29 octobre 2011

Freedom – Jonathan Franzen

freedom Éditions de l'Olivier – août 2011 – 718 pages

traduit de l’américain par Anna Wicke

Titre original : Freedom, 2010

Quatrième de couverture :
Patty Berglund est-elle la femme idéale ? Pour Walter, son mari, la réponse ne fait aucun doute : c’est oui. Épouse aimante, mère parfaite, Patty a tout bon. Mais qu’en pense-t-elle ? En renonçant à Walter, ce « bad boy » dont elle était amoureuse – et qui se trouve être le meilleur ami de Walter –, Patty a peut-être commis l’erreur de sa vie. Freedom raconte l’histoire de ce trio et capture le climat émotionnel, moral et politique des États-Unis entre 1970 et 2010 avec une incroyable virtuosité.
Anatomie d’un mariage et d’une famille – les Berglund –, ce livre analyse les illusions, les déceptions et les compromis d’une génération de baby-boomers qui avaient rêvé un jour de changer le monde. Mais c’est aussi un acte d’accusation implacable à l’égard d’une nation qui a cessé depuis longtemps d’incarner ses propres valeurs. Qu’avons-nous fait de notre liberté ? se demandent les personnages de Jonathan Franzen. Et quel monde laisserons-nous à nos enfants, qui nous ressemblent si peu ? Pendant ce temps, les États-Unis livrent en Afghanistan et en Irak leurs propres guerres napoléoniennes, tentant d’imposer cette même liberté par la force.

Auteur : Jonathan Franzen, né à Western Springs (Illinois) en 1959, a passé son enfance dans une banlieue de Saint Louis (Missouri). Après des études au Swarthmore College (Pennsylvanie) et à la Freie Universität de Berlin, il travaille quelques années dans le laboratoire de sismologie à l'université d'Harvard, comme assistant chercheur en géologie. Jusqu'au jour où il renonce à une carrière scientifique pour la littérature.
Avec trois romans La Vingt-Septième Ville (1988), Strong Motion (1992), LesCorrections (2001) il est distingué par le New Yorker comme l'un des « vingt écrivains pour le XXIe siècle » ainsi que par le magazine Granta. Il reçoit en 1998 le Whiting Writer's Award et, deux ans plus tard, l'American Academy's Berlin Prize.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
C'est la première fois que je lisais cet auteur américain.

A travers un couple assez représentatif des États-Unis, Patty et Walter Berglund, Jonathan Franzen nous décrit sur trois générations de 1970 à 2010, les illusions et les désillusions du peuple américain avec en toile de fond les évènements politiques et économiques du monde.
Patty était en train de devenir championne universitaire de basket-ball lorsqu'elle rencontre à l’université du Minnesota Walter et Richard, deux copains très différents l'un de l'autre. Walter est travailleur, gentil, prêt à aider son prochain. Richard est un bad boy, séducteur, rockeur et égoïste. Patty est très attirée par Richard, mais c'est avec Walter qu'elle épousera. Elle se consacrera alors à sa famille sa fille Jessica et son fils Joey. Elle accueillera chez elle très souvent Connie la fille d'une voisine mère célibataire. La famille idéale ? Et pourtant, vingt ans plus tard, c'est la désillusion. Patty se serait-elle trompée en épousant Walter ? Le lecteur assiste au délitement du couple de Patty et Walter, de leur famille...
J'ai eu un peu de mal à entrer dans ce livre et par moment j'y ai trouvé des longueurs. C'est grâce au Read-A-Thon que j'ai réussi à vraiment entrer dans ce livre, à le terminer et à finalement plutôt l'apprécier.

Extrait : (début du livre)
Les nouvelles concernant Walter Berglund ne furent pas découvertes dans un quotidien local – Patty et lui étaient partis pour Washington deux ans plus tôt et ils ne signifiaient dorénavant plus rien pour St. Paul – mais la bonne société urbaine de Ramsey Hill n'était pas loyale à sa ville au point de ne pas lire le New York Times. Selon un long article vraiment peu flatteur de ce journal, Walter avait assez gravement mis en péril sa vie professionnelle dans la capitale du pays. Ses anciens voisins eurent bien du mal à concilier les mots et les expressions le qualifiant dans l'article (« arrogant », « autoritaire », « corrompu sur le plan éthique ») avec le cadre de la 3M dont ils gardaient le souvenir, généreux et souriant, au visage rougeaud, qui se rendait toujours à son travail en bicyclette, remontant Summit Avenue sous la neige de février ; il paraissait bien étrange que Walter, qui était plus vert que Greenpeace et dont les racines étaient rurales, pût maintenant avoir des ennuis pour collusion avec l'industrie du charbon et mauvais traitements envers les gens de la campagne. Mais il y avait toujours eu quelque chose de bizarre chez les Berglund.
Walter et Patty étaient les pionniers de Ramsey Hill – les premiers jeunes diplômés de l'université à acheter une maison dans Barrier Street depuis que le cœur historique de St Paul avait commencé à connaître des jours difficiles quelque trois décennies plus tôt. Ils avaient eu cette maison victorienne pour une bouchée de pain puis s'étaient échinés pendant dix ans à la rénover. Au début, une personne extrêmement déterminée mit le feu à leur garage et fractura à deux reprises leur voiture avant qu'ils ne le fassent reconstruire. Des motards à la peau tannée par le soleil envahissaient le terrain vague qui se trouvait de l'autre côté de la ruelle pour y boire de la Schlitz et y griller des saucisses, tout en faisant rugir leurs moteurs aux petites heures de la nuit, jusqu'au moment où Patty sortait en survêtement pour leur dire, « Hé les gars, ça va comme vous voulez ? » Patty ne faisait peur à personne, mais elle avait été une athlète d'exception au lycée puis à l'université et elle possédait encore une sorte d'intrépidité sportive. Dès la première journée passée dans le quartier, elle avait été désespérément voyante. Grande, coiffée d'une queue-de-cheval, d'une jeunesse absurde, faufilant sa poussette entre les voitures désossées, les bouteilles de bière cassées et les vieilles plaques de neige souillées de vomi, elle aurait très bien pu transporter sa journée heure par heure dans les filets suspendus à sa poussette. Derrière elle, les préparatifs, gênés par le bébé, d'une matinée de courses, elles-mêmes gênées par le bébé ; devant elle, un après-midi à écouter la radio publique, son livre de cuisine du Silver Palate, des couches en tissu, du composé à joints, de la peinture au latex ; ensuite, quelques pages du livre Goodnight Moon, et enfin, un petit verre de zinfandel. Elle était déjà totalement ce qui n'était qu'un balbutiement dans cette rue.

