30 octobre 2014

L'océan au bout du chemin - Neil Gaiman

Lu en partenariat avec Au Diable Vauvert

1530382_10205190887801332_4586254058997405647_n Au Diable Vauvert - octobre 2014 - 320 pages

traduit de l'anglais par Patrick Marcel

Titre original : The Ocean and the End of the Lane, 2013

Quatrième de couverture :
De retour dans le village de sa jeunesse, un homme se remémore les événements survenus l'année de ses sept ans. Un suicide dans une voiture volée. L'obscurité qui monte. Et Lettie, la jeune voisine, qui soutient que la mare au bout du chemin est un océan...

Fidèle à son imaginaire merveilleux, Neil Gaiman explore le monde de l'enfance et des contes anglo-saxons pour nous procurer une émotion toute nouvelle, dans ce roman élu par les lecteurs Book of the Year 2013.

Auteur : Né en 1960 en Angleterre, qualifié par Stephen King de « trésor d'histoires », Neil Gaiman est auteur de célèbres comtes, scénariste et romancier. Lauréat de nombreux prix, il est lu dans le monde entier.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
Je ne connaissais cet auteur que de nom et devant l'enthousiasme d'un inconditionnel de Neil Gaiman, par curiosité j'ai accepté de recevoir et de découvrir "L'Océan au bout du chemin". En premier lieu, j'aime beaucoup le titre et je trouve la couverture très belle.
De retour dans le village de son enfance, le narrateur se souvient de ses 7 ans. A l'époque, il rêvait grâce aux livres, il se réfugiait dans son "laboratoire" au fond du jardin... il y avait Lettie, son amie et voisine de onze ans, qui vivait à la ferme des Hempstock avec sa mère et sa grand-mère. Cette année là, Ursula Monkton, une méchante gouvernante est venue s'installer dans la maison du narrateur et c'est comme si un monstre avait pris le contrôle de la maison... Heureusement Lettie et sa famille vont secourir le petit garçon... 
Au bout du chemin de la ferme des Hempstock, il y a une mare, et pour Lettie cette mare est un océan.
Ce n'est pas le genre de lectures auxquelles je suis sensible mais ici l'auteur a un vrai talent de conteur mêlant le réel et le fantastique et j'ai lu très facilement cette histoire pleine d'imagination et de poésie qui évoque l'enfance et ses peurs. J'ai beaucoup aimé les personnages du petit garçon, de Lettie, de Ginnie sa mère et de la grand-mère.

Merci Anaïs et les éditions Au Diable Vauvert pour cette découverte.

Extrait : (Prologue)
Je portais un costume noir, une chemise blanche, une cravate noire et des chaussures noires, bien cirées et brillantes : des vêtements dans lesquels j'aurais été mal à l'aise, en temps ordinaire, comme si j'avais endossé un uniforme volé ou si je voulais passer pour un adulte. Aujourd'hui, ils m'apportaient une sorte de réconfort. Je portais les vêtements appropriés à une rude journée.
J'avais accompli mon devoir, le matin, prononcé les paroles que je devais prononcer, et j'étais sincère en les disant; et puis, une fois le service terminé, je suis monté en voiture et je suis parti au hasard, sans plan défini, avec environ une heure à tuer avant de rencontrer d'autres gens que je n'avais plus vus depuis des années, serrer d'autres mains et boire trop de tasses de thé dans le beau service en porcelaine. J'ai suivi des routes de campagne sinueuses du Sussex dont je ne me souvenais qu'à demi, jusqu'à ce que je me retrouve dans la direction du centre-ville, aussi ai-je obliqué, au hasard, sur une autre route, et tourné à gauche, puis à droite. C'est seulement alors que j'ai compris où j'allais vraiment, où j'allais depuis le début, et ma sottise m'a fait grimacer.
Je roulais vers une maison qui n'existait plus depuis des décennies.
J'ai à ce moment-là songé à faire demi-tour, alors que je suivais une rue large qui était autrefois un chemin empierré de silex au long d'un champ d'orge; à faire demi-tour et à laisser le passé en paix. Mais je ressentais de la curiosité.
L'ancienne maison, celle où j'avais vécu sept ans, de l'âge de cinq ans jusqu'à celui de douze, avait été démolie et elle était perdue pour de bon. La nouvelle, celle que mes parents avaient construite au bas du jardin, entre les bosquets d'azalées et le rond vert dans l'herbe que nous appelions le cercle des fées, celle-là avait été vendue trente ans plus tôt.
En vue de la nouvelle maison, j'ai ralenti la voiture. Ça resterait toujours la nouvelle maison, dans ma tête. Je me suis engagé dans l'allée, pour observer de quelle façon ils avaient développé son architecture du milieu des années 70. J'avais oublié que ses briques étaient brun chocolat. Les nouveaux habitants avaient transformé le tout petit balcon de ma mère en un jardin d'hiver sur deux niveaux. J'ai contemplé la maison, me rappelant moins que je m'y attendais mes années d'adolescence : ni bons moments, ni mauvais. Adolescent, j'avais habité ici quelque temps. Ça ne semblait pas être une composante de ce que j'étais à présent.
J'ai reculé avec la voiture pour sortir de leur allée.

Challenge 3% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150

16/18

Challenge Petit Bac 2014
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"Géographie" (12)

Challenge Voisins Voisines 2014
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Angleterre

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17 octobre 2014

L'homme de la montagne - Joyce Maynard

 Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey 

maynard Philippe Rey - août 2014 - 320 pages

traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain

Titre original : After her, 2013

Quatrième de couverture :
Eté 1979, Californie du Nord. Rachel, treize ans, et sa soeur Patty, onze ans, se préparent à passer leurs vacances à vagabonder dans la montagne comme d'habitude. Echappant à la surveillance d'une mère aimante mais neurasthénique depuis son divorce, et d'un père amoureux de toutes les femmes, le flamboyant inspecteur de police Torricelli, elles se cachent dans les arrière-cours pour regarder la télé par la fenêtre des voisins, inventent blagues et jeux à n'en plus finir, rêvant de l'inattendu qui pimenterait leur existence. Et l'inattendu arrive. Cauchemardesque, une succession de meurtres de jeunes femmes, tuées dans la montagne selon un même mode opératoire : la chasse à l'Etrangleur du crépuscule commence, menée par l'inspecteur Torricelli. Trente ans plus tard, Rachel, devenue une célèbre romancière, raconte cette quête épuisante. Après quinze meurtres, le tueur de la montagne a disparu. Un jour, pourtant, les deux soeurs s'étaient trouvées face à lui. Fantasme de gamines hystériques, avaient déclaré les autorités. Depuis lors, Rachel s'est donné pour mission de retrouver cet homme. Et le dénouement, le lecteur le vivra en direct, de surprises en retournements. Joyce Maynard a écrit une belle et lyrique histoire d'amours rythmée par les tubes des années soixante-dix : celui qui règne entre le père et ses filles, celui qui unit à jamais les deux soeurs.

