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A propos de livres...

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5 novembre 2010

L’insomnie des étoiles – Marc Dugain

l_insomnie_des__toiles Gallimard – août 2010 – 226 pages

Quatrième de couverture :
Automne 1945, alors que les Alliés se sont entendus pour occuper Berlin et le reste de l'Allemagne, une compagnie de militaires français emmenée par le capitaine Louyre investit le sud du pays. En approchant de la ville où ils doivent prendre leurs quartiers, une ferme isolée attire leur attention. Les soldats y font une double découverte : une adolescente hirsute qui vit là seule, comme une sauvage, et le corps calciné d'un homme. Incapable de fournir une explication sur les raisons de son abandon et la présence de ce cadavre, la jeune fille est mise aux arrêts. Contre l'avis de sa hiérarchie, le capitaine Louyre va s'acharner à connaître la vérité sur cette affaire, mineure au regard des désastres de la guerre, car il pressent qu'elle lui révélera un secret autrement plus capital.

Auteur : Né en 1957, après avoir vécu les sept premières années de sa vie au Sénégal, Marc Dugain revient en France avec ses parents. Il intègre quelque temps plus tard l'Institut d'études politiques de Grenoble, où il étudie les sciences politiques et la finance, avant de prendre la tête d'une compagnie d'aviation. Mais l'écriture l'a toujours démangé. Aussi, il se décide à prendre la plume, et signe 'La Chambre des officiers' en 1998. Ce premier roman reçoit près de vingt prix littéraires et est adapté au cinéma. Il sort ensuite 'Campagne anglaise', 'Heureux comme dieu en France', 'La Malédiction d'Edgar' et plus récemment 'Une exécution ordinaire' (2007), et se constitue peu à peu un lectorat fidèle. Friand d'horizons lointains, Marc Dugain vit au Maroc depuis 2001.

Mon avis : (lu en novembre 2010)
C'est le premier livre que je lisais de cet auteur. L'écriture est très belle. A travers ce roman, Marc Dugain évoque le nazisme. Le roman se déroule à l'automne 1945, au moment de la Capitulation. Nous sommes au sud de l'Allemagne, un lieu qui n'a pas été dévasté par les bombardements. Louyre, un capitaine français, astronome dans le civil, et ses hommes découvre une jeune fille de 15 ans affamée et seule dans une ferme abandonnée. Ils y trouvent également un corps calciné. Louyne va enquêter sur le passé de Maria Richter, la jeune fille et s'occuper d'elle et la protéger. Il est également intrigué par une maison de convalescence qui a été vidée de ses occupants pendant la guerre... Il pose des questions au maire de la ville et au curé, mais il n'obtient aucune réponse convaincante. Ce sont des lettres que Maria a reçu de son père et qu'elle n'a jamais pu lire faute de lunettes qui va lui donner des pistes pour comprendre le secret des lieux. Il va retrouver le docteur Halfinger, l'ancien directeur de la maison de convalescence, et lui faire subir un interrogatoire poussé, et lui faire avouer certaines horreurs du nazisme.

Ce livre nous fait ressentir une ambiance pesante et sombre, alors que la guerre est partout en Europe, Louyre a le sentiment d'avoir été oublié, il se sent désœuvré et il lui semble un devoir de comprendre qui est Marie et pourquoi était-elle seule dans cette ferme avec ce cadavre calciné. Les habitants de la ville sont silencieux. Ils cachent un terrible secret.
J'ai bien aimé cette histoire malgré la noirceur du sujet.

Extrait : (début du livre)
"Comment ai-je pu oublier, se dit Maria, c'est inadmissible. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même." Elle aurait voulu se gifler. Mais le froid s'en chargeait pour elle. Le début d'automne, timide et clément, s'était effacé pour laisser place à des journées glaciales. Il lui fallait déambuler dans les bois, courbée, le nez au ras du sol. A moins d'un mètre, elle n'y voyait pour ainsi dire que des ombres, des esquisses de formes surprenantes, parfois inquiétantes. Des visages se dessinaient dans la terre et leurs yeux immobiles et sévères se posaient sur elle avant de disparaître. Ces caricatures jonchaient le sol par centaines et, si son humeur l'y prédisposait, elle s'amusait à les effacer.

En cette fin d'automne, les couleurs s'étaient uniformisées, la nature se camou-flait. Il n'avait pas plu depuis deux jours, mais la terre suintait. Maria était aux aguets. Si les branches craquaient sous ses pieds, elle pouvait les ramasser. Celles qui se contentaient de grincer étaient encore trop vertes. Les dernières feuilles accrochées aux arbres tremblaient dans la brise. Rien ne cherchait plus à se distinguer, tout s'accordait à l'unisson dans un concert funè-bre et plat. Maria souffrait de toutes ses ex-trémités. Elle avait apprivoisé ces douleurs tenaces qui ne lui laissaient de répit que la nuit.

L'allée du bois conduisait à une plaine qui se confondait avec l'horizon. Elle fumait par endroits d'une brume légère et suspendue qui s'étirait parfois en d'étranges contorsions. Là où il y a encore quelques années on trouvait des cultures ordonnées, une steppe timide recouvrait ces longues étendues sans reliefs.

Chaque fois que Maria se penchait pour faire ses fagots, un filet au goût âcre, un mélange de sang et de salive lui coulait dans la bouche. Elle se relevait brusquement pour cracher. De temps en temps elle observait la lumière. A cette époque, le jour ne se levait jamais vraiment et se couchait avec la lenteur d'un grand malade.