Challenge 2%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
14/14

Challenge 100 ans de littérature américaine 2011
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6/50 : Minnesota
Patty rencontre Walter et Richard à l'université du Minnesota

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27 octobre 2011

Mots de tête – Dominique Resch

 Lu dans le cadre de de Critique en Masse de Babelio
en partenariat avec les éditions Autrement

mots_de_t_te Autrement – août 2011 – 152 pages

Quatrième de couverture :
"Prof n'est pas un vrai métier. C'est une discipline sportive. Une épreuve d'endurance. Un marathon où le plus teigneux gagne à la fin."
Chaque jour, je retrouve Tonio, Nadir, Jérémy et les autres. Chaque jour, dans ce lycée des quartiers Nord de Marseille, je m'apprête à vivre l'inattendu : les rencontres OM/PSG qui rythment la vie et le moral de la classe, les samoussas préparés par Hafoussouate qui réveillent mes papilles, l'arrivée du nouveau surveillant en béton armé qui chancelle au bout d'une semaine, Tonio qui perturbe allègrement la répétition de Cyrano de Bergerac, et cette course à vélo où les élèves foncent à folle allure dans un décor de cinéma...
En une vingtaine de séquences étonnantes, drôles et plus vraies que nature, l'auteur dévoile son goût passionné pour l'enseignement grâce à un regard à la fois lucide et attendri.

Auteur : Dominique Resch est professeur de français, d'histoire-géographie et d'éducation civique dans un lycée professionnel des quartiers Nord de Marseille.

Mon avis : (lu en octobre 2011)
Ce livre est écrit par un professeur de lycée professionnel en banlieue de Marseille. Il raconte son quotidien dans de courts chapitres. Une vingtaine d'épisodes, drôles ou attendrissants qui nous raconte la réalité de l'enseignement dans un cours de français ou d'histoire-géo en lycée professionnel.
Les anecdotes sont variées, parfois effrayantes comme celle où un coup de feu est tiré dans la classe, amusantes quand le professeur apprend à Tonio à respecter sa mère ou à Loïc à respecter les homosexuels, Dominique Resch donne également son palmarès des « bons mots » de ces élèves...
Ce livre se lit très facilement et l'on sent l'attachement du professeur pour ses élèves. J'ai passé un très bon moment de lecture.

Merci Babelio et les éditions Autrement pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
Je connais tout.
La superficie du Groenland au centimètre carré près, le poids de l'armure de Bayard au gramme près et le temps de digestion de la loutre des Pyrénées à la seconde près.
Tout.
Je sais absolument tout.
Si un conflit vient à éclater entre l'Irlande de Nord et la Corée du Sud, non seulement je sais exactement c'est la faute à qui mais en plus je sais qui va avoir gain de cause et de quel côté est Dieu.
Tout.
Normal je suis prof.

Si le prof doute, sortez les sarbacanes et envoyez les boulettes. Du coup, pas de problème : je connais tout. Je maîtrise tout. Je parle comme un livre ouvert. Et je ne doute jamais de rien.
Jamais.
Un prof qui doute, c'est une cible. On raconte n'importe quoi aux apprentis profs quand ils apprennent le métier : quelqu'un qui enseigne aurait le droit de douter, voire de se tromper comme tout le monde... Bien sûr que non. Tout le monde a le droit de commettre des erreurs – même les médecins -, mais pas les profs. S'aider d'un dictionnaire ou de n'importe quel bouquin afin de pouvoir répondre à la question un peu pointue d'un élève, c'est la meilleure façon de devenir, oui, une cible. Le prof doit parler comme un livre ouvert parce qu'il a la science infuse. C'est simple. En classe, en cas de doute, je préfère mille fois inventer n'importe quoi que vérifier ma réponse par une aide extérieure. Le prof qui pompe, c'est zéro. Déjà qu'il lui arrive d'être noté par un inspecteur (ça, c'est pas clair), s'il se met à tricher, ce n'est plus possible.

 

 

Challenge 2%
Rentrée Littéraire 2011
RL2011b
13/14

 

Challenge le nez dans les livres
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La Lectrice : 2/2

 

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22 octobre 2011

Read-A-Thon du 22 Octobre 2011

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(c) Van Gogh / Aproposdelivres

J'ai décidé tardivement de participer à mon 3ème Read-A-Thon
organisé pour cette session par Tiboux 

C'est le Jour J pour le Read-A-Thon du 22 et 23 Octobre 2011

Je prends le départ pour le Read A Thon de 12 heures, le Samedi de 10h à 22h ! 

Préparatifs : 
Pas beaucoup de préparatifs pour ce Read-A-Thon... Je piocherai dans ma PAL bibliothèque ou partenariat.
J'ai d'autres préparatifs à faire, car nous partons demain matin pour quelques jours en vacances...  

Ma PAL :
Freedom - Jonathan Franzen (États-Unis) (lu)
Mots de tête - Dominique Resch (lu)
Famille modèle - Eric Puchner
Le pacte des vierges - Vanessa Schneider (en cours)
Désolations - David Vann
Portes ouvertes - Ian Rankin

Quelques BD :
Le Chat du Rabbin - tome 3 : L'Exode - Joann Sfar (lu)
Le Chat du Rabbin - tome 4 : Le Paradis terrestre - Joann Sfar (lu)

§§§ Read-A-Thon §§§

10h : C'est le Top de Départ, me voilà partie pour un Marathon de lecture de 12 heures, j'ai décidé de commencer par terminer un livre de la bibliothèque que j'ai en cours, Freedom – Jonathan Franzen, je commence à la page 134.

12h30 : Les deux premières heures sont déjà passées, mais le livre n'est pas facile à lire, je n'ai lu que 132 pages supplémentaires. Un de mes buts de ce Read-A-Thon sera de terminer ce livre...
Je me suis accordée une pause pour déjeuner et je reprend ma lecture.

16h : C'est déjà la mi-temps !
Freedom – Jonathan Franzen est bien avancé, j'ai atteint la page 487.

18h30 : Je me suis accordée une petite pause thé avec la lecture d'une BD, Le Chat du Rabbin - tome 3 : L'Exode soit 48 pages.
J'ai presque fini
Freedom – Jonathan Franzen, j'ai atteint la page 654.

19h30 :  J'ai terminé Freedom – Jonathan Franzen, 64 pages. J'ai commencé Mots de tête – Dominique Resch, 24 pages. Pause dîner.

 

22h : C'est fini ! 
J'ai terminé Mots de tête – Dominique Resch, 110 pages. Pause BD avec Le Chat du Rabbin - tome 4 : Le Paradis terrestre - Joann Sfar, 52 pages et pour finir j'ai commencé Le pacte des vierges – Vanessa Schneider, j'ai atteint la page 103.

 

Nombre de pages lu : 921 

 

Mon score final, 921 pages, est moins bon que la dernière fois, mais je suis contente de mes lectures et en particulier d'avoir pu terminer "Freedom" – Jonathan Franzen, livre que j'ai vraiment eu du mal à attaquer et donc la lecture était plutôt difficile.
Un grand merci pour les encouragements reçus depuis ce matin !
Je suis contente de m'arrêter pour aller vite me coucher...
Et il faudra attendre une bonne semaine pour lire les billets des livres lus aujourd'hui... Je pars demain en vacances sans internet...

 

Bonne nuit à celles qui ont fini !
Bon courage pour la nuit à celles qui continuent encore 12h ou pour celles qui commencent le Read-A-Thon de nuit !
Avec un peu d'avance, j'encourage aussi celles dont Marathon commencera demain matin !

 

Et un grand Merci à Thiboux pour l'organisation de ce Read-A-Thon !

