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A propos de livres...
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19 juillet 2017

Les jours sucrés - Loïc Clément et Anne Montel

51wUEz-SULL Dargaud - février 2016 - 148 pages

Quatrième de couverture :
Une comédie romantique qui fait un bien fou !
À 25 ans, Églantine apprend le décès de son père et part pour Klervi, le village breton de son enfance. Elle y retrouve sa vie d'avant, ses souvenirs et la pâtisserie paternelle (qui est désormais la sienne), mais aussi Gaël, son amoureux de l'époque, sa tante Marronde et tous les chats du village. Surtout, elle découvre le journal intime de son père. Il y a mis tous ses secrets de vie et de cuisine. Un véritable guide pour Églantine. Et si c'était l'occasion d'un nouveau départ ?
Une comédie romantique légère et subtile.

Auteurs : Loïc Clément est né le 16 novembre 1981 à Bruges. Scénariste de bandes dessinées pour les adultes et la jeunesse, et auteur d'albums illustrés, Loïc est un passionné de livres. Il a été libraire spécialisé, critique littéraire, bibliothécaire et formateur dans le domaine des métiers du livre avant de se lancer lui même dans l'écriture. Loïc vit quelque part à la campagne où il cultive son jardin et son amour des poneys. Pendant que le monde devient fou, il grignote du chocolat blanc en rêvant à de nouvelles histoires...
Anne Montel est née à Nantes en 1988, elle est illustratrice et graphiste indépendante et dessinatrice de bande dessinée. Elle est également l'illustratrice de livres pour la jeunesse, et illustre une série de livres de recettes. Elle habite et travaille à Bordeaux.

Mon avis : (lu en juillet 2017)
Suite au décès de son père, Eglantine retourne près de 20 ans après, à Klervi, le village breton de son enfance. Elle a hérité de la boulangerie de son père qui les avait abandonnées sa mère et elle. Elle qui comptait vendre son héritage et regagner rapidement Paris où elle vit maintenant, elle rencontre Gaël, son ami d'enfance, et les bons souvenirs jaillissent... Elle trouve un carnet de recettes de son père où il écrit également ses pensées, Eglantine va donc découvrir peu à peu l'homme qu'il était... Elle décide donc rester au village et de reprendre la suite de son père.
L'histoire est simple, avec de bons sentiments, des personnages très attachants, chaque chapitre porte un nom de pâtisserie et j'ai passé un moment de lecture délicieux !

Extrait :

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16 septembre 2017

Les Beaux Étés - tome 3 - Mam'zelle Estérel

81YXkBP+4OL Dargaud - juin 2017 - 56 pages

Quatrième de couverture : 
1992, les années ont passé, le jeune couple est maintenant à la retraite, la petite Pépète est devenue une jeune fille et la 4L est à vendre... L'occasion de se remémorer l'année 1962, leurs toutes premières vacances à son bord en compagnie... des beaux-parents. Les vacances avec Yvette-la-parfaite et Gros-Papy seront plus gastronomiques que bucoliques... en direction de Saint-Étienne !

Auteurs : Zidrou (Benoît Drousie) est né en 1962 à Bruxelles. D'abord instituteur, il se lance au début des années 1990 dans l'écriture de livres et de chansons pour enfants. En 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L'Elève Ducobu. Sa carrière de scénariste de bande dessinée est lancée ! Il signe de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, assure la reprise de La Ribambelle. Il est également l'auteur des plus réalistes, mais non moins sensibles, La Peau de l'ours, Lydie, Folies Bergères, La Mondaine, Les 3 Fruits. En 2015, Zidrou revient en force avec trois nouveaux albums : en août Le Bouffon avec Francis Porcel, en septembre, une nouvelle série familiale, Les Beaux Etés avec Jordi et en octobre, en duo avec P. Berthet, un polar dans les régions reculées de l'Australie, "Crime qui est le tien". Pour 2016, l'auteur continue d'écrire les souvenirs de vacances de la famille Faldéraut dans "Les Beaux Étés" et proclame la fin de Venise dans "Marina".

Jordi Lafebre est né en 1979 à Barcelone, où il étudie la bande dessinée et les beaux-arts avant d'effectuer ses premiers pas de dessinateur en 2001. Il est publié dans plusieurs magazines espagnols, notamment dans la revue pour la jeunesse Mister K, dans laquelle il signe El munda de judy(« le monde de Judy») en collaboration avec le scénariste Toni Front. Sa rencontre avec Zidrou est décisive: après quelques dessins dans l'hebdomadaire Spirou, il participe à un ouvrage collectif écrit par le scénariste de Ducobu, La vieille dame qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien, puis en 2010, il cosigne avec lui un album remarqué, Lydie. En 2014, toujours avec Zidrou, il sort La Mondaine, et continue sur sa lancée, en 2015, avec une nouvelle série Les Beaux Étés qui sortira en septembre. En 2016, le tome 2 des Beaux Étés sortira en juin 2016.

Mon avis : (lu en septembre 2017)
Quelle plaisir de retrouver la famille Faldérault, cela commence en 1992, lorsque la Renault 4L est mise en vente. C'est l'occasion de se souvenir de l'été 1962, de leurs premières vacances avec la 4L offerte par le père de Mado et qui a été baptisée Mam’zelle Estérel en référence à sa couleur... Comme d'habitude, le départ est reporté de quelques jours car il y a des planches à rendre avant le départ... Mado et Pierre partent avec leurs deux enfants, Julie et le bébé Nicole, mais également avec Yvette et Henry les parents de Mado... Henry ou Gros Papy est adorable et facile à vivre, tout le contraire de Mamyvette qui veut tout planifier. Mado et Pierre rêvaient d'aller passer des vacances à la mer, Yvette a décidé que ce serait à Saint-Etienne
Un album à la hauteur des deux premiers, plein d'humour et de nostalgie... Un quatrième épisode est prévu à propos de l'été 1980... Je l'attends donc pour l'été prochain !

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

108883254 Les beaux étés - 1 - Cap au Sud ! le_beau_voyage Le beau voyage  

111573241  Les beaux étés - 2 - La Calanque 111624074 L'adoption

112551368 Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?

10 septembre 2017

Pain amer - Marie-Odile Ascher

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Anne Carrière - janvier 2011 - 428 pages

Pocket - mars 2012 - 480 pages

Quatrième de couverture :
Ils étaient des milliers à avoir fui la révolution bolchevique et la guerre civile. En 1946, auréolé de sa victoire sur le nazisme, Staline les rappelle à la mère patrie : l'URSS. Ils seront quelque quatre à six mille " Russes blancs " exilés à suivre l'étoile rouge et les promesses du Petit père des peuples.

Parmi eux, Marina qui, bien que se sentant française, suit les siens dans leur voyage de retour. Elle laisse Marc, son grand amour, certaine de revenir bientôt sur la Côte d'Azur pour l'épouser. Pour l'instant, un long périple l'attend. Elle ne se doute pas qu'une fois arrivée, se dressera entre elle et ses rêves d'avenir le mur du totalitarisme.

Auteur : Marie-Odile Ascher vit à La Gaude, près de Nice. Pain Amer est son premier roman. Vient ensuite Le serment de Maria. Dans l'un comme dans l'autre, elle met en scène une jeune femme dans les tourments de l'histoire de l'Europe de l'Est.

 

Mon avis : (lu en juillet 2017)
J’ai beaucoup aimé ce livre qui nous raconte un épisode méconnu de l’Histoire. Après la Seconde Guerre Mondiale, Staline convainc de nombreux Russes blancs émigrés en France après la révolution de 1917, à revenir au pays… A coup de propagande et de belles promesses, Marina, la narratrice de cette histoire, et sa famille vont abandonner leur vie agréable à Nice pour l’enfer...
Marina a 19 ans et promise à un belle avenir, elle est fiancée, elle poursuit des études brillantes pour devenir enseignante. Lorsque son père et sa mère décident de retourner en URSS avec leurs huit enfants, Marina tente de les dissuader. Elle a toujours vécu en France et la Russie ou l’URSS ne représentent rien pour elle. Mais à 19 ans, elle est toujours mineur et doit obéissance à son père. Elle a finalement prévu de les accompagner jusqu’à destination puis dès que la famille sera installée de repartir en France retrouver son fiancé. Dès le début du livre, on comprend que son voyage n’aura pas de retour…
Ce livre se lit comme un suspens, le lecteur est happé par cette aventure incroyable. L’auteur s’est vraiment bien documenté pour raconter l’histoire de Marina et sa famille, s’inspirant d’une histoire vraie.

Extrait : (début du livre) 
Simferopol, Ukraine, 2 décembre 1991.


Tous les postes de radios et de télévision du pays crachent, sans interruption, les résultats du vote. L'effervescence est palpable partout, dans la rue, dans les médias et même chez nous : le téléphone sonne sans cesse. Nous avons tous conscience de vivre un tournant historique majeur. Demain ne sera plus jamais comme hier : l'URSS est en train d'exploser, notre monde basculera vers l'inconnu. L'Ukraine est devenue libre et indépendante, l'univers soviétique, que j'avais crû immuable à jamais, auquel j'avais tant peiné à m'adapter, est en voie de disparition.
Cette atmosphère de renversement de l'ordre du monde m'a rappelé l'époque de ma jeunesse quand, pareillement à aujourd'hui, mon univers avait basculé. C'était en 1947 et j'avais dix-neuf ans. Un interminable trajet en train, de Nice vers l'Union soviétique, nous avait emportés, ma famille et moi, vers une autre planète. J'avais alors noté mes impressions et le déroulement des péripéties du voyage dans un cahier d'écolier, à couverture verte. Il existe toujours, enfoui - j'allais dire inhumé - depuis des décennies dans une vieille valise à la cave, en compagnie d'autres traces fossilisées d'un passé lointain. Une envie irrésistible m'a poussée à aller le chercher.
Ma main tremblait un peu lorsque j'ai ouvert le cahier au hasard. L'encre bleue a à peine pâli. J'ai reconnu l'écriture fine et si aisée du stylo Waterman à plume d'or que m'avait offert Marc pour mes dix-huit ans. «À Strasbourg un petit courant d'air froid...» Un peu plus loin : «Nous mangeons dans les gamelles en fer-blanc de l'armée allemande...»
J'ai repris au tout début pour me plonger dans cet espace-temps étrange que fut le voyage vers l'URSS, sorte de sas entre deux mondes étanches. Le silence de l'oubli a volé en éclats. La violence de ce que j'avais vécu m'est revenue, tel un boomerang, en plein coeur.

 

26 mars 2017

La fin d'une imposture - Kate O'Riordan

Lu en partenariat avec Folio

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Folio - janvier 2017 - 448 pages

Joëlle Losfeld - février 2016 - 384 pages

traduit de l'anglais (Irlande) par Laetitia Devaux

Titre original : Penance, 2016

Quatrième de couverture :
La veille de Noël, deux policiers frappent à la porte d’une jolie maison située dans une banlieue cossue de Londres. Rosalie est déjà lancée dans les préparatifs de cette fête de famille, comme pour oublier que Luke l’a trompée, lorsque les policiers leur annoncent le décès de leur fils aîné. Des mois de descente aux enfers s’ensuivent pour les parents et Maddie, leur deuxième enfant en pleine adolescence. Une chute qui semble brusquement s’interrompre lorsque mère et fille rencontrent Jed dans un groupe de parole. Jeune homme au charme envoûtant, il sait vite se rendre indispensable à la famille. Mais la vulnérabilité qu’a créée ce deuil n’est-elle pas la porte ouverte à toute forme d’emprise ?

Auteur : Kate O'Riordan est irlandaise, elle vit actuellement à Londres. Romancière, elle a notamment publié Intimes convictions, Une mystérieuse fiancée, Le garçon dans la lune et Pierres de mémoire, tous parus aux Editions Joëlle Losfeld ; elle écrit également pour le théâtre et le cinéma.

Mon avis : (lu en mars 2017)
La veille de Noël, Rosalie Douglas attend avec impatience le retour de Rod, son fils de 19 ans, qui rentre de Thaïlande. Avec Luke, son mari, et Maddie leur fille de 15 ans, ils seront enfin réunis tous les quatre. Depuis six mois, leur couple est en difficulté suite à une infidélité de Luke. Ce soir, c'est l'occasion de réunir la famille. Mais la soirée va tourner au cauchemar... Deux policiers frappent à leur porte pour annoncer le décès de Rod qui s'est noyé en Thaïlande. « A présent, tout était brisé »
Six mois plus tard, c'est Maddie qui va mal, elle s'accuse d'être responsable de la mort de Rod, elle s'est rapprochée d'un gang, elle prend du cannabis et un soir, elle revient à la maison après avoir été agressée, la cuisse blessée de plusieurs coups de couteau... Rosalie et Luke ne savent que faire et c'est Tom, leur ami prêtre, qui encourage Rosalie à participer à une groupe de parole avec Maddie. C'est là qu'elles vont faire connaissance avec Jed Cousins, un jeune homme de 19 ans venu se guérir du deuil de sa grand-mère.
Très vite Maddie est attirée par Jed, il a une beauté fascinante et semble aussi fragile qu'elle. Avec se rapprochement avec Jed, Rosalie entrevoit l'espoir de sauver Maddie de sa culpabilité et de ses idées noires. Elle accepte donc le rapprochement entre Maddie et Jed, elle invite ce dernier dans sa maison.
Petit à petit, le lecteur puis Rosalie découvre le vrai visage de Jed... Il se rend indispensable et s'immisce dans la vie des autres...
Ce roman policier est d'une efficacité redoutable, cela commence comme un drame familiale, puis cela évolue comme un thriller psychologique avec des personnages qui évoluent au fil des pages avant de se conclure comme un thriller haletant.
Jed est fascinant et troublant, Maddie est fragile et perdue, Rosalie tient sa fille à bout de bras et se révèle être plus forte que l'on imaginait...

