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26 février 2015

Constellation - Adrien Bosc

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Audiolib -  janvier 2015 - 4h46 - Lu par Bernard Gabay

Stock - août 2014 - 198 pages

Grand Prix du roman de l’Académie française 2014

Quatrième de couverture :
28 octobre 1949, le Constellation à destination de New-York s’écrase dans l’archipel des Açores avec quarante-huit personnes à son bord. Aucun survivant. Parmi les victimes, des gens célèbres : Marcel Cerdan, champion de boxe et amant d’Édith Piaf, et la grande violoniste Ginette Neveu. Mais aussi des anonymes, des entrepreneurs, une ouvrière devenue héritière d’une usine à Detroit et cinq bergers basques partis tenter leur chance au Far West… Pourquoi tout s’est-il arrêté pour eux ce jour-là ? Dans ce brillant premier roman, Adrien Bosc enquête sur le lien étrange qui relie désormais ces disparus : quels hasards, quelles coïncidences les ont conduits à ce destin commun ?

Auteur : Adrien Bosc est né en 1986 à Avignon. Constellation est son premier roman. Il dirige les revues « Feuilleton » et « Desports ». 

Lecteur : Comédien au théâtre, à la télévision et au cinéma, Bernard Gabay excelle dans tous les registres de la « voix » : chant (baryton), lectures et dramatiques radiophoniques, et doublage d’acteurs américains comme Robert Downey Jr (Sherlock Holmes, Iron man), Andy Garcia, Viggo Mortensen, Antonio Banderas ou Daniel Day-Lewis.  

Mon avis : (écouté en février 2015) 
C'est le premier livre audio que j'écoute pour le Prix Audiolib. C'est un livre que j'avais très envie de découvrir, mais mon avis est mitigé, j'en attendais peut-être trop ?
Constellation raconte l'histoire vraie du crash du F-BAZN d’Air France qui a eu lieu aux Açores, la nuit du 27 octobre 1949. Dans cette catastrophe plus de quarante passagers ont perdu la vie dont le boxeur Marcel Cerdan et la grande violoniste, Ginette Neveu. 
Ce livre ressemble plus à un récit documentaire qu'à un roman. L'auteur alterne le récit du vol et l'histoire de chacun des passagers. Le livre est assez court moins de 5 heures de lecture (moins de 200 pages), mais malgré cela j'ai eu une impression de longueur. Les chapitres sont courts et nombreux, le récit alterné donne un côté décousu, on dirait que chaque chapitre a été écrit indépendamment puis le tout réuni pour en faire ce livre. 
Avant cette lecture, je ne connaissais de ce accident d'avion que le fait que Marcel Cerdan était l'une des victimes. J'ai donc trouvé l'histoire de ce crash et des passagers de cet avion intéressante et très bien documentée.
Le lecteur est agréable à écouter et j'ai passé malgré tout un très bon moment de lecture.

Extrait : (début du livre)
Ce soir du 27 octobre 1949 sur la piste de l’aérodrome d’Orly, le F-BAZN d’Air France s’apprête à accueillir trente-sept passagers en partance pour les États-Unis. Un an plus tôt, Marcel Cerdan débarquait auréolé du titre de champion du monde de boxe des poids moyens conquis de haute lutte à Tony Zale. Et le 7 octobre 1948, la foule le portait en triomphe. Un an plus tard, à l’intérieur de l’aérodrome, Cerdan, accompagné de son manager Jo Longman et de son ami Paul Genser, part reconquérir son titre, désormais propriété de Jake LaMotta, le Taureau du Bronx. Et c’est une certitude, en décembre prochain, par un autre Constellation, il reviendra avec le titre. Dans le hall d’Orly, il fanfaronne, aux journalistes il assure : « Puisque je vous dis que je le ramènerai mon titre. Je vais me battre comme un lion. » Lion contre Taureau, une affaire de signes et de constellations. Le lion de Némée contre le Minotaure, fabuleuse affiche du 2 décembre 1949 au Madison Square Garden.

Jo Longman a sa tête des mauvais jours, il a fallu se dépêcher, annuler la traversée en bateau, faire valoir le droit de priorité sur le Paris-New York, et tout ce merdier pour retrouver Édith Piaf au petit matin. « Revenez avec le titre ! » lui lance un employé d’Air France, « Je ne pars que pour ça ! » répond Marcel. « Mouais », marmonne Jo, qui ne peut s’empêcher d’ajouter : « Si tu m’avais écouté, nous aurions attendu quelques jours. Ma parole ! Nous partons presque comme des voleurs. Mardi, nous apprenions la signature du match pour le 2 décembre, hier, nous étions en province, c’est à peine aujourd’hui si nous avons pu boucler nos valises. Je t’avais proposé de rester ici toute la semaine, d’assister lundi à la réunion du Palais des Sports. C’était simple, trop simple, et demain tu tempêteras, car, naturellement, dans notre précipitation tu auras oublié la moitié de tes affaires. » La colère est feinte, ils sont habitués à jouer la comédie des reproches, à Marcel revient le rôle de l’inconséquence amusée, à Jo celui du professionnel contrarié. Dans quelques instants, accoudés au comptoir du bar d’Air France, ils en riront. Depuis le départ de l’entraîneur Lucien Roupp, Jo est monté en grade. Éternelles lunettes noires, cheveux graissés au Pento, fondateur du « Club des Cinq » – le cabaret-restaurant où Édith et Marcel se sont rencontrés –, Jo a tout du personnage louche. Le boxeur aime son bagou, son sens de la fête et des affaires, il est le parfait compagnon des allers-retours entre Paris, New York et Casablanca.

L’« Avion des stars » ne fait ce soir pas injure à son surnom : à côté du « Bombardier marocain », la virtuose Ginette Neveu, elle aussi, part à la conquête de l’Amérique. Pour France-Soir, une série de photos s’improvise dans le hall. Sur le premier cliché, Jean Neveu au centre, amusé, regarde sa sœur, Marcel tient entre ses mains le Stradivarius et Ginette, tout sourire, l’observe. Puis Jo remplace Jean et de son œil d’expert compare la petite main de la violoniste à la puissante poigne du boxeur.
Désormais sur le tarmac, au pied de l’escalier d’accès, la discussion se poursuit entre les deux célébrités. Ginette lui détaille la tournée, Saint Louis, San Francisco, Los Angeles, Chicago, New York. Il lui propose des places au premier rang pour la revanche au Madison Square Garden et promet d’assister au concert du Carnegie Hall le 30 novembre. Peut-être dîneraient-ils au Versailles, le cabaret où triomphe depuis des mois la Môme.
Les quatre énormes moteurs Wright Cyclone du Lockheed Constellation F-BAZN bourdonnent. Hélices et pales ont été inspectées, et les onze membres d’équipage prennent place à l’avant de l’appareil. C’est un grand et beau quadrimoteur au fuselage d’aluminium, son train démesuré lui donne l’allure singulière d’un échassier. Dans la file d’embarquement, trente-deux autres passagers : John et Hanna Abbott, Mustapha Abdouni, Eghline Askhan, Joseph Aharony, Jean-Pierre Aduritz, Jean-Louis Arambel, Françoise et Jenny Brandière, Bernard Boutet de Monvel, Guillaume Chaurront, Thérèse Etchepare, Edouard Gehring, Remigio Hernandores, Simone Hennessy, René Hauth, Guy et Rachel Jasmin, Kay et Ketty Kamen, Emery Komios, Ernest Lowenstein, Amélie Ringler, Yaccob Raffo, Maud Ryan, Philippe et Margarida Sales, Raoul Sibernagel, Irène Sivanich, Jean-Pierre Suquilbide, Edward Supine et James Zebiner. Sur le carreau, les deux jeunes époux, Edith et Philip Newton, de retour de leur lune de miel, et Mme Erdmann, font les frais du droit de priorité accordé au champion.

Challenge Petit Bac 2015 
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Titre : 1 mot (2)

Challenge 6% Rentrée Littéraire 2014 
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35/36

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28 février 2015

Six fourmis blanches - Sandrine Collette

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

six fourmis blanches Denoël - janvier 2015 - 288 pages

Quatrième de couverture :
Le mal rôde depuis toujours dans ces montagnes maudites. Parviendront-ils à lui échapper ? 
Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant. 
À des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches… 
Lou l’ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq. Égarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de leur compagnon, c’est pour leur propre survie qu’ils vont devoir lutter.

Auteur : Sandrine Collette est née en 1970. Elle partage sa vie entre l'université de Nanterre et ses chevaux dans le Morvan. Six fourmis blanches est son troisième roman.

Mon avis : (lu en février 2015)
C'est mon premier livre de Sandrine Collette, une auteur qui est en train de se faire un nom dans le monde du roman policier et que j'avais très envie de découvrir. La rencontre a été réussie. Le lecteur suit en parallèle deux histoires différentes. Celle de Mathias, il a pris la suite de son grand-père et devenu le « sacrificateur » de la vallée. Il sait éloigner les mauvais esprits de la montagne. De nombreux paysans font appellent à ses dons.
Celle de Lou, Elias, son compagnon, et quatre autres randonneurs qui s'apprêtent à faire une randonnée de trois jours dans les montagnes d'Albanie accompagnés de leur guide Vigan. 
Comme on peut s'y attendre les deux histoires vont se rejoindre... 
J'ai beaucoup aimé les descriptions de cette nature sauvage et parfois hostile, l'atmosphère qui devient de plus en plus angoissante, impossible de lâcher son livre avant la fin... Un roman policier palpitant, inquiétant et glaçant (au propre comme au figuré) vraiment très réussi et je poursuivrai avec cette auteur !

Merci Célia et les éditions Denoël 

Extrait : (début du livre)
Le mal suinte de ce pays comme l’eau des murs de nos maisons tout le long de l’hiver. Enraciné en nous, telle une sangsue fossilisée sur une pierre. C’est ce que disait mon grand-père, et avant lui son père, et le père de son père : depuis toujours ces montagnes sont maudites. Qui se souvient que quelque chose de beau y ait été conçu, s’y soit développé? Que de contreparties à notre présence ici, que de compromis pour nous donner, parfois, le sentiment de bien vivre. Les vieux répètent à l’envi que les mauvais esprits ont choisi cet endroit pour venir mourir; qu’ils y agonisent des années durant, crachant des imprécations sur nos roches et nos forêts malingres. Nous sommes de trop dans ces vallées; nous en payons le prix fort. Nous aurions dû abandonner ces terres où nous n’avons jamais été les bienvenus. Si seulement nous étions raisonnables. Mais nous sommes faits de la même caillasse, refusant de céder une once de terrain, acharnés à faire pousser les tubercules qui nous permettent de tenir amaigris jusqu’au printemps suivant. Heureux d’un rien, aussi. Nous observons stupéfaits les gens des villes étrangères investir notre région pendant les vacances. Ils sont rares encore; mais leur nombre augmente chaque année, et nous avons cessé de les compter. D’eux, nous ne voyons que rires, artifices et argent. Ils s’approprient nos montagnes et se moquent haut et fort de nos superstitions. Nous nous taisons : nous qui naissons ici, qui y restons jusqu’à ce que la mort blanchisse nos os, nous savons de quoi les esprits sont capables. Le malheur a tant frappé nos aïeuls; personne ne croit qu’il ait arrêté de nous tourner autour. Et si certains d’entre nous le pensent, ils continuent à faire comme si, pour ne pas provoquer. Devant l’abîme des montagnes, quand le vent siffle aux oreilles son étrange mélopée, chacun peut sentir sa présence. Bien sûr qu’il est là. Le mal. Le diable, disent les anciens. Tous nos actes sont soupesés au regard de cette unique question : cela le fera-t-il resurgir? Nos vies se rythment et s’épuisent à prendre garde. Même dans les grands moments de fête, nous désignons des veilleurs, postés aux coins des falaises, qui surveillent les chemins des villages. Comme si le mal ignorait les sentiers détournés qui finiront par le mener à l’un d’entre nous : superstition toujours. Mais c’est notre façon de lui montrer notre respect. D’espérer que cela l’éloigne. Nous lui offrons prières et cadeaux, tels les païens d’une autre époque, presque sans réfléchir — par réflexe. Quand cela ne suffit pas, il nous prend un vieillard; parfois un enfant. Le mal est mon compagnon de chaque jour. S’il disparaissait, je m’évaporerais du même coup. Mais jamais il ne s’achèvera, je le sais : pour cela, il faudrait que le monde s’arrête.

 Challenge Petit Bac 2015 
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Animaux (2)

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
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catégorie "Même pas peur" :  14/25 

14 octobre 2014

La petite communiste qui ne souriait jamais - Lola Lafon

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Audiolib - juin 2014 - 7h41 - Lu par Chloé Lambert

Actes Sud - janvier 2014 - 272 pages

Quatrième de couverture :
Fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux JO de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu’elle imagine de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques ? Le roman acrobate de Lola Lafon, aussi audacieux que les figures de l’enfant entrée dans la légende, rend l’hommage d’une fiction à celle-là même qui permit aux petites filles de l’été 1976 de rêver, elles aussi, de s’élancer vers le ciel.
Une interprétation en miroir, dans laquelle, comme chez la jeune héroïne dont est contée l’histoire, la poésie et la grâce naissent d’une parfaite maîtrise faisant, un temps, taire les vociférations d’une époque écartelée.

Auteur : Écrivain et musicienne, Lola Lafon est l’auteure de trois romans parus aux éditions Flammarion : Une fièvre impossible à négocier (2003) ; De ça je me console (2007) et Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce (2011) qui reparaît en poche en mai 2014 (Actes Sud – Babel). Elle a également signé deux albums chez Harmonia Mundi : Grandir à l’envers de rien (2006) et Une vie de voleuse (2011).

Lecteur : De formation dramatique, Chloé Lambert joue sur les planches du Théâtre Edouard VII, du Festival d’Avignon, du Rond Point… aux côtés de Pierre Arditi, Fabrice Luchini, ou encore sous la direction de Florian Zeller et Danièle Thompson. Elle interprète aussi régulièrement des rôles face caméra, notamment dans le film Mariages ! ou le téléfilm Chez Maupassant - L’Héritage aux côtés d’Eddy Mitchell.

Mon avis : (écouté en octobre 2014)
Juillet 1976, Jeux Olympiques de Montréal, Nadia Comaneci entre dans l'histoire de la gymnastique et devient l'emblème de son pays : la Roumanie alors sous l'emprise du dictateur communiste Ceausescu.
Pour raconter la vie de l'athlète de 1969 à 1990, l'auteur imagine un échange entre Nadia et la narratrice. Elle s'appuie sur les événements et les dates connues, pour le reste c'est un travail de fiction très bien documenté. Cela permet d'avoir les points de vues de quelqu'un de l'Est et de quelqu'un de l'Ouest...
J'ai beaucoup aimé écouter ce livre, le personnage de Nadia est attachant, avec son parcours le lecteur découvre les méthodes d'entraînement des petites gymnastes, le régime communisme en Roumanie... Les victoires de Nadia ont permis à la Roumanie de sortir de l'ombre. Mais sa vie n'a pas été facile, lorsque son corps se transforme et qu'elle devient femme, j'ai été touchée par sa douleur, même si elle continue à s'entraîner sans relâche, son corps ne lui permet plus de renouveler ses exploits. Puis, elle va être accusée d'être complice du régime de Ceausescu. Quinze jours avant la chute de ce dernier, elle fuit la Roumanie pour les États-Unis où la conquête de sa liberté ne sera pas facile...
En 1976, Nadia Comaneci a fait rêver le monde ce livre nous permet de découvrir le revers de ses belles médailles. Et si Nadia ne souriait pas, c'est qu'elle était concentrée pour réussir au mieux son travail... gagner des médailles pour son pays.
J'ai bien aimé le lecteur de ce livre audio, même si la construction du livre fait qu'il y a de nombreuses interruptions de la lecture par des jingles que je trouvais un peu pénible à la longue... 

L'entretien avec l'auteur en fin du livre audio est vraiment très intéressant, il complète bien la lecture du livre.

Merci Babelio et les éditions Audiolib pour ce partenariat.

Autres avis : EnnaSandrineSaxaoulLiliba, Sylire

Extrait : (début du livre)
Quel âge a-t-elle, demande la juge principale, incrédule, à l’entraîneur. Ce chiffre, quatorze, lui donne un frisson. Ce que la petite a effectué à l’instant dézingue le déroulement des chiffres, des mots et des images. Il ne s’agit plus de ce que l’on comprend. On ne saurait noter ce qui vient d’advenir. Elle jette la pesanteur par-dessus son épaule, son corps frêle se fait de la place dans l’atmosphère pour s’y lover.

Mais pourquoi personne ne les a prévenus qu’il fallait regarder par là, ragent ceux qui ratent le moment où, sur les dix centimètres de largeur de la poutre, Nadia C. se lance en arrière et, les bras en croix, donne un coup de pied à la lune, saut à l’aveugle, et ils se tournent les uns vers les autres, est-ce que quelqu’un a compris, est-ce que vous avez compris ?
Le panneau électronique affiche COMANECI NADIA, ROMANIA suivi de 73, son dossard, et là où il devrait y avoir sa note : rien.
On attend. Blêmes, les gymnastes soviétiques vont et viennent dans les travées réservées aux entraîneurs et aux compétitrices qui ont terminé. Elles savent. Les coéquipières de la Roumaine, elles, semblent au désespoir, Dorina tient ses mains jointes, Mariana murmure une phrase en boucle, une autre est affalée, les yeux fermés ; Nadia, elle, un peu à l’écart, sa queue de cheval de travers, ne jette pas un regard au tableau d’affichage. Et c’est lui qu’elle voit en premier, Béla, son entraîneur, debout, les bras au ciel, la tête renversée en arrière ; elle se tourne enfin et découvre sa sanction, ce terrible 1 sur 10 qui s’inscrit en nombres lumineux face aux caméras du monde entier. Un virgule zéro zéro. Elle repasse de possibles fautes dans sa tête, l’arrivée du périlleux arrière éventuellement, pas assez stable, qu’est-ce qu’elle a pu faire pour mériter ça ? Béla la serre dans ses bras, t’en fais pas chérie, on va déposer une réclamation. Mais un des juges attire son attention. Parce que le Suédois se lève. Parce qu’il a les larmes aux yeux et la fixe. Et tous raconteront cet instant tant et tant de fois qu’elle n’est plus sûre aujourd’hui de l’avoir vécu, peut-être l’a-t-elle vu à la télé, peut-être cet épisode a-t-il été écrit pour un film. Le public s’est levé et de leurs dix-huit mille corps provient l’orage, leurs pieds grondent rythmiquement au sol et le Suédois dans le vacarme ouvre et ferme la bouche, il prononce des mots inaudibles, des milliers de flashs forment une pluie d’éclats inégaux, elle entrevoit le Suédois, que fait-il, il ouvre ses deux mains et le monde entier filme les mains du juge vers elle. Alors, la petite tend ses deux mains vers lui, elle demande confirmation, c’est un… dix ? Et lui, doucement, hoche la tête en gardant ses doigts ouverts devant son visage, des centaines de caméras lui cachent l’enfant, les gamines de l’équipe roumaine dansent autour d’elle, oui, amour, oui, ce un virgule zéro zéro est un dix.