L'adolescente parvint à ficeler une dizaine de fagots de bonne taille avant que la nuit ne lui impose cette oisiveté qu'elle redoutait au point de lui donner des palpitations. Avant que l'obscurité ne l'enferme tout à fait, elle allumait son feu dans un poêle en fonte né avec le siècle. Elle se blottissait près de cette forme qui prenait dans la pénombre des allures magistrales, imposant aux objets de la cuisine une autorité qui ne se desserrait qu'aux premières heures de la journée. Elle dormait dans un fauteuil à oreillettes où s'asseyait autrefois son arrière-grand-mère, une femme aux traits masculins. Sans ses cheveux gris ivoire tirés en chignon, rien ne la distinguait d'un homme, si ce n'est bien sûr sa robe noire épaisse qui traversait les saisons. De sa voix, Maria ne gardait aucun souvenir car la vieille femme prenait soin d'ordonner sans parler, d'un regard dur que percevaient même ceux qui lui tournaient le dos.

Maria dormait assise et se rapprochait du poêle pendant la nuit à mesure que la chaleur s'atténuait. Au petit matin, quand un premier rayon de lumière perçait le ciel, elle le ranimait avec deux grosses bûches qui se consumaient au cours de la matinée. Elle chassait les engourdissements en se rendant près des chevaux, deux grands oldenburgs efflanqués.

Livre 20/21 pour le Challenge du 3% littéraire 1pourcent2010

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4 novembre 2010

Le Livre sans nom – Anonyme

le_livre_sans_nom Sonatine – juin 2010 – 460 pages

traduit de l'anglais par Diniz Galhos

Quatrième de couverture :
Santa Mondega, une ville d’Amérique du Sud oubliée du reste du monde, où sommeillent de terribles secrets…
Un mystérieux tueur en série, qui assassine ceux qui ont eu la malchance de lire un énigmatique livre sans nom…
La seule victime encore vivante du tueur, qui, après cinq ans de coma, se réveille, amnésique…
Deux flics très spéciaux, un tueur à gages sosie d’Elvis Presley, des barons du crime, des moines férus d’arts martiaux, une pierre précieuse à la valeur inestimable, un massacre dans un monastère isolé, quelques clins d’œil à Seven et à The Ring… et voilà le thriller le plus rock’n’roll et le plus jubilatoire de l’année !

Auteur : Diffusé anonymement sur Internet en 2007, cet ouvrage aussi original que réjouissant est vite devenu culte. Il a ensuite été publié, d’abord en Angleterre puis aux États-Unis, où il connaît un succès fulgurant.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
Voilà un livre totalement atypique qui mélange les genres : western, policier, thriller, et même surnaturel…
L'action se déroule dans Santa Mondega, une ville d’Amérique du Sud oubliée du reste du monde. Tous les cinq ans, s'y déroule une éclipse totale.
Nous découvrons une multitude de personnages hauts en couleurs et une histoire qui nous entraîne d'énigmes en énigmes...
Ils sont tous à la recherchent de l'Œil de Lune, une pierre détenant de grands pouvoirs.
En premier lieu, il y a les moines de l'Ile d'Hubal, le père supérieur Taos envoie les moines Kyle et Peto,spécialistes des arts martiaux, retrouver cette pierre qui leurs appartienne.
Ils vont rencontrer le terrible «Bourbon Kid», disparu depuis cinq ans après avoir laissé de nombreux cadavres derrière lui parce qu'il avait bu trop de bourbon.
Sanchez est le propriétaire du bar Tapioca où va se dérouler l'essentiel de l'intrigue, ses clients sont
Jefe ou Marcus la Fouine... 
Il y a également deux inspecteurs, Mile Jensen, spécialiste des enquêtes surnaturelles et Archibald Somers, policier à la retraite.
Une belle femme, Jessica va se réveiller amnésique après un comas de 5 ans, elle est la seule survivante de la tuerie lors de la dernière éclipse.
Et pour compléter le tableau, il y a Elvis, le meilleur tueur à gages de la ville, El Santino l'homme le plus craint de la ville, Dante et Kacy un jeune couple d'amoureux à la recherche d'argent facile, Rodeo Rex, lutteur, chasseur de prime, sans oublier une diseuse de bonne aventure nommée «La Dame Mystique».

Il y a des règlements de compte en permanence, le lecteur fréquente plusieurs bars glauques, les cadavres se multiplient... Il est plongé dans un monde sombre et violent (un peu trop pour moi).
Il y a également beaucoup de références au cinéma, au série télé, à la musique... Je ne les ai pas toutes comprises...

J'avoue avoir été un peu déçu par ce livre si encensé... Au début, j'étais souvent perdue aux milieux des nombreuses intrigues, ensuite j'ai trouvé certaines longueurs dans l'histoire mais j'ai quand même voulu terminer ce livre pour comprendre la clé du mystère... Un livre vraiment original.

Extrait : (début du livre)
Sanchez avait horreur que des inconnus entrent dans son bar. En fait, il détestait également les habitués, mais il les accueillait tout simplement parce qu'il avait peur d'eux. Éconduire un habitué, ce serait signer son propre arrêt de mort. Les criminels qui fréquentaient le Tapioca étaient toujours à l'affût de la moindre occasion d'y prouver ce qu'ils valaient, parce que c'était le plus sûr moyen d'acquérir une renommée, jusqu'au sommet de la hiérarchie du monde du crime.

