18 août 2016

L'adoption - Qinaya - Zidrou et Monin

l'adoption Bamboo - mai 2016 - 70 pages

Quatrième de couverture :
Lorsque Qinaya, une orpheline péruvienne de 4 ans, est adoptée par une famille française, c'est la vie de tous qui est chamboulée. Les parents essaient de lui faire oublier le drame qu'elle a vécu, Lynette se découvre un caractère de mamie gâteau et les amis du couple apprivoisent doucement cette petite qui s'adapte à sa nouvelle vie. Mais pour Gabriel, ce sera bien plus compliqué : il lui faudra apprendre à devenir grand-père, lui qui n'a jamais pris le temps d'être père. Des premiers contacts distants aux moments partagés, Gabriel et Qinaya vont peu à peu nouer des liens que même le vieux bourru était loin d'imaginer.

Auteurs : Zidrou (Benoît Drousie) est né en 1962 à Bruxelles. D'abord instituteur, il se lance au début des années 1990 dans l'écriture de livres et de chansons pour enfants. En 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L'Elève Ducobu. Sa carrière de scénariste de bande dessinée est lancée ! Il signe de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, assure la reprise de La Ribambelle. Il est également l'auteur des plus réalistes, mais non moins sensibles, La Peau de l'ours, Lydie, Folies Bergères, La Mondaine, Les 3 Fruits. En 2015, Zidrou revient en force avec trois nouveaux albums : en août Le Bouffon avec Francis Porcel, en septembre, une nouvelle série familiale, Les Beaux Etés avec Jordi et en octobre, en duo avec P. Berthet, un polar dans les régions reculées de l'Australie, "Crime qui est le tien". Pour 2016, l'auteur continue d'écrire les souvenirs de vacances de la famille Faldéraut dans "Les Beaux Étés" et proclame la fin de Venise dans "Marina". 

Arno Monin, dessinateur. Habite à Nantes. Après avoir passé un bac littéraire puis une année à la fac en histoire de l'art, Arno Monin intègre une école d'arts appliqués qui proposait la formation dessin animation bande dessinée. En cours de formation, un projet bd commence à le démanger. Il s'y consacre alors à plein temps afin de le présenter à des éditeurs, jusqu'à la bonne rencontre avec Bamboo Édition... L'Envolée sauvage est son premier album.

Mon avis : (lu en juillet 2016)
Voilà une très joli Bande Dessinée. C'est le tome 1 d'une histoire qui aura 2 tomes.
Quinaya est une petite fille péruvienne de 4 ans, elle a été adoptée par une famille française et vient d'arriver dans ce nouveau pays. Tout le monde l'accueille au mieux sauf un... Gabriel, le grand-père, qui va mettre un peu plus de temps à "adopter" cette petite-fille du bout du monde... 
Une histoire pleine de tendresse, émouvante avec des personnages savoureux et attachant et un dessin agréable et coloré, le lecteur passe du rire au larmes... A découvrir sans hésiter !
La conclusion de ce premier tome, nous serre le cœur et évidemment j'attends la sortie du tome 2 !

Extrait :

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Déjà lu des mêmes auteur ou dessinateur :

108883254 Les beaux étés - 1 - Cap au Sud ! 

111573241  Les beaux étés - 2 - La Calanque

le_beau_voyage Le beau voyage 

Cycle I : envoleesauvage01_  envoleesauvage02_
L'envolée sauvage : La Dame blanche 
L'envolée sauvage : Les Autours des palombes

Cycle II : l_envol_e_sauvage3 2013_10_06_140809 
L'envolée sauvage : Le Lapin d'Alice 
L'envolée sauvage : La Boîte aux souvenirs

 

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05 août 2016

Rosalie Blum - Camille Jourdy

rosalie_blum

une impression de déjà vu Haut les mains peaux de lapins au hasard Baltazar

Actes Sud - février 2016 - 384 pages

Actes Sud - novembre 2007 - 128 pages

Actes Sud - jui 2008 - 128 pages

Actes Sud - mai 2009 - 150 pages

Prix RTL 2009

Prix révélation festival d’Angoulême 2010

Quatrième de couverture :
L'intégrale de la trilogie de Camille Jourdy, à l'occasion de la sortie au cinéma du film éponyme réalisé par Julien Rappeneau.

Une petite ville de province pour un singulier trio composé de Rosalie, Aude et Vincent.
Une rencontre inattendue pour ces personnages dont les modes de vie sont bien différents. Derrière l'intrigue, le portrait psychologique de trois solitaires un peu dépressifs : Vincent qui envisage après trente ans de couper le cordon ombilical, Rosalie Blum qui ne cesse de noyer un passé noir et douloureux dans le whisky et Aude qui se laisse aller aux hasards de la vie. Cette rencontre les aidera-t-elle à vaincre leurs démons ?
Camille Jourdy suit ses héros pour lesquels elle ne cache pas son ironique tendresse.

Auteur : Camille Jourdy a grandi dans le Jura, à Dole. Elle écrit et illustre son premier livre, Une araignée, des tagliatelles et au lit, tu parles d'une vie ! (Drozophile/Quiquandquoi, 2004), alors qu'elle est encore étudiante à l'Ecole des beaux-arts d'Epinal. Elle rejoint ensuite l'Ecole des arts décoratifs de Strasbourg. Après son diplôme, en 2005, elle s'installe à Lyon, où elle vit aujourd'hui.

