31 août 2017

Le prétendant - Hanne-Vibeke Holst

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Héloïse d'Ormesson - octobre 2015 - 717 pages

Pocket - avril 2017 - 752 pages

traduit du danois par Caroline Berg

Titre original : Kongemordet, 2005

Quatrième de couverture :
Danemark, novembre 2001. À la suite de l'écrasante défaite du gouvernement aux élections, Gert Jacobsen, ancien ministre, brigue la tête du parti et se lance dans une ambitieuse course à la popularité pour s'attirer les suffrages. Toutefois, derrière l'excellence de son parcours, cet assoiffé du pouvoir dissimule un secret et une part d'ombre. Sa femme, Linda, ne cesse d'en faire les frais. Quand les accès de violence du " prétendant " dépassent la sphère intime, sa campagne est mise en péril. 
Sait-on vraiment qui nous gouverne ? 
Jusqu'où la vie privée des politiques doit-elle être protégée ? 

Auteur : Hanne-Vibeke Holst, née en 1959 à Hjørring, est une auteur danoise. Avant de se consacrer à l'écriture, elle a longtemps été journaliste politique et s'est également illustrée par son engagement pour la cause des femmes. Elle siège aujourd'hui comme membre de la Commission danoise de l'Unesco. Véritables best-sellers au Danemark, ses romans ont été traduits en plusieurs langues, dont l'allemand, le néerlandais et le suédois. L'Héritière (2014) et Le Prétendant (2015) ont été publiés en France aux Éditions Héloïse d'Ormesson. Hanne-Vibeke Holst a reçu plusieurs prix littéraires, notamment le Søren Gyldendal en 2003 et le Laurel d'Or, prix annuel des libraires danois, en 2008. 

Mon avis : (lu en juillet 2017)
C'est la suite du roman politique "L'Héritière". Après la défaite écrasante du parti social démocrate, Per Vittrup perd son poste de Premier ministre et rendu responsable de l'échec des élections par quelques uns du parti. Son rival, Gert Jacobsen, ex-ministre des finances, a très envie de prendre sa place à la tête du parti... Charlotte Damgaard, restée fidèle à Per Vittrup, est toujours aussi populaire. Elle est moins présente dans cet épisode dont le personnage principal est Gert Jacobsen. Ce dernier a quelques secrets à cacher, en particulier le harcèlement et la violence qu'il pratique contre son épouse... Il a également la mauvaise habitude de draguer les jolies jeunes femmes qu'il côtoit... Cela pourrait lui causer du tort...
Dans ce livre, Hanne-Vibeke Holst aborde des sujets très variés comme la violence conjugale, l'intégration des immigrés, les relations avec la presse, les rivalités en politique...
C'est un roman est captivant, le lecteur se passionne pour ce suspens politique qui dévoile les dessous de la politique... Dès que possible, je me procurerai le troisième épisode de cette série !

Extrait : (début du livre)
Seuls quelques intimes, ceux qu’un futur ex-conseiller appelle la junte, sont présents dans le bureau du Premier ministre ce 20 novembre 2001, le soir des élections. Ils ne sont pas plus d’une poignée à partager le vin et la petite collation servie pour l’occasion. Le même futur ex-conseiller, le seul à faire honneur à l’excellent plat de poisson, comparera ce dernier repas à la cène, avec l’humour noir qui le caractérise. Il qualifiera l’ambiance dans le bureau du Premier ministre, où deux écrans de télévision sont allumés simultanément, l’un sur DR1, l’autre sur TV2, de surréaliste, dès le moment où les premières estimations anéantissent tout espoir pour le gouvernement de Per Vittrup de rester en place, comme l’avaient prédit les oracles. Avec son sens du détail, il décrira les narines frémissantes d’Elisabeth Meyer et la chevelure incendiaire de Gert Jacobsen, mais en premier lieu, il déplorera le refus presque autistique de la tête de file des sociaux-démocrates de s’exprimer sur cette débâcle. Moins de 30% des suffrages exprimés ! La gifle est si cuisante que le pessimiste le plus invétéré, en l’occurrence le conseiller lui-même, n’aurait jamais pu imaginer pire. Qu’attend-on d’un véritable leader dans une situation aussi dramatique ? Qu’il demande à ce qu’on le laisse seul, peut-être ? Qu’il sorte un revolver du tiroir de son bureau ou un sabre de son fourreau pour en finir avec l’existence ? Ou qu’il prenne dans sa poche un beau discours et se présente devant ses pairs pour assumer l’entière responsabilité de la défaite qui, contrairement à la victoire, est le plus souvent orpheline ? Toutes sortes de réactions sont admissibles, sauf la sienne, que le bientôt ex-conseiller comparera à celle d’une « poule qui continue à tourner en rond dans la basse-cour, refusant d’admettre qu’on vient de lui couper la tête». Quand le résultat final est annoncé, se souviendra le conseiller, c’est Elisabeth Meyer qui se révèle une fois de plus être le membre le plus viril du gouvernement. Elle est la seule à lui poser tout haut la question que tout le monde se pose tout bas : « Quel enseignement comptes-tu tirer de cette déculottée, Per ? – Pardon ? » dit le Premier ministre sortant, en même temps qu’il téléphone au président de l’antenne régionale de l’Ouest-Jutland pour savoir où ils en sont du comptage des suffrages personnels. Pour s’assurer qu’il est toujours dans le top cinq. Le futur ex-conseiller remarquera, tout en écrasant sa cigarette dans la carcasse dépouillée du poisson, que c’est à ce moment précis que Meyer et Jacobsen se détachent de lui, physiquement. Brusquement. Comme un couple qui se prend par la main pour sauter d’un train qui déraille.

