Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
A propos de livres...
Publicité
24 juin 2015

L'été des pas perdus - Rachel Hausfater

Lu en partenariat avec les éditions Flammarion

 

l'été des pas perdus Flammarion - mai 2015 - 114 pages

Quatrième de couverture :
Madeleine a un grand-père dont elle est très proche. Mais depuis quelque temps, il change, il oublie les choses ; pour lui, passé et présent se confondent. Le temps d'un été, Madeleine et lui vont cheminer ensemble.

Auteur : Rachel Hausfater, née en 1955, est un auteur français pour la jeunesse. Elle a publié 24 ouvrages, surtout des romans et quelques albums.

Mon avis : (lu en juin 2015)
Madeleine est confiée à son grand-père pour les vacances, pendant que ses parents partent en couple de leur côté. Madeleine est assez complice avec son grand-père mais depuis quelques temps celui-ci est bizarre, il est plus distrait, il mélange le passé et le présent...
Ce livre évoque les débuts de la maladie d'Alzheimer à travers le regard d'un enfant. Le grand-père de Madeleine la confond avec sa soeur qui portait le même prénom, il décide de partir en Normandie sur les traces de son enfance. Enfant, il a été témoin du Débarquement.
Un livre facile à lire malgré un sujet difficile. La relation petite-fille, grand-père est touchante. Vu son jeune âge, la façon dont Madeleine protège son aïeul est assez peu crédible.
J'ai passé un bon moment en compagnie de Madeleine.

Merci Brigitte et les éditions Flammarion pour ce partenariat.

Autre avis : Canel

 

 

 

Publicité
30 mai 2015

Mon classement des dix livres Audiolib

Après l'écoute des 10 livres audio sélectionnés depuis mi-février,
il est l'heure de donner son classement. 
Voici le mien :

1

9782356417145-T

Le vieux qui lisait des romans d'amour - Luis Sepulveda 

2

9782356417251-T

Trois mille chevaux-vapeur - Antonin Varenne

3

9782356418470-T

Yeruldelgger - Ian Manook

4

 9782356417268-T

En finir avec Eddy Bellegueule - Edouard Louis

5

9782356418562-T 

Constellation - Adrien Bosc

 

6

9782356419347-T

La vérité et autres mensonges - Sascha Arango

7

9782356419323-T (1)

Joseph - Marie-Hélène Lafon 

8

9782356418609-T

L'île du Point Némo - Jean-Marie Blas de Roblès

9

101938617

Oona et Salinger - Frédéric Beigbeder 

10

on ne voyait

On ne voyait que le bonheur - Grégoire Delacourt

 

Quelques autres classements : SandrineEnnaSylire, EstellecalimSaxaoulBladelorSophie VicimLaure

 

Prochaine étape : 8 JUIN 2015


Pour découvrir la Sélection Finale des Blogueurs de 5 Audiolib

Vous pourrez alors voter pour votre préféré !

4 septembre 2015

Le Secret de la manufacture de chaussettes inusables - Annie Barrows

le secret de la manufacture Nil - juin 2015 - 621 pages

traduit par Claire Allain et Dominique Haas

Titre original : The Truth According to Us, 2015

Quatrième de couverture :
Ce n'était pas le projet estival dont Layla avait rêvé. Rédiger l'histoire d'une petite ville de Virginie-Occidentale et de sa manufacture de chaussettes, Les Inusables Américaines. Et pourtant... Eté 1938. Layla Beck, jeune citadine fortunée, refuse le riche parti que son père lui a choisi et se voit contrainte, pour la première fois de sa vie, de travailler. Recrutée au sein d'une agence gouvernementale, elle se rend à Macedonia pour y écrire un livre de commande sur cette petite ville. L'été s'annonce mortellement ennuyeux. Mais elle va tomber sous le charme des excentriques désargentés chez lesquels elle prend pension. Dans la famille Romeyn, il y a... La fille, Willa, douze ans, qui a décidé de tourner le dos à l'enfance... La tante, Jottie, qui ne peut oublier la tragédie qui a coûté la vie à celui qu'elle aimait... Et le père, le troublant Félix, dont les activités semblent peu orthodoxes. Autrefois propriétaire de la manufacture, cette famille a une histoire intimement liée à celle de la ville. De soupçons en révélations, Layla va changer à jamais l'existence des membres de cette communauté, et mettre au jour vérités enfouies et blessures mal cicatrisées.

Auteur : Annie Barrows est née en 1962 en Californie. Mariée, mère de deux enfants, elle se consacre à l'écriture et a publié de nombreux livres jeunesse. Elle a écrit avec sa tante Mary Ann Shaffer Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates.

Mon avis : (lu en août 2015)
Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates est un de mes livres préféré et je voulais vraiment découvrir le nouveau roman d'Annie Barrows. Cette histoire est très différente du premier livre mais cela ne m'a pas empêcher de beaucoup aimer cette lecture.
Nous sommes en 1938, aux États-Unis, dans la petite ville de Macedonia en Virginie-Occidentale. La ville vit grâce à son usine de chaussettes, les Inusables Américaines. Layla Beck, fille d'un sénateur puissant et fortuné, refuse d'épouser le mari que son père lui a choisi. Elle se retrouve donc sans ressource et la voilà contrainte de travailler pour une agence gouvertementale. Elle est envoyée à Macedonia pour écrire l'histoire de la ville qui fête ses 150 ans. Layla prend pension chez la famille Romey qui était autrefois propriétaire de la manufacture. Cette famille est assez excentrique et très attachante en particulier Willa, fillette âgée de 12 ans, qui se pose pleins de questions sur les adultes et Jottie, sa tante, qui l'élève elle et sa jeune soeur...
A travers les voix de Layla, Willa et Jottie nous plongeons dans le présent et le passé de Macedonia et de ses habitants hauts en couleur...
J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce livre plein de fantaisie, de poésie et d'humour, j'ai particulièrement aimé le personnage de Willa et j'ai été touchée par Jottie.

Autre avis : Unautreendroit

Extrait : 
11 mars 2015

Prix Audiolib

LOGOTYPE-2015

Je viens de recevoir les 3 derniers livres audio 
sélectionnés pour le Prix Audiolib 2015 

P1020602

 Déjà lu

 9782356417268-T 9782356418562-T 9782356417145-T 

Constellation - Adrien Bosc 
 Le vieux qui lisait des romans d'amour - Luis Sepulveda (coup de cœur)

Billet à paraître

Trois mille chevaux-vapeur - Antonin Varenne (très belle surprise) 
En finir avec Eddy Bellegueule - Edouard Louis (déjà lu en 2014)

Lecture en cours

Oona & Salinger - Frédéric Beigbeder

 

 

6 mars 2015

Un hiver à Paris - Jean-Philippe Blondel

un hiver à paris Buchet Chastel - janvier 2015 - 288 pages

Quatrième de couverture :
Jeune provincial, le narrateur débarque à la capitale pour faire ses années de classe préparatoire. Il va découvrir une solitude nouvelle et un univers où la compétition est impitoyable. Un jour, un élève moins résistant que lui craque en plein cours, sort en insultant le prof et enjambe la balustrade. On retrouve dans 
"Un hiver à Paris" tout ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe Blondel : la complexité des relations ; un effondrement, suivi d'une remontée mais à quel prix ; l'attirance pour la mort et pour la vie ; la confusion des sentiments ; le succès gagné sur un malentendu ; le plaisir derrière la douleur ; l'amertume derrière la joie. Sont présents les trois lieux qui guident la vie de l'auteur : Troyes, Paris, les Landes. Dans la lignée de "Et rester vivant", il y a chez le personnage-auteur-narrateur la même rage pure, la même sauvagerie - pour rester toujours debout sous des allures presque dilettantes.

Auteur : Professeur d'anglais à Troyes, Jean-Philippe Blondel publie romans pour adultes et pour adolescents Le Baby-sitter, G229 (prix Virgin - Version femina), Et rester vivant et 06H41 ont rencontré un réel succès.

Mon avis : (lu en mars 2015)
Dans ce livre, Jean-Philippe Blondel raconte comment un jeune provincial, Victor, venu à Paris pour faire ses années de classe préparatoire va être confronté au suicide d'un camarade du lycée.
Le narrateur a découvert la solitude de l'étudiant arrivant de sa province et ne connaissant pas les "codes" de Paris. Il découvre le fossée qu'il y a entre sa vie et celle de ses camarades parisiens. Durant sa première année, il décide de se plonger dans le travail et de résister aux pressions de l'extérieur, de ne pas se décourager par les mauvaises notes ou les humiliations de certains professeurs. En début de seconde année, Victor a pris l'habitude de fumer une cigarette avec Mathieu un élève de première année venant lui aussi de province et qui avait du mal à s'adapter à la capitale. Ils n'auront pas beaucoup l'occasion d'échanger ou de sympathiser car le 14 octobre, durant un cours, Mathieu craque, il insulte le professeur et se jette dans le vide. 
Victor est choqué, pour les professeurs et ses camarades, il n'est plus "transparent", il est devenu l'ami de Mathieu. Le père de ce dernier va vouloir créer un lien avec lui pour essayer de comprendre le geste de son fils. Sa deuxième année de prépa va être bouleversée.
Le sujet du livre est grave, Jean-Philippe Blondel a su le traiter avec beaucoup de pudeur et de subtilité. Il laisse percevoir toute l'empathie qu'il a pour ses personnages. Dans les interviews qu'il a fait lors de la "promo" du livre, il n'a pas caché que cette histoire était en partie autobiographique.

Extrait : (début du livre)
Nous sommes revenus de vacances en fin d’après-midi. Huit heures de route depuis Capbreton. Il y avait eu beaucoup de circulation. La troisième semaine d’août se terminait. Encore quelques jours et la routine reprendrait : la rentrée, la réunion de début d’année, la découverte des emplois du temps, les listes des classes. Cette année-là, ma fille aînée arrivait dans le lycée où j’enseigne depuis plus de vingt ans. Je me pré- parais à la croiser dans les couloirs. J’avais demandé à ne pas l’avoir dans ma classe – je n’avais pas envie de mêler ma vie privée à ma vie professionnelle. Il faisait bon. Le soleil était encore resplendissant, mais il n’avait plus la dureté dont il avait fait preuve dans la première quinzaine du mois. Les soirées fraîchissaient. 
La ville dans laquelle j’avais toujours habité, à l’exception des deux années d’études que j’avais passées à Paris, reprenait vie. Les rues piétonnes étaient bondées. Une fois les affaires rangées et le linge trié, j’ai jeté un coup d’œil à mes e-mails. Rien d’important dans les quelque deux cents messages reçus pendant mes quinze jours d’absence. En éteignant l’ordinateur, je me suis rendu compte que nous n’avions pas relevé le courrier. Ce geste anodin, qui avait ponctué mes journées pendant des lustres, était devenu presque inutile. Les factures étaient électroniques, les événements marquants aussi. L’essentiel s’était dématérialisé. Dans la boîte, au milieu des publicités pour la rentrée, deux ou trois cartes postales d’amis dont j’avais déjà des nouvelles par les réseaux sociaux, une invitation pour un salon littéraire que je n’allais pas honorer parce qu’il se déroulait trop loin de chez moi, et une autre lettre, comme il m’arrive d’en recevoir, adressée à ma maison d’édition qui l’avait fait suivre. Je ne l’ai pas ouverte tout de suite, je savais qu’il me fallait du temps pour parcourir ces lignes-là, tout en réfléchissant à une réponse à la fois chaleureuse et distante qui découragerait l’expé- diteur de se lancer dans une correspondance échevelée sans le vexer. C’était un art dans lequel certains de mes collègues écrivains étaient experts mais que je n’avais jamais bien manié. Il était un peu plus de vingt-deux heures quand j’ai trouvé le temps de la lire. Je n’étais pas aussi concentré que je le souhaitais. J’errais encore mentalement sur les plages des Landes que je venais de quitter et dont j’avais, les années passant, de plus en plus de mal à me séparer, au point que nous envisagions sérieusement, ma femme et moi, de demander notre mutation dans le Sud-Ouest pour y finir nos carrières respectives. J’ai tout de suite remarqué l’écriture un peu tremblée – mais aux lettres parfaitement formées – et les espaces entre les lignes. Une personne âgée. J’en étais sûr. L’ensemble tenait sur deux feuillets. L’adresse m’a fait sursauter. À une heure à peine du lieu de vacances que je venais de quitter. Le nom d’un village – Biscarrosse-Plage – a déclenché en moi un maelström d’images, se succédant à une telle rapidité que je n’en retenais que les couleurs, l’orangé du sable, le blanc de l’écume et le vert pâle des volets d’une maison. Le nom, surtout, au-dessus de l’adresse. Je ne parvenais pas à entamer ma lecture tant ce nom-là, aujourd’hui encore, me remuait. Je me suis assis à la table de la cuisine. J’ai posé les mains bien à plat sur le bois, j’ai inspiré et expiré longuement, comme avant de plonger sous une vague particulièrement menaçante. Voilà longtemps que j’aime l’océan – mais je n’ai jamais réussi à l’amadouer vraiment. Au moment de m’y jeter, il me reste encore une appréhension. Et si la lame me renversait ? Et si je ne recouvrais plus mon souffle ? Dans la cuisine, les mains à plat sur la table, j’étais dans le même état.
Cher auteur,
J’ai fini hier soir la lecture de votre dernier livre et j’ai eu envie, finalement, de vous écrire. J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop. Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi – pourtant, je m’aperçois en écrivant ces mots que je crois que si, au fond. J’en suis même persuadé. Nous nous sommes rencontrés brièvement il y a bien longtemps. Quelques années avant l’époque que vous décrivez dans votre livre, en fait. Je m’appelle Patrick Lestaing.
Je ne suis pas allé plus loin. J’ai regardé fixement mon reflet dans la vitre de la cuisine. Je m’attendais à ce que mon regard s’embue. Mais non. Je souriais. Je me suis vu sourire. Nous attaquions la deuxième décennie du XXIe siècle. J’étais en vie. Patrick Lestaing aussi. Et il se souvenait de moi. Nous sommes beaucoup plus résistants que nous ne le croyons.

