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A propos de livres...

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17 octobre 2010

Les bruines de Lanester - Jean Failler

Lu durant le Read-A-Thon RAT_logo

les_bruines_de_Lanester De Palemon – avril 2003 – 175 pages

Quatrième de couverture : La découverte d'un clochard noyé dans le Scorff, entre Lanester et Lorient, quoi de plus banal ? La disparition d'un directeur de société, ça arrive tous les jours ! Des loubards qui volent une voiture, cambriolent une maison…Routine que tout cela pour l'inspecteur Amadéo. La vie s 'écoule, simple et tranquille, au commissariat de Lorient. Ou plutôt s'écoulerait, si une jeune femme, inspecteur stagiaire, ne s'avisait de vouloir contre toute logique relier ces faits pour en tirer des conclusions pour le moins surprenantes. Mary Lester parviendra-t-elle, dans cet univers d'hommes, à mener son enquête jusqu'au bout ? Vous le saurez en marchant sur ces traces, dans " Les bruines de Lanester ".

Auteur : Jean Failler est un auteur Breton né le 26 février 1940 à Quimper. Il est en particulier le créateur du personnage de Mary Lester auquel il a consacré à ce jour 32 romans. Il habite actuellement à l'Île-Tudy (Finistère).

Mon avis : (lu en octobre 2010)
C'est la première aventure de Mary Lester, une héroïne de roman policier créé par Jean Failler, l'originalité de cette série est que chacune des enquêtes se déroulent dans différentes villes ou régions de Bretagne. Moi qui aime tellement cette région, j'ai pratiquement toute la série dans ma bibliothèque.
Lors de la première enquête, Mary Lester est inspecteur stagiaire à Lorient. L'enquête se situe à Lanester, une ville voisine de Lorient. Mary est une femme dans un milieu d'hommes et ce n’est pas toujours facile. Son supérieur, Marc Amédéo est un homme désagréable et vaniteux. Il lui donne les petits dossiers à traiter : cela commence par la noyade de clochard, puis elle doit enquêter sur la disparition d'un cadre de super marché parti chercher du bois avec une camionnette...
L'intrigue est bien construite et alors qu'aux deux tiers du livre on pense avoir deviné qui est le coupable, un nouveau rebondissement va survenir...
Un livre qui se lit facilement, on passe un bon moment avec Mary Lester, personnage attachant et perspicace.

mary_lester

En 1998 est tourné le téléfilm Marée Blanche, dont l'histoire est adaptée du livre de Jean Failler (enquête n°4 de Mary Lester) avec quelques ajouts des scénaristes. Ce policier, réalisé par Christiane Leherissey d'une durée de 90 minutes, met en scène Mary Lester sous les traits de Sophie de La Rochefoucauld.
Un courte série de six épisodes sera faite en 1999, avec le personnage de Mary Lester mais les intrigues ne sont pas celles des livres de Jean Failler.

Extrait : (début du livre)
Le corps de Maurice Toussaint, dit Momo, ou Toutousse, selon le degré d'intimité dans lequel on s'était trouvé avec le défunt, fut découvert à basse mer par Aimable Maugracieux, ci-devant maître canonnier, présentement en retraite.Il reposait sur la vase noire du Scorff, les bras en croix au milieu du parc à bois de la Compagnie des Indes, et devait à la bretelle de sa besace de n'avoir pas été emporté au large par le jusant. En effet, celle-ci s'était prise dans un des pieux vermoulus qui servaient autrefois à retenir les troncs dont on faisait les navires, et qui trempaient là de longs mois, immergés au gré des marées. Cette pratique avait pour effet d'habituer ces terriens à ce qui serait désormais leur élément, la mer, lorsque les charpentiers de l'Arsenal tout proche les auraient bien sûr débités en quilles, membrures, jambettes, bordés et autres mille pièces de bois qui, une fois assemblées devenaient par le génie de l'homme, un vaisseau de guerre.
À ces pieux destinés à retenir d'autres troncs que des troncs humains, Toutousse s'était sans vergogne amarré pour son dernier voyage.
Aimable Maugracieux surpris, s'arrêta, demeura un temps immobile comme s'il doutait de sa raison, puis jura devant sa macabre découverte :
- Nom de Dieu !
Et s'en approcha prudemment, comme s'il craignait une quelconque entourloupette de la part du défunt. Toutousse, de son vivant, n'avait jamais fait de mal à personne. C'était un doux clochard aux ambitions limitées à deux objectifs bien précis : trouver à boire quand il se réveillait, et dormir quand il avait bu.
Cette fois il avait bu plus que de raison, et d'un liquide dont son organisme n'avait pas plus l'habitude en usage externe qu'en usage interne : de l'eau ! Et de l'eau salée de surcroît ! Un liquide enfin qui ne lui filerait pas la gueule de bois puisque la gueule de bois n'est-ce pas, on ne la ressent vraiment qu'au réveil et que là, Toutousse paraissait parti pour un sommeil qui promettait d'être éternel.
Inoffensif de son vivant, la mort ne l'avait pas rendu redoutable. Néanmoins... On ne sait jamais. La face camuse d'Aimable Maugracieux se renfrogna sous le coup de la contrariété. Il allait falloir qu'il prévienne les flics et il n'était pas loin de prévoir des irritations de ce côté-là. Questions, témoignage, bref, perte de temps. Rien de bon, vraiment rien de bon ! ...