 Challenge Voisins Voisines 
voisins_voisines2017
Danemark

Déjà lu du même auteur :

51frwe-dTzL L'Héritière

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29 août 2017

La chambre des époux - Eric Reinhardt

Lu en partenariat avec Babelio et Gallimard

A19720 Gallimard - août 2017 - 176 pages

Quatrième de couverture :
Nicolas, une quarantaine d’années, est compositeur de musique. Un jour, sa femme Mathilde apprend qu’elle est atteinte d’un grave cancer du sein qui nécessite une intense chimiothérapie. Alors que Nicolas s’apprête à laisser son travail en plan pour s’occuper d’elle, Mathilde l’exhorte à terminer la symphonie qu’il a commencée. Elle lui dit qu’elle a besoin d’inscrire ses forces dans un combat conjoint. Nicolas, transfiguré par cet enjeu vital, joue chaque soir à Mathilde, au piano, dans leur chambre à coucher, la chambre des époux, la symphonie qu’il écrit pour l’aider à guérir. 

S’inspirant de ce qu’il a lui-même vécu avec son épouse pendant qu’il écrivait son roman Cendrillon voilà dix ans, Éric Reinhardt livre ici une saisissante méditation sur la puissance de la beauté, de l’art et de l'amour, qui peuvent littéralement sauver des vies.

Auteur : Né en 1965, Eric Reinhardt est l'auteur de six romans, parmi lesquels Cendrillon (2007), Le système Victoria (2011) et L'amour et les forêts (2014), qui lui a valu le prix Renaudot des lycéens 2014, le prix Roman France Télévisions 2014 et le prix Roman des étudiants France Culture - Télérama 2015.

Mon avis : (lu en août 2017)
C'est la première fois que je lisais cet auteur. J'ai été touché par le premier chapitre où l'auteur raconte comment, en couple, il a lutté sa femme, Margot, et lui contre le cancer de celle-ci. Ils avaient passé un marché, lui terminait d'écrire son livre en cours en quelques mois pendant qu'elle suivait ses chimios pour se soigner. Et chaque soir, Eric lisait des extraits de son livre à son épouse et lui donnait également tout son amour pour la soutenir. Le livre est un succès et Margot est en rémission.
Ensuite, j'ai été déstabilisée par le tournant que prend le livre... Il vient de témoigner très joliment de tout l'amour qu'il a pour sa femme, et voilà qu'il raconte sa rencontre avec Marie à l'occasion d'un salon professionnel. Marie a survécu miraculeusement à un cancer du pancréas alors que les médecins ne lui donnaient que quelques semaines à vivre. En voyant Marie, le narrateur voit en elle la vie et il en tombe immédiatement amoureux... Etant un homme fidèle, malgré leur complicité réciproque durant la soirée, ils ne se passera rien de plus.
Le narrateur imagine écrire un livre à partir de cette rencontre, pour lui donner une suite... Eric devient Nicolas, compositeur, Margot  devient Mathilde et Marie reste Marie...
Pourquoi nous raconter deux fois la même histoire où presque ? Et surtout pour conclure qu'il n'écrira finalement pas le livre imaginé !
J'ai été également dérangée par l'abus de texte mis entre parenthèses... Il y a même parfois deux niveaux de parenthèses ! Cela a du sens pour une équation mathématique mais en littérature c'est incongru et cela complexifie la lecture.
Conclusion, le rendez-vous avec ce livre est manqué, je n'ai pas aimé cette mise en abyme...

Merci Babelio et Gallimard pour ce partenariat "Rentrée Littéraire 2017"

Extrait : (début du livre)
Son cancer lui a été annoncé, à la suite d’une mammographie effectuée à son initiative en raison d’une grosseur, en décembre 2006. Comme cette tumeur d’un peu plus de quarante millimètres n’avait pas été détectée six mois plus tôt par le même examen, les médecins ont émis l’hypothèse d’un cancer à évolution rapide, éventuellement inflammatoire. Le délai nécessaire à l’analyse
de la ponction a été ce que j’ai vécu de plus douloureux de toute mon existence.
Pendant ces quelques jours, pour échapper à l’angoisse de l’attente, j’allais me réfugier dans mon bureau, où j’écrivais les pages de Cendrillon consacrées à Margot. Le hasard avait voulu que j’en sois là de mon roman quand elle m’avait téléphoné pour m’annoncer qu’elle était malade. Ces mots d’amour qui sortaient du clavier comme des larmes, j’ai parfois frémi de les sentir comme une nécrologie, mais que faire d’autre ? Ces pages de Cendrillon sont pour moi comme le sortilège qu’éperdu j’ai lancé avec rage au visage du cancer.
Les examens ont révélé qu’il n’était pas inflammatoire mais à évolution rapide, stade 4. Il a été décidé d’un protocole en trois temps, huit cures de chimiothérapie à partir du 5 janvier, une opération début juillet pour extraire ce qui subsisterait de la tumeur, enfin pendant deux mois une séance de rayons quotidienne.
Quoi de plus banal qu’un cancer du sein ? Mais c’est rien, de nos jours, un cancer du sein ! Toutes les femmes ont un cancer du sein ! J’ai prononcé et entendu ces phrases un nombre incalculable de fois, lancées vers elle pour la tranquilliser. Mais personne, à l’hôpital, bien entendu, ne peut tenir ce genre de propos. Les cancérologues ne peuvent pas dire que le cancer du sein est anodin. Rien n’est dit, jamais, pour rassurer le malade. Quand celui-ci, affaibli, mendie un mot encourageant, il ne l’obtient jamais. Il doit vivre avec cette hypothèse que la chimio sera peut-être inefficace. J’ai vu réapparaître les symptômes de ces crises de panique que j’avais connus chez elle quand nous nous étions rencontrés. Je me suis dit que le pire n’était pas tant la maladie, dont s’occupaient désormais les médecins, que l’effroi, l’angoisse, une panique dévastatrice. J’avais peur qu’elle ne s’abandonne à son mal. Elle était déjà partie pour une croisière fatale dans les ténèbres. C’est contre ça, je l’ai compris, que nous devions lutter. Car cette croisière et le cancer dont elle ferait son océan nocturne pourraient fort bien nous engloutir.
Elle commençait à regretter que nous ayons fait un deuxième enfant. Pourquoi tu dis ça ? je l’interrogeais. Elle se mettait à pleurer. Il est trop petit… elle me répondait. Trop petit… mais trop petit pour quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ? L’idée que morte elle laisse derrière elle un enfant de quatre ans lui était insupportable. Elle se sentait coupable d’avoir donné naissance à un enfant qu’elle allait devoir abandonner. Pour moi la question n’était déjà plus là, qu’elle vive ou qu’elle meure, car je m’étais convaincu qu’elle n’était plus en danger. Tu ne vas pas mourir. Tu ne vas pas le laisser seul. Crois-moi. Tu vas vivre. Il va te voir vieillir ton enfant ! Je passais des heures à ses côtés à combattre ses démons mortifères.