Mon avis : (lu en juillet 2016)
C'est grâce à la sortie du film, que j'ai eu envie de découvrir cette BD.
Vincent est un homme âgé de 30 ans, célibataire et solitaire, il mène une vie routinière et sans relief entre son salon de coiffure et sa mère qui habite l'appartement au-dessus du sien. Cette dernière est assez intruisive dans la vie de son fils chéri et est assez farfelue. 
Un jour, il croise Rosalie qu'il semble connaître. Intrigué par cette femme, il se met à la suivre et il entre clandestinement dans la vie de cette femme... 
Rosalie finit par s'apercevoir qu’elle est suivie dans la rue, par un jeune homme. Elle s'interroge sur son mystérieux suiveur et sur ses intentions. Elle fait donc appelle à sa nièce Aude pour qu'elle prenne le suiveur en filature... 
Aude a 19 ans, sans emploi, elle vit en colocation avec un artiste raté, hypocondriaque. Avec l'aide de ses deux copines, Aude va s'improviser détective et toutes les trois enquêter sur Vincent et...
Je vous laisse découvrir la conclusion de cette histoire pleine de poésie et de fantaisie autour de trois personnages solitaires et mal dans leur peau mais très attachants.
Une très belle découverte !

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Cette bande-dessinée a été adaptée, en 2016, dans un film réalisé par Julien Rappeneau avec Noémie Lvovsky, Kyan Khojandi et Alice Isaaz. Et j'ai très envie de le découvrir prochainement...

Extrait : 

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20 juillet 2016

La fête est finie - Olivier Maulin

Lu en partenariat avec les éditions Denoël

B26714 Denoël - juin 2016 - 240 pages

Auteur : Olivier Maulin vit et travaille à Paris. Il a écrit plusieurs romans, dont En attendant le roi du monde, prix Ouest-France/Etonnants Voyageurs 2006. La fête est finie est son neuvième roman.

Mon avis : (lu en juillet 2016)
Mon avis sur ce livre est mitigé. J'ai bien aimé le début, puis au milieu du livre, j'ai eu une certaine lassitude et ensuite j'ai mis plusieurs jours à terminer cette lecture et j'ai eu beaucoup de mal à écrire ce billet.
Victor et Picot sont deux amis qui s'improvisent vigiles de nuit pour un besoin alimentaire. Ils vont chercher à la SPA les deux chiens nécessaires pour ce travail de vigile. Ils doivent surveiller un parc de camping-car à Lagny-sur-Marne. Le début de la nuit se passe plutôt bien, puis la fatigue étant là, ils décident d'être éveillés à tour de rôle, l'autre utilisant un des camping-car de luxe pour y faire une petite sieste... Finalement, ils s'endorment tous les deux, le véhicule est volé par une famille de roms et à au réveil de nos deux amis, ils se retrouvent vers Strasbourg. Les deux vigiles reprennent possession du véhicule mais ayant peur d'être accusé de vol, ils préfèrent se réfugier dans un petit camping discret où ils vont faire de nombreuses rencontres...
Une galerie de personnages hauts en couleur, un hymne à la nature, à l'écologie, de l'humour, des situations improbables...
Mais pour ma part, à mi-lecture, je me suis lassée : la cocasserie et les délires de l'auteur ont pris trop de place dans l'histoire et ont occulté le message écologique du livre. 

Merci Laïla et les éditions Denoël pour ce partenariat.

Extrait : (début du livre)
Bach, je n’avais rien contre. Je veux dire : Bach, de temps en temps, je n’avais rien contre. Mais toute la sainte journée à fond les ballons, ça commençait franchement à me taper sur les nerfs ! Le Victor, il était capable de rester douze heures allongé sur le sofa sans bouger, à enquiller les disques. Seul un bras se dépliait parfois pour changer de CD ou écraser une cigarette dans le cendrier posé par terre. Et puis ça se repliait lentement et ça ne bougeait plus pendant une heure et demie. Deux ou trois fois, j’en étais arrivé à le pincer dans le gras du bide pour vérifier qu’il n’était pas claboté. Tout en gardant les yeux fermés, il soulevait alors lourdement son poing droit et me le montrait de l’index de sa main gauche. Dans le langage élaboré de la grosse outre, ça signifiait : attention, risque de pain dans la gueule ! C’était strictement interdit de le déranger quand il écoutait Bach, c’est-à-dire tout le temps.
À vrai dire, je n’avais jamais vu pareille loque humaine. Au physique, il ressemblait à Georges le solitaire, la dernière tortue des Galápagos. Au moral, il était à mi-chemin entre le flan et le potiron. En un sens, il était fascinant ; à lui tout seul, il donnait tort à la science. La grande activité de sa journée, pour ne pas dire la seule, c’était la préparation de son petit déjeuner. Allumer la machine à café, changer le filtre, beurrer les tartines... c’est là qu’il dépensait ses calories. Ensuite, la journée était pour ainsi dire finie ; il se collait sur son sofa et en avant pour le marathon : cantates, motets, oratorios, fugues, concertos, suites, partitas, préludes, sonates, tout y passait ! Et même les messes et les passions ! Et il chialait, le veau, fallait voir comment ! Des grosses larmes qui roulaient sur ses joues et son cou. Parfois, il secouait la tête, il s’agitait, faisait mine de se relever ; et puis il se laissait retomber en soupirant, comme terrassé. « Putain, c’est trop beau, Bach », disait-il.
C’était sa contribution à la critique musicale. C’est en piquant un disque au hasard qu’il l’avait découvert. Ça avait immédiatement collé entre Bach et lui. Il était tombé en extase sur les Motets et avait décidé de monter sa petite collection. C’est un autre avantage de Bach : très facile à voler ! Les rayons rap, électro, heavy metal, étaient bourrés de vigiles suspicieux. Chez Bach, on vous foutait la paix. Il allait donc faire son marché une fois par semaine, nourrissant sa passion. À présent, il comparait les versions, trouvait celle-ci plus émouvante, celle-là un peu forcée, telle autre un poil lyrique. Il n’avait jamais eu l’idée de taper « Bach » sur Internet, n’avait aucune idée de l’époque à laquelle le bonhomme avait vécu, mais sur la musique, pardon ! Un spécialiste ! Du genre à repérer une fausse note ! Tiens, le troisième violon, il n’aurait pas fait un la au lieu d’un si ? Bref, il avait pris le melon par-dessus le marché.
Évidemment, c’était difficile pour moi de me plaindre vu que cela faisait trois semaines que je m’étais incrusté chez lui. Je n’avais pas d’autre choix que de la fermer ou de prendre la porte. Du coup, pour me venger, je l’appelais Totor la grosse outre, Totor la grosse légume, Totor l’esthète de con ! Enfin je l’appelais comme ça dans ma tête, rapport au gros poing poilu.
— Si t’aimes pas Bach, t’as qu’à te casser ! me disait Totor. 
— Je dis pas que j’aime pas Bach, Totor, il faut me comprendre, je dis que douze heures de suite ça fait un peu longuet, tu piges la différence ? 
— Quand on aime Bach, on l’aime pendant douze heures. Sinon, c’est qu’on l’aime pas et on a qu’à dégager. La logique du gros Totor !

