Lu dans le cadre du challenge_100_ans_article_300x225

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Philippe Rey – janvier 2010 – 285 pages

10x18 - janvier 2011 - 251 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Françoise Adelstain

Titre original : Labor Day, 2009

Présentation de l'éditeur :
Cette année 1987, une chaleur caniculaire s'abat sur la côte Est pendant le long week-end de Labor Day. Henry a treize ans, vit avec sa mère, ne supporte pas la nouvelle épouse de son père, aimerait s'améliorer au base-ball et commence à être obsédé par les filles. Jusque-là, rien que de très ordinaire, sauf que sa mère, elle, ne l'est pas. Encore jeune et jolie, Adele vit pratiquement retirée du monde et ne sort qu'en de rares circonstances. La rentrée des classes qui approche la contraint à conduire son fils acheter vêtements et fournitures au centre commercial. Et là, planté devant le présentoir des magazines où il essaye de feuilleter Playboy, Henry se heurte à Frank, ou plutôt Frank s'impose à Henry : Frank, un taulard évadé, condamné pour meurtre... Pendant quatre jours, le trio va vivre un surprenant huis-clos, chacun se dévoilant un peu plus au fil des heures. Et, vingt ans plus tard, avec émotion et humour, Henry révélera les secrets de ce long week-end qui lui a appris à grandir...

Auteur : Née en 1953, auteur de plusieurs romans et essais, surnommée lors de ses débuts fracassants en 1972 la Françoise Sagan américaine, Joyce Maynard vit désormais entre la Californie et le Guatemala. Plébiscité par une critique américaine unanime, ce Long week-end marque aussi la redécouverte d'un écrivain.

Mon avis : (lu en juin 2010)
Cette histoire est un huit clos entre Henry, treize ans, Adele, sa mère et Frank un fugitif qui vient de s'évader de prison, un criminel recherché par la police.

Un peu dépressive, Adele, vit recluse depuis son divorce et sort rarement de sa maison, Henry n’a pas de copain, il est s’efforce de faire de son mieux pour ne pas compliquer la vie de sa mère. Il se doit tous les samedis soir de dîner avec son père, sa nouvelle compagne et leurs enfants. Quelques jours avant la rentrée scolaire, lors d'un long week-end de canicule, ils sont partis faire quelques courses au supermarché lorsqu'Henry est abordé par Frank qui est blessé et qui lui demande de l'aider. Sans savoir qui il est, Adele accepte de l'accueillir chez elle.
L’arrivée de Frank va changer l’atmosphère de la maison, il va donner à ce foyer une vraie vie de famille. Il range la maison, fait de la cuisine, il s’occupe de distraire Henry et il redonne le sourire et l’envie de vivre à Adele.

L'histoire commence comme un fait divers, petit à petit le lecteur découvre trois personnages attachants, le ton est souvent grave, parfois drôle, le récit lent entretient un certain suspens et les évènements ne vont pas se passer comme on pourrait le prévoir. Ce long week-end va bouleverser le présent de chacun, mais aussi leur futur de tous les trois. A découvrir.

Extrait : (début du livre)
Il n'est plus resté que nous deux, ma mère et moi, après le départ de mon père. Et il avait beau dire que je devais aussi considérer comme membres de ma famille le bébé qu'il venait d'avoir avec sa nouvelle femme Marjorie, plus Richard, le fils de Marjorie, qui avait six mois de moins que moi et qui pourtant me dominait dans tous les sports, ma famille, c'était ma mère, Adele, et moi, point barre. Plutôt y admettre le hamster Joe que ce bébé, Chloe.

Quand mon père venait me chercher le samedi soir pour m'emmener dîner avec eux chez Friendly, il voulait toujours que je m'asseye à l'arrière de la voiture à côté d'elle. Ensuite, dans le box où nous mangions, il sortait un paquet de cartes de baseball de sa poche et et les posait sur la table pour les partager entre Richard et moi. Je donnais toujours les miennes à Richard. Pourquoi pas ? Le baseball, c'était ma plaie. Chaque fois que le prof de gym disait, OK Henry, tu joues avec les Bleus, tous les autres garçons de l'équipe râlaient.

En général, ma mère ne parlait jamais de mon père, ni de la femme à laquelle il était marié maintenant, ni du fils de cette femme, et non plus du bébé, mais un jour que, par erreur, j'avais laissé sur la table une photo qu'il m'avait donnée, où nous figurions tous les cinq – c'était l'année d'avant, quand j'étais allé à Disney World avec eux -, elle l'a étudiée pendant au moins une minute. Là, dans la cuisine, tenant la photo dans sa petite main pâle, son long cou élégant légèrement penché sur le côté, comme si l'image qu'elle regardait contenait un grand et troublant mystère, pourtant il y avait juste nous cinq, serrés comme des sardines dans une de ces tasses à thé tournantes. A la place de ton père, je m'inquiéterais de ce que le bébé n'a pas les deux yeux pareils, dit-elle. Ce n'est peut-être qu'un retard de croissance et pas une véritable arriération, mais si j'étais lui je lui ferais passer des tests. Est-ce qu'elle te paraît retardée, Henry ?
Peut-être un peu.
Je le savais. Elle ne te ressemble d'ailleurs absolument pas.
Je connaissais parfaitement mon rôle. Je savais qui était ma vraie famille. Elle.