Auteur : Collaboratrice de multiples journaux, magazines et radios, Joyce Maynard est aussi l'auteure de plusieurs romans, Long week-end, Les Filles de l'ouragan, Baby Love et d'une remarquable autobiographie, Et devant moi, le monde. Mère de trois enfants, elle partage son temps entre la Californie et le Guatemala.

Mon avis : (lu en octobre 2014)
La quatrième de couverture pourrait nous laisser penser que ce livre est un roman policier. En réalité la présence du tueur en série, des meurtres et de l'enquête ne sont pas le plus important dans cette histoire. Rachel et Patty, deux soeurs de treize et onze ans, sont les personnages principaux. Elles sont très différentes mais inséparables. Leur mère est dépressive et assez absente du récit. Elles ont une grande admiration pour leur père qui a quitté la maison, c'est un bel homme, séduisant, inspecteur de police. Il sera chargé d'arrêter l'Etrangleur du crépuscule qui sévit dans la montagne proche de Marin County en Californie.
L'histoire est racontée 30 ans après les faits, par Rachel âgée alors de 13 ans. Un âge charnière, entre enfance et adolescence. 
J'ai bien aimé la première partie du livre et les relations entre les deux soeurs durant leur enfance. Elles ont une grande liberté malgré le danger imminent avec la présence de ce tueur en série que la police n'arrive pas à appréhender... 
L'imagination galopante de Rachel, ses méthodes d'enquête ou ses émois amoureux sont racontés avec beaucoup d'humour et de justesse par l'auteur.
La suite de l'histoire est plus convenue...

Merci Anaïs et les éditions Philippe Rey pour ce partenariat.

Autre avis : Caro

Note : ♥♥♥♥

Extrait : (prologue)
Il y a un peu plus de trente ans, un jour de juin au coucher du soleil – sur un versant de montagne dans le Marin County, Californie –, un homme s’est approché de moi, tenant dans ses mains un bout de corde à piano, avec l’intention de mettre fin à mes jours. J’avais quatorze ans, et il avait déjà tué beaucoup d’autres filles. Depuis ce jour, je sais ce que signifie regarder un homme dans les yeux en se disant que son visage est la dernière chose qu’on verra jamais.
C’est à ma sœur que je dois d’être ici pour raconter ce qui s’est passé ce soir-là. Par deux fois, ma sœur m’a sauvée, alors que moi, je n’ai pas su la sauver.
Voici notre histoire.

Il ne se passait jamais grand-chose sur le versant de la montagne où nous vivions et grandissions, Patty et moi. Et nous n’étions même plus abonnés à la télévision. En attendant qu’un événement inattendu survienne, nous inventions des situations. Le temps, c’était tout ce que nous possédions.
Un jour, nous avons décidé de découvrir ce qu’on ressent quand on est mort.
Un mort, ça ne ressent rien, a dit Patty. Du Patty tout craché.
Je possédais un sweat-shirt rouge, le modèle avec fermeture Éclair sur le devant, capuche et poches-réserves à chewing-gum. Je l’ai étalé sur un carré d’herbe en pente, derrière notre maison, les manches étirées de chaque côté, on aurait dit une personne passée sous un camion, de façon à exposer le plus de rouge possible, genre mare de sang.
Allonge-toi là, ai-je dit à ma sœur, en lui montrant l’emplacement – à plat dos, camouflant la fermeture Éclair.
Elle aurait pu refuser, mais Patty faisait presque toujours ce que je lui disais de faire. Ses questions, si elle en avait, elle les gardait pour elle.
Je me suis allongée à côté d’elle. Si près que le rouge débordait de part et d’autre.
Et maintenant ?
Ne bouge pas. Empêche ta poitrine de monter et de descendre quand tu respires.
Certaines personnes auraient exigé une explication. Patty non. Mon idée, c’était qu’elle découvre par elle-même de quoi il retournait, et cela, elle le comprenait.
Pendant un long moment, il ne se passa rien. Il faisait chaud, mais nous ne bougions pas.
Mon nez me gratte, dit-elle.
Tant pis. Pense à autre chose. Quelque chose d’intéressant.
Pour moi, ç’aurait pu être Peter Frampton, ou le jean que j’avais repéré au centre commercial, une ou deux semaines auparavant, idéal, sauf le prix. Ou les histoires que j’écrivais dans un cahier et que je lisais à voix haute, et que ma sœur trouvait meilleures que celles de Nancy Drew.
Pour Patty, ça pouvait être Larry Bird, le basketteur, exécutant un crochet. Ou un chien qu’elle aimait. C’est-à-dire tous les chiens existant sur terre.
Tu as remarqué ce nuage ? me demanda-t-elle. On dirait un teckel.
Tais-toi.
Qui sait combien de temps s’écoula ? Dix minutes ? Une heure, peut-être. Soudain, je l’ai repéré : un vautour, tournoyant dans le ciel. D’abord un, puis deux autres. Ils volaient encore très haut, mais vu leur position, on ne pouvait douter que nous étions leur cible. Ils tournoyaient exactement au-dessus de l’endroit où nous étions allongées.
Et maintenant ? demanda Patty.
Chut. Reste tranquille.

 

Déjà lu du même auteur : 

long_week_end Long week-end les_filles_de_l_ouragan Les Filles de l'ouragan baby_love_joyce_maynard Baby Love

Challenge 2% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
12/12

Challenge Trillers et Polars
2014-2015
 
88055176_o
catégorie "Même pas peur" :  8/25

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15 octobre 2014

La beauté du geste - Philippe Delerm

la beauté du geste Seuil - octobre 2014 - 145 pages

Quatrième de couverture :
Quel délice, pour un écrivain passionné de sport, de concevoir un album comme celui-ci ! Elire en toute subjectivité les gestes que j'ai trouvés les plus beaux, les champions les plus charismatiques, les histoires les plus émouvantes. Ecrire sur tout cela. Bénéficier du travail d'une petite équipe me permettant de choisir les documents photographiques illustrant ces préférences, les mettant en scène, leur suscitant des échos. Le sport a ses ombres, mais il s'agit ici de toute la lumière qu'il m'a donnée, hier, aujourd'hui, et même avant que je sois né parfois. L'amitié de l'aryen Luz Long et du noir Jesse Owens, la perfection du saut de Carl Lewis, la subtilité de la passe d'Andrés Iniesta ... Tout le sport que j'aime, en images et en mots.