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Version papier : 

 94110928 La petite communiste qui ne souriait jamais 

 

6 juin 2014

Le Réseau Corneille - Ken Follett

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Robert Laffont - janvier 2003 -

France Loisirs - 2003 - 548 pages

Livre de Poche - mai 2004 - 599 pages

Livre de Poche -

Succès du Livre - 2007 -

Robert Laffont - janvier 2013 - 464 pages

traduit de l'anglais par Jean Rosenthal 

Titre original : Jackdaws, 2001

Quatrième de couverture : 
France, 1944. Betty a vingt-neuf ans, elle est officier de l'armée anglaise, l'une des meilleures expertes en matière de sabotage. A l'approche du débarquement allié, elle a pour mission d'anéantir le système de communication allemand en France. Après une première tentative catastrophique et coûteuse en vies humaines, Betty va jouer le tout pour le tout en recrutant une brigade unique en son genre : le Réseau Corneille, une équipe de choc. Six femmes à la personnalité hors du commun : l'aristocrate, la taularde, l'ingénue, la travestie... chacune va apporter sa touche très personnelle au grand sabotage.

Auteur : Ken Follett, né au pays de Galles en 1949, compte parmi les plus grands auteurs de best-sellers et de thrillers d'espionnage (L'Arme à l'œil, Les Lions du Panshir, Le Réseau Corneille, Le Troisième Jumeau...), mais c'est avec ses romans historiques Les Piliers de la terre et Un monde sans fin qu'il a connu ses plus grands succès : vingt millions d'exemplaires vendus à travers le monde. Plusieurs de ses livres ont été adaptés au cinéma. Il vit à Stevenage, en Angleterre, avec son épouse. 

Mon avis : (relu en 2014)
En ce 70ème anniversaire du 6 juin 1944, j'ai décidé de relire rapidement ce livre Ken Follett qui raconte une histoire se déroulant quelques jours avant le Débarquement des Alliés.
Un central téléphonique proche Reims doit être détruit pour donner toutes ses chances à la réussite du Débarquement en coupant les communications avec l'Allemagne. La première tentative a été un vrai échec et Betty responsable de l'action a déjà une nouvelle idée pour saboter ce central. Elle imagine réunir une équipe de six femmes qui sous la couverture de femmes de ménage pourraient y pénétrer sans éveiller les soupçons. Du 28 mai au 6 juin 1944, le lecteur découvre la naissance du Réseau Corneille avec Betty, Diana, Maude, Jelly, Greta et Ruby, six femmes courageuses, parfois inconscientes. En parallèle, nous suivons également Franck Dicter , agent des services de renseignements nazi, dont la mission est de démanteler la Résistance. L'intrigue est très rythmée, le duel à distance entre Betty et Dicter est passionnant. Ken Follett s'est inspiré de faits historiques pour écrire ce roman.

Un livre qui rend hommage aux femmes combattantes de la Seconde Guerre Mondiale.

Avant de relire ce livre, je croyais me souvenir que cette histoire se situait dans le Pas de Calais et non autour de Reims... En fait, je confondais avec un autre livre lu en 1988, "Fortitude" - Larry Collins qui raconte comment les Alliés ont leurré les Allemands en leur faisant croire que le Débarquement aurait lieu dans le nord de la France. Je le relirai prochainement.

Extrait : (début du livre)
Dimanche 28 mai 1944

1.

Une minute avant l'explosion, le calme régnait sur la place de Sainte-Cécile. Dans la douceur du soir, une couche d'air immobile s'étendait sur la ville comme une couverture. La cloche de l'église tintait paresseusement pour appeler, sans grand enthousiasme, les fidèles à vêpres. Mais Elizabeth Clairet l'entendait comme un compte à rebours.
Un château du XVIe siècle dominait la place. Ce Versailles en miniature présentait une imposante façade en saillie flanquée de deux ailes à angle droit qui s'amenuisaient vers l'arrière. Il était composé d'un sous-sol, de deux étages principaux et d'un dernier niveau mansardé dont les fenêtres cintrées s'ouvraient sur le toit. 
Elizabeth, que tout le monde appelait Betty, adorait la France. Elle en appréciait l'architecture élégante, la douceur du climat, les déjeuners qui n'en finissent pas, les gens cultivés qu'on y rencontre. Elle aimait la peinture et la littérature françaises, ainsi que le chic vestimentaire. Les touristes reprochaient souvent aux Français leur manque d'amabilité, mais Betty pratiquant la langue depuis l'âge de six ans ne laissait deviner à quiconque qu'elle était étrangère.
Elle enrageait de la disparition de cette France qu'elle chérissait tant.
Les rigueurs du rationnement ne permettaient plus les déjeuners prolongés, les nazis avaient fait main basse sur les collections de tableaux, et seules les prostituées portaient de jolies toilettes. Comme la plupart des femmes, Betty usait une robe informe dont les couleurs avaient depuis longtemps perdu tout éclat. Son ardent désir de retrouver la vraie France serait peut-être bientôt exaucé : il fallait seulement qu'elle, et d'autres comme elle, parviennent à leurs fins.
Elle assisterait à la victoire, à l'unique condition de survivre aux minutes à venir. Elle ne cédait pas au fatalisme : elle avait envie de vivre et comptait bien après la guerre réaliser tous ses projets - terminer sa thèse de doctorat, avoir un bébé, visiter New York, s'offrir une voiture de sport, boire du Champagne sur les plages cannoises. Pourtant, si elle devait mourir, passer ses derniers instants en écoutant parler français, sur une place ensoleillée, à contempler un bel édifice vieux de quelques siècles, la comblerait.
Le château avait été érigé pour abriter les aristocrates de la région, mais, après la mort du dernier comte de Sainte-Cécile guillotiné en 1793, le parc avait été transformé en vignoble - évolution bien naturelle dans cette région située au cour de la Champagne. quant au b‚timent lui-même, il abritait maintenant un important central téléphonique qu'on avait choisi d'installer là car le ministre responsable de la poste était né à Sainte-Cécile.

  Challenge Petit Bac 2014
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"Animaux" (6)

Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  31/25

4 décembre 2013

Dent d'ours - tome 1 : Max - Yann et Alain Henriet

dent-d-ours,-tome-1---max-4181372 Dupuis - mai 2013 - 56 pages

Présentation éditeur :
Quand Max est mis aux arrêts pour trahison, sa vie bascule. Pilote dans l'US Air Force, Max dit "le Polak" a émigré aux États-Unis pour fuir la persécution nazie en Europe. Né en Haute-Silésie, de famille juive polonaise, Max s'est engagé dans l'armée américaine, où il sert sur une base aérienne du Pacifique. Pris pour un autre, il est soupçonné d'être un espion nazi, victime de sa ressemblance avec l'Allemand Werner Königsberg, né comme lui en Haute-Silésie, et qu'il a effectivement connu quand il était enfant, lorsqu'il rêvait d'aviation avec lui et la petite Hanna.
Un récit de guerre et d'aviation, à la croisée du drame psychologique, de l'aventure réaliste et de l'histoire d'espionnage.

Auteurs : Yann Lepennetier, dit Balac ou Yann, est un auteur de BD. 
Après ses débuts dans la publicité et l’architecture, ce Marseillais s’est lancé dans la bande dessinée en 1974 en dessinant pour Spirou à Bruxelles où il habite désormais. 
Remercié par le journal pour dessins irrévérencieux, il avait noué des liens forts de franche camaraderie avec Conrad avec qui il a notamment réalisé les Innommables en 1980 et lancé la Tigresse blanche en 2005. 
Ses premiers scénarios l’avaient conduit dans l’univers de Franquin avec le Marsupilami en 1989 et de Gosciny avec Lucky Luke sans oublier son one-shot sur une aventure de de Spirou.
Il écrit depuis pour de nombreux dessinateurs comme Berthet (Pin Up, Yoni, les exploits de Poison Ivy), Simon Léturgie (Spoon White), Félix Meynet (les Eternels) avec ou encore Herval (Tiffany), René Hausman (Les Trois cheveux blancs, Le Prince des écureuils), Yslaire (Sambre), Joël Parnotte (Le Sang des Porphyre).
Sa production est très diversifiée, avec des séries humoristiques, voire la reprise de classique (Le Marsupilami, avec Batem, Lucky Luke, avec Morris, Kid Lucky avec Conrad (sous le pseudonyme commun Pearce) et Jean Léturgie). 
Sa série Narvalo dessinée par Erik Juszezak devrait voit son épilogue en 2008 avec un second tome en plus de 54 planches. Le Sang des Porphyres est prévu en 4 albums dont 2 sont parus. Son actualité est par nature riche. En 2008 il a sorti le 2ème tome de Tiffany et le 3ème des exploits de Poison Ivy.

Né le 15 février 1973, Alain Henriet nourrit dès son plus jeune âge ses appétits bédéphiles dans les Stranges qu'il achetait en occasion sur les marchés, mais également dans Mickey Magazine, puis dans diverses séries de chez Dupuis. Il s'inscrit à l'académie des beaux-arts de Liège. Ses premières publications arriveront à cette époque, il participera à l'aventure du magazine ''Brazil'' dans les trois numéros existants. 
À la même époque, toujours à l'académie de Liège, Alain gagne un concours de BD organisé par le journal de Spirou (deux planches publiées dans le numéro 3044), il se retrouve à jongler dans sa dernière année d’études entre la rédaction du journal (où il était en stage) et l'école. De là naîtront ses premières planches dans le journal de Spirou. 
En 1998, Alain est engagé à la rédaction de Spirou magazine comme correcteur et maquettiste. Il y travaille toujours, mais uniquement le mardi. C'est lors d'un festival qu'il rencontre Olivier Vatine. Celui-ci préfère la première version d'Une pizza à l'oeil à leur projet de S.F. Le soir même, ils décident de relancer la machine du tueur aux péripéties humoristiques. De là suivra la trilogie "John Doe "aux éditions Delcourt. La série finie, les protagonistes décident de prendre chacun leur envol. 
À cette même époque, Olivier Vatine cherchait un dessinateur pour la série "Golden Cup". Fort de leur collaboration sur John Doe, celui-ci propose la série à Alain. De là suivra la collaboration avec le scénariste Daniel Pecqueur et, par la suite, la rencontre avec Manchu (grand spécialiste de science fiction) pour les designs très réalistes des véhicules. 
Alain signera également avec les éditions Dupuis pour un album : "Pandora Box".
Aujourd'hui, il collabore avec Yann pour la série" Dent d'Ours" aux éditions Dupuis. 

Mon avis : (lu en décembre 2013)
J'ai ouvert cette Bande Dessinée car je trouvais superbe le dessin de la couverture et j'ai été plongée dans une histoire d'amour et d'espionnage. Tout commence dans les années trente en Silésie, Max, Werner et Hanna sont trois amis inséparables qui rêvent d'aviation. Mais nous sommes à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, le nazisme est en train de monter dans cette région allemande. Max est juif d'origine polonaise, Hanna et Werner sont d'origines allemandes. Max va quitter la Silésie pour se réfugier aux Etats-Unis avec sa famille, Werner et Hanna vont être enrôlés dans les jeunesses hitlériennes pour réaliser leur grand rêve de piloter des avions.
Ce premier tome est un mélange de flash back et de présent. Il s'attache au personnage de Max que nous retrouvons comme pilote dans l'US Air Force.

Les dessins et les couleurs sont magnifiques. Pour les connaisseurs, les avions sont très bien dessinés et reprennent d'authentiques modèles de l'époque.
Une bande dessinée très agréable à lire et maintenant j'attends la suite de l'histoire avec le prochain album !

 

 Extrait : (début du livre)

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 Challenge Petit BAC 2013

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"Partie du corps"

 

 

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28 septembre 2013

Chroniques Birmanes - Guy Delisle

chroniques_birmanes Delcourt - octobre 2007 - 262 pages

Quatrième de couverture :
Guy Delisle a suivi sa compagne durant 14 mois en Birmanie alors qu’elle y collaborait avec Médecins sans Frontières. Il raconte son expérience du pays, comment il a fini par apprivoiser son environnement et, petit à petit, comment il a découvert la réalité politique, sanitaire et sociale de ce pays dominé par une junte militaire, soutenue elle-même par de puissants groupes industriels.

Auteur : Guy Delisle est né en 1966 à Québec. Il suit des études d'arts plastiques et d'animation et embarque pour l'Europe en 1988. Il entame alors une carrière d'animateur, métier qu'il exercera pendant dix ans, avant de réaliser son propre court-métrage, Trois Petits Chats. Il publie ses premiers albums à l'Association : outre Shenzhen, un récit de voyage lié à son métier d'animateur, citons Aline et les autres, remarquable exercice de style, proche de son travail en animation, suivi en 2001 par Albert et les autres. Par ailleurs, Guy Delisle n'hésite pas à s'aventurer dans d'autres univers avec la série humoristique Inspecteur Moroni ou Louis à la plage et Louis au ski, deux récits autobiographiques pleins de charme et sans parole. Par son regard, à la fois acéré et bienveillant, sur une culture étrangère, Chroniques birmanes constitue le prolongement de la démarche initiée avec Shenzhen et Pyongyang et poursuit la série d'ouvrages que Guy Delisle a consacrés à ses voyages en Asie.

Mon avis : (lu en septembre 2013)
Après avoir découvert avec Guy Delisle Jérusalem, Shenzhen et Pyongyang, me voici en Birmanie ou Myanmar. En racontant son séjour en Birmanie pour suivre sa femme qui travaille pour Médecins sans Frontières, nous découvrons son quotidien mais aussi la réalité du pays en 2005 - 2006. Le ton est en alternance grave ou léger et cela donne au lecteur un regard de l'intérieur sur la Birmanie, à l'époque, sous le régime de la Junte militaire. La capitale déménage soudain de Rangoon à Naypyidaw... Aung San Suu Kyi est assignée à résidence dans le même quartier que l'auteur. L'auteur découvre également l'architecture de la ville, la vie d'un expatrié, les coutumes du pays, la méditation dans un monastère... Il aura peu l'occasion de quitter la ville. Il évoque cependant les problèmes de drogue dans le nord du pays, les problèmes que rencontrent les ONG qui n'ont pas la liberté de circuler où ils voudraient...
Ce n'est pas un carnet de voyage exhaustif sur un pays mais cela donne envie au lecteur de découvrir un peu plus un pays. J'ai donc complété ma lecture de la BD avec un petit tour sur Wikipedia... 

Voir en complément sur le site de l'auteur 

Extraits : 

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Déjà lu du même auteur : 

chroniques_de_J_rusalem Chroniques de Jérusalem shenzhen  Shenzhen pyongyang Pyongyang 

le_guide_du_mauvais_p_re Le Guide du Mauvais Père tome 1

 

3 février 2012

Le troisième pôle - Guillaume Lebeau

Lu dans le cadre d'un partenariat Livraddict et Marabout

le_troisi_me_pole Marabout – novembre 2011 – 512 pages

Quatrième de couverture :
1912, au Cap Nord en Norvège. Un enfant est atrocement sacrifié au nom d’un rituel à Gaïa. 1996, à Jökulsárlón en Islande. Le corps d’une jeune femme nue et entièrement recouvert de tatouages est découvert, emprisonné dans la glace. Novembre 2010, à Spitzberg entre la Norvège et le pôle nord. Smila, une jeune paléoclimatologue française, tente de rejoindre son père, chercheur sur la base de Ny-Ålesund, pour lui apporter une série de documents qu’il lui a demandés. Mais au moment où elle arrive sur la base, celle-ci est attaquée et mise à sac par un groupe d’hommes surentraînés. Le père de Smila meurt dans l’incendie de Ny-Ålesund avant d’avoir pu lui révéler l’objet de ses recherches. Que cherchait à détruire ce gang ? Quelles recherches menait le père de Smila ? Quels secrets renferment les documents du père de Smila ? Dans cette enquête qui la mènera aux quatre coins du monde, la paléoclimatologue découvrira qu’une sombre organisation cherche à troubler l’ordre mondial…

Auteur : Né en 1971 à Fontainebleau, Guillaume Lebeau travaille d’abord dans l’édition puis dans la presse musicale pop-rock. Il est déjà l’auteur d’une vingtaine de romans policiers, L’Algèbre du besoin (Prix Cognac 1999), L’Agonie des sphères, (Masque de l’année 2000), Cold Gotha.Guillaume Lebeau est auteur de thrillers et scénariste. Spécialiste du roman policier, il est l’auteur d’un documentaire sur le polar scandinave et a publié deux essais consacrés à Fred Vargas et à Stieg Larsson.

Mon avis : (lu en janvier 2012)
Le livre démarre sur les chapeaux de roues… Cela commence en Norvège en 1912, une secte dédiée à Gaïa s'apprête à sacrifier un enfant, puis le lecteur se retrouve en Islande en 1996, une équipe de scientifiques font une étrange découverte au cœur d'un glacier, ensuite c'est notre première rencontre avec Smila Sibir, paléoclimatologue, elle est partie rejoindre son père sur la base Jean Corbel au Spitsberg Norvège...

La lecture est très aisée, avec un rythme rapide, de nombreux lieux, de nombreux évènements, beaucoup de personnages, presque trop le lecteur ne sait plus où donner de la tête.
Moi qui aime voyager grâce aux livres que je lis, j'ai été servie ! Après le Spitsberg en Norvège, j'ai suivi Smila à Paris, en Russie de Moscou à Vladivostok, puis en Mer du Japon avant de rejoindre l'Archipel du Svalbard puis l'Antarctique. Il y a également en parallèle des évènements en Alsace, à Reykjavik, sur la côte ouest du Groenland, dans l'espace aérien de Hong-Kong, à Vancouver, à Séoul...
J'ai trouvé très original le thème du livre. L’auteur Guillaume est un spécialiste de la littérature policière scandinave, il imagine un thriller écologique avec l'avenir de notre planète au centre d’enjeux économiques, écologiques et politiques encore inavoués... C'est un livre très actuel, car il est question de convois de déchets radioactifs, du sommet de Copenhague, d’un volcan islandais qui se réveille, du dérèglement climatique, de l'effet de serre...
C'est aussi un vrai livre d'espionnage avec des méchants, des gentils, des agents doubles, des poursuites, de nombreuses exécutions... C'est très efficace même si cela n'est pas toujours très crédible...
Mais ma grosse déception, c'est la conclusion du livre… En effet, dans l’épilogue, l’auteur nous emmène en Antarctique et là... J'ai eu l'impression qu'il nous laissait en plan ! Cette fin vraiment abrupte nous annonce sans doute le retour de Smila Sibir comme personnage récurent ?

