12 mars 2012

C'est lundi ! Que lisez-vous ? [68]

BANNIR
(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane 

Qu'est-ce que j'ai lu la semaine dernière ?

Et_puis_Paulette sous_haute_tension soeurs_chocolat la_disparue_du_P_re_Lachaise

Et puis, Paulette... - Barbara Constantine
Sous haute tension – Harlan Coben
Sœurs Chocolat – Catherine Velle 
La disparue du Père-Lachaise - Claude Izner

Concours organisé à l'occasion de mon 1000ème billet !

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Jeu de piste - Marcel Theroux

Que lirai-je cette semaine ?

La tentation du homard - Elizabeth Gilbert
La nuit des corbeaux - John Connolly 

Cette semaine : Masse Critique BD,  jeudi 15/03 et le Salon du Livre de Paris du 16 au 19 mars

 AnnonceMCBD2_2_ et  salon2012

 Bonne semaine et bonne lecture.

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10 mars 2012

La disparue du Père-Lachaise - Claude Izner

la_disparue_du_P_re_Lachaise 10/18 – mars 2003 – 302 pages

Quatrième de couverture :
Paris, 1890. Qu'elle n'est pas la surprise de Victor Legris de voir débarquer Denise Le Louarn, la gouvernante de son ancienne maîtresse, Odette de Valois, dans sa librairie. La jeune femme est visiblement bouleversée. Elle lui apprend qu’Odette, devenue depuis peu adepte de ce spiritisme tant en vogue, a disparu à la suite  d'un étrange rendez-vous au cimetière du Père-Lachaise. D'abord sceptique, Victor ne peut s'empêcher de s'interroger et le voilà donc lancé sur la piste de son ancienne maîtresse... A sa suite on découvre ce Paris où l'on entendait encore le bruit des sabots sur les pavés de bois et les cris des petits métiers, où les hommes portaient le haut-de-forme, les femmes le corset et où les mystères naissaient à chaque coin de rue...

Auteur : Claude Izner est le pseudonyme de deux sœurs, Liliane Korb et Laurence Lefèvre. Liliane a longtemps exercé le métier de chef-monteuse de cinéma, avant de se reconvertir bouquiniste sur les quais de la Seine, qu'elle a quittés en 2004. Laurence a publié deux romans chez Calmann-Lévy, Paris-Lézarde en 1977 et Les Passants du dimanche en 1979. Elle est bouquiniste sur les quais. Elles ont réalisé plusieurs courts métrages et des spectacles audiovisuels. Elles écrivent ensemble et individuellement depuis de nombreuses années, tant pour la jeunesse que pour les adultes. Les enquêtes de Victor Legris sont aujourd'hui traduites dans huit pays.

Mon avis : (lu en mars 2012)
C'est la seconde enquête de Victor Legris, libraire et détective amateur. Denise, la gouvernante d'Odette de Valois vient demander de l'aide à la librairie car cette dernière a disparue au cimetière du Père-Lachaise alors qu'elle rendait visite à son défunt mari mort en Colombie. Odette de Valois étant l'ancienne maîtresse de Victor, il décide de mener son enquête. C'est alors que Denise disparaît à son tour... Voilà comment commence une enquête bien construite, avec du suspense et des rebondissements. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce nouvel épisode où l'on retrouve la belle Tasha, l'énigmatique Kenji et le perspicace Joseph, dans le Paris du XIXe siècle où l'ambiance y est parfaitement décrite.

La postface est très intéressante, les auteurs reviennent sur les faits historiques évoqués durant l'enquête de Victor Legris, comme la construction du canal de Panama. Et cela nous explique bien le contexte historique.
A l'occasion, j'emprunterai la suite de la série à la Bibliothèque. Une lecture facile et agréable. 

Extrait : (page 17)
- Seigneur, il était si bon et si doux, nous l’aimions si tendrement ! Seigneur, il était…
Les mots, inlassablement répétés, filtraient à travers la voilette masquant le visage d’une femme tassée contre la portière d’un fiacre. Une autre femme, assise en vis-en-vis, les soulignait parfois d’un signe de croix à peine esquissé. Cette litanie devait, pour être perçue, lutter avec le grincement des essieux et le raclement des roues sur les pavés. Elle avait depuis longtemps perdu tout sens, semblable à ces comptines ressassées par les enfants.
Le cocher tira sur les rênes, la voiture s’arrêta rue des Rondeaux devant l’une des entrées du Père-Lachaise. L’homme descendit de son perchoir, alla parlementer avec un gardien, lui glissa la pièce, après quoi il se hissa lourdement sur sa banquette et fit claquer son fouet.
Précédant de peu un convoi funéraire, le fiacre pénétra dans le cimetière et emprunta l’avenue circulaire. La pluie nimbait d’un dôme luisant l’immense nécropole. De part et d’autre de la route se succédaient chapelles, cénotaphes, mausolées ornés d’angelots dodus ou de nymphes éplorés. Un labyrinthe d’allées et de sentes se perdait parmi les tombes, envahi par une végétation de sous-bois encore clairsemée en ce début du mois de mars. Sycomores, thuyas, hêtres et tilleuls assombrissaient un ciel déjà bas. 
Le fiacre amorça un virage et manqua percuter un grand bonhomme à cheveux blancs contemplant la croupe épanouie d'une pleureuse de bronze. Le cheval se cabra, le cocher lâcha une bordée de jurons, le vieillard montra le poing en hurlant : « Sang de bois, Grouchy, j'aurai ta peau ! » et s'éloigna en titubant.