Auteur : Philippe Delerm est né en 1950 à Auvers sur Oise. Très vite passionné par le sport, il a pratiqué en club le football et l'athlétisme. A défaut de devenir un champion du 400m, il a d'abord souhaité être journaliste sportif avant d'effectuer des études de Lettres à la faculté de Nanterre. Il est l'auteur d'une cinquantaine d'ouvrages et dirige depuis 2006 la collection "Le goût des mots" aux éditions Points.

Mon avis : (octobre 2014)
Je n'ai pu feuilleter ce livre que sous forme de pdf sur mon ordinateur. Je n'ai donc pas pu apprécier totalement la beauté des images de sport que Philippe Delerm a choisi pour illustrer "La beauté du geste".
Des images souvent pleine page, purement de sport comme la douleur de l'effort, le plongeon d'un gardien de but, le geste fluide du gymnaste, la fragilité d'une patineuse, la concentration dans le regard d'un basketteur lors d'un lancer franc, un saut en longueur de Carl Lewis...
Des images plus anodines comme le lancer de serviette d'un tennisman, une main enduite de magnésie tenant un poids...
Mais
 également des images de gestes plus profond comme la "magnifique accolade et le sourire si pur, si éclatant entre Emile Zatopek et Alain Mimoun" ou comme l'amitié sportive en août 1936 au Jeux Olympiques de Berlin entre le Noir américain Jesse Owens et le grand blond allemand Luz Long qui concourent au saut en longueur... 

Certaines images parlent d'elles-même, mais le texte de Philippe Delerm, connaisseur et passionné de sport, est un vrai plus, il décrit les émotions, les circonstances ou le geste sportif. 
En fin du livre chacune des images du livre est légendée avec la date, le lieu et l'évènement de la photo.
L'extrait que j'ai choisi est un petit clin d'œil à mon billet précédent...

Extrait : (page 18)
La poutre ensorcelée
La poutre. Le mot lui-même sonne comme un instrument de torture. La nudité parfaite de cet agrès, une espèce de piste de danse dure, si implacablement longue, si perversement mince, renvoie d'emblée à la lumière blafarde des gymases où les petites championnes sacrifient leur jeunesse. Certaines parviennent par miracle à l'enrober d'une sensualité paradoxale, en enlaçant la planche, en tentant de l'apprivoiser...
Et puis, il y a Nadia Comaneci, point de rupture de la gym féminine. Elle incarne la perfection dans l'audace. Elle tente l'impossible et elle le réussit. La poutre est l'essence du risque. C'est là que Nadia se transcende. Son mouvement nous met les yeux et le coeur à l'envers. Comment peut-elle encore penser à l'élégance déployée de ses mains, quand tout va si cruellement vite, si haut, si dangeureusement ? Elle est tellement jeune pour tant de maîtrise, dans le petit justaucorps blanc de l'équipe de Roumanie. Elle vient de là, de ce pays latin où l'on aime la langue française, de ce pays dont nous ne connaissons pas encore tout l'asservissement, toute la misère, quand Nadia s'avance sur la poutre. Elle est adolescente, avec un corps de femme en devenir. Après elle, il y aura surtout des enfants décharnées, ou des petites boules musculeuses. En dépit de sa minceur extrême, Nadia demeure féminine. Et malgré tous ses pièges de silence brut, la poutre ne peut rien, vaincue par ce feu follet d'insolence idéale.

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p. 19 : La Roumaine Nadia Comencini à la poutre lors des Jeux Olympiques d'été de Moscou en 1980. Elle y sera quatre fois médaillée : deux fois championne olympique à la poutre et aux exercices au sol (ex aequo avec la Russe Nelli Kim), et deux fois vice-championne olympique au concours multiple individuel et en compétition par équipes.

 

 

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14 octobre 2014

La petite communiste qui ne souriait jamais - Lola Lafon

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Audiolib - juin 2014 - 7h41 - Lu par Chloé Lambert

Actes Sud - janvier 2014 - 272 pages

Quatrième de couverture :
Fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux JO de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu’elle imagine de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques ? Le roman acrobate de Lola Lafon, aussi audacieux que les figures de l’enfant entrée dans la légende, rend l’hommage d’une fiction à celle-là même qui permit aux petites filles de l’été 1976 de rêver, elles aussi, de s’élancer vers le ciel.
Une interprétation en miroir, dans laquelle, comme chez la jeune héroïne dont est contée l’histoire, la poésie et la grâce naissent d’une parfaite maîtrise faisant, un temps, taire les vociférations d’une époque écartelée.

Auteur : Écrivain et musicienne, Lola Lafon est l’auteure de trois romans parus aux éditions Flammarion : Une fièvre impossible à négocier (2003) ; De ça je me console (2007) et Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce (2011) qui reparaît en poche en mai 2014 (Actes Sud – Babel). Elle a également signé deux albums chez Harmonia Mundi : Grandir à l’envers de rien (2006) et Une vie de voleuse (2011).

Lecteur : De formation dramatique, Chloé Lambert joue sur les planches du Théâtre Edouard VII, du Festival d’Avignon, du Rond Point… aux côtés de Pierre Arditi, Fabrice Luchini, ou encore sous la direction de Florian Zeller et Danièle Thompson. Elle interprète aussi régulièrement des rôles face caméra, notamment dans le film Mariages ! ou le téléfilm Chez Maupassant - L’Héritage aux côtés d’Eddy Mitchell.