 

 

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21 avril 2011

Le Roi Oscar et autres racontars – Jørn Riel, Gwen de Bonneval, Hervé Tanquerelle

 Lu durant le Read-A-Thon Avril 2011RAT_9_10_04_2011

le_roi_oscar_x Éditions Sarbacane - janvier 2011 – 112 pages

Quatrième de couverture :
De son séjour dans les années 50 chez les trappeurs du Groenland, Jorn Riel a rapporté ses désormais célèbres racontars. Un racontar, " c'est une histoire vraie qui pourrait passer pour un mensonge. À moins que ce ne soit l'inverse " explique-t-il, plein de malice. Il ajoute - modestement - qu'il s'est contenté de rapporter, endossant le rôle de conteur et de passeur. Rôle qu'assument à leur tour Hervé Tanquerelle et Gwen de Bonneval en adaptant ces fabuleux récits en bande dessinée, où le burlesque et l'absurde se mêlent à la poésie et l'aventure.

Auteurs :
Jørn Riel est un écrivain danois, né en 1931. Jørn Riel s'est engagé en 1950 dans une expédition scientifique pour le nord-est du Groenland, où il passera seize années, notamment sur une base d'étude de l'île d'Ella. De ce séjour, il tirera le versant arctique de son œuvre littéraire, dont la dizaine de volumes des Racontars arctiques, ou la trilogie Le Chant pour celui qui désire vivre. Dans ces romans, dédiés à son ami Paul-Émile Victor, Jørn Riel s'attache à raconter la vie des populations du Groenland. Il reçoit en 2010 le Grand Prix de l'Académie danoise pour l'ensemble de son œuvre. Il vit actuellement en Malaisie.

Gwen de Bonneval est né le 9 janvier 1973 à Nantes. Après quelques dessins publiés dans la presse, il monte avec deux autres personnes une boîte de communication, expérience qui durera 3 ans. Puis il redevient indépendant, travaille également pour la jeunesse via le journal de Mickey ou Spirou. Mais c'est véritablement après son entrée à l'atelier des Vosges qu'il se consacre plus assidûment à la BD. C'est à cette période qu'il rencontre Fabien Vehlmann avec lequel il réalise Les Aventures de Samedi et Dimanche chez Dargaud. En parallèle, il dessine deux pages mensuelles pour un périodique de Nathan, et très vite propose une nouvelle série aux éditions Delcourt. Basile Bonjour est la transposition littérale de notre monde contemporain au sein de l'école.

Hervé Tanquerelle, né le 9 août 1972 à Nantes, est un dessinateur de bandes dessinées. Il intègre l’école Émile Cohl de Lyon et a comme professeur Yves Got, dessinateur du Baron Noir scénarisé par René Pétillon. C'est en 1998 que sort son premier livre, La Ballade du Petit Pendu, chez l'Association. Il participe au recueil Comix 2000. Suit une collaboration avec Hubert sur la série Le Legs de l'Alchimiste dont il fera les trois premiers tomes. Joann Sfar le repère et lui cède la partie graphique de la série Professeur Bell à partir du troisième album de la série jusqu'au cinquième actuellement. Contributeur régulier dans le mensuel Capsule Cosmique, il y crée le personnage de Tête Noire, petit catcheur mexicain qui se bat contre des monstres idiots. Shakabam est le premier album de la série Tête Noire. Il fut un des dessinateurs réguliers de Lucha Libre dans lequel il dessina Melindez et les Luchadoritos, série de gags en une page sur scénario de Jerry Frissen.

Mon avis : (lu en avril 2011)
J'avais aimé La Vierge froide et autres racontars et j'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir les trappeurs du nord-est du Groenland de Jørn Riel dans "Le Roi Oscar et autres racontars". Les racontars sont savoureux et formidablement adaptée par Gwen de Bonneval et dessinée avec humour par Hervé Tanquerelle.

Cette fois-ci, ce sont quatre histoires : un repas de funérailles qui se termine en beuverie, la lutte fratricide pour le confort des WC, le Roi Oscar le cochon domestique, la découverte de la vie de trappeur polaire. Des histoires drôles, loufoques et des personnages hauts en couleurs mais aussi très attachants, je ne m'en lasse pas. N'hésitez pas à découvrir le Groenland et ses trappeurs !

Extrait :

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Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Danemark

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
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Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Prénom"

Du même auteur : La_vierge_froide_et_autres La Vierge froide et autres racontars


 

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20 avril 2011

Derniers fragments d’un long voyage – Christiane Singer

Lu durant le Read-A-Thon Avril 2011RAT_9_10_04_2011

derniers_fragment_d_un_long_voyage Albin Michel – avril 2007 – 135 pages

Quatrième de couverture :
Le 1er septembre, un jeune médecin annonce à Christiane Singer qu'elle a encore six mois au plus devant elle. Le 1er mars, Christiane Singer clôt le carnet de bord de ce long voyage. " Le voyage - ce voyage-là du moins - est pour moi terminé. A partir de demain, mieux : à partir de cet instant, tout est neuf. Je poursuis mon chemin. Demain, comme tous les jours d'ici ou d'ailleurs, sur ce versant ou sur l'autre, est désormais mon jour de naissance. "

Auteur : Née à Marseille en 1943, romancière et essayiste au charisme étonnant, Christiane Singer place la dimension intérieure et spirituelle propre à chacun et l'éthique de soi au coeur de son oeuvre. Ses parents étant originaires d'Europe Centrale, elle vit en Suisse et en Allemagne avant de s'établir près de Vienne. Lectrice à l'Université de Bâle et chargée de cours à celle de Fribourg, Christiane Singer suit également l'enseignement de Graf Karlfried Dürckheim, un des disciples de Jung. De sensibilité chrétienne, elle se fait connaître dès l'âge de 22 ans avec son livre 'Les Cahiers d'une hypocrite' qui paraît en 1965. Auteur d'une vingtaine d'ouvrages, elle gagne le prix des libraires en 1978 pour 'La Mort viennoise' qui prend pour sujet la peste qui a ravagé Vienne en 1679. Le prix Camus récompense 'Histoire d'âme' en 1988 et 'La Divine tragédie' sorti en 2006 est salué par la critique. Atteinte d'un cancer qui lui ôtera la vie, Christiane Singer rédige le récit 'Derniers fragments d'un long voyage' qui, à travers la douloureuse épreuve de la maladie, conte un bouleversant hymne à la vie. Décédée à Vienne, Autriche le 04 avril 2007.

Mon avis : (lu en avril 2011)
C'est un collègue de travail qui m'a prêté ce livre qu'il avait beaucoup aimé. Je ne connaissais pas cette auteur, j'ai trouvé ce livre bouleversant et très courageux.
L'histoire est difficile, car l'auteur Christiane apprend qu'elle va mourir, un jeune médecin le lui dit « Vous avez encore six mois au plus devant vous », elle décide donc raconter ces six mois.