 Challenge Petit Bac 2015 
98438537_o
Géographie (2)

Déjà lu du même auteur :

Déjà lu du même auteur :

juke_box Juke Box  au_rebond Au rebond

le_baby_sitter  Le Baby-sitter G229 G229  blog Blog

5317 Et rester vivant replay (Re)play  brise_glace Brise glace

acc_s_direct___la_plage Accès direct à la plage 6h41 06H41

double jeu Double jeu 

Publicité
13 mars 2015

Concours : résultats

Affiche 1900x1200px

 

Réponses aux questions :

1) Quel pays est mis à l'honneur cette année au Salon du Livre de Paris ?

salon_du_livre-2

2)  Quelle ville est mise à l'honneur cette année au Salon du Livre de Paris ?

J'aurai du mettre le mot "ville" au pluriel... deux réponses possibles

cracovie_wroclaw

3) Citer une des expositions prévues au Salon du Livre de Paris.

5 réponses possible...

F_278c3ad156510952ab4f5f26a47365ea5480855fe3971

EXPOSITION L'ÉCOLE DES LOISIRS 

F_9c05e2f2354eb641aa2e2e027ee3514554e49c7292b10
70 ANS DE SÉRIE NOIRE AUX ÉDITIONS GALLIMARD

F_c9204d896d3f66a212fcf8eef6dbed1454e4ae4cb3ed0

LES RECETTES DE NORIYUKI HAMADA PHOTOGRAPHIÉES PAR RICHARD HAUGHTON 

F_92d5a50720b52af9764f7c591b0395c454e4ab41a762c
HISTOIRE MONDIALE DE L’ANARCHIE 

F_d9a3165a64d9552d73f6431b8db5015454e4acbf226e5
PETIT MANUEL DU PARFAIT RÉFUGIÉ POLITIQUE

 

Vous étiez 14 à participer au tirage au sort,

tirage_0

 

les heureux gagnants de ce vendredi 13 sont :

 tirage_1

Bravo !

Je transmets ce matin vos coordonnées au Salon du Livre qui se chargera
de vous envoyer directement l'invitation. Bonne réception !

 

8 janvier 2015

La Couleur du lait - Nell Leyshon

la couleur du lait Phébus - août 2014 - 176 pages

traduit de l'anglais par Karine Lalechère

Titre original : The Colour of Milk, 2012

Quatrième de couverture :
En cette année 1831, Mary, une fille de 15 ans entame le tragique récit de sa courte existence : un père brutal, une mère insensible et sévère, en bref, une vie de misère dans la campagne anglaise du Dorset.
Simple et franche, lucide et impitoyable, elle raconte comment, un été, sa vie a basculé lorsqu'on l'a envoyée travailler chez le pasteur Graham, afin de servir et tenir compagnie à son épouse, femme fragile et pleine de douceur.
Elle apprend avec elle la bienveillance, et découvre avec le pasteur les richesses de la lecture et de l'écriture.. mais aussi l'obéissance, l'avilissement et l'humiliation. Finalement, l'apprentissage prodigué ne lui servira qu'à écrire noir sur blanc sa fatale destinée. Et son implacable confession.

Auteur : Nell Leyshon est née à Glastonbury, dans le comté du Dorset au Royaume-Uni. Après des études de littérature anglaise à l'université de Southampton, elle s'est fait connaître par ses pièces de théâtre enregistrées pour la BBC. Son premier roman, paru en 2004, Black Dirt figurait sur la liste de l'Orange Prize. Devotion et The Voice ont remporté un franc succès. Publié en 2012, La Couleur du lait l'a consacrée comme un des auteurs importants de notre temps. C'est la première oeuvre de Nell Leyshon à être traduite en français.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
C'est lors du Café Lecture de la Bibliothèque que j'ai eu envie de découvrir ce livre. Ce livre est un coup de coeur.
En 1831, dans la campagne anglaise, Mary, quinze ans, livre son histoire sous forme d'une confession. Elle est la cadette d'une famille de quatre filles et elle a toujours travaillé à la ferme. Un beau jour, son père l'envoie travailler chez le pasteur Graham afin de s'occuper de sa femme malade. Pour Mary, ce nouveau travail est très différent du travail à la campagne. Mary est une jeune fille pleine de bon sens et surtout qui n'a pas sa langue dans sa poche. La famille du pasteur accepte cette franchise et apprécie son travail. Le pasteur va même lui apprendre à lire et à écrire.
Le style reflète bien le caractère de Mary. Les phrases sont courtes, simples, sans aucune majuscule, pleine de sincérité.
Mary est attachante et son histoire bouleversante. 

Extrait : (début du livre)
ceci est mon livre et je l’écris de ma propre main.
nous sommes en l’an de grâce mille huit cent trente et un, j’ai quinze ans et je suis assise à ma fenêtre. je vois beaucoup de choses. je vois les oiseaux qui piaillent dans le ciel. je vois les arbres je vois les feuilles.
et chaque feuille a ses veines.
chaque tronc a ses fissures.
je suis pas très grande et mes cheveux ont la couleur du lait.
je m’appelle mary et j’ai appris à écrire mon nom. m. a. r. y. ce sont les lettres de mon nom.
je vais vous raconter les choses telles qu’elles sont arrivées mais je ne veux pas me précipiter comme les génisses au portail sinon je vais m’empiéger et de toute manière vous préférez sûrement que je commence par là que les gens commencent en général. 

et c’est au commencement.

en l’an de grâce mille huit cent trente mon père habitait dans une ferme avec ses quatre filles et de ces quatre filles j’étais la dernière.
dans la ferme il y avait aussi une mère et un grand-père.
les animaux ne vivaient pas avec nous mais les agneaux rentraient le soir quand ils avaient perdu leur maman et qu’il fallait les nourrir.
l’histoire commence en mille huit cent trente. l’an de grâce mille huit cent trente.
il ne faisait pas chaud au commencement. non, il faisait froid et chaque brin d’herbe était brodé de givre. mais dès que le soleil est sorti les gelées s’en sont allées et les oiseaux ont chanté. je le sentais jusque dans mes jambes. c’est une chose qui m’arrive des fois. le soleil coule dans mes jambes et après il monte à ma tête.
la sève gonflait les tiges et les feuilles se dépliaient. les oiseaux tapissaient le fond de leur nid.
le monde se souvenait du printemps.
je sais très bien où j’étais ce jour-là. j’étais aux poules. elles avaient été enfermées toute la matinée à pondre et maintenant il fallait qu’elles courent et mangent les vers et les insectes qui rendent les œufs goûtus. il y avait même un peu d’herbe qui avait repoussé après les froids de l’hiver.
j’ai tiré la porte du poulailler et le coq a sorti le premier. il paradait comme au défilé mais sans la musique.
derrière les poules hésitaient et se demandaient quel temps qu’il faisait alors j’ai dû les aider à décider. puis j’ai entendu ma sœur beatrice. elle était au portail et elle criait mon nom.
mary qu’est-ce tu fais donc là ?
tu crois que je fais quoi ?
on dirait que tu sors les poules.
allons bon. c’est drôle parce que c’est point du tout ce que je faisais. je dansais avec le coq et puis il y a eu un grand festin et le cochon est arrivé et il s’est assis au bout de la table pour nous chanter une belle chanson.
tu changeras donc jamais ?
pourquoi faudrait-y que je change ? je suis pas mauvaise fille.
c’est pas de causer que ton ouvrage se fera.

 Challenge 5% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
29/30

Challenge Petit Bac 2015 
98438537_o
Couleur (1)

Challenge Voisins Voisines 2015
voisins voisines 2015
Angleterre

 

9 novembre 2014

Trente-six chandelles - Marie-Sabine Roger

36 chandelles Editions du Rouergue - août 2014 - 277 pages

Quatrième de couverture :
Allongé dans son lit en costume de deuil, ce 15 février, à l'heure de son anniversaire, Mortimer Décime attend sagement la mort car, depuis son arrière-grand-père, tous les hommes de sa famille sont décédés à onze heures du matin, le jour de leurs 36 ans. 

La poisse serait-elle héréditaire, comme les oreilles décollées ? Y a-t-il un gène de la scoumoune ? Un chromosome du manque de pot ?
Que faire de sa vie, quand le chemin semble tout tracé à cause d'une malédiction familiale ? Entre la saga tragique et hilarante des Décime, quelques personnages singuliers et attendrissants, une crêperie ambulante et une fille qui pleure sur un banc, on suit un Mortimer finalement résigné au pire.
Mais qui sait si le Destin et l'Amour, qui n'en sont pas à une blague près, en ont réellement terminé avec lui ? Dans son nouveau roman, Marie-Sabine Roger fait preuve, comme toujours, de fantaisie et d'humour, et nous donne une belle leçon d'humanité.

Auteur : Marie-Sabine Roger est notamment l'auteur, au Rouergue, de La tête en friche (adapté au cinéma par Jean Becker), de Vivement l'avenir (prix des Hebdos en région et prix Handi-Livres), et de Bon Rétablissement (prix des lecteurs de L'Express), qui sort en salles en septembre 2014, adapté de même par Jean Becker.

Mon avis : (lu en novembre 2014)
Ce 15 février, jour de son 36ème anniversaire, Mortimer Decime est allongé sur son lit en costume de deuil, il attend sa mort. En effet, depuis plusieurs générations, tous les hommes de sa famille décèdent le jour de leurs 36 ans à l'heure de leur naissance.
Mais ce jour, l'heure est passée et Mortimer est toujours vivant, c'est une bonne surprise même si ce dernier n'a plus d'appartement ou de travail... Avant son départ prévu vers l'au-delà, il avait tout réglé. Heureusement, Nassardine et Paquita, ses amis, sont là pour l'accueillir. Mortimer ne leurs avait jamais parlé de son secret un peu particulier. 

De l'humour, de la tendresse, de l'amour, une histoire originale et étonnante que j'ai lu facilement, des personnages hauts en couleurs et attachants. Une belle découverte.