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16 octobre 2010

Green River – Tim Willocks

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Pocket – octobre 1997 – 416 pages

Sonatine – avril 2010 – 410 pages

traduit de l'anglais par Pierre Grandjouan

Quatrième de couverture :
Green River, un pénitencier de sécurité maximale au Texas. Un univers sans pitié où le silence n'existe pas, l'obscurité non plus. Un véritable enfer, entre tensions raciales et violences quotidiennes, dans lequel vivent cinq cents âmes perdues. C'est ici que Ray Klein, ancien médecin, purge sa peine. Alors que sa libération approche, une émeute éclate dans la prison. Au milieu du chaos et de l'anarchie, Ray, qui est tombé amoureux de Juliette Devlin, psychiatre judiciaire, va tout mettre en œuvre pour sauver la jeune femme séquestrée avec ses patients dans l'infirmerie. Avec ce huis clos impitoyable peuplé de figures effrayantes, depuis John Campbell Hobbes, directeur de prison psychorigide, jusqu'à Henry Abbott, meurtrier schizophrène, Tim Willocks nous offre un portrait terrifiant de la vie carcérale. Il nous donne surtout un thriller prodigieux, au rythme haletant et au suspens oppressant.

Auteur : Tim Willocks est né en 1957. Grand maître d'arts martiaux, il est aussi chirurgien, psychiatre, producteur et écrivain. Scénariste, il a travaillé avec Steven Spielberg et Michael Mann. Green River, déjà publié en France en 1995 chez Plon, sous le titre L'Odeur de la haine, est son premier roman. Il en a depuis publié cinq autres, parmi lesquels La Religion (Sonatine, 2009). Il vit en Irlande.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
Ce livre nous plonge dans l'univers carcéral des États-Unis. Green River est un pénitencier au Texas. Une prison où les rivalités entre communautés Noirs, Latinos et Blancs sont présentes.
Dans cette prison, Ray Klein, ancien chirurgien, travaille à l'infirmerie et purge sa peine. Il vient d'apprendre qu'il sera libéré le lendemain lorsque qu'une émeute éclate dans la prison.
Ray Klein veut attendre tranquillement au fond de sa cellule que tout se calme mais les évènements en ont choisi autrement car certains émeutiers veulent attaquer l'infirmerie pour tuer les « Pédés » (c'est à dire les malades atteints du sida)...
C'est un roman très noir, violent, rien n'est épargné au lecteur. Avec l'émeute, Green River est devenu pire que l'enfer : le feu, les égouts, des viols, des explosions, de la fumée, des flingues, des hommes terrifiants. Mais heureusement dans ce chaos et cet enfer il y a un peu d’espoir. Il reste un peu d'humanité pour certains et malgré les rivalités raciales il y a des amitiés qui se créent.
Un thriller passionnant, une plongée dans l'enfer des prisons. Pour public averti...

Un grand Merci à Delphine du Blog Mes petites idées grâce à qui j'ai gagné ce livre cet été.

15 octobre 2010

La vie de ma mère ! - Thierry Jonquet

Lu durant le Read-A-Thon RAT_logo

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Gallimard – novembre 1994 – 142 pages

Folio – novembre 2001 – 147 pages

Quatrième de couverture :
Ce n'est pas l'histoire de sa mère car de mère, il en a si peu. Elle n'est jamais là, elle travaille comme standardiste de nuit à Lariboisière. Elle fait de son mieux. Alors il vit sa vie tant bien que mal et la raconte dans son langage à lui, le môme des cités. Il n'est pas fort en rédaction, mais lui aussi fait de son mieux...

Auteur : Né à Paris en 1954, auteur de polars, Thierry Jonquet fait figure de référence dans ce genre littéraire et bien au-delà. Engagé politiquement dès son adolescence, il entre à Lutte ouvrière en 1970 sous le pseudonyme de Daumier (caricaturiste du XIXe siècle), puis à la Ligue communiste révolutionnaire l'année de son bac. Après des études de philosophie rapidement avortées et plusieurs petits boulots insolites, un accident de voiture bouleverse sa vie : il devient ergothérapeute et travaille successivement dans un service de gériatrie puis un service de rééducation pour bébés atteints de maladies congénitales, et enfin dans un hôpital psychiatrique où il exerce les fonctions d'instituteur. Inspiré par l'univers de Jean-Patrick Manchette, son premier roman, 'Le Bal des débris', est publié en 1984 bien qu'il ait été écrit quelques années plus tôt. 'Mémoire en cage' paraît en 1982, suivent 'Mygale' (1984), 'La Bête et la belle', 'Les Orpailleurs' (1993), qui confirment le talent de Thierry Jonquet pour le roman au réalisme dur, hanté par la violence et les questions de société. Ainsi, 'Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte', paru en 2006 évoque sans tabous la violence et l'antisémitisme qui sévissent dans certaines banlieues. Thierry Jonquet a également scénarisé plusieurs bandes dessinées parmi lesquelles 'Du papier faisons table rase', dessiné par Jean-Christophe Chauzy. Plébiscité par la critique, l'une des plus élogieuses est signée Tonino Benacquista qui écrit de lui : 'Jonquet sculpte la fiction, c'est le matériau qu'il façonne pour lui donner une âme, le même que celui d'Highsmith ou de Simenon, il est difficile d'en citer beaucoup d'autres.' Alors qu'il venait de publier 'Ad Vitam aeternam', Thierry Jonquet, décède en août 2009, après avoir lutté deux semaines contre la maladie.

Mon avis : (lu en octobre 2010)

Ce livre raconte l'histoire assez banale de Kevin, jeune adolescent. Son père a quitté la famille lorsqu'il était tout petit, il vit seul avec sa mère qui travaille de nuit au standard de l'hôpital Lariboisière. Sa grande sœur travaille dans la coiffure et vit avec un portugais. Son grand frère travaille dans un garage en province. Il est au collège en 6ème SES (section d'éducation spécialisé) et il tombe amoureux de Clarisse une élève du collège, il va être encouragé à travailler un peu plus à l'école. Mais il va également rencontrer une bande de petits délinquants...

L'originalité de ce livre, c'est la façon dont l'histoire est racontée, car c'est Kévin lui-même qui raconte sa vie, avec son regard, mais aussi son langage de jeune des cités. Pour ce livre, Thierry Jonquet a fait un gros travail sur la langue des banlieues. Au début, j'ai eu un peu de mal à comprendre ce langage mais en lisant à haute voix certaines phrases, je m'y suis habituée. Et j'ai pris du plaisir à lire ce livre.