Le Tapioca était un bar qui avait vraiment du caractère. Ses murs étaient jaunes, et pas d'un jaune agréable : plutôt un jaunâtre de fumée de cigarette. Rien d'étonnant à cela : l'une des nombreuses règles tacites du Tapioca était l'obligation, pour l'ensemble de la clientèle, de fumer. Cigares, pipes, cigarettes, joints, narguilés, cigarillos, bangs, tout était autorisé, excepté ne pas fumer. Ne pas fumer était tout à fait inacceptable. Le fait de ne pas boire de l'alcool était aussi considéré comme un péché, mais le plus grand des péchés, c'était d'être un inconnu dans ses lieux. Dans ce bar, personne n'aimait les inconnus. Les inconnus n'apportaient que des problèmes. On ne pouvait pas se fier à eux.
Aussi, lorsqu'un homme, vêtu d'une longue cape, capuche rabattue sur la tête, entra et s'assit sur un tabouret de bois au bar, Sanchez eut la certitude qu'il ne ressortirait pas en un seul morceau.
La vingtaine d'habitués attablés cessèrent leur conversation et toisèrent longuement l'homme encapuchonné assis au bar. Sanchez remarqua qu'ils s'étaient également arrêtés de boire. C'était mauvais signe. S'il y avait eu une musique d'ambiance, elle se serait sûrement interrompue dès l'entrée de l'inconnu. Le seul son audible était à présent le bourdonnement continuel du gros ventilateur fixé au plafond.

3 novembre 2010

Les feuilles mortes – Thomas H. Cook

Voilà le billet de mon 500ème livre !

Livre offert par ma swappeuse pour le Swap_Frissons_NB

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Gallimard – septembre 2008 – 274 pages

Folio – septembre 2010 – 305 pages

traduit de l'américain par Laetitia Devaux

Quatrième de couverture :
"Les photos de famille mentent. Je compris ça en partant pour toujours de chez moi cet après-midi-là, si bien que je n'emportai que deux clichés." Vingt ans plus tard, Eric Moore a tout pour être heureux. Ses débuts difficiles ne l'ont pas empêché d'avoir une jolie maison et une famille heureuse. Un soir pourtant, alors que son fils de quinze ans garde la fillette des voisins, cette dernière disparaît, ce qui laisse libre cours à toutes les hypothèses. L'adolescent, mal dans sa peau, se défend de façon confuse. Du jour au lendemain, Eric devient l'un de ces parents qu'il a vus, dans les médias, proclamer l'innocence de leur progéniture. En est-il lui-même tout à fait sûr et à qui confier un tel doute ? Son propre passé n'est-il pas là pour lui rappeler que les apparences sont trompeuses ? Et quoi de plus dur que de regarder son fils comme un monstre en puissance alors que vous êtes devenu son seul espoir ?..

Auteur : Né en 1947 en Alabama, ancien professeur d'histoire et secrétaire de rédaction au magazine Atlanta, Thomas H. Cook est l'auteur de neuf romans parus en Série Noire dont Les rues de feu et Les ombres du passé.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
Ce livre m'a été offert par ma swappeuse mrs pepys lors du Swap Frissons en Noir & Blanc organisé par Canel.
Ce livre est un roman noir, un suspense psychologique, oppressant.
C'est l'histoire de la famille idéale, Eric Moore propriétaire d'un magasin de photos et d'une jolie maison, vit une vie heureuse avec sa femme Meredith et son fils Keith un ado de quinze ans. Tout va bien, jusqu'au soir où Keith va faire du baby-sitting chez les voisins. Le lendemain, les parents d'Amy, la petite voisine de 8 ans, téléphonent, leur fille a disparu et tout semble accuser Keith... D'abord persuadés de son innocence, Eric et Meredith veulent protéger Keith, pourtant ils commencent à douter. Leur fils leur cache des choses... Ce dernier se défend maladroitement, tout devient soupçon : et si leur fils était coupable ? Cette histoire réveille également une vieille histoire de famille.
Le lecteur ressent la tension et le malaise de la situation, petit à petit le doute l'envahit, des hypothèses se dessinent, et après plusieurs rebondissements, on est impatient de connaître le dénouement de cette tragique histoire. Un très beau roman policier.

Encore un grand Merci à mrs pepys pour ce livre que j'ai beaucoup aimé.

Pour en savoir plus sur le Swap Frissons en Noir & Blanc, revenez le 6 novembre pour le dénouement...

Extrait : (page 48)
Plus tard, je tentai de saisir la nature du malaise que j'avais ressenti dans ces premières minutes. Me revinrent en mémoire le coup de téléphone de Vince, puis Meredith et moi montant l'escalier pour réveiller Keith avant de revenir à la cuisine. J'essayai de me souvenir si j'avais entendu quelque chose dans cet intervalle autrement silencieux, un insecte ou le goutte-à-goutte d'un robinet. Maintenant, je sais quel gouffre s'ouvrait à cet instant sous la vie paisible que nous avions menée jusque-là.
Mais qu'est-ce que je savais, à ce moment-là ? La réponse est simple : rien. Et que fait-on lorsqu'on ne sait rien ? On poursuit sa route, parce qu'il n'y a pas d'autre solution, qu'on ignore à quel point on progresse en terrain miné, et combien l'épilogue sera dramatique.
Keith repartit dans sa chambre, et j'appelai Vince Giordano afin de lui répéter mot pour mot ce que mon fils m'avait dit, avec l'espoir que l'affaire s'arrête là en ce qui concernait notre petite famille. L'espoir que, quel que soit le sort d'Amy Giordano, même si son sang avait été versé, nous n'en serions en rien entachés.
- Je suis désolé, Vince, lui dis-je. J'aurais aimé t'être plus utile, mais Keith ignore tout simplement où se trouve Amy.

Rendez-vous le 6 Novembre pour le dénouement de Swap_Frissons_NB

Lu dans le cadre du challenge_100_ans_article_300x225

2 novembre 2010

Tom Patate – Livre I : La société secrète des Granmanitous - Emmanuelle Maisonneuve

Lu dans le cadre du Partenariat Jeunesse Blog-O-Book et Graine 2 éditions

tom_patate Graine 2 éditions – septembre 2010 – 186 pages

Illustrations de François Gomes

Quatrième de couverture :
Arrivé on ne sait comment dans une grosse patate du jardin, un garçon minuscule est recueilli par les Granmanitous, une société secrète qui protège les animaux du jardin.
Baptisé Tom Patate, il se fait très vite aimer de ses nouveaux amis, tout en apprenant à se débrouiller dans son nouvel univers rempli de dangers. Mais Tom souffre de ne pas connaître ses origines. En quête de son identité, il va alors être emmené aux portes d’un autre monde, un monde aussi merveilleux que dangereux, celui de ses origines…

Auteur : Née en 1964, Emmanuelle Maisonneuve vit en Auvergne comme Tom Patate, avec son mari, ses enfants et tout le petit peuple de son jardin. Elle aime observer la nature au bord des chemins, écrire en épluchant les légumes et écouter les anciennes légendes auvergnates. Tom Patate est son premier roman.

