Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

A propos de livres...

Publicité
18 août 2010

Tango Massaï – Maxence Fermine

tango_massai tango_massai_p

Albin-Michel – février 2005 – 266 pages

Livre de Poche – juin 2007 – 189 pages

Quatrième de couverture :
Tabora, porte des grands lacs africains, cité sublime et inquiétante qui vit de l'or et des épices. Une armée de rebelles vient d'investir la ville. À sa tête, un homme blanc juché sur un cheval bai. Il se nomme Tango Massaï. Il est venu réclamer la reddition du Sultan et proclamer le droit de vivre libre. Bleu, pourpre, noir : ce sont les trois couleurs d'une mystérieuse pierre précieuse qui l'ont conduit jusqu'ici. Et tandis que la ville s'embrase, au loin résonnent les paroles d'un sorcier : "
Un jour, un serpent de fer accompagné d'une nuée de papillons blancs pénétrera jusqu'aux terres intérieures des Massaï. Et ce jour-là, ce sera la guerre. Il faudra nous préparer à combattre et à vivre des jours de malheur. Avant que ne vienne le lion qui enserrera dans ses griffes le serpent de fer et saura nous délivrer de l'emprise des papillons blancs... "

Auteur : Maxence Fermine est né le 17 mars 1968. Il a vécu à Paris avant de partir travailler dans un bureau d'études en Afrique. Aujourd'hui, il est installé en Haute-Savoie avec sa femme et ses deux filles. Parmi ses nombreux romans, citons l'Apiculteur, Neige, Opium et Amazone.

Mon avis : (lu en août 2010)
Un roman totalement dépaysant, nous nous retrouvons en Afrique à Tabora ville de la région de Tanganyika (au nord-ouest de la Tanzanie). Nous sommes à l’époque coloniale, sous domination britannique. Tabora est située à un carrefour des routes caravanières, c’est un centre de commerce. Tabora est dirigé par le Sultan Sayid al Saada. Avec son armée de rebelle le mystérieux Tango Massaï vient renverser le Sultan et prendre sa place avant de créer un Conseil de sages. Dans la deuxième partie, nous apprendrons qui est Tango Massaï et ce qu’il veut faire de Tabora.
Je n’ai pas été conquise par ce livre. Il se lit très rapidement, cela ressemble à un conte ou une légende africaine. Il est question du colonialisme et ses abus. Je suis déçue par rapport aux autres livres lus de Maxence Fermine et que j’avais beaucoup aimés.

Extrait : (début du livre)
L’armée rebelle arriva à Tabora un soir après la pluie. Elle investit la ville africaine par la porte Nord, en longeant la ligne de chemin de fer qui reliait le centre du pays à la ville de Mwanza, située sur les rives du lac Victoria.
C’était en avril, à l’époque des fortes précipitations que l’on devait à la mousson en provenance de la mer, à plus de huit cents kilomètres à l’est, et dont les effets se percevaient parfois jusqu’à l’intérieur des terres désertiques, soudainement noyées sous des déluges aussi violents que passagers. Le sol, craquelé par des mois de sécheresse – il n’avait pas plu depuis presque un an – n’avait pas eu le temps d’absorber l’eau du ciel et s’était changé en un océan de boue couleur d’argile, un océan formant des marigots où les oiseaux venaient s’ébattre joyeusement.
Trois jours plus tôt, la colonne de guerriers avait quitté les plaines du Serengeti et les étendues herbeuses du nord du pays pour rejoindre la route de Tabora. Elle avait marché vers le sud sans se soucier de la rigueur des éléments, traversant les champs gorgés d’eau, les chemins forestiers devenus d’infâmes bourbiers et les ruisseaux changés en torrents. Elle avait avancé dans un paysage d’une beauté sauvage, désert, aussi tranquille qu’une mer étale, rougie par le soleil, lavée par la pluie et séchée par les vents.

Dans la région des grands lacs, il y avait eu un envol de flamants roses, comme pour saluer son départ. Puis des troupeaux de toutes sortes avaient croisé sa route, des gnous, des antilopes, des impalas, des koudous, des girafes, des lions et des guépards. Enfin, après la plaine sauvage, était venue la présence des hommes.
A l’approche de chaque village, les habitants s’enfuyaient ou allaient se terrer à l’intérieur de leurs cases comme des animaux devant l’imminence d’un danger, laissant à la merci des mercenaires leur maigre patrimoine. Pourtant, l’armée n’avait commis aucun pillage. A peine s’était-elle permis de puiser de l’eau à quelques puits, ou d’exiger un sac de blé ou de mil lorsque cela s’était révélé nécessaire. Mais nulle violence, nul combat n’avait été engagé. L’armée rebelle se voulait, pour l’heure, discrète et pacifique.