Extrait : (début du livre)
Il me l'avait bien dit, monsieur Bouvier, que si je continuais à faire l'andouille, je pourrais jamais aller au collège normal, comme les autres copains de la classe. Monsieur Bouvier, c'était le maître qu'on avait en CM2. Il était vachement sévère, monsieur Bouvier. Il me punissait sans arrêt, mais faut dire qu'on faisait le souk dans la classe, moi, Farid, Mohand et Kaou !
Monsieur Bouvier, il nous avait mis au fond, tous les quatre, à côté de l'aquarium, pour pas qu'on gêne les autres. On faisait les cons quand même, mais à force on avait plus envie, c'était toujours la même chose, alors on se tenait peinards. Pendant qu'ils faisaient les dictées ou les problèmes, on jouait avec nos Mega-drive ou on écoutait IAM sur nos walkmans.
Quand même, le jour où avec Farid, on a versé de la Javel Lacroix dans l'aquarium, là, monsieur Bouvier il a pas aimé. Les poissons, ils étaient tous crevés ! Le dirlo, il nous a fait style la morale, comme quoi on devrait avoir honte de tuer des pauvres bêtes, qu'on avait même pas le respect des animaux, et tout ! Il nous a bien pris la tête, làçui, avec ses poissons, mais à la cantine, on en mange bien, des trucs en carré panés, cap'tain Igloo comme à la télé, alors qu'est-ce qu'il y a, où qu'il est le respect avec ces poissons-là ?
Du coup, quand on lui a dit ça, à monsieur Bouvier, il s'est vachement véner, et il nous a collé une baffe, à moi, Kaou, Mohand et Farid. Il avait pas le droit de nous taper, c'est marqué dans le règlement de l'école. Même qu'après, Béchir, le grand frère à Farid, il a voulu pécho monsieur Bouvier, mais il l'a pas fait, il a juste niqué les pneus de sa Clio avec un cutter, dans le parking.

Déjà lu de Thierry Jonquet :

Ils_sont_votre__pouvante Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte

les_orpailleurs_p Les orpailleurs  mon_vieux Mon vieux

du_pass__faisons_table_rase_p Du passé faisons table rase ad_vitam_aeternam_p Ad vitam aeternam

m_moire_en_cage Mémoire en cage  moloch_p Moloch  mygale_p Mygale

le_secret_du_rabin_p Le secret du rabbin  la_belle_et_la_bete_p La Belle et la Bête

le_bal_des_d_bris_2010 Le bal des débris

14 octobre 2010

L'étrangleur de Cater Street de Anne Perry

Lu dans le cadre du Baby Challenge Polar 2011
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Baby Challenge - Polar Livraddict : 7/20 déjà lus

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10/18 – septembre 1999 – 384 pages

10/18 – avril 2002 – 381 pages

traduit par Annie Hamel et Roxanne Azimi

Quatrième de couverture :
Suffragette avant l'heure, l'indomptable Charlotte Ellison contrarie les manières et codes victoriens et refuse de se laisser prendre aux badinages des jeunes filles de bonne famille et au rituel du tea o'clock.
Revendiquant son droit à la curiosité, elle parcourt avec intérêt les colonnes interdites des journaux dans lesquels s'étalent les faits divers les plus sordides.
Aussi bien le Londres des années 1880 n'a-t-il rien à envier à notre fin de siècle : le danger est partout au coin de la rue et les femmes en sont souvent la proie.
Dans cette nouvelle série " victorienne ", la téméraire Charlotte n'hésite pas à se lancer dans les enquêtes les plus périlleuses pour venir au secours du très séduisant inspecteur Thomas Pitt de Scotland Yard. Charmante Sherlock Holmes en jupons, Charlotte a déjà séduit l'Angleterre et les États-Unis. La voici partie à l'assaut de l'Hexagone.

Auteur : Juliet Hulme, habituellement connue sous son pseudonyme d'Anne Perry est un auteur de romans policiers victoriens. Elle est la fille d'Henry Hulme, astronome, physicien nucléaire et mathématicien qui, en vue de soigner sa tuberculose, l'envoya d'abord dans des sanatoriums aux Antilles puis en Afrique du Sud. Le choix de son père d'accepter en 1948 sa nomination comme recteur de l'Université de Canterbury (Nouvelle-Zélande), a certainement été influencé par la possibilité de faire soigner son enfant. La jeunesse d'Anne Perry fut mouvementée, puisqu'elle fut poursuivie et condamnée, en 1954, pour le meurtre de la mère d'une amie très proche, accompli avec celle-ci. Cet épisode tourmenté de sa vie est directement à l'origine du film 'Créatures célestes' (1994), coécrit et coproduit par son mari Peter Jackson, qui en assurera la réalisation. Son besoin d'écriture semble avoir toujours existé mais il lui faudra attendre une vingtaine d'années avant de voir ses efforts couronnés de succès par la publication en 1979 de 'L' Etrangleur de Cater Street', premier d'une longue série de succès mérités. Sans délaisser sa spécialisation victorienne, elle a toutefois fait quelques incursions dans le domaine de la littérature fantastique et a débuté une nouvelle série policière ayant pour cadre le Paris de la Révolution française. Elle vit aujourd'hui en Ecosse.

Mon avis : (lu en octobre 2010)

Ce roman se déroule à Londres, sous le règne de Victoria. C'est le premier de la série qui met en scène Charlotte Ellison et l'inspecteur Thomas Pitt.

Un série de meurtres mettant en scènes des jeunes femmes étranglées ont lieu dans Cater Street, et affole la famille Ellison et leurs voisins. C’est l'inspecteur Thomas Pitt est chargé de mener l'enquête.