Mon avis : (écouté en octobre 2014)
Juillet 1976, Jeux Olympiques de Montréal, Nadia Comaneci entre dans l'histoire de la gymnastique et devient l'emblème de son pays : la Roumanie alors sous l'emprise du dictateur communiste Ceausescu.
Pour raconter la vie de l'athlète de 1969 à 1990, l'auteur imagine un échange entre Nadia et la narratrice. Elle s'appuie sur les événements et les dates connues, pour le reste c'est un travail de fiction très bien documenté. Cela permet d'avoir les points de vues de quelqu'un de l'Est et de quelqu'un de l'Ouest...
J'ai beaucoup aimé écouter ce livre, le personnage de Nadia est attachant, avec son parcours le lecteur découvre les méthodes d'entraînement des petites gymnastes, le régime communisme en Roumanie... Les victoires de Nadia ont permis à la Roumanie de sortir de l'ombre. Mais sa vie n'a pas été facile, lorsque son corps se transforme et qu'elle devient femme, j'ai été touchée par sa douleur, même si elle continue à s'entraîner sans relâche, son corps ne lui permet plus de renouveler ses exploits. Puis, elle va être accusée d'être complice du régime de Ceausescu. Quinze jours avant la chute de ce dernier, elle fuit la Roumanie pour les États-Unis où la conquête de sa liberté ne sera pas facile...
En 1976, Nadia Comaneci a fait rêver le monde ce livre nous permet de découvrir le revers de ses belles médailles. Et si Nadia ne souriait pas, c'est qu'elle était concentrée pour réussir au mieux son travail... gagner des médailles pour son pays.
J'ai bien aimé le lecteur de ce livre audio, même si la construction du livre fait qu'il y a de nombreuses interruptions de la lecture par des jingles que je trouvais un peu pénible à la longue... 

L'entretien avec l'auteur en fin du livre audio est vraiment très intéressant, il complète bien la lecture du livre.

Merci Babelio et les éditions Audiolib pour ce partenariat.

Autres avis : EnnaSandrineSaxaoulLiliba, Sylire

Extrait : (début du livre)
Quel âge a-t-elle, demande la juge principale, incrédule, à l’entraîneur. Ce chiffre, quatorze, lui donne un frisson. Ce que la petite a effectué à l’instant dézingue le déroulement des chiffres, des mots et des images. Il ne s’agit plus de ce que l’on comprend. On ne saurait noter ce qui vient d’advenir. Elle jette la pesanteur par-dessus son épaule, son corps frêle se fait de la place dans l’atmosphère pour s’y lover.

Mais pourquoi personne ne les a prévenus qu’il fallait regarder par là, ragent ceux qui ratent le moment où, sur les dix centimètres de largeur de la poutre, Nadia C. se lance en arrière et, les bras en croix, donne un coup de pied à la lune, saut à l’aveugle, et ils se tournent les uns vers les autres, est-ce que quelqu’un a compris, est-ce que vous avez compris ?
Le panneau électronique affiche COMANECI NADIA, ROMANIA suivi de 73, son dossard, et là où il devrait y avoir sa note : rien.
On attend. Blêmes, les gymnastes soviétiques vont et viennent dans les travées réservées aux entraîneurs et aux compétitrices qui ont terminé. Elles savent. Les coéquipières de la Roumaine, elles, semblent au désespoir, Dorina tient ses mains jointes, Mariana murmure une phrase en boucle, une autre est affalée, les yeux fermés ; Nadia, elle, un peu à l’écart, sa queue de cheval de travers, ne jette pas un regard au tableau d’affichage. Et c’est lui qu’elle voit en premier, Béla, son entraîneur, debout, les bras au ciel, la tête renversée en arrière ; elle se tourne enfin et découvre sa sanction, ce terrible 1 sur 10 qui s’inscrit en nombres lumineux face aux caméras du monde entier. Un virgule zéro zéro. Elle repasse de possibles fautes dans sa tête, l’arrivée du périlleux arrière éventuellement, pas assez stable, qu’est-ce qu’elle a pu faire pour mériter ça ? Béla la serre dans ses bras, t’en fais pas chérie, on va déposer une réclamation. Mais un des juges attire son attention. Parce que le Suédois se lève. Parce qu’il a les larmes aux yeux et la fixe. Et tous raconteront cet instant tant et tant de fois qu’elle n’est plus sûre aujourd’hui de l’avoir vécu, peut-être l’a-t-elle vu à la télé, peut-être cet épisode a-t-il été écrit pour un film. Le public s’est levé et de leurs dix-huit mille corps provient l’orage, leurs pieds grondent rythmiquement au sol et le Suédois dans le vacarme ouvre et ferme la bouche, il prononce des mots inaudibles, des milliers de flashs forment une pluie d’éclats inégaux, elle entrevoit le Suédois, que fait-il, il ouvre ses deux mains et le monde entier filme les mains du juge vers elle. Alors, la petite tend ses deux mains vers lui, elle demande confirmation, c’est un… dix ? Et lui, doucement, hoche la tête en gardant ses doigts ouverts devant son visage, des centaines de caméras lui cachent l’enfant, les gamines de l’équipe roumaine dansent autour d’elle, oui, amour, oui, ce un virgule zéro zéro est un dix.

  livre_audio

Version papier : 

 94110928 La petite communiste qui ne souriait jamais 

 

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03 octobre 2014

Le fils - Philipp Meyer

Lu en partenariat avec Albin Michel

le fils Albin Michel - août 2014 - 688 pages

traduit de l’américain par Sarah Gurcel

Titre original : The Son, 2013

Quatrième de couverture :
Vaste fresque de l’Amérique de 1850 à nos jours, Le Fils de Philipp Meyer, finaliste du prestigieux prix Pulitzer 2014, est porté par trois personnages, trois générations d’une famille texane, les McCullough, dont les voix successives tissent la trame de ce roman exceptionnel.
Eli, enlevé par les Comanches à l’âge de onze ans, va passer parmi eux trois années qui marqueront sa vie. Revenu parmi les Blancs, il prend part à la conquête de l’Ouest avant de s’engager dans la guerre de Sécession et de bâtir un empire, devenant, sous le nom de « Colonel », un personnage de légende.
À la fois écrasé par son père et révolté par l’ambition dévastatrice de ce tyran autoritaire et cynique, son fils Peter profitera de la révolution mexicaine pour faire un choix qui bouleversera son destin et celui des siens.
Ambitieuse et sans scrupules, Jeanne-Anne, petite-fille de Peter, se retrouvera à la tête d’une des plus grosses fortunes du pays, prête à parachever l’œuvre de son arrière-grand-père.
Il est difficile de résumer un tel livre. Porté par un souffle hors du commun, Le Fils est à la fois une réflexion sur la condition humaine et le sens de l’Histoire, et une exploration fascinante de la part d’ombre du rêve américain.

Auteur : Originaire de Baltimore, Philipp Meyer est à 38 ans reconnu comme l’un des écrivains les plus doués de sa génération. Lauréat du Los Angeles Times Book Prize pour son premier roman, Un arrière-goût de rouille (2010), il a connu un formidable succès avec son deuxième livre Le Fils, salué par l’ensemble de la presse américaine comme l’un des cinq meilleurs romans de l’année 2013 et qui va être traduit en plus de vingt langues.