Merci les éditions  Folio pour ce thriller original et prenant...

Extrait : (début du livre)
Elle n’entendit même pas les coups à la porte. Pourtant, ils avaient dû être forts, puisque Maddie cria depuis l’étage :
« Quelqu’un peut-il aller ouvrir ?
— Ouvrir quoi ? » rétorqua Rosalie dans la cuisine.
Elle avait les doigts recouverts de pâte à pudding, et des verrues s’agglutinaient sur le pied de son verre de vin blanc. All the Young Dudes, de Mott the Hoople, s’échappait à tue-tête des enceintes. Les classiques du rock étaient sa musique préférée pour le pudding de Noël, tout comme la pop ringarde des années quatre-vingt restait son choix de prédilection pour le rôti du dimanche.
« La porte ! appela Maddie. Je suis sûre que quelqu’un a frappé. Je sors de mon bain. »
Vingt-deux heures, un vendredi soir. Le vent soufflait derrière la fenêtre de la cuisine, envoyant des aiguilles de pluie argentée contre la vitre sombre. Sous l’abri au bout du jardin, où Luke était en train de récupérer des bûches pour le feu, brillait une lueur ambrée. Rosalie voyait la queue de leur chien Bruno battre avec régularité. Même lui n’avait pas senti de présence devant la maison. Ils étaient douillettement installés chez eux pour affronter les longues soirées obscures menant à Noël, lesquelles provoquaient toujours un frisson d’excitation chez Rosalie, comme dans son enfance. Elle regarda les enceintes et songea à mettre The Kinks, puis quelques vieux chants de Noël au moment où Maddie descendrait. Elle réussirait peut-être même à faire danser à sa fille une valse dans la cuisine, comme quand elle était petite. La perspective de passer Noël en compagnie de son fils Rob, de retour à la maison, qu’ils soient tous les quatre réunis à table, pourrait peut-être même lui faire envisager ce qu’elle refusait depuis six mois – enfin pardonner à son mari.
La cuisine était emplie de vapeur brûlante et de l’odeur âcre des fruits marinés dans le cognac. Rosalie pensa que Maddie s’était trompée au sujet de la porte. Puis il y eut trois petits coups de grattoir, discrets mais insistants. Le labrador chocolat éructa une série d’aboiements depuis le jardin. Rosalie eut-elle un pressentiment entre la cuisine et l’entrée ? Elle se poserait par la suite des centaines de fois la question. Peut-être était-ce la tentative vaine de revivre un dernier instant ordinaire avant que sa main ne se tende vers la porte. N’importe quel dernier instant normal avant que le battant s’ouvre, et que leur famille soit à jamais bouleversée.
Elle était en uniforme. Lui en civil.
« Non », lâcha Rosalie.
Parce qu’elle sut aussitôt. Elle leva une main, la paume dressée comme pour empêcher leurs paroles de l’atteindre. C’était le dernier instant où elle ne saurait pas. Elle ne connaîtrait plus jamais de moment comparable.
« Mrs Douglas ? Mrs Rosalie Douglas ? » demanda le type en civil d’une voix terriblement compatissante.
Je vous en supplie, ne dites rien, exprima-t-elle avec sa paume, comme par déni.

 

11 février 2017

Trois jours et une vie - Pierre Lemaitre

Prix Audiolib 2017

Trois jours et une vie Trois jours et une vie_albinmichel Trois jours et une vie

Audiolib - juin 2016 - 6h21 - lu par Philippe Torreton 

Albin Michel - mars 2016 - 288 pages

Livre de Poche - mars 2017 - 320 pages

Quatrième de couverture :
« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d'événements tragiques  s'abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir. Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien... » 

Auteur : De Travail soigné à Sacrifices, ses cinq romans noirs couronnés par de nombreux prix ont valu à Pierre Lemaitre un succès critique et public exceptionnel. Avec Au revoir là-haut, Prix Goncourt 2013, puis Trois jours et une vie, il continue une œuvre littéraire qui confirme un grand écrivain. Il maîtrise l'art de construire des intrigues tenues par d'invisibles fils et des retournements spectaculaires. 

Lecteur : Issu du Conservatoire National d'Art Dramatique où il y a enseigné, Philippe Torreton était pensionnaire de la Comédie Française de 1990 à 1994 et sociétaire de 1994 à 2000. Comédien de théâtre et de cinéma, il a interprété tant de prestigieux rôles iques (ScapinTartuffe...), qu'engagés (Capitaine Conan de Bertrand Tavernier lui vaut le César du meilleur acteur en 1997). Il a reçu en 2014 le Molière du comédien pour Cyrano de Bergerac, où il tient le rôle-titre. Il est également l'auteur et l'interprète de Mémé, hommage tendre à sa grand-mère et grand succès de librairie.

Mon avis : (écouté en février 2017)
Voilà un roman noir, prenant et captivant que j'ai beaucoup aimé. 
Tout commence fin 1999, à Beauval, petite commune rurale imaginaire, le petit Rémi Desmedt a disparu. Comme dans la série Colombo, dès le début l'auteur dévoile au lecteur le nom du coupable, il s'agit d'Antoine, 12 ans. Ce dernier était venu se réfugier dans le bois de Saint Eustache, plein de chagrin après la mort accidentelle du chien Ulysse. Lorsque son petit voisin, le petit Rémi est venu le rejoindre, Antoine est pris dans un excès de colère et donne un coup mortel à Rémi et ce dernier s'effrondre. Antoine réalise alors que le jeune garçon est mort. Il comprend qu'il a fait une énorme bêtise et au lieu de prévenir les secours, il fait tout pour cacher son acte. En quelques secondes, Antoine est devenu un assassin sans l'avoir voulu. Ensuite, il est pris dans l'engrenage de ses mensonges et il devient prisonnier de son secret...
Difficile d'en dire plus sans dévoiler quelques retournements de situations et quelques surprises de ce roman...
Le lecteur s'attache à Antoine qui voit sa vie bouleversée par ce geste funeste. Antoine est rongé par les remords, il a tellement peur des conséquences de son geste sur sa mère, sur la famille de la victime et bien sûr pour lui-même...
La lecture de Philippe Torreton est très agréable à écouter. 
L'entretien bonus du livre audio est une interview de Philippe Torreton (le lecteur) par Pierre Lemaitre (l'auteur), c'est intéressant mais cela n'apporte rien de plus sur le roman, dommage...

Extrait : (début du livre)
À la fin de décembre 1999 une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.
Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien. Ulysse. Ne cherchez pas la raison pour laquelle son propriétaire, M. Desmedt, avait donné à ce bâtard blanc et fauve, maigre comme un clou et haut sur pattes, le nom d’un héros grec, ce sera un mystère de plus dans cette histoire.
Les Desmedt étaient les voisins et Antoine, qui avait alors douze ans, était d’autant plus attaché à ce chien que sa mère avait toujours refusé les animaux à la maison, pas de chat, pas de chien, ni de hamster, rien, ça fait des saletés.
Ulysse venait volontiers à la grille lorsque Antoine l’appelait, il suivait souvent la bande de copains jusqu’à l’étang ou dans les bois alentour et quand Antoine s’y rendait seul, il l’emmenait toujours avec lui. Il se surprenait à lui parler comme à un compagnon. Le chien penchait la tête, sérieux et concentré, puis soudain détalait, signe que l’heure des confidences venait de s’achever.
La fin de l’été avait été assez occupée par la construction d’une cabane avec les copains de la classe dans le bois, sur les hauteurs de Saint-Eustache. C’était une idée d’Antoine que, comme d’habitude, Théo avait présentée comme la sienne, s’arrogeant ainsi le commandement des opérations. Le magistère de ce garçon sur la petite bande était dû au fait qu’il était à la fois le plus grand de tous et le fils du maire. Ce sont des choses qui comptent dans une ville comme Beauval (on déteste les gens qu’on réélit régulièrement, mais on considère le maire comme un saint patron et son fils comme un dauphin, cette hiérarchie sociale qui prend naissance chez les commerçants s’étend aux associations et, par capillarité, gagne les cours d’écoles). Théo Weiser était aussi le plus mauvais élève de sa classe, ce qui apparaissait, aux yeux de ses camarades, comme une preuve de caractère. Lorsque son père lui flanquait une tannée – ce qui n’était pas rare –, Théo arborait ses bleus avec fierté, comme le tribut payé par les esprits supérieurs au conformisme ambiant. Il faisait aussi pas mal d’effet sur les filles, moyennant quoi, chez les garçons, il était redouté et admiré, mais n’était pas aimé. Antoine, lui, ne demandait ni ne jalousait rien. La construction de la cabane suffisait à son bonheur, il ne lui était pas nécessaire d’être chef.

Déjà lu du même auteur : 

 robe_de_mari__ Robe de marié Alex_cd Alex 9782226249678g Au revoir là-haut

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6 mai 2017

Désorientale - Négar Djavadi

Prix Audiolib 2017

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Audiolib - mars 2017 - 11h03 - Lu par Lila Tamazit

Liana Levi - août 2016 - 352 pages

Quatrième de couverture :
Si nous étions en Iran, cette salle d’attente d’hôpital ressemblerait à un caravansérail, songe Kimiâ. Un joyeux foutoir où s’enchaîneraient bavardages, confidences et anecdotes en cascade.
Née à Téhéran, exilée à Paris depuis ses dix ans, Kimiâ a toujours essayé de tenir à distance son pays, sa culture, sa famille. Mais les djinns échappés du passé la rattrapent pour faire défiler l’étourdissant diaporama de l’histoire des Sadr sur trois générations: les tribulations des ancêtres, une décennie de révolution politique, les chemins de traverse de l’adolescence, l’ivresse du rock, le sourire voyou d’une bassiste blonde…
Une fresque flamboyante sur la mémoire et l’identité; un grand roman sur l’Iran d’hier et la France d’aujourd’hui.

Auteur : Négar Djavadi naît en Iran en 1969 dans une famille d’intellectuels opposants au Shah puis à Khomeiny. Elle a onze ans lorsqu’elle arrive clandestinement en France. Diplômée de l’INSAS, une école de cinéma bruxelloise, elle travaille plusieurs années derrière la caméra avant de se consacrer à l’écriture de scénarios. Elle vit à Paris. Désorientale est son premier roman.

Lecteur : Lila Tamazit possède plus d’une corde vocale à son art : théâtre, musique, comédie et voix-off ont toujours occupé sa vie. Depuis 2011, elle a été choisie pour être la voix de la chaine Arte. Chanteuse, elle expérimente la scène dans différentes formations mêlant jazz, folk et chanson. Elle revisite le répertoire de Serge Gainsbourg de manière lumineuse et singulière. Sa passion des mots l’a amenée à interpréter des textes exigeants (Hannah Arendt, Maïakovski, Guillevic, Allen Ginsberg) sous des formes expérimentales où se mêlent voix et musique.

Mon avis : (écouté en avril 2017)
Cette histoire mélange le présent à Paris et Bruxelle et le passé en Iran. Kimiâ Sadr, la narratrice, est dans la salle d'attente d’un hôpital, le lecteur comprend peu à peu qu’elle suit un protocole d'insémination artificielle. Dans ce cadre froid, elle se rappelle son histoire et celle de sa famille. Kimiâ est née en Iran, au début des années 80, alors qu'elle a dix ans, ses parents, étant des opposants au régime, sont obligés de quitter le pays pour s'exiler en France. 
Elle raconte ses souvenirs d'enfance en Iran, sa grand-mère, ses oncles, son départ d'Iran en passant par les montagnes du Kurdistan avec sa mère et ses sœurs, son arrivée en France et les différences entre les deux cultures... Il est question d'identité, de liens familiaux, de déracinement, de différence...
En rédigeant ce billet, je me suis interrogée sur le sens du titre Désorientale... Et tout à coup j'ai compris ! Ce mot valise est l'association du mot désorienté et orientale. Autant, le mot orientale est évident pour moi, autant le second mot désorienté vient de me sauter aux yeux. Je comprends mieux alors le côté désordonné du récit de ce roman. 
En effet, j'ai un avis mitigé sur cette lecture, en particulier sur la forme, le contenu est très intéressant et tient le lecteur en haleine, mais la profusion des personnages souvent haut en couleur, des péripéties en tout genre sans ordre chronologique et des nombreuses digressions dans le récit donnent une impression brouillonne et la forme audio n'est pas la meilleure pour s'y retrouver... Il y a bien un index dans la boîte du CD, répertoriant tous les personnages et leur généalogie, mais je ne me promène pas avec la boîte... J'ai donc décidé d'écouter chaque chapitre indépendamment sans chercher à tout prix à vouloir le lier aux précédents.