Ce récit n'a rien de triste ou de déprimant, c'est une magnifique leçon de courage et de force spirituelle. Christiane parle avec beaucoup de pudeur de sa douleur physique, on retient surtout son immense message d'amour et d'espoir. Elle parle de sa foi, des ses proches qui sont des forces pour supporter ces moments douloureux.
Six mois plus tard, elle écrira : « Derniers fragments d'un long voyage. Voilà. Le carnet de bord est clos. Le voyage – ce voyage-là du moins – est pour moi terminé. A partir de demain, mieux : à partir de cet instant, tout est neuf. Je poursuis mon chemin. »

Un témoignage magnifique et fort qui ne laisse pas indifférent.

Extrait : (début du livre)
28 août 2006
Ces jours qui viennent vont sans doute me révéler l'origine médicale de mon mauvais état. A l'avenant ! Il y a un soulagement à savoir à quoi s'en tenir sur un plan restreint du moins.
Voilà trois semaines que je cherche ce carnet. Aujourd’hui comme posé par d'invisibles mains, le voilà derrière mon lit ! Quelles retrouvailles !
Ce qu'il y a à vivre, il va falloir le vivre.

Un jour plus tard
J'ai eu l'aventure de connaître après une minuscule anesthésie une heure d'amnésie une heure d'amnésie totale : de l'instant où Giorgio est venu me chercher à l'hôpital jusqu'à celui où je me suis effondrée sur mon lit à Rastenberg : un vide total. Il m'a tout raconté en détail : j'ai même fait les courses et rempli mon grand panier avec une conscience aiguë et précise, parlé gaiement à la caissière.
L'étrange sensation qu'un temps viendra où toute notre existence disparaîtra dans pareille fissure.
Ensuite j'ai somnolé indéfiniment. Beaucoup d'âmes amicales m'ont appelée, se préoccupant de moi.
Chaque fois que je me levais, je tombais aussitôt d'épuisement. M. m'a conseillé de faire une vraie soupe de bœuf et de boire le liquide ; je l'ai fait avec l'aide de V. et j'ai senti les forces revenir ; mémoire des temps bénis, de ces maladies enfantines qu'on nous accordait encore le temps de traverser avec, à nos côtés, une mère qui connaissait les gestes pour guérir.
Giorgio me dit ce soir que cette mininarcose m'a délivrée d'une programmation triste et que je lui parais libre.

1er septembre, trois jours plus tard
après une cascade d'évènements
La journée qui a suivi a été lugubre. Je n'ai fait que me faire pitié. Comme si je n'avais jamais eu de pratique bouddhiste de toute ma vie ! J'adhère à ma vie comme si je n'avais jamais connu la moindre distance. Mon potentiel de ressentiment me sidère.
Et alors ?
Entre-temps hospitalisée à Krems, je rencontre un maître dans ma voisine de chambre. Au dernier stade d'un cancer généralisé, elle a une énergie extraordinaire.
Aïe ! Aïe ! Aïe !

15h25
Verdict :
« Vous sacrifierez un coq à Esculape ! » lança joyeusement Socrate lorsqu'on lui annonça le verdict : sa condamnation à mort. (Il était d'usage alors pour une guérison inespérée de sacrifier un coq à Esculape.) Je ne raffole pas de l'idée de considérer la Vie en soi comme une maladie dont il faille guérir. Mais impossible de ne pas trouver du panache – une indéniable grandezza – à la repartie du vieux philosophe.

« Vous avez encore six mois au plus devant vous », me dit le jeune médecin. Ou s'adresse-t-il plutôt au cliché d'un mètre carré qu'il tient en main ? Une fois que ces mots ont été prononcés, toute la brume se trouve dissoute. C'est un climat qui me convient. Je ne veux pas me prendre en pitié, j'ai été si richement dotée. Ma vie est pleine à ras bord.
Encore six mois au plus devant vous !

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19 avril 2011

Jamais contente : Le journal d'Aurore - Marie Desplechin

Lu durant le Read-A-Thon Avril 2011RAT_9_10_04_2011

jamais_contente École des loisirs - avril 2006 - 180 pages

Quatrième de couverture :
12 février.
On peut ruiner sa vie en moins de dix secondes. Je le sais. Je viens de le faire. Là, juste à l'instant. J'arrive à la porte de l'immeuble, une modeste baguette dans la main et la modeste monnaie dans l'autre, quand Merveille-Sans-Nom surgit devant moi. Inopinément. A moins de cinq centimètres (il est en train de sortir et je m'apprête à entrer, pour un peu on s'explose le crâne, front contre front). Il pose sereinement sur moi ses yeux
sublimes. Je baisse les miens illico, autant dire que je les jette quasiment sous terre, bien profond, entre la conduite d'égout et le tuyau du gaz. Sa voix amicale résonne dans l'air du soir :
- Tiens ! Aurore ! Tu vas bien ?
Je reste la bouche ouverte pendant environ deux
millions de secondes, avant de me décider et de lui hurler à la figure :
- Voua ! Merdi !

Auteur : Née à Roubaix en 1959, après des études de Lettres, Marie Despleschin devient journaliste free-lance avant de se consacrer presque exclusivement à son rêve : l'écriture de roman et de nouvelles pour adultes et enfants. C'est Geneviève Brisac qui la remarque et qui l'encourage à se lancer pleinement dans l'écriture. Après 'Le Sac à dos d'Alphonse' et 'Rude samedi pour Angèle', la romancière débutante publie en 1995 un recueil de nouvelles très remarqué et intitulé 'Trop sensibles'. Son premier roman pour adulte, 'Sans moi', connaît un vif succès. Dans ses livres, elle aborde avec humour des sujets variés : les relations mère-fille dans 'Verte', le monde de l'imaginaire dans 'Dragons' en 2003 ou l'éducation d'une jeune fille au XIXe siècle dans 'Satin grenadine'. En parallèle, elle travaille avec Lydie Violet, son amie et attachée de presse aux éditions de l'Olivier, et accouche de 'La Vie sauve', une œuvre qui remporte en novembre 2005 le prix Médicis dans la catégorie 'essais'. Participant également à des recueils collectifs – 'Naissances', '100 jours sans', 'Penser/Rêver'... -, elle contribue encore à des projets innovants - 'Beaucoup plus que de l'amour' - ou aux publications de la nouvelle maison d'édition l'Estuaire. Par ailleurs membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de la non-violence, Marie Desplechin publie régulièrement des articles dans L' Express depuis 2006. Elle est encore l'auteur des ouvrages 'Je me souviens de Bruxelles', 'L'Album vert' ou 'Bobigny, centre-ville'. Marie Desplechin consacre également sa plume à la littérature jeunesse, notamment à l'Ecole des Loisirs. Elle vit à Paris, elle a trois enfants.

Mon avis : (lu en avril 2011)
C'est à l'occasion de la Semaine Marie Desplechin  du 18 au 24 avril 2011 organisée par Stephie (blog Mille et une pages) que j'ai emprunté un peu par hasard ce livre à la bibliothèque. J'avais déjà dans ma PAL le livre Danbé de Aya Cissoko et Marie Desplechin, mais je voulais lire également un livre où elle était la seule auteure.
Je réalise que je n'avais encore jamais lu de livres de Marie Desplechin.