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28 août 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [306]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane

Billets publiés la semaine dernière ?

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Un appartement à Paris - Guillaume Musso
Ça aussi, ça passera - Milena Busquets
Maman est en haut - Caroline Sers

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

Par amour - Valérie Tong Cuong (partenariat  Audiolib)

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Promesse - Jussi Adler Olsen (partenariat  Audiolib)
Le jour d'avant - Sorj Chalandon

Bonnes lectures et bonne semaine

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27 août 2017

Maman est en haut - Caroline Sers

41jrpLDQ6oL Buchet Chastel - octobre 2016 - 251 pages

Quatrième de couverture :
Cerise, la quarantaine bien entamée, vit seule avec ses deux enfants, supporte sa mère, a des élans hypocondriaques, se demande si elle ne devrait pas changer de boulot et, dans les moments extrêmes, ouvre une bouteille de vin blanc pour réfléchir. Un matin, lors du traditionnel appel téléphonique maternel, elle perd le fil de la conversation et n'écoute plus. Pourtant, quand Marie lui assène "J'ai eu raison, n'est-ce pas ?", prise de court, Cerise acquiesce. Le soir même, la gendarmerie l'informe que sa mère est en garde à vue, et refuse de lui en dire plus... Qu'a-t-elle pu faire encore ? Pendant les semaines qu'il lui faudra pour comprendre, Cerise va traverser quelques turbulences... Maman est en haut : perchée depuis des années ; en haut de l'arbre généalogique. Une position idéale pour lâcher quelques bombes !

Auteur : Caroline Sers vit entre Paris et le Gers. 

Mon avis : (lu en juillet 2017)
J'ai pris un peu au hasard ce livre à la Bibliothèque avant mon départ en vacances, encore un livre sur la relation mère-fille... C'est le hasard, la thématique de ce livre et celle du livre précédent est très proche... Ici la mère de la narratrice est vivante...
Cerise a la quarantaine, elle a deux enfants, Rose et Vladimir qu'elle élève seule depuis son divorce. Marie, sa mère, appelle au téléphone systématiquement sa fille tous les jours et cette dernière n'écoute plus que d'une oreille les maux de sa vieille mère...
Le soir même, Cerise reçoit un appel de la gendarmerie qui l'informe que Marie est en garde à vue, mais aucun détail supplémentaire ne lui est communiqué...
Cerise s'inquiète mais d'autres soucis la préoccupent, au travail une réorganisation est en cours, son ex-mari voudrait bien revenir avec elle, Rose, sa fille, est en pleine adolescence difficile... Elle tente de trouver du secours auprès de son frère Sébastien. Mais ce dernier a coupé toute relation avec leur mère...
J'attendais un livre léger et amusant. Je me suis ennuyée dans cette lecture qui explore les relations familiales... 

Extrait : (début du livre)
Procrastination. C’était le terme que Cerise cherchait la veille. Impossible de… – comment dit-on déjà? –, pas « remettre la main dessus », se le remémorer, voilà ! Et encore un mot qui lui échappait. C’était parce qu’elle ne dormait pas assez, sûrement. Ou parce qu’elle avait toujours dix fers au feu en même temps. De plus en plus souvent, un mot lui venait pour un autre, elle tordait les expressions, les mélangeant comme le font parfois les jeunes enfants – mais, à quarante-cinq ans, ce n’était plus du tout mignon. Elle faisait mine de s’en amuser, pourtant, surjouant volontiers, avec les copines, la mère débordée qui en perd son latin. Mais une inquiétude sourde l’habitait, tapie derrière les mille choses dont elle devait s’occuper chaque jour. Une petite graine sournoise qu’elle avait peur de nourrir en y pensant trop.
Procrastination. Alors que son temps était si précieux. Elle n’avait jamais « rien à faire » et elle gâchait les moments où, miraculeusement, personne ne comptait sur elle par des hésitations sans fin et des remises en question de décisions pourtant prises, la veille, avec toute la fermeté possible.
Depuis déjà cinquante minutes, elle triturait la page d’accueil du site qu’elle était en train de créer, changeant de modèle compulsivement sans être capable d’en préférer un. Peut-être devrait-elle imaginer un environnement graphique original, qu’elle élaborerait elle-même, plutôt que de se contenter de modèles proposés à la chaîne? Avoir un site vraiment personnel, au lieu de se contenter d’un visuel commun, banal, déjà utilisé par quelqu’un d’autre? Mais il lui faudrait alors apprendre à utiliser un logiciel de création de site, et se former au design graphique… L’idée de mettre encore un obstacle entre son idée et sa concrétisation la tenta pendant quelques minutes. Ah ! qu’il était bon de se dire : « Je le ferais bien, mais il faut d’abord que… » Elle tapa sur Google quelques mots-clefs pour se faire une idée de ce qui existait en termes de formation, puis cliqua sur un lien vers un article et se plongea dans la lecture d’une étude comparée de l’utilisation d’Internet selon les pays. Ça, ce n’était pas à proprement parler une perte de temps, si on y réfléchissait. Il fallait tout de même qu’elle comprenne le marché, qu’elle soit au fait de ce que désiraient les gens, là, dehors… Ces « gens » qu’elle voulait absolument convaincre d’aller voir son futur site.

