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A propos de livres...
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26 décembre 2008

Tea-Bag - MANKELL Henning

tea_bag Traduit du suédois par Anna Gibson

Seuil - mars 2007 - 329 pages

Présentation de l'éditeur
Tea-Bag, jeune Nigériane, traverse l'Europe à pied, persuadée que tout là-haut, en Suède, une porte s'ouvrira pour elle. Tania, venue de Smolensk, a franchi la Baltique à la rame, portée par le même espoir. Leïla est arrivée d'Iran alors qu'elle était enfant. Ensemble elles se démènent pour survivre dans une banlieue de Göteborg où elles ont échoué par hasard. Pendant ce temps, le célèbre auteur Jesper Humlin, qui attend l'inspiration en surveillant son bronzage et le cours de ses actions en Bourse, tente d'échapper à la tyrannie de sa petite amie et de sa mère. Le jour où sa trajectoire croise celle de Tea-Bag, Tania et Leïla, c'est le choc. Il découvre l'existence d'une Suède inconnue, clandestine, comme un double " en négatif " de la Suède officielle, laquelle ignore tout de la première. Aussitôt il envisage de détourner leurs expériences à ses propres fins. Mais les jeunes filles n'ont pas dit leur dernier mot... Dans le nouveau roman de Mankell, comédie et tragédie se donnent la main : tour à tour drôle et grave, dérisoire et engagée, cette histoire pleine de rebondissements et de larmes est un conte inspiré du XXIe siècle et un hommage vibrant à des héroïnes bien réelles.

Biographie de l'auteur
Né en 1948, Henning Mankell a débuté sa carrière professionnelle comme assistant-metteur en scène à l'âge de 17 ans. Passionné de théâtre, il a ensuite dirigé une scène de la province de Scanie. Auteur d'une quinzaine de livres pour enfants et pour adultes, il est considéré comme l'un des maîtres incontestés du roman policier suédois grâce à la série des Wallander qui met en scène un inspecteur du même nom. En 2008 sort 'Profondeurs', ouvrage dans lequel l'auteur médite sur le mensonge en empruntant à tous les genres, du théâtre au roman policier. Il partage aujourd'hui sa vie entre la Suède et le Mozambique où il dirige depuis 1996 le Teatro Avenida, qu'il présente lui-même comme la 'passion de sa vie'. Tea-Bag est son troisième roman, après Comédia infantil (Seuil, 2003) et Le Fils du vent (Seuil, 2004).

Mon avis : (lu en juillet 2007)

Je n'ai jamais eu l'occasion de lire d'autres livres de cet auteur et j'ai bien aimé ce roman qui aborde un thème très actuel et qui est souvent touchant.

On découvre avec intérêt le contexte d'immigration souvent moins connu de la Suède.

Les personnages sont très attachants : c'est la rencontre d'un poète suédois un peu original avec des sans-papiers venant de différents horizons. L'auteur aborde les sujet de la différence, du choc des cultures, de la peur de l'étranger...

Extrait :

« C'était un des derniers jours du siècle.
La fille au grand sourire fut réveillée par la pluie, le bruit des gouttes s'écrasant avec douceur sur la toile de la tente. Tant qu'elle gardait les yeux fermés, elle pouvait s'imaginer chez elle, au village, au bord du fleuve qui charriait l'eau claire et froide des montagnes. Mais dès qu'elle les ouvrait, elle avait la sensation de basculer dans une réalité vide, impossible à comprendre. Son passé se réduisait alors à un carrousel d'images hachées, saccadées, tirées de sa longue fuite. Immobile, elle faisait l'effort d'ouvrir les yeux lentement, de ne pas laisser filer les rêves tant qu'elle n'était pas prête à affronter le réveil. Ces premières difficiles minutes décidaient de la suite de la journée. Là, en cet instant, elle était entourée de pièges.

Depuis trois mois qu'elle était dans le camp, elle s'était aménagé un rituel auquel elle ajoutait chaque matin un nouvel élément, jusqu'à trouver la meilleure manière, la plus sûre, de commencer la journée sans que la panique la submerge aussitôt. L'essentiel était de ne pas se lever d'un bond avec le faux espoir que ce jour-là apporterait un événement décisif. Rien n'arrivait, dans le camp, elle en avait maintenant la certitude. C'était le premier enseignement qu'elle avait dû assimiler, à compter du jour où elle s'était traînée hors de l'eau sur cette plage caillouteuse d'Europe où elle avait été accueillie par des chiens menaçants et des douaniers espagnols armés. Etre en fuite, cela voulait dire être seul. Cette certitude valait pour tous, quelle que soit leur origine, quels que soient leurs motifs d'être partis pour l'Europe. Elle était seule et il valait mieux de ne pas espérer voir finir cette solitude, qui l'envelopperait encore pour un temps peut-être très long.

Allongée, les yeux fermés, sur le lit de camp inconfortable, elle laissait ses pensées remonter doucement à la surface. A quoi ressemblait sa vie? Au milieu de toute cette confusion, elle avait un point de repère, un seul. Elle était enfermée dans un camp de rétention du sud de l'Espagne après avoir eu la chance de survivre alors que presque tous les autres s'étaient noyés, tous ceux qui avaient embarqué à bord du bateau pourri qui devait les amener là depuis l'Afrique. Elle se rappelait la somme d'espoirs enfermés dans cette cale sombre. La liberté avait un parfum. Qui devenait de plus en plus fort à mesure que la liberté approchait, et qu'on n'en était plus séparé que par quelques milles marins. La liberté, la sécurité, une vie qui ne serait pas marquée uniquement par la peur, la faim ou le désespoir.

C'était une cale pleine de rêves, pensait-elle parfois, mais peut-être aurait-il été plus juste de dire que c'était une cale pleine d'illusions. Tous ceux qui attendaient dans l'obscurité de cette plage marocaine, entre les mains de passeurs avides venus de divers coins du monde, avaient été conduits à la rame vers le bateau qui attendait sur la rade, tous feux éteints. Des marins réduits à des ombres sifflantes les avaient poussés sans ménagement dans la cale, comme des esclaves des temps modernes. Ils n'avaient pas de chaînes aux pieds. Leurs chaînes, c'étaient les rêves, le désespoir, toute la peur au ventre avec laquelle ils avaient fui un enfer terrestre pour tenter d'atteindre la liberté en Europe. Ils touchaient presque au but quand le bateau s'était échoué. L'équipage grec avait disparu à bord des canots de sauvetage en laissant les gens entassés dans la cale se débrouiller.

L'Europe nous a abandonnés avant même que nous touchions terre. Je ne dois pas l'oublier, quoi qu'il arrive. Elle ignorait combien étaient morts noyés, et elle ne voulait pas le savoir. Les cris, les appels entrecoupés résonnaient encore dans sa tête, telle une pulsation douloureuse. Ces cris l'avaient entourée, dans l'eau froide où elle flottait, puis ils s'étaient tus un à un. En touchant les rochers, elle avait senti un déferlement de triomphe. Elle avait survécu, elle avait atteint le but. Mais quel but ? Ses rêves, elle avait tenté de les oublier par la suite. En tout cas, rien n'avait répondu à ses attentes. »

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23 novembre 2008

Dans la ville des veuves intrépides - James Canon

Dans_la_ville_des_veuves_intr_pides Belfond - 5 mars 2008 - 379 pages

Traduit de l'américain par Robert Davreu.

4ème de couverture : Baroque, foisonnante, éblouissante de fantaisie, la chronique tragico-burlesque d'une bourgade perdue au fin fond de la Colombie. Un roman brillant, inventif, hilarant, par le fils spirituel de Garcia Márquez et de Vargas Llosa. Depuis ce jour où les guérilleros ont débarqué et réquisitionné tous les hommes du village, Mariquita tombe en ruine. Seules, livrées à elles-mêmes, les femmes ne savent plus à quel saint se vouer. Qu'à cela ne tienne. De ménagères soumises, d'épouses dociles, les femmes vont se transformer en leaders politiques de choc, instigatrices flamboyantes d'un nouvel ordre social. Ainsi, les très moustachues sœurs Morales décident de remédier à leur condition de célibataires frustrées en créant un bordel ambulant ; Francisca, la veuve d'un grippe-sou notoire, mène la grande vie après avoir découvert le magot de son mari. Et surtout, Mariquita peut compter sur la tenace Rosalba, la veuve du brigadier, auto-proclamée maire, et sur le padre Rafael, seul rescapé de la gent masculine, qui n'hésite pas à se porter volontaire pour assurer la procréation de la nouvelle génération...

Auteur : James Canon est né et a grandi en Colombie. Après des études de publicité à l'université Jorge Tadeo Lozano de Bogota, à vingt-cinq ans, il part étudier l'anglais à New York. Tout en prenant des cours à la New York University, il commence à écrire. Diplômé de l'université de Columbia, il a reçu le prix d'excellence Henfield dans la catégorie fiction. Ses nouvelles ont été publiées dans de nombreuses revues littéraires et dans des anthologies comme Bésame Mucho (Painted Leaf Press) et Virgins, Guérillas & Locas (Cleis Press). James Canon vit à New York. Dans la ville des veuves intrépides est son premier roman.

Mon avis : 3/5 (lu en octobre 2008)

Ce roman est vraiment loufoque et inattendu. Beaucoup d'imagination et d'humour pour décrire une vie utopique sans hommes et dénoncer les dévastations que font les guerres civils.

On voit la vie de ce village sans hommes (ou presque) qui petit à petit s'organise à travers des différents personnages « féminins » haut en couleurs. En parallèle, on assiste à de courtes scènes violentes et « masculines » entre militaires et guérilleros.

 

 

 

Extrait : Chapitre 1

Le jour où les hommes disparurent Mariquita, le 15 novembre 1992

LE JOUR OÙ LES HOMMES DISPARURENT commença comme un dimanche matin ordinaire à Mariquita: les coqs oublièrent d'annoncer l'aube, le sacristain ne se réveilla pas à temps, la cloche de l'église n'appela point les fidèles à assister à l'office des matines, et (comme chaque dimanche depuis les dix dernières années) une seule personne se montra à la messe de six heures : doña Victoria viuda de Morales, la veuve Morales. Celle-ci était habituée à cette routine, de même que le padre Rafael. Les toutes premières fois, cela avait été gênant pour eux deux : le petit prêtre presque invisible derrière la chaire, prononçant son homélie ; la veuve assise seule au premier rang, grande et bien en chair, complètement immobile, la tête couverte d'un voile noir qui lui descendait jusque sur les épaules. À la longue, ils décidèrent de se débarrasser de la cérémonie et prirent l'habitude de s'asseoir dans un coin à boire du café et à papoter. Le jour où les hommes disparurent, le padre Rafael se plaignit auprès de la veuve de la diminution sévère des revenus de la paroisse, et ils discutèrent des différentes façons de relancer la dîme payée par les fidèles. Après leur causette, ils convinrent de laisser tomber la confession, mais la veuve reçut néanmoins la communion. Ensuite, elle récita quelques prières avant de rentrer chez elle.