Mon avis : (lu en novembre 2010)
Ce livre est le premier tome d'une trilogie qui d'après l'éditeur, est destiné aux lecteurs de 9 à 12 ans. Tom est un minuscule petit garçon qui a été trouvé dans une patate et qui a été recueilli par les animaux du potager qui ont créé la société des Granmanitous. A travers les aventures de Tom Patate, on découvre la vie des différents animaux du potager et les dangers que représentent les Grandes Gens ou le chat Ebil le Grobigras. Un livre facile à lire avec beaucoup de dialogues, les histoires sont souvent drôles. J'ai regretté que dans la deuxième partie du livre, l'histoire évolue vers un côté fantastique qui m'a beaucoup moins intéressée. 

Un grand bravo pour l'objet livre qui est vraiment très soigné, avec une belle couverture cartonnée, un beau papier épais, un livre agréable à feuilleter sans oublier de superbes illustrations au crayon qui complètent parfaitement l'histoire de Tom Patate.

Mon fils de 12 ans : Dès le début de la lecture, il a trouvé que ce livre était destiné pour des lecteurs plus jeunes que lui. C'est un livre pour des lecteurs de 9 à 10 ans qui commencent à lire des gros livres. Et l'histoire de Tom Patate ne l'a pas vraiment intéressé. Des histoires autour des animaux du potager cela n'avait pas vraiment d'intérêt pour lui... Il a même arrêté sa lecture avant la fin du livre. Il n'a pas du tout aimé à chaque fin de chapitre l'invitation au lecteur à lire le chapitre suivant, il a eu l'impression qu'on le prenait vraiment pour un « idiot », en particulier au premier chapitre :
Bon.
Les amis, maintenant vous savez à quoi ressemble ce quelque chose.
Vous savez que c’est un petit garçon. Pas très grand, et même tout
petit. Enfin, pas plus haut qu’une pomme de terre.
Mais… Savez-vous qui sont les Granmanitous ?
Et le Cachsoutair, savez-vous ce que c’est ?
Et surtout…
Savez-vous ce qu’ils vont faire à ce petit ?
Un peu de patience, les amis.
C’est tout expliqué dans le chapitre suivant.

Il a cependant trouvé très beau le livre en lui-même, en particulier les illustrations au crayon de François Gomes.

Merci à Blog-O-Book et aux éditions Graine 2 de nous avoir permis de découvrir ce beau livre.

Extrait : voir Chapitre 1 avec ses illustrations.

Voir également le Site du livre avec une présentation des personnages du roman (Lilou le merle, Robusta la taupe, Mistigrise la souris grise, Lagronle le hérisson, Les 6 souriceaux, Pépita, la chienne), et comment ils sont en réalité dans la nature.

1 novembre 2010

C'est lundi ! Que lisez-vous ? [1]

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C'est l'article de Mallou et d'autres articles sur la blogoshère qui m'ont donné envie de participer à ce rendez-vous hebdomadaire. C'est donc aujourd'hui, ma première participation.

Qu'est ce que j'ai lu la semaine passée ?

seul_dans_Berlin_p jours_toxiques la_tete_en_friche tom_patate les_feuilles_mortes_p le_livre_sans_nom

C'était une semaine de congés, j'ai donc pu lire de nombreux livres :
Seul dans Berlin – Hans Fallada
Jours toxiques – Roxana Robinson 
La tête en friche – Marie-Sabine Roger
Tom Patate – Livre I : La société des Granmanitous - Emmanuelle Maisonneuve (enfant)
Les feuilles mortes - Thomas H. Cook (policier)
Le Livre sans nom – Anonyme (thriller)

Qu'est ce que je lis en ce moment ?

l_insomnie_des__toiles L'insomnie des étoiles - Marc Dugain

Que lirai-je la semaine qui vient ?

Ils sont dans ma PAL et il faudrait que je ne tarde pas trop à les lire... 

Le septième fils - Arni Thorarinsson (bibliothèque)
Oscar Pill, tome 3 : Le secret des Eternels - Eli Anderson (partenariat)
Un été pourri - Maud Tabachnik (bibliothèque & challenge)
Theodore Boone, Enfant et justicier - John Grisham (partenariat)

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A lundi prochain !

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1 novembre 2010

La tête en friche – Marie-Sabine Roger

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Éditions du Rouergue – août 2008 – 217 pages

Quatrième de couverture :
Ce qu'ils mettent au dos des romans,
je vais vous dire, c'est à se demander si c'est vraiment
écrit pour vous donner l'envie. En tout cas,
c'est sûr, c'est pas fait pour les gens comme moi.
Que des mots à coucher dehors - inéluctable, quête
fertile, admirable concision, roman polyphonique... -
et pas un seul bouquin où je trouve écrit simplement :
c'est une histoire qui parle d'aventures ou d'amour -
ou d'Indiens. Et point barre, c'est tout.

Auteur : Marie-Sabine Roger. Née en 1957, elle vit dans le Sud de la France. Depuis dix ans, elle se consacre entièrement à l'écriture. Son travail est très reconnu en édition jeunesse, où elle a publié une centaine de livres, souvent primés. Pour les adultes, elle a notamment écrit Un simple viol (Grasset, 2004), et des nouvelles publiées chez Thierry Magnier, La théorie du chien perché (2003) et les Encombrants (2007).