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24 août 2017

Ça aussi, ça passera - Milena Busquets

Lu en partenariat avec Folio

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Folio - avril 2017 - 187 pages

Gallimard - mai 2015 - 192 pages

traduit de l'espagnol par Robert Amutio

Titre original : También esto pasarà, 2015 

Quatrième de couverture :
Après la mort de sa mère, Blanca quitte Barcelone pour s’installer dans la maison de vacances familiale de Cadaqués. Sous le soleil de la Méditerranée, elle cherche l’apaisement. Une troupe disparate et invraisemblable l’accompagne : ses deux ex-maris, ses fils, ses amies Sofía et Elisa, son amant Santi et, bien entendu, sa mère, intellectuelle libre et exigeante. Blanca l’a tant aimée et tant détestée. Elle lui écrit mentalement une lettre et lui dit avec ses mots tendres, drôles et poignants, que face à la mort elle choisit la légèreté, l’été, la vie.

Auteur : Née en 1972 à Barcelone, ancienne élève du lycée français de Barcelone, Milena Busquets a travaillé pendant de nombreuses années chez Editorial Lumen, fondé par sa famille au début des années 1960. Après avoir créé sa propre maison d'édition, écrit un premier roman, travaillé pour un magazine people et comme attachée de presse pour une marque de mode, elle est aujourd'hui journaliste et traductrice de l'anglais et du français.

Mon avis : (lu en juillet 2017)
La mère de Blanca est morte depuis peu, et pour affronter son deuil elle décide de partir en vacances à Cadaquès dans la maison de son enfance. Pour ne pas être seule avec sa douleur, elle invite également à l'accompagner ses enfants, ses deux ex-maris, ses deux amies Sofia et Elisa et Sadi, son amant, n'est pas loin, en vacances avec sa famille. Dans ce livre, Blanca s'adresse souvent à sa mère, elle revient sur leurs souvenirs communs... Pour parvenir à surmonter le chagrin de la perte de sa mère, Blanca se réfugie dans la légèreté et la frivolité... Le lecteur découvre tour à tour le quotidien d'une bande d'amis et famille en vacances au bord de la mer en été et les pensées graves et profondes de Blanca durant son deuil. 
Un livre qui se lit facilement, mais qui ne m'a pas vraiment intéressé... Je ne me suis pas attachée au personnage de Blanca dont la frivolité m'a dérangée... L'invitation à la plage que suggérait la couverture du livre n'a pas été à la hauteur de mes espérances. 

Merci Folio pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
Je ne sais pour quelle étrange raison, je n’ai jamais pensé que j’aurais un jour quarante ans. À vingt ans, je m’imaginais dix ans plus tard, vivant avec l’amour de ma vie et quelques enfants. Et je me voyais à soixante ans, faisant des tartes aux pommes pour mes petits enfants, moi qui ne sais même pas faire un œuf au plat, mais j’aurais appris entre-temps. Et à quatre-vingts ans, en vieille croulante, sifflant du whisky avec mes copines. Mais jamais je ne me suis imaginée âgée de quarante ans, ou même de cinquante. Et pourtant, me voilà. J’enterre ma mère et, en plus, j’ai quarante ans. Je ne sais pas très bien comment je suis arrivée jusqu’ici, ni jusqu’à ce village, qui, d’un coup, me fiche une envie horrible de vomir. Je crois que jamais de ma vie je n’ai été si mal habillée. De retour chez moi, je jetterai au feu tous les vêtements que je porte aujourd’hui, ils sont imbibés de fatigue et de tristesse, il n’y a plus rien à en faire. Presque tous mes amis sont venus, et quelques uns des siens aussi, et des personnes qui n’ont jamais été amies de qui que ce soit. Il y a beaucoup de gens, et il y a des gens qui ne sont pas là. Vers la fin, la maladie qui l’a sauvagement jetée à bas de son trône et a détruit sans pitié son royaume l’a rendue très chiante avec nous tous et, bien sûr, le jour de l’enterrement, ça se paie. D’une part, toi, la morte, tu les as pas mal emmerdés, et, d’autre part, moi, la fille, je ne leur plais pas trop. C’est ta faute, maman, bien sûr. Peu à peu, sans t’en apercevoir, tu as fait reposer sur mes épaules toute la responsabilité de ton bonheur qui chaque jour diminuait. Et cela me pesait, me pesait tellement. Même quand je me trouvais loin, même lorsque j’ai commencé à comprendre et à accepter ce qui se passait, même quand je me suis écartée un peu de toi en voyant que, si je ne le faisais pas, tu ne serais pas la seule à mourir sous tes décombres. Mais je crois que tu m’aimais, ni beaucoup ni peu, tu m’aimais un point c’est tout. J’ai toujours pensé que ceux qui disent « je t’aime beaucoup » ne vous aiment en fait qu’un peu, ou alors qu’ils ajoutent « beaucoup », qui dans ce cas signifie « un peu », par timidité ou par peur de la force du « je t’aime » qui est la seule manière de dire « je t’aime ». Ce « beaucoup » transforme « je t’aime » en un spectacle tous publics, alors qu’en réalité il ne l’est presque jamais. « Je t’aime », les mots magiques qui peuvent vous transformer en chien, dieu, cinglé, ombre. En plus, beaucoup de tes amis étaient des progressistes, des « gauchos », je crois que maintenant on ne les appelle plus comme ça ou alors c’est qu’il n’y en a plus. Ils ne croyaient pas en Dieu, ni en une vie après la mort. Je me souviens du temps où c’était la mode de ne pas croire en Dieu. Aujourd’hui, si vous dites que vous ne croyez pas en Dieu, ni en Vishnou, ni en la terre-mère, ni en la réincarnation, ni en l’esprit de je ne sais quoi, ni en rien, on vous regarde d’un air apitoyé et on vous dit  : « On voit bien que tu n’as pas atteint l’illumination. » Alors ils ont dû penser : « Je vais plutôt rester chez moi, assis sur le canapé, avec une bouteille de vin, à lui rendre mon hommage personnel, beaucoup plus transcendant que celui de la montagne avec ses connards d’enfants. Après tout, les enterrements sont juste une convention sociale de plus. » Ou quelque chose de ce genre. Parce que j’imagine qu’ils t’ont pardonné, s’il y avait quoi que ce soit à pardonner, et qu’ils t’avaient aimée.