Par la fenêtre ouverte de son salon, la veuve Morales entendit les marchands ambulants essayer d'intéresser les 12 lève-tôt à leurs amuse-gueule : «¡ Morcillas !» «¡ Empanadas !» «¡ Chicharrones !» Elle ferma la fenêtre, plus incommodée par l'odeur désagréable des boudins et de la friture que par les voix stridentes qui en vantaient les mérites. Elle réveilla ses trois filles et son unique fils avant de retourner à la cuisine, où elle sifflota un cantique en préparant le petit déjeuner pour sa famille. À huit heures du matin, la plupart des portes et des fenêtres de Mariquita étaient ouvertes. Des hommes passaient des tangos et des boléros sur de vieux phonographes, ou écoutaient les nouvelles à la radio. Dans la rue principale, le premier magistrat du village, Jacinto Jiménez, et le brigadier, Napoleón Patiño, tiraient dehors sous un immense manguier une grande table ronde et six chaises pliantes pour jouer au Parcheesi avec quelques voisins triés sur le volet. Dix minutes plus tard, au coin sud ouest de la place, don Marco Tulio Cifuentes, l'homme le plus grand de Mariquita, propriétaire d'El Rincón de Gardel, le bar de la ville, transportait dehors ses deux derniers clients ivres, un sur chaque épaule. Il les étendit sur le sol, côte à côte, avant de fermer boutique et de rentrer chez lui. À huit heures trente, à l'intérieur de la Barbería Gómez, un petit bâtiment en face de la mairie de Mariquita, don Vicente Gómez se mit à affûter ses rasoirs et à stériliser à l'alcool ses peignes et ses brosses, tandis que sa femme, Francisca, nettoyait les miroirs et les fenêtres avec des journaux humides. Pendant ce temps-là, deux rues plus bas, sur la place du marché, l'épouse du brigadier, Rosalba Patiño, marchandait à un fermier au visage rougeaud une demi-douzaine d'épis de maïs, tandis que des femmes plus âgées, sous des stores verts, vendaient de tout, de la gelée de pied de veau aux cassettes piratées de Thriller, de Michael Jackson.

À huit heures trente-cinq, dans le champ situé en face de la maison de la veuve Morales, les frères Restrepo commencèrent (tous les sept) à s'échauffer en prévision de leur partie de football hebdomadaire, en attendant David Pérez, le petit-fils du boucher, qui possédait l'unique ballon. Cinq minutes plus tard, deux vieilles filles aux cheveux longs et aux corps un tantinet trapus firent le tour de la place, bras dessus bras dessous, en maudissant leur célibat et en repoussant à coups de pied les chiens errants qui se trouvaient en travers de leur chemin. À huit heures cinquante, à quelques centaines de mètres de la place, dans la maison à la façade verte située au milieu du pâté de maisons, Ángel Alberto Tamacá, l'instituteur, n'arrêtait pas de se tourner et de se retourner dans son lit, en nage, rêvant d'Amorosa, la femme qu'il aimait. À neuf heures moins trois minutes, dans les faubourgs de Mariquita, à l'intérieur de La Casa de Emilia (le bordel du village), doña Emilia (en personne) passa de chambre en chambre. Elle réveilla ses derniers clients, les avertit qu'ils allaient avoir de sérieux ennuis avec leurs épouses s'ils ne partaient pas à la minute même, cria après l'une des filles parce qu'elle laissait sa chambre en désordre.


Tout de suite après que neuf heures eurent sonné au clocher de l'église, alors que l'écho du dernier coup résonnait encore dans les oreilles du sacristain, trois douzaines d'hommes en uniformes verdâtres usés jusqu'à la corde surgirent de tous les points cardinaux de Mariquita, tirant des coups de fusil, et criant «¡Viva la Revolución!». Ils avancèrent lentement le long des rues étroites du village, leurs visages bronzés maquillés de noir, et leurs chemises collées par la sueur à leurs torses malingres. «Nous sommes l'armée du peuple, déclara l'un d'eux avec un mégaphone. Nous nous battons pour que tous les Colombiens puissent travailler et être payés selon leurs besoins, mais nous ne pouvons pas le faire sans votre soutien!» Les rues s'étaient vidées ; même les animaux errants avaient fui en entendant les premiers coups de feu. «S'il vous plaît, poursuivit l'homme, aidez-nous, apportez-nous tout ce que vous pouvez.»

 

31 août 2017

Le prétendant - Hanne-Vibeke Holst

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Héloïse d'Ormesson - octobre 2015 - 717 pages

Pocket - avril 2017 - 752 pages

traduit du danois par Caroline Berg

Titre original : Kongemordet, 2005

Quatrième de couverture :
Danemark, novembre 2001. À la suite de l'écrasante défaite du gouvernement aux élections, Gert Jacobsen, ancien ministre, brigue la tête du parti et se lance dans une ambitieuse course à la popularité pour s'attirer les suffrages. Toutefois, derrière l'excellence de son parcours, cet assoiffé du pouvoir dissimule un secret et une part d'ombre. Sa femme, Linda, ne cesse d'en faire les frais. Quand les accès de violence du " prétendant " dépassent la sphère intime, sa campagne est mise en péril. 
Sait-on vraiment qui nous gouverne ? 
Jusqu'où la vie privée des politiques doit-elle être protégée ? 

Auteur : Hanne-Vibeke Holst, née en 1959 à Hjørring, est une auteur danoise. Avant de se consacrer à l'écriture, elle a longtemps été journaliste politique et s'est également illustrée par son engagement pour la cause des femmes. Elle siège aujourd'hui comme membre de la Commission danoise de l'Unesco. Véritables best-sellers au Danemark, ses romans ont été traduits en plusieurs langues, dont l'allemand, le néerlandais et le suédois. L'Héritière (2014) et Le Prétendant (2015) ont été publiés en France aux Éditions Héloïse d'Ormesson. Hanne-Vibeke Holst a reçu plusieurs prix littéraires, notamment le Søren Gyldendal en 2003 et le Laurel d'Or, prix annuel des libraires danois, en 2008. 

Mon avis : (lu en juillet 2017)
C'est la suite du roman politique "L'Héritière". Après la défaite écrasante du parti social démocrate, Per Vittrup perd son poste de Premier ministre et rendu responsable de l'échec des élections par quelques uns du parti. Son rival, Gert Jacobsen, ex-ministre des finances, a très envie de prendre sa place à la tête du parti... Charlotte Damgaard, restée fidèle à Per Vittrup, est toujours aussi populaire. Elle est moins présente dans cet épisode dont le personnage principal est Gert Jacobsen. Ce dernier a quelques secrets à cacher, en particulier le harcèlement et la violence qu'il pratique contre son épouse... Il a également la mauvaise habitude de draguer les jolies jeunes femmes qu'il côtoit... Cela pourrait lui causer du tort...
Dans ce livre, Hanne-Vibeke Holst aborde des sujets très variés comme la violence conjugale, l'intégration des immigrés, les relations avec la presse, les rivalités en politique...
C'est un roman est captivant, le lecteur se passionne pour ce suspens politique qui dévoile les dessous de la politique... Dès que possible, je me procurerai le troisième épisode de cette série !

Extrait : (début du livre)
Seuls quelques intimes, ceux qu’un futur ex-conseiller appelle la junte, sont présents dans le bureau du Premier ministre ce 20 novembre 2001, le soir des élections. Ils ne sont pas plus d’une poignée à partager le vin et la petite collation servie pour l’occasion. Le même futur ex-conseiller, le seul à faire honneur à l’excellent plat de poisson, comparera ce dernier repas à la cène, avec l’humour noir qui le caractérise. Il qualifiera l’ambiance dans le bureau du Premier ministre, où deux écrans de télévision sont allumés simultanément, l’un sur DR1, l’autre sur TV2, de surréaliste, dès le moment où les premières estimations anéantissent tout espoir pour le gouvernement de Per Vittrup de rester en place, comme l’avaient prédit les oracles. Avec son sens du détail, il décrira les narines frémissantes d’Elisabeth Meyer et la chevelure incendiaire de Gert Jacobsen, mais en premier lieu, il déplorera le refus presque autistique de la tête de file des sociaux-démocrates de s’exprimer sur cette débâcle. Moins de 30% des suffrages exprimés ! La gifle est si cuisante que le pessimiste le plus invétéré, en l’occurrence le conseiller lui-même, n’aurait jamais pu imaginer pire. Qu’attend-on d’un véritable leader dans une situation aussi dramatique ? Qu’il demande à ce qu’on le laisse seul, peut-être ? Qu’il sorte un revolver du tiroir de son bureau ou un sabre de son fourreau pour en finir avec l’existence ? Ou qu’il prenne dans sa poche un beau discours et se présente devant ses pairs pour assumer l’entière responsabilité de la défaite qui, contrairement à la victoire, est le plus souvent orpheline ? Toutes sortes de réactions sont admissibles, sauf la sienne, que le bientôt ex-conseiller comparera à celle d’une « poule qui continue à tourner en rond dans la basse-cour, refusant d’admettre qu’on vient de lui couper la tête». Quand le résultat final est annoncé, se souviendra le conseiller, c’est Elisabeth Meyer qui se révèle une fois de plus être le membre le plus viril du gouvernement. Elle est la seule à lui poser tout haut la question que tout le monde se pose tout bas : « Quel enseignement comptes-tu tirer de cette déculottée, Per ? – Pardon ? » dit le Premier ministre sortant, en même temps qu’il téléphone au président de l’antenne régionale de l’Ouest-Jutland pour savoir où ils en sont du comptage des suffrages personnels. Pour s’assurer qu’il est toujours dans le top cinq. Le futur ex-conseiller remarquera, tout en écrasant sa cigarette dans la carcasse dépouillée du poisson, que c’est à ce moment précis que Meyer et Jacobsen se détachent de lui, physiquement. Brusquement. Comme un couple qui se prend par la main pour sauter d’un train qui déraille.

 Challenge Voisins Voisines 
voisins_voisines2017
Danemark

Déjà lu du même auteur :

51frwe-dTzL L'Héritière

4 août 2017

La ferme du bout du monde - Sarah Vaughan

81Qfhx+hrVL Préludes - avril 2017 - 448 pages

traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Alice Delarbre

Titre original : The farm at the edge of the world, 2016

Quatrième de couverture :
Cornouailles, une ferme isolée au sommet d une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille... et ses secrets.1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l a préparée à ce qu elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?

Après le succès de La Meilleure d entre nous, Sarah Vaughan revient avec un roman vibrant.

Auteur : Après des études d'anglais à Oxford, Sarah Vaughan s'est consacrée au journalisme. Elle a travaillé pendant onze ans au Guardian avant de publier La Meilleure d'entre nous, son premier roman. Elle vit près de Cambridge avec son époux et leurs deux jeunes enfants.

Mon avis : (lu en juillet 2017)
Le titre et la couverture de ce roman sont pleins de promesses... Cette ferme du bout du monde est située dans les Cornouailles, au sommet d'une falaise et les premières phrases du livre nous plante un superbe décor propice au dépaysement. Dans cette ferme, il y a Maggy, sa fille Judith et Tom, le fils de Judith, qui tantent tant bien que mal de vivre des revenus de la ferme. C'est difficile, ils ont de nombreuses dettes et ils commencent sérieusement à envisager de vendre. 
Lucy, la fille de Judith, vient les rejoindre à la ferme. Elle a besoin de se ressourcer après avoir été trompée par son mari et avoir failli tuer un bébé en lui administrant une mauvaise dose d'un médicament dans son travail d'infirmière. Elle est effondrée et en revenant à la ferme, elle espère se remettre. 
L'histoire ne se situe pas simplement de nos jours... il y a également des retour dans le passé, dans les années 40, avec Maguy jeune, et le lecteur va petit à petit découvrir un secret de famille enfouit dans le passé...
J'ai passé un très bon moment de lecture avec cette histoire touchante et palpitante avec des personnages attachants dans de merveilleux paysages.

