31 juillet 2013

Challenge 1% Littéraire 2012 - Bilan

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Challenge 1% Littéraire 2012 organisé par Hérisson08, il s'agit de lire au moins 1% des 646 sorties littéraires prévues cet automne. Soit au moins 7 livres...  (fin du challenge 31 juillet  2013) 

livre n°1 : Comme dans un miroir - Gunnar Staalesen (Norvège)
livre n°2 : Home - Toni Morrison
livre n°3 : A découvert - Harlan Coben 
livre n°4 : La patiente – Jean-Philippe Mégnin 
livre n°5 : Bois sauvage – Jesmyn Ward
livre n°6 : Certaines n’avaient jamais vu la mer - Julie Otsuka 
livre n°7 : L'Embellie - Auður Ava Ólafsdóttir                                          1% réussi
livre n°8 : Une partie de chasse - Agnès Desarthe
livre n°9 : Réanimation - Cécile Guilbert
livre n°10 : La ville des serpents d’eau - Brigitte Aubert
livre n°11 : La Reine de la Baltique – Viveca Sten
livre n°12 : La nuit tombée – Antoine Choplin
livre n°13 : La vie sans fards - Maryse Condé
livre n°14 : La mer, le matin – Margaret Mazzantini                                  2% réussi
livre n°15 : Discordance - Anna Jörgensdotter
livre n°16 : Les lisières – Olivier Adam
livre n°17 : Freezing - Clea Koff 
livre n°18 : La déesse des petites victoires - Yannick Grannec 
livre n°19 : L'Amour sans le faire - Serge Joncourt 
livre n°20 : La faille souterraine et autres enquêtes - Henning Mankell
livre n°21 : Printemps barbare - Héctor Tobar                                         3% réussi
livre n°22 : Le cercle - Bernard Minier
livre n°23 : Les pays – Marie-Hélène Lafon
livre n°24 : Gains - Richard Powers 
livre n°25 : Furioso – Carin Bartosch Edström
livre n°26 : Les curieuses rencontres du Facteur Skogli - Levi Henriksen 
livre n°27 : La décapotable rouge - Louise Erdrich                  
livre n°28 : La réparation - Colombe Schneck                                          4% réussi
livre n°29 : Le jeu des ombres - Louise Erdrich 
livre n°30 : Les apparences – Gillian Flynn livre
livre n°31 : La vallée des masques - Tarun Tejpal 
livre n°32 :
 Lame de fond – Linda Lê 
livre n°33 : Notre force est infinie - Leymah Gbowee 
livre n°34 : Le terroriste noir – Tierno Monénembo 
livre n°35 : L'Ange du matin – Arni Thorarinsson                                     5% réussi
livre n°36 : La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert - Joël Dicker 
livre n°37 : Le monde à l'endroit - Ron Rash 
livre n°38 : Blanche-Neige doit mourir - Nele Neuhaus 
livre n°39 : La Villa des Térébinthes - Jean-Paul Malaval 
livre n°40 : Arrive un vagabond - Robert Goolrick 
livre n°41 : Dans le jardin de la bête - Erik Larson 
livre n°42 : Chambre avec vue sur la guerre – Edith Bouvier                      6% réussi
livre n°43 : En souvenir d'André - Martin Winkler 
livre n°44 : Complètement cramé ! - Gilles Legardinier

Une nouvelle édition commence fin août chez Hérisson 

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2013

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30 juillet 2013

Conflit de voisinage - Rafaële Rivais

Lu en partenariat avec Max Milo Editions

conflit_de_voisinage__1_ Max Milo Editions - juin 2013 - 188 pages

Quatrième de couverture : 
Elle se mit à guetter les allées et venues de sa voisine. Quand elle la savait prête à sortir de l’immeuble, elle préparait une bassine d’eau. Elle la vidait sur sa tête. Elle l’entendait avec jubilation remonter chez elle pour se changer. Lorsqu’elle l’apercevait dans la rue en train de rentrer chez elle avec sa poussette double et les petites dedans, elle bravait le flot des voitures pour arriver avant elle au pied de l’immeuble : elle maculait d’huile la poignée de la porte d’entrée.
Audrey Nichelong envie tellement sa voisine, Rachel Kubler, qu’elle lui fait vivre un enfer. Cette dernière, confrontée successivement à l’indifférence du bailleur social, de la police et de la justice, met de côté ses principes pour assurer sa sécurité et celle de sa famille …

Auteur : Rafaële Rivais est journaliste au Monde depuis vingt-cinq ans. Elle a longtemps vécu à Bruxelles avant de s’installer à Paris. Cette histoire s'inspire de faits réels.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
Un livre qui se lit très facilement. Dans ce livre, l'auteur dit s'être inspiré de faits réels pour écrire cette histoire. Les histoires de voisinage peuvent tourner au cauchemar... 
Audrey Nichelong est la voisine que personne ne voudrait avoir. Divorcée, mère de deux ados, sans travail fixe, fumant très souvent des pétards et recueillant des chats... Elle ne supporte aucun de ses voisins. Mais lorsque Rachel Kubler emménage dans l'appartement voisin avec ses jumelles et sa jeune fille au pair, Audrey va se déchaîner et utiliser tous les coups possible pour faire fuir la nouvelle occupante : les chats, ses enfants, lettre anonyme...  C'est la jalousie qui la pousse à agir comme cela...
Avec cette histoire où la tension monte peu à peu, l'auteur dénonce la difficulté de se faire aider pour une victime d'harcèlement. La police ne veut pas intervenir pour si peu, le bailleur ne veut pas de conflit donc refuse de prendre parti, la justice encombrée par trop de procédures, ne considère pas important ce genre de demandes. Une belle découverte.

Merci Flora et  Max Milo Editions pour m'avoir permis de découvrir cette histoire où l'humour adoucit un peu le côté angoissant de certaines situations.