Déjà lu du même auteur :

Neige Neige L_apiculteur L'Apiculteur Opium Opium

le_tombeau_d__toiles Le tombeau d'étoiles 

les_carnets_de_guerre_de_Victorien_Mars Les carnets de guerre de Victorien Mars

Publicité
17 août 2010

Et si… j’écrivais des livres

Voilà un petit jeu découvert chez Bellesahi, Cathulu, Mango, etc

C’est rigolo de créer aléatoirement des titres et des couvertures de livres…

Voici mes « pseudos » livres :

couverture38 couverture19

couverture42  couverture51

couverture5 couverture4

couverture25 couverture27

couverture41 couverture55

Maintenant il ne reste plus qu’à imaginer ce que racontent tous ses livres….

Et si à votre tour, vous voulez jouer, c’est ici

13 août 2010

En pause...

Quelques jours à la mer...

P1070379_50

avec un peu de lecture et du repos...

12 août 2010

Seul le silence – RJ Ellory

seul_le_silence seul_le_silence_p
Sonatine – août 2008 – 504 pages

LGF – août 2009 – 601 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Fabrice Pointeau

Quatrième de couverture :
Joseph Vaughan, écrivain à succès, tient en joue un tueur en série, dans l’ombre duquel il vit depuis bientôt trente ans. Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps horriblement mutilé d’une fillette assassinée. La première victime d’une longue série qui laissera longtemps la police impuissante. Des années plus tard, lorsque l’affaire semble enfin élucidée, Joseph décide de changer de vie et de s’installer à New York pour oublier les séquelles de cette histoire qui l’a touché de trop près. Lorsqu’il comprend que le tueur est toujours à l’œuvre, il n’a d’autre solution pour échapper à ses démons, alors que les cadavres d’enfants se multiplient, que de reprendre une enquête qui le hante afin de démasquer le vrai coupable, dont l’identité ne sera révélée que dans les toutes dernières pages.

Plus encore qu’un roman de serial killer à la mécanique parfaite et au suspense constant, Seul le silence marque une date dans l’histoire du thriller. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, sans concession aucune, R. J.Ellory évoque autant William Styron que Norman Mailer par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu’il met en jeu.

Auteur : R. J. Ellory est né en 1965. Après avoir connu l'orphelinat et la prison, il devient guitariste dans un groupe de rock, avant de se tourner vers la photographie. Seul le silence est son premier roman publié en France.

 

Mon avis : (lu en août 2010)
Voici un livre que je voulais lire depuis longtemps. Et cette lecture a été à la hauteur de mes attentes.

C’est l’histoire de la vie de Joseph Vaughan, il perd son père à l’âge de 12 ans, il est donc élevé seul par sa mère à Augusta Falls, une petite ville de Géorgie. Son institutrice, Alexandra Webber, décèle chez lui le potentiel d’un futur écrivain. Tout bascule le jour où une petite fille est sauvagement assassinée. C’est la première victime d’une série de meurtres de petites filles. Avec ses copains, Joseph crée le groupe des Anges gardiens, ils se promettent de toujours veiller sur leurs petites voisines. Mais les meurtres continuent à se perpétuer.
Des années plus tard, Joseph est devenu écrivain et il vit à New York, il va malheureusement croiser à nouveau la route de l’assassin. Il va vouloir alors venger les petites filles qu’il n’a pas su protéger et retrouver cet assassin insaisissable depuis trente ans…
Tout est dans l’ambiance et l’atmosphère de ce livre si superbement écrit.
L’intrigue efficace nous incite à garder le livre en mains et l'on découvre seulement à la fin qui est ce terrible meurtrier. Mais pour RJ Ellory l’essentiel n’est pas l’intrigue policière, mais l’histoire de Joseph, son jeune héros, écrivain en devenir, meurtri par la vie et bouleversé par les morts de ces petites filles. Tout lecteur ne peut que ressentir pour Joseph beaucoup d’empathie. Et l’on découvre également de superbes descriptions de l’Amérique rurale, mais aussi de New York.

Une très belle découverte d’un très grand roman.

Extrait : (début du livre)

Prologue

Coups de feu, comme des os se cassant.
New York : sa clameur infinie, ses rythmes métalliques âpres et le martèlement des pas, staccato incessant ; ses métros et cireurs de chaussures, carrefours embouteillés et taxis jaunes ; ses querelles d’amoureux ; son histoire, sa passion, sa promesse et ses prières.
New York avala le bruit des coups de feu sans effort, comme s’il n’avait pas plus d’importance qu’un simple battement de cœur solitaire.
Personne ne l’entendit parmi une telle abondance de vie.
Peut-être à cause de tous les autres bruits.
Peut-être parce que personne n’écoutait.
Même la poussière, prise dans le clair de lune filtrant par la fenêtre du deuxième étage de l’hôtel, soudain déplacée sous l’effet des coups de feu, reprit son chemin errant mais régulier.
Rien ne s’était produit, car c’était New York, et de telles morts solitaires et insoupçonnées étaient légion, presque indigènes, brièvement remémorées, oubliées sans effort.
La ville continuait de vaquer à ses occupations. Un nouveau jour commencerait bientôt, et rien d’aussi insignifiant que la mort ne possédait le pouvoir de les différer.
C’était juste une vie, après tout, ni plus ni moins.