Extrait : (début du livre)
La ferme tourne le dos à l’océan et aux vents violents qui en montent par bourrasques : une longue bâtisse de granit tapie sur sa falaise. Depuis plus de trois cents ans elle est là, surveillant les champs d’orge et les troupeaux de vaches Ayrshire, qui paissent lentement, déplacent avec langueur leur masse d’un brun-roux tranchant sur le vert luxuriant.
Elle monte la garde, cette ferme, aussi immuable que les rochers, bien plus que les dunes mouvantes, elle regarde la haie débordant sur la route et prenant au piège les rares automobilistes – car peu s’aventurent jusqu’à ce lieu, qui surplombe, de très haut, la mer. Les détails changent avec les saisons – l’aubépine qui fleurit puis se dépouille, le ciel meurtri par la pluie qui s’illumine ensuite, la récolte rassemblée en meules hirsutes qui seront entreposées dans la grange… La vue, elle, reste la même : un ruban de route, s’éloignant de cette portion isolée de la côte, montant vers la tapisserie de champs pour rejoindre le cœur de la Cornouailles et le reste de la Grande-Bretagne. Et, au-delà, toujours, la lande domine la région, tout en tourbe menaçante, ocre et grise.
Au soleil, ce décor paraît idyllique. C’est une ferme qu’un enfant pourrait dessiner : un toit d’ardoises, un porche blanchi à la chaux, des fenêtres disposées avec une rigueur presque mathématique : une de chaque côté de la porte, et une troisième ajoutée au XVIIIe siècle, lors de l’agrandissement de la maison. Les proportions sont bonnes. Une construction sûre d’elle, bâtie pour résister au vent qui incline les arbres à angle droit, qui fouette les carreaux à coups de grosses gerbes de pluie, pour supporter hiver sur hiver. Deux cheminées la coiffent et, d’octobre à mai, l’odeur âcre du feu de bois se mêle aux relents puissants de la cour et aux parfums plus délicats de la côte : la puanteur fruitée du fourrage, l’odeur miellée des ajoncs et celle, salée, de l’eau, herbe humide et bouses de vaches, camomille et vesce pour le bétail.
Les jours de beau temps, les murs de granit de la maison, des granges et des dépendances brillent d’une douce lueur chaleureuse, la pierre scintillante ressort sur le bleu de l’eau. Des marcheurs, à la recherche d’un salon de thé, se délectent du spectacle qu’offre le jardin à l’arrière – les champs de céréales touffues, les vaches au ventre bien rond, les surfeurs chevauchant des moutons dans la baie. Puis ils entendent le chant. Une mélodie sublime, si constante et si irrépressible qu’elle a donné au lieu son surnom. Ce n’est plus Polblazey, mais Skylark Farm, la « ferme de l’alouette ».

 

Déjà lu du même auteur :

la meilleure d'entre nous La meilleure d'entre nous

Challenge Voisins Voisines 
voisins_voisines2017
Grande-Bretagne

8 avril 2017

La Pause - Jean-Baptiste Gendarme, Alban Périnet

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Calmann-Lévy - octobre 2014 - 96 pages

Quatrième de couverture :
Deux catcheurs, trois copines, Barack et Michelle Obama ou une famille houellebecquophile…
Une galerie de personnages burlesques ou dépressifs devisent des derniers livres d’Annie Ernaux, Jean Echenoz, Thomas B. Reverdy, ou encore Maylis de Kerangal.
Une petite bibliothèque idéale en 90 planches.
Un ouvrage pour les amoureux des livres. Et les autres aussi.

Auteurs : Auteur de plusieurs livres, dont Chambre sous oxygène (2004), Un éclat minuscule (2012) et Splendeurs et misères de l’aspirant écrivain (2014), créateur et rédacteur en chef de la revue littéraire Décapage, Jean-Baptiste lit plus de quatre livres par semaine dans un profond fauteuil. Le week-end, il coupe du bois pour compenser.
Graphiste la plupart du temps, illustrateur à ses heures, notamment pour la revue littéraire Décapage, Alban lit plus de quatre romans graphiques par semaine mal assis sur un tabouret. Le week-end, il joue au tennis pour se dégourdir les jambes.
Mon avis : (lu en février 2017)
J'ai emprunté cette BD à la bibliothèque un peu par hasard... J'ai trouvé le concept plutôt amusant de vouloir présenter le résumé d'un roman en une page de bande dessinée. 
Malheureusement, je n'ai pas été convaincue par le résultat. Le dessin n'est pas attrayant et je n'ai pas été sensible à l'humour pratiqué. Je n'ai pas réussi à lire la totalité des 90 pages, j'ai vite trouvé cette BD pénible à lire, je n'ai même pas eu envie de découvrir l'un des livres présenté et même les pages des livres que j'avais déjà lu ne me parlaient pas... Rencontre ratée...
Extrait : 

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23 janvier 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [287]

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane 

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

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Borgen : Une femme au pouvoir - Jesper Malmose 
Le jour où le bus est reparti sans elle - Marko et Béka


Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Jeux de miroirs - E.O. Chirovici (partenariat Les Escales)
Les salauds devront payer - Emmanuel Grand (partenariat Audiolib)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Au bout du chemin - Patricia Hespel
Un paquebot dans les arbres - Valentine Goby
Le Voyage de Phoenix - Jung

Bonne semaine et bonnes lectures !

28 novembre 2016

A voir à la Télé : ce soir...

Le mec de la tombe d'à côté

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Lundi 28 novembre 2016 à 20h55 sur TF1

Une adaptation du roman Le mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti par David Foenkinos

Réalisé par Agnès Obadia

Synopsis : Bibliothécaire à Honfleur, dans le Calvados, Louise se rend quotidiennement - et depuis un an - sur la tombe de son mari, lors de sa pause déjeuner. Un jour, au cimetière, elle rencontre Benoît, un éleveur bourru et taiseux, qui vient de perdre sa mère. Louise se montre très agacée par sa présence et lui demande de venir se recueillir à un autre moment. Alors que tout semble les opposer, ils se rapprochent peu à peu. Louise se confie à sa collègue Sophie.

Acteurs : Marine Delterme (Louise), Pascal Elbé (Benoît), Virginie Hocq (Sophie), Isabelle Vitari (Véronique), Patrick Descamps (Gérard), Nicolas Briançon (Frédéric Leroy), Marius Colucci (Pierre), Fabian Wolfrom (Kevin), Tatiana Gousseff (Madame Paimpec), Elisabeth Commelin (Tante Benoît), Jacques Bouanich (Père Véronique), Stéphane Pezerat (Banquier), Alain Bouzigues (Editeur Frédéric Leroy)

Mon avis : Je suis curieuse de découvrir cette adaptation à la télévision de ce roman que j'avais beaucoup aimé lorsque je l'ai découvert, il y a déjà 10 ans...
Présentée comme une comédie romantique dans les médias, je reviendrai dans quelques jours dire ce que j'en aurai pensé...

 

2 juillet 2016

Dans les prairies étoilées - Marie-Sabine Roger

dans les prairies étoilées Edition du Rouergue - mai 2016 - 256 pages 

Quatrième de couverture : 
Merlin, auteur d'une série BD à succès, perd son vieux copain Laurent, qui lui a inspiré son héros, Jim Oregon. Comment continuer à le faire vivre dans ses dessins, d'autant que dans son « testament », Laurent lui impose deux contraintes pour l'album à venir…. Marie-Sabine Roger s'amuse allègrement à jongler entre deux mondes, celui de la réalité et de la BD, et donne naissance comme toujours à une tribu de personnages tout en couleurs. Par l'auteur notamment de « La Tête en friche », « Bon rétablissement » et « Trente-six chandelles. »

Auteur : Marie-Sabine Roger est l'auteur de La tête en friche (adapté au cinéma par Jean Becker, avec Gérard Depardieu et Gisèle Casadesus), Vivement l'avenir (prix des Hebdos en région et prix Handi-Livres), Bon rétablissement (prix des lecteurs de L'Express, adapté au cinéma par Jean Becker, avec Gérard Lanvin), et Trente-six chandelles.

Mon avis : (lu en juin 2016)
Merlin est dessinateur documentariste, il dessine des planches d'aquarelle consacrées aux oiseaux, et il est également auteur de BD. Sa série Wild Oregon « est une utopie maussade, ou une dystopie joyeuse, selon que l'on voit le verre vide ou plein… », Merlin s'est inspiré de son vieil ami Laurent pour créer Jim Oregon, le personnage principal de sa BD, un justicier solitaire...
Avec Prune, sa compagne, ils viennent de s'installer dans une vieille maison à rénover à la campagne. Merlin est un homme heureux.
Et voilà que Laurent décède brutalement et Merlin est déstabilisé car ce dernier lui a laissé un testament un peu particulier, deux demandes à propos du personnage de Jim Oregon. Il ne sait que faire car il perd sa liberté de créateur. Sa vie réelle semble être envahie par ses personnages fictifs. 

Avec des personnages attachants ou caricaturaux, des situations humoristiques, une réflexion sur la création littéraire et artistique... Voilà un livre vraiment réussi et très plaisant à lire.

Extrait : (début du livre)
Nous venions de trouver la maison depuis six mois à peine, Prune et moi.
LA maison.
Celle que nous avions cherchée sur Internet des jours et nuits durant – Prune, surtout, pour être honnête, car la perverse envie de se ruiner en impôts locaux venait plus d’elle que de moi.
Notre Maison. Home Sweet Home. Celle pour laquelle nous avions traversé maintes fois la France vers le Sud-Ouest en rêvant d’une chaumière de dessin animé pour finalement nous retrouver, après huit heures de route et un mauvais sandwich, devant de vieilles bicoques sans aucun intérêt, avant de retourner chez nous, déçus, désabusés, le poil terne et la croupe basse.
Jusqu’à ce jour de mai où, le long d’une route solitaire de campagne, après deux heures de départementales désertes et de chemins communaux pourris – alors que, tel David Vincent dans la série Les Envahisseurs, nous cherchions un raccourci que jamais nous ne trouvâmes – nous dénichâmes enfin la perle rare, au bout d’un chemin sans issue.
C’était une ancienne ferme bâtie tout en longueur, avec beaucoup de cachet, comme dit dans l’annonce, qui promettait également sans vergogne des dépendances aménageables (deux granges aux toits plus creusés que l’échine d’un âne usé par une vie de charge). L’ensemble était jugé « habitable en l’état », ce qui n’était pas faux, si on décidait de ne tenir aucun compte de branchements électriques suicidaires, d’une plomberie fantaisiste (dont nous ne savions pas encore à quel point elle l’était), de sanitaires antiques, d’une fosse septique qui datait des Romains, de tapisseries des années soixante-dix à motifs hallucinogènes, et d’une mare boueuse à curer en urgence, que la dame de l’agence s’obstinait à qualifier d’« étang ».
Mais les maisons ont ceci de commun avec nous, les humains, qu’elles nous attirent, nous repoussent, ou nous laissent indifférents. Et parfois, c’est le coup de foudre, qui ne correspond jamais, ou presque, à nos critères. On pourrait dire pareil des histoires d’amour.
S’il en était autrement, Prune n’aurait pas parié un centime sur moi – dessinateur documentariste, métier en voie de disparition, et illustrateur BD à mes heures perdues, de loin les plus nombreuses et les seules rentables. Et de mon côté, je n’aurais pas jeté un seul regard sur ce drôle d’oiseau maigre qui avait passé trente ans à vendre de vieux zinzins sur les marchés aux puces et faisait du yoga en écoutant Pink Floyd.
14 juin 2016

Sélection des 5 finalistes Prix Audiolib 2016

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Voilà la sélection des 5 Audiolib choisis par le jury de blogueurs

 

Rappel de mon classement :

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1 Des fleurs pour Algernon - Daniel Keyes

Ne tirez-pas sur l'oiseau moqueur - Harper Lee

3 Si c'est un homme - Primo Levi 

Millenium 4 - Ce qui ne me tue pas - David Lagercrantz (non finaliste)

La fille du train - Paula Hawkins

D'après une histoire vraie - Delphine de Vigan

 

Vous êtes invités à choisir votre favori 
et à voter pour celui que vous préférez  ! 