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Déjà lu du même auteur :

myst_re_rue_des_Saints_P_res Mystère rue des Saints-Pères


Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Personne connue"

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09 mars 2012

Sœurs Chocolat – Catherine Velle

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Editions Anne Carrière – mars 2007 – 316 pages

Corps 16 – janvier 2008 (Gros Caractères)

Livre de poche – décembre 2009 – 310 pages

Quatrième de couverture :
Elles ne sont pas sœurs... elles sont Sœurs. Leur petite communauté, au coeur de la France, subsiste - difficilement - grâce au délicieux chocolat qu'elles produisent. Mais si elles manquent le rendez-vous au fin fond de la Colombie, la part de fèves de cacao qui leur est réservée sera immédiatement attribuée à d'autres. Quittant leurs habits monastiques, elles se retrouvent dans la forêt amazonienne, face à des bandits qui convoitent leur trésor de fèves. Prêtes à tout pour sauver leur communauté, elles vont changer d'identité, jouer du revolver, chanter et danser dans un cabaret infesté de malfrats... Une aventure haletante et pleine de fantaisie, dans la plus pure tradition romanesque.

Auteur : Catherine Velle a été comédienne et publicitaire. Elle est aujourd'hui directrice de la communication du groupe Marie-Claire. Sœurs chocolat est son troisième roman.

Mon avis : (lu en février 2012)
Voilà un livre que j'ai découvert sur la blogosphère, que malgré mon envie, j'ai mis du temps à sortir de ma PAL... Et j'ai trouvé ce livre très amusant. 
A l'Abbaye de Saint-Julien, les Sœurs consacrent leur vie à Dieu et pour faire vivre la communauté, elles fabriquent un chocolat délicieux grâce à un recette secrète que les Sœurs se transmettent de génération en génération… L’origine de ce chocolat exceptionnel, c’est l’arrivée à l’Abbaye d’une sœur colombienne avec des fèves de chocolat en provenance de son village. Depuis, tous les dix ans, deux Sœurs partent pour aller chercher ces fameuses fèves de cacao.
Le lecteur va être le témoin du voyage des deux Sœurs Jasmine la novice et Anne la plus confirmée. Le voyage va être plus difficile que prévu car des bandits voudraient bien s’emparer du chocolat réservé aux « Sœurs Chocolat ». Elles vont donc voyager incognito et affronter des épreuves nombreuses et variées pour tenter à tout prix à rejoindre le lieu de rendez-vous au fond la forêt Amazonienne.
Ce livre est à la fois un roman d'aventure qui nous entraîne en Colombie à la recherche de fèves de cacao exceptionnelles et une quête initiatique pour deux sœurs, ce voyage plein de péripéties va ébranler leur vocation à chacune.
Les deux Sœurs sont attachantes et j’ai suivie avec beaucoup de plaisirs leurs aventures. Ce livre est tour à tour drôle, plein de suspense et de rebondissements, plein de fraîcheur, et également émouvant.

Autres avis : Sandrine, Valérie

Extrait : (début du livre)
La silhouette vacillante se hâtait dans la neige. Après la ruelle sombre, en atteignant la grand-place, elle s’arrêta un moment, clignant des yeux dans la lumière, le temps d’habituer sa vision à la luminosité nouvelle.
La neige avait fait son apparition au petit matin, déversant sur tout le Haut-Koenigsbourg des tonnes de poudre blanche. Le vieux bourg alsacien de Bergheim était encore endormi, raidi sous la vague de froid, et les  sapins du fond de la place, figés sous leurs guirlandes glacées, semblaient attendre un signal pour se remettre à respirer. Un oiseau triste traversa le ciel plombé en criant.
Encore quelques minutes et elle serait arrivée à destination. Il lui suffisait de traverser la place en diagonale, mêlant ses pas aux traces brunes qui maculaient la neige vierge et convergeaient toutes en faisceau vers la grande bâtisse grise. AD UNUM PRO TOTIS, lut-elle au fronton. Au coup de heurtoir on lui demanda son nom, en dialecte, depuis l’intérieur.
« Je suis Sœur Clothilde.
- Entrez vite, la Sœur, dit le portier en s’effaçant pour laisser passer la vieille religieuse. On n’attendait plus que vous. Les Vénérables sont réunis. Ça va bientôt commencer. »
Il la laissa monter le grand escalier de pierre couvert d’épais tapis. Elle connaissait le chemin. Elle avait gravi ces marches pour la première fois un an auparavant. A ce souvenir, elle frissonna et accéléra sa montée, sautillant comme un moineau noir, avalant les degrés dans le seul chuintement de la longue robe. Au premier étage, un second portier lui ouvrit la porte de la bibliothèque.
Tout le monde était là. Dans la quasi-obscurité et le silence.
Elle glissa comme un fantôme vers la place qu’elle savait lui être réservée. Deux habitués lui firent un léger signe de tête dans l’ombre quand elle rejoignit le cercle. Les autres la regardèrent froidement, sans émotion, et retournèrent leur attention vers le centre de la pièce.
Ils étaient là, les Vénérables. Si blancs de poil, si âgés, que leur simple présence inspirait le respect, si absorbés dans leur tâche que le silence se faisait encore plus épais, plus lourd, à leur entour. Cornelius Van de Velde, Abraham Ritter et Maurice de Chilly-Fortaleza.
Les trois sommités mondiales en matière de chocolat. Trois savants, trois humanistes bardés de toutes les décorations possibles, reçues dans tous les coins du monde où leurs nombreux voyages les avaient entraînés leur vie durant.
A plus de quatre-vingts ans, ils restaient les experts incontournables du cacao et de ses mystères, et la Cabosse d’Or remise chaque année par leur association était la plus haute distinction qu’un fabricant de chocolat pouvait souhaiter.