les_lumi_res_du_ciel Les lumières du ciel

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17 juillet 2016

146298 - Rachel Corenblit

9782330053758 (1) Actes Sud Junior - septembre 2015 - 66 pages

Quatrième de couverture :
146298. Une suite de chiffres tatoués sur le bras de sa grand-mère. Elle les a vus toute sa vie sans leur donner plus de sens. Puis un jour, en classe, elle comprend. D'abord en colère face à ce secret de famille trop longtemps caché, elle parvient enfin à convaincre sa grand-mère de lui parler, de faire le tri dans sa mémoire défaillante : la rafle, le voyage, le camp, la faim... Les vies de la jeune fille et de la vieille femme se croisent et s'entremêlent pour se mettre au diapason.

Auteur : Après des études de philosophie, Rachel Corenblit se tourne vers l'enseignement en 1997. Elle exerce aujourd'hui à Toulouse en tant que professeur des écoles. Elle est l'auteur de plusieurs romans.

Mon avis : (lu en juillet 2016)
Bizarre cette couverture avec des bonhommes d'un baby-foot... Où est le rapport avec cette histoire ? Peut-être que pour certain le début de cette suite de chiffres 1.4.6.2... pourrait évoquer une position de joueurs de foot sur un terrain... Cette histoire n'a aucun rapport avec le baby-foot ou avec le football ! C'est beaucoup plus sérieux !
Elsa est une adolescente qui a décidé de ce faire tatouer. Un tatouage particulier qui lui tient à coeur, un tatouage identique à celui de sa grand-mère. Ce tatouage, elle l'a toujours vu sur le bras de sa grand-mère et c'est seulement tardivement qu'Elsa en a compris la signification, en classe, lors d'un cours d'histoire...
Cette histoire alterne entre le présent et le passé, l'écriture est simple et le récit est fort et poignant.
Une très belle découverte.

Extrait : 
La fille met des gants. Elle applique la feuille, appuie dessus avec le plat de sa main et la retire lentement. Je regarde.
Mon avant-bras.
C'est là.
Le motif apparaît. Les chiffres.
La succession froide que je connais par cœur.
Ce que ce tatouage va révéler a toujours existé.

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13 juillet 2016

Les beaux étés - 2 - La Calanque - Zidrou et Jordi Lafebre

les beaux étés Dargaud - juin 2016 - 56 pages

Quatrième de couverture :
Dans ce deuxième tome des Beaux Étés, Zidrou et Lafebre remontent le temps : les Faldérault et leur 4L rouge ont quatre ans de moins. 1969, cap au Sud ! Le Sud, certes, mais le voyage sur les petites routes a aussi toute son importance : le dernier café avec Pépé Buelo avant le départ, le champagne pour les 100 000 km de Mam'zelle Estérel, les pauses pipi, les pique-niques, le camping... avant de rejoindre les calanques paradisiaques de la Méditerranée ! Des moments précieux pour lesquels il est bon de prendre son temps...

Auteurs : Zidrou (Benoît Drousie) est né en 1962 à Bruxelles. D'abord instituteur, il se lance au début des années 1990 dans l'écriture de livres et de chansons pour enfants. En 1991, il rencontre le dessinateur Godi avec qui il crée L'Elève Ducobu. Sa carrière de scénariste de bande dessinée est lancée ! Il signe de nombreuses séries pour enfants et adolescents, des Crannibales à Tamara, de Scott Zombi à Sac à Puces, assure la reprise de La Ribambelle. Il est également l'auteur des plus réalistes, mais non moins sensibles, La Peau de l'ours, Lydie, Folies Bergères, La Mondaine, Les 3 Fruits. En 2015, Zidrou revient en force avec trois nouveaux albums : en août Le Bouffon avec Francis Porcel, en septembre, une nouvelle série familiale, Les Beaux Etés avec Jordi et en octobre, en duo avec P. Berthet, un polar dans les régions reculées de l'Australie, "Crime qui est le tien". Pour 2016, l'auteur continue d'écrire les souvenirs de vacances de la famille Faldéraut dans "Les Beaux Étés" et proclame la fin de Venise dans "Marina".