Ce livre se lit très facilement, c'est léger, drôle. Aurore est une jeune adolescente de 15 ans qui a travers son journal raconte sa vie au collège, en famille. Elle est cynique et très critique vis à vis de ses parents et de ses sœurs Jessica (18 ans) et Sophie (12 ans). Elle nous raconte ses malheurs au collège, elle ne travaille pas beaucoup et sa petite sœur qui vient de rentrer en 6ème lui fait de l'ombre en ayant des trop bonnes notes... Elle est copine avec Lola dont les parents sont divorcés et Samira qui a six frères...

J'ai trouvé très amusant et intéressant de découvrir les pensées d'une adolescente de notre époque, j'ai les même ados à la maison (mais en version garçons), j'étais donc plutôt sur une autre planète et moi qui vient d'une famille de 3 filles, les choses ont beaucoup changées depuis mon adolescence...

Extrait : (début du livre)
1er octobre, avant dîner
Tous les gnomes de la planète comptent leurs sous. Le plus grand magicien de tous les temps va passer pour sa quête annuelle; J'ai nommé Harry Potter, le type qui transforme le papier en or massif. Sophie-la-Parfaite, dite aussi Sœur-Cadette-Ingrate, se prépare activement à célébrer. Elle sera la première à acheter le bouquin. La première à le lire. La première à dire qu'il est encore mieux que celui de l'année dernière. Dommage qu'elle entre juste en sixième, elle n'a pas assez de vocabulaire pour se le taper en anglais. Pas grave, Sophie, ce sera pour la rentrée prochaine. Et il sera encore mieux que celui de cette année. Moi, franchement, il faudrait me payer pour que j'aille faire la queue juste pour acheter un bouquin. Surtout un bouquin que tout le monde a lu. Je me demande ce que ma sœur préfère : faire la queue ou lire le livre. Je crois que c'est faire la queue. Si elle aimait lire, on verrait autre chose que Titeuf sur son étagère.
Le temps que les gens perdent à lire des livres, ça me tue. C'est le genre de réflexion que je me fais en cours de maths. Il faut que je m'occupe la tête si je ne veux pas devenir dingue. Bref, la question s'est posée à moi entre deux équations, la seule, la vraie, l'unique : pourquoi me pourrir la vie à lire alors que je peux écrire ?
Justement, j'avais un cahier en train de moisir. Un vieux cadeau de l'anniversaire de mes douze ans. L'authentique présent effroyable : une large couverture en carton, un million de pages blanches, et MON JOURNAL INTIME marqué dessus, histoire de rendre la chose publique dans le monde entier. Tellement intime que la couverture est fermée par un cadenas ridicule avec clé dorée, le genre de truc qui donne une envie mortelle de lire en cachette.
« Tu vas écrire ton journal et ce sera le début d'une nouvelle vie », voilà ce que je me disais quand la fin de l'heure a sonné. J'ai arrêté de penser. Direct. J'ai ramassé mes affaires et j'ai foncé vers la sortie. La vérité, c'est que je suis faite pour l'action.

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 Semaine Marie Desplechin  du 18 au 24 avril 2011

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18 avril 2011

Danbé – Aya Cissoko et Marie Desplechin

Lu en partenariat avec Blog-O-Book et Calmann-Lévy

Lu durant le Read-A-Thon Avril 2011RAT_9_10_04_2011

danb_ Calmann-Lévy – février 2011 – 192 pages

Quatrième de couverture :
« J’aimerais que celle ou celui qui lira ce petit livre mesure ce qu’il a de déchirant. Il est mon au revoir à ceux que je laisse sur le quai. (…) Il est mon au revoir à mon enfance de petite fille noire en collants verts, qui dévale en criant les jardins de Ménilmontant. »

Quand Marie Desplechin rencontre Aya Cissoko, elle est touchée par la singularité de son histoire. Née de parents maliens, Aya a connu une petite enfance habitée de souvenirs délicieux, qui prend fin avec la disparition de son père et de sa petite sœur dans un incendie. Élevée par sa mère dans le respect du danbé, la dignité en malinké, Aya apprend à surmonter les épreuves et trouve dans la boxe un refuge.

Auteurs : Aya Cissoko, trente et un ans, championne du monde de boxe anglaise en 2006, est aujourd’hui étudiante à l’Institut d’études politiques de Paris.
Marie Desplechin a écrit une trentaine de livres pour la jeunesse, et une dizaine pour les plus grands. Elle a publié avec Lydie Violet un récit intitulé La Vie sauve, qui a reçu en 2005 le prix Médicis Essai.

Mon avis : (lu en avril 2011)
Ce livre est un récit autobiographique qu'Aya Cissoko a écrit avec Marie Desplechin.
Dès le début du livre Aya nous parle de son père Sagui venu du Mali en France pour travailler puis de sa mère Massiré arrivée en France à l'âge de 20 ans. Le couple aura bientôt quatre enfants : Issa, le fils aîné, puis deux filles Aya et Moussa et un dernier garçon Massou. La vie n'est pas facile, Sagui n'a pas toujours de travail mais la joie règne dans cette famille. Et survient le drame, dans la nuit du 27 au 28 novembre 1986, un incendie ravage l'immeuble, Sagui, le père, et Moussa, la petite sœur, vont mourir. « le feu a  été allumé pour tuer ».
Massiré refuse de repartir vivre au pays comme lui demande la communauté malienne de Paris, et elle s’installe avec ses trois enfants au 140 rue de Ménilmontant. C’est là que Massou, le petit dernier, mourra à son tour, d’une méningite soignée au Doliprane par les médecins moins d'un an après son père et sa sœur. Aya a neuf ans, elle écrit « je suis dans une solitude désespérée » .
Aya est une bonne élève et lorsque sa mère l'inscrira dans un club de sport, elle choisira la boxe. Elle va trouver dans la boxe un refuge et malgré quelques mauvaises fréquentations, elle va tracer sa route : elle devient championne du monde de boxe française en 1999 puis en 2003. En 2006, elle gagne le Championnat du monde de boxe anglaise. Une grave blessure la contraint à abandonner sa carrière sportive et Aya se lance un nouveau défi, reprendre des études. Elle obtient alors une bourse pour suivre une formation à l'Institut d'études politiques de Paris.

Le titre du livre danbé signifie « dignité » en malinké. C'est le code de conduite que Massiré apprend à Aya à respecter pour aller de l'avant dans son existence. Cette mère est admirable et Aya est battante et courageuse.

Voilà un livre plein d'espoir, plein d'amour, un témoignage fort et poignant. J'ai lu ce livre facilement et d'une traite, j'ai été émue par ce beau récit, Aya est une très belle personne.
Merci à Marie Desplechin d'avoir accompagnée Aya Cissoko dans l'écriture de ce livre.

Un grand merci à Blog-O-Book et Calmann-Lévy pour ce partenariat.

Extrait : (page 20)
Quand elle suit son mari tout neuf, Massiré Dansira est donc l'une des premières à quitter le village. Elle y acquiert le statut prestigieux d'aînée. Ma mère, l'aînée, ne parlera jamais à ses proches autrement qu'en bambara. Elle ne s'habillera jamais autrement qu'en jupe longue de wax. Et elle ne laissera plus jamais à quiconque le soin de décider de sa vie. Mais pour le moment, officiellement, elle a vingt ans. Elle vient d'arriver en France. On est en 1976. Au calendrier grégorien. Au village, c'est l'an 1354 de l'Hégire.