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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Couleur"

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08 mars 2012

1000 ème billet ! (ou presque...)

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A l'occasion du 1000ème billet (ou presque...) de ce blog (dont 765 livres commentés), 
j'organise un concours en partenariat avec Amazon pour faire gagner  
un bon d'achat de 50 euros à utiliser sur le site d'Amazon.

 

Pour participer il suffit de répondre aux questions suivantes :

  • Europe : J'ai été interviewée dernièrement par une radio... 
    A propos de quel livre ? 
    Dans quel pays se situe ce livre ?
  • Afrique : Citez un livre de votre choix (titre + auteur + pays) présent dans ce blog dont l'auteur vient d'un pays d'Afrique
  • Amérique : Pour quel pays du continent américain ai-je participé au Challenge Destination
  • Asie : Quel est le dernier livre (titre et auteur) lu dont l'auteur est japonais.
  • Océanie : Quel est le seul livre (titre et auteur) dont l'auteur vient de Nouvelle-Zélande que j'ai lu et présenté sur mon blog ?

 

 

Vos réponses seront envoyées par mail à mon adresse aproposdelivres[at]gmail.com.
N'oublier pas d'indiquer votre pseudo et l’adresse de votre blog.

Le gagnant sera tiré au sort parmi les bonnes réponses.

Le concours s’achèvera le 20 mars minuit (jour du printemps !)

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Attention : Pendant la durée du concours je mets les commentaires en mode modération

 

 

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07 mars 2012

Sous haute tension – Harlan Coben

En librairie depuis le 1er mars 2012

Lu en partenariat avec les éditions Belfond

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France Loisirs - octobre 2011 - 429 pages

Belfond – mars 2012 – 391 pages

traduit de l'américain par Roxane Azimi

Titre original : Live wire, 2011

Présentation éditeur : 
La championne de tennis, Suzze Trevantino est inquiète : d’étranges messages ont été postés sur sa page Facebook, affirmant que l’enfant qu’elle porte n’est pas celui de son époux, Lex Ryder. Depuis, Lex, chanteur de HorsePower – célèbre groupe de rock en mal d’actualité –, est introuvable. 
Ami du couple, Myron Bolitar mène l’enquête. Et lorsqu’il pense mettre la main sur Lex dans une boîte de nuit branchée, celui-ci disparaît de nouveau. Qu’essaie-t-il de fuir ? Et pourquoi se précipite-t-il chez le très mystérieux Gabriel Wire, son richissime partenaire de HorsePower, terré dans sa villa depuis des années ? 
Poursuivant sa mission, Myron fait alors une surprenante rencontre: sa belle-sœur, Kitty. Que fait-elle à New York avec son fils Mickey, dont Myron n’avait jamais entendu parler ? Et où est Brad, ce frère qu’il n’a pas vu depuis seize ans ? Shootée à l’héroïne, la jeune femme refuse de parler. Mais bientôt, Myron fait une découverte bien étrange : Kitty est l’auteur des menaces sur Facebook… 
Meurtres, drogue, rock’n’roll, mafia, traque sur Internet et secrets familiaux… Avec l’aide de son équipe, Myron va remonter le fil d’une périlleuse et délicate affaire, dont il ne sortira pas indemne. À se demander si, parfois, de jolis mensonges ne valent pas mieux qu’une cruelle vérité…

Auteur : Né en 1962, Harlan Coben vit dans le New Jersey avec sa femme et leurs quatre enfants. Diplômé en sciences politiques du Amherst College, il a rencontré un succès immédiat dès ses premiers romans, tant auprès de la critique que du public. Il est le premier auteur à avoir reçu le Edgar Award, le Shamus Award et le Anthony Award, les trois prix majeurs de la littérature à suspense aux États-Unis. Belfond a déjà publié douze de ses romans, dont Ne le dis à personne… (2002) – qui a remporté le Prix des lectrices de Elle et qui a été adapté avec succès au cinéma par Guillaume Canet –, Dans les bois (2008), Sans un mot (2009), Sans laisser d’adresse (2010), Sans un adieu (2010), Faute de preuves (2011) et Remède mortel (2011). Avec Sous haute tension, Harlan Coben signe le nouveau volet des aventures de son personnage récurrent, Myron Bolitar.