Jordi Lafebre est né en 1979 à Barcelone, où il étudie la bande dessinée et les beaux-arts avant d'effectuer ses premiers pas de dessinateur en 2001. Il est publié dans plusieurs magazines espagnols, notamment dans la revue pour la jeunesse Mister K, dans laquelle il signe El munda de judy(« le monde de Judy») en collaboration avec le scénariste Toni Front. Sa rencontre avec Zidrou est décisive: après quelques dessins dans l'hebdomadaire Spirou, il participe à un ouvrage collectif écrit par le scénariste de Ducobu, La vieille dame qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien, puis en 2010, il cosigne avec lui un album remarqué, Lydie. En 2014, toujours avec Zidrou, il sort La Mondaine, et continue sur sa lancée, en 2015, avec une nouvelle série Les Beaux Étés qui sortira en septembre. En 2016, le tome 2 des Beaux Étés sortira en juin 2016.

Mon avis : (lu en juillet 2016)
Voilà le deuxième tome de la série Les Beaux Étés, et après l'année 1973 dans le tome 1, les auteurs nous font remonter le temps pour l'année 1969. La famille Faldérault attend avec impatience que Pierre, le père, termine ses dernières planches de BD pour partir dans le sud à bord de leur Renault 4L rouge. Mado, la mère, a tout préparé pour le grand départ, les trois enfants, Julie, Nicole et Louis sont impatients... C'est l'époque de l'insouciance, la petite famille prend le temps de descendre en direction de la Méditerranée, ils vont rencontrer un autostoppeur hippie, se retrouveront à camper par erreur dans le potager d'un gentil couple qui leur conseillera un petit coin de paradis à découvrir dans les Calanques... Le soleil, la mer, la plage, la sieste, du bon temps en famille... Des vacances inoubliables, c'est savoureux, plein d'optimisme, de joie de vivre et de bonheur simple !

Extrait : (début du livre)

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Déjà lu du même auteur :

108883254 Les beaux étés - 1 - Cap au Sud ! 

le_beau_voyage Le beau voyage

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08 juillet 2016

Un reportage de Hubert Paris, envoyé spécial T1 : Clandestino - Aurel

1447_couv Glénat - mars 2014 - 72 pages

Quatrième de couverture :
Hubert Paris, journaliste au magazine américain Struggle, se rend en Algérie dans le cadre d un reportage sur les migrants clandestins à travers le monde. Faussement flegmatique, se laissant porter par ses rencontres et ses découvertes, il découvre les accords internationaux, les fonctionnaires peu respectueux de leur rôle social, le recrutement de main d'oeuvre clandestine et bon marché. Il rencontre également les « harragas », candidats à la traversée et suit leur périple afin de témoigner de leur histoire.

Habitué des enquêtes satiriques, le dessinateur de presse Aurel nous montre une autre facette de son talent avec cette fiction politique et sociale basée sur des faits réels issus de plusieurs reportages qu'il a effectué aux côtés de journalistes tel que Pierre Daum du Monde Diplomatique. Une plongée sans concession dans les dessous de l'immigration clandestine racontée à hauteur d'homme...

Auteur : Né en 1980, Aurel a grandi dans le sud de la France. Après des études de biochimie, il se consacre à partir de 2003 au dessin de presse. Publié dans un premier temps dans des journaux montpelliérains, il franchit rapidement le pas vers la presse nationale. Aurel est aujourd'hui dessinateur et reporter pour le journal Le Monde, l'hebdomadaire Politis et le site "Yahoo, Actualités! mais aussi L'Express, Jazz Magazine, L'Infirmière Magazine ou CQFD. Chez Drugstore, il a signé avec le journaliste Renaud Dély les albums Sarkozy et ses femmes, Sarkozy et les riches et Hollande et ses 2 femmes. Il a aussi publié C'est dur d'être de gauche en 2012. Aurel est passionné de musique, il lie dès qu'il le peut cette passion avec le dessin. Réside à Montpellier.

Mon avis : (lu en juillet 2016)
Cette bande dessinée est avant tout un reportage graphique qui aborde le sujet de l’immigration clandestine des Africains vers l'Europe. L'auteur s'est inspiré de faits réels et de vrais reportages journalistiques.
Hubert Paris est un journaliste freelance français qui part enquêter en Algérie sur les migrants clandestins. Il va rencontrer deux « harragas », jeunes algériens prêts à risquer leur vie pour rejoindre « l’eldorado » européen. L'un veut se cacher dans un camion et passer la Méditerranée par le ferry, l'autre embarquera sur un bateau de fortune avec 15 autres passagers.
Le journaliste va se rendre en Espagne pour suivre leur périple et savoir s'ils ont réussi. Il va découvrir que ceux qui ont réussi la traversée de la Méditerranée deviennent de la main-d’œuvre bon marché pour les exploitants d'immenses serres deplantations du sud de l’Espagne. Esclaves modernes, logés dans des bidonvilles ou  « chabolas » où règnent corruption et prostitution, ces jeunes Africains se retrouvent prisonniers.
Une bande-dessinée à teneur politique et sociale très intéressante et instructive à découvrir.