Extrait : (début du livre)
Je m'étais levé plus tôt que d'habitude. Six heures du matin. La journée était importante, et je savais déjà que je n'irais pas jusqu'au bout.
Je suis allé chercher des croissants à la boulangerie, je me suis fait un café. J'ai regardé mes albums de photos. J'ai repassé un petit coup de chiffon inutile sur ma cuisinière impeccable, j'ai essayé de regarder un film, de lire, sans succès. J'ai consulté deux cents fois la pendule. C'est curieux comme le temps semble se ralentir, à l'approche d'un rendez-vous. Les heures deviennent visqueuses, s'étirent en minutes élastiques et gluantes comme un long fil de bave sous la gueule d'un chien. J'attendais ce moment final depuis tellement longtemps. Je n'irai pas jusqu'à dire que je m'en faisais une fête, mais j'étais curieux de savoir ce qui allait se passer. J'étais simplement contrarié que ça se passe ici. Au cours des dernières années, j'avais échafaudé mille projets insolites ou grandioses : tirer ma révérence au fin fond de la Chine, dans une fumerie d'opium ; chez les Aborigènes, au son mélancolique d'un vieux didgeridoo. Sur les pentes d'un volcan. Dans les bras de Jasmine, en plein coeur de Manhattan. Je n'avais rien fait de tout ça, évidemment. En bon procrastinateur que je suis, j'avais perdu mon temps à remettre au lendemain le choix de ma destination finale. Résultat, je n'avais pris aucune décision, et je mourrais chez moi, comme n'importe qui. Cette ultime matinée était très décevante, il me tardait d'en voir la fin.
Cinquante minutes avant l'heure prévue, comme je tournais en rond et que je commençais à m'enquiquiner ferme, je me suis allongé sur mon canapé-lit pour me détendre un peu, dans cette fameuse posture dite «du cadavre», bien connue des défunts et de ceux qui pratiquent plus ou moins le yoga, ce qui était mon cas depuis trois semaines. Paumes de mains tournées vers le ciel, jambes légèrement écartées, pointes de pieds tombant négligemment vers l'extérieur, diaphragme détendu, le souffle lent et calme, les yeux rivés sur cette saloperie de pendule accrochée sur la hotte, juste en face de mon lit, qui n'en finissait pas de grignoter mes secondes restantes avec la discrétion d'une vieille dame dont le dentier résiste à un quignon de pain.

Il était déjà 10 h 12.

À 10 h 13, on a toqué fermement à la porte, qui s'est ouverte dans la foulée, puis refermée aussitôt en claquant. Voilà, je me disais bien que j'avais oublié quelque chose : je n'avais pas pensé à mettre le verrou.
- Encore au pieu, gros paresseux ? ! a jeté Paquita en traversant le studio d'un pas vif, telle une antilope dodue qui trottinerait vers le point d'eau sur des talons de douze centimètres.
Elle a jeté au vol sa fourrure synthétique sur le coin de mon lit, puis est allée derrière le bar qui sépare le coin cuisine du coin séjour-chambre-bureau. Paquita est partout chez elle, encore plus lorsqu'elle est chez moi. Elle fait partie de ces gens à géométrie variable qui occupent aussitôt tout l'espace d'une pièce, quelle qu'en soit la superficie.

 

Déjà lu du même auteur : 

la_tete_en_friche La tête en friche  vivement_l_avenir Vivement l’avenir 

Bon_r_tablissement Bon rétablissement

 

Challenge 4% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
20/24

 Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Objet" (10)

1 janvier 2015

Bilan final Challenge Voisins Voisines 2014

91952462_o

Nous étions 19 participants actifs

Nous avons lu ensemble 204 livres (dont 180 différents)

Le livre le plus lu : 
par 4 lecteurs (Valérie, Liliba, Canel, Aproposdelivres)

Birgisson Bergsveinn - La lettre à Helga (Islande)

Spécialistes...

Royaume-Uni  : Valérie (13 livres = 11 livres Angleterre + 2 livres Ecosse) 
Suède : Sharon (10 livres)
Belgique : Argali (8 livres)

Grands lecteurs :

Sharon : 33 livres 
Aproposdelivres : 28 livres 
Valérie : 27 livres 
Manika : 23 livres
Canel : 16 livres
Nadaël : 15 livres
Argali : 12 livres

Liliba  : 10 livres
Marjorie : 9 livres
Eimelle, Monpetitchapitre: 6 livres
L'or rouge, Philisine Cave : 3 livres
Elodie, Lystig, Passion Culture, Plaisirsdesmots, Vues de Budapest : 2 livres
Virgule : 1 livre

L'auteur le plus lu :

Amélie Nothomb avec 12 livres (dont 10 différents)

Nombre de pays visité : 20 pays
Allemagne, Belgique, Bosnie, Danemark, Espagne, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie,
Moldavie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni (Angleterre, Ecosse), 
Russie, Suède, Suisse

ue_meeddm_cs_

(Pour avoir le carte en plus grand : clic droit / Ouvrir le lien dans une nouvelle fenêtre)

 Pays gagnants :

Angleterre (Royaume-Uni) : 62 
Belgique : 38

Suède : 31

Grands voyageurs :

Sharon : 14 pays 
Aproposdelivres : 11 pays

Valérie : 9 pays

 

Challenge Voisins Voisines 2014 - Billet récapitulatif 

Bilan chiffré du 31/12/2014

J'ai peut-être oublié de noter une ou plusieurs de vos lectures... 
N'hésitez pas à me signaler mes erreurs, elles seront rectifiées ultérieurement  !

Le challenge se poursuit en 2015 !

100396432

 Challenge Voisins Voisines 2015 (inscription)

31 décembre 2014

L'année 2014 en chiffres...

Mes lectures au cours de l'année 2014

Nombre de lectures assez proche entre 2014 (194) et 2013 (200)

stat_2013_2014

*  *  *

Par genre

Sans contestation, les romans sont au 1er rang, les BD au 2ème rang et les polars au 3ème rang

stat_genres

avec 26 lectures audio (soit 13 %)

*  *  *

Par sexe de l'auteur

stat_auteur

Il y a 2/3 d'auteurs masculin pour 1/3 d'auteures féminines.
Pour les romans, c'est équilibré avec un peu plus d'auteurs féminines
et c'est même supérieur pour les lectures jeunesses.
Pour les polars et surtout les BD, c'est toujours très déséquilibré !

 

 *  *  *

Par nationalité de l'auteur

Roman pour adultes

stat_roman

Presque 2/3 de romans français, puis 1/5 de romans européens

Polar, roman noir, thriller 

 stat_polar

Pour les polars, l'Europe est la grande gagnante suivie de la France

 

Tous genres confondus, j'ai lu des livres de 21 nationalités différentes dont 13 en Europe...
Après la France(127), les grands gagnants sont les USA (16) et la Suède (9)

*  *  *

En moyenne 329 visiteurs par jour, le maximum étant de 819, le 29 mai 2014 ! 
Le livre du jour (que j'ai caractérisé comme un coup commercial) a attiré les foules...

Merci à tous pour vos visites et vos commentaires.

A l'Année Prochaine !

28 novembre 2014

La Marche de Mina - Yoko Ogawa

la marche de mina la marche de mina_babel

Actes Sud - janvier 2008 - 317 pages

Babel - février 2011 - 315 pages

traduit du japonais par Rose-Marie Makino

Titre original : Mina no kôshin, 2006

Quatrième de couverture : 
Après le décès de son père, alors que sa mère doit s'éloigner pour parfaire sa formation professionnelle, la petite Tomoko est revue pour un an chez son oncle et sa tante. Tomoko a douze ans ; à Kobe, son oncle l'attend sur le quai de la gare. Il la serre dans ses bras et la conduit jusqu'à la très belle demeure familiale. Pour Tomoko, tout est ici singulièrement différent. Sa cousine Mina passe ses journées dans les livres, collectionne les boîtes d'allumettes illustrées sur lesquelles elle écrit des histoires minuscules ; un hippopotame nain vit dans le jardin, son oncle a des cheveux châtains, il dirige une usine d'eau minérale et la grand-mère se prénomme Rosa. Au cœur des années soixante-dix, Tomoko va découvrir dans cette maison l'au-delà de son archipel : à travers la littérature étrangère, les récits de Rosa sur son Allemagne natale et la retransmission des Jeux olympiques de Munich à la télévision, c'est un tout autre paysage qui s'offre à elle. La grande romancière japonaise explore dans ce livre, et pour la première fois dans son œuvre, le thème de l'étranger et des origines. En choisissant le prisme des liens de l'enfance, elle inscrit ce roman, comme le précédent. intitulé la formule préférée du professeur, dans un cycle voué à la tendresse et à l'initiation.

Auteur : Yoko Ogawa est l'une des plus brillantes romancières du Japon d'aujourd'hui. Ses romans sont traduits dans le monde entier. Elle a obtenu les prix les plus prestigieux de son pays.

Mon avis : (lu en novembre 2014)
Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu du Yoko Ogawa et après ma déception avec Hôtel Iris, j'ai passé un très bon moment avec La marche de Mina. En 1972, Tomoko, douze ans, est confiée pour un an à son oncle et sa tante. Elle nous raconte son séjour dans la belle demeure de Kobe avec sa cousine Mina. Dès son arrivée, elle est surprise et éblouie par cette famille qu'elle ne connaissait pas. La grand-mère Rosa est allemande, Mina de santé fragile est une petite fille précoce qui vit entourée de livres, elle collectionne les boîtes d'allumettes illustrées, le cousin Ryuichi est parti faire ses études en Suisse, l'oncle dirige une usine d'eau minérale et s'absente périodiquement, la tante est assez discrète. Il y a également les domestiques avec Madame Yoneda, intendante indispensable dans cette maison. Enfin, il y a Pochiko l'animal domestique de la famille... c'est une hippopotame nain, dernière rescapée du zoo qui avait été créé sur la propriété.  
Tomoko et Mina vont devenir très complices, elles vont se passionner pour l'équipe de volley du Japon puis pour les Jeux Olympique. L'écriture est très belle, c'est un roman de nostalgie, d'enfance, d'initiation. J'ai beaucoup aimé.

Extrait : (début du livre)
La première voiture dans laquelle on m’a transportée après ma naissance était un landau arrivé de la lointaine Allemagne à travers les mers, avec une frise de laiton ciselé appliquée tout autour. La nacelle était soutenue par un entrelacs de courbes élégantes et un tissu de dentelle tapissait généreusement l’intérieur doux comme du duvet. Le guidon bien sûr, mais aussi les soufflets de la capote et les ferrures des roues étaient étincelants. L’oreiller où je posais ma tête était brodé d’un “Tomoko” en lettres enluminées rose pâle.

Il avait été envoyé à ma mère par ma tante comme cadeau de naissance. Le mari de ma tante avait pris la suite de son père à la tête d’une société de boissons et sa mère était allemande. On pouvait faire le tour de la famille, non seulement il n’y avait personne pour avoir des liens avec l’étranger, mais aucun d’entre nous n’avait même jamais pris l’avion, si bien que lorsqu’on l’évoquait dans la conversation, on ajoutait toujours, comme si cela faisait partie de son nom : “Celle qui s’est mariée avec quelqu’un de l’étranger.”
À l’époque, mes parents et moi vivions tous les trois dans une maison en location de la banlieue d’Okayama, et certainement que ce landau était ce qui avait le plus de valeur dans notre mobilier. Sur une photographie prise devant la maison, le landau, disproportionné par rapport à l’aspect de la vieille maison de bois, tient à peine dans le jardin exigu, et on le remarque plus que le bébé qui devrait tenir le rôle principal. Lorsque ma mère le poussait sur les routes de campagne, tous les gens qu’elle croisait se retournaient, et lorsqu’il s’agissait de familiers, il paraît qu’ils s’approchaient pour le toucher ici ou là. Ils s’extasiaient alors en disant : “Quel magnifique landau !” puis s’en allaient sans dire s’ils trouvaient mignon le bébé à l’intérieur.
Malheureusement, je ne me rappelle plus s’il était confortable. Lorsque je me suis rendu compte de ce qui se passait autour de moi, c’est-à-dire lorsque je suis devenue trop grande pour prendre place à bord du landau, celui-ci trônait déjà au milieu du débarras. La dentelle qui avait un peu jauni gardait des taches du lait que j’avais régurgité, mais il n’avait rien perdu de son élégance d’antan. Même entouré de jerricanes en plastique ou de rouleaux de stores en bambou, il continuait à dégager un parfum de lointain pays étranger.
Tout en respirant ce parfum, j’aimais laisser vaguer mon imagination à propos de mon enfance. En réalité, j’étais une princesse d’un pays lointain enlevée par un serviteur renégat qui m’avait abandonnée avec le landau dans la forêt. Si l’on enlevait les fils qui avaient brodé le nom “Tomoko”, on trouverait certainement dessous trace de mon véritable nom laissée par l’aiguille. Elizabeth ou Angela… Pour inventer ce genre d’histoire, le landau remplissait un rôle important.
Le véhicule qui me transporta ensuite dans le monde extérieur fut la bicyclette de mon père. Une bicyclette noire, sans aucun ornement, qui émettait un grincement triste. En comparaison du landau de fabrication allemande, il fallait bien admettre qu’elle était plutôt austère. Mon père tous les matins attachait son sac sur le porte-bagages et partait travailler dans une administration. Les jours de congé, il m’installait sur ce même porte-bagages pour m’emmener au jardin public.
Je me souviens encore des sensations que me procurait cette bicyclette. Les solides mains qui me soulevaient avec aisance, le dos imprégné d’odeur de cigarette, le courant d’air généré par les roues.
— Accroche-toi bien. Ne me lâche pas, hein.