Mon avis : (lu en septembre 2014)
J'ai mis beaucoup plus de temps à lire ce livre que je l'imaginais en le commençant. Tout d'abord, il y a près de 700 pages, ensuite l'histoire est dense, passionnante et très documentée. En effet, à travers trois personnages et trois générations d'une famille, le lecteur découvre l'histoire du Texas de 1850 à nos jours.
Eli McCullough a 11 ans lorsqu'il assiste aux viols et à la mort de sa mère et sa soeur et au massacre de son frère. Il est enlevé par une tribu de Comanches, tout d'abord réduit en esclavage il sera adopté par eux. Quelques années plus tard, la guerre et la maladie vont décimer les Indiens et Eli doit retourner vivre parmi les Blancs. Il se sent toujours un peu indien, il sera Rangers pendant quelques années, participera à la guerre de Sécession prenant le nom de « Colonel » puis deviendra un des éleveurs les plus importants du Texas.
Son fils Peter McCullough est très différent, plus pacifique, en opposition avec son père, il se sent proche des mexicains.

Jeanne Anne McCullough est la petite-fille de Peter. Elle héritera du domaine et le fera prospérer grâce au pétrole.
L'arbre généalogique en début du livre est très utile pour naviguer dans toute cette grande famille. 

J'ai beaucoup aimé les débuts d'Eli lorsqu'il vit chez les Comanches, j'ai mis plus de temps à apprécier les personnages de Peter et Jeanne Anne. J'ai beaucoup appris sur l'histoire du Texas loin des mythes du rêve américain avec l'arrivée des pionniers yankees, puis l'extinction des Comanches, en passant par la révolution mexicaine et enfin la prospection pétrolière... Un long western qui nous emporte dans les grands espaces.

Merci Marlène et les éditions Albin Michel pour cette lecture passionnante.

Autres avis : Gambadou, Papillon

Extrait : 

Challenge 2% Rentrée Littéraire 2014 
challengerl2014_150
10/12

 Challenge Petit Bac 2014 
91121022
"Cercle familiale" (11)

 pavc3a9-2014
n°3

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25 septembre 2014

Le Tangram Magique T1 l'Énigme des Pivoines - Florence Lamy

Lu en partenariat avec les éditions Casterman

9782203081178_1_75 Casterman - août 2014 - 145 pages

Quatrième de couverture : 
Li-Na assemble les morceaux du tangram sur le sol. Monsieur Zhou s'exclame :
- Un cygne ! Bravo, c'est vraiment ressemblant.
- Je sais aussi faire le chat, reprend Li-Na. Vous pensez vraiment, ajoute-t-elle, que ce jeu est magique ?
- Qui sait ? A toi de le découvrir...

Pour ses dix ans, Li-Na reçoit un cadeau étrange et fascinant : un tangram. Si ce jeu est vraiment magique, peut-être l'aidera-t-il à retrouver le tableau volé de madame Lo ?

Auteur : Professeure de Lettres Modernes, Florence Lamy a longtemps enseigné le français en Collège. Elle se consacre désormais pleinement à son travail d'écrivain.

Mon avis : (lu en septembre 2014)
A Hangzhou, comme partout en Chine, on célèbre le jour du double neuf. C’est aussi le jour anniversaire, du jour où Li-Na a été trouvée tout bébé sur les marches d’un temple lors de l'incendie qui a dévasté la ville. Grand-Mère Dong l'a accueillie il y a juste 10 ans et l'une et l'autre sont très attachées. Lors de son anniversaire surprise organisé par Grand-Mère Dong, Li-Na reçoit de la part de l'apothicaire Zhou un tangram qui est dit magique. Avec l'aide de Cheng, un vendeur de thé, Li-Na décide de se servir de son tangram magique pour enquêter sur le vol d'un tableau...
Une histoire très sympathique qui permet au lecteur de découvrir quelques éléments de la culture chinoise.

En bonus avec ce livre un tangram magnétique orange qui permet au lecteur de tenter de reproduire les différentes silhouettes rencontrées... Et pour les impatients ont trouvent même les solutions en fin de livre. 
Ce livre est le premier d'une série, à suivre...

Merci Brigitte et les éditions Casterman pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
"Et dire qu'aujourd'hui c'est le jour du double neuf ! ne cesse de marmonner Li-Na. Cette date, je crois que je vais finir par la détester !"
Ces deux chiffres, venus s'ajouter l'un à l'autre sur le calendrier ce matin, sont pour elle comme une lumière rouge qui n'arrête pas de clignoter. Impossible de penser à autre chose depuis qu'elle est réveillée...
Pourtant le double neuf est un jour de fête, l'un des préférés des habitants de Hangzhou, celui qu'ils appellent "la journée des chrysanthèmes". Beaucoup d'entre eux iront en famille se détendre sur les hauteurs de la ville comme le veut la tradition. Ils dégusteront des sucreries, flâneront par petits groupes, riant à chaque explosion de pétard.
Mais Li-Na, elle, n'a guère le coeur à s'amuser. Acheter des fleurs, manger des gâteaux ou aller voir les acrobates et les jongleurs dans les rues, lui paraît sans intérêt. Non, ce qu'elle voudrait vraiment, c'est qu'on lui souhaite au moins une fois son anniversaire. Malheureusement, il n'en est pas question et les arguments de Grand-Mère Dong à ce sujet sont irréfutables :
- Arrête de me demander toujours la même chose ! D'accord, je t'ai recueillie un jour de double neuf. Tu avais déjà quelques mois. Fêter ton anniversaire à cette date... Ce serait contraire aux usages. 

 

Challenge Petit Bac 2014
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"Objet" (9)

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23 septembre 2014

Dire, ne pas dire - Académie Française

Lu en partenariat avec les éditions Philippe Rey

book_249 Philippe Rey - septembre 2014 - 191 pages

Quatrième de couverture :
Dit-on Elle a l’air malin ou elle a l’air maligne D’ailleurs ou par ailleurs Par contre ou en revanche Courbatu ou courbaturé Tout à coup ou tout d’un coup À l’attention de ou à l’intention de Ce qui reste ou ce qu’il reste ?  Sabler ou sabrer le champagne ?
A toutes ces interrogations, les académiciens et les linguistes du quai Conti apportent des réponses claires et passionnantes. Plus de 150 emplois fautifs, abus de sens, néologismes ou anglicismes sont ici exposés et rectifiés à travers des cas concrets et quotidiens. 
Un précieux ouvrage, un vif hommage à l'intelligence et aux subtilités de la langue française.