Site de l'auteur : http://www.harlan-coben.fr/

http://www.facebook.com/HarlanCobenFrance 

Mon avis : (lu en mars 2012)
Quel plaisir de retrouver Myron Bolitar, notre super agent de MB Reps, et ses acolytes Win, Esperanza et Big Cindy dans un nouvel épisode.
Cette nouvelle enquête va permettre au lecteur d’en connaître un peu plus sur Myron, son passé et sa famille.

Tout commence lorsque Suzze Trevantino, cliente et amie de Myron Bolitar, le contacte car elle a reçu sur sa page Facebook des messages révélant que le bébé qu’elle porte n’est pas de Lex Ryder, son mari. Ce dernier est le chanteur d’un célèbre groupe de rock et il a disparu. En menant son enquête Myron tombe sur Kitty Bolitar, sa belle-sœur, il ne l'a pas revu depuis 16 ans, lorsqu’elle est partie avec Brad le frère de Myron… Y a-t-il un lien entre ces évènements ?  

Comme d'habitude, Harlan Coben nous offre une histoire palpitante, pleine de suspens et de rebondissements… Un vrai « page turner » efficace qui m’a fait passer un très bon moment.

Je remercie beaucoup Pauline et les éditions Belfond pour ce nouveau partenariat.

Concours pour gagner des livres


Extrait : (début du livre)
La vérité la plus abjecte, avait dit jadis un ami à Myron, vaut mieux que le plus séduisant des mensonges.
Myron y repensait à présent, en regardant son père dans son lit d'hôpital. Il se rappela la dernière fois, voilà seize ans, qu'il avait menti à son père, mensonge qui avait engendré tant de souffrance et de destruction, mensonge à l'origine d'un tragique effet boule de neige qui, de désastres en catastrophes, allait les conduire ici.
Son père avait les yeux fermés, le souffle rauque et irrégulier. Des tubes lui sortaient de partout. Myron contempla son avant-bras. Il se souvint, enfant, d'avoir rendu visite à papa dans son entrepôt de Newark. Son père trônait derrière son énorme bureau, les manches retroussées. L'avant-bras était assez puissant alors pour tendre le tissu, transformant la manchette en une sorte de garrot autour du muscle. Aujourd'hui, le muscle paraissait flasque, raboté par l'âge. Le large torse qui lui avait inspiré un tel sentiment de sécurité était toujours là, mais il était devenu fragile, comme si en appuyant dessus on risquait de broyer la cage thoracique à la manière d'un tas de brindilles. Le visage pas rasé était constellé de plaques grises au lieu de la coutumière barbe de cinq heures ; la peau du menton pendait mollement, tel un pardessus trop grand.
La mère de Myron – mariée à Al Bolitar depuis quarante-trois ans – était assise à côté du lit. Sa main, agitée par la maladie de Parkinson, serrait celle de son mari. Elle aussi avait l'air terriblement frêle. Jeune, sa mère avait été une féministe de la première heure : elle avait brûlé son soutien-gorge au côté de Gloria Steinem, arboré des T-shirts avec l'inscription « La place d'une femme est dans la Chambre… et au Sénat ». Tous deux, Ellen et Al Bolitar (« On est El-Al, plaisantait maman, comme la compagnie aérienne d'Israël »), se maintenaient malgré l'outrage des ans, plus chanceux que la plupart des couples vieillissants… Seulement, la chance avait une drôle d'allure, à la fin.
Dieu a un sens de l'humour bien à lui.
— Alors, dit tout bas maman à Myron. Nous sommes d'accord ?
Myron ne répondit pas. Le plus séduisant des mensonges face à la vérité la plus abjecte. Il aurait dû retenir la leçon il y a seize ans, lorsqu'il avait menti à cet homme formidable qu'il aimait par-dessus tout. Mais non, ce n'était pas aussi simple. La vérité la plus abjecte pouvait faire des ravages. Elle pouvait ébranler un monde.
Voire tuer.
Si bien que, quand les yeux de son père papillotèrent, qu'il regarda son aîné d'un air implorant, éperdu presque, comme un enfant, Myron se tourna vers sa mère et hocha lentement la tête. Puis, ravalant ses larmes, il s'apprêta à servir un ultime mensonge à cet homme qu'il chérissait tant.