Déjà lu du même auteur :

la_formule_pr_f_r_e_du_professeur La Formule préférée du professeur  hotel_Iris Hôtel Iris 

 Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Prénom" (13)

11 octobre 2014

L'Eté des lucioles - Gilles Paris

l_t_des_lucioles Editions Héloïse d'Ormesson - janvier 2014 - 221 pages

Quatrième de couverture : 
Du haut de ses neuf ans, Victor a quelques certitudes : c’est parce que François, son père, n’ouvre pas son courrier qui s’amoncelle dans un placard que ses parents ne vivent plus ensemble ; c’est parce que Claire et Pilar adorent regarder des mélos tout en mangeant du pop-corn qu’elles sont heureuses ensemble. Et c’est parce que les adultes n’aiment pas descendre les poubelles au local peint en vert qu’il a rencontré son meilleur ami Gaspard.
Les vacances au Cap-Martin, cet été-là, seront pour Victor et son copain Gaspard l’occasion de partir à l’aventure sur l’étroit chemin des douaniers qui surplombe la côte. En guidant les garçons jusqu’aux passages secrets menant aux somptueuses villas, papillons, baronne et jumeaux feront bien plus que leur ouvrir la porte des jardins enchantés.
Un voyage au pays de l’enfance qui déborde d’émotion et de tendresse.

Auteur : Gilles Paris est un écrivain français. 
Il est tout d'abord fonctionnaire au ministère de la Jeunesse et des Sports dans le service " documentation ", puis journaliste dans le domaine du cinéma et de la musique pour la presse populaire. Il est ensuite attaché de presse dans l'édition, d'abord chez Jean-Claude Lattès et Plon, puis pour son propre compte.
Son premier roman, " Papa et Maman sont morts " (1991, Le Seuil), est en train d'être adapté au cinéma, et le suivant " Autobiographie d'une Courgette " a été traduit en plusieurs langues et s'est vendu à plus de 150 000 exemplaires. Il a d'ailleurs fait l'objet d'une adaptation pour la télévision, réalisée en 2007 par Luc Béraud, intitulée " C'est mieux la vie quand on est grand " avec Daniel Russo dans le rôle du gendarme.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
Ce livre est une vraie bouffée d'enfance... Victor, le narrateur, a neuf ans. Comme chaque été, il passe l'été au Cap-Martin avec sa soeur Alicia âgée de 14 ans et ses deux mamans, Claire et Pilar. Son papa, François, n'a jamais voulu venir en vacances dans l'appartement dont il a hérité de sa soeur, Félicité. A la résidence, pendant que sa mère, libraire, lit et Pilar peint, Victor profite de la liberté pour explorer le chemin des douaniers avec son meilleur ami Gaspard et Justine à laquelle il n'est pas indifférent... Il va faire la rencontre de Madame La Baronne, des deux jumeaux Tom et Nathan, découvrir de belles villas chargées d'histoires... 

Victor se pose plein de questions : pourquoi son papa n'a jamais voulu grandir, un peu comme Peter Pan ? Pourquoi les lucioles sont elles si nombreuses cette été ? Pourquoi les papillons n'ont pas peur de lui ? Qui était vraiment Félicité la soeur de son papa ?
Dans le livre qu'il a décidé d'écrire pour offrir à sa maman, Victor nous raconte, avec la naïveté de ses 9 ans, cet été si particulier et inoubliable.
C'est une histoire tendre, pleine de poésie et émouvante. Une très belle découverte ! 

Autre avis : Jostein, Nahe, Clara

Extrait : (début du livre)
Pour commencer, j'ai neuf ans. Je m'appelle Victor Beauregard.

À l'école Saint-Louis, à Bourg-en-Bresse, les méchants m'appellent Vilain Nez. C'est nul, car j'ai un joli nez en trompette comme celui de maman. Le prof de français, lui, dit monsieur Beauregard. Les gentils, eux, se contentent de Victor. Alicia, papa et maman aussi.
Mes parents se sont séparés deux ans après ma naissance. Et je n'y suis pour rien. Ils ne s'aimaient plus comme avant. C'est eux qui le disent.
François, mon papa, est photographe et travaille pour des guides touristiques. Il fait rentrer dans son appareil des lacs, des forêts, des villages, des montagnes, des couchers de soleil, mais jamais d'humains, à part Alicia et moi. Et maman, mais c'était bien avant la naissance d'Alicia, ma grande soeur. Et je n'en ai pas de plus petite. Tant mieux, parce que les filles c'est compliqué. Ça joue à la poupée, et ça pleure pour un rien. Alicia a quatorze ans et, en dehors des photos de papa qu'elle a encadrées au-dessus de son lit, elle ne s'intéresse qu'aux garçons. Des fois, même, elle disparaît plusieurs jours avec, et maman devient «folle d'inquiétude». Elle est incapable de rester assise et passe d'une pièce à l'autre, comme si ses pas mesuraient les mètres carrés de notre appartement à Bourg-en-Bresse. Mais Alicia revient toujours. À chaque fois, elle dit : «Ce n'est pas le bon.» Et elle s'enferme dans sa chambre. En bas, j'entends claquer sa porte comme une gifle. Maman court la rejoindre et moi je regarde un truc idiot à la télévision avec Pilar ou je joue avec ma tortue Katouta que je renverse sur le dos.
Maman est libraire. Elle écrit des petits mots tout en fluo pour les livres qu'elle a aimés, un Post-it jaune qu'elle colle sur la couverture pour attirer le regard du client. Maman tient aussi un blog où elle raconte l'histoire des livres, avec le prix, le nombre de pages et un mot pour les définir. C'est souvent «humain» ou «passionnant». Et elle y annonce, un mois avant, les signatures des écrivains qu'elle va chercher à la gare tous les samedis. C'est simple, maman lit tout le temps, sauf sous la douche ou quand elle dort. Comme elle en lit plusieurs en même temps, il y a au sol, du côté de son lit, des piles de livres d'où s'échappent les marque-pages de sa librairie.
Sur la table de la cuisine, le petit déjeuner est toujours prêt, et maman tend la joue pour le baiser du matin, sans lâcher le livre qu'elle tient déjà dans une main, lunettes basses sur son nez en trompette. L'autre prend des notes sur un petit bristol qu'elle utilise pour son blog ou ses clients. Pilar ne boit jamais son thé au lait avec nous. Elle peint ses paysages d'enfance, là-bas, très loin, en Argentine, dans la chambre-atelier.

Déjà lu du même auteur :

 au pays des kangourous Au pays des kangourous

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Animal" (7)

31 juillet 2014

Et je prendrai tout ce qu'il y a à prendre - Céline Lapertot

et je Viviane Hamy - janvier 2014 - 187 pages

Quatrième de couverture : 
Quand la souffrance dépasse l'entendement, ne reste qu'une solution : tuer pour exister. Charlotte a tenu le choc. Elle a gardé le silence, jusqu'au jour... Voici l'histoire d'une inhumanité honteuse, intime, impossible à dire. Dans une lettre adressée au juge devant lequel elle répondra de ses actes, Charlotte, Antigone moderne et fragile, pousse le cri qui la libérera... peut-être.

Auteur : Céline Lapertot est professeur de français. Elle a 27 ans et n'a pas cessé d'écrire depuis l'âge de neuf ans. Et je prendrai... bouleverse son lecteur par la tension dramatique qui en émane et par la justesse des émotions qu'il exprime.

Mon avis : (lu en juillet 2014)
Un livre coup de poing... Je le savais, ayant entendu parler du livre à la Grande Librairie (rubrique : Choix des libraires), mais malgré cela, j'ai été cueillie...
« Je suis ce que j’ai fait. J’ai dix-sept ans, et j’ai tué. », voici ce qu'écrit Charlotte au début de la longue lettre qu'elle destine au juge et où elle raconte son parcours.
Cette adolescente vit un cauchemar depuis 10 ans. A l'âge de 7 ans, elle a osé défier du regard son père qui s'en prenait comme toujours à sa mère devenue résignée et soumise. La sanction tombe : elle ne dormira plus jamais dans sa jolie chambre mais dans la cave humide et froide en compagnie des sacs de pommes de terre, des souris. 
Lorsque ses grands-parents viennent à la maison, ils ne voient rien. Ni la souffrance de la mère qui laisse le père s'en prendre à elle-même et à Charlotte... Ni le regard plein de peur de Charlotte qui espère pourtant pouvoir être sauvé. 
Ce que Charlotte vit est indicible, aux questions d'un professeur, de la CPE ou de l'assistante sociale, elle n'a qu'une réponse : le silence. Elle n'arrive pas à mettre des mots sur ce qu'elle vit au fond de sa cave.
C'est donc sa confession manuscrite que le lecteur découvre, elle raconte années par années son martyre et l'auteur dans un style fluide et efficace arririve à donner une certaine tension à ce récit bouleversant. Sans pathos, elle évoque la maltraitance, le lecteur est pris d'empathie pour Charlotte qui pourtant se décrit sans concession. Surprenant et bouleversant.

 

Extrait : (début du livre)
J’ai dix-sept ans.
Je m’appelle Charlotte.
Je suis ce qu’on appelle communément une adolescente, mais il y a un contraste saisissant entre la juvénilité de mes traits et l’absence de candeur qu’exprime ma perception de la vie. Je connais le néant, l’obscurité, j’ai vu ce que la vie a de plus sombre. Pourtant, mes jambes me portent encore, solides sur cette terre dont j’ai été trop longtemps maintenue éloignée. Les gens
ont évolué sans moi pendant dix ans ; il faudra dorénavant compter avec moi.
J’écris parce que d’ici quelques jours tout le monde s’intéressera à moi. À mon histoire. À mes failles. À mes silences. J’écris parce que nul n’échappe aux mots. Ils sont aussi puissants que ma main armée lorsqu’elle a frappé. Mes mots sont tout ce qu’il me reste après ma bataille. Ils sont mon atout, ma passerelle vers la lumière.
J’écris ce que je suis.
Je mesure exactement un mètre soixante-quatre et je me targue d’être plus grande que ma mère – une petite femme éternellement confinée dans son obscurité. Mon physique est banal, sans particularité, et je ne crois pas avoir un jour allumé la moindre flamme dans le regard des garçons que je côtoyais. Je n’ai jamais eu le droit de les fréquenter, ces jeunes mâles attirés par un pulpeux que je ne possède pas. Un seul. Un seul d’entre eux et ce fut ma condamnation.
Ou ma libération.
Ma poitrine est plate. Elle n’inspire pas la confiance qu’inspirent les rondeurs. J’ai la maigreur des jeunes filles qui ignorent encore que la nourriture n’est pas uniquement constituée d’idées et de littérature. Il ne m’appartient pas d’épiloguer sur ma beauté, mais je devine la pâleur de mes poignets sous mon pull trop large, ma peau ternie par le manque de lumière qui baigne mon intérieur. J’étais noiraude et insignifi ante, jusque dans ma façon de déambuler. J’étais une ombre qui se mouvait le long des couloirs du lycée. Une ombre parmi  d’autres ombres qu’on ne remarquera jamais. Je suis une carpe qui a conscience d’être une carpe. Et je désire pardessus tout m’échapper du bassin où je surnage.
J’écoute mes camarades parler de leurs petits problèmes existentiels mais tout le mépris qu’ils m’inspirent ne franchit jamais les portes de mon âme. Ils sont trop occupés, mes camarades lycéens de dix-sept ans, à s’observer le nombril. Trop occupés à s’extasier devant la vigueur de leurs muscles et à toucher le grain si doux de leur peau pour percevoir, que dis-je, entrapercevoir, immobiles dans leur petite bulle au confort étriqué, ce qu’a été l’enfer de mon existence.
Ils vivent leur vie d’adolescents, voilà tout. Cette vie qui n’est pas la mienne. Ce paradoxe d’un âge où nous sommes à la fois puérils et lucides. Ces dix-sept ans qui font de nous des êtres capables de sentir le monde – ses failles et ses grandeurs – mais qui nous offrent encore la possibilité de garder un pied dans l’enfance.
Sauf que je ne suis pas ainsi.
J’ai dix-sept ans, et j’ai tué.

 Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Verbe" (10)

 

92737225_o
Challenge Rentrée Hiver 2014

16 août 2014

C comme... Destination Canada

 

pl6-planisphere-par-continent_C

 lignes_de_faille

 Lignes de faille - Nancy Huston

 L'histoire de quatre générations de 2004 à 1944. Chacun ou chacune raconte sa vie, ses angoisses, son monde,
sa famille du haut de ses 6 ans et petit à petit se dévoile un secret de famille.

 

un_si_cle_de_novembre_p 
Un siècle de novembre – Walter D. Wetherell

 Charles Marden est canadien, en novembre 1918, il apprend la mort de son fils parti sur le front. 
Il va donc entreprendre un long périble depuis l'Ile de Vancouvert jusqu'aux champs de bataille des Flandres 
pour aller sur les lieux où est mort son fils. Cette histoire sombre comme les ciels de novembre, 
nous évoque avec beaucoup de sensibilité l'horreur de la guerre en particulier pour les survivants.

 

Magasin général  – Régis Loisel et Jean-Louis Tripp

le_magasin_g_n_ral_Marie le_magasin_g_n_ral_Serge le_magasin_g_n_ral_les_hommes le_magasin_g_n_ral_confession
 
magasin_general5 magasin_general_6 magasin_g_n_ral magasin_g_n_ral_7

  tome 1 à 4 de la série ici 
tome 5 : Montréal 
tome 6 : Ernest Latulippe 
tome 7 : Charleston  
tome 8 : Les femmes

Dans la campagne québécoise des années 20, un petit village, Notre-Dame-des-Lacs, 
des personnages attachants et savoureux. Au gré des saisons, le lecteur découvre la vie du village.

 

 

sous_les_vents_de_neptune  
Sous les vents de Neptune - Fred Vargas 

 C'est l'un de mes préférés de la série. Dans le cadre d'un programme d'échange, Adamsberg part avec
toute son équipe au Québec. Et Adamsberg se retrouve malgré lui au coeur de l'enquête...

 

louise 
Louise – Didier Decoin

Cette histoire ne se situe pas exactement au Canada mais dans la région... à Saint-Pierre et Miquelon. 
C'est une belle rencontre entre trois femmes, Joanne, Denise et Manon, et Louise, une oie des neiges.
Un livre plein de fantaisie et de poésie. 

 

été2014_logo

25 mai 2014

Une part de ciel - Claudie Gallay

part-ciel-1370525-616x0 201_193084_max

Actes Sud - août 2013 - 445 pages

Editions Thélème - février 2014 - 13h45 - Lu par Pauline Huruguen

Quatrième de couverture : 
Aux premiers jours de décembre, Carole regagne sa vallée natale, dans le massif de la Vanoise, où son père, Curtil, lui a donné rendez-vous. Elle retrouve son frère et sa soeur, restés depuis toujours dans le village de leur enfance. Garde forestier, Philippe rêve de baliser un sentier de randonnée suivant le chemin emprunté par Hannibal à travers les Alpes. Gaby, la plus jeune, vit dans un bungalow où elle attend son homme, en taule pour quelques mois, et élève une fille qui n’est pas la sienne. Dans le Val-des-Seuls, il y a aussi le vieux Sam, pourvoyeur de souvenirs, le beau Jean, la Baronne et ses chiens, le bar à Francky avec sa jolie serveuse…
Dans le gîte qu’elle loue, à côté de la scierie, Carole se consacre à une traduction sur la vie de Christo, l’artiste qui voile les choses pour mieux les révéler. Les jours passent, qui pourraient lui permettre de renouer avec Philippe et Gaby un lien qui n’a rien d’évident : Gaby et Philippe se comprennent, se ressemblent ; Carole est celle qui est partie, celle qui se pose trop de questions. Entre eux, comme une ombre, cet incendie qui a naguère détruit leur maison d’enfance et définitivement abîmé les poumons de Gaby. Décembre s’écoule, le froid s’installe, la neige arrive… Curtil sera-t-il là pour Noël ?
Avec une attention aussi intense que bienveillante, Claudie Gallay déchiffre les non-dits du lien familial et éclaire la part d’absolu que chacun porte en soi. Pénétrant comme une brume, doux comme un soleil d’hiver et imprévisible comme un lac gelé, Une part de ciel est un roman d’atmosphère à la tendresse fraternelle qui bâtit tranquillement, sur des mémoires apaisées, de possibles futurs.

Auteur : Née en 1961, Claudie Gallay vit dans le Vaucluse. Elle a publié L’Office des vivants (2000), Mon amour, ma vie (2002), Les Années cerises (2004), Seule Venise (2004, prix Folies d’encre et prix du Salon d’Ambronay), Dans l’or du temps (2006), Les Déferlantes (2008, Grand Prix des lectrices de Elle), L’amour est une île (2010) et Une part de ciel (2013).

Mon avis : (lu en mai 2014)
Un livre que je voulais vraiment lire depuis l'automne dernier et qui a été à la hauteur de ce que j'en attendais. 
Après de nombreuses années d'absence, Carole revient au Val-des-Seuls son village natal. Elle y retrouve son frère aîné, Philippe et Gaby sa petite soeur. Leur père Curtil leur a envoyé à chacun une boule à neige, traditionnellement cela annonce son retour. C'est pour Carole l'occasion de renouer avec ses souvenirs, ses frère et soeur.
Le lecteur suit au jour le jour l'attente de Carole, son quotidien dans ce village de montagne, ses retrouvailles avec Philippe, Gaby, Jean, Sam, la Baronne et ses chiens, Francky... Tous ses personnages sont attachants, ce village est apaisant et cette histoire réserve quelques surprises au lecteur.
J'ai beaucoup aimé ce séjour en hiver, ce retour vers le passé de Carole, les échanges avec son frère et sa soeur, l'atmosphère de ce village... 

Extrait : (début du livre)
Lundi 3 décembre

On était trois semaines avant Noël. J'étais arrivée au Val par le seul train possible, celui de onze heures. Tous les autres arrêts avaient été supprimés. Pour gagner quelques minutes au bout, m'avait-on dit.
C'était où, le bout ? C'était quoi ?
Le train a passé le pont, a ralenti dans la courbe. Il a longé le chenil. Je me suis plaqué le front à la vitre, j'ai aperçu les grillages, les niches, les chiens. Plus loin, la scierie sombre et la route droite. Le bungalow de Gaby, la boutique à Sam, les boîtes aux lettres sur des piquets, le garage avec les deux pompes et le bar à Francky.
On avait bâti des maisons tristes cent mètres après la petite école. Les stations de ski étaient plus haut, sur d'autres versants.
J'ai pris ma valise. Je l'ai tirée jusqu'à la porte.
Le Val-des-Seuls n'est pas l'endroit le plus beau ni le plus perdu, juste un bourg tranquille sur la route des pistes avec des chalets d'été qui ferment dès septembre.
Le train est entré en gare.
J'ai regardé le quai.
J'avais froid.
J'ai toujours froid quand je reviens au Val. Un instant, j'ai ressenti l'envie terrible de rester dans le train.
Je suis née ici, d'un ventre et de ce lieu. Une naissance par le siège et sans pousser un cri. Ma mère a enterré mon cordon de vie dans la forêt. Elle m'a condamnée à ça, imiter ce que je sais faire, revenir toujours au même lieu et le fuir dès que je le retrouve.
Deux fois par an, avec le père des filles, on faisait la route. Parfois en train, le plus souvent en voiture. Saint-Étienne, Vienne, Lyon, et on tirait à l'est, Chambéry, Saint-Jean-de-Maurienne. On ne restait jamais longtemps, quelques jours à certaines vacances, celles de Pâques et du bel été. Des jours pris sur nos congés, on voulait que les petites connaissent le pays, qu'elles rencontrent Yvon, Gaby et la Môme. Qu'elles aient un aperçu du sol, du sang. Et de la famille.
"Dès que je vois les cimes, j'ai le coeur qui se tend", c'est ce que je disais au père des filles. Je m'arrêtais toujours cinq minutes après le panneau d'entrée, dans le même virage, une courbe d'ombre derrière la chapelle. La main au panneau. Il fallait que je prenne l'air. De grandes goulées de vent froid que j'avalais les yeux dans le ciel et les pieds dans le fossé.
Je m'arrêtais aussi au retour. Même endroit. De l'autre côté.
L'été précédent, j'étais venue seule.

Le train a stoppé le long du quai. Une gare sans guichet. Les fenêtres étaient murées par des parpaings.
Philippe m'attendait. Son badge de garde forestier brillait au revers de sa veste. Il avait pris des rides en vrac, les cheveux en broussaille, une barbe de trois jours et des kilos en trop.
Philippe est mon frère.
À part lui, il n'y avait personne.
Personne non plus en face, sur l'autre quai.
- Ça va ?
- Ça va.
- Pas trop long ?
- Non.
Le train est reparti. Il desservait Modane, après la frontière et Bardonecchia.
Un autre allait passer dans quatre minutes. Direction Chambéry. Celui-là ne s'arrêterait pas.
Philippe a voulu qu'on attende Gaby. On s'est assis sur un banc. L'horloge au-dessus de la porte marquait un temps d'une seule aiguille, celle des minutes s'était décrochée et reposait dans le fond bombé du cadran.

Déjà lu du même auteur :

lesd_ferlantes Les déferlantes Dans_l_or_du_temps Dans l'or du temps

mon_amour_ma_vie Mon amour ma vie l_office_des_vivants L'office des vivants

seule_venise_p Seule Venise l_amour_est_une_ile L’amour est une île 

les_ann_es_cerises_babel Les Années cerises 

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Couleur" (7)

Challenge 7% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
40/42

21 mai 2014

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux - Thomas Vinau

nos cheveux nos cheveux_p

Alma éditeur - août 2011 - 107 pages

10/18 - août 2012 - 91 pages

Quatrième de couverture : 
Le voyage géographique et intime d'un jeune homme.
Walther quitte la femme qu'il aime pour aller vagabonder du nord au sud, des Flandres laiteuses jusqu'à l'Espagne éclatante. Un voyage qui finira par le ramener presque par hasard à l'essentiel, vers celle qui a su le laisser partir et attendre leur enfant. Composé d'instantanés d'une grande délicatesse, ce roman est conçu en deux parties : les jours d'errance puis la vie à demeure, les lointains dépaysants et l'art des petits riens.

Auteur : Thomas Vinau est né en 1978 à Toulouse et vit au pied du Luberon. Nos cheveux blanchiront avec nos yeux est son premier roman.

Mon avis : (lu en mai 2014)
La forme de ce roman est originale c'est un ensemble de petits textes qui mis bout à bout racontent une histoire. Le roman est divisé en deux parties "le dehors du dedans" et le "dedans du dehors". 
Dans la première partie, Walther quitte Sally la femme qu'il aime pour voyager en Europe. Il ira de la Norvège, à Amsterdam, Prague, puis traversera l'Allemagne pour aller à Bruxelles, puis direction Ostende, puis traversée de la France pour aller en Espagne et à Gibraltar... Il fera les rencontres de Kavlar, Lenka, Eric, Thala, Elisa et l'oisillon Pec...
A la fin de cette première partie, Walther réalise qu'il veut retrouver Sally pour fonder une famille. Dans la deuxième partie, l'auteur évoque son quotidien, ses émotions...
J'ai préféré la première partie qui raconte le voyage et les rencontres de Walther. Le style est très original, poétique.