8 août 2010

Les gens - Philippe Labro

Livre lu dans le cadre du partenariat Blog-o-Book et  Folio

les_gens les_gens_p

Gallimard – janvier 2009 – 451 pages

Folio – juin 2010 – 413 pages

Quatrième de couverture : Trois destins parallèles s'entrecroisent, trois vies dont le seul point commun est le manque d'amour : Maria, une jeune orpheline californienne d'une beauté rare, Caroline, une Parisienne trentenaire, enfin Marcus Marcus, célébrité de la télévision, mégalo et parano. Autour d'eux, vont graviter toutes sortes de gens : la femme de l'ambassadeur américain en France, une intraitable executive woman, un détective privé, une coach sans scrupule, des loups et des agneaux... Philippe Labro nous offre, de San Francisco jusqu'aux cercles de pouvoir parisien, une ronde étourdissante. Pour dresser de manière drôle, critique et profondément attachante, un portrait captivant de nos contemporains.

Auteur : Philippe Labro, écrivain, cinéaste, journaliste, a publié aux éditions Gallimard Un Américain peu tranquille (1960), Des feux mal éteints (1967), Des bateaux dans la nuit (1982). En 1986, L'étudiant étranger lui vaut le prix Interallié. En1988, Un été dans l'Ouest obtient le prix Gutenberg des lecteurs. Après Le petit garçon en 1991, Philippe Labro publie Quinze ans en 1993, puis, en 1994, Un début à Paris, qui complète le cycle de ses cinq romans d'apprentissage. En 1996 paraît La traversée, un témoignage sur une expérience de mort approchée, suivi en 1997 par Rendez-vous au Colorado. En 1999, Philippe Labro fait parler Manuella. En 2002 paraît Je connais gins de toutes sortes, recueil de portraits revus et corrigés, en 2003, un nouveau témoignage, Tomber sept fois, se relever huit, traitant de la dépression, en 2006, Franz et Clara, un surprenant roman d'amour, et en 2009 Les gens.

 

Mon avis : (lu en août 2010)
Philippe nous raconte trois histoires, celles de trois personnages qui souffrent chacun de solitude affective. Il y a Maria, orpheline et jeune fille au pair dans une riche famille de San Francisco après s'être enfuie de sa famille d'adoption. Il y a Marcus Marcus, animateur vedette de la télévision, à la fois mystérieux. Dans son émission, "Vous qui aimez la gloire", il interviewe les célébrités, les mettant à nu en osant leurs poser toutes questions, même les plus « vachardes ». Et il y a Caroline, assistante de production cinéma, elle a été assez brutalement congédiée par son amant, elle devenue coach auprès de la nouvelle ambassadrice des États-Unis. Ces trois destins vont se croiser, puis se rencontrer.

Un livre qui pourrait être un film de Claude Lelouch... mais qui n'est pas totalement réussi... Le livre est un peu long à démarrer, la psychologie des personnages est très bien analysée, c'est bien écrit, mais je n'ai pas été convaincue, malgré cela je l'ai lu avec plaisir.

Merci à Blog-O-Book et Folio pour ce partenariat, qui m'a fait passé un moment agréable.

Extrait : (page 380)
Les gens, ils s'en moquaient bien, en effet, des minuscules convulsions au sein d'une bulle professionnelle.

Il existe des centaines de milliers d'univers, les myriades de segments les plus divers d'une société dont le degré de civilisation se mesure au nombre de contradictions qu'elle comporte. Ces univers sont séparés, inconnus les uns aux autres, indifférents les uns aux autres. Mais quelque chose les unit, le seul lien commun qui tisse cette carte inimaginable, cette toile arachnéenne aussi bien nationale que mondiale et que domine la peur, comme l'espoir. Tous sont soudés par la puissance de ce qui a révolutionné les mœurs : l'image, et sa transmission immédiate.
Les gens, c'était tout le monde et c'était n'importe qui. Souvent, ils ne savaient plus très bien où ils en étaient, les gens. On leur expliquait que la banquise arctique fondait, que les ours polaires allaient mourir, que des inondations géantes feraient disparaître des îles, puis des villes et peut-être des continents, et que le poumon d'oxygène du monde continuerait d'être déforesté, que l'asphyxie les gagnerait tous un jour, et sinon eux, du moins leurs enfants ou leurs petits-enfants, ou leurs arrière-petits-enfants. Et pourtant, ils continuaient de faire des enfants, les gens. Ils continuaient d'aimer, construire, inventer, créer, soigner, rechercher, enseigner, lutter.