Extrait : (début du livre)

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02 juillet 2016

Dans les prairies étoilées - Marie-Sabine Roger

dans les prairies étoilées Edition du Rouergue - mai 2016 - 256 pages 

Quatrième de couverture : 
Merlin, auteur d'une série BD à succès, perd son vieux copain Laurent, qui lui a inspiré son héros, Jim Oregon. Comment continuer à le faire vivre dans ses dessins, d'autant que dans son « testament », Laurent lui impose deux contraintes pour l'album à venir…. Marie-Sabine Roger s'amuse allègrement à jongler entre deux mondes, celui de la réalité et de la BD, et donne naissance comme toujours à une tribu de personnages tout en couleurs. Par l'auteur notamment de « La Tête en friche », « Bon rétablissement » et « Trente-six chandelles. »

Auteur : Marie-Sabine Roger est l'auteur de La tête en friche (adapté au cinéma par Jean Becker, avec Gérard Depardieu et Gisèle Casadesus), Vivement l'avenir (prix des Hebdos en région et prix Handi-Livres), Bon rétablissement (prix des lecteurs de L'Express, adapté au cinéma par Jean Becker, avec Gérard Lanvin), et Trente-six chandelles.

Mon avis : (lu en juin 2016)
Merlin est dessinateur documentariste, il dessine des planches d'aquarelle consacrées aux oiseaux, et il est également auteur de BD. Sa série Wild Oregon « est une utopie maussade, ou une dystopie joyeuse, selon que l'on voit le verre vide ou plein… », Merlin s'est inspiré de son vieil ami Laurent pour créer Jim Oregon, le personnage principal de sa BD, un justicier solitaire...
Avec Prune, sa compagne, ils viennent de s'installer dans une vieille maison à rénover à la campagne. Merlin est un homme heureux.
Et voilà que Laurent décède brutalement et Merlin est déstabilisé car ce dernier lui a laissé un testament un peu particulier, deux demandes à propos du personnage de Jim Oregon. Il ne sait que faire car il perd sa liberté de créateur. Sa vie réelle semble être envahie par ses personnages fictifs. 

Avec des personnages attachants ou caricaturaux, des situations humoristiques, une réflexion sur la création littéraire et artistique... Voilà un livre vraiment réussi et très plaisant à lire.

Extrait : (début du livre)
Nous venions de trouver la maison depuis six mois à peine, Prune et moi.
LA maison.
Celle que nous avions cherchée sur Internet des jours et nuits durant – Prune, surtout, pour être honnête, car la perverse envie de se ruiner en impôts locaux venait plus d’elle que de moi.
Notre Maison. Home Sweet Home. Celle pour laquelle nous avions traversé maintes fois la France vers le Sud-Ouest en rêvant d’une chaumière de dessin animé pour finalement nous retrouver, après huit heures de route et un mauvais sandwich, devant de vieilles bicoques sans aucun intérêt, avant de retourner chez nous, déçus, désabusés, le poil terne et la croupe basse.
Jusqu’à ce jour de mai où, le long d’une route solitaire de campagne, après deux heures de départementales désertes et de chemins communaux pourris – alors que, tel David Vincent dans la série Les Envahisseurs, nous cherchions un raccourci que jamais nous ne trouvâmes – nous dénichâmes enfin la perle rare, au bout d’un chemin sans issue.
C’était une ancienne ferme bâtie tout en longueur, avec beaucoup de cachet, comme dit dans l’annonce, qui promettait également sans vergogne des dépendances aménageables (deux granges aux toits plus creusés que l’échine d’un âne usé par une vie de charge). L’ensemble était jugé « habitable en l’état », ce qui n’était pas faux, si on décidait de ne tenir aucun compte de branchements électriques suicidaires, d’une plomberie fantaisiste (dont nous ne savions pas encore à quel point elle l’était), de sanitaires antiques, d’une fosse septique qui datait des Romains, de tapisseries des années soixante-dix à motifs hallucinogènes, et d’une mare boueuse à curer en urgence, que la dame de l’agence s’obstinait à qualifier d’« étang ».
Mais les maisons ont ceci de commun avec nous, les humains, qu’elles nous attirent, nous repoussent, ou nous laissent indifférents. Et parfois, c’est le coup de foudre, qui ne correspond jamais, ou presque, à nos critères. On pourrait dire pareil des histoires d’amour.
S’il en était autrement, Prune n’aurait pas parié un centime sur moi – dessinateur documentariste, métier en voie de disparition, et illustrateur BD à mes heures perdues, de loin les plus nombreuses et les seules rentables. Et de mon côté, je n’aurais pas jeté un seul regard sur ce drôle d’oiseau maigre qui avait passé trente ans à vendre de vieux zinzins sur les marchés aux puces et faisait du yoga en écoutant Pink Floyd.