Merci à Livraddict et aux éditions Marabout pour ce partenariat.

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Extrait : (début du livre)
1912, cap Nord, Norvège

Les oiseaux rasaient l'écume, puis remontaient vers le ciel en rapides envolées, figés contre le vent, plumage tremblant, bec piaillant. Sous leurs ailes frémissantes, bientôt un morceau de terre. Au large, quelques îlots sans nom, plus au large encore l'archipel du Svalbard. Au-delà, c'était le pôle Nord. Un point dans l'infini de l'espace.

La saison était mauvaise. Les flots déferlaient contre les côtes déchiquetées de l'île de Magerøya, se brisant en d'énormes explosions laiteuses contre les vaillantes falaises qui défendaient symboliquement la limite septentrionale de l'Europe.
Un vent glacial mugissait, pareil aux cris mêlés d'une sinistre meute de bêtes sauvages. Ce souffle froid balayait un sol recouvert d'une fine pellicule de neige, se heurtait à quelques cailloux aux formes grotesques et entraînait dans son sillage des nuées de flocons en de fantastiques maelströms aériens.
Face à l'imposant promontoire du cap Nord, dont le front et les flancs se projetaient loin dans la mer de Barents, les nuages couvraient les flots d'un épais manteau. D'immenses déchirures lumineuses labouraient le ciel nocturne. Un jour falot remplaçait les ténèbres du cœur de la nuit.
Jamais aurore boréale n'avait embrasé cet horizon avec autant de brutalité, consumant l'atmosphère et les regards en nuances de vert et de rouge mêlés. Ces couleurs électrisées serpentaient, s'entrelaçaient, fusionnaient avec l'océan et le vent.

 Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Géographie" 

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 10/8

20 janvier 2012

Terezin plage – Morten Brask

terezin Presses de la Cité – août 2011 – 330 pages

traduit du danois par Caroline Berg

Titre original : Havet i Theresienstadt, 2007

Quatrième de couverture :
« Je suis là, les yeux fermés, et autour de moi je sens l'océan et le soleil et l'écume des brisants et les vagues qui me font osciller d'avant en arrière, d'arrière en avant. Quand je m'éveille, l'océan n'est plus là. Le fracas que j'entends est celui des roues du train à bestiaux, le flux et le reflux du wagon qui grince et tangue. »

Dès son arrivée en 1943 à Terezin, Daniel Faigel, jeune médecin danois hanté par un lourd passé, se retrouve plongé en enfer. Présentée par les nazis comme une "colonie juive modèle", la ville sert en réalité de zone de transit vers des camps d'extermination. Affecté à l'hôpital du ghetto, Daniel passe ses journées à essayer d'arracher à la mort et aux déportations quelques-uns de ses patients. Parmi eux se trouve Ludmilla. L'amour qui naît entre eux leur donne la force de supporter un quotidien ponctué par la peur de faire partie du prochain convoi, dont on sait intuitivement qu'on ne reviendra pas. Comme tous les habitants du ghetto, les deux amants vont bientôt devoir prendre part à une gigantesque mascarade orchestrée par les nazis : l'embellissement du camp en vue d'une inspection de la Croix-Rouge. Saisissant tableau de la vie dans un camp qui servit de vitrine à la propagande nazie, ce roman, écrit dans une langue limpide, met en scène le destin de deux êtres happés par l'histoire, qui s'accrochent à l'espoir, coûte que coûte.

Auteur : Né en 1970, le Danois Morte Brask est directeur artistique d'une agence de publicité. Auteur de plusieurs documents, il signe avec Terezin Plage son premier livre de fiction.

Mon avis : (lu en janvier 2012)
Voilà un livre beau et émouvant évoquant un sujet difficile.
Lors de la commémoration du 50e anniversaire de la déportation, le jeune Morten Brask rencontre l'écrivain Ralph Oppenheimer, rescapé du camp de Terezin au nord de Prague. Cette rencontre l'ayant fortement marqué, Brask décide de faire de cette histoire vraie un roman.
Dans ce lieu historique mais terrible, Morten Brask nous raconte l’histoire d’amour de Daniel Faigel un jeune médecin Danois avec Ludmilla une jeune femme tchèque. Tous deux sont juifs, ils ont été déportés dans un camp de concentration un peu particulier : Theresienstadt ou Terezin.
Ce camp a été organisé par la Gestapo en novembre 1941 dans la forteresse et ville de garnison de Terezín, aujourd'hui en République tchèque. Ce camp est présenté par les nazis au monde extérieur comme une colonie juive modèle. En 1943, cinq cents juifs sont déportés depuis le Danemark et la Croix-Rouge du pays va insister pour aller voir sur place les conditions de vie de ses ressortissants. Les nazis vont alors utiliser ses visites pour faire bonne impression. Ils vont faire construire de faux magasins et cafés pour donner l'impression d'un semblant de confort, ils y réaliseront même un film de propagande.
Dans la réalité, comme dans les autres camps la vie est difficile, il faut lutter contre le froid, la faim, la maladie… Il y a aussi les listes qui annoncent les noms de ceux devront partir par  le prochain convoi vers Auschwitz ou Treblinka.

Daniel travail à l'hôpital "Hohen Elbe" du ghetto. Sa situation de médecin lui donne quelques privilèges pour supporter plus facilement le quotidien. Lors d'une visite dans le baraquement des femmes pour donner des soins à une vieille dame, Daniel fait la rencontre de Ludmilla et son cœur se met à vibrer, et ensemble ils vont peu à peu s'apprivoiser, une belle histoire d'amour va naître...
En parallèle à sa vie au camp, Daniel revient sur ses souvenirs d'enfance entre un père juge assez autoritaire et une mère fragile et malade, il évoque souvent le bord de la mer proche de sa maison natale dans la région de Copenhague. C'est pour lui une manière de s'évader et de pouvoir tenir.

Un livre qui se lit facilement, et qui est très documenté sur le camp de Terezin. Tout y est décrit avec précision la vie du camp en particulier les différentes odeurs toutes plus repoussantes les unes les autres…
Un premier roman réussi !

Extrait : (début du livre)
Je suis de nouveau au bord de la mer. Tout est exactement comme je me le rappelle. L’océan et la plage, le soleil et la grande maison en rondins noircis au goudron avec sa longue véranda ; je me souviens de tout dans les moindres détails. L’escalier qui mène à la galerie, et sa rampe étroite. La troisième marche qui grince quand on descend vers la grève. La digue de pierres polies par les marées sur lesquelles je me suis blessé en tombant à la fin de l’été 1924. Les rochers sont comme dans mon souvenir. Le sable, le sable chauffé par le soleil et qui va de la digue jusqu’au rivage. Les oiseaux de mer aux pattes raides et aux becs allongés, qui picorent dans les congères d’algues échouées. Les vagues qui lèchent le rivage, s’étirent, essayant en vain d’atteindre les oiseaux, puis refluent, déçues, et meurent sous la lame suivante. Je n’ai rien oublié. Je suis revenu sur cette plage d’hier, et je cours, heureux bondissant au-dessus des goémons. Je me jette à l’eau, les embruns me giflent de leurs gouttelettes glacées. Je nage, je nage, le plus loin possible, au-delà de la troisième lagune où mon père m’interdit d’aller, et me laisse tomber dans l’océan froid et salé. Il m’embrasse, m’immerge dans son astringente verdure. Je nage, je plonge dans sa froidure, frotte mon ventre contre son fond sablonneux, traverse les rais de lumière oblique, brasse jusqu’à ce que mes poumons crient grâce et m’obligent à remonter. J’explose le miroir de la surface où se reflète le soleil. Le sel me brûle les yeux, je les ferme et jouis de la chaleur de l’air sur ma poitrine. Je suis là, les yeux fermés, et autour de moi je sens l’océan et le soleil et l’écume des brisants et  les vagues qui me font osciller d’avant en arrière, d’arrière en avant.

Quand je m’éveille, l’océan n’est plus là. Le fracas que j’entends est celui des roues du train à bestiaux, le flux et le reflux du wagon qui grince et tangue. Chaque embranchement des rails se répercute à travers les lattes du plancher et martèle ma colonne vertébrale.

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 Challenge 5% 
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
32/35

Challenge Voisins, voisines
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Danemark

Lu dans le cadre du  Défi Scandinavie blanche
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Danemark

 Challenge Viking Lit' 
Viking_Lit

Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Géographie"

25 décembre 2011

A l'hôtel Bertram – Agatha Christie

Lecture Commune Agatha Christie
lecture_commune 
avec Valérie et  Enna

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Le Masque – 1967 – 251 pages

Éditions Librairie des Champs-Elysée – 1979 – 251 pages

Le Masque – juillet 1984 – 278 pages

Le Masque - août 1984 - 251 pages

Le Masque - juin 1989 - 251 pages

Livre de Poche – janvier 1992 – 278 pages

Le Masque – novembre 1999 – 280 pages

Livre de Poche – octobre 2003 – 251 pages

traduit de l'anglais par Claire Durivaux

Titre original : At Bertram’s Hotel, 1965

Quatrième de couverture :
Ah ! les muffins de l'hôtel Bertram... Ils n'ont pas leur pareil. Non plus que le thé, le personnel stylé et les clients, ladies respectables, ecclésiastiques et officiers en retraite qui viennent y retrouver l'atmosphère d'antan... Vraiment l'hôtel Bertram est plus victorien que nature, et Miss Marple se réjouit d'y passer une semaine. Et pourtant, quelques détails la troublent : cette jeune fille, Elvira, qui s'est amourachée d'un pilote de course peu recommandable, sa mère, une aventurière décidée, et ce pauvre chanoine Pennyfather qui disparaît... Il est bien étourdi, mais tout de même... Décidément, tout n'est peut-être pas aussi paisible et feutré qu'il y paraît... à l'hôtel Bertram.

Auteur :  Agatha Christie (1890-1976) est la reine incontestée et inégalée du roman policier classique. Née à Torquay, son premier roman La mystérieuse affaire de Styles est publié en 1920 et voit la naissance d’un écrivain et d’un personnage : Hercule Poirot. Très vite, sa renommée est mondiale. Elle est à la tête d’une prodigieuse production littéraire et reste aujourd’hui l’un des auteurs les plus lus à travers le monde, toutes générations confondues.

Mon avis : (lu en décembre 2011)
Miss Marple est en vacances à l'hôtel Bertram situé au cœur du West End de Londres. « L'hôtel Bertram se trouve là depuis longtemps. Durant la guerre, les maisons sur sa droite, furent démolies, ainsi que celles, un peu plus loin, sur sa gauche, mais le Bertram fut épargné. » Il fait partie des vestiges du passé, tout y respire une atmosphère édouardienne, l'ambiance y est feutrée. La réputation y est excellente.  « La clientèle du Bertram se recrutait, depuis toujours, dans la hiérarchie ecclésiastique, parmi les ladies douairières de l'aristocratie, arrivant de la campagne et les jeunes filles qui sortant d'institutions coûteuses, retournaient chez leurs parents pour les vacances. »
C'est vraiment l'hôtel Bertram le personnage central de cette enquête d'Agatha Christie. L'intrigue met beaucoup de temps à s'installer, beaucoup d'évènements autour des clients de l'Hôtel se mélangent et c'est seulement à la page 184 (pour un livre de 250 pages) que ce produit le premier meurtre ! Miss Marple est seulement présente comme (très bonne) observatrice, ce n'est pas elle qui mène l'enquête. Mais sa contribution en tant que témoin va être décisive...
Ce n'est peut-être pas la meilleure enquête d'Agatha Christie mais j'ai apprécié l'ambiance anglaise, les descriptions de la vie de cet Hôtel où le thé et les muffins n'ont pas leur pareil !

Allons voir maintenant, qu'elles sont les lectures d'Agatha Chrisitie de Valérie et  d'Enna.

Extrait : (début du livre)
Le cœur du West-End abrite de nombreuses petites rues calmes, inconnues de presque tous, sauf des chauffeurs de taxis qui les traversent avec facilité, et arrivent à Park Lane, Barkeley Square ou South Audley Street.
Si, en venant du parc, vous tournez dans une ruelle sans prétention, et tournez à nouveau une ou deux fois, à gauche puis à droite, vous aboutirez dans une rue tranquille, où se dresse l'hôtel Bertram. L'hôtel Bertram se trouve là depuis longtemps. Durant la guerre, les maisons sur sa droite, furent démolies, ainsi que celles, un peu plus loin, sur sa gauche, mais le Bertram fut épargné. Toutefois, il ne put éviter d'être meurtri et marqué de cicatrices (comme diraient les agents immobiliers), mais grâce à une somme d'argent raisonnable, il fut restauré et reprit son aspect original. En 1955, il était précisément le même qu'en 1939, imposant sans ostentation et discrètement coûteux.
La clientèle du Bertram se recrutait, depuis toujours, dans la hiérarchie ecclésiastique, parmi les ladies douairières de l'aristocratie, arrivant de la campagne et les jeunes filles qui sortant d'institutions coûteuses, retournaient chez leurs parents pour les vacances. « Il y a si peu d'endroits où une jeune fille seule soit en sécurité à Londres, mais bien sûr, le Bertram est tout à fait convenable, nous y sommes allées durant des années. »

Déjà lu du même auteur :
10_petits_negres Dix petits nègres le_crime_de_l_orient_express_1977 Le crime de l'Orient-Express
un_cadavre_dans_la_bibli_M_1994  Un cadavre dans la bibliothèque le_noel_d_HP_LM_1991 Le Noël d'Hercule Poirot


Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne

Lu dans le cadre du Challenge Agatha Christie
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6 novembre 2011

Portes ouvertes – Ian Rankin

Lu dans le cadre du partenariat Logo_News_Book et des Éditions Du Masque 

portes_ouvertes Éditions du Masque – septembre 2011 – 450 pages

traduit de l’anglais (Écosse) par Stéphane Carn

Titre original : Doors Open, 2008 

Quatrième de couverture :
Trois compères décident de voler des tableaux à l'occasion de la journée Portes ouvertes de la National Gallery d'Édimbourg. Mike, 37 ans, a fait fortune en créant des logiciels informatiques et veut mettre un peu de piment dans sa vie. Robert Gissing, directeur de l'Institut d'art, va bientôt prendre sa retraite et a envie d'un cadeau de départ plus substantiel qu'une montre en or. Quant au banquier de la bande, Allan, il rêve d'accrocher chez lui deux œuvres qu'il a toujours aimées. Seulement voilà : monter un casse requiert des compétences, pas seulement de la matière grise. Et pour la logistique, des relations dans le milieu. Tout se complique très vite, surtout s'il faut louer les services d'un étudiant pour réaliser des copies... L'engrenage se révèle infernal, mais le trio a de la ressource. Polar hautement divertissant, retors et filant bon train, Portes ouvertes apporte la preuve qu'être voleur, ça ne s'improvise pas ! Rankin mène avec éclat cette fable pas très morale et nous surprend en alliant l'humour un rien cynique du Westlake de la série Dortmunder à l'efficacité trépidante d'un film comme Ocean's Twelve.

Auteur : Né en 1960 dans le comté de Fife, Ian Rankin est l’auteur de polars le plus célèbre de Grande-Bretagne et l’un des plus lus du monde grâce à la série de l'inspecteur Rebus. Il a obtenu toutes les récompenses imaginables, dont un Edgar Award et le Diamond Dagger pour l’ensemble de son œuvre, qui est traduite en vingt-deux langues. Il vit en famille à Edimbourg.

Mon avis : (lu en novembre 2011)
Je connaissais le nom de cet auteur mais je ne l'avais jamais lu, alors lorsque son nouveau livre a été proposé en partenariat par New Books, je n'ai pas hésité.
Trois gentlemen écossais, amateurs d'art ont une vie bien rangée où ils s'ennuient un peu. Il y a Mike Mackenzie, 37 ans, ayant fait fortune dans l'informatique, Allan Cruikshank presque 50ans, chargé de la gestion des grands comptes à la First Caledonian Bank et Robert Gissing, directeur de l’Institut d’Art, bientôt à la retraite. Ce dernier a un jour l'idée de profiter de la journée « Portes ouvertes » de la National Gallery d’Edimbourg pour dérober quelques tableaux oubliés dans un entrepôt où sont les réserves du musée. « Aider ces malheureux tableaux emprisonnés à s'évader. » Il propose à ses deux amis que réaliser avec lui le braquage parfait. Le plan imaginé fait appel à étudiant des Beaux Arts capable de réaliser des copies des tableaux et de substituer les faux tableaux aux vrais... Mais bien sûr, cela ne se passera pas tout à fait comme prévu...
Voilà un roman policier très plaisant à lire, le lecteur suit la préparation, la réalisation et les suites du braquage avec des retournements de situations et des surprises...

Merci à News Book et aux Éditions Du Masque pour m'avoir de permis de découvrir ce livre.

Extrait : (page 9)
Mike les avait repérées. Deux portes jumelles, dont l’une, en s’ouvrant, faisait se refermer l’autre. Chaque fois qu’un serveur en livrée poussait la première pour apporter les plateaux de petits-fours dans la salle des ventes, l’effet était le même : elle s’ouvrait à la volée sur son passage, tandis que sa voisine se refermait doucement. Ce qui en disait long sur la qualité des œuvres exposées, songea Mike. Il s’intéressait davantage aux réactions des portes de l’office… Mais non. En toute honnêteté, l’expo n’y était pour rien. C’était plutôt de lui qu’il s’agissait.
Mike Mackenzie avait trente-sept ans, il était riche et s’ennuyait ferme. A en croire les pages financières des journaux spécialisés, il était le type même du self-made man, un de ces jeunes « rois de l’informatique » dorés sur tranche – sauf qu’il ne régnait plus sur grand-chose depuis que sa boîte avait été revendue clés en main à un consortium d’investissement. Selon certaines rumeurs, peut-être fondées, Mike était même un cas typique de dépression professionnelle. Fraîchement émoulus de la fac, lui et son copain Gerry Pearson avaient lancé leur start-up. Gerry avait le génie de la programmation, mais ni l'étoffe ni le culot d'un directeur commercial, et Mike s'était vite retrouvé aux commandes du secteur relations extérieures de leur petite entreprise. Après le rachat de la boîte, ils avaient partagé entre eux le produit de la vente puis, sans crier gare, Pearson lui avait annoncé qu'il déménageait pour l'Australie.