Autres avis : Canel, Jostein, Cryssilda

Note : ♥♥♥♥

Extrait : (début du livre)
Audrey Nichelong aurait dû profiter de son jour chômé pour faire le ménage dans l'appartement : la crasse noircissait le carrelage de la salle de bains, la poussière faisait des moutons, et, surtout, son clic-clac sentait l'urine, le chat noir avait pissé dedans. Elle préféra refermer le canapé, s'y avachir et allumer un pétard. Elle aspira la fumée en fermant les yeux et la rejeta dans un grand soupir. Aussitôt s'envolèrent les soucis - le chèque sans provision, les frais qui engraissaient le banquier, les fugues de Kevin. Une deuxième taffe chassa les cauchemars de la nuit - cris de jouissance des gorets dans la cave, flammes de l'incendie qui la dévoraient. Elle tira encore sur le joint, et se sentit délivrée, insouciante. Une quatrième bouffée de cannabis la fit rêver d'un homme qu'elle aimait et qui l'aimait, et qui la comprenait. Elle se sentit apaisée, enfin...  
Elle ne bougeait plus, lèvres entrouvertes pour ce prince qui allait y déposer un baiser, quand elle fut arrachée à son extase par un bruit de manœuvre, côté rue. « C'est pas bientôt fini ce bordel ? » jura-t-elle, furieuse d'être ainsi rappelée à la réalité. Elle se leva pour aller voir, dans la cuisine, ce qui se passait. Un camion long de sept mètres était en train de se garer. Il était si haut que son toit atteignait sa fenêtre et lui bouchait la vue. « Putain, qu'est-ce que c'est que ce gros-cul ? ! » se demanda-t-elle, châtiant son expression, comme toujours. « Nom de Dieu ! Un camion de déménagement ! C'est pour qui ? » murmura-t-elle, cette fois inquiète.

 

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29 juillet 2013

C'est lundi que lisez-vous ? [135]

 BANNIR
(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

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Le canapé rouge - Michèle Lesbre 
Zalbac brothers - Karel de la Renaudière 
Une odeur de henné - Cécile Oumhani 

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Conflit de voisinage - Rafaële Rivais (Max Milo)
Nos étoiles contraires - John Green

Que lirai-je cette semaine ?

Un père en colère - Jean-Sébastien Hongre (Max Milo)
La cuisinière d'Himmler - Franz-Olivier Giesbert

Bonne semaine et bonnes lectures !

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27 juillet 2013

Une odeur de henné - Cécile Oumhani

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Editions Paris Méditerranée - septembre 1999 - 

Editions Elyzad - mai 2012 - 236 pages

Quatrième de couverture : 
Kenza est médecin dans un hôpital de campagne. Son père lui a transmis sa passion des livres. Depuis son enfance, Kenza se sent différente, en rien semblable à sa mère ou à ses camarades de classe. Habitée par un vif désir de connaissance, elle fait tout pour échapper aux conventions de son milieu. Aussi, quand ses parents lui annoncent qu'un jeune homme a demandé sa main, Kenza se révolte. Elle part pour Paris, loin de l'emprise de la tradition. Sans se douter que sa soif de liberté y sera aussi mise à l'épreuve...
Grâce à son écriture sensible, Cécile Oumhani donne vie à un personnage attachant qui se débat dans ses contradictions, vit intensément ses émotions, s'émancipe, mais à quel prix, et découvre dans la souffrance une forme de libération.
Un roman élégant qui se fait l'écho intime de questions brûlantes dans la société tunisienne d'aujourd'hui.

Auteur : Poète et romancière, Cécile Oumhani est l'auteur d'une douzaine d'ouvrages. Une odeur de henné est son premier roman. Elle a publié Le café d'Yllka (2008), Prix Littéraire Européen de l'Adelf (Association des écrivains de langue française), traduit en Italie.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
J'ai découvert ce livre grâce au « Café Lecture » de la Bibliothèque.
Le henné est un colorant naturel qui sert à réaliser des tatouages sur les mains d'une jeune mariée. Dans les pays du Magreb, cela représente la tradition et les mariages arrangés. Kenza est une jeune tunisienne de trente ans, qui a fait des études et est maintenant médecin, c'est une femme indépendante qui, aux regrets de ses parents, n'est toujours pas mariée. Un jour, un ami de la famille fait officiellement sa demande et Kenza ne se voit pas perdre sa liberté obligée de s'occuper d'un mari, de tenir une maison et d'avoir des enfants. Elle accepte ces fiancailles en échange de pouvoir partir un an à Paris pour faire de la recherche en médecine. Arrivée à Paris, elle prend de plein fouet le choc culturel, la liberté des femmes l'étonne, elles peuvent aller boire un verre dans un café, le compagnon de son amie française s'occupe de préparer le repas... Elle est perdue par ces différences culturelles et lorsqu'elle rencontre Jacques, elle est troublée par les sentiments qu'il suscite chez elle. Pour se protéger, elle se renferme sur elle-même et elle décide de porter un foulard et une tunique sombre. 

Une très belle lecture où il est question de traditions culturelles et religieuses, de la place de la femme dans la société tunisienne. L'écriture est sensible, poétique, les femmes sont au centre de cette histoire. A découvrir !