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17 juin 2016

L'épine du passé - Candice Renoir

L_epine_du_passe_hd Michel Lafon - mai 2016 - 267 pages

Quatrième de couverture :
La vie d'expat à Singapour est loin de bien se passer pour Candice : trois ans après une arrivée en fanfare, l'ancienne policière du 36, quai des Orfèvres se sent prisonnière d'une cage dorée. À la tête d'une nombreuse marmaille et délaissée par un mari qui passe sa vie à travailler, elle s'ennuie ferme et se retrouve au bord de la dépression. Jusqu'au jour où elle se met à recevoir anonymement des fleurs et plantes magnifiques. Très vite, Candice réalise que les mystérieuses livraisons font référence à son propre passé et sont porteuses de messages de plus en plus inquiétants. Flic un jour, flic toujours... La jolie blonde a beau passer pour folle auprès de ses proches, elle se fie à son instinct et décide de mener l'enquête. L'heure n'est plus à la vie de desperate housewife, Candice a intérêt à retrouver ses réflexes de la PJ si elle ne veut pas voir sa photo à la rubrique faits divers des journaux... Épaulée par le séduisant Domenico, la charmante et gaffeuse super-maman va semer la zizanie dans l'ordre singapourien pour découvrir qui se cache derrière ces cadeaux fleurant bon le terrible parfum de la vengeance.

Auteur : Candice Renoir, commandant de choc pour France 2, lève le voile sur les raisons de son retour en France et sa réintégration dans la police.

Mon avis : (lu en juin 2016)
J'aime beaucoup la série télévisée Candice Renoir que je suis depuis quatre ans. Lors d'un Masse Critique de Babelio, j'ai découvert l'existence de ce livre et j'avais hâte de suivre une enquête inédite de mon héroïne favorite...
Le contexte est différent de celui de la série télévisée car elle se déroule avant le début de la série, à Singapour, alors qu'elle était simple mère de famille suivant son mari expatrié... 
Sa vie d'expatriée lui pèse, elle s'ennuie, ses enfants sont à l'école, son mari est très pris par son travail et son inactivité la fait déprimer... Et voilà que Candice reçoit des bouquets de fleurs anonymes... L'ancienne commandante de police, ne peut pas s'empêcher de mener son enquête avec l'aide de ces amis expats Sophie, Bertrand et Dominico... 
Voilà une lecture distrayante et prenante, l'intrigue est bien construite, le lecteur se prend au jeu et j'ai retrouvé l'esprit de la Candice de la série, fantaisiste, pleine d'humour, mère de famille débordée mais enquêtrice pleine de ressources...
Une petite remarque : dans la série les jumeaux sont prénommés Martin et Léo, dans le livre Léo est devenu Théo...
Si vous ne connaissez pas la série, vous découvrirez Candice avec cette enquête qui nous fait découvrir la ville de Singapour et les dessous de la vie de femme d'expatrié. Et vous aurez peut-être envie de découvrir cette série policière assez atypique.
Si vous connaissez et aimez la série, c'est l'occasion d'en savoir plus sur la vie de Candice avant son arrivée au commissariat de Sète...

Extrait : (début du livre)
En silence, je déballe le contenu du colis posé sur mon lit avec l’attention qu’il mérite. Je ne trouve pas de mots assez justes pour décrire la splendeur qui se déploie sous mes yeux. De ma vie, je n’ai jamais porté une telle merveille. Élégante, sexy, cette longue robe fourreau, ornée de perles scintillantes et d’une traîne aérienne, est travaillée dans les moindres finitions. Subtilement provocatrice, elle s’autorise un décolleté aussi osé sur la poitrine que dans le dos, dévoilant une chute de reins qui n’a rien à envier à Mireille Darc dans Le grand blond avec une chaussure noire. Sans me soucier de savoir de quel grand couturier elle est signée, je la mets contre moi pour l’admirer dans le miroir de notre chambre conjugale. En toute modestie, j’ai l’impression que la robe a été dessinée et cousue pour moi. J’attrape mon sac doré que je glisse négligemment sur mon épaule afin de donner une touche de fantaisie à ma tenue. Le menton relevé, l’air un peu arrogant, j’ai la sensation fort agréable d’être une femme fatale, une véritable James Bond Girl. Un court instant seulement…
– Oh my God, on dirait un sapin de Noël !
Emma – qu’à cet instant précis, je regrette amèrement d’avoir mise au monde il y a quatorze ans – vient de me rejoindre dans la chambre, suivie de Laurent, mon mari, amusé par la réflexion de sa fille.
– Ne l’écoute pas ! Tu es sublime, elle te va à ravir, tente-t-il de me rassurer. Par contre, le sac doré avec la robe, je ne suis pas sûr…
– C’est le seul que j’aie, je l’interromps sèchement, un poil vexée. Je te rappelle que nos valises ne sont toujours pas arrivées à Singapour.
– Ne te fâche pas ! Sac ou pas sac, tu seras de toute façon la plus belle ce soir.
Laurent s’approche et me prend dans ses bras.
– Merci chéri ! La robe est sublime.
– Tu remercieras ma patronne. C’est elle qui l’a choisie et l’a fait livrer ici quand je lui ai raconté nos malheurs avec nos bagages. Elle tenait absolument à ce qu’on soit présents pour la grande inauguration du bureau de BigEyes Security à Singapour.
– D’ailleurs, on les aura quand, nos bagages ? nous coupe Emma, qui s’est allongée sur notre lit. Ça me saoule, je m’ennuie ici. J’ai même pas d’ordi pour skyper.
– Les valises sont restées en transit à Hong Kong, mais seront normalement là demain, la rassure tant bien que mal son père.
– Un peu de patience, ma chérie, j’enchéris doucement pour faire contrepoids au ton ronchon de mon ado, en plein dans  la fleur de l’âge.
– C’est facile pour vous ! Vous vous cassez à une soirée de gala pendant que nous, on va se faire chier dans un appart vide.
– S’ennuyer ! je la corrige. Ce n’est pas non plus le bagne, ici. On a un jeu de cartes si tu veux jouer avec tes frères et profitez-en pour faire connaissance avec Dong Mei.