 

Déjà lu du même auteur :

Ne_le_dis___personne_ Ne le dis à personne sans_un_mot Sans un mot 
sans_laisser_d_adresse Sans laisser d'adresse innocent Innocent 
sans_un_adieu Sans un adieu
 faute_de_preuves Faute de preuves
rem_de_mortel
 
Remède mortel

Challenge Thriller 
Challenge_Thriller
 catégorie "Même pas peur" : 13/8

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16/50 : New Jersey (2)
Harlen Coben vit dans le New Jersey

Challenge New York en littérature
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06 mars 2012

Et puis, Paulette... - Barbara Constantine

Et_puis_Paulette Calmann-Levy – janvier 2012 – 320 pages

Quatrième de couverture : 
Ferdinand vit seul dans sa grande ferme vide. Et ça ne le rend pas franchement joyeux. Un jour, après un violent orage, il passe chez sa voisine avec ses petits-fils et découvre que son toit est sur le point de s’effondrer. À l’évidence, elle n’a nulle part où aller. Très naturellement, les Lulus (6 et 8 ans) lui suggèrent de l’inviter à la ferme. L’idée le fait sourire. Mais ce n’est pas si simple, certaines choses se font, d’autres pas… 
Après une longue nuit de réflexion, il finit tout de même par aller la chercher. 
De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s’agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d’enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux. Et puis, Paulette…

Auteur : Barbara Constantine rêvait depuis toute petite d’être indienne. Elle devient de plus en plus indrienne (habitante de l’Indre). C’est presque. Et puis, Paulette… est son quatrième roman, après Allumer le chat, À Mélie, sans mélo et Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom. Elle écrit aussi pour la jeunesse.

Mon avis : (lu en mars 2012)
C'est toujours un plaisir de lire un livre de Barbara Constantine, une bouffée de bonheur dans notre monde.
Ferdinand veuf, vit seul dans une grande ferme avec le chaton de ses petits fils Chamalo. Il n'est pas franchement heureux, sa joie ce sont les quelques instants qu'il passe avec ses petits-fils (les Lulus de 8 et 6 ans). 
Lorsque le livre commence, Ferdinand manque d'écraser le chien de Marcelline sa voisine. Il découvre alors es difficultés de sa voisine qui vit dans une maison qui tombe en ruine avec comme seules ressources les produits de son jardin qu’elle vend au marché. Après un gros orage et l’inondation la maison, Ferdinand recueille Marcelline, sa chienne, son gros chat et l’âne Cornélius. Puis Guy va les rejoindre, il déprimait depuis le décès de sa femme… Et la petite communauté commence à prendre forme. Il y aura ensuite Simone et Hortense, Muriel, Kim « et puis, Paulette… ». Mais je vous laisse découvrir par vous-même !

C'est une histoire de solidarité, d'amitié, de partage, d'entraide entre générations, entre voisins ou avec de parfaits inconnus… Il est question de mal-logement, de colocation, de dépendance chez les personnes âgées mais aussi d’agriculture biologique… C’est un livre peu dans le même esprit de "Ensemble c’est tout" d’Anna Gavalda.
Un livre qui se dévore, qui est plein d'espoir et qui donne la pêche !

 

Extrait : (début du livre)
Le ventre bien calé contre le volant et le nez sur le pare-brise, Ferdinand se concentre sur sa conduite. L'aiguille du compteur collée sur le cinquante. Vitesse idéale. Non seulement il économise de l'essence, mais ça lui laisse tout le temps de regarder défiler le paysage, d'admirer le panorama. Et surtout, de s'arrêter à la moindre alerte, sans risquer l'accident.
Justement, un chien court, là, devant lui. Réflexe. Il écrase la pédale de frein. Crissement de pneus. Le gravier vole. Les amortisseurs couinent. La voiture tangue et finit par s'immobiliser au milieu de la route.
Ferdinand se penche à la portière.
- Où tu vas comme ça, mon gars ? Traîner la gueuse, j'parie ?
Le chien fait un écart, dépasse la voiture au galop et va s'aplatir un peu plus loin dans l'herbe du fossé. Ferdinand s'extirpe.
- Mais t'es le chien de la voisine. Qu'est-ce que tu fais là, tout seul ?
Il s'approche, tend la main très doucement, caresse sa tête. Le chien tremble.
Au bout d'un moment, enfin amadoué, il accepte de le suivre.
Ferdinand le fait monter à l'arrière et redémarre.
Arrivé à l'entrée d'un chemin de terre, il ouvre la portière. Le chien descend, mais vient se coller contre ses jambes en geignant, l'air d'avoir peur. Ferdinand pousse la petite barrière en bois, l'incite à entrer. Le chien rampe à ses pieds, geint toujours. Il remonte le chemin entre les deux haies de broussailles, arrive devant une petite maison. La porte est entrouverte. Il crie... Oh... Y a quelqu'un ? … Pas de réponse. Il regarde autour. Personne. Il pousse la porte. Au fond, il distingue dans la pénombre une forme allongée sur le lit. Il appelle. Rien ne bouge. Renifle. Ça pue là dedans... Il renifle encore. Ouh la ! Ça pue le gaz !