 

Extrait : (début du livre)
La nuit tombe sur Benissa. Les visages sont maintenant gagnés par l'onde dorée d'une autre lumière. La chaleur relâche son emprise et les gens émergent de la torpeur de l'après-midi. Le village s'éveille et entonne une rumeur ample et sourde. Ses maisons tout à l'heure prostrées dans la profusion des jardins se détachent avec un nouveau relief. Le village est paré du décor électrique qui s'illumine depuis l'arête des minarets, dès le crépuscule. Des enfants jaillissent des portes peintes de rouge, de bleu, se lancent dans des cavalcades, dégringolent le lacis des venelles tracées par de lointains ancêtres andalous. Leurs cris ricochent d'une cour à l'autre. Les vieilles psalmodient dans l'ombre du mausolée de Sidi Toumi. Des jeunes filles rient aux éclats à la fontaine où elles puisent l'eau et son joyeux murmure. La montagne fauve règne là-bas au fond du ciel. Ses contours assombris sculptent une menace indéfinie mais millénaire. C'est la saison des mariages et la nuit va bientôt résonner des ululuments des femmes en liesse dans le rythme obsédant des darboukas, traversé par les sonorités aigres du mezoued.

 

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25 juillet 2013

Zalbac brothers - Karel de la Renaudière

Lu en partenariat avec les éditions Albin Michel

zalbac_brothers Albin Michel - mai 2013 - 317 pages

Quatrième de couverture :

New York, une très secrète banque d'affaires.
Un jeune français venu de nulle part.
Une héritière qui hésite sur son destin.
L'histoire d'une ascension et d'une chute.

Dans la grande tradition de John Grisham, Karel de la Renaudière, un des directeurs d'une grande banque internationale, explore les coulisses de la haute finance et du pouvoir. Ce thriller captivant dresse un tableau à la fois fascinant et terrible de notre époque.

Auteur : 38 ans. Génération bulle internet. Poursuivre les rêves construits par toutes ses lectures d'enfant et d'adolescent, l'a conduit dans l'audiovisuel aux côtés de Jean-Edern Hallier. Devenu entrepreneur dans la technologie, son succès lui a valu d'être débauché par une grande banque internationale où il a fait une ascension digne d'un de ses personnages. Par ce thriller, il paie sa dette à l'univers romanesque qui l'a formé et l'a fait directeur.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
Jean Demester travaille comme chauffeur de taxi à New-York, il a fait des études de mathématiques et de finance et il est violoniste amateur. Il fait connaissance avec Bruce Zalbac, dit le « King », le grand patron de la banque d'affaires « Zalbac Brothers » lorsque la voiture de celui-ci coupe dangereusement la route de son taxi. Après une discution autour de la musique Bruce Zalbac donne sa carte à Jean pour un éventuel travail. Jean commence donc à travailler chez  « Zalbac Brothers » en tant que stagiaire, il fait des cafés et des photocopies, puis de la saisie... Ce n'est pas facile de travailler sous les ordres du peu sympathique et ambitieux Donovan. Pourtant Jean va réussir à gravir les différents échelons de la banque.
C'est un livre qui se lit facilement, il n'est pas nécessaire de connaître la finance pour comprendre l'intrigue. Le livre est présenté à tort comme un « thriller financier », il n'y a ni crime, ni enquête policière...
J'ai trouvé très intéressant de découvrir le fonctionnement du monde de la finance, avec ses requins, du bluff et ses entourloupes... La partie sentimentale de l'histoire m'a ennuyée et je regrette que le final ne soit pas plus développé.

Merci à Laure et aux éditions Albin Michel pour m'avoir permis de passer un bon moment avec ce livre.

 

Extrait : (début du livre)
La limousine avance au pas, le long de Park Avenue rendue déserte par le froid et la neige. Soufflés par les bourrasques, les flocons volent au-dessus de Manhattan. Jean Demester colle sa tête au pare-brise. Les mains agrippées au volant, il s'énerve. Une soirée sans clients, c'est une soirée sans pourboires. Le couple de Texans qu'il devait conduire à l'Apollo Theater a finalement renoncé à sortir de l'hôtel. Le Français fait ses calculs : même avec ce qu'il a empoché hier, il n'a toujours pas de quoi rembourser sa part du loyer. Encore une journée gâchée ! La buée obscurcit son champ de vision. Il lâche un juron.
- Il ne manquerait plus qu'elle tombe en rade !
À cet instant, une Maybach bleu et marron glacé surgit de la 66e au ralenti. Son apparition dans un halo de lumière a quelque chose de fantomatique. Jean freine brusquement. La vieille Cadillac se met en travers de l'avenue, avant de s'immobiliser à quelques centimètres de la luxueuse berline bicolore. Il ouvre la portière et sort de la limousine comme un diable de sa boîte. Il s'approche en invectivant son homologue à casquette, qui le regarde, impassible.
- Mais où t'as trouvé ton permis, toi ?
- I beg your pardon ?
- Ça va, ça va... Laisse tomber.
Soudain, la vitre arrière gauche commence à s'abaisser. Un visage sévère apparaît. Ses cheveux gris et courts sont impeccablement plaqués, le sexagénaire porte un manteau en alpaga de bonne coupe.
- J'y crois pas Miss Daisy, t'écoutes encore David Oistrakh ? assène le jeune homme, tandis que le concerto pour violon et orchestre de Tchaïkovski s'échappe des haut-parleurs encastrés dans les portières.
L'homme le dévisage, l'air surpris. Contre toute attente, il parle français. Avec un fort accent américain, mais français.
- Je vois. Quel violon vous conviendrait ? demande-t-il en esquissant un sourire.
Jean hésite.
- Je sais pas, j'aime bien Heifetz. En voilà un qu'il ne connaîtra pas...
- Heifetz... C'est banal ! Pourquoi pas Menuhin, hein ?
- Menuhin...
Encore mieux ! Il est coriace.
- Auer, maybe ?
Le regard du passager de la berline est à la fois inquisiteur et bienveillant, comme s'il prenait un plaisir certain à ce petit jeu.
Le jeune homme sursaute, soudain piqué au vif.
- Vous foutez pas de moi ! There is no Auer recording, pas d'enregistrement d'Auer ! Vous me prenez pour un débutant ?
Le visage de son interlocuteur se fend d'un large sourire.
- Et pourquoi ?
- Auer n'a jamais enregistré le concerto parce qu'il n'arrivait pas à le jouer correctement ! Trop technique. Quand on pense que Tchaïkovski l'avait écrit pour lui... quel gâchis ! Bon, c'est pas que je m'ennuie, mais...
- Attendez...

Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  2/25

Challenge New-York 2013
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23 juillet 2013

Le canapé rouge - Michèle Lesbre

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Sabine Wespieser - août 2007 - 148 pages

Folio - avril 2009 - 144 pages

Quatrième de couverture : 
Dans le transsibérien qui la conduit à Irkoutsk, tandis que défilent les paysages, Anne songe à l'amitié qui la lie à une vieille dame, Clémence Barrot, laissée à Paris. Elle lisait à cette ancienne modiste la vie de femmes libres et courageuses telle Olympe de Gouges, auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne... Et partageait avec elle des souvenirs tendres et douloureux : ceux des amours passées… 
Le dixième livre de Michèle Lesbre est un roman lumineux sur le désir, un texte limpide sur le bonheur de vivre.

Auteur : Michèle Lesbre vit à Paris. Elle a publié notamment La Belle Inutile (1991), Un homme assis (1993), Une simple chute (1997), Que la nuit demeure (1999), Nina par hasard et VictorDojlida, une vie dans l’ombre (2001), Boléro (2003), Un certain Felloni (2004), La Petite Trotteuse (2005), Le canapé rouge (2008), Sur le sable (2009), Disparitions bucoliques avec Gianni Burattoni (2010), Mais d’où venez-vous ? avec Sylvie Granotier (2010) et Un lac immense et blanc (2011).

Mon avis : (lu en juillet 2013)
Anne la narratrice est dans un train en direction du lac Baïkal, elle est partie retrouver Gyl un homme qu'elle a aimé et dont elle est sans nouvelles. Durant ce long voyage, elle observe aussi bien les paysages que ses compagnons de voyage. Elle laisse également vagabonder son esprit en pensant à sa voisine d'appartement Clémence Barrot. C'est une vieille dame qui vit dans le souvenir de Paul son grand amour assassiné durant la Seconde Guerre Mondiale. Clémence a été modiste, Anne vient la voir régulièrement pour lui faire la lecture et pour bavarder autour de la littérature, des souvenirs... A son retour, Anne compte bien retrouver Clémence sur son canapé rouge pour lui raconter son voyage.
Jolie histoire, j'ai préféré les échanges entre Clémence et Anne que le voyage en Sibérie où je me suis un peu perdue...

Extrait : (début du livre)
Sur un chemin de terre, un homme roulait une cigarette, debout, près d'un side-car vert, scarabée géant, compagnon de solitude. L'homme et sa machine, ensemble. De loin je reconnaissais tous les gestes, Gyl aussi roulait ses cigarettes. Il retenait la pincée de tabac au creux de la main, l'effritait du bout des doigts, la répartissait dans la pliure de la feuille, enfermait le tout après un léger coup de langue sur le bord du papier gommé. L'odeur de miel et de foin flottait, même si j'étais derrière la vitre du compartiment et l'homme à une dizaine de mètres. J'entendais presque le bruissement du tabac, j'imaginais les doigts agiles, le geste machinal, la tête ailleurs. Moment suspendu, rituel, intime. Il n'avait pas un regard pour le train qui reprenait de la vitesse et je pensais que c'était ça aussi le voyage, me réveiller quelque part en Sibérie, mais où ? Voir un homme se rouler une cigarette, le perdre de vue très vite, me souvenir de lui toujours.
Aujourd'hui encore, il m'arrive de penser à la brève apparition de cet inconnu surpris dans son intimité, à d'autres aussi qui de façon mystérieuse se sont installés dans ma mémoire, comme des témoins silencieux de mes errances.
C'était un moment de ma vie où la présence obsédante du monde, l'impuissance de tous les discours et celle de théories usées tourmentaient mes jours et mes nuits. Il me semblait n'avoir prise sur rien, le temps voulait m'engloutir, il m'engloutissait, du moins avais-je cette impression d'une lente et inexorable fin de tous nos espoirs. Je n'étais pas seule à percevoir cette insidieuse érosion des certitudes qui avaient emballé notre jeunesse, mais ce qui m'effrayait c'était le sentiment, que partageaient quelques-uns de mes amis, de ne rien pouvoir d'autre que de m'abîmer dans ce constat. J'avais lu dans un roman à propos de la mort des théories, On se demande jusqu'à quel point on les avait prises au sérieux. J'en voulais à l'auteur pour sa cruelle hypothèse. Ce monde rêvé, cette belle utopie : être soi, pleinement soi, mais aussi transformer la société tout entière, pouvaient-ils n'être qu'enfantillages ? Nous consolaient-ils seulement d'être les héritiers orphelins des dérives commises à l'Est et ailleurs, que certains de nos aînés avaient fait semblant d'ignorer ?
Gyl, lui, ne voulait pas renoncer à tout ce qui avait donné du sens à sa vie jusque-là, bâtir un monde idéal. Sur un coup de tête, il était allé vivre au bord du lac Baïkal, peindre, faire du théâtre avec les habitants, monter des pièces de Vampilov qui avait exercé toute sa carrière à Irkoutsk. Ce choix m'inquiétait, mais je comprenais à quel point il était symbolique et désespéré à la fois. Inutile de le retenir, rien ni personne ne l'avait jamais retenu. Les premiers six mois, il écrivait souvent, racontait qu'il avait le temps d'aller pêcher l'omoul dans le lac, de fabriquer des cerfs-volants pour les enfants.
Puis, le silence.
Après des semaines sans nouvelles, j'avais décidé de faire le même voyage, dans le même train. Nos quotidiens s'étaient séparés depuis longtemps, mais nous avions beaucoup partagé. L'idée d'un quelconque danger le concernant me plongeait dans une indicible angoisse. L'homme debout près de sa machine était peut-être un signe, je me rapprochais de Gyl. Ces gestes familiers pouvaient en être la preuve, j'avais besoin de m'en convaincre.