Challenge 3%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
18/21

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne / Écosse

27 octobre 2011

Mots de tête – Dominique Resch

 Lu dans le cadre de de Critique en Masse de Babelio
en partenariat avec les éditions Autrement

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Quatrième de couverture :
"Prof n'est pas un vrai métier. C'est une discipline sportive. Une épreuve d'endurance. Un marathon où le plus teigneux gagne à la fin."
Chaque jour, je retrouve Tonio, Nadir, Jérémy et les autres. Chaque jour, dans ce lycée des quartiers Nord de Marseille, je m'apprête à vivre l'inattendu : les rencontres OM/PSG qui rythment la vie et le moral de la classe, les samoussas préparés par Hafoussouate qui réveillent mes papilles, l'arrivée du nouveau surveillant en béton armé qui chancelle au bout d'une semaine, Tonio qui perturbe allègrement la répétition de Cyrano de Bergerac, et cette course à vélo où les élèves foncent à folle allure dans un décor de cinéma...
En une vingtaine de séquences étonnantes, drôles et plus vraies que nature, l'auteur dévoile son goût passionné pour l'enseignement grâce à un regard à la fois lucide et attendri.

Auteur : Dominique Resch est professeur de français, d'histoire-géographie et d'éducation civique dans un lycée professionnel des quartiers Nord de Marseille.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
Ce livre est écrit par un professeur de lycée professionnel en banlieue de Marseille. Il raconte son quotidien dans de courts chapitres. Une vingtaine d'épisodes, drôles ou attendrissants qui nous raconte la réalité de l'enseignement dans un cours de français ou d'histoire-géo en lycée professionnel.
Les anecdotes sont variées, parfois effrayantes comme celle où un coup de feu est tiré dans la classe, amusantes quand le professeur apprend à Tonio à respecter sa mère ou à Loïc à respecter les homosexuels, Dominique Resch donne également son palmarès des « bons mots » de ces élèves...
Ce livre se lit très facilement et l'on sent l'attachement du professeur pour ses élèves. J'ai passé un très bon moment de lecture.

Merci Babelio et les éditions Autrement pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
Je connais tout.
La superficie du Groenland au centimètre carré près, le poids de l'armure de Bayard au gramme près et le temps de digestion de la loutre des Pyrénées à la seconde près.
Tout.
Je sais absolument tout.
Si un conflit vient à éclater entre l'Irlande de Nord et la Corée du Sud, non seulement je sais exactement c'est la faute à qui mais en plus je sais qui va avoir gain de cause et de quel côté est Dieu.
Tout.
Normal je suis prof.

Si le prof doute, sortez les sarbacanes et envoyez les boulettes. Du coup, pas de problème : je connais tout. Je maîtrise tout. Je parle comme un livre ouvert. Et je ne doute jamais de rien.
Jamais.
Un prof qui doute, c'est une cible. On raconte n'importe quoi aux apprentis profs quand ils apprennent le métier : quelqu'un qui enseigne aurait le droit de douter, voire de se tromper comme tout le monde... Bien sûr que non. Tout le monde a le droit de commettre des erreurs – même les médecins -, mais pas les profs. S'aider d'un dictionnaire ou de n'importe quel bouquin afin de pouvoir répondre à la question un peu pointue d'un élève, c'est la meilleure façon de devenir, oui, une cible. Le prof doit parler comme un livre ouvert parce qu'il a la science infuse. C'est simple. En classe, en cas de doute, je préfère mille fois inventer n'importe quoi que vérifier ma réponse par une aide extérieure. Le prof qui pompe, c'est zéro. Déjà qu'il lui arrive d'être noté par un inspecteur (ça, c'est pas clair), s'il se met à tricher, ce n'est plus possible.

 

 

Challenge 2%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
13/14

 

Challenge le nez dans les livres
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La Lectrice : 2/2

 

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16 juillet 2011

Esteban : tome 3 La survie – Matthieu Bonhomme

 Lu dans le cadre de de Critique en Masse de Babelio
en partenariat avec les éditions Dupuis

esteban___tome_3 Dupuis – octobre 2009 – 56 pages

Présentation éditeur :
1900, entre le cap Horn et l'Antarctique, sur la route qu'empruntent les baleines pour aller d'un océan à l'autre. Il y fait si froid que les bateaux croisent les icebergs et essuient les tempêtes les plus violentes au monde. Esteban, un jeune indien orphelin de douze ans s'apprête à vivre une grande aventure. En réalisant son rêve : embarquer à bord d'un baleinier, se lancer à l'assaut des flots, et devenir harponneur. Impressionné par sa ténacité et son courage, le commandant du Léviathan l'engage comme mousse et le voilà parti vers le cap Horn. Il va découvrir la vie à bord du baleinier, la rudesse des marins, malgré tout solidaires, et l'austérité de cet univers.

Auteur : Né à paris en 1973, dessinateur ayant fait une percée remarquée dans la bande dessinée, Matthieu Bonhomme manifeste très tôt un goût évident pour l'illustration. De simple lobby, le dessin devient une passion. Après un BTS d'arts appliqués, il fait la rencontre de Christian Rossi et de Jean-Claude Mézières, qui l'initient aux bases de la bande dessinée. Il travaille ensuite pour la presse dans de nombreux magazines comme Spirou, les éditions Je bouquine, Grains de soleil et bien d'autres. Il réalise ensuite un livre pour Okapi en 2000, fait d'autres petits travaux pour Nathan, puis sort enfin 'Contes et récits de la Conquête de l'Ouest'. Fabien Velhmann lui concocte un scénario béton pour la série 'Le Marquis d'Anaon'. En 2003, 'L' Age de raison' lui vaut le prix du festival d'Angoulême. Il poursuit sur sa lancée avec 'Le Voyage d'Esteban' et 'Messire Guillaume'. En 2007, le sympathique dessinateur revient honorer de sa présence le festival d'Angoulême.

Mon avis : (lu en juillet 2011)
J’ai choisi cette bande dessinée en lisant sa présentation, cette histoire maritime me tentait bien… Je n’avais pas réalisé que c’était une BD Jeunesse et à l’arrivée de la BD dans ma boîte aux lettres, trois « génial ! » ont jailli à la maison ! En effet, mes 3 fils avaient déjà lu les premières aventures d’Esteban dans la revue Géo Ado puis à la Bibliothèque, ils étaient donc impatients de lire la suite. J’ai donc du attendre quelques jours avant de pouvoir m’y plonger...

Je n'ai pas lu les deux premiers albums, mais les huit premières pages de celui-ci reprennent la fin du tome 2. Le baleinier Léviathan a été pris par les glaces, l'équipage doit faire quelque chose pour ne pas mourir de froid ou de faim. Ils se répartissent donc dans les chaloupes et tentent d'atteindre la terre ferme. Un long voyage commence à travers les icebergs, face à d'énormes vagues... Voilà un beau récit d'aventure passionnant et des dessins superbes qui plongent le lecteur dans un univers marin dur et exigeant. Le personnage d'Esteban, jeune indien de douze ans, est très attachant et cet épisode nous dévoile un peu de son passé. 

Après cette lecture, et en attendant un nouvel épisode, je vais sans tarder essayer de me procurer les tomes 1 et 2.

Merci à Babelio et aux éditions Dupuis pour cette très belle découverte pour moi et la confirmation d'une très bonne série pour mes trois moussaillons...

Extrait :

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4 mai 2011

Celui qu'on ne voit pas – Mari Jungstedt

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et Livre de Poche

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Plon – octobre 2007 – 355 pages

Livre de Poche – février 2010 – 442 pages

traduit du suédois par Maximilien Stadler

Quatrième de couverture :
Après s'être disputée avec son compagnon lors d'une fête dans leur maison de campagne, Helena Hillerström sort promener son chien le long de la plage. Bientôt, cernée par un épais brouillard, elle sent qu'on la suit. Quelques heures plus tard, elle est retrouvée morte, tuée à coups de hache. Frida Lindh, une jeune mère de trois enfants, quitte le bar où ses amies et elle se rencontrent régulièrement. Malgré la nuit et les quelques verres de vin qu'elle a bus, elle prend son vélo pour rentrer à la maison. Les rues sont désertes. Elle est seule. Non. Pas seule. Une ombre la suit. Celui qu'on ne voit pas. Le commissaire Anders Knutas et son équipe mènent une longue et difficile enquête sous la pression des médias. Quel est le lien entre ces deux jeunes femmes ? Knutas doit au plus vite découvrir le mobile du meurtrier avant que celui-ci ne frappe de nouveau.

Auteur : Ancienne journaliste et productrice d'émissions d'information pour la télévision, Mari Jungstedt vit à Stockholm. Sa série policière mettant en scène le détective Anders Knutas l'a propulsée au premier rang des écrivains suédois de romans policiers.

Mon avis : (lu en mai 2011)

Lorsque Livraddict a proposé ce partenariat, j'étais curieuse de découvrir une  auteur scandinave que je ne connaissais pas.

Cette histoire se passe sur l'île suédoise de Gotland située dans la Mer Baltique. Un matin, Helena Hillerström part promener son chien. Elle sera retrouvée sauvagement assassinée sur la plage quelques heures plus tard. La police commence par soupçonner Per, son compagnon. Car Helena et Per avaient eu une grosse dispute la veille alors qu'ils accueillaient quelques amis pour la soirée. Quelques jours plus tard, une autre femme est assassinée et certains détails laissent à penser que c’est le même criminel qui a fait cela. Puis une troisième femme est retrouvée morte, il semble qu’il n’y ait aucun lien entre les différentes victimes… C’est le commissaire Anders Knutas qui dirige l’enquête et il doit composer avec la présence de journalistes toujours à la recherche du moindre scoop… et l’arrivée prochaine de nombreux touristes sur l’île pour l’été.

C’est un roman facile à lire, avec des chapitres courts qui donnent un bon rythme à l’enquête. Nous suivons à tour de rôle l’enquête policière, les investigations du journaliste et également par petites touches, les états d’âme du meurtrier. Le suspense est présent et les questions nombreuses…
C’est également l’occasion de découvrir l’île de Gotland, son atmosphère, sa nature, ses habitants. J’attache beaucoup d’importance à cette spécificité des romans scandinaves. L’enquête et les personnages sont moins fouillés que pour les romans policiers d’Arnaldur Indridason ou Camilla Läckberg, malgré cela j’ai passé un très bon moment de lecture.
Merci à Livraddict et
Livre de Poche de m'avoir permis de découvrir une nouvelle auteur suédoise, et j'ai déjà dans ma PAL « Les ombres silencieuses », l’enquête suivante du commissaire Anders Knutas.

Extrait : (début du livre)
La soirée se passait mieux qu’elle ne l’avait espéré. Elle avait été un peu nerveuse avant l’arrivée des invités – cela faisait si longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus. Mais maintenant, son inquiétude avait disparu. Après un verre d’alcool fort en guise de bienvenue, un vin blanc à l’entrée, plusieurs verres de vin rouge avec le plat principal et du porto au dessert, une atmosphère merveilleusement gaie régnait autour de la table. Kristian était encore en train de raconter une anecdote sur son chef, et des éclats de rire emplissaient le salon de la vieille maison en meulière.
Devant les fenêtres s’étalaient des champs de blé et des prés ondulants. Les coquelicots attendraient encore plusieurs semaines avant  de fleurir. Plus loin, dans un dernier crépuscule hésitant, on devinait la mer.
Helena et Per avaient pris quelques jours de congé et s’étaient installés dans leur maison de campagne sur l’île de Gotland, pour la Pentecôte. A l’occasion de ces brèves vacances, ils avaient l’habitude de rencontrer  les amis d’enfance d’Helena. Cette année, seul le lundi de Pentecôte avait convenu à tout le monde.
Il faisait particulièrement froid pour la saison, pas plus de dix degrés. Un vent violent hurlait et sifflait dans les cimes des arbres.
Helena rit à gorge déployée quand Per entonna une chanson paillarde qui parlait des gamins du continent courant les jupons des filles de Gotland, qu’elle lui avait apprise elle-même.
Tous les convives chantèrent le refrain : la meilleure amie d’Helena, Emma, et son mari Olle, les voisins Eva et Rikard, et puis Beata avec son nouveau mari John, un Américain qui participait pour la première fois à une de leurs rencontres. Kristian était le seul à être encore célibataire. Un bel homme, mais manifestement condamné à rester vieux garçon. Bien qu’il eût lui aussi déjà trente-cinq ans, il n’avait jamais vécu avec une femme. Au cours des dernières années, Helena s’était souvent demandé pourquoi.
Sur les rebords des fenêtres, des bougies brûlaient dans des chanceliers en fonte, et le feu crépitait dans la cheminée. Devant l’âtre, le chien Spencer couché sur une peau de bête se léchait les pattes et soupirait profondément en se pelotonnant dans la chaleur du feu.

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie noire
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Suède : Mari Jungstedt

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Suède

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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18 avril 2011

Danbé – Aya Cissoko et Marie Desplechin

Lu en partenariat avec Blog-O-Book et Calmann-Lévy

Lu durant le Read-A-Thon Avril 2011RAT_9_10_04_2011

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Quatrième de couverture :
« J’aimerais que celle ou celui qui lira ce petit livre mesure ce qu’il a de déchirant. Il est mon au revoir à ceux que je laisse sur le quai. (…) Il est mon au revoir à mon enfance de petite fille noire en collants verts, qui dévale en criant les jardins de Ménilmontant. »

Quand Marie Desplechin rencontre Aya Cissoko, elle est touchée par la singularité de son histoire. Née de parents maliens, Aya a connu une petite enfance habitée de souvenirs délicieux, qui prend fin avec la disparition de son père et de sa petite sœur dans un incendie. Élevée par sa mère dans le respect du danbé, la dignité en malinké, Aya apprend à surmonter les épreuves et trouve dans la boxe un refuge.

Auteurs : Aya Cissoko, trente et un ans, championne du monde de boxe anglaise en 2006, est aujourd’hui étudiante à l’Institut d’études politiques de Paris.
Marie Desplechin a écrit une trentaine de livres pour la jeunesse, et une dizaine pour les plus grands. Elle a publié avec Lydie Violet un récit intitulé La Vie sauve, qui a reçu en 2005 le prix Médicis Essai.

Mon avis : (lu en avril 2011)
Ce livre est un récit autobiographique qu'Aya Cissoko a écrit avec Marie Desplechin.
Dès le début du livre Aya nous parle de son père Sagui venu du Mali en France pour travailler puis de sa mère Massiré arrivée en France à l'âge de 20 ans. Le couple aura bientôt quatre enfants : Issa, le fils aîné, puis deux filles Aya et Moussa et un dernier garçon Massou. La vie n'est pas facile, Sagui n'a pas toujours de travail mais la joie règne dans cette famille. Et survient le drame, dans la nuit du 27 au 28 novembre 1986, un incendie ravage l'immeuble, Sagui, le père, et Moussa, la petite sœur, vont mourir. « le feu a  été allumé pour tuer ».
Massiré refuse de repartir vivre au pays comme lui demande la communauté malienne de Paris, et elle s’installe avec ses trois enfants au 140 rue de Ménilmontant. C’est là que Massou, le petit dernier, mourra à son tour, d’une méningite soignée au Doliprane par les médecins moins d'un an après son père et sa sœur. Aya a neuf ans, elle écrit « je suis dans une solitude désespérée » .
Aya est une bonne élève et lorsque sa mère l'inscrira dans un club de sport, elle choisira la boxe. Elle va trouver dans la boxe un refuge et malgré quelques mauvaises fréquentations, elle va tracer sa route : elle devient championne du monde de boxe française en 1999 puis en 2003. En 2006, elle gagne le Championnat du monde de boxe anglaise. Une grave blessure la contraint à abandonner sa carrière sportive et Aya se lance un nouveau défi, reprendre des études. Elle obtient alors une bourse pour suivre une formation à l'Institut d'études politiques de Paris.

Le titre du livre danbé signifie « dignité » en malinké. C'est le code de conduite que Massiré apprend à Aya à respecter pour aller de l'avant dans son existence. Cette mère est admirable et Aya est battante et courageuse.

Voilà un livre plein d'espoir, plein d'amour, un témoignage fort et poignant. J'ai lu ce livre facilement et d'une traite, j'ai été émue par ce beau récit, Aya est une très belle personne.
Merci à Marie Desplechin d'avoir accompagnée Aya Cissoko dans l'écriture de ce livre.

Un grand merci à Blog-O-Book et Calmann-Lévy pour ce partenariat.

Extrait : (page 20)
Quand elle suit son mari tout neuf, Massiré Dansira est donc l'une des premières à quitter le village. Elle y acquiert le statut prestigieux d'aînée. Ma mère, l'aînée, ne parlera jamais à ses proches autrement qu'en bambara. Elle ne s'habillera jamais autrement qu'en jupe longue de wax. Et elle ne laissera plus jamais à quiconque le soin de décider de sa vie. Mais pour le moment, officiellement, elle a vingt ans. Elle vient d'arriver en France. On est en 1976. Au calendrier grégorien. Au village, c'est l'an 1354 de l'Hégire.

Je garde la nostalgie des journées qui n'en finissent pas, de leur matière légère, cotonneuse, des jeux de cache-cache dans les terrains vagues. Mon enfance est une période d'une extrême douceur. Un an après son mariage, Massiré a donné naissance à son premier fils, Issa. Je suis née un an après, en 1978. La petite fille qui me suit, en 1981, porte le nom de Massou. Deux ans plus tard naît un petit garçon, Moussa. Nous vivons tous les six dans quinze mètres carrés, peut-être vingt, au 22 de la rue de Tlemcen à Paris, à proximité du cimetière du Père-Lachaise. Notre immeuble compte sept étages et cinquante-cinq studios. Huit logements par palier, répartis autour de la cage d'un escalier de bois. Nous, c'est le studio 45, au sixième. Même s'ils le voulaient, les habitants du 22 sont trop à l'étroit pour s'ignorer. Personne ne ferme sa porte. Les enfants passent d'un appartement à un autre. Quand Massiré ne peut pas s'occuper de nous, c'est la voisine du cinquième qui nous donne à manger, ou alors celle du premier.
La pièce que nous habitons est meublée d'un grand lit à deux places, d'un petit lit pliable, et d'un lit à barreaux où peut dormir un bébé. Je dors avec Moussa et mes parents dans le grand lit. Massou est dans le lit à barreaux. La nuit tombée, on ouvre pour Issa le lit pliant qu'on place contre la porte. L'espace est si petit, si encombré, que les enfants doivent se percher quand mon père fait sa prière. Sagui garde un lien très étroit à la religion, il fait ses ablutions et prie cinq fois par jour. Il sort alors son tapis de prières et nous grimpons sur le lit. Les prières ne durent pas très longtemps. Il a tôt fait de ranger son tapis et nous pouvons redescendre.