Publicité
7 août 2010

Challenge du 1% littéraire 2010

1pourcent2010

Je viens de m'incrire au Challenge du 1% littéraire 2010 organisé cette année par cette année par Schlabaya, il s'agit de lire au moins 1% des 701 sorties littéraires prévues cet automne.
Soit au moins 7 livres...

J'ai déjà lu  : Desert Pearl Hotel - Pierre-Emmanuel Scherrer
et j'ai déjà dans ma PAL : Une affaire conjugale - Eliette Abécassis

Et j'ai très envie de découvrir : L'amour est une île - Claudie Gallay
                                          Le coeur régulier - Olivier Adam
                                          Passé sous silence - Alice Ferney
                                          Ouragan - Laurent Gaudé
                                          Le septième fils - Arni Thorarinsson

et bien sûr mes lectures vont évoluer en fonction des futures critiques !

6 août 2010

Les vieilles – Pascale Gautier

les_vieilles Éditions Joëlle Losfeld – janvier 2010 – 193 pages

Quatrième de couverture :
Il y en a une qui prie, une autre qui est en prison, une autre encore qui parle à son chat, et certaines qui regardent les voisines de haut en buvant leur thé infect. Leurs maris ont tous disparu. Elles sont vieilles, certes, mais savent qu'elles pourraient bien rester en vie une ou deux décennies encore, dans ce pays où il n'est plus rare de devenir centenaire. Alors elles passent leur temps chez te coiffeur, à boire et à jouer au Scrabble, à essayer de comprendre comment fonctionne un téléphone, à commenter les faits divers, à critiquer leur progéniture qui ne vient pas assez, à s'offusquer de l'évolution des mœurs... Elles savent que le monde bouge, et qu'elles devraient changer leurs habitudes, mais comment faire, à leur âge? Aussi, l'arrivée de Nicole, une " jeunesse " qui entame tout juste sa retraite, et l'annonce d'une catastrophe imminente, vont perturber leur quotidien. Ce nouveau roman de Pascale Gautier est irrésistible par sa fraîcheur, sa volonté de prendre avec humour le contre-pied de certaines idées reçues sur la vieillesse. On y retrouve avec délectation la causticité et la liberté de ton qui caractérisent ses précédents textes.

Auteur : Pascale Gautier est directrice littéraire aux Editions Buchet-Chastel. Ses romans ont été reconnus comme des textes singuliers et littérairement exigeants. Parmi eux Trois grains de beauté, qui a reçu le Grand Prix SGDL du roman, et Fol accès de gaîté.

Mon avis : (lu en août 2010)
Cette histoire se passe dans la ville du Trou, là où il fait beau 365 jours par an, la plupart des habitants sont des personnes âgées. Il y a Madame Rousse, elle est sourde et elle pousse le son de sa télé si fort qu'elle dérange tout l’immeuble, Mme Daspet qui ne pense qu’à s’envoyer en l’air, Madame Rouby qui a peur des voleurs, Madame Chiffe qui est dépendante de Dieu et qui aime également déclamer des poèmes, la vieille mère de Paul qui est toujours désagréable avec sa famille et il y a également Nicole la jeunette de 60 ans. Elle était postière à Moisy, une ville du Nord, elle a passé sa vie de célibataire à s'occuper de ses vieux parents. Le seul homme, ou presque, c’est Pierre Martin, il a 90 ans et se prépare pour le marathon de Londres, il est « auréolé de gloire dans son short bleu ». Un livre distrayant et drôle qui veut nous faire réfléchir à la place des personnes âgées dans notre société.
La dernière partie du livre m’a surprise, je n’ai pas compris pourquoi l’histoire frisait la science fiction… avec l’annonce de l’arrivée de l’astéroïde « Bonvent » pour le dimanche suivant sur la terre. Les différents personnages ont des réactions si peu crédibles que je n’ai pas aimé la conclusion de ce livre.