Extrait : (début du livre)
L'idée
L'idée de partir était comme un petit feu de bois placé au centre de son cerveau. Au bout de quelque temps, il comprit que les flammes ne s'éteindraient pas d'elles-mêmes.

Des milliers de gris
Le jour de son départ, il a Sally au téléphone.
Il lui répète qu'il est désolé de partir comme ça mais qu'il a besoin d'essayer des choses.
Elle raccroche avant de craquer. Il l'imagine devant la petite fenêtre de la cuisine qui donne sur les toits de la ville. Sa façon de disparaître à travers ses yeux lorsqu'elle regarde la fumée des cheminées d'usines se mélanger au gris de l'océan.

Moby Dick
Le port est plein de perdants magnifiques. Walther hésite entre deux chalutiers des grands fonds.
L'Achab et la Terre Neuve. Il opte pour le premier et vient s'agglutiner à la longue file des demandeurs d'emploi. Merlan, cabillaud, thon ? lui demande le capitaine.
Il répond par un signe de tête et se retrouve embarqué sur le pont de l'Achab à cinq heures du matin.
Destination : l'archipel de Svalbard, en Norvège.

Tabac brun
Trier les poissons par taille. Réfrigérer les caisses. Réparer le chalut. Les mains restent froides. Le sel s'installe autour des plaies. Le vieux Kavlar lui explique que parfois, le chalut accroche un obstacle au fond de l'eau. Ça s'appelle La Croche, lâche-t-il entre deux bouffées de tabac. Si c'est un rocher, ça va. Un peu moins si c'est un vieux missile. 
Le soir, ils jouent aux cartes, boivent de la bière et s'endorment tôt.
Au matin, les mouettes et les sternes se moquent de leurs visages à coup de grands cris glacés.

Déjà lu du même auteur : 

2013-11-12_152629 Ici ça va

 

10 septembre 2014

Comme une petite ressemblance septembre

 

91061693

 Nouveau rendez-vous avec Canel

le vol quand

 C'est la rentrée !

 a_copier_100_fois  2013-11-01_140733 

2013-11-02_153500 2013-11-03_110825 comédie romantique

2013-11-01_213026 vivement-lavenir-205x300 

muchachas (1) la_t_te___Toto 

2013-10-31_083022 2013-11-03_181324 

2013-10-30_230328 la petite fille

Bientôt l'automne

pomme1 pomme2

 2013-10-31_200105 John Irving couv45935952 

2013-11-01_145727 2013-11-01_145855

2013-11-01_14462317196_858846

 

Le billet de Canel

  Mes autres billets Comme Une Petite Ressemblance : 

billet n°1billet n°2billet n°3billet n°4billet n°5billet n°6
billet n°7billet n°8billet n°9billet n°10billet n°11billet n°12, billet n°13

19 décembre 2014

Comme une petite ressemblance 16

 

91061693

Une nouvelle compilation de couvertures  avec Canel

dos à dos

1410578-gf 9782356416841-G 

corde

 510RlIfr8PL 2013-10-31_171238 

poupée vaudou

2013-10-31_212904 2013-10-31_212516 

des pas sur la neige

4095269782749133362 smilla_et_l_amour_de_la_neige_pts

 Tableau noir

la peau les savants_p

forêt

 arbre2 arbre

Une route, une valise

valise2 valise1

 fenêtre blanche

maison rouge_2 maison rouge

brasse coulée

 zFke9Ve 2013-11-01_185352

boule de neige

esprit d'hiver 2013-10-31_073303x200

 coquillage

vL42vnT 43941140_p

grande roue

100216796 berlinoise

  Le billet de Canel

  Mes autres billets Comme Une Petite Ressemblance : 

billet n°1billet n°2billet n°3billet n°4 (spécial Noël)billet n°5billet n°6
billet n°7billet n°8billet n°9billet n°10billet n°11billet n°12billet n°13 
billet n°14, billet n°15

15 août 2014

Comme une petite ressemblance aout

 91061693

Nouveau rendez-vous d'été avec Canel

 Rouge et blanc

2013-11-03_113556 2013-11-03_111949

2013-11-03_111054 secret d'été

 Transats bleu et blanc

2013-11-03_111837 couv74098879  2013-11-11_141803 2013-11-01_090938  

Du homard dans l'assiette...

 2013-11-01_092333 41pJvr+H4dL 2013-11-01_092359 

 Phares 

2013-10-30_233646  2013-10-31_065148

 2013-11-01_143429 88348475_o

2013-11-02_205251 2013-11-03_185856

Camping ?

2013-10-31_170944 les_chaussures_italiennes 

caravane2 caravane

Cabines de plage

les_jardins_du_vent  2013-11-01_224450  

 

Un peu de correspondance...

le-cercle-litteraire-des-amateurs-d-epluchures-de-patates 9782714454157 

2013-11-11_141837 2013-11-11_141906

Le billet de Canel

  Mes autres billets Comme Une Petite Ressemblance : 

billet n°1billet n°2billet n°3billet n°4billet n°5billet n°6
billet n°7billet n°8billet n°9billet n°10billet n°11, billet n°12

 

11 avril 2014

Art - Yasmina Reza

art_AS art_magnard art_AM

Actes Sud - octobre 1994 - 62 pages

Magnard - août 2002 - 122 pages

Albin Michel - juin 2009 - 144 pages

Quatrième de couverture :
Mon ami Serge a acheté un tableau. C'est une toile d'environ un mètre soixante sur un mètre vingt, peinte en blanc. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux. Mon ami Serge est un ami depuis longtemps. C'est un garçon qui a bien réussi, il est médecin dermatologue et il aime l'art...

Auteur : Fille d'un ingénieur russe d'origine iranienne et d'une violoniste hongroise, Yasmina Reza, née en 1959 à Paris, a étudié le théâtre et la sociologie à Nanterre. En 1994, elle acquiert une notoriété internationale avec sa pièce Art. Les suivantes ont également été adaptées en quelque trente-cinq langues et produites dans les salles les plus prestigieuses du monde entier. Son récit de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, L'Aube le soir ou la nuit, est devenu un best-seller, et son oeuvre littéraire compte aussi HammerklavierUne désolation, ou encore Dans la luge d'Arthur Schopenhauer

Mon avis : (lu en avril 2014)
Au dernier Café Lecture de la bibliothèque, je me suis laissée convaincre pour essayer de lire la pièce Art de Yasmina Reza. La pièce a été jouée pour la première fois le 28 octobre 1994, interprétée par Pierre Vaneck (Marc), Fabrice Luchini (Serge) et Pierre Arditi (Yvan), dans une mise en scène de Patrice Kerbrat à la Comédie des Champs-Élysées. Elle a obtenu deux Molière et a été traduite dans trente-cinq langues et mis en scène à LondresBerlinChicagoTokyoLisbonneSt-Pétersbourg, BombayJohannesburgBuenos AiresTunis ou Bratislava.
La lecture d'une pièce de théâtre est réducteur, il manque le ton, les silences des acteurs... Et j'ai apprécié mais sans plus la pièce... 
Il s'agit d'une réflexion autour de l’art moderne et de l'art contemporain et la perception de chacun, j'ai trouvé certaines longueurs et des redites... J'ai malgré tout aimé la conclusion. 
Ayant eu l'impression d'être passé à côté de cette pièce, j'ai trouvé sur internet la captation de « Art » et jouée par les acteurs, elle reprend tout son relief ! 

Extrait : (début de la pièce)

 

Le salon d'un appartement.
Un seul décor. Le plus dépouillé, le plus neutre possible.
Les scènes se déroulent successivement chez Serge, Yvan et Marc.
Rien ne change, sauf l'oeuvre de peinture exposée.

 


Marc,seul.
MARC. Mon ami Serge a acheté un tableau.
C'est une toile d'environ un mètre soixante sur un mètre vingt, peinte en blanc. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux.
Mon ami Serge est un ami depuis longtemps.
C'est un garçon qui a bien réussi, il est médecin dermatologue et il aime l'art.
Lundi je suis allé voir le tableau que Serge avait acquis samedi mais qu'il convoitait depuis plusieurs mois.
Un tableau blanc, avec des liserés blancs.

 

*

 

Chez Serge.
Posée à même le sol, une toile blanche, avec de fins liserés blancs transversaux.
Serge regarde, réjoui, son tableau.
Marc regarde le tableau.
Serge regarde Marc qui regarde le tableau.
Un long temps où tous les sentiments se traduisent sans mot.

 

MARC. Cher ?
SERGE. Deux cent mille.
MARC. Deux cent mille ?...
SERGE. Handtington me le reprend à vingt-deux.
MARC. Qui est-ce ?
SERGE. Handtington ? !
MARC. Connais pas.
SERGE. Handtington ! La galerie Handtington !
MARC. La galerie Handtington te le reprend à vingt-deux ?...
SERGE. Non, pas la galerie. Lui. Handtington lui-même. Pour lui
MARC. Et pourquoi ce n'est pas Handtington qui l'a acheté ?
SERGE. Parce que tous ces gens ont intérêt à vendre à des particuliers. Il faut que le marché circule.
MARC. Ouais...
SERGE. Alors ?
MARC. ...
SERGE. Tu n'es pas bien là. Regarde-le d'ici. Tu aperçois les lignes ?
MARC. Comment s'appelle le...
SERGE. Peintre. Antrios.
MARC. Connu ?
SERGE. Très. Très !
Un temps.
MARC. Serge, tu n'as pas acheté ce tableau deux cent mille francs ?
SERGE. Mais mon vieux, c'est le prix. C'est un ANTRIOS !
MARC. Tu n'a pas acheté ce tableau deux cent mille francs !
SERGE. J'étais sûr que tu passerais à côté.
MARC. Tu as acheté cette merde deux cent mille francs ? !

 

 

heureux_les_heureux Heureux les heureux 

 

13 mars 2014

Concours : 5 Entrées au Salon du Livre à gagner !

SALON-DU-LIVRE+axes

Les règles du concours :

1) date du concours du 13/03 au 14/03/2014 minuit
(Attention : c'est court... mais il faut le temps de recevoir les places)

2) Répondre au concours en utilisant le formulaire Contactez l'auteur

3) Ne pas oublier de me donner vos coordonnées nom et adresse pour l'envoi 

4) Un tirage au sort sera effectué le 15/03/2014 sur les bonnes réponses
pour déterminer les 5 gagnants qui recevront leur gain par la poste.

 

Les questions :

1) Quel pays est mis à l'honneur cette année au Salon du Livre de Paris ?

2)  Quelle ville est mise à l'honneur cette année au Salon du Livre de Paris ?

3) Citer une des expositions prévues au Salon du Livre de Paris.

 

Pour trouver les réponses

21 mars 2014

Salon du Livre de Paris 2014

 SALON-DU-LIVRE+axes

Hier soir, j'étais invitée à l'inauguration du Salon du Livre

sdl6

Cette année, l'Argentine est le pays invité : 
Jean-Marc Ayrault et la présidente argentine Cristina Kirchner
ont donc inauguré le 34ème Salon du Livre

sdl4

Il faut ruser pour avoir une photo...

sdl2

Même Malfada était là...

sdl3 

 Autre invitée, la ville de Shanghaï

sdl5

  J'ai pu tranquillement faire un tour du Salon

sdl7

 Douglas Kennedy en interview

J'y retrourne Vendredi après-midi avec pour terminer la journée une table ronde
organisée par les éditions Belfond 
sur le thème « La vie est un roman »
Les auteurs invités seront Caroline Vermalle, Ariane Bois, Elise Tielrooy et Christophe Paviot. 

sdl8

 

salon_livre_paris_2014

 

4 mars 2014

Feu pour feu - Carole Zalberg

feu pour feu  Actes Sud - janvier 2014 - 72 pages

Quatrième de couverture : 
Je couvre, en te parlant, l'entre-deux - mort/vie, lieu noir/lieu blanc, hier/demain - où nous allons des jours durant, suspendus comme viande dans un temps qui n'est pas fait pour être vécu mais franchi, respiration réduite au plus mince filet, rêves bridés, métabolisme à l'économie, et je t'emporte, ma valeureuse, emmaillotée dans les mots du pays que nous tentons de fuir.