Extrait : (début du livre)
À Paris, mon père, Darius Sadr, ne prenait jamais d’escalator.
La première fois que je suis descendue avec lui dans le métro, le 21 avril 1981, je lui en ai demandé la raison et il m’a répondu : « L’escalator, c’est pour eux. » Par eux, il entendait vous, évidemment. Vous qui alliez au travail en ce mardi matin d’avril. Vous, citoyens de ce pays, dont les impôts, les prélèvements obligatoires, les taxes d’habitation, mais aussi l’éducation, l’intransigeance, le sens critique, l’esprit de solidarité, la fierté, la culture, le patriotisme, l’attachement à la République et à la démocratie, avaient concouru durant des siècles à aboutir à ces escaliers mécaniques installés à des mètres sous terre.
À dix ans, je n’avais pas conscience de toutes ces notions, mais le regard désarmé de mon père – attrapé durant les mois passés seul dans cette ville et que je ne lui connaissais pas – m’ébranla au point qu’aujourd’hui encore, chaque fois que je me trouve face à un escalator, je pense à lui. J’entends le bruit de ses pas qui grimpent les marches dures de l’escalier. Je vois son corps légèrement penché en avant par l’effort, obstiné, volontaire, ancré dans le refus de profiter du confort éphémère de l’ascension mécanique. Dans la logique de Darius Sadr, ce genre de luxe se méritait, sinon c’était de l’abus, voire du vol. Son destin s’inscrivait désormais dans les escaliers de ce monde, le temps qui s’écoule sans surprise, le regard indifférent des passants.
Pour saisir la complexité de cette réflexion, il faut entrer dans la tête de mon père ; mon père de cette époque-là, Le Tumultueux, Le Désabusé. Comprendre le cheminement tortueux, magistralement absurde, de sa pensée. Voir sous la couche de souffrance, par-delà l’âpreté de l’échec, les étendues de délicatesse et d’élégance, de respect et d’admiration. Apprécier la cohérence de sa décision (ne pas prendre d’escalator), et l’habilité avec laquelle il concentra en quelques mots, lui qui avait passé la majeure partie de son existence courbé sur une rame de papier à écrire, tout ce qu’il était devenu et tout ce que vous représentiez.
Mais vous le savez aussi bien que moi, pour prétendre entrer dans la tête d’un homme, il faut d’abord le connaître ; avaler toutes ses vies, toutes ses luttes, tous ses fantômes. Et croyez-moi, si je commence par là, si j’abats déjà la carte du « père », je n’arriverais plus à vous raconter ce que je m’apprête à vous raconter.

18 avril 2017

Les enfants de Willesden Lane - Mona Golabek et Lee Cohen

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traduit de l'anglais (États-Unis) par Luc Rigoureau

Titre original : The Children of Willesden Lane, 2002

Quatrième de couverture :
1938. Vienne. Lisa Jura est juive. Lisa est aussi un prodige de la musique, une pianiste de génie âgée tout juste de quatorze ans. Et Vienne, capitale de la musique qui a vu se succéder Mozart, Beethoven, Schubert et Liszt, est devenue depuis peu une patrie hostile, voire dangereuse pour elle, rongée de l’intérieur par la barbarie nazie. Lorsqu’on offre à ses parents l’opportunité de sauver l’un de leurs enfants en l’envoyant loin, à l’abri, en Angleterre, le choix est difficile : c’est Lisa qui partira. Quand elle monte à bord du train qui doit l’emmener à Londres, Lisa est consciente qu’un grand avenir s’offre à elle, et qu’elle doit vivre pour sa famille qui se sacrifie pour elle. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Lisa échoue au 243 Willesden Lane, un foyer pour enfants dans une ville ravagée par la Seconde Guerre mondiale.

Auteur : Née à Los Angeles, Mona Golabek est une artiste complète : pianiste reconnue, elle est également auteur et animatrice radio. C’est sa mère, Lisa Jura, une Autrichienne de confession juive, réfugiée à Londres pendant la Seconde, qui est l’héroïne des Enfants de Willesden Lane. C’est elle aussi qui a transmis à Mona Golabek la passion de la musique. Fondatrice de l’organisation à but non lucratif « Hold On To Your Music », Mona Golabek a transmis le goût de la musique à ses enfants, eux aussi pianistes et violonistes.

Mon avis : (lu en avril 2017)
J'ai pris ce livre un peu par hasard à la Bibliothèque et j'ai beaucoup aimé ce récit témoignage. L'auteur est la fille de l'héroïne principale de ce livre, Lisa Jura. En 1938, Lisa est une jeune autrichienne juive de 14 ans qui vit à Vienne avec toute sa famille. Lisa est également une jeune pianiste très douée. Avec l'Anschluss (l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie), rester en Autriche est dangereux pour la famille Jura. Lisa aura l'opportunité de quitter l'Autriche pour l'Angleterre grâce à un « Kindertransport », organisé par des associations juives pour sauver des enfants. Le livre raconte essentiellement les sept années en Angleterre de Lisa dans le foyer du 243 Willesden Lane à Londres, où elle vivra avec d’autres enfants réfugiés. 
Voilà un récit témoignage original et passionnant sur l'époque de la Seconde Guerre Mondiale. La guerre est en toile de fond, au premier plan, il est question de musique et d'amitiés.

Extrait :  (site origine)
Ecoutez Mona Golabek nous lire (en anglais) les extraits du livre correspondant à chaque morceau, suivi de la musique qui rythme le livre :

Playlist Willesden Lane

12 avril 2017

Le dernier des nôtres - Adélaïde de Clermont-Tonnerre

Prix Audiolib 2017

Le dernier des nôtres 

Audiolib - Janvier 2017 - 11h44 - lu par Rémi Bichet

Grasset - août 2016 - 496 pages

Quatrième de couverture : 
« La première chose que je vis d'elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu'enserrait la bride d'une sandale bleue... »
Manhattan, 1969 : un homme rencontre une femme.
Dresde, 1945 : sous un déluge de bombes, une mère agonise en accouchant d'un petit garçon.
Avec puissance et émotion, Adélaïde de Clermont-Tonnerre nous fait traverser ces continents et ces époques que tout oppose : des montagnes autrichiennes au désert de Los Alamos, des plaines glacées de Pologne aux fêtes new-yorkaises, de la tragédie d'un monde finissant à l'énergie d'un monde naissant... Deux frères ennemis, deux femmes liées par une amitié indéfectible, deux jeunes gens emportés par un amour impossible sont les héros de ce roman tendu comme une tragédie, haletant comme une saga.
Vous ne dormirez plus avant de découvrir qui est vraiment « le dernier des nôtres ». Auteur : Adélaïde de Clermont-Tonnerre, ancienne élève de l'École normale supérieure, est romancière et journaliste. Son premier ouvrage, Fourrure, finaliste du Goncourt du premier roman, a été récompensé par cinq prix littéraires dont le prix Maison de la presse et le prix Sagan. Lecteur : Formé notamment à l'ENSATT de Paris, Rémi Bichet travaille alternativement au théâtre (La Dernière Nuit pour Marie Stuart, mise en scène de Didier Long, avec Isabelle Adjani, L'Avare, mise en scène de Jean-Louis Martinelli, avec Jacques Weber...), à la télévision et au cinéma (Le chien, réalisé par Christian Monnier...). Il collabore à de nombreux doublages pour le cinéma (voix de Jake Gyllenhaal, Martin Freeman, Josh Hartnett...), la télévision et l'animation. Également instrumentiste, il participe à la création de  spectacles de théâtre musical et co-signe avec Anne Suarez, la mise en scène du spectacle Le plus beau jour de Tania de Montaigne. Suivi d'un entretien avec l'auteure

Auteur : Adélaïde de Clermont-Tonnerre, ancienne élève de l’École normale supérieure, est romancière et journaliste. Son premier ouvrage, Fourrure (Stock), finaliste du Goncourt du premier roman, a été récompensé par cinq prix littéraires dont le prix Maison de la presse et le prix Sagan.

Lecteur : Formé notamment à l’ENSATT de Paris, Rémi Bichet travaille alternativement au théâtre (La Dernière Nuit pour Marie Stuart, mise en scène de Didier Long, avec Isabelle Adjani, L’Avare, mise en scène de Jean-Louis Martinelli, avec Jacques Weber…), à la télévision et au cinéma (Le chien, réalisé par Christian Monnier...). Il collabore à de nombreux doublages pour le cinéma (voix de Jake Gyllenhaal, Martin Freeman, Josh Hartnett…), la télévision et l’animation. Également instrumentiste, il participe à la création de  spectacles de théâtre musical et co-signe avec Anne Suarez, la mise en scène du spectacle Le plus beau jour de Tania de Montaigne.

Mon avis : (écouté en mars 2017)
Malgré quelques longueurs, j'ai plutôt aimé cette histoire ou plutôt ces histoires... En effet, ce livre est construit sur deux époques, 1945, à Dresde, sous les bombardements, une mère meurt en accouchant d'un petit garçon. 1969, Manhattan, un jeune entrepreneur en bâtiment, Werner Zilch rencontre poour la première fois Rebecca, une jeune héritière. La première histoire est plutôt sombre, la seconde beaucoup plus légère et très vite le lecteur comprend que les deux histoires ont un lien...

La construction du roman avec l'alternance du récit sur les deux époques donne du rythme et du suspens à l'histoire. J'ai cependant préféré la partie époque 1945, très documentée et instructive. La partie 1969 est souvent un peu clichée, les personnages de Werner et Rebecca sont plus agaçants qu'attachants...
J'ai pourtant passé un bon moment d'écoute.

Extrait : (début du livre)
La première chose que je vis d’elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu’enserrait la bride d’une sandale bleue. Je n’avais jamais été fétichiste avant ce jour de mai et si j’avais dû me concentrer sur une partie de l’anatomie féminine, j’aurais spontanément choisi les fesses, l’entrejambe, la gorge ou peut-être le visage, certainement pas les pieds. Je ne les remarquais que s’ils étaient moches ou mal tenus, ce qui n’arrivait pas souvent. J’avais la chance d’être aimé des jolies femmes et je mettais un point d’honneur à répondre à leur affection. C’était justement le sujet de notre conversation…

« Il te les faut toutes mon vieux, s’agaçait Marcus avec qui je déjeunais. C’est à croire que tu veux planter ton drapeau sur chaque satellite féminin de ce système solaire ! » Mon ami et associé, qui avait du mal à en séduire une seule, ajouta : « Tu t’assois quelque part, tu regardes, tu bois des verres et hop ! Au bout d’un quart d’heure il y en a déjà deux qui te tournent autour et se trémoussent. »
Il ouvrit de grands yeux, la bouche en cœur, pour imiter l’effet que j’étais supposé produire sur les filles, moment que choisit l’une des serveuses, une petite brune timide et potelée, pour me sourire.
« C’est exaspérant, s’indigna Marcus. Si j’étais elle, j’aurais plutôt la frousse de t’approcher. Avec ta dégaine de géant, ta tête slave et tes yeux délavés…
— Mes yeux ne sont pas délavés ! Ils sont bleu clair…
— Ils sont délavés. Les miens sont bleus, et ils ne leur font pas du tout le même effet. Elles adorent me raconter leur vie, leurs malheurs, leurs parents et leur première dent. J’écoute leurs confidences pendant des semaines, je suis sur le point d’arriver à mes fins, et toi, en un quart d’heure tu deviens leur amant.
— Je ne t’ai jamais piqué personne !
— C’est pire ! Tu ne fais rien pour me les piquer et elles te tombent dans les bras…
— Si tu me disais celles qui te plaisent, je ne les regarderais même pas.
— Je ne veux pas d’une copine qui m’oublie à la minute où tu entres dans la pièce… Elle perd toute valeur pour moi. »

 

 

9 mars 2017

Mörk - Ragnar Jónasson

En librairie à partir du 9 mars 2017

Lu en partenariat avec les éditions de La Martinière

71ZHI4lKSDL La Martinière - mars 2017 - 336 pages

traduit de la version anglaise, d'après l'islandais, par Philippe Reilly

Titre original : Náttblinda, 2015

Quatrième de couverture :
À Siglufjördur, à l'approche de l'hiver, le soleil disparaît derrière les montagnes pour ne réapparaître que deux mois plus tard. Ce village perdu du nord de l'Islande plonge alors dans une obscurité totale...
Le jeune policier Ari Thór veille sur la petite communauté sans histoires. Mais son collègue, l'inspecteur Herjólfur, est assassiné alors qu'il enquêtait aux abords d'une vieille maison abandonnée. L'illusion d'innocence tombe. Tous les habitants n'avaient-ils pas, au fond, une bonne raison de semer le chaos ? Elín, qui fuit un passé violent. Gunnar, maire du village, qui cache d'étranges secrets... Pour reconstituer le puzzle, il faudra aussi écouter cette voix qui murmure, enfermée derrière les cloisons d'un hôpital psychiatrique, et qui tient peut-être la clé de l'énigme.

Auteur : Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur, la ville où se déroule Snjór. Grand lecteur d'Agatha Christie dès son plus jeune âge – et plus tard de P.D. James ou Peter May –, il entreprend la traduction, à 17 ans, de quatorze de ses romans en islandais. Avocat et professeur de droit à l'Université de Reykjavik, il est aussi écrivain et le cofondateur du Festival international de romans policiers "Iceland Noir ".