 

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 Semaine Marie Desplechin  du 18 au 24 avril 2011

 

 

29 juin 2011

A quand les bonnes nouvelles ? - Kate Atkinson

Lu dans le cadre Swap à 2 PAL swap___2__lLecture commune avec Mrs Pepys

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Éditions de Fallois – août 2008 – 366 pages

Livre de Poche – octobre 2009 – 466 pages

traduit de l'anglais par Isabelle Carron

Quatrième de couverture :
Dans un coin paisible du Devon, une petite fille de six ans, Joanna Mason, est témoin d’un épouvantable massacre, dont elle est la seule rescapée. Trente ans plus tard, l’homme qui a été condamné pour ce crime sort de prison. A Edimbourg, Reggie, seize ans, travaille comme nounou chez un médecin, le docteur Hunter. Mais celle-ci disparaît, Reggie est la seule personne qui semble s’en apercevoir...
Enfin, l'inspecteur en chef Louise Monroe retrouve son vieil ami, Jackson Brodie, le détective privé de La Souris Bleue, empêtré dans un mariage malheureux, qui part à la recherche de son fils... Avec humour et maestria, Kate Atkinson brouille les pistes, entremêlant les intrigues et tenant le lecteur en haleine jusqu'aux dernières pages.

Auteur : Kate Atkinson est entrée dans la littérature par la grande porte, en 1996, avec un roman fascinant qui ne ressemblait à rien de connu, Dans les coulisses du musée, qui obtint le Prix Whitbread en Grande-Bretagne et le Prix du Meilleur Livre de l’année en France (« Lire »). Elle a publié depuis quatre autres romans : Dans les replis du temps (1998), Sous l’aile du bizarre (2000), La Souris bleue (2004) qui a obtenu le Prix Westminster du roman anglais, Les choses s’arrangent, mais ça ne va pas mieux (2006), et un recueil de nouvelles : C’est pas la fin du monde (2003). Best-seller en Grande-Bretagne, elle a connu en France des critiques élogieuses et un large public. Elle vit actuellement à Édimbourg.

Mon avis : (lu en juin 2011)
C'est le premier livre que je lis de cette auteur, et pourtant j'ai compris en cours de lecture qu'il était le dernier d'une trilogie mais cela ne m'a pas du tout gêné.
Le livre commence avec le terrible assassinat d'une mère, de deux de ses trois enfants et du chien de la famille, un jour d'été dans la campagne paisible du Devon. Joanna, 6 ans, est le seul témoin, elle réussit à fuir et à se cacher dans un grand champ de blé.
Trente ans plus tard, à Edimbourg, Reggie, 16 ans, est assistante maternelle chez le Docteur Hunter et son mari. Jackson Brodie, détective privé, part à la recherche de son fils...
Au début, j'étais un peu perdue avec tous ces personnages et ses différentes intrigues mais lorsque les premiers liens entre ses différentes histoires paraient j'ai été emportée par ma lecture et à aucun moment je ne me suis ennuyée. Je suis passée par de nombreux sentiments, du rire, aux larmes. La plupart des protagonistes de cette histoire à tiroirs cachent un passé douloureux qui ne les empêchent pas de croire à un avenir meilleur.
J'ai beaucoup aimé la fantaisie de Kate Atkinson qui nous surprend tout au long du livre. Reggie et Joanna sont très attachantes. Quand à Ms MacDonald, le vieux professeur de lettres classiques de Reggie Chase, elle est un haute en couleur avec son « Église de l'Extase à Venir », « un groupe de gens qui croyaient à des trucs incroyables » comme le définit si bien Reggie. Elle m'a souvent bien fait rire.
Après cette lecture vraiment très plaisante, j'ai très envie de lire les deux livres précédents, "La souris bleue" et "Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux".

Ce livre a été lu dans le cadre du Swap à 2 PAL organisé par Lili Galipette, c'est Mrs Pepys qui a choisi ce livre dans sa PAL et me l'a offert pour cette Lecture Commune. Allons voir son billet... 

Extrait : (page 21)
Il parut surgir de nulle part. Elles le remarquèrent parce que le chien se mit à produire un étrange grondement guttural et bouillonnant, que Joanna n’avait encore jamais entendu. Il marchait à toute vitesse dans leur direction et grossissait à vue d’œil. Il émettait un drôle de halètement. On s’attendait à ce qu’il lance « Bel après-midi » ou « Bonjour » au passage car c’était toujours ce que les gens disaient quand on les croisait sur la petite route ou le sentier, mais il ne dit rien. D’habitude leur mère disait « Belle journée » ou « Il fait une de ces chaleurs, vous ne trouvez pas ? », mais cette fois-ci elle ne dit rien. Au lieu de ça, elle se mit à marcher vite en poussant de toutes ses forces sur la poussette. Elle abandonna les sacs de provision dans l’herbe et Joanna s’apprêtait à en ramasser un mais leur mère dit : « Laisse. » Il y avait dans sa voix, sur son visage, quelque chose qui effraya Joanna. Jessica l'attrapa par la main et dit « Dépêche-toi Joanna », sévèrement, comme une grande personne. Ça rappela à Joanna la fois où leur mère avait jeté la cruche à rayures bleues et blanches à la figure de leur père.
À présent l'homme marchait dans la même direction qu'elles, de l'autre côté de leur mère. Leur mère marchait à toute allure et leur dit : « Allez, vite, on suit. » Elle avait l'air hors d'haleine. Puis le chien courut devant l'homme et se mit à aboyer et à sauter comme pour tenter de lui barrer le chemin. Sans prévenir l'inconnu lui flanqua un coup de pied qui le catapulta en l'air et le fit atterrir dans le blé. Elles ne le voyaient pas, mais entendaient ses gémissements déchirants. Jessica se mit devant l'homme et lui cria quelque chose en le menaçant du doigt et en avalant de grandes goulées d'air, comme si elle n'arrivait plus à respirer par le nez, puis elle courut dans le champ à la suite du chien.
Ça tournait au vilain. Aucun doute là-dessus.

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Grande-Bretagne, Écosse

15 avril 2011

Des étoiles au plafond - Johanna Thydell

 Lu durant le Read-A-Thon Avril 2011RAT_9_10_04_2011

des__toiles_au_plafond Thierry Magnier – septembre 2010 – 325 pages

traduit du suédois par Agneta Ségol

Quatrième de lecture :
Tout allait bien pour Jenna, quand sa mère est tombée malade. Et franchement gérer le quotidien, les courses, les repas, le ménage, ça n'a rien de drôle. Heureusement il y a Susanna, sa meilleure amie, celle avec qui elle peut fantasmer sur Sakki et partager sa haine pour sa voisine Pénélope, pourtant adulée par tous au collège. Chaque jour, la santé de sa mère se dégrade, Jenna grandit, change, elle comprend que la grande liberté de Pénélope cache quelque chose. Comment rester insensible à l'histoire de cette toute jeune fille qui continue sa vie de pré-ado en affrontant un chagrin trop grand ? Premier roman d'une jeune auteure suédoise, traduit en dix-sept langues, joué au théâtre et adapté en long métrage.

Auteur : Née en 1968 à Göteborg, Johanna Thydell a étudié le cinéma et la mise en scène à Stockholm. Son premier court-métrage reçoit un prix en République tchèque. Elle vit ensuite pendant deux ans à New York comme scénariste et réalisatrice et travaille également pour la télévision.

Mon avis : (lu en avril 2011)
Le livre s'ouvre sur ce poème que Jenna a fait lors d'un cours de suédois :

Si tu meurs, maman, je me ferai mourir.
Oui.
Je me ferai mourir.
Non, on ne dit pas se faire mourir.
On dit se donner la mort.
Ou se suicider.
Donc.
Si tu meurs, maman, je me suiciderai.

Jenna est une adolescente dont la mère est en train de mourir d'un cancer du sein. Et même si elle a honte de le penser, elle a honte de sa mère malade. Jenna ne veut pas faire pitié et elle évite que cela se sache. C'est son secret. Aussi elle vit plusieurs vies à la fois, celle de l'adolescente qui grandit et qui se cherche, celle qui s'occupe de la maison et doit aider sa mère pour faire les courses et les tâches du quotidien, celle de la petite fille qui a du chagrin et qui a peur de l'avenir sans sa maman...
En tant qu'ado, comme sa meilleure amie Susanna, elle se sent moche et totalement fade. Jenna déteste Pénélope, la fille la plus glamour de l'école, qui habite juste au-dessus chez d'elle et qui organise les plus belles soirées du collège où elle n'est jamais invitée. Elle aimerai que Sakki, le garçon qu'elle admire, la remarque.
Le quotidien s'est les séjours de sa maman à l'hôpital et ses grands-parents qui débarquent dans l'appartement et bouleverse son chez-soi.
La petite fille espère un miracle, et se rappelle des souvenirs d'avant la maladie en regardant les étoiles au plafond de sa chambre.
Un jour Pénélope découvre son secret et l'inattendue se produit...

Ce livre est très beau, il raconte une histoire triste et bouleversante qui m'a donné les larmes aux yeux mais qui m'a également fait rire. Jenna est une adolescente formidable et très courageuse. Sa maman, très discrète dans l'histoire est une belle personne.
Ce livre est vraiment un beau message d'espoir et de courage !

Extrait : (page 33 - Chapitre 4)
G&G (C'est comme ça que Jenna appelle grand-mère et grand-père) habitent un trou paumé où il n'y a rien qu'une banque, un kiosque à journaux et un tas de dames qui saluent tous ceux qu'elles croisent. Il faut vingt minutes pour s'y rendre en car.
Mais Jenna et maman ne s'y rendent plus en car.
Elles utilisent le transport communal pour handicapés.
Jenna déteste ça. Mais elle sait à quel point c'est fatiguant pour maman de monter et de descendre du car lors des changements. C'est particulièrement fatigant les jours où elle a mal et surtout quand elle est obligée de se déplacer avec ses béquilles. Au début, maman n'aimait pas le transport communal pour handicapés, elle non plus, mais on s'habitue à presque tout.
Surtout quand on n'a pas le choix.
Jenna a à peine le temps de descendre de la voiture que grand-mère lui saute dessus dans un nuage de noix de coco.
- Bienvenue ! Je ne voudrais pas vous tacher avec mon huile solaire ! hurle grand-mère en les serrant dans ses bras.
- On n'en mourra pas, rit maman.
- Il faut faire attention à soi, dit grand-mère sur un ton indigné en secouant ses cheveux roux et bouclés aux racines grises.
Et elle se met à parler de la couche d'ozone, de l'effet de serre et de tout ce qui a changé, de la chaleur exceptionnelle même en septembre, mais oh comme je suis heureuse que vous soyez là !
Grand-mère ouvre la porte. Une fois dans l'entrée, elle crie tellement fort que Jenna a peur que le miroir (toujours sans taches de doigts) se décroche et s'écrase par terre.
- Aaaalbin, hurle-t-elle. Albin, elles sont là !
Jenna entend des grincements et des craquements dans le salon. Le bruit vient d'un canapé Mes petites mignonnettes ! Vous allez bien ? Ça n'a pas été trop compliqué de venir jusqu'ici ?
Grand-père fait remarquer que maman n'a pas ses béquilles et maman lui adresse un sourire triomphant, il pose quelques questions sur son prochain rendez-vous à l'hôpital et Jenna se dépêche de se glisser entre son gros ventre et maman pour se réfugier dans la cuisine.
Où tout est aussi parfait que d'habitude.
Pas de poussière dans les coins, pas d'objets inutiles qui traînent (en revanche, ils sont nombreux sur les étagères), pas de sac-poubelle oublié sur le palier. Les franges des tapis bien peignées. La vaisselle rincée et soigneusement rangée dans le lave-vaisselle.
Bienvenue chez G&G !
- Maintenant on va prendre le café, annonce grand-mère qui trouve que grand-père et maman s'attarde trop dans l'entrée.
Tout le monde s'installe, tout le monde admire la belle crème fouettée sur le gâteau fait maison, tout le monde prend café pendant une éternité.
- Ça se passe bien au collège, Jenna ? demande grand-mère après avoir discuté tringles à rideaux avec maman.
Grand-mère pose toujours la même question. Et elle veut toujours entendre la même réponse. Que ça se passe bien.
- Oui, ça se passe bien, répond donc Jenna.
- Tu es une bonne petite, Jenna-Penna, dit grand-père tout en mâchant bruyamment du gâteau.
- Oh oui, dit grand-mère. Et tu t'occupes bien de maman quand vous êtes chez vous, n'est-ce pas ? Tu l'aides quand elle a besoin de toi, n'est-ce pas ?
Les mots de grand-mère restent suspendus dans l'air. Un grand silence s'installe autour de la table. On entend l'horloge dans le salon. Dong dong dong. Jenna se dit que c'est un marteau qui tape sur la tête de grand-mère.
Grand-mère supporte mal le silence. Elle tripote et tourne les bracelets en or qu'elle a eus pour son anniversaire.
- Bien sûr qu'elle m'aide, dit maman tout en caressant les genoux de Jenna. Bien sûr.
Grand-mère hoche la tête, bien sûr qu'elle l'aide, bien sûr, et elle se met à parler de Gun la voisine qui a chargé de voiture, des Carlsson qui vont déménager, de la fille de Lasse à Svängen qui va avoir un bébé. Grand-père acquiesce et maman dit ah oui ? ah bon ? et ils sauvent ainsi la situation en se parlant de la vie des autres.
Jenna, elle, ne dit rien.
Il ne faut pas penser de mal de sa grand-mère. Mais parfois Jenna ne peut pas s'en empêcher. Il faut épauler maman, Jenna. Il faut aider maman, Jenna. Il faut penser à maman, Jenna. Ta mère est une battante, Jenna.
Comme si Jenna ne le savait pas ! Comme si Jenna ne voyait rien, ne s'apercevait de rien, ne se rendait pas compte des douleurs de maman, de ses difficultés à respirer, de sa soif, de sa fatigue, de ses nausées. Comme si Jenna vivait ailleurs que dans l'appartement avec maman.
Non.
Elle ne vit pas ailleurs.
Mais il lui arrive de le souhaiter.

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie blanche
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Suède : Johanna Thydell

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Suède

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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Livre 39/42 pour le Challenge du 6% littéraire
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20 mars 2011

Le grand Quoi : Autobiographie de Valentino Achak Deng – Dave Eggers

Lu dans le cadre du partenariat Livraddict et Folio

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Gallimard – août 2009 – 626 pages

Folio – janvier 2011 – 690 pages

Prix Médicis étranger 2009

Quatrième de couverture :
Valentino n'a pas huit ans lorsqu'il est contraint de fuir Marial Bai, son village natal, traqué par les miliciens armés par Khartoum. Comme des milliers d'autres gosses, le jeune Soudanais va parcourir à pied des centaines de kilomètres pour échapper au sort des enfants soldats et des esclaves. Valentino passera ensuite plus de dix ans dans des camps de réfugiés en Éthiopie et au Kenya, avant d'obtenir un visa pour l'Amérique. Dans une nouvelle jungle, urbaine cette fois, il découvrira une face inattendue du racisme. À mi-chemin entre le roman picaresque et le récit d'apprentissage, ce livre est avant tout le fruit d'un échange. Eggersl'Américain a écouté Valentinol'Africain se raconter. Sa plume impertinente fait mouche et insuffle à cette autobiographie une dimension épique, qui rappelle celle de Mark Twain.

Auteur : Romancier et nouvelliste, Dave Eggersest né en 1970. Après des études à l'université de l'Illinois, il fonde en 1998, à San Francisco, la McSweeney's, une maison d'édition indépendante qui publie, outre des livres, une revue du même nom. Aujourd'hui considéré comme l'un des protagonistes les plus importants du renouveau de la littérature américaine, il est l'auteur de romans et de recueils de nouvelles parmi lesquels Suive qui peut (2003) et Pourquoi nous avons faim (2007). Le grand Quoi a été récompensé par le prix Médicis étranger 2009, à l'unanimité.

Mon avis : (lu en mars 2011)
Dès la préface, Valentino Achak Deng fait un résumé du livre et annonce son contenu. C'est un livre où se mêlent fiction et réalité, mais qui témoigne parfaitement sur ce qu'il a vécu pendant toutes ces années.

Au début du livre, Valentino se fait cambrioler par deux Afro-américains, il est ligoté et assiste impuissant au pillage de son appartement. Alors, pour passer le temps, il commence à raconter sa vie. Il n'a pas encore huit ans, lorsque Valentino Achak fuit son village du Sud Soudan, seul à pied, avec un groupe de jeunes garçons pour échapper à la guerre, au sort des enfants soldats ou esclaves. Il est trop tôt confronté à la faim, aux mines, aux bombardements, à la mort « Au Soudan, mourir est un jeu d'enfant. Surtout pour un enfant. » Après des jours et des jours de marche dans le désert il arrive en Éthiopie dans le camp de Pinyudo: au début les conditions sont très dures car ils n'ont rien, mais l'ONU va aider le camp, il y aura bientôt une école... Malheureusement, trois ans plus tard, le gouvernement éthiopien est renversé et les Soudanais sont chassés, ils doivent repasser la frontière, c'est une nouvelle longue marche vers le Kenya et le camp de Kakuma. Valentino y restera dix ans, il continue a étudier et espère pouvoir partir aux États-Unis.

Le titre de ce livre est mystérieux, il vient de d'une légende qui lui a été racontée quand il était petit :
« Lorsque Dieu a créé la terre, il nous fit d'abord, nous le peuple des Monyjang. Il fit du premier homme la plus grande et la plus forte créature de la terre. Il lui donna une femme magnifique, la plus belle sur terre. Quand Dieu en eut terminé et que les Monyjang furent sur terre à attendre ses instructions, Dieu s'adressa à l'homme : « Maintenant que tu es là, sur la plus sacrée et la plus fertile des terres je peux te donner encore une chose. Une créature : une vache. Dieu donna donc à l'homme le bétail, un troupeau magnifique, exactement comme le souhaitaient les Monyjang. L'homme et la femme l'ont remercié du cadeau : ils savaient que les bêtes leur procureraient du lait et de la viande ainsi que la prospérité. Mais Dieu n'en n'avait pas fini. Il ajouta : « Choisis entre ce troupeau, qui est mon cadeau, et le Grand Quoi. »Le premier homme leva la tête vers Dieu et demanda ce que pouvait bien être ce grand Quoi. Dieu répondit à l'homme : « je ne peux pas te le dire mais il faut que tu choisisses entre le bétail et le Quoi ». L'homme et la femme avaient le troupeau sous les yeux. Ils savaient qu'avec ces bêtes il vivraient bien. Que pouvaient-ils espérer de plus ? L'homme et la femme trouvaient stupide d'abandonner ce troupeau pour le Quoi. L'homme opta pour le bétail. Dieu testait l'homme pour voir s'il se rendait compte de qui lui avait été donné, s'il savait se satisfaire de cette générosité plutôt que de l'échanger avec une énigme. »

Qu'est ce que le grand Quoi ? et Quel sera le destin de Valentino ?, ces questions vont le hanter tout au long du roman.