Mon avis : (lu en octobre 2010)
Une histoire simple et pleine de tendresse.
Une histoire d'une amitié improbable entre Germain et Margueritte.
C'est Germain qui nous raconte cette histoire. Il a 45 ans, 110 kilos de muscles, il vit dans une caravane au fond du jardin de sa mère avec laquelle il n'a plus vraiment de relations. Il est intérimaire. Il aime retrouver ses copains au bar du coin. Il aime également aller au parc et s'amuser à compter les pigeons. C'est là, qu'il va faire la rencontre de Margueritte. Elle a bientôt 86 ans, elle vit dans la maison de retraite d'à côté, autrefois, elle était professeur. Petit à petit, ils vont s'attacher l'un à l'autre. Germain qui était presque illettré, va découvrir le monde des livres grâce à Margueritte qui lui lit des histoires. Avec Camus, Gary, Sepulveda Germain va accéder à la culture et découvrir qu'il n'est jamais trop tard pour apprendre.

C'est une histoire qui parle de gens simples et vrais, une histoire touchante et souvent drôle, une histoire pleine d'espoir.

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Ce livre a été adapté en un film réalisé par Jean Becker en juin 2010, avec Gérard Depardieu, et Gisèle Casadesus. Après avoir lu et beaucoup aimé ce livre, j'ai très envie de voir le film.

Extrait : (début du livre)
J'ai décidé d'adopter Margueritte. Elle va bientôt fêter ses quatre-vingt-six ans, il valait mieux pas trop attendre. Les vieux ont tendance à mourir.
Comme ça, s'il lui arrive un truc, je sais pas - tomber par terre dans la rue, ou se faire gauler son sac - je serai là. Je pourrai arriver tout de suite et pousser les gens du milieu, leur dire :
- Ok ! C'est bon, tirez-vous, maintenant ! Je m'en charge : c'est ma grand-mère.
Ce n'est pas écrit sur sa tête qu'elle est seulement adoptée.
Je pourrai lui acheter son journal, ses bonbons à la menthe. M'asseoir près d'elle dans le parc, aller la voir aux Peupliers, le dimanche. Et rester pour manger avec elle à midi, si je veux.
Bien sûr, avant aussi, j'aurais pu, mais je me serais senti en visite. Maintenant, ce sera par plaisir, et aussi par devoir. C'est ça qui est nouveau : les obligations familiales. C'est un truc qui va bien me plaire, je le sens.

Ça me change la vie, de l'avoir rencontrée, Margueritte. Avoir quelqu'un à qui penser avec plaisir, quand je suis seul – quelqu'un d'autre que moi, je veux dire – ça fait drôle. J'en ai pas l'habitude. Je n'avais jamais eu de famille avant elle.
Enfin, je me comprends. J'ai une mère, pas le choix. Seulement, elle et moi, mis à part d'avoir été imbriqués l'un dans l'autre neuf mois, on n'a pas partagé grand-chose, sauf le pire. Pour le meilleur, j'en ai pas souvenir. J'ai un père, aussi, forcément. Mais j'en ai pas profité bien longtemps, il a fait son affaire à ma mère, et basta. Ceci dit, ça m'a pas empêché de grandir, plutôt mieux que les autres en moyenne : cent dix kilos de muscles et pas un poil de graisse, un mètre quatre-vingt-neuf sous la toise, le reste à l'avenant. Si mes parents m'avaient voulu, j'aurais sûrement fait leur fierté. Pas de chance.

Déjà lu du même auteur :

vivement_l_avenir Vivement l'avenir

31 octobre 2010

Jours toxiques – Roxana Robinson

Lu dans le cadre du partenariat Blog-O-Book et les éditions Buchet - Chastel

jours_toxiques Buchet-Chastel – septembre 2010 – 583 pages

traduit de l'américain par Julie Sibony

Quatrième de couverture :
Cet été-là, Julia Lambert, professeur d'art à New York et artiste peintre, accueille ses parents dans sa petite maison vétuste du Maine, au bord de l'Atlantique.
Elle tient à s'occuper de son père, un ancien neurochirurgien autoritaire, et de sa mère, toujours heureuse et stoïque, qui perd inexorablement la mémoire. Quand Julia apprend de Steven, son fils aîné, que Jack, son cadet, se drogue à l'héroïne, elle s'effondre. Héroïne. Le mot résonne avec incrédulité et angoisse dans cette famille cultivée, tolérante et sans histoire de la bourgeoisie américaine, et rend toxiques ces jours de vacances.
Julia met tout en oeuvre pour arracher son fils, esclave du velours noir que l'enfer de ses veines réclame goulûment, au danger et à une mort certaine. Elle rassemble autour de lui, pour une improbable médiation, outre ses parents et Steven, Wendell, son ex-mari, Harriet, sa soeur complexée, et Ralph, un ancien héroïnomane devenu spécialiste de la désintoxication. Mais en s'invitant avec fracas au coeur d'une famille confrontée pour la première fois à l'addiction, l'héroïne convie aussi le blâme, la rage, la honte, les regrets et ravive d'intimes blessures.
La tragédie de Jack fera voler en éclats les non-dits du cercle familial et révélera les failles de chacun sous les apparences du bonheur. Et s'il est vrai que le bonheur a un prix, pourquoi Jack serait-il le seul à en payer le lourd tribut ?