 Challenge Voisins Voisines 
voisins_voisines2017
Espagne

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22 août 2017

Un appartement à Paris - Guillaume Musso

Lu en partenariat avec Audiolib

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Audiolib - juin 2017 - 9h43 - Lu par Arnaud Romain

XO éditions - mars 2017 - 484 pages

Quatrième de couverture :
" L'art est un mensonge qui dit la vérité... "

Paris, un atelier d'artiste caché au fond d'une allée verdoyante. 
Madeline l'a loué pour s'y reposer et s'isoler. 
À la suite d'une méprise, cette jeune flic londonienne y voit débarquer Gaspard, un écrivain misanthrope venu des États-Unis pour écrire dans la solitude. Ces deux écorchés vifs sont contraints de cohabiter quelques jours. 
L'atelier a appartenu au célèbre peintre Sean Lorenz et respire encore sa passion des couleurs et de la lumière. Terrassé par l'assassinat de son petit garçon, Lorenz est mort un an auparavant, laissant derrière lui trois tableaux, aujourd'hui disparus. Fascinés par son génie, intrigués par son destin funeste, Madeline et Gaspard décident d'unir leurs forces afin de retrouver ces toiles réputées extraordinaires. 
Mais, pour percer le véritable secret de Sean Lorenz, ils vont devoir affronter leurs propres démons dans une enquête tragique qui les changera à jamais. 

Auteur : Guillaume Musso est l’auteur français le plus lu. Traduit en quarante langues, il s’est fait connaître avec succès grâce à ses romans à la tonalité surnaturelle. Depuis plusieurs années, il s’installe comme l’un des auteurs incontournables du suspense français, avec des titres tels que L’Appel de l’angeCentral Park et plus récemment La fille de Brooklyn. Son thriller fantastique Et après…, a été porté à l’écran avec Romain Duris et John Malkovich.

Lecteur : Arnaud Romain est auteur, comédien et chanteur et a participé à de nombreux spectacles salués par des Molière ou programmés à Avignon. Il est l’un des comédiens de prédilection d’Isabelle Mergault ou d’Alain Sachs, qu’il assiste pour ses mises en scène. Enfin, sa pratique de l’écriture en tant qu’adaptateur le rend particulièrement sensible aux intentions d’un auteur.

Mon avis : (écouté en juillet 2017)
Madeline est une ancienne inspecteur de police londonienne, elle a décidé de louer à Paris un atelier d’artiste caché au fond d’une allée verdoyante pour s'isoler et se reposer. Elle envisage d'avoir un enfant.
Gaspard Coutances est un écrivain solitaire, son éditeur lui a loué le même appartement pour qu'il finisse d'écrire une pièce de théâtre. Au début, ils sont furieux l'un et l'autre de devoir cohabiter dans cet appartement.
Cet atelier a appartenu au célèbre peintre Sean Lorenz, ce dernier est décédé suite à la douleur d’avoir perdu son petit garçon, kidnappé puis assassiné sous les yeux de sa mère. Pour des raisons personnelles, Madeline et Gaspard s'intéressent à Sean Lorenz et après avoir appris que peu de temps avant sa mort, Sean Lorenz a brûlé toutes ses oeuvres, sauf 3 tableaux qu’il a caché, ils décident donc de partir à la recherche des tableaux disparus. Plus ils vont s'approcher du vrai secret de Sean Lorez et plus ils vont s'apprivoiser l'un l'autre...
L'histoire est captivante, les personnages sont attachants et l'enquête est pleine de surprises et de rebondissements...
Le lecteur est très agréable à écouter, j'ai passé de très agréables moments de lecture avec ce livre audio.

Merci Pauline et Audiolib pour cette lecture prenante et très agréable.

Extrait : (début du livre)
Londres, un samedi en fin de matinée.
Tu ne le sais pas encore, mais dans moins de trois minutes tu vas affronter l’une des épreuves les plus pénibles de ton existence. Une épreuve que tu n’as pas vue venir, mais qui va te marquer aussi douloureusement qu’une brûlure au fer rouge sur une peau tendre.
Pour l’instant tu déambules, sereine, dans la galerie commerçante aux allures d’atrium antique. Après dix jours de pluie, le ciel a retrouvé une belle teinte bleu turquin. Les rayons de soleil qui font chatoyer la verrière du grand magasin t’ont mise de bonne humeur. Pour célébrer le début du printemps, tu t’es même offert cette petite robe rouge à pois blancs qui te faisait de l’œil depuis quinze jours. Tu te sens légère, presque guillerette. Ta journée s’annonce plaisante : d’abord, un déjeuner avec Jul’, ta meilleure amie, une séance de manucure entre filles, sans doute une expo à Chelsea, puis ce soir le concert de PJ Harvey à Brixton.
Une navigation tranquille dans les méandres douillets de ta vie. 
Sauf que soudain, tu l’aperçois.