Auteur : Académie Française. Ce livre reprend une sélection de plus de 200 entrées, effectuée par Dominique Fernandez et Yves Pouliquen, deux académiciens membres de la commission du dictionnaire, qui ont aussi rédigé un texte introductif.

Mon avis : (feuilleté en septembre 2014)
Avec ce livre, j'ai découvert que l’Académie française avait lancé en octobre 2011, le site Dire, ne pas dire pour apprendre à utiliser la bonne expression, le bon mot.
Ce n'est pas un livre qui se lit d'une traite, mais qui se feuillette. Il y est recensé plus de 200 mots ou expressions utilisées souvent à tort. J'ai pris conscience que nous avons tendance à utiliser abusivement de nombreux anglicismes pour lesquels il existe pour tant un et même plusieurs équivalents en français...
Ce livre très intéressant nous permet de prendre conscience de la richesse et la subtilité de notre langue française. Les auteurs nous expliquent également d'où viennent ces expressions et comment elles doivent être utilisées correctement.

Merci Anaïs et les éditions Philippe Rey

Autre avis : George 

Extrait : (page 69)
Dispatcher
On rencontre de plus en plus l'anglicisme dispatcher en lieu et place de répartir. Il ne faut pas employer ce terme qui, de surcroît, n'est pas l'équivalent de l'anglais to dispatch. Ce dernier, en effet, ne signifie pas "répartir", mais "expédier", avec la nuances de hâte que l'on peut trouver dans ce verbe français. Dans We soon dispatched our dinner, "Nous eûmes bientôt expédié notre dîner", apparaît bien l'idée de vitesse, mais aucunement celle de répartition. On utilisera donc, en fonction des circonstances répartir, ranger, classer, trier, etc.

On dit                                                                  On ne dit pas

Répartir les élèves dans les classes                        Dispatcher les élèves dans les classes

Ranger les marchandises en fonction des envois     Dispatcher les marchandises en fonction des envois

Distribuer les tâches                                             Dispatcher les tâches

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21 septembre 2014

Lyuba ou la tête dans les étoiles - Valentine Goby, Ronan Badel

Lu en partenariat avec les éditions Autrement Jeunesse

9782746739543 Autrement Jeunesse - septembre 2014 - 64 pages

Quatrième de couverture :
Seine-Saint-Denis, 2010. La Roumanie est entrée dans l'Union européenne mais pour Lyuba et sa famille, Roms migrants installés dans un bidonville de la région parisienne, ça ne change rien : toujours l'impossibilité d'avoir un travail, toujours la manche dans le RER, les expulsions, l'intolérance... Pourtant, avec l'aide d'associations humanitaires et de Jocelyne, une voisine passionnée d'astronomie, Lyuba va retrouver espoir.

Auteur : Valentine Goby est née en 1974 à Grasse. Après des études en sciences politiques, elle a travaillé dans l'humanitaire en Asie. Elle est aujourd'hui enseignante et romancière pour adultes et pour la jeunesse.
Ronan Badel est né dans le Morbihan en 1972. Après des études à l'École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, il se consacre à l'édition jeunesse en tant qu'auteur-illustrateur.

Mon avis : (lu en septembre 2014)
Ce livre fait partie de la collection "Français d'ailleurs" des docu-fictions sur l’histoire de l’immigration en France, pour les enfants de 9 à 13 ans, d’Autrement jeunesse, en collaboration avec la Cité nationale de l’histoire de l’immigration.
Il raconte l'histoire de Lyuba une jeune Rom de 14 ans, elle est arrivée en France avec sa famille il y a quatre ans, et vit dans un bidonville de fortune à la périphérie de Paris. La vie est rude et l’intégration difficile. Elle doit s'occuper de ses frères et sœurs ou faire la manche dans le RER. La situation est précaire car ils se font souvent expulser et doivent changer de camp, c'est difficile alors pour Lyuba d'être scolarisée. Grâce à sa rencontre avec Jocelyne, une infirmière passionnée d’astronomie, elle va pouvoir espérer une vie nouvelle.
En complément de cette histoire, nous trouvons en fin du livre un cahier documentaire sur l'immigration Rom en France afin de pouvoir approfondir nos connaissances sur le sujet. Il y a également une chronologie et un lexique.
J'ai trouvé très intéressant ce livre destiné aux enfants mais qui est également à lire par les parents... Nous avons tous des préjugés sur les uns et les autres sans connaître vraiment. La différence fait souvent peur et apprendre à découvrir l'autre aide vraiment à vivre avec. Cette histoire permet de voir la réalité de la vie quotidienne des familles Roms qui viennent s'installer en France. De mieux comprendre ce qu'ils viennent chercher dans notre pays et comment ils sont "accueillis". C'est beaucoup plus concret qu'un reportage du journal télévisé... 

Merci Brigitte et les éditions Autrement Jeunesse pour la découverte de cette collection indispensable !

 

Extrait : (début du livre)
L'eau est glacée, mes mains sont rouges. Je regarde les deux tas de vêtements alignés sur la bâche, un pour chaque bassine : d'un côté les jupes, de l'autre le reste du linge. J'en ai assez. Vivement que mes parents reviennent de Roumanie, que ma mère rentre. Depuis trois semaines, je tiens seule la baraque, je m'occupe de Zimba et Sorin pendant que mon frère Spino chine toute la journée.
- Lyuba, regarde !
Zimba me tend un gobelet en plastique.
- Jette, il est cassé. Les petits reprennent leur course, enveloppés de leurs souffles blancs, la boue leur monte jusqu'aux genoux et ça me décourage. En face, derrière la palissade verte, l'anneau du grand stade s'allume dans la nuit. C'est l'heure des corbeaux dans le ciel du platz. Je rince mes bassines, je place les deux tas mouillés à l'intérieur. Il fait si sombre que je n'ai pas vu approcher ma cousine Terezia.
- Attends, je vais t'aider.
Nous marchons lentement jusqu'aux fils à linge, nous tenant le bras pour ne pas glisser. La glace craque sous mes bottes. Nous pendons les vêtements qui ne sécheront jamais, mon jean moins que les autres.
J'ai faim. D'abord, chercher de l'eau à la borne des pompiers. On attend la nuit parce que c'est interdit. Comme les Gadjé éteignent les lampadaires, de peur qu'on branche dessus des fils électriques, on est vite invisibles en hiver. Laura est là, et Sylvia et Amalia.
- Ton père ! crie Amalia. Il a appelé Liviu sur le portable ! Us seront de retour mardi ou mercredi.
Six jours encore ! Je remplis mes bidons, Terezia les siens, et nous retournons aux baraques en suivant le chemin de palettes. Spino est rentré. Assise sur ses genoux, Zimba frappe les touches d'un minuscule synthétiseur : « Tas vu, Lyuba, y a même les piles ! » Plus ça fait de bruit, plus elle rigole. Je fais bouillir des oeufs sur le réchaud à gaz. On les épluche et on les mange en se brûlant la langue. Puis les flammes du réchaud meurent et il fait vraiment froid, alors on tire les couvertures.