Auteur : Journaliste et critique littéraire, Roxana Robinson est l'auteur de quatre romans, de plusieurs recueils de nouvelles et d'une biographie de Georgia O'Keeffe. Elle vit à Manhattan et enseigne l'écriture à la New School de New York.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
C'est l'histoire d'une famille qui est bouleversée par la toxicomanie d'un fils. Julia est professeur d'histoire de l'art à l'Université, divorcée. C'est l'été, et elle reçoit ses vieux parents Edward et Katharine dans sa petite maison de vacances du Maine. Son fils aîné Steven vient les rejoindre et avoue à sa mère que son jeune frère Jack ne va pas bien, il se drogue à l'héroïne. C'est un choc pour Julia qui veut se battre pour sortir son fils de ce cauchemar. Avec son ex-mari Wendell, elle rassemble la famille autour d'eux pour tenter une médiation et aider Jack à s'en sortir. L'auteur nous donne une description de la dépendance à l'héroïne avec un criant réalisme. Les différents personnages de l'histoire ont chacun leurs caractères, leurs faiblesses et leurs secrets. On découvre les conséquences du mal-être de Jack sur chacun des membres de la famille. Chacun va faire le point sur ses relations qu'ils ont avec les autres membres de la famille. Un livre juste, avec de la douleur et des regrets, mais aussi de l'espoir. Le récit est dur et bouleversant. C'est un roman plein d'émotions qui ne peut pas laisser indifférent.

Merci à Blog-O-Book et aux éditions Buchet - Chastel pour m'avoir permis de découvrir ce livre fort et bouleversant.

Extrait : ici

Livre 19/21 pour le Challenge du 3% littéraire 1pourcent2010

30 octobre 2010

Seul dans Berlin - Hans Fallada

Livre lu dans le cadre du partenariat Livraddict et Folio

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Denoël – juin 2002 – 558 pages

Folio – janvier 2004 – 560 pages

traduit de l'allemand par A. Virelle et A. Vanevoorde

Quatrième de couverture :
Mai 1940, on fête à Berlin la campagne de France. La ferveur nazie est au plus haut. Derrière la façade triomphale du Reich se cache un monde de misère et de terreur. Seul dans Berlin raconte le quotidien d'un immeuble modeste de la rue Jablonski, à Berlin. Persécuteurs et persécutés y cohabitent. C'est Mme Rosenthal, juive, dénoncée et pillée par ses voisins. C'est Baldur Persicke, jeune recrue des SS qui terrorise sa famille. Ce sont les Quengel, désespérés d'avoir perdu leur fils au front, qui inondent la ville de tracts contre Hitler et déjouent la Gestapo avant de connaître une terrifiante descente aux enfers. De Seul dans Berlin, Primo Levi disait, dans Conversations avec Ferdinando Camon, qu'il était "l'un des plus beaux livres sur la résistance allemande antinazie". Aucun roman n'a jamais décrit d'aussi près les conditions réelles de survie des citoyens allemands, juifs ou non, sous le IIIe Reich, avec un tel réalisme et une telle sincérité.

Auteur : Hans Fallada, pseudonyme de Rudolf Ditzen (1893-1947), exerça une multitude de métiers - gardien de nuit, exploitant agricole, agent de publicité - avant de devenir reporter puis romancier. Écrivain réaliste populaire, il dressa un tableau très fidèle de la société allemande entre les deux guerres, et termina en 1947 par Seul dans Berlin, son chef-d'œuvre.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
Ce livre a été lu dans le cadre d'un partenariat Livraddict et Folio. Le livre prévu (Les fantômes de Breslau) n'étant finalement pas disponible, Folio nous a proposé de choisir un titre de son catalogue. J'ai donc choisi Seul dans Berlin de Hans Fallada.

A travers une galerie de personnages, l'auteur dépeint la vie quotidienne des allemands à Berlin sous le régime nazi à partir de mai 1940. Dans un même immeuble modeste de la rue Jablonski, cohabitent, Madame Rosenthal, Otto et Anna Quangel, un couple tranquille, la famille Persick, Borkhausen et sa famille, le conseiller Fromm...
Madame Rosenthal est juive, son mari a été arrêté par la Gestapo et elle est persécutée par la famille Persick. Chez les Persick, le père a ses entrées au Parti, les deux fils aînés sont à la SS, le jeune fils, Baldur est le plus talentueux de la famille il va bientôt rentrer dans l'école des futurs cadres nazis. Borkhausen est un mouchard et un voleur. Après avoir appris la mort de leur fils lors de la Campagne de France, et pour donner un but à leur vie, les Quangel entrent en résistance, en écrivant des cartes postales appelant à la rébellion et en les déposant dans toute la ville de Berlin. Nous découvrons les différentes attitudes possible : la résistance, la lâcheté, le profiteur, la passivité, la collaboration, la délation... Toute la population allemande est sous l'emprise de la peur.

Ce livre est très intéressant pour connaître la réalité de la vie à Berlin pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il se lit lentement, le style est littéraire, les descriptions sont précises. L'auteur a construit son histoire en lui donnant un certain suspens : la Gestapo va-t-elle oui ou non découvrir qui est le mystérieux « Trouble-fête » ? et parfois des passages plutôt drôles : lorsque Borkhausen se fait avoir à ses propres entourloupes...
Merci à Livraddict et aux éditions Folio pour m'avoir permis de découvrir ce livre que j'ai beaucoup aimé.