*

C’est un petit garçon blond vêtu d’une salopette en jean et d’un duffle-coat bleu marine. Deux ans peut-être, ou un peu plus. De grands yeux clairs et rieurs qui brillent derrière des lunettes colorées. Des traits fins qui émergent d’une bouille ronde de poupon encadrée de courtes bouclettes lumineuses comme une meule de foin sous le soleil d’été. Ça fait déjà un moment que tu le regardes, de loin, mais plus tu te rapproches, plus tu es fascinée par son visage. Un territoire vierge, radieux, que ni le mal ni la peur n’ont encore eu le temps d’infecter. Sur cette frimousse, tu ne vois qu’un éventail de possibilités. De la joie de vivre, du bonheur à l’état brut.
À présent, lui aussi te regarde. Un sourire complice et candide éclaire son visage. Avec fierté, il te montre le petit avion métallique qu’il fait voler au-dessus de sa tête entre ses doigts potelés.
– Vreuuummm…
Alors que tu lui rends son sourire, une drôle d’émotion commence à t’étreindre. Le poison lent d’un sentiment indéchiffrable contamine tout ton être d’une tristesse inconnue.
Le bambin a écarté les bras et s’est mis à trottiner autour de la fontaine en pierre qui projette ses volutes d’eau sous la coupole de la galerie. Pendant un bref instant, tu crois qu’il court vers toi et qu’il va sauter dans tes bras, mais…

– Papa, papa ! T’as vu, je fais l’avion !
Tu lèves les yeux et ton regard rencontre celui de l’homme qui attrape l’enfant à la volée. Une lame glacée te transperce et ton cœur se bloque.
Cet homme, tu le connais. Il y a cinq ans, vous avez vécu une histoire d’amour qui a duré plus d’une année. Pour lui tu as quitté Paris pour Manhattan et changé de boulot. Pendant six mois, vous avez même essayé d’avoir un bébé qui n’est jamais venu. Puis l’homme est retourné vivre auprès de son ex-femme avec qui il avait déjà un enfant. Tu as fait tout ce que tu pouvais pour le retenir, mais cela n’a pas été suffisant. Tu as vécu douloureusement cette période et, alors que tu pensais être parvenue à tourner la page, tu le rencontres aujourd’hui et ça te brise le cœur.
À présent, tu comprends mieux ton trouble. Tu te dis que cet enfant aurait pu être le vôtre. Que cet enfant aurait dû être le vôtre.
L’homme t’a reconnue tout de suite et n’évite pas ton regard. À son expression désolée, tu le devines aussi surpris que toi, mal à l’aise, vaguement honteux. Tu penses qu’il va venir te parler, mais, comme un cerf aux abois, il a un geste protecteur pour sa progéniture et s’empresse de tourner les talons.
– Allez viens, Joseph, on s’en va.

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21 août 2017

C'est lundi, que lisez-vous ? [305]

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C'est le jour du rendez-vous initié par Mallou proposé par Galleane 

Billets parus ces dernières semaines ? 

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Les jours sucrés - Loïc Clément et Anne Montel
Un Monde Si Tranquille T01 : La gloire d'Albert - Etienne Davodeau
La ferme du bout du monde - Sarah Vaughan
Un Monde Si Tranquille T02 : Anticylone - Etienne Davodeau
Au cœur de l'été - Viveca Sten
Un Monde Si Tranquille T03 : Ceux qui t'aiment - Etienne Davodeau

Qu'est-ce que j'ai lu ces dernières semaines ?
Un appartement à Paris - Guillaume Musso (partenariat  Audiolib)
Ça aussi, ça passera - Milena Busquets (partenariat Folio)
Sauveur & Fils - saison 2 - Marie-Aude Murail
Maman est en haut - Caroline Sers
Les bottes suédoises - Hennig Mankell
Pain amer - Marie-Odile Ascher
Le prétendant - Hanne-Vibeke Holst
La pâtissière de Long Island -
L'amie prodigieuse - Helena Ferrante
Agatha Raisin enquête, Tome 4 : Randonnée mortelle - M.C. Beaton

Qu'est-ce que je lis en ce moment ?

La chambre des époux - Eric Reinhardt (partenariat Rentrée Littéraire Babelio - Gallimard)
L'espoir des Neshov - Anne B. Ragde
Agatha Raisin enquête, Tome 3 : Randonnée mortelle - M.C. Beaton

Que lirai-je les semaines prochaines ?

Par amour - Valérie Tong Cuong (partenariat  Audiolib)
Promesse - Jussi Adler Olsen (partenariat  Audiolib)
Le jour d'avant - Sorj Chalandon

Bonnes lectures et bonne semaine

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20 août 2017

Un Monde Si Tranquille T03 : Ceux qui t'aiment - Etienne Davodeau

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Delcourt - octobre 2002 - 46 pages

Delcourt - mai 2015 - 46 pages

Quatrième de couverture : 
À la sortie de l'entraînement, Titou, la star du FCE, est une fois encore sollicité par une vieille femme qui lui réitère sa supplique : venir au repas d'anniversaire de son mari atteint d'une grave maladie et fan inconditionnel du joueur. Surmontant ses réticences, il accepte et passe une agréable soirée jusqu'à l'arrivée d'un invité surprise qui va faire basculer son destin de façon tragique.

Auteur : Étienne Davodeau né en 1965. Il vit en Anjou. En 1985, après des études d'arts plastiques à Rennes, il publie la trilogie Les Amis de Saltiel puis Le Constat. Viennent ensuite Quelques Jours avec un menteur, Le Réflexe de survie, et trois polars : La Gloire d'Albert, Anticyclone et Ceux qui t'aiment.
2001 : il réalise Rural !, véritable reportage, où il confirme son choix d'inscrire le monde réel au cœur de son travail. En 2003, avec David Prudhomme au dessin, il adapte en bande dessinée l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles. Après avoir publié Chute de vélo, qui obtient le Prix des libraires spécialisés 2005, il revient au reportage-documentaire avec Les Mauvaises Gens, qui reçoit le Grand Prix 2006 de la Critique, le Prix France Info, puis à Angoulême le Prix du Scénario et le Prix du Public. En 2006, il publie, avec Kris, Un homme est mort. Le premier livre de Lulu femme nue a obtenu, en 2009, un Essentiel au Salon International d’Angoulême, le Prix Ouest-France/Quai des bulles, le Prix Bédélys au Québec et le Prix Saint-Michel en Belgique. Le second livre de Lulu a été publié en 2010.