Dans la famille Ellison, il y a trois filles, Sarah, l'aînée est mariée, la plus jeune, Emily, travaille ardemment à se trouver un mari. La dernière, Charlotte, est une fille atypique de la bonne bourgeoisie de Londres, elle refuse les règles rigides et absurdes de la bonne société, elle est trop intelligente et trop directe pour se trouver un mari. L'intrigue est passionnante et bien construite, mais ce roman est également une critique très juste de la société victorienne. Les confrontations entre Charlotte et l'inspecteur Thomas Pitt sont vraiment très amusantes. Les personnages de cette série sont vraiment bien décrits et très attachants. Après cette découverte, je lirai certainement d’autres épisodes pour retrouver Charlotte et Thomas Pitt !

Extrait : (début du livre)
Charlotte Ellison se tenait au milieu du salon désert, le journal à la main. Son père avait commis l'imprudence de le laisser traîner sur la desserte. Il désapprouvait ce genre de lecture, préférant lui fournir des informations qui lui semblaient mieux convenir à l'éducation d'une jeune fille. Cela excluait les scandales, l'ordre politique ou personnel, les controverses de toute nature et, bien entendu, les crimes : tout ce qui, en fait, présentait un intérêt !
Aussi Charlotte devait-elle se procurer les journaux à l'office où Maddock, le majordome, les gardait pour les lire avant de les jeter. Elle avait donc toujours au moins un jour de retard sur le reste des Londoniens.
Quoi qu'il en soit, elle avait un quotidien du 20 avril 1881 entre les mains, donc un journal du jour. La nouvelle la plus remarquable était celle de la mort de Mr Disraeli, la veille. Charlotte se demanda comment réagissait Mr Gladstone. Éprouvait-il une sensation de vide ? Un ennemi juré occupe-t-il une place dans la vie d'un homme qu'un véritable ami ? Certainement, oui. Dans le tissu des émotions, l'ennemi correspond à une erreur dans la trame.

Charlotte entendit des pas dans l'entrée et rangea très vite le journal. Elle n'avait pas oublié la colère de son père, le jour où il l'avait surprise en train de lire un quotidien du soir, trois ans plus tôt. Il s'agissait d'un article sur cette affaire de diffamation entre Mr Whistler et Mr Ruskin. C'était donc différent. Cependant, lorsqu'elle avait émis le désir d'en savoir plus sur la guerre des Zoulous, racontée par des journalistes présents sur les lieux, son père s'était montré tout aussi intraitable. Pour finir, ç'avait été Dominic, le mari de sa soeur, qui l'avait régalée de savoureux récits. Hélas, chaque fois avec un jour de retard !

13 octobre 2010

Il a jamais tué personne, mon papa - Jean-Louis Fournier

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Stock – janvier 1999 – 152 pages

Livre de Poche – décembre 1999 – 150 pages

Quatrième de couverture :
Il était docteur, le papa de Jean-Louis Fournier.
Un drôle de docteur qui s'habillait comme un clochard, faisant ses visites en pantoufles et bien souvent ne demandait pas d'argent. Ses patients lui offraient un verre. Il n'était pas méchant, seulement un peu fou quand il avait trop bu ; il disait alors qu'il allait tuer sa femme. Un jour il est mort : il avait quarante-trois ans. Longtemps après, son fils se souvient. A petites touches, en instantané, il trace le portrait de ce personnage étonnant, tragique et drôle à la fois.
Il a appris, en devenant grand, l'indulgence. Et qu'il ne faut pas trop en vouloir à ceux qui, plus fragiles, choisissent de " mauvais " moyes pour supporter l'insupportable. Il en résulte un livre drôle et poignant qui a bouleversé des dizaines de milliers de lecteurs.

Auteur : Jean-Louis Fournier est un écrivain, humoriste et réalisateur de télévision né à Arras le 19 décembre 1938. Il est le créateur, entre autres, de La Noiraude et d'Antivol, l'oiseau qui avait le vertige. Par ailleurs, il fut le complice de Pierre Desproges en réalisant les épisodes de La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, ainsi que les captations de ses spectacles au Théâtre Grévin (1984) et au Théâtre Fontaine (1986). C'est également à lui que l'on doit l'intitulé de la dépêche AFP annonçant le décès de l'humoriste: "Pierre Desproges est mort d'un cancer. Etonnant non ?". Il adore Ionesco.
Jean-Louis Fournier est l'auteur de nombreux succès depuis 1992 (Grammaire française et impertinente), Il a jamais tué personne mon papa (1999), Les mots des riches, les mots des pauvres (2004), Mon dernier cheveu noir (2006). Autant de livres où il a pu s entraîner à exercer son humour noir et tendre. Où on va, papa est peut-être son livre le plus désespérément drôle.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
C'est un beau livre, très court et poignant, qui parle de l'alcoolisme et de ses conséquences sur un ton léger, plein de poésie et de tendresse.
C'est à la manière d'un petit garçon, Jean-Louis Fournier nous parle de son père.
" Mon papa était docteur. Il soignait les gens, des gens pas riches, qui souvent ne le payaient pas, mais ils offraient un verre en échange, parce que mon papa, il aimait bien boire un coup, plusieurs coups même, et le soir, quand il rentrait, il était bien fatigué. Quelquefois, il disait qu'il allait tuer maman, et puis moi aussi, parce que j'étais l'aîné et pas son préféré. Il était pas méchant, seulement un peu fou quand il avait beaucoup bu. Il a jamais tué personne, mon papa, il se vantait. "
A travers de nombreuses anecdotes, Jean Louis Fournier rend un bel hommage à l'humanité de son père malgré tout.
"Un jour, il est rentré avec sa traction dans un troupeau. Il a abimé quelques moutons mais il a pas écrasé le berger, il s'est arrêté juste devant."
"Un jour, le patron d'un des cafés où papa avait ses habitudes, il a fait des gros travaux dans son bistrot. Il a acheté un nouveau comptoir. Tout le monde a dit que c'était le docteur Fournier qui avait subventionné les travaux. Je ne savait pas ce que ça voulait dire, "subventionner", j'ai regardé dans le dictionnaire, ça veut dire « aider financièrement ».  Pourquoi maman, elle a pas ouvert un bistrot?"