(du 13 juin au 28 août 2016)

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(en cliquant sur le logo)

1 août 2016

Bilan "mi-temps" Challenge Voisins Voisines 2016

Après 7 mois, voilà un petit bilan chiffré du

Challenge Voisins Voisines 2016

voisins voisines 2016

Nous sommes 8 participants actifs

Nous avons lu ensemble 72 livres (dont 70 différents)

 

Le livre le plus lu : 

La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert - Joël Dicker  (Suisse)
par 2 lecteurs (Orzech, Yoshi73)

L'intérêt de l'enfant - Ian Mc Evan (Angleterre)
par 2 lecteurs (Manika, Orzech) 

 

 Auteurs les plus lus :

Amélie Nothomb (Belgique) : 3 livres

Audur Ava Olafsdottir (Islande) : 3 livres

 

Spécialistes...

Aproposdelivres :
Suède : 7 livres
Royaume Uni : 6 livres
(4 Angleterre+ 1 Ecosse + 1 Irlande du Nord)

Manika :
Belgique : 6 livres

Sharon :
Italie : 4 livres

 

Grands lecteurs :

Aproposdelivres : 17 livres 
Manika : 16 livres 
Orzech : 10 livres

Sharon : 9 livres 
Claudia : 6 livres
Céline : 6 livres
Yoshi73 : 5 livres
Une ribambelle : 3 livres

 

Nombre de pays visité : 17 pays
Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, Irlande, Islande, Italie, 
Norvège, Pologne, Royaume-Uni (Angleterre, Ecosse, Irlande du Nord), Russie, Serbie, Suède, Suisse

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Pays gagnants :

Angleterre (Royaume-Uni) : 16
Italie : 12
Suède : 9

 

Grands voyageurs :

Manika : 8 pays
 Aproposdelivres : 7 pays
Sharon : 6 pays
 

Challenge Voisins Voisines 2016 - Billet récapitulatif 
(pour y laisser vos liens)

 

Bilan chiffré du 22/07/2016

J'ai peut-être oublié de noter une ou plusieurs de vos lectures... 
N'hésitez pas à me signaler mes erreurs, elles seront rectifiées ultérieurement  !

 

11 mars 2015

Concours : 2 Entrées au Salon du Livre de Paris à gagner !

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Les règles du concours :

 1) date du concours du 11/03 au 12/03/2014 minuit 
(Attention : c'est court... mais il faut le temps de recevoir les places)

2) Répondre au concours en utilisant le formulaire Contactez l'auteur

3) Ne pas oublier de me donner vos coordonnées nom et adresse pour l'envoi 

4) Un tirage au sort sera effectué le 13/03/2014 sur les bonnes réponses 
pour déterminer les 2 gagnants qui recevront leur gain par la poste.

 

Les questions :

1) Quel pays est mis à l'honneur cette année au Salon du Livre de Paris ?

2)  Quelle ville est mise à l'honneur cette année au Salon du Livre de Paris ?

3) Citer une des expositions prévues au Salon du Livre de Paris.

 

concours terminé

résultats

 

25 décembre 2014

Joyeux Noël

Paix, Amour, Fraternité et Santé !

Noel

C'est Noël tous les jours

C'est Noël chaque fois qu'on essuie une larme dans les yeux d'un enfant
C'est Noël chaque fois qu'on dépose les armes et chaque fois qu'on s'entend
C'est Noël chaque fois qu'on arrête une guerre et qu'on ouvre les mains
C'est Noël chaque fois qu'on force la misère à reculer plus loin

C'est Noël sur la terre chaque jour
Car Noël, mon frère, c'est l'Amour

C'est Noël quand nos coeurs oubliant les offenses sont vraiment fraternels
C'est Noël quand enfin se lève l'espérance d'un amour plus réel
C'est Noël quand soudain se taisent les mensonges faisant place au bonheur 
Et qu'au fond de nos vies, la souffrance qui ronge trouve un peu de douceur

C'est Noël sur la terre chaque jour.
Car Noël, ô mon frère, c'est l'Amour

C'est Noël dans les yeux du pauvre qu'on visite sur son lit d'hôpital
 C'est Noël dans le coeur de tous ceux qu'on invite pour un bonheur normal
C'est Noël dans les mains de celui qui partage aujourd'hui notre pain
C'est Noël quand le gueux oublie tous les outrages et ne sent plus sa faim

 C'est Noël sur la terre chaque jour
Car Noël, mon frère, c'est l'Amour

 


"C'est Noël tous les jours" de l'Ensemble Vocal l'Alliance

 

15 novembre 2014

Blog Anniversaire !

J'ai failli oublier que c'était le jour du 6ème anniversaire de mon blog !

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En commençant en 2008, je n'imaginais pas toutes les découvertes que je ferai...

De nombreux livres grâce aux autres blogs, aux partenariats, aux challenges...

Les salons : Salon du Livre à Paris, Festival Rue des Livres à Rennes, Festival America à Vincennes...

Les échanges entre blogueuses et blogueurs virtuels et réels...

Participation au jury du Grand Prix Elle...

Que de belles choses !

Et ce n'est pas fini, je repars pour une nouvelle année !

Merci à tous !

1 janvier 2016

Bilan final Challenge Voisins Voisines...

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Nous étions 15 participants actifs

Nous avons lu ensemble 177 livres (dont 164 différents)

Les livres les plus lus : 
Teir Philippe – La Guerre d’hiver (Finlande)
par 3 lecteurs (Sharon, Canel, Aproposdelivres)

Hawkins Paula – La fille du train (Angleterre)
par 3 lecteurs (Canel, Lydie, Manika)

 Spécialistes...

Angleterre  : Manika (7 livres), Céline (6 livres)
Italie : Manika (6 livres)
Belgique : Argali
 (6 livres)

 Grands lecteurs :

Sharon : 38 livres 
Manika : 28 livres
Aproposdelivres : 19 livres 
Une ribambelle : 15 livres
Canel : 14 livres
Céline : 13 livres
Lydie : 10 livres
Ariane : 9 livres
Argali, eimelle, Icath : 8 livres
monpetitchapitre : 3 livres
Leshakili : 2 livres
Nadaël, Passion culture : 1 livre

 L'auteur le plus lu :

Amélie Nothomb avec 5 livres différents

 

Nombre de pays visité : 25 pays

Albanie, Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Macédoine, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni (Angleterre, Ecosse), Russie, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie, Ukraine

 

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(Pour avoir le carte en plus grand : clic droit / Ouvrir le lien dans une nouvelle fenêtre)

 Pays gagnants :

Angleterre (Royaume-Uni) : 41 
Belgique : 21

Suède : 15

Grands voyageurs :

Sharon : 22 pays 
Aproposdelivres, Manika, Une ribambelle : 9 pays

Canel, Icath : 8 pays

 

Challenge Voisins Voisines 2015 - Billet récapitulatif 

Bilan chiffré du 31/12/2015

J'ai peut-être oublié de noter une ou plusieurs de vos lectures... 
N'hésitez pas à me signaler mes erreurs, elles seront rectifiées ultérieurement  !

Le challenge se poursuit en 2016 !

voisins voisines 2016

26 décembre 2014

Challenge Petit Bac 2015

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Durant le mois de décembre, je me suis ré-inscrite au Challenge Petit BAC pour 2015 organisé par Enna,
il s'agit de lire des romans ayant dans leurs titres un mot correspondant aux différentes rubriques
du "Petit BAC". Au moins 1 livre pour chacune des rubriques.
Cette année, il y a de nouvelles rubriques...

 Voici ma liste : 
avec quelques livres déjà dans ma PAL perso ou empruntés à la Bibliothèque...

 Prénom :
(fille ou garçon ou surnom)

 9782505061632_1_75 Charly-9-couv 101938617 (1) 9782356419323-T (1) tom l'éclair 9782226317148g 105626639107640216

 Les vieux fourneaux tome 2 : Bonny and Pierrot - Wilfrid Lupano et Paul Cauuet (1) 
Charly
9 - Richard Guérineau d'après Jean Teulé (2) 
Oona et Salinger - Frédéric Beigbeder (3) 
Joseph - Marie-Hélène Lafon (4) 
Comment Thomas Leclerc 10 ans 3 mois et 4 jours est devenu Tom l'Eclair et a sauvé le monde... - Paul Vacca (5) 
Les nuits de la Saint-Jean - Viveca Sten
Camille, mon envolée - Sophie Daull (7) 
Paul en appartement - Michel Rabagliati (8)

Lieu  :
(réel ou imaginaire, ville, pays, continent, ou lieu géographique naturel)

CVT_Qui-es-tu-Alaska-_5671 un hiver à paris 103232781 105501958 le pays où 107399654 104440838

Qui es-tu Alaska ? - John Green (1) 
Un hiver à Paris - Jean-Philippe Blondel (2) 
Un Océan D'amour - Lupano et Panaccione (3) 
Les nuits de Reykjavik - Arnaldur Indridason (4) 
Le pays où l'on arrive jamais - André Dhôtel (5) 
Berezina - Sylvain Tesson (6) 
L'île du Point Némo - Jean-Marie Blas de Roblès (7)



Animal : (réel ou imaginaire)

l'effet papillon six fourmis blanches 9782356417251-T 102910076 (1) 105621445 106267352 106786777 

 L'effet papillon - Jussi Adler Olsen (1) 
Six fourmis blanches - Sandrine Collette (2) 
Trois mille chevaux-vapeur - Antonin Varenne (3) 
Les loups blessés - Christophe Molmy (4)
Dent d'ours - tome 3 - Werner - Yann et Henriet (5)
Les Crocodiles - Thomas Mathieu (6) 
Mamette, Tome 6 : Les papillons - Nob (7)

  Objet :

un parfum d'herbe coupée n'entre pas dans mon ame 9782356417145-T 102696527 (1) 105626630 107590612 123 foulard

Un parfum d'herbe coupée - Nicolas Delesalle (1) 
N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures - Paola Pigani (2) 
Le vieux qui lisait des romans d'amour - Luis Sepulveda (3) 
La Bibliothèque des cœurs cabossés - Katarina Bivald (4) 
Le Secret de la manufacture de chaussettes inusables - Annie Barrows (5) 
Le Papyrus de César - Jean-Yves Ferri, Didier Conrad (6) 
1, 2, 3... foulard - Eric Sanvoisin (7)



Couleur :

la couleur du lait l'apache aux yeux mamette,-tome-2---l-age-d-or-96242-250-400 mamette_4 105500966 noir septembre 9782226318176m

La Couleur du lait - Nell Leyshon (1) 
L'Apache aux yeux bleus - Christel Mouchard (2) 
Mamette, Tome 4 : Entre ciel et terre - Nob (3)
Mamette, Tome 2 : L'âge d'or - Nob (4) 
Les amandes vertes, Lettres de Palestine - Anaële et Delphine Hermans (5) 
Noir Septembre - Inger Wolf (6)
La piste noire - Åsa Larsson (7)

Pronom personnel sujet :

si j'étais un rêve 9782756035505_1_75 nous sommes tous des exceptions sais-tu pourquoi la meilleure d'entre nous on ne voyait Et tu es revenu

 Si j'étais un rêve... - Charlotte Bousquet (1) 
Ce n'est pas toi que j'attendais - Fabien Toulmé (2) 
Nous sommes tous des exceptions - Ahmed Dramé (3)
Sais-tu pourquoi je saute ? - Naoki Higashida (4)
La meilleure d'entre nous - Sarah Vaughan (5)
On ne voyait que le bonheur - Grégoire Delacourt (6) 
Et tu n'es pas revenu - Marceline Loridan-Ivens (7)