Mon avis : (lu en juillet 2017)
Depuis quelques jours une vieille dame est présente à la sortie de l'entraînement de Titou, elle est bien décidée à convaincre le célèbre joueur de venir dîner chez elle pour l'anniversaire de son mari malade. C'est une surprise pour ce fan du joueur. Titou est un gars simple et gentil, il finit par accepter l'invitation à condition que personne d'autre ne soit présent ou au courant. Malheureusement, la vieille dame a vendu la mèche auprès d'un voisin et en fin de soirée ce dernier s'invite à la fête. Mais ses intentions ne sont pas bonnes, en effet, il vient d'être licencié et la popularité et la valeur marchande de Titou lui monte à la tête. Il va donc enlever Titou... Cette BD, la troisième de la série "Un monde si tranquille", est l'occasion de dénoncer le comportement de certains fans de sport, d'acteurs, de célébrités en tout genre... et surtout les dérives.

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

lulu_femme_nue_tome1  Lulu Femme Nue : 1er livre lulu_femme_nue_tome2 Lulu Femme Nue : 2ème livre
rural Rural ! Chronique d'une collision politique
chute_de_velo Chute de vélo  un_homme_est_mort Un homme est mort
les_mauvaises_gens Les Mauvaises gens 
Quelques jours avec un menteur

les_ignorants Les ignorants 93767685 Le chien qui louche 

116346808 Le Réflexe de survie 51kdlYcRPgL La gloire d'Albert

cd4371b931af1875182e99e4c49fb512 Anticyclone

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14 août 2017

Au cœur de l'été - Viveca Sten

au coeur de l'été Albin Michel - mars 2017 - 416 pages

traduit du suédois par Rémi Cassaigne

Titre original : I stundens hetta, 2012

Quatrième de couverture :
Week-end de la Saint-Jean sur l'île de Sandhamn. Les jeunes fêtards ont envahi les pontons, le port grouille de bateaux blancs. Musique à fond et alcool à flots. Nora Linde s'apprête elle aussi à célébrer la Saint-Jean avec son nouveau compagnon Jonas et sa fille Wilma. Mais la fête tourne au cauchemar lorsque, dans la nuit, Wilma disparaît. Le lendemain matin, le cadavre d'un garçon de seize ans est retrouvé sur la plage. L'inspecteur Thomas Andreasson, l'ami d'enfance de Nora, est dépêché sur les lieux. Les premiers éléments de l'enquête lui en révèlent toute la difficulté, chacun ayant sa propre version des faits. Qui est la victime et qui le meurtrier de cette nuit d'été ? Viveca Sten est désormais une figure incontournable dans le paysage du polar suédois : après Les Secrets de l'île, la nouvelle enquête de l'inspecteur Thomas Andreasson et de Nora Linde, le couple qui a inspiré la célèbre série télévisée Meurtres à Sandhamn diffusée sur Arte. 

Auteur : Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s'est lancée dans l'écriture. Sa série mettant en scène l'inspecteur Andreasson et Nora Linde sur l'île de Sandhamn connaît un immense succès en Suède et est traduite dans une douzaine de pays. L'adaptation télévisée de la série a été un des plus forts taux d'audience en Suède, et les deux premières saisons diffusées sur Arte ont réuni plus d'un million et demi de spectateurs.

Mon avis : (lu en juillet 2017)
C'est le cinquième épisode de la série sur l'île de Sandhamn et je prends toujours autant de plaisir à suivre les aventures de Nora Linde et les enquêtes de Thomas Andreasson. Pour celle-ci, c'est le week-end de la Saint-Jean et la tranquillité de l'île de Sandham est troublée par de nombreux fêtards venus pour l'occasion. 

Nora Linde a un nouveau compagnon Jonas, c'est un papa d'une fille de 14 ans, Wilma, qui n'apprécie pas vraiment de devoir partager son papa... Wilma est partie fêter la Saint-Jean avec une amie et son grand frère, elle avait la permission de minuit. Lorsque Jonas s'aperçoit dans la nuit que sa fille n'est pas rentrée, il est inquiet et part à sa recherche. De son côté, Nora veille au cas où l'adolescente rentrerai... Le lendemain, Wilma n'est toujours pas rentrée et le corps d'un adolescent de seize ans est retrouvé sur une plage. L'inspecteur Thomas Andreasson va mener l'enquête. Il y a peu d'indices, de nombreux de témoins à interroger, beaucoup de pistes... L'enquête est menée lentement mais sûrement, Wilma devient un sujet de tension entre le nouveau couple et malgré cela l'île de Sandhamn donne vraiment envie de vacances !

Extrait :
Une marée de coques blanches avait envahi le port. Partout, sur les bateaux, on faisait la fête. Une foule désordonnée de jeunes éméchés allait et venait sur les pontons en ce tiède soir d’été. Mais la jeune fille qui titubait dans la cohue tremblait de froid.