Déjà lu du même auteur :

ou_on_va_papa_p Où on va papa ? le_cv_de_Dieu Le CV de Dieu

l_arithm_tique_impertinente L'arithmétique appliquée et impertinente

la_grammaire_impertinente La grammaire française et impertinente

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13 octobre 2010

Vivement l’avenir – Marie-Sabine Roger

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vivement_l_avenir Éditions du Rouergue – août 2010 – 301 pages

Quatrième de couverture :
« Dans les maternités, d’après moi,
il n’y a que des princesses et des princes charmants,
dans les petits berceaux en plastique.
Pas un seul nouveau-né qui soit découragé,
déçu, triste ou blasé.
Pas un seul qui arrive en se disant :
Plus tard, je bosserai en usine pour un salaire de misère.
J’aurai une vie de chiotte et ce sera super.
Tra-la-lère. »

Auteur : Née en 1957 à Bordeaux, Marie-Sabine Roger a toujours été passionnée par l'écriture. Après une carrière de 10 ans comme enseignante en maternelle, elle se consacre entièrement, depuis 1999, à son métier d'écrivain. Mère de trois enfants, elle vit dans la région de Nîmes et a publié de nombreux ouvrages pour la jeunesse et pour adultes.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
Voilà un livre plein d’espoir et de chaleur qui est également pour moi un vrai coup de cœur. Les narrateurs sont tour à tour Alex et Cédric. Alex est une solitaire aux allures de garçon qui a été embauchée en CDD dans le poulailler industriel.
Cédric est un jeune de 28 ans, désœuvré qui ne s’imagine aucun avenir. Il passe ses journées au bord du canal avec son copain Olivier, dit le Mérou, à lancer des canettes dans l'eau. Alex est émue par Gérard (ou Roswell), fortement handicapé, qui est le beau-frère de Marlène sa logeuse. Celle-ci a du mal à supporter Roswell et le malmène un peu.
Alex va s'occuper de Roswell, elle lui raconte des histoires, écoute ses poèmes, elle rit avec lui, elle le considère comme une vrai personne et pas comme un « monstre ». Alex va même fabriquer un chariot pour sortir Roswell et c'est en le promenant au bord du canal, ils vont rencontrer Cédric et Olivier. Ensemble, ils vont démontrer vis à vis de Roswell un beau sens de l'amitié, et de la solidarité. Une très belle histoire !

Extrait : (début du livre)
Comment c'était venu dans la conversation, je ne sais plus très bien. C'était venu. C'est tout.
L'origine, elle était peut-être à chercher du côté des clébards, quand la télé avait parlé de ceux qu'on abandonne à la SPA, au début des vacances. Tous ces braves chiens-chiens avec la truffe humide et dans leurs yeux marron de l'amour sans reproche.
- Abandonner son chien ! Si c'est pas malheureux ! a dit Marlène, à un moment, en caressant Tobby. La peine de mort, il leur faudrait, à tous ces salopards !
- Bah ! La peine de mort, faut pas pousser, non plus... Mais de la tôle, oui. Là, je dirais pas non ! a répondu Bertrand, de sa voix toujours calme.
Jamais je ne l'ai vu énervé, celui-là.
Marlène a secoué la tête. Quand elle a une idée, elle s'y tient.
- La peine de mort et voilà tout. Hein, mon Tobby, mon amour, mon pépère ? La guillotine, hein ? Et en plusieurs fois, tant qu'à y être. À petits coups de cisaille, tchak tchak.
- La guillotine, ben voyons ! a dit Bertrand.
Roswell s'est marré. Il se marre tout le temps.
Moi j'étais dans mon coin, je lisais, sans rien dire. Je parle rarement. Ça servirait à quoi ?   

Mais l'origine était sans doute aussi dans la bêtise de Roswell, un peu plus tôt dans la soirée. Parce qu'il avait voulu se faire du pop-corn, sans rien demander à personne.
Il pourrait se nourrir de pop-corn, de frites et de Coca, il en est fou.
Il avait allumé le gaz, tout seul, posé la poêle sur le feu, bien huilée comme il faut selon la procédure. Et puis il l'avait oubliée, forcément.
Roswell n'a pas de suite dans les idées. Peut-être pas d'idées, non plus. Tout au plus des initiatives.   

Alors, quand Marlène est allée dans la cuisine pour mettre l'eau des pâtes à chauffer, tout était envahi d'une fumée épaisse et âcre, qui piquait salement les yeux.
Elle a crié :
- Ah ben ça, ah ben ça ! Mais c'est quoi, ce bordel ?!
Elle a ouvert la fenêtre en urgence, en envoyant valser tout ce qui était devant : la passoire en métal, le pichet, la salière et les couverts en bois. Elle a balancé la poêle dans l'évier, fait couler l'eau en grand, c'est parti en vapeur. Il n'est plus resté que l'odeur.   