Auteur : Née en 1965, Carole Zalberg vit à Paris. Romancière et poète, elle anime des ateliers d'écriture en milieu scolaire et des rencontres littéraires. Son roman, A défaut d'Amérique (Actes Sud, 2010) a reçu le prix du Roman métis des lycéens 2012.

Mon avis : (lu en février 2014)
Ce tout petit livre est magnifique.
Le narrateur s'exprime à la première personne du singulier, c'est un père qui s'adresse à sa fille. Il revient sur leur histoire commune qui a commencé quinze ans plus tôt. Amada était alors un tout petit bébé. Fuyant la guerre et les massacres, avec sa fille nichée sous son bras, le narrateur quittait sa terre, son pays, l'Afrique pour une Europe pleine de promesses...
Aujourd'hui, Amada est en prison, elle a mis le feu à la cité où ils vivent depuis leur exil.
Depuis toujours, le père avait voulu protéger sa fille, il ne lui a pas tout dit sur son passé, il a voulu l'épargner et lui donner la chance de vivre en quittant l'Afrique pour l'Europe. 
Le récit du père dans un style littéraire et poétique est par moment entrecoupé par quelques mots de sa fille qui tente d'expliquer les circonstances de son acte dans un style langage parlée, avec un faible vocabulaire, genre texto ou sms.
Un message très fort en peu de mots. Inoubliable.

Autre avis : Leiloona

Extrait : (début du livre)
Ces heures à faire le cadavre au milieu des cadavres, si longtemps que la puanteur est restée dans ma gorge, corrompt encore quinze ans après l’air le plus pur et le goût de toutes choses, ces heures lentes, lentes, tellement lentes à rester aussi immobile qu’une souche malgré le grouillement de mille bêtes et la position impossible, les jambes trop pliées et la tête à angle droit posée sur un membre étranger, déjà froid dans la chaleur de four, ces heures à tenir jusqu’au coeur de la nuit et enfin leurs pas, leurs voix de rapaces repus qui s’éloignent, la clameur triomphante des moteurs de leurs engins réveillés ensemble, troupeau de malheur éructant une ultime menace et tournant une dernière fois autour du charnier avant d’aller tuer plus loin, tout ce temps et cette peur plus grande alors que le chagrin pour me risquer hors de l’amas des corps et retrouver parmi eux celui de ta mère, ton silence affolant sous son ventre mort et à l’instant où je te sors, où ta peau retrouve la sensation du vide, ton hurlement, l’amer miracle de notre survie et le chemin si long jusqu’à ce pays où tu peux t’endormir chaque soir sans rien redouter, toi tu en fais ça ?Tu ne sais rien.
Ou seulement dans le secret de ton corps minuscule d’il y a quinze années, collé au mien quand ensuite je cours et marche et parfois rampe l’oeil rivé à l’horizon. La naissance du jour nous renverra à l’attente, forcera au repos.

Je vais donc jusqu’à l’épuisement, ne sens pas les plaies à mes pieds nus et partout où des branches, des ronces, des cailloux ont mordu ma chair. J’ai deux coeurs au travail. Quand le mien faiblit, le tien, petit battement d’oisillon dans mon dos, le ranime – j’ai noué un pagne comme le faisait ta mère et t’ai accrochée à moi peau à peau. Contre ton buste je suis ton monde doux et tu ne cries plus. Mon coeur d’homme obéit à ton coeur d’enfant.
C’est ainsi que nous t’appelions encore à l’arrivée des tueurs, “l’enfant”. Nous attendions qu’un nom te choisisse. Il faudrait, croyions-nous, quelques nuits de rêves et la visite de nos fantômes. C’est notre cauchemar qui finalement te baptisera. Tu es fille mais tu t’appelleras Adama. Tu ne sais pas cela non plus, qu’en ce jour de morts et de destruction, toi tu es née une deuxième fois de la terre rouge qui t’a dérobée aux bourreaux.

Dans la cellule où tu dors – mais sûrement tu ne dors pas – il n’y a pas de terre où cacher ton remords. Oh dis-moi que tu éprouves du remords ! Dis-moi que je n’ai pas couvé une enfant sans conscience ou seulement un être mauvais. / elle m’a trop chauffée la Cindy, là. Enfin pas moi moi mais ZorA, c’est pareil tu cherches Zo ou NabilA tu me trouves moi, AdamA, tu nous trouves nous les PrincessA, on dit comme ça parce que nos noms y finissent tous par a et on l’écrit avec un grand A comme Amour et Argent et Attention à ta gueule si tu fais trop le bonhomme avec nous. /
Mauvais, je ne suis toujours pas capable de dire si ton frère l’était – oui tu as eu un frère mais pourquoi t’aurais-je parlé de lui ? – ou s’il a juste voulu être du côté de la force, des hordes fières.
Car sans doute les voyait-il ainsi, avec ses jeunes yeux fatigués du mépris, fatigués de la crainte oubliée des heures parce que dans le travail, la répétition des gestes, les ébats c’est ainsi, elle s’oublie, et courant soudain parmi nous, une onde qui envoyait chacun se terrer.
Longtemps ils n’ont fait que fondre sur le village à toute allure, à eux seuls aussi bruyants qu’une multitude de bêtes saccageuses. Ils stoppaient net là où les anciens se tenaient, avant même que la poussière retombe exigeaient armes braquées le fruit des récoltes, enlevaient en riant une jeune fille ou deux.
Ton frère, terrorisé comme nous tous, a dû envier leur puissance. Le jour où il a disparu, dans sa douzième année, j’ai su que, comme d’autres avant lui, il les avait rejoints.

92737225_o
Challenge Rentrée Hiver 2014

 Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Couleur" (2)

29 janvier 2014

Alter Ego - Renders, Lapière, Zuga, Erbetta, Reynes, Beneteau (suite et fin)

logo_titre72

 darius Dupuis - juin 2011 - 64 pages

Résumé de l'album : Pourquoi défendre un jeune voyou sans scrupules ? Darius est un brave électricien bedonnant. Il pourrait vivre bien pépère dans son petit appartement de Los Angeles, mais il s'acharne à sauver Bram, son voisin de palier, un jeune crétin malfaisant et accroc à la came, qui se met toujours dans les pires situations. Pourquoi Darius fait-il cela ? Pour combler un besoin de paternité suite à un drame personnel ? Pour les beaux yeux d'Heather, la gentille copine de Bram ? Ou parce qu'il est en mission secrète ?

park Dupuis - août 2011 - 64 pages

Résumé de l'album : Park, un Coréen de 25 ans, se prélasse sous les tropiques dans une luxueuse résidence en compagnie d'autres personnes d'origines très diverses, et dorloté par une équipe de serviteurs et soignants. Il partage notamment d'agréables moments avec deux charmantes jeunes filles très délurées. C'est le paradis. Mais d'étranges hallucinations viennent perturber sa béatitude, comme les souvenirs d'une autre existence. Serait-ce parce qu'il a négligé de boire le délicieux cocktail fruité qu'on sert en abondance aux résidents... ? D'ailleurs, que font-ils tous dans cette résidence ? Est-il possible qu'ils soient en vacances permanentes ? Mais alors, pourquoi ces grilles et ces miradors ?

tome7 Dupuis - seotembre 2012 - 80 pages

tome 7 - Alter Ego Ultimatum :
Les révélations fracassantes qu'ont réunies Camille et Miep sur la nature de cette énigme n'ont pas encore éclaté au grand jour. Elles lancent un ultimatum à Urasawa et à la milliardaire Grynson. Mais c'est sans compter sur le pouvoir financier et logistique dont dispose Urasawa, désormais lié, que cela lui plaise ou non, à Noah, le fils du président des USA... Lequel semble avoir perdu toute mesure, uniquement obsédé par le profit et le pouvoir que les découvertes de la U-Tech peuvent lui assurer. La confrontation est inévitable, et ce dernier opus de la première saison est aussi l'amorce d'une deuxième saison. Alter Ego n'a pas encore révélé tous ses secrets...

Auteurs : 
Né en 1963 à Bruxelles, licencié en Philologie Classique (UCL) et diplômé en réalisation (IAD, Louvain-la-Neuve), Pierre-Paul Renders vit à Hennuyères avec son épouse et leurs trois enfants. En sortant de l'IAD, il fonde avec cinq condisciples une maison de production (AA Les Films Belges) pour réaliser leur premier long métrage collectif à sketches, d'un surréalisme bien belge, "Les Sept Péchés Capitaux" (1992) pour lequel il commettra le court métrage "La Tendresse". Après un détour par la télévision et le documentaire (principalement pour Médecins sans Frontières), il réalise, sur un scénario de Philippe Blasband, un 1er long métrage, atypique et inclassable, "Thomas est amoureux" (2001) primé à Venise, Montréal, Angers, Gérardmer, Paris, Espoo, Buenos Aires... En collaboration avec Denis Lapière, il se lance alors dans l'écriture de "Comme tout le monde", un scénario qui donnera lieu en parallèle à une comédie sociologico-sentimentale (2006, avec Khalid Maadour, Caroline Dhavernas, Thierry Lhermitte, Chantal Lauby...) et à une épaisse BD (dessinée par Rudy Spiessert et parue en 2007 chez Dupuis). En 2006, il imagine le concept de la série "Alter Ego" et la propose à Denis Lapière et aux éditions Dupuis. Depuis 2004, il supervise des exercices d'écriture et de réalisation pour étudiants à l'IAD. Il anime également des stages pour acteurs face à la caméra et pratique occasionnellement le script-doctoring. Depuis 1990, il est aussi chroniqueur BD pour le Journal du Médecin. Ces dernières années, il est devenu accro aux jeux de plateaux, où il peut épancher le trop plein de son tempérament désespérément ludique.

Né le 8 août 1958 à Namur, Denis Lapière s'intéresse professionnellement à la BD en gérant une librairie spécialisée avant de se tourner vers le scénario, en 1987, pour Éric Maltaite ("Mono Jim" dans L'ÉCHO DES SAVANES), Jean-Philippe Stassen ("Bahamas", puis "Bull White" chez Albin Michel), Michel Constant (la série "Mauro Caldi" au Miroir, puis chez Alpen) et Peter Pluut ("Jerry et Line" chez Dargaud). Avec Olivier Wozniak, il lance en 1989 "Alice et Léopold" dans SPIROU, puis "Charly" avec Magda, et assure avec Alain Sikorski la reprise de "Tif et Tondu". La collection "Aire Libre" accueille en 1992 son "Bar du Vieux Français", illustré par Stassen. Il y reviendra quelques années plus tard en compagnie de Paul Gillon pour évoquer l'histoire d'un producteur de cinéma traversant le siècle dernier dans un nouveau diptyque, "La Dernière des salles obscures". Alternant avec habileté séries pour la jeunesse et production plus adulte, il s'associe dans le premier domaine avec Pierre Bailly et Vincent Mathy pour conter les aventures quotidiennes du jeune "Ludo" et de son héros préféré de BD, "Castar", une étonnante production graphique à quatre mains. Écrite pour Gilles Mezzomo et la collection "Repérages", il aborde le polar avec "Luka" et montre son talent de constructeur d'énigmes pour un public plus averti. Pour la collection "Aire Libre", il écrit également le superbe "Un peu de fumée bleue" qu'illustre Pellejero. En 2000, il renouvelle le genre du "whodunit", toujours avec Alain Sikorski, en signant "La Clé du mystère", une nouvelle grande série policière "tous publics". Et en janvier 2001, avec la complicité de Christian Durieux au dessin, il dynamite le mythe du gosse des rues, avec "Oscar", nouvelle série d'aventures pleine de trouvailles et de fraîcheur.

Mathieu Reynès naît en région parisienne en 1977, mais passe toute son enfance sur la côte Basque. Après quelques années d'études scientifiques à Bordeaux, il s'oriente vers le dessin animé et l'animation 3D en intégrant le CNBDI d'Angoulême, d'abord en tant qu'étudiant puis comme formateur. Après quelques années, il décide de se consacrer essentiellement à la bande dessinée. Son premier album, "Banana Fight", sort aux éditions Paquet en 2002 avec Frédéric Brrémaud au scénario. Le duo réalise ensuite ensemble 2 tomes de la série 'Sexy Gun' aux éditions Soleil, 3 tomes de 'Lola Bogota' aux éditions Bamboo. S"en suivent plusieurs séries humoristiques également aux éditions Bamboo, toutes co-scénarisées avec Brrémaud : "Les Tennismen" (dessin de Bertolucci, 1 tome paru), "Les Informaticiens" (dessin de Toulon; 4 tomes parus), "Toutou & Cie" (dessiné par Soffritt, 2 tomes parus) et "Les Maîtres Nageurs" (3 tomes parus) qu'il dessine lui-même. En 2007, Mathieu Reynès se lance dans l'aventure "Alter Ego" aux côtés de Denis Lapière et Pierre-Paul Renders. Parallèlement, il signe le scénario de "La Mémoire de l'Eau" avec Valérie Vernay au dessin, album à paraître en 2012 aux éditions Dupuis.