Mon avis : (lu en mars 2017)
J'ai découvert cet auteur et cette série intitulée Dark Iceland l'année dernière. J'avais été surprise de découvrir que le livre publié en France était la traduction de la version anglaise... Dans cet épisode 2, il y a une explication « Ce roman a été traduit depuis l'édition anglaise du livre à la demande de l'auteur qui a revu et changé des éléments de son histoire, et considère donc le texte anglais comme la version définitive de son roman »  
J'ai trouvé une nouvelle bizarrerie dans ce deuxième épisode : 
le titre original de ce livre est Náttblinda (nuit aveugle en islandais) mais pour la version française le titre donné est Mörk (un mot islandais qui signifie limite)... 
Le deuxième volet se déroule cinq ans après le premier épisode. Le jeune policier, Ari Thór, n'est plus seul, il vit avec son épouse Kristín et leur fils, Stefnir. Tómas, l’ancien chef de la police de Siglufjördur est parti pour Reykjavik.
Pendant une nuit, Herjólfur, le nouveau collègue d'Ari, a été grièvement blessé à proximité d'une maison abandonnée. Tómas va revenir aider Ari à enquêter sur cette grave agression... L'intrigue est bien contruite, les pistes multiples et l'atmosphère de ce village du nord de l'Islande toujours aussi pittoresque et attachant... 

Merci Anaïs et les éditions de La Martinière pour cette série scandinave toujours aussi plaisante à suivre.

Extrait :
Dérangeant.
Oui, c'était le mot. Il y avait quelque chose de dérangeant dans cette vieille maison délabrée. La pluie aveuglante ajoutait à l'austérité des murs couleur plomb. Ici, l'automne n'était pas une véritable saison, plutôt un état d'esprit. Il semblait s'être perdu en route, quelque part vers le nord, quand, fin septembre, début octobre, l'hiver avait promptement succédé à l'été. L'automne ne manquait pas vraiment à Herjólfur, du moins pas celui de Reykjavik, sa ville natale. A Siglufjördur, l'inspecteur de police avait appris à aimer l'été, et ses journées d'une clarté vertigineuse, l'hiver, et sa pénombre qui se lovait autour du monde comme un chat géant.
La maison se dressait loin de l'entrée du tunnel de Strákar. Pour ce que Herjólfur en savait, cela faisait des années que personne ne l'avait occupée. Elle était trop à l'écart, trop en retrait de l'endroit où la ville étreignait le rivage. Comme si elle avait été laissée aux mains puissante de la nature - qui se seraient abattues sur elle brutalement.
Herjólfur s'intéressait tout particulièrement à cette bâtisse à l'abandon, et cela l'ennuyait. Il éprouvait rarement de la peur, son métier l'avait habitué à mettre de côté les sentiments importuns. Mais, cette fois, il n'y arrivait pas. Ça ne lui plaisait guère. Il s'était garé au bord de la route et hésitait à sortir de la voiture de patrouille. Sans la grippe d'Ari Thór, l'autre policier de la ville, il n'aurait même pas dû être de service...

Challenge Voisins Voisines 
voisins_voisines2017
Islande

Déjà lu du même auteur :

131349_couverture_Hres_0 Snjór 

29 janvier 2017

Le journal de Nine - tome 3 : Pourquoi c'est pas juste - Géraldine Maillet

Lu en partenariat avec Flammarion jeunesse

nine_3 Flammarion jeunesse - janvier 2017 - 131 pages

Illustrations de Line T.

Quatrième de couverture : 
"Mon petit journal adoré, on se fait confiance tous les deux.
On vit ensemble depuis que je sais écrire. En ce moment, je grandis trop vite, je n'ai plus de temps pour moi. Ma nouvelle famille, le collège, les amours...
Il suffit de me voir avant et après les vacances pour comprendre ce que c'est "préado" puis "ado" sans le "pré". Allez, je vais tout te raconter!"

Auteur : Géraldine Maillet, mannequin pendant 7 ans, a abandonné ce métier pour devenir écrivain. Elle est chroniqueuse pour "Ça Balance À Paris" sur Paris Première.
Elle est l’auteur de plusieurs romans dont 'Presque top model' (2007) et 'French Manucure' (2008), qui furent des succès de librairie. Elle a également réalisé deux court-métrages.
En 2014 paraît le premier tome du 'Journal de Nine'. La série est destinée aux pré-adolescent(e)s.

Mon avis : (lu en janvier 2017)
Je ne connaissais pas encore Nine, diminutif de Léopoldine.
Ce livre est le troisième tome et à priori le dernier de la série. En effet, dès début, Nine annonce à son journal que ce sera le dernier car elle n'a plus le temps...

Nine entre en cinquième. Elle était une pré-ado et elle devient une adolescente et elle se confie à son journal. Elle raconte ses vacances en Sicile dans la famille de Damien, le compagnon de sa mère, avec son petit frère Léon ainsi que Victor et Romy, les enfants de Damien. Elle s'interroge sur les transformations de son corps, fais des listes de ce qui compte pour elle, de ce qu'elle ne veut pas oublier... Elle raconte sa vie dans une famille recomposée, dans sa classe de cinquième, les relations entre ses parents...
Ce journal se lit facilement, c'est plein d'humour, très actuel, les illustrations sont très réussies et sont un vrai plus. Destiné aux ados de 10 à 12 ans.

Extrait : (début du livre)
AVEU n°1 : Bon, faut se dire les choses, je sens que tu seras mon dernier journal.
C'est triste de dire « dernier » à mon âge, mais moi, je suis honnête avec toi. Je ne dois pas te mentir, journal. On se fait confiance tous les deux. On vit ensemble depuis que je sais écrire. En ce moment, je grandis trop vite et je n'ai plus assez de temps pour moi.

AVEU n°2 : Bon, faut se dire les choses, je sens que tu ne prends pas super bien la nouvelle. « Plus assez de temps pour moi », ça fait excuse toute moisie. Comme quand je dis à maman que j'ai pas compris l'exercice de mathématiques alors qu'il est super facile et que j'ai juste préféré regarder un film avec Léon, Victor et Romy. Même si j'aime beaucoup le cinéma et que maman adore lire des magazines sur les films que personne ne va voir, ça passe moyen...

- EXCUSE BIDON ! J'espère que tu as honte, Nine ? (Gros yeux de maman pas contente.)
- Ben oui, maman. (Petits yeux de Nine pas fière.)

Pensée de Nine pas super gentille : « Ben non, pas du tout honte, journal. »

17 décembre 2016

Irmina - Barbara Yelin

9782330036416 Actes Sud - novembre 2014 - 288 pages

Quatrième de couverture :
Inspiré d'une histoire vraie, le parcours d'une femme allemande des années 1930 à 1980. Un drame poignant sur le conflit entre l'intégrité personnelle et les compromis auxquels peut conduire l'ambition. À travers des images suggestives et pleines d'atmosphère, l'évocation d'une carrière pleine de fractures, exemplaire de la complicité que beaucoup ont nouée avec le régime hitlérien, en détournant les yeux et parce qu'ils y trouvaient avantage.

Auteur : Née en 1977, Barbara Yelin a été l'élève de l'illustratrice allemande Anke Feuchtenberger (La Putain P., à L'Association) aux Beaux-Arts de Hambourg. Ses deux premiers livres sont publiés aux éditions de l'An 2 : Le Visiteur fin 2004 et Le Retard en 2006. Elle participe ensuite à deux albums collectifs en 2008 : Les Bonnes Manières (L'An 2) et Pommes d'amour (Delcourt). Elle fait partie du collectif de dessinatrices qui publie la revue Spring. En avril 2010, pour la première fois associée à un scénariste, Peer Meter, elle publie un album très remarqué, L'Empoisonneuse. Barbara Yelin vit et travaille à Munich.

Mon avis : (lu en décembre 2016)
Cette BD est un témoignage historique que j'ai lu avec beaucoup d'intérêt et de plaisir. 1934, Irmina, une jeune allemande, arrive à Londres pour commencer une formation de secrétariat international. Elle va y faire la rencontre d'Howard Green, un jeune homme de couleur étudiant à Oxford. Il est originaire de La Barbade dans la mer des Caraïbes. Irma est une idéaliste qui aspire à la liberté et qui n'hésite pas à exprimer ce qu'elle pense. Elle apprécie de plus en plus ses rencontres avec Howard et lorsque la situation politique l'oblige à retourner à Berlin, elle pense que ce n'est que temporaire et elle compte bien revenir prochainement en Angleterre. Mais dans l'Allemagne national-socialiste, elle comprend vite que cela va être difficile voir impossible... 
Le lecteur découvre au fil des pages, Londres, Berlin puis La Barbade dans un dessin aux décors très réalistes, mélangant crayonnés et lavis. Une belle découverte !

Extrait :

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27 janvier 2017

L'Arabe du futur - Tome 3 : Une jeunesse au Moyen-Orient, 1985-1987 - Riad Sattouf

Une-jeunesse-au-Moyen-Orient-1985-1987 Allary - octobre 2016 - 160 pages

Quatrième de couverture :
Après avoir suivi son mari en Libye puis en Syrie, la mère de Riad ne supporte plus la vie au village de Ter Maaleh. Elle veut rentrer en France. L'enfant voit son père déchiré entre les aspirations de sa femme et le poids des traditions familiales…

Auteur : Riad Sattouf est l'auteur de nombreuses bandes dessinées, parmi lesquelles Retour au collège, Pascal Brutal, ou La vie secrète des jeunes. Il est l'un des rares auteurs de bandes dessinées à avoir obtenu deux fois le prix du meilleur album au festival d'Angoulême ( Pascal Brutal 3 en 2010, et L'Arabe du futuren 2015). Il est également cinéaste ( Les beaux gosses, 2010, César du meilleur premier film, et Jacky au royaume des filles, 2014).

Mon avis : (lu en janvier 2017)
Dans ce troisième tome, le jeune Riad commence à prendre réellement conscience du monde qui l’entoure, il est moins naïf. La famille vit toujours en Syrie où rien n'a changé. La maison a toujours ses murs fissurés, l'électricité fonctionne aléatoirement, les magasins sont vides, à l'école les instituteurs sont violents, les cousins de Riad le persécutent toujours... La mère de Riad ne supporte plus cette vie en Syrie et elle l'exprime enfin, elle réclame une vie plus confortable pour ses enfants et pour elle-même, elle désire vraiment rentrer en France !
L'image du père commence à se fissurer pour Riad qui comprend que ce dernier n'est pas aussi formidable et puissant que cela... Il lui reste cependant encore de l'admiration pour lui, mais pas incondionnellement...
Sinon pour Riad c'est également le temps des expérimentations, le premier baiser, la circoncision et le ramadan... A ces occasions le jeune garçon découvre le monde des adultes avec leurs contradictions et leurs défauts...
Cette bande dessinée est toujours aussi plaisante et passionnante, je l'ai dévoré facilement. 

Extrait :

 

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Déjà lu du même auteur :

100708942 L'Arabe du futur : Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984) 

106163512 L'Arabe du futur - Tome 2 : Une jeunesse au Moyen-Orient (1984 - 1985) 

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23/18

4 janvier 2017

Chaleur - Joseph Incardona

Lu en partenariat avec les Éditions Finitude

À paraître le 5 janvier 2017

chaleur Éditions Finitude - janvier 2017 - 160 pages

Quatrième de couverture :
La Finlande : ses forêts, ses lacs, ses blondes sculpturales... et son Championnat du Monde de Sauna.

Chaque année, des concurrents viennent de l'Europe entière pour s'enfermer dans des cabines chauffées à 110°. Le dernier qui sort a gagné.
Les plus acclamés sont Niko et Igor : le multiple vainqueur et son perpétuel challenger, la star du porno finlandais et l'ancien militaire russe. Opposition de style, de caractère, mais la même volonté de vaincre. D'autant que pour l'un comme pour l'autre, ce championnat sera le dernier. Alors il faut se dépasser. Aller jusqu'au bout.
Aussi dérisoire que soit l'enjeu, au-delà de toute raison, la rivalité peut parfois pousser l'homme à la grandeur. À la fois pathétiques et sublimes, Niko et Igor illustrent avec éclat le désir d'absolu de la nature humaine.

Auteur : Joseph Incardona est un écrivain Suisse, d’origine italienne. Il vit à Genève où il tente d’arrêter de fumer. Il aime les romans noirs, Harry Crews et les pâtes. Il a 47 ans et il est membre de l’équipe de foot italienne des écrivains.

Mon avis : (lu en décembre 2016)
J'ai accepté de lire ce roman par curiosité... et parce que l'histoire se passait en Finlande, j'ai découvert plus tard que l'auteur n'était pas Finlandais mais Suisse... L'auteur s'est inspiré d'un fait divers vrai cocasse et dramatique pour écrire ce roman. La Finlande est un pays qui nous étonnera toujours... En effet, le pays étant situé au delà du Cercle Arctique, en hiver les journées sont très longues et pour oublier cet isolement et fêter l’arrivée des beaux jours, les finlandais aiment faire la fête et organisent des championnats isolites en tout genre... (comme le Championnat du monde de porter d’épouse, le Championnat du monde de lancer de téléphone portable, le Championnat du monde de football en marécage, le Championnat du monde d’Air Guitar, le Championnat du monde d’écrasement de moustiques... voir wikipedia ). Dans ce roman, il est question du Championnat du monde de Sauna qui avait lieu tous les ans à Heinola, une ville de 20 000 habitants, située à 140 kilomètres au nord de Helsinki. La compétition consiste à rester le plus longtemps possible dans un sauna chauffé à 110 °C (la température usuelle étant de 80 °C).