Je garde la nostalgie des journées qui n'en finissent pas, de leur matière légère, cotonneuse, des jeux de cache-cache dans les terrains vagues. Mon enfance est une période d'une extrême douceur. Un an après son mariage, Massiré a donné naissance à son premier fils, Issa. Je suis née un an après, en 1978. La petite fille qui me suit, en 1981, porte le nom de Massou. Deux ans plus tard naît un petit garçon, Moussa. Nous vivons tous les six dans quinze mètres carrés, peut-être vingt, au 22 de la rue de Tlemcen à Paris, à proximité du cimetière du Père-Lachaise. Notre immeuble compte sept étages et cinquante-cinq studios. Huit logements par palier, répartis autour de la cage d'un escalier de bois. Nous, c'est le studio 45, au sixième. Même s'ils le voulaient, les habitants du 22 sont trop à l'étroit pour s'ignorer. Personne ne ferme sa porte. Les enfants passent d'un appartement à un autre. Quand Massiré ne peut pas s'occuper de nous, c'est la voisine du cinquième qui nous donne à manger, ou alors celle du premier.
La pièce que nous habitons est meublée d'un grand lit à deux places, d'un petit lit pliable, et d'un lit à barreaux où peut dormir un bébé. Je dors avec Moussa et mes parents dans le grand lit. Massou est dans le lit à barreaux. La nuit tombée, on ouvre pour Issa le lit pliant qu'on place contre la porte. L'espace est si petit, si encombré, que les enfants doivent se percher quand mon père fait sa prière. Sagui garde un lien très étroit à la religion, il fait ses ablutions et prie cinq fois par jour. Il sort alors son tapis de prières et nous grimpons sur le lit. Les prières ne durent pas très longtemps. Il a tôt fait de ranger son tapis et nous pouvons redescendre.

 

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 Semaine Marie Desplechin  du 18 au 24 avril 2011

 

 

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16 avril 2011

Sang chaud, nerfs d'acier – Arto Paasilinna

Lu (en partie) durant le Read-A-Thon Avril 2011RAT_9_10_04_2011

sang_chaud__nerfs_d_acier Éditions Denoël – mai 2010 – 217 pages

traduit du finnois par Anne Colin du Terrail

Quatrième de couverture : Linnea Lindeman - une forte femme, poissonnière, chasseuse de phoques et accoucheuse un peu chamane - a une vision : Antti Kokkoluoto, héros aux nerfs d'acier mais au sang chaud, naîtra en 1918, au moment même où la Finlande tout juste indépendante plongera dans la guerre civile, et s'éteindra un beau jour de 1990. Entre-temps, Antti mènera une vie épique, comme seul Paasilinna sait les concocter : plongé tout jeune dans les secrets du métier de commerçant et de maquignon, mais aussi de la contrebande d'alcool, on le verra tour à tour endosser l'habit d'entrepreneur, de père de famille, d'homme politique, et même de champion olympique de tir au pistolet ! La crise de 1929, les affrontements récurrents entre fascistes et communistes, la Seconde Guerre mondiale viendront ponctuer cette truculente saga portée par l'imagination de Paasilinna, qui réussit le pari d'initier le lecteur à l'histoire de la Finlande sans jamais rien perdre de son humour et de sa fantaisie.

Auteur : Arto Paasilinna est né en Laponie finlandaise en 1942. Successivement bûcheron, ouvrier agricole, journaliste et poète, il est l'auteur d'une vingtaine de livres, pour la plupart traduits en français et publiés chez Denoël où ils ont toujours rencontré un grand succès. Citons entre autres Le Meunier hurlant, Le Lièvre de Vatanen, Petits suicides entre amis ou encore Un homme heureux. 

 

Mon avis : (lu en avril 2011)
J'avais des réticences à lire le dernier livre de Paasilina car j'avais vraiment été très déçue par le précédent «Les dix femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi », sans compter la couverture du livre peu attirante et que je n'ai toujours pas compris... Mais au Salon du Livre de Paris, sur le stand des Lettres Nordiques j'ai eu l'occasion de discuter avec quelqu'un qui l'avait lu et cela m'a donné envie de l'emprunter à la bibliothèque. Et je ne l'ai pas regretté.
Avec ce livre Arto Paasalinna nous raconte l'histoire de la Finlande, bien sûr à sa manière, de 1917 à nos jours. Tout commence par le personnage haut en couleur de Linnea Lindeman, qui est à la fois chasseuse de phoques, accoucheuse et chamane. A quelques jours de la naissance de Antti Kokkoluoto en 1917, elle lui prédit de vivre jusqu'à l'été 1990. Cette prédiction va aider Antti et sa famille à survivre aux difficultés d'abord de la Crise puis de la Guerre qui frappera la Finlande.
Ce livre nous raconte donc toutes les péripéties dont certaines sont plutôt drôles de la longue vie d'Antti.

Avec ce livre, j'ai retrouvé le côté loufoque et décalé des premiers livres de Paasalinna et j'ai beaucoup aimé découvrir l'Histoire de la Finlande au XXème siècle.
Fin 1917, la Finlande obtient son indépendance vis à vis de la Russie. En 1939, la Finlande est attaqué par l'Union Soviétique. En 1941, la Finlande devient, malgré elle, une alliée de l'Allemagne contre l'Union Soviétique. En 1947, la Finlande sort ruinée et ravagée de la guerre, elle est contrainte de payer des lourdes réparations. La Finlande conserve cependant son indépendance. Durant la Guerre Froide, la Finlande adopte une politique de neutralité.

Extrait : (début du livre)
Quand une chamane entre en transe sur une mer en furie, le monde est pris de vertige. Les mouettes heurtent les vagues et les sternes sanglotent.
En cette venteuse journée d'automne de 1917, la harengère, accoucheuse et devineresse Linnea Lindeman relevait ses nasses dans la baie de Botnie. Avec ses trois verveux et sa chaloupe phoquière de trente pieds, elle pêchait en général sur les hauts-fonds de Trullögrundet, à six milles au nord d'Ykspihlaja. Elle avait pris la mer de bon matin. Au fil de la journée, le vent avait forci, mais Linnea n'avait pas peur du gros temps, elle aimait les puissantes tempêtes d'équinoxe. Sur le chemin du retour, elle posa les rames et laissa sa barque dériver vers son port d'attache, vent en poupe, sur les vagues crêtées d'écume.
Soudain son corps robuste fut pris de tremblements. Elle ferma les yeux et entra en contact avec la face cachée de la réalité. Telle la lumière d'un phare, son esprit balaya l'étrange océan secret de la clairvoyance. Une certitude la frappa, issue des hauteurs insondables du ciel, jaillie des nuées d'orage sous les traits d'une orfraie, d'un immense aigle de mer bicéphale ! L'oiseau était porteur d'un envoûtant message, avec deux dates précises. Le 8 janvier suivant, Linnea aiderait à mettre au monde un garçon. Et ce garçon ne mourrait qu'à l'été 1990. Quand une chamane s'endort, son cerveau reste en éveil.