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12 juin 2016

La Déesse des petites victoires - Yannick Grannec

Lu en partenariat avec Babelio et les éditions Le Livre Qui Parle

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Le Livre Qui Parle - août 2015 - 11h02 - Lu par Flora Brunier

Editions Anne Carrière - août 2012 - 468 pages

Prix des libraires 2013

Anna Roth, jeune documentaliste à Princeton, a une mission : rencontrer Adèle, la veuve de Kurt Gödel, l’un des plus grands mathématiciens du XXe siècle, afin de récupérer les documents laissés par le grand mathématicien. Par petites touches, Adèle dévoile peu à peu l’histoire d’amour improbable, l’horreur nazie, le génie et les folies de son mari Kurt Gödel. Adèle, petite danseuse de cabaret sans culture, sans éducation, vivait tous les jours aux côtés de cet homme hermétique et froid, dans un monde d’universitaires, un cercle d’amis tous férus de sciences, dont le plus célèbre était Albert Einstein ! Yannick Grannec nous raconte une histoire fascinante, sait rendre la force de cet amour absolu pour un surdoué et mène également une réflexion sur le génie, la connaissance et la folie.

Auteur :  Yannick Grannec est designer industriel de formation, graphiste de métier et passionnée de mathématiques. La Déesse des petites victoires est son premier roman.

Lecteur : Après une maîtrise d’anglais-allemand et un premier prix d’art dramatique, Flora Brunier intègre l’École Nationale Supérieure d’Art Dramatique de Saint-Étienne. Elle travaille ensuite à la Comédie-Française sous la direction de Jean-Claude Berutti, au Théâtre de la Ville avec Nadia Xerri-L, puis sous la direction de Jérôme Wacquiez, Gilles Bouillon, Hugues Chabalier et Morgane Gauvin, sur des auteurs aussi bien classiques (Molière, Shakespeare) que contemporains (Crimp, Vinaver).
Elle enregistre régulièrement des pièces radiophoniques pour France Culture et France Inter, et prête sa voix et sa plume à l’émission « Karambolage » sur Arte. Elle est également traductrice de l’anglais et de l’allemand vers le français.

Mon avis : (écouté en juin 2016)
Je gardais un très bon souvenir de ce roman découvert lors de mon expérience de jury du Grand Prix Elle 2013. Ce livre n'avait pas fait parti de la sélection finale, le jury du mois lui avait préféré "Certaines n’avaient jamais vu la mer - Julie Otsuka"... J'étais donc curieuse de la relire sous forme audio.

J'ai retrouvé le même plaisir que lors de ma première lecture.
C'est la rencontre entre Anna Roth, une jeune documentaliste, et Adèle, la veuve du mathématicien Kurt Gödel. Anna a pour mission de récupérer les archives de Kurt Gödel auprès de sa veuve, Adèle est une vieille dame impotente qui sait qu'elle va bientôt mourir. 
Le lecteur suit en parallèle les rencontres entre Anna et Adèle et le récit de la vie d'Adèle depuis 1928 à Vienne lorsqu'elle remarque pour la première fois Kurt jusqu'à 1978 et la mort de son mari.
La vie de Kurt Gödel est passionnante, c'est une traversée historique du XXème siècle : la crise, la montée du nazisme en Europe, l'exil les scientifiques, l'installation en Amérique, à Princeton, où Adèle et Kurt Gödel croiseront de nombreux intellectuels comme Einstein, Oppenheimer, Pauli, von Neumann, puis la montée du McCarthysme... Le couple Adèle et Kurt est également fascinant, elle s'est sacrifiée pour son mari dont le génie était proportionnel à sa folie...
Les rencontres entre Anna et Adèle sont atendrissantes, toutes deux vont apprendre à se connaître et l'une et l'autre vont évoluer.

Merci Babelio et les éditions Le Livre Qui Parle pour cette belle redécouverte.

Extrait : (début du livre)
Octobre 1980. 
Maison de retraite « Pin Run », Doleystown, USA