Extrait : (page 34)
Involontairement, il prend les mains de Trudel dans les siennes, et il l’éloigne de l’affiche.
- Qu’y a-t-il donc ? demande-t-elle, toute surprise.
Mais elle suit le regard de Quangel et lit également le texte. Une exclamation, qui peut tout signifier, lui vient aux lèvres : protestation contre ce qu’elle vient de lire, désapprobation du geste de Quangel, ou indifférence. Elle remet son agenda en poche et dit ;
- Ce soir, c’est impossible, père. Mais je serai chez vous demain vers huit heures.
- Il faut que tu viennes ce soir, Trudel, répond Otto Quangel... Nous avons reçu des nouvelles
d’Otto...
Il voit que toute gaieté disparaît des yeux de la jeune fille.
- Otto est mort, Trudel !
Du fond du coeur de Trudel monte le même “Oh !” profond qu’il a eu lui aussi en apprenant la nouvelle. Un moment, elle arrête sur lui un regard brouillé de larmes. Ses lèvres tremblent. Puis elle tourne le visage vers le mur, contre lequel elle appuie le front. Elle pleure silencieusement.
Quangel voit bien le tremblement de ses épaules, mais il n’entend rien.
“Une fille courageuse ! se dit-il. Comme elle tenait à Otto !... À sa façon, il a été courageux, lui aussi.
Il n’a jamais rien eu de commun avec ces gredins. Il ne s’est jamais laissé monter la tête contre ses parents par la Jeunesse Hitlérienne. Il a toujours été contre les jeux de soldats et contre la guerre, cette maudite guerre !...”
Quangel est tout effrayé par ce qu’il vient de penser. Changerait-il donc, lui aussi ? Cela équivaut presque au “Toi et ton Hitler” d’Anna.
Et il s’aperçoit que Trudel a le front appuyé contre cette affiche dont il venait de l’éloigner. –Au dessus de sa tête se lit en caractère gras :
AU NOM DU PEUPLE ALLEMAND
Son front cache les noms des trois pendus...
Et voilà qu’il se dit qu’un jour on pourrait fort bien placarder une affiche du même genre avec les noms d’Anna, de Trudel, de lui-même... Il secoue la tête, fâché... N’est-il pas un simple travailleur manuel, qui ne demande que sa tranquillité et ne veut rien savoir de la politique ? Anna ne s’intéresse qu’à leur ménage. Et cette jolie fille de Trudel aura bientôt trouvé un nouveau fiancé...
Mais ce qu’il vient d’évoquer l’obsède :
“Notre nom affiché au mur ? pense-t-il, tout déconcerté. Et pourquoi pas ? Être pendu n’est pas plus terrible qu’être déchiqueté par un obus ou que mourir d’une appendicite... Tout ça n’a pas d’importance... Une seule chose est importante : combattre ce qui est avec Hitler... Tout à coup, je ne vois plus qu’oppression, haine, contrainte et souffrance !... Tant de souffrance !... “Quelques milliers”, a dit Borkhausen, ce mouchard et ce lâche... Si seulement il pouvait être du nombre !... Qu’un seul être souffre injustement, et que, pouvant y changer quelque chose, je ne le fasse pas, parce que je suis lâche et que j’aime trop ma tranquillité...”
Il n’ose pas aller plus avant dans ses pensées. Il a peur, réellement peur, qu’elles ne le poussent implacablement à changer sa vie, de fond en comble.

29 octobre 2010

Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent... – Eric-Emmanuel Schmitt

suivi de Kiki van Beethoven

quand_je_pense_que_Beethoven Albin Michel – septembre 2010 – 198 pages

Quatrième de couverture :
Lors d'une exposition de masques, Beethoven revient dans la vie d'Eric-Emmanuel Schmitt : surpris, il se rappelle l'avoir aimé passionnément pendant son adolescence. Pourquoi ne l'écoute-t-il plus ? Pourquoi n'a-t-il plus eu besoin de sa passion, sa véhémence, sa noblesse ? Réfléchissant à partir de sa propre vie, Schmitt médite sur notre époque qui ne croit ni en Dieu ni en l'homme, où l'individu se sent broyé et inutile. Il ausculte notre temps désespéré que l'idéal de grandeur a quitté
Un essai brillant et intime, fait d'émotions, de surprises et d'émerveillements où Schmitt élucide ce génie, créateur d'une ''messe pour l'humanité'', un homme infirme, seul, malheureux, accablé par le sort, qui écrit pourtant une oeuvre énergique couronnée par un hymne à la joie. Comment peut-on avoir le sens du tragique et se montrer optimiste ? Tel sera le défi pour notre siècle ; tel est le message de Beethoven : il nous propose une philosophie et une morale humaniste dont nous avons un urgent besoin.

Auteur : Dramaturge, essayiste, romancier, scénariste à succès, Eric-Emmanuel Schmitt est l'un des auteurs les plus célèbres en France et dans le monde (traduit dans 42 pays). Son dernier livre, Concerto à la mémoire d'un ange, a été un des best-sellers du printemps 2010.

Mon avis : (lu en octobre 2010)
Ce livre fait partie de la série "Le bruit qui pense",(en hommage à la phrase de Victor Hugo : "La musique, c’est du bruit qui pense"). Cette série a été créée par Éric-Emmanuel Schmitt en 2005 avec le titre "Ma vie avec Mozart",et il prévoit de la poursuivre avec Bach et Schubert.
Ce livre se divise en deux parties. Tout d'abord « Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent...» et son CD avec six œuvres de Beethoven. Dans cet essai l'auteur nous évoque les différentes émotions
qu'il a eu grâce à la musique de Beethoven. Tout en lisant Éric-Emmanuel Schmitt, on écoute la musique, et on comprend encore mieux ce que l'auteur nous raconte.
Et le titre du livre qui ne laisse personne indifférent... "Quand je pense que Beethoven est mort alors que d’autres crétins vivent", c’est une phrase que prononçait Mme Vo Than Loc le professeur de piano d'Éric-Emmanuel Schmitt.
Dans la deuxième partie, Éric-Emmanuel nous raconte l'histoire Kiki, femme ayant la soixantaine, elle va, grâce à un masque de Beethoven découvert dans une brocante, changer sa vie ainsi que celle de ses trois amies. Il est question de jeunesse perdue, d'émotions et de secrets ensevelis.
Une histoire drôle et émouvante.
A noter que Kiki van Beethoven sera créée sous forme de comédie monologue à partir du 21 septembre 2010, au théâtre de la Bruyère, dans une mise en scène de Christophe Lindon, interprétée par Danielle Lebrun.