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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Prénom"

Déjà lu du même auteur :

allumer_le_chat Allumer le chat     a_M_lie__sans_m_lo_p A Mélie, sans mélo
 tom_petit_tom Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom


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05 mars 2012

C'est lundi ! Que lisez-vous ? [67]

BANNIR
(c) Galleane

C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane 

Qu'est-ce que j'ai lu la semaine dernière ?

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La Tour d'arsenic – Anne B. Ragde (Norvège)
Un safari arctique – Jørn Riel (Danemark)
Le jour avant le bonheur – Erri De Luca (Italie)
Mystère rue des Saints-Pères – Claude Izner
La résistance française à Buchenwald - Olivier Lalieu (partenariat News Book)

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Et puis, Paulette... - Barbara Constantine
Sous haute tension - Harlan Coben

Que lirai-je cette semaine ?

Sœurs chocolat - Catherine Velle
Jeu de piste - Marcel Theroux
La disparue du Père-Lachaise - Claude Izner 

Bonne semaine et bonne lecture.

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04 mars 2012

La résistance française à Buchenwald - Olivier Lalieu

Lu dans le cadre du partenariat Logo_News_Book et des éditions Tallendier

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Editions Tallandier – mars 2005 – 

Editions Tallandier – janvier 2012 – 441 pages

Préface de Jorge Semprun

Quatrième de couverture :
Depuis la Libération, le camp de Buchenwald, symbole de la résistance des déportés dans le système concentrationnaire nazi, est au cœur de polémiques acharnées : quel est le rôle respectif des droits communs et des politiques dans le contrôle de l’administration intérieure du camp ? Et chez ces derniers, quelles sont les conséquences des rivalités entre gaullistes et communistes ? Qu’impliquent les rapports de force permanents entre les différentes communautés nationales ? Et dans quelles circonstances le camp est-il libéré, le 11 avril 1945 ? 


Au-delà des passions et des conflits, à partir d’archives et de témoignages inédits et avec le recul serein de l’historien, Olivier Lalieu révèle la véritable histoire de la résistance des déportés français alors que chaque action avait le poids d’une vie.

Auteur : Olivier Lalieu, historien au Mémorial de la Shoah à Paris, est également l’auteur de La Déportation fragmentée. Les anciens déportés parlent de politique (Boutique de l’histoire, 1994) et de nombreux articles ou communications sur la mémoire de la déportation. Jorge Semprun,ancien déporté à Buchenwald, a rédigé la préface de ce livre.

Mon avis : (lu en mars 2012)
J'ai accepté ce partenariat avec Newbook car depuis toujours je me suis intéressée aux témoignages des personnes ayant vécu durant la Seconde Guerre Mondiale. 

Ce livre est est le résultat d'un gros travail d'historien très bien documenté, rassemblant une documentation riche et variée avec des archives officielles ou privées, de nombreux témoignages sur la vie du camp du Buchenwald et en particulier sur la Résistance française. Avec un regard objectif de l'historien, Olivier Lalieu nous décrit avec une grande précision l'histoire de la résistance clandestine à Buchenwald.
Le camp de concentration de Buchenwald « Forêt de hêtres » a été créé en 1937 par le régime hitlérien sur la colline d'Ettersberg près de Weimar, en Allemagne. Les nazis y envoyaient des opposants politiques et religieux allemands comme les sociaux-démocrates, les communistes, les syndicalistes, les libéraux, les démocrates, les pacifistes, les religieux catholiques et protestants (ils portent l'insigne du triangle rouge). Au début, les petits chefs du camp étaient constitués de criminels de « Droit Commun » (les triangles verts), une idée des nazis pour mater . Lorsque la plupart des Français arrivent à Buchenwald en 1943 et 1944, les détenus « Politiques », ont réussi à s’imposer sur les détenus « Droit Commun » pour les postes stratégiques du camp. La Résistance française à Buchenwald va se développer grâce à la rencontre deux hommes aux parcours différents mais dont les personnalités affirmées et leurs engagements vont réussir à créer un collectif français CIF (Comité des intérêts français) et cela permet à la communauté française de se faire mieux respecter. La Résistance dans un camp comme Buchenwald est multiple. C'est avant tout avoir le sens collectif. C'est refuser la brutalité envers les autres détenus. C'est entretenir le moral des déportés en organisant des « loisirs » (dessins, musique, théâtre, conférences...) pour oublier la triste réalité du froid, de la misère, des coups, de la mort. C'est avoir des gestes de solidarité, alimentaire ou vestimentaire, C'est entretenir le moral des déportés en organisant des « loisirs » (dessins, musique, théâtre, conférences...) pour oublier la triste réalité du froid, de la misère, des coups, de la mort. C'est aussi faire du sabotage en particulier dans les usines d'armement qui utilisaient comme main-d’œuvre les déportés. Mais c'est aussi participer à « la dramatique question des « Transports » », c'est à dire établir des listes d'affectations à certains kommandos ou de départ vers d'autres camps.