Quand elle est revenue dans la salle à manger, Marlène hurlait que non, alors là non ! Non, cette fois, on avait dépassé la mesure du comble ! Elle disait qu'il avait encore failli tout faire cramer, ce crétin, ce taré ! Qu'un beau jour, la maison, ça serait plus qu'un tas de cendres en ruines, et par la faute à qui ?
Roswell a rigolé, mais pas d'un rire franc.
Moi qui le connais mieux que le reste du monde, puisque je suis la seule à me soucier de lui, je voyais bien qu'il avait les miquettes, rien qu'à cette façon de coller du regard aux gestes de Marlène, de ne pas la quitter de l'oeil, surtout pas, au cas où.
Marlène, elle a parfois la main leste, avec lui. Lourde, aussi. Mais elle a seulement soupiré, en se tournant vers moi :
- Va me le mettre au pieu, tiens ! Moi je peux plus le voir, il me pile l'humeur, j'en ai les nerfs qui me sortent des gaines !
- Il a mangé ? a fait Bertrand.
- Il a pas faim !
J'ai aidé Roswell à sortir du fauteuil. On a pris l'escalier, lui devant, moi derrière, pour parer, au cas où. Je l'ai fait arrêter aux toilettes. Après, je l'ai mené jusqu'à sa chambre. Je l'ai aidé à se déshabiller, à enfiler son pyjama, je lui ai mis sa couche pour la nuit. J'ai remonté la couette sous son menton barbu, je lui ai enlevé ses lunettes, je lui ai porté un verre d'eau.
Il a chuchoté :
- Hésschantille-hein ?
J'ai dit ben oui, bien sûr ! Bien sûr, je suis gentille ! Tu le sais bien, non ?
- Hhhui. Hésschantille, toi.
- Oui, je suis gentille, moi. Et toi, tu devrais éviter de faire
du pop-corn !   

Il a rigolé. J'ai montré la veilleuse, d'un hochement de tête. Il a fait no-no-non, no-no-non ! Je sais bien qu'il a peur du noir. Du noir, des araignées, des guêpes, des orages. Et de Marlène, aussi. De Marlène, surtout.
J'ai touché de l'index ma visière invisible, OK chef, compris chef, je te la laisse allumée, ta lumière. Il a souri de tout son trop de dents qui encombre sa bouche, de ses gencives de mulet. Il a refait mon geste, en me saluant, la main un peu en travers de sa joue.
- Oké-sschef !
Je lui ai fait un clin d'oeil avant de refermer la porte. Il avait déjà pris le coin de son drap pour téter. Il a cligné des yeux, les deux en même temps. Un seul, il ne sait pas le faire.

Comme chaque soir, j'ai pensé : Sacré Roswell ! Tu es tombé dans un piège à cons, le jour où tu es sorti du ventre de ta mère.   

Livre 13/14 pour le Challenge du 2% littéraire 1pourcent2010

12 octobre 2010

Lulu Femme Nue : 2ème livre – Étienne Davodeau

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lulu_femme_nue_tome2 Futuropolis – mars 2010 – 78 pages

Présentation de l'éditeur :
Avec ce second livre très attendu, Étienne Davodeau clôt magistralement un récit en tous points magnifique. C est un hymne à l'amour de vivre, joyeux et grisant. Lulu est toujours en errance. Si son escapade se déroule sur dix-neuf jours, le temps de la narration est celui d'une nuit, sur la terrasse de la maison familiale, où tous les amis de Lulu sont réunis pour une veillée funèbre. Mais cette fois, prenant le relais de Xavier, c'est Morgane, la fille de Lulu, qui raconte ce qui est arrivé à sa mère. Lulu a quitté Charles, son camping et ses improbables frangins, mais n'a pas pour autant décidé de rentrer au bercail. Elle poursuit sa quête d'elle-même, ailleurs. Elle rencontre Marthe, vieille femme solitaire et pétillante, dans des circonstances, disons, explosives. Lulu et Marthe, Marthe et Lulu, une complicité à bien des égards décisive, comme le point nodal de ce second livre. Étienne Davodeau dresse ici le double portrait magnifique d'une femme ordinaire, Lulu, et d'une vieille femme haute en couleurs, Marthe, qui, revêche de prime abord, se révèle incroyablement belle et généreuse.

Auteur : Étienne Davodeau a 44 ans. Il vit en Anjou. 1985: après des études d'arts plastiques à Rennes, il participe à la création du studio BD Psurde. 1992-94: Les Amis de Saltiel (triologie, Dargaud). 1996: Le Constat (Dargaud). 1997: Quelques jours avec un menteur (Delcourt). 1998: Le Réflexe de survie (Delcourt). 1999: s'intéressant aussi à la bande dessinée pour enfants et adolescents, il scénarise pour Joub, Les Aventures de Max & Zoé (5 tomes, Delcourt) et Géronimo (2 tomes, Dupuis). 2001: Rural!, véritable reportage, où il confirme son choix peu fréquent en bande dessinée d'inscrire le monde réel au coeur de son travail. 2003: Avec David Prudhomme au dessin, il adapte en bande dessinée l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles (Delcourt). 2004: Chute de vélo, Prix des Libraires de Bande Dessinée 2005 (Dupuis). 2005: Les Mauvaises Gens (Delcourt). Grand prix 2005 de la Critique, Prix France Info, puis à Angoulême Prix du Scénario et Prix du Public. 2006: avec Kris, il réalise Un Homme est mort, Prix France Info 2007 (Futuropolis). 2008: Lulu femme nue, tome 1 (Futuropolis). Couronné en 2009 par un Fauve au festival d'Angoulême, le Prix Ouest-France au festival Quai des Bulles de St Malo, le Prix Bédélys au Québec et le Prix Saint-Michel en Belgique.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
Dans le second livre, Lulu poursuit son voyage pour se retrouver, elle rencontre Marthe une vieille dame avec qui il se crée une certaine complicité.
C’est Morgane, la fille aînée de Lulu, qui raconte la suite du périple de sa mère et comment elle décidera de revenir vers sa famille.
Beaucoup de sensibilité et du suspense dans cette belle histoire humaine qui s’achève avec ce second livre. Dans le premier livre, il était question d’amour, dans le second on découvre une histoire d’amitié.
Très belle Bande Dessinée à découvrir.