  Challenge Petit BAC 2013
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"Couleur"

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22 juillet 2013

C'est lundi que lisez-vous ? [135]

BANNIR
(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane  

Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 

 Heidi_and_her_grandfather_jessie_willcox_smith 9782330018962 profanes

Heidi - Johanna Spyri 
Le gardien de phare - Camilla Läckberg 
Profanes - Jeanne Benameur

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Zalbac Brothers - Karel de la Renaudière (Albin Michel)
1Q84 - Haruki Murakami (livre audio)

Que lirai-je cette semaine ?

Une odeur de henné - Cécile Oumhani
Conflit de voisinage - Rafaële Rivais (Max Milo)
Un père en colère - Jean-Sébastien Hongre (Max Milo)

Bonne semaine et bonnes lectures !

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20 juillet 2013

Profanes - Jeanne Benameur

profanes Actes Sud - janvier 2013 - 240 pages

Grand Prix RTL Lire 2013

Quatrième de couverture :
Ancien chirurgien du coeur, il y a longtemps qu’Octave Lassalle ne sauve plus de vies. À quatre-vingt-dix ans, bien qu’il n’ait encore besoin de personne, Octave anticipe : il se compose une “équipe”. Comme autour d’une table d’opération – mais cette fois-ci, c’est sa propre peau qu’il sauve. Il organise le découpage de ses jours et de ses nuits en quatre temps, confiés à quatre “accompagnateurs” choisis avec soin. Chacun est porteur d’un élan de vie aussi fort que le sien, aussi fort retenu par des ombres et des blessures anciennes. Et chaque blessure est un écho.

Dans le geste ambitieux d’ouvrir le temps, cette improbable communauté tissée d’invisibles liens autour d’indicibles pertes acquiert, dans l’être ensemble, l’élan qu’il faut pour continuer. Et dans le frottement de sa vie à d’autres vies, l’ex-docteur Lassalle va trouver un chemin.
Jeanne Benameur bâtit un édifice à la vie à la mort, un roman qui affirme un engagement farouche. Dans un monde où la complexité perd du terrain au bénéfice du manichéisme, elle investit l’inépuisable et passionnant territoire du doute. Contre une galopante toute-puissance du dogme, Profanes fait le choix déterminé de la seule foi qui vaille : celle de l’homme en l’homme.

Auteur :  Née 1952, en Algérie d'un père tunisien et d'une mère italienne, Jeanne Benameur vit en France depuis l'âge de 5 ans. Elle débute sa carrière d'écrivain avec des livres de jeunesse comme 'Samira des quatre routes' ou 'Adil coeur rebelle', avant d'ouvrir son registre à la littérature pour adulte. Lauréate du prix Unicef en 2001, Jeanne Benameur se distingue sur la scène littéraire avec 'Les Demeurées', l'histoire d'une femme illettrée et de sa fille. Directrice de collection chez Actes Sud junior ainsi qu'aux éditions Thierry Magnier, l'auteur publie son autobiographie, 'Ça t'apprendra à vivre' en 1998. Influencée par ses origines culturelles, Jeanne Benameur s'inspire aussi de son expérience d'enseignante pour évoquer les thèmes de l'enfance (' Présent ?') mais aussi de la sensation et du corps (' Laver les ombres') dans un style pudique et délicat. Elle publie aussi 'Les Mains libres'.

Mon avis : (lu en juillet 2013)
A 90 ans, Octave Lassalle décide de s'entourer de quatre personnes pour l'aider dans son quotidien lorsqu'il aura perdu son autonomie. Il préfère anticiper. Il organise ses journées et ses nuits avec la présence de l'un des quatre à tout moment. Le matin, c'est Marc qui est présent, il s'occupe du petit-déjeuner d'Octave et de l'entretien du jardin. Puis c'est Hélène qui est là l'après-midi, elle a comme mission de peindre le portrait de Claire la fille d'Octave qui est morte accidentellement à l'âge de 19 ans. Puis c'est Yolande qui vient s'occuper de la maison, du ménage, du dîner et enfin c'est Béatrice qui est présente durant la nuit.
A chacun des quatre, il confie la clé de la maison et la possibilité de disposer d'une chambre au deuxième étage de la maison pour y venir même en dehors de leurs heures de travail.
Le lecteur découvre peu à peu que chacun des personnages cachent des douleurs personnelles et en accompagnant Octave dans sa vie personnelle, en se croisant ils vont faire évoluer leur vie.  
Avec une écriture sensible, émouvante et pleine de poésie, Jeanne Benameur nous livre des personnages attachants et profonds qui ensemble vont réussir à dépasser leurs douleurs et prendre confiance. Une histoire originale, magnifique, qui fait du bien et nous invite à réfléchir. Un vrai coup d
cœur pour moi. 
 

Autres avis :  Un autre endroit pour lireClara, Noukette, Stéphie, Aifelle 

Extrait : (début du livre)
Ils sont là, derrière la porte. Il ne faut pas que je rate mon entrée.

Maintenant que je les ai trouvés, tous les quatre, que je les ai rassemblés, il va falloir que je les réunisse. Réunir, ce n'est pas juste faire asseoir des gens dans la même pièce, un jour. C'est plus subtil. Il faut qu'entre eux se tisse quelque chose de fort.
Autour de moi, mais en dehors de moi.
Moi qui n'ai jamais eu le don de réunir qui que ce soit, ni famille ni amis. A peine mon équipe à la clinique, parce qu'ils y mettaient du leur. Je leur en savais gré. Ce n'est pas la même affaire dans une clinique, les choses se font parce que sinon c'est la vie qui part. Ce n'est pas autour de moi qu'ils étaient réunis, c'était contre la mort. Et ça, c'est fort.
Là, j'ai su tenir ma place.

