une_ann_e_chez_les_Fran_ais Julliard - août 2010 - 304 pages

Quatrième de couverture : 1969 : les Américains débarquent sur la Lune et Mehdi atterrit au lycée Lyautey de Casablanca. L'instituteur, impressionné par l'intelligence et la boulimie de lecture de son jeune élève, lui a obtenu une bourse dans le prestigieux établissement français. Avec cet humour corrosif qu'on lui connaît, Fouad Laroui raconte le choc culturel que représente pour le petit Marocain la découverte du mode de vie des Français: ces gens qui vivent dans le luxe, mangent des choses incomestibles, parlent sans pudeur et lui manifestent un intérêt qu'il ne comprend absolument pas. Entre Le Petit Chose et Le Petit Nicolas, l'histoire émouvante et cocasse d'un enfant propulsé dans un univers aux antipodes de celui de sa famille.

Auteur : Fouad Laroui né en 1958 à Oujda, est un économiste et écrivain marocain. Enseignant de littérature à l'université d'Amsterdam, romancier, poète et critique littéraire, Fouad Laroui a publié, entre autres Les Dents du topographe, De quel amour blessé, Méfiez-vous des parachutistes, La Femme la plus riche du Yorkshire, Le jour où Malika ne s'est pas mariée.

Mon avis : (lu en janvier 2011)
C’est sur le conseil du « Café Lecture » auquel je participe très régulièrement à la bibliothèque que j’ai lu ce livre.
C’est l’histoire de petit Medhi âgé de 10 ans, qui grâce à une bourse, est envoyé au Lycée Lyautey de Casablanca pour étudier. En 1969, il entre en sixième, jusqu’alors il n’a jamais quitté son village de Béni Mellal. Il comprend très peu l’arabe, il parle un français puisé dans les livres en particulier ceux de la Comtesse de Ségur auxquels il fait souvent référence.
C’est un petit garçon très doué, mais très timide. En arrivant au lycée, il arrive dans un nouveau monde. Il découvre l’argot, ne comprend pas les plaisanteries ou jeux de mots. A la cantine, il découvre le hachis Parmentier, au dortoir c'est l'usage du pyjama...
Peu à peu, il va trouver sa place, il se fera un ami français dont la famille l’accueillera les week-ends. Là aussi il découvrira les coutumes des français.

Un livre qui se lit vraiment facilement, Medhi est très attachant et plein de bon sens. A découvrir.

Extrait : (page 102)
Mehdi posa son bol de chocolat et fixa d'un regard incrédule Morel qui admirait son reflet dans une vitre du réfectoire, quelques mètres plus loin. Morel se retourna et vit qu'on le regardait avec insistance. Trois bonds souples et il était au-dessus de Mehdi, comme une tour humaine se penchant, menaçante, sur le petit Sarrasin.
  -Y a un problème, Fatima ? T'as perdu tes dindons ?
Mehdi, transi, ne bougeait plus. Morel insista :
 
- Eh ben quoi, parle, fils, quoi, quoi, qu'est-ce qu'il y a ?
Les sept commensaux de Mehdi s'étaient arrêtés de manger et le regardaient, ravis de le voir sur le point d'être dévoré tout cru par le surveillant. Mehdi espéra une grande explosion, qui ne vint pas, un raz de marée, qui ne vint pas non plus, puis s'entendit dire d'une voix mal assurée et trop aiguë :
 
- C'est que... vous dites « la fille à Chamayrac », m'sieur, mais il faut dire « la fille de Chamayrac ».
Les sept internes ouvrirent grand leurs yeux. On n'avait jamais vu ça. C'était trop beau ! Ce bizuth osait corriger Morel ! Il y avait de la gifle dans l'air, du coup de poing dans les gencives, peut-être un meurtre. Ledit Morel resta là, sidéré, la bouche ouverte, pendant quelques secondes ; puis, ayant enfin compris ce qu'on lui disait, il se redressa, passa la paume de sa main sur ses cheveux, hagard, et se mit à vagir...

Livre 34/35 pour le Challenge du 5% littéraire 1pourcent2010