Les deux favoris de la compétition sont le Finlandais, Niko Tanner, 49 ans, 1,89 mètres, 110 kilos, star du porno et champion en titre depuis 3 ans et le Russe Igor Azarov, 60 ans, 1,59 mètres, 58 kg, un ancien militaire. Ils se sont préparés à leur façon un entraînement très sérieux et un mental à toute épreuve.
On suit le championnat en cinq étapes correspondants aux chapitres principaux du livre : la qualification, le premier tour, le deuxième tour, la demi-finale et enfin la finale.  Ce livre commence comme une farce cocasse et humoristique, mais au fur et à mesure de la compétition, la chaleur monte tout comme la tension entre les compétiteurs et le livre devient plus sérieux, c'est l'occasion d'avoir une réflexion sur les compétitions et ses coulisses... jusqu'à la conclusion...

Merci Anaïs et éditions Finitude pour cette lecture étonnante.

Extrait : (début du livre)
Heinola.
Ça sonne comme le nom d’une actrice de porno alternatif scandinave.
Tanya Hansen. Saana Blond. Katja Keane.
On n’est pas loin : Heinola est une ville de Finlande.
Le porno alternatif implique : choix des partenaires, recherche du plaisir, refus de l’humiliation. Les acteurs eux-mêmes décident du planning de tournage. Le « PA » évoque ainsi une sexualité exhibitionniste consensuelle et authentique. L’équivalent d’un label « bio ».
Doux, équitable et intello.
Le porno progressiste.
Ça colle avec une certaine image de la Finlande : l’authentique, les acquis sociaux, l’égalité des sexes, la tolérance. Forcément, il y a tout cet espace spongieux « terre/eau » pour si peu d’habitants. Ça permet le mieux-vivre, un petit cabanon pour se ressourcer au moindre signe de défaillance nerveuse.
Heinola.
Située à 138 kilomètres au nord d’Helsinki, la capitale. Un peu plus de vingt mille habitants. La ville a subi la crise économique de 2008 : fermeture de la scierie et de l’usine de contreplaqué, principaux employeurs de la commune. Du coup, on s’y emmerde un peu. La nature a vite fait d’ennuyer l’homme. On observe comme une incapacité à la contemplation ou, tout du moins, une difculté à vivre isolé dans les bois avec femme et enfants. Au pire, seul avec soi-même. Conséquence: ça picole dur. Mais surtout : l’homme recherche l’homme. L’homme est le territoire – davantage que sa faune, sa fore ou sa géographie.
Par conséquent : une certaine naïveté couplée à un ennui latent motivent une série d’activités se déroulant dans le pays durant la période estivale.
À savoir :
Championnat du monde de porter d’épouse.
Championnat du monde de football en marécage.
Championnat du monde d’Air Guitar (jeu de guitare sans guitare).
Championnat du monde de lancer de botte (hommes, pointure 43 – femmes, pointure 38).
Championnat du monde d’écrasement de moustiques (arrêté en 1999 sous la pression des animalistes).
Championnat du monde de mangeurs de piment (type Naga Morich, Inde).
Championnat du monde de cueillette de baies.
Championnat du monde de la pêche sur glace (les lacs n’étant pas gelés en été, la compétition se déroule sur des plaques de polystyrène percées).
Championnat du monde de marche avec une barre à mine.
Championnat du monde de lancer de téléphone portable.
Ainsi, comme le précise l’office du tourisme :
Les Finlandais aiment faire la fête en groupe pour oublier l’isolement de l’hiver et fêter l’arrivée des beaux jours.
Recherche de la friction.
Vodka « Finlandia ».
De la chaleur.
Heinola organise chaque année au mois d’août les Championnats du monde de sauna.

Challenge Voisins Voisines 
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Suisse

 

30 décembre 2017

Bilan final Challenge Voisins Voisines 2017…

voisins_voisines2017

Nous étions 5 participants actifs

Nous avons lu ensemble 59 livres (dont 56 différents)

Le livre le plus lu :

 Jeux de miroirs – E.O. Chirovici ( Edyta, Aproposdelivres)
La Promesse – Jussi Adler-Olsen ( Claudia, Aproposdelivres)

 Spécialistes…

Belgique : Manika (6 livres)
Suède : Aproposdelivres (5 livres)
Angleterre : Manika (4 livres)
Danemark : Aproposdelivres (4 livres)

Grands lecteurs :

 Manika : 20 livres
Aproposdelivres : 20 livres

Claudia : 12 livres
Edyta : 6 livres
Anna : 1 livre

 L’auteur le plus lu :

Amélie Nothomb avec 5 livres différents

Nombre de pays visité : 16 pays

Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, Irlande, Islande, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni (Angleterre), Suède, Suisse

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Pays gagnants :

Angleterre (Royaume-Uni) : 11
Belgique : 8
Allemagne, Danemark : 7

Grands voyageurs :

Aproposdelivres : 11 pays
Manika : 9 pays
Claudia : 6 pays
Edyta : 3 pays

Bilan chiffré du 30/12/2017

J’ai peut-être oublié de noter une ou plusieurs de vos lectures…
N’hésitez pas à me signaler mes erreurs, elles seront rectifiées ultérieurement  !

Le challenge se poursuit en 2018 !

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8 novembre 2016

Mon petit bled au Canada - Zarqa Nawaz

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

product_9782207124949_195x320 Denoël - octobre 2016 - 304 pages

traduit de l'anglais (Canada) par Isabelle D. Taudière

Titre original : Laughing All The Way To The Mosque, 2014

Quatrième de couverture : 
Zarqa Nawaz n’a que six ans quand ses parents, musulmans pakistanais aisés, s’installent au Canada. Le choc culturel est rude pour la fillette, qui doit affronter les préjugés de ses camarades autant que le conservatisme religieux de ses pairs… Jeune femme, elle a tôt fait de s’autoproclamer sultane de la dérision, et elle nous plonge dès les premières pages de ce roman tendre et hilarant dans la peau de cette enfant impertinente et lucide. Des mésaventures scolaires de la petite Zarqa à l’amour vache qui la lie à son flegmatique mari en passant par l’éducation de ses enfants, tout est délicieusement absurde, réaliste et d’une infinie tendresse dans ce récit d’une famille éternellement confrontée à sa différence culturelle et religieuse… et le résultat est savoureux, politiquement incorrect et salutaire.

Auteur : Née en 1968 à Liverpool, Zarqa Nawaz est une journaliste et réalisatrice britannico-canadienne d'origine pakistanaise.

Mon avis : (lu en octobre 2016)
J'ai beaucoup aimé cette lecture qui utilise un ton léger pour aborder des thèmes plus profond. Zarqa Nawaz vient d'une famille d'origine pakistanaise, sa famille est arrivée au Canada alors qu'elle avait six ans. Elle a donc été élevée avec cette double culture, à l'école elle découvre les habitudes canadiennes et la liberté et chez elle, les coutumes sont musulmanes et plus conservatrices... Zarqa est tour à tour naïve, révoltée, critique, elle pose pleins de questions, elle refuse à se plier aux exigences de sa communauté sans comprendre le pourquoi du comment, elle exige souvent de connaître la référence exacte de telle ou telle obligation ou interdiction. Gaffeuse mais au caractère bien trempé, elle bouscule les convictions des uns et des autres mais reste toujours fidèle à ses convictions religieuses.

Dans ce livre, elle raconte chronologiquement des instants de sa vie de son enfance à maintenant où elle mène de front sa vie de mère de famille de 4 enfants et sa carrière de journaliste et réalisatrice. Ils illustrent ce choc des cultures avec humour, ironie et autodérision.
C'est au cours de ma lecture et vers la fin du livre que j'ai découvert que Zarqa est la créatrice de la série "La Petite Mosquée dans la prairie" (Little Mosque on the Prairie).
Voilà un roman autobiographique intelligent et drôle pour aller au delà des préjugés.

Merci Chloé et les éditions Denoël pour cette lecture instructive mais également pleine d'humour.

Extrait : (début du livre)
À sept ans, j’ai approché un petit garçon dans la cour d’école. C’était un petit rondouillard aux cheveux noirs ondulés, assis tout seul sur les balançoires, une grosse sucette dans le bec.
« Dis-moi, Davy, tu crois en Dieu ? »
Il m’a regardée d’un drôle d’air et a haussé les épaules.
« Parce que tu sais, c’est très important de croire en Dieu. »
Il comprit tout de suite qu’il avait affaire à une fondamentaliste enragée.
« Si tu me pousses tout le temps que je veux sur la balançoire, je veux bien croire en Dieu. » 
Mes récrés virèrent au cauchemar. J’avais les bras tout engourdis. Mais que n’aurais-je fait pour sauver l’âme de Davy ?
Je fus d’ailleurs bien récompensée de ma B.A. car, quelque temps plus tard, j’étais invitée à son goûter d’anniversaire. J’étais aux anges. En prenant place autour de la table bien garnie, j’avais l’eau à la bouche. Mais j’avais à peine commencé à vider les plats, que la maman de Davy m’arrêta :
« Non, ne mange pas ça !
— Mais c’est drôlement bon, protestai-je en continuant de m’empiffrer.
— C’est du jambon, expliqua-t-elle en fronçant les sourcils. Tu es musulmane, n’est-ce pas ? »
J’engloutis une dernière tranche aussi vite que ma conscience coupable me le permit. C’était si savoureux que j’aurais cru manger un bout de paradis. Je regardai tristement s’éloigner le plateau de charcuteries. Ma petite mine implorante n’y fit rien.
Quand ma mère vint me chercher, notre hôtesse se crut obligée de lui raconter l’incident. 

« Je pensais qu’elle était assez grande pour reconnaître du porc… »
Ma mère regarda sa gloutonne de fille et soupira.
« Nous l’envoyons aux cours d’instruction religieuse à la mosquée, mais je ne sais pas trop ce qu’elle en retient. »
J’étais un peu vexée. J’avais tout de même compris qu’il fallait croire en Dieu. Et comment aurais-je pu faire le rapport entre les grandes images de jolis cochons roses barrés d’un immense X noir et ces délicieuses tranches de charcuterie sur une assiette ?
Davy me considéra d’un œil nouveau :
« Alors tu vas aller en enfer ?
— Bien sûr que non, voyons ! s’indigna sa mère. Elle a fait une erreur, mais, comme nous l’apprenons à l’église, Dieu sait pardonner.
— Parce que Davy va à l’église ?
— Naturellement. Nous sommes catholiques, tu sais. Et il est même enfant de chœur. »
Dès lors, je continuais à pousser Davy sur la balançoire parce que je m’y étais engagée, même si c’était pour de mauvaises raisons. Mais je décidai d’être plus attentive pendant les heures d’éducation religieuse. Dieu avait sans doute voulu me donner une leçon : m’occuper d’abord de mon âme, et apprendre à repérer les innombrables périls qui la guettaient en permanence. La religion était décidément une affaire bien compliquée.

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8 septembre 2016

Dent d'ours - tome 4 - Amerika bomber - Yann et Henriet

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Dupuis - mai 2016 - 48 pages

Quatrième de couverture :
Début mai 1945. Une étrange aile volante révolutionnaire survole New York et largue sur l'orgueilleuse cité une bombe qui contient une tonne d'uranium. La ville est complètement détruite et en proie aux flammes et les victimes se comptent par centaines de milliers. L'oberleutnant Werner Zweiköpfiger, espion US infiltré dans l'aviation allemande, se réveille : ce n'était qu'un cauchemar. Mais ce rêve, c'est aussi le fantasme d'Hitler et la mission du flugkapitän Hanna Reitsch, l'amie d'enfance de Werner : bombarder New York pour sauver l'honneur du IIIe Reich. Alors que les Alliés sont persuadés que la guerre est finie et ont pour seule obsession de récupérer Werner Von Braün, l'inventeur des fusées V1 et V2, et un maximum de savants allemands avant les Russes, Hanna, elle, n'a pas renoncé à mener à bien l'ultime mission du Führer.

Auteurs : Yann Lepennetier, dit Balac ou Yann, est un auteur de BD. 
Après ses débuts dans la publicité et l’architecture, ce Marseillais s’est lancé dans la bande dessinée en 1974 en dessinant pour Spirou à Bruxelles où il habite désormais. 
Remercié par le journal pour dessins irrévérencieux, il avait noué des liens forts de franche camaraderie avec Conrad avec qui il a notamment réalisé les Innommables en 1980 et lancé la Tigresse blanche en 2005. 
Ses premiers scénarios l’avaient conduit dans l’univers de Franquin avec le Marsupilami en 1989 et de Gosciny avec Lucky Luke sans oublier son one-shot sur une aventure de de Spirou.
Il écrit depuis pour de nombreux dessinateurs comme Berthet (Pin Up, Yoni, les exploits de Poison Ivy), Simon Léturgie (Spoon White), Félix Meynet (les Eternels) avec ou encore Herval (Tiffany), René Hausman (Les Trois cheveux blancs, Le Prince des écureuils), Yslaire (Sambre), Joël Parnotte (Le Sang des Porphyre).
Sa production est très diversifiée, avec des séries humoristiques, voire la reprise de classique (Le Marsupilami, avec Batem, Lucky Luke, avec Morris, Kid Lucky avec Conrad (sous le pseudonyme commun Pearce) et Jean Léturgie). 
Sa série Narvalo dessinée par Erik Juszezak devrait voit son épilogue en 2008 avec un second tome en plus de 54 planches. Le Sang des Porphyres est prévu en 4 albums dont 2 sont parus. Son actualité est par nature riche. En 2008 il a sorti le 2ème tome de Tiffany et le 3ème des exploits de Poison Ivy.