J'ai quatre-vingt-dix ans. J'ai à nouveau besoin d'une équipe.
Il faut que ces quatre-là, si différents soient-ils, se tiennent. Pour mon temps à venir. Je m'embarque pour la partie de ma vie la plus précieuse, celle où chaque instant compte, vraiment. Et j'ai décidé de ne rien lâcher, rien.
Les quatre, là, derrière la porte, je les ai choisis avec soin, tant que ma conscience est aiguë. Pas question qu'on me colle n'importe qui pour s'occuper de ma carcasse quand il sera trop tard pour choisir. J'ai encore toutes mes facultés intellectuelles et physiques, même si le corps fatigue trop vite, regimbe et pousse trop la douleur dans les articulations. Je n'ai pas besoin d'eux aujourd'hui, mais j'ai toujours su anticiper.
C'est ce qui a fait de moi un bon chirurgien.
Un bon chasseur aussi.
Un paradoxe, oui, il a toujours fallu une once de mort dans ma vie.
Les bêtes tuées en plein élan, c'était mon tribut à payer. Juste "redonner la vie" à des patients, c'aurait été se prendre pour Dieu. La chasse, c'était ma façon de garder l'équilibre. Je n'y prenais pas vraiment de plaisir. Je buvais avec les autres après, je festoyais aussi. Et je retournais à la clinique.
J'ai arrêté la chasse le jour où je n'ai plus opéré.

Depuis j'ai eu le temps de réfléchir, de décider. Pas de pourriture dans le vivant, alors pas d'arrêt. C'est l'arrêt du désir qui fait le nid à tout ce qui crève. Plus d'élan, plus de vie.
Et moi je veux vivre. Pas en attendant. Pleinement.

J'ai trop vu comment ça se passait pour ceux qu'on appelle "les patients". C'est dans les chairs aussi, leur "patience". C'est cette "patience" que j'ai essayé d'extraire chaque fois que j'opérais. Cette patience-là n'est pas une vertu, quoi qu'on en dise. J'y ai mis toute ma science de bon chirurgien.

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Déjà lu du même auteur :
les_demeur_es Les Demeurées les_mains_libres_p_ Les Mains libres 
c_a_t_apprendra___vivre Ça t'apprendra à vivre laver_les_ombres  Laver les ombres 
si_m_me_les_arbres_meurent_2 Si même les arbres meurent pr_sent Présent ? 
les_insurrections_singuli_res Les insurrections singulières

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18 juillet 2013

Le gardien de phare - Camilla Läckberg

9782330018962 Actes Sud - juin 2013 - 460 pages

traduit du suédois par Lena Grumbach

Titre original : Fyrvaktaren, 2009

Quatrième de couverture : 
Par une nuit d’été, une femme se jette dans sa voiture. Les mains qu’elle pose sur le volant sont couvertes de sang. Avec son petit garçon sur le siège arrière, Annie s’enfuit vers le seul endroit où elle se sent en sécurité : la maison de vacances familiale, l’ancienne résidence du gardien de phare, sur l’île de Gråskär, dans l’archipel de Fjällbacka. Quelques jours plus tard, un homme est assassiné dans son appartement à Fjällbacka.
Mats Sverin venait de regagner sa ville natale, après avoir travaillé plusieurs années à Göteborg dans une association d’aide aux femmes maltraitées. Il était apprécié de tous, et pourtant, quand la police de Tanumshede commence à fouiller dans son passé, elle se heurte à un mur de secrets. Bientôt, il s’avère qu’avant de mourir Mats est allé rendre une visite nocturne à Annie, son amour de jeunesse, sur l’île de Gråskär – appelée par les gens du cru “l’île aux Esprits”, car les morts, dit-on, ne la quittent jamais et parlent aux vivants…
Erica, quant à elle, est plus que jamais sur tous les fronts. Tout en s’occupant de ses bébés jumeaux, elle enquête sur la mort de Mats, qu’elle connaissait depuis le lycée, comme Annie. Elle s’efforce aussi de soutenir sa soeur Anna, victime, à la fin de La Sirène, d’un terrible accident de voiture aux conséquences dramatiques… Avec Le Gardien de phare, Camilla Läckberg poursuit la série policière la plus attachante du moment.

Auteur : Née en 1974, Camilla Läckberg est l’auteur d’une série de romans policiers mettant en scène le personnage d’Erica Falck et de son compagnon le commissaire Patrik Hedström. L’intrigue se situe toujours à Fjällbacka, ancien port de pêche de la côte ouest en Suède, reconverti en station balnéaire, qui sous des apparences tranquilles cache de sordides relations humaines.
Après La Princesse des glaces (2008), Le Prédicateur (2009), Le Tailleur de pierre (2009), L’Oiseau de mauvais augure (2010), L’Enfant allemand (2011) et La Sirène (2012), Le Gardien de phare est le septième volet de la série policière la plus attachante du moment. 

Mon avis : (lu en juillet 2013)
C'est le 7ème épisode des aventures d'Erica Falck et Patrik Hedström. Dans l'épisode précédent, nous avions quitté Erica en mauvaise posture puisqu'elle venait d'avoir un terrible accident de voiture... Nous la retrouvons s'occupant de sa petite famille, avec Maja et ses petits frères jumeaux Noel et Anton. Patrik vient de reprendre le travail après trois mois d'arrêt de maladie. 
Tout commence avec la fuite d'une mère avec son fils de cinq ans. Annie se réfugie sur la petite île de Gråskär où se trouve sa maison d'enfance et un vieux phare. A Fjällbacka, après rénovation un établissement de remise en forme est sur le point d'être inauguré. Mais Mats Sverin, le directeur financier du projet, est retrouvé assassiné dans son appartement. Il y a également un retour vers le passé avec une histoire de gardien de phare sur l'île de Gråskär... Une intrigue haletante, des histoires multiples, des pistes nombreuses, impossible de lâcher le livre avant de le terminer !