 J'ai eu du mal à en entrer dans ce livre durant les 150 premières pages, j'étais gênée par les perpétuels allers-retours entre le présent aux États-Unis et le passé au Soudan puis en Éthiopie et au Kenya. Ensuite, le récit du passé en Afrique m'a passionnée car je ne connaissais rien de la guerre civile au Soudan, dans les informations on nous parlait du Darfour... Mais ce conflit est d'actualité puisque le Sud-Soudan doit accéder à l'indépendance vis-à-vis de la République du Soudan le 9 juillet 2011 (à la suite d'un référendum d'autodétermination qui a eu lieu du 9 au 15 janvier 2011). Valentino Achak Deng est très attachant, il a un courage fou, malgré tous les malheurs du monde dont il est une des victimes, il se relève avec obstination et sagesse pour aller de l'avant, pour aider les autres.

Le grand Quoi a reçu le prix Médicis étranger 2009 et les droits de ce livre sont reversés à la Fondation Valentino Achak Deng, qui distribue des fonds aux réfugiés soudanais d’Amérique, qui finance la reconstruction du Sud-Soudan, en particulier Marial Bai.
Il existe le site www.valentinoachakdeng.com

Un grand merci à Livraddict et aux éditions Folio pour m'avoir permis de découvrir ce témoignage très fort et très poignant sur les "Enfants perdus" du Soudan.

Extrait : (Préface)
Ce livre est le récit romancé de ma vie : depuis le moment où j’ai été séparé de ma famille à Marial Bai, jusqu’aux treize années passées dans des camps de réfugiés en Éthiopie et au Kenya, et à ma rencontre avec les foisonnantes cultures occidentales, à Atlanta et ailleurs.

En le lisant, vous en saurez davantage sur les deux millions et demi de personnes qui ont péri pendant la guerre civile soudaine. Je n’étais qu’un gamin quand le conflit a éclaté. Individu sans défense, j’ai survécu en parcourant à pied des territoires désolés, subissant les bombardements de l’aviation soudanaise, évitant les mines, traqué par les bêtes sauvages et des tueurs. Je me suis nourri de fruits, de racines, de feuilles inconnus, j'ai goûté aux carcasses d'animaux et je suis resté parfois plusieurs jours sans manger. J'ai vécu des épreuves inimaginables. Je me suis haï et j'ai essayé de mettre fin à mes jours. Beaucoup de mes amis et des milliers de mes compatriotes n'ont pas survécu.

Ce livre est né de mon désir et de celui de l'auteur de transmettre aux lecteurs, pour les aider à comprendre, les atrocités commises par les autorités soudanaises avant et pendant la guerre civile. Dans ce but, au cours de ces dernières années, j'ai raconté mon histoire à l'auteur. S'appuyant sur mon récit oral et utilisant comme trame les principaux épisodes de mon existence, il en a tiré ce roman. On peut le qualifier ainsi car de nombreux passages relèvent de la fiction. Ce livre ne prétend pas raconter l'histoire de la guerre civile au Soudan, ni celle du peuple soudanais ou de mes frères d'infortunes, plus connus sous le surnom d'Enfants perdus : juste l'histoire d'un homme, narrée de façon subjective. Et même si elle est romancée, je précise que le monde que j'ai connu est de celui que dépeignent ces pages. Nous vivons une époque où les situations effrayantes relatées ici pourraient se reproduire ; de fait, la plupart se sont reproduites.

Même aux heures les plus sombres, je pensais qu'un jour viendrait où je partagerais mes expériences avec vous, lecteurs, pour éviter que ces atrocités ne se répètent. Ce livre est une forme de combat ; une façon de rester vigilant et de poursuivre la lutte. Lutter pour renforcer ma foi, mon espoir et ma croyance en l'humanité. Merci de lire ce livre. Et que Dieu vous garde.

Valentino Achak Deng
Atlanta, 2006

6 mars 2011

L’homme de Kaboul - Cédric Bannel

Lu en partenariat avec Canalblog et les Éditions Robert Laffont

l_homme_de_Kaboul Robert Laffont – mars 2011 - 396 pages

Quatrième de couverture : 
Quand Oussama Kandar, chef de la brigade criminelle de Kaboul, ancien héros de guerre contre les Russes et les talibans, découvre le cadavre de Wali Wadi, il n'imagine pas déclencher l'une de ces séries de minuscules événements qui se terminent en raz de marée. D'après Oussama, l'homme qui gît au milieu de son magnifique salon, une balle dans la tête, ne peut en aucun cas s'être suicidé, comme l'affirme le ministre de la Sécurité. Profondément intègre, opposé à la corruption qui gangrène son pays, Oussama croit en la justice. Par fidélité à ses principes, il refuse de classer l'affaire. Au contraire, en compagnie de ses fidèles adjoints, il s'acharne à remonter les pistes, à exhumer les vérités travesties. Dès lors, il est l'homme à abattre. Autour de lui, la violence se déchaîne. A l'autre bout du monde, en Suisse, le jeune Nick, analyste dans les services secrets, est lancé sur la piste d'un fugitif, dirigeant d'une entreprise très opaque aux ramifications internationales. L'homme s'est volatilisé avec un rapport secret qui paraît affoler plusieurs gouvernements.

Auteur : Cédric Bannel a commencé sa carrière à Bercy au service de contrôle des investissements étrangers en France et s’est occupé entre autres des sanctions financières contre la Libye et l’Irak, avant d’entamer une carrière de diplomate comme Attaché financier à Londres.
Il a ensuite quitté l’administration pour se lancer dans l’Internet, où il a fondé et dirigé plusieurs "start up", dont CanalBlog dont il est le PDG. Il pratique les arts martiaux à haut niveau depuis plus de 30 ans.
Il est l’auteur de 3 romans policiers, Le Huitième Fléau (1999), la Menace Mercure (2001) et Elixir (2004), tous les trois traduits dans de nombreuses langues.
Cédric Bannel est le père d’une petite fille de 6 ans.

Mon avis : (lu en mars 2011)
J'ai accepté de lire ce livre dans le cadre du Concours « L’homme de Kaboul » organisé par les Éditions Robert Laffont.
Il s'agit d'un roman d'espionnage dont l'essentiel de l'action se déroule en Afghanistan.
Oussama Kandar est le chef de la brigade criminelle de Kaboul, il est respecté car c'est aussi un ancien héros de guerre contre les Russes puis contre les talibans. Il est très surpris d'être appelé pour un suicide car en Afganistan, « Ceux qui parvenaient à échapper aux attentats, aux gangs, aux règlements de comptes, aux crimes familiaux et aux fatwas lancées par les talibans étaient assez peu portés sur le suicide. » Autre surprise, le ministre de la Sécurité est déjà sur place. Le Qomaandaan Oussama Kanda est vite convaincu que Wali Wadi, l'homme suicidé, a été assassiné. Très intègre et totalement opposé àla corruption, il refuse de classer l'affaire et au péril de sa vie et de celle de ses collaborateurs, il va tout mettre en œuvre pour résoudre cette enquête.
En parallèle, en Suisse, un homme d'affaire est traqué par une police secrète l'Entité car il est en possession d'un rapport confidentiel. Nick, un jeune analyste très intelligent,se lance sur sa piste sans imaginer le réel enjeu du fameux dossier Mandrake.
Bien sûr, ces deux histoires sont liées mais je n'en dévoilerai pas plus car ce livre captivant est plein de suspense, de rebondissements... 

Ce thriller est aussi l'occasion pour le lecteur de découvrir l'Afghanistan, un pays complexe mais également fascinant. L'auteur s'est très bien documenté et il décrit avec beaucoup de précision les conditions de vie, la guerre, les traditions, la culture, la religion sans oublier Kaboul et les superbes montagnes d'Afghanistan.
Plusieurs personnages sont très intéressants, en premier lieu Oussama Kandar le policier intègre, musulman pratiquant mais tolérant, sa femme Malalai, gynécologue qui se révolte discrètement contre la soumission imposée aux femmes. Il y a aussi le Mollah Bakir qui sera un allié surprenant de Kandar durant son enquête. Il imagine l'Afghanistan comme un état taliban moderne, il refuse intégrisme et les violences de l'état actuel.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre qui à travers une histoire d'espionnage captivante et haletante nous permet de faire sans aucun risque un beau voyage en Afghanistan. J'ai été très intéressée de découvrir la vie quotidienne afghane avec des valeurs et des repères si différents que ceux que nous avons nous occidentaux.

Merci à Canalblog et aux Éditions Robert Laffont pour m'avoir permis de découvrir ce livre.

Allez voir également le blog dédié au livre et les nombreux avis autour de ce livre

Extrait : (début du livre)

- A quoi pensais-tu en appuyant sur la détente ? Demanda Oussama.
- A appuyer sur la détente.
- Tu avais conscience que, au lieu de punir seulement l'homme que tu visais, tes balles risquaient de décimer toute une famille ? Les deux femmes d'Abdul sont décédées avec lui. Ses huit enfants sont à l'hôpital, dont deux entre la vie et la mort.
- Ce salaud d'Abdul, il m'a volé tout mon stock de tissu, tenta de plaider le prisonnier. Huit mille afghanis !

Oussama Kandar, commandant en chef de la brigade criminelle de Kaboul, se leva brusquement, en proie à un accès de colère. Solidement attaché à sa chaise par des menottes, le prisonnier eut un mouvement de crainte qui manqua de le faire tomber. Oussama n'y prêta pas attention. Il y avait bien longtemps qu'il avait cessé de remarquer les réactions que son physique hors norme provoquait. Âgé d'un peu plus de cinquante ans, Oussama mesurait deux mètres. Sec (il pesait à peine quatre-vingt-dix kilos), il en imposait avec sa barbe veinée de gris, taillé court, ses cheveux ras. Ses yeux d'un vert métallique hypnotisaient ses adversaires.
- Tu es un crétin et un meurtrier ! Tu as tiré sur toute une famille à la kalachnikov, pendant qu'elle déjeunait tranquillement. Tout ça pour un stock de tissu. Tu te rends compte, au moins, du mal que tu as fait ? Pour rien !
- Pas pour rien. Il m'avait volé pour huit mille afghanis, répéta le prisonnier, buté.

Oussama secoua la tête, dégoûté. La plupart des meurtres commis dans la capitale l'étaient à la kalachnikov, souvent à la suite de dettes non remboursées ou de vols, quand il ne s'agissait pas de meurtres d'honneur. Les coupables ignoraient que la pendaison les attendaient au bout du chemin. Renonçant à discuter avec un prisonnier aussi stupide, il s'apprêtait à appeler un de ses adjoints afin que ce dernier le remplace pour la suite de l'audition lorsqu'un planton entra dans son bureau. Jeune, les yeux bridés typique d'un Hazara. Une large cicatrice barrait sa joue gauche.

- Qomaandaan, on nous signale que le ministre de la Sécurité vient d'arriver sur les lieux d'un suicide.
- Un attentat suicide, veux-tu dire ?
- Na, un vrai suicide.
Surpris, Oussama dévisagea le policier. Le taux de mortalité à Kaboul étant l'un des plus élevés au monde, il ne chômait pas, mais les suicides étaient rares. Ceux qui parvenaient à échapper aux attentats, aux gangs, aux règlements de comptes, aux crimes familiaux et aux fatwas lancées par les talibans étaient assez peu portés sur le suicide. En Afganistan, chaque jour vécu en un seul morceau était un don de Dieu.

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Géographie"

10 février 2011

La vierge froide et autres racontars - Jorn Riel , Gwen de Bonneval , Hervé Tanquerelle

La_vierge_froide_et_autres Éditions Sarbacane – octobre 2009 – 120 pages

Quatrième de couverture :
De son séjour dans les années 50 chez les trappeurs du Groenland,
Jørn Riel a rapporté ses désormais célèbres racontars.
Un racontar, « c’est une histoire vraie qui pourrait passer pour un mensonge.
A moins que ce ne soit l’inverse » explique-t-il, plein de malice.
Il ajoute - modestement - qu'il s'est contenté de rapporter, endossant le rôle de conteur et de passeur.
Rôle qu'assument à leur tour Hervé Tanquerelle et Gwen de Bonneval en adaptant ces fabuleux récits en bande dessinée, où le burlesque et l'absurde se mêlent à la poésie et l'aventure.

Auteurs :
Jørn Riel est un écrivain danois, né en 1931. Jørn Riel s'est engagé en 1950 dans une expédition scientifique pour le nord-est du Groenland, où il passera seize années, notamment sur une base d'étude de l'île d'Ella. De ce séjour, il tirera le versant arctique de son œuvre littéraire, dont la dizaine de volumes des Racontars arctiques, ou la trilogie Le Chant pour celui qui désire vivre. Dans ces romans, dédiés à son ami Paul-Émile Victor, Jørn Riel s'attache à raconter la vie des populations du Groenland. Il reçoit en 2010 le Grand Prix de l'Académie danoise pour l'ensemble de son œuvre. Il vit actuellement en Malaisie.

Gwen de Bonneval est né le 9 janvier 1973 à Nantes. Après quelques dessins publiés dans la presse, il monte avec deux autres personnes une boîte de communication, expérience qui durera 3 ans. Puis il redevient indépendant, travaille également pour la jeunesse via le journal de Mickey ou Spirou. Mais c'est véritablement après son entrée à l'atelier des Vosges qu'il se consacre plus assidûment à la BD. C'est à cette période qu'il rencontre Fabien Vehlmann avec lequel il réalise Les Aventures de Samedi et Dimanche chez Dargaud. En parallèle, il dessine deux pages mensuelles pour un périodique de Nathan, et très vite propose une nouvelle série aux éditions Delcourt. Basile Bonjour est la transposition littérale de notre monde contemporain au sein de l'école.

Hervé Tanquerelle, né le 9 août 1972 à Nantes, est un dessinateur de bandes dessinées. Il intègre l’école Émile Cohl de Lyon et a comme professeur Yves Got, dessinateur du Baron Noir scénarisé par René Pétillon. C'est en 1998 que sort son premier livre, La Ballade du Petit Pendu, chez l'Association. Il participe au recueil Comix 2000. Suit une collaboration avec Hubert sur la série Le Legs de l'Alchimiste dont il fera les trois premiers tomes. Joann Sfar le repère et lui cède la partie graphique de la série Professeur Bell à partir du troisième album de la série jusqu'au cinquième actuellement. Contributeur régulier dans le mensuel Capsule Cosmique, il y crée le personnage de Tête Noire, petit catcheur mexicain qui se bat contre des monstres idiots. Shakabam est le premier album de la série Tête Noire. Il fut un des dessinateurs réguliers de Lucha Libre dans lequel il dessina Melindez et les Luchadoritos, série de gags en une page sur scénario de Jerry Frissen.

Mon avis : (lu en février 2011)
J'avais déjà lu le livre de Jørn Riel avant l'existence de mon blog et j'ai beaucoup aimé les redécouvrir en BD. Ces racontars sont des récits qui ont pour source les souvenirs personnels de Riel, qui a passé 16 ans au Groenland.
On est plongé dans l'atmosphère froide du Groenland, on découvre la solitude des trappeurs vivant à deux ou trois dans des cabanes avec comme seule horizon la neige, les soirées bien arrosées qui permettent de supporter la longue nuit polaire.
Tout au long des différents racontars, on découvre différents personnages incroyables et haut en couleurs qui nous deviennent familiers au fil des pages. Il y a Valfred, Anton, Herbert, William le Noir, Mad Madsen, Lodvig, Bjørken...
En page de garde, une carte bien utile, nous permet de situer les différents campements et les trappeurs.

Sous forme de Bandes Dessinées les racontars sont très plaisants à découvrir, l'adaptation est une réussite qui sublime l'atmosphère de l'œuvre de Jørn Riel. C'est poétique, burlesque, drôle, insolite, décalé, cocasse, parfois philosophique ou émouvant... A découvrir sans hésiter !
J'ai dans ma PAL (cadeau d'un Swap), « Un safari arctique » en livre de poche qui est la suite de « La Vierge froide et autres racontars », il va falloir que je le lise pour retrouver la suite des aventures des trappeurs du Groenland.

Extraits :

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Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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10 octobre 2010

Le garçon en pyjama rayé - John Boyne

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Lu dans le cadre du Challenge Lunettes noires sur Pages blanches 

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Folio Junior – août 2003 – 202 pagestraduit de l'anglais par Catherine Gibert

Gallimard jeunesse – août 2009 – 186 pages

Quatrième de couverture :
Vous ne trouverez pas ici le résumé de ce livre. On dira simplement qu'il s'agit de l'histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l'autre côté d'une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devraient pas exister.

Auteur : John Boyne est né à Dublin en Irlande le 30 avril 1971. Il a suivi des études de littérature anglaise au Collège de Trinité, puis il a suivi le cours d'écriture de l'université d'East Anglia. Vers l'âge de 20 ans, il commence à écrire des nouvelles, dont certaines paraissent dans la presse (Sunday Tribune,…). Il a écrit plusieurs romans. Son premier ouvrage qui était destiné à la jeunesse, "The Thief of Time", a été publié en 2000. "Le garçon en pyjama rayé" est son quatrième roman. Ce livre fut traduit dans plus de vingt langues et couronné de nombreux prix et le livre a été adapté à l'écran par le réalisateur Mark Herman.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
C'est à travers le regard de Bruno un garçon de neuf ans naïf et innocent, fils du SS commandant du camp d'Auschwitz, nous découvrons les horreurs de la guerre et de la solution final.
Bruno n'est pas content de quitter sa belle maison de Berlin et tous ses copains. Mais son père un officier nazi a eu une promotion grâce au « Fourreur », il va devenir le commandant « d'Hoche-Vite ». Il va maintenant habiter une maison triste et isolée. De sa chambre, il aperçoit des hommes, des femmes et des enfants, tous vêtus de pyjamas rayés. Mais personne ne veut lui répondre à ses questions, il va donc quitter la maison en douce et traverser la forêt pour atteindre le camp et voir par lui même. Lorsqu’il arrive devant le grillage, il aperçoit un garçon assis, tête baissée, juste en face de lui, derrière les fils barbelés électrifiés. Bruno se lie d'amitié avec Schmuel, un jeune garçon de son âge qui porte un pyjama rayé et vit de l'autre côté de la clôture. Jour après jours, Bruno retourne voir son nouvel ami et peu à peu il comprend ce qui se passe au sein du camp. Et un jour, Bruno franchit la clôture pour aider Schmuel à chercher son père qui a disparu du camp, comme son grand-père avant lui...