Né le 15 février 1973, Alain Henriet nourrit dès son plus jeune âge ses appétits bédéphiles dans les Stranges qu'il achetait en occasion sur les marchés, mais également dans Mickey Magazine, puis dans diverses séries de chez Dupuis. Il s'inscrit à l'académie des beaux-arts de Liège. Ses premières publications arriveront à cette époque, il participera à l'aventure du magazine ''Brazil'' dans les trois numéros existants. 
À la même époque, toujours à l'académie de Liège, Alain gagne un concours de BD organisé par le journal de Spirou (deux planches publiées dans le numéro 3044), il se retrouve à jongler dans sa dernière année d’études entre la rédaction du journal (où il était en stage) et l'école. De là naîtront ses premières planches dans le journal de Spirou. 
En 1998, Alain est engagé à la rédaction de Spirou magazine comme correcteur et maquettiste. Il y travaille toujours, mais uniquement le mardi. C'est lors d'un festival qu'il rencontre Olivier Vatine. Celui-ci préfère la première version d'Une pizza à l'oeil à leur projet de S.F. Le soir même, ils décident de relancer la machine du tueur aux péripéties humoristiques. De là suivra la trilogie "John Doe "aux éditions Delcourt. La série finie, les protagonistes décident de prendre chacun leur envol. 
À cette même époque, Olivier Vatine cherchait un dessinateur pour la série "Golden Cup". Fort de leur collaboration sur John Doe, celui-ci propose la série à Alain. De là suivra la collaboration avec le scénariste Daniel Pecqueur et, par la suite, la rencontre avec Manchu (grand spécialiste de science fiction) pour les designs très réalistes des véhicules. 
Alain signera également avec les éditions Dupuis pour un album : "Pandora Box".
Aujourd'hui, il collabore avec Yann pour la série" Dent d'Ours" aux éditions Dupuis.

Mon avis : (lu en août 2016)
Je pensais cette série terminée, mais j'ai eu la surprise de découvrir qu'après les 3 premiers épisodes qui racontaient les parcours de 3 enfants originaires de Silésie qui étaient devenus pilotes des armées allemande et américaine, ce nouvel épisode était le premier d'un nouveau cycle. La fin de la guerre est proche et Hanna et Werner se sont retrouvés. Ils ont chacun des objectifs contraires... Hanna, fidèle au führer, se prépare à piloter la nouvelle aile volante destinée à bombarder New-York. Et Werner a pour mission de tuer Hannah pour éviter la mort de milliers de personnes... En parallèle, les Alliés et les Russes font le course pour récupérer les scientifiques allemands pour leur propre camp...
Même si j'ai moins aimé cet épisode qui donne à cette histoire une tournure plus science fiction, cette bd est toujours aussi efficace et le coup de crayon est toujours aussi réussi. La fin de l'épisode nous laisse en plein suspens et donc nous encourage à lire la suite...

Extrait :

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Déjà lu de la même série :

92014366 Dent d'ours - tome 1 : Max  9782800160078_1_75 Dent d'ours - tome 2 : Hannah

105621445 Dent d'ours - tome 3 : Werner

5 octobre 2016

Tant que dure ta colère - Ǻsa Larsson

Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226323996-j Albin Michel - septembre 2016 - 336 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : Till dess din vrede upphör, 2008

Quatrième de couverture :
Le corps d’une femme repêché dans une rivière à la fonte des neiges au nord de la Suède. Une procureure au sommeil hanté par la vision d’une silhouette accusatrice. Des rumeurs concernant la mystérieuse disparition en 1943 d’un avion allemand au-dessus de la région de Kiruna. Une population locale qui préfère ne pas se souvenir de sa collaboration avec les Nazis durant la guerre. Sur les rives battues par le vent d’un lac gelé rode un tueur prêt à tout pour que le passé reste enterré sous un demi-siècle de neige et de glace… Un thriller psychologique complexe et plein de rebondissements. La nouvelle enquête de Rebecka Martinsson.

Auteur : Ǻsa Larsson a grandi à Kiruna, 145 km au-dessus du cercle polaire Arctique, où se déroulent ses romans. Avocate comme son héroïne, elle se consacre désormais à l'écriture. Les cinq tomes de la série autour de Rebecka Martinsson sont en cours de traduction dans 30 pays.

Mon avis : (lu en septembre 2016)
Wilma et Simon sont partis plonger dans un lac gelé à la recherche du secret d'une épave d'un avion tombé en 1943. Ils ne sont jamais remontés... Quelques mois après le corps de la jeune fille est retrouvé dans une rivière. C'est le début de la nouvelle enquête de Rebecka Martinsson, l'avocate fiscaliste devenue procureure, avec l'aide des inspecteurs Anna-Maria Mella et Sven-Erik Stålnacke. Tout au long du roman, on suit l'esprit de Wilma qui apparaît dans un rêve de Rebecka ou déambule dans le village et s'invite chez les proches des victimes ou chez les suspects... Cela donne au lecteur un autre point de vue intéressant sur l'intrigue.
L'enquête progresse lentement, la psychologie des personnages est parfaitement contruite, le suspens est là, l'auteur fait référence à des faits historiques datant de la Seconde Guerre Mondiale et de la vie des Suédois à cet époque.
Je prend toujours beaucoup de plaisir à suivre cette série suédoise et son duo attachant d'enquêtrices Rebecka Martinson et Anna Maria Mella. 

Merci Aurore et les éditions Albin Michel pour cette nouvelle enquête de Rebecka et Anna Maria dans le grand nord suédois.

 

Extrait :

Déjà lu du même auteur :

9782226256096g Le sang versé 9782226318176m La piste noire

 Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Suède

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7/18

29 mai 2016

Snjór - Ragnar Jónasson

Lu en partenariat avec les éditions de La Martinière

131349_couverture_Hres_0 La Martinière - mai 2016 - 350 pages

traduit de la version anglaise d’après l’islandais par Philippe Reilly

Titre original : Snjóblinda, 2010

Quatrième de couverture :
Snjór. La neige, en islandais. Celle qui tombe sans discontinuer sur la ville la plus au nord de l'Islande, Siglufjördur. Un village de pêcheurs auquel on ne peut accéder que par un tunnel étroit, creusé à même la montagne. Ari Thór, qui vient de terminer l'école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation. Sa fiancée refuse de le suivre dans ce trou paumé. Siglufjördur, la ville où il ne se passe rien, où personne ne ferme jamais sa porte à clef. Mais voilà : une jeune femme est retrouvée morte, à moitié nue dans la neige ; un vieil écrivain renommé fait une chute mortelle dans le théâtre local... Ari Thór se retrouve plongé au coeur d'une petite communauté où chacun tient l'autre par ses mensonges et ses secrets. Une avalanche et des tempêtes de neiges incessantes ferment temporairement l'accès du tunnel. La nuit polaire ne réserve plus une seule minute de jour... Un effroyable sentiment de claustrophobie submerge peu à peu Ari, que viennent également tourmenter des résurgences de son passé. L'étau se resserre autour du policier, aveuglé par la neige et les faux-semblants, sombrant dans sa propre noirceur. Angoissant, entêtant, Snjór est le premier roman de la série Dark Iceland.

Auteur : Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur, la ville où se déroule Snjór, et où a grandi son père. Grand lecteur d'Agatha Christie dès son plus jeune âge - et plus tard de P. D. James ou Peter May -, il entreprend la traduction, à 17 ans, de quatorze de ses romans en islandais. Avocat et professeur de droit à l'Université de Reykjavik, il est aussi écrivain et le cofondateur du Festival international de romans policiers " Iceland Noir ". C'est l'agent d'Henning Mankell qui a découvert Jónasson et vendu les droits de ses livres dans près de dix pays, dont les Etats-Unis et l'Angleterre.

Mon avis : (lu en mai 2016)
Snjór est le premier roman d’une série intitulée Dark Iceland. J'ai été surprise de découvrir que le livre publié en France était la traduction de la version anglaise...  Snjór signifie neige, en islandais.
Ari Thór, jeune policier, qui vient de sortir de l’école, est envoyé pour sa première affectation à Siglufjördur, la ville la plus au nord de l'Islande. Il part seul là-bas, Kristin, sa fiancée, refusant de le suivre dans un endroit aussi reculé. 

Siglufjördur est une ville où il ne se passe rien, où personne ne ferme jamais sa porte à clef. Et pourtant, en l'espace de quelques jours, un vieil écrivain renommé est retrouvé mort après une chute mortelle dans le théâtre local puis une jeune femme est retrouvée à moitié nue dans la neige, dans un état critique... Au cœur de cette petite communauté où tout ce sait et Ari Thór est considéré comme un étranger...
Siglufjördur est un personnage à part entière de ce roman, une avalanche et des tempêtes de neiges ont fermé temporairement l’accès à la ville, cette enquête est devenue un vrai huis clos...
Voilà une nouvelle série islandaise originale qui donne envie de poursuivre la découverte de ce lieu si particulier et de retrouver ses personnages ! 

Merci Arnaud et les éditions La Martinière pour roman policier envoûtant...

Extrait : (page 13)
Il n’était pas loin de minuit mais il faisait encore clair. Les jours rallongeaient. À cette époque de l’année, chaque nouvelle journée, plus lumineuse que la veille, portait en elle l’espoir de quelque chose de meilleur et, de fait, la vie d’Ari Thór Arason venait de connaître une embellie. Sa petite amie Kristín avait enfin emménagé dans son modeste appartement d’Öldugata. Ce n’était au fond qu’une simple formalité : elle y passait déjà la plupart de ses nuits sauf les veilles d’examen, quand elle préférait réviser au calme dans la maison confortable de ses parents, jusque tard dans la nuit.
Kristín sortit de la douche, une serviette autour de la taille, et entra dans la chambre.
– Bon sang, je suis crevée… Parfois je me demande ce qui m’a pris de choisir médecine. Ari Thór leva la tête de son petit bureau et se retourna.
– Tu vas être un docteur fantastique.
Elle s’allongea sur le lit, s’étira sur la couverture. Sa chevelure blonde projetait comme un halo blanc sur les draps.
On dirait un ange, songea Ari Thór. Il l’admira tandis qu’elle tendait les bras et les posait doucement sur sa poitrine.
Un ange de neige…
– Merci mon chéri. Et toi un flic brillant. Mais je continue de penser que tu aurais dû finir ton mémoire de théologie…
Elle n’avait pas pu s’empêcher de le dire.
Nul besoin qu’elle le lui rappelle. Il avait commencé par étudier la philosophie, vite abandonnée pour se consacrer à la théologie, à laquelle il renonça aussi pour finalement postuler pour l’école de police. Incapable de se fixer dans une direction, toujours en quête de ce qui pourrait convenir à son tempérament, il cherchait sans cesse cette petite dose d’excitation. Il admettait volontiers qu’il s’était tourné vers la théologie comme pour défier ce Dieu à l’existence duquel il n’avait jamais cru. Ce Dieu qui l’avait privé de tout espoir de grandir normalement lorsque, à treize ans, il avait perdu sa mère et que son père s’était évanoui sans laisser de trace. C’est seulement après avoir rencontré Kristín et résolu – deux ans plus tôt – l’énigme de la disparition de son père qu’Ari Thór connut une certaine sérénité. L’idée de l’école de police germa alors dans son esprit, avec l’intuition qu’il serait sans doute meilleur flic qu’ecclésiastique. Sa formation de policier lui permit d’acquérir une solide condition physique et une carrure sculptée par les haltères, la natation et la course à pied. Évidemment, jamais il n’aurait obtenu ce résultat en passant ses jours et ses nuits sur les commentaires des Pères de l’Église.
– Oui, je sais, répondit-il, piqué. Je n’ai pas renoncé à la théologie, je l’ai juste mise entre parenthèses.
– Tu devrais faire un effort et terminer ton travail pendant que toutes tes connaissances sont encore fraîches. Ça va être très dur de reprendre si tu t’arrêtes trop longtemps…
Elle parlait d’expérience. Elle était toujours venue à bout de tout ce qu’elle entreprenait, survolant avec aisance un examen après l’autre. Rien ne semblait capable de l’arrêter et elle venait juste de boucler la cinquième des six années de son cursus médical. Il n’était pas jaloux – simplement fier. Tôt ou tard, ils devraient s’installer à l’étranger pour qu’elle puisse suivre sa spécialisation, mais ils n’en parlaient pas.
Elle glissa un oreiller sous sa tête et regarda son ami.
– Tu ne trouves pas ça bizarre, que le bureau soit dans la chambre ? Est-ce que cet appartement ne serait pas beaucoup trop petit ? – Petit ? Non, je l’adore. Je détesterais avoir à déménager vers le centre-ville.
Elle se laissa aller en arrière, enfonçant sa tête dans l’oreiller.
– Bah, de toute façon rien ne presse…
Ari Thór se leva.
– On a tout l’espace qu’on veut ! On doit juste se tenir chaud…
Il dénoua la serviette et s’étendit doucement sur Kristín, en l’embrassant longuement et profondément. Elle lui rendit son baiser, passa les bras autour de ses épaules et l’attira contre elle.