Extrait : (début du livre)
La télé est à fond. L’immeuble entier en profite. C’est Mme Rousse qui est sourde comme un pot. Elle est gentille à part ça, Mme Rousse. Elle est vieille depuis si longtemps ! Tous les mardis, elle va au salon de coiffure « chez Josée ». Un salon minuscule, à l’abri des intempéries et des métamorphoses. Josée aux cheveux rouges coiffe avec application une kyrielle d’octogénaires qui viennent chez elle parce qu’elles se sentent en confiance et parce qu’elles sont toujours venues là. Mme Rouby expliquait ça l’autre jour pendant que Josée lui faisait sa permanente. Quand on est toujours allée chez quelqu’un, on a du mal à changer, c’est bête, mais c’est comme ça. Mme Rousse, donc, a les cheveux en casque permanenté bleu-violet. Aujourd’hui est le jour des amies. Elle a acheté une tarte aux pommes à la pâtisserie Miale, sorti les assiettes à dessert en porcelaine de Limoges et préparé le thé. Elle ne sait pas qui viendra. C’est chaque fois la surprise. La salle à manger de Mme Rousse est de toute beauté. Des rideaux roses tricotés main ornent les trois fenêtres qui donnent sur la rue Jean-Eymard. Une tapisserie bleu azur décorée d’oiseaux blancs qui volent dans tous les sens couvre les murs. Un lustre façon bronze qui doit peser trois tonnes reste bizarrement accroché au plafond et menace la table en bois massif qui est pile dessous. Mme Rousse est une amie des arts. Chaque année, le 15 août, des artistes locaux à la retraite exposent leurs œuvres à la salle des fêtes. Chaque année, Mme Rousse achète une toile et la fixe sur la tapisserie aux oiseaux blancs. Cela fait un mélange de couleurs idéal pour vous donner la migraine. La télé est sise sur le petit meuble qui jouxte la table en bois massif. Impossible de la rater. C’est ce qui agace Mme Rouby. On ne s’entend pas chez Mme Rousse, il y a toujours le poste qui braille. Mme Rousse n’en a cure, le bruit la berce. Enfant, elle vivait au bord d’une nationale où des hordes de camions, nuit et jour sans jamais s’arrêter, bombaient comme des malades. Elle se souvient encore de ce huit tonnes qui avait heurté la maison des voisins, pété le mur et foncé dans la cuisine et les cabinets avec un bruit de ferraille extraordinaire. Elle avait été éblouie par cette fanfare sauvage. La télé, à son âge, c’est pour le plaisir. Même Mitsou pense comme elle. D’ailleurs, il est passé où, celui-là ? Elle s’est installée sur sa chaise et attend. Les publicités s’en donnent à cœur joie. On dirait des cigales qui, dans le bois, sur un arbre, font entendre leur voix charmante. Mme Rousse entend leur doux bourdonnement et ne s’étonne même plus. « Sauvez un cochon, mangez un chat ! » Pourquoi pas, finalement. La pendule à coucou que ses enfants lui ont offerte pour Noël sonne avec virulence. Sur l’écran, des Chinois castagnent des Tibétains. Elle en voit un qui saute à bas de son char et fonce droit sur l’ennemi. Prompt, il lance sa javeline : elle fend et le casque et l’os ; la cervelle est toute fricassée. Le Chinois bondit et achève le quidam ; il lui coupe les mains, lui tranche le col, et l’envoie rouler, tout comme un billot, à travers la foule. C’est dégoûtant. Puis elle voit un Tibétain féroce foncer sur le Chinois qui se prend pour un héros. De sa dague, il le frappe à l’épaule, lui tranche le bras droit. Le bras tombe à terre, sanglant, et dans ses yeux du Chinois entre en maître la mort rouge. Ça sonne. Et comme elle n’entend rien. Ça entre. Voici Mme Rouby, essoufflée, qui marche à petits pas. Puis qui se fige devant la télé. D’autres Chinois torturent à petits feux d’autres Tibétains. C’est horrible et c’est en direct.
« Madame Rousse, je ne peux pas boire mon thé devant ça !
- Vous êtes trop sensible, madame Rouby. »
Heureusement, les publicités reprennent et s’en donnent à cœur joie. On dirait des cigales qui, dans le bois, sur un arbre, font entendre leur voix charmante. Mme Rouby s’assied. Mme Rousse prépare le thé.

5 août 2010

Nicole Krauss – L'histoire de l'amour

coup_coeur_voh1

l_histoire_de_l_amour_ l_histoire_de_l_amour

Gallimard – août 2006 - 356 pages

Folio – février 2008 – 459 pages

traduit de l’américain par Bernard Hoepffner avec Catherine Goffaux

Prix du meilleur livre étranger 2006

Quatrième de couverture :
A New York, la jeune Alma ne sait comment surmonter la mort de son père. Elle croit trouver la solution dans un livre que sa mère traduit de l'espagnol, et dont l'héroïne porte le même prénom qu'elle. Non loin de là, un très vieil homme se remet à écrire, ressuscitant la Pologne de sa jeunesse, son amour perdu, le fils qui a grandi sans lui. Et au Chili, bien des années plus tôt, un exilé compose un roman. Trois solitaires qu'unit pourtant, à leur insu, le plus intime des liens : un livre unique, L'histoire de l'amour, dont ils vont devoir, chacun à sa manière, écrire la fin. Cet admirable roman, hanté par la Shoah, offre une méditation déchirante sur la mémoire et le deuil. Mais c'est avant tout un hymne à la vie, écrit dans une langue chatoyante et allègre, l'affirmation d'un amour plus fort que la perte, et une célébration, dans la lignée de Borges, des pouvoirs magiques de la littérature. Il impose d'emblée Nicole Krauss comme une romancière de tout premier plan.

