ustensiles. » 

Ensuite un peu de bruit, et beaucoup de silence.

Auteur : Arthur Dreyfus est né en 1986. Belle Famille est son deuxième roman.  

Mon avis : (lu en août 2012)
Je suis très déçue par ce livre dont je n'avais jamais entendu parler avant de le recevoir pour le Jury Elle 2013. En le commençant, je savait seulement que l'auteur s'était inspiré de l'affaire Maddie Mc Cann et qu'Arthur Dreyfus avait 26 ans.

J'ai eu beaucoup de mal à lire ce livre... Cette histoire m'a dérangée, elle est malsaine. Le titre se veut-il ironique ? Je suis gênée par l’ironie et le cynisme de l’auteur autour de ce fait divers douloureux et non résolu…

Le lecteur sait au bout d'une centaine de page, le sort de Madec imaginé par l'auteur car il assiste à la disparition de l'enfant et devient spectateur de ce qui se passe après... Ensuite, il suit en parallèle le quotidien des parents et de leurs proches, de l'enquêteur italien et du principal suspect comme dans un épisode de l'inspecteur Colombo...

Les personnages sont caricaturaux, la mère est machiavélique, le père démissionnaire et inconsistant, les frères insupportables. Tony, l'oncle de Madec est un personnage cynique, il s'est autoproclamé porte-parole de la famille Macant et débarque dans l’histoire après la disparition de Madec pour créer un buzz médiatique. Seuls le petit Madec, enfant incompris, fait pitié et Ron le principal suspect est touchant.

J'ai peiné à lire ce livre que j'ai trouvé plein de longueurs inutiles l’auteur délaye sa prose… que de longueur… Il a fallut que je me force pour terminer ce livre, si cela n’avait pas été pour le Jury Elle je l’aurai vite abandonné !  

Autres avis : Clara, Constance, Canel, Mimi, Jostein, Anna Blume

Extrait : (début du livre)
Granville est située au bord de la Manche à l'extrémité de la région naturelle du Cotentin, elle ferme par le nord la baie du Mont-Saint-Michel et par le sud la côte des havres. Jadis la ville était fameuse pour son port morutier, devenu le premier port coquillier de France. On pourrait dire sans risque de se tromper qu'au moins le mitan du quinze millier de Granvillais tire bénéfice, de près ou de loin, du négoce des fruits de mer. Malgré cela, la plupart d'entre eux rechignent encore à se sustenter de coquillages (peut-être par peur de mordre la main qui les alimente). On ne compte plus les visiteurs de passage qui se sont frottés à cette énigme - dont la simple évocation suscite immédiatement, et pour une raison inconnue, de la gêne, un malaise, voire de l'animosité.

De pente très faible, l'estran de la côte granvillaise permet à des marées de plus de quatorze mètres de monter. Au début du siècle, et à plusieurs reprises, des enfants partis à la chasse aux palourdes ont laissé leurs familles en deuil. Si de tels drames ne sont plus à déplorer depuis quelques décennies, les propagandes maternelles n'ont fait que s'accroître, au point d'engendrer des générations hantées par un même cauchemar immense et salé. A l'école municipale, la leçon de Sergine Frêle sur le mouvement des marées prend chaque année la forme et la solennité d'un avertissement.

 

Grand_Prix_des_Lectrices_2013
Sélection roman
Jury Septembre