 Challenge Voisins, Voisines
voisins voisines 2016
Islande

 

 

8 juillet 2016

Un reportage de Hubert Paris, envoyé spécial T1 : Clandestino - Aurel

1447_couv Glénat - mars 2014 - 72 pages

Quatrième de couverture :
Hubert Paris, journaliste au magazine américain Struggle, se rend en Algérie dans le cadre d un reportage sur les migrants clandestins à travers le monde. Faussement flegmatique, se laissant porter par ses rencontres et ses découvertes, il découvre les accords internationaux, les fonctionnaires peu respectueux de leur rôle social, le recrutement de main d'oeuvre clandestine et bon marché. Il rencontre également les « harragas », candidats à la traversée et suit leur périple afin de témoigner de leur histoire.

Habitué des enquêtes satiriques, le dessinateur de presse Aurel nous montre une autre facette de son talent avec cette fiction politique et sociale basée sur des faits réels issus de plusieurs reportages qu'il a effectué aux côtés de journalistes tel que Pierre Daum du Monde Diplomatique. Une plongée sans concession dans les dessous de l'immigration clandestine racontée à hauteur d'homme...

Auteur : Né en 1980, Aurel a grandi dans le sud de la France. Après des études de biochimie, il se consacre à partir de 2003 au dessin de presse. Publié dans un premier temps dans des journaux montpelliérains, il franchit rapidement le pas vers la presse nationale. Aurel est aujourd'hui dessinateur et reporter pour le journal Le Monde, l'hebdomadaire Politis et le site "Yahoo, Actualités! mais aussi L'Express, Jazz Magazine, L'Infirmière Magazine ou CQFD. Chez Drugstore, il a signé avec le journaliste Renaud Dély les albums Sarkozy et ses femmes, Sarkozy et les riches et Hollande et ses 2 femmes. Il a aussi publié C'est dur d'être de gauche en 2012. Aurel est passionné de musique, il lie dès qu'il le peut cette passion avec le dessin. Réside à Montpellier.

Mon avis : (lu en juillet 2016)
Cette bande dessinée est avant tout un reportage graphique qui aborde le sujet de l’immigration clandestine des Africains vers l'Europe. L'auteur s'est inspiré de faits réels et de vrais reportages journalistiques.
Hubert Paris est un journaliste freelance français qui part enquêter en Algérie sur les migrants clandestins. Il va rencontrer deux « harragas », jeunes algériens prêts à risquer leur vie pour rejoindre « l’eldorado » européen. L'un veut se cacher dans un camion et passer la Méditerranée par le ferry, l'autre embarquera sur un bateau de fortune avec 15 autres passagers.
Le journaliste va se rendre en Espagne pour suivre leur périple et savoir s'ils ont réussi. Il va découvrir que ceux qui ont réussi la traversée de la Méditerranée deviennent de la main-d’œuvre bon marché pour les exploitants d'immenses serres deplantations du sud de l’Espagne. Esclaves modernes, logés dans des bidonvilles ou  « chabolas » où règnent corruption et prostitution, ces jeunes Africains se retrouvent prisonniers.
Une bande-dessinée à teneur politique et sociale très intéressante et instructive à découvrir.

Extrait : (début du livre)

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8 avril 2016

Paul à Québec - Michel Rabagliati

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La Pastèque - mars 2010 - 184 pages

La Pastèque - août 2015 - 184 pages (nouvelle jaquette à l'occasion de la sortie du film au Canada)

Prix du public au Festival international de Bande dessinée d'Angoulême 2011

Quatrième de couverture : 
L’achat d’une première maison et la mort d’un proche sont au cœur de ce nouvel opus. D’Ahuntsic à St-Nicolas, en passant par le célèbre Madrid, l’auteur nous amène, cette fois-ci, à découvrir sa famille à travers un livre fort émouvant. Michel Rabagliati nous démontre une fois de plus qu’il est en pleine maîtrise de ses moyens, il dessine la vie… tout simplement.  
Il a été sur la plupart des palmarès des librairies lors sa sortie.  Paul à Québec de Michel Rabagliati a fait mouche.  10 000 exemplaires en trois mois, on a rarement vu ça au Québec ces dernières années.  Le travail de Michel Rabagliati s'est imposé comme l’emblème du 9e art québécois.  Il en fallait un.

Auteur : Michel Rabagliati est né en 1961 à Montréal où il a grandi dans le quartier Rosemont. Après s'être intéressé un moment à la typographie, il étudie en graphisme et il travaille à son compte dans ce domaine à partir de 1981. Puis, il se lance sérieusement dans l'illustration publicitaire à partir de 1988.
Depuis 1998, ses bandes dessinées révolutionnent le 9e art québécois. En 2007, l'auteur s'est vu décerner une Mention spéciale pour l'ensemble de son oeuvre par le Prix des libraires du Québec, et Paul à Québec a remporté plus de 7 prix, dont le Prix du public au Festival international de Bande dessinée d'Angoulême en 2010.

Mon avis : (lu en mars 2016)
Paul à Québec est le tome 6 de la série.
Au début le ton est léger, Paul évoque les bons moments passés en famille élargie lors des fêtes et des vacances. Il raconte son installation dans sa nouvelle maison avec sa femme Lucie et sa fille Rose. Des anecdotes, de l'humour... Puis tout à coup, la maladie frappe le père de Lucie et le ton devient plus grave et le lecteur suit Paul et Lucie pendant les derniers mois de vie de Roland dans un service de soins palliatifs.
Nous sommes en 1999 et l'auteur évoque également en arrière plan les mouvementsindépendantistes de la province du Québec. Sans oublier, les expressions typiquement québécoises qui sont si savoureuse pour la française que je suis.

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Un film adapté de la BD "Paul à Québec" a été réalisé par François Bouvier, il est sorti en septembre 2015 au Québec. Il aurait été projeté en avant-première européenne au Festival de bande dessinée d'Angoulême en janvier 2016 en présence de Michel Rabagliati venu rencontrer le public ! Malheureusement toujours pas de date de sortie en salle prévue en France... (Il a bien plu à mon fils qui a séjourné quelques mois à Montréal pour ses études fin 2015)

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

107640216 Paul en appartement paul au parc Paul au parc

109131365 Paul dans le Nord

18 février 2016

La Guerre des Lulus, Tome 3 : 1916 : Le tas de briques

la guerre des lulus_3 Casterman - septembre 2015 - 64 pages

Quatrième de couverture : 
1916. Encore une année qui passe. À cet âge, une année c’est presque une vie. Orphelins, laissés à leur propre destin dans un monde entré en guerre, les Lulus poursuivent leur chemin de survie. Après la mort de leur ami Hans, leur monde a basculé brutalement dans la réalité de cette guerre qu’ils évitaient si bien. S’enfonçant dans la forêt, ils découvrent une cabane qui se présente encore comme un nouveau signe d’espoir. La cabane est tenue par un Gustave, un vieux sabotier, mi bûcheron, mi ermite… Celui-ci leur permettra de faire étape avant de leur conseiller de repartir sur la route de Guise. La ville… si grande qui s’ouvre à eux pour prolonger leur destin commun.

Auteurs : Depuis 2004, le scénariste d’origine bretonne Régis Hautière, pilier des éditions Paquet a signé une vingtaine d’albums en seulement cinq ans dont le Dernier Envol avec Romain Hugault. Il multiplie aujourd’hui les projets chez d’autres éditeurs comme Soleil, Kstr, Glénat, Delcourt ou Dargaud. Après des études supérieures de philosophie et d’histoire et un troisième cycle en ingénierie de la connaissance, Régis Hautière a travaillé une dizaine d’années pour le festival BD d’Amiens.
Diplômé en génie électro-technique et licencié en Arts Plastiques, Hardoc démarre précocement sa carrière comme illustrateur pour une émission jeunesse de France 2, à 15 ans. Il gagne l’Écureuil d’Or qui récompense le meilleur jeune espoir au festival BD d’Angoulême en 1996. Hardoc rencontre ensuite Régis Hautière dans une association bédéesque d’Amiens (!!) et ils décident de travailler ensemble sur la série Le Loup, l'Agneau et les Chiens de guerre (éd. Paquet). Il participe, en mars 2005, au collectif des Nouvelles de Jules Verne en bandes dessinées des éditions Petit à Petit. En 2009, il publie, toujours avec Régis au scénario, l'histoire des Lulus, Jeux de guerre, dans le collectif Cicatrices de guerre(s). Et c'est avec impatience que l'on attendait leurs aventures complètes chez Casterman, La Guerre des lulus est arrivée, en janvier 2013.

Mon avis : (lu en janvier 2016)
A la fin du dernier tome, les Lulus perdaient Hans qui était devenu leur ami. Dans celui-ci, les Lulus continuent d'éviter les zones de combat en traversant les forêts. Ils vont rencontrer le vieux Gustave, sabotier qui s'est réfugié dans sa cabane au fond de la forêt pour éviter la guerre. Il y vit seul en ermite. Il les accueille pour quelques jours, puis conseille aux Lulus de quitter les bois où peuvent rôder des soldats déserteurs. Il les encourage à rejoindre la ville de Guise. Les Lulus vont découvrir alors le « tas de briques », nom familier du familistère de Guise, un ensemble de bâtiments créé par l'industriel Godin pour loger le personnel de son entreprise. Le « tas de briques » est en partie occupé par les Allemands, les Lulus vont être accueillis pour quelques temps clandestinement dans le grenier...
Cette BD est toujours aussi amusante et intéressante à lire, j'ai découvert ainsi l'existence de ce familistère de Guise, les Lulus grandissent également au fil des tomes. La petite Luce est devenue adolescente et ne laisse pas insensible les autres Lulus...

Extrait : 

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Déjà lu du même auteur :

la_guerre_des_lulus_1914 La Guerre des Lulus, Tome 1 : 1914 : La maison des enfants trouvés 

la_guerre_des_lulus_1915 La Guerre des Lulus, Tome 2 : 1915 : Hans 

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9 mars 2016

Des beaux étés - 1 - Cap au Sud ! - Zidrou et Jordi Lafebre

yTnogpc1GKDH8biCGDj7PrB8dOlhF2l3-couv-1200 Dargaud - septembre 2015 - 56 pages

Quatrième de couverture :
Août 1973. Zidrou et Lafebre nous font une place dans la 4L rouge Esterel de la famille Faldérault : entre les parents et les 4 enfants, nous voici en route vers le Midi pour de "beaux étés" ! Chaque année, les mêmes rituels : Pierre, le père, rend ses planches de B.D. en retard, les chansons de vacances, l'étape pique-nique... Un mois pour oublier le quotidien, le couple qui bat de l'aile, Tante Lili malade. Des souvenirs à engranger qui font que la vie est plus belle, des moments précieux pour se rappeler l'essentiel. Cap au sud !

Auteurs : Zidrou (Benoît Drousie) est né en 1962 à Bruxelles. D'abord instituteur, il se lance au début des années 1990 dans l'écriture de livres et de chansons pour enfants. En 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L'Elève Ducobu. Sa carrière de scénariste de bande dessinée est lancée ! Il signe de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, assure la reprise de La Ribambelle. Il est également l'auteur des plus réalistes, mais non moins sensibles, La Peau de l'ours, Lydie, Folies Bergères, La Mondaine, Les 3 Fruits. En 2015, Zidrou revient en force avec trois nouveaux albums : en août Le Bouffon avec Francis Porcel, en septembre, une nouvelle série familiale, Les Beaux Etés avec Jordi et en octobre, en duo avec P. Berthet, un polar dans les régions reculées de l'Australie, "Crime qui est le tien". Pour 2016, l'auteur continue d'écrire les souvenirs de vacances de la famille Faldéraut dans "Les Beaux Étés" et proclame la fin de Venise dans "Marina".

Jordi Lafebre est né en 1979 à Barcelone, où il étudie la bande dessinée et les beaux-arts avant d'effectuer ses premiers pas de dessinateur en 2001. Il est publié dans plusieurs magazines espagnols, notamment dans la revue pour la jeunesse Mister K, dans laquelle il signe El munda de judy(« le monde de Judy») en collaboration avec le scénariste Toni Front. Sa rencontre avec Zidrou est décisive: après quelques dessins dans l'hebdomadaire Spirou, il participe à un ouvrage collectif écrit par le scénariste de Ducobu, La vieille dame qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien, puis en 2010, il cosigne avec lui un album remarqué, Lydie. En 2014, toujours avec Zidrou, il sort La Mondaine, et continue sur sa lancée, en 2015, avec une nouvelle série Les Beaux Étés qui sortira en septembre. En 2016, le tome 2 des Beaux Étés sortira en juin 2016.