Titre en un seul mot :

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Acquanera - Valentina D'Urbano (1) 
Constellation - Adrien Bosc (2) 
Yeruldelgger - Ian Manook (3) 
Refuges - Annelise Heurtier (4) 
Checkpoint - Jean-Christophe Rufin (5) 
Macadam - Jean-Paul Didierlaurent (6) 
Afghanes - Suzanne Fisher Staples (7)
Carthage - Joyce Carol Oates (8)

Taille : 
(tout ce qui désigne une taille, grandeur, grosseur ou mots associés)

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Le Grand désordre - Alzheimer, ma mère et moi - Sarah Leavitt (1)
L'avenue des Géants - Marc Dugain (2) 
La Surface de réparation - Alain Gillot (3) 
Les petits vieux d'Helsinki - Minna Lindgren(4) 
Des garçons bien élevés - Tony Parsons (5)
Le strict maximum - Charlie Poppins
20 pieds sous terre - Charlotte Erlih

Musique :

henry k larsen book_faces 103195593 si j'étais un rêve 9782330048204 9782356419347-T si c'est un homme 107105931

Le journal malgré lui de Henry K. Larsen - Susin Nielsen (1) 
Faces B - François Thomazeau (2)
Danser les ombres - Laurent Gaudé (3) 
Si j'étais un rêve... - Charlotte Bousquet (4) 
La coloc - Jean-Philippe Blondel (5) 
La vérité et autres mensonges - Sascha Arango (6) 
Si c'est un homme - Primo Levi (7)
A la poursuite de ma vie - John Corey Wharey (8)

Mort :

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Lettres mortes - Robert Allison (1)
La Guerre d'hiver - Philip Teir (2) 
En finir avec Eddy Bellegueule - Edouard Louis (3)
Millenium 4 - Ce qui ne me tue pas - David Lagercrantz (4) 
Les amis du Paradis - Caroline Vermalle (5) 
Un bonheur si fragile - tome 2 : Le drame - Michel David (6)
Les vieux fourneaux - tome 3 : Celui qui part (7)

Bonus : Gros mot

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Tout foutre en l'air - Antoine Dole (1)

 

Récapitulatifs :

Challenge Petit BAC 2014 (9 lignes) 
Challenge Petit BAC 2013 (9 lignes)
Challenge Petit BAC 2012 (5 lignes)
Challenge Petit BAC 2011 (3 lignes)

9 septembre 2014

Les gouffres - Antoine Choplin

les gouffres La Fosse aux ours - février 2014 - 131 pages

Quatrième de couverture :
Au coeur de paysages singuliers qui pourront évoquer les revers sombres de l'Histoire, des hommes, solitaires ou réunis en une clique fragile, entreprennent un périple. Aux processus guidant leur épopée, il est ici porté une attention particulière. Tous déploient un arsenal de ruses pour approcher, voire atteindre, leur objectif.
Le ressort de ces progressions emprunte avant tout à des forces d'humanité, de simple et lumineuse intelligence, de fraternité pure. Des quêtes minuscules, comme autant de fables espérant chacune de cette capacité inouïe de l'homme à se maintenir debout, le regard tendu sans relâche vers un nouvel horizon.

Auteur : Né en 1962, Antoine Choplin vit près de Grenoble, où il partage son temps entre l’écriture et l’action culturelle. Il est directeur de « Scènes obliques », dont la vocation est d’organiser des spectacles vivants dans les lieux inattendus, des sites de montagne. Il est aussi l’animateur depuis 1996 du Festival de l’Arpenteur (Isère), qui chaque mois de juillet programme des rencontres inhabituelles entre des créateurs (notamment des écrivains) et le public. Il s’est fait connaître en 2003 lors de la publication de son roman, Radeau, (2003), qui a connu un vrai succès populaire (Prix des librairies « Initiales », Prix du Conseil Général du Rhône). Parmi ses derniers titres : Léger Fracas du Monde (2005), L’impasse (2006), Cairns (2007), et de Apnées (2009), Cour Nord (2010), Le héron de Guernica (2011), La nuit tombée (2012).

Mon avis : (lu en août 2014)
Lorsque j'ai emprunté ce livre à la Bibliothèque avant de partir en vacances, je pensais que c'était un roman et non un recueil de quatre nouvelles. 
« Les Gouffres » : Milton et Prez, deux hommes sans domicile fixe, traversent une villes et des rues désertes, ils doivent franchir des gouffres qui s'ouvrent devant leurs pas. Autour d'eux il n'y a que ruines et désolation et obstinément ils veulent atteindre le canal.
« Le cours des choses » : Wagram travaille dans un lieu mécanique, aseptisé, il a comme fonction :« éviter que le cours des choses ne s'arrête ». En secret, il surveille la croissance d'une graine qu'il a planté dans un pot sur son rebord de fenêtre. 
« La Conjecture d’Olga » : Trois hommes prisonniers dans un camp se soutiennent moralement et physiquement. L’un d'entre eux, très fatigué, griffonne sans arrêt dans un petit carnet, il fait cela pour Olga...
« L’Automatophone » : Dans une ville déserte, de nuit, un homme et son automatophone, genre d’orgue de barbarie imposant, tente de se déplacer à la lumière des réverbères...
Il se dégage dans les quatre nouvelles une atmosphère post-apocalyptique, des personnages seuls ou très liés face à un environnement hostile ou sombre.
J'ai bien aimé la première et surtout la troisième nouvelles, les deux autres m'ont moins parlée. L'écriture d'Antoine Choplin est simple, poétique, pleine d'humanité.
Mes livres préférés de cet auteur restent Le héron de Guernica et La nuit tombée.

Autres avis : JérômeLeiloona et Noukette

Extrait : (début du livre)
Ça se passera un matin et on sera surpris toi et moi que ça se passe ce matin-là plutôt qu'un autre. Le jour sera pas entièrement levé mais le grand voile sombre posé sur les choses commencera à se dissiper. J'aurais décidé ça tout seul que c'est pour ce jour-là et pas pour un autre. Je te regarderai un bon moment avec ma décision dans la tête, enroulé dans ta couverture, encore endormi, avant de prononcer un mot. Mais peut-être que toi, comme un vieux chien, t'auras senti tout ça parce que c'est sûr que pour ce qui est du flair t'es vraiment un champion ; tu l'auras senti et pourtant tu resteras immobile, en attendant que je dise quelque chose. Moi, je commencerai à sortir mes bras de sous la couverture et à les croiser derrière la tête comme un gars qui envisage sereinement l'avenir. Et après un petit moment, je tendrai la main vers toi et je te tapoterai du côté de l'épaule.
Hé, Milton.

D'abord tu bougeras pas, tu resteras sur le flanc tourné vers le mur mais tu parles que t'auras ouvert les yeux d'un coup.
Milton, hé, Milton.
Au bout d'un moment, tu me demanderas ce qui se passe.
Tu veux savoir ce qui se passe, Milton ?
Tu répondras pas et tu continueras à me tourner le dos avec les yeux écarquillés.
Hier soir, tu l'as bien vérifié ton sac au moins ?
Oui, comme tous les soirs, je l'ai bien vérifié.
Et quand tu diras ça, ta voix commencera à trembler et juste après tu te retourneras d'un coup vers moi et on se regardera un bon moment en silence.
Tu sais pourquoi je te demande ça, au sujet de ton sac, hein Milton que tu le sais ?
Tu me répondras que t'as comme une idée sur la question. Et tu te relèveras un peu, en t'appuyant sur ton coude. Je me relèverai moi aussi, je m'assiérai en repoussant la couverture et ça fera voler un petit nuage de poussière.
On va partir, Milton. J'ai décidé ça, qu'on allait partir. C'est pour aujourd'hui.
Tu regarderas vers ton sac, puis vers moi, puis vers ton sac, puis encore vers moi.
T'as bien réfléchi Prez avant de décider !
Si j'ai réfléchi. On peut pas plus réfléchir à cette question que je l'ai fait, ça, t'as ma parole.
Tu plisseras le front.
Ben oui, c'est pour aujourd'hui, Milton.

T'auras pas l'air si content que ça et je t'en ferai la remarque.

Déjà lu du même auteur :

le_h_ron_de_guernica Le héron de Guernica 5600 La nuit tombée 

cour_nord Cour Nord choplin_radeau Radeau

 

20 août 2014

Le vieux qui lisait des romans d'amour - Luis Sepúlveda

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Editions Métailié - avril 1992 - 130 pages

Points - 1994 - 130 pages

Points - janvier 1997 - 120 pages

Points - janvier 2003 - 120 pages

Editions Métailié - mai 2004 -137 pages

traduit de l’espagnol (Chili) par François Maspero

Titre original : Un viejo que leía novelas de amor, 1992

Quatrième de couverture :
Lorsque les habitants d'El Idilio découvrent dans une pirogue le cadavre d'un homme blond assassiné, ils n'hésitent pas à accuser les Indiens de meurtre. Seul Antonio José Bolivar déchiffre dans l'étrange blessure la marque d'un félin. Il a longuement vécu avec les Shuars, connaît, respecte la forêt amazonienne et a une passion pour les romans d'amour. En se lançant à la poursuite du fauve, Antonio José Bolivar nous entraîne dans un conte magique, un hymne aux hommes d'Amazonie dont la survie même est aujourd'hui menacée.

Auteur : Luis Sepúlveda est né au Chili en 1949. Ses best-sellers sont traduits dans le monde entier, Le Vieux qui lisait des romans d’amour, Journal d’un tueur sentimental et Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre.

Mon avis : (lu en 1995)
L’histoire se passe au fin fond de l’Amazonie, à El Idilio un village. C’est là qu'habite Antonio José Bolivar, il est arrivé là, il y a des années, un peu par hasard.  Il espérait une vie meilleure et un terrain à faire fructifier... Une utopie en pleine Amazonie puisque la nature a toujours le dessus, malgré tout il est resté à El Idilio. Grâce aux indiens locaux, les Shuars, il va apprendre à se débrouiller dans le milieu hostile de la forêt vierge. 
Lorsque l'histoire commence le corps sans vie d'un homme est retrouvé. Les villageois soupconnent immédiatement les indiens Shuars. Seul le "vieux" est persuadé que le coupable est un félin...
Sepulveda est un vrai conteur et avec l'histoire d'Antonio Jose Bolivar, le vieux qui lisait des romans d'amour, il nous parle de l'Amazonie. Un très bel hommage à la nature, un conte plein d'humanité et de poésie.

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En faisant ce billet, j'ai découvert que ce livre avait été adapté au cinéma en Australie par Rolf de Heer en 2001. Intitulé The Old Man Who Read Love Stories, Richard Dreyfuss tient le premier rôle et est accompagné, entre autres, par Timothy Spall et Hugo Weaving. 