Mon avis manque certainement d'objectivité, car je suis une inconditionnelle de cette série de Camilla Läckberg, sa recette est peut-être toujours la même mais je prend toujours autant de plaisir à suivre Erica et Patrik à Fjällbacka. Et après avoir tourné la dernière page, j'attends avec impatience la parution en français du prochain épisode... (il en existe encore un pas encore traduit).

Extrait : (début du livre)
C’est seulement lorsqu’elle posa ses mains sur le volant qu’elle vit qu’elles étaient pleines de sang. Ses paumes collaient au cuir. Elle enclencha quand même la marche arrière et sortit un peu trop brutalement de l’allée du garage. Le gravier crissa sous les pneus.
Le trajet en voiture allait être long. Elle jeta un coup d’œil vers le siège arrière. Sam dormait, enveloppé dans une couverture. Elle aurait dû lui mettre la ceinture de sécurité, mais elle n’avait pas le cœur de le réveiller. Elle conduirait prudemment. Par réflexe, elle leva le pied de l’accélérateur.
La nuit d’été commençait déjà à s’éclaircir. Les heures sombres étaient passées avant même d’avoir eu le temps de s’installer. Pourtant cette nuit paraissait interminable. La donne avait complètement changé. Les yeux bruns de Fredrik fixaient le plafond, immobiles, et elle avait compris qu’elle ne pouvait rien faire. Elle était obligée de se mettre en sécurité avec Sam.
Ne pas penser au sang, ne pas penser à Fredrik.
Il n’y avait qu’un endroit où elle pouvait se réfugier.
Six heures plus tard, ils arrivèrent. Fjällbacka se réveillait tout juste. Elle gara la voiture devant le Sauvetage en mer et se demanda un instant comment elle ferait pour tout emporter.
Sam dormait toujours profondément. Elle trouva un paquet de mouchoirs en papier dans la boîte à gants et s’essuya les mains du mieux qu’elle put. Le sang était tenace, il était difficile à nettoyer. Puis elle sortit les valises du coffre arrière et les tira rapidement vers Badholmen où le bateau était amarré. De peur que Sam ne se réveille pendant son absence, elle avait fermé la voiture à clé pour qu’il ne puisse pas en sortir et tomber à l’eau. Elle descendit péniblement les valises jusqu’au bateau et ouvrit le cadenas de la chaîne censée protéger des vols. Puis elle retourna à la voiture en courant presque et constata avec soulagement que Sam dormait encore paisiblement. Elle le souleva et le porta, enveloppé dans sa couverture. Le regard fixé sur ses pieds, elle parvint à monter à bord sans glisser. Doucement, elle posa Sam directement sur le plancher et tourna la clé de contact. Le moteur toussa, puis démarra à la première tentative. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas piloté ce bateau, mais elle était confiante, elle y arriverait. Quittant l’emplacement en marche arrière, elle sortit du port.
Le soleil s’était levé mais ne chauffait pas encore. Elle sentait ses muscles se relâcher petit à petit, la tension cédait et l’horreur de la nuit perdait un peu de son emprise. Elle regarda Sam. Pourvu qu’il n’en garde pas de séquelles. À cinq ans, on est fragile. Comment savoir si rien ne s’était brisé en lui ? Elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour le guérir. Des bisous pour éloigner le mal, comme quand il tombait à vélo et s’écorchait les genoux. 
Elle connaissait bien le trajet. Chaque île, chaque rocher. Elle mit le cap sur Väderöbod et s’éloigna de plus en plus de la côte. Les vagues étaient plus grosses ici, et l’étrave cognait contre l’eau en retombant après chaque crête. Elle savoura la sensation des embruns lui éclaboussant le visage et s’autorisa à fermer les yeux quelques secondes. En les rouvrant, elle aperçut Gråskär au loin. Son cœur frétilla comme toujours quand l’île apparaissait et qu’elle voyait la petite maison et le phare, blanc et fier, dressé vers le ciel bleu. Elle était encore trop loin pour voir la couleur de la maison, mais elle se rappelait sa nuance gris clair et les menuiseries blanches. Et les roses trémières qui poussaient devant le mur le plus abrité. C’était son refuge, son paradis. Son île. Gråskär.

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Déjà lu du même auteur :

la_princesse_des_glaces La Princesse des glaces  le_pr_dicateur Le Prédicateur

le_tailleur_de_pierre Le Tailleur de pierre l_oiseau_de_mauvais_augure L'Oiseau de mauvais augure

l_enfant_allemand L'Enfant allemand cyanure Cyanure la_sir_ne La Sirène 

  Challenge Petit BAC 2013
petit_bac_2013
"Objet"

Challenge Trillers et Polars
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catégorie "Même pas peur" :  1/25

 Challenge Voisins, voisines

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Suède

  Défi Scandinavie noire 2012

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Suède

Challenge Cap au Nord
cap_au_nord

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16 juillet 2013

Heidi - Johanna Spyri

Lu dans le cadre du Challenge
 "Ecoutons un livre"

_coutons_un_livre

 Heidi_and_her_grandfather_jessie_willcox_smith heidi_flammarion heidi_nathan heidi_casterman heidi_rouge_et_or heidi_folio_2011

litteratureaudio.com - novembre 2011 - lu par Florent

Flammarion - octobre 1995 - 

Nathan - juin 2002 - 188 pages

Casterman - mars 2005 - 210 pages

Rouge et Or - février 2010 - 188 pages

Folio junior - octobre 2011 - 200 pages

traduction anonyme (1882)

Présentation : Dans le massif alpin, un matin d’été, une jeune femme revient dans son village natal, accompagnée d’une petite fille, Heidi. Cette arrivée inattendue ne tarde pas à éveiller la curiosité des habitants. La jeune femme leur apprend qu’elle vient avec la ferme intention de laisser l’enfant à son grand-père. Les villageois sont stupéfaits. Comment est-il possible de songer, ne serait-ce qu’un instant, à laisser une fillette à un vieil homme bourru vivant presque comme un ermite, en haut des montagnes ?