À l'exacte frontière du couloir et de la chambre, Anna attendait que l'infirmière plaide sa cause. La jeune femme se concentrait sur chaque bruit, tentant de museler son angoisse : conversations effilochées ; éclats de voix ; murmure des télévisions ; chuintement des portes qui s'ouvrent sans cesse ; claquements des chariots métalliques.
Son dos protestait, mais elle hésitait encore à poser son sac. Elle avança d'un pas pour se placer au centre du carreau de linoléum marquant le seuil de la chambre. Elle s'obligea à fixer la vieille dame qui ne faisait pas moins d'efforts pour lisser consciencieusement la bordure de son drap. Son regard remonta jusqu'aux bras adipeux. La visiteuse ne pouvait détacher les yeux de cette main constellée de taches. Elle toucha la fiche cartonnée rangée dans sa poche. Elle y avait rédigé un argumentaire solide en capitales bien lisibles.
La soignante caressa les doigts de sa patiente, ajusta son bonnet et cala ses oreillers.
- Madame Gödel, vous avez trop peu de visites pour vous permettre d'en refuser. Recevez-la. Faites-la tourner en bourrique. Ça vous donnera un peu d'exercice !
En sortant, l'infirmière offrit un sourire compatissant à Anna. Il faut savoir s'y prendre avec elle. Bonne chance, ma jolie. Elle ne l'aiderait pas davantage. La jeune femme hésita. Elle s'était pourtant préparée à cet entretien : elle exposerait les points forts de sa démonstration en prenant soin d'articuler chaque mot, avec entrain. Sous le regard peu amène de la grabataire, elle se ravisa. Elle se devait de rester neutre, de disparaître derrière la tenue passe-muraille choisie ce matin-là : jupe écossaise dans les beiges, twin-set assorti. Elle n'avait désormais qu'une seule certitude : madame Gödel n'était pas de ces vieilles dames qu'on réduit à leur prénom parce qu'elles vont bientôt mourir. Anna ne sortirait pas sa fiche.
- Je suis très honorée de vous rencontrer, madame Gödel. Je m'appelle Anna Roth.
- Roth ? Vous êtes juive ?
Anna sourit au plantureux accent viennois, refusant de se laisser intimider.
- Cela a de l'importance pour vous ?
- Aucune. J'aime apprendre d'où viennent les gens. Je voyage par procuration maintenant que...
La malade tenta de se redresser avec un rictus de douleur. Dans un élan, Anna voulut l'aider.
Un regard polaire l'en dissuada.
- Alors comme ça, vous êtes de l'Institut ? Vous êtes bien jeunette pour moisir dans cette maison de retraite pour scientifiques. Abrégez ! Nous savons toutes deux ce qui vous amène.
- Nous pouvons vous faire une proposition.
- Quelle bande d'imbéciles ! Comme si c'était une question d'argent !
Anna sentit la panique monter. Surtout, ne réponds pas. Elle osait à peine respirer malgré la nausée provoquée par les odeurs de désinfectant et de mauvais café. Elle n'avait jamais aimé ni les vieux ni les hôpitaux. Fuyant son regard, la vieille dame tortillait des cheveux invisibles sous son bonnet de laine. 
« Partez, mademoiselle. Vous n'êtes pas à votre place ici. »

 

Déjà lu du même auteur :

la_d_esse_des_petites La déesse des petites victoires

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04 juin 2016

Le gardien de nos frères - Ariane Bois

le gardien de nos frères Belfond - janvier 2016 - 385 pages

Quatrième de couverture :
Rien ne prédestinait Simon et Léna à se rencontrer. Lui appartient à la bourgeoisie juive parisienne, patriote, laïque et assimilée ; il a été maquisard et blessé au combat. Elle est issue d'un milieu de petits commerçants polonais et a réussi à survivre au Ghetto de Varsovie. 
En 1945, la guerre leur a tout pris. Chacun de leur côté, ils vont accepter une mission très particulière : rechercher des enfants juifs cachés par leurs parents dans des familles, des orphelinats ou des couvents, quand il s'avère que ceux-ci ne rentreront pas des camps. Simon parce que son petit frère Elie a disparu dans des conditions mystérieuses ; Léna car elle espère ainsi redonner du sens à sa vie. Et cela va les entraîner bien au-delà de ce qu'ils auraient pu imaginer. 
C'est l'histoire de deux jeunes révoltés qui, dans une France exsangue, vont se reconstruire grâce à la force de l'amour. De Paris à Toulouse, d'Israël à New-York, un roman d'aventure porté par le souffle de l'Histoire. 

Auteur : Grand reporter et critique littéraire, Ariane Bois a déjà publié trois romans, Et le jour pour eux sera comme la nuit (2009), Le Monde d'Hannah (2011), et Sans oublier (2014, prix Charles-Exbrayat). Tous trois ont été salués unanimement par la critique, par quatre prix littéraires, et traduits à l'étranger. 

Mon avis : (lu en mai 2016)
Voilà un livre entre roman et essai historique qui aborde des faits peu connus de l'Après Guerre, en particulier le retour dans leur famille d'origine des enfants juifs cachés.
L'auteur a fait un très gros travail de documentation dont elle donne ses sources en fin de livre.
Simon Mandel est juif, à l'âge de 16 ans, il s'est engagé dans la Résistance. A son retour, après la Libération, il retrouve l'appartement familiale occupé, tous les meubles ont disparu… Il réussit à chasser l'occupant indélicat et à récupérer quelques objets chez des voisins pour réorganiser son quotidien. Puis il attend ceux qui vont revenir...
Mais ni ses parents, ni ses soeur et frère aînés ne reviendront. Simon n'a plus qu'une seule raison de vivre retrouver Elie, son petit frère, qui a disparu dans le Sud de la France...

Avec d'autres jeunes gens issus des EI (Eclaireurs Israelites), Simon va devenir dépisteur. Il s'agit de rechercher des enfants juifs cachés durant la Guerre dans des institutions religieuses ou des familles, pour leur permettrent de retrouver leurs familles d'origine. C'est un vrai travail de fourmi, souvent difficile, que Simon effectuera en compagnie de Lena. Cette dernière est une jeune femme qui a fui la Pologne après avoir connu le ghetto de Varsovie.
C'est un roman passionnant, instructif et qui fait réfléchir. Une très belle découverte.

Extrait :

Déjà lu du même auteur : 

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