Extrait : (début du livre)
Le ciel était une panse d’âne gonflée qui pendait très bas, menaçante, au-dessus des têtes. Le vent tiède et poisseux balayait les feuilles éparses et secouait violemment les bananiers rachitiques qui ornaient la façade de la mairie.
Les quelques habitants d’El Idilio, auxquels s’étaient joints une poignée d’aventuriers venus des environs, attendaient sur le quai leur tour de s’asseoir dans le fauteuil mobile du dentiste, le docteur Rubincondo Loachamín, qui pratiquait une étrange anesthésie verbale pour atténuer les douleurs de ses clients.
— Ça te fait mal ? questionnait-il.
Agrippés aux bras du fauteuil, les patients, en guise de réponse, ouvraient des yeux immenses et transpiraient à grosses gouttes.
Certains tentaient de retirer de leur bouche les mains insolentes du dentiste afin de pouvoir lui répondre par une grossièreté bien sentie, mais ils se heurtaient à ses muscles puissants et à sa voix autoritaire.
— Tiens-toi tranquille, bordel ! Bas les pattes ! Je sais bien que ça te fait mal. Mais à qui la faute, hein ? À moi ? Non : au gouvernement ! Enfonce-toi bien ça dans le crâne. C’est la faute au gouvernement si tu as les dents pourries et si tu as mal. La faute au gouvernement.
Les malheureux n’avaient plus qu’à se résigner en fermant les yeux ou en dodelinant de la tête.
Le docteur Loachamín haïssait le gouvernement. N’importe quel gouvernement. Tous les gouvernements. Fils illégitime d’un émigrant ibérique, il tenait de lui une répulsion profonde pour tout ce qui s’apparentait à l’autorité, mais les raisons exactes de sa haine s’étaient perdues au hasard de ses frasques de jeunesse, et ses diatribes anarchisantes n’étaient plus qu’une sorte de verrue morale qui le rendait sympathique.
Il vociférait contre les gouvernements successifs de la même manière que contre les gringos qui venaient parfois des installations pétrolières du Coca, étrangers impudiques qui photographiaient sans autorisation les bouches ouvertes de ses patients.
À quelques pas de là, l’équipage du Sucre chargeait des régimes de bananes vertes et des sacs de café.
Sur un bout du quai s’amoncelaient les caisses de bière, d’aguardiente « Frontera », de sel, et les bonbonnes de gaz débarquées au lever du jour.
Le Sucre devait appareiller dès que le dentiste aurait terminé de réparer les mâchoires, pour remonter les eaux du Nangaritza, déboucher dans le Zamora et, après quatre jours de lente navigation, rejoindre le port fluvial d’El Dorado.
Le bateau, une vieille caisse flottante mue par la volonté de son chef mécanicien, les efforts des deux costauds qui composaient l’équipage et l’obstination phtisique d’un antique diesel, ne devait pas revenir avant la fin de la saison des pluies dont le ciel en deuil annonçait l’imminence.

Déjà lu du même auteur : 

le_monde_du_bout_du_monde_p Le Monde du bout du monde

Challenge Petit Bac 2014
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"Objet" (9)

20 juillet 2014

Le Viking qui voulait épouser la fille de soie - Katarina Mazetti

le viking Gaïa - mars 2014 - 256 pages

traduit du suédois par Lena Grumbach

Titre original : Blandat blod, 2008

Quatrième de couverture :
Sur une île du sud de la Suède au Xe siècle, un homme vit seul à la ferme avec ses deux fils. Le chemin de ceux-ci est tout tracé : naviguer au loin, pour guerroyer au-delà des mers à l'Ouest, ou pour faire commerce sur les voies fluviales de l'Est. De l'autre côté de la Baltique, à Kiev, vivent un marchand de soie et sa famille. Radoslav rêve de devenir soldat, sa soeur Milka est une jeune fille raffinée qui joue avec ses deux esclaves : Petite Marmite et Poisson d'Or. Mais la belle ville d'Orient est sur le point de tomber aux mains des pillards. Milka et Radoslav trouveront refuge auprès de rustres navigateurs venus du Nord. Dès lors le destin des deux familles sera à jamais mêlé.

Du suspense, de l'amour, du sang, des combats, et même de la poésie - eh oui, les Vikings étaient aussi de formidables poètes !

Auteur : Née en 1944, Katarina Mazetti est journaliste, productrice radio et auteur de livres pour la jeunesse et de romans pour adultes. La France caracole largement en tête des pays où elle connaît un immense succès. 

Mon avis : (lu en juillet 2014)
Voilà une histoire très différente des autres livres de Katarina Mazetti. Ce livre est une fresque épique autour des Vikings au Xème siècle. C'est passionnant de suivre les aventures de deux familles. La première vit sur une île du sud de la Suède avec Säbjörn et ses deux fils Svarte et Kare dont la mère Alfdis a disparu juste après la naissance du benjamin. Säbjörn est constructeur de bateaux et vit dans une ferme. Les deux frères très différents se déchirent. L'autre famille vit à Kiev, Chernek est marchand de soie, son fils Radoslav rêve de devenir soldat, sa fille Milka est une jeune fille a qui il a offert pour ses dix ans deux esclaves : Petite Marmite et Poisson d'Or. Le destin de ces deux familles va être lié lorsque Kiev va être sur le point de tomber entre de mauvaises mains et que Milka et Radoslav fuiront en trouvant refuge auprès de navigateurs venus du Nord.
Le lecteur découvre le quotidien des Vikings de l'époque, leurs traditions, leurs croyances, les esclaves... C'est passionnant !

Au début du livre, il y a deux cartes très utiles pour situer d'une part quelques îles du sud de la Suède et les voyages des Vikings du Danemark à l'Empire Byzantin en passant par la Suède, Novgorod (Russie), Kiev et Constantinople... 
A la fin du livre, l'auteur fait un point sur ce qui est vrai et ce qui est romancé dans cette histoire cela complète vraiment bien le roman.

Extrait : (début du livre)

Säbjörn, constructeur de bateaux dans le Blecinga, 
sa maisonnée et son foyer, 
son épouse disparue 
et la soeur de celle-ci, 
la völva qui parle aux oiseaux.

Säbjörn était un homme qui vivait avec ses domestiques et ses esclaves dans une ferme délabrée sur Möckelö, une île de la côte est du pays qu'on nommait le Blecinga. Ce nom lui venait peut-être du calme plat, le bleke, qui règne souvent sur l'eau, encore aujourd'hui, entre les nombreuses îles le long du littoral. Mais à l'époque qui vous sera narrée, ces régions n'avaient rien de calme. Beaucoup de navires passaient ici ou cherchaient refuge dans les baies de l'archipel. Certains navigateurs se présentaient sans mauvaises intentions, les bateaux chargés de marchandises. D'autres surgissaient la nuit pour piller et voler, et souvent on n'avait pas le temps d'apprendre d'où ils venaient que leurs haches avaient déjà parlé.
Säbjörn était grand et laid ; il avait des cheveux grisonnants et une bouche charnue. Ses petits yeux d'un bleu délavé étaient profondément nichés sous ses sourcils broussailleux dont les poils étaient raides comme de l'herbe givrée. Une grosse cicatrice fendait sa lèvre inférieure en deux lobes pendants, mal dissimulés par une barbe touffue. On l'appelait parfois Lèvre-Fendue quand il avait le dos tourné. Cette entaille lui avait été infligée dans ses jeunes années, quand il s'opposait à une bande de brigands surgie subitement du brouillard des eaux de Möckelö, une nuit d'automne. Elle n'était certainement pas jolie à voir, cette cicatrice, mais Säbjörn avait pu protéger les siens et ses biens et ça en avait valu la peine. Secrètement, il en était fier, car elle lui rappelait le combat victorieux. Il n'hésitait pas à attirer l'attention dessus en se plaignant des difficultés que cela représentait de boire dans un gobelet avec une bouche comme la sienne. La boisson s'écoulait à flots par la lèvre fendue et ruisselait sur son menton.
Pendant le semestre d'été, Säbjörn passait de longues périodes sur les îles tout au bout de l'archipel, Inlängan et Utlängan, juste à l'endroit où la route maritime venant de l'ouest changeait de cap et bifurquait vers le nord en direction de la ville de Birka et plus loin encore. Là, avec ses hommes, il avait entreposé le meilleur bois pour construire les embarcations légères et rapides à faible tirant d'eau qui étaient sa spécialité, des knörrs larges pour des expéditions commerciales et de petites barques pour toutes sortes d'usages. Ils disposaient d'une forge pour fabriquer des chaînes et des rivets, et ils avaient aménagé de solides jetées en pierre entre lesquelles les bateaux achevés pouvaient être amarrés. Des voyageurs du nord comme du sud venaient chez Säbjörn et ses hommes pour faire remettre en état leurs navires, réparer des mâts brisés ou des voiles déchirées et aveugler des voies d'eau. Säbjörn construisait uniquement des bateaux de taille modeste, pas les navires de guerre capables de naviguer en haute mer avec un important équipage de rameurs armés, bien qu'on lui eût souvent offert de l'or et de l'argent pour le faire. La guerre ne l'intéressait pas, il était un homme de paix, même si on avait du mal à le croire quand les crins de ses sourcils se mettaient à trembler et que les narines de son nez rougi se dilataient. Dans ces moments, l'explosion de colère n'était pas loin et ses hommes et ses esclaves savaient se mettre à l'abri lorsque bols et plats, outils et louchées de gruau volaient, lancés avec une grande précision sur la personne qui avait éveillé sa rage. On l'entendait souvent pester contre ses gens, et celui qui énervait sciemment Säbjörn le constructeur de bateaux devait se tenir prêt à quitter précipitamment la maison, alors qu'une hache au manche vibrant et résonnant se plantait dans le chambranle de la porte derrière lui.

 

Déjà lu du même auteur :

le_mec_de_la_tombe_d___cot_ Le mec de la tombe d'à côté   les_larmes_de_Tarzan Les larmes de Tarzan 

entre_dieu_et_moi_c_est_fini  Entre Dieu et moi, c’est fini  le_caveau_de_famille Le caveau de famille 

mon_doudou_divin Mon doudou divin 

 

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Suède

  Challenge Petit Bac 2014
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10 août 2014

A comme... Destination Afrique du Sud

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L'Afrique du Sud a été dans l'actualité, avec la mort de Nelson Mandela le 5 décembre dernier...

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 Pleure, ô pays bien-aimé – Alan Paton 

Un roman bouleversant écrit en 1947 par un sud africain blanc. 
Il décrit et dénonce la réalité brutale et injuste de l'apartheid.

 

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 L'église des pas perdus - Rosamund Hadden

 C'est l'histoire de l'amitié entre 2 femmes, une blanche et une noire,
en Afrique du Sud. Un récit poignant très bien écrit.

 

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Zulu – Caryl Férey 

 Un polar écrit par un françaisqui nous dresse un portrait de l'Afrique du Sud sombre et violent après l'apartheid. 
Avec une intrigue policière très bien construite, l’auteur dénonce le nouvel « apartheid social »
dont sont victimes les plus pauvres et les plus faibles. 

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18 février 2014

La Femme à la clé - Vonne van der Meer

La-Femme-à-la-clé Editions Héloïse d'Ormesson - août 2013 - 205 pages

traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin

Titre original : De vrouw met de sleutel, 2011

Quatrième de couverture : 
"Femme, 59 ans, d'apparence maternelle, hanches larges, voix agréable, vient vous border et vous faire la lecture avant que vous vous endormiez. Discrétion assurée. Intentions sexuelles totalement exclues".
Voilà l'annonce un brin malicieuse que rédige Nettie, lorsque la recherche d'un travail devient inévitable, quelques mois après le décès de son mari. Sans expérience professionnelle à faire valoir, elle se tourne vers sa passion et propose aux âmes esseulées chômeur célibataire, hôtesse de l'air divorcée, fillette qui boude l'école ses services en tant que lectrice. Devenue, au fil des jours, confidente, amie, conseillère, Nettie reprend goût à la vie, et ses clients avec elle.
Dans ces pages imprégnées de délicatesse, Vonne van Der Meer capte les plaisirs minuscules et les joies simples de l'existence. La Femme à la clé est un voyage enchanteur à travers les livres, où s'abolissent angoisse et tristesse.

Auteur : Née aux Pays-Bas en 1952, Vonne Van der Meer a publié son premier roman en 1987. Elle a rencontré un grand succès avec sa trilogie parue aux Editions Héloïse d'Ormesson autour de La Maison dans les dunes.