Déjà lu du même auteur :

le_lievre_de_Vatanen  Le lièvre de Vatanen  prisonnier_paradis Prisonniers du paradis

la_cavale_du_g_om_tre La cavale du géomètre  un_homme_heureux Un homme heureux  

la_douce_empoisonneuse_2 La douce empoisonneuse Petits_suicides_entre_amis_2 Petits suicides entre amis 

le_meunier_hurlant Le meunier hurlant

 le_bestial_serviteur Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen

le_cantique_de_l_apocalypse Le Cantique de l'apocalypse joyeuse  

les_dix_femmes_de_l_ing_nieur Les dix femmes de l'industriel Rauno Rämekorpi 
 

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie blanche
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Finlande

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Finlande

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
Viking_Lit

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15 avril 2011

Des étoiles au plafond - Johanna Thydell

 Lu durant le Read-A-Thon Avril 2011RAT_9_10_04_2011

des__toiles_au_plafond Thierry Magnier – septembre 2010 – 325 pages

traduit du suédois par Agneta Ségol

Quatrième de lecture :
Tout allait bien pour Jenna, quand sa mère est tombée malade. Et franchement gérer le quotidien, les courses, les repas, le ménage, ça n'a rien de drôle. Heureusement il y a Susanna, sa meilleure amie, celle avec qui elle peut fantasmer sur Sakki et partager sa haine pour sa voisine Pénélope, pourtant adulée par tous au collège. Chaque jour, la santé de sa mère se dégrade, Jenna grandit, change, elle comprend que la grande liberté de Pénélope cache quelque chose. Comment rester insensible à l'histoire de cette toute jeune fille qui continue sa vie de pré-ado en affrontant un chagrin trop grand ? Premier roman d'une jeune auteure suédoise, traduit en dix-sept langues, joué au théâtre et adapté en long métrage.

Auteur : Née en 1968 à Göteborg, Johanna Thydell a étudié le cinéma et la mise en scène à Stockholm. Son premier court-métrage reçoit un prix en République tchèque. Elle vit ensuite pendant deux ans à New York comme scénariste et réalisatrice et travaille également pour la télévision.

Mon avis : (lu en avril 2011)
Le livre s'ouvre sur ce poème que Jenna a fait lors d'un cours de suédois :

Si tu meurs, maman, je me ferai mourir.
Oui.
Je me ferai mourir.
Non, on ne dit pas se faire mourir.
On dit se donner la mort.
Ou se suicider.
Donc.
Si tu meurs, maman, je me suiciderai.

Jenna est une adolescente dont la mère est en train de mourir d'un cancer du sein. Et même si elle a honte de le penser, elle a honte de sa mère malade. Jenna ne veut pas faire pitié et elle évite que cela se sache. C'est son secret. Aussi elle vit plusieurs vies à la fois, celle de l'adolescente qui grandit et qui se cherche, celle qui s'occupe de la maison et doit aider sa mère pour faire les courses et les tâches du quotidien, celle de la petite fille qui a du chagrin et qui a peur de l'avenir sans sa maman...
En tant qu'ado, comme sa meilleure amie Susanna, elle se sent moche et totalement fade. Jenna déteste Pénélope, la fille la plus glamour de l'école, qui habite juste au-dessus chez d'elle et qui organise les plus belles soirées du collège où elle n'est jamais invitée. Elle aimerai que Sakki, le garçon qu'elle admire, la remarque.
Le quotidien s'est les séjours de sa maman à l'hôpital et ses grands-parents qui débarquent dans l'appartement et bouleverse son chez-soi.
La petite fille espère un miracle, et se rappelle des souvenirs d'avant la maladie en regardant les étoiles au plafond de sa chambre.
Un jour Pénélope découvre son secret et l'inattendue se produit...

Ce livre est très beau, il raconte une histoire triste et bouleversante qui m'a donné les larmes aux yeux mais qui m'a également fait rire. Jenna est une adolescente formidable et très courageuse. Sa maman, très discrète dans l'histoire est une belle personne.
Ce livre est vraiment un beau message d'espoir et de courage !

Extrait : (page 33 - Chapitre 4)
G&G (C'est comme ça que Jenna appelle grand-mère et grand-père) habitent un trou paumé où il n'y a rien qu'une banque, un kiosque à journaux et un tas de dames qui saluent tous ceux qu'elles croisent. Il faut vingt minutes pour s'y rendre en car.
Mais Jenna et maman ne s'y rendent plus en car.
Elles utilisent le transport communal pour handicapés.
Jenna déteste ça. Mais elle sait à quel point c'est fatiguant pour maman de monter et de descendre du car lors des changements. C'est particulièrement fatigant les jours où elle a mal et surtout quand elle est obligée de se déplacer avec ses béquilles. Au début, maman n'aimait pas le transport communal pour handicapés, elle non plus, mais on s'habitue à presque tout.
Surtout quand on n'a pas le choix.
Jenna a à peine le temps de descendre de la voiture que grand-mère lui saute dessus dans un nuage de noix de coco.
- Bienvenue ! Je ne voudrais pas vous tacher avec mon huile solaire ! hurle grand-mère en les serrant dans ses bras.
- On n'en mourra pas, rit maman.
- Il faut faire attention à soi, dit grand-mère sur un ton indigné en secouant ses cheveux roux et bouclés aux racines grises.
Et elle se met à parler de la couche d'ozone, de l'effet de serre et de tout ce qui a changé, de la chaleur exceptionnelle même en septembre, mais oh comme je suis heureuse que vous soyez là !
Grand-mère ouvre la porte. Une fois dans l'entrée, elle crie tellement fort que Jenna a peur que le miroir (toujours sans taches de doigts) se décroche et s'écrase par terre.
- Aaaalbin, hurle-t-elle. Albin, elles sont là !
Jenna entend des grincements et des craquements dans le salon. Le bruit vient d'un canapé Mes petites mignonnettes ! Vous allez bien ? Ça n'a pas été trop compliqué de venir jusqu'ici ?
Grand-père fait remarquer que maman n'a pas ses béquilles et maman lui adresse un sourire triomphant, il pose quelques questions sur son prochain rendez-vous à l'hôpital et Jenna se dépêche de se glisser entre son gros ventre et maman pour se réfugier dans la cuisine.
Où tout est aussi parfait que d'habitude.
Pas de poussière dans les coins, pas d'objets inutiles qui traînent (en revanche, ils sont nombreux sur les étagères), pas de sac-poubelle oublié sur le palier. Les franges des tapis bien peignées. La vaisselle rincée et soigneusement rangée dans le lave-vaisselle.
Bienvenue chez G&G !
- Maintenant on va prendre le café, annonce grand-mère qui trouve que grand-père et maman s'attarde trop dans l'entrée.
Tout le monde s'installe, tout le monde admire la belle crème fouettée sur le gâteau fait maison, tout le monde prend café pendant une éternité.
- Ça se passe bien au collège, Jenna ? demande grand-mère après avoir discuté tringles à rideaux avec maman.
Grand-mère pose toujours la même question. Et elle veut toujours entendre la même réponse. Que ça se passe bien.
- Oui, ça se passe bien, répond donc Jenna.
- Tu es une bonne petite, Jenna-Penna, dit grand-père tout en mâchant bruyamment du gâteau.
- Oh oui, dit grand-mère. Et tu t'occupes bien de maman quand vous êtes chez vous, n'est-ce pas ? Tu l'aides quand elle a besoin de toi, n'est-ce pas ?
Les mots de grand-mère restent suspendus dans l'air. Un grand silence s'installe autour de la table. On entend l'horloge dans le salon. Dong dong dong. Jenna se dit que c'est un marteau qui tape sur la tête de grand-mère.
Grand-mère supporte mal le silence. Elle tripote et tourne les bracelets en or qu'elle a eus pour son anniversaire.
- Bien sûr qu'elle m'aide, dit maman tout en caressant les genoux de Jenna. Bien sûr.
Grand-mère hoche la tête, bien sûr qu'elle l'aide, bien sûr, et elle se met à parler de Gun la voisine qui a chargé de voiture, des Carlsson qui vont déménager, de la fille de Lasse à Svängen qui va avoir un bébé. Grand-père acquiesce et maman dit ah oui ? ah bon ? et ils sauvent ainsi la situation en se parlant de la vie des autres.
Jenna, elle, ne dit rien.
Il ne faut pas penser de mal de sa grand-mère. Mais parfois Jenna ne peut pas s'en empêcher. Il faut épauler maman, Jenna. Il faut aider maman, Jenna. Il faut penser à maman, Jenna. Ta mère est une battante, Jenna.
Comme si Jenna ne le savait pas ! Comme si Jenna ne voyait rien, ne s'apercevait de rien, ne se rendait pas compte des douleurs de maman, de ses difficultés à respirer, de sa soif, de sa fatigue, de ses nausées. Comme si Jenna vivait ailleurs que dans l'appartement avec maman.
Non.
Elle ne vit pas ailleurs.
Mais il lui arrive de le souhaiter.