Ce livre très complet m'a beaucoup intéressée même si certains passages m'ont paru un peu long. J'y ai appris beaucoup de choses, le camp y est décrit avec beaucoup de précision, glossaires, carte, plans, annexes, bibliographies et index enrichissent également ce cours d'histoire.

Un grand merci à News Book et aux éditions Tallendier pour m'avoir permis de découvrir ce livre.


Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Géographie"

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03 mars 2012

Mystère rue des Saints-Pères – Claude Izner

myst_re_rue_des_Saints_P_res 10/18 – mars 2003 – 282 pages

Quatrième de couverture :
Comme nombre de visiteurs du monde entier, Victor Legris, libraire rue des Saints-Pères, se rend à l'Exposition universelle où la tour Eiffel, qui vient d'être achevée, trône en véritable vedette. En ce début d'été 1889, les Parisiens ont bien du mal à se frayer un chemin dans la foule qui se presse entre les kiosques multicolores, dans les allées envahies de pousse-pousse et d'âniers égyptiens...
Au premier étage de la tour, Victor doit retrouver Kenji Mori, son associé, et son ami Marius Bonnet, qui vient de lancer un nouveau journal, Le Passe-partout. Mais leur rendez-vous est vite interrompu : une femme vient de s'écrouler sous le coup d'une étrange piqûre. S'ensuit une série de morts inexpliquées qui vont marquer les débuts d'enquêteur de Victor Legris...
Ces nouveaux mystères de Paris nous plongent dans la capitale des impressionnistes, ses " villages " et ses quartiers populaires.

Auteur : Claude Izner est le pseudonyme de deux sœurs, Liliane Korb et Laurence Lefèvre. Liliane a longtemps exercé le métier de chef-monteuse de cinéma, avant de se reconvertir bouquiniste sur les quais de la Seine, qu'elle a quittés en 2004. Laurence a publié deux romans chez Calmann-Lévy, Paris-Lézarde en 1977 et Les Passants du dimanche en 1979. Elle est bouquiniste sur les quais. Elles ont réalisé plusieurs courts métrages et des spectacles audiovisuels. Elles écrivent ensemble et individuellement depuis de nombreuses années, tant pour la jeunesse que pour les adultes. Les enquêtes de Victor Legris sont aujourd'hui traduites dans huit pays.

Mon avis : (lu en février 2012)
J'avais envie de découvrir cette série depuis le passage des auteurs à l'émission de La Grande Librairie et c'est à la suite de l'article de mrs pepys que j'ai emprunté les deux premiers livres à la bibliothèque.
Victor Legris est libraire rue des Saints-Pères, il est également détective amateur. Il vient d'accepter de participer à la rédaction du nouveau journal créé par son ami Marius Bonnet le "Passe-partout".
Une série de morts mystérieuses apparemment provoquées par des piqûres d’abeilles affole les Parisiens et les visiteurs de l'Exposition Universelle de 1889 dont la Tour Eiffel en est la principale attraction. Victor Legris va alors mener son enquête. Cette enquête nous plonge dans le Paris de la fin du XIXe siècle, avec ses villages et ses quartiers.
C'est un roman policier qui se lit facilement. J'ai beaucoup aimé les descriptions de Paris à cette époque. Le décor et l'ambiance avec ses bruits, ses odeurs sont très bien rendus car très bien documentés. Il est question de la vie intellectuelle de l’époque, du Paris des impressionnistes... Les personnages sont très attachants.

Extrait : (début du livre)
Des nuées d'orage couraient au-dessus de la steppe coincée entre les fortifications et la gare de marchandises des Batignolles. La vaste étendue d'herbe galeuse dégageait des relents d'égout. Groupés autour de tombereaux d'ordures ménagères, des chiffonniers nivelaient à coups de crochet une marée de détritus, soulevant des tourbillons de poussière. Au loin, un train s'avançait, grossissait lentement. Une bande de gamins dévala les buttes en hurlant :
- Le voilà ! Buffalo Bill arrive !
Jean Méring se redressa, posa les poings sur ses hanches et se pencha en arrière pour soulager ses courbatures. La récolte était bonne : une chaise à trois pattes, un cheval à bascule éventré, un vieux parapluie, une épaulette de soldat, un morceau de cuvette à filet d'or. Il se tourna vers Henri Capus, un petit homme maigrichon à la barbe déteinte.
- Je vais voir les Peaux-Rouges, tu me rejoins ? dit-il en ajustant sa hotte d'osier sur ses épaules.
Il attrapa sa chaise, dépassa les voitures de l'agence Cook et se mêla aux badauds massés aux abords de la gare : ouvriers, petits-bourgeois, gens de la haute venus en fiacre.
Sifflant à toute vapeur, une locomotive suivie d'un interminable convoi freina le long du quai dans un panache de fumée. Jean Méring vit s'arrêter devant lui un wagon bâché où piétinaient des chevaux affolés, la crinière en bataille. Des hommes au teint brûlé coiffés de feutres bosselés, des Indiens au visage peint couronné de plumes se penchaient aux portières. Il y eu une bousculade. Jean Méring porta vivement une main à sa nuque, quelque chose l'avait piqué. D'une démarche mal assurée, il se glissa de côté, tituba, trébucha contre une femme qui le repoussa en le traitant d'ivrogne. Ses jambes se dérobèrent, la chaise lui échappa, il s'affaissa sur les genoux et bascula à terre, entraîné par le poids de sa hotte. Il tenta de soulever la tête mais il était trop faible. Il entendit la voix d'Henri Capus, assourdie.
- Qu'est-ce qui t'arrive, mon vieux ? Tiens bon, je vais t'aider. Qu'est-ce qui ne va pas ?
Un râle fusa de ses bronches, il parvint à articuler : - Ab... a-beille.  