Auteur : Poétesse et romancière, Nicole Krauss est née en 1974 à New York. Elle publie en 2002 son premier roman Man Walks Into A Room, puis en 2005 L'histoire de l'amour, son premier livre traduit en français, récompensé par le prix du meilleur livre étranger en 2006. Elle publie fréquemment dans The New Yorker. Elle vit à Brooklyn, New York, avec son mari Jonathan Safran Foer

Mon avis : (lu en août 2010)
"L'histoire de l'amour", c'est le titre d'un manuscrit qui relie trois histoires. Celle de Leopold Gurski, un vieil émigré juif d'origine polonaise de New York, il a échappé à la Shoah et vit dans le souvenir d'Alma, son amour de jeunesse. Celle d'une adolescente de 14 ans, elle essaie de soutenir sa mère après la mort de son père. Un inconnu demande à sa mère de traduire un roman espagnol, « l'histoire de l'amour », dans lequel l'héroïne porte le prénom d'Alma, le prénom que lui ont donné ses parents après avoir lu ce même roman. Enfin, celle de Zvi Litvinoff, polonais exilé au Chili depuis 1941 et qui est l'auteur du roman.
Tour à tour chacun des trois personnages est le narrateur, et petit à petit le lecteur découvre les liens qui relient ces trois histoires.
En tête de chapitres, un petit dessin indique au lecteur qui est le narrateur : un cœur pour Leopold Gurski, une boussole pour la jeune Alma et une livre ouvert pour Zvi Litvinoff.
Dans L'histoire de l'amour, il est question de solitude, de deuils et de rendez-vous manqués. C’est un livre plein de sensibilité qui évoque l’amour des livres, de la lecture, de l’écriture et de l’influence que peut avoir un livre sur nos vie…
Un très beau livre que j’ai dévoré.

Un grand merci à Papillon (Journal d'une lectrice) qui m'a choisi ce livre lors du Swap in' Follies co-organisé par Amanda et Manu.

Extrait : (page 70)
1. MON NOM EST ALMA SINGER
Quand je suis née, ma mère m'a donné le nom de toutes les jeunes femmes qui se trouvaient dans un livre que mon père lui avait offert et qui s'appelait L'histoire de l'amour. A mon frère elle a donné le nom d'Emanuel Chaim, à cause de l'historien juif Emanuel Ringelblum qui avait enterré des bidons de lait remplis d'archives dans le ghetto de Varsovie, du violoncelliste juif Emanuel Feuermann, un des plus grands prodiges musicaux du vingtième siècle, également à cause de l'écrivain juif de génie Isaac Emmanuilovitch Babel et de Chaim, l'oncle de ma mère, un plaisantin, un véritable clown, qui faisait rire tout le monde comme des fous, et qui a été tué par les nazis. Mais mon frère refusait de répondre à ce nom. Quand on lui demandait comment il s'appelait, il inventait quelque chose. Il est passé par quinze ou vingt noms. Pendant un mois il a parlé de lui-même à la troisième personne comme étant Mr. Fruit. Le jour de son sixième anniversaire il a pris son élan et a sauté par une fenêtre du premier étage en essayant de voler. Il s'est cassé un bras et a désormais une cicatrice permanente sur le front, mais plus personne ensuite ne l'a jamais appelé autrement que Bird.

2. CE QUE JE NE SUIS PAS
Mon frère et moi, nous avions un jeu à nous. Je montrais une chaise et je disais : « CECI N'EST PAS UNE CHAISE. » Bird montrait une table. « CECI N'EST PAS UNE TABLE. » Je disais : « CECI N'EST PAS UN PLAFOND. » Nous continuions de la sorte. « IL NE PLEUT PAS DEHORS. » « MA CHAUSSURE N'EST PAS DÉLACÉE ! » hurlait Bird. Je montrais mon coude. « CECI N'EST PAS UNE ÉGRATIGNURE ! » Bird soulevait un genou.  « CECI N'EST PAS UNE ÉGRATIGNURE NON PLUS ! » « CECI N'EST PAS UNE BOUILLOIRE ! » « PAS UNE TASSE ! » « PAS UNE CUILLÈRE ! » « PAS DE LA VAISELLE SALE ! » Nous niions des pièces tout entières, des années, le temps qu'il faisait. Un jour, au plus fort de nos hurlements, Bird a respiré profondément. De toute la puissance de ses poumons, il a glapi : « JE ! N'AI PAS ! ÉTÉ ! MALHEUREUX ! TOUTE ! MA VIE ! » « Mais tu n'as que sept ans », lui ai-je dit.