Extrait : (début du livre)
Entre Beethoven et moi, ce fut une histoire brève mais forte.
Il apparut dans ma vie lorsque j’avais quinze ans puis la quitta quand j’atteignais les vingt. Pendant cette période, il s’installa, poussa les meubles, cala ses disques à côté de mon électrophone, empila ses partitions sur le piano droit, enseigna à mes doigts ses pages les plus passionnées, m’arracha des larmes avec ses symphonies et devint le maître de mes doigts ses pages les plus passionnées, m’arracha des larmes avec ses symphonies et devint le maître de mes émotions, m’en insufflant de nouvelles, bouleversantes. Afin de marquer son territoire dans ma chambre d’adolescent, il introduisit, par l’entremise d’une tante qui revenait d’Allemagne, son buste en résine peinte, sculpture tourmentée qu’il me conseilla de placer sur ma table de nuit, sous le portrait de Mozart épinglé au mur. Ce fut la seule fois où je lui résistai ; par je ne sais quelle prudence – sans doute la crainte de ne pas m’endormir auprès de ce front où saillaient les tumultes du génie -, je laissai trôner son effigie dans l’ombre de la bibliothèque paternelle, à plusieurs murs de distance.
Intensément présent pendant cinq années, il s’éclipsa les décennies suivantes. Son départ coïncida avec la fin de ma longue adolescence. Il fuit quand je désertai la maison familiale. Au loin, le Beethoven ! Absent, anéanti ! Je n’y pensais plus, je ne l’interprétais plus, je ne l’écoutais plus.

Livre 18/21 pour le Challenge du 3% littéraire 1pourcent2010

27 octobre 2010

Un secret - Philippe Grimbert

Lu durant le Read-A-Thon RAT_logo

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Grasset – mai 2004 – 192 pages

LGF – avril 2007 – 184 pages

LGF – septembre 2007 – 184 pages

Prix Goncourt des Lycéens 2004

Prix des Lectrices de Elle 2005

Quatrième de couverture :
Souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents
Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattue une chape de silence
Psychanalyste, Philippe Grimbert est venu au roman avec La Petite Robe de Paul. Avec ce nouveau livre, couronné en 2004 par le prix Goncourt des lycéens et en 2005 par le Grand Prix littéraire des lectrices de Elle, il démontre avec autant de rigueur que d'émotion combien les puissances du roman peuvent aller loin dans l'exploration des secrets à l'œuvre dans nos vies.

Auteur : Philippe Grimbert est psychanalyste. Il a précédemment publié trois essais : Psychanalyse de la chanson, Pas de fumée sans Freud et Chantons sous la psy, et son premier roman, La Petite robe de Paul (2001).

Mon avis : (lu en octobre 2010)
Ce livre est un roman autobiographique.
Le narrateur vit une vie simple et tranquille, fils unique élevé par des parents Maxime et Tania qui s'adorent. Ils sont l'un et l'autre deux grands sportifs, elle, championne de plongeon de haut vol et lui gymnaste et lutteur. Le narrateur est un enfant chétif et souvent malade.
Ce dernier a toujours ressenti la présence d'un frère, il croyait même l'avoir inventé. Un jour, en présence de sa mère, il découvre au grenier un vieux chien en peluche : d'où vient-il ? À qui a-t-il appartenu ? Il sent le malaise de sa mère. Lorsqu'il sera adolescent, grâce aux confidences que lui fait petit à petit Louise, une vieille amie de la famille, il apprendra peu à peu l'histoire bouleversante et tragique de ses parents. Le lecteur suit la démarche du narrateur, comment de l'enfance à l'âge adulte il met en place les différentes pièces d'un puzzle pour découvrir un terrible secret de famille. Il comprend que le silence de ses parents étaient, pour eux, un moyen de continuer à vivre.
Un Secret est un roman magnifique sur la culpabilité, sur le mensonge.

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Le Film : le livre a été adapté en 2007 dans un film de Claude Miller avec Cécile de France, Patrick Bruel, Julie Depardieur, Ludivine Sagnier. Un très beau film qui est resté très fidèle au texte.

Extrait : (début du livre)
Fils unique, j'ai longtemps eu un frère. Il fallait me croire sur parole quand je servais cette fable à mes amis de passage. J'avais un frère. Plus beau, plus fort. Un frère aîné, glorieux, invisible.
J'étais toujours envieux, en visite chez un camarade, quand s'ouvrait la porte sur un autre qui lui ressemblait quelque peu. Des cheveux en bataille, un sourire en coin qu'on me présentait en deux mots : « Mon frère. » Une énigme, cet intrus avec lequel il fallait tout partager, y compris l'amour. Un vrai frère. Un semblable dans le visage duquel on se découvrait pour trait commun une mèche rebelle ou une dent de loup, un compagnon de chambrée dont on savait le plus intime, les humeurs, les goûts, les faiblesses, les odeurs. Une étrangeté pour moi qui régnais seul sur l'empire des quatre pièces de l'appartement familial.

Unique objet d'amour, tendre souci de mes parents, je dormais pourtant mal, agité par de mauvais rêves. Je pleurais sitôt ma lampe éteinte, j'ignorais à qui s'adressaient ces larmes qui traversaient mon oreiller et se perdaient dans la nuit. Honteux sans en connaître la cause, souvent coupable sans raison, je retardais le moment de sombrer dans le sommeil. Ma vie d'enfant me fournissait chaque jour des tristesses et des craintes que j'entretenais dans ma solitude. Ces larmes, il me fallait quelqu'un avec qui les partager.

Challenge Prix Goncourt des Lycéens
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2004

Challenge Goncourt des Lycéens
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chez Enna

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