Pour en savoir plus, Blog Lulu Femme Nue.
Lulu Femme Nue 1er livre

Extraits :

lulu_femme_nue_tome2_1

lulu_femme_nue_tome2_2

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12 octobre 2010

Lulu Femme Nue : 1er livre – Étienne Davodeau

Lu durant le Read-A-Thon RAT_logo

lulu_femme_nue_tome1 Futuropolis – novembre 2008 – 77 pages

Présentation de l’éditeur :
Lulu, mère de famille de quarante ans, sans histoire, a disparu depuis plus de deux semaines, abandonnant mari et enfants à ses amis désemparés.
L'un d'eux, Xavier, a retrouvé sa trace. En une nuit, il entreprend de raconter aux autres ce qu'a vécu Lulu pendant cet étrange voyage : Lulu a quitté sa vie normale en sortant d'un énième entretien d'embauche. Elle n'avait rien prémédité. Ça s'est passé très simplement. Elle est partie avec une femme dont elle ne connaissait rien, et s'est octroyé quelques jours de liberté, seule, sur la côte, sans autre projet que de savourer pleinement, et sans culpabilité, cette vacance inédite.
Presque surprise par sa propre audace, Lulu rencontre de drôles de gens, qui sont, d'une façon ou d'une autre, eux aussi au bord du monde.
Grisante, joyeuse, dangereuse et cruelle, l'expérience improvisée de Lulu en fera une autre femme.

Auteur : Étienne Davodeau a 44 ans. Il vit en Anjou. 1985: après des études d'arts plastiques à Rennes, il participe à la création du studio BD Psurde. 1992-94: Les Amis de Saltiel (triologie, Dargaud). 1996: Le Constat (Dargaud). 1997: Quelques jours avec un menteur (Delcourt). 1998: Le Réflexe de survie (Delcourt). 1999: s'intéressant aussi à la bande dessinée pour enfants et adolescents, il scénarise pour Joub, Les Aventures de Max & Zoé (5 tomes, Delcourt) et Géronimo (2 tomes, Dupuis). 2001: Rural!, véritable reportage, où il confirme son choix peu fréquent en bande dessinée d'inscrire le monde réel au coeur de son travail. 2003: Avec David Prudhomme au dessin, il adapte en bande dessinée l'unique et méconnu roman de Georges Brassens, La Tour des miracles (Delcourt). 2004: Chute de vélo, Prix des Libraires de Bande Dessinée 2005 (Dupuis). 2005: Les Mauvaises Gens (Delcourt). Grand prix 2005 de la Critique, Prix France Info, puis à Angoulême Prix du Scénario et Prix du Public. 2006: avec Kris, il réalise Un Homme est mort, Prix France Info 2007 (Futuropolis). 2008: Lulu femme nue, tome 1 (Futuropolis). Couronné en 2009 par un Fauve au festival d'Angoulême, le Prix Ouest-France au festival Quai des Bulles de St Malo, le Prix Bédélys au Québec et le Prix Saint-Michel en Belgique.

Mon avis : (lu en octbre 2010)
Voilà une très belle BD qui nous raconte l’étrange voyage de Lulu, une femme simple. Un jour, sur un coup de tête, elle abandonne son mari et ses trois enfants et elle part sans vrai but. Elle est fatiguée des entretiens d’embauche sans résultats. Elle décide de prendre un peu de liberté, de quitter son quotidien monotone. Lulu va rencontrer des personnes qui vivent en marge de la société. Elle va retrouver le sourire et revivre une autre vie pendant quelques temps. La construction de la Bande Dessinée est originale car c’est Xavier un des amis de la famille qui a retrouvée Lulu et qui durant toute une nuit va raconter aux autres amis ce que Lulu a fait pendant ce voyage.

Une bande dessinée pleine d’humanité, qui nous donne envie de découvrir la suite.

Lulu Femme Nue second livre

Extraits : 

lulu_femme_nue_tome1_1x

lulu_femme_nue_tome1_2

lulu_femme_nue_tome1_3

lulu_femme_nue_tome1_4

11 octobre 2010

La Mécanique du Cœur – Mathias Malzieu

Lu durant le Read-A-Thon RAT_logo

Lu dans le cadre du Challenge : coeur_vs3 proposition de Lael

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Flammarion – octobre 2007 – 177 pages

J'ai lu – mars 2009 – 155 pages

Quatrième de couverture :
Édimbourg, 1874 : le jour le plus froid du monde. Lorsque Jack naît, son cœur gelé se brise immédiatement. La sage-femme le remplace par une horloge et le sauve. Depuis lors, il doit prendre soin d'en remonter chaque matin le mécanisme. Mais gare aux passions ! Le regard de braise d'une petite chanteuse andalouse va mettre le cœur de Jack à rude épreuve...

Auteur : Auteur, compositeur et interprète, Mathias Malzieu est le chanteur survolté de l'un des meilleurs groupes de rock français : Dionysos. Il est également l'auteur d'un recueil de nouvelles et d'un bouleversant premier roman, Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
C'est un conte pour les grands qui nous emmène dans un monde fantastique, un monde de rêves et de poésie. Il raconte l'histoire de Jack qui a à la place du cœur, une horloge. Il doit en prendre soin et remonter ses mécanismes chaque jour et éviter les émotions fortes. Mais un jour il rencontrera Miss Acacia, petite chanteuse andalouse, qui va lui mettre son cœur à rude épreuve.

C'est pas le genre de lecture que j'ai l'habitude de faire mais j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce livre après avoir découvert le CD audio La Mécanique du cœur de Dionysos.

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Extrait : (début du livre)

Il neige sur Édimbourg en ce 16 avril 1874. Un froid de canard paranormal cadenasse la ville. Les vieux spéculent, il pourrait s'agir du jour le plus froid du monde. A croire que le soleil a disparu pour toujours. Le vent est coupant, les flocons plus légers que l'air. BLANC ! BLANC ! BLANC ! Explosion sourde. On ne voit plus que ça. Les maisons font penser à des locomotives à vapeur, la fumée grisâtre qu'exhalent leurs cheminées fait pétiller un ciel d'acier.