Lu dans le cadre du Défi Scandinavie blanche
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Suède : Johanna Thydell

Lu dans le cadre du Challenge Voisins, voisines
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Suède

Lu dans le cadre du Challenge Viking Lit'
Viking_Lit

Livre 39/42 pour le Challenge du 6% littéraire
1pourcent2010

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13 avril 2011

Taxi – Khaled Al Khamissi

Lu durant le Read-A-Thon Avril 2011RAT_9_10_04_2011

taxi Actes Sud – août 2009 – 189 pages

traduit de l'arabe (Egypte) par Hussein Emara et Moïna Fauchier Delavigne

Quatrième de couverture :
Portant chacune sur un aspect particulier de la vie sociale, économique ou politique en Égypte, ces cinquante-huit conversations avec des chauffeurs de taxi du Caire composent un tableau fascinant de ce pays à un moment clé (avril 2005-mars 2006) du règne du président Hosni Moubarak – qui sollicitait alors un cinquième mandat. Tout y est, en effet : les difficultés quotidiennes de la grande majorité de la population, la corruption qui sévit à tous les échelons de l'administration, l'omniprésence et la brutalité des services de sécurité, le blocage du système poli-tique, les humiliations sans fin que la population subit en silence, les ravages du capitalisme sauvage... Consignés en dialecte égyptien avec un humour décapant et un admirable sens de la mise en scène, ces échanges librement reconstitués par l'auteur, sinon entièrement inventés par lui, relèvent à la fois de la création littéraire et de l'enquête de terrain. S'ils font connaître les griefs des « gens d'en bas », ils laissent aussi entrevoir les raisons pour lesquelles le pouvoir en place tient bon mal-gré sa décrépitude et son impopularité. C'est sans doute cette combinaison inédite de lucidité politique, de tendresse pour les plus faibles et d'humour qui explique la diffusion de Taxi, dans sa version originale, à plus de cent mille exemplaires.

Auteur : Né au Caire, Khaled Al Khamissi est producteur. réalisateur et journaliste. Diplômé de sciences politiques de l'université du Caire et de relations internationales de l'université de Paris-Sorbonne, il a publié en 2007 ce premier livre, devenu rapidement un best-seller et aussitôt traduit en plusieurs langues européennes. Son deuxième opus, Safinat Nûh (L'Arche de Noé), paraîtra au Caire à la fin de 2009.

Mon avis : (lu en avril 2011)
Voilà un livre qui se lit très facilement, il regroupe cinquante-huit courtes histoires qui racontent des conversations entre un chauffeur de taxi et son client dans la ville du Caire. C'est une façon très originale de découvrir l'Egypte d'aujourd'hui et sa capitale. Au cours de ses conversations, beaucoup de sujets sont abordés : la politique, la vie quotidienne, la corruption, le football, la culture... Ces conversations réelles ou imaginaires sont tour à tour drôles, émouvantes ou touchantes. Un voyage agréable et très instructif.

Extrait : (page 23)
- On se demande pourquoi l'économie est foutue ! s'est exclamé le taxi. Ce sont les gens qui la foutent en l'air. Vous y croyez, vous ? En Egypte, les gens paient plus de vingt milliards de livres chaque année en factures de téléphone. Vingt milliards de livres, ça veut dire que si on ne parlait pas pendant deux ou trois ans, l'Egypte serait transformée. Les Egyptiens sont tarés, je vous jure. Ils n'ont pas de quoi manger mais chacun se balade avec son téléphone portable et une cigarette à la bouche.
Les hommes sont censés être raisonnables mais ils dilapident tout leur argent dans le téléphone et les cigarettes. Quels fléaux ! Et après, ils vont se plaindre que le pays ne va pas bien.
L'argent de tous les Egyptiens atterrit dans les poches de quatre sociétés : Egypt Telecom, Mobinil, vodafone et Eastern Tobacco Company.
Et les pubs, malheur à elles, elles abrutissent les gens : « Abonnez-vous à Mobinil... Non... Abonnez-vous à Vodafone. » Le monde est fou. Il faut absolument interdire ces pubs. Nous vivons dans un univers de mensonges, ouvert jour et nuit. Tu marches dans la rue, tu vois des pubs, tu allumes la radio... des pubs... tu rentres à la maison, la télé est allumée... des pubs. Et elles sont toutes vulgaires et mensongères.
Les gens sont comme des animaux, à gober les pubs et à jeter leur argent par les fenêtres. Ensuite ils nous disent qu'il n'y a pas d'argent dans ce pays. Comment ça, pas d'argent ? Et les milliards dépensés en paroles, ils viennent d'où ?
Vous pensez pas qu'il faudrait mieux que cet argent serve d'abord à la nourriture, au logement, à l'éducation et à la santé ? Mais à qui on peut dire ça ? ! Si notre Premier ministre est le patron des téléphones, c'est lui qui est à la tête des bavardages.
Moi, si on me donnait les rênes de ce pays un seul jour, non, une seule minute, la seule décision que je prendrais serait d'interdire les pubs.
Avant, de mon temps, les pubs étaient au service de la société. Et il n'y en avait quasiment pas. Alors qu'aujourd'hui, les pubs sont faites pour détruire la société. Et elles vont effectivement la détruire et s'asseoir sur ses ruines. Vous pourrez dire qu'Abou Ismaïl vous avait prévenu.

Lu dans le cadre du Challenge Petit BAC
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"Métier"

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