Benjamin Benéteau est né en Vendée, le 28 février 1985. À l'âge de 4 ans, il déménage avec toute sa famille à l'autre bout du monde, sous le soleil de Tahiti, en Polynésie Française. Il y passera toute son enfance et son adolescence, et bien que tenté par des études scientifiques, il se passionne de plus en plus pour le dessin. Le baccalauréat en poche, il décide de quitter Tahiti pour un tout autre climat : la Belgique. Il s'installe à Bruxelles en 2002 pour suivre les cours de l'option BD de l'Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc. Diplômé trois ans plus tard, il commence à développer ses propres projets de bande dessinée avec un ami scénariste. En janvier 2008, grâce à l'organisateur de la Fête de la BD d'Andenne, il est mis en contact avec Mathieu Reynès qui cherche quelqu'un pour travailler sur les décors réalistes de ce qui semble être un gros projet encore mystérieux. Le courant passe directement, Benjamin signe son premier contrat et se lance dans l'aventure Alter Ego...

Luca Erbetta est né à Gênes le 27 avril 1979. Il a passé son diplôme au Lycée Artistique Ego Bianchi de Cuneo. Il a ensuite étudié un an dans une école d’Arts Plastiques à Nice.Après avoir collaboré avec le magazine italien de moto Tuttomoto comme dessinateur, il publie en France 1881, sa première BD, en collaboration avec le scénariste Luca Blengino (Éditions Semic). De 2005 à 2008, il a travaillé sur la série Watch (Editions Delcourt), pour un total 6 tomes. Avec Luca Blengino, il est aussi co-scénariste En 2008, il rejoint l'équipe, toujours plus cosmopolite, du projet Alter Ego, où il travaille en tandem de dessinateurs avec Efa. En 2010, aux USA pour l’Editeur Image, il a dessiné l’histoire en quatre chapitres The Writer, dans la série Sam & Twitch.

Emil Zuga est né en 1975 à Alfortville. Il fut très jeune fasciné par la déferlante d'animation japonaise du début des années 80. Sa passion pour les robots géants l'a sans doute orienté vers des études scientifiques, qui se sont conclues par un DEA en ingénierie des systèmes robotisés. Après quelques années à travailler pour l'industrie militaire, il s'en est allé faire de l'informatique dans le domaine du jeu. Mais durant tout ce temps, il a continué de gribouiller et n'a cessé de rêver à la bande dessinée. Ce rêve devient réalité grâce à sa rencontre avec Mathieu Reynès qui, ayant repéré ses essais graphiques sur Internet, le met en contact avec les créateurs d'Alter Ego. L'aventure de la BD commence pour lui par la grande porte: l'album "Jonas" sera est premier travail publié.

Efa est né à Sabadell, en Espagne. À l'âge de 16 ans, il arrête ses études pour profiter... de la vie. En 1995 il réalise avec des amis son premier fanzine: Realitat Virtual. A partir de à, il travaille dans un studio de dessins animés et en parallèle comme illustrateur free-lance. Il entre en bande dessinée grâce à une collaboration avec Toni Termens au scénario qui donnera en 2001 la série Les Icariades (3 tomes et une intégrale parus chez Paquet). En 2002, il se lance dans une série en solo; Rodiguez (2 tomes parus chez Paquet également). En 2004, il publie (toujours chez Paquet) L'Âme du vin, album intimiste qu'il a scénarisé et dessiné. Entre 2007 et 2009, il dessine et colorie la série Kia Ora (3 tomes chez Vents d'Ouest, sur un scénario d'Olivier Jouvray et Virginie Ollagnier). En 2008, il rejoint l'équipe d'Alter Ego où il retrouve Mathieu Reynes qu'il avait croisé chez Paquet.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
J'ai lu les deux tomes Darius et Park rapidement après les 4 autres. A cette occasion, j'ai découvert qu'il y avait un septième et dernier tome Ultimatum mais qui n'était pas présent à la Bibliothèque. Deux mois plus tard, je le trouve sur les rayonnages.
Après la lecture des six premiers tomes, le lecteur connaît le complot dans son intégralité et le septième tome va dévoiler comment les six personnages vont interagir les uns avec les autres. L'un des leurs, Fouad, est mort et une course poursuite entre les six va commencer... 
Le lecteur obtient quelques révélations, quelques personnages disparaissent et beaucoup de questions restent encore sans réponse... annonçant la possibilité d'une saison 2.
N'ayant pas les six premiers tomes sous la main, j'ai eu un peu de mal à tout comprendre dans ce dénouement...
Cette série est intéressante et originale, il est préférable de lire en même temps les 7 tomes (les six premiers dans l'ordre que l'on veut et le 7ème en dernier !)

Extrait : 

9782800153551_p_2 9782800153551_p_3

9782800153551_p_4 9782800153551_p_5

 

Déjà lu du même auteur :

Couv_122173 Couv_121444 Couv_138830 Couv_121446 
Alter Ego - Renders, Lapière, Zuga, Erbetta, Reynes, Beneteau

19 janvier 2014

Billie - Anna Gavalda

billie Le Dilettante - octobre 2013 - 223 pages

Quatrième de couverture :
"Billie, ma Billie, cette petite princesse à l’enfance fracassée qui se fraye un chemin dans la vie avec un fusil de chasse dans une main et On ne badine pas avec l’amour dans l’autre est la plus jolie chose qui me soit arrivée depuis que j’écris".

Auteur : Née en 1970, auteur à succès, Anna Galvalda occupe une place de choix dans les rayons de littérature populaire. Après avoir grandi en Eure-et-Loir dans une atmosphère folklorique, Anna Gavalda est envoyée en pension, à 14 ans, à la suite de la séparation de ses parents. Elle suit une hypokhâgne et obtient une maîtrise de lettres à la Sorbonne. Profitant du calme de la Seine-et-Marne et maman de deux enfants, elle cumule les métiers de chroniqueuse pour le cahier Paris-Ile-de-France du Journal du Dimanche, de professeur de français et d'assistante vétérinaire. Cette jeune femme dynamique reçoit le Grand Prix RTL-Lire pour son premier recueil de nouvelles 'Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part' en 1999. Mélange de simplicité, de merveilleuses et tragiques vérités quotidiennes, ce titre ne quitte pas les classements des meilleures ventes pendant des mois et est traduit dans une trentaine de langues. Elle s'essaie les années suivantes à de nouveaux styles, écrit son premier roman et un livre pour enfants. C'est durant l'été 2003 qu'elle commence à travailler sur son quatrième titre, un nouveau roman, 'Ensemble, c'est tout', un véritable succès dans le monde littéraire, critique et public, adapté au cinéma en 2007 par Claude Berri.

Mon avis : (lu en janvier 2014)
Lorsque le livre commence, Billie et Franck se trouvent au fond d'un ravin dans le Parc National des Cévennes, Billie a un bras bien amoché, Franck est allongé sur le dos, un peu sonné et craignant d'être blessé gravement... Impossible d'appeler les secours car le portable ne passe pas, la nuit est tomber, Franck s'est endormi et Billie se met à parler toute seule, s'adressant à une petite étoile, elle raconte comment sa rencontre avec Franck a changé sa vie. 
Pour des raisons différentes, Billie et Franck ont eu chacun des enfances difficiles. Ils vont se rencontrer grâce au texte de "On ne badine pas avec l'amour", leur professeur de français les a binômés  pour jouer ensemble quelques scènes. N'ayant jamais vraiment été aimé chez elle, Billie est touchée par les petites attentions de Franck qui veut la mettre à l'aise. Le temps des répétitions, il va naître entre eux deux une profonde amitié...
Au début de ma lecture, j'ai été un peu gênée par le langage grossier de Billie, mais il est conforme à la personne qu'est Billie, quelqu'un de "cash".
Les deux héros de ce roman m'ont beaucoup touchée, ils sont un mélange de tendresse et de brutalité, la vie ne leur a fait aucun cadeau et à deux, ils peuvent compter sur l'épaule de l'autre, ils ne se trahiront pas. 
« Il m'est arrivé de rester plusieurs semaines sans aller à sa rencontre, mais lui, il n'a jamais failli à sa règle. Chaque mercredi, en dehors des vacances scolaires et pendant presque trois ans, j'ai eu droit à ma carte postale moche avec un "J'espère que tu vas bien, moi je vais bien" écrit derrière et à chaque fois, à l'occasion, j'ai croisé le regard d'un être humain qui ne me jugeait pas. »
Il y a beaucoup de poésie et de vérité dans ce roman.
Un petit bémol avec l'image de la couverture, qui je pense dessert le livre... Elle est vraiment moche, on dirait celle d'un album pour enfant. Il y a bien un âne dans cette histoire... mais je ne comprends pas ce choix... A moins que cela soit pour faire parler du livre...

Autres avis : SandrineGambadou

Extrait : (début du livre)
On s'est regardés méchamment. Lui parce qu'il devait penser que tout était de ma faute et moi parce que ce n'était pas une raison pour me regarder comme ça. Des bêtises, j'en ai tellement fait depuis qu'on se connaît, et il en a tellement profité, et il s'est tellement marré grâce à moi, que c'était minable de sa part de me reprocher celle-ci juste parce qu'elle allait mal finir...
Merde, comment je pouvais le savoir ?
Je pleurais.
- Ça y est ? T'as des remords ? il a murmuré en fermant les yeux. Non... Je suis bête... Les remords, tu...
Il était trop épuisé pour avoir la force de m'en vouloir jusqu'au bout. Et puis c'était inutile. Là-dessus, on serait toujours d'accord. Moi, les remords, je ne sais même pas comment ça s'écrit...
Nous étions au fond d'une crevasse ou de je ne sais quoi de géographiquement très embêtant. Un genre de... de déboulis dans le Parc national des Cévennes où les portables ne captaient pas, où y avait pas la queue d'un mouton - et encore moins celle d'un berger - et où personne ne nous trouverait jamais. Moi, je m'étais bien amoché le bras, mais je pouvais encore le bouger, alors que lui, c'était clair, il était en mille morceaux.
J'ai toujours su qu'il était courageux, mais là, vraiment, il me donnait une leçon. 
Encore une...

Il était allongé sur le dos. Au début, j'avais essayé de lui bricoler un oreiller avec mes pompes, mais vu qu'il est quasi tombé dans les pommes quand j'ai soulevé sa tête, je l'ai reposée direct et je n'y ai plus touché. C'est le seul moment où il a flippé d'ailleurs, il pensait que sa moelle avait trinqué et il était tellement terrifié à l'idée de finir intouchable qu'il m'a soûlée pendant des heures pour que je l'abandonne dans ce trou ou que je l'abrège.
Bon. Comme j'avais rien sous la main pour le buter proprement, on a joué au docteur.
Hélas, on ne s'était pas rencontrés assez tôt, tous les deux, pour y jouer en cachette, mais c'est sûr qu'on n'aurait pas été les derniers dans la salle d'attente... De le lui rappeler, ça l'a amusé et ça tombait bien parce que moi, que ce soit en enfer ici ou de l'autre côté, c'était tout ce que je voulais emporter : des petits sourires déjà mort-nés et tirés à l'arrache comme celui-là.
Le reste, franchement, ça pourra bien rester à la consigne...

 

Lu du même auteur :

ensemble_c_est_tout Ensemble, c'est tout   la_consolante La Consolante 

 

l_echapp_e_belle L'Échappée belle je_voudrais_qu_quelqu_un_cd Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part

 

Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Prénom" (3)

Challenge 5% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
27/30

Publicité
A propos de livres...
Publicité
A propos de livres...
Newsletter
56 abonnés
Publicité
Albums Photos
Visiteurs
Depuis la création 1 387 648
Publicité