Une histoire à la fois belle, triste et émouvante. A lire et à faire lire.
Ce roman s'adresse à un public large, des enfants de plus de douze ans aux adultes.

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Le Film : Le Garçon au pyjama rayé (The Boy in the Striped Pyjamas) est un film anglo-américain réalisé par Mark Herman en 2008, d'après le roman de l'écrivain irlandais John Boyne. Avec comme acteurs : Asa Butterfield , Vera Farmiga, David Thewlis, Jack Scanlon, David Hayman...
L'adaptation est très proche du livre, les acteurs sont formidables en particulier les deux petits garçons qui jouent Bruno et Shmuel. Seule différence, l'impact de la fin de l'histoire : pour le film, elle est frappante, brutale et sans équivoque, dans le livre, elle est seulement suggérée, la façon dont elle est racontée paraît plus « soft » même si elle est la même.
Un film bouleversant et magnifique.

Extrait : (page 51)
- Qui sont ces gens dehors? finit-il par dire.
Père pencha la tête de côté, un peu embarrassé par la question.
- Des soldats, Bruno. Des secrétaires. Du personnel. Tu en as déjà vu.
- Non, pas ceux là, dit-il. Les gens que je vois de ma fenêtre, dans les baraques, au loin. Ils sont tous habillés pareils.
- Ah, ceux-là, dit Père en hochant la tête, avec un léger sourire. Ces gens.... ce ne sont pas des gens, Bruno.
Bruno fronça les sourcils.
- Ce ne sont pas des gens? demanda t-il, doutant de ce que Père voulait dire.
- Du moins, pas comme nous l'entendons, poursuivit Père. Mais pour l'instant, tu ne devrais pas t'en occuper. Ils n'ont rien à voir avec toi. Et tu n'as absolument rien en commun avec eux. Contente-toi de t'installer dans ta nouvelle maison et de bien te conduire, c'est tout ce que je demande. Accepte la situation et tout ira mieux.
- Oui, Père, dit Bruno que la réponse ne satisfaisait pas.
Il ouvrit la porte, mais Père le rappela. Il était debout, le sourcil relevé, comme pour signifier à Bruno qu'il avait oublié quelque chose. Cette chose lui revint à l'esprit dès que Père la lui suggéra. Alors il prononça la formule consacrée et fit exactement les mêmes gestes que lui.
Il ramena les pieds l'un contre l'autre, tendit le bras droit en l'air, fit claquer ses talons et dit les mots de circonstance à prononcer chaque fois qu'il prenait congé d'un soldat, d'une voix grave et claire (aussi ressemblante que possible à celle de Père).
- Heil Hitler, lança t-il, supposant que c'était une autre façon de dire : "Au revoir. Et bon après midi."

2 août 2010

Black Bazar - Alain Mabankou

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Seuil - Janvier 2009 – 246 pages

Points – février 2010 – 264 pages

Quatrième de couverture :
Parce que le derrière des femmes n'a pas de secrets pour lui, ses copains le surnomment le "fessologue". Au Jip's, le bar où il a ses habitudes, plus rien n'amuse ce dandy congolais, déprimé par un chagrin d'amour. Un jour, déambulant dans Paris, sa curiosité est attisée par une librairie bondée. Il y croisera Jean-Philippe, un écrivain haïtien venu signer ses livres, et qui va bouleverser sa vie...

Auteur : Alain Mabanckou est né en 1966 au Congo-Brazzaville. Professeur de littérature francophone à l'université de Californie-Los Angeles (UCLA), il est notamment l'auteur de Verre Cassé et de Mémoires de porc-épic (prix Renaudot 2006).

Mon avis : (lu en juillet 2010)
Le héros de Black Bazar est un dandy africain, spécialiste de la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes), il aime les cols italiens et des chaussures Weston. Suite à un chagrin d'amour, il se découvre une vocation d'écrivain. Il nous raconte le monde qui l'entoure, un "quartier africain" à Paris à travers une galerie de personnages typiques : l'Arabe du coin, l'Antillais métis qui se croit blanc, Jean-Philippe l'écrivain haïtien dragueur, sans oublier les piliers de bar du Jip's... C'est drôle, c'est vivant et cela révèle également une vrai réflexion sur la colonisation et l'immigration. Avec une écriture à la fois naïve et truculente, le lecteur est plongé dans un monde Afro-parisien haut en couleur et réjouissant.

Extrait : (page 39)
Du temps où ma compagne et notre fille vivaient encore ici, monsieur Hippocrate nous guettait déjà à travers son judas dès qu'il y avait du bruit sur le palier. Je le savais, parce que je pouvais l'entendre avancer à pas de chat, retenir sa respiration de batracien derrière la porte. Et quand notre fille était née, il voulait savoir si j'avais des triplés et non un seul bébé parce qu'un seul enfant ne pouvait pas piailler comme toute une école maternelle. Et il est allé larmoyer auprès de notre propriétaire commun qu'il y avait des groupuscules d'Africains qui semaient la zizanie dans l'immeuble, qui avaient transformé les lieux en une capitale des tropiques, qui égorgeaient des coqs à cinq heures du matin pour recueillir leur sang, qui jouaient du tam-tam la nuit pour envoyer des messages codés à leurs génies de la brousse et jeter un mauvais sort à la France. Qu'il fallait renvoyer ces Y'a bon Banania chez eux sinon lui il ne paierait plus son loyer et ses impôts, qu'il irait faire une déposition au commissariat de la police du quartier, et que ces immigrés auraient droit à un aller-simple dans un charter même si c'est le contribuable français qui devait payer les frais de ce retour au pays natal.

J'accepte tout ça. Je n'ai rien à rajouter sur les élucubrations parce qu'on nous a toujours appris au pays qu'il faut respecter les aînés, surtout lorsqu'ils ont des cheveux gris comme c'est le cas pour monsieur Hippocrate. Je lui rappelle chaque fois que je suis d'accord avec lui, que si les nègres ont le nez épaté c'est simplement pour porter des lunettes et que l'homme noir ne vit pas seulement de pain, mais aussi de patates douces et de bananes plantains.
Et comme je ne suis pas du genre à chercher noise à qui que ce soit je me suis dit qu'il faut que je déménage d'ici. Contrairement à mon ex qui n'aimait pas la banlieue, je suis prêt à aller y habiter, mais pas à retourner dans le studio de Château-d'Eau où je vivais avant avec plusieurs de mes compatriotes. Dans la vie il ne faut jamais retourner à la case départ.
J'ai visité plusieurs studios dans le quartier. Rien à faire. Il me faut de bonnes fiches de paie, mais je travaille à mi-temps depuis que mon ex est partie, et je ne sais pas comment je vais réussir à quitter ces lieux.
Je ne parle plus à monsieur Hippocrate. Je m'arrange pour rentrer quant il dort déjà. Et lorsqu'on se croise sur le palier ou dans le local des poubelles, on se défie du regard. Lui il crache par terre et hurle :
- Espèce de Congolais ! Ta femme est partie ! Retourne chez toi !
Si j'étais vraiment méchant comme lui il y a bien longtemps que je lui aurais aussi lancé :
- Espèce de Martiniquais ! Retourne chez toi !
 

28 décembre 2008

Un lieu incertain – Fred Vargas

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Viviane Hamy - juin 2008 - 390 pages.

J'ai lu - octobre 2010 - 381 pages

Résumé :
Adamsberg part pour trois jours de colloque à Londres. Estalère, le jeune brigadier, et Danglard - terrorisé à l’idée de passer sous la Manche - sont du voyage. Tout devait se passer de manière aérienne et décontractée, mais un événement macabre alerte leur collègue de New Scotland Yard, Radstock.
Clyde-Fox, un original local, lui parle du vieux cimetière de Highgate. Des chaussures - avec des pieds dedans - font face au cimetière, « un des cimetières romantiques les plus baroques de l’Occident », un lieu macabre, gothique, unique.
Tandis que l’enquête anglaise commence, les français rentrent au pays, et se retrouvent confronté à un horrible massacre dans un pavillon de banlieue.
De fil en aiguille, Adamsberg, avec l’aide de Danglard, remonte une piste de vampires, et de tueurs de vampires, jusqu’en Serbie.
Le commissaire est au centre du roman, dans tous les sens du terme. La Boule se trouve presque un rival, Danglard est à deux doigts de tomber amoureux, Retancourt est toujours aussi efficace, mais la brigade n’est plus aussi sure qu’avant.

Auteur : Fred Vargas est née à Paris en 1957. Fred est le diminutif de Frédérique. Vargas est son nom de plume pour les romans policiers. Pendant toute sa scolarité, Fred Vargas ne cesse d'effectuer des fouilles archéologiques. Après le bac, elle choisit de faire des études d'histoire. Elle s'intéresse à la préhistoire, puis choisit de concentrer ses efforts sur le Moyen Âge. Elle a débuté sa « carrière » d'écrivain de roman policier par un coup de maître. Son premier roman Les Jeux de l'amour et de la mort, sélectionné sur manuscrit, reçut le Prix du roman policier du Festival de Cognac en 1986 et fut donc publié aux éditions du Masque. Depuis elle a écrit : Un lieu incertain (2008), Dans les bois éternels (2006), Sous les vents de Neptune (2004), Coule la Seine (2002), Pars vite et reviens tard (2001), Petit traité de toutes vérités sur l'existence (2001), Les quatre fleuves (en collaboration avec Edmond Baudoin) (2000), L'homme à l'envers (1999), Sans feu ni lieu (1997), Un peu plus loin sur la droite (1996), Debout les morts (1995), Ceux qui vont mourir te saluent (1994), L'homme aux cercles bleus (1992)

 

Mon avis : (lu en août 2008)
J'ai retrouvé avec joie Adamsberg, Danglard, Retancourt, Estalère, Mordent, la Boule, Clémentine, tous les personnages déjà cultes de l'univers de Fred Vargas. Cette histoire nous emmène de Paris en Serbie en passant par Londres, mais cette histoire est aussi un peu tortueuse et parfois confuse, on ne retrouve pas le rythme des livres précédents. J'ai donc été un peu déçue. Je n'ai pas aimé le côté « fantastique » du roman.

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Une adaptation à la télévision de ce roman a été faite par José Dayan et diffusée le 12 novembre  2010. C'est le cinquième téléfilm de la série Collection Fred Vargas.
La distribution : Jean-Hugues Anglade (Jean-Baptiste Adamsberg), Hélène Fillières (Camille Forestier), Charlotte Rampling (Mathilde Forestier), Pascal Greggory (Josselin), Jacques Spiesser (Adrien Danglard), Corinne Masiero (Violette Retancourt), David Atrakchi (Vlad), Karim Belkhadra (Noël), Carlo Brandt (Émile Feuillant), Olivier Claverie (Dr Lavoisier), Roland Copé (le médecin légiste), Hélène Coulon (la villageoise serbe), Christophe Craig (Radstock), Aymeric Demarigny (Estalère), Sylvie Granotier (Emma Carnot), Ivry Gitlis (Aranjdel), Anthony Henry (Tom), Julien Honoré (Armel Louvois),  Nino Kirtadze (Danica), Christopher King (Clyde Fox), Johan Leysen (Lucio), Christophe Lorcat (le steward), Wolfgang Pissors (Thalberg), Alan Rossett (le jardinier anglais), Vincent Tarot, Grégoire Souverain, Tristan de Saint Vincent, Thomas Souverain et Geoffroy de Saint Vincent (les enfants de Danglard)

Extrait : « Le commissaire Adamsberg savait repasser les chemises, sa mère lui avait appris à aplatir l’empiècement d’épaule et à lisser le tissu autour des boutons. Il débrancha le fer, rangea les vêtements dans la valise. Rasé, coiffé, il partait pour Londres, il n’y avait pas moyen de s’y soustraire.

Il déplaça sa chaise pour l’installer dans le carré de soleil de la cuisine. La pièce ouvrait sur trois côtés, il passait donc son temps à décaler son siège autour de la table ronde, suivant la lumière comme le lézard fait le tour du rocher. Adamsberg posa son bol de café côté est et s’assit dos à la chaleur.

Il était d’accord pour aller voir Londres, sentir si la Tamise avait la même odeur de linge moisi que la Seine, écouter comment piaillaient les mouettes. Il était possible que les mouettes piaillent différemment en anglais qu’en français. Mais ils ne lui en laisseraient pas le temps. Trois jours de colloque, dix conférences par session, six débats, une réception au ministère de l’Intérieur. Il y aurait plus d’une centaine de flics haut de gamme tassés dans ce grand hall, des flics et rien d’autre venus de vingt-trois pays pour optimiser la grande Europe policière et plus précisément pour “ harmoniser la gestion des flux migratoires ”. C’était le thème du colloque.

Directeur de la Brigade criminelle parisienne, Adamsberg devrait faire acte de présence mais il ne se faisait pas de souci. Sa participation serait légère, quasi aérienne, d’une part en raison de son hostilité à la “ gestion des flux ”, d’autre part parce qu’il n’avait jamais pu mémoriser un seul mot d’anglais. Il termina son café paisiblement, lisant le message que lui envoyait le commandant Danglard. Rdv dans 1 h 20 à l’enregistrement. Foutu tunnel. Ai pris veste convenable pour vous, avec crav. Adamsberg passa le pouce sur l’écran de son téléphone, effaçant ainsi l’anxiété de son adjoint comme on ôte la poussière d’un meuble. Danglard était mal adapté à la marche, à la course, pire encore aux voyages. Franchir la Manche par le tunnel le tourmentait autant que passer par-dessus en avion. Il n’aurait cependant laissé sa place à personne. Depuis trente ans, le commandant était rivé à l’élégance du vêtement britannique, sur laquelle il misait pour compenser son manque naturel d’allure.

À partir de cette option vitale, il avait étendu sa gratitude au reste du Royaume-Uni, faisant de lui le type même du Français anglophile, adepte de la grâce des manières, de la délicatesse, de l’humour discret. Sauf quand il laissait choir toute retenue, ce qui fait la différence entre le Français anglophile et l’Anglais véritable. De sorte, la perspective de séjourner à Londres le réjouissait, flux migratoire ou pas. Restait à franchir l’obstacle de ce foutu tunnel qu’il empruntait pour la première fois. Adamsberg rinça son bol, attrapa sa valise, se demandant quelle sorte de veste et de crav avait choisies pour lui le commandant Danglard. Son voisin, le vieux Lucio, frappait lourdement à la porte vitrée, l’ébranlant de son poing considérable. La guerre d’Espagne avait emporté son bras gauche quand il avait neuf ans, et il semblait que le membre droit avait grossi en conséquence pour concentrer en lui seul la dimension et la force de deux mains. Le visage collé aux carreaux, il appelait Adamsberg du regard, impérieux.

– Amène-toi, marmonna-t-il sur un ton de commandement. Pas moyen qu’elle les sorte, j’ai besoin de ton aide.

Adamsberg posa sa valise au-dehors, dans le petit jardin désordonné qu’il partageait avec le vieil Espagnol.

– Je pars trois jours pour Londres, Lucio. Je t’aiderai à mon retour.

– Trop tard, gronda le vieux.

Et quand Lucio grondait ainsi, sa voix roulant sur les “ r ”, il produisait un bruit si sourd qu’Adamsberg avait l’impression que le son sortait directement de la terre. Adamsberg souleva sa valise, l’esprit déjà projeté vers la gare du Nord.

– Qu’est-ce que tu ne peux pas sortir ? dit-il d’une voix lointaine en verrouillant sa porte.

– La chatte qui vit sous l’appentis. Tu savais qu’elle allait faire ses petits, non ?

– Je ne savais pas qu’il y avait une chatte sous l’appentis, et je m’en fous.

– Alors tu le sais maintenant. Et tu ne vas pas t’en foutre, hombre. Elle n’en a sorti que trois. Un est mort, et deux autres sont encore coincés, j’ai senti les têtes. Moi je pousse en massant et toi, tu extirpes. Gaffe, ne va pas serrer comme une brute quand tu les sors. Un chaton, ça te craque entre les doigts comme un biscuit sec.»

 

28 décembre 2008

Sous les vents de Neptune - Fred Vargas

sous_les_vents_de_neptune Viviane Hamy, avril 2004, 441 p.

Présentation de l'éditeur
Adamsberg et son équipe du ciat du 13e sont invités au Québec, à Hull-Gatineau pour: « Une formation de deux semaines ciblée sur le traitement des empreintes génétiques. »
La semaine qui précède leur départ, le commissaire tombe sur un entrefilet dans la presse: « Une jeune fille assassinée de trois coups de couteau à Schiltigheim », lorsqu’un malaise l’étreint brutalement. Par quatre fois, en une même journée et dans des circonstances différentes il va sentir « cette sensation de gêne l’enserrer, ce chat griffu lui sauter sur l’épaule. »
Au cours de la nuit, il décrypte les signes qui ont provoqué ses malaises. Ils le renvoient à la disparition de son frère, Raphael, après qu’il fut soupçonné du meurtre de son amie quelque trente ans auparavant. L’enquête qu’Adamsberg avait alors menée avait permis à son frère d’éviter la prison, mais non de l’innocenter puisqu’il n’avait pu fournir d’alibi et que le coupable n’avait pas été découvert.
« Cette fois, ses mains se mirent à trembler, cette fois son cœur s’accéléra. Rien de commun avec les quatre tornades qu’il avait subies, mais une émotion violente, de la stupéfaction et de la terreur. Le Trident.
A présent que l’alcool avait engourdi ses muscles et apaisé les battements de son cœur, il pouvait réfléchir, commencer, essayer. Tenter de regarder le monstre que l’évocation de Neptune avait, enfin, fait émerger de ses propres cavernes. Le clandestin, le terrible intrus. L’assassin invincible et altier qu’il nommait le Trident. L’imprenable tueur qui avait fait chanceler sa vie, trente ans plus tôt. Pendant quatorze années, il l’avait pourchassé, traqué, espérant chaque fois le saisir et sans cesse perdant sa proie mouvante. Courant, tombant, courant encore.
Et tombant. Il y avait laissé des illusions et, surtout, il y avait perdu son frère. Le Trident s’était montré beaucoup plus fort que lui, toujours. Un titan, un diable, un Poséïdon de l’enfer. Levant son arme à trois pointes et tuant d’un seul coup au ventre. Laissant derrière lui ses victimes empalées, marquées de trois trous rouges en ligne. »

Biographie : Fred Vargas est née à Paris en 1957. Fred est le diminutif de Frédérique. Vargas est son nom de plume pour les romans policiers. Pendant toute sa scolarité, Fred Vargas ne cesse d'effectuer des fouilles archéologiques. Après le bac, elle choisit de faire des études d'histoire. Elle s'intéresse à la préhistoire, puis choisit de concentrer ses efforts sur le Moyen Âge. Elle a débuté sa « carrière » d'écrivain de roman policier par un coup de maître. Son premier roman Les Jeux de l'amour et de la mort, sélectionné sur manuscrit, reçut le Prix du roman policier du Festival de Cognac en 1986 et fut donc publié aux éditions du Masque. Depuis elle a écrit : Un lieu incertain (2008), Dans les bois éternels (2006), Sous les vents de Neptune (2004), Coule la Seine (2002), Pars vite et reviens tard (2001), Petit traité de toutes vérités sur l'existence (2001), Les quatre fleuves (en collaboration avec Edmond Baudoin) (2000), L'homme à l'envers (1999), Sans feu ni lieu (1997), Un peu plus loin sur la droite (1996), Debout les morts (1995), Ceux qui vont mourir te saluent (1994), L'homme aux cercles bleus (1992)

Mon avis : Un très bon Vargas. Adamsberg part avec toute son équipe au Québec. Adamsberg se retrouve malgré lui au coeur de l'enquête. L'intrigue nous tient en haleine. Et l'écriture est toujours agréable.