3 août 2010

Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir – Sylvie Testud

il_n_y_a_pas_beaucoup  Fayard – août 2003 – 225 pages

Quatrième de couverture :
Énervée. Affamée. Exténuée. Terrorisée. En retard. Frigorifiée. Les journées, pour Sylvie Testud, sont une succession de moments intenses. Elle nous emmène à une interview au Plaza, sur un tournage en japonais, acheter du plâtre au BHV, faire l'amour devant vingt personnes pendant huit heures, essayer des robes chez Chanel pour les Césars, tout en refusant d'embrasser un serpent ou de sauter par la fenêtre... Le quotidien d'une actrice, en somme. Sauf que Sylvie Testud fait montre d'un regard ultra-lucide. Comment entre-t-on dans un rôle ? Comment apprend-on à l'aimer, comment le quitte-t-on, comment dire non, comment dire oui ? Où est la limite entre la vie qu'on vit et la vie qu'on joue ? Et si notre existence était un interminable casting ?
Décalée, d'une voix qui ne ressemble à aucune autre, drôle et sans concession, Sylvie Testud éteint les feux trompeurs de la rampe, et l'on découvre qu'Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir

Auteur : Sylvie Testud est comédienne. Révélée dans Karnaval, elle a obtenu en 2001 le César du meilleur espoir féminin pour Les Blessures assassines. Ses derniers films : Stupeur et tremblements d'après le roman d'Amélie Nothomb, Filles uniques et Vivre me tue.

Mon avis : (lu en août 2010)
Un livre plein d'humour agréable et rapide à lire. Sylvie Testud nous raconte l'envers du décor de la vie d'une actrice au théâtre ou lors des tournages. Nous découvrons ses débuts, son quotidien, ses peurs, ses joies... Son style est vivant, plein de fraîcheur... J'ai passé un très bon moment en compagnie de ce livre.

Extrait : (page 129)
Je suis nominée aux Césars !
C’est ça qu’elle hurle ? Parce que mon agent hurle dans le téléphone.
Ben oui. Je suis nominée aux Césars en tant que meilleur espoir.
- C’est français ça comme mot « nominée » ? Je me demande.
Ce sont les directeurs de castings qui proposent des filles et des garçons comme espoir et après les gens du cinéma doivent voter qui est le meilleur et la meilleure espoir de l’année. Celui et celle qui remporteront le plus de voix seront immédiatement émus meilleur espoir.
Tous les acteurs et actrices vont aux Césars. La cérémonie est retransmise en direct à la télévision ! Sur Canal+ en clair.
- Mon grand-père pourra suivre la cérémonie si c’est en clair.
Oh le pauvre, il va pleurer… Et ma grand-mère aussi elle va pleurer…
Et ma mère ? Et mes sœurs ? Et… Tous, ils vont pleurer c’est certain.
- Il faut que tu trouves une robe. Me dit mon agent. Où veux-tu aller ?
Saint-Laurent ? Chanel ? Versace ? Armani ? Lolita Lempicka ?
- Oh putain ! Mais elle a pété les plombs mon agent ! Je pense.
Je n’ai pas le fric pour m’offrir une robe chez Saint-Laurent moi !
- Ne t’inquiète pas. Elle rit. Ils te prêtent une robe pour la cérémonie.
Quoi ? Je vais me pointer chez Chanel ou Saint-Laurent et ils vont me prêter une robe ? Elle est complètement à la masse mon agent. Je commence à me dire.
- Il y a des gens qui s’occupent de la presse. Ils te prêtent une robe « couture » pour des occasions comme les Césars, Cannes…
- Ah bon ? L’attachée de presse va me prêter une robe ? C’est possible ça ? Je demande.
- Je vais téléphoner et tu auras des rendez-vous. Tu pourras choisir la robe que tu veux porter pour la cérémonie. J’entends dans le téléphone.
« Je pourrai choisir la robe que je veux porter pour la cérémonie des Césars »… Mon agent est un être très puissant. Sur un simple coup de fil, elle obtient que « je peux choisir la robe que je veux porter pour la cérémonie des Césars ».
Je n’en reviens pas…
Mais… Ça veut dire alors que toutes ces grandes actrices toujours bien habillées, dans des robes fourreau, dans des robes dos nu, dans des robes « couture » quoi, elles ne les achètent pas ? Les robes ne sont pas à elles ? On leur prête des robes pour la cérémonie ?

Un miroir se brise. Une fleur se fane. Un oiseau est abattu en plein vol, un mythe se casse.
Les actrices françaises portent des robes prêtées ?
Mais c’est fou ça !
- Réfléchis. Rappelle-moi. Je te prendrai les rendez-vous. Continue mon agent puissant.
Je raccroche le téléphone. Les bras m’en tombent. On prête des robes aux actrices.
Les actrices en France n’ont pas de robe de « cérémonie des Césars ».