Il y avait des gens partout, mais personne qu’elle connaisse. Tout le monde parlait et riait à grands éclats de voix. Elle se boucha les oreilles pour se protéger du vacarme et, désespérée, plissa les yeux dans la lumière du soir à la recherche d’un visage connu.
Une bande d’ados faisait un barbecue sur la plage, malgré les panneaux d’interdiction. Plus loin, plusieurs policiers en gilet jaune furent rejoints par quelques autres qui garèrent leur 4 × 4 rouge devant le restaurant des Navigateurs.
La fille sur le ponton ne les remarqua pas. Ses cheveux blonds étaient ébouriffés et ses yeux fixes écarquillés. Elle boitait un peu, il lui manquait une chaussure. 
Quelqu’un la bouscula, elle heurta une poubelle.
Son regard errait au hasard. Un sanglot lui échappa et elle s’appuya à une bouche d’incendie. Mais personne ne lui prêtait attention, le brouhaha alentour montait par vagues, la musique tonitruante noyait le gémissement qui s’échappait de sa gorge.
« Faut que je retrouve le bateau », geignit-elle.
Une autre personne la bouscula et, cette fois, elle tomba à la renverse sur le ponton blanchi par le soleil. Épuisée, elle resta au sol, incapable de se relever. Ses joues sales striées de larmes, elle murmurait quelque chose compréhensible d’elle seule.
Elle frissonna et, pour tenter de se réchauffer, se recroquevilla sur elle-même.
« Ça va ? »
Un couple, la quarantaine, s’était arrêté devant elle.
« Qu’est-ce que tu as ? » dit la femme en lui posant gentiment la main sur le bras.
La fille se releva et s’éloigna en courant sur le long ponton relié au quai.
« Faut que je retrouve Victor », murmura-t-elle.
La musique était plus forte à présent.
D’un gros yacht, d’énormes haut-parleurs déversaient des rythmes techno frénétiques. Le bruit était assourdissant, les vibrations se propageaient dans le béton, sous ses pieds. Sur le pont arrière du bateau, des verres à moitié pleins, des mégots et des bouteilles s’entassaient sur une table en acajou. Dans un large canapé en cuir blanc, un type bronzé était assis torse nu, une cigarette à la main. Il promena son regard sur le corps de la jeune fille.
« Tu te sens seule ? »
Il ricana en faisant claquer sa langue.
« Je peux t’aider. »
Elle prit à nouveau peur, recula de quelques pas et repartit en courant dans la direction opposée, vers le rivage.
Une forêt de mâts blancs s’élevait devant elle. Elle fixait les bateaux, impuissante.
« Victor, murmura-t-elle tandis que ses larmes se remirent à couler. Où es-tu ? »
Puis ses jambes se dérobèrent et elle s’effondra sur le sable.

Déjà lu du même auteur : 

la_reine_de_la_baltique La Reine de la Baltique 9782226259776g Du sang sur la Baltique 

9782226317148g Les nuits de la Saint-Jean 110752618 Les secrets de l'île 

Challenge Voisins Voisines 
voisins_voisines2017
Suède

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09 août 2017

Un Monde Si Tranquille T02 : Anticylone - Etienne Davodeau

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Delcourt - août 2000 - 56 pages

Delcourt - avril 2015 - 56 pages

Quatrième de couverture : 
Nina est surnommée "Grande gueule" par ses collègues techniciennes de surface aux Transports Doublet, et c'est bien ce qui pourrait la pousser vers la porte, dixit la direction. Castor est chauffeur aux Transports Doublet, et il a fait du zèle. Lui, ce sont ses collègues qui pourraient le pousser vers
 la porte. Le hic, c'est que ni Castor ni Nina ne peuvent envisager un instant de se retrouver à la rue... Ils sont prêts à tout pour l'éviter. Et qui va s'occuper de leurs cas ? Samuel Faure, directeur des ressources humaines. Un métier pas facile.

Auteur : Étienne Davodeau né en 1965. Il vit en Anjou. En 1985, après des études d'arts plastiques à Rennes, il publie la trilogie Les Amis de Saltiel puis Le Constat. Viennent ensuite Quelques Jours avec un menteur, Le Réflexe de survie, et trois polars : La Gloire d'Albert, Anticyclone et Ceux qui t'aiment.
2001 : il réalise Rural !, véritable reportage, où il confirme son choix d'inscrire le monde réel au cœur de son travail. En 2003, avec David Prudhomme au dessin, il adapte en bande dessinée l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles. Après avoir publié Chute de vélo, qui obtient le Prix des libraires spécialisés 2005, il revient au reportage-documentaire avec Les Mauvaises Gens, qui reçoit le Grand Prix 2006 de la Critique, le Prix France Info, puis à Angoulême le Prix du Scénario et le Prix du Public. En 2006, il publie, avec Kris, Un homme est mort. Le premier livre de Lulu femme nue a obtenu, en 2009, un Essentiel au Salon International d’Angoulême, le Prix Ouest-France/Quai des bulles, le Prix Bédélys au Québec et le Prix Saint-Michel en Belgique. Le second livre de Lulu a été publié en 2010.

Mon avis : (lu en juillet 2017)
Dans l'entreprise de transports Doublet, Nina n'est pas affréteuse, comme elle le fait croire à son père et à sa fille, mais femme de ménage. C'est une grande gueule et elle est menacée de licenciement.
Castor est un ancien SDF, il est chauffeur routier intérimaire et attend un CDI promis. Pour l'obtenir, il n'hésite pas à trahir ses collègues en informant la direction d'une prochaine grève. Il devient donc indésirable dans l'entreprise.
Entre les deux, il y a Samuel Faure, directeur  des ressources humaines, qui n'a qu'un poste pour les deux et qui va devoir choisir...
Etienne Davodeau plonge le lecteur dans le monde féroce du travail et jusqu'où est-on prêt à aller pour obtenir ou garder un travail ?
Le sujet exploré est sombre mais intéressant, l'histoire est parfois un peu brouillonne mais surprenante dans sa conclusion. 

Extrait :

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Déjà lu du même auteur :

lulu_femme_nue_tome1  Lulu Femme Nue : 1er livre lulu_femme_nue_tome2 Lulu Femme Nue : 2ème livre
rural Rural ! Chronique d'une collision politique
chute_de_velo Chute de vélo  un_homme_est_mort Un homme est mort
les_mauvaises_gens Les Mauvaises gens Quelques_Jours_Avec_Un_Menteur 
Quelques jours avec un menteur

les_ignorants Les ignorants 93767685 Le chien qui louche

116346808 Le Réflexe de survie 51kdlYcRPgL La gloire d'Albert

 

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