Mon avis : (lu en février 2014)
A 59 ans, Nettie a perdu son mari il y a quelques mois, elle n'a aucune expérience professionnelle et mais pour ses finances, il va falloir qu'elle se trouve un travail. Elle invente celui de « lectrice avant d'aller dormir » et passe une petite annonce pour trouver quelques clients. Il y aura Olivia, une hôtesse de l'air un peu dépressive, Renée, une fillette de onze ans qui refuse d'aller à l'école et qui écrit des histoires, Michaël, un jeune homme manquant de confiance en lui, Harry, Antoinette, Sonia...
Nettie devient bien plus qu'une lectrice, souvent elle possède la clé de leur domicile, en venant les voir dans leur chambre à l'heure du coucher, elle entre dans leur intimité. Elle a une rôle d'écoute, de confidente et ses clients aident Nettie à oublier ses propres soucis.
Le roman est écrit comme un journal, Nettie évoque son quotidien, quelques souvenirs avec son mari ou ses enfants, qui ne sont pas au courant de son activité. Elle note surtout ses impressions sur chaque visite chez ses clients, elle raconte leurs relations, leurs lectures. Elle retranscrit également certaines de ses lectures. 
J'ai un avis mitigé sur cette lecture, j'ai aimé l'idée, le personnage de Nettie est attachante comme certains de ses clients. J'ai été gênée par l'inclusion de ces textes lus dans le livre. J'avais parfois du mal à différencier l'histoire de Nettie et ses clients et ses extraits d'oeuvres. 

Extrait : (début du livre)
C'était une douce soirée de printemps. On pouvait se passer de coupe-vent et de pulls, les nouer autour de la taille. Nous chantions en cette fin de journée, comme la veille et l'avant-veille. Mais l'impression de nouveauté avait disparu et rien ne laissait présager un incident particulier.
« Nous ne sommes pas près de rentrer chez nous, la route est longue, la route est longue... » « Le petit pot de graisse sur la table j'ai posé... » « Et hop, les garçons ça ne vaut rien, hop, les garçons ça ne vaut rien. Et les filles, ça ne connaît rien au foot... »
Les garçons avaient mêlé leurs voix à celles des filles, pas seulement les garçons de notre classe mais tous ceux des écoles voisines et même de plus loin, pour chanter que les filles, ça ne vaut rien. Et que ça ne connaît rien au foot. Nous hurlions ces curieuses paroles comme si nous étions sur le sentier de la guerre. Le lendemain, quand serait décernée la médaille de la Marche de quatre jours, il fallait absolument avoir la voix cassée. Plus que cette médaille, l'extinction de voix était la preuve qu'on avait été de la partie.
Nous chantions pour ne pas perdre courage. « On y est presque, on y est presque, mais pas encore tout à fait... » Nous chantions pour continuer d'avancer d'un bon pas. Aucun d'entre nous n'avait l'habitude de parcourir autant de kilomètres d'affilée, sans interruption, sans pique-nique, sans mère auprès de qui se plaindre que la route était longue. De temps en temps, quelqu'un jouait un mauvais tour. Un garçon tirait en passant sur une branche de jasmin qui dépassait d'un jardin et avait alors droit aux remontrances du directeur de l'école. Un autre arrachait la veste des épaules d'une fille devant lui et lançait le vêtement à un camarade de classe qui le jetait en l'air, dans un arbre. La jeune fille pleurait, le garçon devait marcher pendant le reste du parcours à l'arrière, à côté d'un père ou d'une mère qu'il ne connaissait pas. En guise de punition. C'était amusant, c'était divertissant, sauf quand on était le garçon en question ou que la veste dans l'arbre était la vôtre.
Parfois, le parcours passait par hasard dans une rue où habitait un camarade de classe, les parents sortaient de chez eux et levaient le pouce en signe d'encouragement. Je bombais alors le torse, remplie de fierté, et marchais spontanément le dos plus droit. Quand nous traversions un quartier neuf, aux maisons alignées et aux jardinets soignés, la promenade nous paraissait à nouveau d'une longueur insupportable et j'avais l'impression que mes pieds adhéraient à l'asphalte. Mais nous longions des champs et des bois inconnus, ou que j'avais vus seulement en voiture. À pied, sous les rayons du soleil couchant, tout paraissait différent, une lumière limonade, et j'étais surprise qu'il existât, si près de la maison, un monde que j'ignorais.

Déjà lu du même auteur :

les_invit_s_de_l__le Les invités de l'île ou La Maison des dunes 

le_bateau_du_soir Le bateau du soir  le_voyage_vers_l_enfant Le voyage vers l'enfant 

Challenge 5% Rentrée Littéraire 2013
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Pays-Bas

11 février 2014

Loto BD chez Valérie

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Fin janvier, je m'inscrivais pour la première fois au Loto BD organisé par Valérie
et quelques jours plus tard j'avais la vraie surprise de trouver dans ma boîte aux lettres deux BD !

Cela veut dire que je suis la grande gagnante !

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Merci XL !

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Merci Jérôme !

 puis quelques jours plus tard sont arrivées :

9782723482547-L

Merci Mo' !

 vénus noire

 Merci Loula !   

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Merci  Lunch !

Et merci Valérie pour l'organisation !

 De belles lectures en perspectives pour toute la famille...

 

25 juillet 2014

Comme une petite ressemblance juillet

 

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 Nouveau rendez-vous  avec Canel

Que c'est beau la mer !

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Maman les p'tits bateaux...

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Un petit tour à la piscine

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plonger sous l'eau

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Et les bouées...

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   Le billet de Canel

  Mes autres billets Comme Une Petite Ressemblance : 

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11 octobre 2013

La Lettre de Helga - Bergsveinn Birgisson

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Zulma - août 2013 - 144 pages

traduit de l’islandais par Catherine Eyjólfsson

Titre original : Svar við bréfi Helgu, 2010

Quatrième de couverture :
« Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible.
Et c’est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l’âpre existence qui fut la sienne tout au long d’un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d'attention émerveillée à la nature sauvage.
Ce beau et puissant roman se lit d’une traite, tant on est troublé par l’étrange confession amoureuse d’un éleveur de brebis islandais, d’un homme qui s’est lui-même spolié de l’amour de sa vie.

Auteur : Bergsveinn Birgisson est né en 1971. Titulaire d’un doctorat en littérature médiévale scandinave, il porte la mémoire des histoires que lui racontait son grand-père, lui-même fermier et pêcheur dans le nord-ouest de l’Islande. Immense succès dans les pays scandinaves ainsi qu’en Allemagne, la Lettre à Helgaest enfin traduit en français.

Mon avis : (lu en octobre 2013)
Bjarni Gíslason a aimée Helga à la folie. Elle vivait dans une ferme voisine avec son mari Hallgrimur et leurs deux enfants. Lui était marié avec Unnur, qui ne pouvait pas avoir d'enfant. Durant une année, ils se sont vus en secret et se sont aimés passionnement.
Cette lettre est la dernière confession d'un vieux fermier islandais à la femme qu'il a aimé mais pour laquelle il n'a pas su quitter sa vie tranquille de fermier... A travers cette lettre, il revient sur sa longue vie, il avoue sa lâcheté de n'avoir pas su quitter sa femme pour suivre Helga et il explique pourquoi. Bjarni est un homme sincère et attachant, aimant sa terre, ses animaux, appréciant le souffle du vent, les odeurs de la ferme, du foin... Mêlant humour, autodérision, poésie, douceur et passion il nous raconte son quotidien de fermier, ses sensations et les souvenirs de ses rencontres secrètes avec Helga... C'est une jolie lecture pleine de sensibilité et d'émotion.

Extrait : (début du livre)

À Kolkustadir, le 29 août 1997
Chère Helga,
Certains meurent de causes extérieures. D’autres meurent parce que la mort depuis longtemps soudée à leurs veines travaille en eux, de l’intérieur. Tous meurent. Chacun à sa façon. Certains tombent parterre au milieu d’une phrase. D’autres s’en vont paisiblement dans un songe. Est-ce que le rêve s’éteint alors, comme l’écran à la fin du film? Ou est-ce que le rêve change simplement d’aspect, acquérant une autreclartéet des couleurs nouvelles ? Et celui qui rêve, s’en aperçoit-il tant soit peu ?
Ma chère Unnur est morte. Elle est morte en rêvant, une nuit où il n’y avait personne. Bénie soit sa mémoire.
Pour ma part, la carcasse tient encore le coup, à part la raideur des épaules et des genoux. La vieillesse fait son œuvre. Il y a, bien sûr, des moments où l’on regardeses pantoufles en pensant qu’un jourelles serontencorelà, tandis qu’on n’y sera plus pour les enfiler. Mais quand ce jour viendra, qu’il soit le bienvenu, comme dit le psaume. C’est comme ça, ma Belle ! Bien assez de vie a coulé dans ma poitrine. Et j’ai eu l’occasion d’y goûter – à la vie.
Ah, je suis devenu un vieillard impossible qui prend plaisir à raviver de vieilles plaies. Mais on a tous une porte de sortie. Et nous aspirons tous à lâcher notre moi intérieur au grand air. Mon issue de secours à moi, c’est la vieille porte de la bergerie de feu mon père, celle que le soleil traverse par les fentes, en longs et fins rayons entre ses planches disjointes. Si la vie est quelque part, ce doit être dans les fentes. Et ma porte à moi est désormais tellement faussée, branlante et déglinguée qu’elle ne sépare plus vraiment l’intérieur de l’extérieur. Devrais-je mettre au crédit du charpentier ce travail bâclé ? Car toutes ces lézardes, ces interstices, laissent passer le soleil et la vie.
Bientôt, ma Belle, j’embarquerai pour le long voyage qui nous attend tous. Et c’est bien connu que l’on essaie d’alléger son fardeau avant de se mettre en route pour une telle expédition. Assurément, j’arrive après la soupe en t’écrivant cette lettre maintenant que nous sommes tous plus ou moins morts ou séniles, mais je m’en vais la griffonner quand même. Si tu vois cela d’un mauvais œil, tu n’auras qu’à jeter ce gribouillis. Mes paroles partent d’un bon sentiment. Je ne t’ai jamais voulu que du bien, tu le sais, ma chère Helga.

Challenge Voisins, voisines

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Islande

 Challenge 2% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
11/12

Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Islande 

Challenge Cap au Nord 
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 Challenge le nez dans les livres
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La Reine des Lectrices : 13/6

 Challenge Petit BAC 2013
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"Objet"

27 octobre 2013

Dans le silence du vent - Louise Erdrich

9782226249746g Albin Michel - août 2013 - 480 pages

traduit de l'américain par Isabelle Reinharez

Titre original : The round house, 2012

Quatrième de couverture : 
Récompensé par la plus prestigieuse distinction littéraire américaine, le National Book Award, élu meilleur livre de l’année par les libraires américains, le nouveau roman de Louise Erdrich explore avec une remarquable intelligence la notion de justice à travers la voix d’un adolescent indien de treize ans. Après le viol brutal de sa mère, Joe va devoir admettre que leur vie ne sera plus jamais comme avant. Il n’aura d’autre choix que de mener sa propre enquête. Elle marquera pour lui la fin de l’innocence.

Auteur : Ojibwe par sa mère, germano-américaine par son père, Louise Erdrich a grandi sur une réserve indienne du Dakota du Nord. Considérée comme l'un des plus importants écrivains américains contemporains, elle bâtit, livre après livre, une oeuvre forte et singulière, couronnée de nombreux prix dont le National Book Critics Award pour Love medecine ou les National Book Award et American booksellers Award pour son nouveau roman Dans le silence du vent (élu un des 10 meilleurs livres de l'année 2012 par l'ensemble de la presse américaine).