Déjà lu du même auteur : Gamines Gamines

2 août 2010

Black Bazar - Alain Mabankou

black_bazar black_bazar_p

Seuil - Janvier 2009 – 246 pages

Points – février 2010 – 264 pages

Quatrième de couverture :
Parce que le derrière des femmes n'a pas de secrets pour lui, ses copains le surnomment le "fessologue". Au Jip's, le bar où il a ses habitudes, plus rien n'amuse ce dandy congolais, déprimé par un chagrin d'amour. Un jour, déambulant dans Paris, sa curiosité est attisée par une librairie bondée. Il y croisera Jean-Philippe, un écrivain haïtien venu signer ses livres, et qui va bouleverser sa vie...

Auteur : Alain Mabanckou est né en 1966 au Congo-Brazzaville. Professeur de littérature francophone à l'université de Californie-Los Angeles (UCLA), il est notamment l'auteur de Verre Cassé et de Mémoires de porc-épic (prix Renaudot 2006).

Mon avis : (lu en juillet 2010)
Le héros de Black Bazar est un dandy africain, spécialiste de la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes), il aime les cols italiens et des chaussures Weston. Suite à un chagrin d'amour, il se découvre une vocation d'écrivain. Il nous raconte le monde qui l'entoure, un "quartier africain" à Paris à travers une galerie de personnages typiques : l'Arabe du coin, l'Antillais métis qui se croit blanc, Jean-Philippe l'écrivain haïtien dragueur, sans oublier les piliers de bar du Jip's... C'est drôle, c'est vivant et cela révèle également une vrai réflexion sur la colonisation et l'immigration. Avec une écriture à la fois naïve et truculente, le lecteur est plongé dans un monde Afro-parisien haut en couleur et réjouissant.

Extrait : (page 39)
Du temps où ma compagne et notre fille vivaient encore ici, monsieur Hippocrate nous guettait déjà à travers son judas dès qu'il y avait du bruit sur le palier. Je le savais, parce que je pouvais l'entendre avancer à pas de chat, retenir sa respiration de batracien derrière la porte. Et quand notre fille était née, il voulait savoir si j'avais des triplés et non un seul bébé parce qu'un seul enfant ne pouvait pas piailler comme toute une école maternelle. Et il est allé larmoyer auprès de notre propriétaire commun qu'il y avait des groupuscules d'Africains qui semaient la zizanie dans l'immeuble, qui avaient transformé les lieux en une capitale des tropiques, qui égorgeaient des coqs à cinq heures du matin pour recueillir leur sang, qui jouaient du tam-tam la nuit pour envoyer des messages codés à leurs génies de la brousse et jeter un mauvais sort à la France. Qu'il fallait renvoyer ces Y'a bon Banania chez eux sinon lui il ne paierait plus son loyer et ses impôts, qu'il irait faire une déposition au commissariat de la police du quartier, et que ces immigrés auraient droit à un aller-simple dans un charter même si c'est le contribuable français qui devait payer les frais de ce retour au pays natal.

J'accepte tout ça. Je n'ai rien à rajouter sur les élucubrations parce qu'on nous a toujours appris au pays qu'il faut respecter les aînés, surtout lorsqu'ils ont des cheveux gris comme c'est le cas pour monsieur Hippocrate. Je lui rappelle chaque fois que je suis d'accord avec lui, que si les nègres ont le nez épaté c'est simplement pour porter des lunettes et que l'homme noir ne vit pas seulement de pain, mais aussi de patates douces et de bananes plantains.
Et comme je ne suis pas du genre à chercher noise à qui que ce soit je me suis dit qu'il faut que je déménage d'ici. Contrairement à mon ex qui n'aimait pas la banlieue, je suis prêt à aller y habiter, mais pas à retourner dans le studio de Château-d'Eau où je vivais avant avec plusieurs de mes compatriotes. Dans la vie il ne faut jamais retourner à la case départ.
J'ai visité plusieurs studios dans le quartier. Rien à faire. Il me faut de bonnes fiches de paie, mais je travaille à mi-temps depuis que mon ex est partie, et je ne sais pas comment je vais réussir à quitter ces lieux.
Je ne parle plus à monsieur Hippocrate. Je m'arrange pour rentrer quant il dort déjà. Et lorsqu'on se croise sur le palier ou dans le local des poubelles, on se défie du regard. Lui il crache par terre et hurle :
- Espèce de Congolais ! Ta femme est partie ! Retourne chez toi !
Si j'étais vraiment méchant comme lui il y a bien longtemps que je lui aurais aussi lancé :
- Espèce de Martiniquais ! Retourne chez toi !
 

Publicité
A propos de livres...
Publicité
A propos de livres...
Newsletter
56 abonnés
Publicité
Albums Photos
Visiteurs
Depuis la création 1 387 680
Publicité