Mon avis : (lu en février 2016)
Eté 1973, comme d'habitude, la famille est sur le point de partir pour les vacances d'été de la Belgique vers le Sud de la France. Les bagages sont bouclés depuis quelques jours, mais le père, dessinateur de BD, doit rendre plusieurs planches à son éditeur avant de pouvoir partir... Dès la livraison faite, les parents et les quatre enfants s'engouffrent dans la 4L rouge et les vacances peuvent enfin commencer ! 
Les rires et les chamailleries des enfants cachent les soucis de la famille... Le couple est en crise, mais le temps d'un dernier été tous ensemble, ils ont choisi, pour le moment, de taire la séparation à leurs enfants. Un décès familiale va interrompre les vacances pour un retour forcé en Belgique...
J'ai bien aimé ce récit de souvenirs de vacances, c
'est vivant, avec des éclats de rires, mais également une pointe de nostalgie. Les 4 enfants sont attachants : Julie, Nicole, Louis et Paulette la petite dernière...
Cette BD est le tome 1 d'une série que j'ai très envie de continuer à découvrir ! J'attends la suite...

Extrait :

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30 décembre 2015

20 pieds sous terre - Charlotte Erlih

20 pieds sous terre Actes Sud junior - avril 2014 - 206 pages

Quatrième de couverture :
Un coup de téléphone et la vie de Manon bascule. Son frère Théo est mort électrocuté par le troisième rail du métro parisien. Au-delà de la douleur, une foule de questions reste en suspens. Que faisait Théo en pleine nuit dans le tunnel reliant les stations Père Lachaise et Gambetta ? Quelle double existence menait-il ? Terrible accident ou crime sordide ? Une enquête souterraine dans le dédale du métro parisien et le monde clandestin du graf.

Auteur : Normalienne et agrégée de lettres modernes, Charlotte Erlih a enseigné les arts du spectacle à l'université de Nanterre, avant de se consacrer à l'écriture et à la réalisation. Elle a co-signé avec Coline Serreau L'Académie Fratellini - Le cirque de plain-pied (Actes Sud, 2008). Aux éditions Actes Sud Junior, son premier roman, Barka Posh, a obtenu le prix NRP 2013 et le prix Sésame 2014.

Mon avis : (lu en décembre 2015)
Un coup de téléphone au milieu de la nuit et la vie de Manon est bousculée. C'est la police qui annonce à ces parents que son frère Théo est mort électrocuté sur le troisième rail du métro parisien. Mais que pouvait-il bien faire en pleine nuit dans un tunnel du métro ? 
Manon est stupéfaite de découvrir que son frère lui avait caché son activité de graffeur et d'autres secrets... Elle est persuadée que sa mort n'est pas un accident, mais ni la police, ni ses parents ne veulent agir.
Elle va donc mener l'enquête par elle-même et découvrir le monde souterrain du métro parisien et celui des graffeurs.
Cette histoire se lit comme roman policier, les descriptions sur le monde du graf sont très bien documentées et très intéressante. Le personnage de Manon évolue au cours du roman et au fil de ses rencontres, elle s'ouvre aux autres.
Une belle découverte.

Extrait : (page 34)
À la sortie de son cours, Manon se laisse happer, sans réfléchir, par la bouche de métro la plus proche et grimpe dans un wagon. Elle ne poursuit aucun but, ne cherche à aller nulle part, ne souhaite même pas revoir le graf de son frère qu’elle a entraperçu la veille. Elle veut simplement être là, dans le métro.
Bercées par le ronronnement du train, ses pensées vagabondent. Bientôt, une myriade d’interrogations l’assaillent, nuée de sauterelles dans un champ de blé. Depuis combien de temps son frère hantait-il les sous-sols parisiens, pourquoi a-t-il commencé à taguer, avec qui, comment a-t-il su se frayer un chemin dans les labyrinthes du métro, comment a-t-il pu se laisser surprendre par le troisième rail ?
A chaque nouvelle question, la sensation de vide contre laquelle Manon lutte depuis deux jours enfle et envahit ses poumons, sa poitrine, sa gorge. Elle ne saurait dire précisément à quel moment l'idée éclot en elle, traverse les couches de sa conscience et, petite voix lancinante, se trace un chemin jusqu'à son cerveau, mais brusquement, elle en est certaine.
C’est impossible. Non pas que Théo ait été dans le métro jeudi soir alors qu’il était censé réviser un partiel, ni qu’il ait tagué en douce depuis des mois peut-être, ni même qu’il soit mort. Ce qui est impossible, c’est que son décès soit accidentel. Théo n’aurait jamais trébuché sur le troisième rail.

Déjà lu du même auteur : 

2013-12-31_145847 Bacha Posh  

21 novembre 2015

Carthage - Joyce Carol Oates

Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey

livre_moyen_282 Philippe Rey - octobre 2015 - 608 pages

traduit de l’anglais (États-Unis) par Claude Seban

Titre original : Carthage, 2013

Quatrième de couverture :
Tout semble aller comme il se doit dans la petite ville de Carthage en ce début de juillet 2005, si ce n’est que Juliet Mayfield, la ravissante fille de l’ancien maire a, pour des raisons peu claires, rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid, héros de retour de la guerre d’Irak. Un héros très entamé dans sa chair et dans sa tête, dont pourtant Cressida, la jeune sœur rebelle de Juliet, est secrètement amoureuse. Or, ce soir-là, Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett. Qui devient alors le suspect numéro 1 et, contre toute attente, avoue le meurtre…
Sept ans après, un étrange personnage surgit qui va peut-être résoudre l’impossible mystère. C’est ce que vise Joyce Carol Oates qui est sur tous les fronts : violence, guerre, dérangement des esprits et des corps, amour, haine. Et même exploration inédite des couloirs de la mort… Un roman puissant et captivant.

Auteur : Joyce Carol Oates est née en 1938 à l'ouest du lac Erié. Son père travaillait pour la General Motors. Elle passe une enfance solitaire face à sa soeur autiste et découvre, lorsqu'elle s'installe à Detroit au début des années 60, la violence des conflits sociaux et raciaux. Membre de l'Académie américaine des arts et des lettres depuis 2008, professeur de littérature anglaise à Princeton. Titulaire de multiples et prestigieuses récompenses littéraires (elle figure depuis des années sur la courte liste des Nobélisables), Joyce Carol Oates figure depuis longtemps au premier rang des écrivains contemporains. Elle a reçu le prix Femina étranger en 2005 pour Les Chutes.

Mon avis : (lu en novembre 2015)
Juillet 2005, Carthage est une petite ville de l'état de New-York, à proximité du Canada. L'ancien maire Zeno Mayfield et sa femme Arlette ont deux filles Juliet et Cressida. L'aînée, Juliet est « la jolie », populaire et aimée de tous et la cadette, Cressida est « l’intelligente », au physique plus quelconque, solitaire et rebelle. 
Lorsque le livre commence, Cressida vient de disparaître, elle a passé la soirée chez une amie voisine et elle n'ai jamais rentré à la maison. Au lieu de rentrer directement, Cressida a été vu en compagnie de Brett Kincaid, l'ex-fiancé de Juliet. 

Brett est un gentil garçon qui s'est engagé dans l'armée américaine par conviction, il est revenu d'Irak grièvement blessé aussi bien physiquement que psychologiquement. Le couple qu'il espérait former avec Juliet n'a pas résisté.
Après plusieurs jours de recherche, on ne retrouve aucune trace de Cressida et tout accuse Brett. Le caporal est perpétuellement hanté par des scènes en Irak et par moment semble oublier le présent. Il finit par s'accuser du meurtre de Cressida sans pourtant expliquer ce qui s'est passé... Ainsi s'achève la première partie du livre mais le lecteur n'est pas au bout de ses surprises et des rebondissements que nous a réservé Joyce Carol Oates...
Nous pensons découvrir un simple fait divers, mais c'est un drame familiale qui va se dérouler sous les yeux du lecteur. 
L'histoire est dense, captivante et prenante, j'ai mis du temps à la lire. La psychologie des personnages est riche, l'ambiance pesante est parfaitement rendue. Une réussite.

Merci Arnaud et les éditions Philippe Rey pour cette découverte.

Extrait : (début du livre)
On ne m’aimait pas assez.
C’est pour ça que j’ai disparu. À dix-neuf ans. Ma vie jouée à pile ou face !
Dans cet espace immense – sauvage – des pins répétés à l’infini, les pentes abruptes des Adirondacks pareilles à un cerveau plein à éclater.
La réserve forestière du Nautauga : cent vingt mille hectares de solitudes montagneuses, boisées, semées de rochers, bornées au nord par le Saint-Laurent et la frontière canadienne, et au sud par la Nautauga, le comté de Beechum. On pensait que je m’y étais « perdue » – que j’y errais à pied – désorientée ou blessée – ou, plus vraisemblablement, que mon cadavre y avait été « balancé ». Une grande partie de la Réserve est sauvage, inhabitable et inaccessible, excepté pour les marcheurs et les alpinistes les plus intrépides. Presque sans interruption, pendant trois jours, dans la chaleur du plein été, des sauveteurs et des bénévoles menèrent des recherches, se déployant en cercles concentriques de plus en plus larges à partir d’un chemin de terre en cul-de-sac qui longeait la rive droite de la Nautauga, à cinq kilomètres au nord du lac Wolf’s Head, dans la partie sud de la Réserve. Une zone située à une quinzaine de kilomètres de Carthage, État de New York, où mes parents avaient leur maison.
Une zone touchant le lac Wolf’s Head, où, vers minuit le soir précédent, des « témoins » m’avaient vue pour la dernière fois en compagnie de l’agent présumé de ma disparition.
Il faisait très chaud. Une chaleur grouillante d’insectes après les pluies torrentielles de la fin du mois de juin. Les sauveteurs étaient harcelés par les moustiques, les mouches piqueuses, les moucherons. Les plus tenaces étaient les moucherons. Cette peur panique particulière inspirée par les moucherons – dans les cils, dans les yeux, dans la bouche. Cette peur panique d’avoir à respirer au milieu d’une nuée de moucherons.
Et pourtant vous êtes forcé de respirer. Si vous essayez de ne pas le faire, vos poumons respireront pour vous. Malgré vous.
À la fin de la première journée de recherches, les chiens n’ayant pas réussi à repérer la piste de la jeune disparue, les sauveteurs expérimentés n’avaient que peu d’espoir de la retrouver en vie. Les policiers en avaient encore moins. Mais les jeunes gardes forestiers et ceux des bénévoles qui connaissaient les Mayfield étaient déterminés à y réussir. Car les Mayfield étaient une famille bien connue à Carthage. Car Zeno Mayfield était une personnalité en vue à Carthage, et beaucoup de ses amis, de ses relations et de ses associés s’étaient joints aux sauveteurs pour chercher sa fille disparue, que la plupart ne connaissaient que de nom.
Aucun de ceux qui se frayaient un chemin à travers les broussailles de la Réserve, exploraient ravins et ravines, grimpaient les pentes rocailleuses et escaladaient, parfois avec difficulté, les parois zébrées d’énormes rochers en chassant les moucherons de leurs visages, n’acceptait de penser que dans une chaleur qui dépassait les 32 degrés à la tombée du jour le corps sans vie d’une jeune fille, un corps peut-être dénudé ou enfoui dans le sol, poissé de sang, serait prompt à se décomposer.
Aucun d’entre eux n’aurait voulu exprimer l’idée brutale (familière à tous les sauveteurs expérimentés) qu’ils pourraient bien sentir l’odeur de la fille avant de la découvrir.

Déjà lu du même auteur : 

nous__tions_les_Mulvaney Nous étions les Mulvaney  fille_noire__fille_blanche Fille noire, fille blanche 

petite soeur, mon amour Petite sœur, mon amour mudwoman  Mudwoman 

le_myst_rieux_Mr_Kidder Le mystérieux Mr Kidder 

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5 octobre 2015

Henning Mankell (1948 - 2015)

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Je viens d'apprendre le décès de l'auteur suédois Henning Mankell à l'âge de 67 ans.
Il était le créateur du personnage de l'inspecteur Kurt Wallander, héros récurrent de ses romans policiers. 
J'ai découvert cet auteur avec deux de ses romans (non policier) Tea-Bag et Les chaussures italiennes, ensuite j'ai découvert la série Kurt Wallander. 
J'ai eu l'occasion de voir et d'entendre Henning Mankell au Salon du Livre de Paris en 2011 où les lettres nordiques étaient à l'honneur.
C'est un auteur que j'aime beaucoup et dont j'ai encore quelques livres à découvrir... 

Déjà lu d'Hennig Mankell : (les titres en gras ne sont pas des romans policiers)
tea_bag  Tea-Bag  les_chaussures_italiennes  Les chaussures italiennes

meurtriers_sans_visage_p Meurtriers sans visage Les_chiens_de_Riga_2 Les chiens de Riga

l_homme_inquiet L'homme inquiet le_retour_du_professeur_points Le Retour du professeur de danse

la_lionne_blanche_p La lionne blanche  profondeurs_p Profondeurs le_chinois Le Chinois

l_homme_qui_souriait_p L’homme qui souriait le_guerrier_solitaire_p Le guerrier solitaire 

la_faille_souterraine La faille souterraine et autres enquêtes la_cinqui_me_femme La cinquième femme

les_morts_de_la_st_jean_point Les morts de la Saint-Jean 2013-12-30_081744 Les chaussures italiennes 

la muraille invisible_cd La muraille invisible

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