cour_nord Éditions du Rouergue – janvier 2010 – 130 pages

Quatrième de couverture :
Cela se passe au début des années 80. Cela pourrait se passer aujourd’hui.
Dans une petite ville du Nord, le personnel d’une usine menacée de fermeture est en grève. Le jour, Léo participe mollement à la lutte, aux côtés de son père, leader syndical. La nuit, il répète dans un quartet de jazz.
Autour d’un double portrait d’un père et de son fils, de ses variations et de ses dissonances, Antoine Choplin compose une mélodie sensible. Au moyen d'une écriture dépouillée, il frappe juste et bien. Plus qu’un roman social sur la fin d’un certain monde ouvrier, Cour Nord est un roman plein d’émotion retenue pour le désarroi et les mystères de ses personnages.

Auteur : Né en 1962, Antoine Choplin vit près de Grenoble, où il partage son temps entre l’écriture et l’action culturelle. Il est directeur de « Scènes obliques », dont la vocation est d’organiser des spectacles vivants dans les lieux inattendus, des sites de montagne. Il est aussi l’animateur depuis 1996 du Festival de l’Arpenteur (Isère), qui chaque mois de juillet programme des rencontres inhabituelles entre des créateurs (notamment des écrivains) et le public. Il s’est fait connaître en 2003 lors de la publication de son roman, Radeau, (2003), qui a connu un vrai succès populaire (Prix des librairies « Initiales », Prix du Conseil Général du Rhône). Parmi ses derniers titres : Léger Fracas du Monde (2005), L’impasse (2006), Cairns (2007), et de Apnées (2009), Cour Nord (2010), Le héron de Guernica (2011), La nuit tombée (2012).

Mon avis : (lu en janvier 2012)
Après les avis positifs et unanimes sur les deux derniers livres d'Antoine Choplin (Le héron de Guernica et La nuit tombée) au Café Lecture de la Bibliothèque, l'une des participantes a demandé que la Bibliothèque fasse venir de la Médiathèque Départementale d'autres livres de l'auteur et elle les a gentiment partagé avec celles présentes. J'ai donc choisi de découvrir "Cour Nord".  
C'est l'histoire d'un père, Gildas, et son fils Léopold, dit Léo, le narrateur du livre. Ils vivent ensemble dans une petite ville du Nord, et travaillent tous dans une usine menacée de fermeture. Lorsque l'histoire commence c'est la grève, Gildas est très impliqué dans la lutte syndicale, Léo suit son père sans grande conviction. Sa tête est prise par la musique, il est membre d'un quartet de jazz et le soir il répète pour un futur concert. 
Cette histoire se passe au début des années 80, nous dit la quatrième de couverture mais elle est tout à fait actuelle, on découvre un père et un fils qui ont du mal à communiquer, un conflit social vu de l'intérieur, de belles descriptions des paysages du Nord et le jazz qui rythme l'ensemble...
Un roman plein d'émotion et d'humanité avec beaucoup de retenu, de pudeur et de poésie.

Extrait : (début du livre)
Depuis le début de la grève, on va à l'usine ensemble avec mon père. Ça dure depuis plus de deux semaines maintenant, sans compter les débrayages de septembre.
Ce matin encore, il est debout avant moi, vers les cinq heures et demie. Depuis mon lit, je l'entends quitter sa chambre, faire couler l'eau au lavabo du palier, s'asperger longuement le visage. Après, il frappe les deux coups secs à ma porte et descend à la cuisine. Il prépare le café et aussi quelque chose à mettre dans nos gamelles pour midi.
Quand je le rejoins, nous nous saluons d'un regard. Je soulève le couvercle des casseroles où cuisent des 
œufs et des lentilles au lard. J'expose mes paumes à la bonne chaleur du feu. Je demande à mon père s'il n'a pas eu trop froid durant la nuit, surtout avec ses douleurs aux articulations. Il ne répond rien.
Je sers le café dans les bols, dispose d'épaisses tranches de pain. Mon père en découpe une avec les doigts, en laisse tomber les morceaux dans le bol. Après, il les ramasse un par un avec une grande cuillère.  Recommence avec une deuxième tranche.
Le plus dur, c'est cette foutue humidité, dit-il en repliant sa serviette.
Je répartis le contenu des casseroles dans nos deux gamelles en fer-blanc tandis que mon père remplit la gourde de vin au cubitainer.
Pour ce qui est de la bière, on la boira chez Fanny avec les autres, il dit.
Dans l'étroit couloir de l'entrée, en évitant de trop nous heurter, nous attrapons nos sacs et nos manteaux.

Déjà lu du même auteur :

le_h_ron_de_guernica Le héron de Guernica 5600 La nuit tombée

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2013
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