Lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres...
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Le mot : BONHEUR

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Gallimard – mai 2010 – 137 pages

Folio – janvier 2012 – 157 pages

traduit de l'italien par Danièle Valin

Titre original : Il giorno prima della felicità, 2009

Quatrième de couverture :
Nous sommes à Naples, dans l'immédiat après-guerre. Un jeune orphelin, qui deviendra plus tard le narrateur de ce livre, vit sous la protection du concierge, don Gaetano. Ce dernier est un homme généreux et très attaché au bien-être du petit garçon, puis de l'adolescent. Il passe du temps avec lui, pour parler des années de guerre et de la libération de la ville par les Napolitains ou pour lui apprendre à jouer aux cartes. Il lui montre comment se rendre utile en effectuant de menus travaux et, d'une certaine façon, il l'initie à la sexualité en l'envoyant un soir chez une veuve habitant dans leur immeuble. Mais don Gaetano possède un autre don : il lit dans les pensées des gens, et il sait par conséquent que son jeune protégé reste hanté par l'image d'une jeune fille entraperçue un jour derrière une vitre, par hasard, lors d'une partie de football dans la cour de l'immeuble. Quand la jeune fille revient des années plus tard, le narrateur aura plus que jamais besoin de l'aide de don Gaetano... Dans la veine de Montedidio, ce nouveau livre du romancier italien s'impose comme un très grand roman de formation et d'initiation.

Auteur : Erri De Luca est né à Naples en 1950 et vit à la campagne près de Rome. Aux Editions Gallimard ont paru notamment Montedidio (2002, prix Femina étranger), Noyau d'olive (2004) ou encore Au nom de la mère (2006). Il est aujourd'hui un des écrivains italiens les plus lus dans le monde.

 

Mon avis : (lu en février 2012)
Ce livre de moins de 140 pages nous raconte un monde, une époque. L'auteur écrit avec une langue pleine de finesse et de poésie. Nous sommes à Naples juste après-guerre, le concierge d'un immeuble don Gaetano recueille et protège un jeune orphelin. Il va l'éduquer et lui apprendre ce qu'il sait, il lui raconte des histoires de guerre et de libération de Naples, il lui apprend à jouer aux cartes... L'orphelin, le narrateur du livre, a un soif d'apprendre auprès de don Gaetano, de son maître d'école, du libraire don Raimondo qui lui prête des livres. Il va grandir et don Gaetano est toujours présent à ses côtés. Il n'a jamais oublié le regard d'une fillette à la fenêtre d'un appartement, lorsqu'il était enfant et qu'il grimpait comme un singe récupérer des ballons sur les balcons.
Un roman simple et touchant.

Extrait :(début du livre)
Je découvris la cachette parce que le ballon était tombé dedans. Derrière la niche de la statue, dans la cour de l'immeuble, se trouvait une trappe recouverte de deux petites planches en bois. Je vis qu'elles bougeaient en posant les pieds dessus. J'eus peur, je récupérai la balle et sortis en me faufilant entre les jambes de la statue.
Seul un enfant fluet et contorsionniste comme moi pouvait glisser sa tête et son corps entre les jambes à peine écartées du roi guerrier, après avoir contourné l'épée plantée juste devant ses pieds. La balle avait atterri là-derrière après avoir rebondi entre l'épée et la jambe.
Je la poussai dehors, les autres reprirent leur partie tandis que je me tortillais pour m'extraire de là. Il est facile d'entrer dans les pièges, mais il faut transpirer pour en sortir. Et la peur me pressait. Je repris ma place dans les buts. Ils me faisaient jouer avec eux parce que je récupérais le ballon où qu'il aille. Une de ses destinations habituelles était le balcon du premier étage, une maison abandonnée. On disait qu'elle était habitée par un fantôme. Les vieux immeubles étaient pleins de trappes murées, de passages secrets, de crimes et d'amours illicites. Les vieux immeubles étaient des nids de fantômes.

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Challenge Voisins, voisines
voisin_voisines2012
Italie