Challenge 2% Rentrée Littéraire 2014 
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10/12

  Challenge Petit Bac 2014
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"Prénom" (11)

 

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17 septembre 2014

L'Heure indigo - Kristin Harmel

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

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Editions Denoël - septembre 2014 - 432 pages

France Loisirs - 2013 - 476 pages

traduit de l'anglais (États-Unis) par Christine Barbaste

Titre original : The Sweetness of Forgetting, 2012

Quatrième de couverture :
À Cape Cod, dans le Massachusetts, Hope s’affaire derrière les fourneaux de la pâtisserie familiale. Entre son travail, la rébellion de sa fille adolescente, son récent divorce et ses soucis financiers, elle frôle parfois le surmenage. Hope s’enfonce peu à peu dans la déprime et la résignation. Aussi, quand sa grand-mère Rose lui demande d’aller en France retrouver sa famille disparue pendant la guerre, Hope accepte sans hésiter. Décidée à reprendre sa vie en main, elle s’envole pour Paris en quête de ce passé dont elle ignore tout. Car le temps est compté : atteinte de la maladie d’Alzheimer, la mémoire de Rose faiblit. Pour tout indice, elle a donné à sa petite-fille une simple liste de noms et une adresse. 

Kristin Harmel nous embarque avec une émotion et une vitalité rares dans le récit d’une femme qui s’apprête à découvrir le douloureux secret de ses origines, tout en peignant avec finesse et mordant les relations houleuses entre mère et fille.

Auteur : Kristin Harmel, née en 1979 à Newton (Massachusetts, banlieue de Boston), est devenue journaliste sportive dès l'âge de 16 ans, pendant la fin de sa scolarité en Floride. Diplômée de l'Université de Floride, Kristin Harmel est devenue journaliste pour People en 2000. Elle a aussi travaillé pour des dizaines d'autres revues et magazines. Elle est l'auteur de sept romans, traduits dans de nombreux pays. Le dernier est sorti en 2012. L'auteur vit actuellement à Orlando (Floride).

Mon avis : (lu en septembre 2014)
Voilà mon premier coup de coeur de la Rentrée Littéraire... 
À Cape Cod, dans le Massachusetts, Hope tient la pâtisserie familiale créée par Rose, sa grand-mère. Elle vient de divorcer et elle est soucieuse pour Annie, sa fille adolescente, qui lui en fait voir de toutes les couleurs, elle craint également de mettre la clé sous la porte car les finances de la pâtisserie ne sont pas au beau fixe... Rose atteinte de la maladie d’Alzheimer vit dans une maison de retraite proche. Un jour de vrai lucidité, Rose demande à sa petite fille d'aller à Paris enquêter avec une liste de noms. 
Hope ignore tout du passé de cette grand-mère originaire de France... Elle va découvrir un passé qu'elle n'avait jamais imaginée.
Le livre est construit comme un suspens, le lecteur suit avec émotions Hope dans sa quête de la vérité. C'est passionnant, haletant et les personnages sont très attachants. Hope est la narratrice de cette histoire, son récit est par moment entrecoupé par des flashes de la mémoire de Rose et par des recettes des pâtisseries issues de la tradition familiale (qui donnent vraiment l'eau à la bouche). Voilà une histoire très touchante, où il est question de relations mère-fille, de tolérance, de solidarité, d'œcuménisme, d'amour... 

Un grand merci pour Dana et les éditions Denoël pour m'avoir permis de découvrir une magnifique histoire.

 