Édimbourg et ses rues escarpées se métamorphosent. Les fontaines se changent une à une en bouquets de glace. L'ancienne rivière, habituellement si sérieuse dans son rôle de rivière, s'est déguisée en lac de sucre glace qui s'étend jusqu'à la mer. Le fracas du ressac sonne comme des vitres brisées. Le givre fait des merveilles en pailletant le corps des chats. Les arbres ressemblent à de grosses fées en chemise de nuit blanche qui étirent leurs branches, bâillent à la lune et regardent les calèches déraper sur une patinoire de pavés. Le froid est tel que les oiseaux gèlent en plein vol avant de s'écraser au sol. Le bruit qu'ils font dans leur chute est incroyablement doux pour un bruit de mort.

C'est le jour le plus froid du monde. C'est aujourd'hui que je m'apprête à naître.

Lu dans le cadre du challenge coeur_vs3 proposition de Lael 

10 octobre 2010

Le garçon en pyjama rayé - John Boyne

Lu durant le Read-A-Thon RAT_logo

Lu dans le cadre du Challenge Lunettes noires sur Pages blanches 

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Folio Junior – août 2003 – 202 pagestraduit de l'anglais par Catherine Gibert

Gallimard jeunesse – août 2009 – 186 pages

Quatrième de couverture :
Vous ne trouverez pas ici le résumé de ce livre. On dira simplement qu'il s'agit de l'histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l'autre côté d'une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devraient pas exister.

Auteur : John Boyne est né à Dublin en Irlande le 30 avril 1971. Il a suivi des études de littérature anglaise au Collège de Trinité, puis il a suivi le cours d'écriture de l'université d'East Anglia. Vers l'âge de 20 ans, il commence à écrire des nouvelles, dont certaines paraissent dans la presse (Sunday Tribune,…). Il a écrit plusieurs romans. Son premier ouvrage qui était destiné à la jeunesse, "The Thief of Time", a été publié en 2000. "Le garçon en pyjama rayé" est son quatrième roman. Ce livre fut traduit dans plus de vingt langues et couronné de nombreux prix et le livre a été adapté à l'écran par le réalisateur Mark Herman.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
C'est à travers le regard de Bruno un garçon de neuf ans naïf et innocent, fils du SS commandant du camp d'Auschwitz, nous découvrons les horreurs de la guerre et de la solution final.
Bruno n'est pas content de quitter sa belle maison de Berlin et tous ses copains. Mais son père un officier nazi a eu une promotion grâce au « Fourreur », il va devenir le commandant « d'Hoche-Vite ». Il va maintenant habiter une maison triste et isolée. De sa chambre, il aperçoit des hommes, des femmes et des enfants, tous vêtus de pyjamas rayés. Mais personne ne veut lui répondre à ses questions, il va donc quitter la maison en douce et traverser la forêt pour atteindre le camp et voir par lui même. Lorsqu’il arrive devant le grillage, il aperçoit un garçon assis, tête baissée, juste en face de lui, derrière les fils barbelés électrifiés. Bruno se lie d'amitié avec Schmuel, un jeune garçon de son âge qui porte un pyjama rayé et vit de l'autre côté de la clôture. Jour après jours, Bruno retourne voir son nouvel ami et peu à peu il comprend ce qui se passe au sein du camp. Et un jour, Bruno franchit la clôture pour aider Schmuel à chercher son père qui a disparu du camp, comme son grand-père avant lui...

Une histoire à la fois belle, triste et émouvante. A lire et à faire lire.
Ce roman s'adresse à un public large, des enfants de plus de douze ans aux adultes.

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Le Film : Le Garçon au pyjama rayé (The Boy in the Striped Pyjamas) est un film anglo-américain réalisé par Mark Herman en 2008, d'après le roman de l'écrivain irlandais John Boyne. Avec comme acteurs : Asa Butterfield , Vera Farmiga, David Thewlis, Jack Scanlon, David Hayman...
L'adaptation est très proche du livre, les acteurs sont formidables en particulier les deux petits garçons qui jouent Bruno et Shmuel. Seule différence, l'impact de la fin de l'histoire : pour le film, elle est frappante, brutale et sans équivoque, dans le livre, elle est seulement suggérée, la façon dont elle est racontée paraît plus « soft » même si elle est la même.
Un film bouleversant et magnifique.

Extrait : (page 51)
- Qui sont ces gens dehors? finit-il par dire.
Père pencha la tête de côté, un peu embarrassé par la question.
- Des soldats, Bruno. Des secrétaires. Du personnel. Tu en as déjà vu.
- Non, pas ceux là, dit-il. Les gens que je vois de ma fenêtre, dans les baraques, au loin. Ils sont tous habillés pareils.
- Ah, ceux-là, dit Père en hochant la tête, avec un léger sourire. Ces gens.... ce ne sont pas des gens, Bruno.
Bruno fronça les sourcils.
- Ce ne sont pas des gens? demanda t-il, doutant de ce que Père voulait dire.
- Du moins, pas comme nous l'entendons, poursuivit Père. Mais pour l'instant, tu ne devrais pas t'en occuper. Ils n'ont rien à voir avec toi. Et tu n'as absolument rien en commun avec eux. Contente-toi de t'installer dans ta nouvelle maison et de bien te conduire, c'est tout ce que je demande. Accepte la situation et tout ira mieux.
- Oui, Père, dit Bruno que la réponse ne satisfaisait pas.
Il ouvrit la porte, mais Père le rappela. Il était debout, le sourcil relevé, comme pour signifier à Bruno qu'il avait oublié quelque chose. Cette chose lui revint à l'esprit dès que Père la lui suggéra. Alors il prononça la formule consacrée et fit exactement les mêmes gestes que lui.
Il ramena les pieds l'un contre l'autre, tendit le bras droit en l'air, fit claquer ses talons et dit les mots de circonstance à prononcer chaque fois qu'il prenait congé d'un soldat, d'une voix grave et claire (aussi ressemblante que possible à celle de Père).
- Heil Hitler, lança t-il, supposant que c'était une autre façon de dire : "Au revoir. Et bon après midi."

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