Mon avis : (lu en octobre 2013)
Le narrateur du roman, Joe est un jeune indien de 13 ans, il vit avec ses parents dans une réserve du Dakota du Nord. Son père, Bazil est juge au tribunal tribal, sa mère, Géraldine est spécialiste des appartenances tribales. L'histoire commence par un drame, Géraldine n’est pas rentrée à la maison, lorsque Joe et Bazil la retrouvent, elle est en état de choc : elle a été violée et a échappé à son agresseur qui voulait la tuer. A partir de ce jour, elle s'enferme dans sa chambre, ne parle plus, elle est plongée dans une dépression. La police va faire son enquête pour retrouver le coupable. Bazil va utiliser tous les moyens dont il dispose pour punir l'agresseur mais les lois américaines et les lois indiennes s'appliquent inégalement. Le coupable étant blanc et l'agression ayant eu lieu sur la réserve, il est très difficile de le poursuivre...
Cette injustice pousse Joe avec l'aide de ses meilleurs amis Cappy, Zack et Angus de mener sa propre enquête
L'histoire se passe dans une réserve, le lecteur suit l'évolution de l'enquête de la police, des recherches des jeunes garçons tout en découvrant la vie quotidienne de la réserve où se mêle mode de vie américaine et les traditions indiennes. La famille est importante, elle soutient Joe et ses parents dans le malheur. Les personnages sont attachants comme le grand-père Mooshum qui raconte des légendes indiennes dans son sommeil, ou la tante Sonia dont la poitrine fascine Joe...
L'auteur traite dans ce livres des sujets graves autour de la condition indienne mais également relatent des épisodes plus humoristiques de la vie dans la réserve en particulier lorsque les quatre adolescents se retrouvent ensemble.

J'ai découvert les problèmes juridiques que subissent les amérindiens, en particulier les viols impunis de femmes indiennes par des agresseurs blancs. Dans la postface, l'auteur explique même qu'au cours de sa vie, une indienne sur trois sera violée. 
Joe est très sympathique et attachant, il est touché par le drame que vit sa mère, depuis il ne la reconnait plus. Il est en pleine adolescence et son amitié indéfectible qu'il partage avec ses amis est formidable. Ce crime ne peut pas rester impuni ! 

Note :  ♥♥♥♥ 

Extrait : (début du livre)
1988
Des petits arbres avaient attaqué les fondations de notre maison. Ce n'étaient que de jeunes plants piqués d'une ou deux feuilles raides et saines. Les tiges avaient tout de même réussi à s'insinuer dans de menues fissures parcourant les bardeaux bruns qui recouvraient les parpaings. Elles avaient poussé dans le mur invisible et il était difficile de les extirper. Mon père a essuyé la paume de sa main en se la passant sur le front et a maudit leur résistance.
Je me servais d'un vieil arrache-pissenlit rouillé au manche plein d'échardes ; mon père maniait un long et fin tisonnier en fer qui devait faire plus de mal que de bien. Comme il piquait à l'aveuglette là où il supposait que des racines avaient pu pénétrer, à coup sûr il ouvrait dans le mortier des trous bien pratiques pour les jeunes plants de l'année à venir.
Chaque fois que je réussissais à dégager un tout petit arbre, je le posais à côté de moi tel un trophée sur l'étroit trottoir qui entourait la maison. Il y avait des pousses de frêne, d'orme, d'érable, de négondo, même un catalpa de bonne taille, que mon père a mis dans un vieux seau de crème glacée en pensant qu'il trouverait peut-être un endroit où le replanter. Pour moi c'était un miracle que les arbrisseaux aient survécu à un hiver passé dans le Dakota du Nord. Ils avaient peut-être eu de l'eau, mais bien peu de lumière et seulement quelques miettes de terre. Pourtant chaque graine était parvenue à plonger profondément l'ardillon d'une racine et à projeter une vrille exploratrice vers l'extérieur.
Mon père s'est mis debout, en étirant son dos douloureux. Ça suffit, a-t-il dit, lui qui d'habitude était un perfectionniste.
Mais je n'avais pas envie de m'arrêter, et quand il est entré dans la maison pour téléphoner à ma mère, partie à son bureau chercher un dossier, j'ai continué à tirer sur les petites racines cachées. Il n'est pas ressorti et j'ai pensé qu'il avait dû s'allonger pour faire la sieste, ce qui maintenant lui arrivait de temps à autre. On aurait pu imaginer qu'à ce moment-là, un garçon de treize ans avait mieux à faire, je me serais arrêté, mais bien au contraire. Alors que l'après-midi s'écoulait et que tout sur la réserve était gagné par le calme et le silence, il m'a paru de plus en plus nécessaire que chacun de ces envahisseurs soit tiré de là jusqu'à l'extrême bout de sa racine, où se concentrait toute la croissance vitale. Et il me semblait tout aussi nécessaire de faire un boulot méticuleux, comparé à tant de mes tâches mal terminées.
Aujourd'hui encore, je m'étonne de la vigueur de ma concentration. Je glissais les dents de mon outil le plus près possible le long de la pousse. Chaque petit arbre exigeait une stratégie propre. Il était presque impossible de ne pas le briser avant que ses racines puissent être retirées intactes de leur cachette tenace.
J'ai fini par abandonner, je suis entré en catimini dans la maison et me suis glissé dans le bureau de mon père. J'ai ris l'ouvrage de droit que mon père appelait La Bible. Le Manuel de droit fédéral indien de Félix S. Cohen. Mon père l'avait reçu des mains de son père ; la reliure rouille était éraflée, le long dos craquelé, et chacune des pages comportait des commentaires manuscrits. Je tentais de me familiariser avec la langue désuète et les perpétuelles notes de bas de page. Mon père, ou mon grand-père, avait mis un point d'exclamation p. 38, à côté de l'affaire en italiques qui m'avait naturellement intéressé, moi aussi : États-Unis contre 43 gallons de whisky. Je suppose que, comme moi, l'un d'eux avait trouvé ce titre ridicule. Malgré tout j'analysais l'idée, introduite dans d'autres affaires et confortée par celle-ci, que nos accords conclus avec le gouvernement étaient semblables à des traités conclus avec des nations étrangères. Que la grandeur et la puissance dont parlait Mooshum, mon grand-père, n'avaient pas entièrement disparu, car elles étaient, du moins dans une certaine mesure que je voulais connaître, encore protégées par la loi.

Déjà lu du même auteur :

la_chorale_des_maitres_bouchers_p La Chorale des maîtres bouchers la_mal_diction_des_colombes La malédiction des colombes

omakayas Omakayas love_medecine_p Love Medecine la_d_capotable_rouge La décapotable rouge 

le_jeu_des_ombres Le jeu des ombres 

mois_am_ricain 
Le Mois Américain :  "Un livre de Louise Erdrich"

50__tats

45/50 :  Dakota du Nord

   Challenge Petit BAC 2013

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"Météo"

Challenge 3% Rentrée Littéraire 2013
logorl2013
13/12

14 octobre 2013

En un monde parfait - Laura Kasischke

Lecture Commune 
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"Un livre de Laura Kasischke"

un_monde_si_parfait_ un_monde_si_parfait

Christian Bourgois Editeur - octobre 2010 - 331 pages

Livre de Poche - octobre 2011 - 352 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Eric Chédaille

Titre original : In a perfect world, 2009

Quatrième de couverture : 
Jiselle, la trentaine et toujours célibataire, croit vivre un véritable conte de fées lorsque Mark Dorn, un superbe pilote, veuf et père de trois enfants, la demande en mariage. Sa proposition paraît tellement inespérée qu'elle accepte aussitôt, abandonnant sa vie d'hôtesse de l'air pour celle, plus paisible croit-elle, de femme au foyer. C'est compter sans les absences répétées de Mark, les perpétuelles récriminations des enfants et la mystérieuse épidémie qui frappe les États-Unis, leur donnant des allures de pays en guerre. L'existence de Jiselle prend alors un tour dramatique...

Auteur : Laura Kasischke a étudié à l'Université du Michigan, elle a gagné de nombreux prix littéraires pour ses ouvrages de poésie ainsi que le Hopwood Awards ; elle a également reçu la Bourse MacDowell. Ses romans La Vie devant ses yeux et A suspicious river ont été adaptés au cinéma. Elle vit dans le Michigan, et enseigne l'art du roman au collège de Ann Arbor.  

Mon avis : (lu en octobre 2013)
Cela commence comme un conte de fée, Jiselle, la trentaine, est hôtesse de l'air, elle rencontre le beau Mark pilote de ligne qui rapidement la demande en mariage. Jiselle est sur son petit nuage malgré la mise en garde de certains de ses proches. En effet, Mark est veuf et père de trois enfants, deux adolescentes et un garçon d'une dizaine d'années, ce mariage ne serait-il pas une vraie solution pour se passer de gouvernante... 

Effectivement, après son mariage, Jiselle accepte de laisse tomber son travail pour devenir « mère au foyer » et s'occuper des enfants de son conjoint. L'accueil des enfants est plutôt mitigé et surtout son pilote de mari est rarement présent à la maison bien occupé par son métier de pilote.
En parallèle de cela, l'Amérique est décimée par un virus de grippe mortelle, le pays est mis en quarantaine par le reste du monde. Face à l'adversité, Jiselle prend la responsabilité de la maison et fait tout son possible pour survivre aux éléments extérieurs hostiles qui apparaissent peu à peu.
Ce livre se lit assez facilement, les évènements extérieurs progressent lentement mais sûrement et cela devient de plus en plus surréaliste...
Je regrette cependant que la fin soit une non fin... l'auteur nous laisse gentiment en plan... à nous lecteur de l'imaginer selon notre humeur soit optimiste, soit pessimiste, soit...

Merci Valérie qui m'a été offert ce livre  lors du Swap Violet organisé par Valérie

Extrait : (début du livre)
Si vous LISEZ ceci, vous MOURREZ !
Jiselle reposa le journal intime sur le canapé, là où elle l'avait trouvé, et sortit avec l'arrosoir. Il faisait déjà trente degrés, mais une brise matinale soufflait de l'ouest, apportant avec elle les senteurs du ravin. Elle s'en emplit les poumons, puis s'agenouilla pour regarder sous les pierres qui séparaient le jardin de la pelouse. 

Cela faisait un mois qu'elle était épouse et belle-mère.
Là, dans un coin d'ombre, se pressait un cercle de violettes, bleu pâle et mauves. Menues, tendres, soyeuses, papillotantes. Si elles étaient douées de la parole, se dit Jiselle, elles glousseraient de rire.
Elle les avait remarquées quelques jours plus tôt en passant le râteau. Cette tache de couleur au milieu des feuilles mortes délavées et autres débris de l'été avait accroché son regard, et elle s'était accroupie pour les compter (vingt-trois, vingt-quatre, vingt-cinq) avant de les recouvrir.
Ces violettes avaient réussi à traverser canicule et sécheresse. L'été le plus chaud et le plus sec depuis un siècle. Est-ce qu'elles ne méritaient pas des égards particuliers ? Si le bon Dieu ne les leur témoignait pas, il lui revenait à elle de s'en charger.
Dès lors, sortant chaque jour avec son arrosoir, Jiselle était invariablement surprise de trouver toujours en vie ces petites fleurs nichées dans leur ombreuse fissure.

Déjà lu du même auteur : 

les_revenants Les revenants 

mois_am_ricain 
Le Mois Américain : "Un livre de Laura Kasischke"

50__tats
43/50 :  Michigan

   Challenge Petit BAC 2013
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"Aliment/Boisson"

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Année 2013 : 6/29

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