Extrait : (début du livre)
À cette heure où l'aube commence tout juste à étirer ses longs doigts par-dessus l'horizon, je pourrais me croire seule sur Terre tant la rue est déserte et silencieuse derrière la vitrine de la pâtisserie. C'est déjà septembre ; comme chaque année, après le Labor Day, les touristes sont rentrés chez eux, les Bostoniens ont barricadé leurs résidences d'été en prévision de l'hiver et, dans les bourgades essaimées le long de Cape Cod, les rues ont un air fantomatique, comme sorties d'un rêve sans repos.
Les feuilles changent déjà de couleur ; d'ici à quelques semaines, elles refléteront toutes les teintes sourdes du coucher de soleil. La plupart des gens ne pensent pas à venir à Cape Cod pour la saison des feuilles. Les amateurs iront plutôt dans le Vermont, dans le New Hampshire ou encore tout à l'ouest de l'État du Massachusetts, dans les monts Berkshires, là où chênes et érables repeindront la nature d'une palette de rouges profonds et d'orangés brûlés. À Cape Cod, pourtant, à l'orée de la saison morte, quand les jours raccourcissent et que de grandes volées d'oiseaux migrateurs venant du Canada se posent le temps d'une halte, les végétations des sables se transforment en un tapis doré et les marais évoquent des paysages à l'aquarelle. Et moi, comme chaque année, je contemplerai ce spectacle à travers la vitrine de ma pâtisserie, L'Étoile polaire.
D'aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours considéré cette boutique familiale comme ma vraie maison – bien plus que le cottage en bord de mer dans lequel j'ai grandi, et où je suis revenue m'installer maintenant que le divorce a été prononcé.
Divorce. Le mot bourdonne dans mes oreilles, sans relâche ; et dans ces moments – où j'essaie, tout en guettant un éventuel client, d'ouvrir avec le pied la porte du four pour y glisser deux énormes plaques de tartelettes à la cannelle sans perdre l'équilibre –, il nourrit un sentiment d'échec. Tandis que j'enfourne les tartelettes, que je sors une plaque de croissants puis referme la porte du four d'un coup de hanche, je songe que, pour bien faire, il me faudrait quatre mains.
J'aurais tellement voulu éviter ce divorce, pour Annie. Je ne voulais pas que ma fille grandisse, comme moi, dans un foyer bancal. Je voulais davantage pour elle. Mais la vie ne se déroule jamais de la façon dont on l'avait prévue, n'est-ce pas ?
La clochette de la porte tinte pile au moment où j'entreprends de décoller les croissants au beurre du papier sulfurisé. Je jette un coup d'œil sur le minuteur du deuxième four ; les cupcakes à la vanille seront prêts dans moins d'une minute. Mon client va devoir patienter.
« Hope ? appelle une voix grave. Tu es dans la cuisine ? »
Je lâche un soupir de soulagement. Au moins c'est un client que je connais – non pas que je connaisse tous ceux qui demeurent en ville, une fois que les touristes ont regagné leurs pénates.
« Une minute, Matt ! Excuse-moi. »
J'enfile les maniques – la paire bleu vif brodée d'une frise de cupcakes qu'Annie m'a offerte l'an dernier pour mes trente-cinq ans – et je sors du four les petits gâteaux à la vanille, dont le parfum me ramène instantanément à mon enfance. Ma grand-mère, Mamie, a ouvert sa boutique L'Étoile polaire il y a soixante ans, quelques années après s'être installée à Cape Cod avec mon grand-père. J'ai grandi ici, et c'est elle qui m'a tout appris de la pâtisserie. Elle m'a patiemment montré comment malaxer une pâte, en m'expliquant pourquoi elle lève, en m'apprenant à combiner des ingrédients traditionnels et inattendus pour confectionner de petits délices dont, année après année, le Boston Globe et le Cape Cod Times vantent les mérites.
Je dispose les cupcakes sur la grille de refroidissement puis enfourne deux plaques de biscuits à l'anis et au fenouil, et tout en bas, au dernier niveau, je glisse une fournée de croissants de lune – des mini-chaussons fourrés avec de la pâte d'amande parfumée à l'eau de fleur d'oranger, et saupoudrés de cannelle.
Je retire mes gants, époussette un reste de farine sur mes mains, programme le minuteur et vais enfin rejoindre mon client. Quel que soit mon découragement, pénétrer dans la boutique me redonne systématiquement le sourire : à l'automne dernier, quand les affaires tournaient au ralenti, Annie et moi avons repeint la salle et ma fille a choisi pour les murs un rose bonbon, agrémenté de frises blanches au pochoir. J'ai parfois l'impression de vivre dans un cupcake géant.
Matt Hines est assis à une table, en face du comptoir, et, en me voyant, il se lève d'un bond, le sourire aux lèvres.
« Salut, Hope. »
Je lui rends son sourire. Matt était mon petit copain au lycée ; nous avons rompu avant de partir à la fac, chacun de notre côté, mais lorsque je suis revenue à Cape Cod, des années plus tard, avec une licence en droit – qui ne me servait pas à grand-chose –, un mari et un bébé, nous avons renoué, en amis. Cependant, Matt m'ayant invitée à plusieurs reprises depuis mon divorce, je me suis aperçue, presque avec surprise, que nous nous étions éloignés l'un de l'autre. Matt est aujourd'hui comme un vieux pull qu'on a adoré, désormais moins confortable, moins seyant. La vie nous change, subrepticement le plus souvent, mais irrémédiablement. Et cela, Matt ne semble pas le comprendre.
« Salut, Matt. Tu veux un café ? » dis-je d'un ton que j'essaie de garder neutre et amical. « Je te l'offre, puisque je t'ai fait attendre. »

Challenge 2% Rentrée Littéraire 2014 
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Le mois américain

 Challenge Petit Bac 2014 
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"Matière" (8)

 

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11 septembre 2014

L'Enfant des marges - Franck Pavloff

Lu en partenariat avec Albin Michel

9782226258328g Albin Michel - août 2014 - 240 pages

Quatrième de couverture : 
Dans une Barcelone étourdie par la crise, vibrante de toute l’énergie d’une jeunesse qui refuse le monde tel qu’il est, un homme part à la recherche de son petit-fils adolescent. Lui-même a tout quitté : sa solitude, la paix et l’oubli qu’il croyait avoir trouvés au fin fond des Cévennes. Et voici que dans la capitale catalane bruyante et révoltée, où plane l’ombre des combattants de 36, c’est sa propre histoire qu’il rencontre et dont il peut enfin se libérer.
L’œuvre exigeante de Franck Pavloff, habitée par l’exil et la quête, révèle ici une dimension inédite. Un récit intime et singulier, qui parle d’errance et de renaissance, une émouvante ode à la vie.

Auteur : Franck Pavloff se définit comme un « écrivain de l'ailleurs », qui rend compte des exils intérieurs ou géographiques que les guerres, les drames, la corruption, le cynisme et l'intolérance ont engendrés. Psychologue Expert, il a fait des droits des enfants un combat. Il a également passé plus de quinze ans à faire aboutir des projets de développement communautaire à travers l'Afrique et l'Asie. 
Il a publié Menace sur la ville (1998), Haute est la tour (2003), Le Pont de Ran Mositar (2005), récompensé par le Prix France Télévision, La chapelle des apparences (2007), Le Grand Exil (2009), pour lequel il a obtenu le Prix Littéraire des Grands Espaces, etL'Homme à la carrure d'ours (2012), lauréat du Prix Lettres frontière.
Matin brun, sa fable grinçante publiée au départ chez un éditeur de poésie a connu un immense succès (2 millions d'exemplaires). Elle est traduite dans 25 pays (dont l'Inde, la Russie et le Japon). La dernière traduction vient de paraître, elle est chinoise.

Mon avis : (lu en septembre 2014)
J'ai trouvé ce livre dans ma boîte aux lettres à mon retour de vacances, j'avais oublié l'avoir demandé en partenariat... 
Ioan est un ancien reporter, photographe de guerre qui s'est réfugié seul dans un coin perdu des Cévennes. Son plus proche voisin, Justin vieil éleveur de chèvres, est à une demi-heure de marche sur un sentier.
Un jour, Ioan reçoit un coup de téléphone, Valentin, son petit-fils est parti à Barcelone et il ne donne plus aucun signe de vie. Ioan va quitter sa retraite pour partir à la recherche de ce petit-fils qu'il n'a pas revu depuis de nombreuses années...
C'est une lecture très agréable qui nous fait découvrir le Barcelone invisible, celle des sans-abris, des artistes, des manifestants. Ioan va faire de nombreuses rencontres et au fil des jours, il va se libérer des démons qui le hante. 
Je ne connais pas Barcelone mais ce livre me donne vraiment envie de découvrir cette ville pleine de surprises. 

Merci et les éditions  Albin Michel pour cette touchante découverte.

Extrait : 

  Challenge Petit Bac 2014
91121022
"Cercle familiale" (9)

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