Auteur : Johanna Spyri-Heuser (1827-1901) est née en Suisse. Le premier volume de Heidi paraît en Allemagne en 1880, suivi d'un second en 1881, Heidi grandit. Ce fut immédiatement un immense succès à tel point que ses livres furent traduits en des dizaines de langues et qu'ils furent adaptés pour le cinéma, la télévision et même l'opéra.

Mon avis : (écouté en juin 2013)
Je n'ai pas trouvé de livre audio "jeunesse" en bibliothèque, j'ai donc été chercher sur internet des livres audio gratuit. Le premier livre choisi était un Jules Verne que j'ai finalement abandonné le lecteur ayant un accent trop prononcé... 

Je me suis donc rabattue sur "Heidi", livre que j'ai lu et relu lorsque j'étais enfant. Je n'avais pas réalisé à l'époque que le livre avait été écrit à la fin du XIXème siècle. 
Heidi est orpheline, elle va habiter chez son grand-père sur l'alpage. Elle se lie avec Peter le petit chevrier, la grand-mère et bien sûr son grand-père. Elle est heureuse dans les montagnes. Pourtant, sa tante vient la chercher pour aller vivre à Francfort en Allemagne pour tenir compagnie à Clara Sesemann qui est paralysée. Heidi découvre la grande ville et une grande maison avec domestiques. Malgré sa nature gaie et optimiste, les montagnes et la nature lui manquent et elle tombera malade. 
Même si l'histoire et le vocabulaire ont pas mal vieilli, le personnage d'Heidi m'a touchée comme la première fois que je l'ai découvert. J'avais oublié la partie de l'histoire à Francfort...

Ce livre audio peut-être téléchargé gratuitement ici

Extrait : (début du livre)
Quand on quitte le riant village de Mayenfeld pour gravir la montagne à l’aspect imposant et sévère qui domine cette partie de la vallée, on s’engage d’abord dans un joli sentier de plaine à travers champs et vergers. Au pied de la montagne le sentier change brusquement de direction et monte tout droit jusqu’au sommet ; à mesure qu’on s’élève, l’air devient plus vif, et l’on respire à pleines bouffées les fortes senteurs des pâturages et des herbes alpestres. 
C’est ce sentier que gravissait par une brillante matinée de juin une grande et robuste fille de la contrée, tenant par la main une enfant dont le visage paraissait en feu malgré sa peau brunie. Ce n’était pas étonnant, car, en dépit de la chaleur de juin, la pauvre enfant était empaquetée comme au gros de l’hiver. Elle pouvait avoir cinq ans, mais véritable taille disparaissait sous une accumulation de vêtements : deux robes l’une sur l’autre, un gros mouchoir de coton rouge croisé par dessus, et d’épais souliers de montagne garnis de clous ; la pauvre petite suffoquait et avait bien de la peine à avancer. 
Il y avait une heure environ que les deux voyageuses avaient commencé à gravir le sentier, lorsqu’elles arrivèrent au hameau de Dörfli, situé à mi-chemin du sommet ; c’était le village natal de la jeune fille, aussi s’entendit-elle bientôt appeler de tous côtés ; les fenêtres s’ouvraient, les femmes paraissaient sur le seuil de leur porte, chacune voulait l’arrêter au passage et échanger quelques mots avec elle. Mais elle ne fit halte nulle part, se contenta de répondre en passant aux salutations et aux questions, et ne ralentit sa marche que lorsqu’elle se trouva devant une maison isolée à l’extrémité du hameau. Une voix l’appela par la porte ouverte : 
– C’est toi, Dete ? Attends un instant ; nous ferons route ensemble, si tu vas plus loin. Ainsi interpellée, la jeune fille s’arrêta, et l’enfant en profita aussitôt pour dégager sa main et s’asseoir sur le bord du sentier. 
– Es-tu fatiguée, Heidi ? demanda sa compagne. 
– Non, mais j’ai trop chaud, répondit la fillette. 
– Nous serons tout de suite en haut ; il te faut prendre encore un peu courage et faire de grands pas ; dans une heure nous serons arrivées. 
À ce moment, une grosse femme à la figure jeune et bienveillante sortit de la maison et les rejoignit. L’enfant se leva et se remit à marcher derrière les deux amies qui entamèrent aussitôt une conversation animée sur tous les habitants de Dörfli et des localités voisines. 
– Mais, où vas-tu donc avec cette petite, Dete ? demanda enfin la nouvelle venue. C’est sans doute l’enfant que ta sœur vous a laissé ? 
– Oui, répondit Dete, je la mène chez le Vieux de l’Alpe où elle restera. 
– Comment, tu veux que cette enfant reste chez le Vieux de l’Alpe ? Je crois vraiment que tu as perdu la tête, Dete ; comment peux-tu faire une chose pareille ! Tu verras comme il va t’envoyer promener avec ta proposition. 
– Par exemple ! il est le grand-père de la petite, il faut qu’il fasse sa part ; c’est moi qui l’ai eue sur les bras jusqu’à présent. Du reste, tu peux bien être sûre, Barbel, que ce n’est pas à cause d’elle que je vais laisser échapper une place comme celle qu’on m’offre. C’est le tour du grand-père, à présent.


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