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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC 2012
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"Personne connue"

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01 mars 2012

Le jour avant le bonheur – Erri De Luca

Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
un_mot_des_titres 

Le mot : BONHEUR

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Gallimard – mai 2010 – 137 pages

Folio – janvier 2012 – 157 pages

traduit de l'italien par Danièle Valin

Titre original : Il giorno prima della felicità, 2009

Quatrième de couverture :
Nous sommes à Naples, dans l'immédiat après-guerre. Un jeune orphelin, qui deviendra plus tard le narrateur de ce livre, vit sous la protection du concierge, don Gaetano. Ce dernier est un homme généreux et très attaché au bien-être du petit garçon, puis de l'adolescent. Il passe du temps avec lui, pour parler des années de guerre et de la libération de la ville par les Napolitains ou pour lui apprendre à jouer aux cartes. Il lui montre comment se rendre utile en effectuant de menus travaux et, d'une certaine façon, il l'initie à la sexualité en l'envoyant un soir chez une veuve habitant dans leur immeuble. Mais don Gaetano possède un autre don : il lit dans les pensées des gens, et il sait par conséquent que son jeune protégé reste hanté par l'image d'une jeune fille entraperçue un jour derrière une vitre, par hasard, lors d'une partie de football dans la cour de l'immeuble. Quand la jeune fille revient des années plus tard, le narrateur aura plus que jamais besoin de l'aide de don Gaetano... Dans la veine de Montedidio, ce nouveau livre du romancier italien s'impose comme un très grand roman de formation et d'initiation.

Auteur : Erri De Luca est né à Naples en 1950 et vit à la campagne près de Rome. Aux Editions Gallimard ont paru notamment Montedidio (2002, prix Femina étranger), Noyau d'olive (2004) ou encore Au nom de la mère (2006). Il est aujourd'hui un des écrivains italiens les plus lus dans le monde.

 

Mon avis : (lu en février 2012)
Ce livre de moins de 140 pages nous raconte un monde, une époque. L'auteur écrit avec une langue pleine de finesse et de poésie. Nous sommes à Naples juste après-guerre, le concierge d'un immeuble don Gaetano recueille et protège un jeune orphelin. Il va l'éduquer et lui apprendre ce qu'il sait, il lui raconte des histoires de guerre et de libération de Naples, il lui apprend à jouer aux cartes... L'orphelin, le narrateur du livre, a un soif d'apprendre auprès de don Gaetano, de son maître d'école, du libraire don Raimondo qui lui prête des livres. Il va grandir et don Gaetano est toujours présent à ses côtés. Il n'a jamais oublié le regard d'une fillette à la fenêtre d'un appartement, lorsqu'il était enfant et qu'il grimpait comme un singe récupérer des ballons sur les balcons.
Un roman simple et touchant.

Extrait :(début du livre)
Je découvris la cachette parce que le ballon était tombé dedans. Derrière la niche de la statue, dans la cour de l'immeuble, se trouvait une trappe recouverte de deux petites planches en bois. Je vis qu'elles bougeaient en posant les pieds dessus. J'eus peur, je récupérai la balle et sortis en me faufilant entre les jambes de la statue.
Seul un enfant fluet et contorsionniste comme moi pouvait glisser sa tête et son corps entre les jambes à peine écartées du roi guerrier, après avoir contourné l'épée plantée juste devant ses pieds. La balle avait atterri là-derrière après avoir rebondi entre l'épée et la jambe.
Je la poussai dehors, les autres reprirent leur partie tandis que je me tortillais pour m'extraire de là. Il est facile d'entrer dans les pièges, mais il faut transpirer pour en sortir. Et la peur me pressait. Je repris ma place dans les buts. Ils me faisaient jouer avec eux parce que je récupérais le ballon où qu'il aille. Une de ses destinations habituelles était le balcon du premier étage, une maison abandonnée. On disait qu'elle était habitée par un fantôme. Les vieux immeubles étaient pleins de trappes murées, de passages secrets, de crimes et d'amours illicites. Les vieux immeubles étaient des nids de fantômes.

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Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Italie

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