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Un téléfilm réalisé par Josée Dayan avec Jean-Hugues Anglade (Commissaire Jean-Baptiste Adamsberg), Jeanne Moreau (Josette), Jacques Spiesser (Adrien Danglard), Hélène Fillières (Camille), Myriam Boyer (Clémentine), Rémy Girard (Surintendant Laliberté), Bernard Freyd (Brézillon), Ray Bouchard (Commandant Trabelmann), Vanessa Brown (La bibliothécaire), Germain Houde (Sanscartier) et diffusé sur France 2 en 2 épisodes les vendredi 15 et 22 février 2008 à 20h55.

Extrait : « Adossé au mur noir de la cave, Jean-Baptiste Adamsberg considérait l’énorme chaudière qui, l’avant-veille, avait stoppé toute forme d’activité. Un samedi 4 octobre alors que la température extérieure avait chuté aux alentours de 1°, sous un vent droit venu de l’Arctique. Incompétent, le commissaire examinait la calandre et les tuyauteries silencieuses, dans l’espoir que son regard bienveillant ranime l’énergie du dispositif, ou bien fasse apparaître le spécialiste qui devait venir et qui ne venait pas. Ce n’était pas qu’il fût sensible au froid ni que la situation lui fût désagréable. Au contraire, l’idée que, parfois, le vent du nord se propulsât directement sans escale ni déviation depuis la banquise jusqu’aux rues de Paris, 13e arrondissement, lui donnait la sensation de pouvoir accéder d’un seul pas à ces glaces lointaines, de pouvoir y marcher, y creuser quelque trou pour la chasse aux phoques. Il avait ajouté un gilet sous sa veste noire et, s’il n’avait tenu qu’à lui, il aurait attendu sans hâte la venue du réparateur tout en guettant l’apparition du museau du phoque. Mais à sa manière, le puissant engin terré dans les sous-sols participait pleinement à l’élucidation des affaires qui convergeaient à toute heure vers la Brigade criminelle, réchauffant les corps des trente-quatre radiateurs et des vingt-huit flics du bâtiment. Corps à présent engourdis par le froid, engoncés dans des anoraks, s’enroulant autour du distributeur à café, appliquant leurs mains gantées sur les gobelets blancs. Ou qui désertaient carrément les lieux pour les bars alentours. Les dossiers se pétrifiaient à la suite. Dossiers primordiaux, crimes de sang. Dont l’énorme chaudière n’avait que faire. Elle attendait, princière et tyrannique, qu’un homme de l’art voulût bien se déplacer pour se mettre à ses pieds. En signe de bonne volonté, Adamsberg était donc descendu lui rendre un court et vain hommage et trouver là, surtout, un peu d’ombre et de silence, échapper aux plaintes de ses hommes. Ces lamentations, alors qu’on parvenait à maintenir une température de 10° dans les locaux, auguraient mal du stage ADN au Québec, où l’automne s’annonçait rude – moins 4° hier à Ottawa et de la neige, déjà, par-ci par-là. Deux semaines ciblées sur les empreintes génétiques, salive, sang, sueur, larmes, urine et excrétions diverses à présent capturés dans les circuits électroniques, triés et triturés, toutes liqueurs humaines devenues véritables engins de guerre de la criminologie. À huit jours du départ, les pensées d’Adamsberg avaient déjà décollé vers les forêts du Canada, immenses, lui disait-on, trouées de millions de lacs. Son adjoint Danglard lui avait rappelé en maugréant qu’il s’agissait de fixer des écrans et en aucun cas les surfaces des lacs. Cela faisait un an que le capitaine Danglard maugréait. Adamsberg savait pourquoi et il attendait patiemment que ce grondement s’estompe. Danglard ne rêvait pas aux lacs, priant chaque jour pour qu’une affaire brûlante cloue sur place la brigade entière. Depuis un mois, il ruminait son décès prochain au cours de l’explosion de l’appareil au-dessus de l’Atlantique. Cependant, depuis que le spécialiste qui devait venir ne venait pas, son humeur s’améliorait. Il misait sur cette panne impromptue de chaudière, espérant que ce coup de froid désamorcerait les fantasmes absurdes que faisaient naître les solitudes glacées du Canada.

Adamsberg posa sa main sur la calandre de la machine et sourit. Danglard aurait-il été capable de bousiller la chaudière, prévoyant par avance ses effets démobilisateurs ? De retarder l’arrivée du réparateur ? Oui, Danglard en était capable. Son intelligence fluide se glissait dans les mécanismes les plus étroits de l’esprit humain. À condition toutefois qu’ils se calent sur la raison et la logique, et c’est bien sur cette ligne de crête, entre raison et instinct, que, depuis des années, Adamsberg et son adjoint divergeaient diamétralement.

Le commissaire remonta l’escalier à vis et traversa la grande salle du rez-de-chaussée où les hommes évoluaient au ralenti, lourdes silhouettes épaissies par les écharpes et les pulls en surcharge. Sans qu’on en connaisse du tout la raison, on appelait cette pièce la Salle du Concile, en raison sans doute, pensait Adamsberg, des réunions collectives qui s’y déroulaient, des conciliations, ou bien des conciliabules. De même nommait-on la pièce attenante Salle du Chapitre, espace plus modeste où se tenaient les assemblées restreintes.

D’où cela venait-il, Adamsberg ne le savait pas. De Danglard probablement, dont la culture lui semblait parfois sans limite et presque toxique. Le capitaine était sujet à de brusques expulsions de savoir, aussi fréquentes qu’incontrôlables, un peu à la manière d’un cheval qui s’ébroue dans un frisson bruyant. Il suffisait d’un faible stimulus — un mot peu usité, une notion mal cernée —, pour que s’enclenche chez lui un développé érudit et pas nécessairement opportun, qu’un geste de la main permettait d’interrompre.

D’un signe négatif, Adamsberg fit comprendre aux visages qui se levaient sur son passage que la chaudière se refusait à donner signe de vie. Il gagna le bureau de Danglard qui achevaitles rapports urgents d’un air sombre, pour le cas désastreux où il devrait rejoindre le Labrador, sans même pouvoir l’atteindre, en raison de cette explosion au-dessus de l’Atlantique, suite à l’embrasement du réacteur gauche, encrassé par un vol d’étourneaux venu s’encastrer dans les turbines. Perspective qui, à son idée, l’autorisait pleinement à déboucher une bouteille de blanc avant six heures de l’après-midi. Adamsberg s’assit sur l’angle de la table. — Où en sommes-nous, Danglard, de l’affaire d’Hernoncourt ?

— En bouclage. Le vieux baron est passé aux aveux. Complets, limpides.

— Trop limpides, dit Adamsberg en repoussant le rapport et en attrapant le journal qui reposait proprement plié sur la table. Voilà un dîner de famille qui tourne à la boucherie, un vieil homme hésitant, empêtré dans ses mots. Et brusquement, il passe au limpide, sans transition ni clair-obscur. Non, Danglard, on ne signe pas cela.

Adamsberg tourna bruyamment une des pages du journal.

— Ce qui veut dire ? demanda Danglard.

— Qu’on reprend à la base. La baron nous promène. Il couvre quelqu’un et très probablement sa fille.

— Et la fille laisserait son père aller au casse-pipe ?

Adamsberg tourna une nouvelle feuille du journal. Danglard n’aimait pas que le commissaire lise son journal. Il le lui rendait froissé et démembré et il n’y avait rien à faire ensuite pour remettre le papier dans ses plis.

— Cela s’est vu, répondit Adamsberg. Traditions aristocratiques et, surtout, sentence bénigne pour un vieil homme affaibli. Je vous le répète, nous n’avons pas de clair-obscur et, cela, c’est impensable. La volte-face est trop nette et la vie n’est jamais si tranchée. Il y a donc tricherie, à un endroit ou à un autre.

Fatigué, Danglard ressentit la brusque envie d’attraper son rapport et de tout foutre en l’air. D’arracher aussi ce journal qu’Adamsberg déstructurait négligemment entre ses mains. Vrai ou faux, il serait contraint d’aller vérifier les foutus aveux du baron, au seul prétexte des molles intuitions du commissaire. Des intuitions qui, aux yeux de Danglard, s’apparentaient à une race primitive de mollusques apodes, sans pieds ni pattes ni haut ni bas, corps translucides flottant sous la surface des eaux, et qui exaspéraient voire dégoûtaient l’esprit précis et rigoureux du capitaine. Contraint d’aller vérifier car ces intuitions apodes se révélaient trop souvent exactes, par la grâce d’on ne sait quelle prescience qui défiait les logiques les plus raffinées. Prescience qui, de succès en succès, avait amené Adamsberg ici, sur cette table, à ce poste, chef incongru et rêveur de la Brigade criminelle du 13e. Prescience qu’Adamsberg déniait lui-même et qu’il appelait tout simplement les gens, la vie.

— Vous ne pouviez pas le dire plus tôt ? demanda Danglard. Avant que je ne tape tout ce rapport ?

— Je n’y ai songé que cette nuit, dit Adamsberg en fermant brusquement le journal. En pensant à Rembrandt. »

1 septembre 2012

L'Abyssin - Jean-Christophe Rufin

Challenge Destination Égypte : 1er septembre 2012
proposé par evertkhorus

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Le Livre du mois – janvier 1996 -

Gallimard – mars 1997 – 579 pages

Folio – janvier 1999 - 704 pages

Goncourt du premier roman 1997

Quatrième de couverture :
À l'origine de ce livre, un fait historique : Louis XIV, le Roi-Soleil, est entré en relation avec le plus ténébreux, le plus mythique des grands souverains de l'Orient, le Négus. L'Abyssin est le roman de cette fabuleuse ambassade. 
Jean-Baptiste Poncet, jeune médecin des pachas du Caire, sera, par une extraordinaire réunion de circonstances, le héros de cette épopée baroque et poétique à travers les déserts d'Égypte et du Sinaï, les montagnes d'Abyssinie, de la cour du Roi des Rois à celle de Versailles et retour.
Mais qu'on y prenne garde : derrière sa simplicité, sa tendresse, son humour, ce roman d'aventures recèle une fable tragique. Jean-Baptiste est l'homme qui, ayant découvert un nouvel empire et sa civilisation, fera tout pour déjouer les tentatives de ceux qui veulent le convertir : les jésuites, les capucins et tant d'autres. Grâce à lui, l'Éthiopie échappera à toute reconquête étrangère et gardera jusqu'à nos jours sa fierté et son mystère.
L'Abyssin, tout en empruntant sa langue à Diderot et son rythme à Dumas, est un roman bien actuel, une parabole sur la haine du fanatisme, la force de la liberté et la possibilité du bonheur.

Auteur : Jean-Christophe Rufin, né à Bourges dans le Cher le 28 juin 1952, est un médecin, historien, globe trotteur, écrivain et diplomate français. Il a été élu en 2008 à l'Académie française dont il est le plus jeune membre. Ancien président d'Action contre la faim, il a été ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie.

Mon avis : (lu en août 2012)
J'ai eu plutôt du mal à choisir un livre pour cette destination, j'ai finalement choisi le premier roman de Jean-Christophe Rufin L'Abyssin qui se déroule en partie en Égypte.

C'est à la fois une roman historique et un roman d'aventure. L’auteur s’est inspiré d’un fait historique : Louis XIV souhaitait rétablir un lien avec le souverain mythique d'Abyssinie, le Negus. L'histoire se déroule donc à la fin du 17ème siècle, en Egypte, Abyssinie et France. Jean-Baptiste Poncet, jeune médecin apothicaire français installé au Caire comme messager du Roi Louis XIV auprès du Négus, il doit échapper aux intrigues rivales entre jésuites et capucins, aux intrigues de Versailles et réussir sa mission pour envisager de pouvoir aimer Alix, la fille du consul… Les personnages sont attachants, et les péripéties de Jean-Baptiste Poncet nous tiennent en haleine tout au long de l'histoire.
J'ai beaucoup aimé l'écriture très agréable à lire de Jean-Christophe Rufin, auteur que je découvrais avec ce livre. Il sait faire de superbes descriptions de paysages qui sont pleines des couleurs et des odeurs de l'Orient, le lecteur ressent parfaitement la chaleur du soleil, les parfums des oasis et les bruits des villes trépidantes d'activités. Un très beau voyage en Egypte, en Ethiopie et dans le temps… 

A l'occasion, je lirai d'autres livres de cet auteur.

Extrait : (début du livre)
Le Roi-Soleil était défiguré. Certaine lèpre qui, dans les pays de l'Orient, corrompt les huiles, s'était introduite, jusque sous le vernis et s'y étalait de jour en jour. Louis XIV avait sur la joue gauche, celle que le peintre lui faisait tendre en majesté vers le spectateur, une grosse tache noirâtre, hideuse étoile qui projetait jusqu'à l'oreille ses filaments d'un brun rouillé. En y regardant bien, on remarquait aussi des auréoles sur le corps. Mais à l'exception de celles qui souillaient son bas, ces autres injures n'étaient pas aussi gênantes.
Le tableau ornait le consulat de France du Caire depuis trois ans. Il avait été exécuté dans son atelier parisien sous la surveillance de Hyacinthe Rigaud lui-même, auteur de l'original, puis expédié par bateau. Pour comble de malheur, ni au Caire ni dans d'autres échelles du Levant raisonnablement proches ne se comptait pour l'heure de peintre habile. Le consul, M. de Maillet, était placé devant un choix cruel : laisser voir à tous, dans la grande salle du bâtiment diplomatique, un portrait du Roi qui l'offensait gravement, ou y faire porter des mains inexpertes qui pouvaient le ruiner tout à fait. Le diplomate retourna cette considérable affaire dans sa tête pendant trois mois. Il prit finalement le parti de l'audace et osa la réparation.

D'autres lectures autour de l'Égypte : 

l_immeuble_Yacoubian L’immeuble Yacoubian – Alaa El Aswany Chicago Chicago – Alaa El Aswany 

les_cheveux_de_b_r_nice Les Cheveux de Bérénice - Denis Guedj taxi Taxi – Khaled Al Khamissi

 

Challenge Pavé de l'été
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 Lu dans le cadre du Challenge Défi Premier roman

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24 octobre 2017

Film : Au revoir là haut - Albert Dupontel

Date de sortie : 25 octobre 2017

196053 

Réalisé par : Albert Dupontel

d'après le livre de Pierre Lemaitre

Acteurs : Nahuel Perez Biscayart, Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Nils Arestrup, Emilie Dequenne, Mélanie Laurent, Héloïse Balster, Philippe Uchan

Durée : 1h57

Synopsis : Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l'un dessinateur de génie, l'autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l'entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire..

Mon avis : (vu le 18 octobre 2017)
J'ai eu l'occasion de lire déjà deux fois cette histoire... La première en version papier et en partie en version audio lu par Pierre Lemaitre lui-même et la seconde version en bande dessinée. C'est un livre coup de coeur et lorsque j'ai appris la sortie de l'adaptation au cinéma, j'avais très envie de la découvrir !

J'ai eu la chance d'être invitée à un avant-première, le 18 octobre, pour voir le film et suivie d'une rencontre avec l'auteur Pierre Lemaître.
Ce film est une adaptation fidèle et en même temps très libre du livre de Pierre Lemaitre, Prix Goncourt 2013.
Le film ne trahie aucunement l'histoire présente dans le livre. J'ai beaucoup aimé.
Albert Dupontel a privilégié les personnages d'Albert et Edouard qui sont deux rescapés de la Première Guerre Mondiale.  Le retour à la vie civile est difficile, rien n'a été prévu pour accueillir les survivants encore traumatisés. Albert était un petit employé comptable, il n'a plus rien, Edouard est un artiste devenu une « gueule cassée », il refuse de retourner dans sa famille et préfère se faire passer comme mort. Ayant échappé à la mort grâce à Edouard, Albert n'hésite pas à prendre en charge son compagnon. Leur amitié est forte et leur imagination créative pour arriver à gagner de quoi survivre. La présence de Louise, petite orpheline placée chez une voisine, va redonner à Edouard le goût de vivre et de dessiner.
Les reconstitutions historiques sont vraiment réussies. Dès le début du film, la plongée dans les tranchées et le champ de bataille est impressionnante et le fracas des bombes nous fait sursauter dans nos fauteuils de cinéma... Le Paris d'après-guerre est reconstitué avec beaucoup de soin et de détails.
Ce que j'ai préféré, ce sont les masques d'Edouard, très important dans l'histoire, qui lui redonnent des visages en fonction de son humeur ou de son état d'esprit. Ils sont très différents de ceux du livre, mais Albert Dupontel a eu l'idée de s'inspirer du talent de peintre d'Edouard et des peintres célèbres de l'époque pour lui faire créer des masques artistiquement sublimes.
Les acteurs sont également très bons, je ne connaissais pas Nahuel Perez Biscayart (Edouard), il arrive à s'exprimer presque uniquement par son regard c'est bluffant, les maladresses d'Albert Dupontel (Albert) sont touchantes et Laurent Laffite est un merveilleux méchant...
La rencontre avec Pierre Lemaitre à la fin la projection était très intéressante et vivante. 
Et en bonus, nous avons eu en cadeau la nouvelle édition au Livre de Poche d'Au revoir là-haut où en plus du texte on retrouve quelques images du film et une séquence du storyboard du film.

Merci Morgane et Gaumont pour cette bien belle soirée.

Bande Annonce :  

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107646979 Au revoir là-haut - Pierre Lemaitre et Christian de Meterre (BD)

 

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